DOMAINE TECHNIQUE AUQUEL SE RAPPORTE L'INVENTION
[0001] La présente invention concerne une méthode de détermination d'un paramètre de conception
optique d'une lentille ophtalmique progressive.
ARRIERE-PLAN TECHNOLOGIQUE
[0002] Les lentilles ophtalmiques progressives permettent au porteur de bénéficier d'une
compensation de puissance optique adaptée pour différentes distances de vision sans
changer de lunettes. Elles peuvent également corriger d'autres défauts visuels, comme
par exemple l'astigmatisme.
[0003] Une lentille ophtalmique progressive présente une puissance variable sur la surface
de la lentille.
[0004] Il est par exemple prévu une première zone de vision pour la vision de loin présentant
une première valeur de puissance moyenne, une seconde zone de vision pour la vision
de près présentant une seconde valeur de puissance moyenne et, entre ces deux zones,
une troisième zone de vision pour la vision intermédiaire, dont la courbure varie
progressivement et qui est appelée couloir de progression.
[0005] La différence entre les première et seconde valeurs de puissance moyenne est égale
à l'addition de puissance de la lentille.
[0006] La croix de montage est un point de référence pour le positionnement de la lentille
devant l'oeil d'un porteur dont la position est prédéfinie par le fabriquant de la
lentille.
[0007] La première zone pour la vision de loin est centrée sur un point de référence pour
la vision de loin dont la position est prédéterminée pour une lentille donnée par
le fabriquant.
[0008] La deuxième zone pour la vision de près est centrée sur un point de référence pour
la vision de près dont la position est prédéterminée pour une lentille donnée par
le fabriquant.
[0009] La première zone pour la vision de loin et la deuxième zone pour la vision de près
sont séparées par une distance appelée longueur de progression.
[0010] La longueur de progression peut être définie comme la distance verticale entre la
croix de montage et la position du point de référence en vision de près défini par
le fabricant du verre.
[0011] Les directions horizontales et verticales de la lentille sont définies en fonction
de la position de la lentille en conditions d'utilisation par le porteur, dans la
monture choisie.
[0012] La longueur de progression de la lentille doit être ajustée en fonction de la hauteur
de montage de la lentille ophtalmique.
[0013] La hauteur de montage de la lentille ophtalmique correspond à la hauteur, par rapport
au bord inférieur du cercle de la monture, de la projection de la pupille du porteur
ayant une direction de regard primaire prédéterminée sur un plan moyen de ce cercle
de la monture choisie, correspondant à un plan moyen de la lentille ophtalmique une
fois montée dans ladite monture.
[0014] Cette direction de regard primaire prédéterminée correspond à la direction de regard
du porteur dans des conditions de vision de loin.
[0015] La longueur de progression de la lentille est ajustée de sorte que la deuxième zone
pour la vision de près de la lentille soit inclue dans la lentille une fois détourée
et positionnée dans la monture choisie.
[0016] En outre, le positionnement de la deuxième zone utilisée pour la vision de près peut
être réalisé en fonction des habitudes visuelles du porteur.
[0017] Habituellement, le choix de la longueur de progression est fait par l'opticien à
partir de critères subjectifs tels que la posture du porteur ou le retour d'expérience
de celui-ci sur son équipement passé.
[0018] On connaît également du document
US8297752 une méthode pour déterminer la distance de progression de la lentille selon laquelle
on détermine un unique point de vision de loin du porteur et un unique point de vision
de près du porteur sur la lentille ophtalmique et on en déduit la longueur de progression
correspondante. Une lentille ophtalmique adaptée au porteur peut ainsi être sélectionnée.
WO2012/038676 A1 est un document similaire.
[0019] Cependant, il n'est pas certain, en appliquant cette méthode, qu'une partie suffisante
pour une utilisation confortable de la deuxième zone pour la vision de près utilisée
par le porteur soit inclue dans la lentille ophtalmique une fois celle-ci détourée
et montée dans la monture choisie par le porteur. De manière générale, la détermination
précise de la longueur de progression implique en effet une détermination précise
de la position des première et deuxième zones de vision. Le positionnement précis
de la monture sur le visage du porteur, résultant par exemple de la géométrie de la
monture et de l'habillage de cette monture sur la tête du porteur, influence directement
la position des première et deuxième zones de vision pour un porteur déterminé. Ces
paramètres ne sont pas pris en compte dans l'état de la technique. On connaît également
du document
EP1747750 une méthode de personnalisation d'une paire de lunettes en fonction du comportement
visuel du porteur, en particulier les mouvements relatifs de ses yeux par rapport
à sa tête et la durée pendant laquelle ses yeux gardent une orientation fixe par rapport
à la tête du porteur.
OBJET DE L'INVENTION
[0020] Afin de remédier à l'inconvénient précité de l'état de la technique, la présente
invention propose une méthode de détermination d'au moins un paramètre de conception
optique d'une lentille ophtalmique progressive destinée à équiper une monture choisie
par un porteur, permettant de prendre en compte à la fois le comportement visuel particulier
du porteur et les dimensions de la monture choisie par ce porteur afin de définir
les paramètres de conception optique (design optique) de la lentille ophtalmique les
mieux adaptés à la fois au porteur et à la monture.
[0021] Plus particulièrement, on propose selon l'invention une telle méthode comprenant
les étapes décrites dans la revendication 1 et un système comprenant les caractéristiques
décrites dans la revendication 15.
[0022] D'autres caractéristiques non limitatives et avantageuses de la méthode conforme
à l'invention sont listées dans les revendications 1 à 14.
DESCRIPTION DETAILLEE D'UN EXEMPLE DE REALISATION
[0023] La description qui va suivre en regard des dessins annexés, donnés à titre d'exemples
non limitatifs, fera bien comprendre en quoi consiste l'invention et comment elle
peut être réalisée.
[0024] Sur les dessins annexés :
- la figure 1 est une vue schématique d'un mode de réalisation de la détermination de
différentes directions de regard de l'œil d'un porteur,
- la figure 2 est une vue schématique de la répartition des points d'intersection de
différentes directions de regard avec un plan moyen d'un cercle de la monture,
- la figure 3 est une vue schématique de face d'un premier exemple de lentille ophtalmique
dans laquelle la zone d'usure en vision de près est située à une première position
par rapport à un point de référence de vision de loin,
- la figure 4 est une vue schématique de face d'un deuxième exemple de lentille ophtalmique
dans laquelle la zone d'usure en vision de près est située à une deuxième position
par rapport au point de référence de vision de loin.
[0025] On notera que les éléments identiques ou correspondants des différentes lentilles
ophtalmiques représentées en projection dans le plan moyen de la monture sur les figures
1 à 4 seront référencés par les mêmes signes.
[0026] La lentille 30 représentée sur les figures 2 à 4 est une lentille ophtalmique à addition
progressive de puissance sphérique, ou lentille zone de vision 11 dont la puissance
sphérique est adaptée pour la vision de loin du porteur en fonction de ses besoins
de correction visuelle et, dans sa partie inférieure, une seconde zone de vision 12
dont la puissance sphérique est adaptée pour la vision de près de ce porteur.
[0027] Les figures 2 à 4 montrent la projection de cette lentille 30 dans le plan moyen
PM du cercle correspondant de la monture 10 choisie.
[0028] Dans la suite, on nommera la première zone 11 pour la vision de loin « zone de vision
de loin 11 » et la deuxième zone 12 pour la vision de près « zone de vision de près
12 ».
[0029] Entre les zones de vision de loin 11 et de vision de près 12 se trouve, de façon
connue, une troisième zone de vision 13 qui est adaptée pour la vision à distance
intermédiaire.
[0030] La zone de vision de loin 11 entoure un point de référence de la vision de loin IVL,
tandis que la zone de vision de près 12 entoure un point de référence de la vision
de près IVP.
[0031] Au point de référence pour la vision de loin IVL, la lentille 30 présente une première
puissance sphérique prédéterminée adaptée pour la vision de loin du porteur, tandis
que, au point de référence pour la vision de près IVP, elle a une seconde puissance
sphérique prédéterminée adaptée pour la vision de près du porteur.
[0032] La puissance de la lentille varie, de préférence continument, entre lesdits points
de référence pour la vision de loin IVL et pour la vision de près IVP, le long d'une
courbe appelée « courbe méridienne principale de progression » qui passe par ces deux
points. Cette courbe méridienne principale de progression traverse ces trois zones
VL, VI et VP suivant une direction globalement verticale.
[0033] Dans le cadre de la présente description, on admettra les définitions suivantes.
[0034] Conformément à la norme ISO 13666:2012, on nomme point de montage le point situé
sur la surface avant d'une lentille que le fabricant considère comme point de référence
pour le positionnement du verre devant l'oeil.
[0035] La position du point de montage sur la lentille est prédéterminée et connue.
