DOMAINE DE L'INVENTION
[0001] L'invention concerne un procédé de métallisation d'une surface d'une pièce telle
qu'un flacon ou une bouteille, et un outil de support de la pièce permettant la mise
en oeuvre de ce procédé.
[0002] L'invention s'applique notamment à la métallisation de pièces en verre ou en plastique.
ETAT DE LA TECHNIQUE
[0003] On connaît déjà du document
FR 2 934 609 un procédé de métallisation d'une pièce telle qu'un flacon, pouvant être en verre,
en plastique, en matériau composite, ou encore en métal, etc.
[0004] Ce procédé comporte plusieurs étapes de préparation et de traitement de la pièce
pour améliorer l'efficacité de la métallisation.
[0005] En particulier, le procédé comporte d'abord une étape de projection d'un vernis de
base sur la surface de la pièce, permettant ensuite au métal déposé d'adhérer à la
surface de la pièce.
[0006] Un traitement de surface est ensuite mis en oeuvre pour oxyder le vernis de base
et modifier la tension de surface du vernis pour améliorer sa mouillabilité. Ce traitement
de surface est par exemple un flammage, c'est-à-dire l'exposition pendant une durée
réduite de la pièce à une flamme.
[0007] Le traitement peut ensuite comprendre une étape d'activation, ou de sensibilisation
de la surface à recouvrir, par projection d'une solution à base de chlorure stanneux
SnCl2, puis un rinçage.
[0008] Enfin, la métallisation en tant que telle est effectuée en projetant sur la surface
de la pièce une ou plusieurs solutions oxydo-réductrices contenant des ions métalliques,
causant une précipitation de métal directement sur la surface de la pièce.
[0009] Par exemple, la métallisation est avantageusement effectuée par pulvérisation simultanée
d'une solution contenant des ions argent Ag+, et d'une solution réductrice.
[0010] Pour la mise en oeuvre industrielle de cette étape, la pièce à métalliser est fixée
sur un support. Par exemple, dans le cas où la pièce est un flacon ou une bouteille,
elle est montée sur un support par son embouchure, le support étant disposé à la verticale
de la pièce, en-dessous ou au-dessus de celle-ci.
[0011] En outre, le support entraine en général la pièce en rotation pour assurer une métallisation
uniforme sur toute la circonférence de la pièce.
[0012] Un tel procédé de métallisation permet de réaliser un revêtement métallique opaque
ou translucide, en fonction de la quantité de métal précipitée sur la surface, et
donc de la durée de pulvérisation de solution oxydo-réductrice et/ou de la vitesse
de rotation de la pièce sur son support.
[0013] Il est également possible de réaliser des dégradés de métallisation, depuis une zone
translucide jusqu'à une zone complètement opaque, en faisant varier la quantité de
métal déposée le long de la surface de la pièce.
[0014] Cependant, compte-tenu des contraintes industrielles de production des pièces, toutes
les possibilités de dégradés ne sont pas permises. En effet, le procédé de métallisation
par pulvérisation de solutions oxydo-réductrices implique de pulvériser ces solutions
en excès par rapport à la quantité de métal à déposer sur la surface de la pièce.
[0015] Il résulte de la pulvérisation un ruissellement d'eau et d'argent sur la surface
de la pièce, qui s'écoule le long de la pièce vers le sol du fait de la gravité, et
dont une partie de l'argent peut se déposer sur la pièce.
[0016] Ainsi la partie la plus opaque d'un dégradé de métallisation se trouve nécessairement
du côté de la pièce le plus proche du sol lorsque la pulvérisation est réalisée.
[0017] On comprend que pour un flacon, si le flacon est tenu par son embouchure, par un
support disposé sous le flacon, il est possible de faire un dégradé métallique depuis
la base, translucide ou transparente, vers l'embouchure du flacon complètement opaque.
[0018] Si en revanche le flacon est tenu par son embouchure par un support disposé au-dessus
du flacon, on obtient un dégradé métallique depuis l'embouchure, translucide ou transparente,
vers la base, complètement opaque.
[0019] Il n'est donc pas possible de réaliser un dégradé double, comprenant une partie complètement
métallisée et opaque au milieu d'une pièce, et deux parties moins métallisées aux
extrémités de la pièce.
DESCRIPTION DE L'INVENTION
[0020] L'invention a pour but de pallier les inconvénients de l'art antérieur, en proposant
un procédé de métallisation permettant de réaliser un dégradé double d'une pièce,
comprenant, aux extrémités d'une pièce, deux zones relativement peu métallisées, et
entre les extrémités, au moins une zone relativement plus métallisée.
