Domaine de l'invention
[0001] L'invention se rapporte à un mécanisme de remontage d'une pièce d'horlogerie comprenant
au moins un premier accumulateur d'énergie agencé pour alimenter en énergie un premier
mécanisme et un second accumulateur d'énergie agencé pour alimenter en énergie un
second mécanisme, ledit mécanisme de remontage comportant une tige de remontoir, un
pignon de remontoir et un pignon coulant portés par ladite tige de remontoir et présentant
en regard l'un de l'autre des dentures droites agencées pour permettre l'entrainement
du pignon de remontoir par le pignon coulant dans les deux sens de rotation de la
tige de remontoir, ladite tige de remontoir et le pignon coulant occupant une même
position axiale de remontage. L'invention se rapporte également à une pièce d'horlogerie
comprenant un tel mécanisme de remontage.
Arrière-plan de l'invention
[0002] Un tel mécanisme de remontage est par exemple décrit dans le brevet
CH 330202. Ce document décrit une montre-réveil comprenant un premier accumulateur d'énergie
constitué par le barillet de mouvement et un second accumulateur d'énergie constitué
par le barillet de sonnerie. Le mécanisme comprend une tige de remontoir agencée pour
effectuer toutes les commandes du mouvement et du réveil, et notamment la mise à l'heure
du mouvement et de la sonnerie, mais également le remontage du barillet de mouvement
ou du barillet de sonnerie en tournant dans un sens ou dans l'autre la tige de remontoir
lorsqu'elle occupe sa position médiane de remontage. A cet effet, le pignon coulant
est en prise avec le pignon de remontoir par des dents de forme droite, et il est
prévu une roue de couronne en prise avec le pignon de remontoir, et deux renvois de
couronne, engrenant tous deux avec la roue de couronne et destinés à coopérer respectivement
avec le rochet de chacun des barillets. L'engrènement des renvois de couronne avec
le rochet du barillet correspondant est assuré par un ressort qui agit sur les axes
des renvois de couronne pour les pousser et les amener en prise avec le rochet correspondant.
Lorsque la tige de remontoir est tournée dans un sens ou dans l'autre, par l'effort
tangentiel exercé par la roue de couronne sur les renvois, l'un des renvois de couronne
opère le remontage du barillet correspondant tandis que l'autre fait décliquetage.
Le décliquetage entraine la persistance d'un contact faible et cyclique. Un tel mécanisme
est fragile du fait de la sollicitation permanente du ressort pour assurer un bon
engrènement des renvois de couronne avec le rochet correspondant. Une perte d'efficacité
du ressort, par fatigue ou par vieillissement, entraine le risque que l'un ou l'autre
des renvois ne coopère plus avec le rochet correspondant de sorte que le barillet
associé ne pourra plus être remonté. Un autre inconvénient est l'usure des renvois
de couronne lors du décliquetage. De plus, cette construction impose un contrôle des
tolérances de fabrication du ressort.
[0003] Le brevet
CH 47977 décrit également un mécanisme de remontage et de mise à l'heure de montre-réveil
à deux barillets. Ce mécanisme comprend un rochet de remontage du barillet de mouvement
constamment en prise avec une roue de couronne engrenant avec un pignon de remontoir,
et disposé pour n'actionner l'arbre de barillet de mouvement que dans un sens de rotation
de la tige. Le rochet de remontage du barillet de mouvement est utilisé pour transmettre
le mouvement inverse de rotation de la tige soit au rochet de remontage du barillet
de réveil soit à la roue de réveil par un renvoi pivoté sur une bascule manoeuvrable
depuis l'extérieur de la montre. Ce mécanisme présente l'inconvénient de nécessiter
l'actionnement d'une commande extérieure en plus de la rotation de la tige de remontoir
pour remonter le barillet de sonnerie.
Résumé de l'invention
[0004] L'invention a notamment pour objectif de pallier les différents inconvénients des
dispositifs connus.
[0005] Plus précisément, un objectif de l'invention est de fournir un mécanisme de remontage
permettant le remontage de deux accumulateurs d'énergie par la seule rotation de la
tige de remontoir dans les deux sens.
[0006] L'invention a également pour objectif de fournir un mécanisme de remontage permettant
le remontage de deux accumulateurs d'énergie présentant une grande précision et fiable
dans le temps.
[0007] L'invention a également pour objectif de fournir un mécanisme de remontage permettant
le remontage de deux accumulateurs d'énergie présentant une grande modularité dans
le choix du positionnement des différents éléments du mécanisme, ainsi que dans le
choix du sens de remontage des accumulateurs d'énergie.
