[0001] La présente invention se rapporte à une poudre d'insectes. Elle vise également un
procédé de préparation de cette poudre et son utilisation dans l'alimentation humaine
ou animale, et plus particulière dans l'alimentation des poissons.
[0002] L'aquaculture est aujourd'hui l'un des secteurs les plus dynamiques de l'industrie
alimentaire. La forte demande en poissons a eu pour conséquence d'augmenter significativement
le prix des aliments destinés à l'élevage des poissons.
[0003] L'un des produits les plus utilisé dans l'alimentation des poissons est la farine
de poisson. La farine de poisson est une des principales sources de protéines dans
les aliments aquacoles. C'est une farine est très riches en protéines animales (riche
en acides aminés type lysine et méthionine) faciles à digérer. Une demande croissante
accompagnée d'une offre limitée a eu pour conséquence d'en augmenter significativement
son prix, engendrant un risque pour la croissance durable de l'aquaculture. Ainsi,
il y a une forte demande pour des sources alternatives de protéines de qualité élevée
et, dans la mesure du possible, renouvelables pour les aliments aquacoles.
[0004] Les farines d'insectes proposent des sources protéiques naturelles de remplacement
et la possibilité d'être produit en masse avec une empreinte écologique minimale.
En particulier, certains coléoptères tels que
Tenebrio molitor, présentent l'intérêt de pouvoir être adaptés à une production en masse intensive.
[0005] Toutefois, les résultats d'essais de substitution de la farine de poisson par diverses
farines d'insectes s'avèrent mitigés. Dans le cas où la substitution s'avère possible,
celle-ci n'excède généralement pas les 50%, au-delà de cette teneur des effets néfastes
sur la croissance des poissons étant observés.
[0007] Le travail des inventeurs a permis de mettre en évidence qu'une poudre d'insectes
spécifique pouvait être avantageusement utilisée en remplacement d'une farine de poisson
dans l'alimentation aquacole.
[0008] La présente invention concerne donc une poudre de coléoptères comportant au moins
67% en poids de protéines et au moins 5% en poids de chitine, les pourcentages en
poids étant donnés sur le poids total de poudre de coléoptères.
[0009] On notera que dans le cadre de la présente demande, et sauf stipulation contraire,
les gammes de valeurs indiquées s'entendent bornes incluses.
[0010] Par « poudre de coléoptères », on entend une composition, sous forme de particules,
préparée uniquement à partir de coléoptères et éventuellement d'eau.
[0011] Le taux d'humidité résiduel de la poudre de coléoptère est compris entre 2 et 15%,
de préférence entre 5 et 10%, plus préférentiellement, entre 4 et 8%. Ce taux d'humidité
peut par exemple être déterminé selon la méthode issue du règlement CE 152/2009 du
27-01-2009 (103 °C / 4 h).
[0012] Dans toute la demande, lorsqu'aucune date n'est précisée pour un règlement, une norme
ou une directive, il s'agit du règlement, de la norme ou de la directive en vigueur
à la date de dépôt.
[0013] Lorsque la poudre de coléoptère est broyée à une taille de particules acceptable
pour l'alimentation humaine ou animale, celle-ci peut être désignée sous l'appellation
« farine de coléoptère » (« coleoptera meal », en anglais). Par « taille de particules
acceptable pour l'alimentation humaine ou animale », on vise une taille de particules
comprise entre 100 µm et 1,5 mm, préférentiellement comprise entre 300 µm et 1 mm,
plus préférentiellement entre 500 et 800 µm.
[0014] Préférentiellement, les coléoptères préférés selon l'invention appartiennent aux
familles des Tenebrionidae, Melolonthidae, Dermestidae, Coccinellidae, Cerambycidae,
Carabidae, Buprestidae, Cetoniidae, Dryophthoridae, ou leurs mélanges.
[0015] Plus préférentiellement, il s'agit des coléoptères suivants :
Tenebrio molitor,
Alphitobius diaperinus, Zophobas morio, Tenebrio obscurus, Tribolium castaneum et
Rhynchophorus ferrugineus, ou leurs mélanges.
[0016] Par « protéines », on vise la quantité de protéines brutes. La quantification des
protéines brutes est bien connue de l'homme du métier. A titre d'exemple, on peut
citer la méthode Dumas ou la méthode Kjeldhal. De préférence, la méthode Dumas, correspondant
à la norme NF EN ISO 16634-1 (2008) est utilisée.
[0017] Préférentiellement, la poudre de coléoptères comporte 68% en poids de protéines brutes,
plus préférentiellement 70% en poids de protéines brutes, les pourcentages en poids
étant donnés sur le poids total de poudre de coléoptères.
[0018] Selon l'invention, par « chitine », on entend tout type de dérivé chitinique, c'est-à-dire
de dérivé de polysaccharides comportant des unités N-acétyl-glucosamine et des unités
D-glucosamines, en particulier les copolymères chitine-polypeptides (parfois désignés
sous l'appellation « composite chitine-polypeptides »). Ces copolymères peuvent également
être associés à des pigments, souvent de type mélanine.
[0019] La chitine serait le deuxième polymère le plus synthétisé dans le monde vivant après
la cellulose. En effet, la chitine est synthétisée par de nombreuses espèces du monde
vivant: elle constitue en partie l'exosquelette des crustacés et des insectes et la
paroi latérale qui entoure et protège les champignons. Plus particulièrement, chez
les insectes, la chitine constitue ainsi 3 à 60% de leur exosquelette.
[0020] La détermination du taux de chitine est effectuée par extraction de celle-ci. Une
telle méthode peut être la méthode ADAC 991.43 décrite à l'Exemple 2, et est une méthode
préférée pour cette détermination.
[0021] Préférentiellement, la poudre comporte entre 5 et 16% en poids de chitine, plus préférentiellement
entre 8 et 14% de chitine, les pourcentages en poids étant donnés sur le poids total
de poudre de coléoptères.
[0022] La poudre de coléoptères selon l'invention comporte un fort taux de protéines brutes.
Un tel taux n'est usuellement obtenu que par un procédé de traitement des coléoptères
comportant une étape d'hydrolyse. Or, une étape d'hydrolyse a pour effet d'abaisser
le taux de chitine à une teneur de l'ordre de 5% en poids, telle qu'inférieure à 5%
en poids, sur le poids total de la composition.
[0023] Or, la chitine est souvent considérée comme une sorte de facteur anti-nutritionnel
car difficile à digérer. Ceci explique que pour des applications dans le domaine agro-alimentaires,
des compositions à base d'insectes sont dé-chitinées, c'est-à-dire qu'une étape de
retrait de la chitine est effectuée. Or, le travail des inventeurs a également permis
de démontrer que, contrairement aux idées reçues, la chitine n'avait pas d'impact
sur la croissance de poissons nourris avec une poudre de coléoptères selon l'invention,
comportant un taux non négligeable de chitine (voir Exemple 4 ci-après). Au contraire,
la poudre de coléoptères selon l'invention peut avantageusement remplacer non seulement
partiellement mais également dans sa totalité, une farine de poissons dans un aliment
aquacole. En effet, la poudre de coléoptères selon l'invention permet d'améliorer
la croissance d'animaux nourris avec cette poudre.
[0024] En outre, lors du processus de fabrication des aliments, l'introduction de la poudre
de coléoptères selon l'invention présente également certains avantages : réduction
en pertes en vitamines hydrosolubles lors d'éventuels traitement thermiques et réduction
de l'énergie nécessaire lors d'une éventuelle étape d'extrusion.
[0025] Avantageusement, la poudre de coléoptères selon l'invention présente une teneur en
cendres inférieure ou égale à 4% en poids sur le poids total de poudre de coléoptères,
et encore plus avantageusement inférieure ou égale à 3,5%.
[0026] Les cendres constituent le résidu résultant de la combustion de la composition selon
l'invention.
[0027] La méthode de détermination de la teneur en cendres est bien connue de l'homme du
métier. De préférence, les cendres ont été déterminées selon la méthode relevant du
règlement CE 152/2009 du 27-01-2009.
[0028] La teneur en matière grasse de la poudre de coléoptères selon l'invention est de
préférence comprise entre 5 et 20% en poids sur le poids total de poudre de coléoptères,
plus préférentiellement entre 9 et 17%.
[0029] Les méthodes de détermination de la teneur en matière grasse sont bien connues de
l'homme du métier. A titre d'exemple et de manière préférée, la détermination de cette
teneur sera effectuée en suivant la méthode du règlement CE 152/2009.
[0030] Avantageusement, les protéines de la poudre de coléoptères selon invention présentent
une digestibilité supérieure ou égale à 85% en poids sur le poids total de protéines
brutes.
[0031] La digestibilité est une digestibilité pepsique mesurée par la méthode décrite dans
la directive 72/199/CE.
[0032] De préférence, la digestibilité est supérieure ou égale à 86%, plus préférentiellement,
supérieure ou égale à 88%.
[0033] Avantageusement, la poudre de coléoptères selon l'invention comporte entre 35 et
65% en poids de protéines solubles par rapport au poids total de protéines, et au
moins 50% des protéines solubles ont une taille inférieure ou égale à 12400g/mol.
