Domaine technnique
[0001] La présente invention est relative au domaine de l'outillage pour les machines de
pliage de pièces de chaudronnerie telles que des barres ou des tôles épaisses, et
porte tout particulièrement sur une matrice de pliage de telles pièces de chaudronnerie,
la matrice étant montée sur la table de la machine de pliage. Une telle machine de
pliage est du type presse-plieuse.
Etat de la technique
[0002] Un outil de pliage agencé sur une presse-plieuse se compose d'un poinçon présentant
une forme particulière avec tête en vé ou arrondie, selon la forme que l'on souhaite
donner à la pièce de chaudronnerie lors de son pliage, et d'une matrice de pliage
qui supporte la pièce de chaudronnerie durant l'action du poinçon.
[0003] La matrice de pliage est montée sur une table ou un socle de la presse-plieuse et
le poinçon est monté sur un porte-outil configuré pour être actionner verticalement
en exerçant de fortes pressions, de plusieurs tonnes.
[0004] Les matrices de pliage actuellement sur le marché sont constituées d'un bloc massif
présentant un vé longitudinal et deux rebords longitudinaux disposés de chaque côté
du vé longitudinal, sur lesquels prend appui la pièce de chaudronnerie avant son pliage.
Lorsque le poinçon est actionné, la pièce de chaudronnerie se déforme en fonction
de la forme de ce poinçon, en prenant appui sur les arêtes formées entre les rebords
longitudinaux et les extrémités supérieures du vé longitudinal, puis la portion pliée
de cette pièce pénètre dans le vé longitudinal de la matrice.
[0005] Cette conception de matrice de pliage présente des inconvénients. En effet, les possibilités
de pliage de la pièce de chaudronnerie sont conditionnées par la forme du vé longitudinal
et par la largeur des rebords longitudinaux disposés de chaque côté du vé, en particulier
lorsque l'on souhaite réaliser des contre-pliages sur cette pièce. Afin de réduire
l'angle de pliage de la pièce, il convient d'utiliser un vé de largeur moins important,
ce qui, à contrario, nécessite d'augmenter la pression exercée par le poinçon. Par
ailleurs, les matrices avec un vé de grande largeur coûtent cher du fait de leur conception
dans des blocs d'acier massifs nécessitant des usinages importants pour la formation
du vé. En outre, lors du pliage de la pièce de chaudronnerie, celle-ci frotte directement
sur les arêtes précitées de la matrice et subit, en conséquence, une dégradation importante
sur ces côtés externes inférieurs, du fait de l'écrasement et de l'abrasion. Il est
alors nécessaire de meuler les zones dégradées ou de recharger de la matière dans
les zones dégradées puis d'usiner ces zones rechargées, ce qui augmente le temps et
le coût de fabrication.
[0006] Pour pallier en partie ces inconvénients précités, l'homme du métier a développé
une matrice de pliage qui prévoit, outre les caractéristiques précitées, deux rouleaux
disposés à des emplacements correspondant aux deux arêtes. Pour cela, le massif de
la matrice comprend deux alésages partiellement ouverts sur toute leur longueur, usinés
sur la longueur du massif dans les zones correspondant aux deux arêtes précédentes,
c'est-à-dire dans les angles formés entre les rebords longitudinaux et les extrémités
supérieures du vé longitudinal. Deux rouleaux sont montés en liaison pivot respectivement
dans ces deux alésages ouverts, de sorte que deux portions longitudinales desdits
rouleaux débordent de ces alésages ouverts, ce qui permet à la pièce de chaudronnerie
de prendre appui sur ces portions de rouleaux lors de son pliage. Cette conception
apparait par exemple dans les titres
US3914972A et
JPH0428419A.
[0007] Une conception similaire apparaît également dans les titres
WO9718907A1,
FR2916991A1 et
DE1452813B1. Dans ces documents, la matrice de pliage est constituée d'une pluralité de supports,
ces supports étant attenants les uns aux autres ou légèrement espacés entre eux, et
répartis sur toute la largeur de la pièce à plier. Ces supports comprennent une forme
plus ou moins en vé ou en U et reçoivent en combinaison deux rouleaux montés en liaison
pivot, de manière identique à celle décrite ci-avant.
