DOMAINE DE L'INVENTION
[0001] L'invention concerne le domaine du papier transfert.
ARRIERE-PLAN TECHNOLOGIQUE
[0002] Le papier transfert est un complexe utilisé pour reproduire une image ou un motif
sur des textiles composés de polyester ou d'un mélange de polyester et d'autres fibres,
ou sur des substrats durs préalablement traités avec un vernis du type polyester.
L'image ou le motif à reproduire est imprimé suivant des techniques courantes d'impressions
avec des encres sublimables aqueuses. Généralement, l'impression est effectuée par
technologie jet d'encre. L'image est ensuite appliquée sur son substrat, textile ou
dur, à l'aide d'une presse à chaud. Sous l'effet de la chaleur et de la pression,
l'encre sublimable passe de l'état solide à l'état gazeux et pénètre directement dans
la maille du textile ou dans le vernis des substrats durs.
[0003] Après l'étape de transfert, une partie de l'encre est transférée dans le textile
ou le vernis polyester, tandis qu'une autre partie reste souvent sur la face imprimée
du complexe, qui ne peut plus être réutilisé et est difficilement recyclable.
[0004] On notera que l'impression par technologie jet d'encre est une technique qui répond
au concept d'impression à la demande, avec de faibles séries, en comparaison avec
les techniques traditionnelles d'impression textile aux cadres.
[0005] Afin de réduire la quantité de colorants non-transférée au cours de l'étape de transfert,
il a été proposé d'appliquer une couche barrière à l'opposé de la face à imprimer,
adaptée pour limiter la profondeur de pénétration des pigments dans le papier transfert.
Cette couche barrière a permis d'améliorer le taux de transfert des pigments sur le
substrat et de faciliter l'application de l'image sur le substrat.
[0006] Le document
EP 1 102 682 propose par exemple un papier transfert présentant, sur la face à imprimer, une résine
soluble dans l'eau présentant une porosité inférieure à 25 mL/min. Ce papier présente
un taux de transfert et un rendu colorimétrique satisfaisants. Toutefois, le papier
présente un grammage compris entre 40 et 120 g/m
2, de préférence entre 60 g/m
2 et 80 g/m
2, ce qui représente un coût important pour les industriels en termes de consommation
d'encre et de quantité de déchets issus de l'étape de transfert.
RESUME DE L'INVENTION
[0007] Un objectif de l'invention est donc de proposer un nouveau papier transfert présentant
un grammage inférieur aux papiers habituellement commercialisés tout en présentant
une aptitude au transfert au minimum équivalente et une vitesse de transfert au moins
égale, voire supérieure.
[0008] Ce nouveau papier transfert permettra ainsi aux industriels du marché de réduire
significativement leur quantité de déchets à l'issu de l'étape de transfert, de diminuer
la consommation d'encre, à qualité de reproduction au moins égale.
[0009] Un autre objectif de l'invention est de proposer un tel papier transfert, présentant
en outre une bonne machinabilité tout au long du procédé de transfert, c'est-à-dire
un papier transfert susceptible de garantir un bon maintien et un aplat sur le tapis
encollé de la presse lors de l'étape de transfert, et une accroche sans transfert
ni encrassage du tapis.
[0010] Pour cela, l'invention propose un papier transfert comprenant :
- une couche réservoir, présentant une face externe configurée pour recevoir une encre
sublimable et une face interne, et
- une couche barrière, appliquée sur la face interne de la couche réservoir et configurée
pour former une barrière au véhicule de l'encre sublimable, ladite couche barrière
comprenant entre 70% et 100% en poids sec de fibres de cellulose, de préférence au
moins 80% en poids sec,
le papier transfert étant caractérisé en ce que la couche réservoir comprend
- au moins 60% en poids sec de pigments principaux présentant un diamètre moyen compris
entre 0.2 micromètres et 0.8 micromètres, et
- au plus 45% en poids sec de pigments secondaires présentant un diamètre moyen supérieur
au diamètre moyen des pigments principaux.
[0011] Certains aspects préférés mais non limitatifs du papier transfert décrit ci-dessus
sont les suivants, prises individuellement ou en combinaison :
- les fibres de cellulose présentent une longueur moyenne de fibres comprise entre 0.4
mm et 0.9 mm, de préférence de l'ordre de 0.65 mm,
- les fibres de cellulose présentent un niveau de raffinage mesuré en degrés Schopper-Riegler
compris entre 38°SR et 42°SR,
- les fibres de cellulose comprennent un mélange de fibres issues de bois résineux et/ou
de feuillus,
- la couche barrière comprend en outre entre 3% et 15% en poids sec d'une charge minérale,
typiquement entre 6% et 12% en poids sec, par exemple 9%,
- la couche barrière comprend en outre un agent de collage de type alkyl cétène dimère
(AKD) ou anhydre alkylsuccénique (ASA) présentant une qualité de collage suivant le
test COBB avec un temps de contact de 60 secondes inférieure à 20 g/m2,
- la couche barrière présente un grammage compris entre 30 g/m2 et 40 g/m2, typiquement entre 32 g/m2 et 35 g/m2, par exemple de l'ordre de 34 g/m2,
- les pigments principaux présentent un diamètre moyen compris entre 0.3 micromètres
et 0.6 micromètres,
- les pigments principaux comprennent du carbonate de calcium précipité, par exemple
du type aragonite, rhomboédrique, scalenoédrique ou prismatique, de préférence du
type aragonite,
- le papier transfert comprend au plus 30% en poids sec de pigments secondaires, de
préférence au plus 20% en poids sec,
- les pigments secondaires présentent un diamètre moyen compris entre 0.3 micromètres
et 2 micromètres, de préférence entre 0.5 micromètres et 1.5 micromètres,
- les pigments secondaires comprennent du carbonate de calcium broyé ou du kaolin,
- la couche réservoir comprend au plus 15% en poids sec d'un liant, par exemple un liant
à base d'amidon et/ou d'alcool polyvinylique,
- la couche réservoir présente un grammage compris entre 2 g/m2 et 8 g/m2, de préférence entre 3 g/m2 et 6 g/m2,
- le papier transfert comprend en outre une couche d'adhésivage, fixée sur la couche
barrière à l'opposé de la couche réservoir, ladite couche d'adhésivage étant configurée
pour assurer une bonne machinabilité du papier transfert et comprenant un agent cohésif,
par exemple des polysaccharides ou de l'alcool polyvinylique (PVA),
- la couche d'adhésivage présente un grammage compris entre 0.1 g/m2 et 10 g/m2, de préférence entre 0.3 g/m2 et 0.6 g/m2,
- le papier transfert présente une porosité Bendtsen supérieure à 100 mL/min, de préférence
supérieure à 125 mL/min, typiquement supérieure à 150 mL/min,
- le papier transfert présente un grammage compris entre 35 g/m2 et 45 g/m2, typiquement entre 38 g/m2 et 40 g/m2, par exemple 39 g/m2, et
- le papier transfert présente un indice d'aptitude au transfert supérieur à 20, de
préférence supérieur ou égal à 22.