[0036] La hauteur de montage correspond alors à la distance verticale qui sépare le point
de montage de la tangente horizontale passant par le point inférieur de la périphérie
de la lentille.
[0037] Dans la suite de la description, on définit une zone d'usure ZU d'un verre comme
étant une zone de l'espace représentative d'une distribution statistique d'un ensemble
de points sur le verre par lesquels passe le regard du porteur lors d'une tâche particulière
de vision ou pour une utilisation à une distance de travail prédéterminée. La zone
d'usure ZU peut être définie de manière équivalente soit spatialement, par une distribution
statistique de points l1 l2sur la lentille ophtalmique ou sur un autre plan de projection
lié à la lentille ophtalmique ou au cercle de la monture correspondant, soit vectoriellement,
par une distribution statistique de directions du regard A1, A2. De manière alternative
et simplifiée, la zone d'usure ZU peut aussi être définie de manière tabulée par une
distribution statistique d'angles d'abaissement du regard A1, A2 dans le plan sagittal
du porteur.
[0038] On définit la longueur de progression LP de la lentille ophtalmique comme la distance
verticale entre la croix de montage CM et la position du point de référence en vision
de près IVP défini par le fabricant du verre (figure 2).
[0039] La croix de montage CM est un point de référence pour le positionnement de la lentille
devant l'oeil d'un porteur dont la position est prédéfinie par le fabriquant de la
lentille.
[0040] D'autres définitions peuvent être adoptées pour la longueur de progression. Elle
peut être exprimée par rapport au point de référence du prisme ou au point de référence
de vision de loin IVL plutôt que par rapport à la croix de montage. Comme les positions
respectives de ces points sont par ailleurs aussi données par le fabricant cette définition
est équivalente à la précédente.
[0041] Quelle que soit la définition considérée de la longueur de progression, la méthode
selon l'invention reste la même.
[0042] La surface moyenne de la lentille ophtalmique est définie comme la surface équidistante
en tout point des faces avant et arrière de la lentille.
[0043] La direction horizontale est considérée comme la perpendiculaire à la direction verticale,
suivant par exemple un fil à plomb.
[0044] La direction du regard est une droite appartenant à un plan contenant le point fixé
du regard par le porteur et les centres de rotation des yeux.
[0045] Pour un oeil en particulier, la direction de regard est définie comme la droite reliant
le point fixé du regard par le porteur et le centre de rotation de cet oeil.
[0046] En vision de loin, avec un point de visé droit devant à l'infini, la direction du
regard est horizontale. Cette direction du regard correspond à la direction de regard
primaire DPR (figure 1).
[0047] La lentille ophtalmique progressive se définit notamment par deux grandeurs optiques
principales :
- l'addition égale à la variation de puissance entre le point de référence en vision
de loin IVL et le point de référence en vision de près IVP,
- une « puissance nominale » égale à la puissance audit point de référence pour la vision
de loin IVL.
[0048] On définit l'inset E de la lentille comme le décalage horizontal entre le point de
référence pour la vision de loin IVL et le point de référence pour la vision de près
IVP. L'inset E est aussi appelé « déport interne ».
[0049] Afin de fournir au porteur le plus grand confort visuel possible, il est nécessaire
de positionner précisément les zones de vision de loin et de près des deux lentilles
ophtalmiques destinées à équiper ce porteur, de manière à ce que celui-ci regarde
à travers la zone de vision de loin 11 lorsqu'il regarde au loin et à travers la zone
de vision de près 12 lorsqu'il effectue une tâche visuelle en vision de près.
[0050] La position relative et les dimensions de ces deux zones de vision de loin et de
près dépendent ainsi des paramètres géométrico-physionomiques du porteur, comme son
écart inter-pupillaire par exemple, et de son comportement visuel. Elles dépendent
également des caractéristiques géométriques de la monture choisie par le porteur,
notamment de la hauteur des cercles de la monture, de la base de celle-ci ou de l'angle
pantoscopique de la monture portée par le porteur.
[0051] Grâce à la méthode selon l'invention, il est possible de déterminer la longueur de
progression de chaque lentille ophtalmique progressive, en fonction du comportement
visuel du porteur.
[0052] Cette méthode permet en particulier d'évaluer le comportement visuel du porteur dans
une posture naturelle lors d'une tâche visuelle en vision de près et de prendre en
compte les paramètres géométrico-morphologiques du porteur ainsi que la géométrie
de la monture choisie.
[0053] On entend par posture naturelle, la posture qui est adoptée habituellement par le
porteur en l'absence de toute contrainte.
[0054] Ce paramètre de conception optique peut être en particulier lié à la position relative
des zones de vision de loin 11 et de vision de près 12.
[0055] Il s'agit par exemple de la longueur de progression LP ; LP1 ; LP2 de la lentille
ophtalmique ou de l'inset E (figures 2 à 4).
[0056] Plus précisément, selon l'invention, on effectue les étapes suivantes :
- a) on place le porteur dans une situation dans laquelle il effectue une tâche visuelle
à une première distance de travail,
- b) on détermine, lors de cette tâche visuelle, au moins deux directions D1, D2 du
regard du porteur à cette première distance de travail, dans un référentiel (x1, y1)
lié à la tête du porteur,
- c) on détermine une position relative d'une surface PM ou d'une ligne liée à ladite
monture 10 ou à une lentille ophtalmique 30 destinée à équiper ladite monture 10 dans
ce référentiel (x1, y1) lié à la tête du porteur,
- d) on détermine, pour chaque direction D1, D2 du regard déterminée à l'étape b), l'intersection
entre cette direction du regard à la première distance de travail et ladite surface
ou ladite ligne, de manière à établir une cartographie de ces points d'intersection
I1, I2, I3, I4sur cette surface, et
- e) on déduit de cette cartographie la longueur de progression recherchée.
Etape a)
[0057] On place le porteur dans une situation dans laquelle il effectue une tâche ayant
au moins une composante visuelle à une première distance de travail en vision de près.
[0058] La distance de travail est définie comme la distance entre les yeux du porteur et
le point fixé du regard par le porteur.
[0059] Dans l'exemple décrit plus particulièrement ici, la première distance de travail
est comprise entre 20 et 60 centimètres, par exemple égale à 40 centimètres. Cette
première distance de travail correspond alors à un travail en vision de près.
[0060] En variante, on peut envisager de mettre en oeuvre la méthode selon un exemple non
couvert par l'invention pour une première distance de travail comprise entre 60 centimètres
et 1,5 mètre, ce qui correspond à un travail en vision intermédiaire, ou entre 1,5
mètre et l'infini, ce qui correspond à un travail en vision de loin.
[0061] Plus précisément, ici, à l'étape a), l'opérateur demande au porteur d'effectuer de
préférence une tâche choisie parmi les tâches suivantes :
- tâche de lecture,
- tâche d'écriture,
- tâche interactive,
- tâche d'observation.
[0062] Pour l'exécution de cette tâche, on présente au porteur un support 20 (figure 1)
qu'il peut tenir entre ses mains, et placer de la manière qu'il souhaite par rapport
à sa tête.
[0063] Ce support 20 est de préférence un support plan comportant une partie d'affichage
numérique. Il s'agit par exemple de préférence d'une tablette tactile.
[0064] Ce support 20 comporte de manière générale une cible C1, C2 que le porteur doit suivre
du regard pendant la tâche qui lui est assignée.
[0065] Par exemple, pour une tâche de lecture, la cible est constituée par chaque mot du
texte affiché sur le support.
[0066] Il peut s'agir par exemple d'un texte affiché sur un écran dans une couleur noire
avec, dans une autre couleur, en surbrillance ou souligné, le mot à lire, qui se déplace
le long du texte.
[0067] Le porteur lit à chaque instant le mot signalé par la couleur différente du texte,
la surbrillance ou le soulignement.
[0068] Pour une tâche d'écriture, il s'agit cette fois des mots à écrire.
[0069] La tâche d'écriture est réalisée par exemple en utilisant un stylet sur la tablette
tactile constituant le support 20. Il est alors possible d'identifier directement
l'endroit que regarde le porteur pendant qu'il écrit comme étant le point de contact
entre l'extrémité du stylet et l'écran actif de la tablette tactile.
[0070] On entend par tâche interactive une tâche du type jeu interactif, dans lequel la
cible C1, C2 est constituée d'une image que le porteur doit suivre des yeux. L'interactivité
est liée au fait que le porteur doit agir, par exemple, cliquer sur le support, en
fonction de différentes caractéristiques de la cible : position, orientation, contraste...
[0071] On peut par exemple envisager que la cible C1, C2 soit constituée par l'image d'une
flèche et que le porteur clique sur le support 20 à droite ou à gauche suivant la
direction de la flèche.
[0072] La cible C1, C2 peut également se déplacer sur la partie d'affichage du support,
en ligne droite, et le porteur doit cliquer avant qu'elle ne touche le bord de cette
partie d'affichage.