[0008] Ces conceptions décrites dans les titres
US3914972A,
JPH0428419A,
WO9718907A1,
FR2916991A1 et
DE1452813B1 permettent de réduire en partie la pression exercée par le poinçon durant le pliage
et de réduire également la dégradation de la pièce, en raison de la présence des rouleaux
montés pivotant. Toutefois les résultats ne sont pas suffisamment satisfaisants.
[0009] En effet, des particules de matière et de calamine, dues à l'abrasion de la pièce
de chaudronnerie durant son pliage, pénètrent dans les alésages ouverts constituant
les liaisons pivot avec les rouleaux ; il en résulte que les rouleaux se bloquent
dans ces alésages ouverts et, du coup, ne remplissent plus correctement leur fonction
première, à savoir réduire les frottements contre la pièce de chaudronnerie durant
son pliage. Cette pièce de chaudronnerie subit donc toujours des dégradations sur
ses côtés externes en appui sur les rouleaux de la matrice, ce qui nécessite encore
d'effectuer un meulage des côtés externes ou un rechargement en matière suivi d'un
usinage.
[0010] En outre, les pressions à exercer avec le poinçon restent élevés.
[0011] Par ailleurs ces types de matrices de pliage présentent des coûts de fabrication
encore plus importants que le précédent type, sans rouleau.
[0012] Un autre inconvénient demeure avec ces conceptions décrites dans les titres
US3914972A,
JPH0428419A,
WO9718907A1,
FR2916991A1 et
DE1452813B1. En effet, les possibilités de pliage de la pièce de chaudronnerie restent conditionnées
par la forme du vé longitudinal ou du U du bloc massif ou des supports disposés les
uns à côté des autres et répartis sur toute la longueur de la pièce à plier.
Résumé de l'invention
[0013] La présente invention vise à pallier les inconvénients précités, voire pour le moins
à les réduire. A cet effet, l'invention concerne une matrice de pliage d'une pièce
de chaudronnerie du type barre ou tôle épaisse, pour une machine de pliage du type
presse-plieuse. La matrice de pliage comprend deux supports principaux espacés l'un
de l'autre d'une distance dimensionnée pour permettre le passage de ladite pièce,
durant son pliage entre lesdits supports. Ainsi, l'espacement entre ces deux supports
principaux dépendra notamment de la largeur de la tôle ou du diamètre de la barre
à plier, lorsque cette dernière est cylindrique. La matrice de pliage comprend également
deux rouleaux parallèles entre eux et disposés dans un plan horizontal. En outre,
des moyens de liaison pivot sont configurés entre les rouleaux et les supports principaux
pour monter en liaison pivot lesdits rouleaux vis-à-vis desdits supports avec au moins
un espacement entre ces rouleaux. Cet espacement entre les rouleaux est dimensionné
pour que la pièce de chaudronnerie prenne appui sur lesdits rouleaux lors d'un effort
exercé vers le bas sur ladite pièce.
[0014] Ainsi, la conception de la matrice selon l'invention consiste à déporter les deux
supports principaux ainsi que les liaisons pivots entre les rouleaux et lesdits deux
supports principaux, en dehors de la zone de travail et de descente de l'outillage
de type poinçon et en dehors des zones d'appui entre lesdits rouleaux et la pièce
de chaudronnerie.
[0015] Cela évite que des dépôts de matière ou de calamine viennent se loger dans ces liaisons
pivots du fait d'une abrasion de ladite pièce frottant sur les rouleaux durant la
déformation.
[0016] L'absence de dépôt de matière ou de calamine dans les liaisons pivots évite que les
rouleaux se bloquent.
[0017] En outre, l'outillage de type poinçon qui est de dimension adaptée à la pièce, peut
descendre de manière plus importante entre les deux supports principaux déportés sur
les côtés, ce qui offre une déformation plus importante de la pièce de chaudronnerie
au moyen dudit poinçon. En effet, cette déformation de la pièce n'est plus conditionnée
par la profondeur du vé ou de la forme en U qui se trouve dans la zone de travail
de l'outillage sur les matrices précitées de l'art antérieur. Ce vé ou cette forme
en U est déporté sur les côtés de la matrice de pliage selon l'invention et n'est
plus en-dessous de la pièce, ce qui permet au poinçon de descendre plus en profondeur
entre les deux rouleaux. Cela offre plus de possibilités de pliage des pièces de chaudronnerie
au moyen d'une même matrice, et permet de réaliser des angles de pliage plus faibles
sur la pièce, sans nécessiter de remplacer la matrice par une autre présentant deux
rouleaux plus rapprochés.
