Domaine de l'invention
[0001] L'invention se rapporte à une pièce pour mouvement d'horlogerie et notamment à un
axe de pivotement amagnétique pour un mouvement d'horlogerie mécanique et plus particulièrement
à un axe de balancier, une tige d'ancre et un pignon d'échappement a magnétiques.
Arrière-plan de l'invention
[0002] La fabrication d'un axe de pivotement horloger consiste, à partir d'une barre en
acier trempable, à réaliser des opérations de décolletage pour définir différentes
surfaces actives (portée, épaulement, pivots etc.) puis à soumettre l'axe décolleté
à des opérations de traitement thermique comprenant au moins une trempe pour améliorer
la dureté de l'axe et un ou plusieurs revenus pour en améliorer la ténacité. Les opérations
de traitements thermiques sont suivies d'une opération de roulage des pivots des axes,
opération consistant à polir les pivots pour les amener aux dimensions requises. Au
cours de l'opération de roulage la dureté ainsi que la rugosité des pivots sont encore
améliorées.
[0003] Les axes de pivotement, par exemple les axes de balancier, utilisés classiquement
dans les mouvements d'horlogerie mécaniques sont réalisés dans des nuances d'aciers
de décolletage qui sont généralement des aciers martensitiques au carbone incluant
du plomb et des sulfures de manganèse pour améliorer leur usinabilité. Un acier de
ce type désigné 20AP est typiquement utilisé pour ces applications.
[0004] Ce type de matériau a l'avantage d'être facilement usinable, en particulier d'être
apte au décolletage et présente, après des traitements de trempe et de revenu, des
propriétés mécaniques élevées très intéressantes pour la réalisation d'axes de pivotement
horlogers. Ces aciers présentent en particulier après traitement thermique une dureté
élevée, permettant d'obtenir une très bonne tenue aux chocs. Typiquement la dureté
des pivots d'un axe réalisé en acier 20 AP peut atteindre une dureté dépassant les
700 HV après traitement thermique et roulage.
[0005] Bien que fournissant des propriétés mécaniques satisfaisantes pour les applications
horlogères décrites ci-dessus, ce type de matériau présente l'inconvénient d'être
magnétique et de pouvoir perturber la marche d'une montre après avoir été soumis à
un champ magnétique, et ce notamment lorsque ce matériau est utilisé pour la réalisation
d'un axe de balancier coopérant avec un balancier spiral en matériau ferromagnétique.
Ce phénomène est bien connu de l'homme du métier. On notera également que ces aciers
martensitiques sont également sensibles à la corrosion.
[0006] Des essais pour tenter de remédier à ces inconvénients ont été menés avec des aciers
inoxydables austénitiques qui présentent la particularité d'être a magnétiques c'est-à-dire
du type paramagnétique ou diamagnétique ou antiferromagnétique. Toutefois, ces aciers
austénitiques présentent une structure cristallographique ne permettant pas de les
tremper et d'atteindre des duretés et donc des résistances aux chocs compatibles avec
les exigences requises pour la réalisation d'axes de pivotement horlogers. Les axes
obtenus présentent alors des marques ou des endommagements sévères en cas de chocs
qui vont avoir ensuite une influence négative sur la chronométrie du mouvement. Un
moyen d'augmenter la dureté de ces aciers est l'écrouissage, toutefois cette opération
de durcissement ne permet pas d'obtenir des duretés supérieures à 500 HV. Par conséquent,
dans le cadre de pièces devant avoir des pivots présentant une grande résistance aux
chocs, l'utilisation de ce type d'aciers reste limitée.
[0007] Une autre approche pour tenter de remédier à ces inconvénients est décrite dans la
demande
EP 2 757 423. Selon cette approche, les axes de pivotements sont réalisés en alliage de cobalt
ou de nickel du type austénitique et présentent une surface externe durcie selon une
certaine profondeur. Toutefois, de tels alliages peuvent s'avérer difficiles à usiner
pour la fabrication d'axes de pivotement. De plus, ils sont relativement coûteux en
raison du prix élevé du nickel et du cobalt.
