DOMAINE TECHNIQUE ET CONTEXTE DE L'INVENTION
[0001] La présente invention se rapporte d'une façon générale au domaine de l'inspection
des tubes d'un échangeur de chaleur à tubes. Plus précisément, l'invention concerne
un procédé d'évaluation du colmatage de passages d'une plaque entretoise d'un échangeur
thermique à tubes, lesdits passages étant ménagés le long des tubes et servant à la
circulation d'un fluide dans ledit échangeur thermique à travers ladite plaque.
[0002] Un générateur de vapeur est généralement composé d'un faisceau de tubes dans lesquels
circule le fluide chaud, et autour desquels circule le fluide à chauffer. Par exemple,
dans le cas d'un générateur de vapeur d'une centrale nucléaire de type REP, les générateurs
de vapeur sont des échangeurs de chaleur qui utilisent l'énergie du circuit primaire
issue de la réaction nucléaire pour transformer l'eau du circuit secondaire en vapeur
qui alimentera la turbine et ainsi à produire de l'électricité.
[0003] Le générateur de vapeur amène le fluide secondaire d'un état d'eau liquide à l'état
de vapeur juste en limite de saturation, en utilisant la chaleur de l'eau primaire.
Celle-ci circule dans des tubes autour desquels circule l'eau secondaire. La sortie
du générateur de vapeur est le point le plus haut en température et pression du circuit
secondaire.
[0004] La surface d'échange, séparant physiquement les deux circuits, est ainsi constituée
d'un faisceau tubulaire, composé de 3500 à 5600 tubes, selon le modèle, dans lesquels
circule l'eau primaire portée à haute température (320°C) et haute pression (155bars).
[0005] Ces tubes du générateur de vapeur sont maintenus par des plaques entretoises disposées
généralement perpendiculairement aux tubes qui les traversent.
[0006] Afin de laisser passer le fluide qui se vaporise, les passages de ces plaques entretoises
sont foliés, c'est-à-dire que leur forme présente des lobes autour des tubes. Comme
l'eau passe de l'état liquide à l'état vapeur, elle dépose toutes les matières qu'elle
contenait. Si les dépôts de matière se font dans les lobes, ils diminuent le passage
libre : c'est le colmatage, qui est donc l'obturation progressive, par des dépôts,
des trous destinés au passage du mélange eau/vapeur.
[0007] La figure 1 illustre schématiquement une vue de dessus d'un passage folié dans une
plaque entretoise 10, dans lequel passe un tube 11. Les lobes 12a et 12b permettent
à l'eau de traverser la plaque entretoise 10 le long du tube 11, permettant ainsi
la circulation de l'eau dans le générateur de vapeur. Un dépôt 13 est visible au niveau
du lobe 12b, colmatant ledit lobe 12b. Le dépôt peut se situer du côté du tube et/ou
du côté de la plaque.
[0008] Le colmatage conduit à des modifications de l'écoulement de l'eau dans le générateur
de vapeur, et ainsi favorise l'apparition de vibrations excessives des tubes, ainsi
qu'induire des efforts mécaniques importants sur les structures internes des générateur
de vapeur. Cette dégradation a donc des effets à la fois sur la sûreté et sur les
performances des installations. Il est donc indispensable de bien connaître la nature
et l'évolution de cette dégradation.
[0009] On cherche donc à estimer le taux de colmatage de ces passages. Ce taux de colmatage
correspond au rapport entre la surface bouchée de ces passages sur la surface totale
de ceux-ci. Il s'agit plus généralement de faire une évaluation quantitative de ce
taux de colmatage.
[0010] Actuellement, le seul système d'examen non destructif qui soit capable d'accéder
à la totalité des intersections tubes/plaques entretoises des générateurs de vapeur
est la sonde axiale à courant de Foucault (sonde SAX). Les courants de Foucault apparaissent
dans un matériau conducteur lorsque l'on fait varier le flux magnétique à proximité.
On fait ainsi circuler dans un tube dudit échangeur une sonde à courant de Foucault
multifréquence et on mesure avec celle-ci un signal de mesure fonction de l'environnement
dans lequel la sonde se trouve, duquel on peut extraire des informations quant à des
anomalies dans l'échangeur thermique.
[0011] Une variation de l'induction magnétique, typiquement par une bobine dans laquelle
circule un courant alternatif, engendre des courants de Foucault, dont la variation
induite du champ magnétique est détectée. Typiquement, on mesure la différence de
tension engendrée par la variation d'impédance de la bobine.
[0012] L'exploitation des signaux de mesure de cette sonde à courant de Foucault n'induit
pas d'allongement de l'arrêt du générateur de vapeur, puisque cette sonde à courant
de Foucault est déjà utilisée lors des arrêts de tranche, notamment pour inspecter
l'intégrité des tubes du générateur de vapeur.
[0013] Cette sonde à courant de Foucault, initialement destinée à la détection d'endommagement
des tubes, est également sensible au colmatage. De plus, l'interprétation de ce signal
est actuellement réalisée manuellement par des opérateurs spécialisés, ce qui est
très long, de l'ordre d'une semaine de traitement environ pour l'analyse d'un seul
générateur de vapeur. De plus, l'intervention d'un opérateur pour relever des mesures
à partir d'un logiciel d'analyse donne souvent lieu à un biais difficile à quantifier.
[0014] L'évaluation de l'aspect colmaté d'un passage folié par un opérateur à partir du
signal de mesure est en outre très peu fiable, étant généralement effectuée empiriquement
au vu du signal reçu.
[0015] L'article "
Tube Support Plate Blockage Evaluation with Televisual Examination and Eddy Current
Analysis" de L. Châtelier et al., AIP Conference proceedings, vol.1096, 25 juillet
2008, pages 766, 773, décrit la détermination d'un taux de colmatage au moyen du calcul d'un indicateur
appelé ratio SAX r
sax, qui est un indicateur scalaire permettant de mesurer le niveau de colmatage à partir
de la différence d'amplitude des signaux des deux côtés de la plaque entretoise. Ce
ratio r
sax est défini en tant que ratio entre le différentiel d'amplitude entre les bords supérieur
et inférieur de la plaque entretoise au niveau du passage du tube à travers la plaque
entretoise, et le maximum des deux:

Une corrélation est démontrée entre les valeurs prises par le ratio SAX et le taux
de colmatage déterminé par l'examen télévisuel des passages des plaques entretoise.
Cependant, la corrélation est limitée à des taux de colmatage inférieurs à 50 %, et,
en raison du manque de précision entre la valeur du ratio SAX et le taux de colmatage,
la précision obtenue n'est pas bonne, de sorte qu'il n'est possible d'obtenir qu'une
estimation large du colmatage, par classes de colmatage (0-15%, 15-25%, 25-50%).
[0016] En outre, cette corrélation entre le ratio SAX et le taux de colmatage estimé par
l'examen télévisuel dépend du type de générateur de vapeur. De plus, en cas de perturbations,
ce qui est courant car la sonde à courant de Foucault réagit à tous les défauts, le
ratio SAX intègre toutes ces perturbations et n'est alors pas représentatif du colmatage.
Par exemple, une rupture d'encrassement au voisinage du bord de plaque entretoise
influe sur le signal de la sonde à courant de Foucault, donc sur le ratio SAX, puisque
celui-ci ne permet de discriminer les causes de perturbation.
[0017] Le document
EP 2 474 826 A1 propose un procédé d'évaluation du colmatage, dans lequel des mesures par courant
de Foucault sont relevées, et les signaux correspondants aux passages des plaques
entretoises sont identifiés puis, une valeur moyenne est déterminée, qui est utilisée
comme signal d'évaluation. Des caractéristiques extraites de ces signaux sont ensuite
utilisées comme indicateurs de colmatage et un taux de colmatage est déduit. Par exemple,
la distance entre les points extrêmes d'une représentation Lissajous peut être utilisée
pour déterminer le taux de colmatage, au moyen d'une courbe de calibration prédéterminée
liant ladite distance à un taux de colmatage.
[0018] Dans un autre exemple, la comparaison est effectuée au moyen d'une équation prédéterminée.
L'équation est décrite comme étant obtenue au moyen de données relevées sur un dispositif
dont les caractéristiques de colmatage sont connues. Le taux de colmatage correspond
au résultat de l'équation prenant comme variables les indicateurs de colmatage.
[0019] Ces méthodes impliquent donc une prédétermination d'un modèle se traduisant soit
par une courbe de calibration ou par une équation. Elles supposent donc une relation
simple entre les caractéristiques extraites et le taux de colmatage, et supposent
qu'un taux de colmatage se traduit par une même forme de signal. Or, il s'avère que
ce n'est pas le cas, et qu'un même taux de colmatage peut donner des signaux variés,
et que par conséquent il n'est pas possible de modéliser simplement la relation entre
le signal de mesure et le taux de colmatage. Ces méthodes ne permettent donc pas une
appréciation correcte du taux de colmatage.
[0020] Le document
EP 2 584 254 A2, dans un contexte similaire au précédent, propose un procédé visant à prévoir l'évolution
du colmatage en déterminant, pour chaque passage de plaque entretoise, le rythme de
colmatage. A cet effet, il est prévu un modèle de visualisation des plaques entretoises
illustrant le colmatage des passages, et leur évolution. Cette évolution est déterminée
au moyen d'une courbe de colmatage qui est déterminée par des mesures via des inspections
visuelles et par courants de Foucault.
[0021] Pour déterminer la courbe d'évaluation de colmatage, une relation est établie entre
le niveau réel de colmatage obtenu par l'inspection visuelle d'un passage et un indicateur
de colmatage du signal de la sonde à courant de Foucault correspondant, par exemple
une distance sur une représentation Lissajous comme précédemment. Les mesures ultérieures
par courants de Foucault permettent de recaler l'estimation du rythme de colmatage
en estimant le niveau de colmatage en comparant l'indicateur de colmatage déterminé
à partir du signal de la sonde à courant de Foucault avec la courbe d'évaluation de
colmatage.
[0022] Le procédé proposé par le document
EP 2 584 254 A2 est donc basé sur la même hypothèse que celui du document
EP 2 474 826 A1, à savoir l'existence d'un modèle représentatif d'une relation simple entre le signal
de mesure et le taux de colmatage. Or, l'expérience a montré que ce n'est pas le cas,
et par conséquent les procédés proposés ne permettent pas d'estimation correcte du
taux de colmatage.
PRESENTATION DE L'INVENTION
[0023] Un but général de l'invention est de pallier tout ou partie des défauts des méthodes
d'évaluation du colmatage des passages foliés autour des tubes dans les plaques entretoises
de l'état de la technique, en proposant de comparer un vecteur constitué de plusieurs
indicateurs de colmatage avec d'autres vecteurs constitués de plusieurs indicateurs
de colmatage.
[0024] Il est notamment proposé un procédé d'évaluation du colmatage de passages d'une plaque
entretoise d'un échangeur thermique à tubes, lesdits passages étant ménagés le long
des tubes pour la traversée de la plaque entretoise par un fluide, dans lequel, pour
chacun d'au moins un passage:
- on réalise au voisinage du passage au moins une mesure d'un paramètre dépendant du
colmatage ou de la présence de magnétite au moyen d'une sonde à courant de Foucault,
- on dérive de cette mesure au moins un indicateur de colmatage dudit passage,
caractérisé en ce que le colmatage est évalué en comparant un ensemble de un ou plusieurs
vecteurs d'indicateurs de colmatage de dimension au moins deux, construits à partir
des indicateurs de colmatage ainsi obtenus, avec une pluralité d'ensembles de vecteurs
d'indicateurs de colmatage contenus dans une base de
[0025] données, chacun desdits ensembles de vecteurs d'indicateurs de colmatage de la base
de données étant associé à un descripteur quantitatif de colmatage.
[0026] Ce procédé est avantageusement complété par les caractéristiques suivantes, prises
seules ou en une quelconque de leurs combinaisons techniquement possible:
- les ensembles de vecteurs d'indicateurs de colmatage sont représentés par des distributions
de vecteurs d'indicateurs de colmatage de passages d'une portion de plaque entretoise
et le descripteur quantitatif associé à chaque distribution est un taux de colmatage
moyen des passages de ladite portion de plaque entretoise, ladite base de données
portant sur au moins N portions de plaques entretoises de différents échangeurs thermiques,
N≥2, et comportant N distributions de vecteurs d'indicateurs associés chacun à un
taux de colmatage moyen des passages de ladite portion de plaque entretoise ;
- les distributions de vecteurs d'indicateurs de colmatage sont associées à des informations
spatiales, de sorte de correspondre à des images représentatives de la répartition
spatiale des valeurs de colmatage ;
- le procédé comprend les étapes selon lesquelles
- on détermine la distribution de vecteurs d'indicateurs Ptest(θ) de la portion de plaque inspectée,
- on calcule une mesure de similarité dn entre la distribution de vecteurs d'indicateurs Ptest(θ) de la portion de plaque entretoise inspectée et chacune des distributions de vecteurs
d'indicateurs Pn(θ) de la base de données,
- on sélectionne les K distributions de vecteurs d'indicateurs Pn(θ) de la base de données dont les mesures de similarité dn d'avec la distribution d'indicateurs Ptest(θ) de la portion de plaque entretoise inspectée sont les plus grandes,
- on détermine le colmatage à partir des taux de colmatage associés auxdites K distributions
de vecteurs d'indicateurs Pn(θ) de la base de données sélectionnées ;
- la détermination du colmatage comprend une étape selon laquelle :
- on calcule une moyenne des taux de colmatage associés auxdites K distributions de
vecteurs d'indicateurs Pn(θ) de la base de données sélectionnées, chaque taux de colmatage étant pondéré par
la mesure de similarité entre la distribution de vecteurs d'indicateur Pn(θ) de la base de données auquel il est associé et la distribution de vecteurs d'indicateurs
Ptest(θ) de la portion de plaque entretoise inspectée ;
- le procédé comprend en outre une détermination d'une évaluation de l'incertitude sur
le colmatage ainsi déterminé, sur la base de la mesure de la similarité entre les
K distributions de vecteurs d'indicateurs Pn(θ) de la base de données ainsi sélectionnées et la distribution de vecteurs d'indicateurs
Ptest(θ) de la portion de plaque entretoise inspectée et/ou de la variabilité des descripteurs
quantitatifs de colmatage associés aux distributions de vecteurs d'indicateurs de
portion de plaque entretoise sélectionnée ;
- le calcul de la mesure de similarité dn entre la distribution de vecteurs d'indicateurs Ptest(θ) de la portion de plaque entretoise inspectée et chacune des distributions de vecteurs
d'indicateurs Pn(θ) de la base de données comprend une estimation des distributions au moyen d'un
modèle de loi de probabilité

de préférence une loi gaussienne, une modélisation de Parzen ou une moyenne pondérée
de lois de probabilité ;
- un ensemble d'indicateurs de colmatage est un vecteur d'indicateurs de colmatage d'un
tube et le descripteur quantitatif associé audit vecteur est un taux de colmatage
dudit tube, ladite base de données portant sur au moins M tubes de différents échangeurs
thermiques, M≥2, ladite base de données comportant M vecteurs d'indicateurs du colmatage
d'un passage, associés chacun à un taux de colmatage dudit passage ;
- le procédé comprend les étapes selon lesquelles :
- on détermine le vecteur d'indicateurs θ du tube inspecté,
- on calcule la distribution de colmatage c a posteriori p(c|θ) pour le vecteur d'indicateurs
θ du tube inspecté à partir des vecteurs d'indicateurs de la base de données,
- on détermine le colmatage par la somme de la distribution de colmatage a posteriori
p(c|θ) pondérée par le colmatage ;
- le calcul de la loi a posteriori comprend une estimation de la loi a priori p(c) et
de la vraisemblance p(θ|c) ;
- la loi a priori est déterminée par un rapport entre :
- le nombre Mk de tubes de la base de données présentant un taux de colmatage c compris dans un
intervalle [ck; Ck+1], et
- le nombre total de tubes dans la base de données ;
- la loi de vraisemblance est approchée sur c compris sur un intervalle [ck; Ck+1] par une loi de probabilité

de préférence une loi gaussienne, une modélisation de Parzen, ou une moyenne pondérée
de lois ;
- les ensembles de vecteurs d'indicateurs de colmatage de la base de données sont des
paquets ayant chacun un centre ou une moyenne et regroupant sur la base d'une mesure
de similarité portant sur les valeurs desdits vecteurs d'indicateurs de colmatage,
les vecteurs d'indicateurs de colmatage qui sont les plus proches, au sens de la mesure
de similarité, dudit centre ou de ladite moyenne, un descripteur quantitatif de colmatage
étant associé à chacun desdits paquets, et dans lequel, pour un ensemble de un ou
plusieurs vecteurs d'indicateurs de colmatage du tube ou de la portion de plaque inpecté
:
- on compare chacun des vecteurs d'indicateurs de l'ensemble de vecteurs d'indicateurs
de colmatage du tube ou portion de plaque inspecté avec les centres ou moyennes respectifs
des paquets de la base de données par une mesure de similarité,
- on sélectionne m paquets de vecteurs d'indicateurs de colmatage sur la base de cette
comparaison, - on détermine le taux de colmatage du tube ou portion de plaque inspecté
à partir des descripteurs quantitatifs associés aux m paquets de vecteurs d'indicateurs
sélectionnés.
[0027] De préférence, le taux de colmatage du tube ou portion de plaque inspecté est déterminé
à partir d'une moyenne des descripteurs quantitatifs de chaque paquet pondérée à partir
des mesures de similarité calculées.
[0028] L'invention concerne également un produit programme d'ordinateur comprenant des instructions
de code de programme pour l'exécution des étapes du procédé selon l'invention lorsque
ledit programme est exécuté sur un ordinateur.
PRESENTATION DES FIGURES
[0029] D'autres caractéristiques, buts et avantages de l'invention ressortiront de la description
qui suit, qui est purement illustrative et non limitative, et qui doit être lue en
regard des dessins annexés parmi lesquels:
- la figure 1, déjà commentée, illustre schématiquement, en vue de dessus, un passage
folié dans une plaque entretoise, dans lequel passe un tube, selon une configuration
courante d'un générateur de vapeur ;
- la figure 2 illustre schématiquement les étapes du procédé selon une première variante
de l'invention ;
- la figure 3 illustre schématiquement les étapes du procédé selon une seconde variante
de l'invention.
DESCRIPTION DETAILLEE
[0030] Le procédé commence de façon connue par l'homme du métier par la réalisation, au
voisinage de passages d'au moins une mesure d'un paramètre dépendant du colmatage
ou de la présence de magnétite, typiquement au moyen d'une sonde à courant de Foucault,
dont la mesure est représentative des variations d'impédance que peut causer le colmatage,
par exemple par de la magnétite.
[0031] On dérive ensuite de cette mesure au moins un indicateur de colmatage dudit passage.
La description ci-dessous donne un exemple non limitatif de dérivation d'un tel indicateur
de colmatage.
[0032] Après extraction à partir du signal de mesure d'un signal correspondant au passage
du bord aval de la plaque entretoise 10 par la sonde, et d'un signal correspondant
au passage du bord amont de la plaque entretoise 10 par la sonde, on procède alors
à la détermination à partir du signal de mesure d'un signal de bord inférieur correspondant
au passage du bord aval de la plaque entretoise 10 par la sonde, et d'un signal de
bord supérieur correspondant au passage du bord amont de la plaque entretoise 10 par
la sonde.
[0033] La sonde à courant de Foucault acquiert typiquement au moins en partie le signal
de mesure en mode différentiel, et le signal de mesure est un signal multifréquence
composé d'au moins deux signaux à des fréquences différentes.
[0034] De préférence, seuls les signaux correspondant au mode différentiel (z
1 et z
3) sont utilisés car plus sensibles au passage de la plaque entretoise 10. Ces signaux
sont acquis à des fréquences différentes, et le signal de bord inférieur est déterminé
en tant que combinaison linéaire d'au moins deux signaux à des fréquences différentes
dudit signal de mesure, en l'occurrence z
1 et z
3.
[0035] Cette combinaison linéaire fait intervenir un coefficient complexe ∝ optimisé pour
minimiser la puissance de signal le long du tube 11 hors des zones de plaque entretoise
10.
[0036] Ainsi, le signal de bord inférieur z
inf est déterminé à partir des signaux obtenus en mode différentiel sur les fréquences
f3 et f1, de sorte que