[0034] Par « poids total de protéines », on entend le poids de protéines brutes présentes
dans la poudre de coléoptères selon l'invention.
[0035] Par « protéines solubles », on entend, parmi les protéines brutes, celles qui sont
solubles dans une solution aqueuse dont le pH est compris entre 6 et 8, avantageusement
entre 7,2 et 7,6.
[0036] De préférence, la solution aqueuse est une solution tampon dont le pH est compris
entre 6 et 8, avantageusement entre 7,2 et 7,6. Préférentiellement, la solution tampon
est une solution tampon phosphate NaCl, dont le pH est égal 7,4 +/- 0,2.
[0037] La digestibilité des protéines chez l'homme et les animaux est fortement conditionnée
par la taille des protéines. En nutrition animale, il est courant de réduire la taille
des protéines, afin de faciliter la digestion des animaux. Cette réduction de la taille
des protéines se fait généralement par des procédés d'hydrolyse (par exemple enzymatique),
dont la mise en oeuvre est particulièrement coûteuse.
[0038] La poudre de coléoptères selon l'invention, obtenue par un procédé ne faisant pas
intervenir d'hydrolyse, comporte une quantité importante de protéines solubles dont
la taille est suffisamment réduite pour faciliter la digestion des animaux. La poudre
de coléoptères selon l'invention présente en outre l'avantage de pouvoir être préparée
à moindre coût.
[0039] Avantageusement, la poudre de coléoptères selon l'invention comporte entre 38 et
60% en poids, de préférence entre 43 et 55% en poids de protéines solubles par rapport
au poids total de protéines.
[0040] De préférence, au moins 60%, préférentiellement au moins 70% des protéines solubles
ont une taille inférieure ou égale à 12400g/mol.
[0041] Plus particulièrement, les protéines solubles ont une taille comprise entre 6500
et 12400g/mol.
[0042] Avantageusement, moins de 10%, de préférence moins de 8%, plus préférentiellement
moins de 6% de protéines solubles ont une taille supérieure ou égale à 29000g/mol.
[0043] A titre d'exemple, une analyse par chromatographie d'exclusion stérique de la taille
des protéines solubles d'une poudre de coléoptères selon l'invention est présentée
à l'Exemple 6.
[0044] L'invention divulgue également un procédé de préparation d'une poudre coléoptères
selon l'invention.
[0045] Le procédé de préparation de la poudre de coléoptères selon l'invention comporte
une étape de pressage des coléoptères.
[0046] L'objectif du pressage est de déshuiler les coléoptères et donc d'obtenir un gâteau
de presse ayant une teneur en huile (ou matière grasse) inférieure ou égale à 20%
en poids sur le poids sec de gâteau de presse, préférentiellement, inférieure ou égale
à 17%.
[0047] L'étape de pressage est plus amplement décrite dans l'étape 2 du procédé de préparation
détaillé ci-après.
[0048] En particulier, il est possible d'effectuer un pressage à chaud ou à froid. De préférence,
une presse mono-vis est utilisée.
[0049] Plus particulièrement, le procédé de préparation selon l'invention comporte les étapes
suivantes :
- i) abattage des coléoptères,
- ii) pressage des coléoptères pour obtenir un gâteau de presse, et
- iii) broyage du gâteau de presse.
[0050] L'abattage des coléoptères peut être effectué par ébouillantage ou blanchiment, comme
cela est plus amplement décrit ci-après dans l'étape 1 du procédé détaillé.
[0051] De même, le broyage est plus amplement décrit dans l'étape 4 du procédé détaillé.
[0052] Enfin, le procédé de préparation selon l'invention peut comporter en outre une étape
de séchage du gâteau de presse.
[0053] L'étape de séchage est avantageusement réalisée après l'étape de pressage et avant
l'étape de broyage.
[0054] Le séchage est plus amplement décrit dans l'étape 3 du procédé détaillé.
Procédé détaillé de préparation de la poudre de coléptère selon l'invention
• Etape 1 : abattage des insectes
[0055] Cette étape 1 d'abattage peut avantageusement s'effectuer par ébouillantage ou par
blanchiment. Cette étape 1 permet d'abattre les insectes tout en abaissant la charge
microbienne (réduction du risque d'altération et sanitaire) et en inactivant les enzymes
internes des insectes pouvant déclencher une autolyse, et ainsi un brunissement rapide
de ceux-ci.
[0056] Pour l'ébouillantage, les insectes, de préférence des larves, sont ainsi ébouillantés
à l'eau pendant 2 à 20 min, préférentiellement, 5 à 15 min. De préférence, l'eau est
à une température comprise entre 95 à 100°C, préférentiellement 100°C.
[0057] La quantité d'eau introduite lors de l'ébouillantage est déterminée de la façon suivante
: le ratio du volume d'eau en mL sur le poids en g d'insecte est de préférence compris
entre 0,3 et 10, plus préférentiellement entre 0,5 et 5, encore plus préférentiellement
entre 0,7 et 3, encore plus préférentiellement de l'ordre de 1.
[0058] Pour le blanchiment, les insectes, de préférence des larves, sont blanchis à la vapeur
(buses ou lit de vapeur) à une température comprise entre 80 et 130°C, de préférence
entre 90 et 120°C, plus préférentiellement entre 95 et 105°C, encore plus préférentiellement
98°C ou bien à l'eau à une température comprise entre 95 et 100°C, préférentiellement
100°C (par buses d'aspersion) ou en mode mixte (eau + vapeur) à une température comprise
entre 80 et 130°C, de préférence entre 90 et 120°C, plus préférentiellement entre
95 et 105°C, encore plus préférentiellement 98°C. Le temps de séjour dans la chambre
de blanchiment est compris entre 1 à 15 minutes, préférentiellement entre 3 et 7 min.
• Etape (optionnelle) : broyage
[0059] Les insectes sont retirés de la cuve d'ébouillantage ou de la chambre de blanchiment,
ils sont ensuite tamisés (ou égouttés), et placés dans un broyeur, tel qu'un broyeur
mixeur à couteaux, permettant de réduire les insectes en particules.
[0060] Afin de faciliter le broyage, une quantité d'eau peut être ajoutée. Cette quantité
d'eau est similaire à celle introduite lors de l'étape 1 d'ébouillantage : le ratio
du volume d'eau en mL sur le poids en g d'insecte est de préférence compris entre
0,3 et 10, plus préférentiellement entre 0,5 et 5, encore plus préférentiellement
entre 0,7 et 3, encore plus préférentiellement de l'ordre de 1. Il est également possible
de garder l'eau d'ébouillantage et/ou l'eau résultant du blanchiment pour effectuer
cette étape.
[0061] De préférence, à l'issue du broyage, la taille des particules d'insectes est inférieure
à 1 cm (plus grande taille de particule observable à l'aide d'un microscope), de préférence
inférieure à 0,5 cm. Préférentiellement, la taille des particules est comprise entre
300 µm et 3 mm, plus préférentiellement entre 500 µm et 1 mm. Il n'est pas nécessaire
de réduire excessivement la taille des particules, par exemple à une taille inférieure
à 250 µm.
• Etape 2 : pressage
[0062] Les insectes issus de l'étape 1 d'abattage ou la pâte humide issue de l'étape optionnelle
de broyage est ensuite placée dans une presse selon un mode opératoire qui permet
de presser et séparer un jus comportant à la fois une fraction huileuse et une fraction
protéique.
[0063] De préférence, l'étape de pressage permet d'obtenir un gâteau de presse comportant
une teneur en huile inférieure ou égale à 20% en poids sur le poids sec du gâteau
de presse, préférentiellement, inférieure ou égale à 17%, plus préférentiellement
inférieure ou égale à 15%.
[0064] De même, l'étape de pressage permet d'obtenir un gâteau de presse présentant une
teneur en matière sèche comprise entre 30% et 60%, préférentiellement, comprise entre
40% et 55%, et plus préférentiellement comprise entre 45% et 55%.
[0065] Tout système de presse peut être utilisé pour réaliser l'étape de pressage, tel que
par exemple, une presse mono-vis ou bi-vis (presse bi-vis de type Angel), un filtre-presse
(filtre-presse de type Choquenet), une presse à plateaux, etc. Ces systèmes sont bien
connus de l'homme du métier qui est à même de déterminer les conditions de pressage
afin d'obtenir les teneurs en huile et/ou en eau mentionnées ci-avant.
[0066] En particulier, il est possible d'effectuer un pressage à chaud ou à froid. Avantageusement,
le pressage sera effectué à chaud, ce qui permet d'augmenter le déshuilage du gâteau
de presse. En particulier, un pressage à chaud permet l'obtention d'un gâteau de presse
comportant une teneur en huile inférieure ou égale à 17% en poids sur le poids sec
de gâteau de presse, de préférence inférieure ou égale à 15%.
• Etape 3 : séchage
[0067] Le gâteau de presse est ensuite séché par les technologies classiques connues par
l'homme de métier. Le séchage peut être direct ou indirect (sécheur en couche mince,
« paddle dryer », « tubular dryer », « disc-dryer », etc.) à une température comprise
entre 60°C et 260°C, pendant une durée de 15 min à 24 heures. A titre d'exemple, le
gâteau de presse peut être disposé et séché à l'air ventilé/brassé à une température
comprise entre 80 et 100°C, préférentiellement à 90°C pendant une durée comprise entre
3 et 7 heures, préférentiellement 5 heures.
