[0001] L'invention concerne les serrures de type cylindre à bouton, motorisées à l'ouverture
et à la fermeture.
[0002] Elle s'applique notamment aux serrures comprenant un cylindre à profil normalisé
avec, côté extérieur, une entrée de serrure permettant l'introduction d'une clé et,
côté intérieur, un bouton de manoeuvre.
[0003] Une telle serrure peut être actionnée manuellement, de l'extérieur par introduction
d'une clé et rotation sur un ou plusieurs tours, ou bien côté intérieur par rotation
du bouton de manoeuvre, également sur un ou plusieurs tours. La serrure peut aussi
être manoeuvrée automatiquement au moyen d'un moteur électrique, à l'ouverture ou
à la fermeture, qui entraine en rotation les parties mobiles de la serrure en lieu
et place de l'action manuelle sur la clé ou le bouton.
[0004] Dans tous les cas, la serrure comprend un bloc stator, destiné à être fixé à une
porte ou autre ouvrant, et un ensemble rotor mobile en rotation par rapport au stator
et solidaire du bouton et du mécanisme recevant la clé. L'entrainement du rotor provoque
le déplacement d'un panneton destiné à assurer le verrouillage de la porte. Dans certains
cas, l'entrainement du rotor dans le sens de l'ouverture assure également, en fin
de course, le déplacement d'un pêne, notamment pour les portes dépourvues de béquille
côté extérieur. L'ouverture de la porte est alors possible, après déverrouillage du
panneton, tant que le pêne est escamoté.
[0005] Ce type de serrure pose le problème des interférences entre l'entrainement manuel
et l'entrainement motorisé, qui doivent être tous deux séparément disponibles, mais
pour entrainer un même mécanisme. En particulier, si l'on actionne à la main la clé
ou le bouton, il convient que le système d'entrainement électrique, qui n'est pas
alimenté et est donc purement passif, ne s'oppose pas à cette manoeuvre manuelle.
[0007] Une première solution consiste à laisser la motorisation embrayée par défaut et à
prévoir un mécanisme, commandé par un bouton-poussoir ou un contacteur interne, alimentant
un solénoïde dont le noyau est lié à un pignon qui se déplace pour débrayer le moteur.
[0008] Cette solution présente plusieurs inconvénients :
- elle nécessite un mécanisme supplémentaire relativement compliqué, notamment pour
autoriser une commande depuis l'extérieur (il est nécessaire de prévoir un contacteur
interne à la serrure pour déclencher le solénoïde) ;
- ce mécanisme est relativement fragile, du fait notamment des composants électromécaniques
utilisés ;
- enfin, dans la mesure où par principe la motorisation est embrayée par défaut, si
le pignon à débrayer est bloqué, détérioré, etc. ou en cas de problème électrique
ou de pile épuisée, il devient impossible de manoeuvrer manuellement la serrure, car
le motoréducteur employé n'est pas réversible et le mécanisme qui permet de le débrayer
ne fonctionne plus.
[0009] Une autre solution consiste à utiliser un moteur à entrainement direct, à couple
élevé, au lieu d'un motoréducteur. Un tel moteur reste certes toujours embrayé, mais
la transmission est réversible du fait de la faible démultiplication. Une manoeuvre
manuelle de la serrure est alors possible car les pièces tournantes du moteur, même
si ce dernier n'est pas alimenté, peuvent être entrainées passivement par la clé ou
le bouton sans opposer trop de résistance mécanique.
[0010] Cette autre manière de procéder présente cependant, elle aussi, des inconvénients
:
- un moteur à couple élevé, généralement un moteur pas-à-pas, est plus fragile et volumineux
qu'un moteur simple combiné à un motoréducteur ;
- un tel moteur à couple élevé nécessite une pile d'alimentation relativement puissante
(du type pile au lithium) en raison de l'appel de courant important, ce qui exclut
l'utilisation de piles courantes de type piles alcalines ;
- la transmission est certes réversible, mais le moteur n'est jamais réellement en roue
libre. De fait, si le mécanisme d'entrainement est bloqué ou endommagé la manoeuvre
manuelle est impossible. De plus, la motorisation oppose une résistance passive non
nulle au moment de la manoeuvre manuelle, ce qui rend l'effort à exercer supérieur
à ce qu'il serait dans le cas d'une solution avec débrayage total et mise en roue
libre de l'entrainement électrique.
