Domaine technique de l'invention
[0001] La présente invention se rapporte au domaine de l'horlogerie et de la joaillerie,
et en particulier à un élément décoratif pour pièce d'horlogerie portable telle une
montre-bracelet.
État de la technique
[0002] La nacre est très recherchée pour ses propriétés esthétiques et l'emploi de pièces
en nacre de différentes couleurs et teintures est très répandu dans le domaine de
la joaillerie, non seulement sous forme de perles pour des boucles d'oreille ou des
bagues, mais aussi pour des pendentifs ou autres types de bijoux fantaisie.
[0003] Dans le domaine de l'horlogerie, on utilise en général des pièces de forme plate
extraites de la face interne de coquillages pour former des cadrans, travaillés éventuellement
ensuite comme des pièces de marquetterie. Toutefois, en raison de sa relative mollesse
(environ 4 sur l'échelle de Mohs) et de sa fragilité, la nacre n'est toutefois jamais
employée sur des éléments décoratifs d'un boîtier, d'une glace ou d'une lunette de
pièces d'horlogerie portables, car ces dernières sont sujettes aux chocs et aux rayures
au porter. Il serait alors nécessaire de recouvrir les éléments en nacre sous un film
de protection très dur, comme par exemple une fine couche de diamant; néanmoins, pour
ce faire, les techniques usuelles connues de l'homme du métier telles que le dépôt
chimique en phase vapeur (CVD), généralement employées pour le recouvrement de pièces
en céramique comme des boîtiers ou maillons de bracelet, s'avèreraient inapplicables
sur un substrat en nacre, qui ne supporterait pas un tel traitement.
[0004] Il existe par conséquent un besoin pour une solution exempte de ces limitations connues.
Résumé de l'invention
[0005] Un but de la présente invention est de permettre l'usage de nacre pour une pièce
d'habillage horloger autre qu'un cadran destiné à des montres-bracelets.
[0006] Selon l'invention, ces buts sont atteints grâce à une pièce d'horlogerie conformément
aux caractéristiques de la revendication principale; les caractéristiques des revendications
dépendantes se rapportent à des modes de réalisation avantageux.
[0007] Un avantage de la solution proposée est de fournir un nouvel élément décoratif en
nacre pour une pièce d'horlogerie qui soit protégé vis-à-vis de l'extérieur, mais
sans pour autant que les qualités optiques de celui-ci en soient altérées.
[0008] Selon des modes de réalisation préférentiels, une fine plaque de nacre est directement
collée sous la glace et est solidaire d'au moins une partie de la portée de la carrure,
et n'est ainsi ni exposée à des rayures, ni à de fortes contraintes en torsion lors
de la déformation du boîter. Un autre avantage de ce mode de réalisation est de pouvoir
intégrer aisément un élément décoratif en nacre au niveau d'une zone de jointure directe
ou indirecte de la glace à la carrure, et ainsi simplifier l'assemblage global de
la nacre dans le boîtier. Pour minimiser l'application de contraintes en torsion,
les matériaux choisis pour la carrure et la glace peuvent par ailleurs être d'une
dureté et de coefficients de dilatation thermiques similaires, voire même de préférence
identiques, comme par exemple en saphir.
[0009] Selon d'autres modes de réalisation préférentiels, le cadran est lui-même de préférence
en nacre et la couleur de la plaque de nacre est de préférence ajustée à celle du
cadran pour améliorer l'esthétisme global de la montre. Plus précisément, lorsque
la teinte de la carrure est sombre, cet ajustement est réalisé à l'aide d'une peinture
ou d'une métallisation.
[0010] On comprendra de la description détaillée qui suit que les caractéristiques avantageuses
tirées des modes de réalisations préférentiels pourront être pris isolément ou en
combinaison.
