[0001] L'invention concerne les engins volants motorisés tels que les drones, notamment
les drones à voilure tournante de type quadricoptère.
[0002] L'AR.Drone 2.0 ou le
Bebop Drone de Parrot SA, Paris, France sont des exemples typiques de tels quadricoptères. Ils
sont équipés d'une série de capteurs (accéléromètres, gyromètres 3 axes, altimètres),
d'une caméra frontale captant une image de la scène vers laquelle est dirigé le drone
et d'une caméra de visée verticale captant une image du terrain survolé. Ils sont
pourvus de rotors multiples entrainés par des moteurs respectifs commandables de manière
différenciée afin de piloter le drone en attitude et en vitesse. Divers aspects de
ces drones sont décrits, entre autres, dans les
EP 2 364 757 A1,
EP 2 400 460 A1,
EP 2 613 213 A1 ou encore
EP 2 644 240 A1 EP 2 613 214 A1 (Parrot SA).
[0003] Pour des drones de loisir, la centrale inertielle ou IMU (
Inertial Measurement Unit) est réalisée à partir de composants MEMS à faible coût, dont le problème principal
est leur sensibilité à la température, car ils ne corrigent pas d'eux-mêmes les valeurs
délivrées en sortie en fonction de la température des capteurs.
[0004] Or la température de l'IMU peut varier de façon importante, typiquement entre +30°C
et +60°C au cours d'une même utilisation. En effet, en début d'utilisation la température
de l'IMU est proche de la température ambiante, mais en cours d'utilisation l'échauffement
des composants et notamment du processeur entraine une élévation de la température
à l'intérieur du corps du drone. En sens inverse, la mise en marche des moteurs et
un vol rapide entrainent un flux d'air froid ayant tendance à abaisser cette température,
qui pourra remonter ensuite à des valeurs beaucoup plus élevées lorsque le drone se
posera au sol, etc.
[0005] Ces effets perturbateurs sont d'autant plus marqués que les composants générateurs
de chaleur (processeur, puce radio, MOSFETs de commutation des moteurs, etc.) sont
montés sur la même carte de circuit que l'IMU, ce qui tend à accélérer la diffusion
des calories.
[0006] De fait, l'erreur des signaux gyrométriques (et, de même, des signaux accélérométriques)
délivrés par l'IMU présente une dérive (biais) à la fois importante (plusieurs degrés
d'angle par seconde) et variable avec la température. De plus, les variations de température
des capteurs sont susceptibles de provoquer un effet d'hystérésis sur la dérive de
ces derniers, ce qui rend imprécise la correction en continu du biais.
[0007] Pour compenser ce biais, l'IMU fait l'objet en usine d'une procédure de calibration,
consistant à faire varier la température ambiante de façon contrôlée, à relever la
température interne de l'IMU (température de puce, donnée par un capteur interne à
l'IMU), et à mesurer le biais correspondant. On peut ainsi déterminer une caractéristique
biais/température, généralement une caractéristique non linéaire modélisable par un
polynôme.
[0008] Les paramètres descripteurs de cette caractéristique (les coefficients du polynôme)
sont conservés en mémoire et seront utilisés ultérieurement pour corriger en temps
réel le biais de la mesure délivrée par les capteurs, en fonction de la température
relevée à un moment donné.
[0010] L'article de
X. Niu et al. "Fast Thermal Calibration of Low-Grade Inertial Sensors and Inertial
Measurements Units", Sensors, 2013, 13, pp. 12192-12217, décrit une technique de calibration telle que celle exposée plus haut, et propose
notamment, au lieu de laisser se stabiliser la température ambiante, de faire varier
de façon progressive cette température en suivant une rampe continue. Cette technique
de rampe de température permet, tout en conservant une précision de calibration suffisante,
de réduire à environ 3 heures le processus de calibration.
