[0001] La présente invention se rapporte au domaine général des engins de levage, du genre
grues, et plus particulièrement du genre grues à tour, qui comportent un point d'accroche
mobile, du genre chariot, auquel on peut suspendre une charge à déplacer, dite « charge
suspendue », et qui sont équipés d'un système de pilotage permettant de réaliser la
mise en mouvement et le contrôle du déplacement de ladite charge suspendue.
[0002] La présente invention se rapport plus particulièrement aux procédés de commande destinés
à gérer le système de pilotage de tels engins de levage.
[0003] Généralement, de tels procédés de commande, qui sont destinés à fournir une assistance
au pilotage de l'engin, comprennent une étape d'acquisition d'une consigne de pilotage,
au cours de laquelle on recueille la consigne de vitesse qui est exprimée par le conducteur
de l'engin de levage et qui correspond à la vitesse que ledit conducteur souhaite
conférer à la charge suspendue, puis une étape de traitement au cours de laquelle
on élabore, à partir de ladite consigne de pilotage, une consigne d'exécution qui
est appliquée au(x) moteurs(s) d'entraînement qui permettent de déplacer ladite charge
suspendue.
[0004] En outre, afin d'assurer la précision et la sécurité des opérations de transport
de la charge suspendue, les procédés de commande connus cherchent généralement à contrôler,
et plus particulièrement à limiter, l'amplitude des oscillations pendulaires, ou «
ballant », auxquelles la charge suspendue peut être sujette lors des mouvements du
chariot.
[0005] A cet effet, il est en particulier connu de combattre le ballant par un asservissement
en boucle fermée, dans lequel on mesure les valeurs réelles de position et de vitesse
du chariot, ainsi que la valeur de l'angle de ballant de la charge, pour pouvoir générer
une correction de la consigne qui est appliquée aux moteurs qui actionnent le chariot
et qui vise à réduire ledit ballant.
[0006] Si un tel système permet effectivement d'atténuer le ballant, il peut toutefois présenter
certains inconvénients.
[0007] En effet, un tel asservissement en boucle fermée impose la mise en oeuvre de nombreux
capteurs, destinés par exemple à mesurer l'angle réel de ballant, ce qui accroît la
complexité, et par conséquent le coût, ainsi que le risque de défaillance, du système
de pilotage, et plus globalement de l'engin de levage équipé dudit système de pilotage.
[0008] En outre, la complexité du modèle mathématique utilisé par un tel système de pilotage,
ainsi que la quantité des données à mesurer et à traiter, tendent à mobiliser des
ressources relativement importantes et coûteuses en termes de puissance de calcul,
de mémoire, et d'énergie.
[0009] Par ailleurs, l'assistance au pilotage ainsi offerte peut avoir tendance à amortir
excessivement les réponses (réactions) de l'engin de levage aux consignes du conducteur
(ou « grutier »), en faussant ainsi la perception intuitive du comportement de l'engin
que peut avoir ledit conducteur, et notamment en donnant audit conducteur la désagréable
impression que l'engin manque de réactivité et n'exécute pas fidèlement ses consignes.
[0010] Les objets assignés à l'invention visent par conséquent à remédier aux inconvénients
susmentionnés et à proposer un nouveau procédé de commande du déplacement d'une charge
suspendue qui assure un déplacement à la fois rapide et doux de la charge suspendue,
avec une maîtrise efficace du ballant, qui procure au conducteur un ressenti fidèle
permettant un pilotage très libre, réactif et relativement intuitif, et qui soit,
malgré ces performances, particulièrement simple et économe à mettre en oeuvre.
[0011] Les objets assignés à l'invention sont atteints au moyen d'un procédé de commande
du déplacement d'une charge suspendue à un point d'accroche d'un engin de levage,
ledit procédé comprenant une étape (a) d'acquisition de consigne de pilotage, au cours
de laquelle on acquiert une consigne dite « consigne de pilotage » qui est représentative
d'une vitesse de déplacement que le conducteur de l'engin de levage souhaite conférer
à la charge suspendue, puis une étape (b) de traitement au cours de laquelle on élabore,
à partir de ladite consigne de pilotage, une consigne dite « consigne d'exécution
» qui est destinée à être appliquée à au moins un moteur d'entraînement afin de déplacer
la charge suspendue, le procédé étant caractérisé en ce que l'étape (b) de traitement
comporte une sous-étape (b4) de régularisation C
3 au cours de laquelle on traite la consigne de pilotage de manière à conférer à ladite
consigne de pilotage des propriétés de dérivabilité troisième par rapport au temps
et de continuité par rapport au temps, afin de générer à partir de ladite consigne
de pilotage une consigne dite « consigne de pilotage filtrée » qui est de classe C
3, puis l'on définit la consigne d'exécution à partir de ladite consigne de pilotage
filtrée.
[0012] Plus préférentiellement, la sous-étape (b4) de régularisation C
3 peut consister en une sous-étape (a4) de filtrage du troisième ordre au cours de
laquelle on applique à la consigne de pilotage un filtre du troisième ordre afin de
générer une consigne de pilotage filtrée qui est de classe C
3.
[0013] Par « être de classe C
3 », on indique, au sens mathématique du terme, que le paramètre considéré, ici la
consigne de pilotage filtrée, ou plus précisément la fonction qui représente l'évolution
dudit paramètre considéré en fonction du temps, c'est-à-dire ici la fonction représentant
l'évolution de la consigne de pilotage filtrée en fonction du temps, est trois fois
dérivable (différentiable) par rapport au temps, et que ladite fonction, ainsi que
ses dérivées temporelles première, seconde et troisième sont continues.
[0014] Avantageusement, la régularisation C
3 de la consigne de pilotage (consigne de vitesse pour la charge suspendue), et plus
particulièrement l'utilisation à cet effet d'un filtre du troisième ordre appliqué
à ladite consigne de pilotage, permet de s'assurer que la consigne de pilotage filtrée,
qui sera ensuite effectivement utilisée pour définir la consigne d'exécution appliquée
aux moteurs d'entraînement, est de classe C
3.
[0015] Avantageusement, une consigne de pilotage filtrée, ainsi régularisée C
3, présente des conditions de régularité exceptionnelles (en ce sens qu'elle est ici
trois fois dérivable, et que ses dérivées temporelles première, seconde et troisième
sont continues), et par conséquent des propriétés mathématiques de continuité et de
bornage que ne possède généralement pas la consigne de pilotage brute, telle qu'elle
est définie et modifiée en temps réel par le conducteur de l'engin.
[0016] En effet, on rappellera que le conducteur de l'engin est susceptible de faire varier
la consigne de pilotage à tout instant, de manière imprévisible.
[0017] En fonction des différentes situations auxquelles ledit conducteur de l'engin doit
réagir, la consigne de pilotage (qui prend ici la forme d'une consigne de vitesse
pour la charge suspendue) peut donc varier d'une part en signe, lorsque le conducteur
de l'engin décide de changer le sens du mouvement (gauche/droite, éloignement/rapprochement),
et d'autre part en amplitude (intensité), lorsque le conducteur passe d'un mouvement
qu'il souhaite rapide à un mouvement plus lent (décélération), ou inversement (accélération).
[0018] En outre, la vitesse de ces changements de consigne de pilotage peut considérablement
varier, selon la fréquence et la rapidité avec laquelle le conducteur de l'engin actionne
les commandes pour opérer des changements ou des corrections de trajectoire.
[0019] La consigne de pilotage brute peut donc présenter en pratique certaines variations
brusques, de type échelons, assimilables mathématiquement à des discontinuités.
[0020] De même, en raison notamment de ces discontinuités, les dérivées temporelles (typiquement
d'ordre un et d'ordre deux) de la consigne de pilotage, qui seront de préférence utilisées
dans la modélisation du comportement de la charge suspendue et dans l'élaboration
de la consigne d'exécution, pourraient présenter ponctuellement, si elles étaient
calculées directement, sans régularisation (filtrage) appropriée, certaines divergences
ou certaines discontinuités, si bien que la consigne d'exécution résultante serait
de nature à provoquer des réactions saccadées ou instables de la charge suspendue.
[0021] C'est pourquoi le procédé selon l'invention lisse avantageusement la consigne de
pilotage avant que celle-ci ne soit effectivement appliquée au(x) moteur(s) d'entraînement,
ce qui permet d'éliminer du signal de commande (consigne d'exécution) les instabilités,
discontinuités et autres divergences qui seraient de nature à provoquer des à-coups
et l'apparition (ou l'entretien) d'un ballant.
[0022] On peut ainsi obtenir un mouvement de la charge suspendue qui est particulièrement
régulier et stable, quelle que soit la nature dudit mouvement (c'est-à-dire quelle
que soit la forme de la trajectoire voulue par le conducteur de l'engin), et quelles
que soient la vitesse et l'amplitude dudit mouvement voulues par le conducteur de
l'engin.
[0023] Avantageusement, et tel que cela sera détaillé ci-après, la régularité C
3 conférée à la consigne de pilotage permet en outre de définir ensuite la consigne
d'exécution, à partir de ladite consigne de pilotage, au moyen d'un modèle mathématique
simplifié qui non seulement est simple et rapide à exécuter, mais qui, surtout, produit
une consigne d'exécution qui est intrinsèquement non génératrice de ballant, c'est-à-dire
une consigne d'exécution qui, lorsqu'elle est appliquée aux moteurs d'actionnement,
ne provoque pas (ne peut pas provoquer d'elle-même) l'apparition d'un ballant.
[0024] Par ailleurs, le procédé selon l'invention autorise notamment un réglage libre et
précis des coefficients, ainsi que de la pulsation, du filtre du troisième ordre qui
est appliqué à la consigne de pilotage, ce qui permet de conserver en toutes circonstances
une convergence rapide de la vitesse de la charge suspendue vers la consigne de vitesse
exprimée par le conducteur de l'engin.
[0025] En d'autres termes, le procédé procure un pilotage dynamique et réactif.
[0026] Ensuite, le procédé selon l'invention permet avantageusement d'optimiser l'utilisation
du ou des moteurs d'entraînement, en ceci qu'il permet de tirer les meilleures performances
possibles dudit ou desdits moteurs, notamment en termes de vitesse ou d'accélération
conférée au point d'accroche et à la charge, tout en respectant à tout moment les
limites matérielles dudit ou desdits moteurs.
[0027] On comprend en effet que si un moteur ne peut pas atteindre la consigne qui lui est
fixée parce que ladite consigne est trop élevée au regard des capacités dudit moteur,
alors l'entraînement réel du point d'accroche souffrira d'une insuffisance par rapport
à l'entraînement souhaité, si bien que le mouvement dudit point d'accroche (et donc
le mouvement de la charge suspendue) qui sera effectivement obtenu ne correspondra
pas au mouvement voulu.
[0028] Or, la consigne d'exécution étant par définition calculée justement pour obtenir
(théoriquement) un mouvement (mouvement voulu) régulier et sans ballant, on comprendra
que si, en pratique, le moteur d'entraînement n'exécute pas correctement ladite consigne
d'exécution, alors le système de pilotage ne se comportera pas comme souhaité, et
qu'il pourra en résulter l'apparition d'un ballant et une certaine perte de contrôle
des mouvements du point d'accroche et de la charge.
[0029] Ici, grâce à l'invention, on peut paramétrer la régularisation C
3, et plus particulièrement on peut paramétrer le filtrage du troisième ordre, et le
cas échéant faire évoluer ce paramétrage de la régularisation C
3 (respectivement du filtrage) au fil du temps, de manière à ce que la consigne d'exécution,
tout en favorisant une réponse rapide du système de pilotage, n'excède pas les capacités
effectives des moteurs d'entraînement en matière de vitesse maximale et d'accélération
maximale.
[0030] A ce titre, on notera notamment que d'une part l'accélération maximale que l'on peut
conférer au point d'accroche (chariot) est directement dépendante de la capacité d'accélération
maximale des moteurs d'entraînement qui servent à déplacer ledit point d'accroche,
et que d'autre part il existe mathématiquement, du fait des lois physiques de la dynamique,
une relation entre l'accélération du point d'accroche (accélération du chariot) et
la dérivée troisième de la vitesse de la charge suspendue.
[0031] Par conséquent, lorsque l'on régularise C
3 la consigne de pilotage brute (consigne de vitesse de charge suspendue) exprimée
par le conducteur de l'engin, conformément à l'invention, on réalise avantageusement
une planification du profil de la consigne de vitesse que l'on va appliquer aux moteurs
d'entraînement, c'est-à-dire que l'on planifie l'évolution dans le temps (et plus
particulièrement les taux d'évolution par unité de temps) de la valeur de la consigne
d'exécution (valeur de consigne de vitesse de chariot), selon un profil d'évolution
qui reflète au mieux la consigne de pilotage souhaitée mais qui est également et surtout
compatible avec la capacité des moteurs à fournir une réponse qui soit à chaque instant
à la hauteur de ladite consigne d'exécution.
[0032] De la sorte, la consigne d'exécution est en pratique toujours "réalisable", c'est-à-dire
que ladite consigne d'exécution est intrinsèquement telle que ledit système de pilotage
réel est toujours capable de "réaliser" (d'atteindre) effectivement ladite consigne
d'exécution qu'on lui applique, et donc de fournir une réponse réelle qui est conforme
