DOMAINE TECHNIQUE
[0001] Le domaine technique de l'invention est une chaussure équipée d'un dispositif d'alerte
apte à générer un signal d'alerte lorsqu'une personne portant la chaussure se trouve
dans une situation de détresse.
ART ANTERIEUR
[0002] Des dispositifs nomades permettant la détection de situations de détresse, de type
accident, agression ou malaise, sont actuellement commercialisés sous différentes
formes, afin de permettre de signaler, manuellement ou automatiquement, une telle
situation. Ces dispositifs disposent généralement d'un bouton, permettant de déclencher
une alerte. Cette alerte peut être l'émission d'un signal sonore ou lumineux. Elle
peut également s'accompagner de l'émission, via des réseaux de type GSM, d'un appel
téléphonique vers des services d'urgence. Ces produits peuvent intégrer un moyen de
positionnement par satellite, par exemple selon le réseau satellitaire GPS, afin de
fournir une localisation de la personne en situation de détresse. Ces dispositifs
prennent la forme de pendentifs, de montres ou de simples boîtiers autonomes. Les
dispositifs les plus complets, combinant l'émission d'un signal d'alerte à une géolocalisation
GPS, et disposant d'une autonomie suffisante sont généralement des boîtiers, dont
l'encombrement est proche de celui d'un téléphone portable.
[0003] Le document
WO2014185976 décrit une chaussure comportant un dispositif électronique pour le suivi de la position
d'une personne, le dispositif électronique étant inséré dans la semelle d'une chaussure.
Cette dernière comporte notamment une ouverture, visible depuis l'extérieur, témoignant
de la présence du dispositif. Ce dernier est apte à déterminer une position de la
personne portant la chaussure et à la communiquer périodiquement par liaison sans
fil. Le document
WO2015124975 décrit une chaussure ayant la même finalité, comportant un dispositif électronique
implanté au niveau de la voûte plantaire d'une semelle. Ces dispositifs de suivi de
position ont une autonomie limitée. Ils effectuent en effet un suivi en continu de
la position de la personne portant la chaussure, ainsi qu'un suivi de la position
de la chaussure y compris lorsque cette dernière n'est pas portée. Il en résulte une
consommation en énergie élevée, la plupart des données transmises n'étant pas utiles,
car correspondant à des situations courantes ne justifiant pas la transmission de
la position.
[0004] Par ailleurs, la société Nike propose des chaussures équipées d'un dispositif électronique
comportant un circuit d'actimétrie, permettant de capter les mouvements d'une chaussure
et de les transmettre, par liaison bluetooth, vers un téléphone portable de type smartphone,
porté par l'utilisateur. Le recours à une liaison bluetooth permet d'obtenir un dispositif
suffisamment compact pour pouvoir être intégré à la semelle d'une chaussure sans induire
une gêne pour l'utilisateur. En effet, une liaison de type bluetooth consomme peu
d'énergie et ne nécessite pas l'utilisation d'une batterie ou d'une pile encombrante.
Une simple pile bouton suffit à l'alimenter.
[0005] On notera que le recours à une liaison bluetooth nécessite que l'utilisateur soit
équipé d'une interface apte à communiquer avec le dispositif électronique, par exemple
un smartphone. C'est notamment le cas de la chaussure décrite dans
US2016/029926, comportant un module permettant d'émettre une alerte vers un récepteur, par exemple
un smartphone, porté par un utilisateur lorsque ce dernier porte une charge excessive.
Cela suppose d'une part que l'utilisateur soit équipé du récepteur, et d'autre part
que le récepteur soit en état de marche. Or, l'utilisateur peut ne pas être équipé
d'un tel récepteur, par exemple en cas d'oubli ; en outre, le récepteur peut être
hors service, en ayant par exemple une batterie déchargée, ce qui survient fréquemment
avec des récepteurs de type smartphone. Dans de telles situations, le module d'alerte
est inopérant. On comprend qu'une telle chaussure n'est pas adaptée à une situation
de surveillance d'un utilisateur isolé, susceptible de se trouver dans une situation
dangereuse, en évoluant par exemple dans un environnement présentant un risque, qu'il
s'agisse d'un risque de chute, d'un risque chimique ou d'un risque électrique.
[0006] Les dispositifs décrits dans les documents qui précèdent ne permettent pas la détection
d'une situation de détresse justifiant la transmission de la position d'une personne,
en utilisant un réseau de communication de type longue portée, par exemple de type
GSM. En effet, ce type de communication nécessite une alimentation électrique nettement
plus puissante que celle nécessaire à une liaison de type bluetooth, mais aussi nettement
plus encombrante. Son intégration dans une chaussure augmente la rigidité de cette
dernière, ce qui est préjudiciable au confort d'utilisation.
[0007] L'invention exposée ci-après résout ces différents problèmes.
EXPOSE DE L'INVENTION
[0008] Un objet de l'invention est une chaussure, et en particulier une chaussure de sécurité,
apte à être chaussée par un pied d'un utilisateur, et comportant :
- une tige comportant une semelle intérieure, contre laquelle peut s'appuyer le pied
lorsqu'il est disposé dans la chaussure;
- une semelle dite d'usure, présentant une face supérieure appliquée contre la semelle
intérieure, et une face inférieure destinée à entrer en contact avec un sol sur lequel
évolue la chaussure, la semelle d'usure comportant un logement, ménagé au niveau de
la face supérieure de la semelle d'usure, une ouverture débouchant dans le logement
étant ménagée dans la semelle intérieure ;
la chaussure étant caractérisée en ce qu'elle comprend une des caractéristiques suivantes,
prises isolément ou en combinaison :
- le dispositif d'alerte est apte à émettre un signal d'alerte lorsque l'utilisateur
se trouve dans une situation de détresse.
- le dispositif d'alerte est apte à émettre le signal d'alerte selon une portée supérieure
à 100 mètres, voire 200 mètres, voire 500 mètres.
- Le dispositif d'alerte est maintenu contre la semelle intérieure, au-dessus de la
semelle d'usure, un espace, dit espace tampon, s'étendant, dans le logement, entre
le dispositif d'alerte et la semelle d'usure, l'espace tampon étant comblé par un
matériau ou un fluide de remplissage. L'espace tampon peut par exemple être comblé
par de l'air ou un gel ou un autre matériau de remplissage, par exemple une mousse.