[0008] A cet effet, la présente invention concerne un mécanisme de remontage d'une pièce
d'horlogerie comprenant au moins un premier accumulateur d'énergie agencé pour alimenter
en énergie un premier mécanisme et un second accumulateur d'énergie agencé pour alimenter
en énergie un second mécanisme, ledit mécanisme de remontage comportant une tige de
remontoir, un pignon de remontoir et un pignon coulant portés par ladite tige de remontoir
et présentant en regard l'un de l'autre des dentures droites agencées pour permettre
l'entrainement du pignon de remontoir par le pignon coulant dans les deux sens de
rotation de la tige de remontoir, ladite tige de remontoir et le pignon coulant occupant
une même position axiale de remontage.
[0009] Selon l'invention, ladite tige de remontoir est logée dans une platine de manière
à ce que le pignon de remontoir soit opérationnel de part et d'autre de la tige de
remontoir par rapport à la platine et le mécanisme de remontage comprend un premier
et un second dispositifs d'embrayage/débrayage disposés de part et d'autre de la tige
de remontoir par rapport à la platine, coopérant avec le pignon de remontoir et agencés
pour que l'un des premier et second dispositifs d'embrayage/débrayage occupe une position
d'embrayage pour embrayer le pignon de remontoir et le premier accumulateur d'énergie
tandis que l'autre des premier et second dispositifs d'embrayage/débrayage occupe
une position de débrayage pour débrayer le second accumulateur d'énergie lorsque la
tige de remontoir est tournée dans un sens, et occupe une position de débrayage pour
débrayer le premier accumulateur d'énergie tandis que l'autre des premier et second
dispositifs d'embrayage/débrayage occupe une position d'embrayage pour embrayer le
pignon de remontoir et le second accumulateur d'énergie lorsque la tige de remontoir
est tournée dans l'autre sens.
[0010] Ainsi, le mécanisme de remontage selon l'invention permet de remonter deux accumulateurs
d'énergie par la seule rotation de la tige de remontoir dans un sens et dans l'autre.
[0011] De plus, chaque accumulateur d'énergie est remonté au moyen de son propre dispositif
d'embrayage/débrayage garantissant une meilleure fiabilité du mécanisme de remontage.
Le débrayage signifie une absence totale de contact et donc la suppression du risque
d'usure, contrairement à un décliquetage.
[0012] Le mécanisme de remontage selon l'invention est particulièrement approprié pour remonter
un barillet de mouvement constituant l'un des accumulateurs d'énergie et pour remonter
un barillet d'un automate indépendant constituant l'autre des accumulateurs d'énergie.
[0013] La présente invention concerne également une pièce d'horlogerie comprenant un mécanisme
de remontage tel que défini ci-dessus.
Description sommaire des dessins
[0014] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront plus clairement
à la lecture de la description suivante d'un mode de réalisation particulier de l'invention,
donné à titre de simple exemple illustratif et non limitatif, et des figures annexées,
parmi lesquelles :
- la figure 1 est une vue de dessus, côté mouvement, du mécanisme de remontage conforme
à l'invention ;
- la figure 2 est une vue en perspective, côté mouvement, du mécanisme de remontage
conforme à l'invention ;
- la figure 3 est une vue en perspective, côté automate, du mécanisme de remontage conforme
à l'invention ;
- la figure 4 est une vue en coupe du mécanisme de remontage le long de la tige de remontoir
;
- la figure 5 est une vue du mécanisme de remontage en coupe dépliée passant par les
engrenages concernés lorsque le barillet de mouvement est entrainé et le barillet
d'automate est débrayé;
- la figure 6 est une vue du dispositif d'embrayage/débrayage côté automate en position
de débrayage ;
- la figure 7 est une vue du dispositif d'embrayage/débrayage côté mouvement en position
d'embrayage ;
- la figure 8 est une vue du mécanisme de remontage en coupe dépliée passant par les
engrenages concernés lorsque le barillet de mouvement est débrayé et le barillet d'automate
est entrainé ;
- la figure 9 est une vue du dispositif d'embrayage/débrayage côté automate en position
d'embrayage ;
- la figure 10 est une vue du dispositif d'embrayage/débrayage côté mouvement en position
de débrayage ;
- la figure 11 est une vue en perspective du pignon de remontoir ;
- la figure 12 est une vue en perspective du pignon coulant ; et
- la figure 13 est une vue en perspective côté automate du pignon coulant et du pignon
de remontoir en position de remontage.