[0011] Le but de l'invention est de remédier à ces différents inconvénients en proposant
une serrure de type cylindre à bouton motorisée à l'ouverture et à la fermeture qui
présente les avantages suivants :
- mécanisme débrayé par défaut, c'est-à-dire qu'en l'absence d'actionnement le rotor
de la serrure est en vraie roue libre par rapport à l'entrainement électrique : la
serrure sera alors toujours manoeuvrable manuellement, de l'intérieur aussi bien que
de l'extérieur, sans entrainer le moteur et donc sans que celui-ci n'oppose aucune
résistance passive ou risque de blocage lors de la rotation du bouton ou de la clé
;
- mécanisme d'embrayage/débrayage entièrement mécanique, sans aucun organe électrique
tel que bouton-poussoir ni solénoïde pour la commande du débrayage et la mise en roue
libre de la motorisation ;
- moteur unique à vitesse de rotation élevée combinable à un train d'engrenages de motoréduction,
ce qui permet de choisir un modèle de moteur simple, peu volumineux et alimentable
par des piles ordinaires de type alcalines ;
- compatibilité avec tout type de serrure, quel que soit le nombre de tours nécessaires
au verrouillage/déverrouillage (un tour, deux tours, deux tours et demi, etc.). Il
s'agit notamment de permettre l'adaptation simple d'une motorisation à des serrures
préexistantes, en ajoutant seulement un mécanisme motorisé côté intérieur en remplacement
ou en complément du bouton de manoeuvre d'origine ;
- dans le cas d'une serrure où le rotor entraine également un pêne en fin de course,
possibilité de maintien de ce pêne en position rétractée le temps nécessaire sans
consommation du moteur, donc en ménageant la durée de vie des piles d'alimentation
(un moteur alimenté consommant beaucoup plus lorsque son rotor est bloqué que lorsqu'il
tourne).
[0012] L'invention concerne une serrure de type cylindre à bouton, motorisée à l'ouverture
et à la fermeture, du type général divulgué par le
DE 10 2011 103 337 A1 précité et correspondant au préambule de la revendication 1. Pour atteindre les but
exposés ci-dessus, l'invention propose d'y incorporer les éléments visé par la partie
caractérisante de la revendication 1. Les sous-revendications visent des modes de
réalisation particuliers, avantageux.
[0013] On va maintenant décrire un exemple de mise en oeuvre de l'invention, en référence
aux dessins annexés où les mêmes références désignent d'une figure à l'autre des éléments
identiques ou fonctionnellement semblables.
La Figure 1 est une perspective de trois-quarts avant du mécanisme de la serrure de
l'invention, en situation, avec ses différentes pièces assemblées.
La Figure 2 est une perspective de trois-quarts arrière du mécanisme de serrure de
la Figure 1.
La Figure 3 est une perspective latérale du mécanisme de serrure de la Figure 1.
La Figure 4 est un éclaté montrant les différentes pièces du mécanisme débrayable
de couplage du moteur au rotor de la serrure de l'invention.
La Figure 5 montre, isolément et en vis-à-vis, la roue motrice et l'organe de couplage
du mécanisme débrayable selon l'invention, avec le détail des différents éléments
présents sur ces deux pièces.
[0014] On va maintenant décrire un exemple non limitatif de serrure motorisée réalisée selon
les enseignements de l'invention.
Configuration générale de la serrure
[0015] La référence 10 désigne de façon générale une serrure de type cylindre à bouton,
apte à être manoeuvrée indifféremment à la main (par une clé depuis l'extérieur, ou
par un bouton depuis l'intérieur) ou par un moteur électrique piloté par exemple par
un dispositif de contrôle d'accès.
[0016] La serrure 10 comporte, de manière en elle-même classique, un bloc stator 12 présentant
un profil normalisé 14, notamment un profil "européen" permettant son insertion dans
un logement approprié d'une porte ou de tout autre type d'ouvrant.
[0017] La serrure comporte également un bloc rotor 16 avec un panneton 18. Sur les Figures
1 à 3 ce panneton est illustré en position rétractée dans un logement du bloc stator
12, ce qui correspond à une position où la serrure est déverrouillée.