Résumé de l'invention
[0008] Le but de la présente invention est de pallier les inconvénients cités précédemment
en proposant un axe de pivotement permettant à la fois de limiter la sensibilité aux
champs magnétiques et d'obtenir des propriétés mécaniques permettant de répondre aux
exigences de résistance aux chocs dans le domaine horloger.
[0009] L'invention a encore pour but de fournir un axe de pivotement amagnétique qui puisse
être fabriqué de manière simple et économique.
[0010] A cet effet, l'invention se rapporte à un axe de pivotement pour mouvement horloger
comportant au moins un pivot en un premier matériau métallique amagnétique à au moins
une de ses extrémités afin de limiter sa sensibilité aux champs magnétiques.
[0011] Selon l'invention, au moins la surface externe dudit pivot est recouverte d'une couche
d'un second matériau choisi parmi le groupe comprenant Ni et NiP.
[0012] Par conséquent, l'axe de pivotement selon l'invention permet de cumuler les avantages
d'une faible sensibilité aux champs magnétiques, et au moins dans les zones de contrainte
principales, d'une excellente tenue aux chocs. De ce fait, l'axe de pivotement selon
l'invention ne présente, en cas de choc, aucune marque ni aucun endommagement sévère
susceptible de nuire à la chronométrie du mouvement.
[0013] Conformément à d'autres caractéristiques avantageuses de l'invention :
- la couche du second matériau présente une épaisseur comprise entre 0.5 µm et 10 µm,
de préférence entre 1 µm et 5 µm, et plus préférentiellement entre 1 µm et 2 µm ;
- la couche du second matériau présente une dureté de préférence supérieure à 400 HV,
plus préférentiellement supérieure à 500 HV ;
- la couche du second matériau est de préférence une couche de NiP chimique, c'est-à-dire
obtenue par dépôt chimique.
[0014] De plus, l'invention se rapporte à un mouvement d'horlogerie comprenant un axe de
pivotement tel que défini ci-dessus, et en particulier un axe de balancier, une tige
d'ancre et/ou un pignon d'échappement comprenant un axe tel que défini ci-dessus.
[0015] Enfin, l'invention se rapporte à un procédé de fabrication d'un axe de pivotement
tel que défini ci-dessus comportant les étapes suivantes :
- a) former une axe de pivotement comportant au moins un pivot en un premier matériau
métallique amagnétique à au moins une de ses extrémités pour limiter sa sensibilité
aux champs magnétiques;
- b) déposer une couche d'un second matériau au moins sur la surface externe dudit pivot,
ledit second matériau étant choisi parmi le groupe comprenant Ni et NiP.
[0016] Conformément à d'autres caractéristiques avantageuses de l'invention :
- la couche du second matériau est déposée selon l'étape b) pour présenter une épaisseur
comprise entre 0.5 µm et 10 µm, de préférence entre 1 µm et 5 µm, et plus préférentiellement
entre 1 µm et 2 µm;
- le second matériau est le NiP et l'étape b) consiste en un dépôt de NiP selon un procédé
de dépôt de nickel chimique à partir d'hypophosphite.
Description sommaire des dessins
[0017] D'autres particularités et avantages ressortiront clairement de la description qui
en est faite ci-après, à titre indicatif et nullement limitatif, en référence aux
dessins annexés, dans lesquels :
- la figure 1 est une représentation d'un axe de pivotement selon l'invention ;
- la figure 2 est une coupe partielle d'un pivot d'axe de balancier selon l'invention,
- la figure 3 est une photographie d'un axe de pivotement en acier HIS nu ayant subi
un programme de chocs, et
- la figure 4 est une photographie d'un axe de pivotement en acier HIS recouvert d'une
couche de NiP selon l'invention ayant subi le même programme de chocs que l'axe de
pivotement de la figure 3.
