[0001] La présente invention concerne les voies de circulation ferroviaires, et plus précisément
le suivi de l'évolution de la géométrie de telles voies.
[0002] De façon connue, les voies de circulation ferroviaires peuvent faire l'objet localement
de dégradations résultant principalement de la densité de circulation des trains et
du comportement dynamique de ceux-ci dans leur interaction avec la voie et/ou du climat
et/ou du type de sol sur lequel elles reposent et/ou des opérations de maintenance
qu'elles ont subies. Certaines de ces dégradations se traduisent par une modification
locale de la géométrie de la voie, caractérisée pour sa partie verticale principalement
par un défaut de nivellement vertical et/ou un défaut de gauche ou écart de dévers,
et pour sa partie horizontale par un défaut de nivellement transversal et/ou un défaut
d'écartement.
[0003] Les conséquences de ces dégradations pouvant être graves, les voies de circulation
ferroviaires font l'objet d'un suivi réalisé soit au moyen d'engins mesurant une flèche,
par exemple de type Mauzin, soit au moyen de systèmes dit inertiels, par exemple une
centrale inertielle et des caméras acquérant des images vidéos, comme par exemple
le système GEOV / GEOV2 de la société MERMEC (installé sur la rame IRIS dédiée à la
surveillance des lignes grandes vitesses en France). Dans les deux cas, la détection
des dégradations nécessite l'utilisation d'engins spécifiques dont la circulation
est coûteuse et impose généralement des sillons de circulation dédiés (notamment dans
le cas d'IRIS), voire l'interruption de la circulation des trains. On parle pour ce
protocole de suivi de tournées par engins de mesure mécanisés.
[0004] Lorsqu'une dégradation détectée dépasse un seuil prédéfini en un endroit déterminé,
une alerte est émise. Il existe plusieurs degrés / seuils d'alerte. Si le dernier
seuil d'alerte (ou valeur de ralentissement) est atteint, une opération de maintenance
est immédiatement décidée. Cette opération nécessite la fermeture temporaire de la
voie concernée et l'utilisation d'engins de maintenance et de personnel. Cependant,
si ces engins de maintenance et/ou ce personnel ne sont pas disponibles, ou encore
s'il n'est pas possible d'interdire momentanément la circulation sur la voie concernée,
un ralentissement de la circulation est imposé.
[0005] Lorsqu'une dégradation est détectée dans les premiers seuils d'alerte, elle fait
l'objet d'un suivi spécifique lors de tournées de surveillance à pied réalisées par
des agents de maintenance de la voie. Ces tournées permettent de vérifier l'évolution
de ces dégradations entre deux tournées d'engins de mesure mécanisés, et de s'assurer
qu'une dégradation ne dérive pas très rapidement vers des seuils d'alerte qui imposent
une intervention de maintenance.
[0006] Par ailleurs, lorsqu'une zone de voie présente des dégradations récurrentes malgré
une maintenance régulière, des agents se rendent sur place afin d'effectuer une inspection
visuelle. S'ils l'estiment nécessaire, ils installent des poteaux afin de réaliser
des relevés topographiques à des instants réguliers pour quantifier la déformation
des couches de sol (par exemple d'un glissement de terrain). Les glissements sont
donc détectés tardivement, après un nombre important de maintenances (par bourrages
qui endommagent la forme des grains de ballast et donc dégradent la tenue de ce dernier,
et par conséquent s'avèrent non seulement inutiles mais également contre-productifs),
puis après un suivi très onéreux.
[0007] Il est connu de faire un suivi régulier de la géométrie verticale des voies par une
détermination de la position verticale des roues d'une rame y circulant : celle-ci
est en général déterminée au moyen d'une double intégration de l'accélération mesurée
au niveau de la boîte d'essieu et de l'application d'un filtre numérique fréquentiel
paramétré par la vitesse de la rame en question au moment de la mesure. Mais cette
solution mathématique ne concerne que des tronçons de voie sur lesquels la circulation
se fait à des vitesses très stables, c'est-à-dire faisant l'objet de très faibles
variations, et les solutions technologiques employées pour mesurer l'accélération
des boîtes d'essieu limitent la validité de cette procédure à des prises de mesure
effectuées à des vitesses élevées (amplitudes des accélérations verticales trop faibles
à basse vitesse par rapport à la sensibilité des capteurs classiques). On comprendra
en effet que le filtre numérique fréquentiel étant paramétré pour une vitesse donnée
constante, il n'est utilisable que dans les zones où règne cette vitesse donnée constante.
[0008] L'invention vise un procédé d'analyse de la géométrie d'au moins une voie de circulation
d'un réseau notamment ferré, permettant de pallier les inconvénients précités.
[0009] À cet effet, le procédé d'analyse de l'invention comprend :
- une première étape dans laquelle on acquiert, à des instants choisis, deux accélérations
verticales subies sur deux côtés opposés et à un même niveau par un matériel roulant
circulant sur une voie de circulation, et une position géographique de ce matériel
roulant, et on associe à chaque instant ces deux accélérations verticales et position
géographique correspondantes, puis on réalise un filtrage spatial (permettant de calculer
une flèche verticale), propre au réseau, de chaque accélération verticale associée
à un instant donné, et on détermine une flèche verticale (ou nivellement) à partir
de chaque accélération verticale filtrée et associée à un instant donné, et on associe
ces deux flèches verticales à cet instant donné et à la position géographique associée,
et
- une seconde étape dans laquelle on compare les deux flèches verticales déterminées
à une position géographique choisie de cette voie de circulation, à au moins deux
autres flèches verticales, déterminées à une position géographique sensiblement égale
à cette position géographique choisie à au moins un instant précédent, afin d'obtenir
des informations relatives à une évolution de la géométrie de cette voie de circulation
à cette position géographique choisie.
[0010] Grâce à ce suivi automatisé de la géométrie d'une voie de circulation au moyen de
systèmes embarqués dans des matériels roulants pouvant faire partie de n'importe quel
train, y compris des trains de transport de voyageurs, on peut optimiser les opérations
de maintenance, et notamment les déclencher lorsque cela est vraiment utile compte
tenu du contexte.
