Arrière-plan de l'invention
[0001] La présente invention concerne le domaine de la fonderie, et plus particulièrement
un moule pour fonderie, ainsi que des procédés de fabrication de moules carapaces
et de fonderie utilisant un tel moule.
[0002] Dans la description qui suit, les termes « haut », « bas », « horizontal » et « vertical
» sont définis par l'orientation normale d'un tel moule lors de la coulée de métal
dans son intérieur.
[0003] Des procédés de fonderie dits à cire perdue ou à modèle perdu sont connus depuis
l'antiquité. Ils sont particulièrement adaptés pour la production de pièces métalliques
avec des formes complexes. Ainsi, la fonderie à modèle perdu est notamment utilisée
pour la production de pales de turbomachines.
[0004] Dans la fonderie à modèle perdu, la première étape est normalement la réalisation
d'un modèle en matériau à température de fusion comparativement peu élevée, comme
par exemple une cire ou résine. Ce modèle est lui-même enrobé de matériau réfractaire
pour former un moule, et notamment un moule de type moule-carapace. Après évacuation
ou élimination du matériau du modèle de l'intérieur du moule, ce qui donne son nom
à ces procédés dits à modèle perdu, un métal en fusion est coulé dans ce moule, afin
de remplir la cavité formée par le modèle dans le moule après son évacuation ou élimination.
Une fois que le métal se refroidit et solidifie, le moule peut être ouvert ou détruit
afin de récupérer une pièce métallique conforme à la forme du modèle. On entend par
« métal », dans le présent contexte, tant des métaux purs que, surtout, des alliages
métalliques.
[0005] Afin de pouvoir produire plusieurs pièces simultanément, il est possible de réunir
plusieurs modèles dans une seule grappe dans laquelle ils sont reliés par un arbre
formant, dans le moule, des canaux de coulée pour le métal en fusion.
[0006] Parmi les différents types de moules pouvant être utilisés dans la fonderie à modèle
perdu, on connaît notamment les moules dits moules carapace, formés par trempage du
modèle ou de la grappe de modèles dans une barbotine, suivi d'un saupoudrage du modèle
ou de la grappe enduits de barbotine avec du sable réfractaire pour former une carapace
autour du modèle ou de la grappe, et de la cuisson de cette carapace pour la fritter
de manière à consolider l'ensemble. Plusieurs trempages et saupoudrages successifs
peuvent être envisagés afin d'obtenir une carapace d'une épaisseur suffisante avant
sa cuisson. On entend par « sable réfractaire », dans le présent contexte, tout matériau
granulaire avec une granulométrie suffisamment fine pour satisfaire aux tolérances
de production souhaitées, capable de résister, à l'état solide, aux températures du
métal en fusion, et pouvant être consolidé d'un seul tenant lors de la cuisson de
la carapace.
[0007] Afin d'obtenir des propriétés thermomécaniques particulièrement avantageuses dans
une pièce produite par fonderie, il peut être souhaitable d'assurer une solidification
dirigée du métal dans le moule. On entend par « solidification dirigée », dans le
présent contexte, comme la maîtrise de la germination et croissance de cristaux solides
dans le métal en fusion lors de son passage de l'état liquide à l'état solide. L'objet
d'une telle solidification dirigée est celui d'éviter les effets négatifs des joints
de grains dans la pièce. Ainsi, la solidification dirigée peut être colonnaire ou
monocristalline. La solidification dirigée colonnaire consiste à orienter tous les
joints de grains dans une même direction, de manière à ce qu'ils ne puissent pas contribuer
à la propagation de fissures. La solidification dirigée monocristalline consiste à
assurer la solidification de la pièce en un seul cristal, de manière à supprimer totalement
les joints de grains.