Description détaillée des modes de réalisation préférés
[0018] Dans la présente description, le terme matériau « amagnétique » signifie un matériau
paramagnétique ou diamagnétique ou antiferromagnétique, dont la perméabilité magnétique
est inférieure ou égale à 1.01.
[0019] Un alliage d'un élément est un alliage contenant au moins 50% en poids dudit élément.
[0020] L'invention se rapporte à une pièce pour mouvement d'horlogerie et notamment à un
axe de pivotement amagnétique pour un mouvement d'horlogerie mécanique.
[0021] L'invention sera décrite ci-après dans le cadre d'une application à un axe de balancier
amagnétique 1. Bien évidemment, d'autres types d'axes de pivotement horlogers sont
envisageables comme par exemple des axes de mobiles horlogers, typiquement des pignons
d'échappement, ou encore des tiges d'ancre. Les pièces de ce type présentent au niveau
du corps des diamètres inférieurs de préférence à 2 mm, et des pivots de diamètre
inférieur de préférence à 0.2 mm, avec une précision de quelques microns.
[0022] En se référant à la figure 1 on peut voir un axe de balancier 1 selon l'invention
qui comporte une pluralité de sections 2 de diamètres différents, formées de préférence
par décolletage ou toute autre technique d'usinage par enlèvement de copeaux, et définissant
classiquement des portées 2a et des épaulements 2b arrangés entre deux portions d'extrémité
définissant deux pivots 3. Ces pivots sont destinés à venir chacun pivoter dans un
palier, typiquement dans un orifice d'une pierre ou rubis.
[0023] Avec le magnétisme induit par les objets rencontrés au quotidien, il est important
de limiter la sensibilité de l'axe de balancier 1 sous peine d'influencer la marche
de la pièce d'horlogerie dans laquelle il est incorporé.
[0024] Ainsi, le pivot 3 est réalisé en un premier matériau 4 métallique amagnétique afin
de limiter de manière avantageuse sa sensibilité aux champs magnétiques.
[0025] De préférence, le premier matériau 4 métallique amagnétique est choisi parmi le groupe
comprenant un acier du type austénitique, de préférence inoxydable, un alliage de
cobalt du type austénitique, un alliage de nickel du type austénitique, un alliage
de titane amagnétique, un alliage d'aluminium amagnétique, un laiton (Cu-Zn) ou un
laiton spécial (Cu-Zn avec Al et/ou Si et/ou Mn), un cuivre-béryllium, un bronze (Cu-Sn),
un bronze à l'aluminium, un cuivre-aluminium (comprenant optionnellement Ni et/ou
Fe), un cuivre-nickel, un Maillechort (Cu-Ni-Zn), un cuivre-nickel-étain, un cuivre-nickel-silicium,
un cuivre-nickel-phosphore, un cuivre-titane, les proportions des différents éléments
des alliages étant choisies pour leur conférer des propriétés amagnétiques ainsi qu'une
bonne usinabilité.
[0026] Par exemple, l'acier austénitique est un acier austénitique inox HIS (High Interstitial
Steels), tel que l'acier Cr-Mn-N P2000 de Energietechnik Essen GmbH.
[0027] L'alliage de cobalt du type austénitique peut comprendre au moins 39% de cobalt,
typiquement un alliage connu sous le nom « Phynox » ou la désignation DIN K13C20N16Fe15D7
ayant typiquement 39% de Co, 19% de Cr, 15% de Ni et 6% de Mo, 1.5% de Mn, 18% de
Fe et le soldes d'additifs.
[0028] L'alliage de nickel de type austénitique peut comprendre au moins 33% de nickel typiquement
un alliage connu sous la désignation MP35N® ayant typiquement 35% de Ni 20% de Cr,
10% de Mo, 33% de Co et le solde d'additifs.
[0029] L'alliage de titane comprend de préférence au moins 85% de titane.
[0030] Les laitons peuvent comprendre les alliages CuZn39Pb3, CuZn37Pb2, ou CuZn37.
