[0001] L'invention a trait au domaine des fauteuils médicalisés, et plus particulièrement
des fauteuils équipés d'assises mobiles permettant d'aider les personnes à mobilité
et/ou à force musculaire réduite (ci-après dénommées « patients ») à s'asseoir et
à se relever.
[0002] S'asseoir et se relever sont des mouvements complexes qui impliquent la participation
des articulations de la cheville, du genou et de la hanche, des muscles des mollets
(jambier antérieur), des cuisses (quadriceps), des fessiers et des dorsaux (lombaires),
et supposent en outre un fonctionnement correct de l'oreille interne, organe de l'équilibre
du corps humain.
[0004] Chez la plupart des patients atteints du SDPM, on observe des symptômes posturaux
dits de rétropulsion (tendance à se projeter en arrière lors du passage de la posture
assise à la posture debout) et d'hypertonie oppositionnelle (tension musculaire réflexe
s'opposant au mouvement envisagé). Ces symptômes sont souvent accompagnés de celui
de stasobasophobie (phobie de la station debout, de la verticalité et de la marche),
qui conduit le patient à craindre l'action consistant à se relever de la posture assise.
[0005] Pour s'asseoir et se relever, les patients peuvent s'aider des bras en appui sur
les accoudoirs qui équipent généralement les fauteuils médicalisés, mais cela requiert
une certaine force. Les patients peuvent également se faire assister d'aides soignants,
mais ceux-ci sont alors exposés à divers troubles musculo-squelettiques (notamment
lombalgies) en raison de la combinaison des facteurs suivants : inconfort de la posture,
répétition des opérations de manutention ; poids des patients.
[0006] Divers fauteuils et chaises munis d'assises télescopiques ont été proposés pour aider
les patients à s'asseoir et se relever. Il existe ainsi des fauteuils à moteur électrique
piloté par une télécommande opérable par le patient.
[0007] Cette technologie, illustrée par le brevet américain
US 7 090 297 (La-Z-Boy), ne va pas sans inconvénients : premièrement, pour être alimenté en électricité,
le fauteuil doit être raccordé au secteur et ne peut par conséquent pas être roulant
; deuxièmement, en raison de l'alimentation électrique, ce fauteuil est relativement
lourd, ce qui rend fastidieux son éventuel déplacement (par ex. d'une chambre à l'autre).
[0008] Il existe également des fauteuils munis d'organes de rappel de type mécanique (ressort)
ou pneumatique (vérin), qui sont plus légers et ne nécessitent aucun apport d'énergie
extérieure. Cette technologie est notamment illustrée par le brevet britannique
GB 1 406 420 (Warwick), qui décrit un fauteuil médical pourvu d'une assise mobile commandée par un mécanisme
à ressort. On peut toutefois démontrer que ce fauteuil manque d'ergonomie, car le
mouvement suivi par l'assise lors de son articulation est assez différent du mouvement
des jambes du patient, qui risque dès lors, en s'asseyant ou en se relevant, de perdre
l'équilibre.
[0009] Un premier objectif est par conséquent de proposer un fauteuil médical plus sécurisant
pour les patients.
[0010] Un deuxième objectif est de proposer un fauteuil médical permettant aux patients
ayant perdu l'habitude de s'asseoir et de se relever sans aide (et notamment aux patients
atteints du SDPM) de retrouver cette habitude.
[0011] Un troisième objectif est de proposer un fauteuil médical fiable et relativement
léger, permettant son déplacement facile.
[0012] A cet effet, il est proposé un fauteuil médicalisé comprenant :
- un châssis muni d'une embase,
- une assise mobile par rapport à l'embase et incluant une demi-assise avant et une
demi-assise arrière mutuellement articulées autour d'un axe A, et
- un mécanisme d'articulation de l'assise pouvant adopter une configuration repliée
plaçant l'assise dans une position basse voisine de l'embase, et une configuration
déployée plaçant l'assise dans une position haute écartée de l'embase, ce mécanisme
comprenant :
o un cadre inférieur monté en rotation par rapport à l'embase autour d'un axe B et
par rapport à la demi-assise avant autour d'un axe C situé au voisinage d'un bord
avant de celle-ci ;
o un cadre supérieur monté en rotation par rapport au cadre inférieur autour d'un
axe D situé entre les axes B et C, et par rapport à la demi-assise arrière autour
d'un axe E situé au voisinage d'un bord arrière de celle-ci ;
o un bras de couplage monté en rotation par rapport à l'embase autour d'un axe F et
par rapport à la demi-assise avant autour d'un axe G écarté de l'axe C ;
- un organe de rappel élastique qui sollicite le mécanisme d'articulation vers sa configuration
déployée ;
les axes A, B, C, D, E, F et G étant parallèles et définissant, dans un plan qui leur
est perpendiculaire :
- les axes B, C, G, F, un quadrilatère inférieur déformable ;
- les axes A, C, D, E, un quadrilatère supérieur déformable ;
les axes A, B, C, D, E, F et G étant positionnés de telle sorte que le quadrilatère
inférieur soit convexe dans la configuration repliée, et concave par l'axe G en configuration
déployée.
