DOMAINE TECHNIQUE
[0001] La présente invention concerne un procédé de préparation d'une huile acide combustible
issue de la biomasse, notamment issue de l'acidification d'une pâte de neutralisation
obtenue par un procédé de raffinage d'une huile végétale et/ou animale. L'invention
concerne également une huile acide combustible et l'utilisation de cette l'huile.
[0002] L'huile acide combustible de la présente invention est plus particulièrement adaptée
pour une utilisation dans des installations de combustion consommant exclusivement,
seuls ou en mélange, du gaz naturel, des gaz de pétrole liquéfiés, du fioul domestique,
du charbon, des fiouls lourds, de la biomasse. L'huile acide combustible de l'invention
n'est donc pas un carburant.
[0003] Notamment, l'huile acide combustible de la présente invention peut être utilisée
dans les installations de combustion classées dans la rubrique 2910 A (et à fortiori
2910 B et 2910 C) de la nomenclature des installations classées pour la protection
de l'environnement (nomenclature ICPE) définie dans le décret n° 2013-814 du 11 septembre
2013, publié dans le journal Officiel de la République Française du 13 septembre 2013.
ART ANTERIEUR
[0004] L'industrie du raffinage de pétrole, au moins en Europe de l'ouest, a tendance à
diminuer la production de fioul lourd, en raison de la baisse de la demande. Cette
baisse est liée au passage à des sources d'énergie alternatives par les clients, notamment
du gaz naturel, ainsi qu'aux contraintes environnementales qui tendent à limiter les
quantités de NOx, SO
2 et poussières émises dans l'atmosphère. Pour être en adéquation avec les prescriptions
règlementaires les plus sévères, les installations de combustion de forte puissance
devraient recourir à un fioul exempt d'azote, soufre et cendres ou à des techniques
de traitement de fumées, ce qui n'est pas viable économiquement par rapport à d'autres
énergies, telles que le gaz naturel par exemple.
[0005] De plus, le fioul lourd nécessite généralement d'être stocké à une température voisine
de 50°C afin de le rendre pompable et d'être pulvérisé à une température comprise
entre 85 et 130°C selon la technologie des brûleurs, en lien avec la viscosité du
produit. Ces étapes de chauffage représentent une consommation énergétique non négligeable.
[0006] En outre, le point éclair du fioul lourd (typiquement compris entre 70 et 120°C)
proche de sa température de mise en oeuvre, peut engendrer des contraintes supplémentaires
en termes de sécurité (atmosphères explosives).
[0007] Il existe donc un besoin pour un combustible de substitution du fioul lourd qui soit
moins contraignant lors de sa mise en oeuvre et qui permette d'atteindre les exigences
de plus en plus élevées relatives aux émissions atmosphériques résultant de sa combustion.
[0008] Il existe des compositions combustibles à base de fioul lourd et de produits élaborés
à partir de la biomasse, tel que par exemple les compositions combustibles élaborées
par la demanderesse et décrites dans les documents
WO2013/098524 et
WO2014/102492. Les compositions combustibles décrites dans
WO2013/098524 sont un mélange de fioul lourd et d'une huile de tall oil ou d'une huile de neutralisation
(composition d'acides gras neutralisés par une base puis acidifiés), l'huile de tall
oil et l'huile de neutralisation permettant de stabiliser la composition combustible.
Les compositions décrites dans
WO2014/102492 sont des mélanges d'une pâte de neutralisation et d'un combustible lourd d'origine
pétrolière. Ces différentes compositions combustibles ne sont cependant pas entièrement
issues de la biomasse.
[0009] Il existe un besoin pour un combustible de substitution du fioul lourd qui soit moins
contraignant lors de sa mise en oeuvre, qui permette d'atteindre les exigences de
plus en plus élevées relatives aux émissions atmosphériques résultant de sa combustion
et qui soit entièrement issu de la biomasse.
[0010] Le document
US2011/0203168A1 décrit la fabrication de compositions d'huiles contenant des triglycérides et de
carburants en utilisant des microorganismes particuliers. La composition d'huiles
est obtenue par culture de ces microorganismes en présence d'une source de carbone.
La composition d'huiles n'est donc pas issue du raffinage chimique d'une huile végétale
ou animale mais est produite par des microorganismes. En outre, ce document mentionne
la fabrication de carburants (biodiésels) par transestérification de l'huile produite
par les microorganismes. Ces carburants sont donc composés d'esters alkyliques d'acides
gras en C14-C18 et ne comprennent pas d'acides gras libres.
[0011] Le document
CA2541327A1 décrit un procédé de purification de biodiésel à l'aide de matériaux adsorbants.
Ce biodiésel est produit par réaction de triglycérides avec un alcool afin de former
des esters d'acides gras. Le procédé de purification du carburant ainsi obtenu permet
notamment d'éliminer les savons, les mono- et di-glycérides ainsi que les triglycérides
polymérisés. Le biodiésel décrit ne comprend donc pas d'acides gras libres.
BREF RESUME DE L'INVENTION
[0012] La demanderesse propose un procédé de préparation d'un combustible, notamment d'un
combustible liquide, issu de la biomasse pouvant se substituer à un fioul, notamment
pour être brûlé dans une chaudière industrielle ou un four industriel en lieu et place
d'un fioul.
[0013] Un premier objet de l'invention concerne ainsi un procédé de préparation d'un combustible
issu de la biomasse comprenant :
- a) une étape de fourniture d'une huile acide issue du raffinage d'une ou plusieurs
huiles choisie(s) parmi une huile végétale et/ou une huile animale, l'huile acide
ayant une teneur en eau inférieure ou égale à 1 %pds, voire inférieure ou égale à
0,8% pds, en particulier de 0,1% à 0,7% en pds,
- b) une étape de réduction des teneurs en cendres, soufre, phosphore, calcium et sodium,
de l'huile acide obtenue à l'étape a), cette étape de réduction comprenant une ou
plusieurs sous étapes choisie(s) parmi une filtration et une précipitation, réalisée(s)
dans des conditions efficaces pour obtenir une huile acide combustible comprenant
une teneur en :
- cendres inférieure ou égale à 0,1%pds, idéalement inférieure à 0,05%pds,
- soufre inférieure ou égale à 150 mg/kg, de préférence inférieure à 100 mg/kg,
- calcium inférieure ou égale à 5 mg/kg, de préférence inférieure à 1 mg/kg,
- phosphore inférieure ou égale à 150 mg/kg,
- sodium inférieure ou égale à 10 mg/kg, de préférence inférieure à 1mg/kg.
