DOMAINE DE L'INVENTION
[0001] La présente invention se situe dans le contexte de la purification de biogaz. Plus
spécifiquement, cette invention concerne un procédé d'élimination des composés siloxanes
de biogaz.
ARRIERE-PLAN TECHNOLOGIQUE
[0002] Le biogaz est un gaz combustible obtenu par fermentation, aussi appelée méthanisation,
de déchets organiques d'origine animale ou végétale en absence d'oxygène. Il est principalement
composé de méthane et de gaz carbonique. On y trouve aussi classiquement un peu d'azote,
très peu d'oxygène, de la vapeur d'eau, du sulfure d'hydrogène (H
2S) et de nombreuses autres substances en très faible quantité, notamment des composés
organiques volatils (COV), des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des
composés halogénés, des métaux lourd et des siloxanes. La nature et la teneur en ces
substances varient notamment en fonction du procédé de méthanisation et de la nature
de la matière méthanisée.
[0003] Le biogaz peut être utilisé comme carburant en remplacement du gaz naturel. Cependant,
en fonction des utilisations visées, il peut être nécessaire de purifier le biogaz
pour en éliminer certaines substances contaminantes. Par exemple, dans le cas d'une
utilisation du biogaz comme carburant moteur, il est nécessaire d'éliminer les composés
siloxanes car, oxydés à haute températures, les siloxanes forment des dépôts de silice
qui peuvent endommager gravement les équipements.
[0004] La purification de biogaz est généralement menée à l'aide de filtres qui captent
les composés indésirables par un phénomène d'adsorption. Lorsque la matière des filtres
est saturée, les filtres usagés sont remplacés par des neufs, avec les conséquences
économiques et écologiques qui en découlent. Actuellement, les solutions dites régénératives,
c'est-à-dire les procédés dans lesquels les filtres usagés sont régénérés et réutilisés,
sont peu nombreuses.
[0005] La demande de brevet américain
US 2013/0137567 présente une méthode d'élimination de siloxanes dans du biogaz à l'aide d'un matériau
adsorbant régénérable. Le matériau régénérable mis en œuvre est du charbon actif sous
forme de granulés disposé à l'intérieur d'une enceinte tubulaire de section rectangulaire
formée par deux électrodes et deux éléments diélectriques disposés respectivement
face à face. Lorsque le charbon actif est saturé en contaminant, il peut être régénéré
en faisant passer un courant électrique entre les deux électrodes du dispositif. Cette
solution technique pose cependant un problème au niveau du maintien du contact électrique
entre les deux électrodes : si le contact entre les grains de charbon actif est trop
faible, la résistance électrique du matériau régénérable devient trop élevée et le
courant électrique ne circule plus correctement. Pour remédier à ce problème, cette
demande de brevet américain
US 2013/0137567 propose l'installation d'un élément vibrant destiné à homogénéiser les contacts entre
les granules de charbon actif. Cette solution n'est toutefois pas optimale : la présence
de cet élément vibrant rend le dispositif plus complexe, plus couteux à fabriquer,
et difficile à reproduire sur une installation de grande dimension. En outre, même
homogénéisé à l'aide de l'élément vibrant, le matériau régénérable constitué de charbon
actif sous forme de granulés présente une résistance électrique élevée, ce qui fait
que la puissance électrique nécessaire pour obtenir une régénération suffisante est
élevée.
[0006] Un des objectifs de la présente invention est de proposer un nouveau procédé régénératif
d'élimination des siloxanes d'un biogaz plus efficace que ceux de l'art antérieur.
[0007] D'autres procédés régénératifs d'adsorption de contaminants dans des flux gazeux
ont été décrits dans l'art antérieur. On peut notamment citer celui décrit dans la
demande de brevet
DE 19828593 A1. Ce document divulgue un dispositif d'adsorption de contaminants dans des fluides
liquides et gazeux (par exemple, du biogaz). Ce dispositif a la particularité de permettre
une régénération du matériel d'adsorption en continu, et en parallèle avec le processus
d'adsorption. Le matériel d'adsorption est séparé en différentes zones isolées les
unes des autres de telle façon que certaines zones sont en phase d'adsorption tandis
que les autres sont en phase de régénération. Néanmoins, ce document ne traite pas
spécifiquement de l'élimination des siloxanes dans du biogaz.
[0008] La demande de brevet européen
EP 0818617 A décrit un agencement moteur comprenant un moteur à gaz alimenté en gaz carburant,
un convertisseur catalytique placé en aval du moteur à gaz et un dispositif de nettoyage
qui adsorbe les contaminants contenus dans le gaz, ce dispositif étant placé en amont
du moteur. Les principaux contaminants visés par cette invention sont les siloxanes,
contenus dans du biogaz. L'adsorbant est un filtre de charbon actif. Toutefois, sa
régénération s'effectue à des températures très élevées (entre 350 et 450°C).
[0009] La demande de brevet américain
US 2012/0024157 A1 décrit un procédé de purification de biogaz. Ce procédé est basé sur l'utilisation
de plusieurs couches d'adsorbants qui permettent d'adsorber, entre autres, l'eau,
le sulfure d'hydrogène et les siloxanes contenus dans le biogas. Le filtre utilisé
pour adsorber les siloxanes est en charbon actif. La régénération de ce filtre peut
se faire par chauffage jusqu'à 200°F.
[0010] On peut également citer les procédés régénératifs d'adsorption de contaminants dans
des flux gazeux décrits dans la demande de brevet américain
US 2006/0096454 et la demande de brevet européen
EP 1 170 050. Ces documents décrivent l'utilisation de charbon actif sous forme de tissu en tant
que matériau adsorbant pouvant être régénéré par application d'un courant électrique.