Description détaillée d'un mode de réalisation préféré
[0015] La présente invention concerne un mécanisme de remontage d'au moins deux accumulateurs
d'énergie prévus dans une pièce d'horlogerie. Ces deux accumulateurs peuvent être
indépendants l'un de l'autre ou liés, par exemple au niveau de la décharge. Plus particulièrement,
dans la description qui suit, les deux accumulateurs d'énergie sont indépendants ou
autonomes, l'un des accumulateurs d'énergie étant un barillet de mouvement alimentant
en énergie le mouvement de base de la pièce d'horlogerie et l'autre des accumulateurs
d'énergie étant un barillet d'automate alimentant un automate prévu dans la pièce
d'horlogerie. Il est bien évident que les accumulateurs d'énergie peuvent être utilisés
pour alimenter en énergie tout autre mécanisme d'une pièce d'horlogerie, par exemple
un mécanisme de sonnerie, de seconde morte ou de réveil, ou tout autre mécanisme approprié.
[0016] Dans l'exemple décrit ci-dessous, le premier accumulateur d'énergie est le barillet
de mouvement et le second accumulateur d'énergie est le barillet d'automate. Il est
toutefois bien évident que les rôles peuvent être inversés, le caractère « premier
» ou « second » attribué dans la présente description au barillet de mouvement, respectivement
au barillet d'automate n'étant pas limitatif.
[0017] En référence à la figure 1, il est représenté un mécanisme de remontage 1 d'une pièce
d'horlogerie qui comporte d'une manière classique une tige de remontoir 2 sur laquelle
sont montés un pignon de remontoir 4 et un pignon coulant 6. La tige de remontoir
2 est logée dans une platine 7 et est agencée pour occuper au moins deux positions
axiales, à savoir une première position de remontage dans laquelle la rotation de
la tige de remontoir dans un sens (ici sens horaire) entraine l'armage du barillet
de mouvement et la rotation de la tige de remontoir dans l'autre sens (ici antihoraire)
entraine l'armage du barillet d'automate comme on le verra ci-dessous, et une deuxième
position de mise à l'heure dans laquelle la rotation de la tige de remontoir dans
les deux sens horaire et antihoraire permet la mise à l'heure du mouvement, aucun
des premier et second accumulateurs d'énergie ne pouvant alors être armé, quel que
soit le sens de rotation de la tige de remontoir. D'une manière connue de l'homme
du métier, le pignon de remontoir 4 est monté libre en rotation sur une partie cylindrique
de la tige de remontoir 2. Le pignon coulant 6 présente un trou carré et est monté
coulissant sur un carré correspondant prévu à l'extrémité de la tige de remontoir
2. Le pignon coulant 6 peut ainsi coulisser entre la position de remontage dans laquelle
il engrène avec le pignon de remontoir 4 et la position de mise à l'heure dans laquelle
le pignon coulant 6 est séparé du pignon de remontoir 4 et engrène avec le mécanisme
de mise à l'heure. Le déplacement du pignon coulant 6 est assuré par un mécanisme
comprenant une tirette et une bascule. Tous ces éléments et mécanismes sont connus
de l'homme du métier et ne nécessitent pas de description plus détaillée.
[0018] On notera toutefois qu'à la différence des mécanismes de remontage classiques, le
pignon coulant et le pignon de remontoir ne s'engrènent pas par une denture Breguet
mais présentent en regard l'un de l'autre des dentures de chant droites agencées pour
permettre l'entrainement du pignon de remontoir 4 par le pignon coulant 6 dans les
deux sens de rotation horaire et antihoraire de la tige de remontoir 2, ladite tige
de remontoir 2 et le pignon coulant 6 occupant une même position axiale de remontage.
[0019] En référence plus particulièrement aux figures 11 à 13, les dentures de chant droites
du pignon coulant 6 et du pignon de remontoir 4 peuvent être des dentures à crabot.
A cet effet, le pignon de remontoir 4 et le pignon coulant 6 présentent respectivement,
au lieu d'une denture Breguet, des dents 8 en forme de créneaux se terminant par deux
faces inclinées se joignant au sommet du créneau et alternant avec des évidements
10 de forme complémentaire à celle des dents 8 permettant leur engrènement par l'engagement
des dents 8 de l'un dans les évidements correspondants 10 de l'autre. Cette forme
de dentures de chant à crabot permet au pignon coulant 6 de venir s'emboiter (se «
craboter ») facilement dans le pignon de remontoir 4, et de transmettre plus de couple
lorsqu'ils sont en position de remontage, comme le montre la figure 13. Ces dentures
de chant à crabot sont également usinables sans grande contrainte. D'une manière connue
en soi, le pignon de remontoir 4 comprend également une denture périphérique 12 agencée
pour coopérer avec les premier et second dispositifs d'embrayage/débrayage comme cela
sera détaillé ci-dessous. Le pignon coulant 6 comprend également une denture de chant
14, opposée à la denture de chant à crabots 8, agencée pour coopérer avec le mécanisme
de mise à l'heure.
