[0001] L'invention concerne un mécanisme résonateur d'horlogerie comportant un premier support
avec un premier ancrage et un deuxième ancrage auxquels est fixé un mécanisme flexible
de guidage en pivotement, qui définit un axe de pivotement virtuel autour duquel pivote
de façon rotative une masse pivotante, et qui comporte au moins un pivot flexible
RCC antérieur et un pivot flexible RCC postérieur montés en série et tête-bêche l'un
par rapport à l'autre autour dudit axe de pivotement virtuel, ledit pivot flexible
RCC antérieur comportant, entre ledit premier support et un support rotatif intermédiaire,
deux lames flexibles antérieures droites de même longueur antérieure entre leurs encastrements,
définissant deux directions linéaires antérieures qui se croisent au niveau dudit
axe de pivotement virtuel et qui définissent avec ledit axe de pivotement virtuel
un angle antérieur, et dont les ancrages respectifs desdites deux lames flexibles
antérieures droites les plus éloignés dudit axe de pivotement virtuel sont tous deux
à une même distance antérieure dudit axe de pivotement virtuel, et ledit pivot flexible
RCC postérieur comportant, entre ledit support rotatif intermédiaire, qui comporte
un troisième ancrage et un quatrième ancrage, et ladite masse pivotante, deux lames
flexibles postérieures droites de même longueur postérieure entre leurs encastrements,
définissant deux directions linéaires postérieures qui se croisent au niveau dudit
axe de pivotement virtuel et qui définissent avec ledit axe de pivotement virtuel
un angle postérieur, et dont les ancrages respectifs desdites deux lames flexibles
postérieures droites les plus éloignés dudit axe de pivotement virtuel sont tous deux
à une même distance postérieure dudit axe de pivotement virtuel.
[0002] L'invention concerne encore un mouvement d'horlogerie comportant au moins un tel
mécanisme résonateur.
[0003] L'invention concerne encore une montre comportant au moins un tel mouvement.
[0004] L'invention concerne le domaine des mécanismes résonateurs d'horlogerie.
Arrière-plan de l'invention
[0005] Il est connu que l'utilisation d'un pivot à guidage flexible permet de remplacer
le pivot réel d'un balancier ainsi que le ressort spiral de rappel élastique. Ceci
à l'avantage de supprimer les frottements de pivots. Toutefois les pivots à guidage
flexible sont connus pour avoir une force de rappel élastique non-linéaire ce qui
rend le résonateur anisochrone, c'est-à-dire que la fréquence dépend de l'amplitude
de l'oscillation, et pour avoir un mouvement parasite de l'axe instantané de rotation,
ce qui rend la marche du résonateur sensible à sa position dans le champ de la gravité.
[0006] Le problème de la non-linéarité de la force de rappel élastique est difficile à résoudre,
et les solutions géométriques existantes, pour améliorer la linéarité de la force
de rappel élastique et par conséquent rendre le résonateur isochrone pour une gamme
d'amplitude angulaire donnée, nécessitent une fabrication sur plusieurs niveaux. La
demande de brevet
WO2016096677, au nom de The Swatch Group Research & Development Ltd, incorporée ici par référence,
décrit ainsi un résonateur d'horlogerie à lames croisées dans deux plans superposés
et expose l'importance de la valeur d'un angle particulier, pour optimiser la linéarité
de la force de rappel élastique et par conséquent rendre le résonateur isochrone pour
une gamme d'amplitude angulaire donnée. Toutefois un tel pivot à guidage flexible
ne peut pas être gravé en une seule fois en 2D, ce qui complique sa fabrication.
[0007] Le document
EP3021174 au nom de LVMH SWISS MFT SA décrit un régulateur monolithique de pièce d'horlogerie
réalisé en une seule plaque, comprenant un élément extérieur rigide, un élément rigide
interne, et des suspensions élastiques reliant l'élément rigide externe à l'élément
rigide intérieur et permettant des mouvements d'oscillation. L'élément interne rigide
comporte des bras qui sont rigidement reliés les uns aux autres, en laissant entre
eux des espaces angulaires libres, dans lesquels sont situées les suspensions élastiques.