Toutefois, les composés contaminants dont l'adsorption est recherchée dans ces documents
sont essentiellement les résidus de solvants comme le toluène présents dans l'air
ambiant. Il n'y est pas question de la captation de composés siloxane dans un biogaz.
Or, les propriétés d'adsorption et de régénération d'un matériau adsorbant dépendent
en très grande partie de la nature du composé adsorbé, de sa concentration et de la
nature et de la concentration des autres espèces chimiques du gaz contenant le composé
contaminant. En outre, dans ces deux documents, il faut noter que l'étape de régénération
durant laquelle un courant électrique est appliqué dans le matériau adsorbant est
réalisée en l'absence d'un courant de balayage.
[0011] Il subsiste donc le besoin de proposer un procédé simple et peu coûteux permettant
d'éliminer des siloxanes d'un biogaz puis de régénérer le matériau adsorbant. Avantageusement,
on souhaite que l'adsorption des siloxanes soit élevée, mais que la régénération du
matériau adsorbant consomme le moins d'énergie possible. De plus, on souhaite que
la capacité d'adsorption du matériau soit maintenue aussi élevée que possible au cours
des cycles adsorption-désorption.
BREVE DESCRIPTION DE L'INVENTION
[0012] La Demanderesse a découvert que ce besoin pouvait être satisfait par la mise en œuvre
d'un procédé d'élimination des siloxanes contenus dans un biogaz par adsorption sur
un tissu de charbon actif, puis la régénération thermo-électrique de ce tissu de charbon
actif.
[0013] La présente invention a ainsi pour objet un procédé de traitement d'un biogaz contenant
des siloxanes selon la revendication 1.
BREVE DESCRIPTION DES FIGURES
[0014]
La figure 1 illustre un dispositif pouvant être mis en œuvre dans le procédé selon
l'invention.
La figure 2 illustre schématiquement un programme cyclique de traitement pouvant être
mis en œuvre sur le dispositif représenté sur la figure 1.
La figure 3 représente la distribution de la vitesse des flux gazeux à l'intérieur
d'une chambre de filtration obtenu par modélisation.
DESCRIPTION DETAILLEE DE L'INVENTION
[0015] Il est entendu que, dans le contexte de cette description, le terme « compris entre
» doit être interprété comme incluant les bornes indiquées.
[0016] En outre, sauf indication contraire, les pourcentages exprimés dans la présente description
sont des pourcentages volumiques.
[0017] L'invention a pour objet un procédé de traitement d'un biogaz. Dans la présente invention,
on appelle « biogaz » un gaz combustible issu de la fermentation de déchets organiques
d'origine animale ou végétale en absence d'oxygène, qui est principalement constitué
de méthane et de dioxyde de carbone. Il peut s'agir d'un biogaz obtenu à partir de
décharges, de stations d'épuration ou de sources agricoles.
[0018] Typiquement, le biogaz comprend de 40% à 70% de méthane et de 60% à 30% de dioxyde
de carbone. En outre, le biogaz peut typiquement contenir de l'azote, de l'oxygène,
de la vapeur d'eau, du sulfure d'hydrogène (H
2S), des composés organiques volatils (COV), des hydrocarbures aromatiques polycycliques
(HAP), des composés halogénés, des métaux lourds et des siloxanes.
[0019] Le biogaz traité dans l'invention contient des siloxanes qui sont considérés comme
des contaminants et que l'on souhaite éliminer du biogaz. Par « élimination des siloxanes
», on entend dans la présente description un traitement permettant de retirer au moins
en partie, de façon préférée au moins 50%, de façon plus préférée au moins 70%, de
façon encore plus préférée au moins 90%, et de préférence totalement, les composés
siloxanes présents dans le biogaz à traiter. Le procédé de la présente invention peut
avantageusement être un procédé d'élimination des siloxanes.
[0020] Par « siloxanes » ou « composés siloxanes », on entend ici l'ensemble des composés
chimiques formés de chaînes silicium-oxygène Si-O où des groupements organiques viennent
se lier aux atomes de silicium. En raison de leurs propriétés physico-chimiques particulièrement
intéressantes, les siloxanes sont très largement utilisées dans des procédés de fabrication
et dans des produits commerciaux tels que les produits cosmétiques (crèmes, shampoings...),
les produits de nettoyages et d'entretien, les vernis, résines, peintures et autres
traitements de surfaces, les adhésifs et colles, les emballages plastifiés, les procédés
d'ensimage et de traitement des textiles, les équipements de protection, les équipements
électriques et électroniques, les pièces pour le médical et la pharmacie. En fin de
vie, ces produits et les siloxanes qu'ils contiennent se retrouvent parmi les déchets
ménagers et industriels, puis les siloxanes se retrouvent dans le biogaz obtenu par
fermentation de ces déchets. La concentration en siloxanes dans les biogaz est très
variable : des études ont montré que la concentration en siloxanes dans des biogaz
pouvait aller de 1,6 mg/Nm
3 pour les plus faibles valeurs relevées jusqu'à 140 mg/Nm
3. De préférence, le biogaz traité dans le procédé selon l'invention contient de 5
mg/Nm
3 à 250 mg/Nm
3 de siloxanes.