[0068] L'objectif de cette étape de séchage est l'obtention d'un gâteau de presse ayant
un taux d'humidité compris entre 2 et 15%, de préférence entre 5 et 10%, plus préférentiellement
encore entre 4 et 8%.
• Etape 4 : broyage final
[0069] Le gâteau de presse séché est ensuite placé dans un broyeur, tel qu'un broyeur à
marteaux, permettant de réduire le gâteau de presse en particules.
[0070] Avantageusement, à l'issue de ce broyage final, la taille des particules d'insectes
est inférieure à 0,5 cm (plus grande taille de particule observable à l'aide d'un
microscope), de préférence de l'ordre de 1 mm. Plus particulièrement, la taille de
particules est comprise entre 300 µm et 1 mm, encore plus préférentiellement entre
500 et 800 µm.
[0071] La succession de ces quatre étapes permet d'obtenir une poudre de coléoptères selon
l'invention, comportant un fort taux de protéines brutes tout en maintenant un taux
de chitine de l'ordre d'au moins 5% en poids sur le poids total de la composition.
[0072] Comme indiqué ci-avant, l'étape de pressage peut être réalisée à froid ou à chaud.
[0073] A titre d'exemple de procédé d'obtention de la poudre de coléoptères selon l'invention,
impliquant un pressage à froid :
Des larves, par exemple de
T. molitor, sont introduites dans un bêcher contenant 200 mL d'eau préalablement portée à ébullition,
et abattues par ébouillantage au bain-marie à 100 °C. Après 5 minutes, le bêcher est
retiré du bain-marie, les larves sont essorées, puis mixées avec un volume d'eau de
200 mL. Le liquide ainsi obtenu est passé dans une presse de type bi-vis. Le gâteau
de presse ainsi obtenu est séché 24 heures dans une étuve à 70 °C, puis broyé à 250
µm.
[0074] A titre d'exemple de procédé d'obtention de la poudre de coléoptères selon l'invention,
impliquant un pressage à chaud :
Des larves, par exemple de
T. molitor, sont introduites dans une chambre de blanchiment et blanchies à la vapeur pendant
5 min à 100°C. Les larves ainsi blanchies sont ensuite introduites dans une presse
de type "assèchement" adaptée aux produits chargés en eau. Le gâteau de presse ainsi
obtenu est séché 5 heures dans une étuve à 90 °C, puis broyé dans un broyeur à marteaux
à 1 mm.
[0075] De préférence, le procédé de préparation d'une poudre de coléoptères selon l'invention
comporte les étapes suivantes :
- i) abattage des coléoptères,
- ii) pressage des coléoptères pour obtenir un gâteau de presse,
- iii) séchage du gâteau de presse, et
- iv) broyage du gâteau de presse.
[0076] Selon un premier mode de réalisation du procédé selon l'invention, l'étape de pressage
est précédée d'une étape de broyage des coléoptères.
[0077] L'invention concerne donc un procédé de préparation d'une poudre de coléoptères selon
l'invention comportant les étapes suivantes :
- i) abattage des coléoptères,
- ii) pressage des coléoptères pour obtenir un gâteau de presse,
- iii) séchage du gâteau de presse, et
- iv) broyage du gâteau de presse,
dans lequel l'étape de pressage est précédée d'une étape de broyage des coléoptères.
[0078] Un avantage de l'étape de broyage des coléoptères préalable au pressage est plus
amplement décrit dans l'Exemple 5.
[0079] Selon un second mode de réalisation du procédé selon l'invention, l'étape de pressage
des coléoptères est réalisée à chaud.
[0080] L'invention concerne donc un procédé de préparation d'une poudre de coléoptères selon
l'invention comportant les étapes suivantes :
- i) abattage des coléoptères,
- ii) pressage des coléoptères pour obtenir un gâteau de presse,
- iii) séchage du gâteau de presse, et
- iv) broyage du gâteau de presse,
dans lequel l'étape de pressage est réalisée à chaud.
[0081] Comme indiqué ci-avant, le pressage à chaud permet l'obtention d'un gâteau de presse
comportant une teneur en huile inférieure ou égale à 17% en poids sur le poids sec
de gâteau de presse, de préférence inférieure ou égale à 15%.
[0082] Selon un troisième mode de réalisation du procédé selon l'invention, l'étape de broyage
du gâteau de presse est réalisée à une taille de particules comprise entre 300 µm
et 1 mm, de préférence entre 500 et 800 µm.
[0083] L'invention concerne donc un procédé de préparation d'une poudre de coléoptères selon
l'invention comportant les étapes suivantes :
- i) abattage des coléoptères,
- ii) pressage des coléoptères pour obtenir un gâteau de presse,
- iii) séchage du gâteau de presse, et
- iv) broyage du gâteau de presse,
dans lequel l'étape de broyage du gâteau de presse est réalisée à une taille de particules
comprise entre 300 µm et 1 mm.
[0084] Plus particulièrement, dans ce troisième mode de réalisation du procédé selon l'invention,
l'étape de pressage des coléoptères peut être réalisée à chaud. Alternativement, l'étape
de pressage pourra être précédée d'une étape de broyage des coléoptères.
[0085] L'invention concerne enfin l'utilisation de la poudre de coléoptères selon l'invention,
dans l'alimentation humaine ou animale.
[0086] Avantageusement, la poudre de coléoptères selon l'invention peut être utilisée dans
l'alimentation des animaux de compagnie tels que les chiens, les chats, les oiseaux,
les poissons, les reptiles, les rongeurs.
[0087] Plus particulièrement, la poudre de coléoptères selon l'invention peut être utilisée
dans l'aquaculture (poissons, crustacés), l'alimentation des volailles (poulet), porcins,
ruminants (bovins, ovins, caprins, équins), visons.
[0088] Enfin, la poudre de coléoptères selon l'invention peut être avantageusement utilisée
en remplacement d'une farine protéique.
[0089] Par farine protéique, on vise plus particulièrement une farine de poisson, un poudre
de lait ou de lactosérum, une farine de concentré de soja (« CSP »), de la farine
de viande, telle que par exemple de type farine de volailles (« Poultry Meal »).
[0090] Le remplacement peut être partiel ou total.
[0091] Préférentiellement, la poudre de coléoptères selon l'invention est utilisée en remplacement
partiel ou total d'une farine de poisson, tel qu'un remplacement à 50 ou 100%.
[0092] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention, apparaîtront dans les exemples
qui suivent, donnés à titre illustratif, avec référence à :
- La Figure 1, qui est un diagramme illustrant les variations de températures de l'eau
et des niveaux d'oxygène dissout dans les réservoirs où ont été élevés les truites
nourries avec différentes dose de poudre de coléoptères selon l'invention,
- La Figure 2, qui comporte deux diagrammes illustrant l'impact sur le poids corporel
final (Fig. 2A) et l'indice de consommation (Fig. 2B) des truites nourries avec différentes
dose de poudre de coléoptères selon l'invention,
- La Figure 3, qui illustre la répartition des lipides issus de l'insecte retrouvée
dans le jus et le gâteau de presse obtenus par un procédé comportant une étape de
pressage ou une étape de broyage puis de pressage,
- La Figure 4, qui est un diagramme représentant l'analyse par chromatographie d'exclusion
stérique de la taille des protéines de la poudre de coléoptères selon l'invention.
EXEMPLE 1 : Procédé de préparation d'une poudre de coléoptère selon l'invention
[0093] Les coléoptères utilisés pour préparer la poudre de coléoptères sont des larves de
Tenebrio molitor. A réception des larves, ces dernières peuvent être stockées à 4°C pendant 0 à 15
jours dans leurs bacs d'élevages avant l'abattage sans dégradation majeure. Le poids
des larves (âge) des larves utilisées est variable et par conséquent leur composition
peut varier, comme cela est illustré dans le Tableau 1 ci-après :
Tableau 1 : Composition biochimique des larves de
Tenebrio molitor selon leur poids.
| Biomasse (insectes) |
mg |
23 |
35 |
58 |
80 |
108 |
154 |
| Matière sèche |
%* |
34 |
34 |
34,2 |
37,9 |
39,6 |
39,5 |
| Cendres |
%* |
1,59 |
1,52 |
1,6 |
1,75 |
1,67 |
1,43 |
| Protéines brutes |
%* |
22,6 |
22,2 |
22 |
23,2 |
23,1 |
23,2 |
| Lipides |
%* |
6,62 |
6,88 |
7,98 |
10,3 |
10,9 |
11,7 |
| *Les % sont exprimés en poids sec par rapport au poids humide de larves. |
• Etape 1 : Blanchiment des insectes
[0094] Les larves vivantes (+4°C à + 25°C) sont convoyées en couche d'épaisseur comprise
entre 2 et 10 cm, sur un tapis à bande perforé (1mm) jusqu'à une chambre de blanchiment.