au comportement qu'on attend dudit système de pilotage, et plus particulièrement conforme
au comportement que l'on attend du chariot (tel que ledit comportement attendu est
défini par la consigne d'exécution).
[0033] Ainsi, la consigne d'exécution ne prend jamais le système de pilotage réel en défaut.
[0034] Plus particulièrement, le filtre du troisième ordre proposé simplifie la mise en
oeuvre de saturations appropriées, lors du traitement de la consigne de pilotage,
et donc la mise en oeuvre de limitations dynamiques "intelligentes" de la consigne
d'exécution, qui permettent de tirer le meilleur parti des moteurs d'entraînement
tout en garantissant un contrôle permanent, précis et fiable, des mouvements du point
d'accroche et de la charge suspendue.
[0035] Enfin, on notera que le procédé de commande selon l'invention permet avantageusement
de piloter l'engin de levage par un asservissement en boucle ouverte, simplement en
appliquant la consigne d'exécution (consigne de vitesse) au moteur d'entraînement
concerné, sans requérir aucune mesure du ballant effectif (c'est-à-dire sans qu'il
soit nécessaire d'obtenir un retour d'information sur l'angle réel du ballant), ce
qui limite le nombre de capteurs ainsi que la puissance de calcul nécessaires au pilotage,
et par conséquent réduit la complexité, l'encombrement, et la consommation d'énergie
du système de pilotage.
[0036] D'autres objets, caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront plus en
détail à la lecture de la description qui suit, ainsi qu'à l'aide des dessins annexés,
fournis à titre purement illustratif et non limitatif, parmi lesquels :
La figure 1 illustre, selon une vue schématique en perspective, l'agencement général
d'un exemple d'engin de levage piloté par un procédé selon l'invention.
La figure 2 illustre, selon une vue schématique de côté, le principe général d'un
modèle mécanique de pendule qui sous-tend le procédé selon l'invention.
La figure 3 illustre, sous forme d'un schéma-bloc, le calcul de la pulsation applicable
au filtre du troisième ordre ainsi que la saturation préliminaire de la consigne de
pilotage, qui précède le filtrage du troisième ordre.
La figure 4 illustre, sous forme d'un schéma-bloc, le principe de mise en oeuvre d'une
étape (b) de traitement selon l'invention, et plus particulièrement le détail d'un
filtre du troisième ordre selon l'invention.
La figure 5 illustre, selon une vue schématique de dessus, la correspondance entre
les systèmes de coordonnées cartésiennes et de coordonnées cylindriques permettant
d'exprimer les consignes de pilotage, puis les consignes d'exécution, dans des repères
appropriés.
La figure 6 illustre, sous forme d'un schéma-bloc, la mise en oeuvre du procédé selon
l'invention pour commander d'une part un moteur d'orientation (l'« orientation » désignant
la composante de giration en lacet, autour d'un axe (ZZ') dit « axe d'orientation
») et d'autre part un moteur de distribution (la « distribution » désignant la composante
radiale d'éloignement ou de rapprochement par rapport à l'axe (ZZ') d'orientation),
à partir d'une consigne de pilotage exprimée en coordonnées cylindriques, comprenant
une composante radiale et une composante angulaire.
La figure 7 illustre, de façon schématique, une consigne de pilotage filtrée obtenue
en réponse à une consigne de pilotage brute de type échelon, ainsi qu'une consigne
d'exécution qui est déterminée à partir de ladite consigne de pilotage filtrée, tel
que cela est illustré sur la figure 6, au moyen d'une formule de conversion issue
du modèle mécanique de la figure 2.
[0037] La présente invention concerne un procédé de commande du déplacement d'une charge
1 suspendue à un point d'accroche
H d'un engin de levage 2.
[0038] L'engin de levage 2 est conçu de manière à pouvoir déplacer le point d'accroche
H, et par conséquent la charge suspendue 1, selon une composante de rotation en lacet
Θ autour d'un premier axe vertical (ZZ'), dit « axe d'orientation », et/ou selon une
composante radiale
R, correspondant à un mouvement dit « de distribution », ici en translation le long
d'un second axe (DD') dit « axe de distribution » sécant audit axe d'orientation (ZZ'),
tel que cela est illustré sur les figures 1 et 2.
[0039] L'engin de levage 2 pourra notamment former une grue à tour, dont le mât 3 matérialise
l'axe d'orientation (ZZ'), et dont la flèche 4 matérialise l'axe de distribution (DD'),
tel que cela est illustré sur la figure 1.
[0040] Par simple commodité de description, on considérera une telle configuration de grue
à tour dans ce qui suit, et plus particulièrement une configuration de grue à tour
à flèche 4 horizontale, étant bien entendu qu'il est parfaitement envisageable d'appliquer
le principe de l'invention à d'autres engins de levage, et notamment à des grues mobiles
ou à des grues à flèche relevable.
[0041] On notera
O l'intersection de l'axe de distribution (DD') et de l'axe d'orientation (ZZ').
[0042] Le point d'accroche
H est de préférence formé par un chariot 5, qui pourra avantageusement être guidé en
translation selon l'axe de distribution (DD'), le long de la flèche 4.
[0043] Par commodité, on pourra assimiler le chariot 5 et le point d'accroche
H dans ce qui suit.
[0044] Le mouvement d'orientation Θ, et, respectivement, le mouvement de distribution
R, et plus particulièrement le mouvement d'entraînement du chariot 5 en translation
R le long de la flèche 4, pourront être assurés par tout moteur d'entraînement 7, 8
approprié, de préférence électrique, et plus particulièrement par au moins un moteur
(électrique) d'orientation 8 et, respectivement, un moteur (électrique) de distribution
7.
[0045] La charge 1 est suspendue au point d'accroche
H par un dispositif de suspension 6, tel qu'un câble de suspension. Dans ce qui suit,
ledit dispositif de suspension sera donc assimilé à un tel câble de suspension 6,
par commodité.
[0046] La charge 1 suspendue pourra de préférence également être déplacée selon une composante
verticale, dite « de levage », de sorte à pouvoir faire varier la hauteur à laquelle
se trouve la charge suspendue 1 par rapport au sol.
[0047] De préférence, on pourra à cet effet faire varier la longueur
L du câble de suspension 6, typiquement au moyen d'un treuil entraîné par un moteur
(de préférence électrique) de levage, de manière à pouvoir modifier la distance de
la charge suspendue 1 au point d'accroche
H, et ainsi soit faire s'élever la charge 1 par un raccourcissement de la longueur
L (par enroulement du câble de suspension 6), soit au contraire faire descendre ladite
charge 1 par un allongement de ladite longueur
L (par déroulement du câble 6).
[0048] Par commodité, on pourra désigner par « système de pilotage » l'ensemble permettant
d'assurer la mise en mouvement et le contrôle du déplacement de la charge suspendue
1, ledit ensemble comprenant typiquement le ou les modules (calculateurs) 10, 12,
13, 14, 15, 16, 17 permettant la mise en oeuvre du procédé selon l'invention, ainsi
que le ou les moteurs d'entraînement 7, 8 (actionneurs), et le cas échéant les organes
mobiles (effecteurs) de l'engin entraînés par lesdits moteurs d'entraînement 7, 8;
lesdits organes mobiles correspondront ici d'une part au mât 3 et à la flèche 4, orientables
en lacet selon le mouvement d'orientation Θ, et d'autre part au chariot 5 assurant
le mouvement de distribution
R le long de la flèche 4.
[0049] Selon l'invention, le procédé comprend une étape (a) d'acquisition de consigne de
pilotage au cours de laquelle on acquiert une consigne dite « consigne de pilotage
» V
u qui est représentative d'une vitesse de déplacement V
load que le conducteur de l'engin de levage 2 souhaite conférer à la charge suspendue
1.
[0050] Le procédé selon l'invention comprend ensuite une étape (b) de traitement au cours
de laquelle on élabore, à partir de ladite consigne de pilotage V
u, ici au moyen d'un module de traitement 10, une consigne dite « consigne d'exécution
» V
trol, qui est destinée à être appliquée à au moins un moteur d'entraînement 7, 8 afin
de déplacer la charge suspendue 1, et, plus particulièrement, afin de déplacer le
chariot 5 auquel est suspendu ladite charge 1.
[0051] On notera que, avantageusement, le procédé permet de réaliser un asservissement en
vitesse, plutôt qu'en trajectoire, et plus particulièrement un asservissement de la
vitesse du chariot 5, à partir d'une consigne de vitesse V
u qui correspond à la vitesse souhaitée pour la charge suspendue 1.
[0052] A ce titre, la consigne d'exécution V
trol exprimera donc de préférence la consigne de vitesse que doit atteindre le point d'accroche
H (c'est-à-dire la consigne de vitesse que doit atteindre le chariot 5).
[0053] En d'autres termes, le procédé comprend de préférence une étape (a) au cours de laquelle
le conducteur définit (librement) et exprime (volontairement) une consigne de pilotage
sous forme d'une consigne de vitesse qu'il souhaite voire suivie par la charge suspendue
1, puis une étape (b) de traitement au cours de laquelle ladite consigne de pilotage
(consigne en vitesse de charge suspendue) est traitée, ici plus particulièrement filtrée
par un filtre du troisième ordre, pour être convertie en une consigne correspondante
de vitesse du chariot 5, formant la consigne d'exécution (en vitesse) V
trol qui est appliquée au moteur d'entraînement 7,8 adéquat.
[0054] On notera du reste que le procédé offre au conducteur de l'engin une grande liberté
de manoeuvre, puisque ledit conducteur peut fixer librement, à tout instant, et selon
l'amplitude qu'il choisit, la consigne de pilotage (consigne de vitesse) V
u qu'il désire voir exécutée par la charge 1, et ce sans être par exemple contraint
de respecter une trajectoire fixe prédéterminée.
[0055] On notera par ailleurs que le procédé selon l'invention est valable aussi bien pour
le pilotage du mouvement d'orientation Θ que pour le pilotage du mouvement de distribution
R, ou pour le pilotage d'une combinaison simultanée quelconque de ces deux mouvements.
[0056] Du point de vue formel, on remarquera que l'on peut avantageusement repérer la position
des organes mobiles, à savoir le point d'accroche
H/chariot 5 d'une part, la charge 1 suspendue d'autre part, et exprimer les mouvements
desdits organes mobiles, soit dans un repère cartésien (O, X, Y, Z) associé à la base
(considérée fixe) de l'engin de levage 2, soit dans un repère de type "polaire" (O,
r, θ) utilisant des coordonnées cylindriques, voire sphériques.
[0057] Par convention, on pourra ainsi noter, dans ledit repère cartésien :
Ptrolx et Ptroly les positions en X (premier axe horizontal), respectivement en Y (second axe horizontal,
perpendiculaire au premier axe horizontal X), du chariot 5 (l'indice « trol » désignant
le chariot ou « trolley ») ;
Vtrolx et Vtroly les composantes de vitesse en X, respectivement en Y, dudit chariot 5 ;
Ploadx et Ploady les positions en X, respectivement en Y, de la charge 1 suspendue (l'indice « load
» désignant la charge suspendue 1) ;
Vloadx et Vloady les composantes de vitesse en X, respectivement en Y, de ladite charge suspendue
1, qui correspondent aux composantes de la vitesse (voulue) de la charge suspendue
1, et donc, en pratique, aux composantes de la consigne de pilotage Vu.
[0058] Lorsque l'on utilisera les coordonnées cylindriques (r, θ), on pourra plus particulièrement
attacher à chaque organe mobile considéré un repère de Frénet permettant d'exprimer
la composante radiale V
r (selon le mouvement de distribution
R) et la composante orthoradiale V
θ (selon la tangente au mouvement d'orientation Θ) de la vitesse de l'organe mobile
considéré, tel que cela est notamment illustré sur la figure 5.
[0059] Ainsi, sur ladite figure 5, de même que sur la figure 6, V
loadr et V
loadθ représentent les composantes radiale et respectivement orthoradiale du vecteur vitesse
V
load de la charge 1 suspendue (c'est-à-dire en pratique les composantes radiale et orthoradiale
de la consigne de pilotage en vitesse V
u), tandis que V
trolr et V
trolθ représentent les composantes radiale et respectivement orthoradiale du vecteur vitesse
V
trol du chariot 5 (c'est-à-dire les composantes radiale et orthoradiale de la consigne
d'exécution en vitesse V
trol, qui sont appliquées respectivement au moteur de distribution 7 et au moteur d'orientation
8).
[0060] Tel que cela est illustré sur les figures 3, 4 et 6, la consigne de pilotage V
u peut être fournie par le conducteur de l'engin au moyen de tout organe de commande
11 approprié.
[0061] Ledit organe de commande 11 pourra notamment prendre la forme d'un joystick, ou bien
d'un ensemble de manettes, qui permettra au conducteur d'exprimer la consigne de vitesse
d'orientation (vitesse de lacet, orthoradiale) V
loadθ et la consigne de vitesse de distribution (vitesse radiale) V
loadr qu'il souhaite imprimer à la charge suspendue 1.
[0062] Par simple commodité de notation, la consigne de pilotage V
u brute, telle qu'elle est exprimée par le conducteur de l'engin au niveau de l'organe
de commande 11, c'est-à-dire le signal fourni par le joystick en entrée du système
de pilotage, sera de préférence référencée V
JOY sur les figures susmentionnées.
[0063] Afin de mieux expliquer l'invention, quelques éléments de mécanique théorique permettant
de modéliser un système pendulaire vont maintenant être exposés, en référence à la
figure 2.
[0064] On notera que l'explication donnée ici dans un plan, en référence à une seule dimension
de déplacement, selon l'axe X, que l'on considère parallèle à la flèche 4 et à l'axe
de distribution (DD'), reste valable en trois dimensions.
[0065] D'après le principe fondamental de la dynamique (loi de Newton), et en négligeant
d'éventuels efforts externes tels que le vent, on a :

