Domaine de l'invention
[0001] L'invention concerne un appareil électrique de protection de ligne, du type interrupteur
différentiel (RCCB). Ce type d'appareil est conçu notamment pour couper de faibles
niveaux de courant de court-circuit, et pour déclencher en cas de défaut différentiel.
[0002] L'appareil électrique de protection de ligne selon l'invention, du type interrupteur
différentiel, comporte de façon classique :
- un porte-contact rotatif, au moins un contact fixe, au moins un contact mobile fixé
au porte-contact rotatif, une manette de commande du au moins un contact mobile ;
- une serrure mécanique apte à basculer en entraînant l'ouverture/fermeture des contacts
suite à une action manuelle sur la manette ;
- un dispositif de coupure commandé par la manette de commande entraînant ledit contact
mobile à distance ou vers un contact fixe, ladite manette étant reliée au porte-contact
par l'intermédiaire de la serrure mécanique ;
- un dispositif de déclenchement différentiel, du type relais différentiel, apte à faire
basculer la serrure mécanique pour ouvrir les contacts en cas d'apparition d'un défaut
différentiel sur la ligne, et apte à être réarmé après le déclenchement par la serrure.
[0003] Il existe un mécanisme précis et sensible logé à l'intérieur du relais différentiel.
Il s'agit généralement d'un circuit magnétique composé d'une palette mobile entraînée
à distance ou contre des surfaces polaires d'une armature fixe. Ces surfaces polaires
sont rectifiées afin d'obtenir une haute précision dans le fonctionnement du relais.
Dans le cas d'un relais différentiel, lorsque la palette est positionnée sur l'armature,
il est dit fermé ou armé, et lorsque la palette est à distance de l'armature, il est
dit ouvert ou déclenché.
[0004] Les surfaces polaires sont très sollicitées dans l'appareil électrique. Elles sont
notamment sollicitées à chaque réarmement du relais, qui a lieu après un déclenchement
différentiel, et qui a également lieu lors de chaque manipulation de la manette pour
ouvrir les contacts. Dans ce dernier cas, puisqu'il s'agit d'une manipulation manuelle
sans qu'un déclenchement différentiel n'ait eu lieu précédemment, le relais est déjà
armé, et la serrure vient « forcer » le réarmement du relais provoquant des vibrations
et des frottements de la palette mobile sur les surfaces polaires, et engendrant une
usure prématurée des surfaces polaires.
[0005] Cette usure modifie l'entrefer entre la palette mobile et une première des surfaces
polaires d'un côté, et entre la palette mobile et une deuxième des surfaces polaires
d'un autre côté.
[0006] Si l'entrefer augmente, on constatera une dérive de la puissance du relais vers le
bas car la palette est plus éloignée de la surface polaire qu'elle ne devrait l'être.
Cette dérive vers le bas signifie que le relais a alors besoin de moins de puissance
pour déclencher, et le relais va même finir par déclencher tout seul sans qu'il existe
un défaut différentiel. L'appareil est alors non fonctionnel, et il ne sera plus possible
de réarmer la serrure.
[0007] Si l'entrefer diminue, on constatera une dérive de la puissance du relais vers le
haut car la palette est plus proche de la surface polaire qu'elle ne devrait l'être.
Cette dérive vers le haut signifie que le relais a alors besoin de plus de puissance
pour déclencher, et le relais va même finir par ne plus se déclencher car la puissance
nécessaire est trop importante. L'appareil est alors dangereux car il ne peut plus
protéger les gens contre les défauts différentiels.
[0008] De plus, les frottements de la palette mobile sur les surfaces polaires créent de
la pollution qui vient couvrir les surfaces polaires, et le relais aura alors tendance
à déclencher intempestivement.
[0009] Lorsqu'un appareil est mis en vente, il a déjà subi quelques cycles d'endurance avec
des ouvertures et des fermetures des contacts via des actions manuelles sur la manette.
L'appareil considéré comme neuf comporte alors un relais déjà usé par ces cycles d'endurance.
A long terme, la fin de vie de l'appareil est dictée par la fin de vie du relais qui
constitue le composant le plus fragile, alors que l'appareil en lui-même, hors relais,
pourrait encore fonctionner des années.
Etat de la technique
[0010] La solution mise en oeuvre actuellement consiste à déclarer un nombre de cycle limité
pour l'appareil. L'utilisateur saura qu'au-delà de ce nombre de cycles, l'appareil
pourra être défaillant. Cette solution ne résout pas le problème technique mentionné
ci-dessus, et n'est pas satisfaisant.
