[0001] La présente invention concerne le domaine de la préparation et mise en oeuvre des
produits explosifs notamment des émulsions explosives utilisées dans l'industrie d'extraction
de matière première et minière.
[0002] Ces produits sont systématiquement constitués à partir d'une émulsion de base dite
inverse ou « eau dans huile » aussi appelée « matrice » obtenue par un mélange de
:
- une phase continue organique, constituée mélange de divers combustibles tel que huiles
minérales, gasoil, et
- une phase aqueuse discontinue constituée de divers sels comburants en solution aqueuse.
[0003] Les matières premières comburantes les plus fréquemment utilisées dans cette industrie
sont : le nitrate d'ammonium, le nitrate de sodium, le nitrate de calcium. En ce qui
concerne les combustibles il s'agit du gasoil soit pur soit en mélange avec des huiles
minérales neuves ou usagées, notamment d'huile moteur recyclée.
[0004] Pour conférer à ce mélange des caractéristiques de détonation améliorée, il faut,
de manière connue, disperser en son sein de manière homogène des « porosités ». A
ce jour, la méthode majoritairement employée dans l'industrie pour la sensibilisation
des émulsions vrac ou en cartouches est la gazéification par voie chimique. Cela consiste
à générer chimiquement et de manière la plus homogène possible des bulles de gaz dans
le milieu. Les « porosités » ainsi obtenues vont former des points chauds, initiateurs
de la détonation et ainsi contribuer à entretenir la propagation d'une onde de choc
issue du système d'amorçage.
[0005] La présente invention concerne la fabrication de charges explosives à partir d'une
émulsion ou matrice que l'on sensibilise par mélange avec des réactifs qui réagissent
avec l'émulsion et génèrent une gazéification par voie chimique.
[0006] Plus particulièrement, mais de manière non limitative, pour réagir avec de l'ammonium
de la dite matrice émulsion (ci-après M), on met en oeuvre un réactif de gazéification
(ci-après R) à base de nitrite de sodium ou équivalent en présence d'un catalyseur
tel qu'un acide, notamment de l'acide acétique de la réaction chimique suivante :

[0007] Cette réaction chimique génère dans le produit des bulles d'azote gazeux qui rend
le produit explosif et conduit à une diminution de la densité finale du produit de
mélange obtenu. Généralement on passe d'une densité initiale di de la matrice M di=1
à 2 que l'on diminue à une valeur dj= 0.5 à 1.5 en fonction de la proportion de réactif
R/M, typiquement di=1.4 et dj= 1.2 à 0.9.
[0008] Dans la suite du texte on entend ici par matrice ou émulsion, l'émulsion elle-même
complétée par un composant catalyseur et de préférence aussi de l'eau pour servir
de lubrifiant faciliter le déplacement de l'émulsion visqueuse au sein de la conduite
de chargement.
[0009] En effet, la présente invention concerne plus particulièrement la mise en oeuvre
de ces produits au sein d'un trou dans lequel on place une charge d'amorçage et un
fil de détonateur et dans lequel les produits explosifs (mélange émulsion + réactif
de gazéification) sont transférés à l'aide d'une conduite flexible de chargement.
[0010] La présente invention concerne plus particulièrement un procédé dans lequel on réalise
le mélange de l'émulsion et des réactifs de porosité sur le site de mise en oeuvre
de l'explosif et plus particulièrement dans un trou, notamment un trou de mine, que
l'on alimente en charge explosive à l'aide d'une conduite de transfert depuis une
installation où est fabriqué et/ou stockés la matrice émulsion à distance du trou.
Typiquement le trou présente une profondeur de 5 à 30m et un diamètre de 5 à 50 cm.
[0011] La matière première de base, la matrice émulsion, peut être produite sur site par
une usine modulaire telle que décrite dans
PCT/FR2014/050032 ou par l'intermédiaire d'installation mobile donc des camions transportant des matériels
utiles pour la fabrication qui se rendent sur le site d'utilisation (mines, carrières
ou chantier de Travaux Publics) pour la production d'explosif.
[0012] Le transfert et le mélange des 2 composants, émulsion d'une part et réactif de gazéification
d'autre part pose un certain nombre de difficultés suivantes.
[0013] Dans
WO 2015/140462 au nom de la demanderesse on a décrit un procédé et une installation de production
de produit explosif comprenant la mise en oeuvre de conduites flexibles de chargement
dans un trou fiables, sécurisés et simples à réaliser et mettre en oeuvre d'une part
et qui permettent de :
- changer en temps réel, de façon fiable et précise, la densité du produit final en
cours de chargement et production en sortie de la conduite de transfert dans le trou
en cours de remplissage du trou en continu sans avoir à purger et/ou sortir la conduite
de chargement du trou, et, pour ce faire de façon optimale,
- mettre les deux composants en contact l'un avec l'autre et mélanger au niveau d'un
mélangeur statique dans le trou en aval de la conduite de transfert déroulée depuis
un tambour enrouleur, et
- raccourcir sans difficultés les conduites de transfert lorsque leurs extrémités se
dégradent par usure et frottement dans le trou, et
- tout en évitant les risques générer par la présence éventuelle de pièce métallique
exposée non protégées dans le trou.
[0014] Pour ce faire, dans
WO 2015/140462 le procédé de production in situ de produit explosif comprend les étapes dans lesquels
:
- 1) on transfère séparément jusqu'à un premier mélangeur, avec une première pompe,
un produit visqueux, dénommé matrice, comprenant une émulsion inverse d'une phase
aqueuse de comburant et phase huileuse de combustible et avec une deuxième pompe,
un produit liquide contenant un composé chimique apte à réagir avec la dite matrice
pour en augmenter le caractère explosif par gazéification, dénommé réactif de gazéification,
depuis des réservoirs comprenant au moins :
- un premier réservoir contenant la dite matrice à base de dite émulsion explosive,
et
- un deuxième réservoir contenant ledit réactif de gazéification, et
- 2) on mélange ledit produit visqueux de dite matrice, et ledit produit liquide de
dit réactif de gazéification, dans un mélangeur statique à travers lequel les dite
matrice et réactif de gazéification sont transférée en mélange, et
- 3) on transfère et dépose ledit produit explosif obtenu en sortie du dit premier mélangeur,
dans un trou pour explosion, dans ou au-dessus duquel l'extrémité avale du premier
mélangeur est disposée, le dit trou étant situé à distance des dits réservoirs, de
préférence encore à au moins 20 m, trou, de préférence un trou de forage sensiblement
cylindrique, dans lequel de préférence on a précédemment placé une charge d'amorçage
d'explosif et un détonateur relié à un fil de détonateur, et
dans lequel :
- à l'étape 1), on commande et contrôle les quantités et/ou débits de dite matrice et
de dit réactif de gazéification entrant dans ledit premier mélangeur de manière à
produire un dit produit explosif présentant une densité de valeur déterminée en sortie
de premier mélangeur à l'étape 2), et
- à l'étape 3), on fait varier la densité du produit explosif obtenu en cours de remplissage
selon la quantité de produit explosif déposé et/ou selon la profondeur à laquelle
on dépose le produit explosif dans un même trou ou d'un trou à l'autre dans différents
trous.
[0015] Selon
WO 201540462, les dits premier et deuxième tuyaux flexibles sont réunis l'un avec l'autre de sorte
que le dit deuxième tuyau est disposé entièrement à l'intérieur du premier tuyau formant
un ensemble de tuyaux coaxiaux, la dite matrice étant véhiculée sans contact avec
le réactif de gazéification dans l'espace annulaire entre les deux tuyaux coaxiaux,
ledit premier mélangeur étant disposé à l'intérieur du premier tuyau à son extrémité
avale, ledit deuxième tuyau se terminant juste en amont dudit premier mélangeur.
[0016] Ainsi, le réactif de gazéification est véhiculé séparément sans contact avec la matrice
jusqu'à ce qu'il débouche dans le mélangeur statique au sein duquel un mélange intime
des deux produit est réalisé pour produire le produit explosif en sortie du mélangeur
statique à l'extrémité avale du premier tuyau. Ledit premier tuyau ou tuyau externe
est solidarisé au dit deuxième tuyau ou tuyau interne seulement au niveau d'une pièce
de connexion et alimentation en amont du dit tambour.
[0017] Le procédé selon
WO 201540462 consiste donc, à faire varier les proportions respectives de réactif de gazéification
et de matrice émulsion entrant dans le mélangeur pour changer en temps réel la densité
du produit arrivant dans le trou et ce lors d'une seule et même procédure de remplissage.
Ceci est rendu possible, entre autre, du fait que les réactifs R et matrice M sont
mis en contact juste avant le mélangeur et que le produit explosif déposé dans le
trou sort directement du dit mélangeur. Il est donc ainsi possible -selon l'invention-
d'adapter automatiquement l'énergie de l'explosif au massif rocheux de manière simple
en faisant un seul remplissage d'explosif en continu ou dans un même cycle de production,
une seule séquence de pompage d'explosif , une seule séquence en continue signifiant
ici que l'on met le tuyau de dépose dans le trou, puis actionne la pompe de transfert
et dépose et ressort le tuyau qu'après remplissage du trou jusqu'au niveau souhaité.