Brève description des dessins
[0011] D'autres caractéristiques avantageuses ressortiront plus clairement de la description
qui suit d'un mode de réalisation particulier de l'invention donné à titre d'exemple
non limitatif et représenté par les dessins annexés, dans lesquels:
- la figure 1 est une vue en perspective de dessus légèrement de profil d'une pièce
d'horlogerie selon un mode de réalisation préférentiel pour l'invention;
- la figure 2 est une vue en coupe sagittale de la pièce d'horlogerie selon le mode
de réalisation préférentiel pour l'invention illustré par la figure 1 dans le plan
du bracelet;
- la figure 3 est une vue du détail du cadre C de la coupe sagittale de la figure 2;
Description détaillée
[0012] La figure 1 illustre une pièce d'horlogerie 1 selon un mode de réalisation préférentiel
pour la présente l'invention, qui consiste en une montre bracelet dont le boîtier
2 comporte une carrure 3 de forme ovale réalisée en saphir fritté noir et opaque,
à laquelle est assemblée un fond 4 réalisé dans une matière plus molle telle que du
métal, précieux ou non (par exemple en or ou en acier) et sur les rebords duquel sont
de préférence serties une première série 41 de pierres précieuses, telles que des
diamants, de part et d'autre de la carrure 3. Ce fond 4 comprend également des attaches
43, typiquement au nombre de deux pour la fixation de chacun des brins de bracelet
9. Une telle attache est référencée sur la droite de la figure 1 où le brin de bracelet
9 est effectivement assemblé.
[0013] La carrure 3 est traversée par une tige de réglage 62 des aiguilles 61 du mouvement,
dont seul le canon traversant le mouvement 6 et faisant saillie au-dessus du cadran
7 est représenté sur cette figure. Le boîtier 2 est refermé par une glace 5, de préférence
en saphir transparent, qui vient en appui sur une portée 31 de la carrure 3, qui consiste
ici en une surface d'appui plane et horizontale s'étendant sur l'intégralité de l'épaisseur
de la carrure pour un assemblage de type bord-à-bord, c'est-à-dire sans cran de glace
destiné à une opération de chassage. Le cadran 7 comprend également de préférence
une deuxième série 72 de pierres précieuses régulièrement réparties en périphérie
du cadran 7 pour l'indication des heures; il est par ailleurs constitué de préférence
en nacre.
[0014] La figure 2 illustre une vue en coupe sagittale de la montre bracelet illustrée par
la figure 1, montrant le détail des différents éléments d'assemblage du boîtier 2
ainsi que l'agencement d'un élément décoratif additionnel en nacre par rapport à ces
derniers. Le boîtier 2 est formé par le fond 4 et la carrure 3, à laquelle celui-ci
est vissé à l'aide des vis d'assemblage 42. On peut également distinguer l'attache
43 ainsi que le trou de barrette pour l'assemblage du bracelet 9 ainsi qu'une pierre
sertie appartenant à la première série 42 de pierres serties mentionnées précédemment.
[0015] La carrure 3 et le fond 4 délimitent un compartiment interne 20 logeant le mouvement
de la montre 6, qui est refermé sur le dessus par une glace 5 transparente assemblée
bord-à-bord à la carrure 3. La pièce d'horlogerie 1 comprend par ailleurs une plaque
de nacre 8 interposée entre la glace 5 et une portée 31 de la carrure 3. Le mouvement
6 est coincé contre la paroi interne de la carrure 6 par l'intermédiaire d'un cercle
d'encageage 63 dont les dimensions sont destinées à combler le jeu radial dû à l'écart
relatif entre le diamètre externe du calibre du mouvement par rapport celui interne
de la carrure. Au-dessus du mouvement est apposé un cadran 7, dans lequel sont ici
serties douze pierres précieuses de la deuxième série 72 de pierres précieuses, lequel
est surmonté d'une pièce de maintien 71 en hauteur selon l'axe B-B du canon des aiguilles
61 d'affichage de l'heure de l'ensemble mouvement 6/cadran 7, ces derniers étant de
préférence assemblés l'un à l'autre avant leur introduction dans le boîtier 2 côté
fond. Cette pièce de maintien prend ici la forme d'un anneau périphérique servant
d'appui au bloc mouvement/cadran 6+7 sous la glace 5. Selon une variante, cette pièce
de maintien 71 pourrait également revêtir une vocation esthétique, en permettant le
masquage des bords du cadran 7; néanmoins, on privilégiera de réaliser un tel masquage
en faisant légèrement déborder une plaque de nacre 8 en périphérie du cadran, comme
expliqué ci-après.
