[0001] La présente invention se rapporte à un procédé de production d'une fraction contenant
un radio-isotope de Mo-99 pur comprenant les étapes de :
- (i) Dissolution basique de cibles d'uranium enrichi avec obtention d'une bouillie
basique contenant des sels d'aluminium, de l'uranium et des isotopes issus de la fission
de l'uranium enrichi et d'une phase gazeuse de Xe-133,
- (ii) Filtration de ladite bouillie basique afin d'isoler d'une part une phase solide
contenant l'uranium et d'autre part une solution basique de molybdate et des sels
d'iode
- (iii) Acidification de ladite solution basique de molybdate avant, pendant ou après
une élimination de l'iode, avec formation d'une solution acide de sels de molybdène,
- (iv) Purification de ladite solution acide de sels de molybdène par adsorption desdits
sels de molybdène sur une colonne chromatographique,
- (v) Récupération de ladite fraction contenant ledit radio-isotope de Mo-99 pur.
[0002] Un procédé similaire est bien connu et décrit dans le document « Reprocessing of
irradiated Uranium 235 for the production of Mo-99, I-131, Xe-133 radioisotopes. J.
Salacz - revue IRE tijdschrift, vol 9, N°3 (1985) ».
[0003] Selon ce document, le traitement de produits de fission de l'uranium dans le but
de produire des radio-isotopes de courte durée de vie implique des conditions de travail
particulièrement contraignantes.
[0004] Ces conditions de travail particulièrement contraignantes impliquent entre autres
de travailler dans des cellules blindées et à l'aide de pinces robotisées ou manipulées
de l'extérieur de cellules blindées par les manipulateurs de la chaine de production.
Une fois les processus de traitement des cibles contenant de l'uranium hautement enrichi
bien établis et sécurisés en ce que la pollution de l'environnement est nul ou très
faible, le processus de production des radio-isotopes est clairement figé. La moindre
modification de ces procédés est évitée dans la mesure du possible pour éviter de
perturber le schéma de production, dans la mesure ou lorsque le niveau de pollution
de l'environnement est considéré comme sécurisé, chaque modification est considérée
comme un nouveau risque à gérer dans le but d'obtenir un nouveau design satisfaisant
les contraintes environnementales. De plus, le procédé est réalisé dans des cellules
comprenant des hublots de verre blindé au plomb de plusieurs dizaine de cm et au travers
desquelles les cellules passent des bras articulés manipulés de l'extérieur, robotisés
ou non.
[0005] Plusieurs cellules se suivent. Dans chaque cellule, une partie du procédé est réalisée.
[0006] Une première cellule est dédiée à la dissolution de cibles d'uranium hautement enrichi.
Une fois la phase liquide contenant les produits de fission solubles de l'uranium
récupérée par filtration, dont le radio-isotope de Mo-99, elle est transférée dans
une deuxième cellule dans laquelle elle est acidifiée pour l'appauvrir en iode. Dans
la deuxième cellule, la phase liquide contenant le radio-isotope de Mo-99 est chargée
sur une colonne d'alumine après élimination de l'iode.
[0007] La phase liquide contenant le radio-isotope de Mo-99 récupérée suite à l'élution
de la colonne d'alumine est ensuite transférée au travers de la troisième cellule
vers la quatrième cellule où elle sera purifiée sur une résine échangeuse d'ions et
ensuite sur du charbon actif.
[0008] La purification du radio-isotope de Mo-99 est donc réalisée dans la deuxième cellule
et dans la quatrième cellule.
[0009] Selon ce document mentionné ci-dessus, la résine d'alumine est lavée avant élution
par une première solution d'acide nitrique à une concentration d'une mol/l, ensuite
par de l'eau et enfin à l'aide d'une solution d'ammoniaque à une concentration de
10
-2 mol/l.
[0010] La colonne d'alumine est ensuite éluée au moyen d'ammoniaque concentré et le radio-isotope
de Mo-99 est récupéré dans l'éluat. Selon ce document 90% du Mo-99 est ainsi récupéré
dans un volume de 2 litres d'ammoniac concentré pour une quantité de 3 cibles d'aluminium
contenant de l'uranium hautement enrichi.
[0011] La solution d'ammoniaque concentrée d'un volume de 2 litres et contenant le radio-isotope
de Mo-99 est alors chargée sur une colonne Dowex, sur laquelle le radio-isotope de
Mo-99 se fixe. La colonne est alors lavée à l'eau et éluée avec un volume de 200 ml
de carbonate d'ammonium (CO
3(NH
4)
2).
[0012] La fraction de 200 ml de carbonate d'ammonium contenant le radio-isotope de Mo-99
est alors acidifiée à l'acide sulfurique 6N (3 mol/l).
[0013] Le radio-isotope de Mo-99 est une substance qui est utilisée en médecine nucléaire
en tant que précurseur des radio-isotopes Tc-99 et Tc-99m,appelés dans la suite les
radio-isotopes du Tc.
[0014] Les radio-isotopes du Tc sont produits par des générateurs Mo-99/Tc-99 dans lesquels
de Mo-99 est fixé sur une résine d'alumine. Le molybdène se désintègre pour donner
du Tc-99m, qui est récupéré par rinçage de la colonne (élution) dans une solution
physiologique (serum physiologique) sous la forme de pertechnétate de sodium (Na+
TcO4-). Le générateur est alors élué afin de récupérer une solution (appelée éluat)
d'activité nécessaire pour la préparation des produits utilisés en médecine nucléaire,
typiquement de manière stérile.
[0015] Le technétium 99m (Tc-99m) est un isotope de faible demi-vie, émetteur de rayons
y. Ce radio-isotope est utilisé en médecine nucléaire pour effectuer de nombreux diagnostics.
Un autre isotope, le technétium 99 (Tc-99), de plus longue durée de vie, est une source
de particules β.
[0016] Le technétium se propage plus rapidement que de nombreux radioisotopes et présente
une faible toxicité chimique. La toxicité radiologique (par unité de masse) dépend
de l'isotope, du type de radiation et de la demi-vie de cet isotope.
[0017] Le technétium 99m est particulièrement intéressant pour les applications médicales
car sa radiation est semblable à celle des rayons X utilisés en radiographie classique.
La demi-vie très courte de cet isotope conjuguée à la demi-vie relativement longue
de l'isotope fils Tc-99 lui permet d'être éliminé du corps avant de se désintégrer
à nouveau. Ceci permet de réaliser un diagnostic nucléaire au prix de l'introduction
d'une dose relativement faible de radiation dans l'organisme (mesurée en sievert).
[0018] Le technétium 99 métastable (Tc-99m) est le radio-isotope le plus utilisé en imagerie
médicale nucléaire en tant que marqueur. Ses caractéristiques physiques sont presque
idéales pour cet usage car la demi-vie de 6 heures est assez longue pour permettre
de suivre les processus physiologiques d'intérêt, mais assez courte pour limiter l'irradiation
inutile.
[0019] L'éluat de Tc-99 pour injection doit bien entendu présenter une pureté la plus élevée
possible et par conséquent, la pureté du Mo-99 qui sera ensuite fixée sur la résine
d'alumine dans le générateur Mo-99/Tc-99 doit également être d'une grande pureté,
spécialement vis-à-vis de molécules qui présentent une activité élevée et une demi-vie
longue susceptibles d'être éluées en même temps que le Tc-99 du générateur.
[0020] La production de ces radio-isotopes à usage médical était depuis longtemps effectuée
à partir d'uranium hautement enrichi. L'uranium hautement enrichi (HEU) est un défi
dans les considérations de sécurité mondiale dû à sa relative vulnérabilité vis-à-vis
des groupes terroristes et son potentiel de développement de l'arme nucléaire. Bien
que les nombreuses installations produisant des radio-isotopes à usage médical possèdent
de solides mesures de sécurité, la minimisation de l'utilisation d'uranium hautement
enrichi à usage civil est une action importante afin de réduire le risque de prolifération.
[0021] En dépit de la plus grande efficience de production de radio-isotopes à partir du
HEU, tant au niveau économique qu'écologique, la conversion du procédé de production
des radioisotopes à partir du HEU est fortement contraint par les USA, source principale
d'uranium de la matière première. Les Etats-Unis viennent de prendre toutes les mesures
nécessaires pour promouvoir l'utilisation du LEU par des mesures compensatoires à
l'utilisation des radio-isotopes produits à partir d'uranium faiblement enrichi (LEU),
par l'introduction de limitations à l'achat et à la livraison de HEU, ou encore par
des pénalités à l'utilisation du Mo-99 produit à partir de HEU.
