DOMAINE TECHNIQUE GENERAL
[0001] La présente invention concerne un procédé d'estimation d'une grandeur thermique dans
d'un système de type chauffe-eau.
ETAT DE L'ART
[0002] Le « mix énergétique » désigne la répartition des différentes sources consommées
pour la production d'énergie électrique. Ce mix énergétique, en constante évolution,
voit la progression constante des Energies Renouvelables, ce qui entraîne un besoin
accru en flexibilités du système.
[0003] Ces dernières, représentées essentiellement par l'éolien et le photovoltaïque, ne
permettent en effet pas une production constante et régulée au contraire d'une centrale
nucléaire, d'où des problèmes de variabilité et de prévisibilité de la production
associée. Cela fait que les aléas de très court terme vont fortement augmenter.
[0004] D'autre part, des problèmes locaux de qualité de fourniture électrique vont être
amplifiés du fait d'une répartition géographique inhomogène des installations, avec
par exemple plutôt du photovoltaïque dans le Sud et de l'éolien dans le Nord.
[0005] Il apparait essentiel de trouver des solutions de pilotage de la charge associée
en vue de maitriser l'aléa lié aux Energies Renouvelables.
[0006] Il a par exemple été proposé la charge de batteries stationnaires pour faciliter
l'insertion massive de panneaux photovoltaïques (démonstrateur « NiceGrid »). Toutefois,
les coûts d'investissement élevés ne permettent pas d'envisager un déploiement à grande
échelle de cette solution alternative. Il est également prévu d'agir sur la puissance
réactive fournie par les panneaux photovoltaïque pour ajuster la tension. Cependant,
cette dernière piste ne répond pas aux enjeux de maîtrise de l'aléa éolien.
[0007] Alternativement au stockage via batteries, il est possible de stocker l'énergie thermiquement.
Avec près de 12 millions d'unités installées en France dont plus de 80% sont asservies
au signal tarifaire Heures Pleines/Heures creuses (HP/HC), le parc de Chauffe-Eau
Joule (CEJ) à accumulation résidentiel - utilisé aujourd'hui pour le lissage journalier
de la courbe de charge - est susceptible de répondre à ces nouveaux enjeux.
[0008] La Demanderesse a à ce tire déposé plusieurs demandes de brevet telles que
FR1363229,
FR1363237,
FR1452022 ou
FR1453375, proposant des solutions très satisfaisantes permettant d'utiliser la capacité de
stockage des chauffe-eau joule pour réguler l'énergie électrique d'origine renouvelable
de façon efficace, intelligente, et adaptable à n'importe quel chauffe-eau existant
sans modifications lourdes, et sans couplage direct.
[0009] On constate toutefois que les systèmes décrits dans ces demandes utilisent comme
variable les données dites de « profil de température », i.e. des paramètres thermodynamiques
plus complexes qu'une simple valeur de température, notamment les quantités d'énergie
stockées/stockable dans les réservoirs de ces chauffe-eau.
[0010] Ces énergies peuvent s'estimer sous forme de capacité calorifique de l'eau (4185
j.
kg-1.
K-1) à partir de la température et du volume du réservoir, mais cela revient à modéliser
un réservoir par un volume d'eau de température uniforme, ce qui est en pratique faux
et constitue une forte approximation.
[0011] Une estimation plus précise du profil de température permettrait un contrôle plus
précis du parc de chauffe-eau et donc une optimisation de la consommation énergétique
et une meilleure adaptation par rapport à la variabilité des productions à l'échelle
locale pour satisfaire les contraintes sur le réseau, sans porter préjudice au confort
de l'utilisateur.
[0012] Ainsi, la demande
WO2012164102 propose un ballon divisé en plusieurs « couches » chacune équipée d'un capteur de
température. A partir de deux consignes de températures et des mesures de ces capteurs,
il est possible de calculer des « variables d'intérêt » telles que la capacité énergétique
restante du ballon ou l'énergie minimale à apporter pour que l'eau soit uniformément
à la première consigne de température.
[0013] Un tel système s'avère efficient mais il est « intrusif ». Cela signifie qu'il nécessite
une modification physique du ballon (introduction d'une pluralité de capteurs à des
emplacements prédéterminés) et n'est applicable en pratique qu'à des nouveaux chauffe-eau.
[0014] Au contraire, il serait souhaitable d'utiliser au mieux les équipements existants
sans modification sensible.
PRESENTATION DE L'INVENTION
[0015] L'invention propose de pallier ces inconvénients en proposant selon un premier aspect
un procédé d'estimation d'une grandeur thermique d'un réservoir d'eau, le réservoir
d'eau s'étendant selon un axe sensiblement vertical et présentant :
- Une partie intermédiaire en échange thermique avec un dispositif de chauffage de l'eau
du réservoir, le dispositif comprenant un moyen de chauffage alimenté par un réseau
électrique ;
- Une partie inférieure présentant une entrée d'eau ; et
- Une partie supérieure présentant une sortie d'eau ;
[0016] L'entrée d'eau et/ou la sortie d'eau étant équipée d'un capteur de débit mesurant
un débit d'eau soutirée ;
[0017] Le procédé étant caractérisé en ce qu'il comprend la mise en oeuvre par des moyens
de traitement de données connectés audit capteur de débit, d'étapes de :
- (a) Détermination d'un régime de fonctionnement parmi un premier régime de soutirage
d'eau depuis le réservoir, un deuxième régime de chauffe de l'eau du réservoir sans
soutirage, et un troisième régime sans soutirage et sans chauffe en fonction de données
représentatives de la consommation énergétique dudit moyen de chauffage du dispositif,
et de mesures de débit d'eau soutirée ;
- (b) A partir d'un volume initial de la partie intermédiaire et de températures initiales
des parties du réservoir, détermination d'un volume final de la partie intermédiaire
et de températures finales des parties du réservoir, en fonction d'au moins le régime
de fonctionnement déterminé, les données représentatives de la consommation énergétique
dudit moyen de chauffage du dispositif, et les mesures de débit d'eau soutirée ;
- (c) A partir de volumes initiaux des parties inférieure et supérieure et dudit volume
final de la partie intermédiaire, détermination de volumes finaux des parties inférieure
et supérieure ;
- (d) Estimation de ladite grandeur thermique du réservoir d'eau en fonction des températures
et volumes finaux des parties du réservoir.
[0018] Le procédé selon l'invention est avantageusement complété par les caractéristiques
suivantes, prises seules ou en une quelconque de leur combinaison techniquement possible
:
- ladite grandeur thermique est choisie parmi une température moyenne de l'eau du réservoir,
une température minimale de l'eau du réservoir, une température maximale de l'eau
du réservoir, une quantité d'énergie stockée dans le réservoir, une quantité d'énergie
encore stockable dans le réservoir, un équivalent volume d'eau disponible à une température
donnée, un temps de chauffe nécessaire, et des combinaisons de ces grandeurs ;
- le procédé comprend récursivement la répétition des étapes (a) à (c) de sorte que
les températures et volumes finaux des parties sont utilisés comme températures et
volumes initiaux des parties à l'itération suivante ;
- le volume de la partie inférieure présente une valeur constante prédéterminée ;
- le volume de la partie supérieure est donné par la formule V3=V-V2-V1, où V est le volume total du réservoir ;
- l'étape (b) comprend, si le régime de fonctionnement déterminé est le premier régime,
la détermination d'un volume d'eau soutirée en fonction des débits mesurés, ledit
volume d'eau soutirée étant ajouté au volume de la partie intermédiaire, et présentant
une température d'eau froide prédéterminée ;
- le volume final de la partie inférieure est égal au volume initial si le régime de
fonctionnement déterminé n'est pas le premier régime ;
- l'étape (b) comprend, si le régime de fonctionnement déterminé est le deuxième régime,
la détermination d'un apport thermique en fonction de la consommation énergétique
dudit moyen de chauffage du dispositif, ledit apport thermique étant appliqué à la
partie intermédiaire ;
- l'étape (b) comprend, quel que soit le régime, la détermination de pertes thermiques
- pouvant être négatives dans la partie inférieure - de chaque partie (V2 et V3) en
fonction d'une température ambiante prédéterminée ;
- le réservoir présente au moins une sonde de température configurée pour émettre un
signal représentatif de la température d'une partie de l'eau du réservoir, l'étape
(b) comprenant le contrôle des températures finales des parties en fonction dudit
signal émis par la sonde ;
- l'étape (b) comprend postérieurement la détermination d'un volume final corrigé de
la partie intermédiaire et d'au moins une température finale corrigée de la partie
supérieure si l'écart entre les températures finales des parties inférieure et supérieure
est inférieur à un seuil donné ;
- ledit volume final corrigé de la partie intermédiaire est nul, la température finale
corrigée de la partie supérieure étant la moyenne pondérée des températures finales
des parties intermédiaire et supérieure ;
- le procédé comprend une étape (e) de contrôle dudit dispositif de chauffage par un
module de contrôle en fonction de ladite grandeur thermique déterminée ;
- l'étape (e) comprend la réception de données descriptives d'un état du réseau électrique
par le module de traitement de données, la détermination d'une consigne en fonction
de ladite grandeur thermique déterminée et des de données descriptives d'un état du
réseau électrique, et l'émission de ladite consigne à destination du module de contrôle
de sorte à modifier une capacité énergétique du réservoir d'eau.