Son épaisseur est de préférence supérieure à 1 mm ou à 2 mm. Le matériau de remplissage
est avantageusement plus souple que le matériau formant la semelle d'usure. L'espace
tampon peut être ménagé entre la face supérieure de la semelle d'usure et le dispositif
et/ou autour du dispositif d'alerte, selon un plan parallèle à la semelle d'usure
et comprenant le dispositif d'alerte. L'espace tampon est apte à être comprimé lorsque
l'utilisateur exerce une pression sur la semelle d'usure.
- Le dispositif d'alerte comporte une alimentation électrique apte à délivrer un signal
d'alimentation dont la puissance est de préférence supérieure à 50 mA/h ou 100 mA/h,
voire 500 mA/h. L'alimentation électrique peut être une pile ou une batterie. Son
volume est supérieur à 5 cm3, voire 10 cm3. Ainsi, le volume du dispositif d'alerte est supérieur à 10 cm3, voire 20 cm3.
- Le dispositif d'alerte comporte un capteur de pression, s'appuyant contre la semelle
intérieure, et apte à détecter une pression appliquée par le pied de l'utilisateur
après que ce dernier a chaussé la chaussure. Le terme "s'appuyant contre" ne signifie
pas forcément que le capteur de pression soit au contact de la semelle intérieure.
- Le dispositif d'alerte est maintenu par un support, le support s'appuyant contre la
semelle intérieure. Le support s'étend de préférence parallèlement à la semelle intérieure,
à l'intérieur de la tige. L'épaisseur du support est de préférence inférieure à 3
mm.
- La chaussure comporte une semelle dite première de propreté, disposée dans la tige,
contre la semelle intérieure, au-dessus du dispositif d'alerte. Le support du dispositif
d'alerte peut notamment être maintenu entre la semelle première de propreté et la
semelle intérieure.
- Le dispositif d'alerte comporte un transducteur, apte à s'activer pour fournir une
information sur un état du dispositif d'alerte, le transducteur comportant :
▪ une source de lumière, apte à émettre une lumière, se propageant à l'extérieur de
du dispositif d'alerte, par exemple dans la tige de la chaussure, de façon à être
visible depuis l'extérieur de la chaussure;
▪ et/ou un vibreur, apte à générer une vibration se propageant au niveau de la semelle
intérieure.
- Le dispositif d'alerte est disposé au niveau d'une partie, dite partie centrale, destinée
à recevoir la voûte plantaire du pied.
- La chaussure comporte une semelle antiperforation disposée entre la semelle intérieure
et la semelle d'usure.
- La semelle d'usure comporte une ouverture latérale débouchant sur une face latérale
de la chaussure, et notamment la face latérale intérieure, et s'étendant jusqu'au
logement ou à proximité de ce dernier. L'ouverture latérale permet de visualiser une
lumière émise par le dispositif d'alerte et/ou d'effectuer une connexion filaire avec
le module d'alerte disposé dans le logement depuis l'extérieur de la chaussure. Elle
peut être bouchée par un bouchon de préférence transparent, et/ou pouvant être amovible.
[0009] D'autres avantages et caractéristiques ressortiront plus clairement de la description
qui va suivre de modes particuliers de réalisation de l'invention, donnés à titre
d'exemples non limitatifs, et représentés sur les figures listées ci-dessous.
FIGURES
[0010]
La figure 1A représente une chaussure selon l'invention.
La figure 1B montre une semelle, dite d'usure, présentant un logement apte à recevoir
un dispositif d'alerte.
La figure 1C montre la semelle d'usure représentée sur la figure 1B, dans le logement
de laquelle un dispositif d'alerte est inséré. La figure 1D représente, sous un autre
angle, la semelle d'usure et le dispositif d'alerte.
La figure 1E illustre la semelle d'usure des figures 1B à 1D, recouverte d'une semelle
intérieure comportant une ouverture débouchant sur le logement de la semelle d'usure,
et permettant d'insérer le dispositif d'alerte.
La figure 2 montre un exemple de dispositif d'alerte.
La figure 3 schématise les principales composantes d'une chaussure selon un mode de
réalisation de l'invention.
La figure 4 représente un dispositif d'alerte disposé sur support.
La figure 5 représente un exemple de support.
La figure 6 montre une coque apte à recevoir le dispositif d'alerte et intégrée dans
une semelle d'usure.
Les figures 7A et 7B sont des schémas d'implantation de composants équipant le dispositif
d'alerte représenté sur les figures 2 et 4.
La figure 8 représente un dispositif d'alerte selon un mode de réalisation.
EXPOSE DE MODES DE REALISATION PARTICULIERS
[0011] On a représenté sur la figure 1A une chaussure 1 équipée d'un dispositif d'alerte
30. La chaussure comporte une tige 10 rapportée sur une semelle 20 dite d'usure. Le
terme tige est un terme connu de l'homme du métier et désigne une partie de la chaussure
apte à recevoir un pied d'un utilisateur. Elle est fermée par une semelle intérieure
11. La semelle intérieure est appliquée sur la semelle d'usure 20, et au contact de
cette dernière. La semelle d'usure est apte à entrer en contact avec le sol lorsque
la chaussure est portée. La semelle d'usure comporte une face supérieure 20s, disposée
contre la tige 10, et plus précisément contre la semelle intérieure 11. Elle comporte
également une face inférieure 20i destinée à reposer sur le sol. La face inférieure
20i peut notamment comporter des crampons pour favoriser l'accroche sur le sol. Ainsi,
la semelle d'usure s'étend entre le sol et la semelle intérieure 11 de la chaussure.
Elle peut être composite, en étant constituée d'un empilement de différentes couches
assemblées les unes aux autres.
[0012] Lorsque l'utilisateur chausse la chaussure, son pied s'appuie contre la semelle intérieure.
Le terme "s'appuyer contre" ne signifie pas forcément qu'il y ait un contact entre
la semelle intérieure et le pied. En particulier, la chaussure peut comporter une
semelle dite première de propreté, intercalée entre le pied et la semelle intérieure,
comme décrit par la suite.
[0013] La semelle d'usure peut être fabriquée par moulage et injection de matière dans un
moule. La tige est fabriquée indépendamment de la semelle d'usure, puis rapportée
sur cette dernière en étant généralement cousue, collée, ou liée à la semelle d'usure
lors de la fabrication, en particulier par injection, de la semelle d'usure.
[0014] La chaussure comporte un dispositif d'alerte 30 destiné à détecter une survenue d'une
situation de détresse pour un utilisateur portant la chaussure, et à émettre un signal
d'alerte lorsque l'utilisateur se trouve dans la situation de détresse. Par signal
d'alerte, on entend un message d'alerte, destiné à un interlocuteur prédéterminé,
en particulier un service d'urgence et/ou un contact préalablement renseigné par l'utilisateur.