où
M représente la masse de la charge suspendue 1 ;
aload représente l'accélération de la charge suspendue 1 (que l'on considère ici portée
par la direction horizontale X) ;
T représente la tension du câble de suspension 6 ;
g représente la gravité (accélération de pesanteur).
[0066] L'équation ci-dessus implique que le vecteur

est colinéaire (parallèle) au vecteur
T. De ce fait, on a :

avec β l'angle (angle de ballant) que forme le câble de suspension 6 avec la verticale
Z.
[0067] En faisant l'hypothèse des petits angles, on peut également écrire :

avec
Ptrol la position (ici en X) du chariot 5,
Pload la position (ici en X) de la charge 1, et
L la longueur du câble de suspension 6.
[0068] On en déduit la relation suivante entre la position P
trol du chariot d'une part, et la position P
load de la charge suspendue et la vitesse V
load de la charge d'autre part :

et, en dérivant l'expression ci-dessus par rapport au temps, on obtient une équation
différentielle du second degré, dite « formule de conversion », qui exprime la vitesse
V
trol du chariot 5 en fonction de la vitesse V
load de la charge suspendue 1 :

ce qui peut également s'exprimer par la transformée de Laplace :

[0069] En pratique, grâce à la formule de conversion ci-dessus, on peut donc calculer la
consigne de vitesse du chariot V
trol, c'est-à-dire concrètement la consigne d'exécution V
trol, à partir de la valeur de la vitesse V
load que l'on souhaite conférer à la charge suspendue, c'est-à-dire à partir de la consigne
de pilotage V
u.
[0070] Toutefois, il est également nécessaire de prendre en considération le fait que, dans
le système de pilotage réel, le chariot 5 a nécessairement une accélération finie
(bornée). Cette condition matérielle impose que, d'un point de vue mathématique, l'accélération
du chariot, c'est-à-dire la dérivée temporelle de la vitesse du chariot,

doit d'une part exister, et d'autre part être bornée (c'est-à-dire être majorée par
une valeur fixe finie).
[0071] Or, le calcul de la vitesse du chariot (consigne d'exécution) V
trol selon la formule de conversion ci-dessus fait intervenir la dérivée temporelle seconde

de la vitesse de la charge suspendue (vitesse de pilotage) V
load.
[0072] Au regard de cette formule de conversion, l'accélération du chariot

peut donc s'exprimer sous forme d'une fonction de la dérivée temporelle troisième