[0011] Mais cette durée est encore excessive pour des productions en grande série de drones,
et il subsiste le besoin d'une méthode de calibration plus rapide, typiquement réduite
à quelques minutes seulement, qui soit compatible avec des cadences de production
élevées en usine.
[0012] Il serait également souhaitable de pouvoir réitérer la calibration ultérieurement,
sur commande de l'utilisateur, sans que celui-ci n'ait à mettre en oeuvre une instrumentation
particulière, et sans que la durée de cette recalibration ne soit rédhibitoire.
[0013] Enfin, dans tous les cas, il apparait souhaitable, pour améliorer la qualité des
mesures d'attitude du drone en cours d'utilisation, de minimiser les fluctuations
de température pendant le vol entre des environnements froids et chauds, et de prendre
en compte de façon efficace la température mesurée de la puce de l'IMU pour corriger
en temps réel le biais en fonction de la caractéristique biais/température obtenue
et mémorisée lors de la calibration préalable effectuée en usine.
[0014] Dans un domaine tout à fait différent, qui est celui des analyses biologiques moléculaires
impliquant une amplification génique
in vitro de l'ADN par une technique PCR (
Polymerase Chain Reaction, réaction en chaine par polymérase), on peut utiliser des biopuces de type
"Lab-on-a-chip", comme cela est décrit par exemple dans un article de
Kim et al. "Efficient Control Systems for PCR Chips", Microfluidics, BioMEMS and Medical
Microsystems IX, publié dans les Proceedings of SPIE, Vol. 7929, no. 1, fév. 2011,
pp. 1-9. La biopuce PCR décrite est munie d'un système de régulation de la température permettant
d'ajuster de façon précise les différentes températures correspondant aux étapes successives
de la réaction PCR (dénaturation, renaturation et extension) au cours de chaque cycle
du protocole d'analyse.
[0015] Toutefois, ces aspects ne sont pas ceux du domaine de l'invention, qui concerne l'amélioration
du comportement d'une centrale inertielle (IMU) d'un drone, notamment la correction
du biais gyrométrique par une procédure appropriée, efficace et rapide, de calibration
préalable.
[0016] Pour résoudre les problèmes précités, propres à une centrale inertielle de drone,
l'invention propose un drone comprenant, de manière en elle-même connue notamment
d'après l'article précité de Petriccia et al., une carte de circuit principale sur
laquelle sont montés des composants électroniques ainsi qu'une centrale inertielle,
IMU, comprenant des capteurs gyrométriques de mesure des rotations instantanées du
drone dans un repère absolu, et/ou des capteurs accélérométriques de mesure des accélérations
du drone dans ce repère, l'IMU incluant un capteur de température interne délivrant
un signal de température de puce.
[0017] De façon caractéristique de l'invention, il est en outre prévu :
- un composant chauffant monté sur la carte de circuit au voisinage de l'IMU ;
- un guide thermique incorporé à la carte de circuit, ce guide thermique s'étendant
entre le composant chauffant et l'IMU de manière à permettre un transfert à l'IMU
de la chaleur produite par le composant chauffant ; et
- un circuit de régulation thermique, recevant en entrée le signal de température de
puce et un signal de température de consigne prédéterminé, et délivrant en sortie
un signal de pilotage du composant chauffant, de manière à contrôler l'apport de chaleur
à l'IMU en fonction de l'écart entre température de puce et température de consigne.
[0018] Selon diverses caractéristiques subsidiaires avantageuses :
- il est en outre prévu une mémoire, conservant des valeurs d'un polynôme approximant
une caractéristique biais/température de puce de l'IMU, et un circuit de correction
d'erreur thermique apte à appliquer aux signaux bruts délivrés par les capteurs gyrométriques
et/ou accélérométriques de l'IMU des corrections de biais en fonction de la température
de puce, ces corrections étant basées sur les valeurs de polynôme conservées dans
la mémoire ;
- le guide thermique est une couche plane métallique incorporée à la carte de circuit
et s'étendant sous l'IMU et sous le composant chauffant, notamment un plan de masse
électrique de l'IMU et du composant chauffant, relié à la masse commune de la carte
de circuit ;
- le composant chauffant est un transistor bipolaire associé à un étage de polarisation
contrôlée de la base de ce transistor, en fonction du signal de pilotage délivré par
le circuit de régulation thermique ; et
- le signal de pilotage délivré par le circuit de régulation thermique est un signal
PWM dont le rapport cyclique est modulé en fonction de l'écart entre la température
de puce et la température de consigne.
