DOMAINE DE L'INVENTION
[0001] L'invention concerne le domaine des tubes électroniques à vide, qui trouvent des
applications par exemple pour la réalisation de tubes à rayons X ou de tubes à ondes
progressives (TOP). Plus particulièrement l'invention concerne des tubes électroniques
à vide dont la cathode est à base d'éléments nanotubes ou nanofils.
ETAT DE LA TECHNIQUE
[0002] On connaît la structure d'un tube électronique sous vide, tel qu'illustré figure
1. Une cathode Cath émettrice d'électrons et une anode A sont disposées dans une enceinte
à vide E. Une différence de potentiel V0 typiquement comprise entre 10 KV et 500 KV
est appliquée entre l'anode A et la cathode Cath pour générer un champ électrique
E0 à l'intérieur de l'enceinte, permettant l'extraction des électrons de la cathode
et leur accélération, pour réaliser un « canon à électrons ». Les électrons sont attirés
vers l'anode sous l'influence du champ électrique E0. Le champ électrique généré par
l'anode a 3 rôles :
- extractions des électrons de la cathode (pour les cathodes froides),
- donner une trajectoire aux électrons pour les utiliser dans le tube. Par exemple dans
un TOP cela permet d'injecter le faisceau électronique dans l'hélice d'interaction,
- donner de l'énergie aux électrons à travers le gradient de tension pour les besoins
du tube. Par exemple dans un tube à rayons X l'énergie des électrons contrôle le spectre
d'émission des rayons X.
Un TOP est un tube dans lequel transite un faisceau électronique dans une hélice métallique.
Une onde RF est guidée dans cette hélice afin d'interagir avec le faisceau électronique.
De cette interaction résulte un transfert d'énergie entre le faisceau électronique
et l'onde RF qui est amplifiée. Un TOP est donc un amplificateur forte puissance,
que l'on trouve par exemple dans des satellites de télécommunication.
Dans un tube à rayons X, selon un mode les électrons sont freinés par impact sur l'anode,
et ces électrons décélérés émettent une onde électromagnétique. Si l'énergie initiale
des électrons est suffisamment forte (au moins 1 keV) le rayonnement associé est dans
le domaine X. Selon un autre mode les électrons énergétiques interagissent avec les
électrons de coeur des atomes de la cible (anode). La réorganisation électronique
induite est accompagnée de l'émission d'un photon d'énergie caractéristique.
Ainsi les électrons émis par la cathode sont accélérés par le champ extérieur E0 soit
vers une cible/anode (typiquement en tungstène) pour un tube à rayons X, soit vers
une hélice d'interaction pour un TOP.
[0003] Afin de produire une émission (quasi)continue d'électrons, deux technologies sont
employées : (i) les cathodes froides et (ii) les cathodes thermoioniques.
[0004] Les cathodes froides sont basées sur une émission électronique par émission de champ
: un champ électrique intense (quelques V/nm) appliqué sur un matériau permet une
courbure de la barrière d'énergie suffisante pour permettre aux électrons de transiter
vers le vide par effet tunnel. Obtenir des champs aussi intenses de manière macroscopique
est impossible.
Les cathodes à pointes verticales utilisent l'émission de champ combinée à l'effet
de pointe. Pour ce faire, une géométrie très utilisée et développée dans la littérature
consiste à réaliser des pointes P verticales (avec un fort rapport d'aspect) sur un
substrat tel qu'illustré figure 2. Par effet de pointe, le champ au sommet de l'émetteur
peut être de l'ordre recherché. Ce champ est généré par la perturbation électrostatique
que représente la pointe dans un champ homogène. Dans cette configuration, un champ
extérieur homogène E0 est appliqué. C'est la variation de ce champ qui permet de contrôler
le niveau de champ au sommet des émetteurs et donc le niveau de courant émis correspondant.
[0005] Les premières cathodes à grille intégrée (« gated cathode »), dénommées pointes Spindt,
ont été développées dans les années 70, et sont illustrées figure 3. Leur principe
repose sur l'utilisation d'une pointe conductrice 20 entourée d'une grille de contrôle
25. Typiquement l'apex est sur le plan de la grille. C'est la différence de potentiel
entre les pointes et la grille qui permet de moduler le niveau de champ électrique
à l'apex des pointes (et donc le courant émis). Ces structures sont connues pour leur
très forte sensibilité à l'alignement pointe/grille et pour les problèmes d'isolation
électrique entre les 2 éléments.
[0006] Plus récemment des émetteurs à pointe ont été réalisés à partir de nanotubes de carbone
ou CNT (pour « Carbon NanoTube» en anglais) disposés verticalement, perpendiculairement
au substrat.
Une cathode à grille intégrée « Gated Cathode » à nanotubes de carbone CNT est également
décrite par exemple dans la demande de brevet n°
PCT/EP2015/080990 et illustrée figure 4. Une grille G est disposée autour de chaque VACNT (pour « Vertically
Aligned CNT »).
L'émission de champ résulte du champ électrique à la surface d'un matériau typiquement
métallique. Or ce champ est directement lié au gradient du champ de potentiel électrique
appliqué.
Dans une cathode classique (pas de grille), le champ de potentiel résulte de la combinaison
des influences du champ externe et du potentiel du nanotube seulement. Or les deux
sont liés.
Dans une cathode de type « gated », le champ de potentiel au niveau des nanotubes
résulte de la combinaison des influences du champ électrique externe, du potentiel
du nanotube (idem précédemment) mais également du potentiel induit par la grille qui
lui est indépendant des deux autres. Ainsi on peut modifier le niveau d'émission électronique
en jouant avec cette nouvelle électrode introduite dans le système.
[0007] De manière générale, le facteur d'amplification de champ associé à chaque émetteur
est fortement lié à sa hauteur et au rayon de courbure de sa pointe. Des dispersions
dans ces deux paramètres induisent des dispersions de facteur d'amplification. Or
l'effet tunnel est une loi exponentielle faisant intervenir ce facteur d'amplification
: ainsi, en considérant une cohorte d'émetteurs, une fraction (qui peut être relativement
faible, de l'ordre du pourcent ou moins) seulement participe réellement à l'émission
électronique.
[0008] Pour un courant total visé, ceci impose aux émetteurs effectifs de pouvoir émettre
des courants relativement forts (comparé à une émission qui serait homogène et répartie
uniformément sur tous les émetteurs).