[0018] Le procédé selon
WO 201540462 permet donc de modifier quasiment en temps réel la densité du produit et donc de
l'énergie volumique de l'explosif, celle-ci étant inversement proportionnelle à sa
densité, et plus particulièrement, de faire varier la densité du produit permet d'avoir
une densité élevée, dans le fond du trou et une densité allégée dans la colonne en
hauteur.
[0019] Un problème de ce type de procédé est d'obtenir des mélange de densité homogène ou
reproductible et donc d'affiner le contrôle de la composition et donc de la densité
du mélange.
[0020] Un autre problème est de pouvoir obtenir une plage de densité élargie du produit
de mélange
[0021] Un autre problème est de mieux maîtriser et aussi de réduire le temps de réaction
entre la matrice d'émulsion et le réactif de gazéification qui se produit dans le
trou après dépose du mélange dans celui-ci.
[0022] Plus généralement, le but de la présente invention est donc d'améliorer les conditions
de mises en oeuvre du procédé de production in situ de produit explosif ci-dessus
et notamment aussi la sécurité du procédé.
[0023] Pour ce faire, on a découvert selon la présente invention que l'effet technique du
mélangeur statique était considérablement amélioré en vue de résoudre les problèmes
ci-dessus si le mélange était soumis à un traitement d'augmentation de sa viscosité
par cisaillement en aval ou de préférence amont du mélangeur statique de préférence
en multipliant au moins par deux la viscosité du mélange.
[0024] Plus précisément, la présente invention fournit un procédé de production in situ
de produit explosif comprenant les étapes dans lesquels :
- 1) on transfère séparément jusqu'à un premier mélangeur comprenant de préférence un
mélangeur statique, un produit visqueux, dénommé matrice, comprenant une émulsion
inverse d'une phase aqueuse de comburant et phase huileuse de combustible et, un produit
liquide contenant un composé chimique apte à réagir avec la dite matrice pour en augmenter
le caractère explosif par gazéification, dénommé réactif de gazéification, et
- 2) on mélange ledit produit visqueux de dite matrice, et ledit produit liquide de
dit réactif de gazéification, dans ledit premier mélangeur à travers lequel les dite
matrice et réactif de gazéification sont transférée en mélange, et
- 3) on transfère et dépose ledit produit explosif obtenu en sortie du dit premier mélangeur,
dans un trou pour explosion, dans ou au-dessus duquel l'extrémité avale du premier
mélangeur est disposée,
caractérisé en ce qu'avant l'étape 3), on réalise une augmentation de la viscosité
du dit mélange de dite matrice et dit réactif de gazéification par cisaillement au
sein d'un tube ou tuyau dans lequel la dite matrice et dit réactif de gazéification
sont transférés, en passant le dit mélange dans un dispositif de cisaillement au sein
dudit tuyau ou tube.
[0025] Le dispositif de cisaillement peut être disposé en aval ou de préférence en amont
du dit mélangeur.
[0026] Plus particulièrement, le dispositif de cisaillement comprend une paroi définissant
une surface de révolution par rapport à l'axe longitudinale XX' dudit tuyau ou tube
formant un canal interne de passage du mélange, surface de révolution dont la superficie
de la section transversale de passage du dit mélange diminue progressivement d'une
section de passage en entrée du dispositif de cisaillement de superficie S1 jusqu'à
une section de passage en sortie du dispositif de cisaillement de superficie S2 inférieure
à S1 et débouchant dans une zone du dit tube ou tuyau de plus grande section transversale
que la dite section de passage en sortie.
[0027] Plus particulièrement encore, le dispositif de cisaillement comprend une paroi tronconique
ou de type tronconique dénommé cône de restriction formant un canal interne de passage
du mélange, dont la section transversale de passage du mélange à l'intérieur du dit
cône de restriction diminue progressivement en passant d'une section de passage circulaire
en entrée du cône de restriction jusqu'à une section de passage en sortie du cône
de restriction de dimension réduite, la dite section de sortie étant circulaire ou
oblongue.
[0028] On entend ici par « surface tronconique ou « de type tronconique», une surface de
révolution définie par une génératrice constituée par une droite inclinée par rapport
à un axe longitudinale et formant un tour autour du dit axe selon une inclinaison
fixe pour une surface tronconique ou inclinaison variable pour une surface de type
tronconique, de manière à définir :
- à une première extrémité dans la direction axiale longitudinale, une grande section
transversale - c'est à dire dans un plan perpendiculaire à la dite direction axiale
longitudinale- la dite grande section transversale étant circulaire, et
- à une deuxième extrémité dans la direction axiale longitudinale, une petite section
transversale de plus petite superficie que la grande section transversale, ladite
petite section transversale étant circulaire pour une surface tronconique ou respectivement
oblongue pour une surface de type tronconique.
[0029] Cette augmentation de la viscosité du mélange assure un mélange plus intime entre
la matrice d'émulsion et le réactif de gazéification. Cela permet d'obtenir une gazéification
mieux maîtrisée, à savoir plus rapide, plus homogène ou plus reproductible et enfin
un rendement de la réaction de gazéification optimisé par rapport à la stoechiométrie
en termes de quantités des produits mis en oeuvre.
[0030] Plus particulièrement, du fait d'un meilleur rendement de la réaction de gazéification,
on peut diminuer jusqu'à 15% voire 25% la quantité de réactif de gazéification à mettre
en oeuvre comparativement avec un même mélangeur sans dispositif de cisaillement.
[0031] Les bulles de gaz sont mieux bloquées dans le mélange grâce à la viscosité plus élevée
(meilleure tenue des bulles de gaz dans la matrice) d'où la possibilité d'en incorporer
davantage et ainsi de descendre plus bas en densité. Ceci est intéressant dans certaines
applications lorsque l'on veut faire de l'énergie optimisée (objectif final) et donc
ceci offre plus de souplesse car la plage de densité est plus large. Ceci est intéressant
également lorsque l'on veut réduire l'énergie, et donc la densité, pour des applications
spéciales comme le découpage.
[0032] Un autre avantage est d'obtenir une gazéification plus rapide dans le trou avant
bourrage, ce qui se traduit concrètement sur le terrain par la possibilité de mettre
le bourrage dans le trou par-dessus le mélange explosif plus vite et donc de gagner
du temps sur le cycle du tir.
[0033] Un autre avantage de l'augmentation de viscosité est d'obtenir une meilleure précision
du chargement c'est-à-dire de mieux maîtriser la dépose du produit en termes de quantité
(consommation d'explosif est mieux maîtrisée) et de précision de la localisation (moins
de coulure, moins de perte dans des fissures).
[0034] Un autre avantage de l'augmentation de viscosité est d'obtenir une meilleure portance
de la colonne du mélange explosif dans le trou de mine après dépose.
[0035] Plus particulièrement encore, on réalise une augmentation de la viscosité du dit
mélange d'au moins un facteur 2.
[0036] Plus particulièrement encore, le rapport des superficies des dites sections de passage
diamètres d'entrée et de sortie du cône de restriction est S1/S2 est au moins égal
à 2 de préférence inférieur à 3.
[0037] Si la réduction de diamètre ou S1/S2 est trop élevée, cela limite trop le débit,
à l'inverse si S1/S2 est trop faible cela ne cisaille pas assez et n'augmente pas
assez la viscosité.
[0038] L'augmentation de viscosité est liée à un effet de cisaillement crée par la réduction
de diamètre. A l'entrée du cône les gouttelettes d'émulsion qui forment la matrice
sont soumises à une élongation uni axiale au centre de l'écoulement et à du cisaillement
résultant du frottement du mélange sur les parois du dispositif. Cela divise chaque
goutte en une quantité de gouttes plus petites, cela se traduisant par une augmentation
de viscosité et une intimité accrue entre la matrice et le réactif de gazéification.
Plus de bulles de gaz sont produites. Elles sont mieux retenues par l'augmentation
de viscosité de la matrice.
[0039] En passant de S1 à S2, à débit de fluide de mélange de matrice et réactif égal, la
vitesse linéaire du fluide augmente avec un rapport de vitesses équivalent au quotient
du carré des diamètres ; ainsi V2= V1 x S1/S2 ou encore V2=V1 x D1
2/D2
2.
[0040] Ainsi, en passant de D1=25 à 35 mm (diamètre d'une section circulaire en entrée de
cône de restriction) à D2=5 à 15 mm (diamètre d'une section circulaire de sortie du
cône), à débit de matrice + réactif égal à 50 à 150kg/min et de densité environ 1
à 2 la vitesse du fluide augmente d'un facteur d'environ 5 à 15, la valeur de la viscosité
étant avant cisaillement de 15 000 à 25 000 cps et après cisaillement 30 000 à 60
000 cps telle que mesuré à l'aide d'un viscosimètre de type Brookfield, mobile 7 à
50 tr/min.
[0041] Ainsi, en passant de D1=27 mm à D2=10 mm, à débit de matrice + réactif égal à 100kg/min
et de densité environ 1.30 la vitesse du fluide augmente d'un facteur d'environ 7,
la valeur de la viscosité étant avant cisaillement de 23 000 cps et après cisaillement
45 000 cps telle que mesuré à l'aide d'un viscosimètre de type Brookfield, mobile
7 à 50 tr/min.