[0012] Selon un deuxième aspect, l'invention propose également un procédé de fabrication
d'un papier transfert comme décrit ci-dessus, comprenant les étapes suivantes :
- former la couche barrière sur une machine à papier, et
- déposer la couche réservoir sur une face de la couche barrière, ladite couche réservoir
comprenant :
- au moins 60% en poids sec de pigments principaux présentant un diamètre moyen compris
entre 0.2 micromètres et 0.8 micromètres, et
- au plus 45% en poids sec de pigments secondaires présentant un diamètre moyen supérieur
au diamètre moyen des pigments principaux.
[0013] Certains aspects préférés mais non limitatifs du procédé de fabrication décrit ci-dessus
sont les suivants :
- l'étape de formation de la couche barrière (3) comprend les sous-étapes suivantes
: mettre les fibres de cellulose en dispersion aqueuse dans un pulpeur, et raffiner
les fibres de cellulose afin d'obtenir un niveau de raffinage mesuré en degré Schopper-Riegler
(°SR) compris entre 38°SR et 42°SR, et une longueur moyenne de fibres comprise entre
0.4 mm et 0.9 mm, préférentiellement de l'ordre de 0.65 mm,
- la sous-étape de raffinage des fibres de cellulose est réalisée en deux phases au
cours desquelles : la dispersion aqueuse est raffinée dans une première boucle de
raffinage comprenant un raffineur conique de type Claflin 202 à lames fibrillantes
et d'un raffineur double disques Duo-flow 26 pouces à lames fibrillantes avec un recyclage
de 20% et dans une deuxième boucle de raffinage comprenant deux raffineurs double
disques Duo-flow 26 pouces à lames fibrillantes avec un recyclage de 10% de manière
à obtenir un degré Schopper-Riegler compris entre 37°SR et 41°SR, typiquement de l'ordre
de 39°SR, et un indice de longueur de fibres (FLI) compris entre 0.3 mm et 0.5 mm,
de préférence de l'ordre de 0.4 mm, puis la dispersion de fibres de cellulose passe
dans une boucle de raffinage de tête comprenant un raffineur conique de type Claflin
202 à lames coupantes afin d'obtenir une longueur moyenne de fibre de cellulose comprise
entre 0.4 mm et 0.9 mm, préférentiellement 0.65 mm,
- le procédé comprend en outre une étape au cours de laquelle une couche d'adhésivage
est déposée sur une autre face de la couche barrière, ladite couche d'adhésivage étant
configurée pour assurer une bonne machinabilité du papier transfert et comprenant
un agent cohésif, par exemple des polysaccharides ou de l'alcool polyvinylique (PVA),
- la couche réservoir est déposée à l'aide d'une size press, d'un système de transfert
de couche par crayon doseur, d'une coucheuse à lame, d'un dispositif de couchage rideau,
- la couche réservoir et/ou la couche barrière est déposée en ligne sur la machine à
papier, et
- la couche réservoir et/ou la couche barrière est imprimée hors ligne, par héliogravure,
rotogravure, ou flexographie.
[0014] Selon un troisième aspect, l'invention propose également un procédé de transfert
d'un motif ou d'une image à l'aide d'une calandre transfert, caractérisé en ce que
le motif ou l'image a été imprimée à l'aide d'une encre sublimable sur la face externe
d'une couche réservoir d'un papier transfert comme décrit ci-dessus.
BREVE DESCRIPTION DES DESSINS
[0015] D'autres caractéristiques, buts et avantages de la présente invention apparaîtront
mieux à la lecture de la description détaillée qui va suivre, et au regard des dessins
annexés donnés à titre d'exemples non limitatifs et sur lesquels :
La figure 1 illustre une vue éclatée d'un exemple de réalisation d'un papier transfert
conforme à l'invention, et
La figure 2 est un organigramme représentant différentes étapes d'un exemple de réalisation
du procédé de fabrication d'un papier transfert conforme à l'invention,
Les Figures 3 à 5 sont des graphes représentant, pour différents papiers transferts,
la densité optique dans les couleurs primaire (Fig. 3), la densité optique en trichromie,
en bichromie et en aplat de noir (Fig. 4) et le mal uni et l'aptitude au transfert
(Fig. 5).
DESCRIPTION DETAILLEE D'UN MODE DE REALISATION
[0016] Un papier transfert 1 conforme à l'invention va à présent être décrit en référence
aux figures annexées.
[0017] Ce papier transfert 1 est susceptible d'être fabriqué en ligne, c'est-à-dire sur
la machine à papier, ou hors ligne, par exemple par impression. Le papier transfert
1 est ensuite susceptible d'être enroulé sur une bobine à des fins de stockage, puis
déroulé pour être imprimé typiquement sur une presse numérique puis ensuite appliqué
à chaud à l'aide d'une calandre transfert, sur un substrat donné.
[0018] Le substrat peut aussi bien être un textile composé de polyester ou d'un mélange
de polyester et d'autres fibres, ou un substrat dur préalablement traité avec un vernis
tel qu'un vernis polyester.
[0019] Le papier transfert 1 comprend :
- une couche réservoir 2, présentant une face externe 20 configurée pour recevoir une
encre sublimable 5 et une face interne 22, et
- une couche barrière 3, appliquée sur la face interne 22 de la couche réservoir 2,
et configurée pour former une barrière au véhicule de l'encre sublimable 5.
[0020] L'encre sublimable 5 comprend des colorants et un véhicule pouvant notamment comprendre
du glycol. Afin de pouvoir être imprimée par jet d'encre, l'encre sublimable 5 est
de préférence à base aqueuse.
[0021] Dans une forme de réalisation, le papier transfert 1 comprend en outre une couche
d'adhésivage 4, fixée sur la couche barrière 3 à l'opposé de la couche réservoir 2,
pour assurer une bonne machinabilité du papier transfert 1.
Couche barrière 3
[0022] La couche barrière 3 comporte entre 70% et 100%, de préférence au moins 80% en poids
sec, par exemple entre 85% et 95% en poids sec, de fibres de cellulose. De préférence,
les fibres de cellulose sont issues de bois de résineux et/ou de feuillus, correspondant
respectivement à des fibres longues (résineux) et à des fibres courtes (feuillus).