[0013] Diverses caractéristiques supplémentaires peuvent être prévues, seules ou en combinaison
:
- la somme des entraxes FG et CG est inférieure ou égale à l'entraxe BC ;
- l'angle entre les plans définis respectivement par les axes A et C d'une part et C
et G d'autre part est compris entre 70° et 120° ;
- l'angle entre les plans définis respectivement par les axes A et C d'une part et C
et G d'autre part est d'environ 90° ;
- l'entraxe DE est supérieur ou égal à l'entraxe AC ;
- l'entraxe CD est inférieur ou égal à l'entraxe BD ;
- l'entraxe AE est supérieur ou égal à l'entraxe CD ;
- l'organe de rappel est un ressort à gaz ;
- le ressort à gaz est du type blocable ;
- le ressort à gaz comprend un corps fixé sur le cadre inférieur, et une tige fixée
sur le cadre supérieur.
[0014] D'autres objets et avantages de l'invention apparaîtront à la lumière de la description
d'un mode de réalisation, faite ci-après en référence aux dessins annexés dans lesquels
:
- la figure 1 est une vue en perspective d'un fauteuil médicalisé, montré seul, dont
l'assise est en position basse ;
- la figure 2 est une vue du fauteuil de la figure 1, dans lequel un patient est assis
;
- la figure 3 est une vue en perspective du fauteuil de la figure 1, dont l'assise est
en position haute ;
- la figure 4 est une vue du fauteuil de la figure 3, avec un patient en train de se
relever du fauteuil ou de s'asseoir dans celui-ci ;
- la figure 5 est une vue de côté de l'assise en position basse et de son mécanisme
d'articulation en configuration repliée ;
- la figure 6 est un schéma cinématique illustrant le mécanisme d'articulation dans
sa configuration repliée ;
- la figure 7 est une vue de côté de l'assise en position haute et de son mécanisme
d'articulation en configuration déployée ;
- la figure 8 est une vue en perspective, par l'arrière, de l'assise en position haute
et de son mécanisme d'articulation en configuration déployée ;
- la figure 9 est un schéma cinématique illustrant le mécanisme d'articulation dans
sa configuration déployée ;
- la figure 10 est une vue en coupe longitudinale montrant l'assise en position haute
et illustrant l'organe de rappel avec, en médaillon, un détail à plus grande échelle
centré sur une butée réglable ;
- la figure 11 est un schéma illustrant les différentes positions de l'assise entre
sa position basse et sa position haute ;
- la figure 12 est un schéma comparatif illustrant les différentes positions de l'assise
du fauteuil du brevet GB 1 406 420, entre sa position basse et sa position haute.
[0015] Sur la figure 1 est représenté un fauteuil 1 médicalisé destiné à des personnes d'âge
avancé ou souffrant de lésions osseuses ou musculaires, ou encore de troubles de l'équilibre
(ci-après appelées plus simplement « patients »). Ce fauteuil
1 est destiné non seulement à leur permettre d'adopter une position assise, mais également
à faciliter leur déplacement pour les aides soignants.
[0016] Le fauteuil
1 comprend un châssis
2 formé d'éléments tubulaires métalliques (notamment en acier ou en alliage d'aluminium).
Ce châssis
2 inclut un chariot
3 muni de roues
4 permettant le déplacement du fauteuil
1, une embase
5 montée sur le chariot
3, un mât
6 fixé de manière réglable (notamment en inclinaison) sur l'embase
5, et, comme illustré, des tubes
7 qui s'étendent latéralement à partir de l'embase
5 pour permettre le montage réglable d'accoudoirs
8. Le chariot
3 comprend par exemple une traverse
9 principale et une paire de longerons
10 aux extrémités desquels sont fixées les roues
4.
