[0001] La présente invention concerne le domaine des dispositifs de sécurité. Il est connu
de réaliser un dispositif de sécurité et de l'associer à un document sensible en termes
de sécurité, tel un document identitaire, afin de sécuriser ledit document. Un dispositif
de sécurité efficace se caractérise en ce qu'il est : difficile à produire ou reproduire,
et difficile à modifier de manière indétectable.
[0002] De manière connue, un document identitaire comprend une image associée au titulaire
du document identitaire, telle une photo d'identité. Un contrôle d'identité peut ainsi
comparer une image comprenant une photo du titulaire, présente sur le document identitaire,
avec une acquisition réalisée sur le porteur du document identitaire, afin de vérifier
si l'acquisition correspond biométriquement, ou non, à l'image, afin de déterminer
si le porteur est, ou non, le titulaire qu'il prétend être.
[0003] Une telle comparaison est d'autant plus probante que l'image présente sur le document
identitaire représente effectivement le titulaire autorisé. Pour cela il convient
que cette image soit bien celle, authentique et originale, disposée par une autorité
de délivrance, et qu'elle n'ait pas pu être modifiée depuis la délivrance.
[0004] Afin qu'un faussaire ne puisse ni remplacer ni modifier l'image sur le document identitaire,
pour, par exemple tenter de reproduite l'apparence d'un porteur différend du titulaire,
cette image est avantageusement assortie d'un dispositif de sécurité. Le dispositif
de sécurité est avantageusement intimement lié à ladite image, afin que les caractéristiques
de sécurité et d'authentification du dispositif de sécurité s'appliquent aussi à l'image.
[0005] Le document
WO 01/60047 A2 divulgue les caractéristiques de la préambule de la revendication 1.
[0006] La présente invention propose un mode de vérification multimodal apte à vérifier
un dispositif de sécurité comprenant une image, en permettant de détecter et discriminer
différentes contrefaçons possibles.
[0007] La présente invention a pour objet un procédé de vérification d'un dispositif de
sécurité comprenant une image comportant une signature, comprenant les étapes suivantes
: acquisition de l'image selon un premier spectre optique pour obtenir une première
représentation, extraction de la signature, et vérification de la signature, caractérisé
en ce que la signature est colorimétrique et comprend une orientation particulière
d'une planche de couleur, ou la signature est fréquentielle, l'image comprenant au
moins une période spatiale de référence.
[0008] Selon une autre caractéristique, la signature est fréquentielle, l'image comprenant
au moins une période spatiale de référence, et le procédé comprend encore les étapes
suivantes : application d'une transformation spectrale à la première représentation,
pour obtenir une première transformée comprenant au moins une première période spatiale,
vérification que la valeur de la (ou des) période(s) spatiale(s) corresponde(nt) à
la valeur de la (ou des) période(s) spatiales de référence.
[0009] Selon une autre caractéristique, l'image est visible selon le premier spectre optique
et au moins un deuxième spectre optique et le procédé comprend encore les étapes suivantes
: acquisition de l'image selon le deuxième spectre optique pour obtenir une deuxième
représentation, vérification que les deux représentations sont graphiquement sensiblement
identiques, vérification qu'une distance entre les deux représentations est inférieure
à un seuil.
[0010] Selon une autre caractéristique, le seuil est égal à 10 µm, préférentiellement égal
à 5 µm.
[0011] Selon une autre caractéristique, la distance entre les deux représentations est déterminée
en identifiant, au moyen d'un algorithme de recalage, une transformation pour laquelle
une des représentations est image de l'autre représentation.
[0012] Selon une autre caractéristique, le premier spectre optique est situé dans le spectre
visible et/ou le deuxième spectre optique est situé dans l'infrarouge.
[0013] Selon une autre caractéristique, le procédé comprend encore les étapes suivantes
: application de la même transformation à la deuxième représentation, pour obtenir
une deuxième transformée, vérification que la première transformée est sensiblement
égale à la deuxième transformée.
[0014] Selon une autre caractéristique, le procédé comprend encore une étape de : vérification
que la valeur de la (ou des) période(s) spatiale(s) de la deuxième transformée corresponde(nt)
à la valeur de la (ou des) période(s) spatiales de référence.
[0015] Selon une autre caractéristique, la transformation spectrale est appliquée sur au
moins une partie de la première représentation et/ou sur la même au moins une partie
de la deuxième représentation.
[0016] Selon une autre caractéristique, la transformation spectrale est appliquée sur au
moins deux parties d'une représentation, et le procédé comprend encore une étape de
: vérification que les transformées des différentes parties sont sensiblement égales.
[0017] Selon une autre caractéristique, le procédé comprend encore une étape de : vérification
que les deux représentations sont colorimétriquement différentes.
[0018] Selon une autre caractéristique, l'image représente une partie du corps, préférentiellement
le visage, l'oeil, ou le doigt, d'un titulaire associé au dispositif de sécurité et
le procédé comprend encore les étapes de : acquisition d'une image de la partie du
corps auprès d'un porteur du dispositif de sécurité, vérification que l'image acquise
correspond biométriquement à la première représentation, et/ou vérification que l'image
acquise correspond biométriquement à la deuxième représentation.
[0019] Selon une autre caractéristique, le dispositif de sécurité est associé à un moyen
de stockage numérique comprenant une représentation numérique de l'image, et le procédé
comprend encore les étapes de : lecture de la représentation numérique de l'image,
vérification que la représentation numérique est sensiblement identique à la première
représentation, et/ou vérification que la représentation numérique est sensiblement
identique à la deuxième représentation.
[0020] Selon une autre caractéristique, le procédé comprend encore une étape de : vérification
que l'image acquise correspond biométriquement à la représentation numérique.
[0021] L'invention concerne encore un appareil de vérification comprenant des moyens de
mise en œuvre d'un tel procédé de vérification.
[0022] L'invention concerne encore un programme d'ordinateur comprenant une suite d'instructions
logiques aptes à mettre en œuvre un tel procédé de vérification.
[0023] L'invention concerne encore un support de données informatiques comprenant un tel
programme d'ordinateur.
[0024] D'autres caractéristiques, détails et avantages de l'invention ressortiront plus
clairement de la description détaillée donnée ci-après à titre indicatif en relation
avec des dessins sur lesquels :
- la figure 1 illustre un document identitaire comprenant une image associée à un dispositif
de sécurité,
- la figure 2 illustre une étape du procédé de vérification, effectuant une comparaison
entre deux représentations de l'image acquises selon des spectres optiques différents,
- la figure 3 illustre une autre étape du procédé de vérification, utilisant une transformation
spectrale,
- la figure 4 illustre une possible contrefaçon, qu'une transformation spectrale permet
de détecter.