Ce document illustre bien un système compact, comportant des pivots qui comportent
des lames flexibles, mais ce document ne décrit pas de caractéristique propre à assurer
l'isochronisme (marche indépendante de l'amplitude), ni l'insensibilité aux positions
dans l'espace, dans le champ de gravité (marche indépendante des positions). L'architecture
des lames et des supports intermédiaires y est particulière : on peut remarquer que
les extrémités des deux lames proches de l'axe de rotation sont raccordées à deux
supports intermédiaires différents, et ne sont pas connectées au même élément rigide,
il ne s'agit donc pas de pivots RCC (Remote Compliance Center); on peut encore remarquer
que les encastrements proches de l'axe de pivotement du premier pivot ne sont pas
rigidement liés par le support intermédiaire aux encastrements éloignés de l'axe de
pivotement du second pivot. Enfin, le système décrit est constitué de trois structures
flexibles élémentaires identiques, répétées tous les 120° et combinées comme des ressorts
en parallèle. Etant donné que chacune de ces structures définit son propre axe de
rotation, le système complet est manifestement hyperstatique, c'est-à-dire qu'il y
a plus de contraintes que ce qui est nécessaire au fonctionnement du système. Ceci
a pour conséquence de détruire la linéarité de la relation entre la déformation et
le couple de rappel élastique, si bien que le résonateur ne peut pas être isochrone.
Les enseignements de ce document ne permettent pas de déterminer ses paramètres géométriques
particuliers. Le document
WO2012/010408 au nom de NIVAROX-FAR décrit un mécanisme oscillant pour un mouvement d'horlogerie,
comportant un premier élément rigide et un deuxième élément rigide, chacun agencé
pour être fixé à un élément différent du mouvement, et dont l'un est mobile par rapport
à l'autre et pivote autour d'un axe théorique de pivotement. Ce mécanisme oscillant
est flexible à géométrie variable, tout en étant réalisé de façon monobloc, et comporte
des premiers moyens de rappel élastique réalisant une liaison élastique directe ou
indirecte entre ledit premier élément rigide et un élément rigide intermédiaire, et
comporte au moins des deuxièmes moyens de rappel élastique, qui réalisent une liaison
élastique directe ou indirecte entre l'élément rigide intermédiaire et le deuxième
élément rigide. Le premier élément rigide, les premiers moyens de rappel élastique,
l'élément rigide intermédiaire, les deuxièmes moyens de rappel élastique, et le deuxième
élément rigide, sont coplanaires, et sont agencés pour se déformer dans ce plan. Plus
particulièrement, les premiers moyens de rappel élastique comportent au moins une
lame élastique, et les deuxièmes moyens de rappel élastique comportent au moins une
lame élastique. A nouveau, le système décrit est hyperstatique puisque constitué de
deux structures flexibles élémentaires qui sont répétées tous les 180° et combinées
en parallèle.
[0008] Le document
EP2645189 au nom de NIVAROX-FAR décrit un mécanisme d'échappement d'horlogerie comportant un
balancier et une roue d'échappement. La transmission d'impulsions entre le balancier
et la roue d'échappement est réalisée par un mécanisme flexible monobloc comportant
au moins un palpeur de coopération avec la roue d'échappement ou respectivement le
balancier, et ce mécanisme flexible monobloc est relié par au moins une lame flexible
à une structure fixe de ladite pièce d'horlogerie, ou respectivement à la roue d'échappement.
Plus particulièrement, ce mécanisme flexible monobloc est une ancre, ou une ancre
suisse, flexible à force constante, bistable en flambage, cette ancre comportant une
baguette munie d'une fourchette avec dard et comportant une tige flexible pivotante
et guidée, cette ancre coopérant avec une roue d'échappement à deux niveaux, comportant
des chevilles sur ces deux niveaux respectifs, et l'ancre portant encore, sur un autre
niveau que la tige flexible, une cheville agencée pour coopérer avec la roue d'échappement
pour le déplacement de l'ancre à proximité de son point de basculement.