[0021] L'invention a également pour but de proposer un outil permettant la mise en oeuvre
de ce procédé.
[0022] A cet égard, l'invention a pour objet un procédé de métallisation de la surface d'une
pièce, la pièce étant maintenue sur un bras de support, le procédé comprenant les
étapes consistant à :
- a) projeter sur la pièce un revêtement de base,
- b) appliquer un traitement de diminution de la tension de surface du revêtement de
base, et
- c) projection d'au moins une solution oxydo-réductrice comprenant des ions métalliques
sur la pièce pour métalliser une surface de la pièce,
dans lequel, lors de l'étape a), le bras de support de la pièce s'étend verticalement,
le procédé étant caractérisé en qu'il comprend en outre une étape consistant à incliner
le bras de support de la pièce à partir de la position verticale entre l'étape a)
et l'étape c).
[0023] Avantageusement, mais facultativement, le procédé selon l'invention peut en outre
comprendre au moins l'une des caractéristiques suivantes : à l'issue de l'inclinaison
du bras de support (20), celui-ci peut s'étendre dans une position comprise entre
la position verticale et une position horizontale.
- l'étape b) peut comprendre un traitement de flammage.
- Le procédé peut en outre comprendre des étapes préliminaires à l'étape c) de projection,
lesdites étapes comprenant une activation de la surface du flacon par projection de
chlorure stanneux et un rinçage.
- l'inclinaison du bras de support de la pièce peut être mise en oeuvre entre l'étape
a) et l'étape b), entre l'étape b) et l'étape c), ou entre l'étape de rinçage et l'étape
c).
- le bras de support de la pièce peut être rotatif lors de la mise en oeuvre des étapes
a) à c).
[0024] L'invention a également pour objet un outil de support d'une pièce pour la mise en
oeuvre du procédé selon la description qui précède, comprenant :
- un premier connecteur, adapté pour être monté solidaire en rotation d'un bras de support
de la pièce, et
- un deuxième connecteur, adapté pour être monté solidaire en rotation d'un arbre d'entrainement,
et
l'outil de support étant caractérisé en ce que les connecteurs sont montés pivotants
l'un par rapport à l'autre, de manière à former entre eux un angle variable sur une
plage angulaire,
et en ce qu'il comprend en outre un organe de transmission d'un mouvement de rotation
d'un connecteur à l'autre sur toute ladite plage angulaire.
[0025] Avantageusement, mais facultativement, l'outil de support selon l'invention peut
en outre comprendre au moins l'une des caractéristiques suivantes :
- la plage angulaire peut être égale à 90°.
- chaque connecteur peut comprendre, à une extrémité, un pignon conique, et l'organe
de transmission de mouvement peut comprendre un pignon conique adapté pour engrener
avec les pignons des deux connecteurs.
- L'outil de support peut en outre comprendre un boitier formé de deux coques, chaque
connecteur étant fixé à une coque respective, et les coques étant montées pivotantes
l'une à l'autre sur ladite plage angulaire.
- L'outil peut en outre comprend des moyens de blocage d'un connecteur selon une pluralité
de positions angulaires dans la plage angulaire.
[0026] L'invention porte également sur un système de support d'un flacon comprenant :
- un outil de support selon la description qui précède,
- un bras de support d'une pièce, fixé au premier connecteur de l'outil de support,
et
- un arbre d'entrainement, fixé au deuxième connecteur de l'outil de support.
[0027] Le procédé selon l'invention prévoit d'incliner la pièce à partir d'une position
sensiblement verticale pour la mise en oeuvre de l'étape de projection de solution
oxydo-réductrice. De cette manière, la pièce peut être amenée sur un axe sensiblement
horizontal, ce qui a pour effet de supprimer le ruissellement de métal vers d'autres
sections que la section que l'on souhaite métalliser.
[0028] Ainsi il est en particulier possible de réaliser un dégradé dans lequel les extrémités
de la pièce sont faiblement métallisées et une portion entre les extrémités est plus
fortement métallisée.
[0029] L'outil proposé peut être monté directement sur les installations industrielles existantes.
Il permet d'impartir à la pièce un mouvement de rotation autour de son bras de support
quel que soit l'angle formé entre le bras de support et l'arbre d'entrainement sur
lequel est monté l'outil, ce qui permet de conserver une homogénéité de métallisation
sur une section circonférentielle de la pièce, quel que soit l'angle dans lequel le
bras de support se trouve.
[0030] En outre, l'outil permet de bloquer la pièce et son bras de support selon plusieurs
angles possibles dans une plage angulaire, ce qui permet d'amener dans une position
horizontale des parties de pièces de géométries complexes.
