DOMAINE TECHNIQUE GENERAL
[0001] La présente invention concerne un procédé de détection de déficiences d'un dispositif
de chauffage.
ETAT DE L'ART
[0002] Les dispositifs de chauffage, et notamment les chaudières à gaz (qui brulent du gaz
pour chauffer de l'eau circulant dans un circuit afin de libérer sa chaleur au niveau
de radiateurs) sont des équipements complexes subissant à longueur de journée des
cycles d'allumage/extinction qui entraînent une usure, et la nécessité de maintenances
régulières.
[0003] En particulier, les dispositifs de chauffage sont en général soumis à deux valeurs
d'une consigne de température fournie par un thermostat, une haute (par exemple 20°C)
typiquement associée aux périodes de présence active dans le logement (par exemple
le matin et la soirée), et une plus basse (par exemple 18°C) typiquement associée
aux périodes d'absence et de nuit.
[0004] Alors que les phases de consigne basse correspondent généralement à une baisse progressive
de la température (le dispositif de chauffage étant éteint), les moments de passage
de la consigne basse à la consigne haute (par exemple 7h et 18h) entraînent au contraire
une remise en marche forcée appelée « relance ».
[0005] Un dysfonctionnement du dispositif de chauffage se traduit par un non-respect de
la consigne : le thermostat envoie l'ordre de relance, mais celle-ci ne fonctionne
pas, ce qui se traduit par une absence de remontée de la température intérieure, voire
à une poursuite de la baisse. Cela se traduit par une sensation d'inconfort pour l'habitant,
et peut signifier que la chaudière est en fin de vie ou mal connectée au thermostat.
[0006] Il est donc important de disposer de mécanismes de diagnostic de panne pour l'utilisateur,
mais aussi pour l'entreprise qui gère la maintenance des équipements, de sorte à lui
permettre d'optimiser la gestion de son parc. En effet, un diagnostic automatique
permet de discriminer les appels des clients au service maintenance de sorte à améliorer
la gestion des différents cas, en limitant les déplacements inutiles de techniciens/réparateurs.
Il est également souhaitable de favoriser le remplacement efficace des systèmes défaillants,
en détectant plus rapidement l'origine de la panne.
[0007] Ainsi, il a été proposé des solutions permettant de déterminer une température théorique
du bâtiment chauffé, de sorte à la comparer à la température réelle. Cela nécessite
toutefois d'avoir accès à des données supplémentaires, comme la température extérieure
en temps réel ou le comportement du bâtiment, d'où des appels permanents à des données
externes (serveur Web pour la météo), et l'obligation de coupler le service à un algorithme
d'identification du bâtiment.
[0008] De telles méthodes sont complexes, propres à chaque cas, et les sources d'erreurs
sont nombreuses.
[0009] Alternativement, il a été proposé des méthodes de détection de pannes par reconnaissance
de motifs et apprentissage, voir par exemple le document
GB2524033.
[0010] De telles méthodes restent complexes, et ne sont pas fiables immédiatement faute
de données en quantité suffisante.
[0011] Il serait par conséquent souhaitable de disposer d'une solution technique simple
et universelle permettant de suivre efficacement et objectivement l'évolution de la
performance d'un dispositif de chauffage, de sorte à permettre la détection rapide
voire anticipée des défaillances de fonctionnement, l'identification de leur origine
et l'identification des actions à prendre, ou de planifier des opérations de maintenance.
[0012] L'invention vient améliorer la situation.
PRESENTATION DE L'INVENTION
[0013] L'invention propose de pallier ces inconvénients en proposant selon un premier aspect
un procédé de détection de déficiences d'un dispositif de chauffage en fonctionnement
dans un milieu donné, comprenant la mise en oeuvre d'étapes de :
- (a) Mesure par une sonde de la température dudit milieu au cours du temps sur un intervalle
de temps donné ;
- (b) Détection par des moyens de traitement de données d'un instant de variation à
la hausse d'une consigne de température au cours du temps ;
- (c) Détermination par les moyens de traitement de données d'une durée, à partir dudit
instant de variation à la hausse, de relance nécessaire pour que, soit ladite température
mesurée rattrape la consigne de température au cours du temps à un seuil de réussite
prédéterminé près, soit les moyens de traitement de données détectent un instant de
variation à la baisse de la consigne de température au cours du temps ;
- (d) Calcul par les moyens de traitement de données d'une allure de chauffe en fonction
de ladite durée de relance et de températures minimale et maximale mesurées sur ladite
durée de relance ;
- (e) détermination par les moyens de traitement de données d'un état déficient du dispositif
en fonction d'au moins ladite allure de chauffe ;
- (f) Déclenchement par les moyens de traitement de données d'une alarme si le dispositif
est déterminé comme présentant un état déficient.
[0014] Le procédé selon l'invention est avantageusement complété par les caractéristiques
suivantes, prises seules ou en une quelconque de leur combinaison techniquement possible
:
- l'état déficient du dispositif est choisi parmi :
- Arrêté complètement,
- Arrêté temporairement, et/ou
- Mal réglé.
- l'étape (b) comprend la vérification que, à l'issue d'une durée prédéterminée à partir
dudit instant de variation à la hausse, la température mesurée n'ait pas décru de
plus qu'un seuil de baisse prédéterminé, le dispositif étant dans le cas contraire
directement déterminé dans un état arrêté complètement à l'étape (e) ;
- le dispositif est déterminé dans un état mal réglé à l'étape (e) si l'allure de chauffe
est supérieure à un premier seuil prédéterminé ;
- le dispositif est déterminé dans un état très mal réglé à l'étape (e) si l'allure
de chauffe est supérieure à un deuxième seuil prédéterminé supérieur au premier seuil
prédéterminé ;
- l'étape (d) est mise en oeuvre seulement si ladite température mesurée a rattrapé
la consigne de température au cours du temps à un seuil de réussite prédéterminé près,
ou si les moyens de traitement de données ont détecté un instant de variation à la
baisse de la consigne de température au cours du temps tel que la durée de relance
déterminée est supérieure à un seuil de signification fonction de l'écart entre la
température mesurée et la consigne de température à l'instant de variation à la hausse
;
- le procédé est répété si les moyens de traitement de données ont détecté un instant
de variation à la baisse de la consigne de température au cours du temps tel que la
durée de relance déterminée n'est pas supérieure au seuil de signification fonction
de l'écart entre la température mesurée et la consigne de température à l'instant
de variation à la hausse ;
- si les moyens de traitement de données ont détecté un instant de variation à la baisse
de la consigne de température au cours du temps tel que la durée de relance déterminée
est supérieure au seuil de signification fonction de l'écart entre la température
mesurée et la consigne de température à l'instant de variation à la hausse, le dispositif
est déterminé dans un état arrêté temporairement à l'étape (e) si à l'issue de la
durée de relance la température mesurée a cru d'au moins d'une fraction prédéterminée
de l'écart entre la consigne de température et la température mesurée audit instant
de variation à la hausse ;
- si les moyens de traitement de données ont détecté un instant de variation à la baisse
de la consigne de température au cours du temps tel que la durée de relance déterminée
est supérieure au seuil de signification fonction de l'écart entre la température
mesurée et la consigne de température à l'instant de variation à la hausse, le dispositif
est déterminé dans un état arrêté complètement à l'étape (e) si à l'issue de la durée
de relance la température mesurée n'a pas cru d'au moins une fraction prédéterminée
de l'écart entre la consigne de température et la température mesurée audit instant
de variation à la hausse ;
- le dispositif comprend un module de contrôle fournissant ladite consigne de température
au cours du temps appliquée par le dispositif de chauffage, les moyens de traitement
de données étant intégrés audit module de contrôle ;
- les moyens de traitement de données sont connectés à un réseau de communication, l'alarme
de l'étape (f) étant déclenchée au niveau d'un équipement distant d'un opérateur du
dispositif.