Résumé de l'invention
[0011] La présente invention a pour objectif de remédier aux inconvénients précités, en
proposant un appareil électrique de protection de ligne, comprenant un dispositif
de déclenchement différentiel qui permette une protection efficace contre les défauts
différentiels, et qui ne constitue pas un point de faiblesse pour la durée de vie
générale de l'appareil.
[0012] L'invention concerne ainsi un appareil électrique de protection de ligne, du type
interrupteur différentiel, comprenant :
- un porte-contact rotatif, au moins un contact fixe, au moins un contact mobile fixé
au porte-contact rotatif, une manette de commande du au moins un contact mobile ;
- une serrure mécanique apte à basculer en entraînant l'ouverture/fermeture des contacts
suite à une action manuelle sur la manette ;
- un dispositif de coupure commandé par la manette de commande entraînant ledit contact
mobile à distance ou vers un contact fixe, ladite manette étant reliée au porte-contact
par l'intermédiaire de la serrure mécanique ;
- un dispositif de déclenchement différentiel, du type relais différentiel, apte à faire
basculer la serrure mécanique pour ouvrir les contacts en cas d'apparition d'un défaut
différentiel sur la ligne, et apte à être réarmé après le déclenchement par la serrure
;
[0013] Cet appareil se caractérise à titre principal en ce qu'il comporte une première cinématique
pour l'ouverture des contacts suite à une action manuelle sur la manette et une deuxième
cinématique pour l'ouverture des contacts suite à un déclenchement différentiel, lesdites
deux cinématiques étant décorrélées l'une de l'autre de manière à réarmer le dispositif
de déclenchement différentiel uniquement lors de la mise en oeuvre de la deuxième
cinématique.
[0014] Au sens de la présente invention, le terme cinématique doit être compris ou doit
s'entendre comme étant un système mécanique réalisant une chaîne cinématique ou de
mouvement ou comme étant un système cinématique ou un mécanisme cinématique.
[0015] L'idée à la base de l'invention consiste à réduire les sollicitations du dispositif
de déclenchement différentiel par la serrure, plutôt que de demander aux utilisateurs
de décompter le nombre de cycles.
[0016] Il s'agit donc d'une approche totalement différente par rapport à ce qui se pratique
actuellement dans les interrupteurs différentiels.
[0017] En effet, lorsque la manette passe de sa position ON (contacts fermés) à sa position
OFF (contacts ouverts) suite à une action manuelle, aucun réarmement ne doit être
opéré sur le dispositif de déclenchement différentiel, puisqu'il est par définition
déjà armé.
[0018] Dans la présente invention, un réarmement est opéré après, et seulement après, un
déclenchement différentiel. Dans aucun autre cas le dispositif de déclenchement différentiel
n'est sollicité.
[0019] Ce nouveau fonctionnement de l'appareil permet de réduire drastiquement les occurrences
de sollicitations du dispositif de déclenchement différentiel. D'ailleurs, les défauts
différentiels étant plutôt rares dans la durée de vie d'un appareil, le dispositif
de déclenchement différentiel ne s'use alors que très peu, et ne constitue donc plus
un maillon faible de l'appareil. Dès lors il ne contribue plus à l'obsolescence de
l'appareil, la durée de vie de ce dernier étant nettement rallongée.
[0020] Avantageusement, ce nouveau fonctionnement de l'appareil utilise les pièces classiques
d'une serrure, mais avec quelques adaptations et modifications de pièces permettant
d'obtenir deux cinématiques différentes de la serrure en fonction du type de déclenchement.
La première cinématique est mise en oeuvre pour un déclenchement manuel de l'appareil
suite à une action manuelle effectuée directement sur la manette, tandis que la deuxième
cinématique est mise en oeuvre pour un déclenchement différentiel automatique suite
à l'apparition d'un défaut différentiel sur une ligne. Les mêmes pièces sont utilisées
dans les deux cinématiques, mais ont des mouvements différents selon le type de déclenchement.
Et en particulier, seule la deuxième cinématique permet de réarmer le dispositif de
déclenchement différentiel. La première cinématique n'agit pas sur le dispositif de
déclenchement différentiel.
[0021] Ainsi, seule la deuxième cinématique comporte un mécanisme de réarmement du dispositif
de déclenchement différentiel.
[0022] Ce mécanisme de réarmement est adapté pour être activé par un transfert d'énergie
en provenance du porte-contact, ladite énergie étant créée lors de la fermeture des
contacts et restituée lors de l'ouverture des contacts. En effet, lors de la fermeture
des contacts, des ressorts associés au porte-contact se compriment et emmagasinent
de l'énergie. Lors d'un déclenchement différentiel, la deuxième cinématique se met
en route, et entraîne le déplacement du porte-contact de manière à éloigner le contact
mobile du contact fixe. Lors de ce déplacement, les ressorts du porte-contact se détendent
et restituent cette énergie au mécanisme de réarmement pour mettre en oeuvre le réarmement
du dispositif de déclenchement différentiel.