[0025] La figure 1 illustre un document identitaire 20 comprenant au moins une image 2.
Le document identitaire 20 peut, le cas échéant, comprendre d'autres éléments 21.
L'image 2 est réalisée de manière à intégrer un dispositif de sécurité 1. Selon une
caractéristique le dispositif de sécurité 1 consiste en ce que l'image 2 comporte
une signature. Une signature est une caractéristique spécifique de l'image 2 apte
à pouvoir être détectée, typiquement par un outil d'analyse. Une signature est le
plus souvent une conséquence du mode de réalisation ou d'une machine utilisée pour
réaliser l'image 2. Une signature peut être ainsi intrinsèquement liée au mode de
réalisation. Alternativement une signature peut être volontairement introduite dans
l'image 2, afin de pouvoir y être détectée pour vérification.
[0026] La nature d'une signature peut être très diverse. Plusieurs exemples, non limitatifs,
seront décrits par la suite.
[0027] La vérification d'un tel dispositif de sécurité 1 comprend les étapes suivantes.
Une première étape réalise une acquisition de l'image 2 selon le premier spectre optique
pour obtenir une première représentation 3.
[0028] Une telle acquisition est réalisée en éclairant l'image 2 avec un éclairage selon
le spectre optique souhaité et en réalisant la représentation 3,4 par une acquisition,
typiquement au moyen d'un capteur d'image, sensible dans ledit spectre optique souhaité.
Le résultat obtenu, soit une représentation 3,4 est une image, pouvant être numérisée
et stockée dans une mémoire informatique et classiquement organisée sous forme d'une
image, soit une matrice bidimensionnelle de pixels.
[0029] Un spectre optique peut être défini, dans la présente, par au moins une bande de
fréquence optique. Un spectre optique peut ainsi être tout ou partie du spectre infrarouge,
tout ou partie du spectre X, tout ou partie du spectre ultraviolet, ou encore tout
ou partie du spectre visible, ou une combinaison quelconque des précédents.
[0030] Ainsi l'obtention d'une représentation 3,4 dans un spectre optique, tel que par exemple
le spectre optique infrarouge, suppose un éclairage de l'image 2 par une source couvrant
au moins le spectre optique infrarouge souhaité et l'acquisition simultanée de la
représentation 3,4 au moyen d'un capteur, telle une caméra, sensible au moins dans
le spectre optique infrarouge souhaité. La représentation obtenue est une image, matrice
bidimensionnelle de pixels, où chaque pixel comprend une unique intensité, indicative
du rayonnement optique, dans le spectre optique considéré, réfléchi par l'image 2.
Une telle représentation 3,4 a généralement la forme d'une image monochrome.
[0031] Dans le cas particulier d'un spectre optique comprenant au moins partiellement le
spectre optique visible, un pixel peut comprendre plusieurs intensités, indicatives
des intensités de couleurs élémentaires. Une représentation 3,4 a alors la forme d'une
image polychrome, soit la forme d'une superposition de plusieurs images monochromes,
dites images composantes.
[0032] Au cours d'une deuxième étape, il est ensuite procédé à une extraction de la signature.
Le mode opératoire de cette étape d'extraction dépend de la nature de la signature.
Au cours d'une troisième étape, la signature est vérifiée, pour contrôler que la signature
extraire de la représentation 3 issue de l'image 2 correspond bien à une signature,
telle qu'elle doit être présente, en ce qu'elle a été introduite et insérée dans l'image
2 lors de la fabrication de l'image 2. Le mode opératoire de cette étape de vérification
dépend encore de la nature de la signature et est détaillé plus avant.
[0033] Selon un premier mode de réalisation, la signature est colorimétrique. Ceci recouvre
encore de nombreux modes opératoires, qui sont illustrés par des exemples non limitatifs.
Une idée générale de ce type de signature est de tirer profit de l'avance technologique,
en termes de moyens de fabrication et de moyens de vérifications, généralement constatée
entre les industriels du domaine des dispositifs de sécurité et/ou les officines gouvernementales
délivrant les documents identitaires, relativement à des contrefacteurs.
[0034] Selon le premier mode de réalisation la signature colorimétrique utilise l'orientation
d'une planche de couleur donnée. Ainsi, dans un procédé d'impression offset, chaque
couleur de base (par exemple RGB(K) ou CMY(W), typiquement au nombre de 2 à 5, est
imprimée au moyen d'une planche de couleur. Afin d'éviter des effets de moiré préjudiciables,
chaque telle planche de couleur est orienté selon un angle différent, afin que chaque
planche de couleur soit angulairement espacée relativement aux autres. Ainsi l'angle
de chaque planche de couleur est caractéristique d'une machine d'impression.
[0035] Un mesure très précise de ce jeu d'angles, ou même une modification volontaire d'au
moins un angle, peut permettre d'identifier et/ou de particulariser une machine d'impression,
et en généralisant un organisme émetteur. Avec des outils de vérification précis,
il est ainsi possible d'utiliser au moins un angle de ce jeu d'angles comme signature.
[0036] Un deuxième exemple non revendiqué de signature colorimétrique utilise la teinte
précise de chaque planche de couleur. Chaque planche de couleur comprend une couleur
de base. Les différentes couleurs des différentes planches de couleur définissent
ainsi une base colorimétrique, à l'instant d'une base vectorielle. Les couleurs de
base doivent comprendre des couleurs sensiblement répartie afin de disposer d'une
bonne puissance d'expression colorimétrique. Il est ainsi connu d'utiliser une base
RGB : Rouge Vert (Green) et Bleu, éventuellement complétée par du Blanc (White) et/ou
du Noir (blacK). Une autre base est CMY : Cyan Magenta et Jaune (Yellow). Mais il
est possible de définir n'importe quel n-uplet de couleurs de base, ou encore en partant
d'un triplet classique de légèrement modifier au moins une des couleurs de base en
décalant sa teinte de quelques %. Une mesure précise peut ainsi permettre de détecter
avec précision une machine d'impression, en tablant uniquement sur les inévitables
dispersions d'une machine à l'autre ou encore en créant un décalage volontaire. Un
décalage volontaire est avantageux en ce qu'il peut permettre de particulariser toutes
les machines d'une même entité et ainsi caractérisé un émetteur, tel un service ou
un état.
[0037] Un troisième exemple non revendiqué de signature colorimétrique est l'utilisation
d'une teinte particulière. Une telle teinte, combinaison particulière des couleurs
de base peut ainsi être employée pour réaliser une partie spécifique d'une image 2.