[0015] Selon un deuxième aspect, l'invention concerne un système de détection de déficiences
d'un dispositif de chauffage en fonctionnement dans un milieu donné, comprenant :
- une sonde mesurant la température dudit milieu au cours du temps sur un intervalle
de temps donné ;
- des moyens de traitement de données configurés pour mettre en oeuvre :
∘ un module de détection d'un instant de variation à la hausse d'une consigne de température
au cours du temps ;
∘ un module de détermination d'une durée, à partir dudit instant de variation à la
hausse, de relance nécessaire pour que, soit ladite température mesurée rattrape la
consigne de température au cours du temps à un seuil de réussite prédéterminé près,
soit soit détecté un instant de variation à la baisse de la consigne de température
au cours du temps ;
∘ un module de calcul d'une allure de chauffe en fonction de ladite durée de relance
et de températures minimale et maximale mesurées sur ladite durée de relance ;
∘ un module de détermination d'un état déficient du dispositif en fonction d'au moins
ladite allure de chauffe ;
∘ un module de déclenchement d'une alarme si le dispositif est déterminé comme présentant
un état déficient.
[0016] Selon des caractéristiques avantageuses et non limitatives :
- le système est un thermostat du dispositif de chauffage comprenant en outre un module
de contrôle du dispositif de chauffage ;
- les moyens de traitement de données étant mis en oeuvre par le module de contrôle.
[0017] Selon un troisième aspect, l'invention concerne un dispositif de chauffage comprenant
un système selon le deuxième aspect.
PRESENTATION DES FIGURES
[0018] D'autres caractéristiques, buts et avantages de l'invention ressortiront de la description
qui suit, qui est purement illustrative et non limitative, et qui doit être lue en
regard des dessins annexés sur lesquels :
- les figures 1a-1c sont des schémas de trois modes de réalisation d'un dispositif de
chauffage en fonctionnement pour la mise en oeuvre du procédé selon l'invention ;
- les figures 2a-2b sont deux exemples de températures mesurées et consignes au cours
du temps pour des dispositifs de chauffage dont l'un est fonctionnel et l'autre présente
une déficience.
DESCRIPTION DETAILLEE
Architecture générale
[0019] En référence à la
figure 1a, l'invention propose un procédé de détection de déficiences d'un dispositif de chauffage
10 en fonctionnement dans un milieu donné, typiquement l'air intérieur d'un bâtiment.
On comprendra que ledit milieu donné peut être également l'eau d'un réservoir. Comme
l'on verra plus loin, ledit milieu est un espace dont la température est régulée par
des moyens adéquats.
[0020] Le dispositif 10 peut chauffer de façon directe ledit milieu (si par exemple il est
un convecteur électrique), ou alternativement de façon indirecte en chauffant un fluide
caloporteur (typiquement de l'eau). Dans le dernier cas, le dispositif 10 comprend
typiquement une chaudière 11 (avec un ou plusieurs bruleurs à gaz, à mazout, etc.
ou des moyens électriques tels qu'une ou plusieurs résistances, une pompe à chaleur
etc.), chauffant de l'eau circulant dans un circuit 12 et cédant sa chaleur au milieu
à chauffer via des radiateurs 13 lorsque le milieu est de l'air. Par chaudière 11,
on entendra tout équipement capable de chauffer un fluide caloporteur liquide pour
chauffer ledit milieu donné.
[0021] Dans la suite de la présente description, on prendra l'exemple préféré représenté
sur les figures 1a-1c d'un dispositif 10 de chauffage de l'air d'un bâtiment (typiquement
une habitation) comprenant une chaudière 11, un circuit 12 d'eau (ou un autre fluide
caloporteur) et au moins un radiateur 13 en échange thermique avec l'air (qui forme
ledit milieu donné).
[0022] Le dispositif 10 comprend également au moins une sonde de température 20 configurée
pour émettre un signal représentatif de la température dudit milieu donné à chauffer,
et un module de contrôle 21 dudit dispositif de chauffage 10 en fonction dudit signal
émis par la sonde 20. L'ensemble de la sonde 20 et du module de contrôle 21 forme
couramment un équipement unique 14 présentant la forme d'un boitier, souvent fixé
au mur, appelé thermostat.
[0023] Le dispositif 10 est dans un mode de fonctionnement « normal » régulé en température.
Pour cela, la ou les sondes 20 envoient en permanence ou par intermittence le signal
représentatif de la température du milieu. Ce signal peut être un envoi de données
représentant numériquement la température, ou un signal électrique dont un paramètre
est fonction de la température.
[0024] Le module de contrôle 21 est typiquement une carte électronique qui déclenche ou
non le chauffage en fonction de la température mesurée, de consignes, et de nombreux
autres paramètres éventuels (programmation, saison, plages horaires, heures creuses/heures
pleines, usages habituels de l'utilisateur, etc.).
[0025] De façon générale, un dispositif de chauffage 10 est configuré pour réguler la température
du milieu en fonction d'une température de consigne qui est une fonction du temps
qu'on désignera
Tcons(t).