[0014] Avantageusement, l'étape b) peut en outre permettre de réduire également la teneur
en métaux alcalins autres que le sodium, notamment à une valeur inférieure ou égale
à 1mg/kg.
[0015] L'huile acide fournie à l'étape a) peut être définie comme issue de l'acidification
d'une pâte de neutralisation.
[0016] Les huiles acides présentent ainsi naturellement des teneurs en soufre et en azote
faibles mais variables, de sorte que leur combustion produit de faibles émissions
de SO
2 et de NO
x. Il convient toutefois de diminuer la teneur en sulfate (donc en soufre) afin de
limiter les émissions de particules. Leur teneur en eau et cendres est toutefois importante
et conduit d'une part à une baisse du rendement de combustion et d'autre part à des
émissions de particules ne respectant pas les exigences environnementales.
[0017] Le procédé selon l'invention permet d'obtenir une huile acide combustible, constituant
le combustible issu de la biomasse de la présente invention, présentant un bon pouvoir
calorifique et qui peut être brûlée en produisant de faibles émissions de polluants
atmosphériques. Elle peut ainsi se substituer à un carburant de type fioul lourd.
[0018] L'invention permet ainsi d'obtenir un combustible issu uniquement de la biomasse,
à savoir les pâtes de neutralisation, dont les émissions respectent des contraintes
environnementales élevées.
[0019] En outre, malgré des compositions variables des huiles acides en fonction de leur
origine (notamment en fonction de la nature de l'huile végétale et/ou animale dont
elles sont issues et de la qualité de cette huile), le procédé selon la présente invention
permet d'obtenir un combustible présentant des caractéristiques constantes en termes
d'émissions de polluants atmosphériques, garantissant l'utilisation du combustible
dans les installations de combustion utilisant habituellement un fioul lourd ou les
autres types de combustibles mentionnés plus haut (notamment les installations classées
selon les types 2910A, 2910B, 2910C nomenclature ICPE).
[0020] Un autre objet de l'invention concerne une huile acide combustible, notamment issue
de l'acidification d'une pâte de neutralisation obtenue par un procédé de raffinage,
notamment par saponification, d'une huile végétale et/ou animale, comprenant des teneurs
en :
- cendres inférieure ou égale à 0,1%pds, idéalement inférieure à 0,05%pds,
- soufre inférieure ou égale à 150 mg/kg, de préférence inférieure à 100 mg/kg,
- calcium inférieure ou égale à 5 mg/kg, de préférence inférieure à 1 mg/kg,
- phosphore inférieure ou égale à 150 mg/kg,
- sodium inférieure ou égale à 10mg/kg, de préférence inférieure à 1mg/kg.
[0021] Selon des formes avantageuses, la teneur en cendres peut être inférieure ou égale
à 0,04%pds.
[0022] Avantageusement, l'huile acide combustible selon l'invention peut en outre comprendre
une teneur en métaux alcalins autres que le sodium inférieure ou égale à 1 mg/kg.
[0023] Avantageusement, l'huile acide combustible selon l'invention présente une teneur
en eau inférieure ou égale à 1%pds, voire inférieure ou égale à 0,8% pds, en particulier
de 0,1% à 0,7% en pds.
[0024] Avantageusement, l'huile acide combustible selon l'invention peut présenter un point
éclair supérieur ou égal à 200°C (mesuré selon la norme NF EN ISO 2719 au moyen d'un
appareil dit de type Pensky Martens). Un point éclair élevé permet de réduire les
contraintes de sécurité liées au stockage par rapport à un fioul lourd présentant
un point éclair plus bas. Il en résulte des coûts de mise en oeuvre moins élevés et
une mise en oeuvre plus facile.
[0025] Une telle huile acide combustible peut être directement obtenue par le procédé selon
l'invention.
[0026] Un autre objet de l'invention concerne un procédé de combustion d'un combustible
dans une installation de combustion, notamment de type 2910A ou 2910B ou 2910C selon
la nomenclature ICPE, dans laquelle on brûle en tant que combustible une huile acide
combustible directement obtenue par le procédé selon l'invention ou une huile acide
combustible selon l'invention.
DESCRIPTION DETAILLEE DE L'INVENTION
Etape a) de fourniture d'une huile acide
[0027] L'huile acide fournie à l'étape a) est issue du raffinage d'une ou plusieurs huiles
choisie(s) parmi une huile végétale et/ou une huile animale.
[0028] Il s'agit notamment d'une huile issue de l'acidification d'une pâte de neutralisation,
cette pâte de neutralisation étant issue du raffinage d'une ou plusieurs huiles choisie(s)
parmi une huile végétale et/ou une huile animale. La pâte de neutralisation est de
préférence issue du raffinage chimique d'une ou plusieurs huiles végétales.
[0029] Une huile acide peut être définie comme étant des compositions d'acides gras neutralisés
par une base puis acidifiés.
[0030] Les acides gras proviennent avantageusement directement de la saponification d'une
huile végétale et/ou animale, telle que, sans être limitatif, une huile de tournesol,
de soja, de colza, de palme, de coprah, d'arachide, d'olive, une huile de poisson,
et comprenant classiquement en très grande majorité des chaînes carbonées en C
16-C
18, saturées ou insaturées, parmi lesquelles de préférence des chaînes carbonées insaturées
en C
18. Les huiles végétales comprennent habituellement de l'acide palmitique, oléique,
linoléique et d'autres acides en plus faibles quantités. Les compositions d'acides
gras neutralisés par une base sont typiquement des pâtes de neutralisation.
[0031] Typiquement, une huile acide contient de 30 à 70% en poids d'acides gras.
[0032] L'huile acide fournie à l'étape a) présente avantageusement une teneur en eau inférieure
ou égale à 1%pds, voire inférieure ou égale à 0,8% pds, en particulier de 0,1% à 0,7%
en pds.
[0033] L'étape a) peut notamment comprendre la fourniture d'une huile acide issue du raffinage
d'une ou plusieurs huiles choisie(s) parmi une huile végétale et/ou une huile animale
ayant une teneur en eau inférieure à inférieure ou égale à 3 %pds mais supérieure
à 1% en pds, suivie d'une étape de centrifugation permettant d'obtenir une teneur
en eau inférieure ou égale à 1 %pds, voire inférieure ou égale à 0,8% pds, en particulier
de 0,1% à 0,7% en pds.