[0009] Le document
EP2911012 au nom de CSEM décrit un oscillateur rotatif pour pièce d'horlogerie comprenant un
élément de support destiné à permettre l'assemblage de l'oscillateur sur une pièce
d'horlogerie, un balancier, une pluralité de lames flexibles reliant l'élément de
support au balancier et aptes à exercer un couple de rappel sur le balancier, et une
serge montée solidaire du balancier. Cette pluralité de lames flexibles comporte au
moins une première lame flexible disposée dans un premier plan perpendiculaire au
plan de l'oscillateur, et une deuxième lame flexible disposée dans un deuxième plan
perpendiculaire au plan de l'oscillateur et sécant avec le premier plan. L'axe géométrique
d'oscillation de l'oscillateur est défini par l'intersection du premier plan et du
deuxième plan, cet axe géométrique d'oscillation croisant les première et deuxième
lames aux 7/8 de leur longueur respective. Plus particulièrement, la pluralité de
lames flexibles comporte une paire formée d'une première et d'une deuxième lames de
géométrie identique et disposées dans le premier plan, et une troisième lame disposée
dans le deuxième plan, intercalée entre la première et la deuxième lame et présentant
une hauteur double de celle de la première ou de la deuxième lame.
Résumé de l'invention
[0010] L'invention se propose de réaliser un résonateur mécanique à haut facteur de qualité
à l'aide d'une partie inertielle telle qu'un balancier, supportée par un guidage à
lames flexibles en rotation, appelé aussi pivot à guidage flexible, qui agit aussi
comme moyen de rappel élastique. On désire que ce résonateur soit isochrone (marche
indépendante de l'amplitude) et insensible aux positions dans le champ de gravité
(marche indépendante des positions).
[0011] L'invention cherche à allier les avantages des deux géométries connues bidimensionnelle
et tridimensionnelle, dans une exécution simple et économique, donc bidimensionnelle.
[0012] L'invention concerne ainsi un mécanisme résonateur d'horlogerie selon la revendication
1.
[0013] L'invention concerne encore un mouvement d'horlogerie comportant au moins un tel
mécanisme résonateur.
[0014] L'invention concerne encore une montre comportant au moins un tel mouvement.
Description sommaire des dessins
[0015] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à la lecture de
la description détaillée qui va suivre, en référence aux dessins annexés, où :
- la figure 1 représente, de façon schématisée et en vue en perspective, un résonateur
mécanique selon l'invention, comportant, entre un premier support agencé pour être
fixé directement ou indirectement à la structure d'un mouvement d'horlogerie, et une
masse pivotante mobile sur laquelle est rapporté un balancier à bras, deux pivots
flexibles RCC montés en série, et tête-bêche, autour d'un support rotatif intermédiaire
et de même axe de pivotement virtuel, et comportant chacun deux lames flexibles droites,
avec le centre de masse de l'ensemble constitué par la masse pivotante mobile et le
balancier rapporté coïncidant avec l'axe de pivotement virtuel;
- la figure 2 est une variante où le balancier rapporté comporte une serge circulaire
;
- la figure 3 représente, de façon schématisée et en vue en plan, la partie centrale
du résonateur de la figure 1 ;
- la figure 4 est un détail de la même partie centrale, mettant en évidence les différentes
surfaces de limitation pour la protection anti-chocs, que comporte ce résonateur ;
- la figure 5 est un graphique représentant la valeur optimale de l'angle entre les
deux lames de chaque pivot flexible RCC, en fonction du ratio entre, d'une part la
distance de l'encastrement d'une lame, opposé à l'axe de pivotement, et d'autre part
avec la longueur de la lame concernée ;
- les figures 6 à 8 illustrent d'autres variantes d'arrangements géométriques;
- la figure 9 est un schéma-blocs représentant une montre avec un mouvement incorporant
un résonateur selon l'invention, lequel comporte plusieurs mécanismes flexibles de
guidage en pivotement disposés en série ;
- la figure 10 représente, de façon schématisée et en vue en plan, un pivot RCC ;
- la figure 11 représente, de façon schématisée et en vue en plan, un pivot à lames
flexibles comportant deux pivots RCC symétriques mis en série et disposés tête-bêche.
Description détaillée des modes de réalisation préférés
[0016] L'invention concerne un mécanisme résonateur d'horlogerie 1000, comportant un premier
support 100 rigide, fixe ou mobile, avec un premier ancrage 1 et un deuxième ancrage
2, auxquels est fixé un mécanisme flexible de guidage en pivotement 10, qui définit
un axe de pivotement virtuel A, autour duquel pivote de façon rotative une masse pivotante
200 rigide.