[0023] De façon plus précise, ledit dispositif de déclenchement différentiel comporte un
poussoir de déclenchement mobile entre une position rentrée lorsque le dispositif
de déclenchement différentiel est armé, et une position sortie lorsque le dispositif
de déclenchement différentiel vient de se déclencher, ledit mécanisme de réarmement
étant sollicité lorsque le poussoir prend la position sortie et permettant au poussoir
de passer de la position sortie à la position rentrée.
[0024] Ainsi, le mécanisme de réarmement s'enclenche par la sortie du poussoir, et engendre
une succession de mouvements d'entrainement qui provoquent au final la rentrée du
poussoir.
[0025] Selon différents aspects de l'invention, qui pourront être pris ensemble ou séparément
:
- ledit mécanisme de réarmement comporte :
∘ une bascule apte à tourner dans un premier sens de rotation suite à la sortie du
poussoir ;
∘ un moyen mécanique d'inversion du sens de rotation de la bascule de manière à ce
qu'elle fasse rentrer le poussoir.
- ledit moyen mécanique d'inversion du sens de rotation de la bascule comporte :
∘ un cliquet rotatif entraîné par la bascule lors de son pivotement dans le premier
sens de rotation ;
∘ un déclencheur rotatif entraîné par le cliquet ;
∘ au moins une bielle ;
∘ un élément ressort entraîné par le déclencheur et venant en appui sur la bascule.
- suite à un déclenchement différentiel, le déclencheur pivote et exerce une force sur
l'élément ressort de manière à faire pivoter la bascule dans un second sens de rotation
pour faire rentrer le poussoir.
- ladite force exercée sur l'élément ressort provient de l'énergie du porte-contact
transmise au déclencheur via la au moins une bielle.
- ledit pivotement du déclencheur entraîne l'ouverture des contacts via ladite bielle
et le porte-contact.
- ledit déclencheur comporte un premier bras apte à coopérer avec le cliquet et un second
bras apte à coopérer avec l'élément ressort.
- l'élément ressort comporte une première extrémité libre apte à être entraînée par
le second bras du déclencheur et une seconde extrémité libre apte à venir en appui
sur la bascule pour faire rentrer le poussoir.
- le cliquet comporte une patte apte à coopérer avec la bascule et une saillie apte
à retenir le premier bras du déclencheur en fonctionnement normal de l'appareil et
apte à libérer le premier bras du déclencheur lors d'un déclenchement différentiel
entraînant la libération de l'énergie en provenance du porte-contact pour faire pivoter
le déclencheur.
- dans sa rotation lors d'un déclenchement différentiel, ledit déclencheur, sur un premier
secteur angulaire, entraîne en mouvement le porte-contact via au moins une bielle
pour ouvrir les contacts, et, sur un second secteur angulaire consécutif au premier
secteur angulaire, est entraîné par l'énergie du porte-contact via la bielle pour
exercer une force sur l'élément ressort pour réarmer le dispositif de déclenchement
différentiel.
- le déclencheur a un mouvement de rotation sur le premier secteur angulaire lorsque
le poussoir passe de sa position rentrée à sa position sortie.
- le déclencheur a un mouvement de rotation sur le second secteur angulaire lorsque
le poussoir passe de sa position sortie à sa position rentrée.
- l'appareil comporte un jeu de bielles entre la manette, le porte-contact, et le mécanisme
de réarmement.
- la manette change de position lors d'un déclenchement différentiel sous l'action d'un
ressort de manette activé suite au déplacement du porte-contact.
Présentation des figures
[0026] L'invention sera mieux comprise, et d'autres buts, détails, caractéristiques et avantages
de celle-ci apparaîtront plus clairement au cours de la description explicative détaillée
qui va suivre, d'au moins un mode de réalisation de l'invention donné à titre d'exemple
purement illustratif et non limitatif, en référence aux dessins schématiques annexés.
[0027] Sur ces dessins :
- la figure 1 est une vue éclatée en perspective des pièces participant aux deux cinématiques
de la serrure de l'appareil selon l'invention ;
- les figures 2 à 12 montrent en perspective un appareil selon l'invention avec la serrure
dans différentes positions. L'appareil est illustré sans son boîtier de protection
afin de laisser apparaître les différentes pièces participant aux deux cinématiques
de la serrure. Les figures 2 à 4 montrent les étapes d'un désarmement manuel de l'appareil,
les figures 4 à 6 montrent les étapes d'un armement manuel de l'appareil, et les figures
7 à 12 montrent les étapes d'un déclenchement différentiel de l'appareil avec un réarmement
de son dispositif de déclenchement différentiel.