[0042] Pour un débit de 100kg/min, on passe d'une durée de gazéification de 45 minutes à
25 min, soit une diminution de 20 minutes pour 100 kg de produit à 20°c avec un débit
de pompage de 100kg/min et une densité finale d'environ 1 +/- 5% avec une réduction
de la quantité de réactif de gazéification de 20%.
[0043] L'augmentation de cisaillement dû à l'apport du cône de restriction, se traduit par
la possibilité éventuellement de réduire la longueur du mélangeur par rapport aux
versions précédentes si le dispositif de cisaillement est placé en amont du mélangeur.
[0044] Plus particulièrement encore, on réalise le mélange dans un dit premier mélangeur
comprenant mélangeur statique placé dans un tuyau ou tube et on place ledit dispositif
de cisaillement dans le dit tuyau ou tube juste en amont dudit mélangeur statique.
[0045] On entend ici, de manière connue de l'homme de l'art, par « mélangeur statique »,
un dispositif contenant des éléments mécaniques aptes à créer une modification dans
le mouvement d'un fluide en mouvement le parcourant créant des divisions et rotations
du flux et/ou mouvements tourbillonnaires permettant le mélange sans apport d'énergie
pour déplacer lesdits éléments mécaniques autre que celle apportée par le mouvement
du fluide. Le plus souvent les mélangeurs statiques consistent en tube contenant une
ou plusieurs structures tridimensionnelles favorisant l'apparition de divisions et
rotations du flux et/ou tourbillons lors du passage d'un flux de fluide dans la direction
longitudinal du tube.
[0046] Plus particulièrement encore, on intercale entre le dispositif de cisaillement et
dit mélangeur statique un dispositif de dispersion dénommé brise jet sous forme une
double traverse en croix disposée transversalement, centrée axialement et fixée au
sein dit tube fourreau en aval de l'orifice de sortie du dispositif de cisaillement
pour réduire la vitesse et la pression du fluide de mélange à ce niveau.
[0047] Ce dispositif de dispersion vise à protéger mécaniquement le mélangeur statique sans
affecter la viscosité du fluide. Ainsi pour une augmentation de viscosité avec réduction
de diamètre mentionnée ci-dessus on peut passer d'une pression de 0.5.10
5 Pa en entrée du cône de restriction à 8.10
5 Pa en sortie. Plus particulièrement encore, le dit mélangeur comprend une pluralité
de pâles ou ailettes bout à bout présentant chacune une surface hélicoïdale, s'étendant
dans sa direction axiale (XX') sur une longueur correspondant de préférence à un demi
pas de la courbe hélicoïdale correspondante, les dites surfaces hélicoïdales étant
supportées par un même support auquel elles sont fixées de préférence de façon juxtaposées
dans la direction longitudinale du dit tuyau ou tube, les dites pâles de surfaces
hélicoïdales successives étant toutes sensiblement de même diamètre que le diamètre
interne de la surface interne cylindrique du dit tuyau ou tube et décalées angulairement
en rotation par rapport à leur axe virtuel commun de surface hélicoïdale coïncidant
sensiblement avec un axe longitudinale du dit tuyau ou tube, de préférence les dites
surfaces hélicoïdales successives étant décalées de 90°.
[0048] Lesdites pâles ou ailettes hélicoïdales présentent une forme torsadée ou spiralée
et agissent comme mélangeur en divisant par deux le flux à chaque ailette ou pale
au niveau de leur bord transversal d'entrée, donc par une succession de division puis
de rotation des différents courants divisés du fait du décalage angulaire de chaque
bord transversal de sortie ou bord de fuite de l'ailette par rapport à son bord d'entrée
de préférence d'un angle de 90°, sous l'effet de la pression des flux de matrice et
réactif en mélange le traversant.
[0049] Plus particulièrement encore, le dit premier mélangeur comprend un tube fourreau
rigide qui supporte les dites pâles ou ailettes qui lui sont solidaires et au sein
duquel les dites pâles ou ailettes sont disposées, le bord de chaque ailette étant
en contact et solidaire sur sa longueur avec la paroi interne dudit tube fourreau,
le dit tube rigide présentant un diamètre externe sensiblement identique ou juste
suffisamment inférieur au diamètre interne du tuyau alimentant ledit premier mélangeur
en dit mélange et dans lequel ledit mélangeur est disposé.
[0050] Plus particulièrement encore, le dit tube fourreau du dit mélangeur comprend des
perforations latérales. Les ouvertures latérales du fourreau ont pour fonction de
permettre le nettoyage de la pièce après usage.
[0051] Plus particulièrement encore, le dit tube fourreau comprend, de préférence à son
extrémité en aval, un filetage sur sa paroi externe cylindrique permettant de le visser
et ainsi de le fixer de manière amovible contre la paroi interne dudit premier tuyau
de préférence à son extrémité en aval.
[0052] Plus particulièrement encore, le dit premier mélangeur statique constitué du dit
tube fourreau et des dites pâles ou ailettes et dit cône de restriction qui lui sont
solidaires viennent de matière et sont réalisées en une seule et même pièce, de préférence
en matière plastique.
[0053] Il peut être réalisé par impression 3D tous les éléments venant de matière. Le précédent
mélangeur était en acier inox, celui-ci est en plastique, notamment du polyamide renforcé
avec des fibres de verre, d'où un gain au niveau de la sécurité car ce mélangeur se
situe en bout de tuyau et donc au contact des explosifs et détonateurs.
[0054] Plus particulièrement encore, à l'étape 1), la dite matrice est transférée dans un
premier tuyau flexible et le dit réactif de gazéification est transféré dans un deuxième
tuyau flexible, les dits premier et deuxième tuyaux flexibles étant réunis l'un avec
l'autre de sorte que le dit deuxième tuyau est disposé entièrement à l'intérieur du
premier tuyau formant un ensemble de tuyaux coaxiaux, la dite matrice étant véhiculée
sans contact avec le réactif de gazéification dans l'espace annulaire entre les deux
tuyaux coaxiaux, ledit premier mélangeur étant disposé à l'intérieur du premier tuyau
à son extrémité avale, ledit deuxième tuyau se terminant juste en amont dudit dispositif
de cisaillement et dit premier mélangeur.
[0055] Plus particulièrement encore, pour produire un produit explosif de densité de 0.5
à 1.5, on met en oeuvre :
- une dite matrice de densité de 1 à 2, notamment 1.2 à 1.6 d'une émulsion de base dite
inverse ou « eau dans huile » obtenue par un mélange de (a) une phase continue organique,
constituée mélange d'huiles minérales et gasoil, et (b) une phase aqueuse discontinue
de divers sels comburants en solution aqueuse à base de particules de nitrate(s) d'ammonium
et/ou sodium et/ou calcium ; à un débit de 25 à 300 Kg/min, et
- une solution dit réactif de gazéification de densité de 0.5 à 1.5 à base de nitrite
et/ou thiocyanate de sodium, à un débit de 0.1 à 2 L/min ;
- dans un ratio de débit de réactif/ matrice variant de de 0.1 à 2 L/ 100Kg,
- la viscosité dudit mélange avant cisaillement par le dispositif de cisaillement étant
de 15 000 à 25 000 cps tel que mesuré avec un viscosimètre Brookfield mobile 7 à 50
tour/min et 30 000 à 60 000 après cisaillement par le dispositif de cisaillement.
[0056] La présente invention a également pour objet un mélangeur comprenant un dispositif
de cisaillement juste en amont d'un mélangeur statique apte à être placé dans un tuyau
tel que définis ci-dessus et utile dans un procédé selon l'invention.
[0057] Plus particulièrement, le dit mélangeur comprend un dispositif de cisaillement fixé
à un mélangeur statique en amont dudit mélangeur statique, le dit dispositif de cisaillement
et le dit mélangeur statique étant disposés au sein d'un tube rigide et solidaires
du dit tube rigide, le dit tube rigide étant apte à être placé dans un tuyau pour
la mise en oeuvre d'un procédé selon l'invention.
[0058] Plus particulièrement encore, ledit tube rigide forme un fourreau supportant solidairement
en son sein :
- un dispositif de cisaillement comprenant une paroi interne tronconique ou de type
tronconique coaxiale dénommée cône de restriction formant un canal interne de passage
du mélange dont la section transversale de passage du mélange à l'intérieur du dit
cône de restriction diminue progressivement en passant d'une section de passage circulaire
en entrée C1 du cône de restriction jusqu'à une section de passage en sortie C2 du
cône de restriction de dimension réduite, la dite section de sortie étant circulaire
ou oblongue et débouchant dans une zone du dit tube rigide de plus grande section
transversale que la dite section de passage en sortie, et
- un mélangeur statique comprenant une succession de pâles ou ailettes hélicoïdales
juxtaposées bout à bout, toutes de même diamètre que le diamètre interne de la paroi
interne cylindrique du dit tube, le bord de chaque ailette étant en contact et solidaire
sur sa longueur avec la paroi interne dudit tube rigide, et les dites ailettes successives
étant décalées angulairement, dans le tube rigide en aval dudit dispositif de cisaillement.