Le signal d'alerte est de préférence émis par une liaison sans fil, en particulier
par liaison radio-fréquentielle.
[0015] Le dispositif d'alerte 30 peut comporter un circuit d'actimétrie, comprenant au moins
un capteur de mouvement apte à détecter des mouvements du dispositif, et à activer
un circuit d'émission d'une alerte en cas de détection de mouvements représentatifs
d'une situation de détresse de l'utilisateur. Le dispositif d'alerte 30 peut également
comporter un circuit de géolocalisation pour établir une position de l'utilisateur
lors de la survenue de la situation de détresse, de façon à ce que cette position
puisse être transmise avec le signal d'alerte. Le dispositif d'alerte 30 peut comporter
un commutateur d'utilisation, apte à occuper une position de repos ou une position
d'utilisation, ledit commutateur étant configuré pour passer automatiquement dans
ladite position d'utilisation lorsque la chaussure est portée par l'utilisateur. Le
commutateur d'utilisation est alors apte à déclencher un fonctionnement dudit circuit
d'actimétrie. D'autres fonctionnalités potentielles du dispositif d'alerte 30 sont
décrites ci-après, en lien avec les figures 7A et 7B.
[0016] La figure 1B représente une semelle d'usure selon l'invention. On distingue la face
inférieure 20i et la face supérieure 20s. Un logement 25, prenant la forme d'une cavité,
est ménagé dans la semelle d'usure 20, et plus précisément au niveau de la face supérieure
20s. Le logement peut notamment être formé lors de la fabrication de la semelle d'usure
20, en particulier lorsque cette dernière est obtenue par moulage. Le logement 25
prend alors la forme d'une échancrure pratiquée au niveau de la face supérieure 20s.
Cela facilite une insertion du dispositif d'alerte 30 comme cela est représenté sur
la figure 1C, après que la semelle d'usure 20 a été fabriquée. Pour cela, le dispositif
d'alerte 30 est simplement déposé dans le logement 25, en dessus de la semelle d'usure
20. Le dispositif d'alerte est amovible et peut être retiré du logement. Un emplacement
possible du logement 25 est la partie centrale 20p de la semelle d'usure 20 correspondant
à la voûte plantaire du pied. Ainsi, le logement peut s'étendre entre les zones d'appui
20ar et 20av de la semelle d'usure destinées à s'appuyer sur un sol, respectivement
au niveau du talon et des orteils. L'insertion du dispositif d'alerte 30 au niveau
de la voûte plantaire 20p limite la perception du dispositif d'alerte par l'utilisateur.
[0017] De préférence, le dispositif d'alerte 30 s'étend, parallèlement à un axe longitudinal
X horizontal reliant le talon aux orteils, selon une longueur inférieure à 7 cm, voire
à 5 cm. Ainsi, lorsque le dispositif est disposé comme représenté sur la figure 1C,
il ne s'étend pas au-delà de la partie centrale 20p de la semelle d'usure correspondant
à la voûte plantaire du pied. Il est entièrement contenu dans cette partie centrale.
Plus la longueur est courte, moins la flexion de la chaussure parallèlement ou perpendiculairement
à l'axe longitudinal X est gênée.
[0018] De préférence, la largeur du dispositif d'alerte 30 est inférieure à 5 cm, voire
3 cm. La largeur du dispositif d'alerte 30 est définie selon un axe transversal Y
horizontal et perpendiculaire à l'axe longitudinal X. A l'instar de la longueur, plus
la largeur est courte, moins la flexion de la chaussure est gênée par la présence
du dispositif d'alerte 30.
[0019] Comme décrit par la suite, le dispositif d'alerte comporte une alimentation électrique,
de type pile ou batterie rechargeable, dont la puissance est de préférence supérieure
à 50 mA/h, voire 100 mA/h, voire 500 mA/h. Le volume d'une telle alimentation est
généralement supérieur à 5 cm
3, voire à 10 cm
3. Ainsi, le dispositif d'alerte 30 est confiné dans un volume généralement supérieur
à 10 cm
3, voire à 20 cm
3. Un aspect important de l'invention est une intégration du dispositif d'alerte dans
le logement 25 en minimisant autant que possible la perception de la présence de ce
dispositif par l'utilisateur de la chaussure.
[0020] Comme représenté sur la figure 1C, l'insertion du dispositif d'alerte 30 au niveau
de la voûte plantaire 20p, entre les zones d'appui 20ar et 20av, permet de limiter
une telle pression. Cela permet également d'éviter que le dispositif d'alerte 30 subisse
une déformation de la chaussure lors de son utilisation.
[0021] La figure 1D montre une configuration préférée, selon laquelle le logement 25 est
dimensionné de telle sorte que lorsque le dispositif d'alerte est inséré dans ce dernier,
un espace 26, dit espace tampon, subsiste entre le dispositif d'alerte 30 et la semelle
d'usure 20. Cet espace peut être laissé libre (c'est-à-dire comblé par de l'air) ou
être comblé par un fluide, par exemple un gel, ou un matériau suffisamment mou de
type mousse. Le matériau de remplissage 27 occupant l'espace tampon 26 est de préférence
moins dur que le matériau selon lequel est réalisée la semelle d'usure 20. Cela limite
significativement la pression exercée par l'utilisateur sur le dispositif d'alerte.
En effet, la pression exercée par l'utilisateur tend à réduire le volume de l'espace
tampon 26, ce dernier évitant un contact entre le dispositif d'alerte 30 et la semelle
d'usure 20. Autrement dit, l'espace tampon est apte à se comprimer sous l'effet d'une
pression exercée sur la semelle d'usure, en limitant les possibilités que le dispositif
d'alerte 30 ne s'appuie contre la semelle d'usure 20 sous l'effet de la pression.
L'espace tampon 26 facilite également les possibilités de flexion de la chaussure
1 autour des axes longitudinal X et/ou transversal Y, en limitant la rigidité supplémentaire
induite par la présence du dispositif d'alerte 30 dans le logement 25. Enfin, l'espace
tampon 26 minimise les risques de dégradation du dispositif d'alerte du fait des pressions
exercées par l'utilisateur et lors d'une flexion de la chaussure. De préférence, l'épaisseur
de l'espace tampon 26 s'étendant entre le dispositif d'alerte 30 et la semelle d'usure
est supérieure à 1 mm, voire supérieure à 2 mm.