[0009] La réalisation de ces émetteurs en forme de pointe se fait :
- soit directement sur le substrat, par gravure (ex : pointes silicium), par croissance
directe (exemple : CNT). Ces deux méthodes doivent permettre une orientation préférentielle
des pointes perpendiculaire au substrat.
- soit par report : synthèse d'un nanomatériau (sous forme de nanotube/nanofil) puis
report sur un substrat. Une étape d'orientation perpendiculairement au substrat est
également nécessaire.
[0010] Avec une réalisation directement sur substrat, des dispersions notables en rayon/hauteur
sont connues dans la littérature. De plus, dans le cas spécifique des CNTs crus sur
substrat, l'orientation perpendiculaire au substrat est maîtrisée mais la qualité
du matériau est notablement inférieure à celle de matériau CNTs obtenus par croissance
CVD. Un moyen de réduire la dispersion de hauteur est de réaliser un polissage sur
matériau encapsulé : l'inconvénient réside dans le fait que le matériau poli est défectueux,
ce qui réduit les performances d'émission associées.
Dans le cas de matériaux crus puis reportés sur substrat, obtenir une orientation
perpendiculaire au substrat est complexe (non localisé, hauteur effective non contrôlée,
...).
[0011] Les cathodes présentant une géométrie planaire (pas d'orientation d'objet perpendiculaire
au substrat) à base de nanofil, connues de la littérature, sont toujours basées sur
l'effet de pointe. Mais, afin de palier à l'orientation non perpendiculaire au substrat,
une contre-électrode à l'électrode portant l'émetteur est intégrée au substrat. Un
premier exemple est illustré figure 5 : un émetteur de type pointe Pp, de type nanofil
de ZnO, est parallèle au substrat. Une de ses extrémités est connectée à une électrode
(cathode Cath) et une contre-électrode (Anode A) permet de générer l'équivalent du
champ homogène E0 dans le cas des structures verticales. L'émission apparaît toujours
à l'apex de la pointe. Le faisceau électronique se propage de l'émetteur vers l'anode,
il est possible mais difficile de dévier le faisceau pour l'utiliser ailleurs (notamment
pour l'injecter dans une tube électronique classique). Un deuxième exemple fonctionnant
selon le même principe, comprenant une grille G et une pointe Pp en polysilicium dopé,
est illustré figure 6.
Dans le cas d'un tube à vide, on cherche à utiliser le faisceau électronique « loin
» de la cathode. Dans le cas d'une structure planaire, l'anode est à proximité directe
de l'élément émissif (afin de limiter les tensions à appliquer) ce qui fait que le
faisceau parcours une distance très courte avant d'être intercepté par l'anode. Il
ne peut dont pas être utilisé plus loin dans le tube à vide.
[0012] Les cathodes thermoioniques utilisent l'effet thermoionique pour émettre des électrons.
Cet effet consiste à émettre des électrons par chauffage. Pour cela on polarise les
deux électrodes disposées aux extrémités d'un filament. L'application d'une différence
de potentiel entre les deux extrémités génère un courant dans le filament, qui chauffe
par effet Joule. Lorsqu'il atteint une certaine température (typiquement 1000 degrés
Celsius) des électrons sont émis. En effet le seul fait de chauffer permet à certains
électrons d'avoir une énergie thermique supérieure à la barrière métal-vide : ainsi
ils sont spontanément extraits vers le vide.
Il existe des cathodes en forme de pastille (de l'ordre du millimètre) avec un filament
électrique placé en dessous pour assurer le chauffage du matériau, qui va alors émettre
des électrons.
Les cathodes thermoioniques permettent de fournir de forts courants sur de longues
périodes dans des vides relativement moyens (jusqu'à 10
-6 mbar par exemple). Mais leur émission est difficilement commutable rapidement (à
l'échelle d'une fraction de GHz par exemple), la taille de la source est fixée et
leur température limite la compacité des tubes où elles sont intégrées.
[0013] Un but de la présente invention est de palier aux inconvénients précités en proposant
un tube électronique sous vide présentant une cathode planaire à base de nanotubes
ou nanofils, permettant de s'affranchir d'un certain nombre de limitations liées à
l'utilisation des pointes émettrices verticales, tout en utilisant l'effet tunnel
ou l'effet thermoionique ou une combinaison des deux.
DESCRIPTION DE L'INVENTION
[0014] La présente invention a pour objet un tube électronique sous vide comprenant au moins
une cathode émissive d'électrons et au moins une anode disposées dans une enceinte
à vide, la cathode présentant une structure planaire comprenant un substrat comprenant
un matériau conducteur, une pluralité d'éléments nanotube ou nanofil isolés électriquement
du substrat, l'axe longitudinal desdits éléments nanotube ou nanofil étant sensiblement
parallèle au plan du substrat, et au moins un premier connecteur relié électriquement
à au moins un éléments nanotube ou nanofil de manière à pouvoir appliquer à l'élément
nanofil ou nanotube un premier potentiel électrique.
[0015] Préférentiellement les éléments nanotube ou nanofil sont sensiblement parallèles
entre eux.
[0016] Selon un mode de réalisation préféré le premier connecteur comprend un élément de
contact sensiblement planaire disposé sur une couche isolante et relié à une première
extrémité de l'élément nanotube ou nanofil.
[0017] Avantageusement la cathode comprend en outre un premier moyen de commande relié au
premier connecteur et au substrat, et configuré pour appliquer une tension de polarisation
entre le substrat et l'élément nanotube de manière à ce que l'élément nanotube ou
nanofil émette des électrons par sa surface par effet tunnel. Avantageusement la tension
de polarisation est comprise entre 100 V et 1000 V.
[0018] Avantageusement les éléments nanotube ou nanofil présentent un rayon compris entre
1 nm et 100 nm.
[0019] Selon une variante la cathode comprend un deuxième connecteur électrique relié électriquement
à au moins un élément nanotube ou nanofil de manière à pouvoir appliquer à l'élément
nanotube ou nanofil un deuxième potentiel électrique.
[0020] Selon un mode de réalisation préféré de la variante le premier et le deuxième connecteurs
comprennent respectivement un premier et un deuxième éléments de contact sensiblement
planaires disposés sur une couche isolante et respectivement reliés à une première
et une deuxième extrémités dudit élément nanotube ou nanofil.
[0021] Préférentiellement la cathode comprend au moins un élément nanotube ou nanofil relié
simultanément au premier connecteur et au deuxième connecteur.
[0022] Selon une variante la cathode comprend en outre des moyens de chauffage de l'élément
nanotube ou nanofil.
