Domaine de l'invention
[0001] L'invention concerne un microsystème de réglage de marche d'un oscillateur d'horlogerie,
comportant au moins une roue-masselotte agencée pour pivoter par rapport à une plaque
de base que comporte ledit microsystème, ladite roue-masselotte comportant un balourd
excentrique et comportant une denture.
[0002] L'invention concerne encore un oscillateur d'horlogerie comportant au moins un tel
microsystème.
[0003] L'invention concerne encore un mouvement d'horlogerie, comportant au moins un tel
oscillateur.
[0004] L'invention concerne encore une montre comportant au moins un tel microsystème ou
un tel oscillateur.
[0005] L'invention concerne encore un dispositif de réglage de marche d'un oscillateur d'horlogerie,
comportant au moins une telle montre.
[0006] L'invention concerne le domaine du réglage des oscillateurs d'horlogerie, plus particulièrement
pour des mouvements mécaniques.
Arrière-plan de l'invention
[0007] L'ajustement de la marche d'une montre mécanique est une tâche de spécialiste, et
requiert un travail méticuleux, précis et attentif.
[0008] Pour ajuster la marche d'une montre mécanique, il faut en général ouvrir la boîte
et en extraire le mouvement, pour ensuite accéder à des composants permettant le réglage
de la marche, et notamment, dans le cas usuel d'un oscillateur comportant un ensemble
balancier-spiral, où la fréquence d'oscillation dépend de l'inertie du balancier et
de la raideur du spiral, à des composants permettant d'agir indépendamment sur ces
deux paramètres :
- vis sur les bras ou la serge du balancier et dont le réglage en rotation permet de
modifier l'inertie de ce balancier équipé,
- raquette mobile en pivotement et agencée pour modifier la rigidité du spiral,
- ou similaires.
[0009] Cette opération requiert donc des opérations supplémentaires coûteuses en temps.
De plus, le contrôle d'étanchéité doit être refait. Souvent, l'opération de réemboîtage
du mouvement produit encore un décalage de la marche, qui impose de refaire le réglage.
Résumé de l'invention
[0010] L'invention se propose de permettre un réglage fin ou grossier d'une fonction d'une
montre mécanique, et plus particulièrement un réglage fin de la marche d'un mouvement
mécanique de montre, sans devoir ouvrir la boîte de cette montre.
[0011] L'invention se propose d'utiliser les propriétés de transport d'énergie par un faisceau
lumineux, ou laser, ou similaire, vers l'intérieur de la boîte de montre, pour déformer
de façon réversible certaines zones de l'oscillateur.
[0012] A cet effet, l'invention concerne un mécanisme de réglage de marche d'un oscillateur
d'horlogerie selon la revendication 1.
[0013] L'invention concerne encore un oscillateur d'horlogerie comportant au moins un tel
microsystème, selon la revendication 20.
[0014] L'invention concerne encore un mouvement d'horlogerie, comportant au moins un tel
oscillateur, selon la revendication 22.
[0015] L'invention concerne encore une montre comportant au moins un tel microsystème ou
au moins un tel oscillateur, selon la revendication 23.
[0016] L'invention concerne encore un dispositif de réglage de marche d'un oscillateur d'horlogerie,
comportant au moins une telle montre, selon la revendication 24.
Description sommaire des dessins
[0017] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à la lecture de
la description détaillée qui va suivre, en référence aux dessins annexés, où :
- la figure 1 représente, de façon schématisée, et en vue de face, un balancier équipé
pour mécanisme oscillateur d'horlogerie, qui comporte, portés par la serge d'un balancier,
deux microsystèmes selon l'invention agencés pour transformer un flux d'énergie lumineuse,
concentrée au niveau d'au moins une zone de chauffage, en une variation d'inertie
de ce balancier équipé, par modification de la répartition dans l'espace des masses
qui le composent ;
- la figure 2 représente, de façon schématisée, partielle, et en coupe, une montre comportant
une boîte obturée par une glace de fond transparente, laquelle boîte renferme un mouvement
comportant un oscillateur mécanique dont seul est représenté le balancier équipé de
la figure 1, dont une partie de la surface est située dans une zone illuminée par
un rayon lumineux d'origine externe, concentré par une lentille, et traversant le
fond transparent de la boîte;
- la figure 3 représente, de façon schématisée, et en vue de face, un microsystème selon
l'invention, comportant un actionneur thermomécanique fixé sur une plaque de base,
constitué par un mobile déformable en forme de croix dont deux bras longitudinaux,
reliés entre eux par une alternance de cols et de masses, et en léger déport transversal
l'un par rapport à l'autre, constituent l'appui sur la plaque de base, et dont un
bras transversal appelé baguette porte un premier cliquet actif, lequel est agencé
pour entraîner une denture d'une roue-masselotte à balourd excentrique montée pivotante
par rapport à la plaque de base, et dont un autre bras transversal libre en porte-à-faux
constitue un contrepoids d'équilibrage;
- la figure 4 est une vue en coupe selon le tracé AA du microsystème de la figure 3
;
- la figure 5 représente une variante de l'actionneur thermomécanique de la figure 3,
en forme de té, et dépourvue de contrepoids dans le prolongement de la baguette, et
avec un déport transversal des bras longitudinaux dans une autre configuration que
la figure 3 ;
- la figure 6 est un schéma de répartition de température de l'actionneur de la figure
5 quand les extrémités les plus éloignées des bras longitudinaux sont maintenues à
température ambiante, ainsi que l'extrémité distale de la baguette, tandis que la
zone centrale comportant les cols est placée en zone de chauffage à une haute température
comprise entre 150°C et 300°C ;
- la figure 7 représente, de façon schématisée, et en vue de face, la déformée de l'actionneur
thermomécanique de la figure 5 soumis à cette haute température, et la figure 8 en
est un détail au niveau des cols ;
- la figure 9 est une courbe montrant la quasi-linéarité de la course de déplacement
de l'extrémité distale de la baguette, correspondant à la course du premier cliquet
actif, en fonction de la différence de température entre la zone de chauffage et la
plaque de base;
- la figure 10 est une courbe similaire montrant l'évolution quasi-linéaire de la contrainte
dans les cols, en fonction de la température ;
- la figure 11 est l'équivalent de la figure 9 pour l'actionneur de la figure 3 ;
- la figure 12 est un détail d'une roue-masselotte ;
- la figure 13 est une courbe montrant la différence de marche qui est une fonction
sinusoïdale de l'angle de rotation de la roue-masselotte ;
- la figure 14 est un schéma-blocs représentant un dispositif de réglage de marche d'un
oscillateur d'horlogerie, comportant une montre avec un mouvement comportant un oscillateur
muni d'un microsystème selon l'invention, ce dispositif comportant des moyens de pilotage
interfacés avec des moyens de surveillance de la marche et des moyens de surveillance
de température, agencés à proximité de la boîte de la montre.