[0011] Le procédé selon l'invention peut également comporter les caractéristiques optionnelles
suivantes considérées isolément ou selon toutes les combinaisons techniques possibles
:
- dans ladite première étape on réalise le filtrage spatial en convoluant chaque accélération
verticale à un filtre impulsionnel spatial ; par exemple, ce filtre impulsionnel spatial
peut être défini par la relation H(s) = ∑nλn.δ(s + an), où s représente la position géographique, les λn et les an sont représentatifs du matériel roulant, et δ est la fonction dirac ;
- dans la première étape on détermine pour chaque instant une vitesse du matériel roulant
à partir d'une première mesure de vitesse délivrée sensiblement pour cet instant par
un tachymètre embarqué dans ce matériel roulant ou dans un véhicule moteur déplaçant
ce matériel roulant, et/ou d'une seconde mesure de vitesse déduite d'informations
transmises sensiblement pour cet instant par un système de géolocalisation, et/ou
d'une estimation de la vitesse calculée par comparaison de mesures d'accélérations
verticales sur deux essieux différents, puis on détermine la position géographique
associée à chaque instant en fonction soit de la vitesse déterminée pour cet instant
(par exemple par tachymétrie), soit d'une position géographique déterminée pour l'instant
précédant immédiatement ce dernier instant, soit de la vitesse estimée par deux capteurs
accélérométriques sur deux essieux différents, soit d'une combinaison de la vitesse
déterminée et de la position géographique déterminée ;
- dans la première étape on estime pour chaque instant la vitesse du matériel roulant
au moyen d'une méthode de modélisation par processus gaussien contraint (comme par
exemple celle dite de Kriegeage) à partir de différentes informations de vitesse disponibles
(tachymétrie, géolocalisation, comparaison des flèches de deux essieux différents
sur le même train, par exemple);
- dans la première étape on acquiert à chaque instant choisi deux premières accélérations
verticales sensibles au moyen de deux premiers capteurs d'accélération verticale et
deux secondes accélérations verticales très sensibles au moyen de deux seconds capteurs
d'accélération verticale, et on peut utiliser soit ces deux premières accélérations
verticales lorsque la vitesse est supérieure à un seuil prédéfini, soit ces deux secondes
accélérations verticales lorsque la vitesse est inférieure à ce seuil prédéfini ;
- dans la seconde étape, lorsqu'une flèche verticale, déterminée pour un instant donné,
diffère notablement d'au moins une flèche verticale précédente déterminée pour au
moins un instant précédant cet instant donné, et d'au moins une flèche verticale suivante,
déterminée pour au moins un instant suivant cet instant donné, on ne prend pas en
compte cette flèche verticale (car on considère qu'elle n'est pas représentative de
l'évolution de la flèche verticale à la position géographique considérée). Pour plus
de robustesse, l'analyse de l'évolution de la flèche verticale pour une position géographique
donnée pourra se faire à partir des médianes calculées des différentes flèches verticales
à une position géographique donnée pour plusieurs instants ;
- dans la première étape on acquiert à chaque instant au moins une accélération transversale
et une accélération verticale en caisse du matériel roulant afin de déterminer un
éventuel dévers local et/ou un éventuel rayon de courbure local et/ou une éventuelle
déclivité locale de la voie de circulation ;
- dans la seconde étape, lorsqu'un dévers local et/ou un rayon de courbure local et/ou
une déclivité locale déterminé(e)(s) à partir d'une accélération latérale et d'une
accélération verticale mesurées par un capteur d'accélération latérale en caisse et
un capteur d'accélération verticale en caisse pour un instant donné, diffère(nt) notablement
d'au moins un dévers local et/ou un rayon de courbure local et/ou une déclivité locale
précédent(e)(s), déterminé(s) pour au moins un instant précédant cet instant donné,
et d'au moins un dévers local et/ou un rayon de courbure local suivant(s), déterminé(s)
pour au moins un instant suivant cet instant donné, on remplace ce dévers local et/ou
ce rayon de courbure local, déterminé(s) pour cet instant donné, par la médiane de
ces dévers local et/ou rayon de courbure local et/ou déclivité locale précédent(e)(s)
et suivant(e)(s). Ces changements sur des grandes longueurs d'ondes peuvent être souvent
synonymes de glissements de terrain ;
- dans la seconde étape les évolutions à grande longueur d'onde (comme par exemple la
courbure locale, le dévers local, la déclivité locale) peuvent être estimées à chaque
instant à l'aide d'une modélisation mécanique (comme par exemple celle dite de Kalman),
ou par l'utilisation d'une modélisation par corps rigides, par exemple ;
- dans la seconde étape, lorsque les informations sont représentatives d'une évolution
importante et soudaine de la géométrie de la voie de circulation, on détermine si
une évolution similaire a été déterminée dans le passé, et dans l'affirmative on détermine
quelle décision avait été prise en réaction à cette évolution similaire et quelle
fût la conséquence de cette décision sur cette évolution similaire, afin de déterminer
une décision adaptée à cette évolution importante et soudaine ;
- dans la seconde étape on peut déterminer si une évolution similaire à l'évolution
importante et soudaine a abouti dans le passé à un glissement de terrain, et dans
l'affirmative on peut générer une alarme signalant un risque de glissement de terrain
;
- dans la première étape on transmet par voie d'ondes à destination d'un serveur les
deux accélérations verticales et position géographique associées à chaque instant,
et/ou chaque flèche verticale et les instants et position géographique associés.
[0012] L'invention porte également sur une installation destinée à analyser la géométrie
d'au moins une voie de circulation d'un réseau notamment ferré, comprenant deux files
de rails propres à permettre la circulation de matériels roulants, laquelle installation
est essentiellement caractérisée en ce qu'elle comprend :
- des matériels roulants propres chacun à obtenir, à des instants choisis lorsqu'ils
circulent sur une voie de circulation, deux accélérations verticales subies sur deux
côtés opposés et à un même niveau et une position géographique, puis à associer à
chaque instant ces deux accélérations verticales et position géographique correspondantes,
- des moyens de traitement propres à réaliser un filtrage spatial, propre au réseau
ferré, de chaque accélération verticale associée à un instant donné, et à déterminer
une flèche verticale à partir de chaque accélération verticale filtrée et associée
à un instant donné, et à associer ces deux flèches verticales à cet instant donné
et à la position géographique associée, et
- des moyens d'analyse propres à comparer les deux flèches verticales, déterminées à
une position géographique choisie de la voie de circulation, à au moins deux autres
flèches verticales, déterminées à une position géographique sensiblement égale à cette
position géographique choisie à au moins un instant précédent, afin d'obtenir des
informations relatives à une évolution de la géométrie de cette voie de circulation
à cette position géographique choisie.