[0017] Le fauteuil
1 comprend un dossier
11 monté sur le mât
6, et, de manière optionnelle, une têtière
12 montée à une extrémité supérieure du mât
6, surmontant le dossier
11. Par ailleurs, comme dans l'exemple illustré, le fauteuil
1 est de préférence équipé d'un guidon
13 formé par une barre transversale fixée à l'extrémité supérieure du mât
6, pour faciliter le déplacement et la manoeuvre du fauteuil
1 par un aide-soignant. Dans ce qui suit, le terme « arrière » définit une localisation
du côté du dossier
11 ; le terme « avant » définit, a contrario, une localisation opposée. Le terme « bas
» définit une localisation du côté des roues
4 ; le terme « haut » définit, a contrario, une localisation opposée. D'une manière générale,
les termes « arrière », « avant », « bas » et « haut » sont employés dans le cadre
d'un positionnement et d'une utilisation normaux du fauteuil
1, comme on en a couramment l'habitude dans la vie quotidienne. Il en va de même des
termes « vertical » et « horizontal », étant supposé que le fauteuil
1 repose sur un sol horizontal.
[0018] Le fauteuil
1 comprend une assise
14 mobile par rapport à l'embase
5 entre une position basse (figures 1, 2, 5, 6) dans laquelle l'assise
14 s'étend au voisinage de l'embase
5 pour permettre à un patient
15 d'être confortablement assis dans le fauteuil
1, comme illustré sur la figure 2, et une position haute (figures 3, 4, 7, 8, 9, 10)
dans laquelle l'assise
14 est écartée de l'embase
5 pour aider le patient
15 à se relever en le poussant derrière ses cuisses ou, au contraire, à s'asseoir en
amortissant et en accompagnant son mouvement.
[0019] L'embase
5 peut être fixée de manière inamovible sur le chariot
3, ou, comme dans l'exemple illustré, de manière réglable au moins en hauteur et, éventuellement,
en rotation, par l'intermédiaire d'un vérin
16 muni d'un mécanisme de blocage actionnable au moyen d'un levier
17 en saillie à portée du patient
15. L'embase
5 se présente, dans l'exemple illustré, sous forme d'une pièce métallique comprenant
une plaque
18 horizontale et des rebords
19 latéraux repliés à l'équerre par rapport à la plaque
18 horizontale.
[0020] Il est préférable que l'embase
5 (et donc l'assise
14 et les accoudoirs) soi(en)t bloqué(s) en rotation pendant que le patient
15 s'assoit ou se relève, de sorte à sécuriser celui-ci. A cet effet, et comme illustré
notamment sur la figure 1, l'un au moins des tubes
7 est pourvu d'une béquille
20 qui vient buter contre la traverse
9.
[0021] Selon un mode de réalisation illustré sur les figures 1 à 4, le fauteuil 1 est équipé
d'un repose-pied
21 déplaçable en hauteur entre une position basse (illustrée sur les figures) dans laquelle
le repose-pied
21 s'étend au voisinage du sol pour permettre au patient
15 d'y prendre appui lorsqu'il s'assoit et se relève, et une position haute dans laquelle
le repose-pied
21 est écarté du sol pour maintenir les pieds du patient à distance du sol, ce qui évite
qu'ils ne frottent contre celui-ci lors des déplacements du fauteuil
1. Comme on le voit notamment sur les figures 1 à 4, le fauteuil
1 est pourvu d'un mécanisme
22 d'actionnement du repose-pied
21, incluant un levier
23 de commande au pied et une tringlerie
24 de couplage du levier
23 au repose-pied
21, le basculement du levier
23 de commande plaçant le repose-pied
21 dans sa position haute ou, inversement, dans sa position basse. Avantageusement,
le mécanisme
22 d'actionnement commande simultanément le blocage d'au moins deux des roues
4 (par ex. les roues arrière) en position basse du repose-pied
21, de sorte à éviter que le fauteuil
1 ne se dérobe lorsque le patient
15 se relève ou s'assied.
[0022] L'assise
14 est en deux parties : elle comprend une demi-assise
14A avant destinée à supporter les cuisses du patient
15, et une demi-assise
14B arrière destinée à supporter son bassin. Les demi-assises
14A,
14B sont mutuellement articulées autour d'un axe A commun, situé au voisinage d'un bord
arrière de la demi-assise
14A avant et d'un bord avant de la demi-assise
14B arrière.
[0023] Comme illustré sur les figures, et notamment sur les figures 5 et 7, la demi-assise
14A avant comprend une plaque
25 avant métallique pourvue de rebords
26 ; de même, la demi-assise
14B arrière comprend une plaque
27 arrière métallique pourvue de rebords
28.