[0020] Conformément à l'invention, et en référence aux figures 1 à 4, le mécanisme de remontage
comprend un premier dispositif d'embrayage/débrayage 16 et un second dispositif d'embrayage/débrayage
18 disposés de part et d'autre de la tige de remontoir 2 par rapport à la platine
7, lesdits premier et second dispositifs d'embrayage/débrayage 16 et 18 coopérant
chacun avec le pignon de remontoir 4. A cet effet, la tige de remontoir 2 est avantageusement
logée dans la platine 7 de manière à ce que le pignon de remontoir 4 soit opérationnel
de part et d'autre de la tige de remontoir 2 par rapport à la platine 7. Cela signifie
que le pignon de remontoir 4 est disposé dans un logement prévu dans la platine 7
et les organes autour du pignon de remontoir 4 sont agencés de sorte que le pignon
de remontoir 4 puisse engrener avec chacun des premier et second dispositifs d'embrayage/débrayage
16 et 18 placés de part et d'autre de la tige de remontoir 2 par rapport à la platine
7.
[0021] En outre, les premier et second dispositifs d'embrayage/débrayage 16 et 18 sont agencés
pour que l'un des premier et second dispositifs d'embrayage/débrayage 16, 18 :
- occupe une position d'embrayage pour embrayer le pignon de remontoir 4 et le premier
accumulateur d'énergie tandis que l'autre des premier et second dispositifs d'embrayage/débrayage
16, 18 occupe une position de débrayage pour débrayer le second accumulateur d'énergie
lorsque la tige de remontoir 2 est tournée dans un sens, et
- occupe une position de débrayage pour débrayer le premier accumulateur d'énergie tandis
que l'autre des premier et second dispositifs d'embrayage/débrayage 16, 18 occupe
une position d'embrayage pour embrayer le pignon de remontoir 4 et le second accumulateur
d'énergie lorsque la tige de remontoir 2 est tournée dans l'autre sens.
[0022] Selon l'invention, l'un des premier et second dispositifs d'embrayage/débrayage 16,
18, en l'occurrence ici arbitrairement le premier dispositif d'embrayage/débrayage
16, comprend une première roue de couronne 20 coopérant avec la denture périphérique
12 du pignon de remontoir 4 et sur laquelle est montée une première bascule d'embrayage
22. Ladite première bascule d'embrayage 22 porte à son extrémité libre un premier
pignon entraineur 24 agencé pour pouvoir relier cinématiquement la première roue de
couronne 20 au premier accumulateur d'énergie 26, ici le barillet de mouvement. Plus
particulièrement, le premier pignon entraineur 24 est positionné sur la première bascule
d'embrayage 22 et agencé d'une part pour engrener avec la première roue de couronne
20 et d'autre part pour pouvoir engrener avec un premier rochet 28 coopérant avec
le premier accumulateur d'énergie 26. Il est bien évident que, dans une autre variante
non représentée selon laquelle l'armage du barillet de mouvement se fait par le tambour
afin de faire tourner le barillet dans le sens opposé, le premier pignon entraineur
sera alors agencé pour engrener avec le tambour dudit barillet.
[0023] Ladite première bascule d'embrayage 22 est montée libre sur l'axe de ladite première
roue de couronne 20 et le premier pignon entraineur 24 est monté à friction sur ladite
première bascule d'embrayage 22, de sorte que, tant que le premier dispositif d'embrayage
16 n'occupe pas sa position d'embrayage, ladite première bascule d'embrayage 22 et
le premier pignon entraineur 24 pivotent solidairement avec ladite première roue de
couronne 20 pour passer :
- en position d'embrayage et lier cinématiquement le premier pignon entraineur 24 au
premier rochet 28 du premier accumulateur d'énergie 26 puis, une fois le premier pignon
entraineur 24 au contact du premier rochet 28 du premier accumulateur d'énergie 26,
la première bascule d'embrayage 22 est empêchée de continuer à pivoter et le premier
pignon entraineur 24 se désolidarise de la première bascule d'embrayage 22 grâce à
la friction, permettant ainsi l'entrainement du premier pignon entraineur 24 par le
pignon de remontoir 4 via la première roue de couronne 20 pour remonter le premier
accumulateur d'énergie 26 lorsque la tige de remontoir 2 est tournée dans un premier
sens, par exemple le sens horaire,
- en position de débrayage en éloignant le premier pignon entraineur 24 du premier accumulateur
d'énergie 26 lorsque la tige de remontoir 2 est tournée dans un second sens inverse,
dans ce cas le sens antihoraire.