[0008] Pour obtenir cette solidification dirigée monocristalline, le moule présente typiquement,
sous la cavité de moulage, une cavité dite de démarrage reliée à la cavité de moulage
par un canal sélecteur, comme divulgué par exemple dans le brevet français
FR 2 734 189 et le brevet
US 4,548,255. Lors de la solidification du métal dans le moule, on opère un refroidissement progressif
de celui-ci à partir de la cavité de démarrage, de manière à provoquer la germination
des cristaux dans celle-ci. Le rôle du canal sélecteur est, d'une part, de privilégier
un grain unique, et d'autre part, de permettre la progression de ce grain unique vers
la cavité de moulage à partir du front de cristallisation de ce grain germé dans la
cavité de démarrage.
[0009] Un inconvénient de cette configuration est toutefois celui d'assurer la tenue mécanique
du moule, en particulier quand celui-ci est du type dit « moule carapace », formé
par des parois relativement fines autour des cavités et canaux destinés à recevoir
le métal fondu, puisque la cavité de moulage sera en position haute au-dessus d'une
cavité de démarrage normalement plus petite. Pour cela, il est habituel, comme illustré
dans le brevet
US 4,940,073, d'intégrer des tiges de soutien dans le moule.
[0010] Toutefois, ces tiges de soutien, qui pénètrent dans les cavités de démarrage et de
moulage, peuvent interférer avec la germination et la propagation des grains.
Objet et résumé de l'invention
[0011] L'invention vise donc à remédier à ces inconvénients en proposant un moule pour fonderie
monocristalline avec une cavité de moulage, une tige de soutien, une cavité de démarrage
dont la forme permette d'assurer la germination de grains et un support adéquat à
la tige de soutien, et un canal sélecteur relié au sommet de la cavité de démarrage
pour la propagation d'un seul de ces grains vers la cavité de moulage.
[0012] Dans au moins un mode de réalisation, ce but est atteint grâce au fait que la cavité
de démarrage comprend au moins un premier volume en forme d'entonnoir inversé, et
un deuxième volume distinct en forme de socle, à la base du premier volume et sensiblement
en saillie par rapport audit premier volume dans au moins une direction horizontale,
et en ce que la tige de soutien est latéralement décalée par rapport au canal sélecteur
et relie le deuxième volume de la cavité de démarrage à la cavité de moulage. Par
« forme d'entonnoir inversé » on entend une forme à profil convergent telle que la
section transversale la plus grande du premier volume est disposée adjacent au deuxième
volume et la section transversale la plus petite du premier volume est disposée à
l'opposé du deuxième volume. Cette forme n'est pas nécessairement conique ou même
axisymétrique. Par « sensiblement en saillie » on entend que l'écart horizontal entre
le bord inférieur du premier volume et le bord supérieur du deuxième volume est facilement
détectable par des moyens de mesure conventionnels. Cette saillie horizontale du deuxième
volume permet ainsi d'offrir un appui stable à la tige de soutien malgré son décalage
latéral, qui permet d'éviter d'interférer avec la sélection de grains dans la transition
entre la cavité de démarrage et le canal sélecteur à travers le premier volume en
forme d'entonnoir.
[0013] En particulier, le deuxième volume peut être horizontalement en saillie autour du
périmètre entier dudit premier volume, créant ainsi une discontinuité entre les premier
et deuxième volumes qui contribue à la sélection de grains.
[0014] En outre, ledit premier volume peut être axisymétrique autour d'un axe vertical,
facilitant ainsi la transition vers un canal sélecteur à section ronde, diminuant
ainsi le risque de germination de grains parasites, tout comme celui de points faibles
dans les parois du moule.
[0015] D'autre part, ledit deuxième volume peut être non-axisymétrique autour d'un axe vertical,
notamment afin de faciliter le positionnement du modèle fusible de la cavité de démarrage
lors de l'assemblage d'une grappe de modèles pour la fabrication du moule. Toutefois,
le deuxième volume peut notamment être symétrique par rapport à un plan vertical,
ce qui facilite la production par injection du modèle fusible qui servira à former
cette cavité, en facilitant son démoulage.