Par fibres longues, on comprendra des fibres de cellulose présentant une longueur
comprise entre 1.8 mm et 2.5 mm, tandis que par fibres courtes, on comprendra des
fibres présentant une longueur comprise entre 0.3 mm et 1 mm.
[0023] Par exemple, les fibres de cellulose comprennent un mélange de fibres longues et
de fibres courtes.
[0024] Les fibres de cellulose peuvent notamment être obtenues de manière conventionnelle
suivant un procédé dit « kraft » ou « sulfate », dans lequel la matière première (c'est-à-dire
la pâte servant à la fabrication du papier) est cuite sous pression à haute température
en présence d'actifs chimiques (généralement de l'hydroxyde de sodium (NaOH) et du
sulfure de sodium (Na
2S)) pour ramollir et éliminer la lignine et ne garder que les fibres de cellulose.
Un tel procédé de fabrication est connu en soi et ne sera pas davantage détaillé ici.
[0025] Dans une forme de réalisation de l'invention, ces fibres de cellulose sont ensuite
mises en dispersions aqueuse dans un pulpeur, puis sont raffinées afin d'obtenir une
longueur de coupe, un niveau de fibrillation et d'hydratation suffisants pour former
une couche barrière 3 ayant des caractéristiques mécaniques suffisantes pour absorber
les tensions et titrages au déroulage et à l'enroulage de la bobine.
[0026] Pour cela, au cours d'une première sous-étape, la dispersion aqueuse de fibre de
cellulose peut notamment passer dans une première boucle de raffinage, appelée raffinage
principal, qui a pour objectif d'atteindre un niveau de raffinage mesuré en degré
Schopper-Riegler (°SR) compris entre 37°SR et 41°SR, de préférence de l'ordre de 39°SR,
et un indice de longueur de fibre (FLI), déterminant l'état de raccourcissement des
fibres, compris entre 0.3 mm et 0.5 mm, de préférence de l'ordre de 0.4 mm. Puis,
au cours d'une deuxième sous-étape, la dispersion aqueuse de fibres de cellulose peut
passer dans une deuxième boucle de raffinage, appelée raffinage de tête, qui a pour
but d'ajuster la longueur des fibres de cellulose avant leur arrivée sur la table
de formation d'une machine à papier et obtenir une longueur moyenne de fibre compris
entre 0.4 mm et 0.9 mm, préférentiellement de l'ordre de 0.65 mm. Le niveau de raffinage
des fibres est par ailleurs de l'ordre de 38 °SR à 42 °SR.
[0027] Par exemple, au cours de la première sous-étape, c'est-à-dire dans le raffinage principal,
une dispersion aqueuse de fibres de cellulose à une concentration comprise entre 3.5
et 4%, de préférence 3.7% peut passer dans une première boucle de raffinage comprenant
un raffineur conique de type Claflin 202 à lames fibrillantes et d'un raffineur double
disques Duo-flow 26 pouces à lames fibrillantes avec un recyclage de 20% et dans une
deuxième boucle de raffinage comprenant deux raffineurs double disques Duo-flow 26
pouces à lames fibrillantes avec un recyclage de 10%. La puissance spécifique du raffinage
principal nécessaire à l'obtention d'un degré Schopper-Riegler 39°SR et d'un indice
de longueur de fibre FLI de 0.4 mm est comprise entre 220 kwh/T et 280 kwh/T de fibre
de cellulose, de préférence 250kwh/T de fibre de cellulose.
[0028] Au cours de la deuxième sous-étape, la dispersion aqueuse de fibres de cellulose
peut alors passer dans la boucle de raffinage de tête constituée d'un raffineur conique
de type Claflin 202 à lames coupantes afin d'obtenir une longueur moyenne de fibre
comprise entre 0.4 mm et 0.9 mm, préférentiellement 0.65 mm.
[0029] Les fibres de cellulose issues de bois de résineux et de feuillus peuvent être raffinées
ensemble ou séparément. De préférence, elles sont raffinées ensemble.
[0030] Grâce à cette composition à base de fibres de cellulose, la couche barrière 3 présente
des caractéristiques mécaniques suffisantes pour absorber les tensions et tirages
au déroulage et à l'enroulage de la bobine, et une bonne résistance à la rupture en
sens long et en sens transverse. La Demanderesse s'est en particulier aperçue qu'il
était alors possible de réduire le grammage du papier transfert 1 sans pour autant
affecter sa tenue lors de l'étape de transfert de l'encre sublimable 5. En effet,
il devient possible d'obtenir une couche barrière 3 présentant un grammage compris
entre 30 g/m
2 et 40 g/m
2, typiquement entre 32 g/m
2 et 35 g/m
2, par exemple de l'ordre de 34 g/m
2.
[0031] La couche barrière 3 présente en outre un niveau d'hydrophobicité élevé lui permettant
de former une barrière au véhicule de l'encre sublimable 5, et une perméabilité suffisamment
élevée pour permettre l'échange de température avec le substrat en transmettant l'énergie
de sublimation nécessaire à l'encre sublimable 5 pour passer de l'état solide à l'état
gazeux lors de l'étape de transfert des colorants de l'encre sublimable 5 sur le substrat.
[0032] La composition de la couche barrière 3 permet enfin l'accroche de la couche réservoir
2 et de la couche d'adhésivage 4, le cas échéant, en garantissant la fonctionnalité
de chacune de ces couches.
[0033] Dans une forme de réalisation, la couche barrière 3 comprend en outre entre 3% et
15% en poids sec d'une charge minérale, typiquement entre 6% et 12% en poids sec.
[0034] Par exemple, la couche barrière 3 peut comprendre de l'ordre de 90% de fibres de
cellulose pour 10% de charge minérale, par exemple une charge minérale à base de carbonate
de calcium broyé ou précipité, de Kaolin ou tout autre pigment de type dioxyde de
titane , talc, etc.
[0035] Afin de conférer un caractère hydrophobe à la couche barrière 3, celle-ci peut en
outre être traitée avec des composés chimiques dénommés agents de collage de type
alkyl cétène dimère (AKD) ou anhydre alkylsuccénique (ASA) présentant une qualité
de collage suivant le test COBB
60 avec un temps de contact de 60 secondes inférieur à 25 g/m
2, de préférence inférieur à 20 g/m
2.
[0036] Dans une forme de réalisation, la couche barrière 3 présente une humidité absolue
comprise entre 4% et 8%, de préférence entre 5% et 7%. Ce taux d'humidité confère
une bonne stabilité dimensionnelle à la couche barrière 3, ce qui permet au papier
transfert 1 d'absorber des aplats d'encre et donc un volume élevé d'encre au mètre
carré lors de l'étape d'impression du motif ou de l'image sur la face externe 20 de
la couche réservoir 2.