[0018] Du côté extérieur de l'ouvrant, le bloc rotor comprend une entrée de serrure 20 permettant
l'introduction d'une clé pour la manoeuvre manuelle de la serrure et l'ouverture de
la porte depuis l'extérieur, et du côté opposé un bouton de manoeuvre 22 solidaire
du bloc rotor pour permettre un verrouillage ou un déverrouillage de la serrure depuis
l'intérieur, par rotation dans un sens ou dans l'autre de ce bouton 22.
[0019] Comme illustré Figure 4, le bouton 22 est solidaire d'un axe central de manoeuvre
24, formé monobloc avec le bouton et faisant saillie vers l'intérieur de la serrure.
Cet axe central est muni de moyens de couplage au mécanisme de serrure proprement
dit, par exemple des encoches 26 venant s'engager dans une broche homologue (non représentée)
du mécanisme de serrure. Le bouton 22 et l'axe central 24 sont mobiles en rotation
et, lorsque la serrure est assemblée, sont solidaires du bloc rotor 16 ainsi que du
panneton 18, de l'entrée de serrure 20, etc. En revanche, le bouton 22 et l'axe central
24 ne sont pas mobiles en translation axiale.
[0020] Pour permettre l'entrainement automatique de la serrure, il est prévu un moteur électrique
(non représenté) dont un pignon vient engrener une denture 28 d'une roue motrice 30
présentant un certain nombre de caractéristiques spécifiques de l'invention, qui seront
décrites en détail ci-après.
Mécanisme débrayable de couplage du moteur d'entrainement à l'ensemble rotor de la
serrure.
[0021] La roue motrice 30 a une forme généralement plate et circulaire, avec du côté opposé
au bouton 22 une face 32 qui comporte un certain nombre d'éléments illustrés plus
en détail sur la Figure 5.
[0022] Cette face 32 est une face formant came, et elle comporte une pluralité de butées
radiales 34, par exemple trois butées 34 réparties à 120° (cette configuration n'étant
aucunement limitative). Entre deux butées consécutives la face 32 comporte un profil
de came 36 comprenant deux rampes symétriques 38 s'étendant chacune depuis le pied
40 de la butée 34 jusqu'à un méplat central surélevé 42 (la "surélévation" étant entendue
en direction axiale dans un sens opposé à celui tourné vers le bouton 22). Le méplat
central 42 s'étend sur une ouverture angulaire d'environ 10 à 15°, et chacune des
rampes 38 sur une ouverture angulaire d'environ 25 à 30°. La surface du profil de
came 36, incluant les rampes 38 et le méplat central 42, est une surface lisse de
manière à présenter un coefficient de frottement minimal avec les éléments, décrits
plus bas, qui viendront en contact avec ce profil de came.
[0023] La roue motrice 30, qui présente une ouverture centrale 44 dont le diamètre est supérieur
à celui de l'axe central 24 du bouton 22, est montée libre à rotation sur un palier
cylindrique 46 solidaire du bouton 22 et de diamètre supérieur à celui de l'axe central
24. La roue motrice 30 est mobile librement à rotation par rapport au bouton 22, et
donc par rapport à l'axe central 24. Le bouton 22 est par ailleurs pourvu d'un épaulement
48 contre lequel la roue motrice 30 reste plaquée, cette roue motrice 30 n'étant pas
mobile en translation axiale.
[0024] Le mécanisme selon l'invention comporte également une pièce 50 formant organe de
couplage, illustrée plus en détail sur la Figure 5.
[0025] L'organe de couplage 50 se présente sous la forme d'une bague ou d'une couronne avec
une ouverture centrale 52 dont le diamètre correspond à celui de l'axe central 24.
L'organe de couplage 50 est mobile selon deux degrés de liberté en rotation et en
translation axiale par rapport à l'axe central 24, qui fait office de palier pour
l'organe 50. L'organe de couplage 50 est également libre en rotation et en translation
axiale par rapport au bouton 22 et à la roue motrice 30.