[0034] Selon l'invention, l'étape a) de fourniture d'une huile acide comprend :
a1) une étape d'extraction des acides gras présents dans une pâte de neutralisation
issue du raffinage, notamment de la saponification, d'une ou plusieurs huiles choisie(s)
parmi une huile végétale et/ou une huile animale, cette étape d'extraction étant réalisée
en milieu acide dans des conditions efficaces pour former une phase aqueuse et une
phase organique comprenant lesdits acides gras,
a2) une étape de séparation au cours de laquelle on sépare ladite phase organique
précédemment formée et on la récupère.
[0035] La phase organique récupérée à l'étape a2) constitue une huile acide présentant généralement
une teneur en eau inférieure ou égale à 3%pds.
Pâte de neutralisation utilisée lors de l'étape a1)
[0036] La pâte de neutralisation traitée à l'étape a1) peut être un mélange de pâtes de
neutralisation issues du raffinage de différentes huiles ou peut être une pâte de
neutralisation issue du raffinage d'une unique huile. Ce raffinage est de préférence
chimique.
[0037] De telles pâtes de neutralisation proviennent, notamment directement, de la saponification
d'une huile végétale et/ou d'une huile animale. En général, cette saponification est
réalisée par ajout d'une base, généralement de la soude, et permet d'éliminer les
acides gras libres présents dans l'huile, lesquels se retrouvent dans la pâte de neutralisation
(« soapstock » en anglais) sous forme de sels alcalins d'acides gras. Avant cette
saponification, l'huile végétale et/ou animale peut subir une opération de dégommage
ou démucilagination visant à éliminer les phospholipides, lécithines, complexes sucrés
et autres impuretés. La séparation de l'huile et de la pâte de neutralisation résultant
de la saponification peut être réalisée par centrifugation.
[0038] Les pâtes de neutralisation comprennent ainsi essentiellement des acides gras neutralisés
par une base. Elles comprennent typiquement de 30 à 70% en poids d'acides gras.
[0039] En plus des acides gras neutralisés par une base, les pâtes de neutralisation peuvent
contenir, selon leur origine et la qualité de la saponification, des phospholipides
ou des mono-, di- ou tri-glycérides n'ayant pas réagi. Habituellement, les acides
gras ont des chaînes carbonées en C
12-C
24, de préférence C
16-C
20 ou mieux C
16-C
18.
[0040] Une pâte de neutralisation est donc un produit issu de la biomasse. Des avantages
associés à de telles pâtes de neutralisation résident, d'une part, sur leur bas coût
de mise en oeuvre, et, d'autre part, dans l'absence de substances toxiques indésirables,
telles que les pesticides, les aflatoxines, les métaux lourds, les précurseurs de
dioxines et furanes, les PCB et les nitrites.
[0041] Cependant, la teneur en eau de ces pâtes de neutralisation est rédhibitoire quant
à leur utilisation seule en tant que combustible. En effet, de telles pâtes peuvent
contenir des proportions importantes d'eau provenant de la réaction de saponification
ou de rajout d'eau pour la fluidification dans le process industriel. Typiquement,
la phase aqueuse représente 50% au moins de la masse de la pâte de neutralisation.
Une autre difficulté est liée au fait qu'il s'agit selon les cas d'émulsions, qu'il
convient de traiter de façon spécifique.
[0042] L'utilisation en tant que combustible nécessite par conséquent de mettre en oeuvre
des méthodes d'élimination de cette eau et autres résidus solides ou liquides visqueux
indésirables.
Etape a1) d'extraction
[0043] L'étape a1) d'extraction du procédé selon l'invention a pour fonction d'extraire
les acides gras contenus dans la pâte de neutralisation. Cette extraction est réalisée
en milieu acide dans des conditions efficaces pour former une phase aqueuse et une
phase organique comprenant les acides gras initialement contenus dans la pâte de neutralisation.
[0044] Cette phase organique comprenant les acides gras est généralement appelée « huile
acide », ou encore « huile de neutralisation ».
[0045] L'acide utilisé pour extraire les acides gras présents dans la pâte de neutralisation
sous forme de sels est généralement un acide inorganique, tel que par exemple l'acide
sulfurique, l'acide phosphorique ou l'acide chlorhydrique.
[0046] L'acide sulfurique est toutefois préféré car il permet une meilleure extraction des
acides gras à un coût économique favorable.
[0047] L'extraction est généralement réalisée sous chauffage, à une température comprise
entre 70 et 100°C (bornes incluses), de préférence entre 80 et 90°C (bornes incluses).
[0048] Afin d'obtenir une bonne extraction des acides gras, on maintient de préférence un
pH acide le temps de la réaction, par exemple un pH inférieur ou égal à 6, de préférence
inférieur ou égal à 4.
[0049] Le temps de réaction est choisi pour permettre une extraction de la totalité des
acides gras. Il est par exemple de 1 heure à 12 heures, en fonction de la géométrie
du réacteur, de la nature et de la composition de la charge à traiter.
[0050] L'extraction est de préférence réalisée sous agitation.
[0051] On obtient ainsi la formation d'une phase aqueuse et d'une phase organique contenant
les acides gras.
Etape a2) de séparation
[0052] Au cours de cette étape, on sépare la phase organique formée lors de l'étape a1)
de la phase aqueuse. Autrement dit, on isole l'huile acide qui sera ultérieurement
soumise à l'étape b) du procédé selon l'invention, optionnellement après une étape
a3 de centrifugation lorsque sa teneur en eau est supérieure à 1% mais inférieure
ou égale à 3%.
[0053] Cette séparation peut être réalisée par distillation, décantation, voire centrifugation.
Cette étape peut être mise en oeuvre par tous dispositifs appropriés, connus et disponibles
dans le commerce.
[0054] Avantageusement, cette séparation est réalisée par décantation, suivie d'une élimination
de la phase aqueuse. La décantation dépend de la différence de densité des liquides
et de leur viscosité, paramètres qui peuvent être modifiés de manière connue par l'homme
de l'art pour favoriser la séparation le cas échéant.
[0055] Avantageusement, on peut réaliser une filtration à 150 µm de l'huile acide avant
toute étape ultérieure.