Il peut, par exemple, s'agir d'un cadre, ou même d'un point particulier, réalisé avec
une définition de teinte, absolue ou relative donnée, apte à être vérifiée avec une
grande précision. La position du point utilisé peut être partie à la signature.
[0038] Selon un autre mode de réalisation, la signature est fréquentielle. Pour cela l'image
2 comprend au moins un période spatiale de référence. Ici encore plusieurs modes de
réalisation sont possibles et certains sont illustrés plus avant. La période spatiale
de référence peut être intrinsèque en ce qu'elle est introduite par le procédé de
fabrication de l'image 2 ou elle peut encore être artificielle, en ce qu'elle est
ajoutée à l'image.
[0039] La présence d'au moins une telle période spatiale de référence constitue une signature
dont il est possible de vérifier la présence et la qualité. Du fait du mode de réalisation
de l'image 2, la ou les périodes 6,7 est (sont) intégrée(s) dans la totalité de la
surface d'une représentation 3,4, et doit (doivent) être égales à la ou les période(s)
spatiale(s) de référence telle(s) que présente(s) dans le dispositif de sécurité 1
à l'origine.
[0040] L'extraction de la signature est alors réalisée au moyen des étapes suivantes. Il
est appliqué une transformation 8 spectrale à la première représentation 3. Ceci permet
d'obtenir une première transformée 9.
[0041] Une telle transformation 8 spectrale se caractérise en ce qu'elle met en évidence
dans l'image/représentation à laquelle elle est appliquée, du fait d'une décomposition
en série de fonctions périodiques, les fréquences spatiales présentes dans ladite
image/représentation. Une telle transformation 8 spectrale peut être toute transformation
réalisant une décomposition selon une série de fonctions. Une transformation de ce
type couramment utilisée, en ce qu'elle dispose avantageusement d'une implémentation
numérique efficace et rapide, est une transformée de fourrier rapide (en anglais :
fast fourrier transform, FFT). Une telle transformation peut être monodimensionnelle.
Dans le cas d'une transformation 8 applicable à une image, il existe une version bidimensionnelle
de cette transformation (transformée de fourrier rapide bidimensionnelle, FT2), qui
transforme une représentation 3,4, homogène à une image, en un spectre/transformée
9,10, lui-même homogène à une image. Un point de forte intensité, figuré par un point
noir sur les figures, est indicatif d'une période spatiale 6,7, présente dans la représentation
3,4.
[0042] Il est ensuite procédé à une étape de vérification absolue, vérifiant que la valeur
de la (ou des) période(s) spatiale(s), au moins les plus remarquables, de référence
corresponde(nt) à la valeur de la (ou des) période(s) 6 de la première transformée
9.
[0043] Cette correspondance est vérifiée en s'accordant une tolérance afin de tenir compte
des éventuelles erreurs de mesure et/ou de calcul. Il est ainsi vérifié qu'un point
de la transformée 9, figurant une période spatiale, correspond bien à une période
spatiale de référence, à une tolérance près.
[0044] La valeur de cette tolérance doit pouvoir être configurée afin de tenir compte des
performances du capteur optique utilisé. Une tolérance égale à 50 µm peut être employée
pour un capteur peu performant. Cependant cette tolérance est choisie aussi petite
que possible. Une tolérance préférentiellement égale à 30 µm, et encore préférentiellement
égal à 10 µm, est retenue si les performances du capteur le permettent. Dans le cas
d'utilisation d'un capteur mobile, tel la caméra d'un smartphone, la valeur du seuil
peut être adaptée en fonction de la distance, variable, de prise de vue.
[0045] Cette étape de vérification fréquentielle, permet de vérifier que l'image 2 correspond
à l'image d'origine telle que réalisée par l'organisme émetteur du dispositif de sécurité
1, en ce qu'elle comporte bien les fréquences de référence présentes à l'origine.
Ceci peut permettre de discriminer une contrefaçon tentant de modifier tout ou partie
de l'image 2 sans en respecter lesdites fréquences de référence.
[0046] Selon une autre caractéristique, l'image 2 est réalisée de telle manière à être visible
selon un premier spectre optique et au moins un deuxième spectre optique. Le premier
spectre optique et ledit au moins un deuxième spectre optique sont avantageusement
disjoints, deux à deux.
[0047] Il sera détaillé plus avant plusieurs modes de réalisation permettant d'obtenir une
telle caractéristique de l'image 2. Il convient de noter que ce qui caractérise le
dispositif de sécurité 1 est que, par construction, un même composant constitutif
de l'image 2 est visible selon un premier spectre optique et selon au moins un deuxième
spectre optique.
[0048] Il peut encore être noté qu'une telle caractéristique permet au dispositif de sécurité
1 d'être intimement lié avec l'image 2, rendant ainsi toute dissociation quasiment
impossible. Un tel dispositif de sécurité 1, s'il est vérifié, authentifie ainsi de
manière relativement certaine, son authenticité et son origine, et ainsi l'authenticité
et l'origine de l'image 2.
[0049] La vérification d'un tel dispositif de sécurité 1 comprend les étapes suivantes,
illustrées en référence à la figure 2. Une première étape réalise une acquisition
de l'image 2 selon le premier spectre optique pour obtenir une première représentation
3. Une deuxième étape réalise une acquisition de l'image 2 selon le deuxième spectre
optique pour obtenir une deuxième représentation 4.
[0050] Une telle acquisition est réalisée en éclairant l'image 2 avec un éclairage selon
le spectre optique souhaité et en réalisant la représentation 3,4 par une acquisition,
typiquement au moyen d'un capteur d'image, sensible dans ledit spectre optique souhaité.
Le résultat obtenu, soit une représentation 3,4 est une image, pouvant être numérisée
et stockée dans une mémoire informatique et classiquement organisée sous forme d'une
image, soit une matrice bidimensionnelle de pixels.
[0051] Un spectre optique peut être défini, dans la présente, par au moins une bande de
fréquence optique. Un spectre optique peut ainsi être tout ou partie du spectre infrarouge,
tout ou partie du spectre X, tout ou partie du spectre ultraviolet, ou encore tout
ou partie du spectre visible, ou une combinaison quelconque des précédents.
[0052] Ainsi l'obtention d'une représentation 3,4 dans un spectre optique, tel que par exemple
le spectre optique infrarouge, suppose un éclairage de l'image 2 par une source couvrant
au moins le spectre optique infrarouge souhaité et l'acquisition simultanée de la
représentation au moyen d'un capteur, telle une caméra, sensible au moins dans le
spectre optique infrarouge souhaité. La représentation obtenue est une image, matrice
bidimensionnelle de pixels, où chaque pixel comprend une unique intensité, indicative
du rayonnement optique, dans le spectre optique considéré, réfléchi par l'image 2.