[0021] Les siloxanes présents dans les biogaz peuvent être classés en deux familles : les
siloxanes cycliques et les siloxanes linéaires. Parmi les siloxanes linéaires les
plus courants, on peut citer :
- l'hexaméthyldisiloxane ou « L2 », de formule (CH3)3-Si-O-Si-(CH3)3 ;
- le décaméthyltétrasiloxane ou « L4 », de formule
(CH3)3-Si-[O-Si(CH3)2]2-O-Si(CH3)3 ;
- le dodécaméthylpentasiloxane ou « L5 », de formule
(CH3)3-Si-[O-Si(CH3)2]3-O-Si(CH3)3.
[0023] Contrairement à d'autres composés chimiques pouvant être retrouvés dans les biogaz
comme par exemple les COV, l'élimination des siloxanes est particulièrement difficile
car les siloxanes sont des composés chimiques peu réactifs.
[0024] Le procédé de traitement du biogaz selon l'invention comprend une étape (a) consistant
à filtrer un flux de biogaz contenant des siloxanes avec un filtre en tissu de charbon
actif à de façon à adsorber des siloxanes dans ledit filtre.
[0025] Le charbon actif est un matériau bien connu de l'homme du métier notamment pour ses
utilisations comme adsorbant. Il peut se présenter sous diverses formes, par exemple
sous forme de granulés ou GAC (pour « Granular Activated Carbon ») ou sous forme de
poudre ou PAC (pour « Powdered Activated Carbon »), qui sont les formes les plus courantes.
Le charbon actif sous forme de poudre peut être mis en œuvre avec un liant pour former
des blocs solides. Le charbon actif peut également être obtenu sous forme de fibres
qui peuvent être mises en œuvre pour former des tissus ou des feutres. Dans la présente
invention, le filtre est un tissu de charbon actif ou ACC (pour « Activated Carbon
Cloth »). Il peut être choisi parmi les tissus tissés et les tissus tricotés. L'aspect
d'un tissu de charbon actif est celui d'un tissu ordinaire. La structure souple du
tissu de charbon actif permet une mise en forme facile. Son épaisseur peut être comprise
entre 0 mm et 5 mm, de manière préférée entre 0 mm et 2 mm et de manière plus préférée
entre 0 mm et 1 mm. En raison de la porosité des fibres de charbon actif et de leur
tissage ou tricotage, le tissu de charbon actif présente une surface spécifique élevée,
de manière préférée supérieure à 1000 m
2/g, de manière plus préférée supérieure à 1500 m
2/g et de manière encore plus préférée supérieure à 2000 m
2/g, mesurée selon la méthode B.E.T. (Brunauer-Emmett-Teller). Le volume poreux peut
être de manière préférée supérieur à 0,3 cm
3/g, de manière plus préférée supérieur à 0,5 cm
3/g et de manière encore plus préférée supérieur à 1,0 cm
3/g. La structure est préférentiellement microporeuse, c'est-à-dire pourvue des pores
dont le diamètre n'excède pas les 2 nanomètres. Le pourcentage en volume microporeux
est de manière préférée supérieur à 30 %, de manière plus préférée supérieur à 50
% et de manière encore plus préférée supérieur à 75 %.
[0026] Des tissus de charbon actifs sont actuellement disponibles dans le commerce pour
des applications telles que la filtration, l'adsorption et la séparation. On peut
citer notamment les tissus tissés et les tissus tricotés disponibles chez Calgon Carbon
sous le nom de Zorflex® ACC.
[0027] L'étape (a) du procédé selon l'invention correspond à la phase d'adsorption par le
filtre en tissu de charbon actif des siloxanes contenus dans le biogaz. Pour ce faire,
un flux gazeux de biogaz est envoyé sur l'une des faces du filtre. Lorsque le gaz
traverse le filtre, au moins une partie des composés siloxanes sont adsorbés par le
filtre. L'adsorption est de préférence réalisée à une température comprise entre 0°C
et 100°C, plus préférentiellement entre 0°C et 50°C, et encore plus préférentiellement
entre 0°C et 35°C. En outre, la pression du biogaz lors de l'étape (a) de filtration
est de préférence comprise entre 0 bar et 20 bar, plus préférentiellement entre 0
bar et 10 bar, et encore plus préférentiellement entre 0 bar et 1 bar (en pression
relative, par différence avec la pression atmosphérique).
[0028] Le flux gazeux recueilli à la sortie du filtre présente avantageusement une concentration
en siloxanes inférieure à 2 mg/Nm
3, de préférence inférieure à 1 mg/Nm
3, et plus préférentiellement comprise entre 0 et 0,5 mg/Nm
3.
[0029] L'étape (a) de filtration est poursuivie pendant un temps notée Ta. Selon un mode
de réalisation, l'étape (a) est arrêtée au bout d'un temps défini préalablement et
qui correspond de préférence à la saturation du filtre. Selon un autre mode de réalisation,
la concentration en siloxane est mesurée en continu dans le flux gazeux recueilli
à la sortie du filtre. L'étape (a) peut être arrêtée lorsque la concentration en siloxane
mesurée dépasse un seuil défini préalablement, de préférence d'environ 5 mg/Nm
3, plus préférentiellement d'environ 3 mg/Nm
3, et encore plus préférentiellement d'environ 1 mg/Nm
3. Le temps Ta est de façon préférée compris entre 1 heure et 24 heures, et de façon
plus préférée entre 8 heures et 24 heures.