[0024] L'axe A est, dans l'exemple illustré, formé par une paire de boulons
29 par lesquels les plaques
25, 27 sont montées en rotation l'une par rapport à l'autre.
[0025] L'assise
14 comprend un coussin
30 souple ayant une partie
30A avant montée sur la plaque
25 avant par l'intermédiaire d'un plateau
31A avant monté coulissant sur celle-ci, et une partie
30B arrière montée sur la plaque
27 arrière par l'intermédiaire d'un plateau
31B arrière monté coulissant sur celle-ci et articulé par rapport au plateau
31A avant autour d'une charnière
32.
[0026] Le coussin
30 est de préférence réalisé dans une mousse, par ex. une mousse viscoélastique (couramment
dénommée mousse à mémoire de forme). Les plateaux
31A, 31B peuvent être réalisés en plastique, en bois ou, avantageusement, dans un matériau
dérivé du bois (typiquement aggloméré, médium, stratifié).
[0027] Le fauteuil
1 comprend en outre un mécanisme
33 d'articulation de l'assise
14, conçu pour pouvoir adopter une configuration repliée plaçant l'assise
14 dans sa position basse (figures 5, 6µ), et une configuration déployée plaçant l'assise
14 dans sa position haute (figures 7, 8, 9).
[0028] Ce mécanisme
33 comprend, en premier lieu, un cadre
34 inférieur monté en rotation par rapport à l'embase
5 autour d'un axe B et par rapport à la demi-assise
14A avant autour d'un axe C situé au voisinage d'un bord avant de celle-ci. Dans l'exemple
illustré, l'axe B est formé par une paire de boulons
35 par lesquels le cadre
34 inférieur est monté en rotation sur les rebords
19 de l'embase
5.
[0029] Le cadre
34 inférieur pourrait être formé d'une paire de tiges parallèles reliées entre elles
par un entretoisement. Dans l'exemple illustré sur les figures, et notamment sur la
figure 8, le cadre
34 inférieur se présente toutefois sous forme d'une pièce métallique monobloc comprenant
une plaque
36 rectangulaire pourvue d'une échancrure
37 dont la fonction apparaîtra ci-après), et de bords
38 latéraux repliés à l'équerre par rapport à la plaque
36.
[0030] Selon un mode de réalisation illustré sur les figures, et notamment sur les figures
5, 7 et 8, l'axe C est formé par un tube
39 intégré au carde inférieur (en étant par ex. soudé sur la plaque au niveau d'un bord
avant de celle-ci) et monté en rotation entre deux paliers
40 fixés (par ex. par vissage) à la demi-assise
14A avant, de part et d'autre latéralement de celle-ci.
[0031] Le mécanisme
33 d'articulation comprend, en deuxième lieu, un cadre
41 supérieur monté en rotation, d'une part par rapport au cadre
34 inférieur autour d'un axe D situé entre les axes B et C, et d'autre part par rapport
à la demi-assise
14B arrière autour d'un axe E situé au voisinage d'un bord arrière de celle-ci.
[0032] Le cadre
41 supérieur pourrait être formé d'une paire de tiges parallèles reliées entre elles
par un entretoisement. Dans l'exemple illustré sur les figures, et notamment sur la
figure 8, le cadre
41 supérieur se présente toutefois sous forme d'une pièce métallique monobloc comprenant
une plaque
42 rectangulaire pourvue d'une fente
43 centrale (dont la fonction apparaîtra ci-après), et de bords
44 latéraux repliés à l'équerre par rapport à la plaque
42.
[0033] Dans l'exemple illustré, l'axe D est formé par une paire de boulons
45 coaxiaux par lesquels le cadre
41 supérieur est monté en rotation sur les bords latéraux du cadre
34 inférieur. Selon un mode préféré de réalisation, l'axe D s'étend dans le plan formé
par les axes B et C (en d'autres termes, les axes B, C et D sont coplanaires). L'axe
E est quant à lui formé par une paire de boulons
46 coaxiaux par lesquels le cadre
41 supérieur est monté en rotation par rapport à la demi-assise
14B arrière, et plus précisément sur des pattes
47 formés en saillie à partir de la plaque
27 arrière.
[0034] Le mécanisme
33 d'articulation comprend, en troisième lieu, un bras
48 de couplage monté en rotation, d'une part par rapport à l'embase
5 autour d'un axe F, et d'autre part par rapport à la demi-assise
14A avant autour d'un axe G écarté de l'axe C et situé du côté de celui-ci opposé à la
plaque
25 avant.