de la vitesse de la charge V
load.
[0073] Il s'ensuit que la condition d'existence et de bornage de l'accélération du chariot
V̇trol impose que la dérivée temporelle troisième
V̈load de la vitesse de la charge V
load existe et soit bornée, c'est-à-dire que la vitesse de la charge suspendue V
load (et par conséquent la consigne de pilotage V
u qui va servir à fixer ladite vitesse de la charge suspendue) soit trois fois dérivable,
et que sa dérivée troisième soit continue (et bornée).
[0074] En d'autres termes, on doit s'assurer que la consigne de pilotage V
u effectivement utilisée pour calculer (selon la formule de conversion ci-dessus) la
consigne d'exécution V
trol est (à tout moment, et en toutes circonstances) de classe C
3, et ce alors même que ladite consigne de pilotage V
u est initialement exprimée par le conducteur de l'engin, et acquise sensiblement en
temps réel, sous une forme brute V
JOY qui est susceptible de varier de façon imprévisible au fil du temps, au libre choix
du conducteur, et qui ne possède donc pas nécessairement ces propriétés de régularité
C
3.
[0075] C'est notamment pourquoi, selon l'invention, l'étape (b) de traitement comporte avantageusement
une sous-étape (b4) de régularisation C
3 au cours de laquelle on traite la consigne de pilotage V
u de manière à conférer à ladite consigne de pilotage V
u des propriétés de dérivabilité troisième par rapport au temps et de continuité par
rapport au temps, afin de générer, à partir de ladite consigne de pilotage V
u, une consigne de pilotage filtrée V
f qui est de classe C
3, puis l'on définit la consigne d'exécution V
trol à partir de ladite consigne de pilotage filtrée V
f.
[0076] Selon une variante possible de mise en oeuvre, la régularisation C
3 peut être réalisée en utilisant des polynômes d'interpolation.
[0077] Selon cette variante, on interpole la consigne de pilotage V
u, et plus particulièrement plusieurs voire la totalité des valeurs considérées parmi
la succession des différentes valeurs prises par la consigne de pilotage V
u au cours d'un intervalle de temps donné, au moyen d'un polynôme.
[0078] Ledit polynôme possède intrinsèquement une classe de régularité (au moins) C
3, et fournit donc une approximation à la fois précise et de classe C
3 de la consigne de pilotage, sous forme d'une consigne de pilotage filtrée V
f de type polynomial.
[0079] Un tel polynôme procure donc une planification de classe C
3 de la consigne de pilotage.
[0080] Toutefois, selon une autre variante particulièrement préférentielle et plus simple
à mettre en oeuvre que la variante par interpolation polynomiale, lors de la sous-étape
(b4) de régularisation C
3, on applique à la consigne de pilotage V
u, pour régulariser C
3 ladite consigne de pilotage, un filtre du troisième ordre F3 afin de générer la consigne
de pilotage filtrée V
f qui est de classe C
3.
[0081] En d'autres termes, la sous-étape (b4) constitue de préférence une sous-étape de
filtrage du troisième ordre au cours de laquelle on applique à la consigne de pilotage
V
u un filtre du troisième ordre F3 afin de générer une consigne de pilotage filtrée
V
f qui est trois fois dérivable (et plus exactement de classe de régularité C
3).
[0082] De préférence, la régularisation C3, et plus particulièrement le filtrage du troisième
ordre, s'effectue au moyen d'un module de filtrage du troisième ordre 12, formé par
un calculateur, électronique ou informatique.
[0083] Le filtrage du troisième ordre F3 peut s'écrire sous forme d'une fonction de transfert
:

avec :
ω la pulsation du filtre du troisième ordre F3 ;
c1, c2 les coefficients, respectivement du premier ordre et du second ordre, utilisés par
ledit filtre du troisième ordre F3.
[0084] Dans le domaine temporel, le filtre du troisième ordre F3 se traduit par l'équation
différentielle suivante :

[0085] Afin d'optimiser le filtre du troisième ordre F3, on choisira de préférence : c
1 = 2,15 et c
2 = 1,75, tel que cela apparaît sur la figure 4.
[0086] Ces valeurs permettent en effet d'optimiser la réactivité du filtre F3, en minimisant
son temps réponse à 5% (c'est-à-dire le temps nécessaire pour faire converger la réponse
vers une consigne de type échelon avec une erreur inférieure à 5% de la valeur dudit
échelon), tout en limitant le dépassement (« overshoot »).
[0087] On notera que, selon une variante possible de mise en oeuvre de l'invention, on pourrait
utiliser directement la consigne de pilotage filtrée V
f en tant que consigne d'exécution V
trol appliquée aux moteurs d'entraînement 7, 8, c'est-à-dire que l'on pourrait poser :
V
trol = V
f.
[0088] En effet, grâce à la régularisation C
3, obtenue ici par le filtrage du troisième ordre, la consigne de pilotage filtrée
V
f est intrinsèquement définie, et plus globalement « planifiée », de sorte à converger
progressivement vers la consigne de pilotage V
u, sans jamais être « trop raide ».
[0089] De la sorte, ladite consigne de pilotage filtrée V
f, régularisé C
3, est effectivement réalisable, les moteurs d'entraînement 7, 8 étant capables de
suivre ladite consigne de pilotage filtrée V
f.
[0090] Ainsi, dans l'exemple illustré sur la figure 7, où le conducteur de l'engin applique
une consigne de pilotage V
u de type échelon, on constate que la consigne de pilotage filtrée V
f évolue effectivement selon une pente plus progressive que celle dudit échelon, et
sans discontinuité.
[0091] Toutefois, selon une autre variante particulièrement préférentielle de mise en oeuvre
de l'invention, après avoir déterminé la consigne de pilotage filtrée V
f, la consigne d'exécution peut ensuite être définie (et calculée) comme suit, en appliquant
la formule de conversion mentionnée plus haut :

avec :
Vf la consigne de pilotage filtrée (régularisée C3), ici plus préférentiellement issue du filtre du troisième ordre F3,
L la longueur du câble de suspension 6 qui relie la charge suspendue au point d'accroche,
g la gravité.
[0092] Cette formule de conversion, simple et rapide à exécuter, présente l'avantage d'être
intrinsèquement une fonction anti-ballant.
[0093] Ainsi, utiliser la formule de conversion ci-dessus est avantageusement équivalent
à appliquer à la consigne de pilotage filtrée V
f une fonction (supplémentaire) anti-ballant, qui permet de produire une consigne d'exécution
V
trol non génératrice de ballant.
[0094] En effet, la formule de conversion ci-dessus provient d'un modèle de pendule simplifié,
dans lequel on considère que l'angle de ballant β est quasi-nul, c'est-à-dire que
la charge suspendue 1 ne se balance pas (ou quasiment pas) par rapport au chariot
5.
[0095] Avantageusement, cela signifie, de manière réciproque, qu'une consigne d'exécution
V
trol élaborée à partir de ce modèle est telle que, si ladite consigne d'exécution est
effectivement exécutée fidèlement par les moteurs d'entraînement 7, 8, et donc par
le chariot 5, ladite consigne d'exécution V
trol ne peut pas, en elle-même, provoquer de ballant.
[0096] La figure 7 montre une consigne d'exécution V
trol ainsi obtenue en appliquant la formule de conversion à une consigne de pilotage filtrée
V
f issue d'une consigne de pilotage V
u de type échelon.
[0097] La conversion de la consigne filtrée V
f en consigne d'exécution V
trol pourra être opérée par tout module de conversion (calculateur) 13 approprié, du genre
circuit électronique ou module programmé informatiquement.
[0098] On remarquera par ailleurs que la détermination de la consigne d'exécution V
trol selon l'invention peut avantageusement être réalisée sans qu'il soit nécessaire de
connaître, et
a fortiori sans qu'il soit nécessaire de mesurer, la masse
M de la charge suspendue 1, dans la mesure où ce paramètre (la masse
M de la charge 1) n'intervient pas dans les formules employées pendant l'étape (b)
de traitement, et notamment n'intervient pas dans la définition du filtre du troisième
ordre F3 ou dans la formule de conversion susmentionnée.
[0099] On peut donc faire l'économie d'une mesure de la masse
M de la charge suspendue 1 ou d'un traitement de ce paramètre de masse
M, ce qui permet, ici encore, de simplifier la structure de l'engin de levage 2, et
de simplifier et d'accélérer l'exécution du procédé.
[0100] Avantageusement, les effets anti-ballant intrinsèquement procurés d'une part par
la régularisation C
3 elle-même, et d'autre part par l'utilisation d'une formule de conversion non génératrice
de ballant, se combineront pour offrir un asservissement optimisé du mouvement de
la charge suspendue 1, totalement dépourvu de ballant.
[0101] Compte tenu des aptitudes du procédé à générer une consigne d'exécution qui ne provoque
pas de ballant, on pourra, de façon particulièrement préférentielle, mettre en oeuvre
l'asservissement selon l'invention en boucle ouverte.
[0102] Ainsi, on pourra notamment piloter l'engin de levage 2, et plus particulièrement
les déplacements du chariot 5 (ici typiquement en orientation Θ et en distribution
R), en appliquant "en aveugle" la consigne d'exécution (ici de préférence une consigne
de vitesse) V
trol au(x) moteur(s) d'entraînement 7, 8, sans prévoir d'asservissement qui viserait à
réduire ensuite le ballant réel qui résulterait éventuellement de l'application de
cette consigne d'exécution ou bien encore qui résulterait de perturbations extérieures.
[0103] En particulier, on pourra ainsi piloter l'engin de levage 2 sans avoir à utiliser
de retour (« feedback ») mesuré ou calculé de l'angle de ballant effectif (réel) de
la charge suspendue 1, ni de retour mesuré ou calculé de la vitesse angulaire du ballant
effectif de ladite charge suspendue 1 et, de préférence, sans avoir à utiliser de
retour mesuré de la vitesse effective (réelle) du déplacement du point d'accroche
H.
[0104] En utilisant en boucle ouverte le procédé selon l'invention, on peut donc avantageusement
obtenir un excellent contrôle du déplacement de la charge suspendue 1, et plus particulièrement
offrir au conducteur de l'engin d'excellentes possibilités de contrôle manuel du déplacement
de la charge suspendue, au moyen d'un procédé qui allie simplicité et rapidité d'exécution,
tout en simplifiant la structure de l'engin de levage 2, et notamment en faisant l'économie
de capteurs destinés à mesurer le ballant.
[0105] Ceci étant, le procédé selon l'invention reste toutefois parfaitement compatible,
en variante de réalisation, avec un asservissement en boucle fermée, selon lequel
on détermine tout d'abord la consigne d'exécution V
trol conformément à l'invention, en faisant notamment intervenir le filtrage du troisième
ordre, puis on applique ensuite ladite consigne d'exécution V
trol aux moteurs d'entraînement 7, 8 tout en prévoyant un asservissement en boucle fermée
(tel que décrit plus haut) destiné à réduire activement un éventuel ballant, au cas
où un tel ballant apparaîtrait malgré tout, en étant provoqué par des perturbations
externes au système de pilotage, telles que des rafales de vent, par exemple.
[0106] Avantageusement, selon une pareille variante de réalisation, la détermination de
la consigne d'exécution V
trol selon l'invention, avec régularisation C
3 d'une part et utilisation de la formule de conversion anti-ballant mentionnée plus
haut d'autre part, permettra toutefois de générer une consigne d'exécution (consigne
de vitesse de chariot) V
trol déjà optimisée, non génératrice de ballant (intrinsèquement), si bien que la tâche
de compensation de ballant affectée à la boucle fermée de l'asservissement sera grandement
simplifiée (puisqu'il s'agira seulement de réduire d'éventuels ballants provoqués
par les seules perturbations externes au système de pilotage).
[0107] On rappellera par ailleurs que les moteurs d'entraînement 7, 8 présentent, par nature,
des capacités de vitesse, d'accélération, et de couple limitées (finies).
[0108] Par conséquent, il est nécessaire que la consigne d'exécution V
trol soit compatible avec ces capacités, afin que les moteurs 7, 8 puissent effectivement
exécuter ladite consigne d'exécution V
trol, et ainsi générer, comme résultat de l'application de ladite consigne d'exécution
V
trol auxdits moteurs 7, 8, des mouvements du chariot 5 et de la charge suspendue 1 sans
ballant, qui soient conformes aux mouvements qui sont attendus au regard de ladite
consigne d'exécution.
[0109] En d'autres termes, il est nécessaire de veiller à générer une consigne d'exécution
V
trol qui soit réalisable, c'est-à-dire cohérente et compatible avec les capacités matérielles
effectives des moteurs d'entraînement 7, 8, de manière à ne pas chercher à solliciter
le système de pilotage au-delà de ses capacités, et ainsi de manière à éviter toute
situation dans laquelle une insuffisance d'un moteur 7, 8 conduirait le mouvement
réel à différer du mouvement idéal attendu, et provoquerait par exemple l'apparition
ou l'accentuation d'un ballant.
[0110] En définitive, au regard des critères de stabilité, de rapidité de convergence, et
de respect des capacités matérielles des moteurs d'entraînement 7, 8, on peut considérer
que, globalement, la consigne de pilotage filtrée (consigne de vitesse filtrée) V
f doit répondre (simultanément) à quatre contraintes cumulées :
- Contrainte n°1 : la consigne de vitesse filtrée Vf(t) doit être trois fois dérivable, et plus particulièrement de classe C3 ;
- Contrainte n°2 : la consigne de vitesse filtrée Vf doit converger le plus rapidement possible vers la consigne de pilotage Vu (en réponse typiquement à une consigne de pilotage Vu formant un échelon constant) ;
- Contrainte n°3 : l'accélération du chariot 5 ne doit jamais dépasser la capacité d'accélération
intrinsèque maximale du moteur d'entraînement 7, 8 correspondant, c'est-à-dire que
l'on a en permanence : |V̇trol| ≤ aMAX, soit

