[0001] La présente invention concerne un dispositif de sécurité pour un véhicule ferroviaire,
le dispositif de sécurité étant configuré pour commander un système de freinage du
véhicule ferroviaire.
[0002] L'invention concerne également un véhicule ferroviaire, tel qu'un tramway, sur pneus
ou rails, un véhicule léger sur rails également appelé LRV (acronyme anglais pour
Light Rail Vehicle) ou un métro, tel qu'un métro sur pneus, comprenant un système de freinage du véhicule
ferroviaire et un tel dispositif de sécurité configuré pour commander le système de
freinage.
[0003] L'invention concerne également un procédé de mise en sécurité du véhicule ferroviaire,
le procédé étant mis en oeuvre par un tel dispositif électronique de sécurité.
[0004] L'invention concerne également un programme d'ordinateur comportant des instructions
logicielles qui, lorsqu'elles sont exécutées par un ordinateur, mettent en oeuvre
un tel procédé de mise en sécurité.
[0005] L'invention concerne le domaine de la sécurité des véhicules ferroviaires, en particulier
des tramways, des LRV ou des métros, tels que des métros sur pneus. L'invention concerne
en particulier les dispositifs d'arrêt automatique de train, également appelés DAAT
(acronyme de Dispositif d'Arrêt Automatique d'un Train), ou les systèmes ATP (de l'anglais
Automatic Train Protection), qui sont configurés pour commander automatiquement un système de freinage du véhicule
ferroviaire sous certaines conditions.
[0006] On connait un dispositif de sécurité pour un véhicule ferroviaire, tel qu'un dispositif
d'arrêt automatique (DAAT) ou un système ATP. Ce dispositif de sécurité comprend un
premier module de détection configuré pour détecter au moins un comportement anormal
du véhicule ferroviaire parmi un franchissement interdit d'un feu de signalisation
et un dépassement d'une limite de vitesse ; un deuxième module de détection configuré
pour détecter au moins une défaillance interne au dispositif de sécurité ; et un module
de commande configuré pour envoyer un signal de commande au système de freinage.
[0007] Le module de commande est alors configuré pour envoyer un signal de commande d'un
freinage d'urgence suivant un niveau de freinage maximal, en cas de détection d'un
comportement anormal par le premier module de détection ou bien de détection d'une
défaillance interne par le deuxième module de détection.
[0008] On connait également du document
FR 2 949 412 B1 une installation de sécurité ferroviaire permettant le freinage d'un train circulant
le long d'une voie lors du franchissement d'un équipement de signalisation latérale
de la voie, tel qu'un feu tricolore, un état dudit équipement de signalisation étant
commandé à distance depuis une station de commande. L'installation de sécurité ferroviaire
comprend un dispositif au sol comportant un encodeur comportant des moyens de génération
de télégrammes et au moins une balise disposée sur la voie à proximité de l'équipement
de signalisation latérale considéré, la balise étant apte à émettre un signal radioélectrique
correspondant à un télégramme généré par l'encodeur. L'installation de sécurité ferroviaire
comprend également un dispositif embarqué répondant à la norme ETCS, comportant une
antenne apte à capter un signal radioélectrique émis par la balise, et une unité de
calcul et d'actionnement connectée à l'antenne, apte à traiter le signal radioélectrique
reçu et comportant des moyens d'actionnement du système de freinage du train.
[0009] Lorsque l'équipement de signalisation latérale est dans l'état « arrêt », correspondant
par exemple à un feu rouge du feu tricolore, le dispositif au sol émet un télégramme
du type « arrêt » compatible avec la norme ETCS, et le dispositif embarqué à bord
du train déclenche alors le freinage du train.
[0010] Toutefois, un tel dispositif de sécurité pour véhicule ferroviaire n'est pas toujours
très adapté pour un fonctionnement en milieu urbain avec de nombreux obstacles, tels
que des piétons, des cyclistes ou encore des voitures, notamment dans le cas où le
véhicule ferroviaire est un tramway, un LRV ou encore un métro sur pneus.
[0011] Le but de l'invention est alors de proposer un dispositif de sécurité pour véhicule
ferroviaire qui soit plus adapté à un tel fonctionnement en milieu urbain.