[0030] Le procédé de traitement du biogaz selon l'invention comprend en outre une étape
(b1) consistant à régénérer ledit filtre. Cette étape (b1) correspond à la phase de
désorption des siloxanes par le filtre en tissu de charbon actif. Contrairement aux
filtres constitués de poudre ou de granulés de charbon actif, un filtre en tissu de
charbon actif est un bon conducteur électrique. Il est donc possible de faire circuler
un courant électrique dans le filtre. De préférence, le filtre est connecté à deux
électrodes et relié à un générateur électrique. De préférence, on applique au filtre
un courant électrique continu. La circulation du courant électrique dans le filtre
crée de la chaleur par effet Joule.
[0031] Simultanément au passage du courant électrique, le filtre est soumis à un flux gazeux
de balayage. Pour ce faire, un flux gazeux de balayage est envoyé sur l'une des faces
du filtre. Le gaz de balayage est de préférence choisi dans le groupe constitué par
l'air, l'air appauvri, un gaz inerte tel que l'azote ou le dioxyde de carbone, du
méthane ou un biogaz déjà traité. De façon très préférée, le gaz de balayage est de
l'air. Le passage du flux gazeux de balayage lors de l'étape (b1) peut être réalisé
en co-courant ou à contre-courant par rapport au passage du biogaz lors de l'étape
(a). Le gaz de balayage peut lui-même être chauffé pour maintenir ou accélérer le
chauffage du filtre. Si le gaz n'est pas chauffé, son débit est optimisé pour ne pas
refroidir le filtre.
[0032] Eventuellement, le procédé de traitement comprend également une étape (b2) de destruction
thermique du gaz de balayage utilisé à l'étape (b1). La destruction du gaz de balayage,
du fait de son débit faible, peut être réalisée par un brûleur gaz très pauvre, nécessitant
seulement entre 1 et 10% en volume de méthane, préférentiellement entre 1 et 6%, et
encore plus préférentiellement entre 1 et 3%, pour un fonctionnement auto-thermique.
[0033] Dans le cas d'une régénération du filtre par chauffage indirect par air chaud, tel
qu'elle est mise en œuvre classiquement, des débits d'air chaud de 100-500 m
3/h pouvant atteindre 1000 m
3/h sont nécessaires. La destruction de cet air chaud nécessite alors des volumes de
méthanes beaucoup plus importants, notamment par l'utilisation d'un brûleur plus classique
qui consomme environ 10 à 15% en volume de méthane. Dans le cas de l'invention, la
combinaison des étapes b1) et b2) est donc de ce fait économiquement très intéressante.
[0034] Selon un autre mode de réalisation possible, le gaz de balayage peut également être
détruit par un système d'oxydation thermique régénérative ou non régénérative. Les
impuretés de type siloxane sont de préférence oxydées à des températures élevées,
typiquement de 800 à 850°C ou même plus pendant une durée de 1 à 2 secondes, avant
le rejet dans l'atmosphère.
[0035] Lorsque le gaz de balayage traverse le filtre chauffé, au moins une partie des composés
siloxanes adsorbés dans le filtre sont desorbés. La désorption est réalisée à une
température comprise entre 100°C et 300°C, préférentiellement entre 150°C et 300°C,
et encore plus préférentiellement entre 200°C et 300°C. En outre, la pression du gaz
de balayage lors de l'étape (b1) de régénération est de préférence comprise entre
0 bar et 1 bar, plus préférentiellement entre 0 bar et 0,5 bar, et encore plus préférentiellement
entre 0 bar et 0,2 bar (en pression relative, par différence avec la pression atmosphérique).
[0036] Les inventeurs ont constaté que la régénération d'un filtre en tissu de charbon actif
par l'action combinée d'un chauffage par effet Joule et d'un balayage gazeux permettait
une désorption efficace des composés contaminant le filtre avec moins de dépenses
énergétiques que les procédés connus de l'art antérieur. En effet, le chauffage par
effet Joule est une méthode de chauffage directe moins énergivore que le chauffage
indirect classique par un flux de balayage chaud. En outre, le filtre en tissu de
charbon actif est particulièrement approprié à cette technique de chauffage en raison
de sa bonne conduction électrique. Enfin, le balayage gazeux permet une élimination
plus rapide des composés désorbés sans complexifier le procédé et le dispositif, à
l'inverse des techniques utilisant une mise sous vide. Contrairement aux procédés
de l'art antérieur, l'air peut être avantageusement utilisé comme gaz de balayage
pour des raisons de coût et de simplicité, sans risquer d'abimer le filtre en tissu
de charbon actif en raison de la température nécessaire à la désorption des composés
siloxanes. Les filtres mettant en œuvre un tissu de charbon actif comme matériau adsorbant
ont une taille significativement moins importante par rapport à une solution classique
utilisant le charbon actif en grains. Cette réduction de taille est notamment due
à une capacité d'adsorption plus élevée. Par ailleurs, les vitesses d'adsorption et
de désorption de filtres mettant en œuvre un tissu de charbon actif comme matériau
adsorbant sont plus importantes que celles de filtres classiques. Ces vitesses plus
importantes contribuent également à une réduction de la quantité du matériau nécessaire
pour traiter un flux constant. Il est possible de diminuer le débit de gaz de balayage.
L'éventuel retraitement ou destruction de ce gaz est alors plus simple. La taille
générale des équipements peut être diminuée, ce qui peut réduire le cout d'investissement.
Un autre avantage du procédé selon l'invention est qu'il n'est pas le siège d'un phénomène
de recombinaisons chimiques de certains silanols et/ou siloxanes, à savoir notamment
le triméthylsilanol (TMS) qui peut se transformer en hexamethyldisiloxane (L2) par
condensation. Ces recombinaisons peuvent entrainer des relargages significatifs et
non prédictibles. L'absence de ces recombinaisons permet d'augmenter significativement
l'efficacité et la robustesse du procédé de traitement du biogaz selon l'invention.