[0017] Ce mécanisme flexible de guidage en pivotement 10 est un pivot à guidage flexible
2D, c'est-à-dire réalisable dans un plan.
[0018] Ce mécanisme flexible de guidage en pivotement 10 permet à la masse pivotante 200
rigide d'effectuer une rotation de l'axe de pivotement virtuel A, relativement au
premier support 100 rigide. Il est composé de deux pivots flexibles RCC (Remote Center
Compliance, c'est-à-dire centre de rotation déporté) dont les axes de rotation coïncident
et qui sont reliés par un support rotatif intermédiaire 20 rigide. Les deux pivots
RCC sont ainsi mis en série, mais tête-bêche l'un par rapport à l'autre, de sorte
que leurs mouvements parasites se compensent.
[0019] L'invention est isostatique dans le sens où le mouvement relatif des pièces se fait
sans contrainte excessive, grâce à l'absence d'autres éléments mis en parallèle.
[0020] Un pivot élémentaire à lames flexibles est un ensemble constitué de 2 parties rigides
R1 et R2 qui sont reliées par deux lames flexibles L1 et L2 qui ne se touchent pas.
Au repos les lames L1 et L2 sont droites et non parallèles de sorte que leur prolongement
définit un point de croisement A. Les deux parties rigides R1 et R2 peuvent effectuer
un mouvement relatif de rotation autour de l'axe perpendiculaire au plan et passant
par A.
[0021] Un pivot RCC (Remote Compliance Center), illustré à la figure 10, est un pivot élémentaire
à lames flexibles dont le point de croisement A est situé en-dehors des lames. Il
est constitué de deux lames L1 et L2 de même longueur L, et les points d'encastrement
des lames L1 et L2 dans la partie rigide R1 sont à égale distance de l'axe de rotation
A. Le pivot RCC est bien connu de l'homme du métier (voir le livre de S. Henein, «
Conception des guidages flexibles », Presses polytechniques et universitaires romandes,
2001, page 101).
[0022] La géométrie d'un pivot RCC est caractérisée par deux paramètres :
(1) l'angle α entre ses deux lames et (2) le rapport D/L où D est la distance entre
l'axe de rotation A et l'encastrement des lames qui en est le plus éloigné, et L est
la longueur de chacune des deux lames.
[0023] L'invention comporte un mécanisme flexible de guidage en pivotement composé de deux
pivots RCC mis en série, tel que :
- les deux pivots RCC qui le composent sont situés dans un même plan ;
- les deux pivots RCC qui le composent ont le même axe de rotation A ;
- les deux pivots RCC qui le composent ont les mêmes paramètres α et D/L ;
De plus, la partie rigide la plus proche de l'axe de rotation de l'un des deux pivots
(R1A dans la figure 11) est rigidement liée à la partie rigide la plus éloignée de
l'axe de rotation de l'autre pivot (R2B dans la figure 11). On dit alors que les deux
pivots RCC sont mis en série et tête-bêche, tel que visible sur la figure 11.
[0024] Le mécanisme flexible de guidage en pivotement que comporte l'invention est ainsi
constitué uniquement de trois parties rigides et de quatre lames situées dans le plan
du guidage. Afin de garantir que le guidage en pivotement est isostatique, il est
important qu'il n'y ait pas d'autre liaison flexible dans ledit plan du guidage entre
lesdites trois parties rigides. Néanmoins, il est tout à fait envisageable de disposer
un autre mécanisme flexible de guidage en pivotement dans un autre plan, parallèle
au plan du premier guidage et distant de celui-ci. Ce second mécanisme flexible de
guidage en pivotement peut être relié en série, ou en parallèle, au premier guidage
en pivotement selon les besoins.
[0025] On peut fixer la première partie rigide (R1B sur la figure 11) à la platine et fixer
une masse inertielle, notamment un balancier, sur la troisième partie rigide (R2A
sur la figure 11). L'inverse est aussi possible.
[0026] Un des quatre segments de la partie rigide intermédiaire peut être interrompu. C'est
le cas dans les figures de la variante non limitative illustrée. Toutefois, il est
important que les quatre encastrements des lames dans la partie intermédiaire (L1A,
L2A dans R1A et L1B, L2B dans R2B dans la figure 11) soient rigidement liés les uns
aux autres.