[0023] Selon un mode de réalisation de cette variante la cathode comprend un deuxième moyen
de commande relié au premier et au deuxième connecteurs et configuré pour appliquer
une tension de chauffage audit élément nanotube ou nanofil via le premier et le deuxième
potentiel électrique, de manière à générer un courant électrique dans ledit élément
nanotube ou nanofil, de sorte que l'élément nanotube ou nanofil émette des électrons
par sa surface par effet thermoionique. Préférentiellement la tension de chauffage
est comprise entre 0.1 V et 10 V.
[0024] Selon un mode de réalisation les éléments nanotube ou nanofil sont partiellement
enterrés dans une couche isolante d'enterrement.
[0025] Selon un mode de réalisation la cathode est divisée en une pluralité de zones, les
éléments nanotubes ou nanofils de chaque zone étant reliés à un premier connecteur
électrique différent, de sorte que les tensions de polarisation appliquées à chaque
zone soient indépendantes et reconfigurables.
[0026] Selon une variante les éléments nanotube ou nanofil sont conducteurs .
[0027] Selon une autre variante les éléments nanotube ou nanofil sont semi-conducteurs et
dans lequel la tension de polarisation est supérieure à une tension de seuil, l'élément
nanofil ou nanotube constituant alors un canal d'une capacité de type MOS, de manière
à générer des porteurs libres dans l'élément nanofil ou nanotube.
[0028] Préférentiellement la cathode comprend en outre une source lumineuse configurée pour
illuminer l'élément nanotube ou nanofil de manière à générer des porteurs libres dans
ledit élément nanofil ou nanotube par photogénération.
[0029] D'autres caractéristiques, buts et avantages de la présente invention apparaîtront
à la lecture de la description détaillée qui va suivre et en regard des dessins annexés
donnés à titre d'exemples non limitatifs et sur lesquels :
La figure 1 déjà citée schématise un tube électronique sous vide connu de l'état de
l'art.
La figure 2 déjà citée illustre une cathode à pointe verticales.
La figure 3 déjà citée montre un exemple de « gated electrode» connu de l'état de
l'art.
La figure 4 déjà citée schématise un tube électronique sous vide dont la cathode à
grille intégrée est à base de nanotubes de carbone verticaux connue de l'état de l'art.
La figure 5 déjà citée illustre un premier exemple de cathode à géométrie planaire
de type pointe à nanotube connue de l'état de l'art.
La figure 6 déjà citée illustre un deuxième exemple de cathode à géométrie planaire
à base de pointe connue de l'état de l'art.
La figure 7 illustre un tube électronique sous vide selon l'invention.
La figure 7bis illustre un mode de réalisation de la cathode selon l'invention pour
lequel l'isolation des nanotubes est réalisée par le vide.
La figure 8 illustre une première variante préférée d'un tube électronique sous vide
selon l'invention.
La figure 9 schématise les lignes de champ au voisinage d'un nanoélément.
La figure 10 schématise les trajectoires des électrons extraits d'un nanotube en présence
d'un champ externe.
La figure 11 illustre une variante préférée de la cathode du tube selon l'invention
dans laquelle au moins un nanoélément est relié électriquement à un deuxième connecteur.
La figure 12 illustre une variante préférée de la cathode du tube selon l'invention
dans laquelle au moins un connecteur comprend un élément de contact planaire disposé
sur la couche isolante.
La figure 12bis illustre un mode de réalisation de la cathode du tube selon l'invention
dans laquelle au moins un connecteur comprend un élément de contact planaire disposé
sur la couche isolante et l'isolation des nanotubes est réalisée par le vide.
La figure 13 illustre une variante de la cathode du tube selon l'invention basée sur
l'effet tunnel uniquement.
La figure 14 illustre une variante de la cathode du tube selon l'invention dans laquelle
au moins un nanoélément déjà relié à un premier connecteur est également relié à un
deuxième connecteur séparé spatialement du premier connecteur.
La figure 15 illustre une variante de la cathode du tube selon l'invention basée sur
l'effet thermoionique.
La figure 16 illustre une variante de la cathode du tube selon l'invention utilisant
à la fois l'effet tunnel et l'effet thermoionique
La figure 17 illustre une variante de la cathode du tube selon l'invention comprenant
des contatcs planaires et utilisant à la fois l'effet tunnel et l'effet thermoionique
La figure 18 illustre un mode de réalisation de nano élément dans lequel ceux-ci sont
partiellement enterrés dans une couche isolante.
La figure 19 schématise un exemple d'utilisation d'une cathode selon l'invention divisée
en zone.
La figure 20 schématise un autre exemple d'utilisation d'une cathode selon l'invention
divisée en zone.
La figure 21 illustre une variante de cathode selon l'invention dans laquelle au moins
un contact planaire est commun à deux groupes de nanoéléments.
La figure 22 illustre une première méthode de fabrication des nanotubes/nanofils.
La figure 22a schématise une première étape et la figure 22b une deuxième étape.
La figure 23 illustre une deuxième méthode de fabrication des nanotubes/nanofils.
La figure 23a schématise une première étape et la figure 23b une deuxième étape.
DESCRIPTION DETAILLEE DE L'INVENTION
[0030] Il est proposé ici un tube à vide à base d'éléments nanotube ou nanofil disposés
selon une géométrie planaire, alors que l'ensemble de l'état de la technique a toujours
cherché à utiliser l'effet de pointe associé à la forme des cathodes à nanotube/nanofil
pour réaliser des cathodes de tube à vide.
[0031] Le tube électronique sous vide 70 selon l'invention est illustré figure 7, qui décrit
une vue de profil et une vue en perspective de la cathode C du dispositif. Le tube
électronique sous vide selon l'invention est typiquement un tube à rayons X ou un
TOP.
[0032] Le tube électronique sous vide 70 comprend au moins une cathode C émissive d'électrons
et au moins une anode A disposées dans une enceinte à vide E. La spécificité de l'invention
réside dans la structure originale de la cathode, le reste du tube étant dimensionné
selon l'état de la technique.
[0033] L'au moins une cathode C du tube 70 présente une structure planaire comprenant un
substrat Sb comprenant un matériau conducteur, c'est à dite présentant un comportement
électrique proche d'un métal , et une pluralité d'éléments nanotube ou nanofil NT
isolés électriquement du substrat.
[0034] Selon un mode de réalisation illustré figure 7 l'isolation s'effectue avec une couche
isolante Is déposée sur le substrat, les éléments nanotubes ou nanofils NT étant disposés
sur la couche isolante Is. Par structure planaire on entend que l'axe longitudinal
des éléments nanotube ou nanofil est sensiblement parallèle au plan de la couche isolante,
comme illustré figure 7.