Description détaillée des modes de réalisation préférés
[0018] L'invention se propose de permettre un réglage d'une fonction horlogère, en particulier
un réglage de la marche d'un mouvement d'horlogerie mécanique, sans devoir ouvrir
la boîte 90 d'une montre 1.
[0019] Selon la construction et le dimensionnement du mécanisme selon l'invention, et selon
l'usage requis, il est possible d'effectuer un réglage grossier ou fin. L'invention
est, en effet, plus précisément conçue pour un micro-réglage, de façon à pouvoir régler
très précisément la marche d'une montre avec son mouvement emboîté dans sa configuration
finale, et les exemples de dimensionnement qui seront fournis plus loin sont appropriés
à un tel réglage fin. L'homme du métier saura extrapoler l'architecture de l'invention
pour effectuer des réglages nécessitant une amplitude de réglage supérieure.
[0020] A cet effet, l'invention concerne un dispositif 1000 de réglage d'une fonction horlogère,
notamment de réglage de marche d'un oscillateur 100 d'horlogerie, notamment pour un
mouvement mécanique 200.
[0021] Le mouvement 200 n'est pas illustré de façon détaillée sur les figures.
[0022] L'oscillateur 100 n'est pas illustré complètement. Il est constitué, dans un cas
particulier non limitatif, par un ensemble balancier-spiral, et seul un balancier
équipé 70 est représenté sur les figures. L'invention illustrée dans cette application
particulière concerne la modification d'inertie d'un balancier d'horlogerie, ou la
modification de position du centre d'inertie (correction de balourd).
[0023] En effet, dans une variante préférée illustrée par les figures, l'invention utilise,
comme on le verra ci-après, la rotation d'une ou plusieurs roues-masselotte à excentrique,
rapportées indirectement sur ce balancier au sein de microsystèmes 10 à commande optique,
possédant chacun une plaque de base 60 fixée sur un balancier nu 7, ou encore monobloc
avec ce balancier nu 7: l'invention permet de modifier la position angulaire de chaque
roue-masselotte, et donc de changer la position du centre d'inertie propre à cette
roue-masselotte, par rapport à l'axe principal de pivotement D du balancier 7.
[0024] L'inertie globale du balancier équipé 70, comportant le balancier nu et ce ou ces
microsystèmes 70, peut donc, dans certains cas, rester inchangée si le centre d'inertie
de la roue-masselotte reste sur un même rayon par rapport à l'axe principal de pivotement
D du balancier, alors que la position du centre d'inertie résultant peut être modifiée.
On comprend que, en cas d'implantation de plusieurs microsystèmes, et selon leur agencement,
on peut, soit s'astreindre à une manoeuvre symétrique ne changeant pas la position
du centre d'inertie global, soit les piloter indépendamment les uns des autres, et,
ainsi, modifier la position du centre d'inertie global, et ainsi également pouvoir
corriger un balourd intrinsèque du balancier nu. On utilise ci-après l'expression
« modification d'inertie » pour désigner aussi bien la modification de valeur d'inertie
par rapport à un axe, que la modification de la position du centre d'inertie résultant
d'un mobile par rapport à cet axe.
[0025] L'invention se propose d'utiliser les propriétés de transport d'énergie par un faisceau
lumineux, ou laser, ou similaire, vers l'intérieur de la boîte 90 de montre, pour
déformer de façon réversible certaines zones de l'oscillateur 100.
[0026] L'homme du métier spécialiste des oscillateurs à ensemble balancier-spiral, ou encore
des oscillateurs à ensemble balancier-fil de torsion qui sont beaucoup plus rares,
saura extrapoler les enseignements de l'invention pour déclencher des micromouvements
contrôlés, afin de modifier la raideur d'un spiral ou la tension d'un fil de torsion,
soit directement, soit par action indirecte sur des moyens de fixation ou de tension
de tels moyens de rappel élastique.
[0027] L'invention est illustrée avec une modification d'inertie sur une partie de l'oscillateur
constituée par un balancier. L'homme du métier saura extrapoler l'utilisation de microsystèmes
10 à commande optique tels que décrits en détail ci-après pour une action sur un autre
composant d'un oscillateur, pour le réglage de tels moyens de fixation, de tension,
de modification de la raideur d'un spiral, de réglage de la longueur utile d'un spiral,
ou autres.
[0028] L'invention concerne tout d'abord un microsystème 10 de réglage d'une fonction horlogère,
et, tout particulièrement dans l'application illustrée par les figures, un microsystème
de réglage de marche d'un oscillateur horloger, notamment pour mouvement mécanique.
[0029] L'invention fait appel à un transfert d'énergie par voie optique, pour déclencher
un mouvement d'un composant mécanique de réglage.
[0030] L'invention concerne de préférence les montres haut-de-gamme, ayant un fond transparent
2, agencé pour être transparent à certaines plages de longueurs d'ondes souhaitées,
pour permettre le passage d'un rayon lumineux 3, ou tout autre rayon optique. Bien
entendu, le passage lumineux peut aussi se faire, notamment pour un mouvement squeletté,
depuis le côté supérieur comportant la glace et lisible par l'utilisateur, ou encore
par un chant latéral ou périphérique de la boîte 90. Dans une variante non illustrée,
le cheminement lumineux dans la montre 1 peut encore être effectué le long d'une fibre
optique ou d'un guide d'onde, ce qui autorise alors un cheminement lumineux non rectiligne.
[0031] L'invention est ainsi illustrée dans une variante particulière, non limitative, où
un faisceau lumineux 3 peut traverser une glace de fond 2 transparente aux longueurs
d'onde sélectionnées, de façon à illuminer une zone illuminée 5, de préférence sur
au moins un secteur périphérique d'un balancier équipé 70.
[0032] Ce balancier équipé 70 comporte un balancier nu 7 relié à un moyen de rappel élastique
tel que spiral ou fil de torsion, ou bien encore évoluant dans un environnement de
champs magnétiques ou électrostatiques d'attraction ou/et de répulsion, et ce balancier
nu 7 porte au moins un microsystème 10, qui est agencé pour transformer un flux d'énergie
lumineuse concentrée en une variation d'inertie du balancier équipé 70, par modification
de son inertie et de la répartition dans l'espace des masses qui le composent.
[0033] Plus particulièrement, si la zone illuminée 5 peut couvrir la totalité de la surface
de tels microsystèmes 10, la concentration du faisceau lumineux, qui est obtenue avec
des moyens optiques de concentration 4, est dirigée vers au moins une zone de chauffage
6 d'un actionneur que comporte un tel microsystème 10, après la traversée de la glace
de fond 2. Comme on le verra plus loin, cet actionneur est avantageusement un actionneur
thermomécanique 30.
[0034] Ces moyens optiques de concentration 4 ne sont pas détaillés, et sont, ou bien intrinsèques
à la montre 1 tels que des lentilles, ou bien externes à la montre 1 comme sur la
figure 2 qui montre une lentille agencée pour concentrer l'énergie thermique d'un
rayon lumineux 3 vers une telle zone de chauffage 6.