[0059] Plus particulièrement encore, selon d'autres caractéristiques :
- à l'étape 1), on commande et contrôle les quantités et/ou débits de dite matrice et
de dit réactif de gazéification entrant dans ledit premier mélangeur de manière à
produire un dit produit explosif présentant une densité de valeur déterminée en sortie
de premier mélangeur à l'étape 2), et
- à l'étape 3), on fait varier la densité du produit explosif obtenu en cours de remplissage
selon la quantité de produit explosif déposé et/ou selon la profondeur à laquelle
on dépose le produit explosif dans un même trou ou d'un trou à l'autre dans différents
trous.
[0060] Dans la présente description, on entend par « amont » et « aval », la position en
référence au sens d'écoulement des fluides au sein des tuyaux depuis les réservoirs
vers le premier mélangeur et vers la sortie débouchant dans le trou de dépose du produit
explosif en sortie de premier mélangeur.
[0061] Plus particulièrement, on commande de produire des quantités déterminées de produits
explosifs ayant des valeurs de densité déterminées différentes respectivement à déposer
successivement dans un trou en cours de remplissage, en continu.
[0062] Typiquement, on réalise des trous de 5 à 30 m de profondeur et de diamètre de 5cm
à 20 cm, et on définit au moins deux de préférence 4 quantités de produit explosifs
pour 4 valeurs de densité correspondant à des énergies massique de 2 à 5 MJ/kg (10
6J/Kg), notamment des densités de 0.5 à 1.5.
[0063] En pratique la quantité de produit explosif correspond sensiblement à la quantité
de dite matrice car la quantité relative de réactif est de l'ordre de 0.1 à 2% seulement
par rapport au poids de produit explosif obtenu.
[0064] Plus particulièrement, on détermine et met en oeuvre au moins deux, de préférence
4, quantités de produit explosifs pour des valeurs de densité distinctes décroissantes
de préférence une densité présentant une dite valeur prédéterminée entre 0.5 et 1.5,
de préférence encore de 0.8 à 1.2, au cours du remplissage.
[0065] De façon connue de l'homme de l'art, des abaques permettent pour une valeur de densité
donnée, les débits respectifs de réactif de gazéification y et de dite matrice x varient
linéairement selon une formule y= ax+b. Les valeurs de a et b dépendent de la composition
des dits réactifs de porosité et dite matrice. Des abaques fournissent des graphiques
de dits débits de réactif en L/min par rapport à des valeurs de débit de dite matrice
en Kg/min. Ainsi, pour une valeur de débit de matrice fixée, il suffit de faire varier
le débit de réactif de gazéification.
[0066] D'autre part, du fait que le produit visqueux est plus difficilement contrôlable
et qu'il est plus aisé de faire varier et contrôler le dédit d'un fluide liquide,
il est avantageux de travailler à flux de matrice constant et en faisant varier le
débit de réactif de gazéification.
[0067] Plus particulièrement, on commande et contrôle les quantités et débits respectifs
de dite matrice et dit réactif de gazéification, en commandant et contrôlant des vannes
et/ou les vitesses des dites première et/ou deuxième pompes, de manière automatisée
à l'aide d'une unité centrale de commande et contrôle comportant des moyens électroniques
pilotés par un logiciel avec un clavier et/ou interface graphique, permet de de préférence
la dite unité centrale étant supporté sur un véhicule motorisé, de préférence encore
ledit véhicule supportant les dits premier et deuxième réservoirs et dites première
et deuxième pompe.
[0068] Les données d'entrées de quantités et débits de matrice, réactif de gazéification
et produit explosif et de densité peuvent être chargées automatiquement vers l'unité
centrale à partir d'un port USB ou via une connexion WIFI pour faciliter la procédure
et limiter le risque d'erreurs.
[0069] Plus particulièrement, à l'étape 1), on transfère séparément les dite matrice et
dit réactif de gazéification depuis des dits premier et respectivement deuxième réservoirs
dans des premier tuyau et respectivement deuxième tuyau avec une première pompe et
respectivement une deuxième pompe, et on commande et contrôle un débit constant de
dite matrice en contrôlant la vitesse de la première pompe à l'aide d'un capteur de
vitesse de la dite première pompe, et on fait varier le débit de dit réactif de gazéification
en en contrôlant la vitesse de la deuxième pompe à l'aide d'un débitmètre.
[0070] Plus particulièrement, les dits premier et deuxième tuyaux flexibles sont réunis
l'un avec l'autre pour former un ensemble complexe de tuyaux relié à un tambour enrouleur,
et enroulé au moins en partie ou apte à être enroulé sur ledit tambour enrouleur.
[0071] Typiquement, on met en oeuvre un tambour enrouleur de 30 à 80cm de diamètre pour
un tuyau de 30 à 100m de long avec des diamètres externes de premier tuyau de 30 à
50mm et diamètres internes de 25 à 40mm et diamètres externes de deuxième tuyau de
5 à 15 mm avec un diamètre interne de 3 à 10mm.
[0072] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention ressortiront mieux
à la lecture de la description qui va suivre, faite de manière illustrative et non
limitative, en référence aux dessins annexés sur lesquels :
- la figure 1A représente une unité mobile de fabrication d'explosifs 1 (abrégée « UMFE
») à savoir un camion 1 transportant le matériel de l'installation selon la présente
invention sur son châssis arrière 1a, et le déploiement d'un ensemble de tuyaux coaxiaux
6 déroulés depuis un enrouleur 5 à l'arrière dudit camion, et
- la figure 1B représente une vue en coupe d'un trou de forage 21 réalisé dans un massif
rocheux 25 dans lequel est déposé du produit explosif 20, l'extrémité avale ouverte
de l'ensemble de tuyaux coaxiaux 6 selon l'invention disposée dans le trou, et
- la figure 2 représente un schéma de montage des matériels de l'installation selon
la présente invention en vue de la mise en oeuvre du procédé selon l'invention, et
- la figure 3 représente le détail d'une vue en perspective de l'enrouleur 5, et
- la figure 3A représente une vue en coupe verticale au niveau de la première partie
rigide 61a du tuyau externe 61 de l'ensemble de tuyaux coaxiaux 6, et
- les figures 4A et 4B représentent l'introduction du premier mélangeur statique 7 à
l'intérieur et à l'extrémité avale du premier tuyau 61 en aval du clapet 64 de l'extrémité avale du deuxième tuyau 62.
- les figures 5A, 5B et 5C sont des vues de côté (fig.5A), de face à une extrémité (fig.5B)
et en coupe longitudinale AA de la figure 5B avec un cône de restriction tronconique
(fig.5C).
- les figures 6A et 6B représentent un mélangeur équipé d'un dispositif de dispersion
11 et encore en amont de celui-ci- d'un cône de restriction de type tronconique à
section de sortie C2 oblongue.
Description détaillée
[0073] Une installation 1 de production de produits explosifs 10
in situ c'est-à-dire sur le site d'utilisation de l'explosif, à savoir, plus précisément
au niveau d'un trou de forage 21 selon l'invention, comporte les matériels suivants
agencés de la manière suivante :
- un camion 1 supporte sur son châssis arrière la un premier réservoir 1-1 contenant
un produit constitué principalement d'une émulsion explosive dénommée « matrice »,
et
- un deuxième réservoir 1-2 contenant un réactif de gazéification notamment à base de
nitrite de sodium et de thiocyanate, et
- un troisième réservoir 1-3 contenant un catalyseur de réaction, à savoir un acide
notamment de l'acide acétique et destiné à catalyser la réaction de la matrice avec
le réactif de gazéification pour dégager un gaz comme décrit ci-après, et
- un quatrième réservoir d'eau 1-4, et
- un cinquième réservoir de nitrates 1-5.
[0074] Le camion 1 supporte également sur son châssis la les différentes pompes suivantes
:
- une première pompe 2-1 disposée en sortie du premier réservoir 1-1 et destinée à transférer
la matrice du premier réservoir 1-1 vers le trou de forage 21 par l'intermédiaire
d'un premier circuit comprenant une canalisation de transfert de matrice la puis un
ensemble de tuyaux coaxiaux 6 décrit ci-après, et
- une deuxième pompe 2-2 disposée en sortie du deuxième réservoir 1-2 destinée à transférer
le réactif de gazéification depuis son deuxième réservoir 1-2 dans un deuxième circuit
comprenant une canalisation de transfert de réactif 1b vers l'ensemble de tuyaux coaxiaux
6 tel que décrit ci-après, et
- une troisième pompe 2-3 destinée à transférer le catalyseur depuis son réservoir 1-3
jusque dans le premier réservoir 1-1, et
- une pompe 2-5 et/ou vis d'extraction destinée à transférer le nitrate du cinquième
réservoir 1-5 vers ledit premier réservoir 2-1
- une pompe 2-4 destinée à transférer l'eau du quatrième réservoir 1-4 dans un circuit
1c vers le premier circuit la de transfert de la matrice de façon à lubrifier le produit
visqueux que constitue la matrice et faciliter son transfert au sein d'un premier
tuyau de transfert 61 comme décrit ci-après.
[0075] La jonction du circuit d'eau 1c sur le premier circuit de matrice la se fait par
une pièce 1d dénommée « anneau injecteur d'eau de lubrification ». La fonction de
l'eau est uniquement la lubrification de la matrice pour une diminution des pertes
de charges.