DESCRIPTION DES FIGURES
[0031] D'autres caractéristiques, buts et avantages de l'invention ressortiront de la description
qui suit, qui est purement illustrative et non limitative, et qui doit être lue en
regard des dessins annexés, sur lesquels :
- Les figures 1a et 1b représentent schématiquement la mise en oeuvre des principales
étapes du procédé selon un mode de réalisation de l'invention,
- Les figures 2a et 2b représentent une pièce montée sur un outil de support lors de
la mise en oeuvre du procédé,
- La figure 2c représente une vue de dessus d'un convoyeur lors de la mise en oeuvre
d'une étape de pulvérisation de solution oxydo-réductrice,
- La figure 3 représente schématiquement une vue d'ensemble d'un outil de support selon
un mode de réalisation de l'invention,
- Les figures 4a et 4b représentent, en coupe longitudinale, un système de support comprenant
un outil de support,
- Les figures 5a et 5b sont des vues en perspective d'éléments d'un outil de support
selon un mode de réalisation de l'invention.
DESCRIPTION DETAILLEE D'AU MOINS UN MODE DE REALISATION DE L'INVENTION
Procédé de métallisation d'une pièce
[0032] En référence aux figures 1a et 1b, on a représenté les principales étapes d'un procédé
de métallisation d'une pièce 1.
[0033] La pièce 1 à métalliser est avantageusement une pièce rigide, réalisée en un matériau
tel qu'un verre, un plastique, un matériau composite, ou encore un métal, un alliage,
etc.
[0034] La pièce 1 est de préférence un flacon comportant un goulot 10, comme par exemple
un flacon destiné au stockage de produit cosmétique ou de parfum, une bouteille, etc.
Cependant la pièce 1 n'est pas limitée dans sa forme à un flacon. Il peut par exemple
s'agir de tout autre type de conteneur, par exemple un verre, ou tout autre objet
tridimensionnel.
[0035] Le procédé de métallisation comprend une succession d'étapes de traitement de la
surface de la pièce à métalliser. Pour réaliser avantageusement cette succession d'étapes,
la pièce 1 est positionnée sur un bras de support 20, s'étendant selon un axe longitudinal.
[0036] Le bras de support 20 est monté sur un convoyeur et entrainé en translation par celui-ci,
pour amener la pièce 1 aux différentes étapes du procédé.
[0037] Le bras de support 20 est avantageusement conformé pour pourvoir être fixé à la pièce
1 sans la dégrader. Ainsi, dans l'exemple dans lequel la pièce 1 est un flacon pourvu
d'un goulot 10, le bras de support 20, visible sur la figure 3, peut par exemple comprendre
un tube 21 adapté pour être monté à l'intérieur ou à l'extérieur d'un goulot 10 d'un
flacon, et deux tiges élastiques 22 pouvant être repliées l'une contre l'autre pour
leur insertion à l'intérieur du flacon par le goulot. Le caractère élastique 22 des
tiges tend à les écarter une fois que celles-ci sont à l'intérieur du flacon pour
venir en appui contre les parois intérieures du flacon. Cet appui permet de maintenir
le flacon en position par rapport au bras de support 20, et en outre à rendre le flacon
solidaire en rotation du bras 20 lorsque lui-même pivote.
[0038] Alternativement le bras de support peut comprendre au moins une pince (non représentée)
permettant la fixation de la pièce par serrage de la pince sur la pièce.
[0039] On pourra avantageusement se référer au document
FR 2 934 609 pour obtenir d'avantage de détails concernant la mise en oeuvre des étapes 100, 200
et 300 du procédé décrit ci-après.
[0040] De retour aux figures 2a et 2b, la première étape 100 du procédé comprend la projection
sur la pièce 1 d'un revêtement de base. Ce revêtement permet de lisser la surface
de la pièce pour la préparer à la projection d'un précipité métallique.
[0041] Il s'agit avantageusement d'un vernis hydrosoluble ou organique, de préférence hydrosoluble
choisi, selon le matériau constitutif de la pièce à revêtir, parmi les composés suivants
: alkydes, polyuréthanes, époxys, vinyles, acryliques et leurs mélanges. De préférence,
il s'agit d'un vernis époxy, ou un vernis hydrosoluble vinylique ou polyuréthane.
[0042] Lors de cette étape, la pièce 1 est fixée au bras 20 de support, qui se trouve dans
une position verticale, c'est-à-dire que l'axe du bras 20 est vertical. Lorsque la
pièce 1 est un flacon comportant un goulot cylindrique 10, l'axe du bras 20 de support
est en général confondu avec l'axe du goulot 10, de sorte que l'axe du goulot est
également vertical. Dans certains cas la pièce 1 présente une forme généralement cylindrique,
coaxiale avec l'axe du goulot. C'est notamment le cas de la plupart des bouteilles.