[0026] Sur sa face tournée vers la roue motrice 30, l'organe de couplage 50 comporte une
première région circulaire, extérieure, 54 portant une pluralité de saillies radiales
56, en nombre égal à celui des butées radiales 34 de la roue motrice 30 et destinées
à venir en contact avec ces dernières. L'organe de couplage 50 comporte également,
sur une seconde région circulaire, intérieure, 58, une pluralité de dents de crabot
entraineur 60, homologues de dents de crabot récepteur 62 formées sur le bouton 22
autour de l'axe central 24 (Figure 4). Le diamètre de la seconde région circulaire
58 est inférieur à celui de l'ouverture 44 de la roue motrice 30, de sorte que les
dents de crabot 54 peuvent passer librement au travers de cette ouverture 44 pour
permettre l'accouplement/désaccouplement des dents de crabots entraineur 60 et récepteur
62 par un mouvement de translation axial, dans un sens ou dans l'autre, de l'organe
de couplage 50 le long de l'axe central 24.
[0027] L'organe de couplage 50 présente, sur la face 64 opposée à celle portant les saillies
radiales 56 et les dents de crabot entraineur 60, une surface de friction 64 lisse.
Cette surface de friction 64 est en contact avec une rondelle de friction 66 qui est
une rondelle avec, au moins sur la face en contact avec la surface 64, un matériau
à coefficient de frottement élevé tel que - à titre d'exemple purement illustratif
- le liège, matériau avantageux pour sa faible usure, la constance de son coefficient
de frottement au cours du temps, et les faibles pertes mécaniques qu'il est susceptible
d'introduire.
[0028] Le mécanisme comprend enfin un organe ressort 68 appliquant en direction axiale une
pression dirigée vers le bouton 22, pression qui plaque la rondelle 66 et l'organe
de couplage 50 contre la roue motrice 30, ainsi que cette dernière contre le bouton
22. Côté opposé, l'organe ressort 68 est en appui sur une pièce de châssis fixe de
la serrure, comme on peut le voir notamment sur la Figure 3.
[0029] L'ensemble peut également comprendre une pièce 70 dont le rôle est d'empêcher la
rotation de la rondelle de friction 66, par exemple une pièce munie d'ailettes 72
venant en appui contre un élément fixe du châssis de la serrure. On notera que ce
moyen d'immobilisation en rotation peut être éventuellement un élément formé monobloc
avec la rondelle de friction 66.
[0030] Enfin, le bouton 22 comporte avantageusement une came périphérique de codage 74 permettant,
en combinaison avec un palpeur (non représenté) actionnant par exemple un poussoir
électrique, de détecter tout mouvement de rotation du bouton, notamment pour :
- réveiller des circuits électroniques (microcontrôleur, etc.) sur détection d'un début
de rotation ;
- déterminer que le bouton a été actionné, afin de prendre toute action appropriée (détection
et horodatage de la manoeuvre, etc.) ;
- avec possibilité de déterminer le sens (horaire ou antihoraire) de cette rotation,
c'est-à-dire de déterminer si la manoeuvre du bouton est une manoeuvre d'ouverture
ou de fermeture de la serrure.
Cinématique du mécanisme débrayable de couplage
[0031] Dans la configuration initiale, c'est-à-dire à l'arrêt (la serrure étant verrouillée
ou bien déverrouillée), les saillies radiales 56 de l'organe de couplage 50 se situent
chacune au sommet du profil de came 36 de la roue motrice 30, c'est-à-dire en contact
avec ce profil à l'endroit des méplats centraux respectifs 42. Dès lors, l'organe
de couplage 50 est maintenu en direction axiale en éloignement du bouton 22, et par
voie de conséquence les dents de crabot entraineur 60 sont découplées des dents de
crabot récepteur 62 du bouton 22. L'organe ressort 68 se trouve alors dans son état
de compression maximale.
[0032] Dans cette position, que l'on peut qualifier de "neutre", le bouton 22 et donc le
bloc rotor 16 sont totalement découplés du mécanisme d'entrainement, de sorte que
le bouton 22 peut être actionné librement, à l'ouverture ou à la fermeture, et que,
de la même façon, la serrure peut être manoeuvrée depuis l'extérieur au moyen d'une
clé introduite dans l'entrée de serrure 20. En d'autres termes, la serrure se comporte
exactement comme une serrure conventionnelle, non motorisée. On notera également que
ce découplage purement mécanique a pour effet de mettre le bouton 22 et le bloc rotor
de la serrure totalement "en roue libre", sans qu'ils n'opposent aucune résistance,
même minime, à la manoeuvre manuelle de la serrure par le bouton ou par la clé.