[0035] Dans l'application préférentielle de l'invention à un balancier équipé 70 et tel
que visible sur les figures, l"inertie de ce dernier est modifiée par l'ajout d'au
moins un microsystème 10 permettant de changer l'inertie de ce balancier, et de préférence
par l'ajout d'une pluralité de tels microsystèmes 10.
[0036] L'invention est illustrée sur les figures par une variante avantageuse comportant
deux microsystèmes 10 rotatifs identiques, embarqués diamétralement et symétriquement
sur la serge du balancier nu 7, par rapport à l'axe principal de pivotement D de celui-ci,
afin de compenser l'effet de balourd de l'un des microsystèmes 10 rotatifs par l'autre.
[0037] Dans un mode de réalisation avantageux illustré par les figures, le microsystème
10, notamment de réglage de marche d'un oscillateur d'horlogerie, comporte au moins
une roue-masselotte 20 agencée pour pivoter par rapport à une plaque de base 60 que
comporte ce microsystème 10. La roue-masselotte 20 comporte un balourd excentrique
22 et comporte une denture à cliquet 21. Selon l'invention, ce microsystème 10 comporte
au moins un actionneur entraînant au moins un premier cliquet actif 38 agencé pour
entraîner en rotation la denture 21, et comporte au moins un moyen d'arrêt en position
de la denture 21.
[0038] Dans une réalisation particulière, non limitative, illustrée par les figures, un
tel microsystème 10 comporte une plaque de base 60, un actionneur qui est un actionneur
thermomécanique 30 muni d'un premier cliquet actif 38, et une roue-masselotte 20 à
cliquet ayant un balourd excentrique et pivotant autour d'un axe secondaire D20.
[0039] Naturellement, l'invention peut être réalisée avec des mobiles secondaires possédant
une autre forme que les roues-masselottes 20 illustrées, par exemple sous la forme
de masses mobiles dans des rainures, ou autre.
[0040] L'actionneur thermomécanique 30 peut, selon la variante de réalisation choisie, être
fixé sur la plaque de base 60, ou être monobloc avec elle.
[0041] La roue-masselotte 20 peut, selon la variante de réalisation choisie, être guidée
dans la plaque de base 60, ou être monobloc avec elle. Dans une première variante,
au moins une roue-masselotte 20 est montée pivotante autour d'un arbre fixe 24 rapporté
sur la plaque de base 60 ou intégré dans cette plaque de base 60, et pivotant autour
de l'axe secondaire D20 : la roue-masselotte 20 représentée sur la figure 4 pivote
autour d'un arbre fixe 24 de guidage, chassé ou collé dans un alésage 61 de la plaque
de base 60. Dans une deuxième variante non illustrée par les figures, au moins une
roue-masselotte 20 est intégrée dans la plaque de base 60 par rapport à laquelle elle
pivote portée par des guidages flexibles, notamment de type à lames minces élastiques.
[0042] Dans une variante illustrée par les figures, le moyen d'arrêt en position de la denture
21 est un deuxième cliquet passif 25 positionné sur la plaque de base 60, et qui comporte
un moyen de rappel élastique, pour son appui sur la denture 21.
[0043] Dans la variante non limitative illustrée par les figures, le premier cliquet actif
38 est un cliquet monté tangentiellement à la denture 21, et comporte au moins une
dent ou un peigne rappelé vers cette denture 21 par un moyen de rappel élastique qu'il
comporte. D'autres réalisations sont envisageables, selon l'encombrement disponible,
le premier cliquet actif peut aussi être une roue de commande, un levier, une roue
à cliquet, ou autre. De façon avantageuse, au moins un actionneur du microsystème
10 est un actionneur thermomécanique 30, qui est agencé pour transformer un flux d'énergie
d'origine lumineuse en un déplacement d'un organe de commande mécanique. L'actionneur
thermomécanique 30 est conçu pour la transformation de l'énergie lumineuse concentrée
en un déplacement CC, et notamment en un déplacement qui est assimilable à un déplacement
linéaire. Notamment, dans la réalisation illustrée par les figures, le déplacement
CC concerne une extrémité distale 380 de cet actionneur thermomécanique 30. Cette
extrémité distale 380 porte un premier cliquet actif 38, ou bien commande directement
un mouvement d'un tel premier cliquet actif 38, par l'intermédiaire d'un rouage, d'une
friction, d'un embiellage ou similaire.
[0044] Un tel actionneur thermomécanique 30 est aussi utilisable, en tant que tel, pour
d'autres applications de commande d'un dispositif de réglage horloger.
[0045] Cet actionneur thermomécanique 30 comporte un mobile déformable 300, précisément
sous l'action thermique du rayon lumineux, qui agit plus particulièrement au niveau
de cols ou rotules 34, 35, 36.
[0046] De façon préférée et tel que visible sur les figures, cet actionneur thermomécanique
30 comporte, sensiblement selon une première direction longitudinale X, et dans cet
ordre, une ligne longitudinale composée d'une alternance de masses rigides 311, 45,
46, 312, et de cols flexibles 34, 35, 36, maintenue entre des ancrages 321, 322 sur
la plaque de base 60, les masses rigides extérieures opposées 311, 312, appelées bras
étant en appui sur ces ancrages 321, 322, ou solidaires de ces ancrages 321, 322.
[0047] Dans la variante particulière et non limitative illustrée, le mobile déformable 300
comporte deux bras 31 : 311 et 312, s'étendant sensiblement selon cette même direction
longitudinale X, et ancrés, à leurs extrémités opposées les plus éloignées 320, à
des ancrages 32 : 321, 322, rendus solidaires de la plaque de base 60, par exemple
par le moyen d'une couche d'oxyde 50 dans le cas avantageux d'une exécution silicium.
[0048] Ces deux bras 311 et 312 encadrent une partie centrale laquelle comporte une première
partie massive 45 et une deuxième partie massive 46.
[0049] La première partie massive 45 est reliée à un premier bras 311 par un premier col
34, et à la deuxième partie massive 46 par un deuxième col dit central 35. La deuxième
partie massive 46 est reliée à un deuxième bras 312 par un troisième col 36.
[0050] Les bras 311, 312, les cols 34, 35, 36, et les première partie massive 45 et deuxième
partie massive 46, sont, au repos, sensiblement alignés selon la direction longitudinale
X.