[0012] A cet effet, l'invention a pour objet un dispositif de sécurité pour un véhicule
ferroviaire, tel qu'un tramway, un LRV ou un métro, tel qu'un métro sur pneus, le
dispositif de sécurité étant configuré pour commander un système de freinage du véhicule
ferroviaire et comprenant :
- un premier module de détection configuré pour détecter au moins un comportement anormal
du véhicule ferroviaire parmi un franchissement interdit d'un feu de signalisation
et un dépassement d'une limite de vitesse ;
- un deuxième module de détection configuré pour détecter au moins une défaillance interne
au dispositif de sécurité ;
- un module de commande configuré pour envoyer un signal de commande au système de freinage
;
le module de commande étant configuré pour :
+ en cas de détection d'un comportement anormal par le premier module de détection,
envoyer un signal de commande d'un freinage d'urgence suivant un premier niveau de
freinage, et
+ en cas de détection d'une défaillance interne par le deuxième module de détection,
envoyer un signal de commande d'un freinage d'urgence suivant un deuxième niveau de
freinage,
le premier niveau de freinage étant strictement supérieur au deuxième niveau de freinage.
[0013] Avec le dispositif de sécurité selon l'invention, le freinage d'urgence avec le niveau
de freinage maximal, c'est-à-dire le freinage d'urgence suivant le premier niveau
de freinage, est commandé seulement en cas de détection d'un comportement anormal
du véhicule ferroviaire, à savoir un franchissement interdit d'un feu de signalisation
ou un dépassement d'une limite de vitesse, mais pas en cas de détection d'une défaillance
interne au dispositif de sécurité.
[0014] Ceci permet alors de limiter les risques de blessures de passagers à l'intérieur
du véhicule ferroviaire, en commandant le freinage d'urgence suivant le premier niveau
de freinage (qui est particulièrement efficace pour limiter une vitesse de collision
du véhicule ferroviaire avec des obstacles, tels que des piétons, cyclistes ou voitures)
seulement quand la situation le nécessite, c'est-à-dire en cas de comportement anormal
du véhicule ferroviaire, mais pas en cas de détection d'une simple défaillance interne
au dispositif de sécurité, une telle détection résultant en outre parfois d'une fausse
alarme.
[0015] Suivant d'autres aspects avantageux de l'invention, le dispositif de sécurité comprend
une ou plusieurs des caractéristiques suivantes, prises isolément ou suivant toutes
les combinaisons techniquement possibles :
- le module de commande est configuré pour envoyer un signal de commande du freinage
d'urgence suivant le premier niveau de freinage seulement en cas de détection d'un
comportement anormal par le premier module de détection ;
- le premier niveau de freinage comporte le niveau d'urgence 3 ou le niveau d'urgence
4 selon la norme EN13452-1 ;
- le deuxième niveau de freinage comporte le niveau d'urgence 1 ou le niveau d'urgence
2 selon la norme EN13452-1 ; et
- le module de commande est configuré pour commander un dispositif de freinage magnétique
via l'envoi du signal de commande du freinage d'urgence suivant le premier niveau
de freinage, le système de freinage comportant le dispositif de freinage magnétique.
[0016] L'invention a également pour objet un véhicule ferroviaire comprenant un système
de freinage du véhicule ferroviaire et un dispositif de sécurité configuré pour commander
le système de freinage, dans lequel le dispositif de sécurité est tel que défini ci-dessus.
[0017] Suivant un autre aspect avantageux de l'invention, le véhicule ferroviaire est un
tramway, un LRV ou un métro, tel qu'un métro sur pneus.
[0018] L'invention a également pour objet un procédé de mise en sécurité d'un véhicule ferroviaire,
tel qu'un tramway, un LRV ou un métro, tel qu'un métro sur pneus, le procédé étant
mis en oeuvre par un dispositif électronique de sécurité et comprenant :
- la détection d'au moins un évènement parmi un comportement anormal du véhicule ferroviaire
et une défaillance interne au dispositif de sécurité, le comportement anormal du véhicule
ferroviaire étant un franchissement interdit d'un feu de signalisation ou un dépassement
d'une limite de vitesse ;
- la commande d'un système de freinage du véhicule ferroviaire, comportant :
+ en cas de détection d'un comportement anormal du véhicule ferroviaire, l'envoi au
système de freinage d'un signal de commande d'un freinage d'urgence suivant un premier
niveau de freinage, et
+ en cas de détection d'une défaillance interne du dispositif de sécurité, l'envoi
au système de freinage d'un signal de commande d'un freinage d'urgence suivant un
deuxième niveau de freinage,
le premier niveau de freinage étant strictement supérieur au deuxième niveau de freinage.
[0019] Suivant un autre aspect avantageux de l'invention, le procédé de mise en sécurité
comprend la caractéristique suivante :
- lors de la commande du système de freinage, le signal de commande du freinage d'urgence
suivant le premier niveau de freinage est envoyé au système de freinage seulement
en cas de détection d'un comportement anormal.
[0020] L'invention a également pour objet un programme d'ordinateur comportant des instructions
logicielles qui, lorsqu'elles sont exécutées par un ordinateur, mettent en oeuvre
un procédé tel que défini ci-dessus.