[0016] Selon le mode de réalisation préférentiel illustré, la plaque de nacre 8 recouvre
intégralement la portée 31 et est également intégralement solidaire de la glace 5,
dont la face inférieure est ici totalement plane et horizontale, de préférence par
le biais d'un collage, et plus précisément d'un collage à l'aide d'une colle UV de
transparence très élevée afin d'obtenir une couleur uniforme pour la nacre, non sujette
au vieillissement par oxydation dû au contact de l'air ou encore au rayonnement solaire,
ni jaunie par l'application de la couche de liant. Par conséquent, dans ce cas particulier,
l'assemblage de la glace 5 à la carrure 3 s'effectue par l'intermédiaire d'une plaque
de nacre 8 de même forme et de mêmes dimensions que la carrure 3, soit ici annulaire
de forme ovale, par le biais d'un double assemblage de type bord-à-bord entre la glace
et la plaque de nacre 8, d'une part, et la plaque de nacre 8 et la carrure d'autre
part. Un tel assemblage bord-à-bord s'effectue ainsi sans cran de glace, dont l'opération
de chassage pourrait risquer d'endommager la plaque de nacre 8 si une pression était
exercée au niveau de sa surface supérieure. Toutefois, selon une variante, on pourrait
envisager disposer des éléments décoratifs en nacre dans une rainure de la carrure
3, et/ou sur un épaulement interne de la carrure 3 situé radialement à l'intérieur
de la portée 31, et que les dimensions des zones de jointure au niveau des couches
supérieure et inférieure de la couche de nacre ne se correspondent pas ni ne superposent
l'une à l'autre.
[0017] L'intérêt du mode de réalisation préférentiel dont le détail de l'assemblage est
illustré par la figure 3, qui consiste en un agrandissement du cadre C de la figure
2 précédemment décrite, est qu'il permet de simplifier considérablement les opérations
de montage de l'élément d'habillage décoratif en nacre, en se substituant au joint
de glace habituel, tout en garantissant la durabilité de l'esthétique de cet élément
ainsi que sa robustesse vis-à-vis des chocs, et ce malgré sa relative fragilité intrinsèque.
En effet, la plaque de nacre 8 est intégralement prise en sandwich entre d'une part
une partie périphérique inférieure plane de la glace 5 - auquel on se réfère ici par
le « talon » 51, car la surface inférieure de la glace 5 n'est pas nécessairement
intégralement plane, et l'intégralité de la portée 31 de la carrure 3, au niveau de
zones de jointures respectives de tailles égales. Autrement dit, la première zone
de jointure
J1 entre la face inférieure 81 de la plaque de nacre 8 correspond à l'épaisseur P de
la carrure 3 dans le sens radial, qui est elle-même sensiblement égale à la largeur
du talon 51 au niveau de la deuxième zone de jointure J2 au niveau de la face supérieure
82 de la plaque de nacre 8. Par conséquent, la prise en sandwich bord-à-bord de la
plaque de nacre 8 ne résulte en aucun couple de cisaillement de la plaque lors de
la déformation de la glace 5, par exemple lors d'une immersion sous l'eau où une pression
de plusieurs bars peut s'exercer, ni en raison d'une déformation due à une dilatation
ou à une contraction thermique. Néanmoins, en théorie les dimensions de la première
zone de jointure
J1 entre la portion de la surface inférieure 81 de la plaque de nacre 8 et la portée
31 peuvent être inférieures ou supérieures à la surface inférieure 81 et la portée
31, selon que la plaque de nacre 8 s'appuie intégralement sur la portée 31, en déborde
légèrement, ou que la surface d'appui ne s'étend pas sur l'intégralité de la portée
31; et on pourra par contre considérer par défaut que la deuxième zone de jointure
J2 entre la surface supérieure 82 de la plaque de nacre 8 et le talon 51 de la glace
5 est toujours strictement égale à la surface supérieure 82, c'est-à-dire que cette
surface supérieure est toujours intégralement liée à la glace 5 pour des raisons d'esthétique
(homogénéité de l'apparence visuelle de la plaque de nacre vue à travers la glace
5).