[0016] Afin d'obtenir des conditions thermiques particulièrement homogènes au niveau dudit
premier volume et du canal sélecteur, le décalage latéral de la tige de soutien par
rapport au canal sélecteur peut être tel qu'une distance minimale entre la tige de
soutien et le premier volume soit supérieure à la somme d'une épaisseur du moule autour
de la tige de soutien et une épaisseur du moule autour du premier volume. Le moule
peut notamment être un moule du type dit moule carapace, produit par le procédé dit
à cire perdue ou à modèle perdu, ce qui permet d'obtenir un moule à parois relativement
minces.
[0017] En particulier, ledit canal sélecteur peut être un canal sélecteur en chicane, afin
notamment d'assurer une sélection fiable d'un seul grain de cristallisation. En outre,
ledit canal sélecteur peut présenter une section transversale ronde, en particulier
pour assurer l'intégrité des parois du moule autour de ce canal sélecteur, ainsi que
pour éviter la germination de grains parasites dans des arêtes vives du canal sélecteur.
[0018] L'invention concerne également un procédé de fonderie comprenant au moins la fabrication
d'un tel moule, par exemple par le procédé dit à cire perdue ou à modèle perdu, la
coulée de métal en fusion dans le moule, le refroidissement et la solidification dirigée
du métal à partir de la cavité de démarrage, et le décochage du moule pour récupérer
une pièce métallique brute. Ce procédé peut ensuite comporter aussi, par exemple,
une étape supplémentaire de finition de la pièce métallique brute.
Brève description des dessins
[0019] L'invention sera bien comprise et ses avantages apparaîtront mieux, à la lecture
de la description détaillée qui suit, d'un mode de réalisation représenté à titre
d'exemple non limitatif. La description se réfère aux dessins annexés sur lesquels
:
- la figure 1 illustre schématiquement la mise en oeuvre d'un procédé de fonderie à
solidification dirigée ;
- la figure 2 illustre schématiquement une grappe de modèles de fonderie ;
- la figure 3 est une vue latérale de la cavité de démarrage suivant un mode de réalisation
d'invention, avec le canal sélecteur correspondant, ainsi qu'une partie de la cavité
de moulage correspondante, et une tige céramique de support ;
- la figure 4 est une vue du haut d'un modèle fusible de la cavité de démarrage de la
figure 3.
Description détaillée de l'invention
[0020] La figure 1 illustre comment un refroidissement progressif du métal en fusion destiné
à obtenir une solidification dirigée peut typiquement être réalisé dans un procédé
de fonderie.
[0021] Le moule carapace 1 utilisé dans ce procédé comporte un descendant central 4 s'étendant,
en direction de l'axe principal X, entre un godet de coulée 5 et une base 6 en forme
de plateau. Pendant l'extraction du moule carapace 1 de la chambre de chauffage 3,
cette base 6 va être directement en contact avec une sole 2. Le moule carapace 1 comprend
aussi une pluralité de cavités de moulage 7 arrangées en grappe autour du descendant
central 4. Chaque cavité de moulage 7 est reliée au godet de coulée 5 par un canal
d'amenée 8 au travers duquel le métal en fusion est introduit lors de sa coulée. Chaque
cavité de moulage 7 est aussi également reliée par le bas, à travers un canal sélecteur
9 en chicane, à une plus petite cavité de démarrage 10 adjacente à la base 6.
[0022] Le moule carapace 1 peut être produit par le procédé dit à cire perdue ou à modèle
perdu. Une première étape d'un tel procédé est la création d'une grappe non permanente
11 comprenant une pluralité de modèles 12 reliés par un arbre 13, comme celle illustrée
sur la figure 2. Les modèles 12 ainsi que l'arbre 13, sont destinés à former des volumes
creux dans le moule carapace 1. Ils sont obtenus à partir d'une matière à basse température
de fusion, comme une cire ou résine appropriées. Lorsque la production de grands nombres
de pièces est envisagée, il est notamment possible de produire ces éléments par injection
de la cire ou résine dans un moule permanent. Afin de soutenir chaque modèle 12, une
tige de soutien 20 en matériau réfractaire, par exemple céramique, relie chacun des
modèles 12 à la base de la grappe 11.