[0051] Et une zone centrale de cet actionneur thermomécanique 30, comportant au moins les
cols 34, 35, 36, est agencée pour être superposée à une zone de chauffage 6 où cette
zone centrale peut recevoir un apport d'énergie d'origine lumineuse. La différence
momentanée de température entre la zone centrale chaude et son support froid provoque
une dilatation de la zone centrale, qui a pour effet de mettre en compression cette
ligne longitudinale entre les ancrages 321, 322, et de faire fléchir au moins un desdits
cols (34, 35, 36). Cette compression tend à soumettre les cols à un effort en flexion;
de façon à conserver des déformations sensiblement planes, l'épaisseur totale de l'actionneur,
dans une direction perpendiculaire au plan de la plaque de base 60, est importante
par rapport à l'épaisseur de ces cols dans ce plan, par exemple trente fois plus importante.
Ainsi l'effet de la compression est une déformation de l'ensemble des cols 34, 35,
36. Lorsque le microsystème 10 est soumis tout entier à une variation de température,
par exemple lors d'une exposition au soleil d'une montre comportant un tel microsystème
10, l'actionneur thermomécanique 30 ne bougera pas, s'il est réalisé dans le même
matériau que la plaque de base 60. Ceci constitue donc un avantage indéniable, par
rapport à des systèmes à bilames, par exemple.
[0052] Au moins un des cols flexibles 34, 35, 36, est décalé, selon une direction transversale
Y orthogonale à la direction longitudinale X, d'un déport transversal dy par rapport
aux autres cols 34, 35, 36, transformant le mouvement de flexion d'au moins un de
ces cols 34, 35, 36, en un mouvement de rotation plane, parallèlement à la plaque
de base 60, d'au moins une masse intermédiaire 45, 46, non reliée directement à un
des ancrages 321, 322.
[0053] Dans les variantes illustrées, une masse intermédiaire 45 ou 46, entraînable en rotation,
porte une baguette 37 s'étendant sensiblement selon la direction transversale Y et
comportant une extrémité distale 380 agencée pour porter un moyen de commande mécanique.
De préférence, la course de rotation de la baguette 37 est limitée par des butées
de baguette 39 qui l'encadrent.
[0054] Lors de l'utilisation d'un dispositif 1000 de réglage selon l'invention, pour une
montre 1 équipée tel que décrit ci-dessus, et pour l'application de réglage de marche
d'un oscillateur 100 comportant un balancier équipé 70, celui-ci est d'abord immobilisé
dans une position permettant d'exposer visiblement les deux microsystèmes 10, ou bien
l'un après l'autre, à l'apport énergétique d'un rayon lumineux 3. Dans une variante,
le dispositif 1000 comporte des moyens de synchronisation permettant de piloter un
rayon lumineux 3 pour suivre, au vol, et viser au moins, ou encore chaque, microsystème
10 qu'il comporte, emporté par un composant de l'oscillateur 100 en cours d'oscillation,
notamment sur le balancier équipé 70 en cours d'oscillation.
[0055] Pour faire fonctionner le système, un tel rayon lumineux 3 est projeté à travers
le fond transparent 2, et est concentré, au niveau d'une zone de chauffage 6, sur
une partie à chauffer particulière constituée par la zone centrale de l'actionneur
thermomécanique 30. Celui-ci se déforme, et le premier cliquet actif 38, qui est solidaire
d'une partie mobile de l'actionneur thermomécanique 30, et plus particulièrement de
la baguette 37, entraîne la denture 21 de la roue-masselotte 20 sur une ou plusieurs
dents. Le déplacement du centre de gravité 23 (ou d'inertie) de la roue-masselotte
20 provoque ainsi un changement d'inertie du balancier équipé 70.
[0056] On comprend que l'entraînement par le premier cliquet actif 38 se fait dans un seul
sens, qui est le sens horaire dans le cas de la figure 2, le deuxième cliquet passif
25 empêche alors la rotation en sens anti-horaire lors du retour du premier cliquet
actif 38 quand la zone centrale se refroidit.
[0057] Différents modes d'utilisation sont envisageables, ceux décrits ci-après à titre
d'exemples n'étant pas limitatifs.
[0058] Dans un premier mode, la durée d'illumination de la zone de chauffage est la plus
brève possible, et est limitée à l'obtention de la déformation souhaitée de l'actionneur
30, de préférence correspondant au passage d'une seule dent de la denture 21. Dans
le cas de besoin de passage de plusieurs dents, il est possible de laisser l'actionneur
revenir assez rapidement à la température ambiante, dans une position neutre, et de
l'illuminer à nouveau pour le passage d'une dent unique, et de réitérer cette opération
autant de fois que nécessaire. Ceci n'exclut pas un fonctionnement avec illumination
maintenue pour le passage simultané de plusieurs dents, le premier cliquet actif 38
pouvant comporter, au lieu d'une dent unique tel que représenté sur les figures, un
peigne ou similaire.
[0059] Bien sûr, une seul dent au niveau du premier cliquet actif 38 peut aussi agir sur
plus d'un pas, et présente l'avantage de prévenir tout phénomène de coincement. Pour
effectuer plusieurs clics, c'est-à-dire les sauts effectués par le cliquet passif
25, avec un seul aller-retour du premier cliquet actif 38, on peut agir sur l'entraxe
des butées 39 pour obtenir, par exemple, deux ou trois clics au maximum avant butée,
et un ou deux clics sans aller en butée mais en agissant sur le temps d'allumage.
[0060] Dans un deuxième mode, on effectue une illumination maintenue : après un temps significativement
plus long que dans le premier mode, le flux thermique vers la base est stationnaire,
et les températures respectives de la zone centrale et de la plaque de base 60 s'approchent,
provoquant un ré-armage de l'actionneur
[0061] Dans une autre exécution utilisant les deux modes de chauffage précités, on effectue
un apport de chaleur indirect, le rayon lumineux concentré chauffant alors un composant
tampon, par exemple un anneau, devant lequel circule la zone centrale de l'actionneur
3 pendant l'oscillation du balancier.
[0062] Une autre exécution utilise un anneau embarqué et connecté solidement à la zone centrale
à chauffer, ce qui permet au spot de chauffage de rester immobile.
[0063] On peut, encore, combiner le chauffage au vol avec une cible-tampon embarquée et
solidaire de la zone centrale, mais ayant une plus grande surface, et permettant un
couplage thermique plus efficace avec le spot lumineux.
[0064] On agence préférentiellement la zone de chauffage 6 de façon à couvrir au moins la
partie centrale avec les cols 34, 35, 36, et les première partie massive 45 et deuxième
partie massive 46, et les extrémités intérieures des bras 311, 312. Sous l'action
thermique, les bras 311 et 312 s'allongent lorsque la température augmente, et sont
soumis à une contrainte de compression. Les trois cols 34, 35, 36, rendent le système
compliant, non hyperstatique.
[0065] Et le léger déport transversal dy d'au moins l'un des cols 34, 35, 36 par rapport
aux autres, suffit pour soumettre au moins la première partie massive 45 ou la deuxième
partie massive 46 à un mouvement de rotation parallèle au plan de la plaque de base
60. Il suffit d'un écart très faible pour initier le mouvement de rotation qui, ensuite,
peut être bien corrélé avec l'apport thermique et la température en zone de chauffage
6, pour réguler de façon quasi linéaire l'angle θ de rotation de la baguette 37, et
le déplacement CC du premier cliquet actif 38, tel que visible sur la figure 9. La
figure 10 montre que la contrainte S dans les cols obéit à une règle presque identique,
avec une courbe sensiblement linéaire en fonction de la température.