[0035] Le bras
48 de couplage pourrait se présenter sous forme d'une bielle unique centrale (c'est-à-dire
s'étendant dans un plan longitudinal de symétrie du fauteuil
1). Toutefois, dans l'exemple illustré, le bras
48 de couplage comprend une paire de bielles
49 disposées latéralement de part et d'autre de l'embase
5, rendues solidaires l'une de l'autre au moyen d'une entretoise
50 (ici sous la forme d'une barre transversale).
[0036] Comme cela est visible sur les figures, l'axe F de rotation du bras
48 de couplage est décalé par rapport à l'axe B de rotation du cadre
34 inférieur, à la fois vers l'avant et vers le bas, le bras
48 étant lui-même décalé vers l'avant par rapport à l'ensemble du cadre
34 inférieur. L'axe F est par exemple formé d'une paire de boulons
51 par lesquels chaque bielle
49 est montée en rotation par rapport à un rebord
19 de l'embase
5.
[0037] Comme on le voit en outre sur les figures 5, 7 et 8, le bras
48 est couplé en rotation à la demi-assise
14A avant par l'intermédiaire d'une patte
52 en saillie de la plaque
25 avant, dont elle est solidaire (par ex. par soudage). Selon un mode de réalisation
illustré sur ces figures, la patte
52 est en forme de corne et l'axe G de rotation du bras
48 par rapport à la demi-assise
14A avant est fixé à une extrémité de la patte opposée à celle-ci. Dans l'exemple illustré,
l'axe G est formé par une paire de boulons
53 coaxiaux.
[0038] Les axes A, B, C, D, E, F et G sont parallèles entre eux et s'étendent transversalement,
c'est-à-dire perpendiculairement à un plan général de symétrie du fauteuil
1.
[0039] De la sorte, les axes A, B, C, D, E, F et G définissent, dans tout plan qui leur
est perpendiculaire (et notamment dans le plan général de symétrie du fauteuil
1) :
- les axes B, C, G, F, un quadrilatère BCGF inférieur déformable ;
- les axes A, C, D, E, un quadrilatère ACDE supérieur déformable.
[0040] Comme la patte
52, qui porte l'axe G, est solidaire de la plaque
25 avant, le côté AC du quadrilatère ACDE supérieur et le côté CG du quadrilatère BCGF
inférieur sont rigidement solidaires. Comme, en outre, les axes B et F sont fixes
et l'axe D est solidaire du cadre
34 inférieur (c'est-à-dire du côté BC du quadrilatère BCGF inférieur), les déformations
des quadrilatères BCGF et ACDE sont liées, à chaque configuration du quadrilatère
inférieur BCGF correspondant une unique configuration du quadrilatère supérieur ACDE,
et réciproquement.
[0041] Le mécanisme
33 d'articulation n'est cependant pas libre, faute de quoi la gravité le maintiendrait
dans sa configuration repliée. Le fauteuil
1 comprend un organe
54 de rappel élastique, qui sollicite le mécanisme
33 d'articulation vers sa configuration déployée, de sorte qu'en l'absence de tout effort
résistant contrariant la déformation de l'organe 54 de rappel, la configuration déployée
est celle qu'occupe par défaut le mécanisme
33 d'articulation.
[0042] Selon un mode de réalisation avantageux, l'organe
54 de rappel est interposé entre le cadre
34 inférieur et le cadre
41 supérieur qu'il tend à écarter l'un de l'autre. L'organe
54 de rappel est par exemple un ressort à gaz, et comprend dans ce cas un corps
55 de vérin, qui dans l'exemple illustré est fixé sur le cadre
34 inférieur (et plus précisément sur une chape
56 solidaire de celui-ci) en étant articulé par rapport à celui-ci, et une tige
57 montée coulissante par rapport au corps
55 et fixée sur le cadre
41 supérieur au travers de l'échancrure
37 et de la fente
43, en étant articulée par rapport au cadre supérieur
41.
[0043] Comme illustré sur la figure 8, l'échancrure
37 et la fente
43 ménagent un débattement angulaire pour la tige
57 pour en autoriser le pivotement qui accompagne le basculement du cadre
41 supérieur par rapport au cadre
34 inférieur lors du déploiement (ou, inversement, du repliement) du mécanisme
33 d'articulation.