[0013] Par exemple, cette installation peut également comprendre des accéléromètres installés
dans une caisse du matériel roulant.
[0014] Egalement par exemple, le matériel roulant peut être choisi dans un groupe comprenant
au moins une locomotive, un véhicule automoteur,une voiture de chemin de fer, et un
wagon.
[0015] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention ressortiront clairement de
la description qui en est donnée ci-dessous, à titre indicatif et nullement limitatif,
en référence aux figures annexées parmi lesquelles :
- la figure 1 illustre de façon schématique et fonctionnelle un exemple de réalisation
d'une installation d'analyse de la géométrie de voies de circulation ferroviaires
selon l'invention, et
- la figure 2 illustre de façon schématique un exemple d'algorithme mettant en oeuvre
un procédé d'analyse de la géométrie de voies de circulation ferroviaires selon l'invention.
[0016] Il est bien entendu que les modes de réalisation qui seront décrits par la suite
ne sont nullement limitatifs. On pourra notamment imaginer des variantes de l'invention
ne comprenant qu'une sélection de caractéristiques décrites par la suite isolées des
autres caractéristiques décrites, si cette sélection de caractéristiques est suffisante
pour conférer un avantage technique ou pour différencier l'invention par rapport à
l'état de la technique antérieur. Cette sélection comprend au moins une caractéristique
de préférence fonctionnelle sans détails structurels, ou avec seulement une partie
des détails structurels, si cette partie est uniquement suffisante pour conférer un
avantage technique ou pour différencier l'invention par rapport à l'état de la technique
antérieur.
[0017] L'invention a notamment pour but de proposer un procédé, et une installation 1 associée,
destinés à permettre l'analyse automatique de la géométrie de voies de circulation
2 appartenant à un réseau ferré et comprenant chacune deux files de rails.
[0018] On a schématiquement et fonctionnellement illustré sur la figure 1 un exemple de
réalisation non limitatif d'une installation d'analyse 1 selon l'invention.
[0019] Comme illustré, une installation d'analyse 1, selon l'invention, comprend au moins
des matériels roulants 3 équipés de capteurs, au moins d'accélération, et propres
à rouler sur des voies de circulation ferroviaires 2 comprenant chacune deux files
de rails, des moyens de traitement 4, et des moyens d'analyse 5.
[0020] On notera que l'invention concerne aussi bien les voies de circulation ferroviaires
classiques que les voies de circulation ferroviaires à grande vitesse également dénommées
« lignes à grande vitesse ».
[0021] Les matériels roulants 3 peuvent être de n'importe quel type dès lors qu'ils peuvent
rouler sur une voie de circulation ferroviaire, y compris une ligne à grande vitesse.
Par conséquent, il pourra s'agir par exemple d'une locomotive, d'un véhicule automoteur,
d'une voiture de chemin de fer, ou encore d'un wagon.
[0022] Dans l'exemple illustré non limitativement sur la figure 1, le matériel roulant 3
est une locomotive faisant partie d'un train de voyageurs ou de fret 6.
[0023] Il est à noter que, pour que l'invention puisse être mise en oeuvre, il faut que
le matériel roulant 3 comprenne au moins deux capteurs d'accélération verticale 7
installés sur deux côtés latéraux opposés et à un même niveau en altitude comme longitudinalement.
Ils peuvent par exemple être installés respectivement dans ou sur les boîtes d'essieux
droite et gauche. En variante, ils pourraient être installés respectivement dans ou
sur deux côtés latéraux d'un châssis de bogie ou encore en caisse.
[0024] Ces capteurs d'accélération verticale 7 sont propres à acquérir, à des instants choisis,
par exemple lorsque le matériel roulant 3, sur lequel ils sont installés, circule
sur une voie de circulation 2, deux accélérations verticales respectivement droite
et gauche.
[0025] En outre, pour que l'invention puisse être mise en oeuvre, il est nécessaire que
le matériel roulant 3 puisse également obtenir à ces mêmes instants choisis sa position
géographique en cours. Pour ce faire, le matériel roulant 3 peut comporter un dispositif
de géolocalisation 8 propre à déterminer sa position géographique en fonction d'informations
transmises par un système de géolocalisation 9 et reçues par un module de communication
10 embarqué. A titre d'exemple non limitatif, et comme illustré, ce système de géolocalisation
9 peut être satellitaire. Ainsi, il pourra, par exemple, s'agir d'un système de type
GPS (« Global Positioning System »). Mais les informations de géolocalisation pourraient
être transmises par des antennes terrestres.
[0026] On notera que le dispositif de géolocalisation 8 et le module de communication 10
ne font pas forcément partie du matériel roulant 3, bien que cela soit préférable
pour une question de précision. En effet, ils pourraient être installés dans un autre
matériel roulant de son train 6, comme par exemple dans la cabine du conducteur, éventuellement
sur le tableau de bord, ou derrière le pare-brise, lorsque le matériel roulant 3 n'est
pas la locomotive ou le véhicule automoteur.
[0027] Le procédé d'analyse, selon l'invention, est destiné à être mis en oeuvre par l'installation
d'analyse 1 présentée partiellement ci-avant. Il comprend des première et seconde
étapes.
