Domaine de l'invention
[0001] La présente invention concerne un mouvement horloger mécanique comprenant un balancier
et un échappement avec une ancre associée à ce balancier. En particulier l'invention
concerne un échappement à ancre suisse.
Arrière-plan de l'invention
[0002] Les mouvements horlogers mécaniques équipés d'un balancier-spiral et d'un échappement
à ancre suisse sont connus depuis longtemps. Cet échappement comprend une ancre munie
d'une fourchette et d'un dard, une cheville solidaire du balancier et coopérant avec
la fourchette pour fournir au balancier des impulsions d'entretien de son oscillation.
Ensuite, le mouvement horloger comprend en outre deux goupilles ou étoqueaux pour
limiter la rotation de l'ancre dans les deux sens. Ces goupilles définissent pour
l'ancre deux positions de repos entre lesquelles elle oscille.
[0003] Au cours de chaque alternance de son oscillation, l'ancre passe par diverses phases
: Une phase de repos, une phase de dégagement, une phase d'impulsion et une phase
de sécurité. Pendant la phase ou période de repos, l'ancre est en appui contre une
goupille de limitation, la roue d'échappement est immobile et la cheville parcourt
un arc supplémentaire ascendant puis descendant. La phase de dégagement concerne le
dégagement d'une dent de la roue d'échappement en appui contre une surface de repos
d'une première palette de l'ancre durant chaque phase de repos. Cette phase est engendrée
par la cheville du balancier qui vient prendre appui contre une première corne de
la fourchette, le balancier entraînant ensuite l'ancre sur une distance angulaire
de dégagement. Durant la phase d'impulsion, la deuxième corne de la fourchette vient
en appui contre la cheville et exerce une force sur cette dernière grâce au couple
de force fourni par la roue d'échappement dont la dent susmentionnée applique une
force sur une surface d'impulsion de la première palette. Durant cette phase d'impulsion,
le balancier reçoit une impulsion permettant d'entretenir son oscillation et l'ancre
continue son mouvement de rotation sur une distance angulaire d'impulsion. Finalement,
durant la phase de sécurité, la cheville est libérée de la fourchette et elle parcourt
à nouveau un arc supplémentaire ascendant puis descendant. L'ancre effectue alors
la phase terminale de sa rotation sur une distance angulaire de sécurité, nommée 'chemin
perdu', qui assure la sortie de la cheville de la fourchette et le positionnement
d'une dent de la roue d'ancre contre la surface de repos de la deuxième palette de
l'ancre.
[0004] Durant la phase de repos, le dard de l'ancre permet de garantir que l'ancre reste
sensiblement dans sa position angulaire de repos. Dans un mode de réalisation principal,
il est prévu un petit plateau solidaire de l'arbre du balancier et présentant une
alvéole pour permettre la rotation de l'ancre lors du couplage entre la cheville et
la fourchette. L'extrémité du dard est située à faible distance de la surface latérale
du petit plateau lorsque l'ancre est dans une de ses deux positions de repos en appui
contre une goupille de limitation. En particulier durant les phases de repos, lorsqu'une
force parasite agit sur l'ancre, l'ancre peut quitter sa position d'appui contre la
goupille concernée et le dard vient alors en contact avec la surface latérale du petit
plateau ; ce qui aura pour conséquence de perturber le mouvement d'oscillation du
balancier. Il en résulte un problème pour la bonne marche du régulateur. Dans tous
les cas il est souhaitable qu'un tel événement soit aussi bref que possible. Dans
un mouvement mécanique où la source d'énergie mécanique est fournie à la roue d'ancre
pour entretenir le mouvement d'oscillation, comme c'est le cas avec un échappement
à ancre suisse décrit précédemment, un tirage est engendré dans les phases ou périodes
de repos par la roue d'échappement coopérant avec la palette contre laquelle elle
se trouve en appui. Ce tirage mécanique définit une force de rappel pour l'ancre qui
la fait plaquer alternativement contre les goupilles de limitation et la ramène en
appui contre celles-ci après des chocs ou fortes accélérations subis par le mouvement
horloger ayant momentanément entraîner l'ancre en rotation.
[0005] On connait par ailleurs des mouvements horlogers dont l'énergie est fournie directement
au balancier par une source motrice, ce balancier étant alors un élément mécanique
moteur qui d'une part transmet l'énergie pour entraîner un rouage et d'autre part
sert à la régulation de la marche du mouvement par des moyens de comptage de son oscillation.
Dans ce cadre-là le document de brevet
CH 573136 décrit un balancier entretenu électriquement et un système de comptage de ses oscillations
formé par un échappement à ancre inversée. Des mouvements électromécaniques de ce
type ont un agencement et un fonctionnement très différents des mouvements horlogers
équipés d'un échappement à ancre suisse. En particulier, étant donné que la roue d'échappement
n'est pas soumise à une autre source d'énergie que celle provenant du balancier, cette
roue d'échappement n'exerce pas un tirage comme dans le cas d'un mouvement mécanique
dans lequel l'énergie motrice est fournie par un barillet qui entraîne notamment la
roue d'échappement. Comme il n'y a pas de tirage mécanique, ce document indique qu'un
tirage peut être obtenu par un aimant monté sur l'ancre et deux goupilles de positionnement
a priori constituées d'un matériau ferromagnétique. Ces goupilles attirent continuellement
l'ancre, la force d'attraction globale étant dirigée vers la goupille la plus proche
de l'aimant, ce qui permet de maintenir l'ancre dans ses positions de repos durant
lesquelles elles est alternativement en appui contre ces goupilles.