[0073] La cible C1, C2 peut encore être constituée d'une image lumineuse clignotant dont
le contraste augmente progressivement. Le porteur clique sur le support dès qu'il
voit apparaître la cible.
[0074] On entend par tâche d'observation une tâche au cours de laquelle le porteur suit
des yeux la cible C1, C2, par exemple une image, sans interagir avec elle.
[0075] De manière générale, quelle que soit la tâche considérée, on peut envisager de réaliser
une étape de réglage préalable à la réalisation de la tâche elle-même afin d'ajuster
les dimensions d'affichage de la cible C1, C2 sur le support 20 en fonction de l'acuité
du porteur.
[0076] On s'assure ainsi que le porteur puisse voir distinctement la cible pendant la tâche
à réaliser, et ce quel que soit l'équipement dont il dispose au moment d'effectuer
cette tâche.
[0077] De préférence, à l'étape a), on place sur la tête du porteur la monture 10 qu'il
a choisi, sans aucune lentille montée à l'intérieur (figure 1).
[0078] On peut aussi envisager de placer sur la tête du porteur une monture autre que celle
choisie, présentant de préférence des dimensions supérieures à celle choisie de manière
à ce que le regard du porteur ne soit pas contraint par les bords de la monture.
[0079] On peut également envisager de placer sur la tête du porteur la monture choisie avec
des lentilles de présentation, ne présentant aucune puissance, ou avec des lentilles
correctrices, par exemple des lentilles similaires à celles que le porteur utilise
couramment.
[0080] La monture 10 est de préférence équipée d'un système de repérage 40 destiné à permettre
la détermination de la position de la tête du porteur dans l'espace à partir d'une
image capturée de la tête du porteur équipée du système de repérage. Ce système de
repérage 40 est décrit en détails dans le document
FR2914173, page 7, ligne 5 à page 10, ligne 8. Il ne sera donc pas décrit plus en détail ici.
[0081] Ce système de repérage 40 présente des caractéristiques géométriques prédéterminées,
qui permettent, à partir d'une image capturée de la tête du porteur sur laquelle apparaît
ce système de repérage, de déterminer la position et l'orientation de la tête du porteur
dans l'espace, dans le référentiel lié au dispositif de capture d'image. Ce système
de repérage 40 permet donc de déterminer la position et l'orientation du référentiel
lié à la tête du porteur dans le référentiel lié au dispositif de capture d'image.
[0082] On peut également envisager que la monture elle-même, placée sur la tête du porteur,
joue le rôle du système de repérage.
[0083] On peut également envisager de ne placer sur la tête du porteur ni monture, ni lentille.
Dans ce cas, la tête du porteur peut être directement équipée du système de repérage.
Etape b)
[0084] Afin de permettre la détermination des directions du regard du porteur dans la première
distance de travail pendant que celui-ci exécute la tâche visuelle qui lui a été assignée,
le support 20 comporte au moins un dispositif de capture d'image 21.
[0085] Il s'agit de préférence d'une caméra pour réaliser une acquisition vidéo du porteur
pendant la tâche visuelle.
[0086] La position de la cible C1, C2 que le porteur suit des yeux pendant la tâche visuelle
est connue à tout instant par rapport au support 20. Elle est donc connue dans le
référentiel lié au dispositif de capture d'image 21.
[0087] Ainsi, grâce à cet agencement, la position de la cible C1, C2 que le porteur fixe
du regard au moment de la capture d'image est connue dans le référentiel lié au dispositif
de capture d'image et donc dans le référentiel lié à la tête du porteur.
[0088] A l'étape b), on réalise alors, à l'aide de ce dispositif de capture d'image 21,
une capture d'image de la tête du porteur pour différentes positions de la cible C1,
C2 correspondant à différentes directions D1, D2 de regard à la première distance
de travail.
[0089] Le dispositif de capture d'image et les moyens d'affichage de la partie d'affichage
du support 20 sont de préférence synchronisés de manière à ce que la capture d'une
image soit déclenchée lorsque la cible C1 est dans une position prédéterminée, ou
de manière à ce que la position de la cible C1 dans le référentiel lié au dispositif
de capture d'image au moment de la capture d'image soit mis en mémoire et associée
à l'image capturée à ce moment.
[0090] Comme évoqué précédemment, l'acquisition d'image peut être réalisée via l'enregistrement
d'une vidéo.
[0091] On peut également envisager, dans le cas d'une tâche interactive, que le dispositif
de capture d'image 21 soit configuré pour enregistrer une image de la tête du porteur
uniquement lorsque celui-ci clique sur le support 20.
[0092] Les images de la tête du porteur capturées sont transmises à une unité de traitement
informatique qui peut être intégrée au support ou déportée.
[0093] Les images capturées peuvent être traitées en temps réel ou après la capture de toutes
les images.
[0094] A partir de ces images capturées, l'unité de traitement détermine la position du
centre de rotation CRO d'au moins un oeil du porteur dans le référentiel lié à la
tête du porteur.
[0095] Le principe de cette détermination est connu en soi et exposé par exemple dans le
document
FR2914173, dont un équivalent en anglais est le document
US20100128220.
[0096] A titre d'exemple, il est possible d'identifier les images d'un point remarquable
de l'oeil du porteur, par exemple de la pupille de l'oeil du porteur sur deux images
capturées alors que le porteur fixe des yeux des cibles C1, C2 présentant une position
différente par rapport au dispositif de capture d'image. La position de la pupille
de l'oeil par rapport au dispositif de capture d'image est ensuite déterminée en fonction
des caractéristiques géométriques de l'image du système de repérage 40 sur ces deux
images. Ces caractéristiques géométriques donnent accès à un facteur d'échelle de
l'image et aux angles de rotation de la tête du porteur par rapport au dispositif
de capture d'image 21.
[0097] La position de la cible C1, C2 fixée du regard pendant les deux captures d'image
étant connue par rapport au dispositif de capture d'image, on en déduit la position
du centre de rotation de l'oeil CRO comme étant l'intersection des droites passant
par la cible et la pupille de l'oeil pour chaque image capturée.
[0098] On peut également déterminer pour chaque direction de regard la posture de la tête
du porteur correspondante, c'est-à-dire sa position et son orientation dans le référentiel
lié au dispositif de capture d'image. Un couple de données associant la posture de
la tête et la direction de regard est mis en mémoire dans un fichier.
[0099] Selon un premier mode de réalisation de la méthode suivant l'invention, l'unité de
traitement informatique en déduit la direction du regard D1, D2 à la première distance
de travail du porteur dans le référentiel lié à la tête du porteur lors de chaque
capture d'image comme étant la droite reliant ce centre de rotation CRO avec la cible
C1, C2 dans sa position correspondante pendant la capture d'image.
[0100] En variante, la position du centre de rotation de l'oeil CRO du porteur dans le référentiel
de la tête du porteur peut être prédéterminée. Pour cela, les étapes de captures et
de traitement d'images peuvent être réalisées préalablement à la mise en oeuvre du
procédé selon l'invention, éventuellement dans un lieu ou grâce à un appareil de mesure
différent.
[0101] Dans ce cas, la position du centre de rotation de l'oeil CRO du porteur peut être
mise en mémoire manuellement ou transmise directement à l'unité de traitement informatique.
[0102] Selon un deuxième mode de réalisation, à l'étape b), on détermine la position du
centre de rotation de l'oeil CRO en fonction d'une position moyenne prédéterminée
de ce centre de rotation, par exemple par rapport à la face arrière de la lentille
ophtalmique. A cet effet, on considère par exemple que le centre de rotation est situé
à une distance moyenne égale à 27 millimètres de la face arrière de la lentille ophtalmique.
[0103] En variante, on peut également mesurer une position de référence des centres de rotation
des yeux dans le référentiel lié à la tête du porteur dans une étape préliminaire,
par une méthode connue en elle-même, enregistrer et transmettre cette position de
référence à l'unité de traitement informatique.
[0104] Selon un troisième mode de réalisation, à l'étape b), on capture chaque image du
porteur lorsque la cible C1, C2 se trouve sur l'axe optique du dispositif de capture
d'image. On envisage ici un agencement alternatif dans lequel le dispositif de capture
d'image est disposé derrière la partie d'affichage du support 20. La tâche visuelle
du porteur est alors de préférence une tâche d'observation pendant laquelle il suit
des yeux la cible C1, C2. Le mouvement de cette cible est paramétré de manière à ce
qu'elle repasse à plusieurs reprises devant le dispositif de capture d'image situé
en arrière, et la capture d'image est déclenchée aux instants correspondants à ces
passages.
[0105] Il peut s'agir par exemple de tâches de lecture ou d'écriture telles que décrites
précédemment, au cours desquelles la cible est constituée soit d'un mot repéré par
une couleur, une surbrillance ou un soulignement (tâche de lecture), soit du point
de contact du stylet sur la tablette pendant l'écriture d'un mot (tâche d'écriture).