[0037] La composition de la couche barrière ainsi obtenue peut alors présenter une porosité
Bendtsen (mesurée conformément à la norme NF Q 03-076) supérieure à 300 mL/mn.
[0038] La couche barrière 3 comprend, de façon connue en soi, une face rugueuse 30 (correspondant
à la face en regard de la toile de fabrication de la machine à papier), et une face
lisse 32 (ou face feutre). Dans une forme de réalisation, la face interne 22 de la
couche réservoir 2 peut être formée sur la face rugueuse 30 de la couche barrière
3. Ceci n'est cependant pas limitatif, dans la mesure où la couche réservoir 2 pourrait
également être formée sur sa face lisse 32.
Couche réservoir 2
[0039] La couche réservoir 2 comprend au moins 60% en poids sec de pigments principaux présentant
un diamètre moyen compris entre 0.2 micromètres et 0.8 micromètres, de préférence
entre 0.3 micromètres et 0.6 micromètres. La Demanderesse s'est en effet aperçue qu'une
telle couche réservoir 2 permettait d'obtenir un bon taux de transfert de l'encre
sublimable 5.
[0040] Les pigments principaux peuvent notamment comprendre du carbonate de calcium précipité,
par exemple du type aragonite, rhomboédrique, scalénoédrique ou prismatique.
[0041] Dans une forme de réalisation, les pigments principaux comprennent du carbonate de
calcium précipité du type aragonite.
[0042] De manière optionnelle, la couche réservoir 2 peut en outre comprendre des pigments
secondaires présentant un diamètre moyen supérieur au diamètre moyen des pigments
principaux. La combinaison des pigments principaux et des pigments secondaires permet
d'obtenir une polydispersité des pigments réduisant l'homogénéité de la granulométrie
des pigments dans la couche réservoir 2 et améliorant la densité colorimétrique et
la définition du motif après son transfert sur le substrat. La Demanderesse s'est
en effet aperçue que l'utilisation d'un papier transfert 1 ayant une couche réservoir
2 ne comprenant que des pigments principaux risquait de créer des phénomènes de «
mal uni », c'est-à-dire une mauvaise uniformité de dépose résultant en un pourcentage
important de surface non encrée. On notera que les phénomènes de mal uni sont mesurés
dans le domaine de l'impression textile sur des aplats de couleur convertis en niveau
de gris et sont exprimés en pourcentage de surface non encrée.
[0043] Dans une forme de réalisation, la couche réservoir 2 comprend au plus 45% en poids
sec de pigments secondaires, typiquement au plus 30% en poids sec, de préférence au
plus 20% en poids sec. Par ailleurs, les pigments secondaires peuvent notamment présenter
un diamètre moyen compris entre 0.3 micromètres et 2 micromètres, de préférence entre
0.5 micromètres et 1.5 micromètres. Les pigments secondaires peuvent notamment comprendre
du carbonate de calcium broyé ou du kaolin.
[0044] Dans une forme de réalisation, la couche réservoir 2 peut en outre comprendre un
liant, par exemple à base d'amidon et/ou d'alcool polyvinylique.
[0045] De préférence, la couche réservoir 2 comprend au plus 15% de liant. Par exemple,
la couche réservoir 2 peut comprendre environ 8% en poids sec d'amidon et 4% en poids
sec d'alcool polyvinylique.
[0046] Afin de fixer les colorants de l'encre sublimable 5 à la surface du papier transfert
1, c'est-à-dire au niveau de la face externe 20 de la couche réservoir 2, et d'améliorer
ainsi son taux de transfert, la couche réservoir 2 peut en outre comprendre un polymère
cationique. Les colorants de l'encre étant anioniques, ils restent au niveau de la
face externe 20 de la couche réservoir 2, tandis que le véhicule de l'encre est absorbé
par celle-ci.
[0047] Typiquement, le polymère cationique peut comprendre du polychlorure de diallyldiméthylammonium
(également connu sous le nom de polyDADMAC), typiquement entre 3 et 5% en poids sec,
par exemple 4.2%.
[0048] Par exemple, la couche réservoir 2 peut comprendre de l'ordre de 7% en poids sec
de polychlorure de diallyldiméthylammonium.
[0049] Il est alors possible d'obtenir une couche réservoir 2 présentant un grammage compris
entre 2 g/m
2 et 8 g/m
2, de préférence entre 3 g/m
2 et 6 g/m
2 avec une bonne aptitude au transfert.
[0050] Dans un exemple de réalisation, un papier transfert 1 comprenant une couche réservoir
2 de grammage compris entre 3 g/m
2 et 6 g/m
2 comprenant du carbonate de calcium précipité de type aragonite avec un diamètre moyen
compris entre 0.3 micromètres et 0.6 micromètres, permet d'améliorer la restitution
des couleurs primaires par rapport à un papier disponible sur le marché, avec des
densités optiques supérieures notamment dans le jaune et en partie par des niveaux
de densité optique supérieure en bichromie notamment pour le mélange jaune-cyan et
le mélange jaune-magenta. Ce papier transfert 1 permet en outre de réduire le niveau
d'encrage lors de l'étape d'impression, et donc de la consommation d'encre, conformément
aux exigences actuelles du marché, et garantit une meilleure stabilité du papier transfert
1 lors de l'impression grâce à un volume d'encre au mètre carré plus faible.
Couche d'adhésivage 4
[0051] La couche d'adhésivage 4 est adaptée pour garantir le maintien et l'aplat du papier
transfert 1 sur le tapis encollé de la presse afin d'éviter de générer des défauts
d'impression sur le substrat lors de l'étape de transfert. La couche d'adhésivage
4 est en outre configurée pour assurer un niveau d'accroche suffisant du papier transfert
1 sur le tapis encollé, tout en évitant de l'encrasser par relargage de fibres, fines
particules ou charges contenues dans le papier transfert 1 pour limiter les besoins
de renouvellement de la colle thermo-activable du tapis encollé, qui nécessitent d'arrêter
la presse.
[0052] A cet effet, la couche d'adhésivage 4 peut comprendre un agent cohésif et des agents
de collage, conférant des propriétés hydrophobes.
[0053] Par exemple, l'agent cohésif peut comprendre un liant hydrophile, tel que des polysaccharides
ou de l'alcool polyvinylique (PVA), typiquement un liant hydrophile à base d'amidon.
[0054] Dans une forme de réalisation, la proportion en sec d'agent de collage par rapport
à l'amidon peut être comprise entre 0% et 5%, de préférence entre 2% et 4%.
[0055] Il est alors possible d'obtenir une couche d'adhésivage 4 présentant un grammage
compris entre 0.1 g/m
2 et 1.0 g/m
2, de préférence entre 0.3 g/m
2 et 0.6 g/m
2.