[0022] L'espace tampon 26 peut être ménagé entre le dispositif d'alerte et la face supérieure
20s de la semelle d'usure 20, c'est-à-dire en dessous du dispositif d'alerte lorsque
la chaussure est posée sur un sol horizontal. Il peut également s'étendre autour du
dispositif d'alerte, entre ce dernier et la semelle d'usure 20. Par autour du dispositif
d'alerte, on entend s'étendant dans un plan parallèle à la semelle intérieure et comprenant
le dispositif d'alerte. Avantageusement, l'espace tampon 26 est ménagé à la fois en
dessous du dispositif d'alerte 30 (c'est-à-dire entre le dispositif d'alerte et la
face supérieure 20s de la semelle d'usure), ainsi qu'autour du dispositif d'alerte
30.
[0023] L'espace tampon 26 précédemment décrit facilite une flexion de la chaussure et limite
significativement la perception de la présence du dispositif d'alerte par l'utilisateur.
Il est d'autant plus utile que le volume du dispositif d'alerte est important. De
plus, il permet une implantation du dispositif d'alerte dans des parties de la chaussure
exposées à une pression importante de la part de l'utilisateur, en particulier les
zones d'appui avant 20av et arrière 20ar. Ainsi, il n'est pas nécessaire de restreindre
la position du dispositif d'alerte au niveau de la partie centrale 20p correspondant
à la voûte plantaire.
[0024] La figure 1E montre une vue de dessus du dispositif d'alerte 30 disposé dans le logement
25. Il est relié à un capteur de pression 32, ce dernier étant disposé à l'extrémité
d'une languette 31 montée en saillie par rapport au dispositif d'alerte. La languette
permet en particulier le passage de connexions entre le capteur de pression 32 et
un microcontrôleur 45 du dispositif d'alerte. Contrairement au dispositif d'alerte
30, le capteur de pression 32 est destiné à recevoir une pression exercée par l'utilisateur
lorsque ce dernier chausse la chaussure. Le capteur de pression 32 est situé de préférence
à l'extérieur du dispositif d'alerte 30. Il peut par exemple être disposé au niveau
de la zone d'appui arrière 20ar, au niveau du talon, ou de la zone d'appui avant 20av,
au niveau des orteils. Ainsi, lorsque le pied d'un utilisateur est inséré dans la
chaussure 1, il exerce une pression sur le capteur de pression 32. Le capteur de pression
32 agit alors en tant que capteur de présence d'un pied dans la chaussure. Il peut
alors agir en tant que commutateur d'utilisation pour activer des composants situés
dans le dispositif d'alerte, notamment le circuit d'actimétrie décrit par la suite.
Le capteur de pression 32 peut être une jauge de contrainte, dont une résistance est
modifiée par une déformation résultant de l'application d'une pression Il peut s'agir
d'un capteur désigné par l'acronyme anglosaxon FSR, signifiant "Force Sensing Resistor".
[0025] La figure 1E montre une configuration selon laquelle la semelle intérieure 11, représentée
en transparence, est appliquée contre la semelle d'usure 20, en dessus du capteur
de pression 32, ce dernier étant inséré entre la semelle intérieure et la semelle
d'usure. Ainsi, la présence du capteur de pression 32 n'est pas ou peu perceptible
par l'utilisateur.
[0026] La semelle intérieure 11 peut être pleine, auquel cas elle referme le logement 25
dans lequel le dispositif d'alerte est inséré. Cependant, selon une telle configuration,
il est plus difficile d'accéder au dispositif d'alerte. C'est pourquoi il est préférable
qu'une ouverture 12 soit pratiquée dans la semelle intérieure 11, de telle sorte que
lorsque la semelle intérieure 11 est appliquée contre la semelle d'usure 20, l'ouverture
12 débouchant sur le logement 25. Cela facilite une insertion ou un retrait du dispositif
d'alerte 30.
[0027] La figure 2 représente un exemple de dispositif d'alerte 30 relié à une languette
31 à l'extrémité de laquelle est disposé le capteur de pression 32. L'épaisseur du
dispositif d'alerte est de préférence inférieure à 1 cm. De préférence, la languette
31 et le capteur de pression 32 ont une épaisseur inférieure à l'épaisseur du dispositif
d'alerte. Leur épaisseur est de préférence inférieure à 1 mm ou à 2 mm. Cela minimise
la perception de présence du capteur de pression 32 par l'utilisateur.
[0028] La figure 3 montre un exemple de composantes d'une chaussure selon l'invention. La
tige de la chaussure n'a pas été représentée dans sa totalité, seule la semelle intérieure
11 étant dessinée.
[0029] Comme précédemment décrit, la semelle intérieure comporte une ouverture 12 débouchant
sur le logement 25 lorsque la semelle intérieure est appliquée contre la semelle d'usure
20. Dans cet exemple, la chaussure comporte également une semelle première de propreté
14 disposée de façon amovible dans la tige 10, contre la semelle intérieure 11. La
semelle première de propreté 14 est optionnelle. Le dispositif d'alerte 30 est placé
sur un support 34, décrit plus en détail en lien avec la figure 4, de telle sorte
que le dispositif d'alerte 30 s'engage à travers l'ouverture 12 de la semelle intérieure,
de façon à pénétrer dans le logement 25. Le support 34 est retenu par la semelle intérieure
11. Il est maintenu entre la semelle première de propreté 14 et la semelle intérieure
11. La semelle première de propreté 14, le support 34 et la semelle intérieure 11
sont disposés parallèlement les uns aux autres.
[0030] Le dispositif d'alerte 30 peut être aisément disposé dans le logement 25 puisqu'il
suffit de retirer la semelle première de propreté et de le placer dans le logement,
en disposant la languette 31 et le capteur de pression 32 sous la semelle intérieure
11, ou entre la semelle intérieure 11 et la semelle première de propreté 14. Lorsqu'il
est recouvert par la semelle première de propreté 14, le dispositif d'alerte 30 est
discret et n'est pas visible depuis l'extérieur. Il peut être facilement retiré de
la chaussure, en retirant la semelle première de propreté 14 et en extrayant le dispositif
d'alerte du logement 25. Un tel retrait peut être nécessaire pour procéder à une recharge
d'une batterie 46 équipant le dispositif d'alerte, ou pour procéder à des mises à
jour des algorithmes mis en oeuvre par un processeur 45 du dispositif d'alerte. La
batterie 46 et le microprocesseur 45 sont décrits dans le détail ci-après.