[0076] La canalisation constituant un premier circuit de transfert de matrice la relie le
premier réservoir 1-1 à un premier tuyau flexible 6
1 externe de l'ensemble de tuyau 6 enroulé sur un enrouleur 5. Et, le deuxième circuit
de transfert de réactif de gazéification 1b comprend des canalisations depuis le deuxième
réservoir 1-2 jusqu'à un deuxième tuyau 6
2 interne de transfert de réactif de gazéification de l'ensemble de tuyaux 6 enroulé
sur l'enrouleur 5. Le deuxième tuyau 6
2 est disposé à l'intérieur du premier tuyau 6
1 et se positionne sensiblement de manière coaxiale à l'intérieur du tuyau 6
1 lorsque du fait du flux de matrice passant dans l'espace annulaire entre le premier
tuyau 6
1 et le deuxième tuyau 6
2 lorsque l'on transfère ladite matrice vers le trou de forage 21.
[0077] Le camion 1 supporte également un mélangeur statique dénommé « deuxième mélangeur
» statique 2-6, en amont de l'ensemble de tuyau coaxiaux 6.
[0078] Le camion 1 supporte également sur son châssis arrière la des vannes comprenant :
- une première vanne V1 en sortie du réservoir 1-1 monté sur la première canalisation
la de transfert de matrice, et
- en aval de la première pompe 2-1, une deuxième vanne V2 en sortie du deuxième réservoir
1-2 de transfert de réactif de gazéification coopérant avec le deuxième circuit 1b
de transfert de réactif de gazéification en amont de la deuxième pompe 2-2, et
- une vanne d'isolement 1-2a en amont du deuxième réservoir de réactif de gazéification
1-2, et
- une troisième vanne V3, vanne trois voies permettant d'alimenter une canalisation
de dérivation 1b-1 du deuxième circuit 1b de réactif de gazéification connecté à la
première canalisation de transfert de matrice la en aval de la première vanne V1 mais
en amont dudit deuxième mélangeur statique 2-6.
[0079] Le camion 1 supporte également sur son châssis arrière la une unité de commande centrale
9 comportant un clavier et/ou une interface graphique, coopérant avec un logiciel
apte à commander l'actionnement des dites pompes et desdites vannes.
[0080] En aval de la troisième vanne V3, le circuit de transfert de réactif de gazéification
1b rejoint le premier circuit de transfert de matrice la en aval du deuxième mélangeur
2-6 au niveau d'une pièce de connexion dénommée première pièce de connexion 3 qui
assure la connexion entre la première canalisation la et la deuxième canalisation
1b juste en amont de l'ensemble de tuyaux coaxiaux 6 enroulés sur l'enrouleur 5, de
manière à ce que le flux de réactif de gazéification soit transféré dans le deuxième
tuyau interne 6
2 et le flux de matrice provenant du premier circuit la soit transféré à l'intérieur
du premier tuyau 6
1 et à l'extérieur du deuxième tuyau 6
2 dans l'espace annulaire entre la paroi interne du premier tuyau6
1 et le deuxième tuyau 6
2, tel que décrit ci-après.
[0081] La vanne V3 permet, en forçant la circulation du réactif de gazéification vers la
dérivation 1b-1 d'obtenir un premier mode de fonctionnement de l'installation selon
un procédé traditionnel dans lequel on mélange le réactif de gazéification et la matrice
au sein du mélangeur 2-6 en amont de l'ensemble de tuyaux de transfert 6 jusqu'au
trou de forage 21. Dans ce mode de réalisation traditionnel, le produit explosif 20
produit au sein du mélangeur 2-6 est véhiculé sur une longue distance, c'est-à-dire
tout le long d'un long tuyau rejoignant le trou de forage 21.
[0082] Le châssis la du camion 1 supporte également en amont de la deuxième pompe 2-2 et
en aval du deuxième réservoir 1-2 un filtre 2-5. Par ailleurs, le châssis la supporte
également :
- en aval de la deuxième pompe 2-2, un débitmètre 2-2a, et
- un capteur de vitesse 2-1a permet de connaître la quantité de produit débité par la
pompe.
[0083] En aval de la première pompe 2-1, sont également montés sur le premier circuit 1-a
différents capteurs à savoir, un capteur de pression du fluide de matrice 1a-1, un
capteur de température 1a-2, et un capteur de détection d'absence de débit de flux
de matrice 1a-3.
[0084] Un deuxième tuyau de transfert de réactif de gazéification est disposé à l'intérieur
d'un premier tuyau 6-1 de transfert de matrice, pour former un ensemble de tuyau 6
selon la disposition suivante.
[0085] Les deux canalisations indépendantes de transfert de matrice la et transfert de réactif
de gazéification 1b se rejoignent au niveau d'une première pièce de connexion 3 à
raccords à joints tournants.
[0086] La dite pièce de connexion sert aussi à l'alimentation latérale du tuyau interne
en réactif de gazéification depuis ledit deuxième circuit de transfert et qu'en amont
de la dite première pièce de connexion les dits premier et deuxième circuits sont
séparés et s'étendent depuis les dits premier et deuxième réservoirs dans des directions
différentes et la dite première pièce assure la connexion coaxiale des deux premier
et deuxième tuyaux en aval de celle-ci, les deux flux de dite matrice et dit réactif
restant toutefois séparés jusqu'au premier mélangeur.
[0087] Plus particulièrement, la fixation des extrémités amont des dits premier et deuxièmes
tuyaux sur les dits premier et deuxième orifices de sortie de la dite première pièce
de connexion se fait par l'intermédiaire de deux raccords à joints tournants 4
1 autorisant chacun séparément la rotation sur elle-même par rapport audit axe longitudinal
(XX') des extrémités amont des dits premier et respectivement deuxième tuyaux, les
dits première pièce de connexion et dits raccords à joints tournants étant disposés
en amont d'un dit tambour enrouleur de sorte que les dits premier et deuxième orifices
de sortie sont disposés dans l'axe de rotation du dit tambour. Cette caractéristique
est particulièrement avantageuse car elle évite les torsions des dits premier et deuxième
tuyaux lors des enroulements et déroulement de dits tuyaux sur ledit enrouleur lorsque
les parties amont non enroulées des dits tuyaux sont entraînées en rotation sur elles-mêmes
par rapport audit axe de rotation dudit tambour de façon différentiée.
[0088] La première pièce de connexion 3 est disposée juste en amont d'un tambour enrouleur
5 supportés par une structure ou poutre 5a. Sur le tambour enrouleur 5, on enroule
une partie flexible avale 6
1b du premier tuyau 6
1 reliée à une partie rigide amont 6
1a par un collier amovible 6
1c.
[0089] La partie rigide amont 6
1a du premier tuyau 6
1 solidaire à la fois de la première pièce de connexion 3 via le premier raccord à
joint tournant 4
1 et solidaire également du tambour enrouleur 5 est donc entraînée en rotation avec
le tambour enrouleur 5 autour de l'axe de rotation XX' commun du tambour enrouleur
5 et desdits raccords à joint tournant 4
1 et de la pièce de connexion 3.
[0090] La partie rigide 6
1a présente différents coudes, de sorte que sa partie amont est disposée selon la direction
axiale XX' de la première pièce de connexion 3 tandis que sa partie avale au niveau
du collier 6
1c est disposée dans une direction tangentielle d'une partie cylindrique 5
1 du tambour enrouleur 5 sur laquelle peut s'enroule la deuxième partie flexible 6
1b du premier tuyau 6
1 lorsqu'on actionne en rotation le tambour enrouleur 5.
[0091] Le deuxième tuyau 6
2 disposé à l'intérieur du premier tuyau 6
1 mais comporte deux parties flexibles 6
2a et 6
2b reliées entre-elles par un raccord à union double 6
3. Le raccord union double 6
3 est disposé juste en aval du collier 6
1c de sorte que lorsque l'on ouvre et/ou retire le collier 6
1c pour séparer les deux parties de premier tuyau 6
1a et 6
1b, on peut extraire le deuxième tuyau 6
2 et désaccoupler les deux parties 6
2a et 6
2b de deuxième tuyau 6
2 et ainsi facilement raccourcir autant que de besoin la partie avale 6
2b lorsque l'on a précédemment été amené à raccourcir l'extrémité avale usée de la
partie flexible 6
1b du premier tuyau 6
1 comme décrit ci-après.
[0092] L'extrémité avale du deuxième tuyau 6
2 comporte un clapet anti retour 6
4, par exemple du type commercialisé par la société SWAGELOK. Le clapet 6
4 se trouve situé le plus près techniquement possible de l'extrémité amont d'un premier
mélangeur statique 7 disposée à l'extrémité avale du premier tuyau 6
1. Le clapet 6
4 s'ouvre sous la pression de réactif de gazéification parcourant le tuyau 6
2 quand la pompe 2
2 fonctionne; et le clapet 6
4 se ferme quand la deuxième pompe 2-2 s'arrête et que la pression de flux de réactif
de gazéification diminue. Le clapet 6
4 est relié à l'extrémité avale de la conduite interne 6
2. Ce clapet est important pour permettre le contrôle fiable et précis de la variation
en temps réel en cours de remplissage du trou de la densité du produit explosif obtenu
par mélange de ladite matrice et du dit réactif de gazéification.
[0093] Pour la partie flexible 6
1b de premier tuyau 6
1, on peut utiliser un flexible thermoplastique de diamètre externe de 42 mm et de
diamètre interne de 32 mm, de 30 à 100 m de long. Pour le deuxième tuyau 6
2, on utilisera des conduites thermoplastiques de diamètre externe de 13,2 mm et diamètre
interne de 8.3 mm.