où aMAX est une valeur représentative de l'accélération maximale que le moteur d'entraînement
7, 8 peut conférer au point d'accroche H auquel est suspendue la charge 1 (c'est-à-dire ici au chariot 5) ;
- Contrainte n°4 : la consigne de vitesse du chariot (consigne d'exécution) Vtrol ne doit jamais dépasser la vitesse maximale que le moteur d'entraînement 7, 8 peut
conférer au chariot 5, c'est-à-dire que l'on a en permanence: |Vtrol| ≤ VMAX soit:

VMAX où VMAX est une valeur représentative de la vitesse maximale que le moteur d'entraînement
7, 8 peut conférer au point d'accroche H auquel est suspendue la charge 1 (c'est-à-dire ici au chariot 5).
[0111] La régularisation C
3, et plus particulièrement l'application du filtre du troisième ordre F3, permet de
satisfaire à la contrainte n°1 (consigne trois fois dérivable, et plus particulièrement
de classe C
3).
[0112] On peut satisfaire à la contrainte n°2 (convergence rapide) en choisissant convenablement
les coefficients c1, c2 dudit filtre du troisième ordre F3, comme indiqué ci-dessus,
et d'autre part en adaptant la pulsation ω dudit filtre du troisième ordre F3 selon
les circonstances, tel que cela sera détaillé ci-après.
[0113] On peut enfin satisfaire aux contraintes n°3 (limite d'accélération) et n°4 (limite
de vitesse), c'est-à-dire s'assurer que la consigne d'exécution (consigne de vitesse
du chariot) V
trol est réalisable, en appliquant des fonctions de saturation SAT1, SAT2, SAT3 appropriées,
qui seront détaillées dans ce qui suit.
[0114] Ainsi, selon une caractéristique préférentielle qui peut constituer une invention
à part entière, lors de la sous-étape (b4) de régularisation C
3, on pourra faire intervenir, pour générer la consigne de pilotage filtrée V
f, un paramètre qui est représentatif de l'accélération maximale a
MAX que le moteur d'entraînement 7, 8 peut conférer au point d'accroche
H auquel est suspendue la charge 1, afin que la consigne d'exécution V
trol qui découle de ladite consigne de pilotage filtrée V
f dépende de ladite accélération maximale de manière à être réalisable par ledit moteur
d'entraînement 7,8.
[0115] Plus particulièrement, ledit paramètre choisi comme représentatif de l'accélération
maximale a
MAX admissible par le moteur d'entraînement 7,8 pourra être la pulsation ω du filtre
du troisième ordre F3, sous forme d'une pulsation dite « pulsation calculée » ω
0 qui sera déterminée en fonction notamment de ladite valeur d'accélération maximale
admissible a
MAX.
[0116] Les inventeurs ont en effet établi qu'il existait un lien entre pulsation et accélération
maximale admissible.
[0117] En effet, on a vu que l'accélération du chariot vaut

[0118] Supposons que l'on applique à l'instant t = 0 (instant initial), à une charge suspendue
1 au repos, c'est-à-dire à un système initialement à l'équilibre, une consigne V
u de type échelon.
[0119] Le système étant initialement à l'équilibre, on peut alors considérer que l'accélération
de la charge suspendue 1 est initialement nulle, c'est-à-dire que l'on a, à l'instant
t=0 :
V̇f (0) ≈ 0, du fait de l'inertie, tandis que l'accélération
V̇trol du chariot 5 est maximale à ce même instant t=0, et vaut alors

[0120] La contrainte n°3 (limite d'accélération) impose donc :

c'est-à-dire :

[0121] Par conséquent, l'étape (b) de traitement peut donc comprendre de préférence une
sous-étape (b1) de réglage de la pulsation du filtre du troisième ordre F3, au cours
de laquelle on calcule la pulsation ω, ω
0 dudit filtre du troisième ordre F3 à partir d'une valeur a
MAX qui est représentative de l'accélération maximale que le moteur d'entraînement 7,
8 peut conférer au point d'accroche
H auquel est suspendue la charge 1.
[0122] Par ailleurs, et dans la mesure où l'équation ci-dessus fait également apparaître,
en conséquence de la contrainte n°3 (limite d'accélération), un lien entre la pulsation
ω et la consigne de vitesse V
u, l'étape (b) de traitement comprendra de préférence une sous-étape (b1) de réglage
de la pulsation ω du filtre du troisième ordre F3, au cours de laquelle on adapte
la pulsation ω du filtre du troisième ordre, et plus particulièrement la pulsation
calculée ω
0, en fonction de la valeur de la consigne de pilotage V
u, V
JOY appliquée par le conducteur de l'engin de levage à l'instant t considéré.
[0123] Plus préférentiellement, on modifie la valeur de la pulsation ω du filtre du troisième
ordre F3 selon que la consigne de pilotage V
u, V
JOY est inférieure ou au contraire supérieure à une vitesse de référence V
thresh qui est définie à partir de la valeur de vitesse maximale V
MAX que le moteur d'entraînement 7, 8 peut conférer au point d'accroche
H auquel est suspendue la charge 1.
[0124] En pratique, on fera varier la pulsation ω de sorte à augmenter ladite pulsation
ω et ainsi utiliser une pulsation considérée comme grande, dite « valeur haute » ω
high, et donc un filtre F3 plus réactif, lorsque la valeur absolue de la consigne de pilotage
(c'est-à-dire l'amplitude de la consigne de vitesse) V
u, V
JOY est faible au regard de la vitesse maximale admissible V
MAX, et en diminuant au contraire ladite pulsation ω au profit d'une pulsation plus faible,
dite « valeur basse » ω
low, lorsque la valeur absolue de la consigne de pilotage V
u, V
JOY augmentera pour se rapprocher de la vitesse maximale admissible V
MAX.
[0125] En particulier, lorsque la consigne de vitesse correspond à la vitesse maximale admissible
: V
u = V
MAX, la contrainte n°3 (limite d'accélération) imposera en effet :

[0126] En pratique, compte-tenu de ce qui précède, et tel que cela est illustré sur la figure
3, on pourra donc par exemple calculer la pulsation ω du filtre du troisième ordre
F3, lors de la sous-étape (b1) de réglage de la pulsation du filtre du troisième ordre,
à partir d'une pulsation calculée ω
0 déterminée comme suit :
on choisit Vthresh = k*VMAX, avec 0 < k <1, par exemple k = 0,5 ;
si Vu ≤ Vthresh, alors on définit la pulsation calculée ω0 comme

formant ici une valeur haute ;
si Vu > Vthresh, alors on définit la pulsation calculée ω0 comme