Etape de centrifugation
[0056] Lorsque la teneur en eau de l'huile acide est inférieure ou égale à 3%pds mais supérieure
à 1%pds, l'huile acide peut avantageusement être soumise à une centrifugation préalablement
à l'étape b). Un objectif de cette centrifugation est d'abaisser la teneur en eau
de l'huile acide.
[0057] La centrifugation est avantageusement réalisée sur une huile acide obtenue par les
étapes a1) et a2) précédemment décrites.
[0058] Cette opération de centrifugation permet d'obtenir une huile acide présentant très
avantageusement une teneur en eau inférieure ou égale à 1% en poids, voire inférieure
ou égale à 0,8% en poids, en particulier de 0,1% à 0,7% en poids.
[0059] Outre l'élimination d'eau, récupérée dans une phase aqueuse, la centrifugation permet
également l'élimination d'une partie des résidus solides en suspension.
[0060] L'étape de centrifugation présente l'avantage d'une mise en oeuvre simplifiée, en
évitant de recourir à des méthodes de séparation chimiques complexes, telles que distillation,
lesquelles peuvent être contraignantes en termes de précautions et de corrosion indésirables,
et onéreuses.
[0061] L'étape de centrifugation peut avantageusement être une centrifugation triphasique,
[0062] Toutefois, l'étape de centrifugation peut elle-même être une combinaison d'étapes,
en particulier comprendre une première étape de centrifugation de type diphasique,
qui permet de séparer les matières en suspension sous forme de boues, couplée à une
deuxième étape de centrifugation triphasique, laquelle sépare la phase organique,
la phase aqueuse épurée et les matières en suspension résiduelles de la première centrifugation.
Cette étape peut être mise en oeuvre par tous dispositifs appropriés, connus et disponibles
dans le commerce.
[0063] Classiquement, la centrifugation peut être mise en oeuvre avec des vitesses de 4000
- 6000 t/min.
[0064] La durée de la centrifugation dépend de la nature des espèces à séparer, de leur
coefficient de partage, de la différence de densité entre la phase aqueuse, la phase
organique huileuse et les particules, de la taille des particules, de la tension de
surface des espèces à séparer, de la température, de la vitesse de centrifugation.
La durée de séparation (appelée temps de séjour) est donc adaptée au cas par cas par
l'homme de l'art par des moyens conventionnels de mesure et contrôle.
Etape b) de réduction de la teneur en cendres, soufre, calcium, phosphore, sodium
et éventuellement en métaux alcalins autres que le sodium
[0065] Au cours de cette étape b), on réduit la teneur en cendres, soufre, calcium, phosphore,
sodium, et éventuellement en métaux alcalins autres que le sodium, de l'huile acide
fournie à l'étape a) au moyen d'une ou plusieurs sous-étapes de filtration et/ou de
précipitation.
[0066] Cette étape b) peut être mise en oeuvre par tous dispositifs appropriés, connus et
disponibles dans le commerce.
[0067] La filtration peut ainsi être réalisée au moyen d'un filtre presse, ou d'un filtre
cartouche, ou d'une membrane filtrante ou être une ultra filtration, une nano filtration
ou encore une filtration par osmose inverse.
[0068] L'étape b) peut avantageusement comprendre au moins une étape de filtration effectuée
à l'aide d'au moins un passage à travers un filtre à cellulose. Un tel filtre à cellulose
peut permettre d'améliorer l'efficacité de la filtration en évitant le colmatage.
[0069] L'étape de précipitation peut avantageusement être réalisée dans des conditions efficaces
pour précipiter les sulfates présents dans l'huile acide. Ces sulfates peuvent provenir
de la saponification de l'huile et/ou de l'extraction à l'acide des acides gras.
[0070] Sans vouloir être lié par une théorie, la précipitation des sulfates semble associée
à la précipitation du calcium, du phosphore, du sodium, et éventuellement des métaux
alcalins autres que le sodium, ce qui pour a pour effet de diminuer la teneur en cendres
du produit.
[0071] De manière générale, les conditions de réalisation de la précipitation seront déterminées
par l'homme du métier par des moyens conventionnels en fonction des espèces à précipiter.
[0072] La précipitation des sulfates peut notamment être réalisée par ajout d'ions Ca
2+, par exemple sous forme de CaCl
2 (chlorure de calcium).
[0073] Le choix et le nombre de ces sous-étapes pourra être déterminé aisément par l'homme
du métier en contrôlant la teneur en cendres, soufre, calcium, phosphore et sodium
de la phase organique finale, constituant l'huile acide combustible selon l'invention.
[0074] Dans un mode de réalisation, l'étape b) peut comprendre au moins deux étapes de filtration
successives avec des filtres de maillage de plus en plus faible. A titre d'exemple,
les filtrations peuvent être effectuées au moyen d'un premier filtre de 20 à 30 µm
et d'un deuxième filtre de 0,5 à 1,5 µm.
[0075] Dans un autre mode de réalisation, l'étape b) peut comprendre une étape filtration
suivie d'une étape de précipitation, notamment des sulfates.
[0076] Eventuellement ces étapes de filtration et de précipitation peuvent être précédées
ou suivies d'une ou plusieurs autres étapes de filtration, voire d'une ou plusieurs
étapes de précipitation. Avantageusement, la dernière étape peut être une étape de
filtration.
[0077] Le procédé peut comprendre une succession de filtrations au moyen de filtres de mailles
décroissantes pour atteindre la cible finale, par exemple partir de 200 µm jusqu'à
25 µm. Avantageusement, la dernière étape de filtration est alors réalisée au moyen
d'un filtre présentant un maillage de 0,5 à 1,5 µm.
[0078] Grâce à cette étape b), il est possible d'obtenir une huile acide constituant une
huile acide combustible finale présentant très avantageusement des teneurs en :
- cendres inférieure ou égale à 0,1%, idéalement inférieure à 0,05%pds,
- soufre inférieure ou égale à 150 mg/kg, de préférence inférieure à 100 mg/kg,
- calcium inférieure ou égale à 5 mg/kg, de préférence inférieure à 1 mg/kg,
- phosphore inférieure ou égale à 150 mg/kg,
- sodium inférieure ou égale à 10mg/kg, de préférence inférieure à 1mg/kg,
et éventuellement une teneur en métaux alcalins autres que le sodium inférieure ou
égale à 1 mg/kg.
[0079] La teneur en cendres pourra être mesurée selon la norme NF EN ISO 6245.
[0080] La teneur en soufre pourra être mesurée selon la norme NF EN ISO 20846.