[0019] L'invention a également pour objet un procédé de calibration de l'IMU d'un tel drone,
comprenant, de façon caractéristique, les étapes de :
- a) pilotage du composant chauffant de manière à générer une rampe de température de
puce variant progressivement d'une température initiale à une température finale ;
- b) pendant cette rampe de température, relevé des valeurs de biais de l'IMU pour une
pluralité de valeurs de température de puce, et établissement d'une caractéristique
biais/température ;
- c) recherche d'un polynôme approximant au plus près la caractéristique obtenue à l'étape
b) ; et
- d) mémorisation des valeurs du polynôme trouvé à l'étape c), en tant que valeurs de
correction de biais de l'IMU en fonction de la température de puce.
[0020] Selon diverses caractéristiques subsidiaires avantageuses de ce procédé :
- la température initiale est une température ambiante et la température finale est
une température nominale de fonctionnement de l'IMU ;
- la durée de la rampe de température de l'étape b), de la température initiale à la
température finale, est inférieure à 3 minutes ;
- l'étape b) est exécutée dans une configuration statique de l'IMU, et il est en outre
prévu, après l'étape d), une calibration dynamique de l'I-MU, comprenant des étapes
de :
e) mise en place de la carte de circuit sur un support tournant et application de
rotations prédéterminées à l'IMU ; et
f) pendant ces rotations prédéterminées, relevé des signaux bruts délivrés par les
capteurs gyrométriques de l'IMU, et application à ces signaux bruts d'une correction
thermique en fonction de la température de puce, ces corrections étant basées sur
les valeurs de polynôme mémorisées à l'étape d) ;
- le composant chauffant est désactivé pendant les étapes e) et f).
[0021] On va maintenant décrire un exemple de mise en oeuvre de la présente invention, en
référence aux dessins annexés où les mêmes références désignent d'une figure à l'autre
des éléments identiques ou fonctionnellement semblables.
La Figure 1 est une vue en perspective éclatée d'un drone montrant, dissociés, les
différents éléments internes de celui-ci.
La Figure 2 est une vue partielle, agrandie, de la région de la carte de circuit portant
l'IMU et le composant chauffant.
La Figure 3 est un détail du composant chauffant et de son circuit de pilotage.
La Figure 4 montre la chaine d'éléments du circuit de régulation thermique de la température.
La Figure 5 est un diagramme de processus explicitant les différentes fonctions de
calibration, de régulation thermique et de correction de biais mises en oeuvre par
l'invention.
[0022] On va maintenant décrire un exemple de réalisation et de mise en oeuvre de l'invention.
[0023] Sur la Figure 1, on a représenté un drone de type quadricoptère, avec un corps de
drone 10 comprenant en partie inférieure un châssis 12 solidaire de quatre bras de
liaison 14 rayonnant à partir du châssis. Chaque bras est équipé à son extrémité distale
d'un bloc propulseur 16 comprenant un moteur entrainant en rotation une hélice 18.
En partie inférieure, le bloc propulseur 16 est prolongé par un étrier formant pied
20 sur lequel pourra reposer au sol le drone à l'arrêt.
[0024] Le corps de drone comprend une platine 22 destinée à recevoir la carte de circuit
principale 24 portant la quasi-totalité des composants électroniques du drone, y compris
la centrale inertielle de celui-ci. La platine 22 se présente sous forme d'un élément
monobloc en matériau métallique léger et fait fonction de refroidisseur pour évacuer
les calories excédentaires de certains composants fortement générateurs de chaleur
tels que le processeur principal, la puce radio, les MOSFETs de commutation des moteurs,
etc. L'effet de refroidissement est accru par les flux d'air résultant des effets
aérodynamiques, et éventuellement par mise en route d'un ventilateur notamment lorsque
le drone ne vole pas.