[0024] Dans l'exemple décrit ici, le premier dispositif d'embrayage/débrayage 16 est disposé
côté mouvement pour assurer le remontage du barillet de mouvement.
[0025] De l'autre côté de la platine 7, opposé au mouvement, il est prévu une planche 30
sur laquelle sont montés les éléments du mécanisme de l'automate, et notamment le
second accumulateur d'énergie 27, ici le barillet d'automate, et l'autre des premier
et second dispositifs d'embrayage/débrayage 16, 18, ici le second dispositif d'embrayage/débrayage
18, comme le montre la figure 3. Ainsi, dans la variante représentée, les premier
et second accumulateurs d'énergie sont disposés de part et d'autre de la tige de remontoir
2 par rapport à la platine 7. Il est bien évident que dans une variante non représentée,
les premier et second accumulateurs d'énergie peuvent être disposés du même côté,
des mobiles intermédiaires étant alors utilisés pour lier cinématiquement chaque dispositif
d'embrayage/débrayage à son accumulateur d'énergie associé.
[0026] Le second dispositif d'embrayage/débrayage 18 comprend un pignon de remontoir intermédiaire
32 monté sur le châssis du mouvement et coopérant avec la denture périphérique 12
du pignon de remontoir 4 qui est agencé pour que sa denture périphérique 12 soit accessible
et opérationnelle également de ce côté de la pièce d'horlogerie, c'est-à-dire côté
planche ou côté automate. Le second dispositif d'embrayage/débrayage 18 comprend également
une seconde roue de couronne 34 coopérant avec le pignon de remontoir 4 via le pignon
de remontoir intermédiaire 32, et sur laquelle est montée une seconde bascule d'embrayage
36. Ladite seconde bascule d'embrayage 36 porte à son extrémité libre un second pignon
entraineur 38 agencé pour pouvoir relier cinématiquement la seconde roue de couronne
34 au second accumulateur d'énergie 27, ici le barillet d'automate. Plus particulièrement,
le second pignon entraineur 38 est positionné sur la seconde bascule d'embrayage 36
et agencé d'une part pour engrener avec la seconde roue de couronne 34 et d'autre
part pour pouvoir engrener avec un second rochet 40 coopérant avec le second accumulateur
d'énergie 27. Il est bien évident que, dans une autre variante non représentée selon
laquelle l'armage du barillet d'automate se fait par le tambour afin de faire tourner
le barillet dans le sens opposé, le premier pignon entraineur sera alors agencé pour
engrener avec le tambour dudit barillet.
[0027] Dans l'exemple décrit ici, les premier et second accumulateurs d'énergie 26, 27 sont
remontés par leur rochet respectif, des mécanismes anti-retour (non représentés) tels
que cliquet, ressort ou sautoir, connus de l'homme du métier, étant prévus au niveau
du rochet pour empêcher le rochet de revenir en arrière.
[0028] Ladite seconde bascule d'embrayage 36 est montée libre sur l'axe de la seconde roue
de couronne 34 et le second pignon entraineur 38 est monté à friction sur ladite seconde
bascule d'embrayage 36, de sorte que, tant que le second dispositif d'embrayage 18
n'occupe pas sa position d'embrayage, ladite seconde bascule d'embrayage 36 et le
second pignon entraineur 38 pivotent solidairement avec ladite seconde roue de couronne
34 pour passer :
- en position d'embrayage et lier cinématiquement le second pignon entraineur 38 au
second rochet 40 du second accumulateur d'énergie 27 puis, une fois le second pignon
entraineur 38 au contact du second rochet 40 du second accumulateur d'énergie 27,
la seconde bascule d'embrayage 36 est empêchée de continuer à pivoter et le second
pignon entraineur 38 se désolidarise de la seconde bascule d'embrayage 36 grâce à
la friction, permettant ainsi l'entrainement du second pignon entraineur 38 par le
pignon de remontoir 4 via le pignon de remontoir intermédiaire 32 et la seconde roue
de couronne 34 pour remonter le second accumulateur d'énergie 27 lorsque la tige de
remontoir 2 est tournée dans le second sens, à savoir ici le sens antihoraire,
- en position de débrayage en éloignant le second pignon entraineur 38 du second accumulateur
d'énergie 27 lorsque la tige de remontoir 2 est tournée dans le premier sens, à savoir
ici le sens horaire.