[0021] Ces caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront plus clairement à la
lecture de la description qui va suivre, donnée uniquement à titre d'exemple non limitatif,
et faite en référence aux dessins annexés, sur lesquels :
- la figure 1 est une vue schématique d'un véhicule ferroviaire selon l'invention, se
déplaçant le long d'une voie ;
- la figure 2 est une représentation schématique du véhicule ferroviaire ; et
- la figure 3 est un organigramme d'un procédé de mise en sécurité du véhicule ferroviaire
selon l'invention.
[0022] Sur la figure 1, un véhicule ferroviaire 2 est apte à circuler le long d'une voie
ferrée 4 qui comporte, par exemple, deux files de rail 5 et 6, le véhicule ferroviaire
2 étant apte à communiquer avec un système au sol 8. La voie 4 est signalisée d'une
manière classique au moyen, entre autres, d'équipements de signalisation latérale,
tels que des premier et deuxième feux de signalisation 10, 11, disposés successivement
sur le bord de la voie 4. Le premier feu 10 est au droit d'un premier point M de la
voie 4 et le deuxième feu 11 est au droit d'un deuxième point M'. Chaque feu de signalisation
10, 11 est destiné à transmettre un signal visuel au conducteur 12 du véhicule ferroviaire
2.
[0023] Le véhicule ferroviaire 2 comprend un dispositif de réception 14 configuré pour recevoir
des signaux, de préférence radioélectriques, de la part d'une balise 16, 18 associée
à un feu de signalisation 10, 11 correspondant.
[0024] Le véhicule ferroviaire 2 comprend un dispositif de mesure 20 configuré pour mesurer
une vitesse du véhicule ferroviaire ou bien pour acquérir la vitesse du véhicule ferroviaire
de la part d'un autre appareil de mesure.
[0025] Le véhicule ferroviaire 2 comprend un système de freinage 22 configuré pour exercer
une force de freinage sur le véhicule ferroviaire 2, le système de freinage 22 comportant
notamment un dispositif de freinage magnétique, non représenté, pour exercer le niveau
de freinage maximal.
[0026] Le véhicule ferroviaire 2 comprend en outre un dispositif de sécurité 24 configuré
pour commander le système de freinage 22, le dispositif de sécurité 24 étant par exemple
un dispositif d'arrêt automatique (DAAT - Dispositif d'Arrêt Automatique d'un Train),
ou un système ATP (de l'anglais
Automatic Train Protection).
[0027] Le véhicule ferroviaire 2 comprend également une interface homme-machine 26 reliée
au dispositif de sécurité 24.
[0028] Le véhicule ferroviaire 2 est de préférence un tramway, un LRV ou un métro, tel qu'un
métro sur pneus.
[0029] En variante le véhicule ferroviaire est un tramway sur pneus. Dans cette variante,
seul un rail central de guidage est utilisé.
[0030] Le système au sol 8 comprend les premier et deuxième feux de signalisation 10, 11,
une station de contrôle 28 configurée pour commander à distance un changement d'état
de chaque feu de signalisation 10, 11, la station de contrôle 28 étant reliée au feu
de signalisation 10, 11 correspondant, par une ligne électrique dédiée 30, pour la
transmission d'un signal électrique de commande de l'état du feu de signalisation
10, 11. Chaque ligne électrique 30 respective est couplée au feu de signalisation
10, 11, par l'intermédiaire d'un système relais 32 permettant d'amplifier le signal
électrique de commande pour effectuer le changement d'état du feu de signalisation
10, 11.
[0031] Le système au sol 8 comprend en outre, pour chaque feu de signalisation 10, 11, un
codeur 34 et les balises 16, 18, à savoir une balise amont 16 et une balise aval 18.
Les balises 16 et 18 sont disposées entre les files de rail 5 et 6 de la voie 4 et
successivement, suivant un sens de déplacement du véhicule ferroviaire 2. En entrée,
le codeur 34 est connecté au système relais 32 de la liaison entre la station de contrôle
28 et le feu de signalisation 10, 11 correspondant. En sortie, le codeur 34 est connecté
à la balise amont 16.
[0032] Chaque feu de signalisation 10, 11 est apte à être dans l'un des trois états distincts
suivants :
- un état « arrêt », correspondant par exemple à un feu rouge, indiquant au conducteur
12 de stopper le véhicule ferroviaire 2 pour qu'il ne franchisse pas le point M, M'
correspondant ;
- un état «passant», correspondant par exemple à un feu vert, indiquant au conducteur
12 qu'il peut franchir le point M, respectivement le point M', et s'avancer sur un
tronçon suivant de la voie 4 ;
- un état «attention», correspondant par exemple à un feu jaune, indiquant au conducteur
12 que le prochain feu de signalisation de la voie 4 est un feu se trouvant actuellement
dans l'état « arrêt ». Cette information indique au conducteur 12 qu'il doit actionner
le système de freinage du véhicule ferroviaire 2 pour respecter une indication donnée
par le prochain feu de signalisation.