[0006] L'échappement à ancre suisse a fait ses preuves pour assurer une bonne régulation
d'un mouvement horloger mécanique. Cependant, un tel échappement demeure un mécanisme
complexe et il présente une sensibilité aux chocs et accélérations fortes comme exposé
précédemment. En particulier, il est difficile d'optimiser simultanément deux paramètres
importants que sont le rendement d'un tel échappement et la sécurité en cas de choc,
puisque l'ancre est le premier élément concerné par ces deux caractéristiques techniques.
On sait que même une petite vibration ou des rebonds de l'ancre durant les périodes
de repos provoquent une perturbation du balancier (via le dard qui vient en contact
avec le petit plateau et frotte contre celui-ci), ce qui nuit au rendement et à la
chronométrie. Dans les réalisations connues, le tirage de l'ancre et donc son maintien
contre une butée de limitation de sa rotation sont assurés uniquement par un certain
couple appliqué à l'ancre par la roue d'échappement. On constate que ce couple peut
être trop faible, voire complètement absent pendant une partie de l'arc supplémentaire
de la goupille/du balancier, notamment dans des échappements optimisés à couple sensiblement
constant parce que la roue d'échappement dans de tels mécanismes avance lentement.
Résumé de l'invention
[0007] L'invention a pour objectif de résoudre les inconvénients d'un échappement à ancre
traditionnel mentionnés ci-dessus et en particulier d'augmenter la force de rappel
contre les butées de limitation durant les périodes de repos de l'ancre tout en limitant
au maximum les conséquences pour le rendement de l'échappement et la chronométrie,
voire sans nuire à ceux-ci et même permettre une certaine amélioration du fonctionnement
dynamique de l'échappement.
[0008] A cet effet, l'invention concerne un mouvement horloger mécanique dans lequel l'ancre
de son échappement porte au moins un premier aimant permanent qui présente un axe
d'aimantation orienté sensiblement tangentiellement à son axe circulaire de déplacement
lorsque l'ancre subit des mouvements de rotation, ce mouvement horloger comprenant
un premier élément et un deuxième élément à haute perméabilité magnétique agencés
respectivement des deux côtés du au moins un premier aimant permanent de manière à
être sensiblement alignés sur son axe circulaire de déplacement. Ensuite, le mouvement
horloger est remarquable par le fait qu'il comprend en outre un deuxième aimant permanent
et un troisième aimant permanent respectivement solidaires des premier et deuxième
éléments à haute perméabilité magnétique et agencés chacun d'un côté opposé audit
au moins un premier aimant relativement à ces deux éléments à haute perméabilité magnétique,
et par le fait que cet au moins un premier aimant et un premier ensemble formé du
deuxième aimant et du premier élément à haute perméabilité magnétique, respectivement
un deuxième ensemble formé du troisième aimant et du deuxième élément à haute perméabilité
magnétique sont agencés de manière à engendrer, entre le au moins un premier aimant
et ce premier ensemble, respectivement ce deuxième ensemble, une force d'attraction
magnétique sur un premier tronçon de la distance angulaire susmentionnée et une force
de répulsion magnétique sur un deuxième tronçon de cette distance angulaire, et de
manière que le deuxième tronçon correspond à des éloignements entre eux qui sont supérieurs
aux éloignements correspondant au premier tronçon.
[0009] Dans un mode de réalisation préféré, les premier et deuxième éléments à haute perméabilité
magnétique présentent des axes centraux respectifs qui sont sensiblement confondus
avec les axes d'aimantation respectifs des deuxième et troisième aimants, ces axes
centraux respectifs étant sensiblement tangents à l'axe circulaire de déplacement
du premier aimant.
[0010] Grâce aux caractéristiques de l'invention, comme cela sera exposé plus en détails
par la suite, on obtient un tirage magnétique particulier qui a l'avantage de s'exercer
sur seulement une distance angulaire relativement courte depuis la position de repos
de l'ancre en butée contre un élément de limitation de sa rotation. Cette courte distance
angulaire est suivie d'une plage angulaire dans laquelle l'ancre est magnétiquement
repoussée de l'élément de limitation susmentionné. Ainsi, dans un échappement à ancre
suisse, le système magnétique de l'invention, en plus d'augmenter le tirage et par
conséquent de limiter les risques de perturbations du mouvement d'oscillation du balancier,
participe positivement à la transmission d'une impulsion d'entretien au balancier
par l'ancre jusqu'à une position angulaire centrale de cette ancre. D'autres avantages
de l'invention ressortiront également de la description détaillée de l'invention.
Brève description des dessins
[0011] Des modes de réalisation de l'invention seront décrits ci-après à l'aide de dessins
annexés, donnés à titre d'exemples nullement limitatifs, dans lesquels :
- La Figure 1 est une vue en perspective d'un premier mode de réalisation d'un mouvement
horloger selon l'invention;
- La Figure 2 est une vue partielle de dessus du mouvement horloger de la Figure 1;
- La Figure 3 montre schématiquement un dispositif magnétique formant une partie du
système magnétique incorporé dans l'échappement du premier mode de réalisation;
- La Figure 4 est un graphe donnant la force magnétique subie par l'aimant mobile, dans
le dispositif magnétique de la Figure 3, en fonction du déplacement de cet aimant
mobile;
- La Figure 5 est un graphe montrant la force magnétique globale exercée sur l'ancre
de l'échappement du premier mode de réalisation en fonction de sa position angulaire;
- Les Figures 6A et 6B montrent deux positions extrêmes possibles de l'ancre dans une
période de repos de celle-ci pour un deuxième mode de réalisation de l'invention;
- La Figure 6C montre, sur le graphe de la Figure 5, la plage angulaire correspondante
à l'ébat du dard dans le deuxième mode de réalisation;
- La Figure 7 est une vue latérale partielle du deuxième mode de réalisation depuis
le plan VII -VII de la Figure 6A;
- Les Figures 8A, 8B et 8C montrent l'ancre du deuxième mode de réalisation dans respectivement
trois positions de transition entre diverses phases d'une alternance de l'ancre;
- La Figure 9 montre, sur le graphe de la Figure 5, les trois positions de transition
des Figures 8A, 8B et 8C ainsi que les diverses phases d'une alternance de l'ancre;
et
- La Figure 10 est une vue latérale, similaire à celle de la Figure 7, d'une troisième
mode de réalisation de l'invention.