[0026] Il y a le plus souvent au moins deux valeurs de températures de consigne dont une
température de « confort » qui est la température moyenne souhaitée dans des plages
correspondant à une présence de l'utilisateur, et une température de « nuit » qui
est la température moyenne souhaitée dans des plages d'absence de l'utilisateur et
de nuit.
[0027] Ainsi, la température de consigne en fonction du temps est généralement une fonction
en escaliers. Dans le cadre du présent procédé, n'importe quelle fonction
Tcons(t) définie par morceaux sur un intervalle de fonctionnement donné (typiquement une journée)
peut être utilisée, y compris une fonction comprenant des rampes, des fragments non
linéaires, etc.
[0028] A tout instant, le module de contrôle 21 est ainsi configuré pour activer la chaudière
11 lorsque le signal reçu est représentatif d'une température inférieure à la température
de consigne
Tcons(t), et/ou configuré pour désactiver la chaudière 11 lorsque le signal reçu est représentatif
d'une température supérieure à la température de consigne
Tcons(t).
[0029] En pratique, un léger phénomène d'hystérésis fait que le module de contrôle 21 est
plutôt configuré pour activer la chaudière 11 lorsque le signal reçu est représentatif
d'une température inférieure à
Tcons(t) - ε, et désactiver la chaudière 11 lorsque le signal reçu est représentatif d'une température
supérieure à
Tcons(t) +
ε (l'écart induit de 2
ε est généralement d'environ 3°C). Cela évite une sorte d'oscillation rapide inutile
autour de la température de consigne.
[0030] Ainsi, tant que la chaudière 11 est arrêtée et que l'on est au-dessus de la température
de consigne à
ε près rien ne se passe, à fortiori si la consigne baisse. Si la température baisse
(avec le temps ou parce que l'utilisateur ouvre une fenêtre, etc.) et/ou que la consigne
augmente, la chaudière 11 est réactivée, et ce jusqu'à dépasser la température de
consigne (d'au moins
ε). La température se remet ensuite à baisser, etc. En d'autres termes, il y a une
alternance de phases de « refroidissement » pendant lesquelles la température descend
jusqu'à la température de consigne, et de phases de « chauffe » pendant lesquelles
la température monte sous l'effet de la chaudière 11 allumée jusqu'à dépasser la température
de consigne.
[0031] Ceci est le fonctionnement nominal, c'est-à-dire en l'absence de déficience.
[0032] La présente invention n'est limitée à aucune configuration en particulier, on comprendra
que, de façon générale, le module de contrôle 21 régule la température du milieu via
l'activation/désactivation de la chaudière 11 (ou un autre moyen de production de
chaleur) du dispositif de chauffage 10 en fonction de signaux qui lui sont émis, signaux
pouvant représenter des températures et/ou des consignes de fonctionnement.
[0033] Le système comprend en outre des moyens de traitement de données 30 pour la mise
en oeuvre du présent procédé.
[0034] Ces moyens 30 peuvent être distincts ou intégrés dans, voire confondus, avec le module
21, ou ceux d'un équipement distinct (soit local tel qu'un boitier d'accès à internet
31, soit éventuellement distant, et par exemple un serveur placé dans les locaux d'un
opérateur de maintenance du dispositif 10).
[0035] En particulier, dans un mode de réalisation préféré comme celui de la figure 1a,
les moyens 30 sont disposés en local mais connecté à un réseau de communication 3
tel qu'internet via la box 31, en particulier pour communication avec des serveurs
d'un tel opérateur du dispositif 10.
[0036] Dans l'exemple représenté, les moyens 30 sont en communication avec le thermostat
14 pour récupérer la température mesurée par la sonde 20 et la température de consigne
connue du module de contrôle 21.
[0037] La
figure 1b représente un mode de réalisation alternatif dans lequel les moyens de traitement
de données 30 sont confondus avec le module de contrôle 21.
[0038] La
figure 1c représente un autre mode de réalisation alternatif dans lequel d'une part le module
de contrôle est intégré à la chaudière 11, et les moyens de traitement 30 sont ceux
du boitier d'accès à internet 31.
[0039] L'homme du métier saura adapter l'invention à de nombreuses autres architectures.
Procédé
[0040] Le présent procédé de détection de déficiences d'un dispositif de chauffage 10 en
fonctionnement dans un milieu donné propose de détecter ces éventuelles déficiences
grâce à l'analyse des relances de chauffage, c'est-à-dire comme expliqué les périodes
pendant lesquelles la température du milieu doit rattraper la température de consigne,
au lieu d'utiliser comme c'est le cas traditionnellement l'erreur de température
e(t), typiquement calculée par soustraction, avec la formule erreur
e(t) =
Tcons(t)-Tint(t), et représentative d'un problème si elle est positive et élevée, i.e. température
mesurée
Tint(t) très inférieure à la température de consigne
Tcons(t).
[0041] Il s'agit d'une façon très astucieuse de normaliser les conditions de mesure des
performances du dispositif 10. En effet, deux bâtiments n'ont jamais exactement le
même comportement thermique (isolation, volume du milieu à chauffer, profil et valeurs
de la fonction de consigne
Tcons(t), etc.), et deux journées ne se déroulent jamais exactement de la même façon (météo,
activités humaines et électriques à l'intérieur, ouverture des portes et des fenêtres,
etc.). Typiquement, un bâtiment avec une valeur de consigne jour très élevée par rapport
à une valeur de consigne nuit (par exemple 22°C et 16°C dans des immeubles de bureau)
aura des erreurs de température
e(t) bien plus fortes et plus persistantes que si ces consignes sont proches (par exemple
20°C et 18°C), alors que le dispositif 10 marche aussi bien dans un cas que dans l'autre.
[0042] Et les inventeurs on constaté que l'analyse de la relance pure est suffisante pour
vérifier l'état du dispositif 10. Ainsi le présent procédé ne comprend avantageusement
le calcul d'aucune erreur de température
e(t).
[0043] Le procédé commence ainsi par une étape (a) de mesure par une sonde 20 de la température
dans ledit espace au cours du temps sur un intervalle de temps donné. Cet intervalle
est préférentiellement celui sur lequel est définie la consigne
Tcons(t), et est en particulier une journée.
[0044] On note que la température mesurée
Tint(t) peut être mesurée de façon sensiblement continue, ou tous les Δt (un pas constant,
par exemple 1s), de sorte à avoir un échantillonnage de la température à une vitesse
bien plus rapide que les variations classique de la température, ce qui permet de
récréer la fonction
Tint(t).