[0106] La position du point de visée fixé des yeux par le porteur est ainsi précisément
connue.
[0107] On peut alors déterminer directement la position du point d'intersection de la direction
de regard et de la lentille ophtalmique ou du plan moyen du cercle de la monture comme
étant la position de l'image de la pupille de l'oeil du porteur par rapport à l'image
de la lentille ophtalmique sur l'image capturée. On détermine par exemple la position
de l'image de la pupille par rapport à l'image des cercles de la monture. Ce faisant,
la direction du regard est déterminée à l'étape b) comme étant la droite reliant la
pupille de l'oeil du porteur et la pupille du dispositif de capture d'image, qui passe
ici par la cible. La surface liée à la monture ou à la lentille ophtalmique est déterminée
à l'étape c) comme étant confondue avec le plan de capture d'image. Le centre de rotation
de l'oeil n'est pas déterminé.
[0108] Alternativement, on peut envisager que le dispositif de capture d'image se déplace
de manière à ce que la cible reste toujours sur son axe optique.
[0109] On détermine alors la position des pupilles des yeux du porteur par rapport au système
de repérage 40 ou à la monture 10, à partir des images capturées de la tête du porteur,
pour en déduire la direction du regard du porteur à la première distance de travail
comme la droite reliant la pupille à la cible C1, C2. Le centre de rotation de l'oeil
n'est pas déterminé.
[0110] Selon une variante de chacun des modes de réalisation évoqué précédemment, dans le
cas où le porteur est équipé avec une monture et des lentilles ophtalmiques correctrices,
c'est-à-dire présentant une puissance prédéterminée, à l'étape b), l'unité de traitement
est de préférence programmée pour déterminer la position du centre de rotation de
l'oeil du porteur dans le référentiel lié à la tête du porteur et pour en déduire
la direction du regard à la première distance de travail comme étant le chemin optique
reliant le centre de rotation de l'oeil et la cible en tenant compte de la déviation
prismatique de la lentille ophtalmique correctrice correspondante.
[0111] Il s'agit alors de tenir compte d'une part de la déviation prismatique lors de la
détermination de la position du centre de rotation de l'oeil et, d'autre part, de
la détermination de la direction de regard à la première distance de travail.
[0112] Cette direction de regard est typiquement déterminée par un calcul de tracé de rayon
lumineux entre le centre de rotation de l'oeil et la cible, prenant en compte cette
déviation prismatique. Afin de faire ce calcul de tracé de rayon lumineux, la position
de la lentille ophtalmique correctrice par rapport à la tête du porteur est prise
en compte.
Etape c)
[0113] Afin de déterminer la position du point d'intersection I1, I2, I3, I4 de la direction
du regard D1, D2 à la première distance de travail du porteur déterminée à l'étape
b) et d'une surface PM ou d'une ligne liée à ladite monture ou à une lentille ophtalmique
équipant ladite monture à l'étape d), on détermine la position de cette surface ou
de cette ligne dans un référentiel lié à la tête du porteur.
[0114] Tout d'abord, la surface ou la ligne considérée peut être définie de différentes
manières.
[0115] De manière préférentielle, la surface ou la ligne considérée est liée à au moins
un des cercles de la monture. Il s'agit ainsi d'une surface ou d'une ligne représentative
de la position de ce cercle de la monture lorsqu'elle est disposée sur la tête du
porteur.
[0116] On entend ici par « liée à au moins un des cercles de la monture » le fait que cette
surface ou cette ligne constitue un modèle surfacique ou linéaire d'au moins un des
cercles de la monture.
[0117] Comme décrit en référence à l'étape a), on considère plus particulièrement dans l'exemple
décrit ici que le porteur est équipé pour la mise en oeuvre de cette méthode de la
monture 10 qu'il a choisi, sans lentille ophtalmique montée à l'intérieur des cercles
de cette monture.
[0118] Dans cet exemple, la surface considérée à l'étape c) sera de préférence le plan moyen
PM du cercle de la monture 10 disposé devant l'oeil considéré du porteur.
[0119] Cependant, en variante, il peut s'agir du plan moyen des deux cercles de la monture.
[0120] Il peut également s'agir d'un plan lié au système de repérage 40 disposé sur la monture
10.
[0121] En variante encore, il peut s'agir de la surface moyenne de la lentille ophtalmique
destinée à être montée dans le cercle de la monture 10 ou de la face avant ou arrière
de cette lentille ophtalmique.
[0122] La surface considérée peut donc être plane, comme cela est le cas du plan moyen du
ou des cercles de la monture ou de la lentille, ou courbe, comme cela est le cas de
la surface moyenne de la lentille ophtalmique correspondante.
[0123] Lorsque l'on considère une ligne liée à la monture ou à la lentille ophtalmique équipant
cette monture, ladite ligne peut être une ligne droite ou courbe.
[0124] Il peut s'agir en particulier de l'intersection entre, d'une part, un plan parallèle
au plan sagittale de la tête du porteur ou un plan appelé « plan de Francfort » et,
d'autre part, la surface liée à la monture ou à la lentille ophtalmique telle que
définie précédemment.
[0125] Le plan de Francfort PF de la tête du porteur est défini comme le plan passant par
les points orbitaires inférieurs OR et le porion PO du porteur, le porion étant le
point du crâne le plus élevé du conduit auditif, qui correspond au tragion de l'oreille.
[0126] Lorsque le porteur est en posture naturelle, ce plan de Francfort PF est sensiblement
horizontal.
[0127] C'est le cas par exemple lorsque le porteur est dans une configuration assise ou
debout dans laquelle sa tête est droite et qu'il regarde droit devant lui, au loin,
c'est-à-dire de préférence à l'horizon. On dit également que le porteur prend une
position orthostatique, ou une position dans laquelle il réalise un minimum d'efforts.
[0128] On définit un plan sagittal de la tête du porteur comme étant le plan perpendiculaire
au plan de Francfort passant par la médiatrice des deux yeux. La médiatrice des yeux
est l'axe passant au milieu du segment défini par les centres de rotation des deux
yeux et parallèle au plan de Francfort.
[0129] La position de la surface considérée, ici par exemple le plan moyen PM du cercle
de la monture, ou de la ligne peut être soit déterminée à partir des images capturées
à l'étape b), simultanément, avant ou après le traitement de ces images pour déterminer
la direction de regard du porteur à la première distance de travail, soit être prédéterminée
préalablement à la réalisation de l'étape d).
[0130] Dans un exemple illustrant le premier cas, la position du plan moyen PM du cercle
de la monture 10 dans le référentiel lié à la tête du porteur est déterminée en fonction
de l'image de la monture et/ou de la lentille ophtalmique sur l'image capturée et
en fonction de l'image du système de repérage 40 correspondante. Dans ce cas, l'unité
de traitement informatique en déduit également la position de la surface considérée
dans le référentiel du dispositif de capture d'image, par les mêmes moyens.
[0131] Dans un exemple illustrant le deuxième cas, l'opérateur réalise, préalablement à
la réalisation de l'étape d), et de préférence, avant la mise en oeuvre des étapes
a) et b), une étape de calibrage, dans laquelle il détermine la position de ce plan
moyen PM par toute méthode connue de l'homme du métier. Il est possible d'envisager
par exemple que cette position soit déterminée à partir d'une image capturée de la
tête du porteur équipé de la monture de profil.
[0132] On peut également envisager que cette position de la surface considérée - plan moyen
du ou des cercles de la monture, surface moyenne ou face de la lentille ophtalmique
- ou de la ligne considérée, dans le référentiel lié à la tête du porteur soit issue
d'une base de données prédéterminée comportant des positions moyennes de la surface
ou de la ligne considérée. Ceci s'applique en particulier au cas où aucune monture
ni lentille ophtalmique n'est placé sur la tête du porteur à l'étape a). On réalise
alors dans l'étape c) un habillage virtuel de la tête du porteur, en replaçant virtuellement
la monture ou la lentille ophtalmique sur la tête du porteur grâce aux informations
issues de la base de données.
[0133] Lorsqu'il s'agit de déterminer la position de ladite ligne liée à la monture ou à
la lentille ophtalmique, il est plus particulièrement possible de réaliser cette étape
à partir d'une image de profil du porteur équipé de la monture. Cette capture d'image
de profil est réalisée de préférence préalablement à la mise en oeuvre des autres
étapes décrites ici. La ligne considérée correspond alors par exemple à l'intersection
entre le plan moyen des cercles de la monture et le plan de capture d'image, qui est
ici parallèle au plan sagittal de la tête du porteur.
[0134] Cette ligne est alors inclinée, dans la posture naturelle du porteur, d'un angle
par rapport à la direction verticale égal à l'angle pantoscopique de la monture.