[0023] Dans ce mode de réalisation, pour produire le moule carapace 1 à partir de cette
grappe non permanente 11, on procède à tremper la grappe 11 dans une barbotine, pour
ensuite la saupoudrer avec un sable réfractaire. Ces étapes de trempage et saupoudrage
peuvent être répétées plusieurs fois, jusqu'à former une carapace de sable imprégné
de barbotine d'une épaisseur souhaitée autour de la grappe 11.
[0024] La grappe 11 enrobée de cette carapace peut ensuite être chauffée pour faire fondre
et évacuer de l'intérieur de la carapace la matière à basse température de fusion
de la grappe 11. Ensuite, dans une étape de cuisson à plus haute température, la carapace
est frittée de manière à consolider le sable réfractaire pour former le moule carapace
1.
[0025] Le métal ou alliage métallique utilisé dans ce procédé de fonderie est coulé en fusion
dans le moule carapace 1, à travers le godet de coulée 5, et remplit les cavités de
moulage 7 à travers les canaux d'amenée 8. Pendant cette coulée, le moule carapace
1 est maintenu dans une chambre de chauffage 3, comme illustré sur la figure 1. Ensuite,
afin d'obtenir le refroidissement progressif du métal en fusion, ce moule carapace
1, soutenu par un support 2 refroidi et mobile, est extrait de la chambre de chauffage
3, suivant un axe principal X, vers le bas. Le moule carapace 1 étant refroidi à travers
sa base 6 par le support 2, la solidification du métal en fusion va se déclencher
dans les démarrages 10 et se propager vers le haut suite à l'extraction progressive
du moule carapace 1 de la chambre de chauffage 3 par le bas, suivant la flèche de
la figure 1. L'étranglement formé par chaque sélecteur 9, ainsi que sa forme en chicane,
vont toutefois assurer qu'un seul grain, parmi ceux ayant initialement germé dans
chaque cavité de démarrage 10, va pouvoir continuer à s'étendre vers la cavité de
moulage 7 correspondante.
[0026] Parmi les alliages métalliques pouvant être utilisés dans ce procédé, on compte notamment
les alliages monocristallins de nickel, tels que, notamment, les AM1 et AM3 de SNECMA,
mais aussi d'autres comme les CMSX-2®, CMSX-4®, CMSX-6 ®, et CMSX-10 ® du C-M Group,
les René® N5 et N6 de General Electric, les RR2000 et SRR99 de Rolls-Royce, et les
PWA 1480, 1484 et 1487 de Pratt & Whitney, entre autres. Le tableau 1 illustre les
compositions de ces alliages :
Tableau 1 : Compositions d'alliages de nickel monocristallins en % massique
| Alliage |
Cr |
Co |
Mo |
W |
Al |
Ti |
Ta |
Nb |
Re |
Hf |
C |
B |
Ni |
| CMSX-2 |
8,0 |
5,0 |
0,6 |
8,0 |
5,6 |
1,0 |
6,0 |
- |
- |
- |
- |
- |
Bal |
| CMSX-4 |
6,5 |
9,6 |
0,6 |
6,4 |
5,6 |
1,0 |
6,5 |
- |
3,0 |
0,1 |
- |
- |
Bal |
| CMSX-6 |
10,0 |
5,0 |
3,0 |
- |
4,8 |
4,7 |
6,0 |
- |
- |
0,1 |
- |
- |
Bal |
| CMSX-10 |
2,0 |
3,0 |
0,4 |
5,0 |
5,7 |
0,2 |
8,0 |
- |
6,0 |
0,03 |
- |
- |
Bal |
| René N5 |
7,0 |
8,0 |
2,0 |
5,0 |
6,2 |
- |
7,0 |
- |
3,0 |
0,2 |
- |
- |
Bal |
| René N6 |
4,2 |
12,5 |
1,4 |
6,0 |
5,75 |
- |
7,2 |
- |
5,4 |
0,15 |
0,05 |
0,004 |
Bal |
| RR2000 |
10,0 |
15,0 |
3,0 |
- |
5,5 |
4,0 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
Bal |
| SRR99 |
8,0 |
5,0 |
- |
10,0 |
5,5 |
2,2 |
12,0 |
- |
- |
- |
- |
- |
Bal |
| PWA1480 |