Les insectes sont ainsi blanchis à la vapeur (buses ou lit de vapeur) à 98°C ou bien
à l'eau à 100°C (buses d'aspersion) ou en mode mixte (eau + vapeur). Le temps de séjour
dans la chambre de blanchiment est compris entre 1 à 15 minutes, idéalement 5 min.
[0095] La température des larves en sortie de blanchiment est comprise entre 75°C et 98°C.
• Etape 2 : Pressage
[0096] Les larves, une fois blanchies, sont convoyées jusqu'à la trémie d'alimentation d'une
presse mono-vis continue. Les larves lors du passage en presse sont maintenues à une
température supérieure à 70°C pour augmenter les rendements de déshuilage. Le principe
de déshuilage est de mettre en pression la matière à l'intérieur d'une cage cylindrique
au moyen d'un arrangement de vis et de bagues disposées sur l'axe central. La cage
est tapissée intérieur de barreaux répartis en section et maintenus écartée par des
espaces d'épaisseurs différentes suivantes la zone de travail. Les interstices ainsi
ménagés permettent l'écoulement d'une fraction huile et limitant le passage de la
matière dite « sèche », la fraction protéique, que l'on appellera « gâteau de presse
», participant de la sorte à la mise en pression.
[0097] Les rendements de pressage obtenus sont compris entre 48 et 55 %.

[0098] Le gâteau de presse obtenu contient 35 à 40 % de matières sèches, 67 à 75 % de protéines
et 13 à 17 % de matières grasses, les pourcentages en poids étant donnés sur le poids
sec de gâteau de presse.
• Etape 3 : Séchage
[0099] Le gâteau de presse est ensuite disposé sur plateau en couche fine (2 cm environ)
et, est séché en air ventilé/brassé à 90°C pendant 5 heures afin d'obtenir un gâteau
de presse ayant une teneur en matière sèche supérieure à 92%.
[0100] Cette étape permet de se prémunir de toute contamination ayant eu lieu depuis l'abattage.
[0101] L'Aw (activité en eau) en sortie séchage est de 0,35. Les résultats microbiologiques
montrent une absence de Salmonella spp (méthode : IRIS Salmonella BKR 23/07-10/11)
et des valeurs en Entérobactéries inférieures à 10 UFC/g (méthode : NF ISO 2128-2,
décembre 2004, 30°C et 37°C).
• Etape 4 : Broyage
[0102] Le gâteau de presse séché, comportant majoritairement des protéines, est enfin broyé
à l'aide d'un broyeur à marteau continu (6 mobiles réversibles - épaisseur 8 mm).
Le broyeur est alimenté par une trémie avec trappe de réglage de débit (180kg/h).
La grille perforée utilisée pour contrôler la granulométrie en sortie est de 0,8 mm.
La vitesse de rotation du moteur est de 3000tr/min
(motorisation électrique, puissance absorbée 4kW (5,5 CV)).
EXEMPLE 2 : Caractérisation de la poudre de coléoptères selon l'invention
[0103] La poudre de coléoptères préparée à l'Exemple 1 a été caractérisée.
1. Analyses
1.1 Détermination du taux d'humidité
[0104] Le taux d'humidité est déterminé selon la méthode issue du règlement CE 152/2009
du 27-01-2009 (103 °C / 4 h).
1.2 Détermination de la quantité de protéines brutes
[0105] Les protéines brutes sont déterminées selon la méthode, dite de Dumas, et correspondante
à la norme NF EN ISO 16634-1 (2008).
1.3 Détermination de la quantité de chitine
[0106] Les fibres alimentaires de la farine des insectes sont essentiellement composées
de chitine, cette dernière a donc été dosée suivant la méthode ADAC 991.43. Les valeurs
ainsi obtenues sont par conséquent légèrement surestimées.
1.4 Détermination de la quantité de matière grasse
[0107] La matière grasse a été déterminée suivant la méthode du règlement CE 152/2009.
1.5 Détermination de la quantité de cendres
[0108] Les cendres brutes ont été déterminées selon la méthode relevant du règlement CE
152/2009 du 27-01-2009.
1.6 Détermination de la quantité de phosphore
[0109] Le phosphore est dosé par ICP (« induced coupled plasma ») avec étalonnage interne.
1.7 Détermination de l'énergie
[0110] La valeur énergétique est obtenue avec les coefficients du règlement UE 1169/2011.
1.8 Détermination des quantités en acides aminés et en acides gras
[0111] Cette détermination a été effectuée par chromatographie en phase gazeuse après hydrolyse
et dérivatisation des acides aminés et acides gras respectivement.
1.9 Détermination de la digestibilité pepsique
[0112] La digestibilité pepsique est mesurée par la méthode décrite dans la directive 72/199/CE.
2. Résultats
[0113] La composition de cette poudre de coléoptères est présentée dans le Tableau 2 ci-après.

[0114] Par ailleurs, une digestibilité pepsique de 90+/-2% est obtenue.
EXEMPLE 3 : Procédé alternatif de préparation d'une poudre de coléoptère selon l'invention
[0115] 200 g de larves de
T. molitor sont introduits dans un bêcher, placé dans un bain-marie à 100 °C et contenant 200
mL d'eau préalablement portée à ébullition. Après 5 minutes, le bêcher est retiré
du bain-marie, les larves sont essorées, puis mixées avec un volume d'eau de 200 mL.
Le liquide ainsi obtenu est passé dans une presse de type bi-vis. Le gâteau de presse
ainsi obtenu est séché 24 heures dans une étuve à 70 °C, puis broyé à 250 µm. On obtient
ainsi une poudre de coléoptère.
EXEMPLE 4 : Introduction de la pondre de coléoptère selon l'invention dans l'alimentation
de poissons
[0116] Dans le présent exemple, l'effet de l'inclusion alimentaire d'une poudre de coléoptères
sur la croissance, l'apport alimentaire, la conversion alimentaire, la composition
corporelle et la digestibilité apparente des nutriments chez la truite arc-en-ciel
a été étudié.
1. Matériel et méthodes
1.1. Poudre de coléoptères
[0117] La poudre de coléoptère mise en oeuvre dans cet exemple est celle obtenue selon l'Exemple
1 et plus amplement décrite dans l'Exemple 2.
1.2. Régimes expérimentaux
[0118] Un régime à base de farine de poisson (CTRL) a été formulé avec des ingrédients pratiques
pour répondre aux besoins nutritionnels connus des truites arc-en-ciel juvéniles.
Ce régime CTRL est composé de 25% de farine de poisson, 8% d'autres sources protéiques
d'origine marine (farine de calmar et farine de krill), tandis que les sources de
protéines restantes étaient un concentré de protéine de soja, de gluten de blé et
de gluten de maïs. Sur la base de cette formulation, quatre régimes de tests (Y5,
Y7,5, Y15 et Y25) ont été formulés, dans lesquels la farine de poisson a été remplacée
par la poudre de coléoptères à des taux respectifs de 20, 30, 60 et 100% (voir le
Tableau 3 ci-dessous).
Tableau 3 : Formulation et composition des régimes expérimentaux.