formant ici une valeur basse, car VMAX > Vthresh, si bien que ωlow < ωhigh ; avec :
Vu la consigne de pilotage (ici égale à la consigne de pilotage brute VJOY),
k un facteur de réglage choisi, compris entre 0 et 1,
L la longueur du câble de suspension 6 qui relie la charge suspendue 1 au point d'accroche
H,
g la gravité (accélération de pesanteur),
VMAX une valeur arbitraire (de réglage) que l'on considère comme représentative de la
vitesse maximale que le moteur d'entraînement 7, 8 peut conférer au point d'accroche
H auquel est suspendue la charge 1 ; en pratique VMAX sera arbitrairement choisie en fonction des caractéristiques de l'engin de levage
2, de la charge 1 prévue, et du moteur d'entraînement 7, 8 concerné, et pourra par
exemple être égale à la valeur de vitesse maximale effective que le moteur d'entraînement
7, 8 est effectivement capable, d'après des essais, de conférer au chariot 5, ou bien,
de préférence, être égale à une fraction (strictement inférieure à 100%, mais non
nulle) de cette valeur de vitesse maximale effective ;
aMAX une valeur arbitraire (de réglage) que l'on considère comme représentative de l'accélération
maximale que le moteur d'entraînement 7, 8 peut conférer au point d'accroche H auquel est suspendue la charge 1 ; aMAX pourra par exemple être égale à la valeur maximale effective d'accélération du moteur,
déterminée par des essais, ou bien, de préférence, être égale à une fraction (strictement
inférieure à 100%, mais non nulle) de cette valeur maximale effective d'accélération.
[0127] Le double objectif de cette adaptation (en temps réel) de la pulsation ω est d'optimiser
la réactivité du filtre du troisième ordre 3 (contrainte n°2) en augmentant ladite
pulsation ω lorsque cela est possible, car le temps de réponse du filtre F3 est inversement
proportionnel à ladite pulsation ω (avec les coefficients c
1, c
2 choisis comme indiqué plus haut, le temps de réponse à 5% est de l'ordre de 4/ω),
tout en respectant la contrainte n°3 liée au non-dépassement de la capacité maximale
d'accélération du moteur d'entraînement 7, 8, qui fixe une limite supérieure admissible
pour ladite pulsation ω.
[0128] On notera du reste que quelle que soit la loi retenue pour déterminer la pulsation
ω, l'utilisation d'une pulsation ajustable permet de régler dynamiquement le filtre
du troisième ordre F3, et d'intégrer directement et intrinsèquement au sein dudit
filtre F3, de façon particulièrement simple, une partie des contraintes liées notamment
aux capacités matérielles de vitesse et d'accélération des moteurs d'entraînement
7, 8.
[0129] L'ajustement de la pulsation ω du filtre du troisième ordre F3 pourra être réalisé
par tout module d'ajustement de pulsation 14 approprié, formant un calculateur comprenant
par exemple un circuit électronique ou un programme informatique adapté.
[0130] Par ailleurs, les inventeurs ont constaté empiriquement que, pour éviter de déstabiliser
le filtre du troisième ordre F3, notamment lors des transitions entre la valeur haute
ω
high et la valeur basse ω
low, la pulsation (calculée) ω, ω
0 devait être deux fois dérivable (par rapport au temps).
[0131] A ce titre, les inventeurs ont constaté qu'il était souhaitable de lisser la pulsation
(calculée) ω, ω
0, afin en particulier de garantir que ses évolutions dans le temps, et en particulier
les transitions valeur haute ω
high/valeur basse ω
low susmentionnées, soient continues et deux fois dérivables.
[0132] C'est pourquoi, selon une caractéristique préférentielle qui peut constituer une
invention à part entière, lors de la sous-étape (b1) de réglage de la pulsation ω
du filtre du troisième ordre F3, on applique lors de la détermination de la pulsation
ω, et plus particulièrement on applique à la pulsation calculée ω
0, un filtre du second ordre F2, de manière à ce que le filtre du troisième ordre F3
utilise comme pulsation ω une pulsation calculée filtrée ω
F.
[0133] Ladite pulsation calculée filtrée ω
F est ainsi préférentiellement définie comme :

avec :
ω0 la pulsation calculée (dite aussi « pulsation-cible »), obtenue comme indiqué plus
haut, avant filtrage du second ordre F2,
ωX la pulsation propre du filtre du second ordre F2, par exemple égale à 4 rad/s,
m le coefficient d'amortissement du filtre du second ordre F2, de préférence égal à
0,7 (ce choix de valeur permettant d'obtenir un bon compromis entre temps de réponse
faible et dépassement limité du filtre du second ordre).
[0134] Par ailleurs, on constatera que si la pulsation ω du filtre du troisième ordre F3,
et plus particulièrement la pulsation filtrée ω = ω
F dudit filtre du troisième ordre F3, calculée comme décrit ci-dessus, varie continûment
(c'est-à-dire régulièrement, sans discontinuité au sens mathématique du terme) pour
converger vers la pulsation-cible calculée ω
0, et plus particulièrement varie pour passer continûment de la valeur haute ω
high à la valeur basse ω
low ou inversement, alors, dans l'absolu, pourraient se présenter certaines situations
dans lesquelles l'inégalité

c'est-à-dire

qui résulte de la contrainte n°3 (capacité limitée d'accélération) pourrait temporairement
être violée.
[0135] En effet, supposons par exemple que l'on se trouve initialement dans une situation
dans laquelle le conducteur de l'engin sollicite peu ou pas le déplacement de la charge
suspendue 1, de telle sorte que la consigne de pilotage (en vitesse) V
u est faible, voire nulle, si bien qu'elle est inférieure à la vitesse de référence
: V
u < V
thresh, par exemple avec V
u = 0 m/s.
[0136] La pulsation ω, ω
F du filtre du troisième ordre F3 est alors proche de, voire égale à, sa valeur haute
ω
high.
[0137] Supposons maintenant que le conducteur de l'engin applique soudainement une consigne
de vitesse V
u de forte amplitude, supérieure à la vitesse de référence V
thresh, et par exemple voisine de la vitesse maximale admissible : V
u = V
MAX. En pratique, cela revient à appliquer au système de pilotage un échelon selon lequel
le conducteur fait passer quasi-instantanément la consigne de pilotage V
u de sa valeur initiale faible, voire nulle (typiquement 0 m/s) à une valeur haute,
typiquement V
MAX.
[0138] Comme la consigne V
u = V
MAX dépasse désormais la vitesse de référence V
thresh, le réglage automatique de la pulsation du filtre du troisième ordre, selon la sous-étape
(b1), redéfinit la valeur de pulsation cible ω
0, et en l'occurrence l'abaisse pour la fixer à la valeur basse : ω
0 = ω
low.
[0139] Cependant, en raison du filtrage du second ordre F2 qui est appliqué pour obtenir
la pulsation filtrée ω
F, telle qu'elle est effectivement utilisée par le filtre du troisième ordre F3, la
transition de ladite pulsation filtrée ω
F depuis sa valeur haute ω
high initiale jusqu'à sa (nouvelle) valeur-cible basse ω
0 = ω
low n'est pas instantanée, mais au contraire relativement progressive, en ceci que ladite
transition (en l'espèce, la diminution) de la pulsation, c'est-à-dire la convergence
de la pulsation filtrée ω
F vers la valeur basse ω
low, peut s'opérer plus lentement que le changement (ici l'augmentation) de la consigne
de pilotage V
u, c'est-à-dire plus lentement que la convergence de la consigne de pilotage V
u vers sa valeur haute V
MAX.
[0140] On comprendra donc que, pendant la brève durée qui est nécessaire pour adapter la
pulsation ω, ω
F du filtre du troisième ordre F3 à la nouvelle consigne de pilotage V
u, on peut donc temporairement se trouver dans une situation où coexistent une consigne
de pilotage proche de sa valeur haute (V
u étant sensiblement égale à V
MAX) et une pulsation ω, ω
F également proche de sa valeur haute ω
high, du fait que ladite pulsation "tarde" à diminuer pour atteindre sa valeur basse ω
low.
[0141] En pareil cas, l'accélération demandée au chariot 5 serait alors provisoirement sensiblement
égale à

et pourrait ainsi temporairement excéder la capacité maximale d'accélération

a
MAX du moteur 7, 8, puisque ω
high > ω
low.
[0142] C'est notamment pourquoi, afin d'éviter une telle situation, et plus particulièrement
afin de garantir que l'on satisfait en permanence à l'inégalité (posée par la contrainte
n°3) :

l'étape (b) de traitement comprend de préférence, selon une caractéristique qui peut
constituer une invention à part entière, une sous-étape (b2) de saturation préliminaire,
au cours de laquelle on applique à la consigne de pilotage V
u, V
JOY une première loi de saturation SAT1 qui est calculée en fonction de la pulsation
ω, ω
F du filtre du troisième ordre F3 (c'est-à-dire en fonction de la valeur instantanée
prise par la pulsation ω, ω
F du filtre du troisième ordre à l'instant considéré).
[0143] Tel que cela est notamment illustré sur les figures 3 et 4, cette première loi de
saturation SAT1 pourra être mise en oeuvre par un premier module de saturation 15
approprié, formant un calculateur comprenant par exemple un circuit électronique ou
un programme informatique adapté.
[0144] De préférence, la première loi de saturation SAT1 s'exprimera par :

avec
Vu la consigne de pilotage (ici égale à la consigne de pilotage brute VJOY),
ωF la pulsation (et plus particulièrement la pulsation filtrée) du filtre du troisième
ordre F3,
L la longueur du câble de suspension 6,
g la gravité et
aMAX une valeur représentative de l'accélération maximale que le moteur d'entraînement
7, 8 peut conférer au point d'accroche H auquel est suspendue la charge 1 (ladite valeur d'accélération maximale étant de
préférence définie comme indiqué plus haut).
[0145] De préférence, tel que cela est illustré sur les figures 3 et 4, la première loi
de saturation SAT1 est appliquée à la consigne (en vitesse) brute V
JOY, avant le filtrage du troisième ordre F3, de sorte à former (en sortie du premier
module de saturation 15) la consigne de pilotage V
u qui est alors envoyée vers le filtre du troisième ordre F3.
[0146] Par ailleurs, dans certaines situations, lorsque la longueur
L du câble de suspension 6 est importante, la consigne d'exécution V
trol, et donc la vitesse du chariot 5, qui est donnée par la formule de conversion

peut dépasser la vitesse maximale admissible V
MAX, c'est-à-dire violer la contrainte n°4 (qui pose : |
V≤
trol|
VMAX)
, notamment si la consigne de pilotage V
u, et par conséquent la consigne de pilotage filtrée V
f qui en résulte, connaît des variations rapides, rapprochées dans le temps, et de
forte amplitude.
[0147] La solution proposée par les inventeurs consiste à limiter la consigne d'exécution
V
trol lorsque celle-ci atteint une limite admissible prédéfinie (typiquement +/- V
MAX), en saturant de manière adéquate la consigne de pilotage V
u.
[0148] Le principe est de recalculer la consigne de pilotage V
u lorsque la consigne d'exécution (et donc la vitesse du chariot 5) V
trol atteint la vitesse maximale admissible V
MAX, de manière à ce que la valeur absolue de ladite consigne d'exécution |V
trol| reste (au plus) constante, voire diminue; en d'autres termes, on modifie la consigne
de pilotage V
u afin de plafonner la consigne d'exécution V
trol à sa valeur maximale admissible V
MAX.
[0149] C'est pourquoi l'étape (b) de traitement comprend de préférence une sous-étape (b3)
de saturation secondaire, qui est destinée à maintenir constante ou à faire décroître
la consigne d'exécution (c'est-à-dire la consigne de vitesse du point d'accroche
H) V
trol lorsque ladite consigne d'exécution V
trol atteint sensiblement la vitesse maximale V
MAX que le moteur d'entraînement 7, 8 peut conférer au point d'accroche
H (c'est-à-dire en pratique au chariot 5).
[0150] Mathématiquement, si l'on souhaite maintenir la consigne d'exécution V
trol constante, cela revient à poser
V̇trol = 0, donc

et par conséquent

[0151] Comme, en application du filtre du troisième ordre F3, on a :

donc

alors

le second membre de la dernière équation étant noté, par commodité,

[0152] Comme indiqué plus haut, on cherche à maintenir la consigne d'exécution V
trol constante ou à la faire décroître, lorsqu'elle atteint la vitesse maximale admissible
V
max. En outre, en pratique, si la consigne de pilotage V
u est petite, cela indique en principe que l'on recherche une vitesse de chariot, donc
une consigne d'exécution V
trol, basse, c'est-à-dire qu'il n'y a alors pas de raison de conserver ladite consigne
d'exécution V
trol constante à sa valeur maximale V
MAX, mais plutôt de la faire décroître.
[0153] C'est pourquoi, au cours de la sous-étape (b3) de saturation secondaire, on applique
donc de préférence à la consigne de pilotage V
u, selon une caractéristique qui peut constituer une invention à part entière, une
seconde loi de saturation SAT2 qui est exprimée par :

et

avec :
Vu la consigne de pilotage (laquelle est de préférence issue du premier module de saturation
15, après avoir subi la première loi de saturation SAT1, comme indiqué sur la figure
4),
Vtrol la consigne d'exécution (vitesse de chariot), estimée ici par la formule de conversion
:

Vf la consigne de pilotage filtrée issue du filtre du troisième ordre F3, et

avec
c1, c2 les coefficients, respectivement du premier ordre et du second ordre, utilisés par
le filtre du troisième ordre F3 (typiquement, on aura c1 = 2,15 et c2 = 1,75),
ωF la pulsation (ici plus particulièrement la pulsation filtrée) du filtre du troisième
ordre F3,
L la longueur du câble de suspension 6 qui relie la charge suspendue 1 au point d'accroche
H,
g la gravité.
[0154] Tel que cela est notamment illustré sur la figure 4, cette seconde loi de saturation
SAT2 pourra être mise en oeuvre par un second module de saturation 16 approprié, formant
un calculateur comprenant par exemple un circuit électronique ou un programme informatique
adapté.
[0155] On notera que, par souci de stabilité, l'activation et la désactivation de cette
seconde loi de saturation SAT2, au voisinage de la vitesse maximale admissible V
MAX, pourront s'opérer de préférence par une commutation à hystérésis.
[0156] Plus particulièrement, la seconde loi de saturation SAT2 étant initialement inactive,
celle-ci sera activée lorsque la consigne d'exécution V
trol atteindra et dépassera un seuil d'enclenchement, légèrement supérieur à V
MAX, et par exemple fixé à 1,04*V
MAX (ce qui renforce l'intérêt de choisir V
MAX légèrement en-deçà de la limite de vitesse physique véritable du moteur d'entraînement
7, 8 concerné, typiquement entre 95% et 98% de ladite limite physique), et être de
nouveau désactivée lorsque la consigne d'exécution V
trol redescendra sous un seuil d'extinction strictement inférieur au seuil d'enclenchement,
et valant par exemple 1,01*V
MAX.
[0157] Par ailleurs, les inventeurs ont constaté que, même si la mise en oeuvre de la première
loi de saturation SAT1 décrite plus haut permettait globalement de satisfaire à la
contrainte n°3 (accélération du chariot devant rester inférieure à l'accélération
maximale admissible a
MAX), certaines combinaisons très particulières de consignes de pilotage pouvaient malgré
tout prendre cette contrainte n°3 en défaut.
[0158] Or, comme indiqué plus haut, l'application d'une consigne d'exécution V
trol qui ne respecterait les limites matérielles, notamment la capacité d'accélération,
des moteurs d'entraînement 7, 8, risquerait de conduire à l'exécution d'un mouvement
non conforme au mouvement attendu, et par conséquent à l'apparition d'un ballant.
[0159] C'est notamment pourquoi, afin de sécuriser le mouvement de la charge suspendue 1
et de garantir le contrôle et la précision dudit mouvement, l'étape (b) de traitement
comprend de préférence, selon une caractéristique qui peut constituer une invention
à part entière mais qui sera préférentiellement mise en oeuvre en complément de la
première loi de saturation SAT1, une sous-étape (b5) de saturation de la dérivée troisième
de la consigne de pilotage filtrée au cours de laquelle on applique à la dérivée (temporelle)
troisième
V̈f de la consigne de pilotage filtrée V
f une troisième loi de saturation SAT3 dont les seuils de saturation dépendent de l'accélération
maximale a
MAX (typiquement telle que définie plus haut) que le moteur d'entraînement 7, 8 peut
conférer au point d'accroche
H auquel est suspendue la charge 1.
[0160] La mise en oeuvre de cette troisième loi de saturation SAT3 peut avantageusement
ajouter une précaution supplémentaire à celle procurée par la première loi de saturation
SAT1, afin d'optimiser la sécurité de la commande en boucle ouverte selon l'invention.
[0161] Plus préférentiellement, la troisième loi de saturation SAT3 pourra s'exprimer par
:

si

et

avec :
Vf la consigne de pilotage filtrée issue du filtre du troisième ordre F3,
ωF la pulsation (ici plus particulièrement la pulsation filtrée) du filtre du troisième
ordre F3,
c1, c2 les coefficients, respectivement du premier ordre et du second ordre, utilisés par
le filtre du troisième ordre F3,
L la longueur du câble de suspension 6 qui relie la charge suspendue 1 au point d'accroche
H,
g la gravité et
aMAX une valeur représentative de l'accélération maximale que le moteur d'entraînement
7, 8 peut conférer au point d'accroche H auquel est suspendue la charge 1, ladite valeur d'accélération maximale étant typiquement
définie comme cela a été décrit plus haut.
[0162] Tel que cela est notamment illustré sur la figure 4, la troisième loi de saturation
SAT3 pourra être mise en oeuvre par un troisième module de saturation 17 approprié,
formant un calculateur comprenant par exemple un circuit électronique ou un programme
informatique adapté.
[0163] On notera que, avantageusement, le raisonnement et les équations proposées ci-dessus
trouvent à s'appliquer si l'on considère la situation réelle, en trois dimensions.
[0164] En effet, si l'on considère la grue dans un repère cartésien tridimensionnel (X,
Y, Z), où Z représente l'axe vertical, ici confondu avec le mât 3, on peut toujours
écrire la loi de Newton :

[0165] En faisant l'hypothèse des petits angles de ballant, on a, en projection respectivement
sur l'axe X et sur l'axe Y :

et

avec a
X, a
Y et a
Z les composantes respectives en X, en Y et en Z de l'accélération de la charge suspendue
1.
[0166] Selon une première possibilité de mise en oeuvre du procédé selon l'invention, on
pourrait, dans l'absolu, conserver, pour le calcul de la consigne d'exécution V
trol, et plus particulièrement pour le calcul des composantes cartésiennes
VtrolX et
VtrolY de ladite consigne d'exécution, des expressions qui font apparaître l'accélération
verticale a
Z de la charge suspendue 1, de manière à pouvoir compenser également les effets potentiels
de ladite accélération verticale de la charge suspendue 1 sur la génération de ballant.
[0167] Toutefois, selon une seconde possibilité préférentielle de mise en oeuvre du procédé
selon l'invention, on pourra en pratique considérer, à titre d'hypothèse simplificatrice,
que l'accélération de la charge suspendue a
Z est négligeable au regard de la pesanteur g.
[0168] En simplifiant en conséquence les expressions ci-dessus, on retrouve :

[0169] En dérivant (différentiant) ensuite ces expressions par rapport au temps, et en considérant,
par simplification réaliste, que la vitesse de variation dL/dt de la longueur
L du câble de suspension 6 est négligeable, on obtient :