[0045] Dans une étape (b), les moyens de traitement de données 30 détectent un instant de
variation à la hausse
Temps_Init de la consigne de température au cours du temps
Tcons(t). En d'autres termes, on détecte le début d'une relance.
[0046] Pour cela, avantageusement à chaque pas de temps les moyens de traitement 30 comparent
la température de consigne actuelle à celle du pas précédent. Si
Tcons(t) > Tcons(t+Δt) (généralement à au moins un écart ε près).
[0047] Avantageusement, un booléen
relance est mis dans un état vrai à la détection de l'instant de variation à la hausse, et
aucune détection n'est faite s'il était déjà dans un état vrai (de sorte à vérifier
que l'on n'était pas déjà en relance).
[0048] A chaque nouvelle relance, les moyens de traitement de données 30 peuvent enregistrer,
outre l'instant
Temps_lnit, la consigne à atteindre
Tcons_cible (=
Tcons(Temps_
Init)), et la température du milieu en début de relance
Tint_init (
=Tint(
Temps_
Init)).
[0049] Dans une étape (c), les moyens de traitement de données 30 déterminent une durée,
à partir dudit instant de variation à la hausse
Temps_lnit, de relance
Durée_Relance nécessaire pour que :
- soit ladite température mesurée Tint(t) rattrape la consigne de température au cours du temps Tcons(t) à un seuil de réussite prédéterminé près noté Seuil_Réussite, (i.e. si Tint(Temps_Init+ Durée_Relance) > Tcons(Temps_Init + Durée_Relance) - Seuil_Réussite),
- soit les moyens de traitement de données 30 détectent un instant de variation à la
baisse de la consigne de température au cours du temps Tcons(t).
[0050] Dans le premier cas, la relance est directement jugée réussie, alors que dans le
deuxième cas la consigne redescend alors que la température du milieu n'a pas réussi
à rattraper la consigne, et la relance est juste jugée finie.
[0051] Le premier cas est généralement synonyme d'absence de déficience du dispositif 10
même si, comme l'on verra, certaines déficiences peuvent être identifiées ultérieurement,
alors que le deuxième cas est généralement synonyme de déficience du dispositif bien
que ce ne soit pas toujours vrai : par exemple si l'utilisateur a programmé un créneau
de seulement quelques minutes pendant lequel la température de consigne est élevée,
cette température ne pourra être physiquement atteinte avant la fin de la relance.
Comme l'on verra il peut être mis en oeuvre un test permettant de vérifier à ce titre
si la durée entre la hausse et la baisse de la consigne (i.e. la durée du créneau)
n'est pas trop courte pour qu'une relance réussie puisse être physiquement observée.
Le cas échéant, le système ne peut pas conclure sur une éventuelle déficience du dispositif
10, et le procédé sera répété à la relance suivante.
[0052] Dans tous les cas, l'éventuel booléen
relance est alors remis dans l'état faux, de sorte à pouvoir détecter une nouvelle relance.
[0053] Le seuil de réussite est avantageusement compris entre 0 et 0.5°C, préférentiellement
environ 0.1 °C.
[0054] Il est à noter que dans un cas où les moyens de traitement de données 30 détectent
un instant de variation à nouveau à la hausse de la consigne de température au cours
du temps
Tcons(t), il est avantageusement prévu, soit qu'une nouvelle relance est considérée entamée
(en particulier si la relance est déjà jugée réussie) et alors on relance l'étape
(c), soit que l'on prolonge juste la relance actuelle (en particulier si elle n'est
pas encore jugée réussie) et alors la consigne à atteindre
Tcons_cible est modifiée.
[0055] De façon avantageuse, des températures minimale et maximale
T_min, T_max mesurées sur ladite durée de relance
Durée_Relance sont calculées pendant l'étape (c) : lorsqu'une nouvelle relance est détectée à l'issue
de l'étape (b), les valeurs
T_min, T_max sont initialisées à la température du milieu en début de relance
Tint_init, et mises à jour tant que la relance est en cours (i.e. que le booléen
relance est vrai). Ainsi, à la fin de la relance (i.e.
t = Temps_init +
Durée_Relance), alors
T_min, T_max ont bien pour valeur les températures les plus basse/haute rencontrées pendant la
relance.
[0056] Les températures minimale et maximale
T_min, T_max auront une importance dans l'étape (d) suivante.
[0057] De façon préférée, l'étape (c) comprend par ailleurs la vérification qu'à l'issue
d'une durée prédéterminée
Temps_Analyse à partir dudit instant de variation à la hausse
Temps_Init, la température mesurée
Tint(t) n'ait pas décru de plus qu'un seuil de baisse prédéterminé, noté
Seuil_Baisse.
[0058] En effet, si au contraire, la température mesurée
Tint(t) n'a fait que baisser pendant la durée
Temps_Analyse malgré la relance, alors le dispositif 10 sera déterminé dans un état arrêté complètement
à l'étape (e) (voir plus loin) et il n'est pas nécessaire d'examiner plus loin (le
reste de l'étape (c) et l'étape (d) peuvent être sautées).
[0059] Ladite durée prédéterminée
Temps_Analyse est avantageusement comprise entre 20 minutes et 1 h, préférentiellement environ
une demi-heure.
[0060] Le seuil de baisse
Seuil_Baisse est quant à lui avantageusement compris entre 0.25 et 1°C, préférentiellement environ
0.5°C.
[0061] A la fin de la relance (en particulier s'il a été vérifié qu'à l'issue d'une durée
prédéterminée
Temps_Analyse à partir dudit instant de variation à la hausse
Temps_Init, la température mesurée
Tint(t) n'ait pas décru de plus qu'un seuil de baisse prédéterminé), une étape (d) voit le
calcul par les moyens de traitement de données 30 d'une allure de chauffe
Allure en fonction de ladite durée de relance
Durée_Relance et des températures minimale et maximale
T_min, T_max mesurées sur ladite durée de relance
Durée_
Relance.
[0062] Par « allure de chauffe », on entend le temps moyen pour atteindre une hausse d'une
unité de température, et cette grandeur, homogène à l'inverse d'une vitesse, est exprimée
en temps par degré. On comprendra que le concept d'allure est connu de l'homme du
métier.
[0063] De façon préférée, l'allure est simplement exprimée comme égale à la durée de relance
divisée par l'amplitude maximale de température sur la relance, i.e.
Allure = Durée_Relance /
(T_max -
T_min).