[0031] Les laitons spéciaux peuvent comprendre les alliages CuZn37Mn3Al2PbSi, CuZn23Al3Co
ou CuZn23Al6Mn4Fe3Pb.
[0032] Les Maillechort peuvent comprendre les alliages CuNi25Zn11 Pb1 Mn, CuNi7Zn39Pb3Mn2
ou CuNi18Zn19Pb1.
[0033] Les bronzes peuvent comprendre les alliages CuSn9 ou CuSn6.
[0034] Les bronzes à l'aluminium peuvent comprendre les alliages CuAl9 ou CuAl9Fe5Ni5.
[0035] Les alliages cuivre-nickel peuvent comprendre l'alliage CuNi30.
[0036] Les alliages cuivre-nickel-étain peuvent comprendre les alliages CuNi15Sn8, CuNi9Sn6
ou CuNi7.5Sn5 (commercialisé par exemple sous la dénomination Declafor).
[0037] Les alliages cuivre-titane peuvent comprendre l'alliage CuTi3Fe.
[0038] Les alliages cuivre-nickel-silicium peuvent comprendre l'alliage CuNi3Si.
[0039] Les alliages cuivre-nickel-phosphore peuvent comprendre l'alliage CuNi1P.
[0040] Les alliages cuivre-béryllium peuvent comprendre les alliages CuBe2Pb ou CuBe2.
[0041] Les valeurs de composition sont indiquées en pourcentage massique. Les éléments sans
indication de valeur de composition sont soit le reste (majoritaire) soit des éléments
pour lesquels le pourcentage dans la composition est inférieur à 1% en poids.
[0042] L'alliage de cuivre amagnétique peut être également un alliage ayant pour composition
massique entre 14.5% et 15.5% de Ni, entre 7.5% et 8.5% de Sn, au maximum 0.02% de
Pb et le reste de Cu. Un tel alliage est commercialisé sous la marque Toughmet® par
la société Materion.
[0043] Bien évidemment, d'autres alliages amagnétiques sont envisageables dès lors que la
proportion de leurs constituants leur confère des propriétés amagnétiques ainsi qu'une
bonne usinabilité.
[0044] Le premier matériau métallique amagnétique présente généralement une dureté inférieure
à 600 HV.
[0045] Selon l'invention, au moins la surface externe dudit pivot 3 est recouverte d'une
couche 5 d'un second matériau choisi parmi le groupe comprenant Ni et NiP, afin d'offrir,
avantageusement, des propriétés mécaniques au niveau de ladite surface externe permettant
d'obtenir la tenue aux chocs recherchée.
[0046] Dans le second matériau, le taux de phosphore peut être compris de préférence entre
0% (on a alors du Ni pur) et 15%. De préférence, le taux de phosphore dans le second
matériau NiP peut être un taux moyen compris entre 6% et 9%, ou un taux élevé compris
entre 9% et 12%. Il est bien évident toutefois que le second matériau NiP peut comprendre
un taux bas de phosphore.
[0047] En outre, lorsque le second matériau est du NiP à taux moyen ou élevé de phosphore,
la couche du second matériau NiP peut être durcie par traitement thermique.
[0048] La couche du second matériau présente une dureté de préférence supérieure à 400 HV,
plus préférentiellement supérieure à 500 HV.
[0049] D'une manière particulièrement avantageuse, la couche du second matériau en Ni ou
NiP non durcie présente une dureté de préférence supérieure à 500 HV, mais inférieure
à 600 HV, c'est-à-dire de préférence comprise entre 500 HV et 550 HV. D'une manière
surprenante et inattendue, l'axe de pivotement selon l'invention présente une excellente
tenue aux chocs bien que la couche du second matériau puisse présenter une dureté
(HV) inférieure à celle du premier matériau.
[0050] Lorsqu'elle est durcie par traitement thermique, la couche du second matériau en
NiP peut présenter une dureté comprise entre 900 HV et 1000 HV.