[0027] On comprend que les encastrements proches de l'axe de pivotement virtuel A du premier
pivot RCC sont rigidement reliés, par le support rotatif intermédiaire 20, aux encastrements
éloignés de l'axe de pivotement virtuel A du second pivot RCC, ou vice-versa, tel
que visible sur les figures 6 et 7.
[0028] Ainsi, le mécanisme flexible de guidage en pivotement 10 comporte un pivot flexible
RCC antérieur 10A et un pivot flexible RCC postérieur 10P, qui sont montés en série
l'un avec l'autre, et tête-bêche, autour de l'axe de pivotement virtuel A commun,
et qui incorporent des éléments flexibles élastiques.
[0029] Le pivot flexible RCC antérieur 10A comporte, entre le premier support 100 et un
support rotatif intermédiaire 20, deux ensembles élastiques antérieurs 11, 21, formés,
dans le mode de réalisation des figures, par deux lames flexibles antérieures droites
110, 210, de même longueur antérieure LA entre leurs encastrements, définissant deux
directions linéaires antérieures D1, D2, qui se croisent au niveau de l'axe de pivotement
virtuel A, et qui définissent avec cet axe de pivotement virtuel A un angle antérieur
αA, et dont les ancrages respectifs des deux lames flexibles antérieures droites 110,
210, les plus éloignés de l'axe de pivotement virtuel A sont tous deux à une même
distance antérieure DA de l'axe de pivotement virtuel A.
[0030] De façon similaire, le pivot flexible RCC postérieur 10P comporte, entre le support
rotatif intermédiaire 20, qui comporte un troisième ancrage 3 et un quatrième ancrage
4, et la masse pivotante 200, deux ensembles élastiques postérieurs 31, 41, formés,
dans le mode de réalisation des figures, par deux lames flexibles postérieures droites
310, 410 de même longueur postérieure LP entre leurs encastrements, définissant deux
directions linéaires postérieures D3, D4, qui se croisent au niveau de l'axe de pivotement
virtuel A, et qui définissent avec cet axe de pivotement virtuel A un angle postérieur
αP, et dont les ancrages respectifs des deux lames flexibles postérieures droites
310, 410, les plus éloignés de l'axe de pivotement virtuel A sont tous deux à une
même distance postérieure DP de l'axe de pivotement virtuel A.
[0031] De plus, le mécanisme flexible de guidage en pivotement 10 est plan.
[0032] L'invention consiste à optimiser l'angle entre les éléments élastiques de chaque
pivot flexible RCC, pour que le pivot ait une force de rappel élastique linéaire,
afin que le résonateur mécanique soit isochrone dans un domaine d'amplitude angulaire
donné.
[0033] Selon l'invention, le centre d'inertie de l'ensemble formé par la masse pivotante
200 et toute masse inertielle rapportée 201 que porte la masse pivotante 200, comme
dans les variantes non limitatives illustrées aux figures 1 et 2, est sur l'axe de
pivotement virtuel A ou dans son voisinage immédiat, et le résonateur mécanique est
isochrone si:
- l'angle antérieur αA exprimé en degrés est compris entre :

- et l'angle postérieur αP exprimé en degrés est compris entre :

[0034] Dans une variante particulière, l'angle antérieur αA et l'angle postérieur αP sont
égaux à un angle commun α. Plus particulièrement, cet angle commun α est voisin de
118°.
[0035] Dans une variante préférée, la distance antérieure DA et la distance postérieure
DP sont égales à une distance commune D, et la longueur antérieure LA et la longueur
postérieure LP sont égales à une longueur commune L.
[0036] L'angle commun α est alors compris entre :

[0037] La valeur de l'angle α optimum dépend principalement du rapport D/L, mais elle dépend
aussi des rayons à l'encastrement des lames, du rapport d'aspect de la section des
lames, et de l'épaisseur de la couche de SiO2 utilisée pour la compensation thermique.
[0038] Une courbe optimale, pour des valeurs particulières de rayons d'encastrement et de
rapport d'aspect des lames, est représentée en trait plein sur la figure 5, qui montre
l'évolution de l'angle α optimal, en fonction du rapport D/L.
[0039] Naturellement, des valeurs différentes de rayons d'encastrement, et de rapport d'aspect
de la section des lames, conduisent à des valeurs différentes de l'angle α optimal.