[0037] L'étape (b1) de régénération est poursuivie pendant un temps notée Tb. Selon un mode
de réalisation, l'étape (b1) est arrêtée au bout d'un temps défini préalablement et
qui correspond de préférence à la régénération maximale du filtre. Selon un autre
mode de réalisation, la concentration en siloxane est mesurée en continu dans le flux
gazeux de balayage recueilli à la sortie du filtre. L'étape (b1) peut être arrêtée
lorsque la concentration en siloxane mesurée passe en dessous d'un seuil défini préalablement.
Le temps Tb de l'étape de régénération est de préférence inférieur au temps Ta de
l'étape d'adsorption. Le temps Tb est de façon préférée compris entre 1 heure et 16
heures, et de façon plus préférée entre 1 heure et 8 heures.
[0038] A la fin de l'étape (b1) de régénération, le filtre peut être réutilisé dans une
nouvelle étape (a) de filtration. Toutefois, selon un mode de réalisation préféré
de l'invention, le procédé de traitement comprend également une étape (c), après l'étape
(b1) et avant une éventuelle nouvelle étape (a). Cette étape (c) consiste à rincer
le filtre en le soumettant à un flux de méthane dépourvu de siloxanes. Selon un mode
de réalisation très préféré, ce flux de méthane dépourvu de siloxane, également appelé
gaz de rinçage, peut être du biogaz qui a été préalablement traité par le procédé
selon l'invention. Toutefois, il est possible d'employer d'autres sources gazeuses
dans la limite où le gaz est riche en méthane, voire est constitué de méthane, et
ne contient pas de siloxanes. Cette étape (c) de rinçage est particulièrement utile
dans le cas où le gaz de balayage utilisé dans l'étape (b1) est de l'air. Elle permet
de chasser l'air présent dans le filtre et de le remplacer par du méthane. Ainsi,
à la reprise d'une nouvelle étape (a) de filtration, le gaz traité obtenu au démarrage
de la filtration n'est pas contaminé par des restes du gaz de balayage, notamment
d'air. En outre, lors de cette étape (c) de rinçage, on peut refroidir le filtre jusqu'à
une température compatible avec l'étape (a) d'adsorption.
[0039] Le passage du flux gazeux de rinçage lors de l'étape (c) peut être réalisé en co-courant
ou à contre-courant par rapport au passage du biogaz lors de l'étape (a), et en co-courant
ou à contre-courant par rapport au passage du gaz de balayage lors de l'étape (b1).
[0040] L'étape (c) de rinçage est poursuivie pendant un temps notée Tc. Selon un mode de
réalisation, l'étape (c) est arrêtée au bout d'un temps défini préalablement. Selon
un autre mode de réalisation, la concentration en gaz de balayage, par exemple en
air, est mesurée en continu dans le flux gazeux recueilli à la sortie du filtre. L'étape
(c) peut être arrêtée lorsque la concentration en gaz de balayage mesurée passe en
dessous d'un seuil défini préalablement. Alternativement ou en plus, la température
du filtre peut être mesurée en continu. L'étape (c) peut être arrêtée lorsque la température
du filtre passe en dessous d'un seuil défini préalablement. Le gaz de rinçage récupéré
à la fin de l'étape c) peut également être détruit, de la même manière que le gaz
de balayage à l'étape (b2).
[0041] Le procédé de traitement du biogaz selon l'invention peut être un procédé cyclique,
chaque cycle comprenant une étape (a) de filtration puis une étape (b1) de régénération,
suivie éventuellement d'une étape (c) de rinçage. Les étapes peuvent s'enchaîner directement
les unes à la suite des autres ou des temps d'arrêts peuvent être prévus entre des
étapes. Un procédé cyclique ne pouvant pas traiter un flux continu de gaz entrant,
il est possible de mettre en œuvre plusieurs dispositifs de traitement fonctionnant
en parallèle, au moins un dispositif étant en phase de filtration lorsqu'un autre
dispositif est en phase de régénération ou de rinçage ou à l'arrêt.
[0042] Selon un mode de réalisation particulier, le procédé de traitement peut être mis
en œuvre dans une unité disposant de deux dispositifs de traitement parallèle. Une
étape (a) de filtration peut être menée dans le premier dispositif de traitement.
Après une durée Ta, l'étape (a) de filtration est arrêtée dans le premier dispositif
et commence dans le second dispositif de traitement. Pendant la durée de l'étape de
filtration dans le second dispositif, le premier dispositif est soumis à l'étape (b1)
de régénération durant un temps Tb, puis éventuellement à l'étape (c) de rinçage durant
un temps Tc. Si, à la fin de l'étape (b1) de régénération ou éventuellement de l'étape
(c) de rinçage, l'étape (a) de filtration dans le second dispositif n'est pas terminée,
le premier dispositif est arrêté. Enfin, lorsque l'étape (a) de filtration est terminée
dans le second dispositif, elle recommence dans le premier dispositif, et le second
dispositif peut à son tour être régénéré.
[0043] L'invention décrit également un dispositif destiné à la mise en œuvre du procédé
décrit ci-dessus. Ce dispositif de traitement d'un biogaz contenant des siloxanes
comprend :
- une chambre de filtration munie d'au moins un premier orifice permettant l'entrée
de gaz et d'au moins un second orifice permettant la sortie de gaz ;
- un filtre en tissu de charbon actif placé dans ladite chambre de filtration et connecté
à deux électrodes ;
- un moyen pour faire circuler un courant électrique dans ledit filtre en tissu de charbon
actif relié auxdites deux électrodes ;
- un moyen permettant d'injecter du gaz de balayage dans la chambre de filtration,
- et éventuellement un moyen permettant de détruire le gaz de balayage sortant de la
chambre de filtration.