[0035] Les nanotubes et nanofils sont connus de l'homme de l'art. Les nanotubes et nanofils
sont des éléments dont le diamètre est inférieur à 100 nanomètres et leur longueur
est de 1 à plusieurs dizaines de microns. Le nanotube est une structure majoritairement
creuse tandis que le nanofil est une structure pleine. Les deux types de nano-élément
sont globalement dénommés NT et sont compatibles d'une cathode du tube à vide selon
l'invention.
[0036] Typiquement le substrat est en silicium dopé, carbure de silicium dopé, ou tout autre
matériau conducteur compatible de la fabrication de la cathode. La cathode comprend
en outre au moins un premier connecteur CE1 relié électriquement à au moins un élément
nanotube ou nanofil de manière à pouvoir appliquer à l'élément NT un premier potentiel
électrique. Le premier connecteur CE1 permet ainsi un accès électrique aux éléments
NT. Du fait de la complexité de la technologie de fabrication, tous les éléments NT
de la cathode ne sont pas nécessairement connectés. Dans la suite nous ne nous intéresserons
qu'aux éléments NT effectivement reliés électriquement au connecteur CE1.
[0037] Du fait de la structure planaire, les éléments NT (connectés) de la cathode C en
fonctionnement émettent des électrons à partir de sa surface S. Il existe deux variantes
induisant chacune une configuration spécifique de la cathode C selon l'invention,
en fonction de l'effet physique à l'origine de l'émission d'électrons. Un première
variante est basée sur l'effet tunnel, une deuxième variante est basée sur l'effet
thermoionique, les deux variantes pouvant être combinées, permettant une émission
d'électrons accrue. Ces deux variantes sont décrites en détails plus loin.
[0038] La structure planaire des éléments NT présente de nombreux avantages. Elle permet
de réaliser le dispositif générique illustré figure 7 compatible de l'utilisation
des deux effets précités, séparément ou en combinaison.
[0039] En outre la fabrication des éléments NT selon l'invention s'effectue à partir de
briques technologiques connues, et ne nécessite pas de croissance de type PECVD (plasma
DC) comme dans le cas des nanotubes de carbone verticaux, ce qui libère les contraintes
sur les matériaux utilisables et sur les designs potentiels de manière significative.
Il est notamment possible de réaliser des isolations surfaciques (non compatibles
à ce jour avec la croissance PECVD) ce qui permet d'obtenir un niveau de robustesse
supérieur par rapport aux designs actuels de « gated cathode ».
[0040] Les éléments NT peuvent être réalisés par une croissance in-situ sur plaque (méthodes
de localisation de catalyseurs par exemple) ou par des méthodes de croissance ex-situ
avec report. Les deux méthodes présentent avantages et inconvénients :
In-situ : pas besoin de report, localisation possible des nanofils/nanotubes. Mais
ce procédé est plus restreint et il est difficile de sélectionner les nanofils/nanotubes
a posteriori.
Ex-situ : accès à un panel de méthodes de croissances bien plus important qu'en croissance
in-situ. Cette approche offre une plus grande souplesse de réalisation et d'adaptation
de procédé au besoin matériau. De plus on peut sélectionner des nanomatériaux de diamètre
similaire pour réduire le paramètre pour l'émission de champ. Le contrôle de la qualité
du matériau est aussi facilité. Enfin la disponibilité commerciale d'une grande gamme
de matériau offre une souplesse de design intéressante. Cette méthode présente néanmoins
l'inconvénient de nécessiter une étape de report et de contrôle de la densité pour
assurer l'espacement visé W entre 2 nanofils/nanotubes.
[0041] La réalisation de nanofils horizontaux sur substrat par gravure est une thématique
largement étudiée pour les besoins de la microélectronique. Les notions de réduction
de taille et de dispersion en taille sont notamment au centre de ces études. Plusieurs
stratégies ont été développées avec succès pour répondre à cette problématique (lithographie
optique DUV/EUV; lithographie par faisceau d'électron; « spacer lithography » ; etc.).
A noter que la réalisation de ces nanofils/nanotubes selon l'invention est très similaire
à la réalisation de grille dans les technologies CMOS qui atteignent aujourd'hui des
tailles de l'ordre de 10nm à l'échelle industrielle.
[0042] Préférentiellement pour un meilleur fonctionnement, les éléments nanotube ou nanofil
NT sont sensiblement parallèles entre eux, et la distance moyenne W entre chaque élément
est contrôlée. Une distance moyenne entre éléments NT de l'ordre de l'épaisseur de
l'isolant est préférée. Le parallélisme assure une plus grande compacité d'intégration
et donc un plus grand nombre d'émetteurs actifs par unité de surface, ce qui augmente
potentiellement le courant émis par la structure.
[0043] Selon un mode préféré de réalisation illustré figure 7bis le premier connecteur CE1
comprend un élément de contact C1 sensiblement planaire disposé une couche isolante
Is et relié à une première extrémité E1 de l'élément NT. La fabrication du connecteur
CE1 est facilitée. L'élément de contact C1 est typiquement métallique, d'un matériau
standard en microélectronique : aluminium, titane, or, tungstène...).
[0044] Selon un mode de réalisation également illustré figure 7bis, l'isolation des nanoéléments
NT du substrat est réalisée par le vide.
[0045] Typiquement la couche isolante Is ayant été utilisée lors de la fabrication des nanotubes
a été retirée (couche sacrificielle) sous la partie nanotube, ceux-ci étant alors
arrimés au substrat par le contact planaire C1, quant à lui isolé du substrat par
la couche isolante Is. Ainsi dans cette variante l'isolant est obtenu pour le contact
planaire C1 par une couche physique sacrificielle Is et pour les éléments NT par le
vide Vac.
Il n'y a ainsi plus d'interface NT/isolant/vide, mais seulement une interface NT/vide.
On augmente l'isolation thermique des NT. De plus on augmente la surface d'émission,
la demi surface inférieure pouvant participer au courant émis (à condition de s'assurer
que le champ externe E0 permet de récupérer les électrons émis par cette demi-surface
inférieure).
[0046] Selon une première variante préférée illustrée figure 8 la cathode est configurée
pour émettre des électrons via sa surface S par effet tunnel.