Description détaillée
[0028] En référence à la figure 1, sont représentées les différentes pièces qui participent
aux deux cinématiques de la serrure de l'appareil selon l'invention.
[0029] Au premier plan est visible le porte-contact 8 qui consiste en un ensemble portant
des contacts mobiles 8a. Dans cet exemple, il y a quatre contacts mobiles 8a, l'appareil
électrique étant tétrapolaire. Ces contacts mobiles 8a sont emmenés à distance ou
contre des contacts fixes 8b, également au nombre de quatre, à l'encontre de ressorts
de contact 8c ayant tendance à éloigner les contacts mobiles 8a des contacts fixes
8b. Lors de la fermeture des contacts, le porte-contact 8 se déplace à l'encontre
d'au moins un ressort de porte-contact 8d qui se comprime alors. Lors de l'ouverture
des contacts, ce ressort de porte-contact 8d ainsi que les ressorts de contact se
détendent.
[0030] Le porte-contact 8 est relié à une manette 9 de commande des contacts via une première
bielle 7 et une seconde bielle 6. La manette 9 est mobile en rotation entre une position
ON où les contacts sont fermés, et une position OFF où les contacts sont ouverts.
Ces bielles 6,7 permettent de transmettre le mouvement de rotation de la manette 9
vers le porte-contact 8 afin qu'il ouvre ou ferme les contacts. La première bielle
7 est en liaison pivot au niveau de sa première extrémité 7a avec le porte-contact
8, et en liaison pivot au niveau de sa seconde extrémité 7b avec une première extrémité
6a de la seconde bielle 6, cette dernière étant en liaison pivot au niveau de sa seconde
extrémité 6b avec la manette 9. Plus précisément, la manette 9 présente une excroissance
9b à l'intérieur de laquelle se trouve un logement accueillant la seconde extrémité
6b pivotante de la seconde bielle 6. Ce logement est désaxé par rapport à l'axe 9a
de rotation (mieux visible en figure 2) de la manette 9.
[0031] En arrière-plan est visible un dispositif de déclenchement différentiel 1 correspondant
à un relais 1 différentiel. Ce relais 1 consiste classiquement en un circuit magnétique,
avec une armature fixe généralement en forme de U, et une palette mobile attirée magnétiquement
par l'armature et apte à venir au contact des extrémités des deux branches du U. Ces
extrémités sont couramment appelées des surfaces polaires. La palette peut être soit
mobile en rotation, soit mobile en translation. Elle est associée à un poussoir qui
translate entre une position rentrée, dans ce cas la palette est au contact des surfaces
polaires et le relais 1 est armé, et une position sortie, dans ce cas la palette est
à distance des surfaces polaires et le relais 1 est déclenché.
[0032] Ce relais 1 est lié au porte-contact 8 via la chaîne cinématique suivante :
- une bascule 2 pivotante montée au voisinage du relais 1, et contre laquelle vient
s'appuyer le poussoir (non visible) du relais 1 lorsqu'il sort, c'est-à-dire lorsqu'il
passe de sa position rentrée à sa position sortie ;
- un cliquet 3 mobile en rotation autour d'un arbre 3d saillant d'une paroi 10 fixe
de l'appareil, et comportant :
∘ un noyau 3a central creux dans lequel est introduit ledit arbre 3d
∘ une patte 3b s'étendant depuis le noyau 3a central, présentant une forme en L et
dont l'extrémité libre vient se positionner en vis-à-vis de la bascule 2 ; le poussoir
du relais 1 agissant sur une première face 2a de la bascule 2, et la patte 3b du cliquet
3 agissant sur une seconde face 2b de la bascule 2, opposée à la première face 2a
∘ une saillie 3c s'étendant depuis le noyau 3a central, et remplissant la fonction
de butée pour retenir la pièce suivante de la chaîne cinématique, c'est-à-dire le
déclencheur 4 ;
- un déclencheur 4 mobile en rotation autour d'un arbre 4d saillant de ladite paroi
10 fixe de l'appareil, et comportant :
∘ un noyau 4a central creux dans lequel est introduit ledit arbre 4d
∘ un premier bras 4b s'étendant depuis le noyau 4a central et coopérant avec ladite
saillie 3c du cliquet 3
∘ un second bras 4c s'étendant depuis le noyau 4a central et coopérant avec un élément
ressort 11
∘ une protubérance 4f (mieux visible en figure 10) s'étendant depuis le noyau 4a central
et présentant un trou traversant dans lequel est logé un axe 4e de pivotement
- une troisième bielle 5 en liaison pivot au niveau de sa première extrémité 5a avec
la seconde extrémité 7b de la première bielle 7 reliée au porte-contact 8, et en liaison
pivot au niveau de sa seconde extrémité 5b avec l'axe 4e du déclencheur 4.