[0066] La figure 9 montre que le fait de soumettre la zone de chauffage 6 à une température
voisine de 260°C, dans l'exemple illustré qui correspond à la variante de la figure
5, permet d'obtenir une amplitude de déplacement CC de 23 µm, qui suffit pour entraîner
la denture 21 d'une roue-masselotte 20, avantageusement réalisée aussi en silicium.
On comprend que la pente prononcée du profil en figure 9 permet d'augmenter, si nécessaire,
la course du premier cliquet actif 38, tout en surveillant le degré de contrainte
en figure 10.
[0067] Les figures 3 et 5 illustrent un même mode de réalisation, selon des variantes de
détail d'exécution. Ces deux variantes présentent une caractéristique commune qui
consiste à faire pivoter quasiment sur place la deuxième partie massive 46, qui est
porteuse d'une baguette 37 laquelle s'étend sensiblement selon la direction transversale
Y, et porte, au niveau de son extrémité distale 380, le premier cliquet actif 38.
[0068] La variante de la figure 3 comporte des butées de baguette 39, agencées de façon
à limiter la course du premier cliquet actif 38 à 1,5 dent de la denture 21 de la
roue-masselotte 20.
[0069] Dans cette variante de la figure 3, l'actionneur thermomécanique 30 porte, sensiblement
dans le prolongement de la baguette 37 et du côté opposé par rapport à une ligne définie
par les ancrages 321, 322, au moins un contrepoids 40 destiné à empêcher le mouvement
de la baguette 37 lors de chocs, et prévenir toute altération du réglage de fréquence
d'oscillation et de marche effectué.
[0070] Dans les deux variantes des figures 3 et 5, la zone centrale comporte les extrémités
internes de deux bras 311, 312, directement fixés par leurs extrémités externes aux
ancrages 321, 322, dont ces extrémités internes sont séparées par des évidements 33
agencés pour isoler de la zone chaude les bases 320 des bras et ces ancrages 321,
322, quand la zone centrale est soumise à un flux d'énergie. La zone centrale comporte
aussi l'extrémité interne de la baguette 37 qui est séparée de l'extrémité distale
380 par une cavité agencée pour isoler cette extrémité distale 380 de la zone chaude
quand ladite zone centrale est soumise à un flux d'énergie.
[0071] La zone centrale peut comporter aussi l'extrémité interne du contrepoids 40 qui est
séparée de son extrémité distale par une cavité agencée pour isoler cette extrémité
distale de la zone chaude.
[0072] Telle que visible sur la figure 3, la plaque de base 60 comporte avantageusement
au moins une cavité 41, délimitée par une bordure 42, agencée pour isoler les ancrages
321, 322, et chaque roue-masselotte 20 de la zone chaude quand la zone centrale est
soumise à un flux d'énergie.
[0073] La figure 1 est une vue d'ensemble avec un balancier équipé 70 d'un diamètre d'environ
10 mm, qui porte deux microsystèmes 10 chacun réalisé sur la base d'un chip SOI d'environ
1,6 mm de côté, portant des roues-masselottes 20 d'un diamètre d'environ 0,7 mm, soit
un rayon d'action Rm de 4 mm environ, chaque zone de chauffage 6 étant un disque d'environ
0,8 mm de diamètre.
[0074] Les figures 11 à 13 sont relatives au microsystème 10 dans la variante avec design
en « S », réalisée en technologie silicium monocristallin MEMS, de la figure 3, dans
un exemple numérique non limitatif, avec une longueur L de 1,0 mm, une longueur de
bielle w, caractéristique de la distance entre les zones d'inflexion de deux cols
successifs, de 0,100 mm, un coefficient de dilatation de 2.10
-6/°C, et un rayon R de rotation du cliquet de 0,8 mm. La figure 11 montre qu'autour
du point nominal dT=250°C, la course de 57 µm correspond à un clic. Dans cet exemple
numérique simplifié, la rigidité des cols 34, 35, 36, est très faible, au moins cent
fois plus faible que celle de la plaque de base 60.
[0075] Le dimensionnement du micro-système 10 est de préférence réalisé selon les principes
qui suivent :
- le décalage dy doit être suffisamment élevé pour fournir assez de force au départ
du mouvement, qui est déterminée par les frottements de la roue-masselotte 20, mais
ce décalage dy doit être le plus petit possible ;
- la hauteur h, selon la direction transversale Y, de la première partie massive 45
et de la deuxième partie massive 46 doit être suffisamment élevée par rapport à la
hauteur e, selon la direction transversale Y, des éléments flexibles constitués par
les cols 34, 35, 36, pour que ces derniers agissent comme des rotules ;
- le rapport Ir / e des cols 34, 35, 36, faisant rotules doit être suffisamment élevé
pour ne pas engendrer de contraintes matériau trop grandes, et suffisamment faible
pour ne pas provoquer d'équilibre instable selon l'axe transversal Y, en particulier
en cas de chocs ;
- un rapport L / w élevé augmente la rotation de la baguette 37, et donc la course CC,
pour une différence donnée de température ;
- une distance R élevée augmente d'autant la course, mais diminue d'autant la force
à l'extrémité distale 380, pour un angle de rotation donné ;
- l'épaisseur t de l'actionneur doit être suffisamment grande pour empêcher un flambage
vertical de toute la partie de longueur L. Le rapport t / e devrait au moins valoir
trois, pour que les cols 34, 35, 36, faisant rotules aient une compliance préférentielle
dans le plan parallèlement à la plaque de base 60, et rester rigides hors du plan.
[0076] Ainsi, dans une réalisation particulière non limitative et, telle que visible sur
la figure 5, les cols 34, 35, 36 comportent une partie linéaire dont la longueur Ir
est d'environ quatre fois l'épaisseur e de ces cols, et le décalage dy prévu pour
initier la rotation de la baguette 37 est environ le double de cette même épaisseur
e. La hauteur h de la première partie massive 45 et de la deuxième partie massive
46 est de préférence comprise entre deux et trois fois la longueur de rotule Ir, et
voisine de la moitié de la longueur de bielle w.
[0077] Les trois extrémités de l'actionneur 30 sont maintenues à température ambiante de
l'ordre de 20°C. La zone de chauffage 6 peut être portée à une température comprise
entre 100 et 400°C, la limite supérieure étant choisie en fonction des matériaux de
la montre 1, notamment de la boîte 90, pour prévenir tout endommagement d'un composant.
Cette précaution explique aussi qu'on se restreigne à une zone de chauffage 6 de surface
la plus réduite possible.