Pour cela la cathode C du tube 70 comprend un premier moyen de commande MC1 relié
au premier connecteur CE1, polarisé à la tension V1,et au substrat Sb, et configuré
pour appliquer une tension de polarisation V
NW entre le substrat et l'élément nanotube. Soit V
Sb le potentiel du substrat, on a :

Pour obtenir de l'émission de champ, il faut que la différence de potentiel V
NW soit négative. Le substrat peut par exemple être relié à la masse.
Le contact face avant avec les éléments NT via CE1 est en effet isolé électriquement
du substrat conducteur Sb.
Pour un bon isolement, une couche isolante Is « épaisse » d'épaisseur h comprise entre
100 nm et 10 µm est préférable.
[0047] La tension de polarisation V
NW est donc établie entre les éléments NT et le substrat. Cette tension de polarisation
ainsi que le champ macroscopique extérieur E0 combinés induisent un champ de surface
E
S sur l'élément NT. En effet, le système nanoélément/isolant/substrat forme une capacité
qui permet la génération d'un grand nombre de charges négatives qui se concentrent
sur la faible surface S du nanotube, tel qu'illustré figure 9, ce qui génère un champ
électrique intense E
S à la surface de l'élément NT, exprimé par des lignes de champs 90 très resserrées
au voisinage de S. Au premier ordre le champ électrique Es est inversement proportionnel
au rayon r de l'élément NT.
A noter que le champ macroscopique extérieur appliqué E0 est de base nécessaire pour
les besoins du tube électronique sous vide (pour notamment diriger les électrons émis
dans le tube).
L'extraction des électrons est réalisée par effet tunnel, et les électrons sont émis
radialement dans toutes les directions. Le champ extérieur E0 fait prendre aux électrons
une trajectoire 100 globalement perpendiculaire au substrat, comme illustré figure
10, et les accélère. Le champ extérieur E0 ne contribue que marginalement ici à l'extraction
(voir plus loin).
Par rapport à une approche classique avec des émetteurs 1 D préférentiellement perpendiculaires
au substrat VACNT, il existe une analogie entre la hauteur/rayon des VACNT et hauteur
h fixée par l'épaisseur d'isolant, rayon du nanofil/nanotube NT planaire. Ainsi, par
rapport aux émetteurs 1 D et au problème de dispersion de ces deux paramètres lors
de la fabrication explicité dans la partie état de la technique, la présente invention
présente les avantages suivants.
Concernant la hauteur des émetteurs, les éléments NT émetteurs horizontaux ont exactement
tous la même hauteur h, contrairement aux approches classiques (typiquement +/- 1
µm sur les nanotubes verticaux, pour des hauteurs typiques de 5 à 10µm), ce qui réduit
de fait considérablement la problématique sur la dispersion de ce paramètre, qui est
résolue de manière extrêmement simple par l'utilisation d'une couche isolante Is homogène
réalisée avec des moyens microélectroniques classiques.
Concernant le rayon de nanotubes, on peut appliquer des méthodes par ailleurs connues
pour réaliser des nanofils/nanotubes présentant de faibles dispersions de rayon. En
outre les nanomatériaux ainsi réalisés peuvent être sélectionnés par diverses méthodes
pour réduire au maximum la dispersion sur le facteur rayon (chose impossible si on
considère une croissance sur substrat). Une dispersion de rayon de +/- 2 nm est typiquement
atteignable (contre +/- 20 nm pour les VACNT).
[0048] Ainsi dans une cathode selon l'état de la technique, du fait de la dispersion sur
la hauteur et le rayon des nanotubes verticaux, il y a peu de nanotubes qui émettent
effectivement des électrons, ce qui induit un fort courant par émetteur, un courant
fort constituant une plus grande probabilité de destruction.
Dans la cathode C selon l'invention, du fait d'une plus faible dispersion, on a moins
de courant par émetteur, et donc la cathode est plus robuste.
[0049] En outre, la cathode C est telle que lorsque la tension de polarisation V
NW est faible ou nulle, l'effet de champ est négligeable : le tube à vide 70 fonctionne
en mode « Normally off », ce qui est un élément de sûreté recherché dans certaines
application de tubes à rayon X médicaux.
[0050] A noter également que, comparé aux émetteurs de type 1 D, l'effet de pointe des nano
éléments planaires selon l'invention est réalisé en deux dimensions, et les surfaces
potentielles d'émission électroniques sont donc nettement plus élevées. En effet pour
une micropointe 1 D la surface est de l'ordre de ∼r
2 ; tandis que pour un nanotube planaire elle est de l'ordre de L.r (L longueur du
nanofil, r rayon du nanofil) pour une densité d'émetteur voisine. Ce gain en surface
d'émission est intéressant pour viser de forts courants globaux.
Pour obtenir un effet de pointe et l'extraction par effet tunnel, préférentiellement
les éléments nanotube ou nanofil NT présentent un rayon r compris entre 1 nm et 100
nm.
Pour obtenir une émission par effet de champ (effet tunnel) d'un élément nanotube/nanofil
NT, il convient que le champ électrique de surface Es soit compris entre 0.5 V/nm
et 5 V/nm. Cette fourchette de valeur conditionne le dimensionnement de la cathode
par la relation :

[0051] Avec :
Es champ à la surface du nanotube, E0 champ extérieur appliqué, VNW tension de polarisation
h hauteur et εr permittivité relative de la couche isolante présente sous le NT r
rayon du nanotube/nanofil NT
[0052] Le premier terme est purement géométrique, avec des valeurs typiques de 10 à 100.
La tension de polarisation V
NW est typiquement comprise entre 100 V et 1000 V.
Typiquement E0 est de l'ordre de 0.01 V/nm et le terme V
NW /(h/ε
r) de l'ordre de 0.1 V/nm. Le terme V
NW /(h/ε
r) est grand devant E0, et c'est ce premier terme qui contribue au premier ordre à
l'obtention du champs Es.
Le fait que E0 ne sert pas à l'extraction des électrons, c'est-à-dire qu'il y a indépendance
entre génération/extraction (via V
NW) et accélération (via E0) des électrons est un énorme avantage pour le tubes à rayons
X.
Selon l'état de la technique, lorsque l'on change le champ E0, on change le courant
d'émission.
Dans la cathode selon l'invention, c'est la tension de polarisation qui conditionne
la valeur du courant d'émission, pas ou peu le champ extérieur E0. On peut ainsi dans
un tube à rayons X selon l'invention réaliser une image à courant d'émission identique
pour différentes énergies.
[0053] Ainsi des champs typiques de l'effet tunnel de quelques Volts/nm sont obtenus sur
la surface S des nanofils/nanotubes NT.