[0094] Sur les figures 5 et 6, on a représenté un mélangeur statique 7 original selon la
présente invention. Ce dit premier mélangeur 7 est constitué d'un tube fourreau cylindrique
7b qui s'étend sur une longueur de 0.25 à 1m et de diamètre externe juste inférieur
au diamètre interne du premier tuyau 6
1 soit par exemple environ 32 mm et de diamètre interne environ 27 mm. Ce tube fourreau
comprend une pluralité des orifices latéraux 7c espacés pour en faciliter le nettoyage
interne. Dans un mode de réalisation, ledit tube comprend à ses extrémités longitudinales
amont et aval des barres transversales 7d qui en facilite la manutention le rendant
apte à être appréhendé par un crochet en tant que de besoin pour le mettre en place
ou le retirer. Avantageusement, sa surface externe comprend un filetage 7e pour en
permettre la fixation contre la surface interne du tuyau 6
1.
[0095] Le tube fourreau 7b contient et supporte 4 à 8 ailettes ou pâles torsadées à surface
hélicoïdale 7a fixées de manière juxtaposées dans la direction X
1X
1' du tube7b, le bord longitudinal hélicoïdal de chaque ailette étant fixé à la paroi
interne du dit tube, les dites ailettes ayant donc toutes le même diamètre correspondant
au diamètre interne du dit tube.
[0096] Les ailettes 7a sont juxtaposées les unes contre les autres dans la direction longitudinale
X
1X
1', mais les différentes portions de surfaces hélicoïdales ne sont pas continues hélicoïdalement,
c'est-à-dire que le bord transversal de fuite de chaque ailette est décalé angulairement
par rapport au bord transversal d'entrée de la dite ailette et au bord transversal
d'entrée de l'ailette suivante. Plus particulièrement, les ailettes successives sont
décalées angulairement de façon à optimiser les performances dudit mélangeur notamment
décalés à 90° successivement par rapport à l'axe X
1X
1'. Plus précisément, les éléments hélicoïdaux présentent un diamètre de sensiblement
30mm, une épaisseur des surfaces hélicoïdales d'environ 2mm, une longueur d'environ
50mm et un décalage angulaire d'environ 90°, la longueur totale du mélangeur étant
d'environ 400mm.
[0097] Le flux de réactif de gazéification sortant du clapet 6
4 et le flux de matrice arrivant au niveau du clapet 6
4 à l'extérieur de celui-ci, peuvent commencer à se mélanger dans le tuyau 6 puis au
sein du cône de restriction 10 où ils subissent une augmentation de viscosité avant
de se mélanger plus intimement au niveau des ailettes 7a.
[0098] De préférence, les différents éléments hélicoïdaux 7a successifs sont à pas à sens
inversé successivement. L'écoulement de matière à travers le mélangeur statique dans
la direction longitudinale X
1X
1', devient laminaire et est divisé en courants partiels par un premier élément hélicoïdal
7a, puis redivisé au passage d'un élément hélicoïdal 7a suivant et ainsi de suite
ce qui provoque de par l'action des ailettes ou pâles une rotation du produit de mélange
sur lui-même. En principe, les éléments hélicoïdaux 7a ne sont pas eux-mêmes en mouvement
relatif par rapport au mélange de fluide et en tout état de cause, aucune source de
puissance n'est requise autre que celle apportée par lesdites pompes pour vaincre
la perte de charge induite par les chicanes que forment les successions de dits éléments
hélicoïdaux 7a.
[0099] 2 modes de réalisation du dispositif de cisaillement ou cône de restriction 10 sont
représentés sur les figures 5C et respectivement 6A.
[0100] Sur la figure 5C, le cône de restriction est particulièrement adapté et préféré en
cas de matrice tel que décrit ci-après à particules de nitrate d'ammonium fines c'est-à-dire
de taille inférieure à 1.5mm avec un débit de pompage inférieur 100 kg/min. La paroi
du cône de restriction est une paroi tronconique formant un canal interne de passage
du fluide avec :
- un orifice d'entrée C1 circulaire de diamètre égale au diamètre interne du fourreau
soit environ 27mm,
- un orifice de sortie C2 circulaire de diamètre réduite de 6-18mm, de préférence 10-12mm.
[0101] Sur la figure 6A, le cône de restriction est particulièrement adapté et préféré en
cas de matrice tel que décrit ci-après à particules de nitrate d'ammonium plus grosses
c'est-à-dire de taille de 1.5 à 3 mm et le débit de pompage supérieur à 100 kg/min.
La paroi du cône de restriction est une paroi tronconique avec :
- un orifice d'entrée C1 circulaire de diamètre égale au diamètre interne du fourreau
soit environ 27mm
- Orifice de sortie oblongue de longueur D2 dans une première direction perpendiculaire
à l'axe XX', D2 =15-25mm et de longueur d2 dans une deuxième direction perpendiculaire
à l'axe XX', d2= 5-15mm.
[0102] Dans le mode représenté, la forme, oblongue est circonscrite à deux cercles adjacents
de diamètre d2, soit D2= 20 mm et d2 = 10mm.
[0103] La longueur axiale du cône est de 20-40m.
[0104] Dans le mode de réalisation tronconique de la figure 5C, la pente de la paroi tronconique
est constante d'environ 10 à 60°, ici environ pour une longueur axiale (distance entre
C1 et C2) d'environ 20 mm.
[0105] Dans le mode de réalisation de type tronconique de la figure 6A, la pente de la paroi
du cône de restriction est variable 5° à 50, ici de 10° à 30° (10° dans la partie
circulaire latérale, 30° dans la partie droite médiane) pour une longueur axiale d'environ
20mm.
[0106] La distance L2 du cône 10 au disperseur 11 est de 35mm et la distance du disperseur
11 à la première pale hélicoïdale est d'environ 10 mm.
[0107] Sur les figures 5C et 6A, un tube fourreau de longueur= 250mm contenant seulement
4 pales 7a de 40mm en longueur est suffisant du fait de l'augmentation de viscosité.
[0108] Dans les deux cas, la dite section de sortie circulaire ou oblongue débouche dans
une zone du dit tube rigide de plus grande section transversale que la dite section
de passage en sortie.
[0109] Un dispositif de dispersion dénommé brise jet 11 se présente sous forme une double
traverse en croix disposée transversalement, centrée axialement et fixée au sein dit
tube fourreau en aval de l'orifice de sortie (C2) du dispositif de cisaillement ce
qui réduit la vitesse et la pression du fluide à ce niveau. Ce dispositif de dispersion
vise à protéger mécaniquement le mélangeur statique sans affecter la viscosité du
fluide. Ainsi pour une augmentation de viscosité avec réduction de diamètre mentionnée
ci-dessus on peut passer d'une pression de 0.5.10
5 Pa en entrée du cône de restriction à 8.10
5 Pa en sortie au niveau de l'orifice C2 donc au centre du tube 7b.L'écoulement du
fluide de mélange bute sur le centre du brise jet ou se rejoignent les deux traverses
à 90° ce qui réduit la pression du fluide de mélange là où elle est la plus forte.
[0110] La fixation du mélangeur 7 par vissage au niveau de son filetage 7e contre la paroi
interne 6
1e de l'extrémité avale du premier tuyau 6
1a pour fonction essentielle de retenir le mélangeur statique 7 au sein de l'extrémité
avale du premier tuyau 6
1. Le dévissage permet de sortir le premier mélangeur 7 de l'extrémité avale du premier
tuyau 6
1 et ainsi de pouvoir couper l'extrémité avale du tuyau 6
1 lorsque celle-ci est endommagée après un certain nombre d'utilisations du fait que
la surface externe de l'extrémité avale du tuyau 6
1 en contact avec les parois des trous de forage 21 constituées de massif rocheux 25
ont tendance à endommager l'extrémité avale du tuyau 6
1 pendant l'opération.
[0111] La fixation de chaque ailette hélicoïdale est réalisée au niveau de leurs tranches
périphériques sur la surface interne du fourreau 7b.
[0112] En amont de la succession d'ailettes hélicoïdales 7a se trouve un élément appelé
disperseur ou brise-jet 11, facultatif, intercalé entre les dites ailettes 7a du mélangeur
statique et un dispositif de cisaillement constitué d'un cône de restriction 10 selon
la présente invention, le disperseur 11 et le cône de restriction 10 étant aussi solidaires
de et supportés par le dit tube fourreau 7b.
[0113] En fait, selon une caractéristique originale de la présente invention, le mélangeur
7 comprenant le tube fourreau, les ailettes hélicoïdales 7a ainsi que le disperseur
11 et cône de restriction 10 contenus et supportés par le tube fourreau viennent de
matière et constituent une unique pièce d'un seul tenant fabriquée par impression
3D en polyamide renforcé par des fibres de verre. Cette fabrication de façon monobloc
est avantageuse car cette pièce est ainsi plus solide avec une plus grande facilité
de démontage et d'entretien.
[0114] Avantageusement, on met en oeuvre un procédé selon l'invention dans lequel on fait
varier la densité du produit explosif produit en continu lors du remplissage d'un
trou de forage 21 en un seul passage, c'est-à-dire, sans avoir à relever le tuyau
6 en cours de remplissage, comme décrit ci-après.
