DOMAINE DE L'INVENTION
[0001] La présente invention concerne le domaine de la production de la vanilline. Elle
concerne particulièrement une souche
Amycolatopsis dérivée de la souche
Amycolatopsis Zyl 926.
ARRIÈRE PLAN TECHNIQUE
[0002] La vanilline est l'un des composants majeur constituant l'extrait de vanille qui
est un puissant arôme naturel obtenu à partir de la gousse d'une orchidée. L'extraction
de cette molécule à partir de gousses de vanille est très onéreuse, les quantités
produites sont limitées et ne couvrent pas la demande du marché. D'autres voies d'obtention
de la vanilline ont ainsi été recherchées.
[0003] Il est par exemple possible d'obtenir de la vanilline à partir d'acide férulique
par une réaction de bioconversion grâce à des bactéries. Dans la présente demande
de brevet nous nous intéressons uniquement à la voie de bioconversion de l'acide férulique
en vanilline par les bactéries.
[0004] La production de vanilline par des bactéries se fait par déacétylation de l'acide
férulique au moyen des 3 étapes suivantes :
- 1. activation de l'acide férulique en feruloyl-CoA, l'activation étant catalysée par
une enzyme, la Feruloyl-CoA Synthétase, ci-après FCS ;
- 2. hydroxylation de la Feruloyl-CoA en 4-Hydroxy-3-methoxyphenyl-β-hydroxypropionyl-CoA,
l'hydroxylation étant catalysée par une enzyme, l'Enoyl-CoA-Hydratase/Aldolase, ci-après
ECH ;
- 3. déacétylation du 4-Hydroxy-3-methoxyphenyl-β-hydroxypropionyl-CoA permettant l'obtention
de vanilline, catalysée également par l'enzyme ECH.
[0005] La vanilline obtenue peut ensuite être oxydée en acide vanillique par une enzyme,
la Vanilline DéHydrogénase, ci-après VDH. Toutefois la conversion de la vanilline
en acide vanillique n'est pas souhaitée car seule la vanilline présente les caractéristiques
aromatiques recherchées.
[0006] Selon la nomenclature EC des enzymes (Enzyme Commission number) :
- l'enzyme FCS a le code EC 6.2.1.34,
- l'enzyme ECH a les codes EC 4.2.1.101 et EC 4.1.2.41,
- l'enzyme VDH a le code EC 1.2.1.67.
[0007] EP 2 721 148 A1, équivalent à
WO 2012/172108 A1, décrit un microorganisme du genre
Amycolatopsis ne comprenant pas le gène codant la
vdh, ledit microorganisme permettant de produire de la vanilline à partir d'acide férulique.
[0008] EP 1 611 244 A1 décrit un procédé de production de vanilline n'utilisant pas de solvants organiques
car ils sont désormais considérés comme non souhaitables dans l'industrie agro-alimentaire,
lors de la purification afin d'obtenir une vanilline dite « naturelle ». Au cours
dudit procédé de production de vanilline la biotransformation de l'acide férulique
en vanilline est réalisée par la souche
Amycolatopsis IMI390106, appelée également souche Zyl 926 ou souche
Amycolatopsis Zyl 926.
[0010] Toutefois, les souches de l'art antérieur utilisées lors de la réaction de bioconversion
ne permettent pas une conversion optimale de l'acide férulique en vanilline. Etant
donné le coût de l'acide férulique, il existe toujours un besoin de nouvelles souches
de bactéries assurant une meilleure conversion de l'acide férulique en vanilline.
RESUME DE L'INVENTION
[0011] Le demandeur a ainsi développé de nouvelles souches de bactéries telles que revendiquées,
grâce à un procédé de transformation original, permettant d'avoir un rendement molaire
amélioré lors de la réaction de bioconversion.
[0012] L'invention a pour objet une souche
Amycolatopsis sp. déposée auprès de la CNCM sous le numéro I-4922, I-4923 ou I-4924 le 11 décembre
2014.
[0013] L'invention a également pour objet l'utilisation d'une souche
Amycolatopsis sp. telle que définie ci-dessus dans un procédé d'obtention de la vanilline.
[0014] L'invention a également pour objet un procédé de production de la vanilline, ledit
procédé étant caractérisé en ce que la réaction de bioconversion est réalisée dans
un milieu comprenant une souche
Amycolatopsis sp. telle que définie ci-dessus.
DESCRIPTION DETAILLEE
[0015] Il est décrit dans la présente demande une souche
Amycolatopsis dérivée de la souche
Amycolatopsis Zyl 926, possédant au moins une copie supplémentaire des gènes
fcs et
ech intégrée au niveau du site d'intégration du phage ϕC31.
[0016] Il est également décrit un procédé d'obtention d'une souche
Amycolatopsis dérivée de la souche
Amycolatopsis Zyl 926 par conjugaison interspécifique.