D'autres règles de conception permettent d'améliorer l'émission d'électrons :
- Typiquement la distance W entre deux émetteurs NT est supérieure ou égale à h/2.
- Typiquement h/r est supérieur ou égal à 100 : par exemple h=1 à 5 µm et r =2 à 10
nm.
- Typiquement la polarisation admissible entre contacts supérieurs et substrat est au
moins de l'ordre de E0*h/εr (soit quelques dizaines de Volts).
[0054] Selon une variante préférée illustrée figure 11 la cathode C comprend un deuxième
connecteur électrique CE2 relié électriquement à au moins un élément nanotube ou nanofil
NT de manière à pouvoir appliquer au nanoélément un deuxième potentiel électrique
V2. On s'assure ainsi de la bonne connexion d'une plus grande quantité de nanotubes.
Avantageusement la cathode comprend au moins un élément NT relié simultanément au
premier connecteur CE1 et au deuxième connecteur CE2, afin de rendre la cathode selon
l'invention compatible de l'utilisation de l'effet thermo ionique (voir plus loin).
Dans cette configuration on applique un potentiel différent aux deux extrémités du
nanoélément, ce qui, avec un substrat conducteur, n'est possible qu'avec la présence
d'un isolant entre le nanoélement et le substrat.
[0055] Préférentiellement, pour faciliter la fabrication, la cathode C comprend plusieurs
éléments nanotubes ou nanofils NT connectés au même premier connecteur et/ou au même
deuxième connecteur.
Préférentiellement, le connecteur CE2 comprend un élément de contact C2 planaire (typiquement
métallique, d'un matériau standard en microélectronique : aluminium, titane, or, tungstène...),
disposé sur une couche isolante Is et relié à une deuxième extrémité E2 de l'élément
NT tel qu'illustré figure 12.
Ainsi sur l'isolant une série d'éléments de contacts électriques sont reliés entre
eux. Les contacts sont préférentiellement localement parallèles et placés à une distance
L. Entre les électrodes figurent les nanofils/nanotubes NT de manière qu'au moins
une de leur extrémité soit connectée à un des contacts électriques. La distance caractéristique
entre deux nanofils/nanotubes est notée W.
La figure 12 correspond au mode de réalisation avec une couche isolante physique Is
déposée sur le substrat. La figure 12 bis illustre le mode de réalisation pour lequel
la couche Is a été retirée sous les nanotubes, également illustré figure 7bis, l'isolation
de ceux-ci étant réalisée par le vide présent sous les nanotubes NT.
[0056] Pour que la cathode C selon l'invention présentant la structure des figures 12 ou
12 bis émette des électrons par effet tunnel uniquement, il convient de relier entre
eux les connecteurs CE1 et CE2, tel qu'illustré figure 13. Dans ce cas les potentiels
sont égaux :

[0057] Pour une émission maîtrisée, préférentiellement la distance W entre les éléments
NT est sensiblement constante et contrôlée. En effet il est préférable de respecter
une distance moyenne de l'ordre de l'épaisseur d'isolant, la constance dans la valeur
de la distance W étant le cas idéal.
[0058] Cela permet de maximiser le nombre d'émetteurs efficaces par unité de surface et
donc d'augmenter le courant d'émission associé. Les émetteurs sont sollicités de la
même manière ce qui maximise le courant d'émission associé et augmente la durée de
vie/robustesse de la cathode.
Avec une telle géométrie, des densités de 50000 à 100 000 par mm
2 sont obtenues (« fill factor » inférieur à 1 dû à l'intégration des reprises de contact
en face avant). Chaque élément NT présente une surface émissive de l'ordre de 7000nm
2 (émission utile de la demi-surface S).
Les courants d'émission nominaux par émetteur (de l'ordre de 200 nA) sont acceptables
par des nanofils/nanotubes.
[0059] Selon une autre variante la cathode C selon l'invention émet des électrons par effet
thermoionique, en chauffant l'élément NT. Ainsi la cathode C comprend en outre des
moyens de chauffage de l'élément nanotube ou nanofil NT. Pour cela il n'est pas nécessaire
de dimensionner spécifiquement les éléments NT, il n'y a pas de contrainte sur la
hauteur h de la couche isolante Is ou sur le rayon r des éléments NT. Il convient
d'utiliser dans ce cas un matériau à faible travail de sortie pour les nano éléments,
tels que tungstène ou molybdène.
Un moyen préféré pour chauffer le nanotube/nanofil est de faire passer un courant
dans celui-ci. Pour cela au moins un élément nanotube ou nanofil NT doit être relié
simultanément au premier connecteur CE1 et au deuxième connecteur CE2.
Selon un mode de réalisation figure 14 les moyens de chauffage comprennent un deuxième
moyen de commande MC2 configuré pour appliquer une tension de chauffage Vch à l'élément
nanotube ou nanofil NT via le premier potentiel électrique V1 et le deuxième potentiel
électrique V2.
On a Vch = V1 - V2
On génère ainsi un courant électrique I dans l'élément nanotube/nanofil NT. Les deux
connecteurs CE1 et CE2 doivent être suffisamment séparés spatialement sur le nanotube
pour permettre au courant de circuler.
Pour une variante de l'invention dans laquelle seul l'effet thermoionique est utilisé
(pas de tension de polarisation V
NW ni de dimensionnement spécifique), il convient de chauffer l'élément NT à une température
de chauffage supérieure ou égale à 1000° Celsius.
[0060] Lorsque l'effet thermoionique vient en combinaison/complément de l'effet tunnel (voir
plus loin) une température de chauffage supérieure à 600° Celsius est suffisante.
Préférentiellement la tension de chauffage Vch est comprise entre 0.1 V et 10 V.
[0061] Ainsi une cathode configurée selon l'invention comprend au moins un moyen de commande
(MC1 et/ou MC2) relié au premier connecteur CE1 et configuré pour appliquer une différence
de potentiel de sorte qu'elle émette des électrons à partir de sa surface S La différence
de potentiel étant appliquée :
- premier moyen de commande MC1 : entre l'élément NT (V1 via CE1) et le substrat Sb
(potentiel du substrat VSb) pour une émission d'électrons par effet tunnel (tension
de polarisation VNW=V1-VSb),
- deuxième moyen de commande MC2 : à l'élément NT lui-même (V1 via CE1 et V2 via CE2)
pour une émission par effet thermoionique (tension de chauffage Vch=V1-V2).
La tension de polarisation et la tension de chauffage pouvant être appliquée simultanément
pour bénéficier des deux effets.