[0064] Cette allure permet comme l'on va voir d'observer les performances du dispositif
10 sur la relance. En particulier, plus l'allure est élevée et plus il est long de
faire monter la température, i.e. plus le dispositif 10 est « poussif » et a du mal
à chauffer le milieu. Au contraire, lorsque la valeur d'allure est basse, le dispositif
10 est performant.
[0065] Comme expliqué précédemment, il peut être prévu que le calcul de l'allure (mis en
oeuvre de l'étape (d)) et son étude soient subordonnés à l'observation d'une relance
« significative », en d'autres termes une relance qui ait duré suffisamment longtemps.
[0066] Selon un premier mode de réalisation, l'allure n'est calculée que si ladite température
mesurée
Tint(t) rattrape la consigne de température au cours du temps
Tcons(t) à un seuil de réussite prédéterminé près (i.e. relance réussie), et non si les moyens
de traitement de données 30 détectent un instant de variation à la baisse de la consigne
de température au cours du temps
Tcons(t) (i.e. relance terminée sans être déterminée réussie), du fait du potentiel caractère
non-significatif d'une telle relance terminée.
[0067] Alternativement, et de façon préférée, dans ce cas de relance terminée, il est vérifié
que la durée de relance
Durée_Relance déterminée est supérieure à un seuil de signification fonction de l'écart entre la
température mesurée
Tint(t) et la consigne de température
Tcons(t) à l'instant de variation à la hausse
Temps_Init. En d'autres termes il est vérifié que la relance était suffisamment longue pour que
des conclusions puissent en être tirées.
[0068] Ce seuil de signification dépend de « l'intensité » de la hausse de consigne. En
effet même un long créneau de plusieurs heures peut être insuffisant pour réussir
toute relance si la consigne à atteindre est démesurée (par exemple 28°C). En d'autres
termes, le seuil de signification est choisi tel qu'un dispositif 10 fonctionnel,
même mal réglé, devrait être capable, si on le laissait fonctionner pendant toute
une telle durée, d'atteindre la valeur de consigne cible. Par symétrie, pour une durée
de relance inférieure au seuil de signification, certains dispositifs même bien réglés
pourraient ne pas arriver à la consigne cible, d'où le risque de faux positifs. Ainsi,
ce seuil de signification est avantageusement donné par la formule
Allure_
Relance_
Type *
(Tcons_cible -
Tin_init) =
Allure_
Relance_
Type *
(Tcons(Temps_Init)- Tint(Temps_
Init)), où
Allure_
Relance_
Type est une constante prédéterminée (homogène à une allure) avantageusement comprise
entre 1.5 et 3h/°C, préférentiellement environ 2h/°C (cela signifie qu'un dispositif
10 fonctionnel présentant une allure inférieure à
Allure_
Relance_
Type devrait être capable dans la durée
Durée_Relance de passer de
Tint_init à
Tcons_cible. Et comme expliqué avant, 2h/°C est déjà une allure « mauvaise »).
[0069] A titre d'exemple, la durée de signification associée à un créneau de consigne haute
à 20°C par rapport à une consigne basse à 18°C est de quatre heures.
[0070] Si le caractère significatif de la relance n'est pas établi (i.e. les moyens de traitement
de données 30 ont détecté un instant de variation à la baisse de la consigne de température
au cours du temps
Tcons(t) tel que la durée de relance
Durée_Relance déterminée n'est pas supérieure audit seuil de signification), alors on ne peut pas
conclure au caractère déficient ou non du dispositif 10 (trop de risque de faux positifs)
et le procédé est relancé, de sorte à étudier la relance suivante.
[0071] Si ce critère de significativité du créneau est bien rempli, alors une déficience
est probable, puisque le créneau était suffisamment long pour qu'un dispositif 10
fonctionnel, même mal réglé, soit capable d'atteindre la valeur de consigne cible.
L'allure peut ou non être calculée.
Détection de déficience
[0072] Dans une étape (e) va être effectivement déterminé si le dispositif 10 présente potentiellement
un état déficient, et avantageusement lequel.
[0073] De façon préférée, l'état déficient du dispositif 10 est choisi parmi :
- Arrêté complètement,
- Arrêté temporairement, et/ou
- Mal réglé
[0074] « Arrêté complètement » signifie que le dispositif 10 n'apparait pas avoir fonctionné
durant au moins la majeure partie de l'intervalle temporel donné. Si cela peut vouloir
dire que le dispositif 10 est hors-service et doit être réparé, des explications plus
simples peuvent être que le lien entre le module de commande 21 et la partie opérationnelle
du dispositif 10 est coupé (i.e. que le dispositif 10 ne reçoit plus d'ordres d'allumage),
voire tout simplement que l'utilisateur a coupé son dispositif 10 et a oublié de le
rallumer.
[0075] Une déficience est donc identifiée, mais des tests peuvent être envisagés (par exemple
par téléphone avec l'utilisateur) avant qu'un technicien ne se déplace.
[0076] Alternativement, « arrêté temporairement » signifie que le dispositif était arrêté
mais s'est rallumé, bien que de façon tardive. Il s'agit d'une relance « ratée ».
[0077] Une déficience est donc également identifiée. Les explications sont potentiellement
toujours simples (coupure temporaire d'électricité par exemple), mais sinon il y a
un problème plus sérieux nécessitant d'examiner le dispositif 10.
[0078] Enfin « mal réglé » signifie que le dispositif 10 produit des relances lentes. Il
présente ainsi des performances anormalement basses, voire est sous-dimensionné pour
l'environnement dans lequel il fonctionne (il est par exemple incapable de faire face
à certains épisodes de froid intense même en fonctionnant à plein régime). Il s'agit
également d'une déficience, mais qui ne signifie pas forcément que le dispositif 10
doit être réparé : ce dernier peut parfaitement marcher, mais être inadapté au bâtiment.
Il est possible d'agir en installant par exemple un autre dispositif 10 en complément.
[0079] On comprendra bien que les déficiences peuvent se cumuler : le dispositif 10 peut
juste être « mal réglé » (i.e. la relance n'est pas en retard mais d'une intensité
insuffisante), juste « arrêté temporairement » (i.e. la relance est en retard mais
d'une intensité suffisante), ou « arrêté temporairement et mal réglé » ce qui correspond
à un arrêt suivi d'une relance lente.
[0080] On note que si le dispositif 10 est dans un état arrêté complètement il est impossible
de savoir s'il est bien réglé ou non.
[0081] Comme expliqué précédemment, si à l'issue d'une durée prédéterminée
Temps_Analyse à partir dudit instant de variation à la hausse
Temps_Init, la température mesurée
Tint(t) a décru d'au moins un seuil de baisse prédéterminé, alors le dispositif 10 est avantageusement
déterminé dans un état arrêté complètement.