[0018] Selon un premier mode de réalisation de la matrice de pliage objet de l'invention,
les moyens de liaison pivot comprennent au moins deux jeux de liaison pivot mis en
oeuvre entre les deux rouleaux et les deux supports principaux, pour monter en liaison
pivot les rouleaux vis-à-vis desdits supports avec au moins deux espacement différents
entre ces rouleaux, dimensionnés pour que la pièce de chaudronnerie prenne appui différemment
sur lesdits rouleaux lors d'un effort exercé vers le bas sur ladite pièce. Cela permet
d'augmenter les possibilités de pliage de pièces de chaudronnerie au moyen d'une même
matrice de pliage. On pourrait cependant prévoir un mode de réalisation de matrice
de pliage selon l'invention comprenant un seul jeu de liaison pivot qui, dans ce cas,
offre un seul espacement possible entre les rouleaux.
[0019] Selon une conception de ce premier mode de réalisation de la matrice de pliage, un
premier jeu de liaison pivot est mis en oeuvre à une première hauteur et un second
jeu de liaison pivot est mis en oeuvre à une seconde hauteur, sur les supports principaux.
De préférence, selon cette conception, les supports principaux comprennent des premiers
moyens de fixation sur leurs côtés inférieurs et des seconds moyens de fixation sur
leurs côtés supérieurs. Ces premiers et seconds moyens de fixation sont configurés
pour assembler lesdits supports principaux sur une table de la machine de pliage,
selon deux sens opposés permettant d'intervertir la position des deux jeux de liaison
pivot, pour utiliser l'un ou l'autre de ces deux jeux de liaison pivot. Ces premiers
et seconds moyens de fixation dépendront de la conception de la machine de pliage
; ils peuvent être identiques ou différents.
[0020] Selon la matrice de pliage objet de l'invention, celle-ci peut comprendre au moins
un support intermédiaire configuré pour être positionné entre les deux supports principaux,
en-dessous des deux rouleaux. Cet au moins un support intermédiaire comprend sur son
côté supérieur deux cavités semi-cylindriques configurées pour réceptionner en appui
les deux rouleaux montés en liaison pivot vis-à-vis des deux supports principaux.
[0021] Dans une réalisation, cet au moins un support intermédiaire comprend sur son côté
supérieur une encoche configurée entre les deux cavités pour recevoir la pièce de
chaudronnerie durant son pliage. De préférence cette encoche est en forme de vé. Cette
encoche présente pour avantage de positionner la pièce intermédiaire sous la pièce
de chaudronnerie, sans empêcher son pliage. L'encoche sera en effet dimensionnée pour
limiter le moins possible la descente de la pièce de chaudronnerie entre les deux
rouleaux, durant son pliage et en tenant compte de préconisation d'utilisation.
[0022] Ce type de support intermédiaire est utilisé à titre optionnel dans le but de réduire
le fléchissement des rouleaux, sans empêcher leur rotation, lorsque la pièce de chaudronnerie
exerce des efforts importants sur ceux-ci. La présence de ce support intermédiaire
limitera toutefois la descente de l'outillage de poinçonnage, et sera donc utiliser
dans de rare cas de nécessité, lorsque les conditions de descente de l'outillage le
permettent. Dans le cas contraire, il conviendra remplacer les supports et rouleaux
de la matrice selon l'invention par d'autres plus adaptés aux efforts, sans nécessiter
l'ajout d'un tel support intermédiaire.
[0023] Dans une autre réalisation, cet au moins un support intermédiaire est sans encoche
en vé. Dans ce cas, l'au moins un support intermédiaire est configuré sur la matrice
pour être disposé en décalage par rapport à la position d'appui de la pièce de chaudronnerie
sur ces deux rouleaux, c'est-à-dire qu'il est déporté en dehors de la zone d'appui
et de descente de l'outillage de poinçonnage et en dehors de la zone de déformation
de la pièce de chaudronnerie. Lorsque de tels supports intermédiaires sont nécessaires
pour réduire le fléchissement des rouleaux, on pourrait par exemple prévoir deux supports
intermédiaires disposés chacun à proximité des supports principaux, en dehors de la
zone de travail, avec un espacement entre ces deux supports intermédiaires supérieur
à la largeur de la pièce à déformer et à celle de l'outillage, pour permettre le passage
de ladite pièce durant son pliage entre lesdits supports par l'outil.