[0033] Ainsi, lorsque le poussoir du relais 1 passe de sa position rentrée à sa position
sortie, interviennent successivement la bascule 2, le cliquet 3, le déclencheur 4
et la troisième bielle 5 pour transmettre l'information du déclenchement différentiel
au porte-contact 8 et ainsi ouvrir les contacts.
[0034] Pour le réarmement du relais 1, une pièce supplémentaire est nécessaire. Il s'agit
de l'élément ressort 11 mentionné précédemment. Cet élément ressort 11 consiste dans
cet exemple en un ressort 11 hélicoïdal, mais pourrait tout à fait correspondre à
une lame flexible ou à toute autre forme de ressort 11. Il comporte une première extrémité
libre 11a apte à être entraînée par le second bras 4c du déclencheur 4, et une seconde
extrémité libre 11b apte à venir en appui sur la seconde face 2b de la bascule 2 afin
de la faire pivoter pour rentrer le poussoir. C'est l'action du déclencheur 4 sur
la première extrémité libre 11a du ressort 11 qui permet de faire pivoter le ressort
11 et en particulier de faire pivoter la seconde extrémité libre 11b du ressort 11
pour réarmer le relais 1 en rentrant le poussoir.
[0035] La bascule 2, le cliquet 3, le déclencheur 4, et le ressort 11 forment le mécanisme
de réarmement du relais 1.
[0036] Sur les figures 2 à 6, sera présentée la mise en oeuvre d'une première cinématique
de la serrure de l'appareil, lors d'une manoeuvre classique de la manette 9 de commande,
entre sa position ON et sa position OFF, puis à nouveau sa position ON. Cette cinématique
correspond donc à un désarmement manuel de l'appareil avec une ouverture des contacts
puis à un armement manuel de l'appareil avec une fermeture des contacts pour établir
le passage du courant. Dans cette cinématique, le relais 1 et son mécanisme de réarmement
ne sont pas sollicités, puisqu'il s'agit uniquement d'actions manuelles effectuées
sur l'appareil.
[0037] En figure 2, la manette 9 de l'appareil est en position ON, c'est-à-dire dirigée
vers la gauche sur la figure, et les contacts sont fermés.
[0038] Le relais 1 est armé, et le poussoir est en position rentrée. La bascule 2 est plaquée
contre le poussoir du relais 1 et maintenue en place avec un certain jeu par la patte
3b du cliquet 3.
[0039] La saillie 3c du cliquet 3 bloque le premier bras 4b du déclencheur 4 en position
relevée. Le second bras 4c du déclencheur 4 est à distance de la première extrémité
libre 11a du ressort 11 et n'exerce donc aucune action sur le ressort 11.
[0040] Le poussoir du relais 1, la bascule 2, le cliquet 3, le déclencheur 4, et le ressort
11 ne bougent quasiment pas pendant l'ouverture et la fermeture manuelle des contacts.
Le déclencheur 4 n'est jamais en contact avec le ressort 11.
[0041] Lorsqu'un opérateur actionne la manette 9 pour désarmer l'appareil, c'est-à-dire
la déplace vers la droite, l'excroissance 9b accueillant la seconde extrémité 6b de
la seconde bielle 6 pivote en sens horaire autour de l'axe de rotation 9a de la manette
9, entraînant la seconde bielle 6 vers le haut, comme illustré en figure 3. La seconde
bielle 6 entraîne à son tour vers le haut la seconde extrémité 7b de la première bielle
7 et la première extrémité 5a de la troisième bielle 5. L'angle entre la première
7 et la troisième bielle 5 devient de plus en plus aigu, jusqu'à ce que la manette
9 arrive en bout de course sur sa droite, comme illustré en figure 4, ce qui correspond
à la position OFF.
[0042] Lors de ce mouvement, la première bielle 7 entraîne le porte-contact 8 en rotation
dans le sens horaire, provoquant un éloignement des contacts mobiles 8a par rapport
aux contacts fixes 8b : les contacts sont alors ouverts.