Description détaillée de l'invention
[0012] En se référant aux Figures 1 à 5, on décrira ci-après un premier mode de réalisation
d'un mouvement horloger mécanique 2 selon l'invention. Ce mouvement horloger comprend
un balancier-spiral classique (non représenté pour des raisons de clarté du dessin)
et un échappement du type à ancre suisse (la roue d'échappement n'étant pas représentée).
L'ancre 4 est munie à l'extrémité de sa baguette 10 d'une fourchette 8 et d'un dard
12. Elle comprend un arbre de pivotement 18, monté à une extrémité dans un palier
d'une platine 6, et classiquement deux bras 14 et 15 portant respectivement des palettes
16 et 17. L'ancre peut subir des mouvements de rotation sur une distance angulaire
de déplacement entre deux positions angulaires extrêmes qui définissent respectivement
deux positions de repos de cette ancre. A cet effet, le mouvement horloger comprend
deux éléments de limitation 24 et 25 de la rotation de l'ancre qui sont formés respectivement
par deux étoqueaux. De manière connue, en fonctionnement, l'ancre vient alternativement
en butée contre les deux éléments de limitation dans des périodes de repos intervenant
entre les impulsions fournies au balancier par l'intermédiaire de cette ancre.
[0013] L'ancre 4 porte deux aimants permanents 20 et 22 qui présentent chacun un axe d'aimantation
sensiblement orienté tangentiellement à son axe circulaire de déplacement 30 lorsque
l'ancre subit des mouvements de rotation lors de son oscillation. Les axes circulaires
de déplacement des deux aimants sont confondus. Ensuite, le mouvement horloger comprend
deux éléments à haute perméabilité magnétique 26 et 27 qui sont agencés respectivement
des deux côtés de l'ensemble formé des deux aimants 20 et 22, de manière à être sensiblement
alignés sur l'axe circulaire 30. Dans la variante représentée aux Figures 1 et 2,
les deux aimants 20 et 22 sont agencés sur la fourchette 8 et les deux éléments 26
et 27 sont respectivement montés sur les deux éléments de limitation 24 et 25. On
remarquera que les deux éléments à haute perméabilité magnétique et les deux éléments
de limitation présentent sensiblement un même plan de symétrie. Les deux aimants 20
et 22 sont respectivement agencés en regard des deux éléments 26 et 27 le long de
l'axe circulaire 30.
[0014] Le mouvement horloger comprend en outre deux autres aimants permanents 28 et 29 qui
sont respectivement solidaires des deux éléments à haute perméabilité magnétique.
L'aimant 28, respectivement l'aimant 29 est agencé d'un côté opposé à l'aimant 20,
respectivement l'aimant 22 portés par l'ancre relativement à l'élément 26, respectivement
l'élément 27. Ensuite, en projection le long de l'axe circulaire de déplacement 30,
l'aimant 20 a une polarité de sens opposé à la polarité de l'aimant 28 et l'aimant
22 a une polarité de sens opposé à la polarité de l'aimant 29. Les deux éléments 26
et 27 présentent des axes centraux respectifs qui sont sensiblement confondus avec
les axes d'aimantation respectifs des aimants 28 et 29, ces axes centraux respectifs
étant sensiblement tangents à l'axe circulaire de déplacement des aimants 20 et 22.
Le système magnétique formé des divers éléments magnétiques susmentionnés comprend
donc deux dispositifs magnétiques identiques agencés de manière inversée de part et
d'autre d'un plan de symétrie vertical des éléments magnétiques fixes. Pour exposer
le fonctionnement de chacun de ces deux dispositifs magnétiques incorporés dans l'échappement
selon l'invention, on a représenté à la Figure 3 un dispositif magnétique 32 qui est
similaire aux deux dispositifs prévus dans le premier mode de réalisation.
[0015] Le dispositif 32 comprend, d'une part, un ensemble fixe formé d'un premier aimant
28, respectivement 29 et d'un élément à haute perméabilité magnétique 26, respectivement
27 et, d'autre part, un deuxième aimant 20, respectivement 22 qui est agencé mobile
relativement à l'ensemble fixe. On notera que ce qui va être exposé ci-après est aussi
valable pour les autres mode de réalisation de l'invention. L'élément à haute perméabilité
magnétique est agencé entre le premier aimant et le deuxième aimant. Cet élément intermédiaire
est agencé en contact ou proche du premier aimant. Il est constitué par exemples d'un
acier au carbone, de carbure tungstène, de nickel, de FeSi ou FeNi, ou d'autres alliages
avec du cobalt comme le Vacozet
® (CoFeNi) ou le Vacoflux
® (CoFe). L'élément à haute perméabilité magnétique est caractérisé par un champ de
saturation B
S et une perméabilité µ. Les premier et deuxième aimants sont par exemples en ferrite,
en FeCo ou PtCo, en terres rares comme NdFeB ou SmCo. Ces aimants sont caractérisé
par leur champ rémanent.