10,0 |
5,0 |
- |
4,0 |
5,0 |
1,5 |
12,0 |
- |
- |
- |
0,07 |
- |
Bal |
| PWA1484 |
5,0 |
10,0 |
2,0 |
6,0 |
5,6 |
- |
9,0 |
- |
3,0 |
0,1 |
- |
- |
Bal |
| PWA1487 |
5,0 |
10,0 |
1,9 |
5,9 |
5,6 |
- |
8,4 |
- |
3,0 |
0,25 |
- |
- |
Bal |
| AM1 |
7,0 |
8,0 |
2,0 |
5,0 |
5,0 |
1,8 |
8,0 |
1,0 |
- |
- |
- |
- |
Bal |
| AM3 |
8,0 |
5,5 |
2,25 |
5,0 |
6,0 |
2,0 |
3,5 |
- |
- |
- |
- |
- |
Bal |
[0027] Après le refroidissement et la solidification du métal dans le moule carapace 1,
celui-ci pourra être décoché pour libérer les pièces métalliques, lesquelles pourront
ensuite être finies par des procédés d'usinage et/ou des traitements de surface.
[0028] La figure 3 illustre plus spécifiquement la forme de l'une des cavités de démarrage
10, avec le canal sélecteur 9 correspondant, ainsi qu'une partie de la cavité de moulage
7 reliée à la cavité de démarrage 10 par ce canal sélecteur 9. On peut ainsi voir
comment la cavité de démarrage 10 comprend un premier volume 10a de type à profil
convergent vers le haut, c'est à dire en forme d'entonnoir inversé, et un deuxième
volume 10b distinct, à la base du premier volume 10a. La convergence vers le haut
du premier volume est telle que la section transversale la plus grande du premier
volume est disposée adjacente au deuxième volume et la section transversale la plus
petite du premier volume est disposée à l'opposé du deuxième volume. En d'autres termes,
la plus grande section transversale du premier volume 10a est disposée en position
inférieure par rapport à la plus petite section transversale selon l'orientation de
la figure 3. Avantageusement, ce deuxième volume 10b présente une section transversale
disposée horizontalement sensiblement constante, en saillie par rapport au premier
volume 10a tout autour de ce premier volume 10a, mais de manière plus importante dans
une direction principale. L'extrémité inférieure de la tige 20 est reçue dans cette
saillie latérale du deuxième volume 10b.
[0029] Dans le mode de réalisation illustré, le deuxième volume 10b présente une hauteur
h
b d'au moins 5 mm afin d'offrir un ancrage suffisant à la tige 20. Le bord supérieur
de ce deuxième volume 10b est arrondi afin d'éviter des concentrations de contrainte
et par conséquent des criques à cet endroit de la moule carapace 1. De telles criques
pourraient en effet générer des fines fuites de métal contenues dans la paroi de la
moule carapace 1 qui pourraient constituer des sites de germination de grains parasites.
Le rayon de cet arrondi peut être, par exemple, d'environ 0,5 mm.
[0030] Les transitions entre le premier volume 10a et le deuxième volume 10b, ainsi qu'entre
le premier volume 10a et le canal sélecteur 9 sont également arrondies pour les mêmes
raisons. L'inclinaison a (ALPHA) par rapport à l'horizontale d'une ou des parois du
premier volume 10a selon un plan supposé vertical peut être, par exemple, entre 40°
et 70°. Cette inclinaison permet d'effectuer une première sélection des grains et
d'éviter des retassures en fin de solidification qui seraient susceptibles de générer
des sites de germination de grains parasites. Toutefois, d'autres inclinaisons peuvent
être envisagées suivant la forme du premier volume 10a.