[0043] De la même manière, l'opérateur actionne la manette 9 pour réarmer l'appareil en
la déplaçant vers la gauche, l'excroissance 9b accueillant la seconde extrémité 6b
de la seconde bielle 6 pivote en sens antihoraire autour de l'axe de rotation 9a de
la manette 9, entraînant la seconde bielle 6 vers le bas, comme illustré en figure
5. La seconde bielle 6 entraîne à son tour vers le bas la seconde extrémité 7b de
la première bielle 7 et la première extrémité 5a de la troisième bielle 5. L'angle
entre la première 7 et la troisième bielle 5 devient de plus en plus obtus, jusqu'à
ce que la manette 9 arrive en bout de course sur sa gauche, comme illustré en figure
6, ce qui correspond à la position ON. La figure 6 et la figure 2 sont identiques.
[0044] Lors de ce mouvement, la première bielle 7 entraîne le porte-contact 8 en rotation
dans le sens antihoraire, provoquant un rapprochement des contacts mobiles 8a par
rapport aux contacts fixes 8b, jusqu'à ce qu'ils se ferment.
[0045] Lors de cette ouverture et fermeture des contacts manuellement, la seconde extrémité
5b de la troisième bielle 5 est restée immobile par rapport à l'arbre de rotation
4d du déclencheur 4, et a simplement constitué un point de pivot. Ainsi le déclencheur
4 est également resté immobile. Aucun réarmement forcé du relais 1 n'a eu lieu lors
de la mise en oeuvre de cette première cinématique.
[0046] Sur les figures 7 à 12, sera présentée la mise en oeuvre d'une deuxième cinématique
de la serrure de l'appareil, lors d'un déclenchement différentiel opéré par le relais
1, amenant à l'ouverture des contacts, suivi d'un réarmement du relais 1, les contacts
restant ouverts.
[0047] En figure 7, l'appareil se trouve dans la même configuration qu'aux figures 2 et
6, c'est-à-dire avec la manette 9 en position ON, et les contacts fermés.
[0048] Lors de l'apparition d'un défaut différentiel sur une ligne, le circuit magnétique
du relais 1 est modifié et l'armature fixe n'exerce plus suffisamment d'attraction
magnétique pour garder la palette mobile au contact des surfaces polaires. Sous l'action
d'un ressort par exemple, la palette mobile s'écarte de l'armature fixe et le poussoir
passe ainsi de sa position rentrée à sa position sortie. Le relais 1 a opéré un déclenchement
différentiel.
[0049] En sortant, le poussoir pousse sur la première face 2a de la bascule 2 de manière
à la faire pivoter en sens horaire, comme illustré en figure 8. Lors de ce pivotement,
l'extrémité libre de la patte 3b du cliquet 3 glisse sur une seconde face 2b de la
bascule 2, opposée à la première face 2a. La seconde face 2b de la bascule 2 et l'extrémité
libre du cliquet 3 ont des formes correspondantes, leur permettant de glisser l'une
sur l'autre, le pivotement en sens horaire de la bascule 2 provoquant le pivotement
en sens antihoraire du cliquet 3, à la manière de deux roues dentées.
[0050] En pivotant, la saillie 3c du cliquet 3 a également un mouvement de rotation en sens
antihoraire, et libère ainsi le premier bras 4b du déclencheur 4 qui se laisse alors
tomber vers le bas en tournant en sens antihoraire sur un premier secteur angulaire
jusqu'à l'ouverture des contacts. En effet, la rotation du déclencheur 4 permet à
sa protubérance 4f de pivoter et donc de déplacer la troisième bielle 5 qui vient
tracter le porte-contact 8 pour ouvrir les contacts.
[0051] En tournant ensuite sur un second secteur angulaire consécutif au premier secteur
angulaire, le second bras 4c du déclencheur 4 vient en appui sur la première extrémité
libre 11a du ressort 11 de réarmement, et vient exercer une force suffisante pour
faire tourner le ressort 11 en sens antihoraire, comme illustré en figure 9. Lors
de cette rotation, la seconde extrémité libre 11b du ressort 11 vient en appui sur
la seconde face 2b de la bascule 2, et exerce une force suffisante pour faire tourner
la bascule 2 en sens antihoraire à l'encontre du poussoir et du ressort 11 de la palette
mobile, jusqu'à ce que cette dernière soit à nouveau au contact des surfaces polaires.
Le poussoir se retrouve donc à nouveau en position rentrée, et le relais 1 est réarmé.
[0052] On observe ainsi une inversion du sens de rotation de la bascule 2 grâce au mécanisme
de réarmement.