[0062] La figure 15 illustre une cathode C selon l'invention configurée pour émettre des
électrons par effet thermoionique et basée sur des contacts planaires C1 et C2 de
même nature que ceux décrits sur les figures 12 et 12bis. La tension électrique appliquée
via CE1 et CE2 (respectivement par la reprise de contacts C1 et C2) crée un courant
I dans l'élément nanotube/nanofil NT. Dans ce cas le courant 1 circule d'une extrémité
à l'autre du nanotube NT.
[0063] Selon un mode de réalisation, la cathode selon l'invention combine les deux effets
physiques d'émission d'électrons, effet tunnel et effet thermoionique, tel qu'illustré
sur le principe figure 16. Pour cela on applique simultanément une tension de polarisation
V
NW (comprise entre 100 V et 1000 V) entre substrat et nanoélement, et une tension Vch
(comprise entre 0.1 V et 10V) entre deux parties du nano élément NT. Le nanotube NT
a préférentiellement un rayon r compris entre 1 nm et 100 nm, pour optimiser l'effet
tunnel. La figure 17 illustre la combinaison des deux effets en utilisant deux contacts
planaires C1 et C2. On obtient ainsi une émission d'électrons plus importante que
lorsque les deux effets physiques sont utilisés isolément. En effet, la structure
étant utilisée sous vide, chauffer l'élément émissif permet de réduire le champ à
appliquer pour émettre un courant donné ce qui est utile pour réduire les dimensions
par exemple de l'isolant. De plus comme les éléments émissifs sont « chauds » on évite
des problèmes de contamination de surface (les éléments sont moins facilement adsorbés
sur les surfaces chaudes). Ceci améliore la stabilité de l'émission.
[0064] La présence d'une interface vide - isolant - nanofil/nanotube est susceptible d'induire
une exacerbation locale du champ. Cette interface se trouvant « sous » le nanofil,
il est préférable de réduire cet effet car il peut entraîner une injection électronique
locale dans l'isolant et des effets de charges indésirables. Pour cela selon un mode
de réalisation illustré figure 18 les éléments nanotube ou nanofil NT sont partiellement
enterrés dans une couche isolante d'enterrement Isent. On obtient ainsi un niveau
de champ constant selon le pourtour du nanofil/nanotube.
Selon une variante la couche Isent est la couche isolante disposée sur le substrat
Sb.
[0065] Selon une variante préférée la couche Isent est constituée d'au moins une couche
additionnelle déposée sur la couche isolante Is. En effet cet enterrement partiel
peut provoquer une émission électronique dans l'isolant, ce qui induit des effets
de charges locales « écrantant » l'action du substrat. Préférentiellement on réalise
une encapsulation locale dans un matériau présentant une forte permittivité diélectrique
(dénommé matériau « high-k »), tel que HfO
2 , avec ε
HfO2 = 24, pour jouer sur l'effet de permittivité et ainsi minimiser le champ du nanofil
à la jonction avec l'isolant tout en maximisant le champ sur la partie libre du nanofil.
Selon un mode de réalisation la couche d'enterrement Isent est un multicouche constitué
d'une pluralité de sous couches. On contrôle ainsi mieux la structure des lignes de
champ et on limite les effets d'exacerbation non désirés. De plus on peut jouer sur
les paramètres permittivité/tenue diélectrique des différentes couches pour optimiser
les tensions applicables dans la structure.
[0066] Avantageusement, environ la moitié du nanoélément est enterré dans la couche Isent.
Cependant, l'incorporation d'un matériau à forte permittivité, même en couche mince,
peut significativement modifier la hauteur effective, et il convient de prendre en
compte cet aspect dans le dimensionnement de l'épaisseur h de la couche Is.
[0067] Selon une autre variante illustrée figures 19 et 20 la cathode C est divisée en une
pluralité de zones Z, Z', chaque zone comprenant des éléments nanotubes ou nanofils
reliés à un même premier connecteur électrique : par exemple les éléments NT de la
zone Z sont reliés à CE1 et les éléments NT de la zone Z' sont reliés à CE1', CE1
étant différent de CE1'. On peut alors appliquer des tensions de polarisation V
NW et V
NW' à chaque zone indépendantes les une des autres et reconfigurables. On « pixelise
» ainsi l'émission en réalisant plusieurs zones d'émission électriquement autonomes
afin de moduler spatialement la zone d'émission. La figure 19 illustre une cathode
C comprenant une zone Z émettrice tandis qu'une zone Z' n'émet pas, et la figure 20
illustre une cathode C avec les deux zones Z et Z' émettrice.
Selon l'état de la technique la modulation spatiale de la zone d'émission est réalisée
en juxtaposant plusieurs cathodes à côté les unes des autres.
Un avantage de la pixelisation d'une cathode est que l'on peut, pour des applications
d'imagerie, dans un premier temps identifier une zone d'intérêt en illuminant à l'aide
d'une large zone d'émission, puis une fois la zone d'intérêt détectée, réaliser une
illumination de la zone d'intérêt avec une zone d'émission de plus faible dimension
permettant une résolution accrue.
[0068] Selon une variante illustrée figure 21, au moins un contact planaire C1 est commun
à deux groupes de nanoéléments. On densifie ainsi le réseau de nanoéléments.
[0069] Préférentiellement les nanotubes/nanoéléments NT sont en matériau conducteur, tels
que Carbone, ZnO dopé, silicium dopé, argent, cuivre, tungstène, etc...
[0070] Selon un autre mode de réalisation les éléments nanotubes/nanofils sont semi-conducteurs,
par exemple en Si, SiGe ou GaN, de manière à induire la présence par effet de champ
et/ou par illumination, ce qui permet d'avoir des leviers supplémentaires sur le contrôle
de l'émission électronique.
L'élément nanofil ou nanotube constitue alors un canal d'une capacité de type MOS.
La génération de porteurs s'opère lorsque la tension de polarisation V
NW est supérieure à une tension de seuil Vth.
Dans le cas d'une photogénération des porteurs, le tube 70 comprend en outre une source
lumineuse configurée pour illuminer l'élément nanotube ou nanofil, les porteurs libres
sont alors générés par photogénération.
Des nanoéléments NT semiconducteurs sont utilisables pour générer des électrons par
effet tunnel et/ou par effet thermoionique
[0071] A titre illustratif, la figure 22 montre une première méthode de fabrication de la
cathode C selon l'invention, de type « bottom up ». Dans une première étape illustré
figure 22 a on réalise une dispersion de nanofils/nanotubes NT sur une couche isolante
Is déposée sur un substrat conducteur Sb (« spay », « dip coating », électrophorèse).