[0025] La Figure 2 est une vue agrandie de la carte de circuit principale 24, à l'endroit
où se trouve implantée la centrale inertielle 26. Cette centrale inertielle (IMU)
est un composant incorporant un gyromètre trois axes et un accéléromètre trois axes.
[0026] De façon caractéristique, il est prévu à proximité de l'IMU 26 un composant chauffant
28 susceptible de produire, de façon contrôlée, de l'énergie thermique. Cette énergie
est destinée à être apportée à l'IMU 26, par l'intermédiaire d'un élément thermiquement
conducteur 30, qui est par exemple une couche plane métallique (couche de cuivre)
incorporée à la carte de circuit principale et s'étendant à la fois sous l'IMU 26
et sous le composant chauffant 28. Cette couche plane métallique joue le rôle de guide
thermique entre le composant chauffant 28 et l'IMU 26 de manière à permettre un transfert
(symbolisé par les flèches 32) à l'IMU de la chaleur produite par le composant chauffant.
[0027] On notera que l'IMU incorpore un capteur 34 délivrant un signal de mesure de sa température
interne (température de puce de l'IMU). Comme cela sera exposé en détail plus bas,
ce signal θ°
puce sera utilisé pour assurer une régulation thermique par activation contrôlée du composant
chauffant 28.
[0028] La Figure 3 illustre le composant chauffant 28 et son étage de pilotage 36. Le composant
28 peut être une simple résistance mais, comme illustré, il est de préférence constitué
par un transistor bipolaire associé à un étage de polarisation 38 de la base de ce
transistor. La polarisation est ajustée de manière à faire fonctionner le transistor
28 en mode résistif, le dégagement de chaleur se produisant essentiellement au niveau
du collecteur. Le transistor est par exemple un PNP de puissance
2STN2550 de STMi-croelectronics.
[0029] Le pont diviseur 38 de polarisation de la base du transistor 28 est commandé en "tout
ou rien" par un transistor de commutation 40, par exemple un MOSFET Canal N dont la
grille reçoit un signal numérique TH-PWM, qui est un signal binaire de type PWM (modulation
par largeur d'impulsions) dont le rapport cyclique (
Duty Cycle) est compris entre 0 et 100 %. Il est ainsi possible de commander de manière à la
fois très fine et très réactive la mise en conduction du transistor 28, et donc la
quantité de chaleur dégagée par celui-ci, entre un minimum et un maximum selon le
rapport cyclique du signal TH_PWM.
[0030] La couche plane métallique 30 formant guide thermique de la carte de circuit principale
24 est avantageusement un plan de masse électrique GND_GYRO commun à l'IMU 26 et au
composant chauffant 28, cette masse GND_GYRO étant reliée à la masse commune GND de
la carte de circuit principale par un
strap 42.
[0031] La Figure 4 illustre le circuit de régulation thermique permettant de contrôler la
température de l'IMU. On notera que, bien que ces schémas soient présentés sous forme
de schémas par blocs selon un formalisme normalisé, la mise en oeuvre des différentes
fonctions est essentiellement logicielle, cette représentation n'ayant qu'un caractère
illustratif.
[0032] Ce circuit de régulation est basé sur un asservissement PI (proportionnel-intégral),
avec une boucle proportionnelle 44 et une boucle intégratrice discrète 46, 50-56.
Concrètement, un régulateur PI est suffisant parce que le modèle du transfert de la
température peut être approximé comme étant un système linéaire du premier ordre donc
facilement contrôlable par un simple PID même si ce modèle est inconnu.