[0031] La chaussure 1 peut être équipée d'une semelle antiperforation 16. Cette dernière
peut être disposée entre le support 34 et la semelle première de propreté 14, ou en
dessus de la semelle première de propreté 14. Selon l'exemple représenté sur la figure
3, la semelle antiperforation est disposée entre la semelle intérieure 11 et la face
supérieure 20s. La semelle antiperforation 16 peut également être intégrée à la semelle
d'usure 20, auquel cas elle peut former la surface supérieure 20s. Elle comporte une
ouverture 18 débouchant sur le logement 25, de façon à permettre l'insertion du dispositif
d'alerte 30 dans le logement. Afin d'obtenir une protection antiperforation uniforme,
un élément complémentaire antiperforation 19 est disposé au fond du logement 25, de
façon à être recouvert par le dispositif d'alerte 30 lorsque ce dernier est inséré
dans le logement 25. Il peut également être disposé en dessus du logement 25, au niveau
de l'ouverture 18. L'élément complémentaire 19 présente une surface de préférence
sensiblement égale ou supérieure à la surface de l'ouverture 18 pratiquée dans la
semelle antiperforation 16. Il peut être moulé dans la semelle d'usure 20 lors de
la formation de cette dernière. Le recours à une semelle antiperforation est envisagé
lorsque la chaussure 1 est une chaussure de sécurité. La semelle antiperforation 16
et l'éventuel élément complémentaire antiperforation 19 sont réalisés selon des matériaux
connus de l'homme du métier, qui présentent une bonne résistance à la perforation.
Il peut en particulier s'agir d'un métal, ou d'un matériau comportant des fibres métalliques
ou d'un matériau tel le kevlar.
[0032] Comme représenté sur la figure 4, le dispositif d'alerte peut être fixé sur un support
34, ce dernier prenant la forme d'une surface, avantageusement souple, contre laquelle
est fixé le dispositif d'alerte 30. Le support 34 est de préférence suffisamment souple
pour pouvoir épouser la forme de la semelle intérieure lorsqu'il est inséré dans la
chaussure, comme on le comprend sur la figure 3, en particulier lorsque l'utilisateur
chausse la chaussure. L'épaisseur du support est de préférence inférieure à 3 mm,
voire à 1.5 mm, voire à 1 mm. Plus il est fin, moins sa présence est perceptible par
l'utilisateur. Il est de préférence réalisé dans un matériau déformable pour se conformer
à la forme de la semelle intérieure 11, mais suffisamment rigide pour permettre un
maintien du dispositif d'alerte 30 en dessus de l'espace tampon 26. Il est par exemple
réalisé dans une matière plastique de type polyéthylène. Le dispositif d'alerte 30
et le support 34 sont solidaires. L'ensemble formé par le support 34, le dispositif
d'alerte 30 et le capteur de pression 32 est désigné par le terme module d'alerte
38. Dans l'exemple présenté, le dispositif d'alerte 30 comporte un boîtier 36, renfermant
les principaux circuits électroniques. Le capteur de pression 32 s'étend à l'extérieur
du boîtier 36, et par exemple contre le support 34.
[0033] Le support 34 peut être conçu selon un des matériaux antiperforation précédemment
évoqués. Il peut en particulier être métallique. Il forme alors l'élément complémentaire
de protection 19 de la semelle antiperforation 16. Outre une protection contre la
perforation, un support métallique présente l'avantage de prévenir une absorption
du signal d'alerte, émis par le dispositif d'alerte 30, par le pied de l'utilisateur
de la chaussure. Le support d'appui métallique réfléchit le signal d'alerte, ce qui
évite son absorption par le pied de l'utilisateur, et favorise sa transmission. Il
est alors conçu en utilisant un métal réfléchissant les ondes électromagnétiques.
[0034] La figure 5 représente un exemple de support 34, apte à épouser la forme de la semelle
intérieure 11, et pourvu de nervures 35, de telle sorte que le support 34 soit rigide
en flexion lorsque la flexion est exercée autour de l'axe longitudinal X, et souple
en flexion lorsque cette dernière est exercée autour de l'axe transversal Y. Les nervures
sont orientées parallèlement à l'axe transversal Y.
[0035] Quel que soit le mode de réalisation, le support 34 s'étend de préférence selon un
plan XY, sensiblement parallèle à la semelle intérieure 11. Il est avantageusement
rigide en flexion autour de l'axe longitudinal X et souple en flexion autour de l'axe
transversal Y.
[0036] La semelle d'usure 20 peut comporter une ouverture latérale 28, permettant de voir
le dispositif d'alerte 30 depuis l'extérieur de la chaussure, par une des faces latérales
de la chaussure. De préférence, l'ouverture latérale 28 débouche sur la face latérale
interne de la chaussure, correspondant au côté intérieur du pied, et s'étend jusqu'au
logement 25, ou à proximité de ce dernier. Cela permet à l'utilisateur de mieux voir
le dispositif d'alerte 30 à travers l'ouverture latérale 28, cela par une simple torsion
du pied. L'ouverture latérale 28 est laissée libre ou comblée par un matériau transparent
formant un bouchon éventuellement amovible. Elle peut permettre le passage d'une lumière
émise par une source de lumière disposée dans le dispositif d'alerte, comme décrit
ci-après en lien avec les figures 7A et 7B. Elle peut également permettre le raccordement
du dispositif d'alerte 30 à une connexion filaire pour recharger une batterie ou pour
remettre à jour des algorithmes mis en oeuvre par un microprocesseur disposé dans
le dispositif d'alerte. L'ouverture latérale 28 peut également permettre le raccordement
d'une antenne.
[0037] La semelle d'usure 20 peut être réalisée par injection de matière dans un moule,
ce dernier comportant une protubérance permettant la formation du logement 25. De
façon alternative, la semelle d'usure peut être réalisée en utilisant un moule existant
sur lequel est rapportée une coque 29 épousant la forme du logement 25, une telle
coque étant représentée sur la figure 6. Cela permet, lors de la fabrication de la
semelle d'usure, d'utiliser un moule standard et de lui adjoindre la coque. Le procédé
est alors plus économique, car il évite la réalisation d'un moule spécifique. Après
fabrication de la semelle par injection, la coque subsiste dans la semelle et définit
la périphérie du logement 25. Avantageusement, la coque 29 est rigide, et de préférence
métallique, de façon à prévenir un endommagement du module dispositif d'alerte 30
par un objet saillant, tel une pointe, pénétrant dans la semelle d'usure 20. Le métal
est avantageusement choisi de façon à permettre une transmission d'ondes électromagnétiques
à travers la coque 29. Une coque rigide permet en particulier de prévenir un endommagement
d'une batterie équipant le dispositif d'alerte 30, une telle batterie étant décrite
en lien avec les figures 7A et 7B. Lorsque la coque est rigide, elle peut former un
élément complémentaire 19 de la semelle antiperforation 16.