[0053] La force exercée par le déclencheur 4 sur le ressort 11 de réarmement provient de
l'énergie emmagasinée par le porte-contact lors de la fermeture des contacts, par
la compression des ressorts de contact 8c et du ressort de porte-contact 8d. Avant
l'ouverture des contacts, cette énergie est contenue grâce à la manette 9 qui se trouve
en butée dans sa position ON, et grâce au déclencheur 4 qui se trouve en butée contre
le cliquet 3. Au moment de l'ouverture des contacts, les ressorts de contact 8c et
le ressort de porte-contact 8d se détendent et restituent cette énergie au déclencheur
via la première bielle 7 et la troisième bielle 5.
[0054] Ainsi, lors de la libération du premier bras 4b du déclencheur 4 par le cliquet 3,
la troisième bielle 5 tracte d'abord le porte-contact pour ouvrir les contacts puis
transfert l'énergie au déclencheur 4 afin qu'il poursuive sa rotation en sens antihoraire.
Cette énergie est suffisante pour réarmer le relais 1 comme expliqué précédemment.
En parallèle, le ressort 11 de réarmement est taré pour pouvoir opérer un réarmement
convenable du relais 1.
[0055] En référence à la figure 10, suite à l'ouverture des contacts, la première bielle
7 se met alors à tourner en sens antihoraire sous l'effet d'un ressort de manette
(non représenté) de manière à tracter la première extrémité 5a de la troisième bielle
5 vers le haut. L'angle entre la première bielle 7 et la troisième bielle 5 diminue,
pour devenir un angle aigu. Lors de ce mouvement, la première extrémité 6a de la seconde
bielle 6 est forcément tractée vers le haut, provoquant le pivotement de la manette
9 via la seconde extrémité 6b de la seconde bielle 6 pour compenser cette variation
de hauteur. La manette 9 est ainsi progressivement dirigée vers la droite jusqu'à
arriver en butée (position OFF) comme montré en figure 11.
[0056] En parallèle, le déclencheur 4 pivote en sens horaire sous l'effet du retour de la
manette 9 en position OFF via son ressort de manette, jusqu'à revenir en position
initiale, c'est-à-dire à la position dans laquelle il se trouvait avant le déclenchement
du relais 1. Enfin, le cliquet 3 revient également en position initiale, et sa saillie
3c se repositionne en butée sur le premier bras 4b du déclencheur 4 afin de le retenir
jusqu'au prochain déclenchement différentiel. De la même manière, la patte 3b du cliquet
3 se repositionne devant la seconde face 2b de la bascule 2.
[0057] Le mécanisme de réarmement du relais 1 est à nouveau en place et opérationnel pour
le prochain déclenchement différentiel. La manette 9 de commande est quant à elle
en position OFF et les contacts sont ouverts, en attendant un réarmement manuel de
l'appareil (voir figures 4 à 6).
[0058] Les configurations montrées aux figures citées ne sont que des exemples possibles,
nullement limitatifs, de l'invention qui englobe au contraire les variantes de formes
et de conceptions à la portée de l'homme de l'art.
1. Appareil électrique de protection de ligne, du type interrupteur différentiel, comprenant
:
- un porte-contact (8) rotatif, au moins un contact fixe (8b), au moins un contact
mobile (8a) fixé au porte-contact (8) rotatif, une manette de commande (9) du au moins
un contact mobile (8a) ;
- une serrure mécanique apte à basculer en entraînant l'ouverture/fermeture des contacts
suite à une action manuelle sur la manette (9) ;
- un dispositif de coupure commandé par la manette (9) de commande entraînant ledit
contact mobile (8a) à distance ou vers un contact fixe (8b), ladite manette (9) étant
reliée au porte-contact (8) par l'intermédiaire de la serrure mécanique ;
- un dispositif de déclenchement différentiel (1), du type relais différentiel, apte
à faire basculer la serrure mécanique pour ouvrir les contacts en cas d'apparition
d'un défaut différentiel sur la ligne, et apte à être réarmé après le déclenchement
par la serrure ;
caractérisé en ce que la serrure mécanique comporte une première cinématique pour l'ouverture des contacts
suite à une action manuelle sur la manette (9) et une deuxième cinématique pour l'ouverture
des contacts suite à un déclenchement différentiel, lesdites deux cinématiques étant
décorrélées l'une de l'autre de manière à réarmer le dispositif de déclenchement différentiel
(1) uniquement lors de la mise en oeuvre de la deuxième cinématique.
2. Appareil électrique de protection de ligne selon la revendication précédente, caractérisé en ce que la deuxième cinématique comporte un mécanisme de réarmement du dispositif de déclenchement
différentiel (1).
3. Appareil électrique de protection de ligne selon la revendication précédente, caractérisé en ce que ledit mécanisme de réarmement est adapté pour être activé par un transfert d'énergie
en provenance du porte-contact (8), ladite énergie étant créée lors de la fermeture
des contacts et restituée lors de l'ouverture des contacts.