[0044] Comme illustré sur la figure 10, et plus particulièrement dans le médaillon de détail
de celle-ci, le mécanisme
33 d'articulation peut être muni d'une butée
58 réglable permettant d'ajuster la configuration déployée du mécanisme
33 (et donc la position haute de l'assise
14). Comme dans l'exemple illustré, cette butée
58 peut se présenter sous forme d'une molette vissée dans la barre
50 entretoisant les bielles
49 du bras
48 de couplage. La butée
58 présente une poignée
59 en forme de champignon et une tige
60 à l'extrémité de laquelle est monté un patin
61 hémisphérique. En configuration déployée, la plaque
36 du cadre
34 inférieur vient buter contre le patin
61, ce qui bloque en position le mécanisme
33 d'articulation. Par vissage (ou dévissage) de la tige
60 dans la barre
50 au moyen de la poignée
59, on règle la position du patin
61, ce qui permet d'ajuster la configuration déployée du mécanisme
33 d'articulation (et donc la position haute de l'assise
14) à la morphologie (et notamment à la taille) du patient
15.
[0045] L'assise
14 mobile (avec son mécanisme
33 d'articulation) peut ainsi accompagner et assister les gestes du patient
15 consistant à s'asseoir depuis la posture debout, et inversement à se relever depuis
la posture assise.
[0046] On décrit à présent le mouvement du mécanisme
33 d'articulation, en partant d'abord de la posture debout du patient
15 et de la configuration déployée (réglable, comme nous venons de le voir) du mécanisme
33 d'articulation (et donc de la position haute de l'assise). Dans cette configuration,
illustrée sur les figures 3 et
4, on suppose bloquées les roues
4 du fauteuil
1, et abaissé le repose-pied
21.
[0047] Le patient
15 se présente dos au fauteuil
1, et, ses pieds sur le repose-pied
21 baissé, fléchit légèrement les jambes. Il peut s'aider des bras en venant agripper
les accoudoirs
8 (dont la hauteur est de préférence réglable), comme illustré sur la figure
4, ce qui sollicite, quoique de manière modérée, les muscles extenseurs du coude (notamment
le triceps brachial). L'arrière des cuisses (muscles ischiojambiers) venant s'appuyer
sur la demi-assise
14A avant, et le bassin (et les fessiers) sur la demi-assise
14B arrière, le patient
15 peut alors se laisser aller à s'asseoir en relâchant ses muscles sans craindre de
choc au coccyx, le ressort
54 amortissant son mouvement.
[0048] Le ressort
54 est, à cet effet, choisi pour ralentir (et donc amortir, sans toutefois le contrarier)
le mouvement de repliement du mécanisme
33 d'articulation, et ce pour un panel de patients ayant des poids variés compris entre
une valeur minimale (par ex. de l'ordre de 35 à 40 kg) et une valeur maximale (par
ex. de l'ordre de 80 à 90 kg). Il est envisageable de choisir un ressort
54 à gaz à effort réglable pour l'adapter au poids du patient
15. En variante, il est envisageable de prévoir plusieurs modèles de fauteuils
1 adaptés chacun à une gamme restreinte de poids et couvrant ensemble une large gamme
de poids, et que l'on sélectionne en fonction du poids du patient.
[0049] Une fois le patient
15 assis, un aide-soignant peut débloquer les roues
4 et relever le repose-pied
21 pour déplacer librement le fauteuil 1 (avec le patient) au moyen du guidon
13.
[0050] Inversement, en partant de la posture assise du patient
15 et de la configuration repliée du mécanisme
33 d'articulation (et en supposant les roues
4 bloquées et le repose-pied
21 abaissé, figures 1 et 2), le patient
15, pour amorcer le mouvement consistant à se relever, commence par pencher le buste
en avant, ce qui déplace son centre de gravité vers l'avant et transfère une partie
de son poids sur ses pieds en diminuant l'effort résistant opposé au déploiement du
mécanisme
33 d'articulation sous l'effet de rappel du ressort
54.
[0051] Le patient peut s'aider de ses bras en agrippant les accoudoirs
8 et en s'y appuyant, ce qui allège encore le poids porté par l'assise
14, jusqu'au point où le ressort
54 peut librement s'étirer en déployant le mécanisme
33 d'articulation, ce qui pousse le patient à la fois vers le haut (par la demi-assise
14B arrière) et vers l'avant (par la demi-assise
14A avant) et allège encore le poids porté par l'assise
14. Le patient
15 ainsi assisté peut alors parvenir sans difficulté à la posture illustrée sur la figure
4 où, bien que ses jambes soient encore légèrement fléchies, l'effort que doit consentir
le patient
15 pour les étendre complètement est modeste.