[0038] Sur la figures 7A et 7B, on a représenté les principaux composants d'un dispositif
d'alerte 30 selon l'invention. Ces composants sont disposés de part et d'autre d'un
support plan 40, ce dernier étant de type PCB, acronyme de Printed Circuit Board.
La figure 7A représente une première face 40
1 du support plan tandis que la figure 7B représente une deuxième face 40
2 du support plan, opposée à la première face.
[0039] Le dispositif d'alerte 30 comporte un circuit d'actimétrie 41 composé du capteur
de mouvement, précédemment évoqué, et d'un microprocesseur. Le capteur de mouvement
peut être de type accéléromètre, gyromètre ou magnétomètre ou une combinaison de tels
capteurs. Le microprocesseur permet de détecter un mouvement suspect à partir de signaux
transmis par chaque capteur de mouvement. Par mouvement suspect, on entend un mouvement
représentatif d'une situation de détresse pour l'utilisateur, par exemple une chute
ou une position allongée prolongée. Au niveau des capteurs de mouvements, une chute
peut se traduire par une accélération brutale, suivie d'une période d'inactivité.
Les signaux du capteur de pression 32 peuvent également être utilisés par le microprocesseur
du circuit d'actimétrie pour identifier une situation de détresse. Le passage d'une
position debout à une position allongée se traduit par exemple par une diminution
de la pression exercée sur le capteur de pression 32, témoignant d'une perte de verticalité.
Le microprocesseur du circuit d'actimétrie est apte à exécuter un algorithme de détection
d'une situation de détresse à partir des signaux mesurés par les capteurs de mouvement.
L'utilisation de tels capteurs de mouvement pour la détection d'une chute d'une personne
a été déjà décrite dans la littérature. Le microprocesseur peut par exemple mettre
en oeuvre un algorithme de détection de chute, sur la base de signaux respectivement
délivrés par un accéléromètre et un magnétomètre, tel que décrit dans
EP1731098. Par ailleurs, le microprocesseur est avantageusement apte à reconnaître une séquence
de mouvements d'alerte volontairement exécutée par l'utilisateur en cas de problème.
Il peut par exemple s'agir de coups de pieds répétés à une cadence prédéfinie. Cela
permet à l'utilisateur de commander volontairement une émission d'un signal d'alerte.
[0040] En cas de survenue d'un mouvement représentatif d'une alerte, le microcontrôleur
45 du dispositif d'alerte active le circuit de géolocalisation 42 de façon à obtenir
une position de l'utilisateur, puis génère un signal d'alerte, ce dernier étant transmis
à l'aide d'un circuit d'émission 43. La géolocalisation peut être réalisée par un
réseau satellitaire, de type GPS ou Galileo, ou par un réseau téléphonique de type
GSM. Elle permet d'établir une position géographique du dispositif d'alerte 30, c'est-à-dire
sa latitude, sa longitude et éventuellement son altitude.
[0041] La fonction du circuit d'émission 43 est d'émettre automatiquement un signal d'alerte
radiofréquentiel à destination d'un réseau de communication distant lorsqu'il a été
activé par le microcontrôleur 45. A la différence de l'art antérieur, le dispositif
d'alerte est apte à émettre un signal d'alerte selon une longue portée, c'est-à-dire
à une distance supérieure à 100m, voire à 200 m, voire à 500 m. Cela évite à l'utilisateur
d'avoir à porter une interface de type téléphone portable communiquant avec le dispositif
d'alerte par une liaison à courte portée de type bluetooth, comme suggéré dans l'art
antérieur, par exemple dans le document
US2016/029926. Le dispositif d'alerte 30 fonctionne de façon autonome, indépendamment d'un objet
communiquant porté par l'utilisateur.
[0042] Le signal d'alerte est par exemple adressé par un appel téléphonique ou par un réseau
internet. Le signal d'alerte indique la survenue d'une alerte ainsi que la position
du dispositif d'alerte 30 fournie par le circuit de géolocalisation 42. Le circuit
d'émission 43 peut par exemple comporter une carte SIM (acronyme du terme anglais
Subscriber Identity Dispositif), sous quel format que ce soit, apte à permettre un
appel téléphonique à destination d'un réseau de communication sans fil, par exemple
un réseau GSM, ou un réseau cellulaire bas débit et longue distance, ce type de réseau
étant usuellement dédié aux objets connectés. De tels réseaux sont parfois désignés
par l'acronyme anglais « LPWAN », signifiant « Low Power Wide Area Network ». Des
réseaux sont actuellement proposés par l'opérateur Sigfox (marque déposée) ou l'alliance
LoRa (marque déposée). De préférence, le réseau de communication est un réseau de
téléphonie mobile, ce type de réseau permettant d'échanger un grand nombre de données
et bénéficiant d'une couverture étendue. Il peut s'agir d'un réseau de téléphonie
suivant la norme GSM, GPRS, 4G ou autres. De façon complémentaire ou alternative,
l'alerte peut être émise par un réseau internet sans fil ou par toute liaison sans
fil radio-fréquentielle dont la portée est suffisante.
[0043] De préférence, et cela constitue une différence notable vis-à-vis de dispositifs
d'alertes nomades connus, le circuit d'émission 43 et/ou le circuit de géolocalisation
42 sont inactifs tant qu'ils n'ont pas été activés par le micocontrôleur 45 du dispositif
d'alerte, ce dernier pouvant être un microprocessseur. Ainsi, en fonctionnement normal,
c'est-à-dire lorsqu'il est porté par un utilisateur, le circuit d'émission 43 n'émet,
ni ne reçoit, aucun signal vers ou depuis le réseau de communication de manière continue
ou de façon suffisamment fréquente pour être considérée comme telle. Il en est de
même pour le circuit de géolocalisation 42. Ces circuits ne sont activés que lorsqu'ils
ont été sollicités par le microprocesseur 45 du dispositif d'alerte 30, lors de la
survenue d'une situation de détresse de l'utilisateur, justifiant un envoi automatique
d'une alerte. Contrairement à des dispositifs connus à ce jour, le circuit d'émission
43 n'est pas en communication permanente avec un réseau communication de type téléphonie
mobile. Cette particularité augmente considérablement l'autonomie du dispositif d'alerte.