avec

pour les indices n correspondant au signal hors des zones de plaque entretoise 10,
et z
3inf correspondant à la réponse de la sonde en mode différentiel sur la fréquence f3 lors
du passage du bord aval, c'est-à-dire inférieur, de la plaque entretoise 10 par la
sonde, et z
1inf correspondant à la réponse de la sonde en mode différentiel sur la fréquence f1 lors
du passage du bord aval, c'est-à-dire inférieur, de la plaque entretoise 10 par la
sonde.
[0037] On procède de même avec le signal de bord supérieur, avec de préférence le même coefficient
∝, de sorte que z
sup [n]=
Z3sup[n] - ∝.z
1sup[n], avec z
3sup correspondant à la réponse de la sonde en mode différentiel sur la fréquence f3 lors
du passage du bord amont, c'est-à-dire supérieur, de la plaque entretoise 10 par la
sonde, et z
1sup correspondant à la réponse de la sonde en mode différentiel sur la fréquence f1 lors
du passage du bord amont, c'est-à-dire supérieur, de la plaque entretoise 10 par la
sonde.
[0038] On obtient ainsi deux signaux complexes. Le signal de bord inférieur z
inf s'écrit :

avec X
inf et y
inf les composantes respectivement réelle et imaginaire du signal de bord inférieur et
i l'unité imaginaire telle que i
2=-1. De même le signal de bord supérieur z
sup s'écrit:

avec x
sup et y
sup les composantes respectivement réelle et imaginaire du signal de bord supérieur et
i l'unité imaginaire telle que i
2=-1.
[0039] Il reste donc à mettre en oeuvre un traitement adéquat de ces signaux afin d'évaluer
le colmatage du passage de la plaque entretoise 10. Ce traitement est mis en oeuvre
sur le signal de bord inférieur, qui est un signal complexe. En effet, le colmatage
des passages foliés, c'est-à-dire les lobes 12a, 12b, dans les plaques entretoises
10 intervient au niveau du bord inférieur des plaques entretoises 10, en amont du
passage pour le flux de fluide traversant la plaque entretoise 10. C'est donc à partir
du signal de bord inférieur que peut être estimé le taux de colmatage.
[0040] Plus précisément, le signal de bord inférieur est déconvolué par la réponse impulsionnelle
complexe de la sonde.
[0041] De fait, dans un cas idéal d'une sonde SAX parfaite le signal ne devrait contenir
qu'une suite d'impulsions complexes, correspondant au passage par un bord de plaque
entretoise 10, à la rencontre d'un dépôt, et l'étude du seul signal de bord inférieur
devrait suffire à quantifier le colmatage.
[0042] Cependant, en pratique, la réponse de la sonde SAX à une variation d'impédance n'est
pas parfaite. On l'appelle la réponse impulsionnelle de la sonde. Il est donc nécessaire
de restaurer le signal de bord inférieur pour retrouver la réponse de la sonde représentative
de l'état de colmatage du passage folié dans la plaque entretoise 10.
[0043] On détermine à cet effet une estimation de la réponse impulsionnelle de la sonde,
de préférence correspondant au passage d'un bord propre de la plaque entretoise 10
par la sonde dans le tube 11, par exemple à partir du signal de bord supérieur. On
cherche alors à déconvoluer le signal de bord inférieur z
inf[n] par un signal h[n] correspondant à la réponse impulsionnelle de la sonde au passage
de la plaque entretoise.
[0044] Pour ce faire, on peut utiliser un filtre. Un tel filtre est appelé filtre de déconvolution
ou encore filtre de restauration. Le filtre de déconvolution est calculé à partir
de l'estimation de la réponse impulsionnelle, et on met en oeuvre une déconvolution
du signal de bord inférieur au moyen dudit filtre de déconvolution. Le filtre de déconvolution
peut être une approximation de l'inverse de la réponse impulsionnelle de la sonde.
Il peut être aussi un filtre de Wiener et la déconvolution ainsi être une déconvolution
de Wiener, ce qui constitue un mode de réalisation préférentiel du procédé décrit.
D'autres méthodes de déconvolution existent et peuvent être utilisées.
[0045] Par exemple, on peut chercher le signal de bord inférieur déconvolué z
inf,id[n] qui correspond le mieux au signal de bord inférieur z
inf[n] qui a été observé :

avec J
1 le critère d'adéquation aux données (par exemple une norme L
2, une norme L
2 au carré, une norme L
1, ...) et J
2 un critère traduisant une caractéristique a priori connue sur le signal que l'on
cherche à reconstruire (par exemple une norme L
2, une norme L
2 au carré, une norme L
1, une fonction des écarts entre échantillons voisins z[n]-z[n-1]). Le terme λ permet
d'accorder plus ou moins d'importance à l'a priori sur la solution (J
2) par rapport à l'adéquation aux données (J
1). Ce critère peut également s'écrire dans le domaine fréquentiel.
[0046] Il y a donc plusieurs variantes de critères de déconvolution J1 et J2 qui peuvent
être utilisées, et, pour chaque variante, plusieurs méthodes de résolutions, par exemple
par filtrage ou par des méthodes d'optimisation.
[0047] Dans le cas où le filtre de déconvolution est un filtre de Wiener, la réponse en
fréquence du filtre de Wiener est de la forme:

avec l'exposant * désignant la conjugaison complexe, H[f] la transformée de Fourier
de la réponse impulsionnelle de la sonde, S[f] la densité spectrale de puissance du
signal à estimer et B[f] la densité spectrale de puissance du bruit. Un bourrage de
zéros ou
zero-padding, c'est-à-dire un ajout de zéros au sein des signaux, peut être effectué lors du calcul
des transformées de Fourier discrètes afin d'augmenter la résolution fréquentielle.
[0048] La réponse impulsionnelle h[n] de la sonde peut être estimée à partir de la réponse
de la sonde au passage du bord amont de la plaque entretoise 10 par la sonde, c'est-à-dire
au moyen du signal de bord supérieur, selon la formule :

[0049] Par exemple, à partir des traitements effectués pour extraire les parties utiles
du signal de mesure, on connait les indices i
inf et i
sup du signal de mesure correspondant respectivement aux passages des bords inférieur
et supérieur de la plaque entretoise 10. Pour une fréquence d'échantillonnage Fe=
1000 Hz, une vitesse de la sonde v=0,5 m.s
-1 et une longueur de plaque entretoise 10 de 30 mm, on a 60 échantillons de signal
correspondant à la plaque entretoise 10, et une réponse impulsionnelle de 20 échantillons
environ. On peut alors choisir pour la plage de valeurs du signal de bord supérieur
z
sup[
n] les 60 échantillons suivant le centre de la plaque entretoise 10 déterminé à environ
0,5×(i
inf + i
sup), soit une marge de 20 échantillons de chaque côté de la réponse impulsionnelle.
Ces chiffres sont bien sûr indiqués en tant qu'exemple non limitatif de l'utilisation
du signal de bord supérieur z
sup[
n] pour l'estimation de la réponse impulsionnelle de la sonde.
[0050] Plusieurs approches sont possibles pour estimer le rapport bruit sur signal correspondant
au ratio de la densité spectrale de puissance du bruit B[f] et de la densité spectrale
de puissance S[f] du signal à estimer. Une de ces approches consiste à approximer
ce rapport par une constante. En effet, le signal à estimer correspond à un signal
de bord inférieur idéal qui présenterait une suite d'impulsions correspondant aux
variations d'impédance complexe rencontrées par la sonde au voisinage du bord inférieur
de la plaque entretoise 10. Par conséquent, la densité spectrale de puissance S[f]
de ce signal peut être considérée comme une constante. La densité spectrale de puissance
du bruit B[f] peut être déterminée sur les portions du signal entre les plaques entretoises
10. Celui-ci peut être assimilé à un bruit blanc, et donc cette densité spectrale
de puissance du bruit B[f] peut être considérée comme une constante. Ainsi le rapport
des densités spectrales de puissance du bruit et du signal à estimer peut être considéré
comme une constante. Cette constante peut être réglée empiriquement, en prenant par
exemple :

avec
σ2 la puissance du bruit, calculée sur une zone hors plaques.
[0051] Une fois le filtre de déconvolution déterminé, on peut alors procéder à la déconvolution
du signal de bord inférieur au moyen dudit filtre de déconvolution. On applique alors
le filtre de déconvolution g au signal de bord inférieur z
inf pour obtenir un signal de bord inférieur déconvolué complexe z
inf id introduit par la réponse impulsionnelle de la sonde:

En pratique, cette opération peut être réalisée dans le domaine fréquentiel :

avec Z
inf[
ƒ] la transformée de Fourier du signal de bord inférieur z
inf, G[f] la transformée de Fourier du filtre de déconvolution g, et TF
-1 indiquant la transformation de Fourier inverse.
[0052] Afin d'éviter d'amplifier trop sensiblement certaines fréquences ne correspondant
qu'à du bruit de mesure, un filtrage par un filtre passe-bas est appliqué au signal
de bord inférieur déconvolué, la fréquence de coupure dudit filtre passe-bas étant
déterminée au moyen d'un écart-type d'une fonction gaussienne constituant une approximation
de la partie réelle d'une impulsion du signal de bord inférieur correspondant au passage
de bord de plaque entretoise 10.
[0053] En effet, la partie réelle ou imaginaire d'une impulsion du signal de bord inférieur
correspondant au passage de bord de plaque entretoise 10 présente des formes très
proches de fonctions gaussiennes ou de leurs dérivées. Par exemple, on peut assimiler
à une fonction gaussienne l'impulsion 0 dans la partie réelle du signal de bord inférieur
correspondant au passage du bord inférieur de la plaque entretoise 10 dans une configuration
sans colmatage, et à une combinaison linéaire de dérivées de la fonction gaussienne
les impulsions dans la partie imaginaire du signal de bord inférieur correspondant
au passage du bord inférieur de la plaque entretoise 10 dans une configuration colmatée.
[0054] Si σ est l'écart-type de cette fonction gaussienne, généralement de l'ordre de 3
ou 4 échantillons, les transformées de Fourier des signaux à déconvoluer ne contiennent
plus d'énergie au-delà d'une fréquence maximale f
max:

[0055] On peut donc choisir cette fréquence maximale f
max en tant que fréquence de coupure du filtre passe-bas.
[0056] Une fois le signal de bord inférieur déconvolué ainsi filtré, il reste à analyser
celui-ci pour évaluer le colmatage. On dispose alors, à la suite du processus décrit
ci-dessus, au cours duquel on a réalisé au voisinage de chacun des passages au moins
une mesure d'un paramètre dépendant du colmatage ou de la présence de magnétite, d'indicateurs
de colmatage dudit passage qui sont dérivés de cette mesure.
[0057] Divers types d'indicateurs peuvent être utilisés. Par exemple, Si on appelle y+ (resp
y-) les valeurs positives (resp. négatives) prises par la partie imaginaire du signal
obtenu au voisinage du bord inférieur de la plaque après déconvolution, et si on définit
les différentes grandeurs suivantes :
- EY+ / EY-: énergie de y+ et de y-
- PY+ / PY-: puissance de y+ et de y-
- MY+ / MY- : valeur maximale de y+ et de |y-|
- ΓY+ / ΓY- : écart-type des valeurs prises par y+ et par y-
On peut également prendre les valeurs minimales et maximales des grandeurs ci-dessous,
par exemple pour chaque couple de grandeurs physiques, X
Y+ / X
Y-, avec X correspondant à E, P, M ou Γ, on peut définir un indicateur minimal et un
indicateur maximal :
- Xmin = min {XY+ ,XY-}
- Xmax = max {XY+ ,XY-}.
[0058] On évalue ensuite le colmatage en comparant un ensemble de un ou plusieurs vecteurs
d'indicateurs de colmatage, de dimension au moins deux, construits à partir des indicateurs
ainsi obtenus, avec une pluralité d'ensembles de vecteurs d'indicateurs de colmatage
contenus dans une base de données, chacun desdits ensembles étant associé à un descripteur
quantitatif de colmatage. Un vecteur d'indicateurs de colmatage est de préférence
de dimension au moins deux, c'est-à-dire qu'il n'est de préférence pas un scalaire.
[0059] Chaque vecteur d'indicateurs est de dimension au moins deux, ce qui signifie qu'il
comprend au moins deux indicateurs en tant que composants. Par exemple, on peut construire
un vecteur d'indicateurs comprenant comme composantes :
- l'énergie EY+ des valeurs positives prises par la partie imaginaire du signal obtenu au voisinage
du bord inférieur de la plaque après déconvolution, et
- l'énergie EY- des valeurs négatives prises par la partie imaginaire du signal obtenu au voisinage
du bord inférieur de la plaque après déconvolution.
Le vecteur d'indicateurs s'écrit alors (E
Y+; E
y-). D'autres vecteurs d'indicateurs peuvent être utilisés, combinant deux ou plus d'indicateurs,
[0060] Les indicateurs de colmatage contenus dans une base de données sont typiquement des
taux de colmatage issus d'inspection télévisuelle (ETV). La conception des générateurs
de vapeurs permet en effet l'inspection de leur plaque entretoise supérieure par le
bais d'une caméra robotisée. Sur chaque cliché, on observe un des foliages de l'intersection
tube/plaque. Le taux de colmatage du passage folié observé est évalué en mesurant
la réduction de section au niveau du bord inférieur. En considérant que le phénomène
d'obstruction est homogène sur chacun des foliages de l'intersection tube/plaque,
on obtient le taux de colmatage du passage de cette dernière.
[0061] Cette méthode permet, au contraire de l'examen par sonde à courant de Foucault, de
disposer d'une indication quantitative du taux de colmatage de la plaque, ce qui constitue
un descripteur quantitatif du colmatage. Mais elle n'est applicable qu'à la plaque
entretoise supérieure, à l'exception de certains types de générateurs de vapeur permettant
aussi le passage de l'appareillage de prises de vue sur quelques tubes de la plaque
intermédiaire. L'ETV ne permet donc pas d'obtenir le profil du colmatage sur l'ensemble
du générateur de vapeur. D'autre part, sur une plaque inspectée, les tubes périphériques
restent inaccessibles.
[0062] Ces examens télévisuels sont cependant réalisés de longue date, et les résultats
en sont stockés dans des bases de données, de sorte qu'il existe une grande quantité
de données qui peuvent être exploitées, pour déduire l'évaluation quantitative du
colmatage en combinant les évaluations quantitatives des examens télévisuels passés
avec une inspection des tubes par courant de Foucault.
[0063] Il est à noter que les étapes des procédés suivants sont mises en oeuvre par au moins
un ordinateur, une unité centrale ou de calcul, un circuit électronique analogique,
un circuit électronique numérique, un microprocesseur, et/ou des moyens logiciels.
Estimation sur l'ensemble d'une portion de plaque
[0064] Dans une première variante du procédé, on cherche ici à estimer directement le taux
de colmatage moyen par portion de plaque entretoise, sans passer par une évaluation
du colmatage de chacun de ses tubes.
[0065] Les ensembles d'indicateurs de colmatage de la base de données sont donc représentés
par des distributions de vecteurs d'indicateurs de colmatage de passages d'une portion
de plaque entretoise et le descripteur quantitatif associé à chaque distribution est
un taux de colmatage moyen des passages de ladite portion de plaque entretoise, ladite
base de données portant sur au moins N portions de plaques entretoises de différents
échangeurs thermiques, N≥2, et comportant N distributions de vecteurs d'indicateurs
associés chacun à un taux de colmatage moyen des passages de ladite portion de plaque
entretoise.
[0066] Dans l'exemple ci-après, les portions de plaque entretoise sont des demi-plaques
entretoises, correspondant à la partie des plaques entretoises présentes dans la branche
froide ou chaude de l'échangeur thermique, ici un générateur de vapeur. On suppose
donc que l'on dispose de N demi-plaques pour lesquelles on connaît le taux de colmatage
déduit de l'examen télévisuel C
n et les valeurs des vecteurs d'indicateurs θ pour chacun de leurs tubes.
Approche par mesure de similarité entre distribution de vecteurs d'indicateurs
[0067] Une première approche repose sur des mesures de similarité entre distributions de
vecteurs d'indicateurs. Le principe de cette approche est de reconnaître dans la base
de données à disposition les distributions de vecteurs d'indicateurs les plus ressemblantes
à celle de la demi-plaque que l'on cherche à évaluer. On considère P
test(θ), la distribution de vecteurs d'indicateurs de la demi-plaque inspectée, et P
n(θ) (n ∈

1, N

) les distributions de vecteurs d'indicateurs des N demi-plaques disponibles dans
la base de données.
[0068] Ainsi, après avoir déterminé la distribution de vecteurs d'indicateurs P
test(θ) de la portion de plaque inspectée (étape S20), on calcule une mesure de similarité
d
n entre la distribution de vecteurs d'indicateurs P
test(θ) de la portion de plaque entretoise inspectée et chacune des distributions de vecteurs
d'indicateurs P
n(θ) de la base de données (étape S21).
[0069] La mesure de similarité entre distributions peut être par exemple évaluée au moyen
d'une fonction distance que l'on notera D. On calcule ainsi la distance d
n entre la distribution de vecteurs d'indicateurs de la plaque à évaluer P
test(θ) et chacune des distributions P
n(θ) de la base de données :