[0029] Il est bien évident que les sens de rotation de la tige de remontoir décrits ici
ne sont pas limitatifs et qu'ils peuvent être inversés, le premier accumulateur d'énergie
pouvant être remonté par rotation de la tige de remontoir dans le sens antihoraire,
le second accumulateur d'énergie étant alors remonté par rotation de la tige de remontoir
dans le sens horaire.
[0030] De plus, il est à noter que l'utilisation d'un pignon de remontoir intermédiaire
est facultative et sera à adapter par l'homme du métier en fonction par exemple du
positionnement et du sens de rotation des autres composants de la construction, et
notamment par exemple en fonction des sens de rotation des barillets. Si les barillets
doivent avoir des sens de fonctionnement opposés, l'homme du métier sait comment agencer
leurs composants (tambour, ressort, arbre) en conséquence.
[0031] Le fonctionnement du mécanisme de remontage selon l'invention est le suivant : en
référence aux figures 5 à 7, lorsqu'il est nécessaire de remonter le barillet de mouvement,
la tige de remontoir 2 est positionnée dans sa position axiale de remontage pour que
le pignon coulant 6 engrène avec le pignon de remontoir 4 comme le montre la figure
13, puis la tige de remontoir 2 est tournée dans le sens horaire. Cette rotation de
la tige de remontoir 2 entraine la rotation du pignon de remontoir 4 dans le sens
horaire. Côté mouvement, le pignon de remontoir 4 engrène avec la première roue de
couronne 20 pour la faire pivoter dans le sens antihoraire. La première bascule d'embrayage
22 et le premier pignon entraineur 24 étant solidaires du fait de la friction et de
l'absence de transmission de couple à travers les rouages, et le premier pignon entraineur
24 étant en prise avec la première roue de couronne 20, la première bascule d'embrayage
22 et le premier pignon entraineur 24 pivotent solidairement avec ladite première
roue de couronne 20 autour de son axe dans le sens antihoraire jusqu'à ce que le premier
pignon entraineur 24 entre en contact avec le premier rochet 28. Le premier dispositif
d'embrayage/débrayage 16 est en position d'embrayage, comme le montrent les figures
5 et 7. Le pivotement de la première bascule d'embrayage 22 étant désormais empêché,
le premier pignon entraineur 24 se désolidarise alors de la première bascule d'embrayage
22 grâce à la friction, de sorte que la rotation de la première roue de couronne 20
entrainée par le pignon de remontoir 4 entraine maintenant la rotation du premier
pignon entraineur 24 qui engrène avec le premier rochet 28 pour le remontage du barillet
de mouvement.
[0032] En parallèle, côté planche ou côté automate, la rotation du pignon de remontoir 4
dans le sens horaire entraine la rotation du pignon de remontoir intermédiaire 32
dans le sens antihoraire. Cette rotation du pignon de remontoir intermédiaire 32 entraine
la rotation de la seconde roue de couronne 34 dans le sens horaire. La deuxième bascule
d'embrayage 36 et le second pignon entraineur 38 étant solidaires du fait de la friction
et de l'absence de transmission de couple à travers les rouages, et le second pignon
entraineur 38 étant en prise avec la seconde roue de couronne 34, la seconde bascule
d'embrayage 36 et le second pignon entraineur 38 pivotent solidairement avec ladite
seconde roue de couronne 34 autour de son axe dans le sens horaire pour écarter ledit
second pignon entraineur 38 du second accumulateur d'énergie 27 comme le montrent
les figures 5 et 6. Le second dispositif d'embrayage/débrayage 18 est alors en position
de débrayage de sorte que le second accumulateur d'énergie 27 n'est pas remonté pendant
le remontage du premier accumulateur d'énergie 26 par rotation de la tige de remontoir
2 dans le sens horaire.
[0033] Pour remonter le second accumulateur d'énergie, ici le barillet d'automate, en référence
aux figures 8 à 10, la tige de remontoir 2 est toujours positionnée dans sa position
axiale de remontage pour que le pignon coulant 6, qui ne s'est pas déplacé, engrène
toujours avec le pignon de remontoir 4 comme le montre la figure 13, puis la tige
de remontoir 2 est tournée dans le sens antihoraire. Cette rotation de la tige de
remontoir 2 entraine la rotation du pignon de remontoir 4 dans le sens antihoraire.