[0033] Pour actionner électriquement la serrure, le moteur est alimenté et vient entrainer
en rotation la roue motrice 30 par la denture périphérique 28. Cette rotation est
effectuée dans un sens ou dans l'autre selon que l'on souhaite actionner la serrure
dans le sens de l'ouverture ou bien dans le sens de la fermeture, la cinématique étant
la même dans l'un et l'autre cas.
[0034] En début de rotation de la roue motrice 30, l'organe de couplage 50 est retenu par
le frottement de la rondelle de friction 66 plaquée par l'organe ressort 68 contre
la surface de friction 64. L'organe de couplage 50, qui est poussé contre la roue
motrice 30 par l'organe ressort 68, vient alors glisser axialement sur l'axe central
24 en direction de la roue motrice 30 dès que cette dernière a tourné de quelques
degrés, lorsque les saillies radiales 56 viennent quitter le méplat central 42 pour
s'engager sur les rampes 38. Du fait de l'inclinaison des rampes 38, l'organe de couplage
50 se rapproche progressivement de la roue motrice 30, et donc du bouton 22 et des
dents de crabot récepteur 62, jusqu'à ce que les saillies radiales 56 viennent buter
contre les butées radiales 34 de la roue motrice 30. Les dents de crabot entraineur
60 sont alors en prise avec les dents de crabot récepteur 62 du bouton 22.
[0035] Dans cette configuration, la roue motrice 30 entraine en rotation l'organe de couplage
50 (par les butées radiales 34 qui viennent appuyer contre les saillies radiales 56
de l'organe de couplage 50), et par voie de conséquence le bouton 22 (via l'ensemble
crabot entraineur/crabot récepteur). Le bouton entrainé en rotation par ce mécanisme
entraine lui-même le bloc rotor de la serrure, ce qui a pour effet de manoeuvrer celle-ci
dans le sens voulu, fermeture ou ouverture, selon le sens de rotation du moteur et
donc celui du mécanisme d'entrainement.
[0036] La rotation complète du rotor (sur un tour, deux tours, deux tours et demi...) est
détectée par un moyen approprié, par exemple un photodétecteur associé à un disque
d'indexation solidaire de la roue du moteur, ou par tout autre moyen conventionnel
approprié.
[0037] Lorsque cette fin de course du rotor est détectée, le sens de rotation du moteur
est inversé. La roue motrice 30 est alors entrainée en sens inverse sur une fraction
de tour prédéterminée, et cette rotation inverse a pour effet de faire remonter les
saillies radiales 56 le long des rampes 38 jusqu'à atteindre les méplats centraux
42 (l'organe de couplage 50 étant empêché de tourner par le frottement exercé par
la rondelle de friction 66 pendant cette phase). Ceci a pour effet de déplacer axialement
l'organe de couplage 50 en éloignement de la roue motrice 30 et du bouton 22, avec
pour conséquence de découpler les dents de crabot entraineur 60 d'avec les dents de
crabot récepteur 62. L'organe de couplage 50 est donc libéré des dents de crabot récepteur
62 et donc du bouton 22, qui se retrouve désormais "en roue libre", dans la configuration
qui était celle décrite tout au début du présent exposé de la cinématique du mécanisme.
[0038] On notera que, pour que ce mode opératoire puisse fonctionner, il convient que l'effort
de frottement à rotation exercé par la rondelle de friction 66 sur la face de friction
64 de l'organe de couplage 50 soit supérieur à l'effort de frottement qu'exercent
les saillies radiales 56 de l'organe de couplage 50 sur les profils de came 36 de
la roue motrice 30.
[0039] On notera également que, si par extraordinaire (par exemple du fait d'une défaillance
de l'électronique ou des piles) il n'est pas possible d'inverser le sens de rotation
du moteur en fin de course du rotor, et que le mécanisme se trouve donc dans la configuration
avec les saillies radiales 56 en appui contre les butées radiales 34, il reste néanmoins
possible de débrayer manuellement le mécanisme. En effet, une rotation à la main du
bouton entrainera la roue motrice 3, avec certes la nécessité de vaincre la résistance
mécanique du moteur encore embrayé. Mais cette résistance mécanique ne se manifestera
que sur quelques degrés de rotation, et sera suivie rapidement du découplage de la
roue motrice 30 avec l'organe de couplage 50, et donc de la roue motrice avec le bouton
et le rotor de la serrure. Le mécanisme restera alors ensuite en configuration débrayée.