Une telle représentation 3,4 a généralement la forme d'une image monochrome.
[0053] Dans le cas particulier d'un spectre optique comprenant au moins partiellement le
spectre optique visible, un pixel peut comprendre plusieurs intensités, indicatives
des intensités de couleurs élémentaires. Une représentation 3,4 a alors la forme d'une
image polychrome, soit la forme d'une superposition de plusieurs images monochromes,
dites images composantes.
[0054] Il a été vu que, par construction, un même composant constitutif de l'image 2, forme
l'image 2 et est visible selon les différents spectres optiques. Cette caractéristique
est mise à profit pour la vérification, qui compare les deux représentations 3,4 afin
de vérifier que les deux représentations 3,4 sont graphiquement sensiblement identiques.
De plus au cours d'une deuxième étape, il est vérifié que les deux représentations
3,4 ne sont pas décalées l'une par rapport à l'autre, en ce qu'une distance 5 entre
les deux représentations 3,4 reste inférieure à un seuil.
[0055] Ainsi, tel qu'illustré à la figure 2, il est vérifié que la première représentation
3 figure un premier motif qui est sensiblement identique graphiquement à un deuxième
motif figuré par la deuxième représentation 4.
[0056] Cette première étape vérifiée, il est possible de déterminer une distance entre le
premier motif et le deuxième motif et de vérifier que cette distance est inférieure
à un seuil.
[0057] Il s'ensuit que le dispositif de sécurité 1 est vérifié si et seulement si, les deux
tests précédents sont validés : le premier motif est graphiquement sensiblement identique
au deuxième motif, et la distance entre les deux motifs est inférieure au seuil.
[0058] Tel qu'est conçu le dispositif de sécurité 1, un même composant de l'image 2 est
visible selon le premier spectre optique et selon ledit au moins un deuxième spectre
optique. Aussi un décalage ou une distance entre les deux représentations 3,4 est
théoriquement nul. Afin de tenir compte des imprécisions de mesure et/ou de calcul,
une tolérance est introduite sous forme dudit seuil. Cependant ce seuil peut être
choisi très petit. Afin de permettre une discrimination entre un dispositif authentique,
où l'image visible selon un premier spectre optique est réalisée conjointement et
simultanément avec l'image visible selon un deuxième spectre optique, et une éventuelle
contrefaçon qui réaliserait, en deux étapes, une première image visible selon un premier
spectre optique et une deuxième image visible selon un premier spectre optique, alignée
avec la première image, il convient que ledit seuil soit inférieur aux capacités d'alignement
(en anglais : registration) des technologies et machines de production actuelles.
Un seuil égal à 10 µm, préférentiellement égal à 5 µm, répond à ce besoin, en ce qu'une
telle performance d'alignement est inatteignable quelle que soit la technologie employée.
[0059] Il a été vu qu'une première étape de vérification consistait à comparer la première
représentation 3 avec la deuxième représentation 4 et à tester l'identité graphique
des deux représentations. De nombreuses techniques de traitement d'image sont applicables
pour réaliser une telle comparaison.
[0060] Selon un mode de réalisation illustratif, l'identité entre les deux représentations
3,4 peut être vérifiée en identifiant, au moyen d'un algorithme connu de recalage,
une transformation permettant de passer d'une représentation 3 à l'autre représentation
4. Dans ce cas la vérification est acquise si ladite transformation est suffisamment
proche de la transformation identité. Un avantage de cette approche est que l'identification
de la transformation fournit encore, en tant que module de cette transformation, la
distance entre les deux représentations 3,4, qui peut alors être comparée au seuil.
[0061] Dans le cas où l'une au moins des représentations 3,4 est une image polychrome, la
comparaison peut être appliquée sur l'une quelconque des images composantes de ladite
image polychrome, ou encore après un prétraitement de l'image polychrome afin de la
rendre monochrome, par quelque méthode que ce soit (moyenne, saturation, etc...).
[0062] Les deux spectres optiques peuvent être quelconques, dès lors que l'on dispose d'un
composant, visible simultanément selon ces deux spectres optiques et apte à entrer
dans la réalisation de l'image 2.
[0063] Avantageusement, afin de permettre certains tests à l'œil nu, un des spectres optiques
est situé dans le spectre visible. Un spectre optique inclus dans le spectre visible
présente encore l'avantage de simplifier l'éclairage de l'image 2 lors de la réalisation
de l'acquisition, puisqu'il peut être réalisé par la lumière du jour ou encore par
tout type d'éclairage artificiel habituel.
[0064] L'utilisation du spectre visible est encore avantageuse en ce qu'elle permet d'obtenir
une représentation polychrome. Comme il est décrit plus avant, la polychromie peut
fournir une vérification supplémentaire.
[0065] Alternativement, un des spectres optiques peut être situé dans l'ultraviolet, UV.
[0066] Alternativement, un des spectres optiques peut être situé dans l'infrarouge, IR.
[0067] De tels spectres optiques, non situés dans le visible, améliorent la sécurité en
ce que leur utilisation n'est pas nécessairement détectée par un contrefacteur. Ils
compliquent légèrement l'étape de vérification en ce qu'un éclairage et un moyen d'acquisition
spécifique sont nécessaires. Cependant il convient de noter, dans le cas d'un document
identitaire 20, que les officines de contrôle, tels les postes frontières, sont le
plus souvent déjà équipés de scanners aptes à réaliser une acquisition IR ou UV.
[0068] Les modes de réalisation de l'image 2, permettant qu'elle soit visible selon au moins
deux spectres optiques, sont détaillés plus avant.
[0069] Certains de ces modes de réalisation contribuent, intrinsèquement ou artificiellement,
à doter l'image 2 d'une signature fréquentielle, de manière à ce qu'elle comprenne
au moins une période spatiale.
[0070] Il a été vu précédemment que la signature fréquentielle d'une image 2 peut être vérifiée
de manière absolue.
[0071] Lorsque l'image 2 est visible selon au moins deux spectres optiques, il est encore
possible d'appliquer une vérification relative. Pour cela, il est encore appliqué
la même transformation 8 à la deuxième représentation 4. Ceci permet d'obtenir une
deuxième transformée 10.
[0072] A partir de ces transformées 9,10, il peut être vérifié que la première transformée
9 est sensiblement égale à la deuxième transformée 10.
[0073] Cette égalité peut être testée selon de nombreuses méthodes. Si les transformées
9,10 sont des images, il est possible de leur appliquer toutes les méthodes de comparaison
d'image, telles que la méthode précédemment décrite pour comparer les représentations
et vérifier qu'elles sont identiques (identification du recalage).