[0033] Cette régulation opère à partir d'un signal d'erreur e correspondant à une différence
entre la température observée, à savoir la température de puce θ°
puce (température de l'IMU 26, mesurée par le capteur 34) et une température de référence
θ°
ref mémorisée en 48. Par exemple θ°
ref = 50°C, valeur supérieure à la température asymptotique et inférieure à la température
maximale de l'IMU indiquée par les spécifications du fabricant.
[0034] Le système opère en temps discret, correspondant à un échantillonnage numérique.
On peut alors assimiler l'intégrale à une somme du signal sur une période temporelle
déterminée par le bloc 50, cette somme étant calculée par les blocs 52 à 56.
[0035] Les blocs 58 et 60 combinent les sorties des boucles proportionnelle et intégratrice
44 et 46 et ramènent le signal résultant à une plage de variation 0-100 % (pour permettre
un contrôle par rapport cyclique). Le résultat est mémorisé dans un registre PWM 62
et appliqué en entrée (signal TH_PWM) au circuit de pilotage 36 du composant chauffant
28. On notera que dans les configurations de vol le refroidissement de la carte se
fait naturellement par la platine 22, le rapport cyclique du signal PWM étant alors
à 0%.
[0036] L'activation contrôlée du composant chauffant 36 permet de chauffer en tant que de
besoin l'IMU pour atteindre et maintenir une température de référence la plus proche
d'une valeur constante.
[0037] On accélère ainsi la montée en température et on atteint rapidement une température
nominale de l'IMU 26 qui sera proche d'une asymptote assez stable, où les variations
de biais seront minimisées et présenteront peu d'effet d'hystérésis.
[0038] Cette montée rapide en température va également être utilisée pour accélérer le processus
de calibration.
[0039] En effet, la technique de calibration décrite dans l'article de Niu et al. donne
une très bonne précision, mais souffre d'un défaut majeur, à savoir que pour une seule
unité la calibration nécessite 3 heures, et une telle durée est rédhibitoire pour
une production en grande série, avec une cadence élevée, même si l'on calibre plusieurs
cartes simultanément.
[0040] Ainsi, de façon caractéristique de l'invention le composant chauffant est utilisé
pour chauffer l'IMU pendant sa calibration en usine (ou lors d'une recalibration ultérieure).
[0041] Pour une calibration en usine, la carte est maintenue en position statique, sans
la platine 22 (dont la présence aurait pour effet de ralentir la montée en température),
et les biais des gyromètres et des accéléromètres sont mesurés pendant que la température
augmente. L'IMU peut être par exemple chauffée en 150 secondes d'une température initiale
de +30°C à une température finale de +65°C, soit un temps très inférieur aux 20 minutes
envisagées par l'article précité de Niu et al. Pendant cette montée en température,
le biais constaté est mémorisé pour chaque valeur de température (température de puce
délivrée par le capteur 34), et la caractéristique biais/température obtenue est ensuite
modélisée sous forme d'un polynôme, par exemple un polynôme du troisième ordre, par
mise en oeuvre d'une technique conventionnelle de régression polynomiale récursive,
la récursivité évitant de devoir mémoriser l'ensemble des données.
[0042] On notera que l'on choisit une température de référence assez haute, ici +65°C, qui
est une valeur plus élevée que la température de référence choisie pour la régulation
thermique en vol (qui était de +50°C), tout en restant inférieure à la température
maximale indiquée par le fabricant de l'IMU. Ceci permet d'obtenir un polynôme plus
étendu : en effet quand pour la correction des valeurs on fait une interpolation polynomiale
au-delà de la plage des valeurs l'erreur peut devenir considérable, selon le degré
du polynôme. En résumé, i) on opère une calibration en usine permettant de corriger
le biais des capteurs sur une plage +30°C/+60°C, et ii) en vol on régule autour de
+50°C, de sorte que même si la température dépasse +50°C à un moment donné, les biais
des capteurs seront toujours convenablement corrigés.