Manoeuvre d'une serrure à pêne de fermeture
[0040] Dans certains cas, la serrure est une serrure qui, à l'ouverture, commande en fin
de course l'escamotage d'un pêne de fermeture (cas typique des serrures dépourvues
de béquille à l'extérieur de la porte).
[0041] Dans le cas d'une serrure motorisée conventionnelle, le maintien du pêne escamoté
pendant le temps nécessaire pour pousser l'ouvrant entraine normalement un pic de
courant électrique important, car en fin de course le moteur est alimenté mais comme
son rotor est bloqué il consomme bien davantage.
[0042] Le mécanisme de l'invention permet de remédier à cet inconvénient, si l'on désalimente
le moteur juste au moment où celui-ci arrive en butée, c'est-à-dire au moment où après
avoir déverrouillé la serrure il a provoqué l'escamotage du pêne.
[0043] Si le moteur est désalimenté à cet instant précis, le mécanisme reste embrayé de
façon purement passive et mécanique, de sorte que la porte est complètement déverrouillée
et le pêne reste escamoté sans aucune consommation du moteur.
[0044] Une temporisation est appliquée avant de réalimenter le moteur et le faire tourner
en sens inverse pour assurer, comme expliqué plus haut, le débrayage du mécanisme
d'entrainement d'avec le bouton 22. Cette rotation inverse provoquera immédiatement
le retour du pêne à sa position normale, non rétractée. Mais on notera que pendant
toute la durée de la temporisation, c'est-à-dire pendant toute la durée pendant laquelle
le pêne est resté escamoté, le moteur était arrêté et désalimenté, entrainant une
économie d'énergie importante et donc une augmentation significative de la durée de
vie des piles d'alimentation de la serrure.
1. Une serrure (10) de type cylindre à bouton, motorisée à l'ouverture et à la fermeture,
comprenant :
- un bloc stator (12), apte à être fixé à un ouvrant ;
- un ensemble rotor (16), mobile en rotation par rapport au bloc stator dans un sens
et dans l'autre, cet ensemble rotor comportant un bouton (22) prolongé par un axe
central de manoeuvre (24), et un panneton (18) solidaire de l'axe central ;
- un moteur électrique réversible d'entrainement du rotor ;
- des moyens de commande du moteur sélectivement dans un sens de rotation ou dans
l'autre ; et
- un mécanisme débrayable de couplage du moteur à l'ensemble rotor (16),
dans laquelle le mécanisme débrayable de couplage du moteur comprend :
- une roue motrice (30) entrainable en rotation par le moteur dans un sens et dans
l'autre, cette roue motrice étant montée sur l'axe central librement en rotation par
rapport à celui-ci et au bouton, avec, sur une face formant came (32) :
une série de butées radiales (34) réparties circonférentiellement et, entre chaque
couple de butées, un profil (36) comprenant deux rampes opposées (38, 38) s'étendant
de part et d'autre d'un méplat central (42) ;
- un organe de couplage (50) en forme de rondelle, monté librement à rotation et à
translation sur l'axe central, comprenant :
sur une première face, une série de saillies radiales (56) tournées vers la face formant
came (32) de la roue motrice, ces saillies radiales étant en contact par leur sommet
avec les profils (36) respectifs de la face formant came (32), et
sur une seconde face, une surface de friction (64) ; et
- un organe ressort (68), apte à comprimer axialement l'organe de couplage (50) contre
la roue motrice (30), l'effort de frottement à rotation exercé par l'organe ressort
(68) contre la surface de friction (64) de l'organe de couplage étant supérieur à
l'effort de frottement entre les saillies radiales (56) de l'organe de couplage et
les profils (36) de la face formant came de la roue motrice,
et dans laquelle le moteur est actionné dans un premier sens de rotation par les moyens de commande
de sorte que l'entrainement de la roue motrice (30) par le moteur produise successivement
:
a) un mouvement relatif en rotation de la roue motrice (30) par rapport à l'organe
de couplage (50), avec déplacement des saillies radiales (56) de l'organe de couplage
le long des rampes (38) de la roue motrice depuis le méplat (42) vers la butée (34),
et corrélativement rapprochement axial puis accouplement mutuel,
b) puis une venue en butée des saillies radiales (56) de l'organe de couplage contre
les butées de la roue motrice avec corrélativement une solidarisation en rotation
de la roue motrice (30), de l'organe de couplage (50) et de l'axe central (24) assurant
un entrainement en rotation de cet axe central (24) et du rotor (16) de la serrure.