[0022] C'est dans ce contexte qu'il existe donc un besoin de mettre au point un procédé
permettant de produire des fractions contenant un radio-isotope de Mo-99 pur qui permet
d'atteindre un compromis satisfaisant entre la rentabilité économique du procédé de
production, mais également la la réduction de l'utilisation d'uranium hautement enrichi.
[0023] Malheureusement, étant donné que la quantité de radio-isotope est directement liée
à la quantité d'uranium-235 fissile, et afin de garantir le même niveau d'approvisionnement
en isotope médical Mo-99 pur, les cibles à base d'uranium faiblement enrichi contiennent
globalement bien plus d'uranium que les cibles à base d'uranium hautement enrichi
et contiennent donc sensiblement plus de matière inutilisable (jusqu'à 5 fois plus).
[0024] La présente invention a donc pour but de pallier aux inconvénients précités en permettant
de satisfaire aux besoins de réduire la quantité d'uranium hautement enrichi pour
la production de radio-isotopes à usage médical tout en atteignant une faisabilité
économique, mais aussi en maintenant les critères de pureté requise pour des radio-isotopes
à usage médical précédemment atteints dans les procédés utilisant de l'uranium hautement
enrichi.
[0025] Pour résoudre ce problème, la présente invention procure donc un procédé tel que
mentionné au début, dans lequel lesdites cibles d'uranium enrichi sont des cibles
d'uranium faiblement enrichi et en ce que le procédé comprend en outre, avant ladite
filtration, une addition de nitrate d'alcalino-terreux, plus particulièrement de strontium,
de calcium ou de baryum, plus préférentiellement de baryum et de carbonate de sodium
à ladite bouillie basique.
[0026] En effet, selon la présente invention, il a été possible de réaliser un procédé exploitable
industriellement, dans lequel, malgré la présence de 5 fois plus de matière non utilisable,
la production de radio-isotope de Mo-99 permet d'atteindre la pureté requise à une
utilisation médicale, mais qui, au-delà, améliore la sécurité environnementale (tant
pour l'environnement que pour les manipulateurs).
[0027] Il a été mis en évidence dans le procédé selon la présente invention que la dissolution
basique des cibles qui génère une bouillie beaucoup plus concentrée en matière solide
non utilisable, mais aussi en impuretés (métalliques) de la partie liquide de la bouillie
pouvait être filtrée de manière efficace par l'ajout de nitrate d'alcalino-terreux,
plus particulièrement de strontium, de calcium ou de baryum, plus préférentiellement
de baryum et de carbonate de sodium. En effet, lorsque le nitrate d'alcalino-terreux,
plus particulièrement de strontium, de calcium ou de baryum, plus préférentiellement
de baryum est ajouté à la bouillie, ainsi que le carbonate de sodium, il y a formation
de carbonates insolubles, comme par exemple de baryum, mais aussi de strontium et
autres carbonates qui servent de milieu filtrant au moment de la filtration et empêche
ainsi le colmatage des pores du filtre en fibre de verre.
[0028] Ceci a permis d'atteindre une réduction significative du temps de filtration. Selon
la présente invention, le temps de filtration de la bouillie a été réduit de 4 et
6 heures à une durée réduite comprise entre 30 minutes et deux heures, en fonction
du nombre de cibles engagées dans la dissolution. Ceci est pourtant déjà significativement
élevé par rapport à un procédé utilisant des cibles à base d'uranium hautement enrichi
(temps de filtration typiquement entre 10 et 20 minutes), mais représente une possibilité
d'exploitation industrielle, qui autrement, n'aurait pas existé sans augmenter trop
significativement le prix de production des radio-isotopes issus de la fission de
l'uranium 235.
[0029] Avec les cibles à base d'uranium faiblement enrichi, la teneur en phase solide dans
la bouillie est 5 fois plus élevée. De plus, typiquement, ces cibles sont à base d'alliage
d'aluminium et d'uranium, en particulier sous forme d'UAl
2, bien que d'autres formes d'alliage soient également présentes (comme UAl
3, UAl
4, ...). Les cibles à base d'uranium faiblement enrichi contiennent moins de 20% en
poids d'uranium 235 par rapport au poids total d'uranium présent dans la cible. Les
cibles à base d'uranium hautement enrichi contiennent plus de 90% en poids d'uranium
235 par rapport au poids total d'uranium présent dans la cible. Par conséquent, la
teneur en uranium enrichi est proportionnellement et significativement diminuée (d'un
facteur environ 5).
[0030] En outre, le fait de travailler à partir d'alliage, entre autres d'UAl
2 permet d'augmenter la densité en uranium présent dans la cible, ce qui permet d'améliorer
clairement le rendement de production, mais apporte également d'autres impuretés,
telles que par exemple du magnésium, qui perturbent le procédé de production de radio-isotopes
de Mo-99 pour une utilisation médicale. En effet, l'augmentation de la densité uranium
du noyau uranifère a imposé le remplacement de l'aluminium A5 pur par un alliage plus
dur. En effet, avec cette augmentation de densité, en cas d'utilisation de A5 pur,
l'intégrité des cibles (et leur non déformation) au cours de leur production ne serait
pas garantie. Ce n'est donc pas l'utilisation d'UAl
2 qui apporte du Mg comme impureté, mais le fait que l'alliage d'uranium UAl
2 soit plus dense et que la quantité totale d'uranium ait augmenté, ce qui a nécessité
l'emploi d'alliage d'aluminium pour la fabrication des cibles, lequel renferme le
Mg.
[0031] Par conséquent, dans le procédé selon la présente invention, bien que la teneur en
déchets hautement radioactif soit augmentée, il a été possible d'une part de filtrer
la bouillie en un temps exploitable industriellement, mais également d'éliminer les
impuretés amenées par l'utilisation d'un alliage d'uranium et d'aluminium dans la
bouillie.
[0032] En particulier, dans le procédé selon la présente invention, la contamination de
la fraction de radio-isotope de Mo-99 par le radio-isotope Sr-90 est réduite car il
précipite avec le carbonate amené dans la bouillie. Ceci revêt une importance considérable
dans la mesure où la radio-toxicité du radio-isotope Sr-90 est fort élevée par la
combinaison de sa longue période physique (période radioactive : 28,8 ans), son rayonnement
beta de haute énergie et à sa longue période biologique (tropisme osseux). Il est
donc très important de réduire cette impureté pour minimiser les effets secondaires
potentiels à long terme chez le patient.
[0033] Selon la présente invention, il a donc été possible de produire un radio-isotope
de Mo-99 à partir d'uranium faiblement enrichi, sans que la fraction de radio-isotope
soit finalement moins pure, répondant de cette manière toujours aux critères de la
pharmacopée européenne, malgré la présence massive d'une quantité bien plus importante
de déchets mais aussi de contaminants plus complexes à éliminer, comme par exemple
le magnésium, mais aussi dans lequel le risque de présence de strontium dans la fraction
de radio-isotope de Mo-99 est fortement diminué.
[0034] Dans une première forme de réalisation avantageuse du procédé selon la présente invention,
ladite adsorption desdits sels de molybdène sur une colonne chromatographique est
une adsorption sur une colonne chromatographique à base d'alumine et dans lequel ladite
purification comprend :
- (a) après adsorption desdits sels de molybdène sur ladite colonne chromatographique
d'alumine, une première élution du molybdate par une solution de NaOH à une concentration
d'au moins 1 mol/l et d'au plus 2,5 mol/l et de préférence d'environ 2 mol/l, avec
récupération d'un premier éluat de molybdate,
- (b) un passage dudit premier éluat de molybdate sur une résine échangeuse d'ion conditionnée
dans de l'eau avec fixation dudit radio-isotope de Mo-99, et récupération d'un effluent
de ladite résine échangeuse d'ions, et
- (c) une élution au nitrate dudit radio-isotope de Mo-99 sous forme de molybdate de
la résine échangeuse d'ions par ajout de nitrate d'ammonium avec récupération du radio-isotope
de Mo-99 sous forme de molybdate dans du nitrate.
[0035] Dans le cadre de la présente invention, par le terme « effluent de la résine » on
entend la phase mobile qui passe au travers de la résine et qui quitte la colonne
chromatographique.
[0036] Dans le procédé décrit dans le document de Salacz et al., cité précédemment, durant
l'acidification du carbonate d'ammonium par l'acide sulfurique 6N, la solution résultante
mousse fortement, ce qui rend sa manipulation compliquée dans un environnement contraignant
dans lequel le moindre débordement provoque une contamination de l'environnement extérieur
et provoque potentiellement des pertes de molybdène. De plus, le moussage oblige le
manipulateur à avoir recours à des récipients de contenance plus importante, ce qui
augmente également la perte de molybdène qui resterait durant la vidange du récipient.