[0018] Afin d'améliorer encore ces propriétés de robustesse et de durabilité, on choisira
de préférence des matériaux très durs tels que le corindon ou saphir (9 sur l'échelle
de Mohs) présentant des coefficients de dilatation thermiques semblables à la fois
pour la carrure 3 et la glace 5; l'alumine Al
2O
3 constituant le saphir présente l'intérêt de se présenter sous différentes formes
se prétant particulièrement bien à la mise en oeuvre de l'invention: une forme transparente
utilisée classiquement pour les glaces dans le domaine de l'horlogerie, et une forme
sombre et opaque procurée par un saphir fritté. On pourra néanmoins noter que d'autres
types de matériaux céramiques, tels que le carbure de silicium, dont le niveau de
dureté est intermédiaire entre celle du saphir et celle du diamant (9.5 sur l'échelle
de Mohs), sont également envisageables; l'avantage conféré serait la teinte relativement
sombre de la carrure, contrastant avec celle de la nacre, mais l'inconvénient serait
alors la difficulté d'usinage d'une telle pièce réalisée dans une matière aussi dure.
D'autres matériaux de préférence colorés et d'une dureté supérieure à celle de l'acier
(environ 6 sur l'échelle de Mohs) sont également envisageables pour la carrure 3,
auquel cas on pourra de préférence adapter parallèlement la dureté du matériau employé
pour la glace 5, comme par exemple du Quartz (7 sur l'échelle de Mohs) afin que le
niveau de dureté de la glace 5 corresponde toujours sensiblement à celle de la carrure
3.
[0019] Comme indiqué sur la figure 3, la portée 31 s'étend sur l'intégralité de l'épaisseur
radiale P de la carrure 3, et la largeur L de ladite plaque de nacre 8 est sensiblement
égale à l'épaisseur radiale P de la carrure 3. Selon le mode de réalisation préférentiel
illustré, ces deux grandeurs sont strictement égales (P = L), ce qui confère les meilleures
propriétés de robustesse contre l'exercice de couples de cisaillement mentionnés précédemment;
toutefois une légère différence de longueur pourrait apparaître en cas d'une légère
l'inclinaison de la paroi périphérique du bord extérieur de la glace 5 vers l'intérieur
de la carrure 3, qui résulterait en une largeur L choisie ici par convention comme
étant égale à celle de la surface supérieure 82 de la plaque de nacre 8légèrement
inférieure à celle de la portée 31. Toutefois, au vu du rapport entre la largeur de
la portée 31, c'est-à-dire ici l'épaisseur radiale P, qui est de l'ordre de plusieurs
millimètres, et de l'épaisseur e de la plaque de nacre 8, que l'on choisira, dans
le cas d'un assemblage bord-à-bord avec la portée 31 et le talon 51 de la glace 5,
comme étant inférieur à 0.5 millimètre, et de préférence de l'ordre de 0.3 millimètres
au plus pour des raisons d'étanchéité en raison de la porosité de la nacre, le rapport
entre la largeur L de la plaque de nacre 8 et l'épaisseur radiale P de la carrure
3 sera choisi comme étant de préférence d'au moins 95% afin de toujours maintenir
ces propriétés de robustesse d'assemblage sans risque de provoquer une cassure dans
la plaque de nacre 8. Selon le mode de réalisation préférentiel illustré par les différentes
figures, il n'y a ainsi plus d'assemblage direct entre la glace 5 et la carrure 3;
l'assemblage se fait par intégralement l'intermédiaire de la plaque de nacre 8. Toutefois,
selon un mode de réalisation alternatif, on peut supposer qu'un joint de glace direct
subsiste toujours entre ces pièces; toutefois même dans ce cas on pourra toujours
de préférence configurer la première zone de jointure
J1 entre la portion de la surface inférieure 81 de la plaque de nacre 8 et la portée
31, et la deuxième zone de jointure J2 entre la surface supérieure 82 de la plaque
de nacre 8 et le talon 51 de la glace 5 comme étant mutuellement superposées et identiques,
de telle sorte que la prise en sandwich soit toujours symétrique et minimise ainsi
l'exercie d'un couple de cisaillement potentiel sur la plaque de nacre 8, mais sans
toutefois devoir se dispenser d'un cran de glace pour augmenter la tenue de la glace
5 sur la carrure 3.
[0020] Par ailleurs, selon le mode de réalisation préférentiel illustré, la plaque de nacre
8 est pourvue d'un évidement central de forme identique à celle de la carrure 3 et
d'une taille sensiblement égale à celle-ci, soit ici annulaire et de préférence ovale.