[0082] Sinon, si la relance s'est finie et qu'une allure a été calculée, le dispositif 10
est avantageusement déterminé dans un état mal réglé si l'allure de chauffe
Allure est supérieure à un premier seuil prédéterminé, noté
Seuil_Bas.
[0083] De surcroît, le dispositif 10 est avantageusement déterminé dans un état très mal
réglé à l'étape (e) si l'allure de chauffe
Allure est supérieure à un deuxième seuil prédéterminé supérieur au premier seuil prédéterminé,
noté
Seuil_Haut.
[0084] Si au contraire l'allure de chauffe
Allure est inférieure au premier seuil prédéterminé, alors l'état du dispositif 10 est nominal
(pas de déficience), à condition néanmoins qu'il ne soit pas, en parallèle, déterminé
arrêté temporairement (ce qui n'est théoriquement pas possible si les valeurs des
seuils sont bien choisies).
[0085] Le premier seuil
Seuil_Bas est avantageusement compris entre 0.75 et 1.5 h/°C, préférentiellement environ 1
h/°C. Le deuxième seuil
Seuil_Haut est quant à lui avantageusement compris entre 2 et 3 h/°C, préférentiellement environ
2.5 h/°C.
[0086] Alternativement ou en complément, le dispositif 10 est déterminé dans un état arrêté
temporairement ou arrêté complètement à l'étape (e) si les moyens de traitement de
données 30 ont détecté un instant de variation à la baisse de la consigne de température
au cours du temps
Tcons(t) (relance terminée sans être réussie) et la durée de relance
Durée_Relance déterminée est supérieure au seuil de signification.
[0087] Pour trancher, les moyens de traitement de données 30 déterminent avantageusement
quelle fraction de la relance a été réalisée dans la durée de relance. En d'autres
termes, ils déterminent à quelle pourcentage la température mesurée
Tint(t) a rattrapé la température de consigne
Tcons(t).
[0088] Pour cela sont comparées la variation maximale de la température intérieure
Tint(t) entre le début et la fin de la relance
(T_max - Tint_init), et l'intervalle de température à parcourir à l'instant de hausse de consigne
Temps_init (i.e.
Tcons_cible - Tint_init).
[0089] Plus précisément, si la hausse de la température intérieure
Tint(t) est au moins égale à une fraction prédéterminée
Taux_Relance de l'écart entre la consigne de température
Tcons(t) et la température mesurée
Tint(t) audit instant de variation à la hausse
Temps_Init., il est considéré que la relance est lancée, bien que tardive. En d'autres termes
on vérifie que
T_max - Tint_init > Taux_Relance * (
Tcons_
cible -
Tint_init).
[0090] En effet, si une hausse de température a été constatée, c'est que le dispositif 10
peut avoir des problèmes mais fonctionne dans le sens où il produit de la chaleur.
Un temps anormalement long pour atteindre cette fraction de la température de consigne
cible est ainsi représentatif d'un arrêt temporaire du dispositif 10.
[0091] Au contraire, le dispositif 10 est déterminé comme étant dans un état complètement
arrêté à l'étape (e) si à l'issue de la durée de relance
Durée_Relance la température mesurée
Tint(t) n'a pas cru d'au moins la fraction prédéterminée
Taux_Relance de l'écart entre la consigne de température
Tcons(t) et la température mesurée audit instant de variation à la hausse
Temps_Init (i.e.
T_max -
Tint_init ≤ Taux_Relance *
(Tcons_cible - Tint_init)).
[0092] La fraction prédéterminée
Taux_Relance est avantageusement compris entre 40 et 75%, préférentiellement environ 50%.
[0093] On note que dans le cas d'un arrêt temporaire il peut être calculé et étudié l'allure
de sorte à vérifier également si le dispositif 10 n'est pas en outre mal réglé.
[0094] Le cas échéant, est mise en oeuvre une étape (e) de déclenchement par les moyens
de traitement de données 30 d'une alarme si le dispositif 10 est déterminé comme déficient.
Le type d'alarme mise en oeuvre par les moyens 30 peut dépendre du type de déficience
identifié.
[0095] L'alarme peut être un signal visuel (par exemple via un code couleur, en particulier
rouge si la déficience est par exemple un arrêt complet), ou une notification d'un
problème potentiel à plus long terme typiquement si le dispositif 10 est déterminé
mal réglé.
[0096] On notera que le présent procédé permet :
- D'une part de détecter des déficiences que l'utilisateur n'aurait pas forcément perçues
si les conditions météorologiques sont bonnes (typiquement en cas de mauvais réglage)
;
- D'autre part de limiter des interventions d'un technicien de maintenance lorsqu'elles
ne sont pas forcément nécessaires (propositions de tests à réaliser par l'utilisateur
après la détection de déficience) ;
- Mais encore d'optimiser les opérations de maintenance (qui sont traditionnellement
effectuées à des moments prédéterminés, par exemple tous les ans, plutôt que quand
elles sont nécessaires).
Résumé de l'algorithme
[0097] Dans un mode particulièrement préféré, l'algorithme mis en oeuvre par les moyens
de traitement de données 30 exprimé en pseudo-langage est le suivant :
- (a) Mesure de la température du milieu Tint(t) au cours du temps
- (b) A chaque pas de temps, on compare la nouvelle consigne Tcons(t) à la consigne précédente Tcons(t-Δt).
∘ Si Tcons(t) > Tcons(t-Δt) et qu'on n'était pas déjà en relance, alors une nouvelle relance débute, et on note
▪ L'instant de début de relance Temps_init
▪ La consigne à atteindre Tcons_cible
▪ La température mesurée en début de relance Tint_init
∘ Sinon, on reste dans le même état
- (c)Tant que l'on est en relance :
∘ A chaque pas de temps, on note la température minimale T_min et la température maximale T_max atteintes depuis le début de la relance et on incrémente la durée de la relance Durée_Relance d'un pas de temps.