[0043] On a réalisé ainsi, de façon ultrarapide, une calibration statique des biais thermiques
des gyromètres, et de même pour les biais des accéléromètres.
[0044] Cette calibration statique peut être avantageusement complétée par une calibration
dynamique permettant de déterminer les facteurs d'échelle et les non-orthogonalités
des capteurs. La calibration dynamique consiste à placer la carte sur un équipage
mobile pour effectuer des rotations prédéterminées à vitesse constante selon les trois
axes. Lors de cette calibration dynamique, le composant chauffant peut être désactivé.
Pendant les rotations prédéterminées, les signaux délivrés par les capteurs de l'IMU
sont relevés et une correction thermique leur est appliquée en fonction de la température
de puce, cette correction thermique étant calculée à partir des valeurs de polynômes
précédemment mémorisées lors de la calibration statique. Les données corrigées en
température sont par exemple utilisées dans un algorithme général de type descente
de gradient permettant de calibrer les données inertielles par rapport à une rotation
théorique.
[0045] La durée de cette calibration dynamique est de l'ordre de 45 secondes, durée tout
à fait compatible avec une production en usine à cadence élevée.
[0046] Dans le cas d'une recalibration ultérieure par l'utilisateur, la méthode est la même
que pour la calibration statique initiale en usine. On notera que cette recalibration
peut être faite aisément, sans démontage du drone (alors que la calibration en usine
est faite sur la carte isolément), avec le drone dans son environnement, qu'elle peut
être réitérée en tant que de besoin, et qu'elle ne dure qu'un temps très limité, de
l'ordre de 2 à 3 minutes. Le refroidissement produit par la platine métallique 22,
qui est présente lors de cette calibration ultérieure, a toutefois pour conséquence
de réduire la température maximale et d'allonger le temps de calibration.
[0047] La Figure 5 est un diagramme explicitant les différents processus i) de calibration,
ii) de régulation thermique et iii) de correction de biais mis en oeuvre selon l'invention.
[0048] Le processus 70 de régulation thermique consiste à chauffer l'IMU par le composant
chauffant 28 par l'intermédiaire de son circuit de pilotage 36 et de la chaine d'asservissement
illustrée Figure 4. Les variables d'entrée sont la température de référence θ°
ref mémorisée en 72 et la température de puce θ°
puce de l'IMU délivrée en 74.
[0049] Le processus 76 de calibration de l'IMU consiste à calculer les dérives thermiques
de l'IMU en trouvant le polynôme qui approche au mieux la caractéristique biais/température.
Ce processus peut être réalisé en usine, ou bien réitéré par l'utilisateur s'il souhaite
recalibrer l'IMU ultérieurement. Les données d'entrée/sortie sont le fichier 78 des
paramètres des polynômes, obtenu par la calibration en usine, ainsi que le cas échéant
ceux de la dernière recalibration effectuée. Ces fichiers conservent également des
paramètres correspondant aux erreurs de facteurs d'échelle de l'IMU, qui peuvent être
éventuellement utilisés en complément (on pourra se référer à cet égard à l'article
de Niu et al. pour plus de détails).
[0050] Le processus 80 de correction du biais de l'IMU reçoit en entrée les mesures brutes
de l'IMU délivrées en 82, la température interne θ°
puce de la puce de l'IMU délivrée en 74, et les données des polynômes de la caractéristique
biais/température mémorisées en 78. La correction du biais est opérée sur la base
de la température courante de la puce, et produit en 84 des mesures IMU corrigées
de la température.