[0135] Il est également possible de déterminer cette ligne liée à la monture ou à la lentille
ophtalmique comme étant l'intersection entre l'une des surfaces définie précédemment
et le plan de Francfort de la tête du porteur. La position du plan de Francfort est
prédéterminée ou déterminée à partir des captures d'image de face et/ou de profil
du porteur.
[0136] On peut enfin envisager que l'orientation de la surface ou de la ligne considérée
soit connue dans le référentiel de la tête du porteur, après une étape de calibration,
par exemple déterminée à partir d'une image capturée de profil de la tête du porteur
équipé de la monture.
[0137] Afin de replacer précisément cette surface ou cette ligne par rapport à la tête du
porteur pendant la tâche visuelle du porteur, on détermine alors à l'étape c) la position
d'au moins un point de référence associé à la monture ou à la lentille ophtalmique
dans le référentiel de la tête du porteur à partir des images capturées à l'étape
b). La position de la surface ou de la ligne considérée est ainsi déterminée avec
précision pour chaque image capturée.
[0138] En variante, la surface ou la ligne considérée peut présenter un décalage, c'est-à-dire
s'étendre dans un plan ou dans une direction parallèle à l'une des surfaces ou à l'une
des lignes définies précédemment.
Etape d)
[0139] A l'étape d), l'unité de traitement informatique est programmée pour déterminer pour
chaque direction du regard D1, D2 à la première distance de travail déterminée à l'étape
b), l'intersection entre cette direction du regard et ladite surface, de manière à
établir une cartographie de ces points d'intersection I1, I2, I3, I4 sur cette surface.
[0140] La position de la surface considérée, ici le plan moyen du cercle de la monture,
étant connue par rapport à la tête du porteur, et la position de la tête du porteur
étant connue dans le référentiel du dispositif de capture d'image grâce au système
de repérage 40, l'unité de traitement informatique en déduit la position de ce plan
moyen PM dans le référentiel du dispositif de capture d'image 21.
[0141] Puis l'unité de traitement d'image détermine par le calcul l'intersection de ce plan
moyen PM et de la direction de regard D1, D2 à la première distance de travail.
[0142] A cet effet, elle détermine les coordonnées (x, y) du point d'intersection I1, I2,
I3, I4 de la direction de regard D1, D2 et du plan moyen PM du cercle de la monture
10 dans un repère orthonormé (X, Y) de ce plan moyen PM.
[0143] Ici, dans ce repère orthonormé (X, Y), l'axe Y correspond à la projection de la direction
verticale sur le plan moyen PM du cercle de la monture 10. L'axe X est un axe perpendiculaire
à l'axe Y, dans ce plan moyen PM.
[0144] On peut également utiliser le repère de la norme nommée « Boxing », avec les axes
de symétrie de la monture 10 ou du système de repérage 40.
Etape e)
[0145] A l'étape e), l'unité de traitement informatique détermine au moins l'une des grandeurs
suivantes :
- une valeur moyenne de l'angle d'abaissement A1, A2 du regard en vision de près,
- les dimensions et la position d'une zone d'usure ZU de la lentille ophtalmique contenant
les positions de tous les points d'intersection I1, I2 déterminées,
- une position du barycentre de la zone d'usure ZU,
- la distribution des positions de ces points d'intersection I1, I2 dans cette zone
d'usure.
[0146] L'angle d'abaissement du regard est défini comme l'angle entre la projection de la
direction de regard à la première distance de travail déterminée à l'étape b) et une
direction de regard primaire DPR prédéterminée.
[0147] Cette direction de regard primaire DPR prédéterminée correspond à la direction de
regard du porteur dans des conditions de vision de loin, c'est-à-dire à une deuxième
distance de travail correspondant à la vision de loin.
[0148] Pour la déterminer, selon un exemple non couvert par l'invention, l'opérateur réalise
une étape a') dans laquelle il place le porteur dans une situation dans laquelle il
effectue une tâche visuelle à une deuxième distance de travail.
[0149] Pour cela, il demande par exemple au porteur de regarder au loin, c'est-à-dire de
fixer un point distant d'au moins 5 mètres de ce porteur.
[0150] Dans une étape b') on détermine, lors de cette tâche visuelle en vision de loin,
au moins une direction du regard du porteur à cette deuxième distance de travail.
[0151] De préférence, à l'étape b), on détermine au moins quatre directions de regard dans
la première distance de travail. On en déduit quatre points d'intersection I1, I2,
I3, I4 (figure 2).
[0152] De préférence, au moins deux directions de regard dans la première distance de travail
sont espacées d'un angle non nul selon une direction horizontale, qui correspond ici
à l'axe X du repère orthonormé du plan moyen PM du cercle de la monture 10. De préférence,
au moins deux directions de regard dans la première distance de travail sont espacées
d'un angle non nul selon une direction verticale, qui correspond ici à l'axe Y du
repère orthonormé du plan moyen PM du cercle de la monture 10.
[0153] En outre, lesdites directions de regard dans la première distance de travail correspondent
toutes ici à une vision de près du porteur.
[0154] De préférence encore, afin d'obtenir des points d'intersection représentant au mieux
la zone d'usure ZU, lesdites directions de regard dans la première distance de travail
sont espacées d'au moins 5 degrés d'angle dans le référentiel du dispositif de capture
d'image.
[0155] De préférence, lesdites directions de regard dans la première distance de travail
sont espacées d'au moins 15 degrés d'angle pour une tâche visuelle répartie sur une
surface mesurant 17 centimètres de largeur sur 24 centimètres de longueur et effectuée
à une distance de travail égale à 40 centimètres.
[0156] En pratique, on détermine de préférence un nombre de points d'intersection compris
entre 2 et 500 points, de préférence entre 50 à 250, de préférence supérieur à 10
points.
[0157] Il est ainsi par exemple possible de déterminer une valeur moyenne de l'angle d'abaissement
du regard comme étant la moyenne arithmétique des valeurs d'angle d'abaissement du
regard déterminée pour chaque direction de regard dans la première distance de travail
déterminée à l'étape b).
[0158] Une zone d'usure ZU peut être déterminée de manière à englober tous les points d'intersection
I1, I2, I3, I4 déterminés.
[0159] Il peut s'agir d'une ellipse ou d'un rectangle qui contient tout ou un poucentage
des points d'intersection déterminés. De préférence, le contour de la zone d'usure
ZU entoure au moins 95% des points d'intersection déterminés.
[0160] La distribution F1, F2 (figures 3 et 4) des points d'intersection déterminés à l'étape
d) dans cette zone d'usure ZU peut être déterminée par exemple le long de l'axe Y
du repère orthonormé (X, Y) du plan moyen PM. Il s'agit alors par exemple de repérer
chaque point d'intersection par sa coordonnée le long de cet axe Y et de décompter
le nombre de points d'intersection dont la coordonnée correspondante est comprise
dans un intervalle de coordonnées donné.
[0161] On trace ensuite la courbe donnant le nombre de points d'intersection en fonction
de la coordonnée selon l'axe Y pour obtenir la distribution F1, F2 des points d'intersection.
[0162] On peut également déterminer une dispersion des points d'intersection.
[0163] A cet effet, on détermine les coordonnées (xm, ym) du barycentre des points d'intersection
I1, I2, I3, I4 et on calcul la dispersion par rapport à ce barycentre par une formule
classique type variance, écart type, erreur type, etc.
[0164] En outre, à l'étape e), l'unité de traitement informatique détermine la longueur
de progression LP ou, selon un exemple non couvert par l'invention, au moins l'un
des paramètres de conception optique suivant : inset E, distance de lecture, ou position
de la zone de vision de près.
[0165] Cette détermination se fait par exemple en fonction de l'une des grandeurs déterminées
définies précédemment.
[0166] La longueur de progression LP peut, selon un exemple non couvert par l'invention,
être déterminée en fonction de la valeur moyenne de l'angle d'abaissement A1, A2 du
regard en vision de près.
[0167] La longueur de progression LP est selon l'invention déterminée en fonction de la
dimension de la zone d'usure ZU le long de la direction verticale Y contenant les
positions d'au moins une partie des points d'intersection dans la zone d'usure le
long de cette direction.
[0168] Plus la zone d'usure déterminée est grande, plus la longueur de progression déduite
est faible.
[0169] En outre, la longueur de progression LP déterminée tient également compte de la forme
des cercles de la monture choisie.
[0170] La hauteur totale du cercle de la monture 10 choisie peut être saisie à la main,
déterminée à partir d'une numérisation de la monture ou extraite d'une base de données
prédéterminée.
[0171] L'étalement vertical de la zone d'usure, c'est-à-dire la dimension de la zone d'usure
selon la direction verticale Y de la lentille peut ainsi permettre d'ajuster la longueur
de progression LP de manière à remonter la zone de vision de près, de telle sorte
que celle-ci soit inclue dans la lentille ophtalmique. Cette correction de la longueur
de progression est d'autant plus importante que l'étalement vertical est grand afin
de disposer d'une grande zone de vision de près facilement accessible et adaptée au
comportement visuel du porteur.