∘ Si, au bout de la durée prédéterminée Temps_Analyse à partir du début de la relance, Tint < T_max - Seuil_Baisse, Etat = arrêté complètement, pas besoin d'aller plus loin
∘ Si Tint dépasse Tcons_cible - Seuil_Reussite, on considère que la relance est réussie
∘ Si Tcons change
▪ à la hausse (nouvelle relance potentielle)
- Si la relance en cours est réussie, il s'agit d'une nouvelle relance (celle en cours
est considérée achevée)
- Sinon, Tcons_cible est modifiée en la nouvelle consigne
▪ A la baisse : fin de la relance
- (d) Si la relance est réussie ou éventuellement si la relance a duré suffisamment
longtemps (plus de Allure_relance_type * (Tcons_cible - -Tint_init)) et a été suffisamment forte (T_max - Tint_init) > Taux_Relance * (Tcons_cible - Tint_init), une allure de chauffe est calculée : Allure=Duree_relancel(T_max-T_min)
- (e) détermination du fonctionnement du dispositif :
∘ Si une allure a été calculée un diagnostic de mauvais réglage est donné à partir
de l'étude des allures :
▪ Si Allure < Seuil_Bas, Etat = OK
▪ Si Allure < Seuil_Haut, Etat = mal réglé
▪ Si Allure > Seuil_Haut, Etat = très mal réglé
∘ Sinon
▪ Si la relance n'a pas duré suffisamment longtemps (pas plus de Allure_relance_type * (Tcons_cible -Tint_init)), Etat = inconnu, et le procédé est relancé
▪ Si la relance a duré suffisamment longtemps (plus de Allure_relance_type * (Tcons_cible -Tint_init)),
• Si (T_max - Tint_init) > Taux_Relance * (Tcons_cible - Tint_init), i.e. Relance complétée à une fraction supérieure au taux prédéterminé, Etat = arrêté
temporairement et la relance est considérée lancée
• Sinon, la relance est ratée (Etat = arrêté complètement)
Exemples
[0098] Les figures 2a et 2b illustrent respectivement la température mesurée Tint(t) et
la température de consigne Tcons(t) dans un cas normal (pas de déficience) et dans
un cas de dispositif 10 défectueux, sur une période de deux jours (deux intervalles
temporels).
[0099] On repère sur la figure 2a les deux relances réussies (chaque matin). On constate
qu'au moment du passage de la valeur de consigne de 17 à 21°C, une forte erreur apparait,
mais elle est compensée complètement en 1 à 2h (c'est la durée de relance, et on est
bien dans le cas de relance réussie car la consigne haute est atteinte avant sa baisse
12h plus tard).
[0100] L'allure associée est de moins de 0.5h/°C, ce qui signifie que la chaudière est très
bien réglée.
[0101] Sur la figure 2b, les relances n'ont aucun impact, et la température soit continue
de baisser (2
e jour) soit monte extrêmement doucement (1
er jour), probablement à cause des conditions extérieures.
[0102] Dans le cas du premier jour, la relance est considérée terminée à la fin de la journée
car la température de consigne n'est jamais rattrapée. La température mesurée ne baisse
toutefois pas, ce qui fait que le procédé continue. Dans la mesure où la relance dure
près de 10h, le seuil de signification (qui en l'espèce était estimé à environ 6h)
est largement atteint, et le créneau est considéré significatif. Or, moins de 50%
de la relance est complétée (1°C sur 3°C), ce qui signifie que le dispositif est complètement
arrêté.
[0103] Dans le cas du deuxième jour, la température mesurée décroit plus que le seuil de
baisse prédéterminé (0.5°C), ce qui fait que le dispositif 10 est directement déterminé
complètement arrêté.
Système
[0104] Selon un deuxième aspect, l'invention concerne un système de détection de déficiences
d'un dispositif de chauffage 10 en fonctionnement dans un milieu donné. Il s'agit
d'un système pour la mise en oeuvre du précédent procédé.
[0105] Le système comprend :
- Au moins une sonde 20 mesurant la température dudit milieu au cours du temps Tint(t) sur un intervalle de temps donné ;
- des moyens de traitement de données 30 configurés pour mettre en oeuvre :
∘ un module de détection d'un instant de variation à la hausse Temps_Init d'une consigne de température au cours du temps Tcons(t) ;
∘ un module de détermination d'une durée, à partir dudit instant de variation à la
hausse Temps_Init, de relance Durée_Relance nécessaire pour que, soit ladite température mesurée Tint(t) rattrape la consigne de température au cours du temps Tcons(t) à un seuil de réussite prédéterminé près, soit soit détecté un instant de variation
à la baisse de la consigne de température au cours du temps Tcons(t) ;
∘ un module de calcul d'une allure de chauffe Allure en fonction de ladite durée de relance Durée_Relance et de températures minimale et maximale T_min, T_max mesurées sur ladite durée de relance Durée-Relance ,
∘ un module de détermination d'un état déficient du dispositif 10 en fonction d'au
moins ladite allure de chauffe Allure ;
∘ un module de déclenchement d'une alarme si le dispositif 10 est déterminé comme
présentant un état déficient.
[0106] Ce système peut être de nombreuses natures différentes et englober un ou plusieurs
équipements (i.e. la ou les sondes 20 et les moyens de traitement 30 peuvent être
distants).
[0107] De façon préférée, la ou les sondes 20 sont celles d'un thermostat 14 comprenant
également le module de contrôle 21, et de façon encore plus préférée les moyens de
traitement de données 30 sont confondus avec le module de contrôle 21. En d'autres
termes, ce système est typiquement le thermostat 14.
[0108] L'invention concerne également le dispositif 10 comprenant ces éléments.
1. Procédé de détection de déficiences d'un dispositif de chauffage (10) en fonctionnement
dans un milieu donné, comprenant la mise en oeuvre d'étapes de :
(a) Mesure par une sonde (20) de la température dudit milieu au cours du temps (Tint(t))
sur un intervalle de temps donné ;
(b) Détection par des moyens de traitement de données (30) d'un instant de variation
à la hausse (Temps_Init) d'une consigne de température au cours du temps (Tcons(t))
;
(c) Détermination par les moyens de traitement de données (30) d'une durée, à partir
dudit instant de variation à la hausse (Temps_Init), de relance (Durée_Relance) nécessaire
pour que, soit ladite température mesurée (Tint(t)) rattrape la consigne de température
au cours du temps (Tcons(t)) à un seuil de réussite prédéterminé près, soit les moyens
de traitement de données (30) détectent un instant de variation à la baisse de la
consigne de température au cours du temps (Tcons(t)) ;
(d) Calcul par les moyens de traitement de données (30) d'une allure de chauffe (Allure)
en fonction de ladite durée de relance (Durée_Relance) et de températures minimale
et maximale (T_min, T_max) mesurées sur ladite durée de relance (Durée_Relance) ;
(e) détermination par les moyens de traitement de données (30) d'un état déficient
du dispositif (10) en fonction d'au moins ladite allure de chauffe (Allure) ;
(f) Déclenchement par les moyens de traitement de données (30) d'une alarme si le
dispositif (10) est déterminé comme présentant un état déficient.