[0024] Dans une réalisation de la matrice de pliage, les moyens de liaison pivot sont mis
en oeuvre par des alésages sur les supports principaux, ces alésages étant configurés
pour recevoir directement en liaison pivot, chacun, une portion de rouleau. Dans une
variante de réalisation, ces moyens de liaison pivot sont mis en oeuvre par des paliers
de roulement agencés sur les supports principaux et configurés pour recevoir, chacun,
une portion de rouleau.
[0025] Selon une première réalisation de la matrice de pliage objet de l'invention, les
deux supports principaux sont indépendants l'un de l'autre et peuvent être fixés indépendamment
sur une table de la machine de pliage. Cela présente pour avantage de pouvoir modifier
facilement l'espacement entre ces deux supports principaux, en fonction de la largeur
de la pièce de chaudronnerie.
[0026] Au contraire, selon une seconde réalisation de cette matrice de pliage, celle-ci
comprend une semelle formant un élément monobloc avec les deux supports principaux,
de moyens de fixation étant mis en oeuvre sur la semelle pour assembler l'ensemble
monobloc sur une table de la machine de pliage. Cette seconde réalisation permet d'augmenter
la stabilité des supports principaux, sous l'action des efforts de pliage de la pièce
de chaudronnerie.
[0027] Dans une autre variante, on pourrait même envisager une matrice comprenant une semelle
et plusieurs paires de supports principaux fixées sur la semelle ou formant un élément
monobloc avec celle-ci, chaque paire de supports principaux recevant en liaison pivot
deux rouleaux d'une manière similaire à celles décrites précédemment, avec des espacements
différents entre les deux rouleaux disposés sur chaque paire de supports principaux.
[0028] Selon l'invention, on entend par liaison pivot, une liaison pivot en tant que telle
ou une liaison pivot glissante, les conceptions envisageables des moyens de liaison
pivot n'étant pas limitatives.
Brève description des figures
[0029] La description suivante met en évidence les caractéristiques et avantages de la matrice
de pliage selon l'invention, à l'appui de figures parmi lesquelles :
- La figure 1 illustre une vue tridimensionnelle d'un mode de réalisation de la matrice
de pliage selon l'invention, en cours de pliage d'une pièce de chaudronnerie ;
- Les figures 2 et 3 illustrent deux vues en plan de variantes de conception de supports
principaux ;
- Les figures 4 et 5 illustrent deux vues en plan de variantes de conception de supports
intermédiaires.
Description détaillée
[0030] Dans la suite de la description, les mêmes références sont utilisées pour désigner
les mêmes caractéristiques ou leurs équivalents sur les figures.
[0031] Sur la figure 1 est illustrée une matrice de pliage 1 selon l'invention, dénommée
dans la suite de la description « matrice ». Cette matrice 1 est conçue pour être
fixée sur une table d'une machine de pliage, du type presse-plieuse (non illustrée).
La matrice 1 comprend un premier support principal 2 et un second support principal
3, qui sont espacés l'un de l'autre d'une distance d1 supérieure à la largeur l1 d'une
pièce de chaudronnerie qu'il convient de plier, en l'occurrence une plaque 4 présentant
par exemple une épaisseur comprise entre 10 mm et 40 mm.
[0032] La matrice 1 comprend également deux rouleaux 5, 6 qui, comme illustré en figure
1, sont disposés parallèlement dans un même plan horizontal P1. Ces deux rouleaux
5, 6 s'étendent longitudinalement entre les deux supports principaux 2, 3 et sont
montés en liaison pivot sur ces deux supports principaux 2,3. Les deux rouleaux 5,
6 sont espacés l'un de l'autre. Lorsque le poinçon 7 exerce une pression sur le côté
supérieur 4a de la plaque 4, celle-ci se plie suivant la ligne de contact avec le
poinçon 7, les deux côtés externes inférieurs 4b, 4c de la plaque 4 sont alors en
appui contre les rouleaux 5, 6. Sur la figure 1, les côtés externes inférieurs 4b,
4c sont volontairement décalés des rouleaux 5, 6, pour une meilleure lecture de cette
figure 1. On constate que la portion pliée de la plaque 4 pénètre dans l'espacement
8 entre les deux rouleaux 5, 6. Il en est de même du poinçon 7 qui dispose d'une largeur
correspondant à la largeur l1 de la plaque 4.