[0172] Dans un autre exemple, la position du barycentre de la zone d'usure et l'étalement
vertical de la zone d'usure ZU permettent de déterminer la hauteur de la zone de vision
de près 12.
[0173] La distribution des points d'intersection dans cette zone d'usure peut également
permettre de déterminer la longueur de progression déduite.
[0174] A titre d'exemple, la méthode selon l'invention peut permettre de choisir entre deux
longueurs de progressions égales par exemple à 14 et 18 millimètres.
[0175] Par exemple, on utilise la position en x et/ou en y du barycentre de la zone d'usure
pour déterminer la position en x et/ou en y du point de référence en vision de près
IVP de la lentille progressive.
[0176] Le point de référence en vision de loin étant prédéterminé, on peut en déduit la
valeur de l'inset E correspondant.
[0177] Dans un autre exemple, la limite haute de la zone d'usure est utilisée pour ajuster
le profil de progression à 85% d'addition de puissance sphérique, qui correspond au
début de la zone de vision de près 12, en modifiant le profil de progression du design
de manière à fournir une zone de vision de près 12 cohérente avec le comportement
visuel du porteur.
[0178] De plus, on peut prévoir d'ajuster la longueur de progression LP de manière à ce
que le barycentre de la zone d'usure corresponde à une addition de 100%, c'est-à-dire
fasse partie de la zone de vision de près 12.Dans l'exemple de mise en oeuvre décrit
ici, la zone d'usure déterminée est située dans la zone de vision de près de la lentille
ophtalmique du porteur.
[0179] Ainsi, les directions de regard du porteur dans la première distance de travail utilisées
pour déterminer le groupe de points d'intersection afin d'en déduire cette zone d'usure
sont des directions de regard en vision de près.
[0180] Selon un exemple non couvert par l'invention, on peut également réaliser des mesures
analogues pour la vision de loin ou la vision intermédiaire du porteur.
[0181] Il s'agit alors de déterminer par exemple un groupe de points d'intersection entre
des directions de regard en vision de loin. Les directions de regard en vision de
loin sont alors espacées d'un angle d'au moins 5 degrés.
[0182] Il est entendu que les directions de regard en vision de loin sont espacées d'au
moins 5 degrés d'angle des directions de regard en vision de près.
[0183] Enfin, le paramètre de conception optique déterminé à l'étape e) peut comprendre
une amplitude du déplacement d'au moins un oeil du porteur pendant la tâche de lecture
et/ou une amplitude du déplacement de la tête du porteur pendant la tâche de lecture,
et/ou un coefficient œil-tête égal au rapport entre l'amplitude du déplacement d'un
oeil du porteur selon une direction déterminée et l'amplitude maximale du déplacement
de cet oeil pendant la tâche de lecture.
[0184] Pour cela, à l'étape a), on place le porteur dans une situation dans laquelle il
effectue une tâche de lecture prédéfinie.
[0185] Cette tâche de lecture implique la lecture d'au moins un paragraphe comportant plusieurs
lignes, par exemple 4 ou 5 lignes, de gauche à droite ou de droite à gauche selon
la langue concernée.
[0186] On constate que le porteur prend une position plus naturelle au fur et à mesure de
la lecture, notamment lorsqu'il change de page.
[0187] On utilise donc de préférence un texte comportant plusieurs pages, et on exploite
plus particulièrement les mesures correspondant aux dernières pages lues.
[0188] On réalise les étapes b), c) et d) telles que décrites précédemment, de manière à
déterminer une zone d'usure en vision de près d'au moins une des lentilles ophtalmiques
destinées à la monture choisie par le porteur.
[0189] A l'étape e), on détermine les dimensions de ladite zone d'usure, en particulier
une largeur de la zone d'usure mesurée selon une direction horizontale et une hauteur
de la zone d'usure mesurée selon une direction verticale de la lentille.
[0190] On en déduit l'amplitude angulaire du déplacement des yeux du porteur lors de la
tâche de lecture, selon la direction horizontale et selon la direction verticale.
[0191] De préférence, la mesure est réalisée pour chacun des yeux du porteur de manière
à déterminer les dimensions des zones d'usure des lentilles ophtalmiques gauches et
droites destinées à équiper ce porteur.
[0192] Connaissant la position de chaque centre de rotation de l'œil par rapport à la lentille
ophtalmique, on en déduit les amplitudes angulaires de déplacement de l'œil droit
et de l'œil gauche. On peut par exemple à cet effet considérer que le centre de rotation
de l'œil est situé en moyenne à 27 millimètres de la face arrière de la lentille ophtalmique.
[0193] Connaissant les dimensions du texte affiché sur le support et lu par le porteur,
ainsi que la distance de lecture du porteur, c'est-à-dire la distance entre les yeux
du porteur et ce texte, on détermine de préférence l'amplitude angulaire maximale
du déplacement de chaque oeil comme étant l'étendue angulaire du texte vu par le porteur,
selon la direction horizontale ou verticale considérée.
[0194] La différence entre l'amplitude angulaire maximale de déplacement des yeux et l'amplitude
angulaire du déplacement effectif des yeux mesuré correspond en fait à l'amplitude
du déplacement de la tête du porteur pendant la lecture. Il est donc également possible
de déduire ce paramètre de la zone d'usure déterminée.
[0195] En divisant l'amplitude angulaire du mouvement de chaque oeil par l'amplitude angulaire
maximale du déplacement de chaque oeil, on en déduit un coefficient appelé coefficient
œil-tête caractéristique du comportement du porteur lors d'une tâche de lecture.
[0196] Ce coefficient quantifie la propension du porteur à bouger les yeux ou la tête lors
de la tâche de lecture.
[0197] Il est important de le prendre en compte en vue de la conception optique de la lentille,
notamment pour la détermination de la zone de vision de près de la lentille.
[0198] Un porteur ayant un coefficient œil-tête proche de 1 sera d'autant plus à l'aise
en vision de près si la zone de vision de près est large.
[0199] On peut donc prévoir de déterminer, à l'étape e), la longueur de progression et/ou
la position et les dimensions de la zone de vision de près en fonction de ce coefficient.
[0200] Il est également possible de déterminer la moyenne de l'amplitude angulaire du déplacement
de l'œil comme étant la moyenne des déplacements angulaire de l'œil gauche et de l'œil
droit du porteur. On peut alors en déduire un coefficient œil-tête moyen.
[0201] En variante, on peut également suivre le mouvement de la tête grâce à au dispositif
de capture d'image et déterminer directement l'amplitude angulaire du déplacement
de la tête pendant la lecture.
[0202] Cette prise en compte du comportement œil/tête du porteur permet d'assurer un confort
visuel optimal pour ce porteur.
[0203] On a décrit ici un exemple particulier de dispositif pour la mise en oeuvre de la
méthode selon l'invention. Plus généralement, un tel dispositif de mesure comportant
:
- des moyens de capture d'image,
- des moyens d'affichage d'une cible en mouvement dont la position est connue dans un
référentiel lié au dispositif de capture d'image, programmés pour enregistrer, à chaque
capture d'image, la position correspondante de la cible sur les moyens d'affichage
ou programmés pour déclencher une capture d'image lorsque la cible présente une position
de déclenchement prédéterminée sur les moyens d'affichage, peut permettre la mise
en oeuvre de cette méthode.
[0204] Ce dispositif de mesure comporte notamment des moyens pour synchroniser l'affichage
de la cible et la capture d'une image.
1. Méthode de détermination d'une longueur de progression (LP, LP1, LP2) d'une lentille
ophtalmique progressive destinée à équiper une monture (10) choisie par un porteur,
en fonction du comportement visuel de celui-ci, comprenant les étapes suivantes :
a) on place le porteur dans une situation dans laquelle il effectue une tâche visuelle
à une première distance de travail en vision de près,
b) on détermine, lors de cette tâche visuelle, au moins deux directions du regard
(D1, D2) du porteur à cette première distance de travail dans un référentiel de la
tête du porteur,
c) on détermine une position d'une surface (PM) ou d'une ligne liée à ladite monture
(10) ou à une lentille ophtalmique destinée à équiper ladite monture (10) dans ce
référentiel de la tête du porteur,
d) on détermine, pour chaque direction du regard (D1, D2) à la première distance de
travail déterminée à l'étape b), l'intersection entre cette direction du regard (D1,
D2) à la première distance de travail et ladite surface (PM) ou ladite ligne, de manière
à établir une cartographie de ces points d'intersection (I1, I2, I3, I4) avec ladite
surface (PM) ou ladite ligne,
e) on déduit de cette cartographie ladite longueur de progression (LP, LP1, LP2),
en déterminant les dimensions d'une zone d'usure (ZU), le long d'une direction verticale
(Y), de la lentille ophtalmique (30) contenant positions d'au moins une partie des
points d'intersection (I1, I2, I3, I4) déterminés de sorte que plus la zone d'usure
déterminée est grande, plus la longueur de progression déduite est faible.