[0019] Selon un deuxième aspect, l'invention concerne un ensemble d'estimation d'une grandeur
thermique adapté pour un réservoir d'eau s'étendant selon un axe sensiblement vertical
et présentant :
- Une partie intermédiaire en échange thermique avec un dispositif de chauffage de l'eau
du réservoir, le dispositif comprenant un moyen de chauffage alimenté par un réseau
électrique ;
- Une partie inférieure présentant une entrée d'eau ; et
- Une partie supérieure présentant une sortie d'eau ;
[0020] L'ensemble étant caractérisé en ce qu'il comprend :
- Au moins un capteur de débit mesurant un débit d'eau soutirée au niveau de l'entrée
d'eau et/ou de la sortie d'eau ;
- des moyens de traitement de données connectés audit capteur de débit, configurée pour
mettre en oeuvre :
o un premier module de détermination d'un régime de fonctionnement parmi un premier
régime de soutirage d'eau depuis le réservoir, un deuxième régime de chauffe de l'eau
du réservoir sans soutirage, et un troisième régime sans soutirage et sans chauffe,
en fonction de données représentatives de la consommation énergétique dudit moyen
de chauffage du dispositif, et de mesures de débit d'eau soutirée ;
o un deuxième module de détermination, à partir d'un volume initial de la partie intermédiaire
et de températures initiales des parties du réservoir, d'un volume final de la partie
intermédiaire et de températures finales des parties du réservoir, en fonction d'au
moins le régime de fonctionnement déterminé, les données représentatives de la consommation
énergétique dudit moyen de chauffage du dispositif, et les mesures de débit d'eau
soutirée ;
o Un troisième module de détermination, à partir de volumes initiaux des parties inférieure
et supérieure et dudit volume final de la partie intermédiaire, de volumes finaux
des parties inférieure et supérieure ;
o un quatrième module d'estimation de ladite grandeur thermique du réservoir d'eau
en fonction des températures et volumes finaux des parties du réservoir.
[0021] Selon d'autres caractéristiques avantageuses et non limitatives :
- l'ensemble est soit adapté pour être connecté à un compteur électrique via lequel
le moyen de chauffage du dispositif est alimenté par le réseau électrique, soit comprenant
un élément de mesure de la consommation électrique dudit moyen de chauffage du dispositif.
[0022] Selon un troisième aspect, l'invention concerne un système de chauffe-eau comprenant
un réservoir d'eau, un dispositif comprenant un moyen de chauffage alimenté par un
réseau électrique, un module de contrôle dudit dispositif, et un ensemble d'estimation
d'une grandeur thermique selon le deuxième aspect de l'invention, adapté pour le réservoir.
[0023] Selon un quatrième et un cinquième aspect, l'invention concerne un produit programme
d'ordinateur comprenant des instructions de code pour l'exécution d'un procédé selon
le premier aspect d'estimation d'une grandeur thermique d'un réservoir d'eau, lorsque
ledit programme est exécuté sur un ordinateur ; et un moyen de stockage lisible par
un équipement informatique sur lequel un produit programme d'ordinateur comprend des
instructions de code pour l'exécution d'un procédé selon le premier aspect de l'invention
d'estimation d'une grandeur thermique d'un réservoir d'eau.
PRESENTATION DES FIGURES
[0024] D'autres caractéristiques, buts et avantages de l'invention ressortiront de la description
qui suit, qui est purement illustrative et non limitative, et qui doit être lue en
regard des dessins annexés sur lesquels :
- les figures 1a-1e sont des schémas de cinq modes de réalisation préférés d'un système
pour la mise en oeuvre du procédé selon l'invention ;
- la figure 2 est un schéma représentant la modélisation d'un réservoir d'eau utilisée
dans le procédé selon l'invention.
DESCRIPTION DETAILLEE
Architecture générale
[0025] La
figure 1a représente l'architecture générale d'une possibilité de mode de réalisation d'un
système 1 pour la mise en oeuvre du procédé selon l'invention. Ce système est typiquement
un chauffe-eau, en particulier Chauffe-Eau Joule (CEJ), bien que l'invention ne soit
pas limitée à ces derniers. 44% des habitats en sont équipés. Alternativement, le
système 1 peut être un chauffe-eau thermodynamique.
[0026] Le système 1 comprend ainsi :
- un réservoir d'eau 10 (communément appelé « ballon » d'eau chaude);
- un dispositif de chauffage 11 de l'eau du réservoir 10, le dispositif 11 comprenant
un moyen de chauffage alimenté par un réseau électrique 2 ;
- éventuellement une sonde de température 20 configurée pour émettre un signal représentatif
de la température de l'eau du réservoir 10, mais comme l'on verra il est envisageable
que le système 1 ne comprenne aucune sonde 20 ;
- de façon préférée un module de contrôle 12 dudit dispositif de chauffage 11 ;
- une entrée d'eau E et une sortie d'eau S, dont on verra les positions plus loin ;
- au moins un capteur de débit 21, 22 équipant l'entrée E et/ou la sortie S, de sorte
à mesure un débit d'eau soutirée, c'est-à-dire le débit d'eau sortant du réservoir
10 pour être distribuée, par exemple via un robinet ouvert. On comprendra que le réservoir
10 est toujours plein (d'un volume total constant V, typiquement quelques dizaines
de litres, en particulier 50 à 300L suivant la taille de l'habitation) et donc que
toute l'eau soutirée du réservoir 10 est simultanément remplacée par de l'eau fraîche,
de sorte que le débit d'entrée est égal au débit de sortie. En général, un seul débitmètre
22 placé sur la sortie S suffit.
[0027] Le moyen de chauffage électrique du dispositif de chauffage 11 est généralement une
résistance, d'où le chauffage de l'eau par effet joule. Alternativement, il peut s'agir
par exemple d'une pompe à chaleur complète dont la source chaude est en échange thermique
avec l'eau du réservoir 10 (et la source froide en échange thermique par exemple avec
l'air extérieur), de sorte à permettre un chauffage de l'eau avec une efficacité supérieure
à 100%. C'est ce que l'on appelle un chauffe-eau thermodynamique.
[0028] De façon préférée, le dispositif 11 est intégralement électrique (il ne comprend
ainsi que des moyens de chauffage alimentés par le réseau 2, et pas de bruleurs à
gaz par exemple). L'énergie de chauffage fournie à l'eau est alors entièrement d'origine
électrique. Le système n'est toutefois pas limité à cette configuration et le dispositif
11 peut alternativement comprendre en outre un moyen de chauffage alternatif (non-électrique)
tel qu'un bruleur, un échangeur avec un collecteur solaire, etc.
[0029] Le réseau 2 est un réseau à grande échelle qui relie une pluralité de sources électriques.
Comme expliqué précédemment, il s'agit à la fois d'énergie d'origine non-renouvelable
(nucléaire et/ou fossile) et d'origine renouvelable (solaire, éolien, etc.). L'énergie
d'origine renouvelable présente des problèmes de variabilité et de prévisibilité,
alors que l'énergie d'origine non-renouvelable est d'une meilleure disponibilité.