[0078] Les figures 6 à 8 illustrent la déformation d'un actionneur tel que représenté à
la figure 5, et les figures 9 et 10 illustrent respectivement le déplacement CC de
l'extrémité distale 380 de la baguette 37, et la répartition de contrainte S dans
les cols 34, 35, 36, en fonction de la température en zone de chauffage 6..
[0079] Les figures 12 et 13 concernent le calcul du réglage de marche par la roue-masselotte
20, en silicium monocristallin, dont nous donnons un exemple numérique non-limitatif
ci-après. Le diamètre extérieur est de 0,7 mm, avec une distance centre au plat du
balourd excentrique x1 = 0,1 mm, épaisseur 150 µm, masse volumique (Si) 2330 kg/m
3, rayon d'action des masses Rm= 4 mm, nombre de dents de la denture 21 à cliquet Z=50,
[0080] On obtient, dans ce cas précis, 1 pas = 44 µm, 1 tour de la roue = 13,6 sec/jour,
une zone de réglage linéaire = 11 sec/jour, ce qui correspond à 15 niveaux = nombre
de clics de l'actionneur, 1 clic = 0,74 sec/jour.
[0081] La figure 13 illustre la différence de marche en sec/jour, entre les limites supérieure
et inférieure de la plage linéaire à +5,52 et -5,52 sec/jour, en fonction de l'angle
de pivotement α de la roue-masselotte 20.
[0082] Ce microsystème se prête bien à une réalisation en technologies de type « MEMS »
ou similaire, de façon nullement limitative car tous autres technologies ou/et matériaux
adaptés et connus de l'homme du métier sont envisageables pour la réalisation, par
exemple avec un façonnage par découpage laser, jet d'eau, électroérosion ou autre.
[0083] Si l'invention est décrite ici avec deux microsystèmes 10 fonctionnant dans le même
sens, il est clair qu'on peut équiper le balancier équipé 70 de microsystèmes 10 effectuant
des corrections d'inertie en sens inverse l'un de l'autre en cas de besoin.
[0084] Pour modifier l'inertie, le système selon l'invention est réversible, car en faisant
tourner la roue-masselotte 20 de façon ininterrompue, on modifie l'inertie selon une
fonction sinus telle que visible sur la figure 13, ce qui évite d'être bidirectionnel.
Le seul désavantage dans ce cas est que, pour atteindre une inertie plus faible, alors
que l'on se trouve dans la phase montante de l'inertie dans le sens de l'activation
du cliquet, on doit faire en fait un peu moins d'un tour complet pour atteindre la
bonne valeur.
[0085] Dans une réalisation particulière, le microsystème 10 comporte un premier niveau
constitué par la plaque de base 60 autour d'une cavité d'isolation thermique 41, et
un deuxième niveau comportant au moins une roue-masselotte 20, au moins un actionneur
30, au moins un premier cliquet actif 38, et au moins un moyen d'arrêt 25 (ou deuxième
cliquet passif) en position de la denture 21.
[0086] Dans une variante avantageuse, la plaque de base 60 et l'actionneur thermomécanique
30 sont réalisées dans le même matériau, de façon à prévenir tout déréglage quand
la plaque de base 60 et l'actionneur thermomécanique 30 sont soumis, à l'intérieur
d'une montre, aux mêmes variations de température dues au milieu extérieur dans lequel
évolue l'utilisateur de la montre.
[0087] Dans une réalisation particulière, le microsystème 10 est réalisé de façon monobloc
et comporte des cavités sous les organes mobiles qu'il comporte.
[0088] Dans une réalisation particulière, le microsystème 10 est intégralement réalisé en
silicium ou/et oxyde de silicium. Il peut encore être réalisé en DLC ou en d'autres
matériaux de micromécanique.
[0089] Dans une réalisation particulière, le premier niveau est une couche « handle » et
le deuxième niveau est une couche « device ».
[0090] Diverses variantes sont réalisables, et notamment un microsystème 10 tout silicium,
comportant notamment des cavités sous les cliquets 25 et 38, afin de pouvoir les réaliser
en technologie MEMS, et comportant avantageusement une roue-masselotte 20 sur pivots
flexibles, avec bien sûr un débattement angulaire limité dans ce dernier cas.
[0091] Les réalisations des figures 3 et 5 utilisent des wafers SOI (Silicon on insulator)
à deux niveaux silicium, par exemple d'épaisseur 500 µm pour le substrat « handle
» constituant la plaque de base 60, et d'épaisseur 150 µm pour la couche « device
» (actionneur 30, roue 20, cliquets 25 et 38, butées 39).
[0092] Dans une variante on peut réaliser un mécanisme à un seul niveau par exemple d'épaisseur
300 µm, et des pivots flexibles de l'élément d'inertie et des dégagements judicieusement
placés pour l'isolation thermique. Dans cette variante il faut alors ajouter un système
de retour à zéro lorsqu'on atteint la valeur maximale, puisque la course angulaire
est bornée.
[0093] Il convient, encore, de prendre en compte les efforts, forces ou/et couples, générés
lors de chocs jusqu'à 500g crête au porter, qui ne doivent pas provoquer de dérèglement
du système, ce qui impose une force minimum à fournir par l'actionneur 30 pour éviter
tout dérèglement issu d'une accélération aléatoire.
[0094] L'invention concerne encore un oscillateur 100 d'horlogerie comportant au moins un
tel microsystème 10. La plaque de base 60 de ce au moins un microsystème 10 est fixée
à un composant de l'oscillateur pour son réglage d'inertie pour la correction de la
marche de l'oscillateur.
[0095] Plus particulièrement, l'oscillateur 100 comporte un balancier équipé 70 constitué
par un balancier nu 7 relié à un moyen de rappel élastique ou soumis à au moins un
champ de répulsion ou/et d'attraction, ce balancier nu 7 portant au moins un tel microsystème
10 ou étant monobloc avec au moins un tel microsystème 10.
[0096] L'invention concerne encore un mouvement 200 d'horlogerie, comportant au moins un
tel oscillateur 100. Ce mouvement 200 comporte au moins une glace 2 transparente à
des plages de longueurs d'ondes prédéterminées, et permettant le passage d'un rayon
lumineux 3 pour le réglage d'au moins un tel microsystème 10.
[0097] L'invention concerne encore une montre 1 comportant au moins un tel microsystème
10, au moins un tel oscillateur 100. Cette montre 1 comporte au moins une glace 2
transparente à des plages de longueurs d'ondes prédéterminées, et permettant le passage
d'un rayon lumineux 3 pour le réglage d'un tel microsystème 10, qui commande un composant
mécanique de réglage d'une fonction horlogère de la montre, telle que mise à l'heure,
réglage de quantième, de jour, de fuseau, ou similaire. L'organe de commande d'au
moins un microsystème 10 que comporte la montre 1 est agencé pour commander un composant
mécanique de réglage d'une fonction horlogère de la montre 1 quand ce microsystème
10 est soumis à un rayonnement lumineux approprié.