| Ingrédients en % |
CTRL |
Y5 |
Y7.5 |
Y15 |
Y25 |
| Farine de poisson LT701 |
25,00 |
20,00 |
17,50 |
10,00 |
0,00 |
| Farine de krill2 |
3,00 |
3,00 |
3,00 |
3,00 |
3,00 |
| Farine de calmar3 |
5,00 |
5,00 |
5,00 |
5,00 |
5,00 |
| Poudre de coléoptères |
|
5,00 |
750 |
15,00 |
25,00 |
| Concentré de protéines de soja4 |
14,00 |
14,00 |
14,00 |
14,00 |
14,00 |
| Gluten de blé5 |
9,05 |
9,25 |
9,40 |
9,65 |
10,10 |
| Gluten de maïs6 |
8,20 |
8,20 |
8,20 |
8,20 |
8,20 |
| Farine de soja 48 |
7,50 |
7,50 |
7,50 |
7,50 |
7,50 |
| Pois entier |
6,15 |
5,75 |
5,40 |
4,75 |
3,70 |
| Huile de poisson |
11,50 |
11,50 |
11,50 |
11,50 |
11,50 |
| Huile de colza |
6,00 |
5,80 |
5,70 |
5,40 |
5,00 |
| Pré-mélange de vitamines et minéraux7 |
1,50 |
1,50 |
1,50 |
1,50 |
1,50 |
| Lécithine de soja |
1,00 |
1,00 |
1,00 |
1,00 |
1,00 |
| Gomme de guar |
0,20 |
0,20 |
0,20 |
0,20 |
0,20 |
| Antioxydant |
0,20 |
0,20 |
0,20 |
0,20 |
0,20 |
| Propionate de sodium |
0,10 |
0,10 |
0,10 |
0,10 |
0,10 |
| Phosphate Mono Calcique |
1,30 |
1,70 |
2,00 |
2,60 |
3,50 |
| DL-méthionine |
0,30 |
0,30 |
0,30 |
0,40 |
0,50 |
| Oxyde d'yttrium8 |
0,02 |
0,02 |
0,02 |
0,02 |
0,02 |
| |
|
|
|
|
|
| Matière sèche (MS), %* |
93,4 ± 0,0 |
93,1 ± 0,0 |
93, ± 0,1 |
95,0 ± 0,0 |
93,2 ± 0,0 |
| Protéine brute, % MS** |
48,5 ± 0,0 |
48,5 ± 0,1 |
48,5 ± 0,0 |
48,5 ± 0,0 |
48,5 ± 0,1 |
| Matières grasses brutes,% MS** |
22,7 ± 0,2 |
22,7 ± 0,1 |
22,6 ± 0,2 |
22,7 ± 0,2 |
22,7 ± 0,2 |
| Cendre, % MS** |
9,4 ± 0,0 |
8,8 ± 0,0 |
8,7 ± 0,1 |
8,1 ± 0,0 |
7,4 ± 0,0 |
| Chitine, % MS** |
0,06 |
0,46 |
0,66 |
1,26 |
2,06 |
| Énergie brute, MJ/kg de MS |
23,2 ± 0,2 |
23,2 ± 0,0 |
23,2 ±0,0 |
23,2 ± 0,1 |
23,2 ± 0,1 |
* % de matière sèche par rapport au poids total de la composition
** % en poids sec par rapport au poids total de la matière sèche
1 Farine de poisson péruvienne LT70 : 71% de protéines brutes (PB), 11% de matières
grasses brutes (MGB), EXALMAR, Pérou; 2 Farine de krill : 61% PB, 19% MGB, Aker BioMarine Antarctic AS, Norvège;3 Super Prime sans viscères : 82% PB, 3.5% MGB, Sopropêche, France; 4 Soycomil P: 62% PB, 0.7% MGB, ADM, Pays-Bas; 5 VITEN: 84.7% PB, 1.3% MGB, ROQUETTE, France; 6 Farine de gluten de maïs : 61% PB, 6% MGB, COPAM, Portugal; 7 PREMIX Lda, Portugal. Vitamines (IU ou mg/kg régime) : Acétate de DL-alpha tocophérol,
100 mg; Bisulfate de sodium et de ménadione, 25 mg; Acétate de rétinyle, 20 000 UI;
DL-cholécalciférol, 2000 IU; thiamine, 30 mg; riboflavine, 30 mg; pyridoxine, 20 mg;
cyanocobalamine, 0,1 mg; acide nicotinique, 200mg; acide folique, 15 mg; acide ascorbique,
1000 mg; inositol, 500 mg; biotine, 3 mg; pantothénate de calcium, 100 mg; chlorure
de choline, 1000 mg, bétaïne, 500mg. Minéraux (g ou mg/kg) : carbonate de cobalt,
0.65mg; sulfate de cuivre, 9 mg; sulfate ferrique, 6 mg; iodure de potassium, 0,5
mg; oxyde de manganèse, 9,6 mg; sélénite de sodium, 0,01 mg; sulfate de zinc, 7,5
mg; chlorure de sodium, 400 mg; carbonate de calcium, 1,86 g; blé excipient ; 8 l'oxyde d'yttrium a été incorporé dans seulement une fraction des aliments utilisés
pour les mesures de digestibilité. |
[0119] Les niveaux de farine de calmar et de krill ont été maintenus constants parmi tous
les régimes afin de garantir une haute palatabilité. Des ajustements mineurs sur la
formulation des régimes testés ont été faits pour maintenir les conditions isoazotées
(protéine brute, 48,5% de MS), isolipidique (22,7% MS) et isoénergétique (énergie
brute, 23,2 MJ/ kg MS). Les niveaux de supplémentation en méthionine et en phosphate
monocalcique dans les régimes testés ont été ajustés pour correspondre à ceux trouvés
dans l'alimentation CTRL.
[0120] Les régimes ont été fabriqués par extrusion (tailles des granulés : 1,2 et 2,0 mm)
par une extrudeuse à deux vis CLEXTRAL BC45 à échelle pilote avec un diamètre de vis
de 55,5 mm et une gamme de température de 119 à 123°C. Lors de l'extrusion, tous les
lots d'aliments extrudés ont été séchés dans un séchoir à lit fluidisé vibrant (modèle
DR100, TGC Extrusion, France). Après refroidissement des granulés, les huiles ont
été ajoutées par revêtement sous vide (modèle PG-10VCLAB, Dinnisen, Pays-Bas). Pendant
toute la durée de l'essai, les aliments expérimentés ont été stockés à température
ambiante, mais dans un emplacement frais et aéré. Des échantillons représentatifs
de chaque régime ont été prélevés pour analyse (Tableaux 4-5).
Tableau 4 : Profil en acides aminés des régimes expérimentaux.
| Acides aminés |
CTRL |
Y5 |
Y7,5 |
Y15 |
Y25 |
| Arginine |
4,62 ± 0,23 |
4,53 ± 0,02 |
4,49 ± 0,23 |
4,27 ± 0,09 |
3,89 ± 0,09 |
| Histidine |
1,47 ± 0,11 |
1,56 ± 0,02 |
1,54 ± 0,09 |
1,46 ± 0,07 |
1,50 ± 0,08 |
| Isoleucine |
2,31 ± 0,01 |
2,52 ± 0,01 |
2,53 ± 0,01 |
2,46 ± 0,02 |
2,49 ± 0,00 |
| Leucine |
4,51 ± 0,08 |
4,44 ± 0,01 |
4,68 ± 0,05 |
4,46 ± 0,02 |
4,56 ± 0,01 |
| Lysine |
3,09 ± 0,19 |
3,09 ± 0,01 |
3,02 ± 0,17 |
2,94 ± 0,01 |
2,97 ± 0,03 |
| Thréonine |
2,32 ± 0,03 |
2,37 ± 0,00 |
2,31 ± 0,03 |
2,14 ± 0,05 |
2,15 ± 0,02 |
| Valine |
2,75 ± 0,00 |
2,87 ± 0,02 |
3,00 ± 0,03 |
3,08 ± 0,01 |
3,18 ± 0,01 |
| Méthionine |
1,71 ± 0,15 |
1,71 ± 0,01 |
1,75 ± 0,06 |
1,74 ± 0,02 |
1,63 ± 0,02 |
| Cystéine |
0,35 ± 0,02 |
0,34 ± 0,00 |
0,31 ± 0,02 |
0,33 ± 0,00 |
0,34 ± 0,00 |
| Phénylalanine |
3,30 ± 0,00 |
3,06 ± 0,01 |
2,92 ± 0,15 |
2,85 ± 0,01 |
2,56 ± 0,00 |
| Tyrosine |
2,44 ± 0,11 |
2,48 ± 0,00 |
2,67 ± 0,14 |
2,92 ± 0,04 |
3,14 ± 0,12 |
| Taurine |
0,20 ± 0,01 |
0,20 ± 0,00 |
0,21 ± 0,01 |
0,06 ± 0,00 |
0,04 ± 0,00 |
| Les teneurs sont indiquées en % en poids sur le poids total de granulés avant séchage. |
Tableau 5 : Synthèse du profil en acides gras des régimes expérimentaux.