Côté planche ou automate, la rotation du pignon de remontoir 4 dans le sens antihoraire
entraine la rotation du pignon de remontoir intermédiaire 32 dans le sens horaire.
Cette rotation du pignon de remontoir intermédiaire 32 entraine la rotation de la
seconde roue de couronne 34 dans le sens antihoraire. La deuxième bascule d'embrayage
36 et le second pignon entraineur 38 étant solidaires du fait de la friction et de
l'absence de transmission de couple à travers les rouages, et le second pignon entraineur
38 étant en prise avec la seconde roue de couronne 34, la seconde bascule d'embrayage
36 et le second pignon entraineur 38 pivotent solidairement avec ladite seconde roue
de couronne 34 autour de son axe dans le sens antihoraire jusqu'à ce que le second
pignon entraineur 38 entre en contact avec le second rochet 40. Le second dispositif
d'embrayage/débrayage 18 est en position d'embrayage comme le montrent les figures
8 et 9. Le pivotement de la seconde bascule d'embrayage 36 étant désormais empêché,
le second pignon entraineur 38 se désolidarise alors de la seconde bascule d'embrayage
36 grâce à la friction, de sorte que la rotation de la seconde roue de couronne 34
entrainée par le pignon de remontoir 4 et le pignon de remontoir intermédiaire 32
entraine maintenant la rotation du second pignon entraineur 38 qui engrène avec le
second rochet 40 pour le remontage du barillet d'automate.
[0034] En parallèle, côté mouvement, le pignon de remontoir 4 tournant dans le sens antihoraire
engrène avec la première roue de couronne 20 pour la faire pivoter dans le sens horaire.
La première bascule d'embrayage 22 et le premier pignon entraineur 24 étant solidaires
du fait de la friction et de l'absence de transmission de couple à travers les rouages,
et le premier pignon entraineur 24 étant en prise avec la première roue de couronne
20, la première bascule d'embrayage 22 et le premier pignon entraineur 24 pivotent
solidairement avec ladite première roue de couronne 20 autour de son axe dans le sens
horaire pour écarter ledit premier pignon entraineur 24 du premier accumulateur d'énergie
26 comme le montrent les figures 8 et 10. Le premier dispositif d'embrayage/débrayage
16 est alors en position de débrayage de sorte que le premier accumulateur d'énergie
26 n'est pas remonté pendant le remontage du second accumulateur d'énergie 27 par
rotation de la tige de remontoir 2 dans le sens antihoraire.
[0035] Ainsi, le mécanisme de remontage selon l'invention permet un remontage précis et
fiable de deux accumulateurs d'énergie par la seule rotation de la tige de remontoir
dans les deux sens, la tige de remontoir occupant une même position axiale de remontage.
1. Mécanisme de remontage d'une pièce d'horlogerie comprenant au moins un premier accumulateur
d'énergie (26) agencé pour alimenter en énergie un premier mécanisme et un second
accumulateur d'énergie (27) agencé pour alimenter en énergie un second mécanisme,
ledit mécanisme de remontage comportant une tige de remontoir (2), un pignon de remontoir
(4) et un pignon coulant (6) portés par ladite tige de remontoir (2) et présentant
en regard l'un de l'autre des dentures droites agencées pour permettre l'entrainement
du pignon de remontoir (4) par le pignon coulant (6) dans les deux sens de rotation
de la tige de remontoir (2), ladite tige de remontoir (2) et le pignon coulant (6)
occupant une même position axiale de remontage, caractérisé en ce que ladite tige de remontoir (2) est logée dans une platine (7) de manière à ce que le
pignon de remontoir (4) soit opérationnel de part et d'autre de la tige de remontoir
(2) par rapport à la platine (7) et en ce que le mécanisme de remontage comprend un premier et un second dispositifs d'embrayage/débrayage
(16, 18) disposés de part et d'autre de la tige de remontoir (2) par rapport à la
platine (7), coopérant avec le pignon de remontoir (4) et agencés pour que l'un desdits
premier et second dispositifs d'embrayage/débrayage (16, 18) occupe une position d'embrayage
pour embrayer le pignon de remontoir (4) et le premier accumulateur d'énergie (26)
tandis que l'autre des premier et second dispositifs d'embrayage/débrayage (16, 18)
occupe une position de débrayage pour débrayer le second accumulateur d'énergie (27)
lorsque la tige de remontoir (2) est tournée dans un sens, et occupe une position
de débrayage pour débrayer le premier accumulateur d'énergie (26) tandis que l'autre
des premier et second dispositifs d'embrayage/débrayage (16, 18) occupe une position
d'embrayage pour embrayer le pignon de remontoir (4) et le second accumulateur d'énergie
(27) lorsque la tige de remontoir (2) est tournée dans l'autre sens.