[0074] Dans tous les cas, les transformées 9,10 figurent des points caractéristiques des
périodes remarquables. Il est possible d'utiliser des méthodes extrayant un ensemble
des p périodes les plus remarquables pour chacune des transformées 9,10 et de comparer
les p périodes de chacun des ensembles. On considère que deux transformées sont égales
si au moins une certaines parties des périodes remarquables d'une transformée 9 se
retrouvent dans l'ensemble des périodes remarquables de l'autre transformée 10.
[0075] Si une égalité est trouvée, l'étape de vérification est positive et le dispositif
de sécurité 1 est réputé vérifié et donc valide. A défaut, l'étape de vérification
est négative et le dispositif de sécurité 1 et/ou son authenticité sont mis en doute.
[0076] L'étape de vérification précédente est relative en ce qu'elle compare les transformées
9,10 respectives des deux représentations 3,4. Ceci permet de vérifier que l'image
2 a bien été réalisée conjointement, pour sa partie 3 visible selon un premier spectre
optique et pour sa partie 4 visible selon au moins un deuxième spectre optique, et
que l'on retrouve sensiblement les mêmes spectres fréquentiels dans les deux représentations
3,4, indicatifs de la présence d'une même signature fréquentielle 5 d'origine.
[0077] L'étape de vérification absolue, réalisée pour la première transformée 9, peut encore
être appliquée à la deuxième transformée 10, afin de vérifier que la (ou les) période(s),
au moins les plus remarquables de référence sont bien présentes dans la (ou les) période
(s) 7 de la deuxième transformée (10). Cette deuxième étape de vérification fréquentielle,
permet de vérifier que la périodicité particulière de l'image 2 correspond à celle
réalisée par l'organisme émetteur du dispositif de sécurité 1.
[0078] Selon un premier mode de réalisation, la transformation 8 spectrale est appliquée
à la totalité de la première représentation 3 et/ou, de même, à la totalité de la
deuxième représentation 4.
[0079] Alternativement, selon un autre mode de réalisation, la transformation 8 spectrale
est appliquée à au moins une partie de la première représentation 3 et sur la même
au moins une partie de la deuxième représentation 4. Chacune des transformées partielles
peut alors être comparée, à une transformée partielle de l'autre représentation, par
exemple à la transformée partielle correspondante, cette comparaison pouvant être
réalisée partie à partie, mais pas nécessairement, et/ou à une autre transformée partielle
de la même représentation.
[0080] Un intérêt d'une vérification utilisant une transformation spectrale 8 va maintenant
être illustré en relation avec la figure 4.
[0081] Il est supposé qu'une image 2 est contrefaite afin d'en modifier au moins une partie
l1. Ainsi, tel qu'illustré à la figure 4, une partie 11 modifiée vise à modifier les
yeux sur une photo d'identité. Alors que l'image d'origine 2 et donc sa représentation
3 comporte une signature fréquentielle 5, la partie 11 modifiée, que ce soit par ajout
ou par remplacement, quelle que soit la technologie employée, a toutes les chances
de présenter une signature fréquentielle 5' différente de la signature fréquentielle
d'origine 5, y compris le cas où aucune signature fréquentielle 5' n'est présente.
Aussi une comparaison des transformées 9,10 spectrales, réalisées sur tout ou partie
d'une représentation 3,4 fait nécessairement apparaître une différence détectable.
[0082] Il va maintenant être décrit plusieurs modes de réalisation permettant d'obtenir
une image 2 comprenant un dispositif de sécurité 1 visible selon un premier spectre
optique et selon au moins un deuxième spectre optique.
[0083] Selon un premier mode de réalisation, un dispositif de sécurité 1 peut être, de manière
connue, une image 2 réalisée par gravure laser monochrome. Un tel dispositif de sécurité
1 est connu et largement répandu dans le domaine technique. Le principe est de disposer
une couche sensible au laser, dans laquelle il est possible de réaliser, au moyen
d'un faisceau laser, une carbonisation localisée. Il est ainsi possible, au moyen
d'un laser, de dessiner et de réaliser une image 2. Ce mode de réalisation permet
de réaliser une image, nécessairement monochrome, telle une photo d'identité. Il est
connu qu'un point de l'image 2, noirci par le laser, est visible dans un premier spectre
optique : le spectre visible et que de plus un point de l'image 2 est encore visible
selon un deuxième spectre optique : le spectre infrarouge.
[0084] Il convient de remarquer ici que cette propriété de visibilité selon au moins deux
spectres optiques est connue est exploitée par les contrôleurs. Il est vérifié, pour
une image obtenue par gravure laser monochrome que l'image est visible dans le spectre
optique visible et que, de plus, l'image est visible dans le spectre optique IR. Ceci
permet au contrôleur de vérifier qu'il est bien en présence d'une image réalisée par
gravure laser monochrome. Cependant aujourd'hui, cette vérification est uniquement
humaine et qualitative : le contrôleur vérifie visuellement qu'une image peut être
vue, selon les deux spectres optiques. Cependant l'art antérieur ne vérifie ni que
les deux représentations 3,4 sont identiques, ni que leur distance est inférieure
à un seuil. L'invention, qui apporte une approche quantitative, permet avantageusement
que ces deux opérations puissent être réalisées automatiquement, avec beaucoup plus
de précision, en incluant la prise de décision.
[0085] Selon un autre mode de réalisation, un dispositif de sécurité 1 peut être une image
2 réalisée par gravure laser couleur. Pour cela, un dispositif de sécurité 1 comprend
un arrangement comprenant une matrice de couleur. La matrice de couleur est un tableau
de pixel, chaque pixel comprenant au moins deux sous-pixels de couleurs avantageusement
élémentaires et différentes. Selon un premier mode de réalisation la matrice de couleur
est sensible au laser, un tir laser permettant sélectivement pour chaque pixel, d'exprimer
une teinte par combinaison des couleurs élémentaires des sous-pixels. Selon un autre
mode de réalisation, la matrice de couleur est insensible au laser, et ledit arrangement
comprend au moins une couche sensible au laser. Ladite au moins une couche sensible
est disposée au-dessus et/ou en-dessous de la matrice de couleur. Une gravure laser,
selon la technologie monochrome précédemment décrite, permet de réaliser, dans ladite
au moins une couche sensible, un masque monochrome, permettant sélectivement pour
chaque pixel d'exprimer une teinte par combinaison des couleurs élémentaires des sous-pixels.
[0086] Ces deux modes de réalisation permettent la réalisation d'une image en couleur par
gravure laser. Ici encore, le point carbonisé par laser constitutif de l'image 2 est
simultanément visible dans le spectre optique visible et dans le spectre optique IR.