| Acides gras |
CTRL |
Y5 |
Y7,5 |
Y15 |
Y25 |
| C14:0 |
0,40 ± 0,00 |
0,40 ± 0,00 |
0,38 ± 0,00 |
0,43 ± 0,00 |
0,38 ± 0,00 |
| C16:0 |
1,86 ± 0,01 |
1,89 ± 0,01 |
1,82 ± 0,02 |
2,11 ± 0,01 |
1,94 ± 0,02 |
| C16:1n-7 |
0,48 ± 0,00 |
0,48 ± 0,00 |
0,44 ± 0,00 |
0,50 ± 0,00 |
0,42 ± 0,01 |
| C18:0 |
0,49 ± 0,00 |
0,50 ± 0,01 |
0,47 ± 0,01 |
0,54 ± 0,00 |
0,50 ± 0,01 |
| C18:1n-9 |
1,62 ± 0,01 |
1,74 ± 0,01 |
1,69 ± 0,01 |
2,08 ± 0,01 |
2,06 ± 0,02 |
| C18:1n-7 |
0,26 ± 0,00 |
0,25 ± 0,00 |
0,23 ± 0,00 |
0,25 ± 0,00 |
0,21 ± 0,00 |
| C18:2n-6 |
0,79 ± 0,00 |
0,94 ± 0,01 |
1,05 ± 0,01 |
1,36 ± 0,01 |
1,53 ± 0,02 |
| C18:3n-3 |
0,13 ± 0,00 |
0,13 ± 0,00 |
0,13 ± 0,00 |
0,14 ± 0,00 |
0,12 ± 0,00 |
| C18:4n-3 |
0,10 ± 0,00 |
0,10 ± 0,00 |
0,09 ± 0,00 |
0,10 ± 0,00 |
0,08 ± 0,00 |
| C20:1n-9 |
0,20 ± 0,00 |
0,19 ± 0,00 |
0,17 ± 0,00 |
0,18 ± 0,00 |
0,14 ± 0,00 |
| C20:4n-6 |
0,14 ± 0,00 |
0,13 ± 0,00 |
0,12 ± 0,00 |
0,14 ± 0,00 |
0,12 ± 0,00 |
| C20:5n-3 |
0,72 ± 0,00 |
0,71 ± 0,01 |
0,65 ± 0,00 |
0,70 ± 0,00 |
0,57 ± 0,01 |
| C22:1n-11 |
0,14 ± 0,00 |
0,13 ± 0,00 |
0,11 ± 0,00 |
0,12 ± 0,00 |
0,08 ± 0,00 |
| C22:5n-3 |
0,14 ± 0,00 |
0,13 ± 0,00 |
0,12 ± 0,00 |
0,13 ± 0,00 |
0,10 ± 0,00 |
| C22:6n-3 |
1,45 ± 0.01 |
1,44 ± 0.01 |
1,33 ± 0.01 |
1,46 ± 0.01 |
1,21 ± 0,02 |
| Les teneurs sont indiquées en % en poids sur le poids total de granulés avant séchage. |
1.3. Essai sur la performance de croissance
[0121] Des groupes en trois exemplaires de 35 truites arc en ciel (
Oncorhynchus mykiss), avec un poids corporel initial (PCI) de 5,01± 0,1 g ont été nourris avec l'un des
cinq régimes expérimentaux pendant 90 jours. Les poissons ont grandis dans des réservoirs
circulaires en fibre de verre (volume : 250 L) alimentés en eau douce à écoulement
continu, à des températures comprises entre 14,1 ± 0,3°C et des niveaux d'oxygène
dissous au-dessus de 7,4 mg/L (voir Figure 1). Les poissons ont été soumis par des
conditions d'été à des changements de photopériode naturelle (mai-juillet). Les poissons
ont été nourris à satiété apparente, à la main, trois fois par jour (9h00, 14h00 et
18h00) en semaine et deux fois par jour les week-ends (10h00 et 16h00), avec le plus
grand soin pour éviter le gaspillage d'aliments. L'aliment distribué a été quantifié
tout au long de l'étude. Des poissons anesthésiés ont été pesés individuellement au
début et à la fin de l'étude et le groupe a été pesé au jour 28 et au jour 60. Au
début, 15 poissons du même stock initial ont été échantillonnés et stockés à -20°C
pour une analyse ultérieure de la composition corporelle intégrale. Après 90 jours
d'alimentation expérimentale, 6 poissons de chaque réservoir ont été échantillonnés
dans le même but.
1.4. Mesures de digestibilité apparente
[0122] À la fin de l'essai de croissance et suivant tous les échantillonnages associés,
12 poissons (poids corporel : 45 g) de chaque réservoir réplique ont été utilisés
pour déterminer la digestibilité apparente de la matière sèche, des protéines, des
lipides, de l'énergie et du phosphore, par la méthode indirecte avec les régimes identiques
contenant l'oxyde d'yttrium (200 mg/kg) comme traceur inerte. Les poissons ont été
stockés dans des réservoirs cylindro-coniques (volume : 60 L; taux d'écoulement de
l'eau : 3,7 L/min; niveaux d'oxygène dissous supérieures à 6,4 mg/L), à une température
de l'eau constante à 14°C. Les poissons ont été adaptés pendant 10 jours aux conditions
d'élevage et aux régimes expérimentaux. Ensuite, les poissons ont été nourris une
fois par jour (10h00), à la main en léger excès. Après un nettoyage en profondeur
des bassins d'élevage pour retirer tous les résidus d'aliments, les matières fécales
ont été prélevées quotidiennement pendant les 8 jours suivants en utilisant le système
de filtration continu de l'eau de sortie (système Choubert-INRA). Après une collecte
quotidienne, les matières fécales ont été congelées à -20°C. Les matières fécales
mélangées provenant de chaque groupe de poissons ont été lyophilisées avant l'analyse.
Chaque régime alimentaire a été testé en triple exemplaire.
[0123] Les coefficients de digestibilité apparente (CDA) des nutriments et de l'énergie
alimentaire dans les régimes expérimentaux ont été calculés selon la formule :

1.5. Méthodes analytiques
[0124] Les ingrédients de test, les régimes alimentaires et les matières fécales lyophilisées
ont été broyés avant analyse. Les échantillons du corps entier ont été hachés, mélangés,
et un échantillon représentatif a été lyophilisé et homogénéisé avec un moulin de
laboratoire avant analyse. L'analyse de la composition chimique de l'ingrédient, des
régimes alimentaires, des matières fécales et du poisson entier a été faite en utilisant
les procédures suivantes : matière sèche après séchage à 105°C pendant 24 h; cendres
par combustion à 550°C pendant 12 h; protéine brute (N x 6,25) par une technique de
combustion éclaire suivie d'une séparation par chromatographie en phase gazeuse et
détection de conductivité thermique (LECO FP428) ; la matière grasse par extraction
au dichlorométhane (Soxhlet) ; le phosphore total selon la méthode ISO / DIS 6491
en utilisant le réactif vanado-molybdique ; l'énergie brute dans une bombe calorimétrique
adiabatique. L'oxyde d'yttrium dans les aliments et les fèces a été déterminé par
la méthode ICP-AES.
[0125] Pour les analyses d'acides aminés totaux, les ingrédients de test et les régimes
de test ont été hydrolysés (6 M de HCL à 116°C pendant 22 h dans des flacons en verre
rincés à l'azote), puis dérivatisés avec un réactif fluor AccQ (6-aminoquinolyl-N-hydroxysuccinimidyle)
selon la méthode de Tag AccQ (Waters, USA). Les analyses ont été effectuées par une
chromatographie en phase liquide à haute performance (HPLC) dans un système d'analyse
des acides aminés en phase inverse, en utilisant la norvaline comme étalon interne.
Le tryptophane n'a pas été déterminé car il est partiellement détruit par l'hydrolyse
acide. Les pics résultants ont été analysés avec le logiciel EMPOWER (Waters, USA).
Pour l'analyse des acides gras, les lipides ont été extraits selon la méthode de Folch
et al. (1957) et par la suite, la composition en acides gras des filets a été déterminée
par une analyse des esters méthyliques par chromatographie en phase gazeuse, selon
le mode opératoire de Lepage et Roy (1986).
1.6. Critère pour l'évaluation de la croissance et l'utilisation des nutriments
[0126]
PCI (g): Poids corporel initial.
PCF (g): Poids corporel final.
Taux de croissance spécifique, TCS (%/ jour): (Ln PCF - Ln PCI) x 100/days.
Indice de consommation, IC : ratio alimentaire brute / prise de poids.
Apport alimentaire volontaire, AAV (%PC/jour) : (ration alimentaire brute / (PCI+PCF)
/ 2 /jours) x 100.
Coefficient d'efficacité protéique CEP : prise de poids mouillé / apport en protéine
brute.
Rétention (% de l'apport) : 100 x (PCF x teneur finale en nutriments de la carcasse
- PCI x teneur initiale en nutriments de la carcasse) / apport en nutriment.
1.7. Analyse statistique
[0127] Les données sont présentées par la moyenne de trois répétitions± l'écart type. Les
données ont été soumises à une analyse de la variance à un facteur. Avant ANOVA, les
valeurs exprimées en % ont été soumises à une transformation de la racine carrée arc
sinus. La signification statistique a été testée à un niveau d'une probabilité de
0,05. Tous les tests statistiques ont été effectués en utilisant le logiciel IBM SPSS
V21.
2. Résultats
2.1. Performance de croissance
[0128] Les données sur les performances de croissance, la conversion alimentaire et l'efficacité
protéique de la truite arc-en-ciel nourrie durant 28, 60 et 90 jours avec les régimes
expérimentaux sont reportées dans les Tableaux 6-8 et la Figure 2. Aucune mortalité
n'est survenue au cours de l'essai.
Tableau 6 : Performances de croissance au jour 28.
| Régime |
CTRL |
Y5 |
Y7.5 |
Y15 |
Y25 |
| PCI (g) |
5,0 ± 0,1 |
4,9 ± 0,1 |
5,0 ± 0,1 |
5,1 ± 0,1 |
5,1 ± 0,1 |
| PCF (g) |
16,1 ± 0,1 a |
16,2 ± 0,5 a |
16,2 ± 0,5 a |
17,9 ± 0,3 b |
17,6 ± 0,4 b |
| TCS, %/j |
4,19 ± 0,12 a |
4,26 ± 0,13 a |
4,20 ± 0,07 d |
4,50 ± 0,07 b |
4,45 ± 0,06 b |
| IC |
0,87 ± 0,01 b |
0,87 ± 0,02 b |
0,87 ± 0,03 b |
0,81 ± 0.00 a |
0,81 ± 0,01 a |
| Apport alimentaire, %PCM/j |
3,27 ± 0,07 |
3,31 ± 0,09 |
3,28 ± 0,09 |
3,25 ± 0,03 |
3,22 ± 0,07 |
| CEP |
2,55 ± 0,02 a |
2,56 ± 0,05 a |
2,55 ± 0,08 a |
2,66 ± 0,01 ab |
2,72 ± 0,05 b |
Les valeurs sont les moyennes ± l'écart type (n=3).