[0033] Sur la figure 1, la matrice 1 comprend un support intermédiaire 9, optionnel, sa
présence étant éventuellement conseillée pour limiter le fléchissement des rouleaux
5, 6 durant l'actionnement du poinçon 7, lesdits rouleaux 5, 6 prenant appui sur ce
support intermédiaire 9. A la lecture de la figure 1, on comprend que l'absence de
ce support intermédiaire 9 permet à la plaque 4 de descendre dans l'espacement 8 situé
entre les deux rouleaux 5, 6, jusqu'au fond de la matrice 1 schématisé par la plan
P2, ce qui permet de réaliser le pliage de la plaque 4 avec de faibles angles de pliage.
En la présence de ce support intermédiaire 9, celui-ci peut être décalé par rapport
à la plaque 4, pour ne pas interférer sur le pliage de cette plaque 4. Lorsque le
support intermédiaire 9 est disposé sous la plaque 4, celui comprend une encoche 10
qui évite toute interférence sur le pliage de cette plaque 4. Le dimensionnement de
cette encoche 10 sera réalisé en tenant compte des préconisations d'utilisation de
la matrice 1. On pourrait aussi envisager deux supports intermédiaires 9 espacés l'un
de l'autre d'un distance supérieur à la largeur l1 de la plaque 4 et à celle du poinçon
7, pour être décalé de la zone de travail du poinçon 7 sur la plaque 4.
[0034] Les figures 2 et 3 illustrent deux variantes de réalisation, non limitatives, des
supports principaux 2, 3. Sur la figure 2, deux alésages 11, 12 sont agencés sur la
partie supérieure 2a, 3a du support principal 2, 3 et débouchent partiellement sur
son bord supérieur 13. De même, deux alésages 14, 15 sont agencés sur la partie inférieure
2b, 3b dudit support 2, 3 et débouchent partiellement sur son bord inférieur 16. Ces
alésages 11, 12, 14, 15 sont dimensionnés pour recevoir en liaison pivot les extrémités
5a, 5b, 6a, 6b des deux rouleaux 5, 6. Ces alésages 11, 12, 14, 15 sont rectifiés
et présentent de préférence un traitement de surface qui réduit les frottements des
rouleaux 5, 6. Cette conception facilite une lubrification éventuelle des alésages
11, 12, 14, 15 pour réduite encore plus les frottements avec les rouleaux 5, 6.
[0035] Les deux premiers alésages 11, 12 constituent un premier jeu de liaison pivot avec
les rouleaux 5, 6 qui présentent un premier écartement E1, par exemple de 120 mm.
Les deux seconds alésages 14, 15 constituent un second jeu de liaison pivot avec les
rouleaux 5, 6 qui présentent un second écartement E2, par exemple de 100 mm. Le support
principal 2, 3 présente sur son bord supérieur 13 et sur son bord inférieur 16 deux
épaulements 17, 18 dont les dimensions sont adaptées au système de fixation mis en
oeuvre sur la table de la presse-plieuse, ce qui est déjà connu sur les matrices de
pliage antérieures. La conception selon l'invention permet toutefois, à la différence
des matrices de pliage antérieures, de retourner les supports principaux 2, 3 et de
les fixer sur la table de la presse-plieuse, pour régler soit un espacement E1 soit
un espacement E2 entre les deux rouleaux 5,6.