[0115] L'émulsion est constituée de composants suivants :
- huile minérale et/ou de vidange de moteur : 6,5 %,
- gasoil : environ 1%,
- agents tensioactifs non ioniques: 1%,
- nitrates d'ammonium et/ou de calcium et/ou sodium : environ 75%,
- eau : environ 15 à 20 %.
[0116] A l'émulsion ci-dessus ainsi obtenue, on ajoute des nitrates d'ammonium et/ou de
calcium dans une proportion de 15 à 35% et un catalyseur par exemple d'acide acétique
dans une proportion de 0,5 à 2%, auquel on peut également rajouter de l'aluminium
(sous forme de poudre de granulométrie comprise entre environ 100µm et 2mm) dans une
teneur de 1 à 10 % en poids également. On obtient ainsi, ladite matrice selon la présente
description au sein du premier réservoir 1-1.
[0117] Un exemple de formulation de matrice est donc :
- huile minérale et/ou de vidange moteur : 4.55%,
- gasoil : 0.7%
- agents tensio-actif : 0.7%
- nitrate d'ammonium en solution : 52.5%
- eau : 11.55%
- nitrate d'ammonium sous forme de particules solides : 30%
[0118] A cette matrice, s'ajoute selon le procédé de la présente invention, un réactif de
gazéification qui est ici notamment une solution aqueuse d'environ 20% de nitrite
de sodium et 80% d'eau pouvant comprendre des catalyseurs tels que thiocyanate de
sodium, formiate de sodium, nitrate de zinc et/ou nitrate de calcium.
[0119] La densité de l'émulsion de base (non supplémentée) ci-dessus décrite est par exemple
d'environ 1.4 à 1.6 et la densité de l'émulsion supplémentée définissant ladite matrice
telle que décrite ci-dessus, avant mélange avec le réactif de gazéification est de
0.8 à 1.3.
[0120] La densité du produit de mélange avant réaction de gazéification au sein dudit premier
mélangeur est de 1,25 à 1,45 selon les proportions respectives de quantités et/ou
débits de dite matrice et dit réactif de gazéification et la densité du produit explosif
après gazéification est de 0,8 à 1,2.
[0121] L'énergie moyenne d'un produit explosif 20 de densité 1.2 est de 3,7 MJ/kg soit 4,44
MJ/L. Ainsi, pour un produit explosif de densité de 0,5 à 1,5 l'énergie explosive
sera de 1,85 à 5,55 MJ/L.
[0122] Pour un débit Y de réactif de gazéification en L/min (produit/liquide) en fonction
d'un débit de matrice X en kg/min de produit visqueux, la relation Y = aX + b est
donnée par des abaques avec des valeurs de a et b différentes selon les valeurs de
densité d du produit explosif obtenu après gazéification résultant de la réaction
entre ladite matrice et le réactif de gazéification par mélange intime au sein du
mélangeur statique. Ainsi, les valeurs différentes de a et b sont par exemple ici
:
- pour d = 0,8, Y = 0,0117X + 0,002, et
- pour d = 0,9, Y = 0,0085X + 0,0012, et
- pour d = 1, Y = 0,006X, et
- pour d = 1,1, Y = 0,0039X + 0,0019, et
- pour d = 1,2, Y = 0,0021X.
[0123] Il existe donc une relation linéaire entre X et Y suivant la densité finale du produit
explosif 20 résultant de la réaction par mélange intime des deux produits.
[0124] L'unité de contrôle et commande automatisée 9 permet de contrôler les vannes proportionnelles
V1 et V2 régulant les débits de matrice et de réactif de gazéification, et l'actionnement
et vitesse des moteurs des pompes 2-1 et 2-2. Les débits X et Y sont fournis par étalonnage
du capteur de vitesse 2-2a de la pompe 2-2 pour les valeurs de X (kg/min) et par le
débitmètre 2-2a pour le débit Y de réactif de gazéification (L/min).
[0125] En pratique, du fait que le réactif de gazéification R
2 est en plus faible quantité et sous forme liquide il est plus facile d'en contrôler
le débit de sorte qu'on opère avec un débit de matrice constant X = 125 kg/min.
[0126] Ainsi, l'opérateur conduisant l'installation choisi les densités successives de produit
explosif 20 souhaitées ainsi que les quantités correspondantes pour chaque densité
en fonction de son analyse des besoins dans le trou de forage concerné compte tenu
de l'environnement de massif rocheux 25 autour du trou à abattre. X étant constant,
Y le débit de réactif de gazéification est déterminé automatiquement à partir de l'abaque
en fonction de la densité souhaitée. En pratique, pour chaque trou de mine 21, l'opérateur
choisira jusqu'à quatre densités différentes appelées d1, d2, d3 et d4. Les densités
d1 à d4 de produits explosifs à réaliser et les quantités correspondantes sont entrées
au niveau de l'unité centrale 9 via un clavier tactile 9a apparaissant à l'écran de
l'interface graphique 9b. L'opérateur peut alors lancer un cycle de pompage.
[0127] L'unité de commande centralisée et automatisée 9 commande alors automatiquement la
régulation du flux et donc du débit de réactif R2 pour un débit de matrice M donné.
Ainsi, par exemple, le cycle de production d'un trou cylindrique de 20 m de profondeur
et 115mm de diamètre suivant sera réalisé comme suit pour une matrice supplémentée
présentant une densité, dans l'exemple ci-après, d'environ 1,3 :
- on charge 20 kg de produits explosifs de densité 1,2 avec par exemple un débit de
réactif de gazéification de 0,21 L/min, et
- on change de consigne et on donne l'ordre de charger 25 kg de produit explosif 20
de densité 1 qui viendront donc se déposer par-dessus les 20 kg de produits explosifs
de densité 1,2 précédemment déposés au fond du trou depuis l'extrémité avale du tuyau
61, en mettant en oeuvre par exemple un débit de réactif de gazéification de 0,60 L/min
; puis
- on charge 50 kg de produits explosifs à densité de 0,9, par-dessus le produit explosif
précédemment déposé, en mettant en oeuvre par exemple un débit de réactif de gazéification
de 0,80 L/min, puis
- on charge au sommet de la colonne, 30 kg de produit explosif 10 de densité d = 0,8,
obtenu en transférant par exemple un débit de réactif de gazéification de 0,90 L/min.
[0128] L'unité centrale automatisée 9 permet donc de commander et contrôler les valeurs
de débit de réactif de gazéification comme décrit ci-dessus, simplement en réglant
la vitesse du moteur hydraulique de la deuxième pompe 2-2 transférant le réactif de
gazéification, et en maintenant un débit sensiblement constant de 125 kg/min de dite
matrice. Un tel contrôle et régulation de débit du réactif de gazéification permet
de faire varier, quasiment en temps réel la valeur de densité de produit obtenu en
sortie de premier mélangeur statique 7 et déversé directement dans le trou de forage,
du fait de l'automatisation du contrôle et de la régulation du débit de réactif de
gazéification par l'unité centrale 9.
[0129] Plus particulièrement, on transfère et dépose ledit produit explosif obtenu en sortie
du dit premier mélangeur, dans un trou pour explosion 21, dans ou au-dessus duquel
l'extrémité avale du premier mélangeur est disposée, le dit trou étant situé à distance
des dits réservoirs, de à au moins 20 m, trou, de préférence un trou de forage sensiblement
cylindrique, dans lequel on a précédemment placé une charge d'amorçage d'explosif
22 et un détonateur 23 relié à un fil de détonateur 24.
[0130] On a réalisé des essais comparatifs d'un même mélangeur 7 ci-dessus décrit avec et
sans cône de restriction 10 qui démontrent une augmentation de viscosité et surtout
des quantité de réactifs de gazéification et des réaction de gazéification dans le
trou de forage (avant bourrage) comme explicité dans le tableau ci-après.
| Critères |
Unité |
Situation précédente |
Nouveau mélangeur |
| Débit de pompage de matrice + NA (*1) |
Kg/min |
100 |
100 |
| Teneur en réactif de gazéification dans le mélange |
% |
0.73 |
0.73 |
| Densité initiale du mélange |
|
1.36 |
1.36 |
| Viscosité du mélange avant passage dans le mélangeur |
Cps |
23 000 |
23 000 |
| Cône de restriction dans le mélangeur |
|
Aucun |
Cône D1=27 mm à D2=10 mm |
| Viscosité après passage dans le mélangeur |
Cps |
23 000 |
45 000 |
| Densité finale mesurée de la colonne d'explosif (*2) |
|
1.07 |
1.02 |
| Rendement de la réaction de gazéification (*3) |
% |
88 |
95 |
| Temps nécessaire pour obtenir la densité finale de la colonne égale à 1.07 |
min |
20 |
10 |
*1= :NA= Nitrate d'ammonium
*2 : Densité finale mesurée d'une colonne d'explosif de 10 m de hauteur (100 kg dans
un forage de diamètre 115 mm) par rapport à la teneur en réactif (0.73%)
*3 : La densité finale théorique de la colonne d'explosif pour un rendement de réaction
de 100% est 0,95. |
1. Procédé de production in situ de produit explosif (10) comprenant les étapes dans
lesquels :
1) on transfère séparément jusqu'à un premier mélangeur (7) comprenant de préférence
un mélangeur statique, un produit visqueux, dénommé matrice, comprenant une émulsion
inverse d'une phase aqueuse de comburant et phase huileuse de combustible et, un produit
liquide contenant un composé chimique apte à réagir avec la dite matrice pour en augmenter
le caractère explosif par gazéification, dénommé réactif de gazéification, et
2) on mélange ledit produit visqueux de dite matrice, et ledit produit liquide de
dit réactif de gazéification, dans ledit premier mélangeur (7) à travers lequel les
dite matrice et réactif de gazéification sont transférée en mélange, et
3) on transfère et dépose ledit produit explosif obtenu en sortie du dit premier mélangeur,
dans un trou pour explosion (21), dans ou au-dessus duquel l'extrémité avale du premier
mélangeur est disposée,
caractérisé en ce qu'avant l'étape 3), on réalise une augmentation de la viscosité du dit mélange de dite
matrice et dit réactif de gazéification par cisaillement au sein d'un tube ou tuyau
(6, 7b) dans lequel la dite matrice et dit réactif de gazéification sont transférés,
en passant le dit mélange dans un dispositif de cisaillement (10) au sein dudit tuyau
ou tube (6,7).