Les valeurs au sein d'une rangée avec des exposants différents diffèrent de façon
significative (P <0,05). |
[0129] Après 28 jours d'alimentation expérimentale (Tableau 6), les poissons ont plus que
triplé leur poids corporel initial. L'apport en aliment était élevé (3,22 - 3,31%
PCM/jour) et n'a pas été affecté (P> 0,05) par les doses d'incorporation croissantes
en poudre de coléoptères. Cette observation suggère que la poudre de coléoptères n'a
eu aucun effet négatif sur la palatabilité et même qu'elle pourrait compenser l'élimination
totale de la farine de poisson sans compromettre l'apport alimentaire. Le taux de
croissance a varié de 4,19 à 4,50% / jour. En comparaison avec le traitement CTRL,
tandis que les régimes Y5 et Y7,5 n'ont pas affecté le PCF et le TCS, les régimes
Y15 et Y25 ont entraîné une augmentation significative (P <0,05) du PCF et du TCS.
Les valeurs de l'indice de consommation varient entre 0,81 et 0,87. En comparaison
avec le CTRL, l'inclusion de poudre de coléoptères à 5 et 7,5% (régimes Y5 et Y7,5%)
n'a pas affecté l'IC. Cependant, les niveaux d'inclusion élevés de poudre de coléoptères
(régimes de Y15 et Y25) ont conduit à une réduction significative de l'IC (P <0,05).
Le coefficient d'efficacité protéique (CEP) a varié entre 2,55 et 2,72. Les poissons
nourris avec un régime Y25 ont montré une augmentation significative de CEP, par rapport
à ceux nourris avec les régimes CTRL, Y5 et Y7,5.
Tableau 7 : Performances de croissance au jour 60.
| Régime |
CTRL |
Y5 |
Y7,5 |
Y15 |
Y25 |
| PCI (g) |
5,0 ± 0,1 |
4,9 ± 0,1 |
Y7,5 5,0 ± 0,1 |
5,1 ± 0,1 |
5,1 ± 0,1 |
| PCF (g) |
30,3 ± 0,1 a |
31,6 ± 0,5 a |
34,9 ± 1,5 b |
37,2 ± 0,9 c |
42,9 ± 0,4 d |
| TCS, %/j |
3,00 ± 0,04 a |
3,10 ± 0,04 b |
3,24 ± 0,04 c |
3,31 ± 0,05 c |
3,57 ± 0,04 d |
| IC |
1,10 ± 0,03 d |
1,02 ± 0,03 c |
0,92 ± 0,01 b |
0,90 ± 0,02 b |
0,85 ± 0,02 a |
| CEP |
2,01 ± 0,06 a |
2,17 ± 0,06 b |
2,40 ± 0,02 c |
2,46 ± 0,06 cd |
2,56 ± 0,07 d |
Les valeurs sont les moyennes ± l'écart type (n=3).
Les valeurs au sein d'une rangée avec des exposants différents diffèrent de façon
significative (P <0,05). |
[0130] Après 60 jours d'alimentation expérimentale (Tableau 7), les poissons du meilleur
traitement performant ont montré une augmentation de 8 fois le poids corporel initial.
Le taux de croissance a varié de 3,00 à 3,57 % / jour. En comparaison avec le traitement
CTRL, tous les régimes avec la poudre de coléoptères ont montré une augmentation significative
(P <0,05) du TCS. Les valeurs de l'IC ont varié entre 0,85 et 1,10 et en comparaison
avec le CTRL, l'inclusion de la poudre de coléoptères à toutes les doses testées a
entraîné une réduction significative de l'IC (P <0,05). Le coefficient d'efficacité
protéique (CEP) a varié entre 2,01 et 2,56. La valeur la plus basse du CEP a été trouvée
chez les poissons nourries avec un régime CTRL, tandis qu'une amélioration du CEP
a été étroitement associée aux doses croissantes de la poudre de coléoptères
Tableau 8 : Performances de croissance au jour 90.
| Régime |
CTRL |
Y5 |
Y7,5 |
Y15 |
Y25 |
| PCI (g) |
5,0 ± 0,1 |
4,9 ± 0,1 |
5,0 ± 0,1 |
5,1 ± 0,1 |
5,1 ± 0,1 |
| PCF (g) |
42,9 ± 1,3 a |
45,2 ± 1,0 b |
49,0 ± 0,6 c |
51,0 ± 1,4 c |
55,9 ± 10 a |
| TCS, %/j |
2,39 ± 0,06 a |
2,47 ± 0,02 b |
2,54 ± 0,03 b |
2,56 ± 0,05 b |
2,67 ± 0,04 c |
| IC |
0,93 ± 0,02 b |
0,83 ± 0.03 a |
0,80 ± 0,02 a |
0,79 ± 0,04 a |
0,79 ± 0,02 a |
| CEP |
2,38 ± 0,06 a |
2,68 ± 0,10 b |
2,76 ± 0,06 b |
2,80 ± 0,15 b |
2,74 ± 0,08 b |
Les valeurs sont les moyennes ± l'écart type (n=3).
Les valeurs au sein d'une rangée avec des exposants différents diffèrent de façon
significative (P <0,05). |
[0131] À la fin de l'essai, 90 jours d'alimentation expérimentale (Tableau 8), les poissons
du meilleur traitement performant ont montré une augmentation de 11 fois le poids
corporel initial. En comparaison avec le poisson CTRL, ceux nourris les régimes riches
en insectes ont montré une augmentation significative du poids corporel final (P <0,05).
Cette augmentation a été liée à la dose, avec une augmentation modérée pour le régime
Y5, intermédiaire pour Y7,5 et Y15, et la plus élevée pour Y25. Le taux de croissance
spécifique (TCS) a varié entre 2,39 et 2,67% / jour, avec une valeur minimale trouvée
chez les poissons nourris avec un régime CTRL, tandis que ceux nourris avec des aliments
contenant de la poudre de coléoptères ont montré des valeurs de TCS significativement
plus élevées (p <0,05). Indépendamment du niveau d'incorporation, la poudre de coléoptères
ont conduit à une réduction significative de l'IC (P <0,05). En comparaison avec le
traitement CTRL, tous les régimes de repas d'insectes ont conduit à une augmentation
significative des valeurs du CEP (P <0,05).
2.2. Composition du corps entier
[0132] Les données sur la composition du corps entier de la truite à la fin de l'essai sont
présentées dans le Tableau 9. Les traitements alimentaires n'ont eu aucun effet (P>
0,05) sur la teneur en humidité, en protéines, en lipides, en cendres, en phosphore
et en énergie du poisson entier.
Tableau 9 : Composition du corps entier de la truite nourrie avec les divers traitements alimentaires.
| Composition corporelle |
CTRL |
Y5 |
Y7.5 |
Y15 |
Y25 |
| Humidité, % |
70,1 ± 0,6 |
70,7 ± 0,4 |
71,1 ± 0,4 |
70,5 ± 0,5 |
10,7 ± 1,2 |
| Protéine, % |
14,8 ± 0,6 |
14,8 ± 0,3 |
15,0 ± 0,5 |
15,2 ± 0,3 |
15,2 ± 0,7 |
| Matière grasse, % |
12,2 ± 0,2 |
11,5 ± 0,4 |
11,0 ± 0,3 |
11,6 ± 0,1 |
11,8 ± 0,9 |
| Cendre, % |
1,9 ± 0,0 |
2,2 ± 0,2 |
2,1 ± 0,3 |
2,1 ± 0,0 |
2,2 ± 0,1 |
| Phosphore, % |
0,4 ± 0,0 |
0,4 ± 0,0 |
0,4 ± 0,0 |
0,4 ± 0,0 |
0,4 ± 0,0 |
| Energie, kJ/g |
8,2 ± 0,1 |
8,0 ± 0,0 |
8,0 ± 0,0 |
8,0 ± 0,2 |
8,2 ± 0,4 |
*Les pourcentages sont des pourcentages en poids sur le poids total du poisson.
Les valeurs sont les moyennes ± l'écart type (n=3).
Poisson initial : humidité 75,0%; protéine 14,1%; matières grasses 8,7% ; cendres
2,2%; phosphore 0,4%, énergie 6,7 kJ / g. |
2.3. Rétention des nutriments
[0133] Les valeurs des nutriments et de la rétention de l'énergie (exprimées en pourcentage
de l'apport) sont présentées dans le Tableau 10. En comparaison avec le traitement
CTRL, les poissons nourris avec des régimes riches en poudre de coléoptères ont montré
une augmentation significative de protéine et de la rétention d'énergie (P <0,05).
De même, les régimes Y7,5, Y15 et Y25 ont montré une rétention en P significativement
plus élevé que le CTRL (P <0,05). La rétention de matière grasse n'a pas été affectée
par les régimes alimentaires (P> 0,05).