En effet, toute communication, périodique ou continue, avec un réseau de téléphonie
mobile, accroît la consommation électrique, ce qui explique pourquoi l'autonomie des
dispositifs d'alerte actuels est limitée, au mieux, à quelques jours. Le fait que
de n'activer le circuit d'émission 43 et le circuit de géolocalisation 42 uniquement
en cas de survenue d'une situation particulière permet de disposer d'une autonomie
dépassant une semaine et pouvant atteindre plusieurs semaines. Cela limite les périodes
de recharge du dispositif.
[0044] Tant que le capteur de pression 32 n'a pas été activé, le microcontrôleur 45 consomme
peu d'énergie et se trouve dans un état dit de veille profonde. Dès que le capteur
de pression détecte la présence d'un utilisateur, le microprocesseur prend un état
actif, les signaux produits par le circuit d'actimétrie étant échantillonnés selon
une fréquence élevée, typiquement supérieure à 10 Hz, voire à 20 Hz, voire davantage.
L'état de veille profonde tant que la chaussure n'est pas portée permet de minimiser
la consommation en énergie du dispositif d'alerte.
[0045] Le dispositif d'alerte 30 peut également comporter un transducteur 48, permettant
une communication d'information sur l'état du dispositif d'alerte vers l'utilisateur.
Le transducteur peut être une source de lumière et/ou un vibreur. Lorsque le transducteur
est une source de lumière, cette dernière est apte à émettre une lumière de manière
à ce que la lumière soit visible par l'utilisateur. La lumière peut notamment être
émise à travers l'ouverture 12 de la semelle intérieure 11, ce qui permet sa diffusion
à l'intérieur de la tige. La lumière peut également être émise à travers l'ouverture
latérale 28 pratiquée dans la semelle d'usure 20, décrite en lien avec la figure 3.
Le transducteur peut également être un vibreur, auquel cas il est configuré pour transmettre
une vibration à l'utilisateur. De préférence, la vibration est émise au voisinage
de la semelle intérieure 11 ou de la semelle première de propreté 14, de telle sorte
qu'elle soit ressentie par le pied de l'utilisateur inséré dans la chaussure 1. Le
transducteur 48 peut permettre une communication d'informations sur l'état du dispositif
d'alerte 30, et par exemple
- un état de bon fonctionnement du dispositif d'alerte ;
- un avertissement sur la survenue d'un dysfonctionnement ou sur une charge insuffisante
d'une batterie 46 équipant le dispositif d'alerte ;
- une émission d'un signal d'alerte par le dispositif d'alerte 30, ce qui permet d'informer
l'utilisateur du fait que l'alerte a été émise ;
- un accusé de réception du signal d'alerte émis par le dispositif d'alerte, l'accusé
de réception étant envoyé par le réseau de communication vers le dispositif d'alerte
et traité par le microprocesseur 45. Cela permet d'informer l'utilisateur que l'alerte
a été prise en compte.
[0046] Chaque type d'information peut être transmise à l'utilisateur selon une séquence
d'activation du transducteur pré-programmée. Par exemple une fréquence de clignotement
de la source de lumière ou une fréquence d'occurrence de vibrations du vibreur.
[0047] Le dispositif d'alerte peut également comporter un circuit d'inhibition 44, apte
à désactiver le circuit d'émission d'alerte 43, en cas de fausse détection d'une situation
de détresse. Le circuit d'inhibition peut notamment être activé lorsqu'un mouvement
d'inhibition a été détecté par le circuit d'actimétrie 41. Le mouvement d'inhibition
est un mouvement particulier prédéterminé, dont la réalisation est détectée par le
microprocesseur du circuit d'actimétrie, ce qui a pour effet l'activation du circuit
d'inhibition. Le mouvement d'inhibition peut être une série de coups de pieds successifs
sur le sol, selon une cadence prédéfinie.
[0048] Le dispositif d'alerte comporte également une source d'alimentation électrique, de
préférence une batterie 46, apte à alimenter les différents composants du dispositif.
La batterie peut être rechargée par une liaison filaire branchée sur une embase de
connexion 47. L'embase de connexion 47 peut également permettre une reconfiguration
des algorithmes mis en oeuvre par le microprocesseur. Comme précédemment indiqué,
la taille de la batterie 46 dimensionne le volume du dispositif d'alerte 30. Lorsque
le signal d'alerte est adressé par un réseau de type GSM, la puissance de la batterie
doit être de préférence supérieure à 50 mA/h voire à 100 mA/h, voire à 500 mA/h. De
ce fait, le volume de la batterie est supérieur à 5 cm
3, voire à 10 cm
3.
[0049] Le dispositif d'alerte peut comporter une antenne 43', reliée au circuit d'émission
43, pour émettre le signal d'alerte. L'antenne 43' est avantageusement éloignée de
la batterie 46, de façon à limiter la perturbation du signal d'alerte. Elle est également
éloignée du microprocesseur 45, pour ne pas perturber ce dernier. Les inventeurs ont
constaté qu'il était préférable que l'antenne 43' soit déportée du support plan 40,
et reliée à ce dernier par une connexion, de réflexions par des éléments métalliques,
en particulier un plan de masse, constituant le PCB. Le dispositif d'alerte peut également
comporter une antenne 42' reliée au circuit de géolocalisation 42'. De même que pour
l'antenne 43' du circuit d'émission 43, l'antenne 42' du circuit de géolocalisation
est avantageusement déportée du support plan.
[0050] Les différents composants du dispositif d'alerte sont insérés dans un boîtier 36,
de préférence monobloc. Ce boîtier forme une enveloppe de protection autour des composants
du dispositif d'alerte. De façon alternative, le dispositif d'alerte comporte deux
boîtiers : un premier boîtier renferme les composants du dispositif d'alerte tandis
qu'un deuxième boîtier renferme la batterie 46.
[0051] Le dispositif d'alerte comporte également une mémoire 49, apte à stocker des instructions
aptes à être mises en oeuvre par le microprocesseur 45. La mémoire 49 peut également
stocker les signaux délivrés par le circuit d'actimétrie 41 dans les instants précédents
et suivants la survenue d'une alerte, par exemple 5 secondes avant et 5 secondes après
une chute. Ces signaux peuvent être transmis avec le signal d'alerte. Cela permet
de recueillir des signaux émis par des capteurs de mouvement lors de la survenue d'une
situation de détresse réelle, par exemple une chute. La collecte de tels signaux,
provenant d'utilisateurs différents, permet de constituer une base de données de signaux
représentatifs d'une alerte réelle. Une telle base de données peut être utilisée pour
affiner les algorithmes de détection d'une situation de détresse.