[0030] Dans l'hypothèse où l'utilisateur du système 1 comprend une source personnelle d'énergie
renouvelable (par exemple des panneaux photovoltaïques de toit) on comprend que le
réseau 2 englobe à la fois le réseau électrique global et le réseau électrique local
de l'utilisateur (en d'autres termes que les centrales distantes et les panneaux solaires
locaux peuvent aussi bien l'un que l'autre alimenter le dispositif de chauffage 11).
[0031] Le système 1 est régulé en température. Pour cela il comprend généralement comme
expliqué une ou plusieurs sondes de température 20 et un module de contrôle 12 du
dispositif de chauffage 11. La ou les sondes 20 envoient en permanence ou par intermittence
un signal représentatif de la température de l'eau du réservoir 10. Comme l'on verra,
le présent procédé permet éventuellement de fournir par exemple une température moyenne
de l'eau du réservoir 10 (en d'autres termes la température n'est plus mesurée mais
estimée), ce qui remplace la ou les sondes 20 qui ne sont donc pas indispensables.
[0032] Le module de contrôle 12 est typiquement une carte électronique qui déclenche ou
non le chauffage en fonction de la température de l'eau et de nombreux autres paramètres
éventuels (programmation, saison, plages horaires, heures creuses/heures pleines,
usages habituels de l'utilisateur, etc.).
[0033] De façon générale un chauffe-eau Joule comprend le plus souvent deux températures
de seuil (dont la valeur peut varier selon le moment et des réglages personnels) :
une première température de seuil qui est la température « minimale » et une deuxième
température de seuil qui est la température « maximale » (le premier seuil est inférieur
au deuxième seuil). Ces deux seuils sont quelques degrés autour (par exemple +/- 4°C)
d'une température de « confort » qui est la température moyenne souhaitée, réglée
par l'utilisateur (l'intervalle 50-65°C est courant).
[0034] Le module de contrôle 12 est ainsi configuré pour activer le dispositif de chauffage
11 lorsque la température (mesurée ou estimée) est inférieure au premier seuil prédéfini,
et/ou configuré pour désactiver le dispositif de chauffage 11 lorsque cette température
supérieure au deuxième seuil prédéfini.
[0035] Ainsi, tant que le dispositif de chauffage 11 est arrêté et que l'on est entre les
deux seuils rien ne se passe. Si la température baisse (avec le temps ou parce que
l'utilisateur tire de l'eau chaude) et passe en dessous du premier seuil, le dispositif
de chauffage 11 est activité, et ce jusqu'à atteindre le deuxième seuil (température
maximale, supérieure au premier seuil). La température se remet ensuite à baisser,
etc. En d'autres termes il y a une alternance de phases de « refroidissement » pendant
lesquelles la température descend du deuxième seuil au premier seuil (voir au-delà
si l'utilisateur continue d'utiliser de l'eau chaude), et de phases de « chauffe »
pendant lesquelles la température monte sous l'effet du dispositif 11 allumé d'une
température inférieure ou égale au premier seuil jusqu'au deuxième seuil.
[0036] Comme expliqué avant, cette configuration peut dépendre d'autres paramètres, et il
peut y avoir plus de deux seuils, éventuellement mobiles, par exemple de façon à optimiser
la consommation d'énergie pendant les heures creuses (les chauffe-eaux sont souvent
prévus pour remonter l'eau en température préférentiellement au petit matin, de sorte
à maximiser l'utilisation des heures creuses et avoir de l'eau chaude en quantité
au moment de se doucher).
[0037] En pratique, les premier et deuxième seuils sont souvent la conséquence d'un phénomène
d'hystérésis autour d'une valeur médiane, qui définit ces deux seuils. L'écart induit
est alors d'environ 3°C.
[0038] La présente invention n'est limitée à aucune configuration en particulier.
Procédé d'estimation d'une grandeur thermique du réservoir
[0039] Le présent procédé propose d'estimer une grandeur thermique du réservoir à partir
d'un modèle innovant du réservoir 10. Cette grandeur thermique peut être de nombreux
types et peut être par exemple choisie parmi une température moyenne de l'eau du réservoir
10, une température minimale de l'eau du réservoir 10, une température maximale de
l'eau du réservoir 10, une quantité d'énergie stockée dans le réservoir 10, une quantité
d'énergie encore stockable dans le réservoir 10, et des combinaisons de ces grandeurs
(ou toute grandeur dérivant directement d'une de ces grandeurs ou d'une de leur combinaisons).
[0040] La grandeur peut encore être un indicateur d'eau chaude disponible (ou indicateur
de confort) : par exemple l'équivalent volume d'eau chaude à 40°C (ou une autre température
donnée) disponible pour le consommateur, i.e. volume correspondant au mélange de l'eau
au-dessus de 40°C dans le ballon mélangé avec de l'eau froide pour obtenir une eau
à 40°C (alternativement, l'énergie contenue dans l'eau chaude du ballon de température
supérieure à 40°C comparée à de l'eau froide du réseau), et plus généralement tout
indicateur de la quantité d'eau chaude disponible pour le consommateur, qui peut être
défini à l'aide du profil de température et de valeurs représentant les exigences
de confort du consommateur.
[0041] La grandeur peut encore être un temps de chauffe nécessaire pour que la chauffe ait
un effet sur l'indicateur de confort précédemment défini. Cette variable provient
du fait que la chauffe du ballon se fait par le bas du volume d'eau, et n'affecte
les couches d'eau chaude du ballon située en haut du réservoir 10 que tardivement.
[0042] De façon générale, l'objectif est d'obtenir un « profil » de température, c'est-à-dire
une connaissance spatiale de la température au sein du réservoir, à partir duquel
il va être possible d'estimer de façon fiable et précise lesdites grandeurs.
[0043] En effet, une mesure ponctuelle de la température par une sonde 20 n'est représentative
que d'une température locale, la température moyenne réelle pouvant être bien différente.
Le présent procédé permet ainsi de diminuer sensiblement les approximations nécessaires
dans les chauffe-eau existant.
[0044] On obtient ainsi un résultat égal voire encore plus fiable que celui qu'on aurait
pu obtenir en multipliant les sondes 20 au sein du réservoir 10. Ainsi, comme l'on
verra plus loin, le présent procédé s'adapte parfaitement à un chauffe-eau existant
sans modifications intrusives.
Modélisation du réservoir
[0045] En référence à la figure 2, le réservoir d'eau 10 s'étend selon un axe longitudinal
sensiblement vertical (les ballons des chauffe-eau sont généralement sensiblement
cylindriques) et présente :
- Une partie intermédiaire P2 en échange thermique avec le dispositif 11 de chauffage
de l'eau du réservoir 10 (plus précisément, la résistance y est généralement immergée)
;
- Une partie inférieure P1 au niveau de laquelle se situe l'entrée d'eau E ; et
- Une partie supérieure P3 au niveau de laquelle se situe la sortie d'eau S.
[0046] Chacune de ces parties P1, P2 et P3 est associée à une température respective T1,
T2 et T3 et un volume respectif V1, V2 et V3.
[0047] On comprendra bien qu'il s'agit d'un modèle de stratification en couche de l'eau
du réservoir, les trois parties définissant des volumes virtuels.
[0048] En pratique, dans la réalité d'une part aucune des trois parties ne présente une
température complètement homogène et d'autre part les trois parties ne sont pas étanches
et se mélangent, mais comme on va le montrer ce modèle de ballon stratifié reproduit
de façon très réaliste le comportement thermodynamique de l'eau et permet d'obtenir
de façon simple et rapide une estimation excellente des grandeurs thermiques susmentionnées.
[0049] On va à présent supposer que la circulation d'eau dans le réservoir 10 se réalise
selon un écoulement « piston » évitant tout brassage. Ainsi les volumes V1, V2 et
V3 peuvent changer l'un par rapport à l'autre, ce qui pour effet de « déplacer » les
couches. On comprendra qu'il s'agit à nouveau d'une modélisation qui s'avère simuler
efficacement la réalité. En d'autres termes, ces valeurs permettent d'obtenir une
valeur de la grandeur physique recherchée qui est en pratique très proche de la réalité.