[0070] Il existe plusieurs mesures de similarité qui peuvent être utilisées. On peut notamment
utiliser par exemple la divergence de Kullback-Leibler, la distance de Bhattacharyya
ou encore la distance de Hellinger. Cette dernière offre en particulier l'avantage
de donner un résultat borné entre 0 et 1, s'avérant ainsi interprétable dans l'absolu.
Sa formule est donnée par l'équation suivante :

avec p et q les vecteurs d'indicateurs des distributions de vecteurs d'indicateurs
P et Q, respectivement.
[0071] On peut alors sélectionner (étape S22), parmi des N distances ainsi calculées, les
K plus petites (K ∈

1, N

), correspondant donc aux distributions les plus ressemblantes. On sélectionne donc
les K distributions d'indicateurs P
n(θ) de la base de données dont les mesures de similarité d'avec la distribution d'indicateurs
P
test(θ) de la portion de plaque entretoise inspectée sont les plus grandes. Quand la mesure
de similarité est une distance, cela revient donc à prendre les K distributions les
plus petites.
[0072] On détermine ensuite le colmatage (étape S23) à partir des taux de colmatage associés
auxdites K distributions de vecteurs d'indicateurs P
n(θ) de la base de données sélectionnées.
[0073] Il est possible de calculer une moyenne des taux de colmatage associés auxdites K
distributions de vecteurs d'indicateurs P
n(θ) de la base de données sélectionnées, chaque taux de colmatage étant pondéré par
la mesure de similarité entre la distribution de vecteurs d'indicateurs P
n(θ) de la base de données auquel il est associé et la distribution de vecteurs d'indicateurs
P
test(θ) de la portion de plaque entretoise inspectée.
[0074] On pondère alors la moyenne des colmatages de ces K demi-plaques par leurs distances
respectives à la distribution de vecteurs d'indicateurs de la demi-plaque à évaluer,
de façon à donner plus de poids aux plus ressemblantes :

[0075] Le calcul de la mesure de similarité d
n entre la distribution de vecteurs d'indicateurs P
test(θ) de la portion de plaque entretoise inspectée et chacune des distributions de vecteurs
d'indicateurs P
n(θ) de la base de données peut comprendre une estimation des distributions au moyen
d'un modèle de loi de probabilité

, de préférence une loi gaussienne, une modélisation de Parzen ou une moyenne pondérée
de lois de probabilité.
[0076] En effet, mesurer des distances entre distributions nécessite toutefois d'estimer
ces dernières. On peut les approcher alors par un modèle de loi de probabilité

, fonction de paramètres ω à déterminer, construit d'après les observations dont on
dispose :

[0077] La question du choix de

est ouverte : celui-ci peut par exemple se porter sur une loi gaussienne multidimensionnelle
:

où µ représente le vecteur d'indicateurs moyen de la demi-plaque, et
∑ sa matrice de variance-covariance (ces deux éléments constituant les paramètres de
la distribution à calculer).
[0078] On peut aussi se tourner vers une modélisation de Parzen. Son principe est de placer
une fonction noyau, par exemple une gaussienne sur chacune des observations de la
population statistique dont on cherche à estimer la densité de probabilité. La somme
de toutes ces gaussiennes donne la vraisemblance de Parzen.
[0079] Dans le cas considéré, les observations sont les vecteurs d'indicateurs extraits
de chacun des tubes. La distribution des vecteurs d'indicateurs de la demi-plaque
n comportant M
n tubes de vecteurs d'indicateurs θ
m (m ∈

1, M
n
) de dimension d est alors donnée par :

[0080] Le paramètre h représente la variance de la gaussienne (c'est-à-dire sa largeur)
à appliquer sur chacune des observations. On utilise usuellement la même valeur sur
chacune des observations. On peut prendre par exemple h = 0,5. La matrice de variance-covariance
∑n est calculée sur l'ensemble des vecteurs d'indicateurs appartenant à la demi-plaque
n. On peut approcher sa matrice inverse par la matrice formée de ses seuls coefficients
diagonaux inverses, selon

avec i,j ∈

1,d

.
[0081] Par ailleurs, la mesure de similarité entre distributions permet d'introduire un
score d'incertitude du résultat : de faibles distances entre une demi-plaque à évaluer
et certaines demi-plaques de la base de données augurent d'une forte ressemblance
avec des exemples de colmatage déjà observés, et donc d'une confiance élevée dans
le résultat. A l'inverse, une demi-plaque atypique, se différenciant de l'historique
à disposition, verra sa distribution de vecteurs d'indicateurs éloignée de toutes
les autres, traduisant une incertitude plus importante sur le résultat de l'estimation.
[0082] Le procédé peut ainsi comprendre une détermination d'une évaluation de l'incertitude
sur le colmatage ainsi déterminé, sur la base de la mesure de la similarité entre
les K distributions de vecteurs d'indicateurs P
n(θ) de la base de données ainsi sélectionnées et la distribution de vecteurs d'indicateurs
P
test(θ) de la portion de plaque entretoise inspectée, et/ou de la variabilité des descripteurs
quantitatifs associés aux distributions de vecteurs d'indicateurs de portion de plaque
entretoise, c'est-à-dire les demi-plaques.
Approche par quantification vectorielle
[0083] Une autre approche repose sur la quantification vectorielle. Le principe de la quantification
vectorielle est de partitionner un grand nombre de données (vecteurs d'un espace donné)
en un nombre restreint de paquets (ou « cluster » selon la terminologie anglo-saxonne)
au sens d'une mesure de similarité (généralement une distance). On sépare ainsi l'espace
des vecteurs d'indicateurs θ en K paquets, K étant un paramètre de l'algorithme déterminé
à l'avance, chacun comportant un centre ou une moyenne. Chaque vecteur d'indicateurs
θ appartient au cluster dont le centre ou la moyenne est le plus proche.
[0084] Ainsi, les ensembles de vecteurs d'indicateurs de colmatage de la base de données
sont alors des paquets ayant chacun un centre ou une moyenne, et regroupant sur la
base d'une mesure de similarité portant sur les vecteurs d'indicateurs de colmatage,
les vecteurs d'indicateurs de colmatage qui sont les plus proches dudit centre ou
de ladite moyenne, au sens de la mesure de similarité, un descripteur quantitatif
de colmatage étant associé à chacun desdits paquets, et dans lequel, pour un ensemble
de un ou plusieurs vecteurs d'indicateurs de colmatage du tube ou de la portion de
plaque inspecté :
- on compare chacun des vecteurs d'indicateurs de l'ensemble de vecteurs d'indicateurs
de colmatage du tube ou portion de plaque inspecté avec les centres ou moyennes respectifs
des paquets de la base de données,
- on sélectionne m paquets de vecteurs d'indicateurs de colmatage sur la base de cette
comparaison,
- on détermine le taux de colmatage du tube ou portion de plaque inspecté à partir des
descripteurs quantitatifs associés aux m paquets de vecteurs d'indicateurs sélectionnés.
[0085] Le partitionnement de l'espace des indicateurs peut être obtenu de diverses manières.
On peut le fixer arbitrairement a priori, ou utiliser un algorithme qui donne les
paquets, ou clusters, se dégageant le plus naturellement de l'ensemble des vecteurs
d'indicateurs de la base de données (tel que l'algorithme dit « K-means »). Une fois
ce partitionnement effectué, on détermine pour la demi-plaque à inspecter le nombre
de tubes qui la composent appartenant à chaque partition de l'espace des vecteurs
d'indicateurs. On aboutit à un vecteur r = (r
1, ..., r
K) où la composante r
k correspond à la proportion de tubes de la demi-plaque appartenant au cluster k (on
a donc ∑
krk = 1).
[0086] On réalise alors l'estimation directement sur ces vecteurs r, en recherchant par
exemple les N demi-plaques de la base de données dont les vecteurs r
n (n ∈

1, N

) sont les plus proches du vecteur de la demi-plaque à estimer au sens d'une mesure
de similarité donnée, typiquement une distance. On peut enfin calculer le colmatage
moyen par la moyenne des colmatages c
n des demi-plaques sélectionnées pondérées par les distances d
n calculées :

[0087] Il est à noter que les distributions de vecteurs d'indicateurs de colmatage peuvent
être associées à informations spatiales, telles que la position du tubes dans la plaque
entretoise, de sorte de correspondre à des images représentatives de la répartition
spatiale des valeurs de colmatage. Dans ce cas, le colmatage est estimé au moyen d'un
procédé de reconnaissance d'images, qui peut reprendre les principes énoncés plus
haut, afin d'estimer le colmatage en reconnaissant, dans la base de données, la ou
les images les plus proches de celles obtenues pour l'échangeur thermique inspecté.
Estimation tubes à tubes
[0088] Selon une autre variante, un ensemble de vecteurs d'indicateurs de colmatage est
un vecteur d'indicateurs de colmatage d'un tube et le descripteur quantitatif associé
audit vecteur est un taux de colmatage dudit tube, ladite base de données portant
sur au moins M tubes de différents échangeurs thermiques, M≥2, ladite base de données
comportant M vecteurs d'indicateurs du colmatage d'un passage, associés chacun à un
taux de colmatage dudit passage dudit tube.
[0089] Dans l'exemple ci-après, et comme précédemment, les portions de plaque entretoise
sont des demi-plaques entretoises, correspondant à la partie des plaques entretoises
présentes dans la branche froide ou chaude de l'échangeur thermique, ici un générateur
de vapeur. Pour une intersection tube/plaque donnée, on note c le taux de colmatage
obtenu par exemple par examen télévisuel, et θ le vecteur des indicateurs qualitatifs
calculés précédemment, après avoir déterminé le vecteur d'indicateurs θ du tube inspecté.
On dispose donc de M couples {θ,c} sur la base de données.
Approche probabiliste
[0090] Conformément à cette approche, après avoir déterminé le vecteur d'indicateurs du
tube (S30), on calcule la distribution de taux de colmatage c a posteriori p(c|θ)
pour le vecteur d'indicateurs θ, à partir des vecteurs de la base de données (étape
S31), et on détermine le colmatage par la somme de la distribution de colmatage a
posteriori pondérée par les taux de colmatage (étape S32).
[0091] En effet, cette approche dite des moindres carrés a posteriori consiste à minimiser
l'erreur quadratique moyenne d'estimation définie par

où p(c|θ) désigne la distribution du colmatage c du vecteur d'indicateurs θ (c'est
la loi a posteriori). L'estimateur c
est du colmatage minimisant l'équation précédente est donné par l'équation :