Dans ces cas, la pièce s'étend sensiblement verticalement au-dessus ou en-dessous
du convoyeur. De plus, le bras de support 20 est rotatif autour de son axe longitudinal
pour entrainer en rotation la pièce 1. De cette façon, la projection de revêtement
de base est uniforme sur toute la surface de la pièce.
[0043] La pièce est ainsi amenée par le convoyeur jusqu'à un module 3 dans lequel des buses
30 projettent le revêtement de base sur la pièce. Une fois le revêtement projeté sur
la pièce 1, la pièce 1 est avantageusement soumise à une cuisson ou une exposition
à un rayonnement UV pour réticuler le revêtement de base.
[0044] Le procédé comprend ensuite une étape 200 de diminution de la tension de surface
du revêtement de base, pour faciliter l'adhésion du précipité métallique sur la pièce.
Cette étape 200 est avantageusement une étape de flammage, c'est-à-dire une étape
consistant à soumettre la surface de la pièce 1 à une flamme.
[0045] Par exemple cette étape peut être mise en oeuvre en entrainant en rotation la pièce,
et en la soumettant à une flamme à comprise entre 1200 et 1700°C, par exemple 1400°C,
pendant une durée quelques secondes, avantageusement comprise entre 4 et 50 secondes.
Selon un exemple, avec une température de flamme de 1400°C, la pièce étant mise en
rotation à une vitesse de 120 tours/minutes, le flammage dure 20 secondes.
[0046] Dans cette étape, le bras de support 20 maintenant la pièce est avantageusement toujours
en position verticale, et entraine en rotation la pièce, de manière à permettre un
flammage homogène de toute la surface de la pièce. Alternativement, en fonction du
résultat à obtenir, le bras de support 20 de la pièce peut être incliné par rapport
à la position verticale conformément à la description qui suit lors de l'étape 330.
[0047] La pièce 1 est toujours entrainée par le convoyeur, depuis la sortie du module 3
vers un module 4 de flammage comprenant des buses 40 de flammage.
[0048] Alternativement, l'étape 200 de diminution de la tension de surface du revêtement
de base peut également être mise en oeuvre par des traitements de type traitement
corona, traitement plasma, ou un traitement chimique, comme décrit plus en détails
dans le document
FR 2 934 609.
[0049] Le procédé comprend ensuite une étape de métallisation 300 comprenant la projection
330 d'au moins une solution oxydo-réductrice comprenant des ions métalliques sur la
surface de la pièce 1.
[0050] Avantageusement, cette étape 330 est mise en oeuvre à l'aide de couples de buses
50 positionnées dans un module 5 de projection. Dans un couple de buse, une première
buse projette sur la pièce une solution d'ions métalliques, par exemple d'ions argent
Ag+, par exemple une solution de nitrate d'argent. La concentration en argent de la
solution d'ions Ag+ est de préférence choisie comprise entre 0,1 g/L et 100 g/L, et
de préférence entre 1 et 60 g/L.
[0051] Une deuxième buse projette simultanément sur la pièce une solution réductrice, par
exemple une solution aqueuse à base de glucose à 15 g/L. Alternativement, le réducteur
de la solution peut être choisi parmi le groupe de composés comprenant les borohydrures,
le diméthlaminoborane, l'hydrazine, l'hupophosphite de sodium, le formol, l'aluminohydrure
de lithium, les sucres réducteurs, et leurs mélanges. La concentration en réducteur
de la solution est de préférence comprise entre 0,1 g/L et 100 g/L et de préférence
entre 1 et 60 g/L....
[0052] On se réfèrera avantageusement au document
FR 2 934 609 pour obtenir davantage de détails sur les choix possibles solution(s) oxydo-réductrices
et l'implémentation de l'étape 330 de projection.
[0053] Lors de cette étape, le bras de support 20 de la pièce 1 est incliné, de manière
automatique ou manuelle, par rapport à la position verticale dans laquelle il était
lors des étapes 100 et 200. Avantageusement, le bras de support 20 est incliné jusqu'à
ce que son axe longitudinal se trouve dans une position comprise entre la position
verticale et une position horizontale. Par exemple le bras de support est incliné
en position horizontale.
[0054] De préférence, comme visible sur la figure 2a, le bras de support 20 est incliné
d'un angle tel qu'une surface S de la pièce à métalliser de manière homogène s'étende
sensiblement verticalement. De cette manière, la gravité entrainant un ruissellement
vertical des excédents de la réaction chimique, ceux-ci restent sur la surface S de
la pièce à métalliser.