[0017] Il est encore décrit une cassette d'intégration comprenant la cassette d'expression
des gènes
ech et
fcs.
[0018] La présente invention a pour objet de nouvelles souches de bactéries du genre
Amycolatopsis telles que revendiquées utilisables lors de la réaction de bioconversion de l'acide
férulique en vanilline.
[0019] Les inventeurs ont développé après de longues recherches de nouvelles souches
Amycolatopsis telles que revendiquées dérivées de la souche
Amycolotapsis Zyl 926 permettant d'avoir un rendement molaire amélioré par rapport à l'état de
la technique, lors de la réaction de bioconversion de l'acide férulique en vanilline
grâce à la surexpression des gènes
fcs et
ech dans le génome de la souche
Amycolotapsis Zyl 926.
[0020] Un rendement molaire de bioconversion se définit comme étant le rapport entre le
nombre de moles de produit obtenu, dans notre cas la vanilline, divisé par le nombre
de moles de substrat mis en oeuvre, dans notre cas l'acide férulique. Lorsqu'il est
sous forme de pourcentage ce rapport est multiplié par 100.
[0021] Par « rendement molaire amélioré par rapport à l'état de la technique », on entend
un rendement molaire de bioconversion supérieur ou égal à 80%, de préférence supérieur
ou égal à 85%, et encore plus de préférence égal à 90%.
[0022] La souche
Amycolatopsis Zyl 926 a été déposée au CABI Bioscience, UK science centre à Egham, sous le numéro
IMI 390106 le 2 mars 2003.
[0023] Les termes « souche Zyl 926 », « souche
Amycolatopsis Zyl 926 », « souche
Amycolatopsis IMI 390106 », « souche
Amycolatopsis déposée au CABI Bioscience sous le numéro IMI 390106 » sont ici synonymes.
[0024] Par « souche(s)
Amycolatopsis dérivée(s) de la souche
Amycolotapsis Zyl 926 », on entend toutes souches obtenues après transformation de la souche Zyl
926 par conjugaison interspécifique permettant l'intégration d'au moins une copie
supplémentaire des gènes
fcs et
ech.
[0025] Les inventeurs ont en outre mis en évidence que les nouvelles souches
Amycolotapsis telles que revendiquées permettent également d'améliorer la productivité et la consommation
de la quasi-totalité de l'acide férulique lors de la réaction de bioconversion.
[0026] Par « consommation de la quasi-totalité de l'acide férulique », on entend qu'au moins
98% de l'acide férulique soit consommé lors de la réaction de bioconversion, de préférence
au moins 99%, et encore plus de préférence 100%.
[0027] Il est décrit dans la présente demande une souche
Amycolatopsis dérivée de la souche
Amycolatopsis Zyl 926 comprenant :
- au moins une copie supplémentaire du gène fcs codant la Feruloyl-coA-Synthétase ayant pour séquence la séquence protéique SEQ ID
NO : 1 ou toute séquence identique à au moins 80%, de préférence au moins 90%, et
encore plus de préférence au moins 95% à la séquence SEQ ID NO : 1, et
- au moins une copie supplémentaire du gène ech codant l'Enoyl-coA-Hydratase/Aldolase
ayant pour séquence la séquence protéique SEQ ID NO : 2 ou toute séquence identique
à au moins 80%, de préférence au moins 90%, et encore plus de préférence au moins
95% à la séquence SEQ ID NO : 2,
lesdites copies supplémentaires des gènes
fcs et
ech étant intégrées spécifiquement au niveau du site d'intégration du phage cpC31, également
appelé site
attB.
[0028] L'article de
Keravala et al. (Methods Mol Biol. 2008) mentionne l'utilisation de l'intégrase du phage ϕC31 comme médiateur pour une intégration
chromosomique site spécifique. Elle permet ainsi d'effectuer une recombinaison unidirectionnelle
entre deux sites
att appelés
attP et
attB.
[0029] Par « copie supplémentaire du gène », on entend toute copie d'un gène d'intérêt intégrée
dans le génome d'une souche en plus des copies du gène d'intérêt présentes initialement
dans le génome.
[0030] Une séquence protéique ou nucléique est dite identique à une autre lorsque l'alignement
entre les deux séquences est parfait c'est-à-dire lorsqu'il y a une parfaite correspondance
respectivement entre les acides aminés ou acides nucléiques de chaque séquence.
[0031] Le pourcentage d'identité de séquence se calcule en donnant un score de 0 ou 1 pour
chaque acide aminé ou base de la séquence selon qu'il y ait identité ou non.