cette serrure étant
caractérisée en ce que le mécanisme débrayable de couplage comprend également :
- une série de dents de crabot récepteur (62), formées sur le bouton autour de l'axe
central (24) ;
- une série de dents de crabot entraineur (60), formées sur une première région circulaire
(58), tournée vers le crabot récepteur (62), de ladite première face de l'organe de
couplage (50) ; et
- une rondelle de friction (66) en contact avec la surface de friction (64) de l'organe
de couplage, et des moyens (72) d'immobilisation en rotation de la rondelle de friction,
et en ce que :
- chaque rampe (38) progresse en direction axiale depuis le pied (40) de la butée
(34) jusqu'au méplat central (42) ;
- ladite série de saillies radiales (56) sont formées sur une seconde région circulaire
(54), tournée vers la face formant came (32) de la roue motrice, de cette même première
face ;
- le déplacement des saillies radiales (56) de l'organe de couplage le long des rampes
(38) de la roue motrice depuis le méplat (42) vers la butée (34) produit un rapprochement
axial puis un accouplement du crabot entraineur (60) avec le crabot récepteur (62)
; et
- ledit organe ressort (68) est apte à comprimer axialement la rondelle de friction
(66) et l'organe de couplage (50) contre la roue motrice (30), l'effort de frottement
à rotation exercé par la rondelle de friction (66) contre la surface de friction (64)
de l'organe de couplage étant supérieur audit effort de frottement entre les saillies
radiales (56) de l'organe de couplage (50) et les profils (36) de la face formant
came (32) de la roue motrice.
2. La serrure de la revendication 1, dans laquelle en fin de course du rotor, le moteur
est actionné dans un sens inverse de rotation par les moyens de commande de sorte
que l'entrainement de la roue motrice par le moteur produise en outre :
c) un mouvement relatif en rotation inverse de la roue motrice (30) par rapport à
l'organe de couplage (50), avec un déplacement inverse des saillies radiales (56)
de l'organe de couplage (50) le long des rampes (38) de la roue motrice (30) depuis
la butée (34) vers le méplat (42), avec corrélativement un éloignement axial puis
un désaccouplement du crabot entraineur (60) d'avec le crabot récepteur (62), le rotor
(16) et le bouton (22) étant alors débrayés du mécanisme de couplage et se trouvant
libres en rotation pour permettre un actionnement manuel de la serrure.
3. La serrure de la revendication 2, dans laquelle :
- il est en outre prévu des moyens de détection de fin de course du rotor ; et
- les moyens de commande sont des moyens aptes à :
après détection de la fin de course du rotor, alimenter le moteur avec inversion de
son sens de rotation, et
maintenir l'alimentation du moteur dans ce sens inversé pendant une durée prédéterminée.
4. La serrure de la revendication 3, dans laquelle :
- le déverrouillage de la serrure entraine également l'ouverture d'un pêne de serrure
; et
- les moyens de commande sont des moyens aptes à :
après détection de la fin de course, appliquer une temporisation prédéterminée avant
d'alimenter le moteur avec inversion de son sens de rotation.
5. La serrure de la revendication 1, comprenant en outre :
- une came périphérique de codage (74), solidaire en rotation du bouton ; et
- des moyens senseurs, comprenant un palpeur en contact mécanique avec la came et
aptes à détecter une rotation manuelle exercée sur le bouton et à réveiller un circuit
électronique sur détection de cette rotation manuelle.
6. La serrure de la revendication 5, dans laquelle :
- la came périphérique (74) porte un codage différencié selon le sens de rotation
du bouton ; et
- les moyens senseurs sont en outre aptes à discriminer le sens de la rotation manuelle
exercée sur le bouton.
7. La serrure de la revendication 1, dans laquelle la surface de friction (64) de l'organe
de couplage (50) est une surface lisse, et la rondelle de friction (66) comprend une
face frottante en contact avec cette surface de friction.
8. La serrure de la revendication 1, dans laquelle la roue motrice (30) entrainable en
rotation par le moteur est couplée de façon non débrayable à ce moteur.