[0052] Le mécanisme
33 d'articulation n'est pas seulement conçu pour fournir au patient
15 un effort de poussée lui permettant de se relever ; il est conçu pour effectuer un
mouvement d'accompagnement ergonomique, c'est-à-dire au plus près de la cinématique
du corps humain passant de la posture assise à la posture debout, et inversement.
[0053] A cet effet, les axes A, B, C, D, E, F et G sont positionnés (c'est-à-dire que le
cadre
34 inférieur, le cadre
41 supérieur, la demi-assise
14A avant, la demi-assise
14B arrière et le bras
48 de couplage sont dimensionnés) de telle sorte que le quadrilatère BCGF inférieur
soit convexe dans la configuration repliée du mécanisme
33, et concave par l'axe G en configuration déployée du mécanisme
33.
[0054] Rappelons qu'un quadrilatère est dit convexe lorsque ses diagonales sont incluses
dans le périmètre défini par le quadrilatère, et concave lorsque l'une des diagonales
est située hors de ce périmètre. En d'autres termes, que le quadrilatère inférieur
BCGF soit concave par l'axe G signifie que l'angle entre les segments GF et GC, mesuré
du côté intérieur au quadrilatère BCGF, est supérieur à 180°.
[0055] On constate en effet que :
- tant que le quadrilatère inférieur BCGF est convexe, le segment AE (et avec lui la
demi-assise 14B arrière) est animé, lors du déploiement ou du repliement du mécanisme 33 d'articulation au cours d'une phase dite translative (notée T sur la figure 11),
d'un mouvement essentiellement de translation verticale (flèche F1 sur la figure 6) jusqu'à une configuration intermédiaire dans laquelle les segments
GF et GC sont alignés ;
- dès lors que, passée la configuration intermédiaire, le quadrilatère inférieur BCGF
devient concave, le segment AE (et avec lui la demi-assise 14B arrière) est animé, lors du déploiement ou du repliement du mécanisme 33 d'articulation au cours d'une phase dite rotative (notée R sur la figure 11), d'un
mouvement essentiellement de rotation d'arrière en avant (dans le cas du déploiement,
flèche F2 sur la figure 9) ou inversement d'avant en arrière (dans le cas du repliement).
[0056] Le mouvement du mécanisme
33 d'articulation (et donc de l'assise
14) est donc subdivisé en deux phases.
[0057] Lors de la phase T translative, la demi-assise
14B arrière accompagne le mouvement de translation verticale du bassin (et des fessiers)
du patient
15, soit lorsqu'il initie le mouvement consistant à se relever depuis la posture assise,
soit lorsqu'il termine le mouvement consistant à s'asseoir. Quant à la demi-assise
14A avant, elle est animée d'un mouvement combiné de translation verticale et de rotation
de faible amplitude angulaire qui accompagne à la fois la remontée (dans le cas du
passage à posture debout) ou la descente (dans le cas du passage à la posture assise)
de l'articulation du genou et la rotation des cuisses autour de celle-ci. Dans le
mouvement de déploiement du mécanisme
33 d'articulation, l'axe C est animé, au cours de la phase T translative, d'un mouvement
de rotation de grande amplitude vers le haut, centré sur l'axe B (flèche
F3 sur la figure 6).
[0058] On observera que, pendant la phase T translative, l'ensemble de l'assise
14 se translate vers l'arrière. Ce mouvement permet de rassurer (et donc de détendre
musculairement) les patients présentant un symptôme de rétropulsion, enclins par réflexe
à projeter leur corps vers l'arrière lors du passage de la posture assise à la posture
debout.
[0059] Lors de la phase R rotative, l'assise
14 complète (demi-assise
14A avant et demi-assise
14B arrière) accompagne le mouvement de rotation solidaire du bassin et des cuisses du
patient
15 autour de l'articulation du genou, qui demeure à hauteur sensiblement constante.
Dans le mouvement de déploiement du mécanisme
33 d'articulation, l'axe C est animé, au cours de la phase R rotative, d'un mouvement
de rotation de faible amplitude vers le bas, centré sur l'axe B (flèche
F4 sur la figure 9), ce qui libère l'articulation du genou et permet au patient
15 d'achever sans obstacle l'extension de ses jambes pour se relever.
[0060] En outre, on observera que, pendant la phase R rotative, l'ensemble de l'assise
14 se translate vers l'avant, ce qui, après la phase T translative qui accompagne vers
l'arrière le patient ayant un symptôme de rétropulsion, propulse a contrario celui-ci
vers l'avant à la fin du mouvement et lui permet de se mettre définitivement debout.