Exemple de papier transfert 1
[0056] Un exemple de papier transfert 1 conforme à l'invention comprenant une couche réservoir
2 comprenant du carbonate de calcium précipité, des pigments secondaire et un liant
dans les proportions indiquées ci-dessus permet d'améliorer d'au moins 10% le taux
de transfert d'une encre sublimable 5 à base aqueuse par rapport à un papier transfert
1 conventionnel.
[0057] Par ailleurs, grâce notamment à la formulation de la couche barrière 3, il est possible
d'obtenir un papier transfert 1, formé de la superposition de la couche d'adhésivage
4, de la couche barrière 3 et de la couche réservoir, présentant un grammage compris
entre 20 g/m
2 et 50 g/m
2, de préférence entre 25 g/m
2 et 45 g/m
2, plus préférentiellement entre 30 g/m
2 et 40 g/m
2, sans pour autant réduire la productivité de la presse.
[0058] Ainsi, un papier transfert 1 comprenant :
- une couche réservoir 2 présentant :
* 71 % de carbonate de calcium précipité (en poids sec par rapport au poids sec de
la couche totale) ayant un diamètre moyen de 0.4 micromètres,
* 12.5 % de kaolin (en poids sec par rapport à la couche réservoir 2) dont 81 % des
particules en poids sec présentent un diamètre inférieur à 2 micromètres et
* 12.3% de liant (en poids sec par rapport à la couche réservoir 2), le liant comprenant
67 % d'amidon et 33% d'alcool polyvinylique (PVA)
* 4.2% de PolyDADMAC (en poids sec par rapport à la couche réservoir 2)
- une couche barrière 3 présentant :
* 92% de fibre de cellulose (en poids sec par rapport au poids sec de la couche barrière
3), les fibres de cellulose comprenant 17% de fibres de résineux et 83% de fibres
de feuillus,
* 7% de carbonate de calcium précipité (en poids sec par rapport à la couche barrière
3) ayant un diamètre moyen de 1.4µm,
* 0.8% d'agent de collage (en poids sec par rapport à la couche barrière 3), l'agent
de collage comprenant 12.5% d'anhydre alkylsuccénique (ASA) et 87.5% d'alkyl cétène
dimère (AKD)
- une couche d'adhésivage 4 présentant :
* 94% d'amidon (en poids sec par rapport au poids sec de la couche d'adhésivage 4),
* 1.4% d'agent de collage de type alkyl cétène dimère (en poids sec par rapport au
poids sec de la couche d'adhésivage 4)
présente les caractéristiques suivantes :
Tableau 1
| |
Papier conventionnel |
Papier transfert 1 de l'invention |
| Grammage (g/m2) |
64 |
39 |
| Quantité d'encre déposée (g/m2) |
4.1 |
4.2 |
| Poids total après impression (g/m2) |
68.1 |
43.2 |
| Poids total après transfert (g/m2) |
66 |
40.4 |
| Quantité d'encre restituée (g/m2) |
2.1 |
2.8 |
| Taux de transfert de l'encre (%) |
51% |
67% |
| Poids pour 10 000m2 (kg) |
640 |
390 |
| Surface imprimée avec une tonne de papier (m2) |
15 625 |
25 641 |
| Aptitude transfert |
+++ |
+++ |
| Consommation encre |
++ |
+ |
| Vitesse transfert |
++ |
+++ |
[0059] Le papier transfert 1 décrit ci-dessus présente donc un taux de transfert supérieur
de 16% par rapport à un papier conventionnel, pour une réduction du grammage de 39%.
Par ailleurs, la surface de papier pouvant être imprimée avec une tonne de papier
transfert 1 conforme à l'invention peut être augmentée de a été augmentée de 64% par
rapport au papier transfert 1 conventionnel.
[0060] On notera que la variabilité inévitable des mesures, dont la tolérance, notamment
au niveau du grammage du papier, est de l'ordre de ± 1 g/m
2.
Tableau 2
| |
Cible (Iicible) |
Min |
Papier conventionnel |
Papier transfert 1 de l'invention |
| Densité optique des couleurs primaire |
Cyan (C) |
1.7 |
1.6 |
1.76 |
1.86 |
| Magenta (M) |
1.6 |
1.5 |
1.74 |
1.85 |
| |
Jaune (J) |
1.1 |
1 |
1.14 |
1.22 |
| Noir (I1) |
1.4 |
1.2 |
1.48 |
1.54 |
| C x M x J (I2) |
3 |
2.5 |
3.49 |
4.20 |
| Densité optique en Bichromie (CxJ)+(MxJ) (I3) |
(C x J) |
2.5 |
2.3 |
1.06 |
1.10 |
| (M x J) |
1.34 |
1.34 |
| Densité optique Aplat de noir (I4) |
1.5 |
1.4 |
1.60 |
1.52 |
| Mal uni (I5) |
95 |
90 |
98.1 |
97.4 |
[0061] Le Tableau 2 compare la restitution de l'image du motif suivant plusieurs facteurs,
dont la densité optique mesurée dans le noir
I1 et les couleurs primaires
I2 à 100% d'encrage (l'indice
I2 correspondant au produit des densités optiques mesurées dans le jaune, le magenta
et le cyan), la densité optique mesurée sur les aplats de noir
I4 composés de l'addition des trois couleurs primaires (Cyan, Magenta et Jaune), la
densité optique mesurée en bichromie I
3 (c'est-à-dire la somme de la densité optique mesurée pour le Cyan et le Jaune d'une
part et le Magenta et le Jaune d'autre part), l'uniformité de dépose en pourcentage
de surface encrée
I5 (ou encore le "mal uni", exprimé en pourcentage de surface encrée par rapport à la
surface non encrée) sur des aplats de couleurs convertis en niveau de gris.
[0062] Comme on peut le voir dans le tableau ci-dessus, le papier transfert 1, qui correspond
au papier transfert 1 défini dans le Tableau 1, présente des valeurs supérieures aux
valeurs de seuil minimales définies pour les paramètres étudiés. Par ailleurs, la
restitution des couleurs primaires du papier transfert 1 a été améliorée par rapport
au papier conventionnel, avec des densités optiques supérieures notamment dans le
jaune et en partie par des niveaux de densité optique supérieure en bichromie notamment
pour le mélange jaune-cyan et le mélange jaune-magenta, malgré le grammage nettement
réduit du papier transfert 1 de l'invention.
[0063] Des mesures de densité optique ont été réalisées sur différents exemples de papiers
tansfert.