Moyens de traitement
[0050] Le présent procédé est mis en oeuvre par des moyens de traitement de données 30 qui
peuvent prendre des formes diverses. Il importe seulement que ces moyens 30 soient
d'une part connectés au capteur de débit 21, 22, et d'autre part adaptés pour recevoir
des données représentatives d'une consommation électrique du dispositif de chauffage
11. On comprendra que ces dernières peuvent être les données représentatives d'une
consommation électrique de tout le chauffe-eau, il suffit que des données permettent
de recalculer l'énergie effectivement transmise à l'eau du réservoir 10 lors de la
chauffe.
[0051] Dans un premier mode de réalisation conforme à la figure 1a, les moyens de traitement
30 sont ceux d'un module dédié connecté au module de contrôle 12 et à un élément 23
de mesure de la consommation électrique du chauffe-eau. Il s'agit par exemple d'un
tore d'intensité disposé autour du câble d'alimentation du système 1, et de façon
préférée le dispositif décrit dans la demande
FR1550869. On note que le module 30 peut être connecté (via des moyens de connexion réseau
tels que le Wi-Fi, une liaison Ethernet, le CPL, etc.) à un boitier 31 qui est un
équipement d'accès à internet 3 de type « box » d'un fournisseur d'accès à Internet
pour la fourniture de données générales utiles à la mise en oeuvre du présent procédé
qui seront décrit plus loin. Il s'agit typiquement d'un mode de réalisation dans lequel
on vient équiper un chauffe-eau existant.
[0052] Dans un second mode de réalisation, ces moyens 30 sont intégrés au module de contrôle
12 du chauffe-eau. Dans ce mode, comme le dispositif 11 est alimenté en courant via
le module 12, sa consommation est automatiquement disponible. En référence à la figure
1b, qui représente un tel cas, il s'agit typiquement d'un chauffe-eau neuf prévu dès
l'origine pour mettre en oeuvre le présent procédé. Comme l'on voit un tel chauffe-eau
peut ne pas comprendre de sonde de température 20.
[0053] Dans un troisième mode de réalisation (représenté par la figure 1c), les moyens 30
sont ceux d'un boitier dédié connecté tel qu'un compteur électrique intelligent 32
(par exemple LINKY) via lequel le moyen de chauffage du dispositif 11 est alimenté,
et disposant d'un émetteur Télé-Information Client (TIC) intégré ou non. Un tel compteur
32 dispose directement des informations de consommation du dispositif de chauffage
11.
[0054] Dans un quatrième mode de réalisation représenté par la figure 1d, les moyens 30
sont ceux du boitier 31 pour l'accès à internet de type « box » d'un fournisseur d'accès
à Internet. Dans l'exemple représenté, le boitier 31 reçoit du module de contrôle
12 les données de consommation.
[0055] Dans un cinquième mode de de réalisation représenté par la figure 1e, les moyens
30 sont ceux d'un serveur du réseau internet 3. En d'autres termes les données (de
consommation ou de débit) sont émises (par exemple par le boitier 31 s'il est configuré
pour les centraliser) dans une requête d'obtention de la grandeur thermique.
[0056] On comprendra que les cinq modes représentés par les figures 1a-1e constituent cinq
exemples non limitatifs et combinables. Par exemple, n'importe lequel de ces exemples
peut utiliser un dispositif 23 pour la mesure de la consommation du système 1.
Régime de fonctionnement
[0057] Le présent procédé commence par une étape (a) de détermination d'un régime de fonctionnement
du système 1. Par régime de fonctionnement, on entend un comportement du réservoir
d'eau lié à l'utilisation on non de l'eau chaude. Ce régime est choisi parmi trois
régimes :
- un premier régime de soutirage d'eau depuis le réservoir 10, en d'autres termes un
régime dans lequel on prélève de l'eau dans le réservoir 10 via la sortie S (et on
en remet autant via l'entrée E), et ce que le moyen de chauffe électrique soit allumé
ou non ;
- un deuxième régime de chauffe de l'eau du réservoir 10 sans soutirage, c'est-à-dire
un régime dans lequel il n'y a pas de soutirage d'eau (on est donc hors du premier
régime) mais le moyen de chauffe électrique est allumé ; et
- un troisième régime sans soutirage et sans chauffe, i.e. le cas le plus courant où
rien ne se passe dans le réservoir 10 hormis des transferts thermiques naturels.
[0058] On note que le premier régime peut comporter deux sous-régimes, selon que le moyen
de chauffe électrique est allumé ou non.
[0059] La détermination du régime se fait en fonction des données représentatives de la
consommation énergétique dudit moyen de chauffage du dispositif 11, et de mesures
de débit d'eau soutirée (via le capteur 21, 22). On particulier, si le débit est non
nul on est en premier régime. Si le débit est nul on regarde alors la consommation.
Si celle-ci est nulle (ou très faible, i.e. que seuls des équipements de contrôle
du chauffe-eau tels que le module 12 sont allumés), alors on est dans le troisième
régime, sinon on est dans le deuxième régime.
[0060] Cette étape (a) se met avantageusement en oeuvre à intervalles réguliers, l'idée
étant de déterminer les intervalles temporels de chacun des régimes, l'idée étant
de considérer le fonctionnement du système 1 par fragments, ou « intervalles élémentaires
», dans lesquels un seul régime est mis en oeuvre.
[0061] Il est en outre possible de prévoir que de base les moyens de traitement considèrent
que l'on est dans le troisième régime, et qu'on met en oeuvre une détermination du
régime lorsqu'est reçu un signal représentatif d'une consommation et/ou un débit non
nul.
Calcul récursif
[0062] Le présent procédé propose un schéma récursif de calcul. Ainsi, à partir de valeur
initiales des températures T1
i, T2
i et T3
i et des volumes V1
i, V2
i et V3
i, l'étape (b) va consister à déterminer au moins le volume final V2
f de la partie intermédiaire P2 (ou alternativement le volume final V3
f de la partie supérieure P3), la température finale T3
f de la partie supérieure P3, la température finale T2
f de la partie intermédiaire P2 et la température finale T1
f de la partie inférieure P1, selon le régime déterminé (et les données de consommation
et/ou de débit). Chacun de ces régimes correspond en effet à une évolution selon une
dynamique donnée.
[0063] L'étape (c) voit alors la détermination, à partir de volumes initiaux V1
i, V3
i des parties inférieure et supérieure P1, P3 et dudit volume final V2
f de la partie intermédiaire P2, de volumes finaux V1
f, V3
f des parties inférieure et supérieure P1, P3, de sorte à disposer de chacun des volumes
et températures finaux T1
f, T2
f, T3
f, V1
f, V2
f, V3
f des parties P1, P2, P3. Comme l'on verra, les calculs de volumes de l'étape (c) sont
extrêmement simples.
[0064] A noter que si l'étape (b) comprend la détermination du volume final V3
f de la partie supérieure P3 (au lieu volume final V2
f de la partie intermédiaire P2), alors l'étape (c) consiste en la détermination, à
partir de volumes initiaux V1
i, V2
i des parties inférieure et intermédiaire P1, P2 et dudit volume final V3
f de la partie supérieure P3, de volumes finaux V1
f, V2
f des parties inférieure et intermédiaires P1, P2. Seule la première sera décrite,
mais les deux solutions sont rigoureusement équivalentes car V2 et V3 sont directement
liés, et l'homme du métier saura aussi bien mettre en oeuvre l'une que l'autre.
[0065] En pratique la connaissance de T2
f, T1
f, V2
f assure la connaissance de T3
f, V1
f, V3
f (et similairement la connaissance de T3
f, T1
f, V3
f assure la connaissance de T2
f, V1
f, V2
f). En effet, le modèle stratifié détaillé ci-avant propose préférentiellement de considérer
la partie inférieure P1 comme un volume « mort », et ainsi prendre le volume V1 de
cette partie inférieure P1 d'une valeur constante prédéterminée, par exemple un sixième
du volume total du réservoir 10 (soit environ 15L pour un réservoir de 90L). En d'autres
termes, V1
i = V1
f. A partir de là, le volume V3 de la partie supérieure P3 est donné par la formule
V3 = V - V2 - V1, où V est le volume total du réservoir (respectivement, le volume V2 de la partie
intermédiaire P2 est donné par la formule
V2 = V - V1 - V3).