2. Mécanisme de remontage selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'un des premier et second dispositifs d'embrayage/débrayage (16, 18) comprend une
première roue de couronne (20) coopérant avec le pignon de remontoir (4) et sur laquelle
est montée une première bascule d'embrayage (22) portant un premier pignon entraineur
(24) agencé pour pouvoir relier cinématiquement la première roue de couronne (20)
au premier accumulateur d'énergie (26), ladite première bascule d'embrayage (22) étant
montée libre sur la première roue de couronne (20) et le premier pignon entraineur
(24) étant monté à friction sur ladite première bascule d'embrayage (22) de manière
à pivoter solidairement avec ladite première roue de couronne (20) en position d'embrayage
pour lier cinématiquement le premier pignon entraineur (24) au premier accumulateur
d'énergie (26) puis permettre l'entrainement du premier pignon entraineur (24) par
la première roue de couronne (20) pour remonter le premier accumulateur d'énergie
(26), lorsque la tige de remontoir (2) est tournée dans un premier sens, et de manière
à pivoter solidairement avec la première roue de couronne (20) en position de débrayage
pour éloigner le premier pignon entraineur (24) du premier accumulateur d'énergie
(26), lorsque la tige de remontoir (2) est tournée dans un second sens inverse.
3. Mécanisme de remontage selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisé en ce que l'autre des premier et second dispositifs d'embrayage/débrayage (16, 18) comprend
une seconde roue de couronne (34) coopérant avec le pignon de remontoir (4) et sur
laquelle est montée une seconde bascule d'embrayage (36) portant un second pignon
entraineur (38) agencé pour pouvoir relier cinématiquement la seconde roue de couronne
(34) au second accumulateur d'énergie (27), ladite seconde bascule d'embrayage (36)
étant montée libre sur la seconde roue de couronne (34) et le second pignon entraineur
(38) étant monté à friction sur ladite seconde bascule d'embrayage (36) de manière
à pivoter solidairement avec ladite seconde roue de couronne (34) en position d'embrayage
pour lier cinématiquement le second pignon entraineur (38) au second accumulateur
d'énergie (27) puis permettre l'entrainement du second pignon entraineur (38) par
la seconde roue de couronne (34) pour remonter le second accumulateur d'énergie (27),
lorsque la tige de remontoir (2) est tournée dans le second sens, et de manière à
pivoter solidairement avec la seconde roue de couronne (34) en position de débrayage
pour éloigner le second pignon entraineur (38) du second accumulateur d'énergie (27),
lorsque la tige de remontoir (2) est tournée dans le premier sens.
4. Mécanisme de remontage selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que les dentures droites du pignon coulant (6) et du pignon de remontoir (4) sont des
dentures à crabot.
5. Mécanisme de remontage selon la revendication précédente, caractérisé en ce que le pignon coulant (6) et le pignon de remontoir (4) présentent respectivement des
dents (8) en forme de créneaux se terminant par deux faces inclinées se joignant au
sommet et alternant avec des évidements (10) de forme complémentaire à celle des dents
(8) permettant leur engrènement par l'engagement des dents (8) de l'un dans les évidements
(10) correspondants de l'autre.
6. Mécanisme de remontage selon la revendication 2, caractérisé en ce que le premier pignon entraineur (24) est agencé pour pouvoir engrener, lorsque le premier
dispositif d'embrayage/débrayage (16) est en position d'embrayage, avec un premier
rochet (28) coopérant avec le premier accumulateur d'énergie (26).
7. Mécanisme de remontage selon la revendication 3, caractérisé en ce que le second pignon entraineur (38) est agencé pour pouvoir engrener, lorsque le second
dispositif d'embrayage/débrayage (18) est en position d'embrayage, avec un second
rochet (40) coopérant avec le second accumulateur d'énergie (27).
8. Mécanisme de remontage selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que les premier et second accumulateurs d'énergie (26, 27) sont disposés de part et d'autre
de la tige de remontoir (2) par rapport à la platine (7).
9. Pièce d'horlogerie comprenant au moins un premier accumulateur d'énergie (26) agencé
pour alimenter en énergie un premier mécanisme, un second accumulateur d'énergie (27)
agencé pour alimenter en énergie un second mécanisme, et un mécanisme de remontage
selon l'une des revendications précédentes.