[0055] Un exemple de réalisation préféré est celui dans lequel la pièce est une bouteille
symétrique de révolution autour d'un axe confondu avec l'axe du goulot 10 du flacon.
[0056] Sur le mode de réalisation de la figure 2a, on souhaite métalliser un bandeau horizontal
de la surface de la bouteille. La surface est donc une surface circonférentielle s'étendant
perpendiculairement à l'axe de révolution du flacon.
[0057] Selon cet exemple, le bras de support 20 est avantageusement incliné jusqu'à atteindre
une position horizontale, de sorte que la bouteille s'étende aussi horizontalement
et que le bandeau S à métalliser s'étende verticalement.
[0058] Alternativement, comme représenté sur la figure 2b, lorsque la surface S à métalliser
est un bandeau s'étendant selon une direction formant un angle α non nul avec l'axe
du goulot 10, le bras de support 20 est incliné d'un angle égal à l'angle α par rapport
à la verticale, de manière à ramener la surface S selon une direction sensiblement
verticale lors de l'étape de projection. De préférence, α est inférieur ou égal à
90° pour que la bouteille de gêne pas le convoyeur.
[0059] De plus, la pièce 1 la pièce est préférablement toujours entrainée en rotation autour
du bras 20 lors de l'étape 330 de projection.
[0060] Le fait que la surface à métalliser s'étende le long d'une direction verticale lors
de l'étape 330 de projection tout en pivotant autour du bras 20 permet de supprimer
les effets de la gravité tendant à faire ruisseler les excédents de la réaction d'oxydo-réduction
le long de la pièce vers l'une de ses extrémités. A la place, les excédents restent
sur la surface de projection, en étant répartis de manière homogène sur toute la circonférence
de la pièce grâce à la rotation de la pièce.
[0061] Le fait de contrecarrer les effets de la gravité permet de réaliser des dégradés
variés sur la surface de la pièce, en modulant la vitesse de rotation de la pièce
autour du bras de support 20 et/ou la durée de projection de la solution oxydo-réductrice.
Par exemple, il est possible de laisser les extrémités de la pièce dépourvues de revêtement
de métal, et faire un dégradé depuis chaque extrémité vers un bandeau se trouvant
entre les extrémités, ce bandeau étant opaque car entièrement revêtu de métal.
[0062] Alternativement ou en complément, la modulation du dégradé sur la surface de la pièce
peut aussi être obtenue en modulant la vitesse du convoyeur et en faisant varier les
concentrations des réactifs de la ou des solution(s) oxydo-réductrice(s).
[0063] Il est également possible de réaliser plusieurs bandeaux disjoints séparés par une
zone non revêtue de métal. Le cas échéant, un dégradé peut être réalisé entre la zone
et chaque bandeau.
[0064] Avantageusement, mais facultativement, le procédé comprend en outre des étapes préliminaires
310, 320 à la projection de solutions oxydo-réductrices, pour préparer la surface
à métalliser.
[0065] Au cours d'une première étape préliminaire 310, la pièce 1 est amenée, en sortie
du module 4 de flammage, dans un module 6 dans lequel une solution d'activation est
projetée sur la pièce. Cette solution est avantageusement une solution de chlorure
stanneux. L'étape 310 d'activation peut être mise en oeuvre conformément à l'étape
de sensibilisation décrite dans le document
FR 2 763 962.
[0066] Elle est alors immédiatement suivie, dans le même module, d'une étape 320 de rinçage
des résidus de chlorure stanneux, par projection d'un liquide de rinçage, par exemple
de l'eau. La pièce peut ensuite être séchée par circulation d'air (non représenté).
[0067] Avantageusement, l'inclinaison du bras de support 20 en perspective de l'étape 330
est mise en oeuvre à l'issue de cette étape 320 de rinçage. Alternativement, elle
peut être mise en oeuvre avant ou à l'issue de l'étape de flammage. L'inclinaison
peut être mise en oeuvre manuellement ou automatiquement.
[0068] De retour à l'étape 330 de projection de solution oxydo-réductrice pour métalliser
la pièce, la pièce 1 est ensuite amenée dans un module 7 de finition pour obtenir
une couche de finition lors d'une étape 400 de finition. Avantageusement, le bras
de support 20 de la pièce est repositionné à la verticale pour la mise en oeuvre de
cette étape, le repositionnement pouvant être réalisé manuellement ou automatiquement.
[0069] L'étape de finition est réalisée par exemple par projection sur la pièce d'un vernis
de finition.