[0036] Le principe est exactement le même sur le mode de réalisation du support principal
2, 3 illustré en figure 3. On retrouve en effet les quatre alésages 11, 12, 14, 15,
la seule différence étant que les deux alésages 14, 15 sont pleins et décalés dans
la matière par rapport au bord inférieur 16 dudit support 2, 3. Les deux premiers
alésages 11, 12 constituent un premier jeu de liaison pivot avec les rouleaux 5, 6
qui présentent un troisième écartement E3, par exemple de 80 mm. Les deux seconds
alésages 14, 15 constituent un second jeu de liaison pivot avec les rouleaux 5, 6
qui présentent un quatrième écartement E4, par exemple de 45 mm. On retrouve également
l'épaulement 18 sur le bord inférieur 16 du support 2, 3. Une rainure 20 remplace
l'épaulement 17 sur le bord supérieur 13 dudit support 2, 3, cette rainure 20 étant
également adaptée au système de fixation mis en oeuvre sur les presse-plieuse, comme
cela existe déjà sur les matrices de pliage antérieures. Ce mode de conception de
la figure 3 permet également de retourner le support principal 2, 3 pour régler les
rouleaux 5, 6 soit à un espacement E3 soit à un espacement E4.
[0037] Sur les figures 4 et 5 sont illustrées deux variantes non limitatives de supports
intermédiaires 9. Sur ces figures 4 et 5, le support intermédiaire 9 comprend sur
son côté supérieur 9a deux cavités 21, 22 semi-cylindriques qui sont de préférence
également rectifiées et traitées afin de réduire le frottement des rouleaux 5, 6 qui
prennent simplement appui sur lesdites cavités 21, 22, comme l'illustre la figure
1. Ces deux cavités 21, 22 présentent un espacement E5 qui correspond à l'un des quatre
espacements E1, E2, E3, E4 précités, voire à tout autre espacement pouvant être mise
en oeuvre. Sur la figure 4, le support intermédiaire 9 comprend sur son bord inférieur
19, un épaulement 23 similaire aux épaulements 17, 18 mis en oeuvre sur le support
principal 2, 3 de la figure 2. Sur la figure 5, le support intermédiaire 9 comprend
sur son bord inférieur 19, une rainure 24 similaire à la rainure 20 mise en oeuvre
sur le support principal 2, 3 de la figure 3. Sur ces figures 4 et 5, le support intermédiaire
9 comprend une encoche 10 agencée entre les deux cavités 21, 22, cette encoche 10
présentant la forme d'un vé, d'autres formes étant envisageables telles qu'une forme
rectangulaire. On peut également envisager des variantes de support intermédiaire
9, sans encoche 10, comme expliqué précédemment.
[0038] Des variantes de réalisation sont envisageables dans le cadre de l'invention. On
peut par exemple prévoir des paliers de roulement agencés entre les alésages 11, 12,
14, 15 et les extrémités 5a, 5b, 6a, 6b des rouleaux 5, 6. Selon les conceptions décrites
précédemment au travers des figures 1 à 3, les supports principaux 2, 3 sont indépendants
l'un de l'autre, ce qui offre une grande flexibilité de réglage de la distance d1
d'espacement entre ces deux supports principaux 2, 3, en fonction de la largeur l1
de la plaque 4. On pourrait au contraire, dans une variante, prévoir une semelle (non
illustrée) formant avec les deux supports principaux 2, 3 un élément monobloc, cette
semelle comprenant une rainure ou un épaulement similaire aux rainures 20, 24 ou aux
épaulements 17, 18, 23 décrits précédemment, pour la fixation de cette semelle sur
la presse-plieuse. On pourrait aussi, dans une autre variante, prévoir une semelle
telle que précité, avec plusieurs paires de supports principaux 2, 3 qui reçoivent
respectivement en liaison pivot plusieurs paires de rouleaux 5, 6 présentant des espacements
différents.
[0039] Les supports principaux 2, 3 et le support intermédiaire 9 ont la forme d'une plaque
épaisse. Cette épaisseur sera dimensionnée en fonction de plusieurs caractéristiques
telles que la distance d1 entre les deux supports principaux 2, 3, les pressions exercées
par le poinçon 7, l'espacement entre les rouleaux 5, 6, voire d'autres caractéristiques.
[0040] Les supports principaux 2, 3 et intermédiaire 9, et les rouleaux 5, 6 seront réalisés
dans des métaux traités comparables à ceux utilisés pour les matrices de l'art antérieur.