[0032] Les expressions « gène
ech codant l'Enoyl-coA-Hydratase/Aldolase » et « gène
fcs codant la Feruloyl-coA-Synthétase » ne doivent pas être interprétées de manière stricte
mais elles doivent englober également les séquences codant les variants fonctionnels
de ces enzymes. Typiquement, des variants fonctionnels de ces enzymes FCS et ECH ont
une séquence protéique présentant un pourcentage d'identité d'au moins 80%, de préférence
d'au moins 90% et plus particulièrement de préférence d'au moins 95% avec les séquences
protéiques SEQ ID NO : 1 et SEQ ID NO : 2.
[0033] De façon avantageuse, les copies supplémentaires des gènes
fcs et
ech de la souche
Amycolatopsis sont placées sous la dépendance du promoteur fort ermE* associé à un site d'association
du ribosome, appelé RBS.
[0034] Le promoteur ermE* correspond au promoteur ermE modifié de façon à lui donner une
expression forte et constitutive.
[0035] Le promoteur ermE* a pour séquence la séquence nucléique SEQ ID NO : 6 ou toute séquence
identique à au moins 90%, de préférence au moins 95% et encore plus de préférence
au moins 99% à la séquence SEQ ID NO : 6.
[0037] Pour obtenir de nouvelles souches originales telles que revendiquées, surexprimant
les gènes
ech et
fcs, les inventeurs ont mis en évidence après de nombreuses recherches et expérimentations
que la méthode de conjugaison interspécifique permettait d'obtenir des transformants
ayant intégré au moins une copie supplémentaire des gènes
ech et
fcs et que la réussite de cette méthode d'intégration de gènes était locus dépendante.
[0038] On entend par « locus dépendante », le fait que les copies supplémentaires des gènes
d'intérêt doivent être intégrées spécifiquement au niveau du site d'intégration du
phage ϕC31.
[0039] Il est encore décrit dans la présente demande un procédé d'obtention d'une souche
Amycolatopsis dérivée de la souche
Amycolatopsis Zyl 926 telle que décrite ci-dessus, comprenant les étapes suivantes :
- a. amplification par PCR des gènes fcs codant la Feruloyl-coA-Synthétase ayant pour séquence la séquence SEQ ID NO : 1 ou
toute séquence identique à au moins 80%, de préférence au moins 90%, et encore plus
de préférence au moins 95% à la séquence SEQ ID NO : 1 et ech codant l'Enoyl-coA-Hydratase/Aldolase ayant pour séquence la séquence SEQ ID NO :
2 ou toute séquence identique à au moins 80%, de préférence au moins 90%, et encore
plus de préférence au moins 95% à la séquence SEQ ID NO : 2, isolés d'une souche Amycolatopsis;
- b. construction d'un vecteur portant les séquences nucléiques obtenues à l'étape a.,
à partir du plasmide pSET152 possédant :
i. le gène int codant l'intégrase du phage ϕC31 ayant pour séquence la séquence nucléotidique SEQ
ID NO : 3 ou toute séquence identique à au moins 80%, de préférence au moins 90%,
et encore plus de préférence au moins 95% de la séquence SEQ ID NO : 3,le site de
fixation du phage ϕC31, ci-après site attP ayant pour séquence la séquence nucléotidique SEQ ID NO : 4, et
iii. l'origine de conjugaison oriT fonctionnelle ayant pour séquence la séquence nucléotidique SEQ ID NO : 5 ou toute
séquence identique à au moins 90%, de préférence au moins 95% et encore plus de préférence
au moins 99% à la séquence SEQ ID NO : 5 ;
- c. transformation par électroporation de la souche Escherichia coli ET12567 avec un plasmide conjuguant comprenant tous les gènes codant la machinerie
de conjugaison dont l'origine de conjugaison oriT rendue non fonctionnelle, et le vecteur construit à l'étape b. ;
- d. sélection des souches Escherichia coli ET12567 transformées à l'étape c. par culture sur un milieu contenant la néomycine
et une bêta-lactamine ;
- e. conjugaison interspécifique entre les souches Escherichia coli ET12567 transformées et sélectionnées aux étapes c. et d. et la souche Amycolatopsis Zyl 926, par mise en co-culture ;
- f. sélection des souches Amycolatopsis Zyl 926 ayant intégré au moins une copie supplémentaire du gène fcs codant la Feruloyl-coA-Synthétase ayant pour séquence la séquence SEQ ID NO : 1 ou
toute séquence identique à au moins 80%, de préférence au moins 90%, et encore plus
de préférence au moins 95% à la séquence SEQ ID NO : 1 et au moins une copie supplémentaire
du gène ech codant l'enoyl-coA-hydratase ayant pour séquence la séquence SEQ ID NO : 2 ou toute
séquence identique à au moins 80%, de préférence au moins 90%, et encore plus de préférence
au moins 95% à la séquence SEQ ID NO : 2 selon l'étape e., par culture sur un milieu
contenant de l'apramycine.