[0037] La fraction contenant le radio-isotope de Mo-99 acidifiée à l'acide sulfurique 6N
est ensuite passée au travers d'une colonne de charbon actif. Après fixation sur la
colonne de charbon actif, le charbon actif est lavé à l'eau et le radio-isotope de
Mo-99 est récupéré après élution par 100 ml de NaOH à une concentration de 0,3 mol/l.
Le rendement de cette opération est d'environ 85 à 90% de récupération du radio-isotope
pour une élution de laquelle déjà 10% ont été perdus précédemment.
[0038] Comme on peut le constater, le procédé selon la présente invention, en réalisant
l'élution de la colonne chromatographique d'alumine par une solution de NaOH d'une
part, mais d'autre part, en utilisant une colonne échangeuse d'ions éluées par du
nitrate d'ammonium a permis d'obtenir également une fraction contenant ledit isotope
Mo-99 de manière sensiblement pur, tout en améliorant significativement le rendement
de production du radio-isotope de Mo-99.
[0039] En effet, l'élution de la résine échangeuse d'ion par du nitrate d'ammonium a permis
de s'affranchir du carbonate d'ammonium (CO
3(NH
4)
2) et ainsi de résoudre le problème du moussage à l'acidification qui produisait des
pertes significatives.
[0040] Par ailleurs, l'élution de la colonne d'alumine au NaOH a permis de réduire la proportion
d'impuretés qui est éluée avec le Mo99, normalement durant cette étape.
[0041] De plus, cette élution particulière par une solution de NaOH permet encore d'éliminer
les éventuelles traces résiduelles de Sr-90 et ainsi de réduire encore la contamination
de la fraction de radio-isotope de Mo-99
[0042] De plus, le procédé selon la présente invention permet d'obtenir un rendement de
production de Mo-99 entre 85 et 98%, en particulier entre 85 et 95% par rapport à
la teneur en Mo-99 contenu dans la bouillie.
[0043] Avantageusement, dans une forme avantageuse de la première variante du procédé selon
la présente invention, ladite résine échangeuse d'ions conditionnée dans du NaOH est
une résine anionique forte.
[0044] De préférence, dans une autre forme avantageuse de la première variante du procédé
selon la présente invention, ladite purification comprend avant ladite première élution
du molybdate par une solution de NaOH à une concentration d'au moins 1 mol/l et d'au
plus 2,5 mol/l et de préférence d'environ 2 mol/l, un lavage de la colonne avec de
l'eau qui est ensuite récupérée sous forme d'un effluent de ladite colonne chromatographique
d'alumine et/ou d'oxyde de titane.
[0045] De manière plus préférentielle, dans encore une autre forme avantageuse de la première
variante du procédé selon la présente invention, le procédé comprend une deuxième
élution de la colonne chromatographique d'alumine par une solution de NaOH à une concentration
d'au moins 1 mol/l et d'au plus 2,5 mol/l et de préférence d'environ 2 mol/l et récupération
d'un deuxième éluat de molybdate, à une période de temps entre 20 et 48 heures après
la récolte dudit premier éluat de molybdate
[0046] De cette façon, les sels de molybdate ont eu suffisamment de temps pour se transformer
de manière à pouvoir être à nouveau éluable et récupérer en tant que produit issu
du procédé.
[0047] Dans une deuxième variante du procédé selon la présente invention, dans lequel ladite
adsorption desdits sels de molybdène sur une colonne chromatographique est une adsorption
sur une colonne chromatographique à base d'oxyde de titane et dans lequel ladite purification
comprend
- (a) après adsorption desdits sels de molybdène sur ladite colonne chromatographique
d'oxyde de titane, une première élution du molybdate par une solution de NaOH à une
concentration d'au moins 1 mol/l et d'au plus 2,5 mol/l et de préférence d'environ
2 mol/l, suivi d'un lavage à l'eau avec récupération d'un premier éluat de molybdate,
- (b) un passage dudit premier éluat de molybdate sur une résine échangeuse d'ions conditionnée
dans de l'eau, avec fixation dudit radio-isotope de Mo-99 sous forme de molybdate
sur ladite résine échangeuse d'ions, et récupération d'un effluent de ladite résine
échangeuse d'ions, et
- (c) une élution au nitrate dudit radio-isotope de Mo-99 sous forme de molybdate de
la résine échangeuse d'ions par ajout de nitrate d'ammonium avec récupération du radio-isotope
de Mo-99 sous forme de molybdate dans du nitrate.
[0048] Dans cette forme de réalisation, une colonne chromatographique à base d'oxyde de
titane permet d'améliorer les caractéristiques d'adsorption des sels de molybdène.
[0049] L'oxyde de titane présente des performances améliorées (par rapport à l'alumine)
vis-à-vis du Mo-99 en termes de capacité, coefficient de distribution (Kd) et rendement.
Ces notions de capacité et Kd sont importantes vu qu'elles permettent de travailler
avec un volume de lit d'adsorbant moindre, la hauteur du lit de résine étant réduit
de +/- 50 %. D'autre part, l'oxyde de titane permet de collecter en une seule élution
environ 90% du Mo-99 préalablement fixé ce qui représente un gain par rapport à une
élution classique réalisé sur une colonne d'alumine typiquement utilisée pour un tel
procédé. A titre informatif, cette valeur de 90% était généralement atteinte en deux
élutions (effectuées sur deux jours successifs) avec ce dernier adsorbant.
[0050] De préférence, ledit oxyde de titane comprend des particules d'oxyde de titane présentant
un d
50 compris entre 10 et 350 µm, et présentant une surface spécifique BET comprise entre
30 et 300 m
2/g, de préférence supérieure à 60 m
2/g.
[0051] Au sens de la présente invention, La notation d
x représente un diamètre, exprimé en µm, par rapport auquel X % des particules d'oxyde
de titane mesurées sont plus petites.
[0052] Egalement au sens de la présente invention, la surface spécifique BET des particules
d'oxyde de titane est la surface spécifique de ces particules mesurée par manométrie
d'adsorption d'azote et calculée selon la méthode BET.
[0053] Dans un mode préféré, les particules d'oxyde de titane présentent plus spécifiquement
un d
50 compris entre 50 à 150 µm, plus préférentiellement entre 70 et 140 µm, avantageusement
entre 90 et 120 µm.
[0054] Plus particulièrement, selon la présente invention, les particules d'oxyde de titane
présentent un d
95 compris entre 10 et 525 µm. En conséquence, la distribution des tailles de particules
d'oxyde de titane est sensiblement ciblée et étroite.
[0055] De préférence, dans la présente invention, lesdites particules d'oxyde de titane
présentent des pores présentant un diamètre, le diamètre moyen des pores étant compris
entre 1 et 30 nm, de préférence entre 1 et 20 nm, plus préférentiellement entre 2
et 18 nm, et plus particulièrement entre 4 et 10 nm.
[0056] Dans un mode de réalisation préféré de l'utilisation selon l'invention, les particules
d'oxyde de titane présentent un volume poreux BJH supérieur ou égal à 0,1 cm
3/g, de préférence égal ou supérieur à 0,12 cm
3/g, en particulier égal ou supérieur à 0,15 cm
3/g, voire égal ou supérieur à 0,20 cm
3/g, de préférence, supérieur ou égal à 0,22cm
3/g et plus particulièrement jusqu'à 0,4 cm
3/g.
[0057] Au sens de la présente invention, par 'volume poreux', on entend le volume des pores
mesuré par manométrie d'adsorption d'azote et calculé selon la méthode BJH.
[0058] Dans encore un mode préféré d'utilisation selon l'invention, les particules d'oxyde
de titane sont présentes en une proportion en poids d'au moins 50% en poids, par rapport
au poids total de phase stationnaire. Il est également envisagé dans la procédé selon
la présente invention d'utiliser une colonne contenant un mélange d'alumine et d'oxyde
de titane.
[0059] Plus particulièrement, selon l'invention, les particules d'oxyde de titane présentent
une proportion d
90/d
10 inférieure ou égale à 120 µm, de préférence inférieure ou égale à 80 µm, plus particulièrement
inférieure ou égale à 60 µm, avantageusement, inférieure ou égale à 50 µm.
[0060] Avantageusement, les particules d'oxyde de titane présentent une surface spécifique
BET supérieure ou égale à 70 m
2/g, de préférence supérieure ou égale à 80 m
2/g, plus particulièrement supérieure à 100 m
2/g, de manière particulièrement préférentielle supérieure à 120 m
2/g, voire supérieure ou égale à 135 m
2/g.