Il s'agit donc d'un même composant, qui est ainsi nécessairement situé au même endroit
dans la première représentation 3 ou dans la deuxième représentation 4.
[0087] Selon encore un autre mode de réalisation, un dispositif de sécurité 1 peut être
une image 2 réalisée par une technique d'impression. La technique d'impression peut
être n'importe quelle technique d'impression : offset, sérigraphie, retransfert, sublimation,
jet d'encre, etc..., tant qu'elle utilise une encre comprenant au moins un composant
visible selon le premier spectre optique et le deuxième spectre optique. Ce composant,
intégré dans l'encre, détermine ainsi selon quels spectres optiques l'image 2 peut
être vue. Une image 2 peut ainsi être invisible dans le spectre visible, mais être
visible dans l'IR et dans l'UV. L'impression de l'image 2 crée des points d'image
qui sont simultanément visibles selon les au moins deux spectres optiques. Ici encore,
un point image est un unique composant, nécessairement situé au même endroit dans
la première représentation 3 ou dans la deuxième représentation 4.
[0088] Une technique simplificatrice de contrefaçon consiste à réaliser une image 2 en monochrome.
Ainsi un contrefacteur peut être tenté de réaliser une image 2 monochrome, plus simple
à fabriquer ou nécessitant un outillage plus simple. Ainsi une impression polychrome
peut être remplacée par une impression monochrome. De même un contrefacteur peut être
équipé d'un laser de gravure monochrome, et maitriser cette technologie déjà assez
ancienne, et être tenté de remplacer une image 2 couleur créée par gravure laser,
dont la technologie très récente est encore peu diffusée et vraisemblablement difficilement
accessible à un contrefacteur, par une image 2 monochrome créée par gravure laser.
[0089] Aussi, et pour peu que le dispositif de sécurité 1 authentique comprenne une image
en couleur et que l'un au moins des spectres optiques soit le spectre visible, le
procédé de vérification peut avantageusement comprendre une étape supplémentaire vérifiant
que les deux représentations 3,4 sont colorimétriquement différentes. Ainsi, typiquement,
une des représentations figure une acquisition polychrome de l'image 2 et l'autre
représentation, par exemple parce qu'elle est visible dans un spectre optique situé
hors du spectre visible, figure une acquisition monochrome. Cette étape de vérification,
contrôle une présence effective de couleur l'une des représentations. Les représentations
3,4 sont ici colorimétriquement différentes, même si elles sont graphiquement identiques
(même motif).
[0090] La différence colorimétrique peut être vérifiée par toute méthode de traitement colorimétrique.
Selon un mode de réalisation possible, les représentations 3,4 peuvent être modélisées
selon un modèle colorimétrique CIE Lab. Il peut alors être vérifié que la représentation
réputée être en couleur présente effectivement des valeurs des coefficients a,b généralement
élevées, alors que la représentation réputée être monochrome, est grise, et présente
des valeurs des coefficients a,b faibles. Une approche analogue pourrait utiliser
une conversion des représentations 3,4 selon un modèle HLS, et une observation de
la valeur de la saturation S.
[0091] Il a été vu au moins trois modes de réalisation d'un dispositif de sécurité 1 visible
selon au moins deux spectres optiques : gravure laser monochrome, gravure laser couleur
et impression avec encre spéciale.
[0092] Une image 2 réalisée par gravure laser monochrome comprend une signature fréquentielle
5, du fait que les tirs lasers sont réalisés selon une matrice de tir. Une telle matrice
de tir, par exemple rectangulaire, est avantageusement périodique. Il apparait donc,
spatialement, au moins une période 6,7, par dimension. Dans le cas d'une matrice rectangulaire,
il peut ainsi apparaître une période 6,7 selon un premier axe et une deuxième période
6,7 selon l'autre axe de la matrice.
[0093] Aussi si l'on applique une transformation 8 spectrale à une représentation 3,4 issue
d'une telle image 2, la transformée 9 de la représentation 3 est égale à la transformée
10 de la représentation 4. Cette transformation 8 spectrale fait apparaître, et ce
pour les deux spectres optiques, au moins les deux périodes 6,7. Si la matrice rectangulaire
est orientée parallèle à l'image 2, et que la transformation 8 spectrale est une FFT2,
il apparaitra au moins un premier point 6,7 sur l'axe des ordonnées, représentatif
de la période selon l'axe des abscisses et au moins un deuxième point sur l'axe de
abscisses, représentatif de la période selon l'axe des ordonnées.
[0094] Une image réalisée par gravure laser couleur comprend intrinsèquement, le plus souvent,
une signature fréquentielle 5 en ce que l'arrangement permettant de graver une telle
image 2 en couleur comprend une matrice de couleur. Bien que cela ne soit pas une
obligation, afin de faciliter la gravure, les pixels et les sous-pixels comprenant
les couleurs sont avantageusement disposés dans ladite matrice de couleur de manière
périodique. Il est ainsi possible de trouver, selon au moins une dimension, une période
principale 6,7 correspondant à la distance entre les pixels. De plus, chaque pixel
comprend un nombre n, au moins égal à 2, et classiquement égal à 4 (Cyan, Magenta,
Jaune, Noir), de sous-pixels comprenant chacun une couleur de base. Ces n couleurs
sont avantageusement spatialement équitablement réparties, formant ainsi une période
spatiale secondaire n-sous-multiple de la période principale 6,7.
[0095] Selon un mode de réalisation, la matrice de couleur est arrangée en lignes, par exemple
horizontales, alternant selon une séquence avantageusement identiquement répétée les
n couleurs.
[0096] La matrice de couleur n'est théoriquement visible que dans le spectre optique visible.
Cependant, des points réalisés par gravure laser sont visibles d'une part dans le
spectre optique visible et d'autre part dans le spectre optique infrarouge, IR. Aussi,
dans une image 2 gravée, les points gravés étant nécessairement disposés selon la
matrice de couleur, vont permettre de faire apparaître les périodes spatiales principale
6,7 et secondaire de la matrice de couleur. Cette caractéristique suppose que la densité
de points gravés soit suffisante. Ceci est le cas pour une image complexe et particulièrement
pour une photographie. Les périodes spatiales principale 6,7 et secondaire apparaissent,
tant dans la première transformée 9 issue d'une représentation 3 selon un premier
spectre optique, ici le spectre visible, que dans la deuxième transformée 10 issue
d'une représentation 4 selon un deuxième spectre optique, ici le spectre IR.
[0097] Pour un dispositif de sécurité 1 authentique, la même signature fréquentielle 5 issue
de la matrice de couleur est révélée et mise en évidence par les points gravés et
les deux transformées 9,10 doivent être sensiblement identiques. De plus les périodes
6,7 mises en évidence par la transformation 8 spectrale doivent correspondre aux périodes
principale et le cas échéant secondaire de référence de la signature fréquentielle
5, telle que fabriquée.