[0070] On se réfèrera avantageusement à l'étape de finition décrite dans le document
FR 2 934 609 pour obtenir davantage d'informations sur les mises en oeuvre possibles de l'étape
de finition.
Outil et Système de support d'une pièce
[0071] En référence aux figures 3 à 5b, on va maintenant décrire un outil de support permettant
la mise en oeuvre du procédé décrit ci-avant.
[0072] Cet outil 9 comprend un premier connecteur 90, adapté pour être monté solidaire d'un
bras de support 20 de la pièce, représenté en pointillés sur la figure 4b.
[0073] Le connecteur 90 est avantageusement un arbre comprenant des moyens d'entrainement
en rotation du bras de support. Par exemple, ces moyens peuvent prendre la forme de
cannelures (non représentées) agencées sur la circonférence du connecteur 90, et adaptées
pour coopérer avec des cannelures complémentaires du bras de support 20.
[0074] Alternativement, l'un du connecteur 90 et du bras de support 20 peut recevoir l'autre
par encliquetage, serrage, ou encore vissage, etc.
[0075] L'outil 9 de support comprend également un deuxième connecteur 91. Ce deuxième connecteur
est adapté pour être monté solidaire d'un arbre d'entraînement 23. Cet arbre d'entraînement
23 est lui-même monté sur le convoyeur 2 et est entrainé en rotation et en translation
par le convoyeur 2.
[0076] De manière analogue, le connecteur 91 est avantageusement un arbre comprenant des
moyens d'entrainement en rotation de ou par l'arbre d'entrainement 23. Sur la figure
3, le connecteur 91 comprend des cannelures 910 adaptées pour entrainer en rotation
des cannelures complémentaires de l'arbre d'entrainement 23 (non représenté).
[0077] Alternativement, l'un du connecteur 91 et de l'arbre d'entrainement 23 peut recevoir
l'autre par encliquetage, serrage, vissage, etc.
[0078] Les connecteurs 90, 91 de l'outil s'étendent donc selon des axes longitudinaux respectifs,
qui sont avantageusement coplanaires. De plus, les axes connecteurs 90, 91 forment
entre eux un angle pouvant varier sur une plage angulaire. Cette plage angulaire est
avantageusement comprise entre 10 et 100°, de préférence de l'ordre de 90°, pour permettre,
en utilisation, au bras de support 20 de passer d'une position verticale à une position
horizontale tandis que l'arbre rotatif 23 reste en position verticale.
[0079] Pour ce faire, l'outil de support comprend un boitier formé de deux coques 92, 93,
les coques étant pouvant être assemblées l'une sur l'autre en autorisant un mouvement
de pivot relatif entre les deux coques sur ladite plage angulaire. De plus, chaque
connecteur 90, 91 est fixé à une coque respective 92, 93.
[0080] Les coques délimitent entre elles, lorsqu'elles sont assemblées, un logement 94 interne.
Chaque connecteur 90, 91 comprend une extrémité 902, 912 pénétrant à l'intérieur du
logement 94 au travers d'un orifice agencé dans la paroi de l'une ou des deux coques.
Ainsi, chaque connecteur est solidaire en rotation de la coque sur laquelle il est
monté.
[0081] Selon un exemple de réalisation particulier représenté sur les figures 4a et 4b,
la première coque 92 comprend une paroi de fond 920 comprenant un bord circulaire
et une paroi cylindrique ou en secteur de cylindre 921 s'étendant autour d'une partie
du bord de la paroi de fond 920, perpendiculairement au plan de la paroi 920. Avantageusement,
la paroi cylindrique 921 s'étend sur une ouverture angulaire correspondant au complémentaire
de la plage angulaire de rotation relative des connecteurs sur 360°.
[0082] La deuxième coque 93 comprend également une paroi de fond 930, comprenant un bord
circulaire de diamètre légèrement inférieur à celui de la paroi 920. La deuxième coque
93 comprend également une paroi cylindrique 931 s'étendant circonférentiellement autour
du bord de la paroi 930, perpendiculairement au plan de la paroi 930. La différence
de diamètre entre les parois de fond 920 et 930 correspond à l'épaisseur de la paroi
cylindrique 930. Ainsi, la première coque 92 peut être montée autour de la seconde
93 et pivoter sur celle-ci par rapport à un axe passant par les centres des parois
de fond 920, 930, perpendiculaire aux axes des connecteurs 90 et 91.
[0083] Lorsque les deux coques 92, 93 sont montées l'une sur l'autre, les parois cylindriques
931 s'étendant dans des directions opposées par rapport aux parois de fond respectives
920, 930, les coques coopèrent pour former le logement 94.