[0066] Avantageusement, le procédé comprend la répétition des étapes (a) à (c) de sorte
que les températures et volumes finaux T1
f, T2
f, T3
f, V1
f, V2
f, V3
f des parties P1, P2, P3 sont utilisés comme températures et volumes initiaux T1
i, T2
i, T3
i, V1
i, V2
i, V3
i des parties P1, P2, P3 à l'itération suivante, et ainsi de suite.
[0067] Dans le deuxième et le troisième régime, aucun soutirage n'est appliqué au ballon.
On considère donc que les volumes V1
i, V2
i, V3
i des parties P1, P2, P3 sont constants et donc :
- V2f = V2i,
- V1f = V1i = V1,
- V3f = V3i
[0068] Dans le premier régime, un soutirage est effectué en partie supérieure du réservoir
d'eau. Sur l'intervalle élémentaire considéré, en intégrant les mesures de débit les
moyens de traitement 30 déterminent le volume
v d'eau soutirée, et on obtient :
- V2f = V2i + v,
- V1f = V1i = V1,
- V3f = V3i - v = V - V2f - V1.
[0069] En ce qui concerne les températures T1, T2 et T3, les moyens 30 calculent leurs évolutions
en fonction de l'injection du volume
v d'eau froide à une température
Te, des pertes statiques (échange avec le milieu ambiance à une température
Ta, éventuellement fonction de données géométriques telles que la section et la hauteur
du réservoir) et de l'injection de puissance via les moyens de chauffe.
[0070] La température d'eau froide Te et la température ambiante Ta (celle du local chauffé
ou non dans lequel est installé le réservoir) peuvent être mesurées, estimées à partir
de données météo (historiques ou temps réel), prédéfinies (issues de simulations numériques
préalables) ou fixées. Elles peuvent être reçues via le réseau internet 3.
[0071] Dans le troisième régime, le profil de température évolue selon les pertes thermiques
qui s'appliquent naturellement au réservoir.
[0072] Dans le second régime, on considère le cas où aucun soutirage n'est effectué mais
le réservoir est chauffé via le moyen situé dans la partie intermédiaire P2. On modélise
l'injection de la puissance thermique correspondant à la consommation électrique du
dispositif 11 et son rendement, et le transfert entre parties P2 et P3 si mélange.
[0073] Dans le premier régime, un soutirage est appliqué au réservoir 10, auquel s'ajoute
éventuellement une chauffe. Le volume
v d'eau froide à la température
Te est ajouté à la partie intermédiaire P2.
[0074] Ces modèles physiques permettent aux moyens 30 de déterminer les valeurs finales
T2
f, T3
f des températures (T1
f=T1
i=Te dans ce régime).
[0075] Le réservoir 10 peut présenter au moins une sonde de température 20 configurée pour
émettre un signal représentatif de la température d'une partie P1, P2, P3 de l'eau
du réservoir 10 (cas typique d'un chauffe-eau modifié). L'étape (b) comprend alors
préférentiellement un contrôle des températures finales T2
f, T3
f des parties P2, P3 en fonction dudit signal émis par la sonde 20. Plus particulièrement,
les moyens 30 vérifient la conformité des températures T2
f, T3
f déterminées vis-à-vis de la ou les températures mesurées. S'il y a trop d'écart (il
est normal qu'il y ait un écart car le modèle par couches est théorique), les valeurs
déterminées T2
f, T3
f sont modifiées et le modèle est adapté. De façon particulièrement préférée, les moyens
30 mettent en oeuvre un apprentissage à partir desdites mesures de températures de
sorte à améliorer la qualité du modèle.
[0076] Par ailleurs, on note qu'au cours du temps, V2 est uniquement croissant et V3 est
uniquement décroissant. En outre, P2 et P3 sont par définition des parties respectivement
« froide » et « chaude » dont les températures convergent inexorablement : la température
T2 de P2 augmente grâce à la puissance injectée, et la température T3 de P3 diminue
avec les pertes statiques.
[0077] Ainsi, l'étape (b) comprend avantageusement la « fusion » des parties inférieure
et supérieure P2, P3 lorsque leur différentiel de température (i.e. l'écart entre
T2
f et T3
f après leur calcul) est inférieur à un seuil prédéfini, par exemple 5°K. Cela impacte
également l'étape (c).
[0078] Plus précisément, les deux parties P2, P3 se mélangent pour former un seul volume
de température homogène. En d'autres termes, P2 se « vide » dans P3, et V2 et V3 peuvent
à nouveau respectivement décroitre et croître. On obtient ainsi des valeurs « corrigées
» T1
f', T2
f', T3
f', V1
f', V2
f', V3
f' des températures et volumes finaux des parties P1, P2, P3.
[0079] On obtient ainsi :
- V2f' = 0,
- V1f' = V1f = V1,
- V3f'=V3f + V2f = V- V1.
- T2f' = Te (cela étant virtuel puisque le volume associé est nul, mais cela correspond à la
température du volume v qui viendra rempli la partie inférieure P2 au prochain soutirage),
- T3f' = (T3f * V3f + T2f * V2f) / (V3f + V2f) = (T3f * V3f + T2f * V2f) / (V-V1) (en d'autres termes la température moyenne des parties P2, P3 fusionnées).
[0080] En cas de chauffe et tant que V2=0, l'apport thermique fait augmenter la température
T3 du volume supérieur V3.
[0081] On note que cette fusion se met également en oeuvre si V3 atteint 0, en d'autres
termes si l'utilisateur a « vidé » toute l'eau chaude avant que la remontée en température
soit effective. La fusion correspond alors à un remplacement de P3 par P2.
[0082] Comme expliqué avant, on comprendra que toute « fusion » de parties P2, P3 est purement
théorique et ne correspond à aucun phénomène physique réel ayant alors lieu dans le
réservoir 10 (en particulier, il n'y a pas de transfert d'eau massif de la partie
inférieure P2 vers la partie supérieure P3), mais qu'elle simule efficacement la réalité
et permet de fournir des valeurs de températures et de volumes à partir desquelles
la grandeur thermique recherché pourra être calculée de façon réaliste.
Calcul de la grandeur thermique et utilisation
[0083] Dans une étape (d) (qui a lieu soit à chaque cycle, soit sur demande de l'utilisateur
ou d'une application intéressée par cette grandeur physique), les moyens 30 estiment
ladite grandeur thermique du réservoir d'eau 10 en fonction des températures et volumes
finaux T1
f, T2
f, T3
f, V1
f, V2
f, V3
f des parties P1, P2, P3 du réservoir 10.
[0084] Par exemple, si la grandeur thermique est l'énergie totale, celle-ci est proportionnelle
à
T3f *
V3f +
T2f *
V2f + T1
f,
* V1f
[0085] L'homme du métier saura calculer la valeur de la grandeur thermique de son choix
à partir du profil de température obtenu.
[0086] La valeur estimée peut être juste transmise à l'utilisateur (par exemple affichée
sur des moyens d'interface) ou stockée (par exemple envoyée via le réseau 3 pour statistiques),
mais également exploitée dans le fonctionnement du chauffe-eau.
[0087] En particulier, le comprend avantageusement une étape (e) de contrôle dudit dispositif
de chauffage 11 par le module de contrôle 12 en fonction de ladite grandeur thermique
déterminée. Ce peut être un contrôle simple visant à obtenir une température de confort,
en particulier dans un chauffe-eau du type de celui de la figure 1 b. La grandeur
thermique peut en effet remplacer toute mesure de température tout en permettant un
contrôle précis.
[0088] De façon préférée, l'étape (e) comprend la réception de données descriptives d'un
état du réseau électrique 2 par le module de traitement de données 30, la détermination
d'une consigne en fonction de ladite grandeur thermique déterminée et des de données
descriptives d'un état du réseau électrique 2, et l'émission de ladite consigne à
destination du module de contrôle 12 de sorte à modifier une capacité énergétique
du réservoir d'eau 10. L'idée est d'altérer la régulation normale de la température
du réservoir 10 et de provoquer des surchauffes/sous-chauffes. Ceci est particulièrement
facile à gérer si la grandeur thermique estimée est une quantité d'énergie stockée
par le réservoir 10 ou une grandeur qui en découle, par exemple la capacité énergétique
restante du réservoir 10, i.e. la quantité d'énergie encore stockable.