2. Procédé selon la revendication 1 caractérisé en ce que le dispositif de cisaillement (10) comprend une paroi définissant une surface de
révolution par rapport à l'axe longitudinale dudit tuyau ou tube formant un canal
interne de passage du mélange, surface de révolution dont la superficie de la section
transversale de passage du mélange diminue progressivement d'une section de passage
en entrée (C1) du dispositif de cisaillement de superficie S1 jusqu'à une section
de passage en sortie (C2) du dispositif de cisaillement de superficie S2 inférieure
à S1 et débouchant dans une zone du dit tube ou tuyau de plus grande section transversale
que la dite section de passage en sortie.
3. Procédé selon la revendication 1 ou 2 caractérisé en ce que le dispositif de cisaillement (10) comprend une paroi tronconique ou de type tronconique
dénommé cône de restriction (10) formant un canal interne de passage du mélange dont
la section transversale de passage du mélange à l'intérieur du dit cône de restriction
diminue progressivement en passant d'une section de passage circulaire en entrée (C1)
du cône de restriction jusqu'à une section de passage en sortie (C2) du cône de restriction
de dimension réduite, la dite section de sortie étant circulaire ou oblongue.
4. Procédé selon l'une des revendications 1 à 3 caractérisé en ce qu'on réalise une augmentation de la viscosité du dit mélange d'au moins un facteur 2.
5. Procédé selon l'une des revendications 2 à 4 caractérisé en ce que le rapport des superficies des dites sections de passage d'entrée (cl) et de sortie
(c2) du cône de restriction est S1/S2 est au moins égal à 2 de préférence inférieur
à 3.
6. Procédé selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce qu'on réalise le mélange dans un dit premier mélangeur (7) comprenant mélangeur statique
(7a) placé dans un tuyau (6) ou tube(7b) et on place ledit dispositif de cisaillement
(10) dans le dit tuyau ou tube juste en amont dudit mélangeur statique.
7. Procédé selon la revendication 6, caractérisé en ce qu'on intercale entre le dispositif de cisaillement (10) et dit mélangeur statique (7a)
un dispositif de dispersion dénommé brise jet (11) formant une double traverse en
croix disposée transversalement, centrée axialement et fixée au sein dit tube fourreau
en aval de l'orifice de sortie (C2) du dispositif de cisaillement pour réduire la
vitesse et la pression du fluide à ce niveau.
8. Procédé selon l'une des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que le dit premier mélangeur comprend une pluralité de pâles ou ailettes (7a) bout à
bout présentant chacune une surface hélicoïdale, s'étendant dans sa direction axiale
(XX') sur une longueur correspondant de préférence à un demi pas de la courbe hélicoïdale
correspondante, les dites surfaces hélicoïdales étant supportées par un même support
(7b) auquel elles sont fixées de préférence de façon juxtaposées dans la direction
longitudinale du dit tuyau ou tube, les dites pâles de surfaces hélicoïdales successives
étant toutes sensiblement de même diamètre que le diamètre interne de la surface interne
cylindrique du dit tuyau ou tube et décalées angulairement en rotation par rapport
à leur axe virtuel commun de surface hélicoïdale coïncidant sensiblement avec un axe
longitudinale du dit tuyau ou tube(7b), de préférence les dites surfaces hélicoïdales
successives étant décalées de 90°.
9. Procédé selon l'une des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que le dit premier mélangeur (7) comprend un tube fourreau rigide (7b) qui supportent
les dites pâles ou ailettes (7a) qui lui sont solidaires et au sein duquel les dites
pâles ou ailettes sont disposées, le bord de chaque ailette étant en contact et solidaire
sur sa longueur avec la paroi interne dudit tube fourreau, le dit tube fourreau rigide
(7b) présentant un diamètre externe sensiblement identique ou juste suffisamment inférieur
au diamètre interne du tuyau (6,6-1) alimentant ledit premier mélangeur en dit mélange
et dans lequel ledit premier mélangeur est disposé.
10. Procédé selon la revendication 9, caractérisé en ce que le dit tube fourreau comprend des perforations latérales (7c).
11. Procédé selon l'une des revendications 9 à 10, caractérisé en ce que le dit premier mélangeur constitué du dit tube fourreau (7b) et des dites pâles ou
ailettes (7a) et dit cône de restriction (10) qui lui sont solidaires sont réalisées
en une seule et même pièce, de préférence en matière plastique.
12. Procédé selon l'une des revendications 1 à 11, caractérisé en ce qu'à l'étape 1), la dite matrice est transférée dans un premier tuyau flexible (61) et le dit réactif de gazéification est transféré dans un deuxième tuyau flexible
(62), les dits premier et deuxième tuyaux flexibles étant réunis l'un avec l'autre de
sorte que le dit deuxième tuyau(62) est disposé entièrement à l'intérieur du premier tuyau (61) formant un ensemble (6) de tuyaux coaxiaux, la dite matrice étant véhiculée sans
contact avec le réactif de gazéification dans l'espace annulaire entre les deux tuyaux
coaxiaux, ledit premier mélangeur étant disposé à l'intérieur du premier tuyau à son
extrémité avale, ledit deuxième tuyau se terminant juste en amont dudit dispositif
de cisaillement (10) et dit premier mélangeur (7).
13. Procédé selon l'une des revendications 1 à 12
caractérisé en ce que, pour produire un produit explosif de densité de 0.5 à 1.5, on met en oeuvre :
- une dite matrice de densité de 1 à 2 d'une émulsion de base dite inverse ou « eau
dans huile » obtenue par un mélange de (a) une phase continue organique, constituée
mélange d'huiles minérales et gasoil, et (b) une phase aqueuse discontinue de divers
sels comburants en solution aqueuse à base de particules de nitrate(s) d'ammonium
et/ou sodium et/ou calcium ; à un débit de 25 à 300 Kg/min, et
- une solution dit réactif de gazéification de densité de 0.5 à 1.5 à base de nitrite
et/ou thiocyanate de sodium, à un débit de 0.1 à 2 L/min ;
- dans un ratio de débit de réactif/ matrice variant de de 0.1 à 2 L/ 100Kg,
- la viscosité dudit mélange avant cisaillement par le dispositif de cisaillement
étant de 15 000 à 25 000 cps tel que mesuré avec un viscosimètre Brookfield mobile
7 à 50 tour/min et 30 000 à 60 000 après cisaillement par le dispositif de cisaillement.
14. Mélangeur (7) comprenant un dispositif de cisaillement (10) fixé à un mélangeur statique
(7a) en amont dudit mélangeur statique (7a), le dit dispositif de cisaillement et
le dit mélangeur statique étant disposés au sein d'un tube rigide et solidaires du
dit tube rigide, le dit tube rigide étant apte à être placé dans un tuyau (6) pour
la mise en oeuvre d'un procédé selon l'une des revendications 1 à 13.
15. Mélangeur selon la revendication 14
caractérisé en ce que ledit tube rigide (7b) forme un fourreau supportant solidairement en son sein :
- un dispositif de cisaillement (10) comprenant une paroi interne tronconique ou de
type tronconique coaxiale dénommée cône de restriction (10) formant un canal interne
de passage du mélange dont la section transversale de passage du mélange à l'intérieur
du dit cône de restriction diminue progressivement en passant d'une section de passage
circulaire en entrée (C1) du cône de restriction jusqu'à une section de passage en
sortie (C2) du cône de restriction de dimension réduite, la dite section de sortie
étant circulaire ou oblongue et débouchant dans une zone du dit tube rigide de plus
grande section transversale que la dite section de passage en sortie, et
- un mélangeur statique comprenant une succession de pâles ou ailettes hélicoïdales
(7a) juxtaposées bout à bout, toutes de même diamètre que le diamètre interne de la
paroi interne cylindrique du dit tube, le bord de chaque ailette étant en contact
et solidaire sur sa longueur avec la paroi interne dudit tube rigide, et les dites
ailettes successives étant décalées angulairement, dans le tube rigide (7b) en aval
dudit dispositif de cisaillement.