[0084] De plus la première coque 92 comprend un orifice 922 adapté pour recevoir une section
du connecteur 90. Le connecteur 90 est monté rotatif dans l'orifice 922 mais est maintenu
fixe en translation par des moyens d'arrêt 80 représentés schématiquement sur la figure
4b.
[0085] La première coque 93 comprend également un orifice 932 adapté pour recevoir une section
du connecteur 91. Le connecteur 91 est monté rotatif dans l'orifice 932 mais est également
maintenu fixe en translation par des moyens d'arrêt 81.
[0086] La deuxième coque comprend également un deuxième orifice 933 s'étendant sur un secteur
angulaire correspondant à la plage de rotation relative des connecteurs.
[0087] Lorsque les coques sont assemblées, l'orifice 922 débouche dans l'orifice 933 de
manière à autoriser le pivot du connecteur 90 par rapport à la coque 93 sur la plage
angulaire de déplacement.
[0088] De même, l'orifice 932 de la première coque débouche sur la portion de la coque 92
dépourvue paroi cylindrique, de manière à permettre le pivot du connecteur 91 par
rapport à la coque 92 sur la plage angulaire de déplacement.
[0089] Ainsi, lorsque les deux coques 92 et 93 sont montées ensemble, elles forment une
articulation entre le bras de support 20 et l'arbre d'entrainement rotatif 23 via
les connecteurs respectifs 90, 91, autorisant un pivotement du bras de support 20
par rapport à l'arbre d'entrainement rotatif 23.
[0090] Avantageusement, l'outil 9 comprend également des moyens d'arrêt 95 en rotation d'un
connecteur par rapport à l'autre connecteur sur une pluralité de positions relatives
parmi celles couvertes par la plage angulaire de pivot.
[0091] Les moyens d'arrêt peuvent avantageusement être une pluralité de cales en arc de
cercle, de diamètre égal au diamètre de la coque 92. Ces cales peuvent être intercalées
entre le connecteur 91 et la paroi cylindrique 921 pour interdire une rotation relative
de ces deux éléments. En fonction du secteur angulaire couvert par les cales, plusieurs
angles peuvent ainsi être bloqués.
[0092] Alternativement, les coques 92 et 93 peuvent comprendre des moyens d'encliquetage
qui maintiennent les coques en une position relative constante, jusqu'à ce qu'une
pression soit exercée pour dégager les moyens d'encliquetage.
[0093] On a représenté à titre d'exemple des moyens d'encliquetage 95 composé d'un picot
950 en saillie sur la paroi cylindrique 931 et de plusieurs orifices 951 agencés sur
une surface face au logement 94 de la paroi cylindrique 921. En fonction de l'orifice
dans lequel est engagé le picot, plusieurs positions angulaires relatives des coques
(et des connecteurs) peuvent être bloquées.
[0094] Enfin, l'outil de support comprend également un organe 96 de transmission d'un mouvement
de rotation de l'un à l'autre connecteur, et ce sur toute la plage angulaire de déplacement
relatif des connecteurs.
[0095] L'organe 96 comprend à cet effet un pignon conique qui est agencé à l'intérieur du
logement, le pignon conique présentant un axe orthogonal au plan dans lequel s'étendent
les connecteurs 90, 91. Cet axe correspond à l'axe de pivot relatif des deux coques
92, 93 et des connecteurs.
[0096] De plus, l'extrémité de chaque connecteur se trouvant à l'intérieur du logement 94
comprend également un pignon conique respectif 903, 913, adapté pour engrener avec
le pignon 96.
[0097] De la sorte, un mouvement de rotation du connecteur 91 prélevé à partir de l'arbre
d'entrainement rotatif 23 est transmis par le pignon conique 96 au connecteur 90 qui
le transmet ensuite au bras de support 20 de la pièce.
[0098] Ce faisant, quelle que soit l'inclinaison du connecteur 90 par rapport au connecteur
91, un mouvement de rotation est quand même transmis.
[0099] De plus, pour éviter que le connecteur 91 n'entraine en rotation tout le boitier
composé des deux coques 92, 93, des moyens 82 empêchant cet entraînement peuvent être
prévus. Par exemple, il peut s'agir d'un roulement interposé entre le connecteur 91
et la coque 93.
[0100] Alternativement, et comme représenté sur les figures 4a, 4b, et 5a, la coque 93 peut
comprendre une protubérance 82 s'étendant autour du connecteur 91 et présentant une
extrémité de section carrée. Comme visible sur la figure 2c, le convoyeur 2 est avantageusement
bordé de glissières 83 dans le module 5 de métallisation, dont la largeur correspond
à un côté de la section de la protubérance 82.