[0089] Le présent procédé propose ainsi d'utiliser les chauffe-eau installés pour gérer
la production électrique d'origine renouvelable, et ce facilement et efficacement
: l'émission de consignes adaptées permet en effet d'augmenter ou de diminuer sur
commande la consommation de ces chauffe-eau et de jouer sur l'énergie stockée en tant
qu'eau chaude. La capacité énergétique devient modulable. Plusieurs TWh sont ainsi
disponibles à l'échelle du territoire français par exemple.
[0090] Ceci permet par exemple de privilégier la consommation électrique tant que le photovoltaïque
est largement disponible, et de limiter la consommation électrique ou se rabattre
sur d'autres énergie (par exemple via des moyens de chauffage alternatifs tels des
bruleurs si le dispositif 11 en comprend).
[0091] L'obtention de la consigne est réalisée en fonction de données descriptives d'un
état dudit réseau électrique 2. Ces données désignent de façon générale toutes les
informations sur la charge du réseau 2, le taux d'énergie d'origine renouvelable,
les prévisions de variation de ce taux, de la production/consommation en général,
etc.
[0092] Ces données peuvent être des données génériques obtenues localement, par exemple
d'origine météorologique, qui peuvent indiquer dans quelle mesure les moyens de production
d'énergie renouvelable vont être productifs, mais de façon préférée il s'agit de données
plus complexes fournies depuis le réseau internet 3 via le boitier 31, en particulier
en temps réel.
[0093] Dans un mode de réalisation comprenant un compteur électrique intelligent 32 (par
exemple LINKY) disposant d'un émetteur Télé-Information Client (TIC) intégré ou non,
les données utilisés peuvent notamment être les champs de la TIC tels que par exemple:
l'état binaire d'un ou plusieurs contact(s) virtuel(s), l'index tarifaire de la grille
fournisseur et/ou distributeur en cours, le prix de l'électricité, le préavis de pointe
mobile et/ou une ou plusieurs pointe(s) mobile(s), etc.
[0094] Selon un mode de réalisation préféré, les moyens 30 déterminent une consigne de puissance
(c'est-à-dire une valeur cible de puissance effective) en fonction des données descriptives
de l'état du réseau 2. Le module de contrôle 12 régule alors le dispositif 11 de chauffage
en puissance.
[0095] Un premier et/ou un deuxième type de fonctionnement peuvent être mis en oeuvre.
[0096] Le premier est le mode « suralimentation » (en d'autres termes « marche forcée »)
utilisé pour augmenter la consommation du chauffe-eau et donc la quantité d'énergie
stockée. Dans ce mode, les moyens 30 sont configuré pour émettre une consigne d'augmentation
de puissance (en d'autres termes une consigne de puissance augmentant la consommation
des moyens de chauffage du dispositif 11) lorsque les données descriptives d'un état
dudit réseau électrique 2 sont caractéristiques d'une surabondance actuelle et/ou
d'un déficit futur d'énergie d'origine renouvelable au sein dudit réseau électrique
2 (en d'autres termes si la production d'origine renouvelable est à la baisse à court
terme), de sorte à augmenter la capacité énergétique du réservoir d'eau 10.
[0097] Ce mode suralimentation est intéressant soit pour absorber une forte production de
photovoltaïque, soit pour prévenir une faible production. Grâce à la suralimentation,
l'effet du dispositif 10 est amplifié. Cela augmente donc la consommation immédiate,
mais retarde la consommation à venir (puisque plus d'énergie est stockée, le prochain
franchissement du premier seuil de température est retardé).
[0098] La valeur de la consigne de puissance peut être telle à consommer au maximum le surplus
d'énergie d'origine renouvelable sans toucher à l'énergie d'origine non renouvelable.
La valeur peut également être une valeur fixe, ou la valeur actuelle de consommation
plus un écart prédéterminé (par exemple +500W).
[0099] Il est à noter que ce mode suralimentation peut être complété de certaines options
: si les données déclenchant la suralimentation sont fournies par un compteur équipé
d'un module TIC, ce dernier peut augmenter temporairement et simultanément à l'enclenchement
du chauffe-eau la valeur de la puissance de coupure pour éviter tout risque de disjonction
en absence de délesteur ou de gestionnaire d'énergie. De plus, si le système de chauffage
de l'eau est asservi au signal tarifaire via un contact sec ou virtuel, ce dernier
devra être piloté de manière à permettre l'alimentation électrique de ce système en
dehors des plages normales autorisées si nécessaire. En outre, si les points de soutirage
d'eau chaude sanitaire (douche, robinets, etc.) en aval ne sont pas tous équipés de
mitigeur, l'ajout d'une vanne de mélange en sortie du réservoir 10 permet d'éviter
les risques de brûlure dus à la fourniture d'eau plus chaude.
[0100] Le deuxième mode est le mode « sous-alimentation » (en d'autres termes « marche réduite
») utilisé pour diminuer la consommation du chauffe-eau et donc la quantité d'énergie
stockée. Dans ce mode, les moyens 30 sont configurés pour émettre une consigne de
diminution de puissance (en d'autres termes une consigne de puissance diminuant la
consommation du moyen de chauffage du dispositif 11), lorsque les données descriptives
d'un état dudit réseau électrique 2 sont caractéristiques d'un déficit actuel et/ou
d'une surabondance future d'énergie d'origine renouvelable au sein dudit réseau électrique
2 (en d'autres termes si la production d'origine renouvelable est à la hausse à court
terme), de sorte à diminuer la capacité énergétique du réservoir d'eau 10.
[0101] Cela peut être très utile en prévision d'un pic de production d'énergie d'origine
renouvelable ou lors d'un pic de consommation. On évite ainsi de consommer de l'énergie
fossile alors que l'on sait que l'énergie renouvelable sera bientôt trop abondante.
Cette baisse volontaire de consommation est appelée effacement.
[0102] La consigne de baisse de puissance peut être calculée de sorte à minimiser une consommation
d'énergie d'origine non-renouvelable. L'idée est de ne pas (ou le moins possible)
soutirer d'énergie d'origine non-renouvelable au réseau 2. Ce peut être également
une valeur fixe, ou la valeur actuelle de consommation moins un écart prédéterminé
(par exemple -500W).
[0103] Il est à noter que les deux modes (marche réduite et marche forcée) peuvent cohabiter
et être mis en oeuvre à tour de rôle. Dans l'un comme dans l'autre, l'application
de la consigne de puissance peut être précédée et/ou suivie d'une rampe pour éviter
un effet rebond, en d'autres termes on augmente/diminue progressivement la consigne
de puissance (par exemple linéairement sur un intervalle de 30 minutes), au lieu de
basculer immédiatement.
[0104] Par ailleurs, l'activation de l'un ou l'autre des modes, le choix d'une consigne
de puissance fixe ou variable, les seuils de températures, etc., peuvent être contrôlés
par l'utilisateur via une interface adaptée.
[0105] Il est également à noter que la régulation en puissance ne peut pas se faire au détriment
du confort de l'utilisateur, et pour chacun des modes, le module de contrôle 12 peut
être configuré pour ignorer la consigne de puissance lorsque la grandeur thermique
estimée est représentative d'une potentielle dégradation du confort de l'utilisateur.
[0106] Il est à noter que le moyen 30 peut mettre en oeuvre un rôle d'élément de leurre
tel que décrit dans la demande
FR1363229.
Modification d'un chauffe-eau existant
[0107] Selon un deuxième aspect, l'invention concerne un ensemble d'estimation d'une grandeur
thermique adapté pour un réservoir d'eau 10 d'un chauffe-eau existant.