[0051] D'une manière avantageuse, la couche du second matériau peut présenter une épaisseur
comprise entre 0.5 µm et 10 µm, de préférence entre 1 µm et 5 µm, et plus préférentiellement
entre 1 µm et 2 µm.
[0052] De préférence, la couche du second matériau est une couche de NiP, et plus particulièrement
une couche de NiP chimique, c'est-à-dire déposée par voie chimique.
[0053] Sont particulièrement préférées les combinaisons associant :
- un alliage cuivre-béryllium, et plus particulièrement CuBe2Pb, comme premier matériau
métallique amagnétique et une couche de NiP chimique comme couche 5 du second matériau
- un alliage cuivre-nickel-étain, et plus particulièrement le Declafor ou le Toughmet®,
comme premier matériau métallique amagnétique et une couche de NiP chimique comme
couche 5 du second matériau
- un acier inoxydable, et plus particulièrement, un acier Inox HIS, comme premier matériau
métallique amagnétique et une couche de NiP chimique comme couche 5 du second matériau.
[0054] Par conséquent, au moins la surface externe du pivot est durcie c'est-à-dire que
le reste de l'axe, peut rester peu ou pas modifié sans modification notable des propriétés
mécaniques de l'axe de balancier 1. Ce durcissement sélectif des pivots 3 de l'axe
de balancier 1 permet de cumuler les avantages comme la faible sensibilité aux champs
magnétiques et des propriétés mécaniques permettant d'obtenir une très bonne tenue
aux chocs, dans les zones de contrainte principales.
[0055] Afin d'améliorer la tenue de la couche du second matériau, l'axe de pivotement peut
comprendre au moins une sous-couche d'adhésion déposée entre le premier matériau et
la couche du second matériau. Par exemple, dans le cas notamment d'un axe de pivotement
en matériau de type acier inox HIS, une sous-couche d'or et/ou une sous-couche de
nickel galvanique peu(ven)t être prévue(s) sous la couche du second matériau.
[0056] L'invention se rapporte également au procédé de fabrication d'un axe de balancier
comme expliqué ci-dessus. Le procédé comporte avantageusement selon l'invention les
étapes suivantes :
- a) former, de préférence par décolletage ou toute autre technique d'usinage par enlèvement
de copeaux, un axe de balancier 1 comportant au moins un pivot 3 en en premier matériau
métallique amagnétique à chacune de ses extrémités, pour limiter sa sensibilité aux
champs magnétiques et;
- b) déposer une couche 5 d'un second matériau au moins sur la surface externe dudit
pivot 3, ledit second matériau étant choisi parmi le groupe comprenant Ni et NiP afin
d'améliorer les propriétés mécaniques des pivots pour obtenir une résistance aux chocs
appropriée au moins au niveau des zones de contraintes principales.
[0057] D'une manière préférée, la couche 5 du second matériau est déposée selon l'étape
b) pour présenter une épaisseur comprise entre 0.5 µm et 10 µm, de préférence entre
1 µm et 5 µm, et plus préférentiellement entre 1 µm et 2 µm.
[0058] Avantageusement, l'étape b) de dépôt de la couche 5 du second matériau peut être
réalisée selon un procédé choisi parmi le groupe comprenant les dépôts PVD, CVD, ALD,
galvanique et chimique, et de préférence chimique.
[0059] Selon un mode de réalisation particulièrement préféré, le second matériau est du
NiP et l'étape de dépôt de la couche 5 de NiP est réalisée selon un procédé de dépôt
de nickel chimique à partir d'hypophosphite.
[0060] Les différents paramètres de dépôt de nickel chimique à partir d'hypophosphite à
prendre en compte, tels que la teneur en phosphore dans le dépôt, le pH, la température,
ou la composition du bain de nickelage sont connus de l'homme du métier. On se référera
par exemple à la publication de
Y. Ben Amor et al., Dépôt chimique de nickel, synthèse bibliographique, Matériaux
& Techniques 102, 101 (2014). Toutefois, on précisera que l'on utilise de préférence des bains commerciaux à
taux moyens (6-9%) et à taux élevés (9-12%) de phosphore. Il est bien évident toutefois
que des bains à taux bas de phosphore ou de nickel pur peuvent aussi être utilisés.