[0052] De façon alternative, le dispositif d'alerte peut comporter non pas un unique boîtier
36, comme précédemment décrit, mais plusieurs boîtiers rigides 36 reliés les uns aux
autres par une liaison souple, cette dernière permettant notamment une connexion électrique
entre les différents boîtiers. Cela permet le recours à des boîtiers de volume raisonnable,
typiquement inférieur à 10 cm
3, la liaison souple 37 entre deux boîtiers adjacents 36 favorisant la flexion du dispositif.
En particulier, le dispositif d'alerte peut comporter deux boîtiers : un premier boîtier
pour confiner la batterie et un deuxième boîtier rassemblant les autres composants.
Une telle configuration est représentée sur la figure 8.
[0053] La chaussure 1 peut être une chaussure de sécurité, utilisable par un utilisateur
effectuant des travaux présentant un danger. Plus généralement, il s'agit d'une chaussure
destinée à la pratique d'une activité risquée par un utilisateur susceptible d'être
isolé, par exemple une activité sportive de type randonnée, ski ou un sport nautique.
Il peut également s'agir d'une chaussure destinée à être portée par une personne potentiellement
en situation de détresse, par exemple une personne âgée, une personne handicapée ou
en convalescence.
1. Chaussure (1) apte à être chaussée par un pied d'un utilisateur, comportant :
- une tige (10) comportant une semelle intérieure (11), contre laquelle peut s'appuyer
le pied lorsqu'il est disposé dans la chaussure;
- une semelle dite d'usure (20), présentant une face supérieure (20s) appliquée contre
la semelle intérieure (11), et une face inférieure (20i) destinée à entrer en contact
avec un sol sur lequel évolue la chaussure, la semelle d'usure comportant un logement
(25) ménagé au niveau de la face supérieure (20s) de la semelle d'usure, une ouverture
(12) débouchant dans le logement (25) étant ménagée dans la semelle intérieure (11);
la chaussure étant
caractérisée en ce qu'elle comporte :
- un dispositif d'alerte (30), apte à émettre un signal d'alerte lorsque l'utilisateur
se trouve dans une situation de détresse, le dispositif d'alerte étant inséré dans
le logement (25) à travers l'ouverture (12), le dispositif d'alerte étant apte à émettre
un signal d'alerte selon une portée supérieure à 100 mètres.
2. Chaussure selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans laquelle le
dispositif d'alerte (30) est maintenu par un support (34), le support s'appuyant contre
la semelle intérieure (11), en s'étendant parallèlement à cette dernière, à l'intérieur
de la tige (10), le support étant déformable de façon à se conformer à la forme de
la semelle intérieure (11).
3. Chaussure selon la revendication 2, dans lequel l'épaisseur du support (34) est inférieure
à 1.5 mm.
4. Chaussure selon l'une quelconque des revendications 2 ou 3, comportant une semelle
dite première de propreté (14), disposée contre la semelle intérieure (11), le support
(34) s'étendant entre la semelle première de propreté (14) et la semelle intérieure
(11).
5. Chaussure selon l'une quelconque des revendications 2 à 4, comportant une semelle
antiperforation (16), comportant une ouverture (18) débouchant dans le logement (25),
de façon à permettre une insertion du dispositif d'alerte (30) dans le logement.
6. Chaussure selon la revendication 5, comportant également un élément complémentaire
(19) antiperforation, présentant une surface supérieure à la surface de l'ouverture
(18) pratiquée dans la semelle antiperforation (16), et recouvrant ladite ouverture
(18).
7. Chaussure selon la revendication 6, dans lequel le support (34) forme l'élément complémentaire
antiperforation (19).
8. Chaussure selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans laquelle le
dispositif d'alerte est relié à un capteur de pression (32), s'appuyant contre la
semelle intérieure (11) et apte à détecter une pression appliquée par le pied de l'utilisateur
après que ce dernier a chaussé la chaussure.
9. Chaussure selon la revendication 8, dans laquelle le dispositif d'alerte (30) est
relié à une languette (31), montée en saillie par rapport au dispositif d'alerte,
à une extrémité de laquelle est disposé le capteur de pression (32).
10. Chaussure selon la revendication 9, dans laquelle l'épaisseur de la languette (31)
et du capteur de pression (32) est inférieure à 2 mm.
11. Chaussure selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans laquelle le
dispositif d'alerte comporte une batterie dont le volume est supérieur à 5 cm3, et/ou dans laquelle le volume du dispositif d'alerte est supérieur à 10 cm3.
12. Chaussure selon l'une quelconque des revendications précédentes, comportant une coque
(29), définissant une périphérie du logement (25), disposée dans la semelle d'usure
(20).
13. Chaussure selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans laquelle le
dispositif d'alerte comporte un transducteur (48), apte à s'activer pour fournir une
information sur un état du dispositif d'alerte (30), le transducteur comportant un
vibreur, apte à générer une vibration se propageant au niveau de la semelle intérieure
(11).
14. Chaussure selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans laquelle le
dispositif d'alerte (30) comporte :
- un circuit d'actimétrie (41), composé d'un capteur de mouvement le circuit d'émission
étant configuré pour détecter un mouvement représentatif d'une situation de détresse
de l'utilisateur, ou un mouvement d'alerte volontairement exécuté par l'utilisateur
en cas de survenue d'une situation de détresse ;
- un circuit de géolocalisation (42), configuré pour obtenir une position de l'utilisateur
;
- un circuit d'émission (43), apte à émettre le signal d'alerte, ainsi que la position
de l'utilisateur ;
- un microcontrôleur (45), apte à activer le circuit d'émission (43) et le circuit
de géolocalisation (42) lorsque le circuit d'actimétrie (41) a détecté une situation
de détresse;
- le circuit de géolocalisation (42) et le circuit d'émission (43) étant inactifs
tant qu'ils n'ont pas été activés par le microcontrôleur (45), lors de la survenue
d'une situation de détresse, lorsque la chaussure est portée par l'utilisateur.
15. Chaussure l'une quelconque des revendications précédentes, comportant un circuit d'émission
(43), apte à émettre le signal d'alerte, le circuit d'émission étant disposé sur un
support (40), le circuit d'émission étant relié à une antenne (43') disposée à l'extérieur
du support (40).