[0061] Dans une forme de réalisation avantageuse selon la présente invention, ledit oxyde
de titane est choisi dans le groupe constitué du TiO, TiO
2, TiO
2.xH
2O (avec x étant un nombre entier compris entre 0 et 10), le dioxyde de titane pouvant
être sous la forme cristalline anatase ou rutile, les combinaison de ceux-ci et les
mélanges de ceux-ci
[0062] Plus particulièrement, selon la présente invention, les particules d'oxyde de titane
sont sensiblement sphériques.
[0063] De préférence, dans une forme avantageuse de la deuxième variante du procédé selon
la présente invention, ladite résine échangeuse d'ions conditionnée dans de l'eau
est une résine anionique faible
[0064] Dans encore une autre forme de réalisation avantageuse de la deuxième variante du
procédé selon la présente invention, le procédé comprend une poursuite de l'élution
de la colonne chromatographique d'oxyde de titane par écoulement du volume d'eau résiduel,
à une période de temps entre 20 et 48 heures après la récolte dudit premier éluat
de molybdate avec obtention d'une queue d'éluat de molybdate.
[0065] De préférence, ladite queue d'éluat de molybdate est recyclée durant l'étape d'acidification.
[0066] Bien que cette étape ne soit pas nécessaire, il peut être avantageux de récupérer
les 10% de radio-isotopes de Mo-99 résiduels dans la colonne d'oxyde de titane par
une poursuite de l'élution ultérieurement, laquelle sera récupérée dans l'acidificateur
pour la production suivante.
[0067] Dans le procédé selon la présente invention, que ce soit dans la première variante
ou dans la deuxième variante, ladite purification comprend avant ladite première élution
du molybdate par une solution de NaOH à une concentration d'au moins 1 mol/l et d'au
plus 2,5 mol/l et de préférence d'environ 2 mol/l, un lavage de la colonne avec de
l'eau qui est ensuite récupérée sous forme d'un effluent de ladite colonne chromatographique
d'alumine et/ou d'oxyde de titane.
[0068] Avantageusement, ladite élution au nitrate dudit radio-isotope de Mo-99 de la résine
échangeuse d'ions est précédée d'une étape de lavage après adsorption dudit radio-isotope
de Mo-99 à l'eau qui est récupérée et mélangée audit effluent de ladite résine échangeuse
d'ions.
[0069] Plus particulièrement, selon la présente invention, ladite étape de récupération
d'une fraction contenant le radio-isotope de Mo-99 pur comprend une acidification
dudit premier éluat de molybdate et/ou éventuellement dudit deuxième éluat de molybdate
et/ou de ladite queue d'éluat de molybdate, par une solution d'acide sulfurique à
une concentration d'au moins 1 mol/l et d'au plus 2,5 mol/l et de préférence d'environ
2 mol/l, formant une fraction acidifiée de radio-isotope de Mo-99 pur sous forme de
sels de molybdène et une purification sur une colonne de charbon actif, éventuellement
dopé à l'argent.
[0070] Dans encore une forme de réalisation avantageuse du procédé selon la présente invention,
ladite purification de ladite fraction acidifiée de radio-isotope de Mo-99 sur une
colonne de charbon actif comprend une étape de chargement sur une colonne de charbon
actif, éventuellement dopé à l'argent, une étape de lavage de la résine sur laquelle
le radio-isotope de Mo-99 est fixé à l'eau et une étape d'élution par une solution
de NaOH à 0,3 mol/l formant un éluat de Na
299MoO
4 dans une solution de NaOH à 0,2 mol/l formant la fraction contenant ledit radio-isotope
de Mo-99 pur.
[0071] Dans le procédé selon la présente invention, ladite fraction contenant ledit radio-isotope
de Mo-99 pur présente une pureté radiochimique d'au moins 97%, de préférence d'au
moins 98%, plus particulièrement d'au moins 98,5%, et de la manière la plus préférentielle
d'au moins 99% de l'activité présente sous la forme chimique molybdate dudit radio-isotope
de Mo-99 par rapport à l'activité totale dudit radio-isotope de Mo-99 sous toutes
ses formes dans ladite fraction.
[0072] Dans un mode préféré du procédé selon la présente invention, le procédé comprend
en outre, avant ladite étape d'acidification, une étape d'élimination d'iode en solution
par passage du filtrat sur une colonne d'alumine dopée à l'argent.
[0073] Alternativement, le procédé comprend en outre une acidification de ladite solution
basique de molybdate avant, pendant ou après une élimination de l'iode, avec formation
d'une solution acide de sels de molybdène,
[0074] Plus particulièrement, dans le procédé selon la présente invention, ladite dissolution
basique permettant de produire ladite bouillie basique est réalisée par addition d'un
milieu basique contenant une solution de soude caustique et une solution de nitrate
de sodium, ladite solution de soude caustique présentant une concentration en NaOH
supérieure à 3,5 mol/l, ladite solution de nitrate de sodium présentant une concentration
en NaNO
3 supérieure à 3,5, ladite concentration en NaNO
3 étant inférieure à ladite concentration en NaOH.
[0075] D'autres formes de réalisation du procédé suivant l'invention sont indiquées dans
les revendications annexées.
[0076] L'invention a aussi pour objet une fraction contenant un radio-isotope de Mo-99 conditionnée
dans une solution de NaOH à 0,2 mol/l présentant une pureté radiochimique en radio-isotope
de Mo-99 supérieure à 97%, de préférence d'au moins 98%, plus particulièrement d'au
moins 98,5 % de l'activité présente sous la forme chimique molybdate dudit radio-isotope
de Mo-99 par rapport à l'activité totale dudit radio-isotope de Mo-99 sous toutes
ses formes dans ladite fraction.
[0077] Plus particulièrement, ladite fraction contenant un radio-isotope de Mo-99 est conditionnée
dans une solution de NaOH à 0,2 mol/l dans des flacons étanches, lesdits flacons étanches
étant enfermés dans des conteneurs individuels blindés.
[0078] La présente invention a également encore pour objet une fraction contenant un radio-isotope
de Mo-99 conditionnée dans une solution de NaOH à 2 mol/l présentant une pureté radiochimique
en radio-isotope de Mo-99 supérieure à 97%, de préférence d'au moins 98%, plus particulièrement
d'au moins 98,5 % de l'activité présente sous la forme chimique molybdate dudit radio-isotope
de Mo-99 par rapport à l'activité totale dudit radio-isotope de Mo-99 sous toutes
ses formes dans ladite fraction.
[0079] Dans une variante avantageuse, ladite fraction contenant un radio-isotope de Mo-99
selon la présente invention est conditionnée dans une solution de NaOH à 2 mol/l dans
des flacons étanches, lesdits flacons étanches étant enfermés dans des conteneurs
individuels blindés.
[0080] L'invention a de plus pour objet une fraction contenant un radio-isotope de Mo-99
contenant en outre des additifs comme par exemple du nitrate d'ammonium, du NaOCl,
du nitrate de sodium et analogues.
[0081] Dans une variante avantageuse, la fraction contenant un radio-isotope de Mo-99 est
obtenue par le procédé selon la présente invention.
[0082] D'autres formes de réalisation de la fraction suivant l'invention sont indiquées
dans les revendications annexées.
[0083] La présente invention se rapporte également à un générateur de Tc-99 issu d'une solution
mère comprenant une fraction de radio-isotope de Mo-99 selon la présente invention
ou obtenue selon le procédé selon la présente invention.
[0084] D'autres caractéristiques, détails et avantages de l'invention ressortiront de la
description donnée ci-après, à titre non limitatif et en faisant référence aux exemples.
[0085] Lorsque de l'uranium 235 est bombardé de neutrons, il forme des produits de fission
ayant une masse inférieure et qui sont eux-mêmes instables. Ces produits génèrent
via un cycle de désintégration d'autres radio-isotopes. C'est notamment de cette manière
que sont produits les radio-isotopes Mo-99, Xe-133 et I-131.
[0086] Les cibles à base d'uranium faiblement enrichi contiennent un alliage d'aluminium
contenant de l'uranium. La teneur en uranium enrichi par rapport au poids total d'uranium
est de maximum 20%, et typiquement autour de 19%. Les cibles d'uranium faiblement
enrichi sont dissoutes durant une phase de dissolution basique en présence de NaOH
(aux environ de 4 mol/l ou plus) et de NaNO
3 (aux environ de 3,5 mol/l). Durant la dissolution, une bouillie est formée ainsi
qu'une phase gazeuse de Xe-133. La bouillie contient une phase solide principalement
formée d'uranium et d'hydroxydes de produits de fission et une phase liquide de molybdate
(MoO
4-) et d'iode 131 sous de sels d'iode.