[0028] Dans la première étape du procédé, on commence par acquérir, à des instants tj choisis,
deux accélérations verticales av
k(tj) subies sur deux côtés opposés (droit (k = 1) et gauche (k = 2)) et à un même
niveau par un matériel roulant 3 circulant sur une voie de circulation 2 et une position
géographique pg(tj) de ce matériel roulant 3, et on associe à chaque instant tj ces
deux accélérations verticales av
k(tj) et position géographique pg(tj) correspondantes. On comprendra que les deux accélérations
verticales av
k(tj) sont déterminées par les deux capteurs d'accélération verticale 7 droit et gauche
du matériel roulant 3 et la position géographique pg(tj) est déterminée par le dispositif
de géolocalisation 8 du matériel roulant 3 ou d'un autre matériel roulant du train
6.
[0029] Les acquisitions peuvent se faire périodiquement. Dans ce cas, l'écart temporel entre
deux instants successifs tj et tj+1 est égale à une période. Cette dernière peut,
par exemple, être comprise entre 1 ms et 5 ms.
[0030] Puis, toujours dans cette première étape, on réalise un filtrage spatial, propre
au réseau ferré, de chaque accélération verticale av
k(tj) associée à un instant tj, et on détermine une flèche verticale (ou nivellement)
pvc
k(tj) à partir de chaque accélération verticale av
k(tj) filtrée et associée à un instant tj, et on associe ces deux flèches verticales
pvc
k(tj) à cet instant tj et à la position géographique pg(tj) associée.
[0031] Ce sont les moyens de traitement 4 de l'installation d'analyse 1 qui réalisent pour
chaque instant tj le filtrage spatial, au moyen de la fonction de transfert d'une
voiture d'auscultation de référence qui est utilisée sur le réseau ferré, de chaque
accélération verticale av
k(tj) associée à l'instant tj considéré. Ce sont également les moyens de traitement
4 de l'installation d'analyse 1 qui déterminent les deux flèches verticales (ou nivellements)
pvc
k(tj) et associent ces dernières (pvc
k(tj)) à cet instant tj et à la position géographique pg(tj) associée.
[0032] Ces moyens de traitement 4 peuvent, par exemple, être agencés sous la forme de modules
logiciels ou informatiques ou encore « software ». Mais dans une variante de réalisation
ils pourraient être réalisés sous la forme d'une combinaison de modules logiciels
et de circuits électroniques ou « hardware ».
[0033] Dans l'exemple illustré sur la figure 1, les moyens de traitement 4 font partie d'un
calculateur 11 qui est installé dans un serveur 12. Dans ce cas, dans la première
étape on transmet par voie d'ondes à destination du serveur 12 les deux accélérations
verticales av
k(tj) et la position géographique pg(tj) qui sont associées à chaque instant tj. Cette
transmission est réalisée au moyen du module de communication 10 qui est embarqué
dans le train 6, ici dans le matériel roulant 3, et qui est connecté à au moins un
réseau de communication non filaire 13 pouvant transmettre des données au serveur
12 de façon directe ou indirecte. Ce réseau de communication non filaire 13 peut être
de type terrestre et/ou satellitaire, comme illustré sur la figure 1. La réception
des données transmises est réalisée au moyen d'un module de communication 14 qui est
installé dans le serveur 12, connecté à au moins un réseau de communication filaire
ou non filaire et qui est couplé au calculateur 11. Les transmissions de données peuvent
être éventuellement cryptées.
[0034] Dans une variante de réalisation non illustrée, les moyens de traitement 4 peuvent
faire partie d'un calculateur installé dans le matériel roulant 3.
[0035] Il est à noter que dans la première étape on peut, par exemple, réaliser chaque filtrage
spatial en convoluant chaque accélération verticale av
k(tj) à un filtre impulsionnel spatial qui est spécifique au matériel roulant 3.
[0036] À titre d'exemple illustratif non limitatif, ce filtre impulsionnel spatial peut
être défini par la relation H(
s) = ∑
nλ
n.
δ(
s +
an), où s représente la position géographique, les λ
n et les a
n sont représentatifs de la voiture d'auscultation de référence qui est utilisée sur
le réseau ferré, et δ est la fonction dirac. Dans ce cas, chaque flèche verticale
pvc
k(tj) est donnée par la relation :
pvck(sj) = ∑
navk(
s)
.λ
n.
δ(
s +
an). On notera que pour ce dernier calcul on peut, par exemple, effectuer une interpolation
des accélérations verticales av
k(tj) pour les « abscisses » (s + a
n).
[0037] Cette convolution par un filtre spatial (et non pas fréquentiel) est aussi utilisée
ici pour stabiliser les accélérations, c'est-à-dire enlever notamment les contributions
hautes fréquences qui viennent polluer l'étape d'intégration.
[0038] Dans la seconde étape du procédé, on compare les deux flèches verticales pvc
k(tj), déterminées pour le matériel roulant 3 à une position géographique pg(tj) choisie
de la voie de circulation 2, à au moins deux autres flèches verticales pvc
k(tp), déterminées à une position géographique pg(tp) sensiblement égale à cette position
géographique pg(tj) choisie à au moins un instant précédent tp. Ces comparaisons sont
destinées à obtenir des informations relatives à une évolution de la géométrie de
la voie de circulation 2 à cette position géographique pg(tj) choisie.
[0039] La connaissance de la flèche verticale est utilisée pour décider si des opérations
de maintenance doivent être déclenchées. Par exemple, lorsque cette flèche est supérieure
à un seuil prédéfini, on peut décider de déclencher des opérations de maintenance.
Mais on peut également tenir compte de l'évolution temporelle de cette flèche et/ou
du contexte météorologique et/ou topographique et/ou géologique, afin de décider de
la pertinence du déclenchement d'opérations de maintenance, éventuellement de façon
préventive lorsque la flèche est légèrement inférieure au seuil prédéfini mais qu'elle
croît rapidement. A contrario, lorsque la flèche est légèrement inférieure au seuil
prédéfini mais qu'elle n'évolue pas de façon significative, on peut décider de ne
rien faire et donc de ne pas déclencher d'opérations de maintenance préventives. On
reviendra plus loin sur ce mode de prise de décision. L'analyse des formes des défauts,
de leur évolution, du contexte environnemental et des circulations orientera aussi
sur le type de maintenance à réaliser.
[0040] Les mesures régulières pourront par ailleurs être utilisées pour prédire l'évolution
de la géométrie d'une voie, par exemple grâce à un modèle de type ARMA instationnaire.