[0101] De cette manière, même si des frottements entre le connecteur 91 et la coque 93 entrainent
celle-ci en rotation, l'outil de support est maintenu fixe dans une direction uniquement
par les glissières à l'approche du module 5. Un opérateur peut se charger de vérifier
que cette direction est la bonne, et repositionner le cas échéant l'outil dans la
bonne direction, par exemple une direction parallèle à la direction de déplacement
du convoyeur comme sur la figue 2c.
[0102] Un système comprenant un outil 9, un bras de support 20 et un arbre d'entrainement
23 monté sur un convoyeur 2 peut ainsi permettre le montage d'une pièce pour la réalisation
de métallisations complexes, et notamment des métallisations comprenant plusieurs
dégradés sur une même pièce.
1. Procédé de métallisation de la surface d'une pièce (1), la pièce étant maintenue sur
un bras de support (20), le procédé comprenant les étapes consistant à :
a) projeter (100) sur la pièce un revêtement de base,
b) appliquer (200) un traitement de diminution de la tension de surface du revêtement
de base, et
c) projection (330) d'au moins une solution oxydo-réductrice comprenant des ions métalliques
sur la pièce pour métalliser une surface de la pièce,
dans lequel, lors de l'étape a), le bras de support de la pièce s'étend verticalement,
le procédé étant caractérisé en qu'il comprend en outre une étape consistant à incliner
le bras de support de la pièce à partir de la position verticale entre l'étape a)
et l'étape c).
2. Procédé de métallisation d'un flacon selon la revendication 1, dans lequel à l'issue
de l'inclinaison du bras de support (20), celui-ci s'étend dans une position comprise
entre la position verticale et une position horizontale.
3. Procédé de métallisation d'un flacon selon l'une des revendications 1 ou 2, dans lequel
l'étape b) comprend un traitement de flammage.
4. Procédé de métallisation d'un flacon selon l'une des revendications précédentes, comprenant
en outre des étapes préliminaires à l'étape c) de projection, lesdites étapes comprenant
une activation (310) de la surface du flacon par projection de chlorure stanneux et
un rinçage (320).
5. Procédé de métallisation d'un flacon selon la revendication 4, dans lequel l'inclinaison
du bras de support (20) de la pièce est mise en oeuvre entre l'étape a) et l'étape
b), entre l'étape b) et l'étape c), ou entre l'étape de rinçage et l'étape c).
6. Procédé de métallisation d'un flacon selon l'une des revendications précédentes, dans
lequel le bras de support (20) de la pièce (1) est rotatif lors de la mise en oeuvre
des étapes a) à c).
7. Outil (9) de support d'une pièce (1) pour la mise en oeuvre du procédé selon l'une
des revendications précédentes, comprenant :
- un premier connecteur (90), adapté pour être monté solidaire en rotation d'un bras
de support (20) de la pièce, et
- un deuxième connecteur (91), adapté pour être monté solidaire en rotation d'un arbre
d'entrainement (23), et
l'outil de support étant
caractérisé en ce que les connecteurs sont montés pivotants l'un par rapport à l'autre, de manière à former
entre eux un angle variable sur une plage angulaire,
et
en ce qu'il comprend en outre un organe (96) de transmission d'un mouvement de rotation d'un
connecteur à l'autre sur toute ladite plage angulaire.
8. Outil de support (9) selon la revendication 7, dans lequel la plage angulaire est
égale à 90°.
9. Outil de support (9) selon l'une des revendications 7 ou 8, dans lequel chaque connecteur
(90, 91) comprend, à une extrémité, un pignon conique (903, 913), et l'organe de transmission
de mouvement (96) comprend un pignon conique adapté pour engrener avec les pignons
des deux connecteurs.
10. Outil de support (9) selon l'une des revendications 7 à 9, comprenant en outre un
boitier formé de deux coques (92, 93), chaque connecteur étant fixé à une coque respective,
et les coques étant montées pivotantes l'une à l'autre sur ladite plage angulaire.
11. Outil de support (9) selon l'une des revendications 7 à 10, comprenant en outre des
moyens de blocage (95) d'un connecteur selon une pluralité de positions angulaires
dans la plage angulaire.
12. Système de support d'un flacon comprenant :
- un outil de support (9) selon l'une des revendications 7 à 11,
- un bras de support (20) d'une pièce (1), fixé au premier connecteur (90) de l'outil
de support, et
- un arbre d'entrainement (23), fixé au deuxième connecteur (91) de l'outil de support.