[0087] Le volume de phase de dissolution basique augmente avec le nombre de cibles étant
donné la teneur très importante en produit non utilisable après dissolution des cibles.
La dissolution de l'aluminium de la cible est une réaction exothermique.
[0088] La phase gazeuse de Xénon est récupérée par captage au moyen d'un dispositif de rétention
du Xénon ou piège à xénon.
[0089] Lorsque le Xénon est éliminé, une est ensuite ajoutée à la bouillie à une concentration
comprise entre 0,05 mol/l et 0,2 mol/l et à hauteur d'un volume de 2 à 6 litres en
fonction du nombre de cibles. Du carbonate de sodium est également ajouté à une concentration
comprise entre 1 mol/l et 1,5 mol/l, de préférence d'environ 1,2 mol/l à hauteur de
100 à 300 ml en fonction du nombre de cibles dissoutes.
[0090] La bouillie est ensuite diluée avec de l'eau à hauteur d'un volume de 2 à 6 litres
en fonction du nombre de cibles pour permettre son transfert vers l'étape ultérieure.
[0091] La bouillie contenant la phase solide et la phase liquide basique est alors filtrée
au moyen d'un filtre de fibres de verre dont la porosité est comprise entre 2 et 4
µm, de préférence autour de 3 µm.
[0092] Avantageusement, deux filtres sont placés en série, pour prévenir un défaut du premier
filtre et éviter de transférer de l'uranium plus en aval dans le procédé, afin d'améliorer
la sureté nucléaire.
[0093] La phase solide est lavée deux fois avec un volume d'eau de 900 ml, récupérée et
éventuellement renvoyée en amont du procédé pour une dissolution acide subséquente.
[0094] Le filtrat (phase liquide basique récupérée contenant les produits de fission Mo-99,
I-131, I-133, I-135, Cs-137, Ru-103, Sb-125 et Sb-127) mais aussi de l'aluminate formé
par la dissolution basique des cibles d'aluminium, lequel est soluble à pH basique.
L'aluminium est soluble en milieu basique ainsi qu'en milieu acide. Par contre, il
est insoluble lorsque le pH est compris entre 5 à 10.
[0095] A ce stade, le filtrat est chargé sur une colonne d'alumine dopée à l'argent afin
d'y fixer l'iode et de récupérer un filtrat basique appauvri en iode 131 et autres
isotopes de l'iode. La colonne d'alumine dopée à l'argent est lavée à l'aide d'un
volume d'environ 500 ml de soude caustique à une teneur d'environ 0,05 mol/l, volume
dépendant du nombre de cibles, du volume d'alumine, et d'autres facteurs. Le taux
d'imprégnation de la résine d'alumine contenue dans la colonne d'alumine est d'environ
5,5 % en poids. L'iode se fixe sélectivement par réaction avec le dopage à l'argent
présent en surface de l'alumine pour former un iodure d'argent insoluble. La colonne
d'alumine dopée à l'argent est de préférence positionnée entre deux réacteurs. Le
réacteur en aval de la colonne d'alumine dopée à l'argent est mis sous vide régulé,
ce qui permet le transfert du liquide sur la colonne à un débit compris entre 150
ml/l et 400 ml/l, plus particulièrement aux environs de 250 ml/min.
[0096] Les rendements de capture d'iode sont d'environ 95%.
[0097] La colonne d'alumine dopée à l'argent est éluée à l'aide d'une solution de thio-urée
à une concentration comprise entre 0,5 et 1,5 mol/l, de préférence aux environ de
1 mol/l. L'éluat contient alors l'iode issu de la colonne. L'éluat est ensuite porté
à pH acide à l'aide d'une addition d'un mélange tampon, en particulier d'acide phosphorique
afin d'obtenir une solution acide de sels d'iode.
[0098] De cette manière en termes de sûreté, dans cette forme de réalisation avantageuse
du procédé selon la présente invention, l'activité de l'iode fixé à la résine dopée
à l'argent est transférée d'une cellule à une autre sous forme solide.
[0099] La solution acide de sels d'iode est ensuite chargée sur une colonne échangeuse d'ions,
en particulier sur une colonne de résine anionique faible préalablement conditionnée
en milieu acide non-oxydant, en particulier à l'aide d'acide phosphorique à une concentration
comprise entre 0,5 et 1,5 mol/l, de préférence aux environ de 1 mol/l. La colonne
échangeuse d'ions sur laquelle l'iode est fixé est ensuite éluée au moyen de NaOH
à une concentration d'au moins 1 mol/l et d'au plus 2,5 mol/l et de préférence d'environ
2 mol/l.
[0100] Les radio-isotopes de l'iode sont alors transformés en iodure et solubilisés dans
le NaOH.
[0101] La fraction contenant les radio-isotopes de l'iode est alors ensuite conditionnée
en flacons hermétique contenu dans une enceinte blindée en vue de son expédition vers
le client.
[0103] La formation de solides métastables est connue et les conditions d'équilibre sont
parfois difficiles à atteindre même avec des temps de réaction importants. Les oxydes
et hydroxydes d'aluminium forment différentes structures cristallines (bayerite, gibbsite,
...) qui sont chimiquement similaires mais différentes par leur solubilité. Les conditions
expérimentales de températures, de concentration et aussi de vitesse d'addition des
réactifs influencent fortement les résultats obtenus
[0104] La réaction qui régit l'équilibre entre les différentes formes de l'aluminium est
la suivante au moment de l'acidification

[0105] Comme le milieu est fortement radioactif et à une température élevée à cause de la
dissolution basique mais aussi à cause du caractère exothermique de la neutralisation
durant l'étape d'acidification, l'addition d'acide formerait à des endroits localisés
des surconcentrations en acide entrainant des échauffements locaux par la réaction
de neutralisation, et la formation de formes insolubles aluminiques ou à cinétique
de re-dissolution lente de sels d'aluminium. Toutefois, vu les contraintes du procédé
décrit dans l'état de la technique, le milieu réactionnel présente une température
élevée, qu'il est fortement radioactif et peu accessible, il n'est pas possible de
le maintenir sous agitation pour éviter ces points de concentration en aluminate à
haute température.
[0106] Les effets des surconcentrations en acide doivent être évités pour éviter deux raisons
principales. D'une part, la formation de précipités de sels d'aluminium provoque un
risque important de colmatage de l'installation, ce qui nuit au rendement de la production,
mais également ajoute un risque sanitaire au vu de la forte radioactivité du mélange
réactionnel. Il n'est en effet pas simple, voire inenvisageable d'intervenir manuellement
pour décolmater l'installation, mais en outre, ce ne pourrait se faire qu'au détriment
du rendement de production.
[0107] Par conséquent, le filtrat est refroidi en vue d'éviter la précipitation de sels
d'aluminium durant l'acidification à une température d'environ 50°C et dans tous les
cas inférieure à 60°C. Le filtrat est donc acidifiée par de l'acide nitrique concentré.
le filtrat acidifié est chauffé à une température supérieure à 93°C, de préférence
supérieure ou égale à 95°C, de préférence entre 96°C et 99°C, mais de préférence inférieure
à 100°C et maintenue sous bullage.
[0108] Dans une première variante de la présente invention, l'acidification permet l'obtention d'une solution à pH acide afin de pouvoir fixer
le radio-isotope de Mo-99 sur la colonne d'alumine (en présence d'un excès d'acide
1M).
[0109] La phase liquide acidifiée, appauvrie en iode est alors chargée sur une colonne d'alumine,
conditionnée dans de l'acide nitrique 1 mol/l. Le Mo-99 est adsorbé sur l'alumine
alors que la majorité des produits de fission contaminants sont éliminés dans l'effluent
de la colonne d'alumine.
[0110] La colonne d'alumine sur laquelle le radio-isotope de Mo-99 est fixé est lavée par
de l'acide nitrique à une concentration d'une mol/l, par de l'eau, du sulfite de sodium
à une concentration d'environ 10 g/l et enfin encore une fois à l'eau. L'effluent
de lavage est écarté
[0111] La colonne d'alumine est ensuite éluée par du NaOH à une concentration d'environ
2 mol/l et ensuite par de l'eau.
[0112] L'éluat récupéré de la colonne d'alumine forme le premier éluat du radio-isotope
de Mo-99 sous forme de molybdate.
[0113] Dans un mode préféré du procédé selon la présente invention, le premier éluat de
la colonne est conservé pendant une période de temps comprise entre 20 et 48 h. Après
cette période de temps prédéterminée, la colonne d'alumine est à nouveau éluée à l'aide
de NaOH à une concentration d'environ 2 mol/l et ensuite avec de l'eau avant son nettoyage.