2. Méthode selon la revendication 1, selon laquelle, à l'étape a), la première distance
de travail est une distance de vision de près et le porteur effectue une tâche de
lecture ou d'écriture ou une tâche interactive ou une tâche d'observation.
3. Méthode selon l'une des revendications précédentes, selon laquelle, à l'étape c),
ladite surface est l'une des surfaces suivantes : surface moyenne de la lentille ophtalmique,
plan moyen (PM) d'un cercle de la monture, plan moyen des cercles de la monture, face
avant ou arrière de la lentille ophtalmique.
4. Méthode selon l'une des revendications précédentes, selon laquelle, à l'étape a),
le porteur suit des yeux une cible (C1, C2) dont la position est connue dans un référentiel
lié à un dispositif de capture d'image (21) et à l'étape b), on réalise, à l'aide
de ce dispositif de capture d'image (21), une capture d'image de la tête du porteur
pour différentes positions de la cible correspondant aux différentes directions de
regard (D1, D2) à la première distance de travail.
5. Méthode selon la revendication 4, selon laquelle, à l'étape b), pour chaque image
capturée, on détermine la position du centre de rotation (CRO) d'au moins un oeil
du porteur dans le référentiel lié à la tête du porteur et on en déduit chaque direction
du regard D1, D2) à la première distance de travail comme étant la droite reliant
ce centre de rotation (CRO) avec la cible (C1, C2) dans sa position correspondante.
6. Méthode selon la revendication 4, selon laquelle, à l'étape b), pour chaque image
capturée alors que le porteur est muni de la monture équipée de lentilles ophtalmiques,
on détermine la position du centre de rotation d'au moins un oeil du porteur dans
le référentiel lié à la tête du porteur et on en déduit la direction du regard à la
première distance de travail comme étant le chemin optique reliant le centre de rotation
de l'œil et la cible en tenant compte de la déviation prismatique de ladite lentille
ophtalmique.
7. Méthode selon l'une des revendications 5 et 6, selon laquelle, à l'étape b), on estime
approximativement la position moyenne du centre de rotation de l'œil du porteur dans
le référentiel lié à la tête du porteur.
8. Méthode selon l'une des revendications 5 et 6, selon laquelle, à l'étape b), on mesure
une position de référence des centres de rotation des yeux dans le référentiel lié
à la tête du porteur dans une étape préliminaire et on enregistre cette position de
référence.
9. Méthode selon la revendication 4, selon laquelle, à l'étape b), on capture chaque
image du porteur lorsque la cible se trouve sur l'axe optique de du dispositif de
capture d'image.
10. Méthode selon la revendication 9, selon laquelle, à l'étape d), on détermine l'intersection
entre la direction du regard à la première distance de travail et ladite surface en
mesurant directement sur l'image capturée la position de l'image de la pupille de
l'oeil du porteur sur l'image de la lentille ophtalmique.
11. Méthode selon l'une des revendications 1 à 10, selon laquelle, à l'étape a), le porteur
est muni de la monture de lunettes choisie et, à l'étape c), on détermine la position
de ladite surface ou de ladite ligne dans le référentiel de la tête du porteur à partir
d'au moins une image capturée de la tête du porteur pendant ladite tâche visuelle.
12. Méthode selon l'une des revendications 1 à 10, selon laquelle, à l'étape c), on détermine
la position de ladite surface ou de ladite ligne dans le référentiel de la tête du
porteur à partir d'une base de données.
13. Méthode selon l'une des revendications précédentes, selon laquelle, au moins deux
desdites directions de regard (D1, D2) à la première distance de travail sont espacées
d'au moins 5 degrés d'angle en projection dans un plan horizontal.
14. Méthode selon l'une des revendications précédentes, selon laquelle, à l'étape a),
le porteur effectue une tâche visuelle de lecture en vision de près, et, à l'étape
e), on déduit de la cartographie déterminée à l'étape d) une zone d'usure en vision
de près de la lentille, et/ou une amplitude du déplacement d'au moins un oeil du porteur
pendant la tâche de lecture et/ou une amplitude du déplacement de la tête du porteur
pendant la tâche de lecture, et/ou un coefficient oeil-tête égal au rapport entre
l'amplitude du déplacement d'un oeil du porteur selon une direction déterminée et
l'amplitude maximale du déplacement de cet oeil pendant la tâche de lecture.
15. Système comprenant un dispositif de mesure et une unité de traitement informatique
adaptés pour la mise en oeuvre de la méthode selon l'une des revendications précédentes,
ledit dispositif de mesure comportant
- des moyens de capture d'image (21),
- des moyens d'affichage (20) d'une cible (C1, C2) en mouvement dont la position est
connue dans un référentiel lié au dispositif de capture d'image (21),
programmés pour déclencher une capture d'image lorsque la cible (C1, C2) présente
une position de déclenchement prédéterminée sur les moyens d'affichage (20).
1. Verfahren zur Bestimmung einer Progressionslänge (LP, LP1, LP2) einer ophthalmischen
Gleitsichtlinse, die eine von einem Träger gewählte Fassung (10) bestücken soll, in
Abhängigkeit von dessen Sehverhalten, umfassend die folgenden Schritte:
a) man versetzt den Träger in eine Situation, in der er eine Sehaufgabe in einem ersten
Arbeitsabstand in Nahsicht ausführt,
b) man bestimmt bei dieser Sehaufgabe mindestens zwei Blickrichtungen (D1, D2) des
Trägers in diesem ersten Arbeitsabstand in einem Bezugssystem des Kopfes des Trägers,
c) man bestimmt eine Position einer Fläche (PM) oder einer Linie, die mit der Fassung
(10) oder mit einer ophthalmischen Linse, die die Fassung (10) bestücken soll, verbunden
ist, in diesem Bezugssystem des Kopfes des Trägers,
d) man bestimmt für jede Blickrichtung (D1, D2) in dem ersten Arbeitsabstand, die
im Schritt b) bestimmt wurde, den Schnittpunkt zwischen dieser Blickrichtung (D1,
D2) in dem ersten Arbeitsabstand und der Fläche (PM) oder der Linie, so dass eine
Kartografie dieser Schnittpunkte (11, 12, 13, 14) mit der Fläche (PM) oder der Linie
erstellt wird,
e) man leitet aus dieser Kartografie die Progressionslänge (LP, LP1, LP2) ab, indem
man die Abmessungen einer Abnutzungszone (ZU) entlang einer vertikalen Richtung (Y)
der ophthalmischen Linse (30) bestimmt, der die Positionen mindestens eines Teils
der bestimmten Schnittpunkte (11, 12, 13, 14) enthält, so dass die abgeleitete Progressionslänge
umso geringer ist, je größer die bestimmte Abnutzungszone ist.
2. Verfahren nach Anspruch 1, bei dem im Schritt a) der erste Arbeitsabstand ein Nahsichtabstand
ist und der Träger eine Lese- oder Schreibaufgabe oder eine interaktive Aufgabe oder
eine Beobachtungsaufgabe ausführt.
3. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, bei dem im Schritt c) die Fläche
eine der folgenden Flächen ist: mittlere Fläche der ophthalmischen Linse, Mittelebene
(PM) eines Rahmens der Fassung, Mittelebene der Rahmen der Fassung, Vorder- oder Rückseite
der ophthalmischen Linse.
4. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, bei dem der Träger im Schritt a)
mit den Augen einem Ziel (C1, C2) folgt, dessen Position in einem Bezugssystem, das
mit einer Bildaufnahmevorrichtung (21) verbunden ist, bekannt ist, und man im Schritt
b) mithilfe dieser Bildaufnahmevorrichtung (21) eine Bildaufnahme des Kopfes des Trägers
für verschiedene Positionen des Ziels ausführt, die den verschiedenen Blickrichtungen
(D1, D2) in dem ersten Arbeitsabstand entsprechen.
5. Verfahren nach Anspruch 4, bei dem man im Schritt b) für jedes aufgenommene Bild die
Position des Rotationsmittelpunkts (CRC) mindestens eines Auges des Trägers in dem
Bezugssystem, das mit dem Kopf des Trägers verbunden ist, bestimmt und man daraus
jede Blickrichtung (D1, D2) in dem ersten Abstandsabstand als die Gerade bestimmt,
die diesen Rotationsmittelpunkt (CRC) mit dem Ziel (C1, C2) in seiner entsprechenden
Position verbindet.