1. Un drone, comportant une carte de circuit principale (24) sur laquelle sont montés
des composants électroniques ainsi qu'une centrale inertielle, IMU, (26) comprenant
des capteurs gyrométriques de mesure des rotations instantanées du drone dans un repère
absolu, et/ou des capteurs accélérométriques de mesure des accélérations du drone
dans ce repère, l'IMU (26) incluant un capteur de température interne (34) délivrant
un signal de température de puce (θ°
puce),
caractérisé en ce qu'il comprend :
- un composant chauffant (28) monté sur la carte de circuit (24) au voisinage de l'IMU
(26) ;
- un guide thermique (30) incorporé à la carte de circuit (24), ce guide thermique
s'étendant entre le composant chauffant (28) et l'IMU (26) de manière à permettre
un transfert (32) à l'IMU de la chaleur produite par le composant chauffant ; et
- un circuit de régulation thermique (44-62), recevant en entrée le signal de température
de puce (θ°puce) et un signal de température de consigne prédéterminé (θ°ref), et délivrant en sortie un signal de pilotage (TH_PWM) du composant chauffant, de
manière à contrôler l'apport de chaleur à l'IMU en fonction de l'écart entre température
de puce et température de consigne.
2. Le drone de la revendication 1, comprenant en outre :
- une mémoire (78) conservant des valeurs d'un polynôme approximant une caractéristique
biais/température de puce de l'IMU ; et
- un circuit de correction d'erreur thermique (80), apte à appliquer aux signaux bruts
(82) délivrés par les capteurs gyrométriques et/ou accélérométriques de l'IMU des
corrections de biais en fonction de la température de puce, ces corrections étant
basées sur les valeurs de polynôme conservées dans la mémoire.
3. Le drone de la revendication 1, dans lequel le guide thermique est une couche plane
métallique (30) incorporée à la carte de circuit (24) et s'étendant sous l'IMU (26)
et sous le composant chauffant (28).
4. Le drone de la revendication 3, dans lequel la couche plane métallique est un plan
de masse électrique (GND_GYRO) de l'IMU et du composant chauffant, relié à la masse
commune (GND) de la carte de circuit.
5. Le drone de la revendication 1, dans lequel le composant chauffant est un transistor
bipolaire associé à un étage (38) de polarisation contrôlée de la base de ce transistor,
en fonction du signal de pilotage (TH_PWM) délivré par le circuit de régulation thermique.
6. Le drone de la revendication 1, dans lequel le signal de pilotage (TH_PWM) délivré
par le circuit de régulation thermique est un signal PWM dont le rapport cyclique
est modulé en fonction de l'écart entre la température de puce et la température de
consigne.
7. Un procédé de calibration de l'IMU (26) d'un drone selon la revendication 1, comprenant
les étapes suivantes :
a) pilotage du composant chauffant (28) de manière à générer une rampe de température
de puce variant progressivement d'une température initiale à une température finale
;
b) pendant cette rampe de température, relevé des valeurs de biais de l'IMU (26) pour
une pluralité de valeurs de température de puce, et établissement d'une caractéristique
biais/température ;
c) recherche d'un polynôme approximant au plus près la caractéristique obtenue à l'étape
b) ; et
d) mémorisation des valeurs du polynôme trouvé à l'étape c), en tant que valeurs de
correction de biais de l'IMU en fonction de la température de puce.
8. Le procédé de la revendication 7, dans lequel la température initiale est une température
ambiante et la température finale est une température nominale de fonctionnement de
l'IMU.
9. Le procédé de la revendication 7, dans lequel la durée de la rampe de température
de l'étape b), de la température initiale à la température finale, est inférieure
à 3 minutes.
10. Le procédé de la revendication 7, dans lequel l'étape b) est exécutée dans une configuration
statique de l'IMU, et en ce qu'il est en outre prévu, après l'étape d), une calibration
dynamique de l'IMU, comprenant des étapes de :
e) mise en place de la carte de circuit sur un support tournant et application de
rotations prédéterminées à l'IMU ; et
f) pendant ces rotations prédéterminées, relevé des signaux bruts délivrés par les
capteurs gyrométriques de l'IMU, et application à ces signaux bruts d'une correction
thermique en fonction de la température de puce, ces corrections étant basées sur
les valeurs de polynôme mémorisées à l'étape d).
11. Le procédé de la revendication 10, dans lequel le composant chauffant est désactivé
pendant les étapes e) et f).