[0108] L'ensemble comprend :
- au moins un capteur de débit 21, 22 mesurant un débit d'eau soutirée au niveau de
l'entrée d'eau E et/ou de la sortie d'eau S ;
- des moyens de traitement de données 30 connectés audit capteur de débit 21, 22 ;
- le cas échéant un élément 23 de mesure de la consommation électrique dudit moyen de
chauffage du dispositif 11, également connecté aux moyens 30 (alternativement ils
sont connectés au compteur électrique 32).
[0109] Comme expliqué, chacun de ces éléments peut d'adapter sur un chauffe-eau existant
sans modifications substantielles, et en gardant la sonde de température. Dans le
cas où l'on souhaite mettre en oeuvre l'étape (e), il suffit de connecter les moyens
de traitement 30 au module de contrôle 12, par exemple via un câble Ethernet.
[0110] Les moyens de traitement de donnés 30 doivent être configurés pour mettre en oeuvre
:
o un premier module de détermination d'un régime de fonctionnement parmi un premier
régime de soutirage d'eau depuis le réservoir 10, un deuxième régime de chauffe de
l'eau du réservoir 10 sans soutirage, et un troisième régime sans soutirage et sans
chauffe, en fonction de données représentatives de la consommation énergétique dudit
moyen de chauffage du dispositif 11, et de mesures de débit d'eau soutirée ;
o un deuxième module de détermination, à partir d'un volume initial V2i de la partie intermédiaire P2 et de températures initiales T1i, T2i, T3i des parties P1, P2, P3 du réservoir 10, d'un volume final V2f de la partie intermédiaire P2 et de températures finales T1f, T2f, T3f des parties P1, P2, P3 du réservoir 10, en fonction d'au moins le régime de fonctionnement
déterminé, les données représentatives de la consommation énergétique dudit moyen
de chauffage du dispositif 11, et les mesures de débit d'eau soutirée ;
o Un troisième module de détermination, à partir de volumes initiaux V1i, V3i des parties inférieure et supérieure P1, P3 et dudit volume final V2f de la partie intermédiaire P2, de volumes finaux V1f, V3f des parties inférieure et supérieure P1, P3 ;
o un quatrième module d'estimation de ladite grandeur thermique du réservoir d'eau
10 en fonction des températures et volumes finaux T1f, T2f, T3f, V1f, V2f, V3f des parties P1, P2, P3 du réservoir 10.
[0111] On notera que les deuxièmes et troisièmes modules peuvent être configurés pour déterminer
d'abord le volume final V3
f de la partie supérieure P3, puis le volume final V2
f de la partie intermédiaire P2, comme expliqué avant (en d'autres termes :
o le deuxième module est un module de détermination, à partir d'un volume initial
V3i de la partie supérieure P3 et de températures initiales (T1i, T2i, T3i) des parties inférieure, intermédiaire et supérieure (P1, P2, P3) du réservoir 10,
d'un volume final V3f de la partie supérieure P3 et de températures finales T1f, T2f, T3f des parties inférieure, intermédiaire et supérieure P1, P2, P3 du réservoir 10, en
fonction d'au moins le régime de fonctionnement déterminé, les données représentatives
de la consommation énergétique dudit moyen de chauffage du dispositif 11, et les mesures
de débit d'eau soutirée ;
o et le troisième module est un module de détermination, à partir de volumes initiaux
V1i, V2i des parties inférieure et intermédiaire P1, P2 et dudit volume final V3f de la partie supérieure P3, de volumes finaux V1f, V2f des parties inférieure et intermédiaire P1, P2)
[0112] L'invention concerne également le système 1 de chauffe-eau « modifié », c'est-à-dire
comprenant un réservoir d'eau 10, un dispositif 11 comprenant un moyen de chauffage
alimenté par un réseau électrique 2, un module de contrôle 12 dudit dispositif 11,
et un ensemble d'estimation d'une grandeur thermique selon le deuxième aspect de l'invention,
adapté pour le réservoir 10.
[0113] L'invention concerne également le système 1 de chauffe-eau « neuf », c'est-à-dire
comprenant un réservoir d'eau 10, un dispositif 11 comprenant un moyen de chauffage
alimenté par un réseau électrique 2 et un module de contrôle 12 dudit dispositif 11,
le module de contrôle 12 comprenant des moyens de traitement de données 30 configurés
pour mettre en oeuvre le procédé d'estimation d'une grandeur thermique selon le premier
aspect de l'invention.
Produit programme d'ordinateur
[0114] Selon d'autres aspects, l'invention concerne un produit programme d'ordinateur comprenant
des instructions de code pour l'exécution (sur des moyens de traitement de donnés
30) d'un procédé selon le premier aspect de l'invention d'estimation d'une grandeur
thermique d'un réservoir d'eau 10, ainsi que des moyens de stockage lisibles par un
équipement informatique (par exemple une mémoire du module de contrôle 12 si c'est
lui qui contient les moyens 30) sur lequel on trouve ce produit programme d'ordinateur.
1. Procédé d'estimation d'une grandeur thermique d'un réservoir d'eau (10), le réservoir
d'eau (10) s'étendant selon un axe sensiblement vertical et présentant :
- Une partie intermédiaire (P2) en échange thermique avec un dispositif (11) de chauffage
de l'eau du réservoir (10), le dispositif (11) comprenant un moyen de chauffage alimenté
par un réseau électrique (2) ;
- Une partie inférieure (P1) présentant une entrée d'eau (E) ; et
- Une partie supérieure (P3) présentant une sortie d'eau (S) ;
L'entrée d'eau (E) et/ou la sortie d'eau (S) étant équipée d'un capteur de débit (21,
22) mesurant un débit d'eau soutirée ;
Le procédé étant
caractérisé en ce qu'il comprend la mise en oeuvre par des moyens de traitement de données (30) connectés
audit capteur de débit (21, 22), d'étapes de :
(a) Détermination d'un régime de fonctionnement parmi un premier régime de soutirage
d'eau depuis le réservoir (10), un deuxième régime de chauffe de l'eau du réservoir
(10) sans soutirage, et un troisième régime sans soutirage et sans chauffe en fonction
de données représentatives de la consommation énergétique dudit moyen de chauffage
du dispositif (11), et de mesures de débit d'eau soutirée ;
(b) A partir d'un volume initial (V2i) de la partie intermédiaire (P2) et de températures initiales (T1i, T2i, T3i) des parties inférieure, intermédiaire et supérieure (P1, P2, P3) du réservoir (10),
détermination d'un volume final (V2f) de la partie intermédiaire (P2) et de températures finales (T1f, T2f, T3f) des parties inférieure, intermédiaire et supérieure (P1, P2, P3) du réservoir (10),
en fonction d'au moins le régime de fonctionnement déterminé, les données représentatives
de la consommation énergétique dudit moyen de chauffage du dispositif (11), et les
mesures de débit d'eau soutirée ;
(c) A partir de volumes initiaux (V1i, V3i) des parties inférieure et supérieure (P1, P3) et dudit volume final (V2f) de la partie intermédiaire (P2), détermination de volumes finaux (V1f, V3f) des parties inférieure et supérieure (P1, P3) ;
(d) Estimation de ladite grandeur thermique du réservoir d'eau (10) en fonction des
températures et volumes finaux (T1f, T2f, T3f, V1f, V2f, V3f) des parties inférieure, intermédiaire et supérieure (P1, P2, P3) du réservoir (10).