[0062] Deux, trois ou quatre des conditions a) à e) peuvent être conjointement satisfaites.
Dans l'exemple illustré, toutes les conditions a), b), c), d) et e) sont conjointement
satisfaites.
[0063] On fournit ci-dessous, à titre d'exemple, une liste de paramètres et leurs valeurs
numériques correspondantes, pour lesquelles le mécanisme
33 d'articulation fonctionne correctement, c'est-à-dire qu'il permet d'obtenir la phase
translative et la phase rotative, au bénéfice de la sécurité du patient, et permet
de réaliser une assise ergonomique. Dans le tableau qui suit, une succession de deux
lettres accolées, parmi les lettres A, B, C, D, E, F et G, correspond à la distance
séparant les axes définis par leurs lettres respectives. Ainsi, BC désigne l'entraxe
(c'est-à-dire la distance la plus courte) défini entre les axes B et C.
| paramètre |
valeur |
| FG |
192 mm |
| BC |
253 mm |
| CD |
65 mm |
| CG |
34 mm |
| CA |
188 mm |
| AE |
160 mm |
| DE |
281 mm |
| α |
91,8° |
| BFX |
64 mm |
| BFZ |
25 mm |
[0064] BF
X désigne la distance entre les plans verticaux passant par les axes B et F, et BF
Z la distance entre les plans horizontaux passant par ces mêmes axes.
[0065] On a tracé sur la figure 12, à titre de comparaison, un schéma similaire à celui
de la figure 11, pour illustrer les différentes positions de l'assise du fauteuil
du brevet
GB 1 406 420 entre ses positions extrêmes représentées sur les figures 2 et 3 de ce brevet. Sur
le schéma de la figure 12, dont l'orientation est inversée par rapport aux figures
2 et 3 de ce brevet, l'avant de l'assise est à droite. On voit que la partie arrière
de l'assise est animée d'un mouvement essentiellement de translation verticale et
vers l'avant, sans composante notable de rotation, tandis que l'extrémité avant de
l'assise est animée d'un mouvement essentiellement de translation toujours dirigé
vers l'arrière, y compris à la fin du mouvement. Une telle cinématique ne suit pas
le mouvement du corps humain, et en particulier ne fournit pas au patient atteint
du SDPM l'impulsion vers l'avant qui, à la fin du mouvement lui est nécessaire pour
se relever.
[0066] A contrario, le mécanisme 33 d'articulation du fauteuil 1 décrit plus haut permet,
grâce à la décomposition du mouvement en deux phases, à savoir une phase essentiellement
translative suivie (ou précédée, selon que le patient s'assied ou se relève) d'une
phase essentiellement rotative, ce qui le rend adapté à la cinématique du corps humain.
Il en résulte une meilleure sécurité pour le patient
15 atteint du SDPM dont les symptômes de rétropulsion, d'hypertonie oppositionnelle
et de stasobasophobie peuvent ainsi être efficacement combattus.
[0067] Des essais conduits avec ce fauteuil
1 montrent que des patients ayant perdu l'habitude de s'asseoir et de se relever sans
aide peuvent retrouver cette habitude par une utilisation quotidienne du fauteuil.
[0068] Il est envisageable d'aller au-delà de la seule assistance aux mouvements consistant
à se relever et à s'asseoir (par exemple progressivement au cours d'un programme de
rééducation) en limitant la course du mécanisme
33 d'articulation (et donc de l'assise
14) au moyen d'un système de blocage du ressort
54.
[0069] Ce système de blocage agit par exemple sur un clapet d'obturation d'un évent de décompression
du ressort
54, ce qui bloque la tige
57 en position, quelle que soit cette position. Le système de blocage est par exemple
actionné au guidon
13 au moyen d'une manette
62 actionnable manuellement et reliée au ressort
54 par un câble
63, à la manière d'un frein de bicyclette.
[0070] Le mécanisme
33 d'articulation ajoute certes du poids par rapport à un fauteuil qui en serait dépourvu,
mais ce poids peut demeurer contenu, dans la mesure où les pièces qui le constituent
sont relativement peu nombreuses et assez légères. Au total, le fauteuil peut demeurer
relativement léger. En outre, si les axes A, B, C, D, E, F et G sont suffisamment
graissés, le mécanisme
33 procure au fauteuil
1 une grande fiabilité, et par conséquent une grande longévité.