[0041] Ce sont les moyens d'analyse 5 de l'installation d'analyse 1 qui comparent les deux
flèches verticales pvc
k(tj), déterminées à une position géographique pg(tj) choisie de la voie 2, à au moins
deux autres flèches verticales pvc
k(tp), déterminées à la position géographique pg(tp) à au moins un instant précédent
tp. Ce sont également les moyens d'analyse 5 de l'installation d'analyse 1 qui déterminent
les informations relatives à l'évolution de la géométrie de la voie 2 à cette position
géographique pg(tp) choisie.
[0042] Afin de traiter cette évolution, une très bonne synchronisation des différentes tournées
est nécessaire. Cette synchronisation peut, par exemple, se faire au moyen d'une fonction
d'inter-corrélation appliquée à la courbe construite à partir des dernières flèches
verticales pvc
k(tj) déterminées avec le matériel roulant 3 et à au moins une autre courbe construite
à partir d'anciennes flèches verticales pvc
k(tp).
[0043] Ces moyens d'analyse 5 peuvent, par exemple, être agencés sous la forme de modules
logiciels ou informatiques. Mais dans une variante de réalisation ils pourraient être
réalisés sous la forme d'une combinaison de modules logiciels et de circuits électroniques.
[0044] De préférence et comme illustré sur la figure 1, les moyens d'analyse 5 peuvent faire
partie du calculateur 11 du serveur 12. Cela permet en effet des échanges rapides
avec les moyens de traitement MT. Mais ils pourraient faire partie d'un autre calculateur,
éventuellement distant du serveur 12 et dédié aux analyses.
[0045] Il est à noter que dans la variante présentée plus haut, dans laquelle les moyens
de traitement 4 font partie d'un calculateur installé dans le matériel roulant 3,
on transmet par voie d'ondes à destination du serveur 12, au moyen du module de communication
10 et dans la première étape, les deux flèches verticales pvc
k(tj) et les instant tj et position géographique pg(tj) associés, afin qu'ils soient
utilisés par les moyens d'analyse 5.
[0046] Le serveur 12 comprend, de préférence et comme illustré sur la figure 1, des moyens
de stockage 15 dans lesquels il stocke l'historique des données reçues et des analyses
des voies de circulation, et en particulier chaque multiplet de données comprenant
un instant tj associé à deux flèches verticales pvc
k(tj) et une position géographique pg(tj). Ces moyens de stockage 15 peuvent, par exemple,
se présenter sous la forme d'une mémoire, éventuellement de type logiciel. Le stockage
peut éventuellement se faire sous la forme d'une base de données d'informations de
géométrie.
[0047] Il est à noter que certains au moins des multiplets peuvent par exemple comprendre
des informations définissant les conditions climatiques ou météorologiques à l'instant
tj concerné ou dans des instants ou jours ayant précédés l'instant tj concerné. On
dispose ainsi d'images de la voie de circulation 2 très régulièrement avec tous les
changements climatiques et notamment hygrométriques, ce qui est particulièrement utile
dans les zones à évolution rapide comme par exemple les zones boueuses.
[0048] On comprendra en effet qu'en cas de fortes pluies ou d'inondation il existe une probabilité
accrue de glissement de terrain pouvant entraîner un défaut de nivellement, un défaut
de dressage (défaut transversal par rapport à l'axe de la voie) ou un défaut de gauche,
en particulier dans une zone boueuse ou friable. De même, en cas de fortes chaleurs
ou de sécheresse il existe une probabilité accrue d'apparition de défauts de géométrie
tels que ceux précités. Dans les zones à évolution rapide telles que les zones boueuses,
il est ainsi possible d'avoir des images de la voie très régulièrement avec tous les
changements hygrométriques.
[0049] En présence de telles conditions météorologiques et topographiques et/ou géologiques,
il peut être pertinent de décider de déclencher des opérations de maintenance préventives
permettant de corriger la source du problème et pas ses symptômes, alors même que
la flèche est légèrement inférieure au seuil prédéfini, et en particulier lorsqu'elle
ne cesse de croître.
[0050] On notera également que certains au moins des multiplets peuvent, par exemple, comprendre
des informations définissant des opérations de maintenance réalisées du fait des valeurs
prises par leurs flèches verticales pvc
k(tj) pour la position géographique pg(tj) comparées aux valeurs précédentes prises
pour la même position géographique.
[0051] On notera en outre que dans la première étape il est avantageux de déterminer pour
chaque instant tj une vitesse v(tj) du matériel roulant 3 à partir d'une première
mesure de vitesse délivrée sensiblement pour cet instant tj par un tachymètre embarqué
dans le matériel roulant 3 ou un véhicule moteur déplaçant le matériel roulant 3,
et d'une seconde mesure de vitesse déduite d'informations transmises sensiblement
pour cet instant par le système de géolocalisation 9. Cette détermination est réalisée
par les moyens de traitement 4. Puis, on peut déterminer, par exemple par les moyens
de traitement, la position géographique pg(tj) associée à chaque instant tj en fonction
soit de la vitesse v(tj) déterminée pour cet instant tj, soit d'une position géographique
pg(tj-1) déterminée pour l'instant tj-1 précédant immédiatement ce dernier instant
tj, soit encore d'une combinaison de la vitesse v(tj) déterminée et de la position
géographique pg(tj-1) déterminée. La détermination de la vitesse v(tj) peut, par exemple,
se faire par interpolation linéaire.
[0052] On comprend que cette option permet de disposer à chaque instant tj d'une position
en cours pg(tj) du matériel roulant 3, en particulier lorsque l'on ne dispose pas
ponctuellement des informations temporelles transmises par le système de géolocalisation
9. La position géographique pg(tj) ainsi déterminée à partir des vitesses, remplace
alors celle initialement associée aux accélérations verticales av
k(tj), et est utilisée par les moyens de traitement 4 pour déterminer les flèches verticales
pvc
k(tj).
[0053] A titre d'exemple, dans la première étape les moyens de traitement 4 peuvent déterminer
pour chaque instant tj la vitesse v(tj) du matériel roulant 3 au moyen d'une méthode
de modélisation par processus gaussien contraint. Cette méthode peut, par exemple,
être celle dite de Kriegeage.