1. Matrice de pliage (1) d'une pièce de chaudronnerie (4) pour une machine de pliage,
comprenant deux supports (2, 3), deux rouleaux (5, 6) parallèles entre eux dans un
plan horizontal (P1) et des moyens de liaison pivot (11, 12, 14, 15) configurés entre
les rouleaux et les supports principaux pour monter en liaison pivot lesdits rouleaux
vis-à-vis desdits supports avec au moins un espacement (E1, E2, E3, E4) entre ces
rouleaux, ledit espacement étant dimensionné pour que la pièce de chaudronnerie prenne
appui sur lesdits rouleaux lors d'un effort exercé vers le bas sur ladite pièce, caractérisée en ce que les deux supports principaux (2, 3) sont espacés l'un de l'autre d'une distance (d1)
dimensionnée pour permettre le passage de ladite pièce durant son pliage entre lesdits
supports.
2. Matrice de pliage (1) selon la revendication 1, dans laquelle les moyens de liaison
pivot comprennent au moins deux jeux de liaison pivot (11, 12, 14, 15) mis en oeuvre
entre les deux rouleaux (5, 6) et les deux supports principaux (2, 3), pour monter
en liaison pivot les rouleaux vis-à-vis desdits supports avec au moins deux espacements
(E1, E2, E3, E4) différents entre ces rouleaux, dimensionnés pour que la pièce de
chaudronnerie (4) prenne appui différemment sur lesdits rouleaux lors d'un effort
exercé vers le bas sur ladite pièce.
3. Matrice de pliage (1) selon la revendication 2, dans laquelle un premier jeu de liaison
pivot (11, 12) est mis en oeuvre à une première hauteur et un second jeu de liaison
pivot (14, 15) est mis en oeuvre à une seconde hauteur, sur les supports principaux
(2, 3).
4. Matrice de pliage (1) selon la revendication 3, dans laquelle les supports principaux
(2, 3) comprennent des premiers moyens de fixation (18) sur leurs côtés inférieurs
(16) et des seconds moyens de fixation (17, 20) sur leurs côtés supérieurs (13), configurés
pour assembler lesdits supports sur une machine de pliage, selon deux sens opposés
permettant d'intervertir la position des deux jeux de liaison pivot (11, 12, 14, 15).
5. Matrice de pliage (1) selon l'une des revendication 1 à 4, laquelle comprend au moins
un support intermédiaire (9) configuré pour être positionné entre les deux supports
principaux (2, 3), en-dessous des deux rouleaux (5, 6), ledit au moins un support
intermédiaire comprenant sur son côté supérieur (9a) deux cavités (21, 22) semi-cylindriques
configurées pour réceptionner en appui les deux rouleaux montés en liaison pivot (11,
12, 14, 15) vis-à-vis des deux supports principaux (2, 3).
6. Matrice de pliage (1) selon la revendication 5, dans laquelle l'au moins un support
intermédiaire (9) comprend sur son côté supérieur, une encoche (10) configurée entre
les deux cavités (21, 22) pour recevoir la pièce de chaudronnerie (4) durant son pliage.
7. Matrice de pliage (1) selon la revendication 6, dans laquelle l'encoche (10) présente
la forme d'un vé.
8. Matrice de pliage (1) selon l'a revendication 5, dans laquelle l'au moins un support
intermédiaire (9) est configuré pour être décalé de la pièce de chaudronnerie à plier.
9. Matrice de pliage (1) selon la revendication 8, laquelle comprend deux supports intermédiaires
(9) espacés l'un de l'autre d'une distance dimensionnée pour permettre le passage
de la pièce de chaudronnerie (4) durant son pliage entre lesdits supports intermédiaires.
10. Matrice de pliage (1) selon l'une des revendications 1 à 9, dans laquelle les moyens
de liaison pivot sont mis en oeuvre par d'alésages (11, 12, 14, 15) sur les supports
principaux (2, 3) configurés pour recevoir directement en liaison pivot, chacun, une
portion (5a, 5b, 6a, 6b) de rouleau (5, 6).
11. Matrice de pliage (1) selon l'une des revendications 1 à 9, dans laquelle les moyens
de liaison pivot sont mis en oeuvre par des paliers de roulement agencés sur les supports
principaux (2, 3) et configurés pour recevoir chacun une portion (5a, 5b, 6a, 6b)
de rouleau (5, 6).
12. Matrice de pliage (1) selon l'une des revendications 1 à 11, laquelle comprend une
semelle formant un élément monobloc avec les deux supports principaux (2, 3), de moyens
de fixation étant mis en oeuvre sur la semelle pour assembler l'ensemble monobloc
sur la machine de pliage.