Cette plage angulaire est représentée sur la figure 5 entre les lignes discontinues.
[0040] Plus particulièrement, l'angle α et le paramètre D/L satisfont la relation:

[0041] Plus particulièrement, dans les variantes illustrées sur les figures, le premier
ensemble élastique antérieur 11, le deuxième ensemble élastique antérieur 21, le premier
ensemble élastique postérieur 31, et le deuxième ensemble élastique postérieur 41
sont constitués chacun d'une lame flexible droite 110, 210, 310, 410.
[0042] Dans une autre variante non illustrée sur les figures, le premier ensemble élastique
antérieur 11, le deuxième ensemble élastique antérieur 21, le premier ensemble élastique
postérieur 31, et le deuxième ensemble élastique postérieur 41 comportent chacun une
alternance de lames flexibles droites et d'éléments intermédiaires plus rigides que
ces lames flexibles droites, alignés selon les directions respectives D1, D2, D3,
D4.
[0043] Pour obtenir un résonateur mécanique à haut facteur de qualité, il est avantageux
de rapporter un élément inertiel 201 à la masse pivotante 200, ou de l'intégrer à
celle-ci, et de fixer le premier support 100 rigide à une platine ou un pont du mouvement
d'horlogerie, ou tout autre élément susceptible d'agir comme support du résonateur
à pivot flexible, par exemple, de façon non limitative, un élément de liaison d'un
diapason, ou encore un élément anti-choc qui est autorisé à se déplacer uniquement
en cas de choc violent, de façon à diminuer l'accélération subie par le résonateur.
Naturellement, la partie fixe et la partie mobile représentées ici sont permutables.
Cet élément inertiel peut être un disque, un anneau tel qu'une serge de balancier
tel que visible sur la figure 2, ou un simple bras tel que visible sur la figure 1.
Il est important que le centre de masse de l'élément inertiel soit sensiblement aligné
avec l'axe de pivotement virtuel A.
[0044] Pour éviter des modes propres indésirables, il est avantageux de squeletter le support
rotatif intermédiaire 20 rigide avec des évidements 209, de façon à réduire son inertie,
tout en lui conférant une rigidité très supérieure à celle des lames flexibles constituant
les ensembles élastiques 11, 21, 31, et 41, tel que visible sur les figures 1 à 4.
[0045] De la même façon, quand les éléments élastiques comportent des éléments intermédiaires
plus rigides que les lames flexibles droites, ces éléments intermédiaires sont avantageusement
également squelettés.
[0046] Une autre variante avantageuse, concernant tous les modes de réalisation, consiste
à agencer les parties rigides 100, 20, 200, très proches l'une de l'autre autour de
l'axe de pivotement virtuel A, de sorte qu'elles agissent comme des butées anti-choc,
radiales ou/et angulaires, afin d'empêcher une rupture des lames, tel que visible
avec les surfaces 105, 25, 26, 206, 28, 208, de la figure 4, en particulier les faces
obliques 28 et 208 qui contribuent grandement à la résistance aux chocs du système.
Ou encore à équiper certaines des parties rigides avec des bras de limitation 27 agencés
pour coopérer en butée, en cas de choc, avec des surfaces complémentaires 107 que
comporte le premier support 100, tel que visible sur la figure 4 où le support rotatif
intermédiaire 20 porte de tels bras de limitation 27.
[0047] L'invention peut être mise en oeuvre avec des lames présentant des épaisseurs variables.
L'angle optimum entre les lames doit alors être adapté en conséquence.
[0048] L'essentiel est de respecter la symétrie de flexibilité par rapport à la bissectrice
de l'angle αA, et par rapport à l'axe de pivotement virtuel A.
[0049] L'invention se prête particulièrement bien à une exécution monolithique.
[0050] Dans une réalisation avantageuse, le premier support 100, la masse pivotante 200,
et le mécanisme flexible de guidage en pivotement 10 forment un ensemble monobloc.