[0016] L'élément à haute perméabilité magnétique 26,27 présente un axe central 34 qui est
sensiblement confondu avec l'axe d'aimantation du premier aimant et également avec
l'axe d'aimantation du deuxième aimant. Les sens d'aimantation respectifs des aimants
sont opposés ; c'est-à-dire que ces aimants ont des polarités inversées le long de
l'axe central 34. Cet axe central correspond à l'axe de déplacement du deuxième aimant
mobile.
[0017] Grâce à l'agencement de l'élément à haute perméabilité magnétique entre les deux
aimants où cet élément est situé et maintenu proche du premier aimant ou contre celui-ci,
l'aimant mobile 20,22 est soumis à une force globale de répulsion magnétique qui tend
à l'éloigner de l'élément 26,27 lorsque la distance entre l'aimant mobile et cet élément
est supérieure à une distance D
inv; alors que cet aimant mobile est soumis à une force globale d'attraction magnétique
qui tend à l'approcher de l'élément 26,27 et, si rien ne s'y oppose, à le maintenir
contre cet élément lorsque la distance entre l'aimant mobile et cet élément est inférieure
à la distance D
inv. La force globale d'attraction magnétique définit donc une force de rappel ou une
force de tirage de l'aimant mobile en direction de l'élément à haute perméabilité
magnétique malgré le fait que les deux aimants sont agencés avec leurs polarités inversées.
De préférence, la distance entre le premier aimant fixe et l'élément à haute perméabilité
magnétique est inférieure ou sensiblement égale à un dixième de la longueur de ce
premier aimant selon son axe d'aimantation.
[0018] La courbe 36 de la Figure 4 donne la force magnétique globale s'exerçant sur l'aimant
mobile. Cet aimant mobile subit, sur un premier tronçon 38 de la distance relative
D entre celui-ci et l'élément 26,27, globalement une force d'attraction magnétique
qui le tire en direction de cet élément ou le presse contre cet élément lorsqu'il
se trouve en butée. Ensuite, l'aimant mobile subit, sur un deuxième tronçon 40 de
la distance relative D, globalement une force de répulsion magnétique. Ce deuxième
tronçon 40 correspond à des éloignements, et donc à des distances relatives D, entre
l'élément à haute perméabilité magnétique et l'aimant mobile qui sont supérieurs aux
éloignements correspondant au premier tronçon 38. La distance D
inv est donc une distance d'inversion de la force magnétique globale qui s'applique sur
l'aimant mobile. Elle dépend notamment des matériaux utilisés et de la géométrie de
chacun des éléments magnétiques du dispositif magnétique 32, tout comme l'intensité
des forces magnétiques susmentionnées. La distance maximale D
max entre l'élément 26,27 et l'aimant mobile 20,22 est généralement définie par le mécanisme
horloger concerné. Dans le cas de l'échappement de l'invention, cette distance maximale
est déterminée par un élément de limitation 24 ou 25, tout comme la distance minimale
entre ces éléments. Sur le graphe de la Figure 4, la distance minimale est nulle,
mais il est possible d'agencer l'aimant mobile, l'élément 26,27 et l'élément de limitation
concerné pour que cette distance minimale ne soit pas nulle. On peut ainsi régler
la force d'attraction magnétique maximale.
[0019] Dans le dispositif magnétique 32, les axes des aimants et l'axe central de l'élément
à haute perméabilité magnétique sont confondus et sont colinéaires avec l'axe de déplacement
de l'aimant mobile. Cependant, on notera que ce dispositif magnétique peut rester
fonctionnel sans ces conditions, la direction du mouvement relatif pouvant notamment
présenter un certain angle relativement à l'axe central 34. L'axe de déplacement de
l'aimant mobile peut être un axe circulaire lorsque cet aimant subit un mouvement
de rotation, comme c'est le cas dans l'échappement selon l'invention. Dans ce cas,
on notera qu'il est préférable que les axes d'aimantation des deux aimants tendent
à s'aligner lorsque l'éloignement entre eux diminue, en particulier dans le premier
tronçon 38 de la distance relative D.
[0020] Le fonctionnement remarquable du dispositif magnétique 32 est mis à profit dans l'échappement
du mouvement horloger selon l'invention qui combine deux tels dispositifs magnétiques
identiques pour engendrer un comportement magnétique antisymétrique sur le parcours
angulaire de l'ancre entre ses deux positions de repos et définir un système magnétique
bistable pour l'ancre en présence d'une force mécanique qui s'exerce sur elle lors
des impulsions fournies au balancier dans les deux sens de son oscillation. Plus particulièrement,
le premier aimant 20 et un premier ensemble formé de l'aimant 28 et du premier élément
à haute perméabilité magnétique 26, respectivement le deuxième aimant 22 et un deuxième
ensemble, formé de l'aimant 29 et du deuxième élément à haute perméabilité magnétique
27, sont agencés de manière à engendrer entre le premier aimant et le premier ensemble,
respectivement le deuxième aimant et le deuxième ensemble une force magnétique d'attraction
sur un premier tronçon d'une distance angulaire entre eux et une force magnétique
de répulsion sur un deuxième tronçon de cette distance angulaire, et de manière que
le deuxième tronçon correspond à des éloignements entre eux qui sont supérieurs aux
éloignements correspondant au premier tronçon.