[0081] La teneur en calcium pourra être mesurée selon la norme NF T 60106.
[0082] La teneur en phosphore pourra être mesurée selon la norme NF T 60106.
[0083] La teneur en sodium pourra être mesurée selon la norme NF T 60106.
[0084] La teneur en métaux alcalins autres que le sodium pourra être mesurée selon la norme
NF T 60106.
[0085] On notera que le procédé selon l'invention peut permettre d'obtenir des huiles dont
les teneurs en cendres, soufre, calcium, phosphore, sodium et éventuellement en métaux
alcalins autres que le sodium sont très inférieures aux seuils précités, voire nulles
ou quasiment nulles et indétectables par les moyens de quantification usuels.
[0086] En outre, l'huile acide combustible finale présente avantageusement une teneur en
eau inférieure ou égale à 1%, voire inférieure ou égale à 0,8%, en particulier de
0,1% à 0,7% en poids.
EXEMPLES
Exemple 1
[0087] Le tableau 1 rassemble quelques caractéristiques physico-chimiques typiques d'une
huile acide et d'un fioul lourd TBTS (Très Basse Teneur en Soufre) (fioul lourd non
additivé), ainsi que les spécifications imposées par la CSR 500 pour un fioul lourd.
Ces spécifications sont établies par la Chambre Syndicale du Raffinage en France.
[0088] L'étape a) du procédé selon l'invention peut notamment fournir une huile acide présentant
des caractéristiques telles que celles présentées dans le tableau 1. On notera qu'une
huile acide typique respecte les spécifications CSR 500.
Tableau 1
| |
Huile acide |
Fioul lourd TBTS |
Spécifications CSR 500 |
Unité |
| Viscosité à 100°C NF EN ISO 3104 |
5 à 10 |
|
<40 |
cSt |
| Teneur en soufre NF EN ISO 20846 |
<0,01 |
|
<1 |
%pds |
| Point éclair NF EN ISO 2719 |
>200 |
|
>70 |
°C |
| Teneur en eau NF EN ISO 12937 |
<1 |
|
<0,6 |
%pds |
| Teneur en insolubles NFM 07-063 |
<0,05 |
<0,25 |
|
%pds |
Exemple 2: essai pilote de combustion
[0089] Cet essai pilote est réalisé sur une huile décantée, mais n'ayant pas subi de centrifugation,
ni de filtration/précipitation. Autrement dit, l'huile testée correspond à une huile
acide présentant une teneur en eau inférieure ou égale à 3% pds.
Obtention de l'huile acide
[0090] Une pâte de neutralisation a subi le traitement suivant :
a1) injection de 1201 d'acide sulfurique à 97% dans un réacteur contenant 4000kg de
pâte de neutralisation, où la température est de 80 à 90°C. Le temps de réaction est
de 24 heures, sous contrôle en continu du pH afin de maintenir le pH à une valeur
inférieure à 4,
a2) décantation de la phase aqueuse et de la phase organique formées au cours de l'étape
a1) puis élimination de la phase aqueuse,
[0091] On obtient une huile acide (Echantillon A) qui n'a subi aucun traitement ultérieur
tel qu'une centrifugation, une précipitation/ filtration.
[0092] Le tableau 2 présente les caractéristiques de cette huile acide (Echantillon A) en
comparaison à celles d'un fioul lourd TBTS (Très Basse Teneur en Soufre) (Echantillon
B, fioul lourd TBTS non additivé), et d'un combustible liquide selon l'invention (échantillon
D).
[0093] Le combustible liquide selon l'invention (échantillon D) est préparé selon la méthodologie
décrite dans l'exemple 4 à partir de pâtes de neutralisation obtenues essentiellement
à partir d'huiles de colza, de soja et de tournesol.
Tableau 2 :
| Echantillon |
A |
B |
D |
Unité |
| Masse volumique à 15°C NF EN ISO 3675 |
924,7 |
999,9 |
916 |
kg/m3 |
| Viscosité à 100°C NF EN ISO 3104 |
7,614 |
32,67 |
6 |
cSt |
| Point éclair NF EN ISO 2719 |
>200 |
96,5 |
>200 |
°C |
| PCI (*) |
35,895 |
40,42 |
35,4 |
MJ/kg |
| Teneur en eau NF EN ISO 12937 |
2,6 |
0,05 |
0,73 |
%pds |
| Teneur en soufre NF EN ISO 20846 |
<0,1 |
0,68 |
0,005 |
%pds |
| Teneur en azote ATSM D 3228 |
0,11 |
0,49 |
0,02 |
%pds |
| Teneur en cendres NF EN ISO 6245 |
0,819 |
0,032 |
0,027 |
%pds |
| Teneur en sodium NF T 60106 |
4746 |
3 |
33 |
mg/kg |
| Teneur en calcium NF T 60106 |
129 |
4 |
3 |
mg/kg |
| Teneur en phosphore NF T 60106 |
248 |
1 |
26 |
mg/kg |
| Résidu Conradson NF EN ISO 10370, ASTM D 4530 |
0,82 |
16,41 |
|
%pds |
| Teneur en insolubles NFM 07-063 |
<0,01 |
0,43 |
|
%pds |
| (*) Mesure réalisée selon la méthode de l'Union Française des Industries Pétrolière
(UFIP) et l'Association Technique Energie Environnement (ATEE). |
Essai de combustion
[0094] Chaque combustible (échantillons A, B et D) est brûlé séparément dans une chaudière
à tubes de fumées de 1 MW, 1 brûleur à pulvérisation mécanique sans assistance. Les
fumées sont analysées via des analyseurs placés dans les fumées de combustion (analyseurs
placés dans les conduits d'évacuation).
[0095] Le tableau 3 ci-dessous rassemble les conditions de combustion de cet essai ainsi
que les émissions mesurées.