[0098] Une image 2 réalisée par un procédé d'impression ne comprend pas nécessairement de
signature fréquentielle 5. Cependant, certains procédés de réalisation peuvent induire
un arrangement périodique des points qui forme alors une signature fréquentielle 5,
dont au moins une période spatiale 6,7 est la distance entre les points. Ce motif
périodique forme ainsi une signature fréquentielle 5 qui peut alors être utilisée
pour vérifier le dispositif de sécurité 1 en appliquant une transformation spectrale
8.
[0099] Selon un autre mode de réalisation, il est encore possible d'inclure dans l'image
2 une signature fréquentielle additionnelle, volontairement ajoutée, par impression
d'un motif périodique. Il est ainsi possible d'insérer une signature fréquentielle
5, dans une image 2, en remplaçant certains points ou lignes, avantageusement périodiquement
disposés, par une couleur donnée. Ainsi, à l'instar d'une matrice de couleur apte
à permettre la réalisation d'une image couleur par gravure laser, ou encore pour tenter
de simuler une telle matrice, il est possible de modifier une image 2 en remplaçant
une ligne sur p par une ligne noire. Ceci modifie suffisamment peu l'image 2 pour
qu'elle reste exploitable, tout en lui conférant une signature fréquentielle 5 utilisable
pour les besoins d'une vérification après application d'une transformation 8 spectrale.
[0100] Si de plus une image 2 est imprimée avec une encre spéciale, il est possible de vérifier
la présence, l'identité et la distance des deux représentations 3,4 issues d'acquisitions
selon au moins deux spectres optiques. Si l'image 2, ou au moins ladite signature
fréquentielle 5 additionnelle est imprimée avec une encre spéciale, la signature fréquentielle
5 ainsi réalisée est visible selon au moins deux spectres optiques et doit être présente
dans les deux transformées 9,10 issues de ces deux représentations 3,4, ces deux transformées
étant alors égales.
[0101] Selon une autre caractéristique l'image 2 représente une partie du corps d'un titulaire
associé au dispositif de sécurité 1. Le procédé de vérification peut encore comprendre
les étapes suivantes. Une première étape consiste en une acquisition d'une image de
ladite partie du corps auprès du porteur du dispositif de sécurité 1. Une deuxième
étape réalise une vérification que cette image acquise correspond biométriquement
à l'image 2 du dispositif de sécurité 1. L'image 2 du dispositif de sécurité 1 est
réputée être une représentation du titulaire autorisé. Aussi si une correspondance
biométrique peut être vérifiée entre une acquisition en direct auprès du porteur accompagnant
le dispositif de sécurité 1, il peut être assumé que le porteur est bien le titulaire
qu'il prétend être.
[0102] Si l'image 2 est visible selon deux spectres optiques, la vérification peut être
doublée, en vérifiant que l'image acquise 13 correspond biométriquement à la première
représentation 3, et/ou en vérifiant que l'image acquise 13 correspond biométriquement
à la deuxième représentation 4.
[0103] Il est ici utilisé le terme de correspondance biométrique car une telle étape, comparant
une acquisition en direct auprès du porteur et une image 2, associée au dispositif
de sécurité 1, issue d'une acquisition ayant été réalisée lors de la délivrance, pouvant
être relativement ancienne, et l'apparence du porteur ayant pu évoluer, est nécessairement
plus complexe qu'une vérification d'identité entre deux images. Les techniques de
correspondance biométriques sont supposées connues.
[0104] Ceci s'applique par exemple au cas où la partie du corps est le visage, l'image 2
représentant alors une photographie d'identité du porteur d'un document identitaire
20 associé au dit dispositif de sécurité 1. Selon un autre mode de réalisation, il
peut encore s'agir de l'œil, de l'un des doigts ou de toute autre partie du corps.
[0105] Le procédé de vérification combine ainsi plusieurs étapes de vérification ciblant
différents aspects d'un contrôle. Il est vérifié que l'image 2 est authentique, et
n'a pu être modifiée depuis la délivrance du dispositif de sécurité 1. Il est de plus
vérifié que le porteur correspond au titulaire. Les garanties apportées par chacune
de ces vérifications renforcent la sécurité du dispositif de sécurité 1.
[0106] Selon une autre caractéristique, le dispositif de sécurité 1 est associé à un moyen
de stockage numérique comprenant une représentation numérique de l'image 2. Un tel
moyen de stockage est typiquement un dispositif sécurisé (en anglais : secure device,
SD) proposant des services d'accès à une mémoire interne, de manière sécurisée, tel
un microcircuit. La représentation numérique de l'image 2 a été préalablement stockée,
de manière contrôlée, par l'autorité de délivrance du dispositif de sécurité 1. Elle
est donc réputée être une représentation du titulaire. La sécurisation garantit qu'elle
n'a pas été modifiée.
[0107] Une telle caractéristique permet de redonder le dispositif de sécurité 1 et de compléter
le procédé de vérification en ajoutant une autre vérification au moyen des étapes
suivantes. Selon une première étape la représentation numérique de l'image 2 est lue
depuis le moyen de stockage. Selon une deuxième étape le procédé compare la représentation
numérique avec l'une et/ou les deux représentations 3,4. La vérification est réputée
acquise si la représentation numérique est sensiblement identique à toutes les représentations
3,4 auxquelles elle est comparée.
[0108] Si une acquisition d'une image du porteur est réalisée, il est encore possible d'ajouter
une autre vérification en testant une correspondance biométrique entre ladite image
acquise auprès du porteur et la représentation numérique de l'image 2 issue du moyen
de stockage.
[0109] Les différentes caractéristiques du procédé de vérification ayant été détaillées,
la description va maintenant être complétée au moyen de cas d'utilisation, permettant
de mettre en évidence les capacités discriminantes de chacune de vérifications.
Cas d'utilisation A - dispositif authentique
[0110] Un document identitaire 20 authentique comprenant une image 2 figurant une photo
d'identité réalisée par gravure laser couleur et un microcircuit contenant une représentation
numérique de la photo d'identité est contrôlé.
[0111] Le procédé de vérification effectue une acquisition, avantageusement en couleur,
de l'image 2 selon un spectre visible pour obtenir une première représentation 3,
une acquisition, monochrome, de l'image 2 selon un spectre IR pour obtenir une deuxième
représentation 4, une acquisition directe, avantageusement couleur, du visage du porteur
et extrait une représentation numérique du microcircuit.