[0021] Sur le graphe de la Figure 5, on a représenté en abscisse la distance circulaire
entre la fourchette 8 et les étoqueaux 24 et 25 et en ordonnée la force magnétique
globale qui s'exerce sur les aimants 20 et 22 portés par l'ancre 4 dans le système
magnétique de l'échappement qui est formé de deux dispositifs magnétiques similaires
au dispositif magnétique 32. On obtient une courbe 42 pour cette force magnétique
globale qui présente quatre tronçons distincts : un premier tronçon 46A où la force
magnétique globale est une force de tirage magnétique en direction d'un premier élément
à haute perméabilité magnétique 26, un deuxième tronçon 48A où la force magnétique
globale est une force de répulsion magnétique relativement au premier élément 26,
un troisième tronçon 48B où la force magnétique globale est une force de répulsion
magnétique relativement au second élément à haute perméabilité magnétique 27, et un
quatrième tronçon 46B où la force magnétique globale est à nouveau une force de tirage
magnétique mais cette fois-ci en direction du second élément 27.
[0022] La courbe 42 est sensiblement antisymétrique, la force magnétique globale s'annulant
au point central 44. On comprend que le comportement du système magnétique est symétrique
en partant de ce point central soit en direction du premier élément de limitation
24, soit en direction du deuxième élément de limitation 25 ou, en d'autres termes,
que le comportement du système magnétique est identique que l'ancre parte d'un premier
élément de limitation en direction du deuxième élément de limitation ou inversement.
Ainsi, les forces magnétiques sont identiques dans les deux sens de rotation de l'ancre
et donc dans chacune de ses alternances. Les premier et deuxième ensembles mentionnés
précédemment et les aimants mobiles respectifs portés par l'ancre sont agencés de
manière qu'une force magnétique globale exercée par ces premier et deuxième ensembles
sur les deux aimants mobiles et donc sur l'ancre s'annule sensiblement lorsque le
centre géométrique de ces deux aimants est situé sensiblement dans le plan de symétrie
des premier et deuxième ensembles (au point central 44). Ensuite, en partant de ce
plan de symétrie le long de l'axe circulaire de déplacement des aimants mobiles en
direction du premier ensemble, respectivement du deuxième ensemble, la force magnétique
globale définit dans une première plage angulaire (tronçon 48A, respectivement 48B)
une force de répulsion magnétique puis, dans une deuxième plage angulaire (tronçon
46A, respectivement 46B) en se rapprochant du premier ensemble, respectivement du
deuxième ensemble, une force d'attraction magnétique relativement à ce premier ou
deuxième ensemble. Le système magnétique selon l'invention engendre donc, dans une
première partie d'une première demi-alternance d'une quelconque alternance de l'ancre,
une force globale d'attraction magnétique, définissant un tirage magnétique complémentaire
au tirage mécanique engendré par la roue d'échappement, et dans une deuxième partie
ce cette première demi-alternance une force globale de répulsion magnétique.
[0023] On décrira ci-après, à l'aide des Figures 6A à 9, un deuxième mode de réalisation
du mouvement horloger selon l'invention, en particulier de son échappement 52, et
on donnera des explications complémentaires quant au fonctionnement de cet échappement
en relation avec la force magnétique globale qui s'applique à l'ancre dans le système
magnétique décrit ci-avant. Ce deuxième mode de réalisation a un système magnétique
incorporé à l'échappement qui fonctionne de manière similaire à celui intervenant
dans le premier mode de réalisation. L'échappement 52 diffère essentiellement de l'échappement
décrit précédemment par le fait qu'il comprend un seul et même aimant mobile 54 porté
par l'ancre 4A. Cet aimant mobile présente un axe d'aimantation sensiblement orienté
tangentiellement à son axe circulaire de déplacement 30 lorsque l'ancre subit des
mouvements de rotation. Cet aimant mobile a une polarité de sens opposé aux polarités
respectives des deux aimants fixes 28 et 29 en projection le long de son axe circulaire
de déplacement. Le seul aimant 54 porté par l'ancre remplace les deux aimants mobiles
du premier mode de réalisation, de sorte qu'il interagit avec les deux ensembles magnétiques
fixes et forme avec chacun d'eux un dispositif magnétique similaire au dispositif
magnétique 32 décrit précédemment.
[0024] L'échappement 52 se distingue encore par ses deux éléments à haute perméabilité magnétique
26A et 27A qui ont une forme cylindrique. Ensuite, il se distingue par le positionnement
de l'aimant mobile 54 sur la baguette 10 de l'ancre, les premier et deuxième ensembles
magnétiques fixes étant agencés de part et d'autre de cet aimant mobile le long de
son axe de déplacement 30. Finalement, dans l'échappement 52, les éléments à haute
perméabilité magnétique 26A, 27A forment également les éléments de limitation du mouvement
d'oscillation de l'ancre, l'aimant 54 étant maintenu en butée contre ces éléments
dans les périodes de repos de l'ancre. Ainsi, les deux éléments à haute perméabilité
magnétique sont respectivement confondus avec les deux éléments de limitation. Pour
protéger l'aimant mobile lors des chocs survenant en fin des alternances de l'ancre,
il est prévu une couche de protection 56 sur les deux surfaces latérales de cet aimant
oscillant qui viennent en butée respectivement contre les éléments magnétiques 26A
et 27A.
[0025] L'ancre 4A est munie d'un dard 12 coopérant avec une surface latérale de l'arbre
de pivotement ou d'un plateau 58 monté autour de ce dernier, ce dard servant à empêcher
que l'ancre s'éloigne de plus d'une distance angulaire de sécurité lorsque cette ancre
est dans une quelconque de ses deux positions de repos durant ses périodes de repos.