2. Procédé selon la revendication 1, dans lequel l'état déficient du dispositif (10)
est choisi parmi :
- Arrêté complètement,
- Arrêté temporairement, et/ou
- Mal réglé.
3. Procédé selon la revendication 2, dans lequel l'étape (b) comprend la vérification
que, à l'issue d'une durée prédéterminée (Temps_Analyse) à partir dudit instant de
variation à la hausse (Temps_Init), la température mesurée (Tint(t)) n'ait pas décru
de plus qu'un seuil de baisse prédéterminé, le dispositif (10) étant dans le cas contraire
directement déterminé dans un état arrêté complètement à l'étape (e).
4. Procédé selon l'une des revendications 2 et 3, dans lequel le dispositif est déterminé
dans un état mal réglé à l'étape (e) si l'allure de chauffe (Allure) est supérieure
à un premier seuil prédéterminé.
5. Procédé selon la revendication 4, dans lequel le dispositif est déterminé dans un
état très mal réglé à l'étape (e) si l'allure de chauffe (Allure) est supérieure à
un deuxième seuil prédéterminé supérieur au premier seuil prédéterminé.
6. Procédé selon l'une des revendications précédentes, dans lequel l'étape (d) est mise
en oeuvre seulement si ladite température mesurée (Tint(t)) a rattrapé la consigne
de température au cours du temps (Tcons(t)) à un seuil de réussite prédéterminé près,
ou si les moyens de traitement de données (30) ont détecté un instant de variation
à la baisse de la consigne de température au cours du temps (Tcons(t)) tel que la
durée de relance (Durée_Relance) déterminée est supérieure à un seuil de signification
fonction de l'écart entre la température mesurée (Tint(t)) et la consigne de température
(Tcons(t)) à l'instant de variation à la hausse (Temps_Init).
7. Procédé selon la revendication 6, dans lequel le procédé est répété si les moyens
de traitement de données (30) ont détecté un instant de variation à la baisse de la
consigne de température au cours du temps (Tcons(t)) tel que la durée de relance (Durée_Relance)
déterminée n'est pas supérieure au seuil de signification fonction de l'écart entre
la température mesurée (Tint(t)) et la consigne de température (Tcons(t)) à l'instant
de variation à la hausse (Temps_Init).
8. Procédé selon l'une des revendications 6 et 7 en combinaison avec la revendication
2, dans lequel, si les moyens de traitement de données (30) ont détecté un instant
de variation à la baisse de la consigne de température au cours du temps (Tcons(t))
tel que la durée de relance (Durée_Relance) déterminée est supérieure au seuil de
signification fonction de l'écart entre la température mesurée (Tint(t)) et la consigne
de température (Tcons(t)) à l'instant de variation à la hausse (Temps_Init), le dispositif
est déterminé dans un état arrêté temporairement à l'étape (e) si à l'issue de la
durée de relance (Durée_Relance) la température mesurée (Tint(t)) a cru d'au moins
d'une fraction prédéterminée (Taux_Relance) de l'écart entre la consigne de température
(Tcons(t)) et la température mesurée (Tint(t)) audit instant de variation à la hausse
(Temps_Init).
9. Procédé selon l'une des revendications 6 à 8 en combinaison avec la revendication
2, dans lequel, si les moyens de traitement de données (30) ont détecté un instant
de variation à la baisse de la consigne de température au cours du temps (Tcons(t))
tel que la durée de relance (Durée_Relance) déterminée est supérieure au seuil de
signification fonction de l'écart entre la température mesurée (Tint(t)) et la consigne
de température (Tcons(t)) à l'instant de variation à la hausse (Temps_Init), le dispositif
est déterminé dans un état arrêté complètement à l'étape (e) si à l'issue de la durée
de relance (Durée_Relance) la température mesurée (Tint(t)) n'a pas cru d'au moins
une fraction prédéterminée (Taux_Relance) de l'écart entre la consigne de température
(Tcons(t)) et la température mesurée (Tint(t)) audit instant de variation à la hausse
(Temps_Init).
10. Procédé selon l'une des revendications précédentes, dans laquelle le dispositif (10)
comprend un module de contrôle (21) fournissant ladite consigne de température au
cours du temps (Tcons(t)) appliquée par le dispositif de chauffage (10), les moyens
de traitement de données (30) étant intégrés audit module de contrôle (21).
11. Procédé selon l'une des revendications précédentes, dans lequel les moyens de traitement
de données (30) sont connectés à un réseau de communication (3), l'alarme de l'étape
(f) étant déclenchée au niveau d'un équipement distant d'un opérateur du dispositif
(10).
12. Système (14) de détection de déficiences d'un dispositif de chauffage (10) en fonctionnement
dans un milieu donné, comprenant :
- une sonde (20) mesurant la température dudit milieu au cours du temps (Tint(t))
sur un intervalle de temps donné ;
- des moyens de traitement de données (30) configurés pour mettre en oeuvre :
∘ un module de détection d'un instant de variation à la hausse (Temps_Init) d'une
consigne de température au cours du temps (Tcons(t)) ;
∘ un module de détermination d'une durée, à partir dudit instant de variation à la
hausse (Temps_Init), de relance (Durée_Relance) nécessaire pour que, soit ladite température
mesurée (Tint(t)) rattrape la consigne de température au cours du temps (Tcons(t))
à un seuil de réussite prédéterminé près, soit soit détecté un instant de variation
à la baisse de la consigne de température au cours du temps (Tcons(t)) ;
∘ un module de calcul d'une allure de chauffe (Allure) en fonction de ladite durée
de relance (Durée_Relance) et de températures minimale et maximale (T_min, T_max)
mesurées sur ladite durée de relance (Durée_Relance) ;
∘ un module de détermination d'un état déficient du dispositif (10) en fonction d'au
moins ladite allure de chauffe (Allure) ;
∘ un module de déclenchement d'une alarme si le dispositif (10) est déterminé comme
présentant un état déficient.
13. Système selon la revendication 12, étant un thermostat du dispositif de chauffage
(10) comprenant en outre un module de contrôle (21) du dispositif de chauffage (10).
14. Système selon la revendication 13, dans lequel les moyens de traitement de données
(30) étant mis en oeuvre par le module de contrôle (21).
15. Dispositif de chauffage (10) comprenant un système (14) selon l'une des revendications
12 à 14.