[0064] L'essai n° 2 correspond à l'exemple de papier transfert conforme à l'invention des
Tableaux 1 et 2, comprenant notamment dans la couche réservoir 2 :
* 71 % de carbonate de calcium précipité (en poids sec par rapport au poids sec de
la couche totale) ayant un diamètre moyen de 0.4 micromètres,
* 12.5 % de kaolin (en poids sec par rapport à la couche réservoir 2) dont 81 % des
particules en poids sec présentent un diamètre inférieur à 2 micromètres
* 12.3% de liant (en poids sec par rapport à la couche réservoir 2), le liant comprenant
67 % d'amidon et 33% d'alcool polyvinylique (PVA) et
* 4.2% de PolyDADMAC (en poids sec par rapport à la couche réservoir 2).
[0065] Dans cet essai n°2, les pigments de la couche réservoir 2 comprennent donc 100 parts
de pigments sec dont 85 parts de pigment principal et 15 parts de pigments secondaires.
[0066] L'essai n°1 correspond à un deuxième exemple d'un papier transfert 1 conforme à l'invention
dont la couche réservoir 2 comprend :
* 58.5% de carbonate de calcium précipité (en poids sec par rapport au poids sec de
la couche totale) ayant un diamètre moyen de 0.4 micromètres,
* 25 % de kaolin (en poids sec par rapport à la couche réservoir 2) dont 81 % des
particules en poids sec présentent un diamètre inférieur à 2 micromètres
* 12.3% de liant (en poids sec par rapport à la couche réservoir 2), le liant comprenant
67 % d'amidon et 33% d'alcool polyvinylique (PVA) et
* 4.2% de PolyDADMAC (en poids sec par rapport à la couche réservoir 2).
[0067] Dans cet essai n°1, les pigments de la couche réservoir 2 comprennent donc 100 parts
de pigments secs, dont 70 parts de pigment principal et 30 parts de pigments secondaires.
[0068] L'essai n°3 est un exemple comparatif dans lequel la couche réservoir comprend uniquement
des pigments principaux. Ainsi, la couche réservoir de l'essai n°3 comprend :
* 82.5% de carbonate de calcium précipité (en poids sec par rapport au poids sec de
la couche totale) ayant un diamètre moyen de 0.4 micromètres,
* 12.3% de liant (en poids sec par rapport à la couche réservoir 2), le liant comprenant
67 % d'amidon et 33% d'alcool polyvinylique (PVA) et
* 4.2% de PolyDADMAC (en poids sec par rapport à la couche réservoir 2).
[0069] Dans cet essai n°3, les pigments de la couche réservoir 2 comprennent donc 100 parts
de pigments sec, dont 100 parts de pigment principal.
[0070] On notera que la couche barrière 3 et la couche d'adhésivage 4 sont identiques dans
les trois essais.
[0071] On obtient alors les résultats suivants :
Tableau 3
| |
Essai n°1 |
Essai n°2 |
Essai n°3 (Comparatif) |
| Densité optique dans les couleurs primaires |
Cyan C |
1,74 |
1,86 |
1,67 |
| Magenta M |
1,61 |
1,85 |
1,52 |
| Jaune J |
1,14 |
1,22 |
1,1 |
| |
Noir N |
1,35 |
1,54 |
1,28 |
| Densité optique en bichromie |
CxMxJ |
3,2 |
4,2 |
2,83 |
| CxM |
0,98 |
1,1 |
0,97 |
| MxJ |
1,21 |
1,34 |
1,2 |
| Densité optique aplat de noir |
1,37 |
1,52 |
1,4 |
| Mal uni |
82,4 |
97,4 |
87,5 |
| Aptitude au transfert |
17,5 |
20,5 |
17,2 |
[0072] Les Figures 3 à 5 sont des graphes représentant, en abscisse, le numéro de l'essai,
et en ordonnées (pour chacun des essais n°1 à 3) :
- la densité optique dans les couleurs primaire (Fig. 3) obtenue à l'aide d'un densitomètre
de marque TECHKON R410e,
- la densité optique en trichromie, en bichromie et en aplat de noir (Fig. 4) obtenue
obtenue à l'aide d'un densitomètre de marque TECHKON R410e,
- le mal uni (Fig. 5) et l'aptitude au transfert (voir ci-après) obtenus à l'aide d'un
logiciel de traitement d'images, ici ImageJ.
[0073] Il ressort de ces mesures que la densité optique dans les couleurs primaires, en
particulier pour le noir, le cyan et le magenta, et en trichromie (CxMxY) est particulièrement
améliorée lorsque la couche réservoir 2 comprend au moins 60% en poids sec (sur le
poids total de pigments) d'un pigment principal et au plus 45% en poids sec (sur le
poids total de pigments) d'un pigment secondaire. La densité optique, le mal uni et
l'aptitude au transfert sont encore améliorés lorsque la couche réservoir comprend
85% en poids sec (sur le poids total de pigments) du pigment principal et 15% en poids
sec (sur le poids total de pigments) du pigment secondaire (voir l'essai n°2).
[0074] La Demanderesse a développé un indice d'aptitude au transfert AT afin de qualifier
à la fois le taux de transfert d'un papier transfert 1, la densité colorimétrique
de l'image ou du motif sur un substrat donné et la définition de cette image ou de
ce motif sur ce substrat. L'indice d'aptitude au transfert AT ainsi défini regroupe
la mesure de la densité optique mesurée dans le noir
I1 et les couleurs primaires
I2 à 100% d'encrage, la densité optique mesurée sur les aplats de noir composés de l'addition
des trois couleurs primaires
I4, la densité optique mesurée en bichromie
I3, et l'uniformité de dépose en pourcentage de surface encrée
I5 (ou encore le "mal uni") sur des aplats de couleurs convertis en niveau de gris.
[0075] Dans le cadre des mesures effectuées dans les tableaux 2 et 3, le substrat est un
textile de 88g/m
2 en armure satin, composé de 100% de polyester et imprimé sur sa surface matte. Par
ailleurs, le motif a été imprimé sur la face externe de la couche réservoir 2 grâce
à une imprimante EPSON WP-4015 DN avec des encres Rotech de chez Sawgrass, puis transféré
sur le textile grâce à une presse Promashirt TS-3838ME. Enfin, la densité optique
a été mesurée à l'aide d'un densitomètre de marque TECHKON R410e, et le mal-uni a
été mesuré à l'aide du traitement d'image : image-J.