[0061] Lorsque le second matériau est du NiP, de préférence à taux moyen ou élevé de phosphore,
le procédé selon l'invention peut en outre comprendre, après l'étape de dépôt b),
une étape c) de traitement thermique de la couche 5 du second matériau. Un tel traitement
thermique permet d'obtenir une couche 5 du second matériau présentant une dureté comprise
de préférence entre 900 HV et 1000 HV.
[0062] Le procédé de dépôt de nickel chimique est particulièrement avantageux en ce qu'il
permet d'obtenir un dépôt conforme et ne présentant pas d'effet de pointe. Il est
ainsi possible de prévoir la dimension de l'axe de pivotement décolleté pour obtenir
la géométrie voulue après recouvrement par la couche du second matériau.
[0063] Le procédé de dépôt de nickel chimique présente également l'avantage de pouvoir être
appliqué en vrac.
[0064] Afin d'améliorer la tenue de la couche du second matériau, le procédé selon l'invention
peut en outre comprendre, avant l'étape de dépôt b), une étape d) d'application d'au
moins une sous-couche d'adhésion sur le premier matériau. Par exemple, dans le cas
notamment d'un axe de pivotement en matériau de type acier inox HIS, il est possible
d'appliquer une sous-couche d'or et/ou une sous-couche de nickel galvanique avant
le dépôt de nickel par voie chimique.
[0065] L'axe de pivotement selon l'invention peut comprendre des pivots traités selon l'invention
en appliquant l'étape b) aux seuls pivots ou être réalisé entièrement en un premier
matériau métallique amagnétique, sa surface externe pouvant être recouverte entièrement
d'une couche du second matériau en appliquant l'étape b) sur la totalité des surfaces
de l'axe de pivotement.
[0066] D'une manière connue, les pivots 3 peuvent être roulés ou polis avant ou après l'étape
de dépôt b), afin d'atteindre les dimensions et l'état de surface finaux désirés pour
les pivots 3.
[0067] L'axe de pivotement selon l'invention cumule les avantages d'une faible sensibilité
aux champs magnétiques, et au moins dans les zones de contrainte principales, d'une
excellente tenue aux chocs. De ce fait, l'axe de pivotement selon l'invention ne présente,
en cas de choc, aucune marque ni aucun endommagement sévère susceptible de nuire à
la chronométrie du mouvement.
[0068] Les exemples suivants illustrent la présente invention sans toutefois en limiter
la portée.
[0069] Des axes de pivotement en acier HIS sont réalisés d'une manière connue. Les axes
nus présentent une dureté de 600HV.
[0070] Un lot de ces axes de pivotement est traité selon le procédé de l'invention, les
axes de pivotement étant recouverts d'une couche de NiP d'épaisseur égale à 1.5 µm
obtenue à partir d'un bain commercial de nickelage chimique à partir d'hypophosphite.
[0071] Ces axes de pivotement selon l'invention présentent une dureté de 500 HV.
[0072] Tous les axes de pivotement sont soumis à un même programme de chocs standard pour
l'horlogerie. Les axes nus, sans couche de NiP, sont marqués comme le montre la figure
3. Les axes recouverts d'une couche de NiP selon l'invention sont intacts, comme le
montre la figure 4. Les axes de pivotement selon l'invention cumulent les avantages
d'une faible sensibilité aux champs magnétiques et d'une excellente tenue aux chocs.
1. Axe de pivotement (1) pour mouvement horloger comportant au moins un pivot (3) en
un premier matériau (4) métallique amagnétique à au moins une de ses extrémités afin
de limiter sa sensibilité aux champs magnétiques, caractérisé en ce qu'au moins la surface externe dudit pivot (3) est recouverte d'une couche (5) d'un second
matériau choisi parmi le groupe comprenant Ni et NiP, et de préférence NiP chimique.