Cet ensemble monobloc peut être réalisé, ou bien par usinage classique, ou bien, de
façon particulière et non exhaustive, par des technologies de type « MEMS » ou « LIGA
» ou impression 3D ou fabrication additive par laser ou similaire, en silicium, quartz,
DLC, alliages métalliques, verre, rubis, saphir ou autre céramique, ou polymères,
chargés ou non, ou similaire, compensé thermiquement, notamment par une croissance
locale particulière de dioxyde de silicium, dans certaines zones de la pièce agencées
à cet effet, quand cet ensemble monobloc est réalisé en silicium. Naturellement, d'autres
matériaux encore sont utilisables, pour certains au prix d'une compensation en température.
On citera notamment et non limitativement des alliages métalliques amorphes ou cristallins.
[0051] Quand la masse pivotante 200 porte une masse inertielle rapportée 201, le mécanisme
flexible de guidage en pivotement 10 est avantageusement en silicium, oxydé de façon
telle que le mécanisme résonateur 1000 complet, avec cette masse inertielle rapportée
201, soit compensé thermiquement.
[0052] Le mécanisme résonateur d'horlogerie 1000 peut comporter une pluralité de tels mécanismes
flexibles de guidage en pivotement 10 montés en série, pour augmenter la course angulaire
totale, disposés dans des plans parallèles, et autour du même axe de pivotement virtuel
A, par solidarisation de parties rigides entre elles. Une telle pièce peut être formée
par assemblage de deux pièces gravées sur un seul niveau, ou bien peut être gravée
dans du silicium SOI deux niveaux.
[0053] On peut, avantageusement, utiliser deux mécanismes flexibles de guidage en pivotement
en configuration de diapason, pour éliminer la réaction au support ; ceci est généralisable
à un nombre N de mécanismes flexibles de guidage en pivotement.
[0054] L'invention concerne encore un mouvement d'horlogerie 2000 comportant au moins un
tel mécanisme résonateur 1000.
[0055] L'invention concerne encore une montre 3000 comportant au moins un tel mouvement
2000.
[0056] L'invention apporte plusieurs avantages:
- bon isochronisme, marche indépendante des positions dans le champ de gravité, marche
indépendante de l'amplitude;
- facilité de fabrication, grâce au regroupement des éléments fonctionnels dans un seul
plan, réalisable en deux dimensions, par gravure en une seule fois dans du silicium
ou similaire, ou bien par découpage dans une plaque, par électro-érosion, laser, jet
d'eau, fabrication additive ou autre
1. Mécanisme résonateur d'horlogerie (1000) comportant un premier support (100) avec
un premier ancrage (1) et un deuxième ancrage (2) auxquels est fixé un mécanisme flexible
de guidage en pivotement (10), qui définit un axe de pivotement virtuel (A) autour
duquel pivote de façon rotative une masse pivotante (200), et qui comporte au moins
un pivot flexible RCC antérieur (10A) et un pivot flexible RCC postérieur (10P) montés
en série et tête-bêche l'un par rapport à l'autre autour dudit axe de pivotement virtuel
(A),
ledit pivot flexible RCC antérieur (10A) comportant, entre ledit premier support (100)
et un support rotatif intermédiaire (20), deux lames flexibles antérieures droites
(110, 210) de même longueur antérieure (LA) entre leurs encastrements, définissant
deux directions linéaires antérieures (D1, D2) qui se croisent au niveau dudit axe
de pivotement virtuel (A) et qui définissent avec ledit axe de pivotement virtuel
(A) un angle antérieur (αA), et dont les ancrages respectifs desdites deux lames flexibles
antérieures droites (110, 210) les plus éloignés dudit axe de pivotement virtuel (A)
sont tous deux à une même distance antérieure (DA) dudit axe de pivotement virtuel
(A),
et ledit pivot flexible RCC postérieur (10P) comportant, entre ledit support rotatif
intermédiaire (20), qui comporte un troisième ancrage (3) et un quatrième ancrage
(4), et ladite masse pivotante (200), deux lames flexibles postérieures droites (310,
410) de même longueur postérieure (LP) entre leurs encastrements, définissant deux
directions linéaires postérieures (D3, D4) qui se croisent au niveau dudit axe de
pivotement virtuel (A) et qui définissent avec ledit axe de pivotement virtuel (A)
un angle postérieur (αP), et dont les ancrages respectifs desdites deux lames flexibles
postérieures droites (310, 410) les plus éloignés dudit axe de pivotement virtuel
(A) sont tous deux à une même distance postérieure (DP) dudit axe de pivotement virtuel
(A),
caractérisé en ce que ledit mécanisme flexible de guidage en pivotement (10) est plan,
en ce que le centre d'inertie de l'ensemble formé par ladite masse pivotante (200) et toute
masse inertielle rapportée (201) que porte ladite masse pivotante (200 )est sur ledit
axe de pivotement virtuel (A) ou dans son voisinage immédiat,
en ce que ledit angle antérieur (αA) exprimé en degrés est compris entre :

et
en ce que ledit angle postérieur (αP) exprimé en degrés est compris entre :
2. Mécanisme résonateur d'horlogerie (1000) selon la revendication 1, caractérisé en ce que ledit angle antérieur (αA) et ledit angle postérieur (αP) sont égaux.