[0031] Bien que, dans le mode de réalisation illustré, ce premier volume 10a ait une forme
tronconique, d'autres formes à section horizontale décroissante vers le haut, et en
particulier mais pas uniquement des formes axisymétriques, seraient également envisageables.
Par exemple, une forme hémisphérique à convexité tournée vers le haut est aussi envisageable.
Indépendamment de sa forme, la hauteur h
a du premier volume 10a peut être, par exemple, entre 2 et 20 mm.
[0032] Le canal sélecteur 9 est en forme de chicane avec cinq segments successifs 9a à 9e,
à section transversale ronde sensiblement constante, avec un diamètre d
c d'au moins 5 mm, de préférence entre 6 et 8 mm, par exemple. Ce choix de diamètres
permet d'effectuer la sélection du monograin, tout en évitant que, par un diamètre
trop faible du canal sélecteur 9, des criques se forment dans les parois du moule
carapace 1 ce qui pourrait favoriser la germination de grains parasites. Pour la même
raison, les raccords entre les segments successifs 9a à 9e sont arrondis, par exemple
avec un rayon d'environ 7 mm. Ces cinq segments successifs 9a à 9e comprennent des
premier et cinquième segments 9a,9e sensiblement verticaux, un troisième segment 9c
sensiblement vertical aussi, mais latéralement décalé par rapport aux premier et cinquième
segments 9a,9e, et des deuxième et quatrième segments 9b,9d inclinés reliant les extrémités
du troisième segment 9c à, respectivement, lesdits premier et cinquième segments 9a,9e.
L'inclinaison β (BETA) desdits deuxième et quatrième segments 9b,9d par rapport à
l'horizontale peut être entre 5° et 45°, par exemple. La hauteur globale h de l'ensemble
de la cavité de démarrage 10 et du canal sélecteur 9 peut être, par exemple, entre
30 et 40 mm.
[0033] La partie inférieure de la cavité de moulage 7 est également visible sur la figure
3. Afin d'assurer la transition entre le canal sélecteur 9 et cette cavité de moulage
7, pour éviter la création de grains parasites à cet endroit critique du moule 1,
les bords inférieurs de cette cavité de moulage 7 sont inclinés et arrondis. L'angle
d'inclinaison Y (GAMMA) de ces bords par rapport à l'horizontale peut également être
entre 5° et 45°, par exemple. Une courbe canonique relie ces bords arrondis au canal
sélecteur 9. Cette courbe canonique est constituée d'arrondis avec des rayons proches
de ceux des bords, afin d'éviter des accidents de forme contribuant à la germination
de grains parasites.
[0034] La tige 20 pénètre dans la cavité de moulage 7 à travers l'un de ses bords inférieurs
arrondis. Afin d'éviter la formation interstices susceptibles de constituer des sites
de germination de grains métalliques parasites, le raccordement 21 de la tige 20 à
la cavité de moulage 7 présente le plus petit rayon d'angle possible, ou aucun, et
ceci tout autour de la tige 20. La tige de soutien 20 peut être réalisée en un matériau
réfractaire tel que qu'une céramique, en particulier l'alumine et peut présenter une
section transversale de diamètre d
t de, par exemple, 3 mm.