[0092] La loi a posteriori peut être donnée par le théorème de Bayes :

où p(c) désigne la loi a priori et p(θ|c) la vraisemblance des indicateurs dans la
théorie bayesienne. Le calcul de la loi a posteriori peut ainsi comprendre une estimation
de la loi a priori p(c) et de la vraisemblance p(θ|c).
[0093] Pour exprimer ces deux probabilités, on peut échantillonner l'intervalle des taux
de colmatage possibles (de 0 à 100 %) en plusieurs fenêtres consécutives Ck = [ck;
ck+1] et calculer p(c) et p(θ|c) dans chacune de celles-ci. Ainsi, la loi a priori
s'obtient selon un rapport entre :
- le nombre Mk de tubes de la base de données présentant un taux de colmatage c compris dans un
intervalle [ck; Ck+1], et
- le nombre total de tubes dans la base de données :

où Nk représente le nombre de tubes de la base de données présentant un colmatage c compris
dans l'intervalle Ck, et Card(Base de données) le nombre total de tubes dans la base de données.
[0094] La loi de vraisemblance est approchée sur c compris sur un intervalle [c
k; C
k+1] par une loi de probabilité

de préférence une loi gaussienne, une modélisation de Parzen, ou une moyenne pondérée
de lois, fonction de paramètres ω à déterminer, à l'instar de ce qui a été indiqué
plus haut :

[0095] Par exemple, dans le cadre d'une modélisation de Parzen :

[0096] Comme dans le cas de l'estimation par demi-plaque, il convient de fixer la valeur
h de la largeur des gaussiennes (par exemple ici encore h = 0,5). Pour parer aux éventuels
problèmes de conditionnement de la matrice de variance-covariance des vecteurs d'indicateurs
des tubes appartenant à la classe C
k,
∑k, on peut ici aussi approcher sa matrice inverse par la matrice formée de ses seuls
coefficients diagonaux inverses, selon

avec i,j ∈

1,d

.
[0097] Ce calcul de la vraisemblance permet de réécrire l'équation de la loi a posteriori
et d'obtenir l'expression de la loi de probabilité a posteriori dans l'intervalle
Ck :

[0098] L'estimation c
est du colmatage (étape S33) pour le vecteur d'indicateurs θ du tube inspecté se déduit
de l'équation précédente :

et est donné par

où <c
i> symbolise le colmatage moyen des tubes appartenant à l'intervalle Ci.
Approche par quantification vectorielle
[0099] L'emploi de techniques de quantification vectorielle a pour but d'évaluer le taux
de colmatage d'un tube selon la position de son vecteur d'indicateurs θ dans l'espace
des vecteurs d'indicateurs, relativement aux exemples de vecteurs qui constituent
la base de données. Schématiquement, le principe est de donner au tube inspecté dont
le colmatage est à évaluer un taux de colmatage similaire à ceux des tubes de la base
qui sont voisins de son vecteur d'indicateurs θ.
[0100] Comme précédemment, les ensembles de vecteurs d'indicateurs de colmatage de la base
de données sont des paquets ayant chacun un centre ou une moyenne et regroupant sur
la base d'une mesure de similarité portant sur les valeurs desdits indicateurs de
colmatage, les indicateurs de colmatage dont les valeurs sont les plus proches dudit
centre ou de ladite moyenne, un descripteur quantitatif de colmatage étant associé
à chacun desdits paquets.
[0101] Plus précisément, on partitionne ainsi l'ensemble des vecteurs d'indicateurs de la
base de données en K ensembles, avec par exemple l'algorithme dit « K-means ». Une
fois cette étape effectuée, on compare chacun des vecteurs d'indicateurs de l'ensemble
d'indicateurs de colmatage avec les centres ou moyennes respectifs des paquets de
la base de données, au moyen d'une mesure de similarité, par exemple en calculant
les distances d
k du vecteur d'indicateurs θ du tube inspecté à chacun des centres des clusters (k
∈

1, K

). Plusieurs types de distances sont utilisables, de la distance euclidienne usuelle
à des mesures de similarité tenant compte de la distribution des données. Parmi ces
dernières, on citera la distance de Mahalanobis, qui fait intervenir la matrice de
variance-covariance
∑k de la partition k et son centre µ
k. La distance de Mahalanobis entre un vecteur d'indicateurs θ et l'ensemble des données
du cluster k s'écrit alors :

[0102] Il reste alors à estimer la valeur du taux de colmatage du tube selon ces distances
calculées. Une solution est de procéder à une moyenne des colmatages moyens <c
k> de chaque paquets pondérée à partir des mesures de similarité, par exemple l'inverse
des distances telles que les distances d
k calculées précédemment :

[0103] Il est à noter que la moyenne peut être calculée sur la base des taux de colmatages
de la totalité des paquets, ou sur une sélection de m d'entre eux sur la base d'une
comparaison au sens d'une mesure de similarité, comme précédemment. On considère donc
que la sélection des m paquets peut comprendre tous les paquets, les paquets les plus
proches, ou tous les paquets à l'exclusion de certains qui sont écartés en raison
d'anomalies.
[0104] On notera que contrairement à l'approche probabiliste, cette variante d'estimation
par quantification vectorielle ne fait pas d'a priori sur l'ensemble de données à
disposition. En effet, à aucun moment la loi de probabilité a priori du colmatage,
p(c), n'intervient ici. Or, cette dernière peut s'avérer fortement biaisée si certaines
plages de valeurs de colmatage sont sur-représentées (ou sous-représentées). Ce procédé
est ainsi moins dépendant de la représentativité de la base de données.
1. Procédé d'évaluation du colmatage de passages d'une plaque entretoise (10) d'un échangeur
thermique à tubes (11), lesdits passages (12a, 12b) étant ménagés le long des tubes
(11) pour la traversée de la plaque entretoise (10) par un fluide, dans lequel, pour
au moins un passage (12a, 12b) :
- on réalise au voisinage du passage au moins une mesure d'un paramètre dépendant
du colmatage ou de la présence de magnétite au moyen d'une sonde à courant de Foucault,
- on dérive de cette mesure au moins un indicateur de colmatage dudit passage,
caractérisé en ce que le colmatage est évalué en comparant un ensemble de un ou plusieurs vecteurs d'indicateurs
de colmatage de dimension au moins deux, construits à partir des indicateurs de colmatage
ainsi obtenus avec une pluralité d'ensembles de vecteurs d'indicateurs de colmatage
contenus dans une base de données, chacun desdits ensembles de vecteurs d'indicateurs
étant associé à un descripteur quantitatif de colmatage.
2. Procédé selon la revendication 1, dans lequel les ensembles de vecteurs d'indicateurs
de colmatage sont représentés par des distributions de vecteurs d'indicateurs de colmatage
de passages d'une portion de plaque entretoise et le descripteur quantitatif associé
à chaque distribution est un taux de colmatage moyen des passages de ladite portion
de plaque entretoise, ladite base de données portant sur au moins N portions de plaques
entretoises de différents échangeurs thermiques, N≥2, et comportant N distributions
de vecteurs d'indicateurs associés chacun à un taux de colmatage moyen des passages
de ladite portion de plaque entretoise.
3. Procédé selon la revendication précédente, dans lequel :
- on détermine la distribution de vecteurs d'indicateurs Ptest(θ) de la portion de plaque inspectée,
- on calcule une mesure de similarité dn entre la distribution de vecteurs d'indicateurs Ptest(θ) de la portion de plaque entretoise inspectée et chacune des distributions de vecteurs
d'indicateurs Pn(θ) de la base de données,
- on sélectionne les K distributions de vecteurs d'indicateurs Pn(θ) de la base de données dont les mesures de similarité dn d'avec la distribution de vecteurs d'indicateurs Ptest(θ) de la portion de plaque entretoise inspectée sont les plus grandes,
- on détermine le colmatage à partir des taux de colmatage associés auxdites K distributions
de vecteurs d'indicateurs Pn(θ) de la base de données sélectionnées.
4. Procédé selon la revendication 3, dans lequel la détermination du colmatage comprend
une étape selon laquelle :
- on calcule une moyenne des taux de colmatage associés auxdites K distributions de
vecteurs d'indicateurs Pn(θ) de la base de données sélectionnées, chaque taux de colmatage étant pondéré par
la mesure de similarité entre la distribution de vecteurs d'indicateur Pn(θ) de la base de données auquel il est associé et la distribution de vecteurs d'indicateurs
Ptest(θ) de la portion de plaque entretoise inspectée.
5. Procédé selon l'une des revendications 3 à 4, comprenant en outre une détermination
d'une évaluation de l'incertitude sur le colmatage ainsi déterminé, sur la base de
la mesure de la similarité entre les K distributions de vecteurs d'indicateurs Pn(θ) de la base de données ainsi sélectionnées et la distribution vecteurs d'indicateurs
Ptest(θ) de la portion de plaque entretoise inspectée, et/ou de la variabilité des descripteurs
quantitatifs associés aux distributions de vecteurs d'indicateurs de portion de plaque
entretoise sélectionnées.
6. Procédé selon l'une des revendications 3 à 5, dans lequel le calcul de la mesure de
similarité d
n entre la distribution de vecteurs d'indicateurs P
test(θ) de la portion de plaque entretoise inspectée et chacune des distributions de vecteurs
d'indicateurs P
n(θ) de la base de données comprend une estimation des distributions au moyen d'un
modèle de loi de probabilité