L'éluat de la nouvelle élution forme le deuxième éluat du radio-isotope de Mo-99,
sous forme de molybdate.
[0114] A ce stade, soit le premier éluat du radio-isotope de Mo-99 est rassemblé avec le
deuxième éluat du radio-isotope de Mo-99 et forme un éluat unique qui va encore subir
les étapes de purification ultérieure. Soit chaque premier et deuxième éluat est traité
séparément dans les étapes de purification ultérieure, de la même manière.
[0115] Pour plus de simplicité, on parlera dans la suite de l'éluat de radio-isotope de
Mo-99, qu'il s'agisse du premier éluat du radio-isotope de Mo-99 ou du deuxième éluat
du radio-isotope de Mo-99 ou des deux rassemblés.
[0116] L'éluat de radio-isotope de Mo-99 de la colonne d'alumine est alors chargé sur une
deuxième colonne chromatographique contenant une résine échangeuse d'ions de type
anionique forte préalablement conditionnée dans de l'eau.
[0117] La colonne échangeuse d'ions est ensuite éluée au nitrate au moyen d'une solution
de nitrate d'ammonium à une concentration d'environ 1 mol/l. L'éluat récupéré comprend
donc le radio-isotope de Mo-99 dans une fraction contenant du nitrate d'ammonium.
[0118] La solution de nitrate d'ammonium contenant le radio-isotope de Mo-99 est alors chargée
sur une colonne de charbon actif 35-50 mesh, qui peut être éventuellement dopé à l'argent
pour récupérer les éventuelles traces d'iode. La colonne de charbon actif sur laquelle
le radio-isotope de Mo-99 est fixé est alors lavée à l'eau et ensuite éluée avec une
solution de NaOH à une concentration d'environ 0,3 mol/l.
[0119] L'élution de la colonne de charbon actif permet de récupérer une solution de Na
299MoO
4 dans du NaOH mais de garder l'iode éventuel capturé sur la colonne à une concentration
préférée de 0,2 mol/l, laquelle sera ensuite conditionnée et emballée pour livraison.
[0120] Dans une forme d'utilisation particulière de l'invention, la solution de Na
299MoO
4 dans du NaOH à une concentration préférée de 0,2 mol/l est chargée sur une résine
d'alumine dans un générateur Mo-99/Tc-99 ou sur une résine d'oxyde de titane pour
permettre la génération de radio-isotope du technétium 99 pour la médecine nucléaire.
[0121] Dans une deuxième forme de réalisation avantageuse du procédé selon la présente invention, l'acidification permet l'obtention d'une solution à pH acide afin de pouvoir fixer
le radio-isotope de Mo-99 sur la colonne d'oxyde de titane (en présence d'un excès
d'acide 1M).
[0122] La phase liquide acidifiée, appauvrie en iode est alors chargée sur une colonne d'oxyde
de titane, conditionnée dans de l'acide nitrique 1 mol/l. Le Mo-99 est adsorbé sur
l'oxyde de titane alors que la majorité des produits de fission contaminants sont
éliminés dans l'effluent de la colonne d'oxyde de titane.
[0123] La colonne d'oxyde de titane sur laquelle le radio-isotope de Mo-99 est fixé est
lavée par de l'acide nitrique à une concentration d'une mol/l, par de l'eau, du sulfite
de sodium à une concentration d'environ 10 g/l et enfin encore une fois à l'eau. L'effluent
de lavage est écarté
[0124] La colonne d'oxyde de titane est ensuite éluée par du NaOH à une concentration d'environ
2 mol/l et ensuite par de l'eau.
[0125] L'éluat récupéré de la colonne d'oxyde de titane forme le premier éluat du radio-isotope
de Mo-99 sous forme de molybdate et comporte environ 90% ou plus du Mo-99 initialement
présent.
[0126] Dans un mode préféré du procédé selon la présente invention, après une période de
temps prédéterminée de 20 à 48H, l'élution de la colonne d'oxyde de titane est poursuivie
à l'aide d'eau et forme une queue d'élution contenant le radio-isotope de Mo-99, sous
forme de sel de molybdène.
[0127] A ce stade, ladite queue d'éluat de molybdate est réintégré à une production ultérieure
au niveau dudit premier éluat de molybdate et forme un pool d'éluats qui sont ensuite
acidifiés par une solution d'acide sulfurique à une concentration comprise entre 1
et 2 mol/l, de préférence à 1,5 mol/l, formant ainsi une fraction acidifiée de radio-isotope
de Mo-99 pur sous forme de sels de molybdène.
[0128] Si tel n'est pas le cas, ledit premier éluat de molybdate est acidifié par une solution
d'acide sulfurique à une concentration comprise entre 1 et 2 mol/l, de préférence
à 1,5 mol/l, formant ainsi une fraction acidifiée de radio-isotope de Mo-99 pur sous
forme de sels de molybdène
[0129] Pour plus de simplicité, on parlera dans la suite de l'éluat de radio-isotope de
Mo-99, sous forme de molybdate, qu'il s'agisse du premier éluat du radio-isotope de
Mo-99 ou de la queue d'éluat de molybdate, ou des deux rassemblés.
[0130] L'éluat de radio-isotope de Mo-99 de la colonne d'oxyde de titane est alors chargé
sur une deuxième colonne chromatographique contenant une résine échangeuse d'ions
de type anionique faible préalablement conditionnée dans de l'eau.
[0131] La colonne échangeuse d'ions est ensuite éluée au nitrate au moyen d'une solution
de nitrate d'ammonium à une concentration d'environ 1 mol/l. L'éluat récupéré comprend
donc le radio-isotope de Mo-99 dans une fraction contenant du nitrate d'ammonium.
[0132] La solution de nitrate d'ammonium contenant le radio-isotope de Mo-99 est alors chargée
sur une colonne de charbon actif 35-50 mesh, qui peut être éventuellement dopé à l'argent
pour récupérer les éventuelles traces d'iode. La colonne de charbon actif sur laquelle
le radio-isotope de Mo-99 est fixé est alors lavée à l'eau et ensuite éluée avec une
solution de NaOH à une concentration d'environ 0,3 mol/l.
[0133] L'élution de la colonne de charbon actif permet de récupérer une solution de Na
299MoO
4 dans du NaOH mais de garder l'iode éventuel capturé sur la colonne à une concentration
préférée de 0,2 mol/l, laquelle sera ensuite conditionnée et emballée pour livraison.
[0134] Dans une forme d'utilisation particulière de l'invention, la solution de Na
299MoO
4 dans du NaOH à une concentration préférée de 0,2 mol/l est chargée sur une résine
d'alumine dans un générateur Mo-99/Tc-99 ou sur une résine d'oxyde de titane pour
permettre la génération de radio-isotope du technétium 99 pour la médecine nucléaire
[0135] Durant la formation de la bouillie, des produits de fission de l'uranium sont libérés,
certains sous forme soluble, d'autres sous forme de gaz. C'est entre autre le cas
du xénon et du krypton qui se trouvent donc dans une phase gazeuse. La phase gazeuse
sort du milieu liquide et reste confinée dans le récipient étanche dans lequel la
dissolution a lieu. Le récipient étanche comprend une sortie de phase gazeuse reliée
un dispositif de récupération des gaz rares, isolé de l'environnement extérieur, mais
également une entrée pour un gaz de balayage.
[0136] La phase gazeuse contient de l'ammoniac (NH
3) qui provient de la réduction des nitrates et les produits de fission gazeux principaux
qui sont le Xe-133 et le Kr-85
[0137] La dissolution est une réaction très exothermique, ce qui impose deux gros réfrigérants.
Néanmoins, de la vapeur d'eau est présente dans la phase gazeuse. La phase gazeuse
est emportée par un gaz vecteur (He) vers le dispositif de récupération des gaz rares.
[0138] Dans une première variante, la récupération de Xénon est réalisée comme suit : La
phase gazeuse quitte le récipient étanche de dissolution basique et est amenée vers
le dispositif de récupération des gaz rares. La phase gazeuse contenant entre autres
le radio-isotope Xe-133 est d'abord passée au travers d'un tamis moléculaire permettant
d'éliminer l'ammoniac (NH
3) et la vapeur d'eau. Ensuite, la phase gazeuse est passée au travers de silicagel
afin d'éliminer tout trace de vapeur d'eau résiduelle. La phase gazeuse est alors
amenée au piège cryogénique.