[0098] Dans une application particulière, les seuls moyens de réglage de cette montre 1
sont ces microsystèmes 10, et le réglage est effectué sans contact, sans soumettre
la montre à un champ magnétique ni électrostatique, et est fait uniquement par apport
d'énergie par au moins un rayon lumineux.
[0099] L'invention concerne encore un dispositif 1000 de réglage de marche d'un oscillateur
d'horlogerie, comportant au moins une telle montre 1. Ce dispositif 1000 comporte
des moyens de pilotage 300 agencés pour commander l'émission d'un rayon lumineux 3
vers un concentrateur optique 4 guidant un faisceau lumineux vers une zone illuminée
5 de la montre 1 au travers de la glace 2, à l'intérieur de laquelle zone illuminée
5 une zone de chauffage 6 est superposable à une zone centrale de l'actionneur thermomécanique
30 pour déclencher un mouvement d'au moins une roue-masselotte 20 lors de l'apport
d'énergie lumineuse concentrée à la zone de chauffage 6.
[0100] Plus particulièrement, ce dispositif 1000 comporte des moyens de surveillance de
la marche 400 agencés pour être disposés sur ou au voisinage d'une boîte 90 que comporte
la montre 1, et des moyens de surveillance thermique 500 agencés pour être disposés
sur ou au voisinage de cette boîte 90, et ces moyens de pilotage 300 sont agencés
pour ne générer des rayons lumineux 3 que quand la température de la boîte 90 est
inférieure à une valeur de consigne, et sont agencés pour générer des rayons lumineux
3 quand la zone de chauffage 6 est superposée à la zone centrale de l'actionneur thermomécanique
30, autant de fois que nécessaire tant que l'écart de marche est différent d'une valeur
de consigne. On comprend en effet que le système est impulsionnel, et que la génération
de rayon lumineux n'est pas continue, afin de limiter la température dans la boîte
90.
[0101] En somme, l'invention permet un réglage extrêmement précis de la marche, sans nécessiter
l'ouverture de la boîte. De plus, ce réglage est discret, et donc reproductible.
[0102] Si l'invention trouve une application préférée pour le réglage d'un oscillateur,
elle est également applicable pour d'autres applications horlogères, car elle permet
d'effectuer des réglages dans une montre fermée et parfaitement étanche, ce qui est
particulièrement intéressant pour des montres de plongée ou similaire, où de simples
réglages de mise à l'heure ou encore de date peuvent désormais être réalisables sans
aucun poussoir ou moyen de commande traversant la boîte.
1. Microsystème (10) de réglage de marche d'un oscillateur d'horlogerie, comportant au
moins une roue-masselotte (20) agencée pour pivoter par rapport à une plaque de base
(60) que comporte ledit microsystème (10), ladite roue-masselotte (20) comportant
un balourd excentrique (22) et comportant une denture (21), caractérisé en ce que ledit microsystème (10) comporte au moins un actionneur entraînant au moins un premier
cliquet actif (38) agencé pour entraîner ladite denture (21), et comporte au moins
un moyen d'arrêt en position de ladite denture (21).
2. Microsystème (10) selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit au moins un moyen d'arrêt en position de ladite denture (21) est un deuxième
cliquet passif (25) rappelé vers ladite denture (21) par un moyen de rappel élastique
qu'il comporte.
3. Microsystème (10) selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que ledit au moins un premier cliquet actif (38) est un cliquet monté tangentiellement
à ladite denture (21) et comporte au moins une dent rappelée vers ladite denture (21)
par un moyen de rappel élastique qu'il comporte.
4. Microsystème (10) selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que au moins un dit actionneur est un actionneur thermomécanique (30) agencé pour transformer
un flux d'énergie d'origine lumineuse en un déplacement d'un organe de commande que
comporte ledit actionneur thermomécanique (30), lequel organe de commande porte un
dit premier cliquet actif (38) ou commande directement un mouvement d'un dit premier
cliquet actif (38).
5. Microsystème (10) selon la revendication 4, caractérisé en ce que ledit actionneur thermomécanique (30) comporte, sensiblement selon une première direction
longitudinale (X) une ligne longitudinale composée d'une alternance de masses rigides
(311, 45, 46, 312) et de cols flexibles (34, 35, 36) maintenue entre des ancrages
(321, 322) sur ladite plaque de base (60), et en ce qu'une zone centrale dudit actionneur thermomécanique (30) comportant au moins lesdits
cols (34, 35, 36) est agencée pour être superposée à une zone de chauffage (6) où
ladite zone centrale peut recevoir un apport d'énergie d'origine lumineuse susceptible
de mettre en compression ladite ligne longitudinale entre lesdits ancrages (321, 322)
et de faire fléchir au moins un desdits cols (34, 35, 36).
6. Microsystème (10) selon la revendication 5, caractérisé en ce que au moins un desdits cols flexibles (34, 35, 36) est décalé, selon une direction transversale
(Y) orthogonale à ladite direction longitudinale (X), d'un déport transversal (dy)
par rapport aux autres dits cols (34, 35, 36), transformant le mouvement de flexion
d'au moins un desdits cols (34, 35, 36) en un mouvement de rotation plane, parallèlement
à ladite plaque de base (60), d'au moins une masse intermédiaire (45, 46) non reliée
directement à un desdits ancrages (321, 322).
7. Microsystème (10) selon la revendication 6, caractérisé en ce que ladite masse intermédiaire (45, 46) entraînable en rotation porte une baguette (37)
s'étendant sensiblement selon ladite direction transversale (Y) et comportant une
extrémité distale (380) constituant ledit organe de commande.
8. Microsystème (10) selon la revendication 7, caractérisé en ce que la course de rotation de ladite baguette (37) est limitée par des butées de baguette
(39) qui l'encadrent.
9. Microsystème (10) selon la revendication 7 ou 8, caractérisé en ce que ledit actionneur thermomécanique (30) porte, sensiblement dans le prolongement de
ladite baguette (37) et du côté opposé par rapport à une ligne définie par lesdits
ancrages (321, 322), au moins un contrepoids (40) destiné à empêcher le mouvement
de ladite baguette (37) lors de chocs.
10. Microsystème (10) selon l'une des revendications 5 à 10, caractérisé en ce que ladite zone centrale comporte les extrémités internes de deux bras (311, 312) directement
fixés par leurs extrémités externes auxdits ancrages (321, 322) dont lesdites extrémités
internes sont séparées par des évidements (33) agencés pour isoler lesdits ancrages
(321, 322) de la zone chaude quand ladite zone centrale est soumise à un flux d'énergie
lumineuse.
11. Microsystème (10) selon l'une des revendications 7 à 9, caractérisé en ce que ladite zone centrale comporte l'extrémité interne de ladite baguette (37) qui est
séparée de ladite extrémité distale (380) par une cavité agencée pour isoler ladite
extrémité distale (380) de la zone chaude quand ladite zone centrale est soumise à
un flux d'énergie lumineuse.