[0044] La chambre de filtration et les éléments se trouvant à l'intérieur sont de préférence
construits en matériaux résistant aux températures les plus élevées mises en œuvre
notamment lors de l'étape (b1) de régénération. Il n'est pas nécessaire que ces installations
soient prévues pour une mise sous vide. La géométrie et le dimensionnement de la chambre
de filtration peuvent varier notamment en fonction du débit de biogaz à traiter et
de la concentration en composés siloxanes à éliminer. De préférence, la chambre de
filtration est cylindrique. Ce type de géométrie est avantageux car elle permet d'obtenir
des flux gazeux homogènes sur l'ensemble du filtre.
[0045] La chambre de filtration est munie d'au moins un premier orifice permettant l'entrée
de gaz. Selon l'étape du procédé de traitement mise en œuvre, la nature du gaz entrant
dans la chambre varie : biogaz lors de l'étape (a), gaz de balayage dans l'étape (b1)
et éventuellement gaz de rinçage dans l'étape (c). Ils peuvent entrer par le même
orifice relié à plusieurs lignes d'alimentation munies de vannes. Alternativement,
chaque ligne d'alimentation en gaz peut déboucher sur son propre orifice dans la chambre
de filtration. En outre, un orifice d'entrée pour un gaz peut être un orifice de sortie
pour un autre et réciproquement.
[0046] La chambre de filtration est munie également d'au moins un second orifice permettant
la sortie de gaz. Selon l'étape du procédé de traitement mise en œuvre, la nature
du gaz sortant de la chambre varie : biogaz traité lors de l'étape (a), gaz de balayage
dans l'étape (b1) et éventuellement gaz de rinçage dans l'étape (c). Ils peuvent sortir
par le même orifice relié à plusieurs lignes munies de vannes ou par plusieurs orifices
différents. De façon très préférée, le biogaz traité récupéré lors de l'étape (a)
est conduit dans un dispositif aval de stockage, ou dans un autre dispositif de traitement,
par exemple d'élimination du CO
2 pour la production de biométhane ou de biocarburant, ou dans un appareil consommant
le biogaz en tant que combustible, par exemple des moteurs de cogénération produisant
électricité et chaleur. En sortie de chambre de filtration, le dispositif de traitement
comprend éventuellement un moyen permettant de détruire le gaz de balayage récupéré
lors de l'étape (b1) et éventuellement le gaz de rinçage récupéré lors de l'étape
(c), par exemple une torche ou un système d'oxydation thermique régénérative ou non
régénérative.
[0047] La chambre de filtration contient au moins un filtre en tissu de charbon actif. La
géométrie, le dimensionnement et le nombre de filtres placés dans une chambre de filtration
peuvent varier notamment en fonction du débit de biogaz à traiter et de la concentration
en composés siloxanes à éliminer. Lorsque la chambre de filtration est de géométrie
cylindrique, le filtre peut être enroulé ou plissé. Pour permettre la mise en œuvre
de l'étape (b1) de régénération du procédé de traitement, le filtre est connecté à
au moins deux électrodes, et le dispositif comprend un moyen pour faire circuler un
courant électrique dans le filtre en tissu de charbon actif relié auxdites deux électrodes.
De préférence, la géométrie du filtre et le positionnement des électrodes permet un
chauffage homogène du filtre par effet Joule.
[0048] Enfin, pour permettre la mise en œuvre de l'étape (b1) de régénération du procédé
de traitement, le dispositif comprend un moyen permettant d'injecter du gaz de balayage
dans la chambre de filtration. Ce moyen peut consister par exemple en une soufflerie.
[0049] En fonction notamment du débit de biogaz à traiter, le dispositif de traitement peut
comprendre plusieurs chambres de filtrations disposées en parallèle. De plus, pour
assurer un traitement continu d'un flux de biogaz, plusieurs dispositifs de traitement
tels que décrits ci-dessus peuvent être disposés en parallèle pour constituer ensemble
une unité de traitement au fonctionnement continu. L'invention décrit également une
unité de traitement comprenant plusieurs dispositifs de traitement tels que définis
ci-dessus disposés en parallèle pour fonctionner en continu.
[0050] La
figure 1 représente une unité de traitement
1 comprenant deux dispositifs
2 et
2' disposés en parallèle. Chaque dispositif
2,
2' comprend :
- une chambre de filtration 3, 3' munie d'au moins un premier orifice 4, 4' permettant l'entrée de gaz et d'au moins un second orifice 5, 5' permettant la sortie de gaz ;
- un filtre en tissu de charbon actif 6, 6' placé dans ladite chambre de filtration 3, 3' et connecté à deux électrodes 7, 7', 8, 8' ;
- un moyen 9, 9' pour faire circuler un courant électrique dans ledit filtre 6, 6' en tissu de charbon actif relié auxdites deux électrodes ;
- un moyen 10 permettant d'injecter du gaz de balayage dans la chambre de filtration 3, 3'.