[0139] Dans une deuxième variante avantageuse selon la présente invention, la phase gazeuse
est adsorbée sur de la zéolithe, en particulier sur de un titanosilicate ou sur un
aluminosilicate dopé à l'argent, de préférence sur de la Ag-ETS-10 ou de la Ag-chabazite.
Elle sera ensuite soit commercialisée directement sur la zéolithe, soit désorbée à
chaud et envoyée vers un dispositif de rétention ultérieur.
[0140] La phase gazeuse contenant entre autres le radio-isotope Xe-133 est donc amenée au
piège cryogénique dans un tube en forme de U plongé dans de l'azote liquide (soit
à -196°C) contenu dans un récipient blindé, au travers de rognures d'inox.
[0141] Les rognures d'inox 316 sont fabriquées à partir de tige d'inox 316 présentant un
diamètre compris entre 1,5 et 2 cm et d'une longueur compris entre 10 et 20 cm, de
préférence entre 14 et 18 cm, plus particulièrement d'environ 16 cm à l'aide d'une
fraise à 4 lèvres d'un diamètre de 16 mm au moyen d'un étau hydraulique. La vitesse
de la fraiseuse comportant la fraise susdite est de 90 t/min et réglée avec une vitesse
d'avancement de 20 mm/min. La profondeur de passe de la fraise est d'environ 5 mm.
[0142] Les rognures d'inox présentent un poids moyen compris entre 20 et 30 mg/rognure,
de préférence entre 22 et 28 mg/rognure et une densité non tapée une fois mise en
forme comprise entre 1,05 et 1,4.
[0143] Les rognures d'inox présentent en moyenne une longueur de 7 mm, un diamètre d'environ
2,5 mm ainsi qu'une épaisseur d'environ 1,7 mm.
[0144] Le tube en U comporte une quantité de rognures comprise entre 90 g et 110 g. Le volume
de rognures d'inox 316 compris dans le tube en U est entièrement immergé dans de l'azote
liquide.
[0145] Le radio-isotope Xe-133 issu de ladite phase gazeuse contenant le radio-isotope Xe-133
est alors capturé par liquéfaction dudit Xe-133 au moyen desdites rognures d'inox
refroidies, lesquelles capturent le Xe-133 par condensation.
[0146] La température de liquéfaction du Xe-133 se situe aux environs de -107°C. Par conséquent,
le Xe gazeux est condensé sous forme liquide sur les rognures d'inox.
[0147] Par contre, puisque la température de liquéfaction du Kr-85 se situe autour de -152°C,
il y a une quantité nettement moindre de Kr qui est piégée dans le piège à azote liquide
et le Kr résiduel est collecté dans des pièges spécifiques avec les gaz issus du procédé
décrit ici, à savoir, entre autres la phase gazeuse substantiellement appauvrie en
Xe-133.
[0148] Une fois que le Xe-133 a été capturé par le piège à azote liquide, les canalisations
sont purgées et l'injection d'azote liquide est coupée et le piège est mis en contact
avec une ampoule sous vide dont le volume est 50 fois plus grand que le volume des
rognures contenu dans le piège à azote liquide.
[0149] Le piège à azote liquide est alors, en circuit fermé avec l'ampoule de collecte,
porté à la température ambiante. Après réchauffement 99% du Xe-133 initialement présent
sous forme gazeuse se retrouve dans l'ampoule.
[0150] Dans une variante du procédé selon la présente invention, si l'iode n'est pas capté
par une résine d'alumine dopée à l'argent avant acidification, alors, comme l'acidification
de la bouillie basique permet l'obtention d'une solution à pH acide qui permet la
fixation du radio-isotope de Mo-99 sur la colonne d'alumine, l'acidification permet
aussi de libérer les radio-isotopes de l'iode en vue de leur récupération.
[0151] La récupération de l'iode peut alors être réalisée pendant et après l'acidification
du filtrat basique préalablement refroidi.
[0152] Les radio-isotopes de l'iode sont dégagés par chauffage du filtrat acidifié à une
température supérieure à 93°C, de préférence supérieure ou égale à 95°C, de préférence
entre 96°C et 99°C, mais de préférence inférieure à 100°C et maintenue sous bullage
pour favoriser le dégagement d'iode sous forme gazeux.
[0153] Durant le chauffage du filtrat acidifié, il y a formation d'une phase gazeuse qui
contient les radio-isotopes de l'iode mais également une partie du filtrat qui s'est
évaporée. L'acidificateur comporte une tubulure de sortie de phase aqueuse qui plonge
dans un récipient fermé contenant de l'eau. Une autre tubulure sort de ce récipient
fermé. La phase gazeuse quitte donc l'acidificateur et est mise à buller dans l'eau
contenue dans le récipient fermé. De cette manière, la partie du filtrat qui s'est
évaporée est dissoute dans l'eau contenue dans le récipient fermé, tandis que la partie
insoluble, à savoir les radio-isotopes de l'iode se retrouvent au-dessus de la surface
d'eau, dans le récipient fermé et le quittent au moyen de la tubulure de sortie du
récipient fermé vers un deuxième récipient fermé, à savoir un piège contenant du NaOH
à une concentration de 3 mol/l. Les radio-isotopes de l'iode sont alors transformés
en iodure et solubilisés dans le NaOH contenu dans le piège à iode.
[0154] La fraction contenant les radio-isotopes de l'iode est alors ensuite conditionnée
en flacons hermétique contenu dans une enceinte blindée en vue de son expédition vers
le client.
[0155] Il est bien entendu que la présente invention n'est en aucune façon limitée aux formes
de réalisations décrites ci-dessus et que bien des modifications peuvent y être apportées
sans sortir du cadre des revendications annexées.
1. Procédé de production d'une fraction contenant un radio-isotope de Mo-99 pur comprenant
les étapes de :
(i) Dissolution basique de cibles d'uranium enrichi avec obtention d'une bouillie
basique contenant des sels d'aluminium, de l'uranium et des isotopes issus de la fission
de l'uranium enrichi et d'une phase gazeuse de Xe-133,
(ii) Filtration de ladite bouillie basique afin d'isoler d'une part une phase solide
contenant l'uranium et d'autre part une solution basique de molybdate et des sels
d'iode
(iii) Acidification de ladite solution basique de molybdate avant, pendant ou après
une élimination de l'iode, avec formation d'une solution acide de sels de molybdène,
(iv) Purification de ladite solution acide de sels de molybdène par adsorption desdits
sels de molybdène sur une colonne chromatographique,
(v) Récupération de ladite fraction contenant ledit radio-isotope de Mo-99 pur,
caractérisé en ce que lesdites cibles d'uranium enrichi sont des cibles d'uranium faiblement enrichi et
en ce que le procédé comprend en outre, avant ladite filtration une addition de nitrate d'alcalino-terreux,
plus particulièrement de strontium, de calcium ou de baryum, plus préférentiellement
de baryum et de carbonate de sodium à ladite bouillie basique.
2. Procédé de production de radio-isotope de Mo-99 pur selon la revendication 1, dans
lequel ladite adsorption desdits sels de molybdène sur une colonne chromatographique
est une adsorption sur une colonne chromatographique à base d'alumine et dans lequel
ladite purification comprend :
(a) après adsorption desdits sels de molybdène sur ladite colonne chromatographique
d'alumine, une première élution du molybdate par une solution de NaOH à une concentration
d'au moins 1 mol/l et d'au plus 2,5 mol/l et de préférence d'environ 2 mol/l, avec
récupération d'un premier éluat de molybdate,
(b) un passage dudit premier éluat de molybdate sur une résine échangeuse d'ion conditionnée
dans de l'eau avec fixation dudit radio-isotope de Mo-99, et récupération d'un effluent
de ladite résine échangeuse d'ions, et
(c) une élution au nitrate dudit radio-isotope de Mo-99 sous forme de molybdate de
la résine échangeuse d'ions par ajout de nitrate d'ammonium avec récupération du radio-isotope
de Mo-99 sous forme de molybdate dans du nitrate.
3. Procédé de production d'une fraction de radio-isotope de Mo-99 pur selon la revendication
1, dans lequel ladite adsorption desdits sels de molybdène sur une colonne chromatographique
est une adsorption sur une colonne chromatographique à base d'oxyde de titane et dans
lequel ladite purification comprend
(a) après adsorption desdits sels de molybdène sur ladite colonne chromatographique
d'oxyde de titane, une première élution du molybdate par une solution de NaOH à une
concentration d'au moins 1 mol/l et d'au plus 2,5 mol/l et de préférence d'environ
2 mol/l, avec récupération d'un premier éluat de molybdate,
(b) un passage dudit premier éluat de molybdate sur une résine échangeuse d'ions conditionnée
dans de l'eau, avec fixation dudit radio-isotope de Mo-99 sous forme de molybdate
sur ladite résine échangeuse d'ions, et récupération d'un effluent de ladite résine
échangeuse d'ions, et
(c) une élution au nitrate dudit radio-isotope de Mo-99 sous forme de molybdate de
la résine échangeuse d'ions par ajout de nitrate d'ammonium avec récupération du radio-isotope
de Mo-99 sous forme de molybdate dans du nitrate.