de préférence une loi gaussienne, une modélisation de Parzen ou une moyenne pondérée
de lois de probabilité.
7. Procédé selon la revendication 2, dans lequel les distributions de vecteurs d'indicateurs
de colmatage sont associées à des informations spatiales, de sorte de correspondre
à des images représentatives de la répartition spatiale des valeurs de colmatage.
8. Procédé selon la revendication 1, dans lequel un ensemble de vecteurs d'indicateurs
de colmatage est un vecteur d'indicateurs de colmatage d'un tube et le descripteur
quantitatif associé audit vecteur est un taux de colmatage dudit tube, ladite base
de données portant sur au moins M tubes de différents générateurs de vapeur, M≥2,
ladite base de données comportant M vecteurs d'indicateurs du colmatage d'un passage,
associés chacun à un taux de colmatage dudit passage.
9. Procédé selon la revendication précédente, dans lequel :
- on détermine le vecteur d'indicateurs θ du tube inspecté,
- on calcule la distribution de taux de colmatage a posteriori p(c|θ) pour le vecteur
d'indicateurs θ, à partir des vecteurs d'indicateurs de la base de données,
- on détermine le colmatage par la somme de la distribution de colmatage a posteriori
p(c|θ) pondéré par les taux de colmatage c.
10. Procédé selon la revendication précédente, dans lequel le calcul de la loi a posteriori
comprend une estimation de la loi a priori p(c) et de la vraisemblance p(θ|c).
11. Procédé selon la revendication précédente, dans lequel la loi a priori est déterminée
par un rapport entre :
- le nombre Mk de tubes de la base de données présentant un taux de colmatage c compris dans un
intervalle [ck; Ck+1], et
- le nombre total de tubes dans la base de données.
12. Procédé selon l'une des revendications 9 à 10, dans lequel la loi de vraisemblance
est approchée sur c compris sur un intervalle [c
k; C
k+1] par une loi de probabilité

, de préférence une loi gaussienne, une modélisation de Parzen, ou une moyenne pondérée
de lois.
13. Procédé selon la revendication 1, dans lequel les ensembles de vecteurs d'indicateurs
de colmatage de la base de données sont des paquets de vecteurs d'indicateurs ayant
chacun un centre ou une moyenne et regroupant, sur la base d'une mesure de similarité
portant sur lesdits vecteurs d'indicateurs de colmatage, les vecteurs d'indicateurs
de colmatage qui sont les plus proches, au sens de la mesure de similarité, dudit
centre ou de ladite moyenne, un descripteur quantitatif de colmatage étant associé
à chacun desdits paquets, et dans lequel, pour un ensemble de un ou plusieurs vecteurs
d'indicateurs de colmatage du tube ou portion de plaque inspecté:
- on compare chacun des vecteurs d'indicateurs de l'ensemble des vecteurs d'indicateurs
de colmatage du tube ou portion de plaque inspecté avec les centres ou moyennes respectifs
des paquets de la base de données par une mesure de similarité,
- on sélectionne m paquets de vecteurs d'indicateurs de colmatage sur la base de cette
comparaison,
- on détermine le taux de colmatage du tube ou portion de plaque inspecté à partir
des descripteurs quantitatifs associés aux m paquets de vecteurs d'indicateurs sélectionnés.
14. Procédé selon la revendication 13, dans lequel le taux de colmatage du tube ou portion
de plaque inspecté est déterminé à partir d'une moyenne des descripteurs quantitatifs
de chaque paquet pondérée à partir des mesures de similarité calculées.
15. Produit programme d'ordinateur comprenant des instructions de code de programme pour
l'exécution des étapes du procédé selon les revendications précédentes lorsque ledit
programme est exécuté sur un ordinateur.
1. Verfahren zur Bewertung der Verstopfung von Durchlässen einer Abstandshalterplatte
(10) eines Röhrenwärmetauschers (11), wobei die Durchlässe (12a, 12b) entlang der
Röhren (11) zur Durchquerung der Abstandshalterplatte (10) durch eine Flüssigkeit
angeordnet sind, wobei man für zumindest einen Durchlass (12a, 12b):
- in der Nähe des Durchlasses zumindest eine Messung eines Parameters, der von der
Verstopfung oder dem Vorhandensein von Magnetit abhängig ist, anhand einer Foucault-Stromsonde
durchführt,
- aus dieser Messung zumindest einen Indikator für die Verstopfung des Durchlasses
ableitet,
dadurch gekennzeichnet, dass die Verstopfung bewertet wird, indem man einem Satz von einem oder mehreren mindestens
zwei dimensionalen Vektoren von Verstopfungsindikatoren, die aus den so erhaltenen
Verstopfungsindikatoren aufgebaut werden, mit einer Vielzahl von Vektorensätze von
Verstopfungsindikatoren vergleicht, die in einer Datenbank enthalten sind, wobei jede
der Einheiten von Indikatorvektoren einem mengenmäßigen Deskriptor für Verstopfung
zugeordnet ist.
2. Verfahren nach Anspruch 1, wobei die Vektorensätze von Verstopfungsindikatoren durch
Vektorverteilungen von Verstopfungsindikatoren von Durchlässen eines Abstandshalterplattenteils
repräsentiert werden und der jeder Verteilung zugeordnete mengenmäßige Deskriptor
eine mittlere Verstopfungsquote der Durchlässe des Abstandshalterplattenteils ist,
wobei sich die Datenbank über zumindest N Abstandshalterplattenteile verschiedener
Wärmetauscher, N≥2, erstreckt und N Vektorverteilungen von Indikatoren umfasst, die
jeweils einer mittleren Verstopfungsquote der Durchlässe des Abstandshalterplattenteils
zugeordnet sind.
3. Verfahren nach dem vorstehenden Anspruch, wobei:
- man die Vektorverteilung von Indikatoren Ptest(θ) des inspizierten Plattenteils bestimmt,
- man eine Ähnlichkeitsmessung dn zwischen der Vektorverteilung von Indikatoren Ptest(θ) des inspizierten Abstandshalterplattenteils und jede der Vektorverteilungen von
Indikatoren Pn(θ) der Datenbank berechnet,
- man die K Vektorverteilungen von Indikatoren Pn(θ) der Datenbank auswählt, deren Ähnlichkeitsmessungen dn mit der Vektorverteilung von Indikatoren Ptest(θ) des inspizierten Abstandshalterplattenteils am größten sind,
- man die Verstopfung ausgehend von den Verstopfungsquoten bestimmt, die den ausgewählten
K Vektorverteilungen von Indikatoren Pn(θ) der Datenbank zugeordnet sind.
4. Verfahren nach Anspruch 3, wobei die Bestimmung der Verstopfung einen Schritt umfasst,
bei dem:
- man einen Mittelwert der Verstopfungsquoten berechnet, die den ausgewählten K Vektorverteilungen
von Indikatoren Pn(θ) der Datenbank zugeordnet sind, wobei jede Verstopfungsquote durch die Ähnlichkeitsmessung
zwischen der Vektorverteilung von Indikatoren Pn(θ) der Datenbank, denen sie zugeordnet ist, und der Vektorverteilung von Indikatoren
Ptest(θ) des inspizierten Abstandshalterplattenteils gewichtet wird.
5. Verfahren nach einem der Ansprüche 3 bis 4, darüber hinaus eine Bestimmung einer Bewertung
der Unsicherheit über die so bestimmte Verstopfung umfassend, auf der Basis der Ähnlichkeitsmessung
zwischen den so ausgewählten K Vektorverteilungen von Indikatoren Pn(θ) der Datenbank und der Vektorverteilung von Indikatoren Ptest(θ) des inspizierten Abstandshalterplattenteils, und/oder der Variabilität der mengenmäßigen
Deskriptoren, die den ausgewählten Vektorverteilungen von Indikatoren eines Abstandshalterplattenteils
zugeordnet sind.
6. Verfahren nach einem der Ansprüche 3 bis 5, wobei die Berechnung der Ähnlichkeitsmessung
d
n zwischen der Vektorverteilung von Indikatoren P
test(θ) des inspizierten Abstandshalterplattenteils und jeder der Vektorverteilungen von
Indikatoren P
n(θ) der Datenbank eine Einschätzung der Verteilungen anhand eines Wahrscheinlichkeitsgesetzmodells