[0040] Les gènes
fcs et
ech ont été isolés et amplifiés à partir d'une souche
Amycolatopsis par une technique PCR qui est une technique connue de l'homme du métier. En raison
des particularités propres au génome
d'Amycolatopsis, le kit « Phusion
® High-Fidelity PCR Master Mix with GC Buffer » de New England Biolabs a été préférentiellement
utilisé avec le tampon GC Buffer.
[0041] Les séquences des amorces utilisées sont les séquences suivantes :
- SEQ ID NO : 7 : Van-ECH-F : 5' GAAGCTTGAGCGATGCATGAGCACAGC 3'
- SEQ ID NO : 8 : Van-ECH-R : 5' GTCTAGACTGGTTGCGCACTACTTCTC 3'
[0042] De manière préférentielle les gènes
fcs et
ech ont été isolés de la souche
Amycolatopsis Zyl 926.
[0043] Le plasmide pSET152 est porteur de la résistance à l'apramycine.
[0044] La construction du vecteur selon l'étape b. est réalisée par clonage des copies supplémentaires
des gènes
fcs et
ech amplifiés à l'étape a. dans le plasmide pSET152 (
Bierman et al., Gene, 116 (1) : 43-49, 1992). Le produit de PCR contenant les gènes
ech et
fcs a été obtenu en utilisant comme matrice l'ADN génomique de la souche Zyl926 et les
amorces Van-ECH-F (SEQ ID N0 : 7) et Van-ECH-R (SEQ ID N0 : 8). Le fragment à intégrer
a été obtenu par digestion HindIII (+ Klenow) et XbaI. Les fragments HindIII (+ Klenow)
et XbaI ont été clonés dans les sites EcoRV et XbaI de pSET152.
[0045] Par gène
int, on entend le gène codant l'intégrase du phage ϕC31 ayant pour séquence la séquence
protéique SEQ ID NO : 3 ou toute séquence identique à au moins 80%, de préférence
au moins 90%, et encore plus de préférence au moins 95% de la séquence SEQ ID NO :
3.
[0046] Le site de fixation du phage cpC31, également appelé site
attP, présent dans le plasmide pSET152, a pour séquence la séquence SEQ ID NO : 4.
[0047] La séquence SEQ ID NO : 4 est la suivante :
GCCCCAACTGGGGTAACCTTTGAGTTCTCTCAGTTGGGG
[0048] La sélection des souches
Escherichia coli ET 12567 transformées à l'étape c est réalisée sur la base de l'acquisition par ces
souches transformées de la résistance à la néomycine et à une bêta-lactamine.
[0049] La mise en co-culture, pour la réalisation de la conjugaison interspécifique de l'étape
e., est réalisée dans des conditions classiques connues de l'homme du métier (Bierman
et al., 1992 cf.
supra) et préférentiellement par mise en contact durant plusieurs heures d'une part des
Escherichia coli ET12567 obtenues à l'étape d. transformées préalablement et rendues compétentes pour
la transformation, et d'autre part des cellules
d'Amycolatopsis Zyl 926 préalablement synchronisées pour la germination par chauffage.
[0051] La sélection selon l'étape f. des souches
Amycolatopsis Zyl 926 ayant intégré au moins une copie supplémentaire des gènes
fcs et
ech est réalisée sur la base de l'acquisition par ces souches de la résistance à l'apramycine.
[0052] Selon un mode particulier de réalisation, le procédé d'obtention d'une souche
Amycolatopsis dérivée de la souche
Amycolatopsis Zyl 926 tel que décrit ci-dessus, comprend une étape supplémentaire b'., entre les
étapes b. et c., d'amplification et de clonage du promoteur fort ermE* dans le vecteur
construit à l'étape b., ledit promoteur ermE* étant associé à un site d'association
du ribosome, appelé RBS.
[0053] Le promoteur ermE* a pour séquence la séquence SEQ ID NO : 6 ou toute séquence identique
à au moins 90%, de préférence au moins 95% et encore plus de préférence au moins 99%
à la séquence SEQ ID NO : 6.
[0055] Selon un mode particulier de réalisation du procédé d'obtention d'une souche
Amycolatopsis dérivée de la souche
Amycolatopsis Zyl 926 tel que décrit ci-dessus, la bêta-lactamine de l'étape d. est l'ampicilline.
[0056] Il est encore décrit dans la présente demande une souche
Amycolatopsis dérivée de la souche
Amycolatopsis Zyl 926 susceptible d'être obtenue par le procédé tel que défini ci-dessus.
[0057] La présente invention a particulièrement pour objet une souche
Amycolatopsis dérivée de la souche
Amycolatopsis Zyl 926, susceptible d'être obtenue par le procédé tel que défini ci-dessus, qui
est choisie parmi la souche déposée à la CNCM sous le numéro I-4922, la souche déposée
à la CNCM sous le numéro I-4923, et la souche déposée à la CNCM sous le numéro I-4924.