Le point clé est d'avoir une distance moyenne W entre nanofils/nanotubes contrôlable.
Dans une deuxième étape illustrée figure 22b on réalise les contacts par lift-off
sur le tapis préalablement réalisé. A noter que les contacts peuvent être réalisés
avant la dispersion (de préférence contact enterrés pour que la surface du matériau
de contact soit au niveau de la surface de l'isolant) pour n'avoir que la dispersion
à réaliser comme étape finale de réalisation.
La figure 23 montre une deuxième méthode de fabrication de la cathode C selon l'invention,
de type « top-down ». Une couche mince (destinée à être le matériau émetteur) est
déposée sur une couche isolante Is, elle-même sur un substrat conducteur Sb. Un masque
de gravure est réalisé sur cette couche et le matériau est gravé pour ne laisser que
des nanofils/nanotubes sur le substrat+isolant, comme illustré figure 23a.
Ensuite les contacts sont réalisés par lift-off sur le tapis préalablement réalisé,
tel qu'illustré figure 23b. A noter que comme précédemment les contacts peuvent être
réalisés avant la dispersion (de préférence contacts enterrés pour que la surface
du matériau de contact soit au niveau de la surface de l'isolant) pour n'avoir que
la dispersion à réaliser comme étape finale de réalisation
1. Tube électronique sous vide comprenant au moins une cathode (C) émissive d'électrons
et au moins une anode (A) disposées dans une enceinte à vide (E),
la cathode présentant une structure planaire comprenant un substrat (Sb) comprenant
un matériau conducteur , une pluralité d'éléments nanotube ou nanofil isolés électriquement
du substrat, l'axe longitudinal desdits éléments nanotube ou nanofil étant sensiblement
parallèle au plan du substrat, et au moins un premier connecteur (CE1) relié électriquement
à au moins un éléments nanotube ou nanofil de manière à pouvoir appliquer à l'élément
nanofil ou nanotube un premier potentiel électrique (V1).
2. Tube électronique sous vide selon la revendication 1 dans lequel les éléments nanotube
ou nanofil sont sensiblement parallèles entre eux.
3. Tube électronique sous vide selon les revendications 1 ou 2 dans lequel le premier
connecteur (CE1) comprend un élément de contact (C1) sensiblement planaire disposé
sur une couche isolante (Is) et relié à une première extrémité (E1) dudit élément
nanotube ou nanofil.
4. Tube électronique sous vide selon l'une des revendications précédentes dans lequel
la cathode comprend en outre un premier moyen de commande (MC1 ) relié au premier
connecteur (CE1) et au substrat (Sb), et configuré pour appliquer une tension de polarisation
(VNW) entre le substrat et l'élément nanotube de manière à ce que l'élément nanotube ou
nanofil émette des électrons par sa surface (S) par effet tunnel.
5. Tube électronique sous vide selon la revendication 4 dans lequel la tension de polarisation
est comprise entre 100 V et 1000 V.
6. Tube électronique sous vide selon l'une des revendications précédentes dans lequel
les éléments nanotube ou nanofil (NT) présentent un rayon (r) compris entre 1 nm et
100 nm.
7. Tube électronique sous vide selon l'une des revendications précédentes dans lequel
la cathode comprend un deuxième connecteur électrique (CE2) relié électriquement à
au moins un élément nanotube ou nanofil (NT) de manière à pouvoir appliquer à l'élément
nanotube ou nanofil un deuxième potentiel électrique (V2).
8. Tube électronique sous vide selon la revendication 7 dans lequel le premier et le
deuxième connecteur (CE1, CE2) comprennent respectivement un premier (C1) et un deuxième
(C2) éléments de contact sensiblement planaires disposés sur une couche isolante et
respectivement reliés à une première (E1) et une deuxième (E2) extrémités dudit élément
nanotube ou nanofil.
9. Tube électronique sous vide selon l'une des revendications 7 ou 8 dans lequel la cathode
(C) comprend au moins un élément nanotube ou nanofil (NT) relié simultanément au premier
connecteur et au deuxième connecteur.
10. Tube électronique sous vide selon l'une des revendications précédentes dans lequel
la cathode comprend en outre des moyens de chauffage de l'élément nanotube ou nanofil.
11. Tube électronique sous vide selon l'une des revendications 9 ou 10 dans lequel la
cathode comprend un deuxième moyen de commande (MC2) relié au premier (CE1) et au
deuxième (CE2) connecteurs et configuré pour appliquer une tension de chauffage (Vch)
audit élément nanotube ou nanofil (NT) via le premier (V1) et le deuxième (V2) potentiel
électrique, de manière à générer un courant électrique (1) dans ledit élément nanotube
ou nanofil (NT), de sorte que l'élément nanotube ou nanofil émette des électrons par
sa surface (S) par effet thermoionique.
12. Tube électronique sous vide selon la revendication 11 dans lequel la tension de chauffage
est comprise entre 0.1 V et 10 V.
13. Tube électronique sous vide selon l'une des revendications précédentes dans lequel
les éléments nanotube ou nanofil (NT) sont partiellement enterrés dans une couche
isolante d'enterrement (Isent).
14. Tube électronique sous vide selon l'une des revendications 4 à 13 dans lequel la cathode
(C) est divisée en une pluralité de zones (Z, Z') les éléments nanotubes ou nanofils
de chaque zone (Z,Z') étant reliés à un premier connecteur électrique différend (CE1,CE1'),
de sorte que les tensions de polarisation (VNW, VNW') appliquées à chaque zone soient indépendantes et reconfigurables.
15. Tube selon l'une des revendications précédentes dans lequel les éléments nanotube
ou nanofil sont conducteurs.
16. Tube électronique sous vide selon l'une des revendications 4 à 14 dans lequel les
éléments nanotube ou nanofil sont semi-conducteurs et dans lequel la tension de polarisation
(VNW) est supérieure à une tension de seuil (Vth), l'élément nanofil ou nanotube constituant
alors un canal d'une capacité de type MOS, de manière à générer des porteurs libres
dans l'élément nanofil ou nanotube.
17. Tube électronique sous vide selon la revendication 16 dans lequel la cathode comprend
en outre une source lumineuse configurée pour illuminer l'élément nanotube ou nanofil
de manière à générer des porteurs libres dans ledit élément nanofil ou nanotube par
photogénération.