4. Procédé de production de radio-isotope de Mo-99 pur selon la revendication 2, lequel
ladite résine échangeuse d'ions conditionnée dans de l'eau est une résine anionique
forte.
5. Procédé de production de radio-isotope de Mo-99 pur selon la revendication 3, lequel
ladite résine échangeuse d'ions conditionnée dans de l'eau est une résine anionique
faible.
6. Procédé de production de radio-isotope de Mo-99 pur selon l'une quelconque des revendications
2 à 5, dans lequel ladite purification comprend avant ladite première élution du molybdate
par une solution de NaOH à une concentration d'au moins 1 mol/l et d'au plus 2,5 mol/l
et de préférence d'environ 2 mol/l, un lavage de la colonne avec de l'eau qui est
ensuite récupérée sous forme d'un effluent de ladite colonne chromatographique d'alumine
et/ou d'oxyde de titane.
7. Procédé de production de radio-isotope de Mo-99 pur selon l'une quelconque des revendications
2 et 4 ou 6, lorsqu'elles dépendent de la revendication 2 comprenant une deuxième
élution de la colonne chromatographique d'alumine par une solution de NaOH à une concentration
d'au moins 1 mol/l et d'au plus 2,5 mol/l et de préférence d'environ 2 mol/l, et récupération
d'un deuxième éluat de molybdate, à une période de temps entre 20 et 48 heures après
la récolte dudit premier éluat de molybdate.
8. Procédé de production de radio-isotope de Mo-99 pur selon l'une quelconque des revendications
3, 5 ou 6 lorsqu'elles dépendent de la revendication 3, comprenant une poursuite de
l'élution de la colonne chromatographique d'oxyde de titane par écoulement du volume
de NaOH résiduel, à une période de temps entre 20 et 48 heures après la récolte dudit
premier éluat de molybdate avec obtention d'une queue d'éluat de molybdate.
9. Procédé de production de radio-isotope de Mo-99 pur selon la revendication 7, dans
lequel ledit deuxième éluat de molybdate est passé sur une résine échangeuse d'ions
conditionnée dans de l'eau, avec fixation dudit radio-isotope de Mo-99 sur ladite
résine, et récupération d'un effluent de ladite résine échangeuse d'ions, et comprenant
en outre, avant la récupération de ladite fraction contenant le radio-isotope de Mo-99
pur, une élution au nitrate dudit radio-isotope de Mo-99 issu du deuxième éluat de
la résine échangeuse d'ions par ajout de nitrate d'ammonium avec récupération du radio-isotope
de Mo-99 dans du nitrate.
10. Procédé de production de radio-isotope de Mo-99 pur selon la revendication 8, dans
lequel ladite queue d'éluat de molybdate est recyclée durant l'étape d'acidification.
11. Procédé de production de radio-isotope de Mo-99 pur selon l'une quelconque des revendications
2 à 9, dans lequel ladite élution au nitrate dudit radio-isotope de Mo-99 de la résine
échangeuse d'ions est précédée d'une étape de lavage après adsorption dudit radio-isotope
de Mo-99 à l'eau qui est récupérée et mélangée audit effluent de ladite résine échangeuse
d'ions.
12. Procédé de production de radio-isotope de Mo-99 pur selon l'une quelconque des revendications
2 à 11, dans lequel ladite étape de récupération d'une fraction contenant le radio-isotope
de Mo-99 pur comprend une acidification dudit premier éluat de molybdate et/ou éventuellement
dudit deuxième éluat de molybdate et/ou de ladite queue d'éluat de molybdate, par
une solution d'acide sulfurique à une concentration comprise entre 1 et 2 mol/l, de
préférence à 1,5 mol/l, formant une fraction acidifiée de radio-isotope de Mo-99 pur
sous forme de sels de molybdène et une purification sur une colonne de charbon actif,
éventuellement dopé à l'argent.
13. Procédé de production de radio-isotope de Mo-99 selon la revendication 12, dans lequel
ladite purification de ladite fraction acidifiée de radio-isotope de Mo-99 sur une
colonne de charbon actif comprend une étape de chargement sur une colonne de charbon
actif, éventuellement dopé à l'argent, une étape de lavage de la résine sur laquelle
le radio-isotope de Mo-99 est fixé à l'eau et une étape d'élution par une solution
de NaOH à 0,3 mol/l formant un éluat de Na299MoO4 dans une solution de NaOH à 0,2 mol/l formant la fraction contenant ledit radio-isotope
de Mo-99 pur.
14. Procédé de production de radio-isotope de Mo-99 selon l'une quelconque des revendications
1 à 8, dans lequel ladite fraction contenant ledit radio-isotope de Mo-99 pur présente
une pureté radiochimique d'au moins 97%, de préférence d'au moins 98%, plus particulièrement
d'au moins 98,5%, et de la manière la plus préférentielle d'au moins 99% de l'activité
présente sous la forme chimique molybdate dudit radio-isotope de Mo-99 par rapport
à l'activité totale dudit radio-isotope de Mo-99 sous toutes ses formes dans ladite
fraction
15. Procédé de production de radio-isotope de Mo-99 selon l'une quelconque des revendications
1 à 11, dans lequel l'étape (III) comprend, une étape d'élimination d'iode en solution
par passage du filtrat sur une colonne d'alumine dopée à l'argent, avant ladite étape
d'acidification.
16. Procédé de production de radio-isotope de Mo-99 selon l'une quelconque des revendications
1 à 11 dans lequel l'étape (III) comprend une acidification de ladite solution basique
de molybdate et de sels d'iode avec formation d'une solution acide de sels de molybdène
et dégagement d'iode sous forme de gaz en vue de son élimination.
17. Procédé de production de radio-isotope de Mo-99 selon l'une quelconque des revendications
1 à 16, dans lequel ladite dissolution basique permettant de produire ladite bouillie
basique est réalisée par addition d'un milieu basique contenant une solution de soude
caustique et une solution de nitrate de sodium, ladite solution de soude caustique
présentant une concentration en NaOH supérieure à 3,5 mol/l, ladite solution de nitrate
de sodium présentant une concentration en NaNO3 supérieure à 3,5, ladite concentration en NaNO3 étant inférieure à ladite concentration en NaOH.
18. Fraction contenant un radio-isotope de Mo-99 conditionnée dans une solution de NaOH
à 0,2 mol/l présentant une pureté radiochimique en radio-isotope de Mo-99 supérieure
à 97%, de préférence d'au moins 98%, plus particulièrement d'au moins 98,5 % de l'activité
présente sous la forme chimique molybdate dudit radio-isotope de Mo-99 par rapport
à l'activité totale dudit radio-isotope de Mo-99 sous toutes ses formes dans ladite
fraction.
19. Fraction contenant un radio-isotope de Mo-99 selon la revendication 18, conditionnée
dans une solution de NaOH à 0,2 mol/l dans des flacons étanches, lesdits flacons étanches
étant enfermés dans des conteneurs individuels blindés.
20. Fraction contenant un radio-isotope de Mo-99 conditionnée dans une solution de NaOH
à 2 mol/l présentant une pureté radiochimique en radio-isotope de Mo-99 supérieure
à 97%, de préférence d'au moins 98%, plus particulièrement d'au moins 98,5 % de l'activité
présente sous la forme chimique molybdate dudit radio-isotope de Mo-99 par rapport
à l'activité totale dudit radio-isotope de Mo-99 sous toutes ses formes dans ladite
fraction.
21. Fraction contenant un radio-isotope de Mo-99 selon la revendication 20, conditionnée
dans une solution de NaOH à 2 mol/l dans des flacons étanches, lesdits flacons étanches
étant enfermés dans des conteneurs individuels blindés.
22. Fraction contenant un radio-isotope de Mo-99 selon l'une quelconque des revendications
18 à 21, contenant en outre des additifs comme par exemple du nitrate d'ammonium,
du NaOCl, du nitrate de sodium et analogues.
23. Fraction contenant un radio-isotope de Mo-99 obtenue par le procédé selon l'une quelconque
des revendications 1 à 17.
24. Générateur de Tc-99 issu d'une solution mère comprenant une fraction de radio-isotope
de Mo-99 selon l'une quelconque des revendications 18 à 23.