[0076] Plus précisément, cet indice d'aptitude AT a été défini comme étant la somme de la
moyenne des paramètres mesurés par rapport à leur valeur cible respective multipliée
par l'indice d'aptitude au transfert de référence (AT
ref) et divisé par le nombre de paramètres pris en compte :

[0077] Dans le Tableau 2 ci-dessus, l'indice d'aptitude au transfert de référence AT
ref a été fixé à 20 et n=5. On obtient ainsi, pour la moyenne du mal uni du papier transfert
1 de l'invention :

[0078] On obtient ainsi un indice d'aptitude au transfert AT de 19.8 pour le papier conventionnel,
et de 20.5 pour l'exemple de papier transfert 1 du tableau 2 (qui correspond également
à l'essai n°2). Le papier transfert 1 selon l'invention présente donc, d'un point
de vue global, de meilleures caractéristiques de transfert que le papier conventionnel,
pour une moindre consommation d'encre et un grammage bien plus faible.
Procédé de fabrication S du papier transfert 1
[0079] Le papier transfert 1 peut être réalisé complètement en ligne, sur une machine à
papier, ou en partie sur une machine à papier et en partie hors ligne.
[0080] Au cours d'une première étape S1, une couche barrière 3 est formée sur une toile
de fabrication d'une machine à papier. La couche barrière peut être obtenue à partir
de fibres ayant subi les sous-étapes de raffinage principal et de tête décrites ci-dessus.
[0081] Au cours d'une deuxième étape S2, une couche réservoir 2 est déposée sur la couche
barrière 3. Dans une forme de réalisation, la face interne 22 de la couche réservoir
2 est appliquée sur la face toile 30, qui est plus rugueuse, de la couche barrière
3.
[0082] Dans une première forme de réalisation, le dépôt de la couche réservoir 2 peut être
effectué en ligne sur la machine à papier sur un poste de couchage ou d'enduction,
après passage de la couche barrière 3 dans une zone de séchage. Typiquement, la couche
réservoir 2 peut être déposée à l'aide d'une size press (c'est-à-dire un dispositif
comprenant deux cylindres formant entre eux un bain de sauce comprenant la composition
à déposer), d'un système de transfert de couche par crayons doseurs (ou « film press
»), d'une coucheuse à lame ou d'un dispositif de couchage rideau.
[0083] En variante, dans une deuxième forme de réalisation, la couche réservoir 2 peut être
déposée hors ligne. Typiquement, dans cette forme de réalisation, la couche réservoir
2 peut être imprimée par héliogravure, rotogravure, flexographie ou déposée par enduction
à l'aide d'une size press, d'une film press, d'une coucheuse à lame ou d'un dispositif
de couchage rideau.
[0084] Au cours de cette étape, la composition de la couche barrière 3 permet de faire barrière
au véhicule de l'encre sublimable 5 et maintenir ainsi les colorants dans la couche
réservoir 2, améliorant ainsi le taux de transfert du papier transfert 1.
[0085] Au cours d'une troisième étape S3, une couche d'adhésivage 4 peut être déposée sur
la couche barrière 3, à l'opposé de la couche réservoir 2. Dans une forme de réalisation,
la couche d'adhésivage 4 est appliquée sur la face feutre 32, qui est plus lisse,
de la couche barrière 3.
[0086] De manière analogue à la couche réservoir 2, la couche d'adhésivage 4 peut être déposée
en ligne sur la machine à papier, ou hors ligne.
[0087] Ainsi, dans une première forme de réalisation, le dépôt de la couche d'adhésivage
4 peut être effectué en ligne sur la machine à papier sur un poste de couchage ou
d'enduction, après passage de la couche barrière 3 dans la zone de séchage. Typiquement,
la couche d'adhésivage 4 peut être déposée à l'aide d'une size press, d'une film press,
d'une coucheuse à lame ou d'un dispositif de couchage rideau.
[0088] En variante, dans une deuxième forme de réalisation, la couche d'adhésivage 4 peut
être déposée hors ligne. Typiquement, dans cette forme de réalisation, la couche d'adhésivage
4 peut être imprimée par héliogravure, rotogravure, flexographie ou déposée par enduction
à l'aide d'une size press, d'une film press, d'une coucheuse à lame ou d'un dispositif
de couchage rideau.
[0089] On comprendra bien entendu que la couche réservoir 2 et la couche d'adhésivage 4
peuvent être déposées simultanément si le dispositif de dépôt le permet. C'est notamment
possible lorsque la couche réservoir 2 et la couche d'adhésivage 4 sont déposées (en
ligne ou hors ligne) à l'aide d'une size press, d'une film press ou d'une coucheuse
à lame.
[0090] Par ailleurs, la couche d'adhésivage 4 peut indifféremment être déposée sur la couche
barrière 3 après la couche réservoir 2, ou préalablement au dépôt de la couche réservoir
2.
[0091] Enfin, la couche réservoir 2 peut être déposée en ligne tandis que la couche d'adhésivage
4 est déposée hors ligne, ou inversement.
[0092] La face externe 20 du papier transfert 1 peut alors être imprimée conventionnellement,
typiquement à l'aide d'une imprimante jet d'encre. La couche réservoir 2 présentant
un taux de transfert élevé, il est cependant possible de réduire la quantité d'encre
sublimable 5 nécessaire pour réaliser l'image ou le motif voulu en comparaison avec
un papier conventionnel, tout en augmentant la vitesse de transfert et en réduisant
le grammage du papier transfert 1.
[0093] De manière conventionnelle, le transfert de l'encre sublimable 5 de l'image ou du
motif porté par la couche réservoir 2 peut alors être effectué à chaud à l'aide d'une
calandre transfert.
[0094] Pour cela, la face externe 20 de la couche réservoir 2, qui correspond à la face
imprimée du papier transfert 1, est appliquée sur la face du substrat à imprimer par
la calandre transfert. Sous l'effet de la pression et de la température appliquées
par le cylindre de la calandre transfert, l'encre sublimable 5 passe de l'état solide
à l'état gazeux et pénètre dans le substrat (à savoir dans la maille du textile ou
dans le vernis du substrat dur). La plage de température de transfert pour les encres
sublimables est habituellement comprise entre 170°C et 210°C, pour une plage de pression
d'application du papier transfert 1 sur le substrat comprise entre environ 2.5 bars
et 4.5 bars.
[0095] Lors de cette étape, le papier transfert 1 de l'invention assure une bonne restitution
de l'image ou du motif sur le substrat avec une bonne productivité.
[0096] Une fois le transfert de l'image ou du motif sur le substrat réalisé, une partie
de l'encre sublimable 5 qui n'a pas été transférée sur le substrat reste sur le papier
transfert 1. Ce papier transfert 1 n'est plus utilisable ni recyclable et représente
un déchet à éliminer par l'industriel. Toutefois, un papier transfert 1 conforme à
l'invention permet d'abaisser le grammage de plus de 30% en comparaison avec les papiers
conventionnels, ce qui permet de réduire de quantité de déchets issus de l'étape de
transfert.