12. Microsystème (10) selon la revendication 9, caractérisé en ce que ladite zone centrale comporte l'extrémité interne dudit contrepoids qui est séparée
de son extrémité distale par une cavité agencée pour isoler ladite extrémité distale
de la zone chaude quand ladite zone centrale est soumise à un flux d'énergie lumineuse.
13. Microsystème (10) selon l'une des revendications 5 à 12, caractérisé en ce que ladite plaque de base (60) comporte au moins une cavité (41) agencée pour isoler
la zone chaude de ladite plaque de base et de ladite au moins une roue-masselotte
(20) quand ladite zone centrale est soumise à un flux d'énergie lumineuse.
14. Microsystème (10) selon l'une des revendications 4 à 13, caractérisé en ce que ladite plaque de base (60) et ledit actionneur thermomécanique (30) sont réalisées
dans le même matériau de façon à prévenir tout déréglage quand ladite plaque de base
(60) et ledit actionneur thermomécanique (30) sont soumis, à l'intérieur d'une montre,
aux mêmes variations de température.
15. Microsystème (10) selon l'une des revendications 1 à 13, caractérisé en ce que au moins une dite roue-masselotte (20) est montée pivotante autour d'un axe fixe
(24) rapporté sur ladite plaque de base (60) ou intégré dans ladite plaque de base
(60).
16. Microsystème (10) selon l'une des revendications 1 à 14, caractérisé en ce que au moins une dite roue-masselotte (20) est intégrée dans ladite plaque de base (60)
par rapport à laquelle elle pivote portée par des guidages flexibles.
17. Microsystème (10) selon l'une des revendications 1 à 15, caractérisé en ce que ledit microsystème (10) comporte un premier niveau constitué par ladite plaque de
base (60) et un deuxième niveau comportant au moins une dite roue-masselotte (20),
au moins un dit actionneur, au moins un dit premier cliquet actif (38), et au moins
un dit moyen d'arrêt en position de ladite denture (21).
18. Microsystème (10) selon l'une des revendications 1 à 16, caractérisé en ce que ledit microsystème (10) est réalisé de façon monobloc et comporte des cavités sous
les organes mobiles qu'il comporte.
19. Microsystème (10) selon la revendication 17, caractérisé en ce qu'il est intégralement réalisé en silicium ou/et oxyde de silicium.
20. Microsystème (10) selon les revendications 16 et 18, caractérisé en ce que ledit premier niveau est une couche « handle » et en ce que ledit deuxième niveau est une couche « device ».
21. Oscillateur (100) d'horlogerie comportant au moins un microsystème (10) selon l'une
des revendications 1 à 19, caractérisé en ce que ladite plaque de base (60) dudit au moins un microsystème (10) est fixée à un composant
dudit oscillateur pour son réglage d'inertie pour la correction de la marche dudit
oscillateur.
22. Oscillateur (100) selon la revendication 20, caractérisé en ce qu'il comporte un balancier équipé (70) constitué par un balancier nu (7) relié à un
moyen de rappel élastique ou soumis à au moins un champ de répulsion ou/et d'attraction,
ledit balancier nu (7) portant au moins un dit microsystème (10) ou étant monobloc
avec au moins un dit microsystème (10).
23. Mouvement (200) d'horlogerie, comportant au moins un oscillateur (100) selon la revendication
20 ou 21, caractérisé en ce que ledit mouvement (200) comporte au moins une glace (2) transparente à des plages de
longueurs d'ondes prédéterminées, et permettant le passage d'un rayon lumineux (3)
pour le réglage d'un dit microsystème (10).
24. Montre (1) comportant au moins un microsystème (10) selon l'une des revendications
1 à 19, ou au moins un oscillateur (100) selon la revendication 20 ou 21, caractérisée en ce que ladite montre (1) comporte au moins une glace (2) transparente à des plages de longueurs
d'ondes prédéterminées, et permettant le passage d'un rayon lumineux (3) pour le réglage
d'au moins un dit microsystème (10).
25. Montre (1) selon la revendication 23, caractérisée en ce que ladite montre (1) comporte au moins un dit microsystème (10) selon la revendication
4, dont ledit organe de commande est agencé pour commander un composant mécanique
de réglage d'une fonction horlogère de ladite montre (1) quand ledit microsystème
(10) est soumis à un rayonnement lumineux approprié.
26. Montre (1) selon la revendication 23 ou 24, caractérisée en ce que les seuls moyens de réglage des fonctions horlogères qu'elle comporte sont constitués
par au moins un dit microsystème (10) selon la revendication 4, dont ledit organe
de commande est agencé pour commander un composant mécanique de réglage d'une fonction
horlogère de ladite montre (1) quand ledit microsystème (10) est soumis à un rayonnement
lumineux approprié.
27. Dispositif (1000) de réglage de marche d'un oscillateur d'horlogerie, comportant au
moins une montre (1) selon l'une des revendications 23 à 25 comportant un dit microsystème
(10) selon l'une des revendications 4 à 13, caractérisé en ce que ledit dispositif (1000) comporte des moyens de pilotage (300) agencés pour commander
l'émission d'un rayon lumineux (3) vers un concentrateur optique (4) guidant un faisceau
lumineux vers une zone illuminée (5) de ladite montre (1) au travers de ladite glace
(2), à l'intérieur de laquelle zone illuminée (5) une zone de chauffage (6) est superposable
à une zone centrale dudit actionneur thermomécanique (30) pour déclencher un mouvement
d'au moins une dite roue-masselotte (20) lors de l'apport d'énergie lumineuse concentrée
à ladite zone de chauffage (6).
28. Dispositif (1000) selon la revendication 27, caractérisé en ce que ledit dispositif (1000) comporte des moyens de surveillance de la marche (400) agencés
pour être disposés sur ou au voisinage d'une boîte (90) que comporte ladite montre
(1), et des moyens de surveillance thermique (500) agencés pour être disposés sur
ou au voisinage d'une boîte (90), et en ce que lesdits moyens de pilotage (300) sont agencés pour ne générer des dits rayons lumineux
(3) que quand la température de ladite boîte (90) est inférieure à une valeur de consigne,
et sont agencés pour générer desdits rayons lumineux (3) quand ladite zone de chauffage
(6) est superposée à ladite zone centrale dudit actionneur thermomécanique (30), autant
de fois que nécessaire tant que l'écart de marche n'est pas inférieur à une valeur
de consigne.
29. Dispositif (1000) selon la revendication 27 ou 28, caractérisé en ce que ledit dispositif (1000) comporte des moyens de synchronisation permettant de piloter
un dit rayon lumineux (3) pour suivre, au vol, et viser au moins un dit microsystème
(10) emporté par un composant dudit oscillateur (100) en cours d'oscillation.