[0035] La figure 4 illustre une vue du haut du modèle fusible 10' utilisé pour former la
cavité de démarrage 10. Les formes des premier et deuxième volumes 10'a,10'b de ce
modèle fusible 10' correspondront à celles des premier et deuxième volumes 10a, 10b
de la cavité de démarrage 10. Comme on peut voir sur cette figure, le deuxième volume
10'b de ce modèle fusible 10' présente une section horizontale symétrique formée par
deux arcs de cercle de rayons différents, dont les extrémités sont reliées par des
lignes droites. Cette forme permet notamment de correctement orienter le modèle 10'
lors de l'assemblage de la grappe 11. L'un desdits arcs de cercle, avec un rayon R,
est centré sur l'axe central du premier volume 10'a du modèle fusible 10', tandis
que l'autre arc de cercle, avec un rayon r sensiblement inférieur au rayon R, est
centré sur l'axe central de la tige 20. La distance minimale S entre la tige 20 et
le premier volume 10a de la cavité de démarrage 10 est supérieure à la somme des épaisseurs
et et e
a des parois du moule 1 autour de, respectivement, lesdits tige 20 et premier volume
10a, de manière à éviter un chevauchement de ces parois qui nuirait à l'homogénéité
thermique au sein dudit premier volume 10a de la cavité de démarrage 10.
[0036] Quoique la présente invention ait été décrite en se référant à un exemple de réalisation
spécifique, il est évident que des différentes modifications et changements peuvent
être effectués sur ces exemples sans sortir de la portée générale de l'invention telle
que définie par les revendications. En outre, des caractéristiques individuelles des
différents modes de réalisation évoqués peuvent être combinées dans des modes de réalisation
additionnels. Par conséquent, la description et les dessins doivent être considérés
dans un sens illustratif plutôt que restrictif.
1. Moule (1) pour fonderie monocristalline comprenant au moins une cavité de moulage
(7) ;
une cavité de démarrage (10) avec au moins :
un premier volume (10a) en forme d'entonnoir inversé ; et
un deuxième volume (10b) distinct en forme de socle à la base du premier volume et
sensiblement en saillie par rapport audit premier volume dans au moins une direction
horizontale ; et
un canal sélecteur (9) reliant ladite cavité de démarrage (10) à ladite cavité de
moulage (7) ; et
caractérisé en ce qu'il comprend en outre une tige de soutien (20), latéralement décalée par rapport audit
canal sélecteur, et reliant le deuxième volume (10b) de la cavité de démarrage (10)
à la cavité de moulage (7).
2. Moule (1) suivant la revendication 1, dans lequel une extrémité inférieure de la tige
de soutien (20) est reçue dans ladite saillie latérale du deuxième volume (10b).
3. Moule (1) suivant la revendication 2, dans lequel une distance minimale entre la tige
de soutien (20) et le premier volume (10a) est supérieure à la somme d'une épaisseur
du moule (1) autour de la tige de soutien (20) et une épaisseur du moule (1) autour
du premier volume (10a).
4. Moule (1) suivant l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel le
deuxième volume (10b) est horizontalement en saillie autour du périmètre entier dudit
premier volume.
5. Moule (1) suivant l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel ledit
premier volume (10a) est axisymétrique autour d'un axe vertical.
6. Moule (1) suivant l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel ledit
deuxième volume (10b) est non-axisymétrique autour d'un axe vertical.
7. Moule (1) suivant l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel ledit
canal sélecteur (9) est un canal sélecteur en chicane.
8. Moule (1) suivant l'une quelconque des précédentes, dans lequel ledit canal sélecteur
(9) présente une section transversale ronde.
9. Procédé de fonderie comprenant au moins les étapes suivantes :
fabrication d'un moule (1) suivant l'une quelconque des revendications précédentes
;
coulée de métal en fusion dans le moule (1);
refroidissement et solidification dirigée du métal à partir de la cavité de démarrage
(10) ; et
décochage du moule (1) pour récupérer une pièce métallique brute.