[0051] En outre, l'unité de traitement
1 est munie d'un conduit d'alimentation en biogaz à traiter
11, d'un conduit d'alimentation en gaz de balayage
12, qui est de préférence de l'air, et d'un conduit d'alimentation en gaz de rinçage
13 qui est de préférence du biogaz préalablement traité dans l'unité. Chaque conduit
d'alimentation est divisé pour alimenter les deux dispositifs
2 et
2' et des vannes
16,
17,
18,
19,
20 et
21 sont placées sur les conduits d'alimentation pour sélectionner les flux gazeux à
introduire dans les deux dispositifs. En sortie, l'unité de traitement
1 est munie d'un conduit de sortie du biogaz traité
14 et d'un conduit de sortie des autres effluents gazeux
15, notamment le gaz de balayage utilisé et le gaz de rinçage utilisé. Chaque conduit
de sortie rassemble les effluents des deux dispositifs
2 et
2' et des vannes
22,
23,
24 et
25 sont placées sur les conduits de sortie.
[0052] Lors de la mise en œuvre le procédé de traitement du biogaz objet de l'invention,
l'unité de traitement
1 peut être opérée selon le schéma représenté sur la
figure 2 : celle-ci représente la succession des cycles de traitement en parallèle sur les
dispositifs
2 et
2'. Les durées relatives des étapes ne sont données qu'à titre d'exemple.
[0053] Selon la
figure 2, le dispositif
2 commence par une étape (a) de filtration. Pour cela, les vannes
16 et
22 sont ouvertes tandis que les vannes
17,
18 et
23 sont fermées. La chambre de filtration
3 est alimentée en biogaz arrivant par le conduit
11. En passant à travers le filtre
6, les composés siloxanes contaminants sont adsorbés. Le biogaz traité est récupéré
en sortie de la chambre
3 via la conduite
14. L'étape (a) est menée pendant une durée Ta.
[0054] Lorsque l'étape (a) est terminée, les vannes
16 et
22 sont fermées. Le cycle de traitement continu immédiatement avec une étape (b1) de
régénération du filtre
6. Pour cela, les vannes
17 et
23 sont ouvertes. On fait circuler un courant électrique continu dans ledit filtre
6 relié aux électrodes
7 et
8 grâce au générateur de courant
9. Par effet Joule, le filtre
6 chauffe. Un flux d'air est employé comme gaz de balayage. Il est introduit dans la
chambre de filtration
3 par le conduit d'alimentation
12 à l'aide de la soufflerie
10. Sous l'effet du chauffage et du balayage, les contaminants siloxanes sont désorbés
du filtre
6 et le gaz de balayage utilisé est rejeté par le conduit
15. L'étape (b1) est menée pendant une durée Tb à l'issue de laquelle le filtre
6 est considéré comme régénéré.
[0055] Lorsque l'étape (b1) est terminée, la vanne
17 est fermée et on arrête le courant électrique passant dans le filtre
6. Le cycle de traitement continu immédiatement avec une étape (c) de rinçage du filtre
6. En effet, à la fin de l'étape (b1), le filtre
6 et la chambre de filtration
3 contiennent de l'air. Pour éviter de faire entrer de l'air dans le biogaz au moment
où le filtre
6 passera à nouveau dans une phase de filtration, il est préférable d'évacuer l'air.
Pour cela, la vanne
18 est ouverte. Un flux de biogaz préalablement traité, provenant par exemple de la
ligne
14, est introduit dans la chambre de filtration
3 par le conduit d'alimentation
13. Le gaz de rinçage utilisé, contenant de l'air, est rejeté par le conduit
15. L'étape (c) est menée pendant une durée Tc.
[0056] A la fin de l'étape (c), les vannes
18 et
23 sont fermées. Le dispositif
2 est prêt pour recommencer à nouveau une phase (a) de filtration. Dans le cycle décrit
sur la
figure 2, le dispositif
2 est arrêté pendant une durée suffisante pour que la phase (a) soit terminée sur le
dispositif
2', soit pendant une durée T
arret telle que T
arret = Ta -Tb -Tc.
[0057] Le dispositif
2' est opéré de la même manière que le dispositif
2 à l'aide des vannes
19,
20,
21,
24 et
25, mais avec un décalage dans le temps des phases. Ainsi, lorsque le dispositif
2 commence une phase (a) de filtration, le dispositif
2' commence une phase (b1) de régénération, et lorsque le dispositif
2 termine la phase (a) de filtration pour passer à la phase (b1) de régénération, c'est
le dispositif
2' qui commence une phase (a) de filtration. De cette manière, il y a en permanence
un des deux dispositifs qui est en phase (a) de filtration, ce qui permet d'assurer
un traitement continu du biogaz arrivant par le conduit d'alimentation
11.
EXEMPLES
Exemple 1 :
[0058] Le tissu de charbon actif utilisé est celui commercialisé par la société Carbon Cloth
International sous la dénomination Zorflex® Knitted Cloth FM30K.
[0059] Des échantillons de tissu de charbon actif préalablement séchés à l'étuve ont été
chargés en siloxanes dans un réacteur statique. Pour cela, le composé siloxane désiré
a été introduit dans le réacteur sous forme liquide afin de saturer l'atmosphère à
l'intérieur du réacteur. Les échantillons ont été ainsi confinés pendant 24 heures.
[0060] Environ 20 mg de tissu chargé en siloxane ont été prélevés et introduits dans un
analyseur thermogravimétrique (SETSYS Evolution ou TG-DSC 111 de Setaram). Chaque
échantillon a été soumis à un gradient de température de 10°C par minutes entre 20°C
et 105°C, puis à un palier à 105°C pendant 30 minutes afin de désorber l'eau contenue
dans les pores du tissu, et enfin à un gradient de température de 10°C par minute
jusqu'à 300°C. La variation de la masse de l'échantillon a été mesurée au moyen d'une
microbalance. La variation de la masse en fonction du temps a été étudiée en fonction
de la température. La température de désorption est prise à la vitesse de désorption
maximale.