[0058] Les souches I-4922, I-4923 et I-4924 sont des souches
Amycolatopsis sp. déposées en vertu du Traité de Budapest le 11 décembre 2014 auprès de la CNCM
(
Collection Nationale de Cultures de Microorganismes)
, 25 rue du Docteur Roux, 75724 Paris cedex 15, France.
[0059] Il est encore décrit dans la présente demande une cassette d'intégration comprenant
:
- i. une cassette d'expression des gènes fcs codant la Feruloyl-coA-Synthétase ayant pour séquence la séquence SEQ ID NO : 1 ou
toute séquence identique à au moins 80%, de préférence au moins 90%, et encore plus
de préférence au moins 95% à la séquence SEQ ID NO : 1 et ech codant l'Enoyl-coA-Hydratase/Aldolase ayant pour séquence la séquence SEQ ID NO :
2 ou toute séquence identique à au moins 80%, de préférence au moins 90%, et encore
plus de préférence au moins 95% à la séquence SEQ ID NO : 2 ;
- ii. des moyens permettant l'intégration de la cassette dans le génome de la souche
Amycolatopsis Zyl 926, comprenant le gène int du phage ϕC31 ayant pour séquence la séquence SEQ ID NO : 3 ou toute séquence identique
à au moins 80%, de préférence au moins 90%, et encore plus de préférence au moins
95% de la séquence SEQ ID NO : 3 et le site de fixation du phage ϕC31, appelé site
attP ayant pour séquence la séquence SEQ ID NO : 4 ;
- iii. des moyens de sélection des souches Escherichia coli ET12567 transformées comprenant la néomycine et une bêta-lactamine ;
- iv. des moyens de sélection des souches Amycolatopsis Zyl926 ayant intégré ladite cassette d'intégration, comprenant un marqueur de résistance
à l'apramycine.
[0060] Une cassette d'intégration est une construction génétique comprenant les outils nécessaires
à l'intégration d'un ou plusieurs gènes d'intérêt dans le génome d'un organisme, ici
la souche
Amycolatopsis Zyl 926.
[0061] Selon un mode particulier de réalisation, les gènes codant la Feruloyl-coA-Synthétase
et l'Enoyl-coA-Hydratase/Aldolase de la cassette d'expression décrite ci-dessus sont
placés sous la dépendance du promoteur fort ermE* ayant pour séquence la séquence
SEQ ID NO : 6 ou toute séquence identique à au moins 90%, de préférence au moins 95%
et encore plus de préférence au moins 99% à la séquence SEQ ID NO : 6 ledit promoteur
ermE* étant associé à un site d'association du ribosome, également appelé RBS.
[0062] Selon un mode particulier de réalisation de la cassette d'intégrationtelle que décrite
ci-dessus, la bêta-lactamine est l'ampicilline.
[0063] L'invention a également pour objet l'utilisation des nouvelles souches
Amycolatopsis sp. dérivées de la souche
Amycolatopsis Zyl 926 telles que décrites ci-dessus, dans un procédé de production de vanilline.
[0064] Il est également décrit dans la présente demande un procédé de production de vanilline
comprenant les étapes suivantes :
- a. disposer d'une souche Amycolatopsis dérivée de la souche Amycolatopsis Zyl 926 déposée au CABI Bioscience sous le numéro IMI 390106 le 2 mars 2003, comprenant
au moins une copie supplémentaire des gène fcs codant la Feruloyl-coA-Synthétase ayant pour séquence la séquence SEQ ID NO : 1 ou
toute séquence identique à au moins 80%, de préférence au moins 90%, et encore plus
de préférence au moins 95% à la séquence SEQ ID NO : 1. et ech codant l'Enoyl-coA-Hydratase/Aldolase ayant pour séquence la séquence SEQ ID NO :
2 ou toute séquence identique à au moins 80%, de préférence au moins 90%, et encore
plus de préférence au moins 95% à la séquence SEQ ID NO : 2 et dont lesdites copies
supplémentaires sont intégrées spécifiquement au niveau du site d'intégration du phage
ϕC31 ;
- b. mettre en culture la nouvelle souche Amycolatopsis dérivée de l'étape a. ;
- c. mettre en présence l'acide férulique avec ladite culture de la souche Amycolatopsis de l'étape b. et incuber ;
- d. extraire la vanilline du milieu de culture.
[0065] La mise en culture des nouvelles souches
Amycolatopsis dérivées est effectuée préférentiellement sur des milieux contenant tous les nutriments
nécessaires à la bonne croissance de la bactérie, notamment une source de carbone,
à des températures et pH régulés dans des fermenteurs.
[0066] Une source de carbone peut par exemple être du glycérol.
[0067] L'incubation selon l'étape c. du procédé de production de vanilline est réalisée
jusqu'à la consommation de la quasi-totalité de l'acide férulique et à une température
comprise entre 37°C et 41°C.