Tableau 3
| Echantillon |
A |
B |
D |
|
| Température de gavage |
40 |
65 |
40 |
°C |
| Pression de gavage |
2 |
2 |
2 |
bars |
| Température de pulvérisation |
60 |
136 |
75 |
°C |
| Pression de pulvérisation |
30 |
30 |
30 |
bars |
| Rendement de combustion |
94,4 |
95,5 |
94,2 |
% |
| Emission CO NF EN 15058 |
0 |
6 |
0 |
mg/m3(n) |
| Emissions SO2 NF EN 14791 |
0 |
1511 |
7 |
mg/m3(n) |
| Emissions NOx NF EN 14792 |
197 |
631 |
140 |
mg/m3(n) |
| Emissions poussières NF EN 13284-1 |
252 |
102 |
8 |
mg/m3(n) |
| m3 (n) : mètres cubes normaux, mesurés à P=101.3kPa et T=273K) |
[0096] On notera que les rendements de combustion de l'échantillon A et du fioul lourd sont
sensiblement équivalents, montrant que l'on peut substituer une huile acide à un fioul
lourd dans une installation de combustion. En outre, la température de pulvérisation
et la température de gavage sont inférieures pour l'huile acide, traitée (Echantillon
D) ou non (Echantillon A), de sorte que la consommation énergétique totale de l'installation
est réduite par rapport à la combustion d'un fioul lourd. La mise en oeuvre de l'huile
acide est également plus simple.
En raison de la nature d'une huile acide, les émissions de NO
x et de SO
2 sont nulles ou très faibles. En revanche, l'émission de poussières d'une huile acide
est plus importante que pour un fioul lourd et ne permet pas de respecter les contraintes
règlementaires relatives aux émissions des installations de combustion (Valeur Limite
d'Exposition (VLE) aux poussières entre 20 et 50 mg/m
3). Le combustible selon l'invention respecte ces contraintes, avec des émissions encore
plus faibles de NO
x.
Exemple 3 : essai de combustion industriel
Analyse des combustibles
[0097] Les caractéristiques physico-chimiques des combustibles testés figurent dans le tableau
4.
[0098] Contrairement à l'essai pilote, le fioul lourd (Echantillon C) est un fioul lourd
TBTS additivé avec un additif de combustion ayant pour effet de diminuer les émissions
de poussières.
Tableau 4 :
| Echantillon |
A |
C |
D |
|
| Masse volumique à 15°C NF EN ISO 3675 |
924,7 |
986 |
916 |
kg/m3 |
| Viscosité à 100°C NF EN ISO 3104 |
7,614 |
29,5 |
6 |
cSt |
| Point éclair NF EN ISO 2719 |
>200 |
124,5 |
>200 |
°C |
| PCI (*) |
35,895 |
40,66 |
35,4 |
MJ/kg |
| Teneur en eau NF EN ISO 12937 |
2,6 |
0,1 |
0,73 |
%pds |
| Teneur en soufre NF EN ISO 20846 |
<0,1 |
0,9 |
0,005 |
%pds |
| Teneur en azote ATSM D 3228 |
0,11 |
0,43 |
0,02 |
%pds |
| Teneur en cendres NF EN ISO 6245 |
0,819 |
0,039 |
0,027 |
%pds |
| Teneur en sodium NFT 60106 |
4746 |
32 |
33 |
mg/kg |
| Teneur en calcium NFT 60106 |
129 |
9 |
3 |
mg/kg |
| Teneur en phosphore NFT 60106 |
248 |
1 |
26 |
mg/kg |
| (*) Mesure réalisée selon la méthode de l'Union Française des Industries Pétrolière
(UFIP) et l'Association Technique Energie Environnement (ATEE). |
Essai de combustion industriel
[0099] Les échantillons A et C sont brûlés dans une chaudière à tubes d'eau de 39 MW, comprenant
3 brûleurs à pulvérisation mécanique et à assistance vapeur. L'échantillon D est brûlé
dans une chaudière à tubes d'eau de 52 MW, comprenant 4 brûleurs à pulvérisation mécanique
et à assistance air.
[0100] Les combustibles ont été brûlés entre d'autres combustibles : l'encrassement de la
chaudière avant chacun des tests de combustion peut donc être différent.
[0101] Les conditions de combustion et les émissions mesurées sont rassemblées dans le tableau
5.
Tableau 5
| Echantillon |
A |
C |
D |
|
| Pression combustible |
2,3 |
2,3 |
12,1 |
bars |
| Pression fluide d'assistance |
3,4 |
3,4 |
9,4 |
bars |
| Température de pulvérisation |
78 |
130 |
45 |
°C |
| Rendement de combustion |
86,8 |
89,8 |
89 |
% |
| Emission CO NF EN 15058 |
2,4 |
1,6 |
41 |
mg/m3(n) |
| Emissions SO2 NF EN 14791 |
50 |
1495 |
38 |
mg/m3(n) |
| Emissions NOx NF EN 14792 |
247 |
648 |
188 |
mg/m3(n) |
| Emissions poussières NF EN 13284-1 |
423 |
45 |
21 |
mg/m3(n) |
| Cd (*) |
0,0018 |
0,004 |
0,00064 |
mg/m3(n) |
| Hg -NF EN 13211 |
0,0018 |
0,0008 |
0,0002 |
mg/m3(n) |
| Tl (*) |
0,0018 |
0,008 |
0 |
mg/m3(n) |
| Cd+Hg+Tl (*) |
0,0053 |
0,014 |
0,00083 |
mg/m3(n) |
| As (*) |
0,0028 |
0,16 |
0.0034 |
mg/m3(n) |
| As+Se+Te (*) |
0,0063 |
0,033 |
0,00356 |
mg/m3(n) |
| Pb (*) |
0,007 |
0,02 |
0,0137 |
mg/m3(n) |
| Sb+Cr+Co+Cu+Sn+Mn+Ni+ V+Zn (*) |
0,999 |
2,1 |
0,632 |
mg/m3(n) |
m3 (n) : mètres cubes normaux, mesurés à P=101,3 kPa et T=273K
(*)NF EN 14385 |
[0102] Bien que les rendements ne soient pas directement comparables du fait d'un encrassement
potentiellement différent de la chaudière avant la combustion des Echantillons A et
C, on observe un rendement de combustion acceptable pour l'huile acide, pour une température
d'injection très inférieure par rapport au fioul lourd.
On notera que le fioul lourd ne respecte pas la Valeur Limite d'Emission NOx : 450
mg/m
3(n) imposée par la réglementation.
Les émissions de poussières de l'huile acide sont très importantes et ne respectent
pas les limites des différentes législations. Notamment, les émissions de poussière
sont très supérieures à la VLE de 50 mg/m
3. Pour pouvoir brûler une huile acide de ce type, l'installation de combustion devrait
être équipée d'un traitement de fumées, tel un électro filtre.
Sans vouloir être lié par une théorie, il est supposé que les émissions de poussières
sont dues aux teneurs élevées de l'huile acide en cendres, calcium, sodium, et éventuellement
en phosphore.