Toutefois, on peut également imaginer une forme carrée ou rectangulaire, ainsi qu'une
forme intérieure de carrure 3 plutôt ronde ou ovale pour correspondre à la forme usuelle
d'un cadran, tandis que la forme extérieure de la carrure pourrait être rectangulaire
ou carrée, ou encore en losange, octogonale, dodécagonale ou de n'importe quelle forme
polygonale, mais encore également en forme de poire/goutte, navette etc., l'idée sous-jacente
étant de considérer la plaque de nacre 8 comme une sorte d'extension du cadran 7 sur
la carrure 3; la légère différence de taille potentielle, de l'ordre du millimètre
tout au plus, servirait alors simplement de ligne de démarcation plus ou moins franche.
[0021] Une telle variante est particulièrement avantageuse lorsque le cadran 7 est lui-même
en nacre, auquel cas la plaque de nacre 8 annulaire peut constituer une forme d'auréole,
de préférence d'une même couleur que celle de la nacre du cadran 7; toutefois, il
est également possible de combiner des éléments en nacre blanche pour le cadran 7
et nacre grise pour l'anneau extérieur formé par la plaque de nacre 8, et réciproquement,
en fonction de l'effet recherché.
[0022] Afin de respecter l'homogénéité des couleurs et des teintes claires ou foncées entre
le cadran 7 et la plaque de nacre 8, il peut toutefois s'avérer nécessaire, lorsque
cette dernière est particulièrement fine et que la couleur de la carrure 3 est ainsi
visible par transparence, notamment lorsqu'il s'agit d'un saphir noir ou de n'importe
quelle saphir fritté ou de n'importe quelle céramique opaque sombre, de réhausser
la couleur de la plaque de nacre 8 par le biais soit d'une métallisation de la portée
31, soit en peignant l'arrière de la plaque de nacre 8, c'est-à-dire sa surface inférieure
81 afin d'homogénéiser la teinte de la nacre avec celle du cadran 7.Que la plaque
de nacre 8 soit peinte ou non à l'arrière, il a été constaté empiriquement, lors de
tests d'assemblage, qu'une étape de collage nécessitant une chaleur élevée avait tendance
à éclairci la couleur de la nacre; c'est la raison pour laquelle on utilise des processus
de collage distincts selon qu'on emploie de la nacre blanche ou de la nacre de Tahiti,
plus foncée (grise), pour la plaque de nacre 8. Pour une nacre de couleur claire,
on emploiera de préférence une colle de préférence liquide qui polymérise à haute
température (au-dessus de 100 degrés) et un processus de chauffage au four associé
pendant plusieurs heures à plus de 120°degrés, et de préférence entre 150° et 160°
degrés pour se situer bien au-delà de la température de durcissage; si par contre
la nacre est plus foncée, on utilisera de préférence une colle acrylique à l'air libre,
auquel cas quelques minutes suffiront.
[0023] Cette étape de collage de la surface inférieure 81 de la plaque de nacre 8, ou alternativement
de métallisation de la portée constitue de préférence la première étape de montage
de cet élément décoratif dans le boîtier; ensuite, on colle la glace 5, de préférence
transparent, légèrement colorée ou non, mais en saphir en raison de ses propriétés
avantageuses en terms de dureté, sur la surface supérieure 82 de celle-ci avec de
la colle transparente acrylique UV, afin de ne pas dénaturer la teinte de la nacre
par jaunissement. Selon une variante, il est possible d'utiliser la colle UV de part
et d'autre de la plaque de nacre 8, néanmoins les propriétés d'adhérence et de tenue
étant légèrement supérieures, ainsi que la rentabilité en termes de coûts meilleure
notamment avec une colle chauffée, et les rendements en termes de débits de production
améliorés avec une colle acrylique, on préfèra employer ce type de colle plus efficace
au niveau de la première zone de jointure J1 relative à la surface inférieure 81 de
la plaque de nacre 8. Le compartiment 20 à l'intérieur du boîtier 2 est alors toujours
disponible pour le montage du mouvement par l'arrière, puisque fond 4 auquel sont
serties les pierres n'a toujours pas été monté. Par la suite, il est possible d'effectuer
un facettage de la face supérieure de la glace, de préférence uniquement dans la partie
annulaire superposée à la portée 31 afin de ne pas altérer la lisibilité des informations
horaires; selon une variante, les facettes peuvent toutefois également recouvrir l'ensemble
de la face supérieure de la glace 5, de préférence en saphir, pour des raisons d'homogénéité
et d'esthétique. Ensuite le mouvement est introduit, éventuellement d'un seul bloc
avec le cercle d'encageage 63 et la pièce de maintien 71 du cadran légèrement bombée
vers l'intérieur et qui vient en butée contre la face inférieure de la glace et affleure
de préférence jusqu'au bord interne de la carrure 3 et de la plaque de nacre 8. Une
fois le mouvement monté dans le compartiment 20 du boîtier 2, il est possible de fixer
le fond 4 à la carrure, de préférence par vissage à l'aide des vis 42 d'assemblage
pour un montage réversible.