Le balancier est représenté en coupe transversale au-dessus du petit plateau 58. Ce
balancier comprend une cheville 60 solidaire de son arbre de pivotement et qui coopère
avec la fourchette 8A pour permettre à cette dernière de fournir au balancier des
impulsions d'entretien de son oscillation grâce à une force motrice appliquée à une
roue d'échappement (non représentée) qui est couplée à l'ancre. On remarquera que
la fourchette 8A prolonge la baguette 10, le dard 12 étant agencé en dessous du plan
général de l'ancre.
[0026] La Figure 6A montre l'ancre 4A dans une position de repos, l'aimant mobile étant
en butée contre l'élément magnétique 26A. On notera que, dans cette configuration,
la distance ancre - butée (élément de limitation) est définie comme nulle. Dans la
variante décrite ici, dans la position zéro, l'aimant 54 est cependant à une distance
de l'élément magnétique 26A correspondant à l'épaisseur de la couche de protection
56. Dans cette configuration normale de repos intervenant durant les phases de repos
de l'ancre, cette ancre est en appui contre un élément de limitation et elle subit
premièrement une force de tirage mécanique via un couple appliqué à l'ancre par la
roue d'échappement et deuxièmement, selon l'invention, une force de tirage magnétique
en direction dudit élément de limitation.
[0027] Dans une variante préférée, le système magnétique de l'invention est agencé de manière
que, dans les périodes ou phases de repos, la distance angulaire d'ébat du dard 12
est inférieure ou sensiblement égale à la distance angulaire de tirage magnétique
correspondant au tronçon 46A, respectivement 46B sur le graphe de la Figure 5. Dans
ces deux tronçons 46A et 46B, la force magnétique globale est une force d'attraction
magnétique en direction de l'élément de limitation situé, en projection dans le plan
général de l'ancre, le plus proche de l'axe longitudinal de la baguette 10 de l'ancre.
La Figure 6B montre une configuration où, lors d'un choc, le dard vient momentanément
en appui contre la surface latérale du plateau 60 et la Figure 6C montre que la distance
angulaire d'ébat du dard est ici sensiblement égale à la plage angulaire d'attraction
magnétique (tirage magnétique). On assure ainsi une bonne fonctionnalité du tirage
magnétique, en évitant que le système magnétique engendre en cas de chocs une force
magnétique qui s'opposerait au tirage mécanique ; ce qui pourrait alors augmenter
l'effet de perturbations et notamment les frottements du dard contre le petit plateau.
[0028] L'échappement du deuxième mode de réalisation est représenté aux Figures 8A, 8B et
8C dans trois positions successives correspondant à des zones de transition entre
diverses phases d'une alternance de l'ancre qui ont été exposées précédemment dans
l'arrière-plan de l'invention. Ces trois positions successives sont indiquées à la
Figure 9 sur la courbe 42 de la force magnétique globale par les trois points 42A,
42B et 42C. Lors de la phase de repos, l'ancre est normalement à la position zéro
en appui contre un premier élément de limitation, comme représenté à la Figure 6A.
La plage angulaire entre la position zéro et la première position 42A définit la majeure
partie de la phase de dégagement pour l'ancre. Il est prévu que le dégagement de l'ancre
s'étend, pour des raisons de sécurité durant la phase de repos, sur une distance angulaire
supérieure à celle de l'ébat du dard. Durant la première partie de la phase de dégagement,
l'ancre subit un tirage mécanique, engendré par la roue d'échappement, et un tirage
magnétique. Ainsi, le tirage magnétique et le tirage mécanique sont complémentaires
et peuvent être dimensionnés de manière à optimiser le tirage total. Lors du dégagement,
le balancier entraine l'ancre par le contact entre sa cheville (nommée aussi ellipse
vu sa forme) et une première corne de la fourchette. On notera que la force d'attraction
magnétique ne demande pas nécessairement un surplus de dissipation de l'énergie du
balancier pour libérer l'ancre, parce que le gain en tirage engendré par le tirage
magnétique permet de réduire le tirage mécanique et d'optimiser ainsi le contact entre
les dents de la roue d'échappement et les palettes de l'ancre. De plus, avantageusement,
cette optimisation permet de favoriser l'impulsion mécanique de l'ancre dans la phase
d'impulsion.
[0029] Après le dégagement proprement dit, l'ancre avance sous l'impulsion de la roue d'échappement
jusqu'à ce que la deuxième corne de la fourchette entre en collision avec la cheville
(cette période de rattrapage du balancier est dans cet exposé située dans la phase
de dégagement, mais elle peut aussi être considérée comme une phase distincte). Initialement
la force d'attraction magnétique s'oppose au mouvement de l'ancre mais cette force
diminue rapidement avec la distance angulaire. La phase de dégagement peut avoir lieu
sur une distance angulaire correspondant à 10%-20% de la course totale de l'ancre
entre les deux éléments de limitation de sa rotation. On remarquera que durant la
période de rattrapage, la force magnétique est très petite et négligeable dans l'exemple
correspondant à la courbe 42.
[0030] Ensuite, jusqu'à sensiblement la position angulaire 42C intervient la phase d'impulsion
où l'ancre fournit de l'énergie au balancier (entretien). La distance angulaire d'impulsion
correspondante est représentée à la Figure 9. Ce qui est remarquable, c'est que durant
la première partie de la distance angulaire d'impulsion qui constitue la majeure partie
de cette distance angulaire d'impulsion, la force globale de répulsion magnétique
favorise l'accélération de l'ancre. En d'autres termes, les impulsions d'entretien
sont chacune fournies au balancier substantiellement sur une distance angulaire d'impulsion
et le système magnétique de l'invention est agencé de manière que la majeure partie
de cette distance angulaire d'impulsion est située dans la plage angulaire de répulsion
magnétique 48A relativement à l'élément de limitation duquel l'aimant mobile 54 s'éloigne
dans l'alternance considérée ici, c'est-à-dire avant le point central 44 sur le graphe
des figures 5 et 9.