[0054] Il est également à noter que dans la première étape, lorsque l'on dispose de la vitesse
en cours v(tj) du matériel roulant 3, on peut acquérir dans ce dernier à chaque instant
tj choisi deux premières accélérations verticales droite et gauche sensibles av1
k(tj) au moyen de deux premiers capteurs d'accélération verticale 7 installés sur deux
côtés latéraux opposés et à un même niveau en altitude comme longitudinalement, et
deux secondes accélérations verticales droite et gauche av2
k(tj) au moyen de deux seconds capteurs d'accélération verticale 16 plus sensibles
et installés sur deux côtés latéraux opposés et à un même niveau en altitude comme
longitudinalement. Dans ce cas, les moyens de traitement 4 peuvent utiliser soit les
deux premières accélérations verticales av1
k(tj) lorsque la vitesse v(tj) est supérieure à un seuil prédéfini, soit les deux secondes
accélérations verticales av2
k(tj) lorsque la vitesse v(tj) est inférieure à ce seuil prédéfini.
[0055] Par exemple, ce seuil prédéfini peut être compris entre 20 km/h et 60 km/h. Il peut
par exemple être égal à 40 km/h.
[0056] Les deux seconds capteurs d'accélération verticale 16 peuvent, par exemple, être
installés respectivement dans ou sur les boîtes d'essieux droite et gauche, comme
les premiers capteurs d'accélération verticale 7. En variante, ils pourraient être
installés respectivement dans ou sur deux côtés latéraux d'un châssis de bogie.
[0057] A titre d'exemple, les deux premiers capteurs d'accélération verticale 7 peuvent
être de type piézoélectrique, comme par exemple ceux qui sont commercialisés par la
société PCB PIEZOTRONICS sous la référence PCB 3741 B12 ou PCB 3711-B12, et les deux
seconds capteurs d'accélération verticale 16 peuvent être des inclinomètres gyroscopiques,
comme par exemple ceux qui sont commercialisés par la société Columbia sous la référence
SI-701 FND N°1738.
[0058] On notera également que dans la seconde étape, lorsqu'une flèche verticale av
k(tj), déterminée pour un instant donné tj, diffère notablement d'au moins une flèche
verticale précédente pvc
k(tp), déterminée pour au moins un instant tp précédant cet instant donné tj, et d'au
moins une flèche verticale suivante pvc
k(ts), déterminée pour au moins un instant ts suivant cet instant donné tj, on peut
conclure à une mauvaise mesure et supprimer les nivellement et gauche obtenus. Si
celle-ci ne diffère pas de la flèche verticale suivante pvc
k(ts), déterminée pour l'instant ts on pourra conclure qu'une maintenance a été réalisée.
On comprendra que cela nécessite un accès à l'historique des données stockées dans
les moyens de stockage 15, pour réaliser des comparaisons et pour procéder à d'éventuels
remplacements. Cette option est donc préférentiellement réalisée par les moyens d'analyse
5.
[0059] On notera en outre que dans la première étape on peut également acquérir à chaque
instant tj au moins une accélération transversale en caisse atc(tj) et une accélération
verticale en caisse avc(tj) du matériel roulant 3 afin de déterminer un éventuel dévers
local et/ou un éventuel rayon de courbure local et/ou une éventuelle déclivité locale
de la voie de circulation 2. On comprendra que chaque éventuel dévers local, chaque
éventuel rayon de courbure local, ou chaque déclivité locale est déterminé à partir
des accélérations verticale avc(tj) et transversale atc(tj) en caisse déterminées
pour l'instant tj. Les estimations peuvent être réalisées à chaque instant à l'aide
d'une modélisation mécanique (filtrage de Kalman), ou par l'utilisation d'une modélisation
par corps rigides.
[0060] Les accélérations transversale atc(tj) et verticale avc(tj) en caisse, déterminées
pour l'instant tj, sont de préférence transmises avec les deux ou quatre accélérations
verticales av
k(tj), lorsque les moyens de traitement 4 sont installés dans le serveur 12.
[0061] Ces accélérations transversale atc(tj) et verticale avc(tj) en caisse peuvent, par
exemple, être stockées dans les moyens de stockage 15 au sein du multiplet associé
à l'instant tj.
[0062] Par ailleurs, les accélérations transversale atc(tj) et verticale avc(tj) en caisse
sont acquises respectivement par un capteur d'accélération latérale et un capteur
d'accélération verticale 17 qui est installé dans le matériel roulant 3, par exemple
dans une position centrale avant de sa caisse (ici la cabine du conducteur (où il
y a le moins de passage)).
[0063] En présence de cette dernière option, dans la seconde étape, lorsqu'un dévers local
et/ou un rayon de courbure local et/ou une déclivité locale déterminé(e)(s) à partir
des accélérations latérale et verticale mesurées par des capteurs d'accélération 17
en caisse pour un instant donné tj, diffère(nt) notablement d'au moins un dévers local
et/ou un rayon de courbure local et/ou une déclivité locale précédent(e)(s), déterminé(e)(s)
pour au moins un instant tp précédant cet instant donné tj, et d'au moins un dévers
local et/ou un rayon de courbure local et/ou une déclivité locale suivant(e)(s), déterminé(e)(s)
pour au moins un instant ts suivant cet instant donné tj, on peut remplacer ce dévers
local et/ou ce rayon de courbure local et/ou cette déclivité locale déterminé(e)(s)
pour cet instant donné tj par une valeur moyenne de ces dévers local et/ou rayon de
courbure local et/ou une déclivité locale précédent(e)(s) et suivant(e)(s).
[0064] De même, dans la seconde étape, lorsqu'une flèche verticale, déterminée pour un instant
donné, diffère notablement d'au moins une flèche verticale précédente, déterminée
pour au moins un instant précédant cet instant donné, et d'au moins une flèche verticale
suivante, déterminée pour au moins un instant suivant cet instant donné on ne prend
pas en compte cette flèche verticale. On considère en effet qu'elle n'est pas représentative
de l'évolution de la flèche verticale à la position géographique considérée. Pour
plus de robustesse, l'analyse de l'évolution de la flèche verticale pour une position
géographique donnée peut alors se faire, par exemple, à partir des médianes calculées
des différentes flèches verticales à une position géographique donnée pour plusieurs
instants.