La combustion de l'échantillon D selon l'invention montre l'obtention d'un bon rendement
de combustion et une faible émission de poussières.
A noter que la combustion d'un fioul lourd additivé dans une chaudière telle que celle
dans laquelle a été brûlé l'échantillon D nécessiterait l'utilisation d'un traitement
des fumées afin de respecter les VLE.
Les spécifications VLE en vigueur en France en 2016 sont reprises dans les tableaux
6 et 7 ci-dessous. On constate que ces valeurs sont respectées lors de la combustion
de l'échantillon D, sans aucun traitement des fumées produites.
[0103] Le tableau 6 rassemble les spécifications requises pour les combustibles liquides
autres que le fioul domestique telles que figurant dans l'Arrêté du 26/08/13 modifiant
l'arrêté du 25 juillet 1997 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations
classées pour la protection de l'environnement soumises à déclaration sous la rubrique
n° 2910 (Combustion).
Le tableau 7 rassemble les spécifications requises pour les combustibles liquides
autres que le fioul domestique telles que figurant dans l'Arrêté du 26/08/13 relatif
aux installations de combustion d'une puissance supérieure ou égale à 20 MW soumises
à autorisation au titre de la rubrique 2910 et de la rubrique 2931.
Tableau 6
| Puissance de l'installation |
P < 10 MW |
P ≥ 10 MW |
| Oxydes de soufre en équivalent SO2 (mg/Nm3) |
1700 |
| |
| Oxydes d'azote en équivalent NO2 (mg/Nm3) |
550 |
450 |
| |
| Poussières (mg/Nm3) |
50 |
Tableau 7
| Puissance de l'installation |
P < 50 MW |
50 ≤ P < 100 MW |
| SO2 (mg/Nm3) |
1700 |
350 |
| |
|
| NOx (mg/Nm3) |
450(*) |
400 |
| |
|
| Poussières (mg/Nm3) |
50 |
30 |
| (*) Chaudières à tubes d'eau |
Exemple 4 : caractéristiques de combustibles liquides obtenus selon le
procédé selon l'invention.
Obtention du combustible liquide
[0104] Une pâte de neutralisation a subi le traitement suivant :
a1) injection de 1201 d'acide sulfurique à 97% dans un réacteur contenant 4000kg de pâte
de neutralisation, où la température est de 80 à 90°C. Le temps de réaction, sous
agitation pour assurer un mélange homogène, est de 24 heures, sous contrôle en continu
du pH afin de maintenir le pH à une valeur inférieure à 4,
a2) décantation de la phase aqueuse et de la phase organique formées au cours de l'étape
a1) puis élimination de la phase aqueuse,
a3) centrifugation à 5000 tr.min-1 durant 5 minutes au moyen d'un appareil de centrifugation Alpha Laval®, puis élimination
de la phase aqueuse,
b) première filtration sur un filtre papier à 25 µm suivie d'une seconde filtration
sur filtre cellulose à 0,9 µm, les deux filtrations étant effectuées en série avec
une vitesse d'une tonne/heure.
[0105] Les caractéristiques des combustibles ainsi obtenus sont rassemblées dans le tableau
8. L'échantillon D est préparé à partir de pâtes de neutralisation obtenues essentiellement
à partir d'huiles de colza, de soja et de tournesol, l'échantillon E est préparé à
partir de pâte de neutralisation obtenue essentiellement à partir d'huile de colza.
Tableau 8
| |
Norme |
D |
E |
Unité |
| Masse volumique à 15°C |
NF EN ISO 3675 |
916 |
918,2 |
kg/m3 |
| Viscosité à 50°C |
NF EN ISO 3104 |
19,05 |
21,09 |
cSt |
| Point éclair |
NF EN ISO 2719 |
>200 |
>200 |
°C |
| PCI (*) |
|
35,4 |
36,655 |
MJ/kg |
| Teneur en eau |
NF EN ISO 12937 |
0,73 |
0,7 |
%pds |
| Teneur en soufre |
NF EN ISO 20846 |
0,005 |
0,008 |
%pds |
| Teneur en azote |
ATSM D 3228 |
0,02 |
0,05 |
%pds |
| Teneur en cendres |
NF EN ISO 6245 |
0,027 |
0,037 |
%pds |
| Teneur en sodium |
NFT 60106 |
33 |
<1 |
mg/kg |
| Teneur en calcium |
NFT 60106 |
3 |
1 |
mg/kg |
| Teneur phosphore |
NFT 60106 |
26 |
129 |
mg/kg |
| (*) Mesure réalisée selon la méthode de l'Union Française des Industries Pétrolière
(UFIP) et l'Association Technique Energie Environnement (ATEE). |
Caractéristiques physico-chimiques du combustible liquide
[0106] Le tableau 9 permet de visualiser l'évolution des caractéristiques influant sur les
émissions de poussières au cours du procédé de fabrication du combustible tel que
décrit dans la présente invention.
[0107] Le tableau 9 rassemble les caractéristiques physico-chimiques d'une huile acide stockée
dans une cuve (Echantillon N°1). Cette huile acide correspond à une huile acide présentant
une teneur en eau supérieure à 1%pds.
[0108] L'huile acide stockée dans la cuve subit ensuite un brassage et une étape de centrifugation
(5000 tr/min dans un appareil Alpha Laval®) jusqu'à obtenir l'échantillon N°2. L'échantillon
N°2 correspond ainsi à une huile acide telle que fournie à l'étape a) du procédé selon
la présente invention, avec une teneur en eau inférieure à 1%pds. L'échantillon N°3
résulte de la filtration de l'échantillon N°2 à travers un filtre de 25 microns puis
un filtre de 0,9 micron. L'échantillon N°3 correspond à une huile acide combustible
telle qu'obtenue à l'étape b) du procédé selon la présente invention.
[0109] Au vu de ces caractéristiques, on note que la centrifugation permet de réduire de
manière notable la teneur en cendres et la teneur en sodium (voir Echantillon N°2).
On note également une diminution de la teneur en eau ainsi que de la teneur en calcium
et phosphore. Cette étape de centrifugation peut ainsi être utilisée pour réduire
la teneur en eau mais également pour diminuer la teneur en cendres dans la mesure
où la centrifugation semble également permettre de réduire la teneur en phospholipides,
qui sont à l'origine du phosphore, et la teneur en métaux (voir tableau 9).