Tableau 10 : Rétention des nutriments et de l'énergie dans la truite alimentée par les divers
régimes alimentaires.
| Rétention, % apport |
CTRL |
Y5 |
Y7,5 |
Y15 |
Y25 |
| Protéine |
35,5 ± 2,5a |
39,8 ± 0,7b |
41,6 ± 0,4b |
42,8 ± 2,2b |
41,9 ± 2,2b |
| Matière grasse |
64,4 ± 2,1 |
68,0 ± 4,9 |
66,8 ± 3,3 |
71,5 ± 3,4 |
70,9 ± 6,7 |
| Phosphore |
30,5 ± 0,7a |
32,7 ± 1,8ab |
34,0 ± 0,7b |
33,9 ± 1,7b |
33,8 ± 1,1b |
| Énergie |
42,0 ± 0,8a |
45,4 ± 1.6b |
47,1 ± 1.4b |
47,8 ± 1,81b |
48,0 ± 2,9b |
Les valeurs sont les moyennes ± l'écart type (n=3).
Les valeurs au sein d'une rangée avec des exposants différents diffèrent de façon
significative (P <0,05). |
2.4. Digestibilité apparente
[0134] La composition des matières fécales collectées à partir de la truite nourrie par
les divers traitements alimentaires est présentée au Tableau 11.
Tableau 11 : Composition des matières fécales de la truite nourrie avec les divers régimes alimentaires.
| Composition de la matière fécale |
CTRL |
Y5 |
Y7,5 |
Y15 |
Y25 |
| Oxyde d'yttrium, (mg/kg) |
1384 ± 39 |
1395 ± 94 |
1415 ± 61 |
1369 ± 62 |
1411 ± 43 |
| Protéine, % MS* |
19,63 ± 0,06 |
19,67 ± 0,24 |
19,76 ± 0,34 |
19,70 ± 0,38 |
19,20 ± 0,41 |
| Matières grasses, % MS* |
4,37 ± 0,06 |
4,33 ± 0,19 |
4,28 ± 0,24 |
4,30 ± 0,06 |
4,20 ± 0,33 |
| Phosphore, % MS* |
2,64 ± 0,06 |
2,77 ± 0,08 |
2,65 ± 0,10 |
2,54 ± 0,15 |
2,62 ± 0,09 |
| Énergie, kJ/g MS |
23,24 ± 0,16 |
23,14 ± 0,40 |
23,47 ± 0,47 |
22,88 ± 0,16 |
23,09 ± 0,16 |
*% en poids sur le poids total de matière sèche matière fecale.
Les valeurs sont les moyennes ± l'écart type (n=3). |
[0135] Les coefficients de digestibilité apparente (CDA %) pour les différents nutriments
et l'énergie sont présentés dans le Tableau 12. L'augmentation des doses d'incorporation
de la poudre de coléoptères n'a eu aucun effet significatif (P> 0,05) sur la digestibilité
apparente de la matière sèche, des protéines, de la matière grasse, du phosphore et
de l'énergie.
Tableau 12 : Digestibilité apparente des nutriments et de l'énergie dans la truite.
| CDA % |
CTRL |
Y5 |
Y7,5 |
Y15 |
Y25 |
| Matière sèche |
84,2 ± 0,4 |
84,2 ± 1,0 |
84,3 ± 0,7 |
84,0 ± 0,7 |
84,3 ± 0,5 |
| Protéine |
93,6 ± 0,2 |
93,6 ± 0,4 |
93,6 ± 0,2 |
93,5 ± 0,4 |
93,8 ± 0,1 |
| Matière grasse |
97,0 ± 0,1 |
97,0 ± 0,1 |
97,0 ± 0,2 |
97,0 ± 0,2 |
97,1 ± 0,3 |
| Phosphore, % d'apport |
69,9 ± 1,4 |
68,3 ± 1,5 |
70,5 ± 24 |
71,4 ± 2,9 |
70,3 ± 1,8 |
| Énergie, % d'apport |
84,1 ± 0,4 |
84,3 ± 0,8 |
84,1 ± 1,0 |
84,2 ± 0,6 |
84,4 ± 0,6 |
| Les valeurs sont les moyennes ± l'écart type (n=3). |
3. Conclusion
[0136] À la fin des 90 jours d'alimentation expérimentale, la performance globale de la
croissance peut être considérée comme très satisfaisante et dans une gamme plus élevée
pour les jeunes truites arc en ciel, avec des valeurs de TCS pour la durée totale
du test variant entre 2,4 et 2,7% / jour. Dans les traitements les plus performants,
les poissons ont montré une augmentation de 11 fois leur poids corporel initial. Les
taux de conversion alimentaire parmi les traitements ont varié entre 0,79 et 0,93,
ce qui suggère une bonne adéquation nutritionnelle des aliments et des bonnes pratiques
alimentaires.
[0137] Les données expérimentales générées dans cet exemple permettent d'affirmer que :
▪ L'incorporation de doses croissantes de poudre de coléoptères (5, 7,5, 15 et 25%)
avec une réduction concomitante de la farine de poisson a été progressivement liée
à une augmentation significative du poids corporel du poisson.
▪ Tous les régimes contenant la poudre de coléoptères ont montré une amélioration
significative des TCS, IC et du CEP.
▪ Les doses d'incorporation croissantes de poudre de coléoptères n'ont eu aucun effet
sur la composition du corps entier de la truite.
▪ Les doses d'incorporation croissantes de poudre de coléoptères n'ont eu aucun effet
sur la digestibilité apparente de la matière sèche, des protéines, des lipides, de
phosphore et de l'énergie dans les différents régimes expérimentaux.
▪ Les protéines, le phosphore et la rétention d'énergie ont été renforcés chez les
truites nourries avec des aliments comportant de la poudre de coléoptères.
[0138] En général, la poudre de coléoptères mise en oeuvre dans cet exemple pourrait remplacer
efficacement 100% de la farine de poisson dans le régime alimentaire des truites arc-en-ciel
juvéniles avec des effets positifs sur l'IC et la performance globale de la croissance.
EXEMPLE 5 : Procédés avec ou sans broyage préalable au pressage
Procédé avec pressage uniquement
[0139] 200 g de larves de
T. molitor sont introduits dans un bécher, placé dans un bain-marie à 100 °C et contenant 200
mL d'eau préalablement portée à ébullition. Après 5 minutes, le bécher est retiré
du bain-marie, les larves sont essorées, puis passées dans une presse de type bi-vis.
Un gâteau de presse est ainsi obtenu.
Procédé avec un broyage suivi d'un pressage
[0140] 200 g de larves de
T. molitor sont introduits dans un bécher, placé dans un bain-marie à 100 °C et contenant 200
mL d'eau préalablement portée à ébullition. Après 5 minutes, le bécher est retiré
du bain-marie, les larves sont essorées, puis mixées avec un volume d'eau de 200 mL.
Le liquide ainsi obtenu est passé dans une presse de type bi-vis. Un gâteau de presse
est ainsi obtenu.
Mesure du taux de lipides
[0141] On place 2 g d'échantillon dans un bécher, on y ajoute 0,2 g de Na
2SO
4 et 15 mL de CHCl
3/MeOH (2/1 v/v). L'ensemble est placé sous agitation magnétique pendant 20 minutes,
ensuite la solution est filtrée, le résidu est placé de nouveau dans le bécher avec
10 mL de CHCl
3/MeOH (2/1 v/v). L'ensemble est placé sous agitation magnétique pendant 15 minutes,
ensuite la solution est filtrée, les phases solvants sont réunies et évaporées à poids
constant. La teneur en lipides est déterminée comme pourcentage de masse après extraction-évaporation
par rapport à la masse initiale de l'échantillon (2 g).
Conclusion
[0142] L'importance du broyage en amont du pressage a été étudiée (Figure 3). Il apparait
ainsi clairement que la répartition des lipides entre le gâteau et le jus de presse
est bien plus efficace, 12,9
versus 87,1 contre 42,7
versus 57,3, lorsqu'un broyage préalable a été réalisé.
EXEMPLE 6 : Analyse de la taille des protéines solubles de la poudre de coléoptères selon l'invention.
[0143] Un échantillon de 100 mg de la poudre de coléoptère préparée à l'Exemple 1 a été
placé dans 10 mL de tampon phosphate NaCl (pH 7,4, 0,137 mM). L'échantillon a été
agité durant 1 minute (vortex), puis centrifugé à 900 g durant 1 min. Suite à la centrifugation,
l'échantillon a été filtré sur une membrane de 0,45 µm. L'analyse de la taille des
protéines solubles a été réalisée à l'aide d'un système de chromatographie par exclusion
stérique, avec une colonne Nucleogel GFC-300. Un tampon phosphate NaCl (pH 7,4, 0,137
mM) a été utilisé comme éluant. Le débit était de 1,0 mL/min. La détection a été réalisée
par un détecteur UV à 280 nm.
[0144] Les résultats de l'analyse sont présentés dans la Figure 4 et résumés dans le Tableau
13 ci-dessous.
Tableau 13 : Répartition des tailles des protéines solubles contenues dans la poudre de coléoptère
préparée à l'Exemple 1
| Taille des protéines (kg/mol) |
Abondance relative (%) |
| 6,5 à 12,4 |
74,4 |
| 12,4 à 29 |
20,5 |
| 29 à 66 |
5,1 |
[0145] Les résultats montrent qu'environ 74,4 % des protéines solubles présentes dans la
poudre de coléoptères selon l'invention ont une masse molaire inférieure à 12400 g/mol
(ou Da, Daltons)