2. Axe de pivotement (1) selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il est réalisé en un premier matériau métallique amagnétique afin de limiter sa sensibilité
aux champs magnétiques, et en ce que sa surface externe est recouverte d'une couche d'un second matériau choisi parmi
le groupe comprenant Ni et NiP, et de préférence NiP chimique.
3. Axe de pivotement (1) selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que le premier matériau (4) métallique amagnétique est choisi parmi le groupe comprenant
un acier du type austénitique, un alliage de cobalt du type austénitique, un alliage
de nickel du type austénitique, un alliage de titane, un alliage d'aluminium, un laiton
à base de cuivre et de zinc, un cuivre-béryllium, un Maillechort, un bronze, un bronze
à l'aluminium, un cuivre-aluminium, un cuivre-nickel, un cuivre-nickel-étain, un cuivre-nickel-silicium,
un cuivre-nickel-phosphore, un cuivre-titane.
4. Axe de pivotement (1) selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que le premier matériau (4) métallique amagnétique présente une dureté inférieure à 600
HV.
5. Axe de pivotement (1) selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la couche (5) du second matériau présente une épaisseur comprise entre 0.5 µm et
10 µm, de préférence entre 1µm et 5 µm, et plus préférentiellement entre 1 et 2 µm.
6. Axe de pivotement (1) selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que ladite couche (5) du second matériau présente une dureté supérieure à 400 HV, de
préférence supérieure à 500 HV.
7. Axe de pivotement (1) selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que le premier matériau (4) métallique amagnétique est un alliage cuivre-béryllium et
en ce que ladite couche (5) du second matériau est une couche de NiP chimique.
8. Axe de pivotement (1) selon l'une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que le premier matériau (4) métallique amagnétique est un alliage cuivre-nickel-étain
et en ce que ladite couche (5) du second matériau est une couche de NiP chimique.
9. Axe de pivotement (1) selon l'une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que le premier matériau (4) métallique amagnétique est un acier inoxydable et en ce que ladite couche (5) du second matériau est une couche de NiP chimique.
10. Mouvement pour pièce d'horlogerie, caractérisé en ce qu'il comprend un axe de pivotement (1) selon l'une des revendications précédentes.
11. Mouvement pour pièce d'horlogerie caractérisé en ce qu'il comprend un axe de balancier (1), une tige d'ancre et/ou un pignon d'échappement
comprenant un axe selon l'une des revendications 1 à 9.
12. Procédé de fabrication d'un axe de pivotement (1) pour mouvement horloger comportant
les étapes suivantes :
a) former un axe de pivotement (1) comportant au moins un pivot (3) en un premier
matériau (4) métallique amagnétique à au moins une de ses extrémités pour limiter
sa sensibilité aux champs magnétiques;
b) déposer une couche (5) d'un second matériau au moins sur la surface externe dudit
pivot (3), ledit second matériau étant choisi parmi le groupe comprenant Ni et NiP.
13. Procédé selon la revendication 12, caractérisé en ce que la couche (5) du second matériau est déposée pour présenter une épaisseur comprise
entre 0.5 µm et 10 µm, de préférence entre 1 µm et 5 µm, et plus préférentiellement
entre 1 µm et 2 µm.
14. Procédé selon l'une des revendications 12 et 13, caractérisé en ce que l'étape b) de dépôt de la couche (5) du second matériau est réalisée selon un procédé
choisi parmi le groupe comprenant les dépôts PVD, CVD, ALD, galvanique et chimique.
15. Procédé selon la revendication 14, caractérisé en ce que le second matériau est du NiP et en ce que l'étape de dépôt de la couche (5) de NiP est réalisée selon un procédé de dépôt de
nickel chimique à partir d'hypophosphite.
16. Procédé selon l'une des revendications 12 à 15, caractérisé en en ce que le second
matériau est du NiP et en ce que ledit procédé comprend en outre, après l'étape b),
une étape c) de traitement thermique de la couche (5) du second matériau.