2. Procédé d'estimation d'une grandeur thermique d'un réservoir d'eau (10), le réservoir
d'eau (10) s'étendant selon un axe sensiblement vertical et présentant :
- Une partie intermédiaire (P2) en échange thermique avec un dispositif (11) de chauffage
de l'eau du réservoir (10), le dispositif (11) comprenant un moyen de chauffage alimenté
par un réseau électrique (2) ;
- Une partie inférieure (P1) présentant une entrée d'eau (E) ; et
- Une partie supérieure (P3) présentant une sortie d'eau (S) ;
L'entrée d'eau (E) et/ou la sortie d'eau (S) étant équipée d'un capteur de débit (21,
22) mesurant un débit d'eau soutirée ;
Le procédé étant
caractérisé en ce qu'il comprend la mise en oeuvre par des moyens de traitement de données (30) connectés
audit capteur de débit (21, 22), d'étapes de :
(a) Détermination d'un régime de fonctionnement parmi un premier régime de soutirage
d'eau depuis le réservoir (10), un deuxième régime de chauffe de l'eau du réservoir
(10) sans soutirage, et un troisième régime sans soutirage et sans chauffe en fonction
de données représentatives de la consommation énergétique dudit moyen de chauffage
du dispositif (11), et de mesures de débit d'eau soutirée ;
(b) A partir d'un volume initial (V3i) de la partie supérieure (P3) et de températures initiales (T1i, T2i, T3i) des parties inférieure, intermédiaire et supérieure (P1, P2, P3) du réservoir (10),
détermination d'un volume final (V3f) de la partie supérieure (P3) et de températures finales (T1f, T2f, T3f) des parties inférieure, intermédiaire et supérieure (P1, P2, P3) du réservoir (10),
en fonction d'au moins le régime de fonctionnement déterminé, les données représentatives
de la consommation énergétique dudit moyen de chauffage du dispositif (11), et les
mesures de débit d'eau soutirée ;
(c) A partir de volumes initiaux (V1i, V2i) des parties inférieure et intermédiaire (P1, P2) et dudit volume final (V3f) de la partie supérieure (P3), détermination de volumes finaux (V1f, V2f) des parties inférieure et intermédiaires (P1, P2) ;
(d) Estimation de ladite grandeur thermique du réservoir d'eau (10) en fonction des
températures et volumes finaux (T1f, T2f, T3f, V1f, V2f, V3f) des parties inférieure, intermédiaire et supérieure (P1, P2, P3) du réservoir (10).
3. Procédé selon l'une des revendications 1 et 2, dans lequel ladite grandeur thermique
est choisie parmi une température moyenne de l'eau du réservoir (10), une température
minimale de l'eau du réservoir (10), une température maximale de l'eau du réservoir
(10), une quantité d'énergie stockée dans le réservoir (10), une quantité d'énergie
encore stockable dans le réservoir (10), un équivalent volume d'eau disponible à une
température donnée, un temps de chauffe nécessaire, et des combinaisons de ces grandeurs.
4. Procédé selon l'une des revendications 1 à 3, comprenant récursivement la répétition
des étapes (a) à (c) de sorte que les températures et volumes finaux (T1f, T2f, T3f, V1f, V2f, V3f) des parties inférieure, intermédiaire et supérieure (P1, P2, P3) sont utilisés comme
températures et volumes initiaux (T1i, T2i, T3i, V1i, V2i, V3i) des parties inférieure, intermédiaire et supérieure (P1, P2, P3) à l'itération suivante.
5. Procédé selon l'une des revendications 1 à 4, dans lequel le volume (V1) de la partie
inférieure (P1) présente une valeur constante prédéterminée.
6. Procédé selon l'une des revendications 1 à 5, dans lequel le volume (V3) de la partie
supérieure (P3) est lié volume (V2) de la partie intermédiaire (P2) par la formule
V3=V-V2-V1, où V est le volume total du réservoir (10).
7. Procédé selon l'une des revendications 1 à 6, dans lequel l'étape (b) comprend, si
le régime de fonctionnement déterminé est le premier régime, la détermination d'un
volume d'eau soutirée en fonction des débits mesurés, ledit volume d'eau soutirée
étant ajouté au volume (V2) de la partie intermédiaire (P2) ou retiré au volume (V3)
de la partie supérieure (P3), et présentant une température d'eau froide (Te) prédéterminée.
8. Procédé selon l'une des revendications 1 à 7, dans lequel le volume final (V2f) de la partie intermédiaire (P2) est égal au volume initial (V2i) ou le volume final (V3f) de la partie supérieure (P3) est égal au volume initial (V3i), si le régime de fonctionnement déterminé n'est pas le premier régime.
9. Procédé selon la revendication 8, dans lequel l'étape (b) comprend, si le régime de
fonctionnement déterminé est le deuxième régime, la détermination d'un apport thermique
en fonction de la consommation énergétique dudit moyen de chauffage du dispositif
(11), ledit apport thermique étant appliqué à la partie intermédiaire (P2).
10. Procédé selon l'une des revendications 8 et 9, dans lequel l'étape (b) comprend, si
le régime de fonctionnement déterminé est le troisième régime, la détermination de
pertes thermiques de chacune des parties inférieure, intermédiaire et supérieure (P1,
P2, P3) en fonction d'une température ambiante (Ta) prédéterminée.
11. Procédé selon l'une des revendications 1 à 10, dans lequel l'étape (b) comprend postérieurement
la détermination d'un volume final corrigé (V2f', V3f') de la partie intermédiaire ou supérieure (P2, P3) et d'au moins une température
finale corrigée (T3f') de la partie supérieure (P3) si l'écart entre les températures finales (T2f, T3f) des parties intermédiaire et supérieure (P2, P3) est inférieur à un seuil donné.
12. Ensemble d'estimation d'une grandeur thermique adapté pour un réservoir d'eau (10)
s'étendant selon un axe sensiblement vertical et présentant :
- Une partie intermédiaire (P2) en échange thermique avec un dispositif (11) de chauffage
de l'eau du réservoir (10), le dispositif (11) comprenant un moyen de chauffage alimenté
par un réseau électrique (2) ;
- Une partie inférieure (P1) présentant une entrée d'eau (E) ; et
- Une partie supérieure (P3) présentant une sortie d'eau (S) ;
L'ensemble étant
caractérisé en ce qu'il comprend :
- Au moins un capteur de débit (21, 22) mesurant un débit d'eau soutirée au niveau
de l'entrée d'eau (E) et/ou de la sortie d'eau (S) ;
- des moyens de traitement de données (30) connectés audit capteur de débit (21, 22),
configurés pour mettre en oeuvre :
o un premier module de détermination d'un régime de fonctionnement parmi un premier
régime de soutirage d'eau depuis le réservoir (10), un deuxième régime de chauffe
de l'eau du réservoir (10) sans soutirage, et un troisième régime sans soutirage et
sans chauffe, en fonction de données représentatives de la consommation énergétique
dudit moyen de chauffage du dispositif (11), et de mesures de débit d'eau soutirée
;
o un deuxième module de détermination, à partir d'un volume initial (V2i) de la partie intermédiaire (P2) et de températures initiales (T1i, T2i, T3i) des parties inférieure, intermédiaire et supérieure (P1, P2, P3) du réservoir (10),
d'un volume final (V2f) de la partie intermédiaire (P2) et de températures finales (T1f, T2f, T3f) des parties inférieure, intermédiaire et supérieure (P1, P2, P3) du réservoir (10),
en fonction d'au moins le régime de fonctionnement déterminé, les données représentatives
de la consommation énergétique dudit moyen de chauffage du dispositif (11), et les
mesures de débit d'eau soutirée ;
o Un troisième module de détermination, à partir de volumes initiaux (V1i, V3i) des parties inférieure et supérieure (P1, P3) et dudit volume final (V2f) de la partie intermédiaire (P2), de volumes finaux (V1f, V3f) des parties inférieure et supérieure (P1, P3) ;
o un quatrième module d'estimation de ladite grandeur thermique du réservoir d'eau
(10) en fonction des températures et volumes finaux (T1f, T2f, T3f, V1f, V2f, V3f) des parties inférieure, intermédiaire et supérieure (P1, P2, P3) du réservoir (10).
13. Système (1) de chauffe-eau comprenant un réservoir d'eau (10), un dispositif (11)
comprenant un moyen de chauffage alimenté par un réseau électrique (2), un module
de contrôle (12) dudit dispositif (11), et un ensemble d'estimation d'une grandeur
thermique selon la revendication 12, adapté pour le réservoir (10).
14. Produit programme d'ordinateur comprenant des instructions de code pour l'exécution
d'un procédé selon l'une des revendications 1 à 11 d'estimation d'une grandeur thermique
d'un réservoir d'eau (10), lorsque ledit programme est exécuté sur un ordinateur.
15. Moyen de stockage lisible par un équipement informatique sur lequel un produit programme
d'ordinateur comprend des instructions de code pour l'exécution d'un procédé selon
l'une des revendications 1 à 11 d'estimation d'une grandeur thermique d'un réservoir
d'eau (10).