4. Appareil électrique de protection de ligne selon l'une des revendications 2 et 3,
caractérisé en ce que ledit dispositif de déclenchement différentiel (1) comporte un poussoir de déclenchement
mobile entre une position rentrée lorsque le dispositif de déclenchement différentiel
(1) est armé et une position sortie lorsque le dispositif de déclenchement différentiel
(1) vient de se déclencher, ledit mécanisme de réarmement étant sollicité lorsque
le poussoir prend la position sortie et permettant au poussoir de passer de la position
sortie à la position rentrée.
5. Appareil électrique de protection de ligne selon la revendication précédente,
caractérisé en ce que ledit mécanisme de réarmement comporte :
- une bascule (2) apte à tourner dans un premier sens de rotation lorsque le poussoir
prend la position sortie ;
- un moyen mécanique d'inversion du sens de rotation de la bascule (2) pour faire
passer le poussoir de la position sortie vers la position rentrée.
6. Appareil électrique de protection de ligne selon la revendication précédente,
caractérisé en ce que ledit moyen mécanique d'inversion du sens de rotation de la bascule (2) comporte
:
- un cliquet (3) rotatif entraîné par la bascule (2) lors de son pivotement dans le
premier sens de rotation ;
- un déclencheur (4) rotatif entraîné par le cliquet (3) ;
- un élément ressort (11) entraîné par le déclencheur (4) et venant en appui sur la
bascule (2).
7. Appareil électrique de protection de ligne selon la revendication précédente, caractérisé en ce que, suite à un déclenchement différentiel, le déclencheur (4) pivote et exerce une force
sur l'élément ressort (11) de manière à faire pivoter la bascule (2) dans un second
sens de rotation pour faire passer le poussoir vers la position rentrée.
8. Appareil électrique de protection de ligne selon la revendication précédente, caractérisé en ce qu'il comporte au moins une bielle (5) et en ce que ladite force exercée sur l'élément ressort (11) provient de l'énergie du porte-contact
(8) transmise au déclencheur (4) via la au moins une bielle (5).
9. Appareil électrique de protection de ligne selon la revendication précédente, caractérisé en ce que ledit pivotement du déclencheur (4) entraîne l'ouverture des contacts via ladite
bielle (5) et le porte-contact (8).
10. Appareil électrique de protection de ligne selon l'une des revendications 6 à 9, caractérisé en ce que ledit déclencheur (4) comporte un premier bras (4b) apte à coopérer avec le cliquet
(3) et un second bras (4c) apte à coopérer avec l'élément ressort (11).
11. Appareil électrique de protection de ligne selon la revendication précédente, caractérisé en ce que l'élément ressort (11) comporte une première extrémité libre (11a) apte à être entraînée
par le second bras (4c) du déclencheur (4) et une seconde extrémité libre (11b) apte
à venir en appui sur la bascule (2) pour faire passer le poussoir vers sa position
rentrée.
12. Appareil électrique de protection de ligne selon l'une des revendications 10 et 11,
caractérisé en ce que le cliquet (3) comporte une patte (3b) apte à coopérer avec la bascule (2) et une
saillie (3c) apte à retenir le premier bras (4b) du déclencheur (4) en fonctionnement
normal de l'appareil et apte à libérer le premier bras (4b) du déclencheur (4) lors
d'un déclenchement différentiel entraînant la libération de l'énergie en provenance
du porte-contact (8) pour faire pivoter le déclencheur (4).
13. Appareil électrique de protection de ligne selon l'une des revendications 6 à 12,
caractérisé en ce qu'il comporte au moins une bielle (5) et en ce que, dans sa rotation lors d'un déclenchement différentiel, ledit déclencheur (4), sur
un premier secteur angulaire, entraîne en mouvement le porte-contact (8) via la au
moins une bielle (5) pour ouvrir les contacts, et, sur un second secteur angulaire
consécutif au premier secteur angulaire, est entraîné par l'énergie du porte-contact
(8) via la au moins une bielle (5) pour exercer une force sur l'élément ressort (11)
pour réarmer le dispositif de déclenchement différentiel (1).
14. Appareil électrique de protection de ligne selon la revendication précédente, caractérisé en ce que le déclencheur (4) a un mouvement de rotation sur le premier secteur angulaire lorsque
le poussoir passe de sa position rentrée à sa position sortie.
15. Appareil électrique de protection de ligne selon la revendication précédente, caractérisé en ce que le déclencheur (4) a un mouvement de rotation sur le second secteur angulaire lorsque
le poussoir passe de sa position sortie à sa position rentrée.