[0061] Le tableau 1 ci-dessous présente les résultats obtenus pour différents siloxanes
:
Tableau 1
| Siloxane |
Point d'ébullition (°C) |
Température de vitesse maximale de désorption (°C) |
Vitesse de désorption (mg.g-1.min-1) |
| Hexaméthyldisiloxane |
101 |
110 |
-7,9 |
| Décaméthyltétrasiloxane |
194 |
180 |
-4,2 |
| Dodécaméthylpentasiloxane |
230 |
200 |
-5,2 |
| Octaméthylcyclotétracyloxane |
175 |
170 |
-5,8 |
| Décaméthylcyclopentasiloxane |
211 |
200 |
-5,3 |
[0062] On constate que les températures pour lesquelles la vitesse de désorption est la
plus grande sont comprises entre 110°C et 200°C. Les vitesses de désorption sont toutes
du même ordre de grandeur, comprises entre 4 mg.g
-1.min
-1 et 8 mg.g
-1.min
-1. Ces données permettent de concevoir et de dimensionner le système de traitement.
Exemple 2 :
[0063] Les écoulements gazeux à l'intérieur d'une chambre de filtration cylindrique munie
d'un filtre enroulé ont été modélisés avec les paramètres suivants :
- alimentation en biogaz : 500 Nm3/h
- surface de passage filtrante : 1,54 m2.
[0064] La distribution de la vitesse des flux gazeux est représentée sur la figure 3 : le
blanc correspond à une vitesse de 0 m/s, puis plus la vitesse est grande, plus la
couleur est foncée, jusqu'au noir qui correspond à une vitesse de 20 m/s.
[0065] On constate bien sur cette figure 3 que les vitesses sont homogènes dans l'ensemble
de la chambre de filtration.
Exemple 3 :
[0066] Le dispositif de traitement comprend deux filtres en parallèle, chaque filtre étant
un filtre circulaire de 30 centimètres de diamètre et de 75 centimètres de long. Ce
filtre est constitué de 20 couches du tissu de charbon actif Zorflex FM 30 K (Calgon
Carbon).
[0067] Le biogaz traité dans cet exemple est issu d'une station d'épuration avec un débit
de 500 Nm
3/h, et contient des siloxanes à une concentration de 100 mg/Nm
3. La vitesse linéaire du biogaz pour cette surface de passage filtrante est de 20
cm/s et les pertes de charges s'élèvent à 4 mbar. La pression du biogaz en entrée
est de 0,1 bar (pression relative).
[0068] L'étape (a) de filtration est conduite pendante une durée Ta d'une heure, à une température
d'adsorption de 35°C. La concentration en siloxanes en sortie du dispositif de traitement
est inférieure à 0,1 mg/Nm
3.
[0069] L'étape (b1) de régénération est conduite pendante une durée Tb de 15 minutes, à
une température de 250°C. Un flux d'air à une pression de 0,05 bar (pression relative)
est utilisé comme gaz de balayage.
Exemple 4 :
[0070] Cet exemple décrit l'étape facultative (b2) de destruction thermique du gaz de balayage
en sortie de la chambre de filtration. Plus précisément, il illustre la différence
de consommation en biogaz nécessaire pour régénérer le filtre, c'est-à-dire pour brûler
le gaz de balayage, entre un procédé de régénération utilisant un chauffage par effet
Joule combiné à un flux gazeux de balayage (cas de la présente invention), et un procédé
de régénération utilisant uniquement un flux d'air chaud, sans effet Joule.
• Régénération par chauffage par effet Joule combiné à un flux gazeux de balayage
[0071] Le flux gazeux de balayage à éliminer est issu d'un essai de traitement de biogaz
conformément à l'exemple 3 supra. A la différence de l'exemple 3, le flux gazeux de
balayage est un flux d'air appauvri (environ 10% d'oxygène en volume) circulant à
un débit de 25 m
3/h. Ce flux est ensuite détruit en sortie de chambre de filtration, par un brûleur
gaz très pauvre (de type FLOX® à oxydation sans flamme) qui fonctionne avec un pourcentage
de méthane égal à 2,5% en volume. Le biogaz brut contenant 60% de méthane, le volume
de biogaz brut à ajouter pour le fonctionnement du brûleur est de 1,1 m
3/h. Sur une journée, le filtre est régénéré 12 fois avec un temps de régénération
de 30 minutes. La consommation totale en biogaz pour la régénération est donc de 6,4
m
3/jour.
• Régénération par flux d'air chaud uniquement
[0072] Un procédé de régénération utilisant de l'air chaud uniquement nécessite un débit
de régénération de 250 m
3/h. Le flux d'air chaud est ensuite détruit par un brûleur gaz pauvre qui fonctionne
avec un pourcentage de méthane égal à 12,5% en volume. Le biogaz brut contenant 60%
de méthane, le volume de biogaz brut à ajouter pour le fonctionnement du brûleur est
de 59,5 m
3/h. Sur une journée, le filtre est régénéré une seule fois avec un temps de régénération
de 2,5 heures. La consommation totale en biogaz pour la régénération est donc de 148,8
m
3/jour.
[0073] La consommation journalière de biogaz est donc réduite d'un facteur 23, ce qui représente
un avantage économique non négligeable pour l'utilisateur.