[0068] Selon un mode de réalisation particulier le procédé de production de vanilline est
le procédé décrit dans la demande
EP 1 611 244 A1.
[0069] La réaction de bioconversion lors du procédé de production de vanilline est donc
réalisée dans un milieu comprenant une nouvelle souche
Amycolatopsis sp. dérivée de la souche
Amycolatopsis Zyl 926 selon l'invention.
[0070] Selon un mode particulier de réalisation de l'invention, la souche
Amycolatopsis dérivée de la souche
Amycolatopsis Zyl 926 mise en oeuvre dans le procédé de production de vanille à l'étape a., est
choisie parmi la souche déposée à la CNCM sous le numéro I-4922, la souche déposée
à la CNCM sous le numéro I-4923, et la souche déposée à la CNCM sous le numéro I-4924.
[0071] Le procédé de production de vanilline tel que décrit ci-dessus a un rendement molaire
supérieur ou égal à 80%, de préférence supérieur ou égal à 85%, et encore plus de
préférence égal à 90%.
[0072] Dans le procédé de production de vanilline tel que décrit ci-dessus, au moins 98%
de l'acide férulique est consommé, de préférence au moins 99%, et encore plus de préférence
100%.
[0073] Les inventeurs mettant en oeuvre ledit procédé de production de vanilline tel que
décrit ci-dessus avec les nouvelles souches
Amycolatopsis telles que revendiquées ont ainsi remarqué de manière étonnante que :
- la quasi-totalité de l'acide férulique est consommée lors de la réaction de bio conversion
;
- la productivité est améliorée;
- le rendement molaire est amélioré ;
et cela sans que le flux de vanilline déshydrogénase transformant la vanilline en
acide vanillique ne soit augmenté.
[0074] Il est encore décrit dans la présente demande une nouvelle souche
Amycolatopsis telle que décrite ci-dessus dont le gène
vdh codant la Vanilline DésHydrogénase n'est pas supprimé. Il est également décrit dans
la présente demande un procédé d'obtention d'une nouvelle souche
Amycolatopsis tel que décrit ci-dessus ne comportant pas d'étape de suppression du gène
vdh codant la Vanilline DésHydrogénase.
EXEMPLES
EXEMPLE 1 : Clonage de copies supplémentaires des gènes ech et fcs dans Zyl 926 au niveau du site d'intégration du phage ϕC31
Matériel et méthode
[0075]
Souches bactériennes :
- Escherichia coli ET12567
- Amycolatopsis Zyl 926
Plasmides :
- p SET152 : porteur d'un gène de résistance à l'ampicilline
- pUZ8002 : porteur d'un gène de résistance à la néomycine
a. amplification
[0076] Les gènes
ech et
fcs ont été amplifiés à partir de la souche
Amycolatopsis Zyl 926 en utilisant le kit « Phusion
® High-Fidelity PCR Master Mix with GC Buffer » avec un tampon GC Buffer.
[0077] Les amorces utilisées sont les suivantes :
- SEQ ID N0 : 7 : Van-ECH-F : 5' GAAGCTTGAGCGATGCATGAGCACAGC 3'
- SEQ ID N0 : 8 : Van-ECH-R : 5' GTCTAGACTGGTTGCGCACTACTTCTC 3'
b. clonage
[0078] Le fragment à intégrer est obtenu par digestion HindIII (+ Klenow) et XbaI.
[0079] Le fragment HindIII (+ Klenow) et XbaI est ensuite cloné dans les sites EcoRV et
XbaI de pSET152. Le plasmide ainsi obtenu est appelé pLSF01a.
[0080] Le plasmide pSET152 possède le système d'intégration du phage ϕC31 à savoir :
- le gène int codant l'intégrase du phage ϕC31 ;
- le site attP de fixation phage ϕC31 ;
[0081] Le plasmide pSET152 possède également l'origine de conjugaison
oriT fonctionnelle permettant sa mobilisation et son transfert de
E. coli à
Amycolatopsis par la souche
E. coli ET12567 + pUZ8002.
b'. amplification et clonage du promoteur ermE*
[0083] Pour cela une séquence correspondant au gène de résistance au chlroramphénicol, au
promoteur
ermE∗ et au RBS du gène
tipA a été obtenue par PCR en utilisant comme matrice le plasmide pOSV605 et comme amorces
les oligonucléotides LG001 et LG002.Les séquences des amorces utilisées sont les suivantes
:
- SEQ ID N0 : 9 : LG001 :

- SEQ ID N0 : 10 : LG002 :

[0084] Ceci a permis d'obtenir un fragment présentant à chaque extrémité des séquences identiques
à celles de deux régions proches sur le plasmide pLSF01a :
- l'une dans la partie du vecteur en amont du gène ech,
- l'autre à l'extrémité 5' du gène ech.