vorzugsweise eines Gauß'schen Gesetzes, einer Parzen-Modellierung oder eines gewichteten
Mittelwerts von Wahrscheinlichkeitsgesetzen umfasst.
7. Verfahren nach Anspruch 2, wobei die Vektorverteilungen von Verstopfungsindikatoren
räumlichen Informationen zugeordnet sind, um repräsentativen Abbildungen der räumlichen
Verteilung der Verstopfungswerte zu entsprechen.
8. Verfahren nach Anspruch 1, wobei ein Vektorsatz von Verstopfungsindikatoren ein Vektor
von Verstopfungsindikatoren einer Röhre ist und der mengenmäßige Deskriptor, der dem
Vektor zugeordnet ist, eine Verstopfungsquote der Röhre ist, wobei sich die Datenbank
über mindestens M Röhren verschiedener Dampfgeneratoren, M≥2, erstreckt, wobei die
Datenbank M Vektoren von Verstopfungsindikatoren eines Durchlasses umfasst, die jeweils
einer Verstopfungsquote des Durchlasses zugeordnet sind.
9. Verfahren nach dem vorstehenden Anspruch, wobei:
- man den Vektor von Indikatoren θ der inspizierten Röhre bestimmt,
- man die a posteriori Verteilung einer Verstopfungsquote p(c|θ) für den Vektor von
Indikatoren θ ausgehend von den Vektoren von Indikatoren der Datenbank berechnet,
- man die Verstopfung durch die Summe der a posteriori Verstopfungsverteilung p(c|θ)
gewichtet durch die Verstopfungsquoten c bestimmt.
10. Verfahren nach dem vorstehenden Anspruch, wobei die Berechnung des a posteriori Gesetzes
eine Einschätzung des a priori Gesetzes p(c) und der Plausibilität p(θ|c) umfasst.
11. Verfahren nach dem vorstehenden Anspruch, wobei das a priori Gesetz bestimmt wird
durch ein Verhältnis zwischen:
- der Anzahl Mk an Röhren der Datenbank, die eine Verstopfungsquote c aufweist, die in einem Intervall
[ck; Ck+1] enthalten ist, und
- der Gesamtzahl an Röhren in der Datenbank.
12. Verfahren nach einem der Ansprüche 9 bis 10, wobei das Plausibilitätsgesetz durch
ein Wahrscheinlichkeitsgesetz

vorzugsweise ein Gauß'sches Gesetz, eine Parzen-Modellierung oder einen gewichteten
Mittelwert von Gesetzen c angenähert wird, das in einem Intervall [c
k; C
k+1] enthalten ist.
13. Verfahren nach Anspruch 1, wobei die Vektorensätze von Verstopfungsindikatoren der
Datenbank Vektorenpakete von Indikatoren sind, die jeweils eine Mitte oder einen Mittelwert
aufweisen, und auf der Basis einer Ähnlichkeitsmessung, die sich über die Vektoren
von Verstopfungsindikatoren erstreckt, die Vektoren von Verstopfungsindikatoren zusammenfassen,
die im Sinne der Ähnlichkeitsmessung am nächsten an der Mitte oder des Mittelwerts
gelegen sind, wobei ein mengenmäßiger Verstopfungsdeskriptor einem jeden der Pakete
zugeordnet wird, und wobei man, für ein Satz von einem oder mehreren Vektoren von
Verstopfungsindikatoren der Röhre oder des inspizierten Plattenteils:
- jeden der Vektoren von Indikatoren dem Satz der Vektoren von Verstopfungsindikatoren
der Röhre oder des inspizierten Plattenteils mit den jeweiligen Mitten oder Mittelwerten
der Pakete der Datenbank durch eine Ähnlichkeitsmessung vergleicht,
- m Pakete von Vektoren von Verstopfungsindikatoren auf der Basis dieses Vergleichs
auswählt,
- die Verstopfungsquote der Röhre oder des inspizierten Plattenteils ausgehend von
den mengenmäßigen Deskriptoren bestimmt, die den ausgewählten m Paketen von Vektoren
von Indikatoren zugeordnet sind.
14. Verfahren nach Anspruch 13, wobei die Verstopfungsquote der Röhre oder des inspizierten
Plattenteils ausgehend von einem Mittelwert der mengenmäßigen Deskriptoren eines jeden
Pakets bestimmt wird, der ausgehend von den berechneten Ähnlichkeitsmessungen gewichtet
wird.
15. Computerprogrammprodukt, Programmcodebefehle zur Ausführung der Schritte des Verfahrens
nach den vorstehenden Ansprüchen umfassend, wenn das Programm auf einem Computer ausgeführt
wird.
1. A method for evaluating the fouling of passages of a spacer plate (10) of a heat exchanger
with tubes (11), said passages (12a, 12b) being made along the tubes (11) for crossing
the spacer plate (10) by a fluid, wherein, for at least one passage (12a, 12b):
- at least one measurement of a parameter depending on the fouling or on the presence
of magnetite is conducted in the vicinity of the passage by means of an eddy current
probe,
- at least one fouling indicator of said passage is derived from this measurement,
characterized in that the fouling is evaluated by comparing a set of one or several vectors of fouling
indicators with a dimension of at least two, built from the thereby obtained fouling
indicators, with a plurality of sets of vectors of fouling indicators contained in
a database, each of said sets of vectors of indicators being associated with a quantitative
fouling descriptor.
2. The method according to claim 1, wherein the sets of vectors of fouling indicators
are represented by distributions of vectors of fouling indicators of passages of a
spacer plate portion and the quantitative descriptor associated with each distribution
is an average fouling level of the passages of said spacer plate portion, said database
dealing with at least N portions of spacer plates of different heat exchangers, N≥2,
and including N distributions of vectors of indicators each associated with an average
fouling level of the passages of said spacer plate portion.
3. The method according to the preceding claim, wherein:
- the distribution of vectors of indicators Ptest(θ) of the inspected plate portion is determined,
- a similarity measurement dn between the distribution of vectors of indicators Ptest(θ) of the inspected spacer plate portion and each of the distributions of vectors
of indicators Pn(θ) of the database is calculated,
- the K distributions of vectors of indicators Pn(θ) of the database are selected, for which the measurements dn of similarity with the distribution of vectors of indicators Ptest(θ) of the inspected spacer plate portion are the greatest,
- the fouling is determined from fouling levels associated with said selected K distributions
of vectors of indicators Pn(θ) of the database.
4. The method according to claim 3, wherein the determination of the fouling comprises
a step according to which:
- an average of the fouling levels associated with said selected K distributions of
vectors of indicators Pn(θ) of the database is calculated, each fouling level being weighted by the similarity
measurements between the distribution of vectors of indicators Pn(θ) of the database with which it is associated and the distribution of vectors of
indicators Ptest(θ) of the inspected spacer plate portion.
5. The method according to one of claims 3 to 4, further comprising a determination of
an evaluation of the uncertainty on the thereby determined fouling, on the basis of
the measurement of the similarity between the thereby selected K distributions of
vectors of indicators Pn(θ) of the database and the distribution of vectors of indicators Ptest(θ) of the inspected spacer plate portion and/or of the variability of the quantitative
descriptors associated with the selected distributions of vectors of indicators of
a spacer plate portion.
6. The method according to one of claims 3 to 5, wherein the calculation of the similarity
measurement d
n between the distribution of vectors of indicators P
test(θ) of the inspected spacer plate portion and each of the distributions of vectors
of indicators P
n(θ) of the database comprises an estimation of the distributions by means of a probability
law model

preferably a Gaussian law, a Parzen modeling or a weighted average of probability
laws.
7. The method according to claim 2, wherein the distributions of vectors of fouling indicators
are associated with spatial information, so as to correspond to images representing
the spatial distribution of the fouling values.
8. The method according to claim 1, wherein a set of vectors of fouling indicators is
a vector of indicators of fouling of a tube and the quantitative descriptor associated
with said vector is a fouling level of said tube, said database dealing with at least
M tubes of different steam generators, M≥2, said database including M vectors of indicators
of fouling of a passage, each associated with a fouling level of said passage.
9. The method according to the preceding claim, wherein:
- the vectors of indicators θ of the inspected tube is determined,
- the a posteriori fouling level distribution p(c|θ) is calculated for the vectors
of indicators θ, from vectors of indicators of the database,
- the fouling is determined by the sum of the a posteriori fouling distribution p(c|θ)
weighted by the fouling levels c.
10. The method according to the preceding claim, wherein the calculation of the a posteriori
law comprises an estimation of the a priori law p(c) and of the likelihood p(θ|c).
11. The method according to the preceding claim, wherein the a priori law is determined
by a ratio between:
- the number Mk of tubes of the database having a fouling level c comprised in an interval [ck; Ck+1], and
- the total number of tubes in the database.
12. The method according to one of claims 9 to 10, wherein the likelihood law is approached
on c comprised in an interval [c
k; C
k+1] by a probability law

, preferably a Gaussian law, a Parzen modeling, or a weighted average of laws.
13. The method according to claim 1, wherein the set of vectors of fouling indicators
of the database are packets of vectors of indicators each having a center or an average
and grouping, on the basis of a similarity measurement dealing with said vectors of
fouling indicators, the vectors of fouling indicators which are the closest, in the
sense of the similarity measurement, to said center or to said average, a quantitative
fouling descriptor being associated with each of said packets, and wherein, for a
set of one or several vectors of fouling indicators of the inspected tube or plate
portion:
- each of the vectors of indicators in the set of vectors of indicators of fouling
of the inspected tube or plate portion is compared with the respective centers or
averages of the packets of the database by a similarity measurement,
- m packets of vectors of fouling indicators are selected on the basis of this comparison,
- the fouling level of the inspected tube or plate portion is determined from quantitative
descriptors associated with the m packets of selected vectors of indicators.
14. The method according to claim 13, wherein the fouling level of the inspected tube
or plate portion is determined from an average of the quantitative descriptors of
each packet weighted from the calculated similarity measurements.
15. A computer program product comprising program code instructions for executing the
steps of the method according to the preceding claims when said program is executed
on a computer.