[0031] On notera que sur la fin de la phase d'impulsion intervient un léger freinage magnétique
(dans la plage de répulsion magnétique 48B qui pour l'alternance considérée ici définit
une plage de freinage magnétique pour l'ancre en rotation). Ce freinage magnétique
terminal dissipe très peu d'énergie durant la phase d'impulsion. On notera qu'il continue
ensuite durant la phase de sécurité; ce qui est un avantage pour limiter le choc contre
le deuxième élément de limitation. Durant cette phase de sécurité, l'ancre parcourt,
après avoir reçu une impulsion d'entretien, une distance angulaire de sécurité avant
d'arriver en butée contre le deuxième élément de limitation. De préférence, le système
magnétique de l'invention est agencé de manière que la distance angulaire de sécurité
est en majeure partie située dans une plage angulaire de freinage magnétique de l'ancre
en rotation et donc de répulsion magnétique relativement au deuxième élément de limitation
duquel l'aimant mobile 54 s'approche. Finalement, dans la partie terminale de la phase
de sécurité, l'ancre est accélérée sous l'effet d'une force globale d'attraction magnétique
vers le deuxième élément de limitation, laquelle constitue à nouveau une force de
tirage magnétique pour la période de repos suivante de l'ancre.
[0032] A la Figure 10 est représenté un troisième mode de réalisation en vue latérale dans
un plan de coupe au travers de la baguette 10 de l'ancre 4A. Le mouvement horloger
60 se distingue du précédent essentiellement par la forme des éléments à haute perméabilité
magnétique 26B et 27B et plus généralement par la configuration des deux ensembles
magnétiques fixes 62 et 64. Le mouvement horloger comprend une base 6 (platine ou
pont) sur laquelle sont agencés ces deux ensembles. Chaque ensemble magnétique comprend
un support 66, respectivement 67 dans lequel sont agencés un élément ferromagnétique
sphérique 26B, respectivement 27B et un aimant cylindrique 28A, respectivement 29A.
Le support est solidaire de la base, ce qui est indiqué schématiquement par une vis
d'assemblage du support à cette base. D'autres moyens de fixation peuvent être prévus.
Chaque support a une forme extérieure parallélépipédique et présente une ouverture
centrale de forme globale cylindrique ou parallélépipédique. Dans le cas où l'ouverture
est parallélépipédique, l'aimant peut également présenter une telle forme comme dans
les exemples des modes de réalisation précédents. A une première extrémité de cette
ouverture centrale, du côté de l'élément ferromagnétique sphérique, est prévue une
saillie transversale 70 formant une butée pour l'élément ferromagnétique sphérique,
l'empêchant ainsi de sortir entièrement de l'ouverture tout en permettant qu'une partie
de cet élément sorte du support et qu'ainsi l'aimant mobile 54 puisse venir en contact
avec cet élément sphérique. A la suite de l'élément ferromagnétique sphérique est
agencé dans l'ouverture du support correspondant l'aimant 28A, respectivement 29A,
lequel est en contact avec l'élément ferromagnétique sphérique. Du côté de l'aimant,
l'ouverture est fermée par une paroi d'extrémité 68 soudée ou collée au corps du support.
[0033] On notera que la forme sphérique pour les deux éléments à haute perméabilité magnétique
est intéressante parce qu'il est possible de réaliser des microbilles ferromagnétiques
avec une très grande précision et un très bon état de surface, sans affecter les propriétés
magnétiques de ces éléments. En plus, pour la tribologie et lors des chocs avec l'aimant
oscillant 54, il est préférable de faire appuyer l'ancre contre une bille plutôt que
contre une surface plate qui peut être irrégulière et ne pas être parfaitement parallèle
à la couche dure 56 déposée sur les surfaces latérales de l'aimant.
1. Mouvement horloger mécanique comprenant un balancier muni d'un arbre de pivotement
et un échappement associé à ce balancier, cet échappement comprenant une ancre (4;
4A) munie d'une fourchette (8; 8A), une cheville (60) solidaire du balancier et coopérant
avec la fourchette pour permettre à cette dernière de fournir au balancier des impulsions
d'entretien de son oscillation grâce à une force motrice appliquée à une roue d'échappement
qui est couplée à l'ancre, ce mouvement horloger comprenant encore deux éléments de
limitation (24,25; 26A,27A) de la rotation de l'ancre qui définissent ses deux positions
de repos et entre ces dernières une distance angulaire de déplacement pour l'ancre,
cette ancre étant agencée pour venir alternativement en butée contre les deux éléments
de limitation dans des périodes de repos intervenant entre lesdites impulsions fournies
au balancier ; caractérisé en ce que l'ancre porte au moins un premier aimant permanent (20,22; 54) qui présente un axe
d'aimantation sensiblement orienté tangentiellement à son axe circulaire de déplacement
(30) lorsque l'ancre subit lesdits mouvements de rotation ; en ce que le mouvement horloger comprend un premier élément (26; 26A) et un deuxième élément
(27; 27A) à haute perméabilité magnétique agencés respectivement des deux côtés dudit
au moins un premier aimant de manière à être sensiblement alignés sur son axe circulaire
de déplacement (30), les premier et deuxième éléments à haute perméabilité magnétique
et les deux éléments de limitation présentant sensiblement un même plan de symétrie
; en ce que le mouvement horloger comprend en outre un deuxième aimant permanent (28; 28A) et
un troisième aimant permanent (29; 29A) respectivement solidaires des premier et deuxième
éléments à haute perméabilité magnétique et agencés chacun d'un côté opposé audit
au moins un premier aimant relativement à ces deux éléments à haute perméabilité magnétique
respectifs ; et en ce que ledit au moins un premier aimant et un premier ensemble formé du deuxième aimant
et du premier élément à haute perméabilité magnétique, respectivement un deuxième
ensemble formé du troisième aimant et du deuxième élément à haute perméabilité magnétique
sont agencés de manière à engendrer entre cet au moins un premier aimant et ce premier
ensemble, respectivement ce deuxième ensemble une force d'attraction magnétique sur
un premier tronçon (38) de ladite distance angulaire et une force de répulsion magnétique
sur un deuxième tronçon (40) de cette distance angulaire, et de manière que le deuxième
tronçon correspond à des éloignements entre eux qui sont supérieurs aux éloignements
correspondant au premier tronçon.