[0112] Une première vérification confirme que la première représentation 3 (visible) est
graphiquement identique et peu distante de la deuxième représentation 4 (IR).
[0113] Une deuxième vérification confirme que l'acquisition directe correspond biométriquement
à la première représentation 3 (visible), et correspond biométriquement à la deuxième
représentation 4 (IR).
[0114] Une troisième vérification confirme que la représentation numérique issue du microcircuit
est identique à la première représentation 3 (visible), est identique la deuxième
représentation 4 (IR), et correspond biométriquement à l'acquisition directe.
[0115] Une quatrième vérification applique une transformation spectrale 8 à la représentation
3, avantageusement rendue monochrome, et à la représentation 4, compare les deux transformées
9,10 obtenues pour vérifier leur égalité et vérifie que les périodes spatiales 6,7
détectées sont les périodes de la signature fréquentielle 5 de la matrice de couleur
utilisée. La présence de la signature fréquentielle 5 de la matrice de couleur originale,
visible tant dans le spectre visible que dans le spectre IR assure que les deux transformées
9,10 sont égales et que leurs périodes 6,7 correspondent aux périodes de la matrice
de couleur originale.
[0116] Une cinquième vérification vérifie que la représentation 3, en couleur, diffère colorimétriquement
de la représentation 4, monochrome.
Cas d'utilisation B - dispositif contrefait 1
[0117] Un document identitaire 20 contrefait en ce qu'il comprend une image 2 réalisée par
impression.
[0118] L'image 2, ici imprimée, ne présente aucune visibilité dans l'IR. Aussi la deuxième
représentation 4 est une image nulle. L'image imprimée ne comporte aucune signature
fréquentielle 5.
[0119] La première vérification échoue en ce qu'elle détecte une différence entre la première
représentation 3 (visible) et (l'absence de contenu de) la deuxième représentation
4 (IR).
[0120] Il peut être supposé que le contrefacteur a réalisé une image 2 représentant une
photo du porteur. Aussi la deuxième vérification réussit en ce qu'une correspondance
biométrique est trouvée pour la première représentation 3 (visible). Cependant elle
échoue pour la deuxième représentation 4 (IR).
[0121] Sous réserve que le contrefacteur ait pu modifier la représentation numérique dans
le microcircuit, la troisième vérification réussit en ce qu'une identité est trouvée
pour la première représentation 3 (visible) et une correspondance biométrique est
trouvée avec l'acquisition directe. Cependant elle échoue pour la deuxième représentation
4 (IR). Si le contrefacteur n'a pas réussi à modifier la représentation numérique
dans le microcircuit, toutes les vérifications échouent.
[0122] Du fait de l'absence de signature fréquentielle 5 dans l'image 2 imprimée contrefaite,
la quatrième vérification peut trouver une égalité entre les deux transformées 9,10
(absence de spectre signifiant) mais échoue en ce qu'elle ne retrouve pas les périodes
de la matrice de couleur, ni dans la transformée 9 issue du spectre visible, ni dans
la transformée 10 issue du spectre IR.
[0123] La cinquième vérification réussit en ce que l'image 2 est en couleur.
Cas d'utilisation C - dispositif contrefait 2
[0124] Un document identitaire 20 contrefait en ce qu'il comprend une image 2 réalisée par
gravure laser monochrome.
[0125] L'image 2, ici gravée au laser est visible dans le visible et dans l'IR et présente
deux représentations 3,4 identiques et superposées (non distantes). L'image gravée
monochrome ne comporte pas de signature fréquentielle 5.
[0126] La première vérification réussit en ce qu'elle détecte une représentation 3 (visible)
identique et superposée avec la deuxième représentation 4 (IR).
[0127] Il peut être supposé que le contrefacteur a réalisé une image 2 représentant une
photo du porteur. Aussi la deuxième vérification réussit en ce qu'une correspondance
biométrique est trouvée, tant pour la première représentation 3 (visible) que pour
la deuxième représentation 4 (IR).
[0128] Sous réserve que le contrefacteur ait pu modifier la représentation numérique dans
le microcircuit, la troisième vérification réussit en ce qu'une identité est trouvée
pour la première représentation 3 (visible), pour la deuxième représentation 4 (IR)
et une correspondance biométrique est trouvée avec l'acquisition directe.
[0129] Du fait de l'absence de signature fréquentielle 5 dans l'image 2 gravée contrefaite,
la quatrième vérification peut trouver une égalité entre les deux transformées 9,10
(absence de spectre signifiant) mais échoue en ce qu'elle ne retrouve pas les périodes
de la matrice de couleur, ni dans la transformée 9 issue du spectre visible, ni dans
la transformée issue du spectre IR. Dans le cas particulier où une signature fréquentielle
est présente, elle n'a aucune ressemblance avec une signature fréquentielle 5 d'une
matrice de couleur et la vérification spectrale échoue.
[0130] La cinquième vérification échoue en ce que l'image 2 est monochrome.
Cas d'utilisation D - dispositif contrefait 3
[0131] Un document identitaire 20 contrefait en ce qu'il comprend une image 2 réalisée par
impression, ladite impression incluant des lignes simulant une signature fréquentielle
5 d'une matrice de couleur.
[0132] L'image 2, ici imprimée, ne présente aucune visibilité dans l'IR. Aussi la deuxième
représentation 4 est une image nulle. L'image imprimée comporte une signature fréquentielle
convaincante, mais uniquement dans le visible.
[0133] La première vérification échoue en ce qu'elle détecte une différence entre la première
représentation 3 (visible) et l'absence de contenu de la deuxième représentation 4
(IR).
[0134] Il peut être supposé que le contrefacteur a réalisé une image 2 représentant une
photo du porteur. Aussi la deuxième vérification réussit en ce qu'une correspondance
biométrique est trouvée pour la première représentation 3 (visible). Cependant elle
échoue pour la deuxième représentation 4 (IR).
[0135] Sous réserve que le contrefacteur ait pu modifier la représentation numérique dans
le microcircuit, la troisième vérification réussit en ce qu'une identité est trouvée
pour la première représentation 3 (visible) et une correspondance biométrique est
trouvée avec l'acquisition directe. Cependant elle échoue pour la deuxième représentation
4 (IR).
[0136] Si la signature fréquentielle imprimée est suffisamment bien réalisée pour simuler
une signature fréquentielle 5 dans le visible, la quatrième vérification peut réussir
en ce qu'elle trouve une transformée 9 acceptable dans le visible. Cependant la quatrième
vérification échoue en ce que la transformée 10 dans l'IR n'est pas acceptable (absence
de spectre signifiant) et n'est pas non plus égale à la transformée 9 (visible).
[0137] La cinquième vérification réussit en ce que l'image 2 est en couleur.