[0065] On comprendra que cela nécessite un accès à l'historique des données stockées dans
les moyens de stockage 15, pour réaliser des comparaisons et pour procéder à d'éventuels
remplacements. Cette option est donc préférentiellement réalisée par les moyens d'analyse
5.
[0066] On notera également que dans la seconde étape, lorsque les informations sont représentatives
d'une évolution importante et soudaine de la géométrie de la voie de circulation 2,
les moyens d'analyse 5 peuvent déterminer si une évolution similaire a été déterminée
dans le passé. Par exemple, une évolution similaire a pu être déterminée en présence
de conditions météorologiques similaires à celles présentes lors de cette évolution
importante et soudaine et/ou d'un désordre similaire à celui présent lors de cette
évolution importante et soudaine (comme par exemple un glissement de terrain ou un
défaut de surface du rail). L'objectif est ici de déterminer les facteurs/causes influant
sur l'évolution d'une voie, ou en d'autres termes de définir le désordre/défaut de
l'élément constitutif de la voie qui est à l'origine du défaut de la géométrie de
la voie.
[0067] Dans ce cas, et dans l'affirmative, on les moyens d'analyse 5 peuvent déterminer,
dans l'historique stocké dans les moyens de stockage 15, quelle décision avait été
prise en réaction à cette évolution similaire et quelle fût la conséquence de cette
décision sur cette évolution similaire, afin de déterminer une décision adaptée à
cette évolution importante et soudaine.
[0068] Par exemple, dans la seconde étape on peut déterminer si une évolution similaire
à l'évolution importante et soudaine a abouti dans le passé à un glissement de terrain,
et dans l'affirmative on peut générer une alarme signalant un risque de glissement
de terrain.
[0069] La figure 2 illustre schématiquement un exemple d'algorithme mettant en oeuvre un
procédé d'analyse selon l'invention.
[0070] L'algorithme commence dans une sous-étape 100 durant laquelle on acquiert, à un instant
tj, deux accélérations verticales av
k(tj) subies sur deux côtés opposés d'un matériel roulant 3 circulant sur une voie
de circulation 2 et une position géographique pg(tj) de ce matériel roulant 3.
[0071] Puis, dans une sous-étape 110 on associe à cet instant tj ces deux accélérations
verticales av
k(tj) et une position géographique en cours pg(tj) du matériel roulant 3. Cette association
pourra être réalisée à l'aide d'une vitesse en cours du matériel roulant 3. On notera
que l'on peut également et éventuellement associer à cet instant tj une accélération
transversale at(tj).
[0072] Puis, dans une sous-étape 120 on peut transmettre au serveur 12, via le réseau de
communication 13, ces deux accélérations verticales av
k(tj) et la position géographique en cours pg(tj), ainsi qu'éventuellement la vitesse
en cours et l'accélération transversale at(tj) associées à l'instant tj.
[0073] Puis, dans une sous-étape 130 les moyens de traitement 4 réalisent un filtrage spatial,
propre au réseau ferré, de chaque accélération verticale av
k(tj) associée à l'instant tj. On peut également déterminer précisément la vitesse
v(tj), et déduire notamment de cette dernière la position géographique pg(tj) précise
du matériel roulant 3 à l'instant tj. Elle remplace alors celle qui a été transmise
par voie d'ondes. Puis, on (les moyens de traitement 4) déterminent une flèche verticale
(ou nivellement) pvc
k(tj) à partir de chaque accélération verticale av
k(tj) filtrée et associée à l'instant tj.
[0074] Puis, dans une sous-étape 140 les moyens de traitement 4 associent à l'instant tj
les deux flèches verticales pvc
k(tj) et la position géographique pg(tj) éventuellement remplacée.
[0075] Les sous-étapes 100 à 140 constituent ici la première étape d'un exemple de réalisation
du procédé d'analyse selon l'invention.
[0076] Puis, dans une sous-étape 150, on compare, par exemple via les moyens d'analyse 5
les deux flèches verticales pvc
k(tj) pour la position géographique pg(tj) à au moins deux autres flèches verticales
pvc
k(tp) déterminées pour une position géographique sensiblement égale à cette position
géographique pg(tj) à au moins un instant précédent tp, afin d'obtenir des informations
relatives à une évolution de la géométrie de la voie de circulation 2 à cette position
géographique pg(tj).
[0077] Puis, dans une sous-étape 160 on décide s'il est opportun de déclencher des opérations
de maintenance dans la zone comprenant la position géographique pg(tj), en fonction
notamment des informations d'évolution de la géométrie obtenues lors de la sous-étape
150.
[0078] Les sous-étapes 150 et 160 constituent ici la seconde étape de l'exemple de réalisation
du procédé d'analyse selon l'invention.
[0079] L'invention offre ainsi plusieurs avantages, et notamment :
- un suivi régulier, très peu coûteux et ne nécessitant pas l'interruption de la circulation
des trains,
- une quantification directe des glissements de terrain qui permet de mieux anticiper
les moyens à mettre en oeuvre pour procéder à une réparation ou stabilisation locale
appropriée,
- la possibilité de détecter l'origine d'une dégradation de la géométrie, ce qui permet
de traiter sa cause et pas uniquement les symptômes observés,
- une détection beaucoup plus précoce de l'évolution de la géométrie, permettant de
réduire les coûts de maintenance, en évitant notamment de réaliser de nombreux et
coûteux bourrages,
- la possibilité de faire le lien entre l'hygrométrie locale, l'environnement, la consistance
de la voie, la circulation et la survenue de défauts de géométrie, ce qui facilite
les préventions ultérieures en fonction des prévisions météorologiques, de l'environnement,
de la voie et des circulations.