[0085] La recombinaison a eu lieu in vivo dans la souche DY330 (Yu et al. 2000) contenant
le plasmide pLSF01, après transformation par le produit PCR.
[0086] Les clones ayant intégré le promoteur ermE* ont été sélectionnés sur la base de l'acquisition
de la résistance au chloramphénicol. Les clones sélectionnés sont appelés plasmides
pLSF02.
c. transformation
[0087] La souche ET12567 contenant le plasmide pUZ8002 est transformée par électroporation
avec le plasmide pLSF02issu des étapes b. et b'., comprenant les copies supplémentaires
des gènes
ech et
fcs et le promoteur fort ermE* associé au RBS.
d. sélection des transformants
[0088] La sélection des transformants possédant le plasmide pLSF02 se fait sur un milieu
contenant de l'apramycine.
e. conjugaison interspécifique
[0089] Les cellules
d'Amycolatopsis Zyl 926 sont synchronisées pour la germination par un chauffage à 50°C pendant 10
minutes.
[0090] Les transformants (
E. coli ET12567+ pUZ8002+pLSF02) et les cellules
d'Amycolatopsis Zyl 926 ainsi préparées sont ensuite mis en contact par une co-culture durant plusieurs
heures pour la réalisation de la conjugaison interspécifique.
f. sélection des souches Zyl 926 transformées
[0091] La sélection des souches
Amycolatopsis Zyl 926 ayant intégré des copies supplémentaires des gènes
ech et
fcs se fait sur un milieu contenant de l'apramycine.
Résultats
[0092] Cette dernière étape a permis notamment de sélectionner les souches déposée à la
CNCM sous les numéros I-4922, I-4923, et I-4924 ayant intégré les copies supplémentaires
des gènes
ech et
fcs au niveau du site d'intégration du phage ϕC31.
EXEMPLE 2 : Clonage de copies supplémentaires des gènes ech et fcs dans Zyl 926 au niveau du site d'intégration du phage ϕBT1
Matériel et méthode
[0093]
Souches bactériennes :
- Escherichia coli ET12567
- Amycolatopsis Zyl 926
Plasmides :
- pOSV408 : porteur d'un gène de résistance à la kanamycine
- pUZ8002 : porteur d'un gène de résistance à la néomycine
a. amplification
[0094] Les gènes
ech et
fcs ont été amplifiés à partir de la souche
Amycolatopsis Zyl 926 en utilisant le kit « Phusion
® High-Fidelity PCR Master Mix with GC Buffer » avec un tampon GC Buffer.
[0095] Les amorces utilisées sont :
- SEQ ID N0 : 7 : Van-ECH-F : 5' GAAGCTTGAGCGATGCATGAGCACAGC 3'
- SEQ ID N0 : 8 : Van-ECH-R : 5' GTCTAGACTGGTTGCGCACTACTTCTC 3'
b. clonage
[0096] Le fragment à intégrer est obtenu par digestion HindIII (+ Klenow) et XbaI.
[0097] Le fragment HindIII (+ Klenow) et XbaI est ensuite cloné dans les sites EcoRV et
XbaI de pOSV408. Le plasmide ainsi obtenu est appelé pLSF01b
[0098] Le plasmide pOSV408 (KanaR) possède le système d'intégration du phage ϕBT1 à savoir
:
- le gène int codant l'intégrase du phage ϕBT1 ;
- le site attP de fixation phage ϕBT1 ;
[0099] Le plasmide pOSV408 possède également l'origine de conjugaison
oriT fonctionnelle permettant sa mobilisation et son transfert de
E. coli à
Amycolatopsis par la souche
E. coli ET12567 + pUZ8002.
b'. amplification et clonage du promoteur ermE*
[0101] Pour cela une séquence correspondant au gène de résistance au chlroramphénicol, au
promoteur
ermE∗ et au RBS du gène
tipA a été obtenue par PCR en utilisant comme matrice le plasmide pOSV605 et comme amorces
les oligonucléotides LG001 et LG002 ayant respectivement pour séquences les séquences
SEQ ID N0 : 9 et SEQ ID N0 : 10.
[0102] Ceci a permis d'obtenir un fragment présentant à chaque extrémité des séquences identiques
à celles de deux régions proches sur le plasmide pLSF01b :
- l'une dans la partie du vecteur en amont du gène ech,
- l'autre à l'extrémité 5' du gène ech.
[0103] La recombinaison a eu lieu in vivo dans la souche DY330 (Yu et al. 2000) contenant
le plasmide pLSF01b, après transformation par le produit PCR.