[0024] L'homme du métier comprendra que le mode de réalisation décrit ci-dessus ne constitue
qu'un mode de réalisation préférentiel pour la mise en oeuvre de l'invention, et que
d'autre variantes sont possibles sans sortir du cadre de l'invention. En particulier
il est possible d'envisager que la plaque de nacre 8 déborde légèrement vers l'intérieur
de la carrure 3 pour des raisons de masquage de la pièce de maintien 71, de telle
sorte que l'esthétique de la pièce d'horlogerie 1 puisse être améliorée sans pour
autant requérir d'étape d'assemblage d'un élément de masquage additionnel à cet effet.
Il suffit pour cela de conférer des dimensions internes de la plaque de nacre 8 de
telle sorte qu'un anneau interne déborde légèrement au-dessus du bord périphérique
du cadran 7 sur laquelle ce dernier vient en appui. En considérant que l'assemblage
de la plaque de nacre 8 se fasse toujours bord-à-bord vis-à-vis du bord externe de
la carrure 3 et de la glace 5 pour préserver la robustesse de l'assemblage par rapport
aux contraintes en torsion, cela signifierait dans ce cas que la largeur L de la plaque
de nacre 8 sera choisie légèrement supérieure à l'épaisseur radiale P de la carrure
3, et donc par suite que la deuxième zone de jointure J2 sera légèrement supérieure
à la première zone de jointure
J1 (c'est-à-dire
J2>
J1 avec une superposition désormais seulement partielle des zones de jointures en raison
du léger débordement de la plaque de nacre 8 radialement vers l'intérieur de carrure
3, contrairement au cas particulier
J1=
J2 avec superposition intégrale des zones de jointures décrit aux paragraphes précédents).
[0025] Par ailleurs, si au contraire on veut améliorer les propriétés d'étanchéité, il sera
possible de choisir une plaque de nacre 8 de largeur L légèrement inférieure à l'épaisseur
radiale P de la carrure 3 et agencer un épaulement sur le bord interne de la portée
31 permettant alors de lier directement la glace 5 à la carrure 3 sans l'intermédiaire
de la plaque de nacre 8.
[0026] Enfin, bien que dans ce qui précède il soit fait usage de nacre pour former l'élément
décoratif de la pièce d'horlogerie décrite, on comprendra qu'il sera possible d'employer
d'autres types de matériaux présentant des caractéristiques similaires ou proches
de celles de la nacre sans pour autant sortir du cadre de la présente invention.