1. Procédé d'analyse de la géométrie d'au moins une voie de circulation (2) d'un réseau,
comprenant deux files de rails propres à permettre la circulation de matériels roulants
(3),
caractérisé en ce qu'il comprend :
i) une première étape dans laquelle on acquiert, à des instants choisis, deux accélérations
verticales subies sur deux côtés opposés et à un même niveau par un matériel roulant
(3) circulant sur ladite voie de circulation (2), et une position géographique dudit
matériel roulant (3), et on associe à chaque instant lesdites deux accélérations verticales
et position géographique correspondantes, on réalise un filtrage spatial, propre audit
réseau, de chaque accélération verticale associée à un instant donné, et on détermine
une flèche verticale à partir de chaque accélération verticale filtrée et associée
à un instant donné, et on associe ces deux flèches verticales à cet instant donné
et à ladite position géographique associée, et
ii) une seconde étape dans laquelle on compare les deux flèches verticales, déterminées
pour ledit matériel roulant (3) à une position géographique choisie de ladite voie
de circulation (2), à au moins deux autres flèches verticales, déterminées à une position
géographique sensiblement égale à cette position géographique choisie à au moins un
instant précédent, afin d'obtenir des informations relatives à une évolution de la
géométrie de ladite voie de circulation (2) à cette position géographique choisie.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que dans ladite première étape on réalise ledit filtrage spatial en convoluant chaque
accélération verticale à un filtre impulsionnel spatial.
3. Procédé selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisé en ce que dans ladite première étape on détermine pour chaque instant une vitesse dudit matériel
roulant (3) à partir d'une première mesure de vitesse délivrée sensiblement pour cet
instant par un tachymètre embarqué dans ledit matériel roulant (3) ou dans un véhicule
moteur déplaçant ledit matériel roulant (3), et/ou d'une seconde mesure de vitesse
déduite d'informations transmises sensiblement pour cet instant par un système de
géolocalisation, et/ou d'une estimation de la vitesse calculée par comparaison de
mesures d'accélérations verticales sur deux essieux différents, puis on détermine
ladite position géographique associée à chaque instant en fonction soit de la vitesse
déterminée pour cet instant, soit d'une position géographique déterminée pour l'instant
précédant immédiatement ce dernier instant, soit d'une vitesse estimée par deux capteurs
accélérométriques sur deux essieux différents, soit d'une combinaison de ladite vitesse
déterminée et de ladite position géographique déterminée.
4. Procédé selon la revendication 3, caractérisé en ce que dans ladite première étape on acquiert à chaque instant choisi deux premières accélérations
verticales sensibles au moyen de deux premiers capteurs d'accélération verticale (7)
et deux secondes accélérations verticales très sensibles au moyen de deux seconds
capteurs d'accélération verticale (16), et on utilise soit lesdites deux premières
accélérations verticales lorsque ladite vitesse est supérieure à un seuil prédéfini,
soit lesdites deux secondes accélérations verticales lorsque ladite vitesse est inférieure
audit seuil prédéfini.
5. Procédé selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que dans ladite seconde étape, lorsqu'une flèche verticale, déterminée pour un instant
donné, diffère notablement d'au moins une flèche verticale précédente, déterminée
pour au moins un instant précédant cet instant donné, et d'au moins une flèche verticale
suivante, déterminée pour au moins un instant suivant cet instant donné, on ne prend
pas en compte cette flèche verticale.
6. Procédé selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que dans ladite première étape on acquiert également à chaque instant au moins une accélération
transversale et une accélération verticale en caisse dudit matériel roulant (3) afin
de déterminer un éventuel dévers local et/ou un éventuel rayon de courbure local et/ou
une éventuelle déclivité locale de ladite voie de circulation (2).
7. Procédé selon l'une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que dans ladite seconde étape, lorsque lesdites informations sont représentatives d'une
évolution importante et soudaine de la géométrie de ladite voie de circulation (2),
on détermine si une évolution similaire a été déterminée dans le passé, et dans l'affirmative
on détermine quelle décision avait été prise en réaction à cette évolution similaire
et quelle fût la conséquence de cette décision sur cette évolution similaire, afin
de déterminer une décision adaptée à cette évolution importante et soudaine.
8. Procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce que dans ladite seconde étape on détermine si une évolution similaire à ladite évolution
importante et soudaine a abouti dans le passé à un glissement de terrain, et dans
l'affirmative on génère une alarme signalant un risque de glissement de terrain.
9. Procédé selon l'une des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que dans ladite première étape on transmet par voie d'ondes à destination d'un serveur
(12) lesdites deux accélérations verticales et position géographique associées à chaque
instant, et/ou chaque flèche verticale et lesdits instant et position géographique
associés.
10. Installation pour analyser la géométrie d'au moins une voie de circulation (2) d'un
réseau, comprenant deux files de rails propres à permettre la circulation de matériels
roulants (3),
caractérisée en ce qu'elle comprend :
i) des matériels roulants (3) propres chacun à obtenir, à des instants choisis lorsqu'ils
circulent sur ladite voie de circulation (2), deux accélérations verticales subies
sur deux côtés opposés et à un même niveau et une position géographique, puis à associer
à chaque instant lesdites deux accélérations verticales et position géographique correspondantes,
ii) des moyens de traitement (4) propres à réaliser un filtrage spatial, propre audit
réseau, de chaque accélération verticale associée à un instant donné, et à déterminer
une flèche verticale à partir de chaque accélération verticale filtrée et associée
à un instant donné, et à associer ces deux flèches verticales à cet instant donné
et à ladite position géographique associée, et
iii) des moyens d'analyse (5) propres à comparer lesdites deux flèches verticales,
déterminées à une position géographique choisie de ladite voie de circulation (2),
à au moins deux autres flèches verticales, déterminées à une position géographique
sensiblement égale à cette position géographique choisie à au moins un instant précédent,
afin d'obtenir des informations relatives à une évolution de la géométrie de ladite
voie de circulation (2) à cette position géographique choisie.
11. Installation selon la revendication 10, caractérisée en ce qu'elle comprend des accéléromètres installés dans une caisse dudit matériel roulant
(3).
12. Installation selon l'une des revendications 10 et 11, caractérisée en ce que ledit matériel roulant (3) est choisi dans un groupe comprenant une locomotive, un
véhicule automoteur, une voiture de chemin de fer, et un wagon.