3. Mécanisme résonateur d'horlogerie (1000) selon la revendication 2, caractérisé en ce que ladite longueur antérieure (LA) et ladite longueur postérieure (LP) sont égales à
une longueur commune (L), et en ce que ladite distance antérieure (DA) et ladite distance postérieure (DP) sont égales à
une distance commune (D).
4. Mécanisme résonateur d'horlogerie (1000) selon la revendication 3, caractérisé en ce que ledit angle antérieur (αA) et ledit angle postérieur (αP) sont égaux à un angle commun
(α), exprimé en degrés, et en ce que ledit angle commun (α) et le rapport (D/L) entre ladite longueur commune (L) et ladite
distance commune (D) satisfont la relation: 107+5/((D/L)-(2/3)) < α < 112+5/((D/L)-(2/3)).
5. Mécanisme résonateur d'horlogerie (1000) selon la revendication 3, caractérisé en ce que ledit angle antérieur (αA) et ledit angle postérieur (αP) sont égaux à un angle commun
(α), exprimé en degrés, qui est exprimé en fonction du rapport (D/L) entre ladite
longueur commune (L) et ladite distance commune (D), et qui est égal à 109.5°+ 5/[(D/L)-(2/3)].
6. Mécanisme résonateur d'horlogerie (1000) selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que ledit support rotatif intermédiaire (20) est squeletté par des évidements (209) pour
minimiser sa masse et éviter des modes propres indésirables.
7. Mécanisme résonateur d'horlogerie (1000) selon l'une des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que ledit premier support (100), ladite masse pivotante (200), et ledit mécanisme flexible
de guidage en pivotement (10) sont agencés très proches les uns des autres autour
dudit axe de pivotement virtuel (A) et comportent des surfaces (105, 25, 26, 206)
constituant des butées anti-choc pour empêcher une rupture desdites lames flexibles
(11, 21, 31, 41).
8. Mécanisme résonateur d'horlogerie (1000) selon la revendication 7, caractérisé en ce que ledit support rotatif intermédiaire (20) comporte des bras de limitation (27) agencés
pour coopérer en butée en cas de choc avec des surfaces complémentaires (107) que
comporte ledit premier support (100).
9. Mécanisme résonateur d'horlogerie (1000) selon l'une des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que ledit premier support (100), ladite masse pivotante (200), et ledit mécanisme flexible
de guidage en pivotement (10) forment un ensemble monobloc.
10. Mécanisme résonateur d'horlogerie (1000) selon la revendication 9, caractérisé en ce que ledit ensemble monobloc est en silicium, compensé thermiquement.
11. Mécanisme résonateur d'horlogerie (1000) selon la revendication 9, caractérisé en ce que ladite masse pivotante (200) porte une masse inertielle rapportée (201), et en ce que ledit mécanisme flexible de guidage en pivotement (10) est en silicium, oxydé pour
que ledit mécanisme résonateur (1000) complet avec ladite masse inertielle rapportée
(201) soit compensé thermiquement.
12. Mécanisme résonateur d'horlogerie (1000) selon l'une des revendications 1 à 11, caractérisé en ce qu'il comporte une pluralité de dits mécanismes flexibles de guidage en pivotement (10)
montés en série, pour augmenter la course angulaire totale, disposés dans des plans
parallèles, et autour du même dit axe de pivotement virtuel (A).
13. Mouvement d'horlogerie (2000) comportant au moins un mécanisme résonateur d'horlogerie
(1000) selon l'une des revendications 1 à 12.
14. Montre (3000) comportant au moins un mouvement (2000) selon la revendication 13.