6. Verfahren nach Anspruch 4, bei dem man im Schritt b) für jedes aufgenommene Bild,
während der Träger mit der mit ophthalmischen Linsen bestückten Fassung versehen ist,
die Position des Rotationsmittelpunkts mindestens eines Auges des Trägers in dem Bezugssystem,
das mit dem Kopf des Trägers verbunden ist, bestimmt und man daraus die Blickrichtung
in dem ersten Abstandsabstand als den optischen Pfad bestimmt, der den Rotationsmittelpunkt
des Auges und das Ziel verbindet, unter Berücksichtigung der prismatischen Ablenkung
der ophthalmischen Linse.
7. Verfahren nach einem der Ansprüche 5 und 6, bei dem man im Schritt b) die mittlere
Position des Rotationsmittelpunkts des Auges des Trägers in dem Bezugssystem, das
mit dem Kopf des Trägers verbunden ist, näherungsweise schätzt.
8. Verfahren nach einem der Ansprüche 5 und 6, bei dem man im Schritt b) eine Bezugsposition
der Rotationsmittelpunkte der Augen in dem Bezugssystem, das mit dem Kopf des Trägers
verbunden ist, in einem vorbereitenden Schritt misst und man diese Bezugsposition
aufzeichnet.
9. Verfahren nach Anspruch 4, bei dem man im Schritt b) jedes Bild des Trägers aufnimmt,
wenn sich das Ziel auf der optischen Achse der Bildaufnahmevorrichtung befindet.
10. Verfahren nach Anspruch 9, bei dem man im Schritt d) den Schnittpunkt zwischen der
Blickrichtung in dem ersten Arbeitsabstand und der Fläche bestimmt, indem man direkt
auf dem aufgenommenen Bild die Position des Bildes der Pupille des Auges des Trägers
auf dem Bild der ophthalmischen Linse misst.
11. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 10, bei dem der Träger im Schritt a) mit
der gewählten Brillenfassung versehen ist und bei dem man im Schritt c) die Position
der Fläche oder der Linie in dem Bezugssystem des Kopfes des Trägers anhand mindestens
eines Bildes bestimmt, das vom Kopf des Trägers während der Sehaufgabe aufgenommen
wurde.
12. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 10, bei dem man im Schritt c) die Position
der Fläche oder der Linie in dem Bezugssystem des Kopfes des Trägers anhand einer
Datenbank bestimmt.
13. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, bei dem mindestens zwei der Blickrichtungen
(D1, D2) in dem ersten Arbeitsabstand um mindestens 5 Grad Projektionswinkel in einer
horizontalen Ebene beabstandet sind.
14. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, bei dem der Träger im Schritt a)
eine Lesesehaufgabe in Nahsicht ausführt und man im Schritt e) aus der im Schritt
d) bestimmten Kartografie einer Nahsicht-Abnutzungszone der Linse und/oder eine Amplitude
der Bewegung mindestens eines Auges des Trägers während der Leseaufgabe und/oder eine
Amplitude der Bewegung des Kopfes des Trägers während der Leseaufgabe und/oder einen
Auge-Kopf-Koeffizienten gleich dem Verhältnis zwischen der Amplitude der Bewegung
eines Auges des Trägers entlang einer bestimmten Richtung und der maximalen Amplitude
der Bewegung dieses Auges während der Leseaufgabe ableitet.
15. System, umfassend eine Messvorrichtung und eine informationstechnische Verarbeitungseinheit,
die zur Umsetzung des Verfahrens nach einem der vorhergehenden Ansprüche geeignet
sind, wobei die Messvorrichtung beinhaltet
- Bildaufnahmeeinrichtungen (21),
- Anzeigeeinrichtungen (20) zum Anzeigen eines Ziels (C1, C2) in Bewegung, dessen
Position in einem Bezugssystem, das mit der Bildaufnahmevorrichtung (21) verbunden
ist, bekannt ist,
die dazu programmiert sind, eine Bildaufnahme auszulösen, wenn das Ziel (C1, C2) eine
vorbestimmte Auslöseposition auf den Anzeigeeinrichtungen (20) aufweist.
1. Method for determining a progression length (LP, LP1, LP2) of a progressive ophthalmic
lens intended to equip a frame (10) chosen by a wearer, depending on the visual behaviour
of the latter, comprising the following steps:
a) placing the wearer in a situation in which he performs a visual task at a first
near-vision working distance;
b) determining, during this visual task, at least two directions (D1, D2) of the gaze
of the wearer at this first working distance in a frame of reference of the head of
the wearer;
c) determining a position of a surface (PM) or of a line associated with said frame
(10) or with an ophthalmic lens intended to equip said frame (10) in this frame of
reference of the head of the wearer;
d) determining, for each direction (D1, D2) of the gaze at the first working distance
determined in step b), the intersection between this direction (D1, D2) of the gaze
at the first working distance and said surface (PM) or said line, so as to establish
a map of these points of intersection (11, 12, 13, 14) with said surface (PM) or said
line; and
e) deducing from this map said progression length (LP, LP1, LP2), by determining the
dimensions of a zone of use (ZU), along a vertical direction (Y), of the ophthalmic
lens (30) containing the positions of at least some of the determined points of intersection
(11, 12, 13, 14) so that the larger the determined zone of use, the shorter the deduced
progression length.
2. Method according to Claim 1, wherein, in step a), the first working distance is a
near-vision distance and the wearer performs a reading or writing task or an interactive
task or an observation task.
3. Method according to one of the preceding claims, wherein, in step c), said surface
is one of the following surfaces: mean surface of the ophthalmic lens, mean plane
(PM) of a rim of the frame, mean plane of the rims of the frame, back or front face
of the ophthalmic lens.
4. Method according to one of the preceding claims, wherein, in step a), the wearer follows
with his eyes a target (C1, C2), the position of which is known in a frame of reference
associated with an image-capturing device (21) and in step b), using this image-capturing
device (21), an image of the head of the wearer is captured for various positions
of the target corresponding to the various gaze directions (D1, D2) at the first working
distance.
5. Method according to Claim 4, wherein, in step b), for each captured image, the position
of the rotation centre (CRO) of at least one eye of the wearer is determined in the
frame of reference associated with the head of the wearer and therefrom each direction
(D1, D2) of the gaze at the first working distance is deduced as being the straight
line connecting this rotation centre (CRO) with the target (C1, C2) in its corresponding
position.
6. Method according to Claim 4, wherein, in step b), for each image captured while the
wearer is equipped with the frame fitted with ophthalmic lenses, the position of the
rotation centre of at least one eye of the wearer is determined in the frame of reference
associated with the head of the wearer and therefrom the direction of the gaze at
the first working distance is deduced as being the optical path connecting the rotation
centre of the eye and the target, while taking into account the prismatic deviation
of said ophthalmic lens.
7. Method according to one of Claims 5 and 6, wherein, in step b), the mean position
of the rotation centre of the eye of the wearer is approximately estimated in the
frame of reference associated with the head of the wearer.
8. Method according to one of Claims 5 and 6, wherein, in step b), a reference position
of the rotation centres of the eyes is measured in the frame of reference associated
with the head of the wearer in a preliminary step and this reference position is recorded.
9. Method according to Claim 4, wherein, in step b), each image of the wearer is captured
when the target is found on the optical axis of the image-capturing device.
10. Method according to Claim 9, wherein, in step d), the intersection between the direction
of the gaze at the first working distance and said surface is determined by directly
measuring in the captured image the position of the image of the pupil of the eye
of the wearer in the image of the ophthalmic lens.
11. Method according to one of Claims 1 to 10, wherein, in step a), the wearer is equipped
with the chosen spectacle frame and, in step c), the position of said surface or of
said line is determined in the frame of reference of the head of the wearer from at
least one captured image of the head of the wearer during said visual task.
12. Method according to one of Claims 1 to 10, wherein, in step c), the position of said
surface or of said line is determined in the frame of reference of the head of the
wearer from a database.
13. Method according to one of the preceding claims, wherein at least two said gaze directions
(D1, D2) at the first working distance are spaced apart by at least 5 degrees of angle
in projection in a horizontal plane.
14. Method according to one of the preceding claims, wherein, in step a), the wearer performs
a near-vision visual reading task, and in step e), from the map determined in step
d), a zone of near-vision use of the lens, and/or an amplitude of the movement of
at least one eye of the wearer during the reading task and/or an amplitude of the
movement of the head of the wearer during the reading task, and/or an eye-head coefficient
equal to the ratio of the amplitude of the movement of an eye of the wearer in a determined
direction to the maximum amplitude of the movement of this eye during the reading
task are/is deduced.
15. System comprising a measuring device and information-processing unit suitable for
implementing the method as claimed in one of the preceding claims, said measuring
device including
- image-capturing means (21);
- means (20) for displaying a moving target (C1, C2), the position of which is known
in a frame of reference associated with the image-capturing device (21) ;
which means are programmed to trigger an image capture when the target (C1, C2) has
a predetermined triggering position on the displaying means (20).