[0170] Par ailleurs, on notera que le procédé selon l'invention est particulièrement polyvalent
car il peut s'appliquer à tout type d'engin de levage 2, quelle que soit la configuration
dudit engin de levage 2, dans la mesure où ledit procédé permet avantageusement de
calculer de toute manière la consigne d'exécution V
trol de manière simple dans un repère cartésien, quel que soit par ailleurs le système
de coordonnées (cartésiennes, cylindriques ou sphériques), propre à l'engin de levage
2, dans lequel est d'abord exprimée la consigne de pilotage V
u, V
JOY lorsqu'elle est fixée par le conducteur de l'engin, puis dans lequel la consigne
d'exécution V
trol doit être exprimée pour que ladite consigne d'exécution puisse être convenablement
appliquée aux moteurs d'entraînement 7,8 concernés.
[0171] En effet, il suffit tout d'abord de convertir en coordonnées cartésiennes, au moyen
d'une matrice de transformation géométrique (du genre matrice de rotation), caractéristique
de l'engin de levage 2 utilisé, et que l'on notera R
θ, les composantes de la consigne de pilotage V
u, V
JOY initialement exprimées dans le système de coordonnées propre à l'engin de levage
2, puis de calculer la consigne d'exécution V
trol dans ledit repère cartésien, et enfin de convertir à nouveau, au moyen d'une matrice
de transformation inverse, que l'on notera R-
θ, les composantes cartésiennes de ladite consigne d'exécution V
trol en composantes exprimées dans le système de coordonnées propre à l'engin de levage
2, applicables aux moteurs d'entraînement 7, 8 qui gèrent respectivement le déplacement
dudit engin 2 (et plus particulièrement du chariot 5) selon chacune desdites composantes.
[0172] Ainsi, dans le cas d'un engin de levage 2 formé par une grue à flèche horizontale
(grue à tour à flèche horizontale), le système de coordonnées le plus approprié audit
engin 2 sera un système de coordonnées cylindriques dans lequel la position de l'objet
considéré est repérée par un rayon
r (le long de la flèche) et un angle d'azimut θ (angle de lacer autour de l'axe d'orientation),
tel que cela est illustré sur les figures 1 et 5.
[0173] Le pilotage de la grue s'effectuant - de manière assez intuitive pour le conducteur
- en distribution (modification du rayon r) et en orientation (modification de l'azimut
θ), la consigne de pilotage V
u, V
JOY, de même que la consigne d'exécution V
trol, comprendront donc chacune une composante de distribution, destinée au moteur 7 de
distribution (qui permet d'agir sur le rayon) et une composante d'orientation, destinée
au moteur 8 d'orientation (qui permet de d'agir sur l'azimut).
[0174] La première conversion (de la consigne de pilotage V
u, V
JOY) depuis le système cylindrique vers le système cartésien pourra s'opérer au moyen
d'une matrice de rotation R
θ, tandis que la seconde conversion (de la consigne d'exécution V
trol) depuis le système cartésien vers le système cylindrique pourra s'opérer au moyen
d'une matrice de rotation inverse R
-θ.
[0175] De manière analogue, dans le cas d'un engin de levage 2 formé par une grue à flèche
relevable, le système de coordonnées le plus approprié sera le système de coordonnées
sphériques, dans lequel la position du chariot 5 est repérée (et pilotée) par son
azimut (orientation de la flèche relevable en lacet), sa déclinaison (orientation
de la flèche relevable en tangage) et par son rayon (distance du chariot par rapport
à la base articulée de la flèche relevable).
[0176] Ici encore, les conversions vers et depuis le système cartésien seront opérées par
des matrices de transformation géométrique appropriées, de manière à pouvoir gérer
le moteur d'entraînement en azimut (lacet) de la flèche, le moteur d'entraînement
en déclinaison (tangage) de la flèche, et le moteur d'entraînement en rayon (translation
le long de la flèche).
[0177] Dans le cas d'un engin de levage 2 de type pont roulant, conçu pour réaliser des
mouvements linéaires de translation selon un axe (X), ou selon deux axes perpendiculaires
l'un à l'autre (X et Y), la consigne de pilotage pourra être directement exprimée
dans un repère cartésien (X, Y), et ne nécessitera donc aucune conversion de coordonnées.
[0178] En pratique, et tel que cela est illustré sur la figure 6, le procédé selon l'invention
pourra donc comporter successivement les opérations suivantes :
- la position de la charge suspendue 1 est donnée dans un système de coordonnées adapté
à l'engin de levage 2, ici préférentiellement en coordonnées cylindriques : rload, θload ;
- la consigne de pilotage (brute) VJOY est exprimée par le conducteur de l'engin (via le joystick 11) sous forme d'une consigne
de vitesse de charge suspendue Vload, dont les composantes correspondent au système de coordonnées considéré ; ici ladite
consigne de vitesse de charge suspendue Vload, comprend (est décomposée en) une composante de vitesse de charge radiale souhaitée
Vloadr et une composante de vitesse de charge angulaire souhaitée Vloadθ ;
- les composantes de la consigne de vitesse de charge suspendue Vload sont alors régularisées C3, et plus particulièrement filtrées à cet effet par le filtre du troisième ordre F3
;
- ainsi, la première composante de la consigne de vitesse de charge suspendue, ici la
composante de vitesse de charge radiale souhaitée Vloadr, est régularisée C3, et plus particulièrement filtrée par le filtre du troisième ordre F3 (module de
filtrage 12), pour obtenir une consigne de vitesse de charge radiale filtrée Vloadrf (c'est-à-dire la première composante de la consigne de pilotage filtrée Vf) ;
- de même, la seconde composante de la consigne de vitesse de charge suspendue, ici
la composante de vitesse de charge angulaire souhaitée Vloadθ, est régularisée C3, et plus particulièrement est filtrée par le filtre du troisième ordre F3 (module
de filtrage 12), pour obtenir une consigne de vitesse de charge angulaire filtrée,
puis elle est multipliée par le rayon rload, qui correspond à la distance à laquelle la charge suspendue 1 se trouve de l'axe
de rotation vertical (ZZ'), de manière à obtenir une consigne de vitesse tangentielle
(orthoradiale) filtrée Vloadθf (c'est-à-dire la seconde composante de la consigne de pilotage filtrée Vf) ;
- la consigne de vitesse de charge filtrée (consigne de pilotage filtrée Vf), dont les composantes, ici radiale et tangentielle, sont désormais connues, est
alors exprimée dans un repère cartésien en appliquant une matrice de transformation
géométrique, ici la matrice de rotation Rθload qui correspond à la position angulaire en lacet θload de la charge suspendue 1 : (VloadXf, VloadYf) = Rθload (Vloadrf, Vloadθf) ;
- sur chaque axe X et Y dudit repère cartésien, on peut alors déterminer, grâce à la
formule de conversion (module de conversion 13), la composante correspondante de la
consigne d'exécution (consigne de vitesse de chariot) Vtrol : Vtrol X = VloadXf +

et

- la consigne d'exécution (consigne de vitesse de chariot) Vtrol, disponible en coordonnées cartésiennes est alors exprimée dans le système de coordonnées
adapté à l'engin de levage, en l'espèce en coordonnées cylindriques, en appliquant
une matrice de transformation géométrique inverse, ici une matrice de rotation inverse
R-θtrol qui correspond à la position angulaire en lacet θtrol du chariot 5 : (Vtrolr, Vtrolθ) = R-θtrol (VtrolX, VtrolY) ;
- les composantes de la consigne d'exécution Vtrol sont alors appliquées chacune à leur moteur d'entraînement 7, 8 respectif; ainsi,
la composante radiale Vtrolr de la consigne d'exécution Vtrol est alors appliquée au moteur de distribution 7,
- tandis que la composante tangentielle Vtrolθ de ladite consigne d'exécution Vtrol est convertie en consigne de vitesse angulaire de chariot, par multiplication par
1/rtrol, où rtrol représente la distance du chariot 5 à l'axe de rotation vertical (ZZ'), puis appliquée
au moteur d'orientation (giration en lacet) 8.
[0179] On notera par ailleurs que les coordonnées cylindriques du chariot 5 (point d'accroche
H) peuvent être aisément connues (en temps réel), par exemple au moyen d'une part d'un
capteur de position angulaire qui renseigne sur la position angulaire en lacet de
la flèche 4 par rapport au mât 3, c'est-à-dire sur la position angulaire en lacet
θ
trol du chariot 5, et d'autre part au moyen d'un capteur de position, par exemple associé
au moteur d'entraînement en distribution 7, qui permet de connaître la position du
chariot 5 (en translation) le long de la flèche 4, et par conséquent la distance radiale
r
trol à laquelle ledit chariot 5 se trouve de l'axe vertical de rotation (ZZ').
[0180] De même, la longueur
L du câble de suspension 6 pourra être connue en temps réel au moyen d'un capteur mesurant
la rotation absolue du treuil ou du moteur de levage qui génère l'enroulement dudit
câble de suspension 6.
[0181] La position angulaire en lacet θ
load de la charge suspendue 1, ainsi que la distance (radiale) r
load de ladite charge suspendue par rapport à l'axe vertical de giration (ZZ') pourront
être estimées par intégration (sur le temps) des composantes de la consigne de pilotage
filtrée V
f, puisque lesdites composantes correspondent ici respectivement à la vitesse radiale
de charge filtrée V
loadrf et à la vitesse angulaire de charge filtrée V
loadθf.
[0182] Ainsi, plus particulièrement, on pourra évaluer une position radiale estimée r
load_estim de la charge suspendue 1 comme :

[0183] On notera à ce titre que, lorsque l'engin de levage 2, et plus particulièrement la
charge suspendue 1, se trouve au repos, de telle sorte que ladite charge suspendue
1 pend sensiblement à la verticale du chariot 5, la position angulaire en lacet et
la distance à l'axe de giration de la charge suspendue 1 sont identiques respectivement
à la position angulaire en lacet et à la distance à l'axe de giration du chariot 5,
elles-mêmes mesurées comme indiqué ci-dessus.
[0184] On pourra donc poser, comme condition initiale (et donc comme paramètre d'étalonnage)
du calcul intégral susmentionné : r
load (0) = r
trol(0), où « 0 » correspond à un instant initial où le système se trouve au repos.
[0185] Le cas échéant, pour améliorer la précision de l'estimation de la position radiale
de la charge suspendue 1, on pourra utiliser un observateur (matrice d'observation)
faisant intervenir une mesure supplémentaire de la position radiale du chariot 5.
[0186] Par ailleurs, on notera que la régularisation C
3, et plus particulièrement le filtrage du troisième ordre F3, pourra être appliqué(e)
à un (seul) mouvement caractéristique de l'engin de levage 2 (typiquement le mouvement
de giration en orientation ou bien le mouvement de translation en distribution dans
l'exemple préféré illustré sur les figures 1 et 6), c'est-à-dire à une seule des composantes
de la consigne de pilotage V
u, V
JOY, ou bien à plusieurs desdits mouvements caractéristiques (c'est-à-dire à plusieurs
desdites composantes), ou, de préférence, à l'ensemble desdits mouvements caractéristiques
(c'est-à-dire à l'ensemble des composantes de la consigne de pilotage).
[0187] L'invention concerne par ailleurs bien entendu en tant que telle l'utilisation d'une
régularisation C
3, et plus particulièrement l'utilisation d'un filtre du troisième ordre F3, et le
cas échéant, l'utilisation de l'une et/ou l'autre des lois de saturation SAT1, SAT2,
SAT3, dans la détermination d'une consigne d'exécution V
trol destinée à être appliquée à un moteur d'entraînement 7, 8 permettant de déplacer
une charge suspendue 1 à un engin de levage 2, selon l'une ou l'autre des modalités
décrites dans ce qui précède.
[0188] A ce titre, on notera que l'invention porte en tant que telle sur la mise en oeuvre
d'une régularisation C
3, et plus particulièrement sur la mise en oeuvre du filtre du troisième ordre F3,
respectivement de tout ou partie des lois de saturation, quelle que soit par ailleurs
le type de calcul employé pour déterminer ensuite les composantes de la consigne d'exécution
V
trol.
[0189] L'invention concerne également un boîtier de commande pour engin de levage, comprenant
l'un et/ou l'autre des modules (c'est-à-dire des calculateurs, électroniques et/ou
informatiques) de régularisation C
3/filtrage de troisième ordre 12, de conversion 13, d'ajustement de pulsation 14, ou
de saturation 15, 16, 17 décrits plus haut, ainsi qu'un engin de levage 2 équipé d'un
tel boîtier de commande.
[0190] Enfin, l'invention n'est bien entendu nullement limitée aux seules variantes de réalisation
décrites, l'homme du métier étant notamment à même d'isoler ou de combiner librement
entre elles l'une ou l'autre des caractéristiques mentionnées dans ce qui précède,
ou encore de leur substituer des équivalents.