Liste des références
| 1 |
Pièce d'horlogerie (montre bracelet) |
| 2 |
Boîtier |
| 20 |
Compartiment interne |
| 3 |
Carrure |
| 30 |
Trou de vissage |
| 31 |
Portée de la carrure (surface d'appui) |
| 4 |
Fond |
| 41 |
Première série de pierres serties |
| 42 |
Vis d'assemblage du fond |
| 43 |
Attaches du bracelet |
| 5 |
Glace |
| 51 |
Talon (surface d'appui annulaire périphérique) |
| 6 |
Mouvement |
| 61 |
Aiguilles |
| 62 |
Tige de réglage |
| 63 |
Cercle d'encageage |
| 7 |
Cadran |
| 71 |
Pièce de maintien axialen hauteur de l'ensemble cadran+mouvement (selon l'axe du canon
des aiguilles B-B) |
| 72 |
Deuxième série de pierres serties |
| 8 |
Plaque en nacre |
| 81 |
Face inférieure de la plaque annulaire de nacre |
| 82 |
Face supérieure de la plaque annulaire de nacre |
| 9 |
Bracelet |
| |
|
| e |
Epaisseur de la plaque annulaire de nacre |
| L |
Largeur de l' « anneau » de nacre |
| P |
Epaisseur de la carrure dans le sens radial |
| J1 |
Première zone de jointure |
| J2 |
Deuxième zone de jointure |
| |
|
| |
|
| |
|
| A-A |
Plan de coupe sagittal de la figure 1 |
| B-B |
Axe du canon des aiguilles |
| C |
Zone d'agrandissement |
| |
|
| |
|
1. Pièce d'horlogerie (1) comportant un boîtier (2) formé d'une carrure (3) et d'un fond
(4) délimitant un compartiment interne (20) fermé par une glace (5) transparente assemblée
à ladite carrure (3) pour loger un mouvement de montre (6), caractérisée en ce qu'elle comprend par ailleurs une plaque de nacre (8) interposée entre ladite glace (5)
et une portée (31) de ladite carrure (3).
2. Pièce d'horlogerie (1) selon la revendication 1, caractérisée en ce qu'au moins une portion de la surface inférieure (81) de ladite plaque de nacre (8) est
solidaire de ladite portée (31) au niveau d'une première zone de jointure (J1).
3. Pièce d'horlogerie selon la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce que l'intégralité de la surface supérieure (82) de ladite plaque de nacre (8) est collée
à un talon (51) de ladite glace (5) au niveau d'une deuxième zone de jointure (J2).
4. Pièce d'horlogerie (1) selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que la première zone de jointure (J1) entre la portion de la surface inférieure (81) de ladite plaque de nacre (8) et
ladite portée (31), et la deuxième zone de jointure (J2) entre la surface supérieure
(82) de ladite plaque de nacre (8) et le talon (51) de ladite glace (5) sont mutuellement
superposées et identiques.
5. Pièce d'horlogerie (1) selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que ladite plaque de nacre (8) est pourvue d'un évidement central d'une forme identique
et d'une taille sensiblement égale à celle du cadran (7) de la montre.
6. Pièce d'horlogerie (1) selon la revendication 5, caractérisée en ce que ladite portée (31) s'étend sur l'intégralité de l'épaisseur radiale (P) de ladite
carrure (3), et que la largeur (L) de ladite plaque de nacre (8) est sensiblement
égale à l'épaisseur (P) de ladite carrure (3).
7. Pièce d'horlogerie selon la revendication 6, caractérisée en ce que la glace (5) est assemblée bord-à-bord avec ladite plaque de nacre (8).
8. Pièce d'horlogerie selon la revendication 7, caractérisée en ce que l'épaisseur (e) de ladite plaque de nacre (8) est inférieure ou égale à 0.5 millimètres.
9. Pièce d'horlogerie (1) selon la revendication 9,
caractérisée en ce que la carrure (3) est réalisée dans un matériau sombre et opaque, et que:
- la surface inférieure (81) de ladite plaque de nacre (8) est peinte, ou
- ladite portée (31) de ladite carrure (3) comporte une métallisation
pour réhausser la couleur de la nacre de ladite plaque de nacre (8).
10. Pièce d'horlogerie (1) selon la revendication 9, caractérisée en ce qu'elle contient un cadran (7) réalisé en une nacre du même type que celle utilisée pour
ladite plaque de nacre (8); la métallisation ou la peinture étant adaptée pour homogénéiser
la teinte de ladite plaque de nacre (8) avec celle dudit cadran (7).
11. Pièce d'horlogerie selon l'une des revendications 8 à 10, caractérisée en ce que, lorsque la surface inférieure (81) de ladite plaque de nacre (8) est peinte, celle-ci
est ensuite collée à ladite portée (31) respectivement au four à l'aide d'une colle
liquide thermodurcissable si la nacre de ladite plaque de nacre (8) est claire, et
à l'air libre à l'aide d'une colle acrylique si la nacre de ladite plaque de nacre
(8) est foncée.
12. Pièce d'horlogerie (1) selon l'une des revendications 7 à 11, caractérisée en ce que la glace (5) et la carrure (3) sont réalisées dans des matériaux très durs présentant
des coefficients de dilatation thermiques semblables.