[0104] Les clones ayant intégré le promoteur ermE* ont été sélectionnés sur la base de l'acquisition
de la résistance au chloramphénicol. Les clones sélectionnés sont appelés plasmides
pLSF07.
c. transformation
[0105] La souche ET12567 contenant le plasmide pUZ8002 est transformée par électroporation
avec le plasmide pLSF07 issu des étapes précédentes, comprenant les copies supplémentaires
des gènes
ech et
fcs et le promoteur fort ermE* associé au RBS.
d. sélection des transformants
[0106] La sélection des transformants ayant intégré le plasmide pLSF07 se fait sur un milieu
comprenant de la kanamycine.
e. Conjugaison interspécifique
[0107] Les cellules
d'Amycolatopsis Zyl 926 sont synchronisées pour la germination par un chauffage à 50°C pendant 10
minutes.
[0108] Les transformants et les cellules
d'Amycolatopsis Zyl 926 ainsi préparées sont ensuite mis en contact par une co-culture durant plusieurs
heures pour la réalisation de la conjugaison interspécifique.
f. Sélection des souches Zyl 926 transformées
[0109] La sélection des souches
Amycolatopsis Zyl 926 ayant intégré des copies supplémentaires des gènes
ech et
fcs se fait sur un milieu contenant de la kanamycine.
Résultats
[0110] Cette dernière étape a permis de sélectionner les souches déposées à la CNCM le 11
décembre 2014 sous les numéros I-4925, I-4926 et I-4927 ayant intégré les copies supplémentaires
des gènes
ech et
fcs au niveau du site d'intégration du phage ϕBT1.
EXEMPLE 3 : Production de vanilline par la souche Amvcolatopsis sp. I-4922
Matériel et méthode
[0111] Souches bactériennes :
[0112] Le procédé de production de vanilline mis en oeuvre dans cet exemple est le procédé
cité dans la demande
EP 1 611 244 A1.
[0113] La productivité maximale est calculée selon l'équation suivante :

[0114] Le rendement molaire est calculé selon l'équation suivante :

[0115] Le rendement massique global vanilline/acide férulique est calculé selon l'équation
suivante :

Résultats
[0116] Les résultats obtenus en utilisant le procédé de production de vanilline de la demande
EP 1 611 244 avec la souche selon l'invention I-4922 et la souche Zyl 926 sont présentés dans
le tableau 1 ci-dessous.
Tableau 1
| |
I-4922 |
Zyl 926 (EP 1 611 244) |
| Concentration initiale en acide férulique |
25,5 g/Kg |
25 g/L |
| Productivité maximale |
0,52 g/Kg.h |
Non défini |
| Résiduel d'acide férulique |
0,1 g/Kg |
1.01 g/L |
| Vanilline produite |
17,1 g/Kg |
13.8 g/L |
| Acide vanillique produit |
0,8 g/Kg |
Non défini |
| Rendement molaire |
86% |
73% |
| Rendement massique global vanilline/acide férulique |
67% |
55% |
| A noter que la densité étant proche de 1, l'unité g/Kg est équivalente à g/L. |
Conclusion
[0117] Les résultats obtenus montrent que la souche selon l'invention I-4922 permet d'obtenir
une plus grande quantité de vanilline, un rendement molaire amélioré, et la consommation
de la quasi-totalité de l'acide férulique par rapport à la souche Zyl 926 de l'état
de la technique.
EXEMPLE 4 : Comparaison de la production de vanilline en utilisant les souches I-4922
et I-4926
Matériel et méthode
[0118] Souches bactériennes :
- CNCM-I-4922 (ϕC31)
- CNCM-I-4926 (ϕBT1)
- Zyl 926
[0119] Le procédé de production de vanilline mis en oeuvre dans cet exemple est le procédé
cité dans la demande
EP 1 611 244 A1.
Résultats
[0120] Les résultats obtenus en utilisant le procédé de production de vanilline de la demande
EP 1 611 244 avec les souches I-4922, I-4926 et Zyl 926 sont présentés dans le tableau 2 ci-dessous.
Tableau 2
| |
Zyl 926 |
I-4926 |
I-4922 |
| Concentration initiale en acide férulique |
25 g/L |
24.8 g/Kg |
25.5 g/Kg |
| Vanilline produite |
13.8 g/L |
14.4 g/Kg |
17.5 g/Kg |
Conclusion
[0121] Les résultats montrent que la souche selon l'invention I-4922 ayant intégré au moins
une copie supplémentaire des gènes
ech et
fcs au niveau du site d'intégration du phage ϕC31 permet de produire plus de vanilline
par rapport à la souche de l'art antérieur Zyl 926.
[0122] Les résultats montrent également que la souche I-4926 ayant intégré au moins une
copie supplémentaire des gènes
ech et
fcs au niveau du site d'intégration du phage ϕBT1 n'améliore pas la production de vanilline
par rapport à la souche de l'art antérieur Zyl 926.
[0123] L'intégration d'au moins une copie supplémentaire des gènes
ech et
fcs selon l'invention dans la souche Zyl 926 est donc locus dépendante.