[0110] Chacune des filtrations ultérieures permet d'abaisser encore ces teneurs (voir Echantillon
N°3).
[0111] On note également que chacun des échantillons N°2 et N°3 présente des teneurs en
eau, cendres, calcium, phosphore et sodium inférieures à celles de l'échantillon A
et des teneurs en eau, cendres, calcium et sodium du même ordre de grandeur que celles
de l'échantillon C de l'exemple 3. On peut donc s'attendre à ce que la combustion
de ces échantillons réponde aux exigences en matière d'émissions, notamment de poussières.
[0112] Le procédé selon l'invention permet ainsi de produire une huile acide combustible
présentant une teneur en eau et en cendres réduite.
Tableau 9
| analyse |
norme |
unité |
Echantillon N°1 huile acide issue du cassage des PDN |
Echantillon N°2 = Echantillon N°1 + centrifugation |
Echantillon N°3 = Echantillon N°2+ filtrations (25 et 0,9 µm) |
| Teneur en eau |
NF EN ISO 12937 |
mg/kg |
11 112 |
7694 |
7035 |
| Teneur en cendres |
NF EN ISO 6245 |
% masse |
0,129 |
0,076 |
0,037 |
| Teneur en Soufre |
NF EN ISO 20846 |
mg/kg |
90 |
82 |
80 |
| Calcium |
NFT 60106 |
mg/kg |
16 |
3 |
1 |
| Phosphore |
NFT 60106 |
mg/kg |
188 |
157 |
129 |
| Sodium |
NFT 60106 |
mg/kg |
24 |
9 |
<1 |
1. Procédé de préparation d'un combustible issu de la biomasse comprenant :
a) une étape de fourniture d'une huile acide issue du raffinage d'une ou plusieurs
huiles choisie(s) parmi une huile végétale et/ou une huile animale, l'huile acide
ayant une teneur en eau inférieure ou égale à 1 %pds, voire inférieure ou égale à
0,8% pds, en particulier de 0,1% à 0,7% en pds,
cette étape a) comprenant :
a1) une étape d'extraction des acides gras présents dans une pâte de neutralisation
issue du raffinage, notamment de la saponification, d'une ou plusieurs huiles choisie(s)
parmi une huile végétale et/ou une huile animale, cette étape d'extraction étant réalisée
en milieu acide dans des conditions efficaces pour former une phase aqueuse et une
phase organique comprenant lesdits acides gras,
a2) une étape de séparation au cours de laquelle on sépare ladite phase organique
précédemment formée et on la récupère,
la phase organique récupérée à l'étape a2) constituant une huile acide ayant une teneur
en eau inférieure ou égale à 3 %pds,
b) une étape de réduction de la teneur en cendres, soufre, phosphore, calcium et sodium
de l'huile acide obtenue à l'étape a), cette étape de réduction comprenant une ou
plusieurs sous étapes choisie(s) parmi une filtration et une précipitation, réalisée(s)
dans des conditions efficaces pour obtenir une huile acide combustible comprenant
une teneur en
• cendres inférieure ou égale à 0,1%, idéalement inférieure à 0,05%pds,
• soufre inférieure ou égale à 150 mg/kg, de préférence inférieure à 100 mg/kg,
• calcium inférieure ou égale à 5 mg/kg, de préférence inférieure à 1 mg/kg,
• phosphore inférieure ou égale à 150 mg/kg,
• sodium inférieure ou égale à 10mg/kg, de préférence inférieure à 1mg/kg.
2. Procédé selon la revendication 1, dans lequel l'huile acide combustible obtenue à
l'étape b) comprend en outre une teneur en métaux alcalins autres que le sodium inférieure
ou égale à 1 mg/kg.
3. Procédé selon la revendication 1 ou 2, dans lequel l'étape a) comprend la fourniture
d'une huile acide issue du raffinage d'une ou plusieurs huiles choisie(s) parmi une
huile végétale et/ou une huile animale ayant une teneur en eau supérieure à 1%pds
et inférieure ou égale à 3 %pds, suivie d'une étape de centrifugation permettant d'obtenir
une teneur en eau inférieure ou égale à 1 %pds, voire inférieure ou égale à 0,8% pds,
en particulier de 0,1% à 0,7% en pds.
4. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, dans lequel l'étape b) comprend
au moins deux étapes de filtration successives avec des filtres de maillage de plus
en plus faible.
5. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, dans lequel l'étape b) comprend
une étape filtration suivie d'une étape de précipitation.
6. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, dans lequel l'étape b) comprend
au moins une étape de filtration effectuée à l'aide d'au moins un passage à travers
un filtre à cellulose.
7. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, dans lequel l'étape b) comprend
au moins une étape de précipitation réalisée dans des conditions efficaces pour précipiter
des sulfates présents dans l'huile acide obtenue à l'étape a).
8. Huile acide combustible, issue de l'acidification d'une pâte de neutralisation obtenue
par un procédé de raffinage, notamment par saponification, d'une huile végétale et/ou
animale, ladite huile acide combustible étant susceptible d'être obtenue par la mise
en oeuvre du procédé selon l'une des revendications 1 à 7, comprenant une teneur en
:
• cendres inférieure ou égale à 0,1%, idéalement inférieure à 0,05%pds,
• soufre inférieure ou égale à 150 mg/kg, de préférence inférieure à 100 mg/kg,
• calcium inférieure ou égale à 5 mg/kg, de préférence inférieure à 1 mg/kg,
• phosphore inférieure ou égale à 150 mg/kg,
• sodium inférieure ou égale à 10mg/kg, de préférence inférieure à 1mg/kg.
9. Huile acide combustible selon la revendication 8, présentant une teneur en métaux
alcalins autres que le sodium inférieure ou égale à 1 mg/kg.
10. Huile acide combustible selon la revendication 8 ou 9, présentant un point éclair
supérieur ou égal à 200°C.
11. Huile acide combustible selon l'une quelconque des revendications 8 à 10, comprenant
une teneur en eau inférieure ou égale à 1%pds, voire inférieure ou égale à 0,8% pds,
en particulier de 0,1% à 0,7% en pds.
12. Procédé de combustion d'un combustible dans une installation de combustion, dans laquelle
on brûle un combustible constitué par un combustible directement obtenu par le procédé
selon l'une quelconque des revendications 1 à 7 ou une huile acide combustible selon
l'une quelconque des revendications 8 à 11.