2. Mécanisme horloger selon la revendication 1, caractérisé en ce que les premier et deuxième éléments à haute perméabilité magnétique présentent des axes
centraux respectifs qui sont sensiblement confondus avec les axes d'aimantation respectifs
des deuxième et troisième aimants, ces axes centraux respectifs étant sensiblement
tangents audit axe circulaire de déplacement (30).
3. Mécanisme horloger selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que ledit au moins un premier aimant est constitué seulement par ce premier aimant (54)
qui a une polarité de sens opposé aux polarités respectives des deuxième et troisième
aimants en projection le long dudit axe circulaire de déplacement.
4. Mécanisme horloger selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que ledit au moins un premier aimant est constitué par ce premier aimant (20) et un quatrième
aimant (22), ce quatrième aimant ayant également un axe d'aimantation sensiblement
orienté tangentiellement audit axe circulaire de déplacement, ces premier et quatrième
aimants étant respectivement agencés en regard des premier et deuxième éléments à
haute perméabilité magnétique le long dudit axe circulaire de déplacement ; et en ce que, en projection le long dudit axe circulaire de déplacement, le premier aimant a une
polarité de sens opposé à la polarité du deuxième aimant (28) et le quatrième aimant
a une polarité de sens opposé à la polarité du troisième aimant (29).
5. Mécanisme horloger selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que les premier et deuxième éléments à haute perméabilité magnétique (26,27) sont respectivement
montés sur les deux éléments de limitation (24,25).
6. Mécanisme horloger selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que les deux éléments à haute perméabilité magnétique forment également les deux éléments
de limitation de sorte que les deux éléments à haute perméabilité magnétique sont
respectivement confondus avec les deux éléments de limitation, et en ce que ces deux éléments ont une forme sphérique.
7. Mécanisme horloger selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que lesdits premier et deuxième ensembles et ledit au moins un premier aimant sont agencés
de manière qu'une force magnétique globale exercée par les premier et deuxième ensembles
sur ledit au moins un premier aimant s'annule sensiblement lorsque cet au moins un
premier aimant a son centre sensiblement dans ledit plan de symétrie (44) et, en partant
de ce plan de symétrie le long dudit axe circulaire de déplacement en direction dudit
premier ensemble, respectivement dudit deuxième ensemble, définit dans une première
plage angulaire (48A,48B) une force de répulsion magnétique puis, dans une deuxième
plage angulaire (46A,46B) en se rapprochant du premier ensemble, respectivement du
deuxième ensemble, une force d'attraction magnétique relativement à ce premier ou
deuxième ensemble.
8. Mécanisme horloger selon la revendication 7 et dans lequel l'ancre est munie d'un
dard (12) coopérant avec une surface latérale dudit arbre de pivotement ou d'un plateau
(58) monté autour de ce dernier, ce dard servant à empêcher que l'ancre s'éloigne
de plus d'une distance angulaire d'ébat (43A) du dard lorsque cette ancre est dans
une quelconque de ses deux positions de repos durant lesdites périodes de repos, caractérisé en ce que ladite deuxième plage angulaire est sensiblement égale ou supérieure à ladite distance
angulaire d'ébat du dard.
9. Mécanisme horloger selon la revendication 7 ou 8 et dans lequel lesdites impulsions
d'entretien sont chacune fournies au balancier substantiellement sur une distance
angulaire d'impulsion (43C), caractérisé en ce que lesdits premier et deuxième ensembles et ledit au moins un premier aimant sont agencés
de manière que la majeure partie de cette distance angulaire d'impulsion est située
dans ladite première plage angulaire (48A; 48B) relativement à l'élément de limitation
duquel ledit au moins un premier aimant s'éloigne lors d'une quelconque alternance
de l'ancre.
10. Mécanisme horloger selon l'une quelconque des revendications 7 à 9 et dans lequel
l'ancre parcourt, après avoir reçu une quelconque desdites impulsion d'entretien,
une distance angulaire de sécurité (43D) avant d'arriver en butée contre l'un ou l'autre
des deux éléments de limitation, caractérisé en ce que lesdits premier et deuxième ensembles et ledit au moins un premier aimant sont agencés
de manière que la distance angulaire de sécurité est en majeure partie située dans
ladite première plage angulaire (48A; 48B) relativement à l'élément de limitation
duquel ledit au moins un premier aimant s'approche lors d'une quelconque alternance
de l'ancre.