1. Form (1) für monokristallines Gießen, die wenigstens umfasst einen Formhohlraum (7),
einen Starthohlraum (10) mit wenigstens:
einem ersten Raum (10a) mit der Form eines umgekehrten Trichters, und
einem separaten sockelförmigen zweiten Raum (1 0b) an der Basis des ersten Raums und
gegenüber dem ersten Raum in wenigstens einer horizontalen Richtung im Wesentlichen
vorspringend, und
einen Auswahlkanal (9), der den Starthohlraum (10) mit dem Formhohlraum (7) verbindet,
und
dadurch gekennzeichnet, dass sie ferner eine Stützstange (20) umfasst, die gegenüber dem Auswahlkanal seitlich
versetzt ist und die den zweiten Raum (10b) des Starthohlraums (10) mit dem Formhohlraum
(7) verbindet.
2. Form (1) nach Anspruch 1, bei der ein unteres Ende der Stützstange (20) in dem seitlichen
Vorsprung des zweiten Raums (10b) aufgenommen ist.
3. Form (1) nach Anspruch 2, bei der ein Mindestabstand zwischen der Stützstange (20)
und dem ersten Raum (10a) größer ist als die Summe aus einer Dicke der Form (1) um
die Stützstange (20) herum und einer Dicke der Form (1) um den ersten Raum (10a) herum.
4. Form (1) nach einem der vorhergehenden Ansprüche, bei der der zweite Raum (10b) um
den vollständigen Umfang des ersten Raums herum horizontal vorspringend ist.
5. Form (1) nach einem der vorhergehenden Ansprüche, bei der der erste Raum (10a) um
eine vertikale Achse herum achsensymmetrisch ist.
6. Form (1) nach einem der vorhergehenden Ansprüche, bei der der zweite Raum (10b) um
eine vertikale Achse herum nicht achsensymmetrisch ist.
7. Form (1) nach einem der vorhergehenden Ansprüche, bei der der Auswahlkanal (9) ein
zickzackförmiger Auswahlkanal ist.
8. Form (1) nach einem der vorhergehenden Ansprüche, bei der der Auswahlkanal (9) einen
runden Querschnitt aufweist.
9. Gießverfahren, das wenigstens die folgenden Schritte umfasst:
Herstellen einer Form (1) nach einem der vorhergehenden Ansprüche,
Gießen von Metallschmelze in die Form (1),
Abkühlen und gerichtete Erstarrung des Metalls ausgehend von dem Starthohlraum (10)
und
Ausleeren der Form (1), um ein Rohmetallteil zu gewinnen.
1. A mold (1) for monocrystalline casting, the mold comprising at least:
a molding cavity (7);
a starter cavity (10) having at least:
a first volume (10a) in the form of an upside-down funnel; and
a distinct second volume (10b) forming a plinth at the bottom of the first volume
and projecting perceptibly relative to said first volume in at least one horizontal
direction; and
a selector channel (9) connecting said starter cavity (10) to said molding cavity
(7); and
the mold being characterized in that it further comprises a support rod (20) that is laterally offset relative to said
selector channel, and that connects the second volume (10b) of the starter cavity
(10) to the molding cavity (7).
2. A mold (1) according to claim 1, wherein a bottom end of the support rod (20) is received
in said lateral projection of the second volume (10b).
3. A mold (1) according to claim 2, wherein a minimum distance between the support rod
(20) and the first volume (10a) is greater than the sum of a thickness of the mold
(1) around the support rod (20) plus a thickness of the mold (1) around the first
volume (10a).
4. A mold (1) according to any preceding claim, wherein the second volume (10b) projects
horizontally around the entire perimeter of said first volume.
5. A mold (1) according to any preceding claim, wherein said first volume (10a) is axisymmetric
about a vertical axis.
6. A mold (1) according to any preceding claim, wherein said second volume (10b) is not
axisymmetric about a vertical axis.
7. A mold (1) according to any preceding claim, wherein said selector channel (9) is
a baffle-shaped selector channel.
8. A mold (1) according to any preceding claim, wherein said selector channel (9) presents
a round cross-section.
9. A casting method comprising at least the following steps:
fabricating a mold (1) according to any preceding claim;
casting molten metal into the mold (1);
cooling the metal with directional solidification of the metal starting from the starter
cavity (10); and
knocking out the mold (1) in order to recover the raw metal casting.