[0097] Enfin, le papier transfert 1 conforme à l'invention présente une porosité Bendtsen
(mesurée conformément à la norme NF Q 03-076) supérieure à 100 mL/min, de préférence
supérieure à 125 mL/min et plus préférablement supérieure à 150 mL/min. Une telle
porosité permet d'assurer la productivité lors du transfert, le niveau de perméabilité
du papier transfert 1 doit être suffisamment élevé pour favoriser l'échange de température
avec le textile et permettre d'apporter l'énergie de sublimation nécessaire à l'encre
pour passer de l'état solide à l'état gazeux. Ce niveau de perméabilité élevé est
notamment permis par la composition de la couche barrière 3
1. Papier transfert (1) comprenant :
- une couche réservoir (2), présentant une face externe (20) configurée pour recevoir
une encre sublimable (5) et une face interne (22), et
- une couche barrière (3), appliquée sur la face interne (22) de la couche réservoir
(2), et configurée pour former une barrière au véhicule de l'encre sublimable (5),
ladite couche barrière (3) comprenant entre 70% et 100% en poids sec de fibres de
cellulose, de préférence au moins 80% en poids sec
le papier transfert (1) étant
caractérisé en ce que la couche réservoir comprend :
- au moins 60% en poids sec de pigments principaux présentant un diamètre moyen compris
entre 0.2 micromètres et 0.8 micromètres, et
- au plus 45% en poids sec de pigments secondaires présentant un diamètre moyen supérieur
au diamètre moyen des pigments principaux.
2. Papier transfert (1) selon la revendication 1, dans lequel les fibres de cellulose
présentent un niveau de raffinage mesuré en degrés Schopper-Riegler compris entre
38°SR et 42°SR.
3. Papier transfert (1) selon l'une des revendications 1 ou 2, dans lequel la couche
barrière (3) comprend en outre :
- entre 3% et 15% en poids sec d'une charge minérale, typiquement entre 6% et 12%
en poids sec, par exemple 9%, et/ou
- un agent de collage de type alkyl cétène dimère (AKD) ou anhydre alkylsuccénique
(ASA) présentant une qualité de collage suivant le test COBB avec un temps de contact
de 60 secondes inférieure à 20 g/m2
4. Papier transfert (1) selon l'une des revendications 1 à 3, dans lequel la couche barrière
(3) présente un grammage compris entre 30 g/m2 et 40 g/m2, typiquement entre 32 g/m2 et 35 g/m2, par exemple de l'ordre de 34 g/m2.
5. Papier transfert (1) selon l'une des revendications 1 à 4, dans lequel les pigments
principaux présentent un diamètre moyen compris entre 0.3 micromètres et 0.6 micromètres.
6. Papier transfert (1) selon la revendication 5, dans lequel les pigments principaux
comprennent du carbonate de calcium précipité, par exemple du type aragonite, rhomboédrique,
scalenoédrique ou prismatique, de préférence du type aragonite.
7. Papier transfert (1) selon l'une des revendications 5 ou 6, dans lequel la couche
réservoir comprend au plus 30% en poids sec de pigments secondaires, de préférence
au plus 20% en poids sec.
8. Papier transfert (1) selon la revendication 7, dans lequel les pigments secondaires
présentent un diamètre moyen compris entre 0.3 micromètres et 2 micromètres, de préférence
entre 0.5 micromètres et 1.5 micromètres.
9. Papier transfert (1) selon l'une des revendications 7 ou 8, dans lequel les pigments
secondaires comprennent du carbonate de calcium broyé ou du kaolin.
10. Papier transfert (1) selon l'une des revendications 1 à 9, dans lequel la couche réservoir
(2) présente un grammage compris entre 2 g/m2 et 8 g/m2, de préférence entre 3 g/m2 et 6 g/m2.
11. Papier transfert (1) selon l'une des revendications 1 à 10, comprenant en outre une
couche d'adhésivage (4), fixée sur la couche barrière (3) à l'opposé de la couche
réservoir (2), ladite couche d'adhésivage (4) étant configurée pour assurer une bonne
machinabilité du papier transfert et comprenant un agent cohésif, par exemple des
polysaccharides ou de l'alcool polyvinylique (PVA).
12. Papier transfert (1) selon la revendication 11, dans lequel la couche d'adhésivage
(4) présente un grammage compris entre 0.1 g/m2 et 10 g/m2, de préférence entre 0.3 g/m2 et 0.6 g/m2.
13. Papier transfert (1) selon l'une des revendications 1 à 12, présentant une porosité
Bendtsen supérieure à 100 mL/min, de préférence supérieure à 125 mL/min, typiquement
supérieure à 150 mL/min.
14. Papier transfert (1) selon l'une des revendications 1 à 13, présentant un grammage
compris entre 35 g/m2 et 45 g/m2, typiquement entre 38 g/m2 et 40 g/m2, par exemple 39 g/m2.
15. Papier transfert (1) selon l'une des revendications 1 à 14, présentant un indice d'aptitude
au transfert supérieur à 20, de préférence supérieur ou égal à 22.
16. Procédé de fabrication (S) d'un papier transfert (1) selon l'une des revendications
1 à 15, comprenant les étapes suivantes :
- former (S1) la couche barrière (3) sur une machine à papier, et
- déposer (S2) la couche réservoir (2) sur une face de la couche barrière (3), ladite
couche réservoir (2) comprenant :
- au moins 60% en poids sec de pigments principaux présentant un diamètre moyen compris
entre 0.2 micromètres et 0.8 micromètres, et
- au plus 45% en poids sec de pigments secondaires présentant un diamètre moyen supérieur
au diamètre moyen des pigments principaux.
17. Procédé de fabrication (S) selon la revendication 16, dans lequel l'étape (S1) de
formation de la couche barrière (3) comprend les sous-étapes suivantes :
- mettre les fibres de cellulose en dispersion aqueuse dans un pulpeur, et
- raffiner les fibres de cellulose afin d'obtenir un niveau de raffinage mesuré en
degré Schopper-Riegler (°SR) compris entre 38°SR et 42°SR, et une longueur moyenne
de fibres (FLI) comprise entre 0.4 mm et 0.9 mm, préférentiellement de l'ordre de
0.65 mm.
18. Procédé de fabrication (S) selon l'une des revendications 16 à 17, comprenant en outre
une étape au cours de laquelle une couche d'adhésivage (4) est déposée sur une autre
face de la couche barrière (3), ladite couche d'adhésivage (4) étant configurée pour
assurer une bonne machinabilité du papier transfert et comprenant un agent cohésif,
par exemple des polysaccharides ou de l'alcool polyvinylique (PVA).