[0033] Le dispositif de réception 14 est configuré pour recevoir les signaux, de préférence
radioélectriques, de la part des balises 16, 18 associées à chaque feu de signalisation
10, 11, en particulier une indication relative à un franchissement interdit d'un feu
de signalisation 10, 11 correspondant. Le dispositif de réception 14 comporte une
antenne et un émetteur-récepteur radioélectriques, non représentés, configurés pour
recevoir les signaux radioélectriques de la part des balises 16, 18.
[0034] Le dispositif de réception 14 est également configuré pour recevoir une indication
relative à une limite de vitesse en vigueur dans la zone géographique où se trouve
le véhicule ferroviaire 2. Cette indication relative à la limite de vitesse est également
reçue sous forme d'un ou plusieurs signaux radioélectriques.
[0035] Les balises, respectivement amont 16 et aval 18, sont configurées pour émettre des
signaux radioélectriques de courte portée. La présence de la seconde balise 18, également
appelée balise aval, en aval de la première balise 16, également appelée balise amont,
permet d'orienter d'une manière simple la voie 4 dans un sens de circulation unique
correspondant à l'ordre des balises amont 16, puis aval 18. Par exemple, un véhicule
ferroviaire 2 circulant sur une voie parallèle à la voie 4, mais ayant un sens de
circulation opposé ne tient pas compte des signaux radioélectriques émis par les balises
16 et 18, car il reçoit d'abord un signal de la part de la balise aval 18, puis de
celle de la balise amont 16.
[0036] Le dispositif de mesure 20 est connu en soi et est configuré pour mesurer la vitesse
du véhicule ferroviaire, en particulier sa vitesse instantanée, ou bien pour acquérir
ladite vitesse du véhicule ferroviaire 2 de la part d'un autre appareil de mesure,
tel qu'un récepteur d'un système de positionnement par satellite, également appelé
récepteur GNSS (de l'anglais
Global Navigation Satellite System).
[0037] Le système de freinage 22 est également connu en soi et est configuré pour freiner
le véhicule ferroviaire 2. Le système de freinage 22 comporte notamment le dispositif
de freinage magnétique, qui est apte à exercer une force de freinage sur le véhicule
ferroviaire 2 correspondant à un niveau maximal de freinage.
[0038] Le dispositif de sécurité 24, visible également sur la figure 2, comprend un premier
module de détection 40 configuré pour détecter au moins un comportement anormal du
véhicule ferroviaire parmi un franchissement interdit d'un feu de signalisation 10,
11 et un dépassement d'une limite de vitesse.
[0039] Le dispositif de sécurité 24 comprend un deuxième module de détection 42 configuré
pour détecter au moins une défaillance interne au dispositif de sécurité 24, et un
module de commande 44 configuré pour envoyer un signal de commande au système de freinage
22.
[0040] Le dispositif de sécurité 24 comprend un module d'acquisition 46 configuré pour acquérir
une autorisation de franchissement d'un feu de signalisation 10, 11 correspondant,
cette autorisation de franchissement étant par exemple reçue par une action volontaire
du conducteur.
[0041] Le dispositif de sécurité 24 est par exemple de niveau au moins égal à SIL 2 (de
l'anglais
Safety Integrity Level 2) selon les normes NF EN 50126, NF EN 50128 et NF EN 50129.
[0042] Dans l'exemple de la figure 2, le dispositif de sécurité 24 est réalisé au moins
partiellement sous forme de logique câblée, le premier module de détection 40 comportant
un premier comparateur 50, un deuxième comparateur 52 et une porte logique OU 54,
et le module de commande 44 comportant une première boucle de commande 60 équipée
d'un ou plusieurs premiers interrupteurs 62, tels que des interrupteurs normalement
fermés, et une deuxième boucle de commande 64 distincte de la première boucle de commande
60, la deuxième boucle de commande 64 étant équipée d'un ou plusieurs deuxièmes interrupteurs
66, tels que des interrupteurs normalement ouverts.
[0043] En complément ou en variante, le dispositif de sécurité 24 comprend en outre une
unité de traitement d'informations, non représentée, formée par exemple d'un processeur
et d'une mémoire associée au processeur. Selon cette variante, le premier module de
détection 40, le deuxième module de détection 42, le module de commande 44 et le module
d'acquisition 46 sont par exemple réalisés chacun sous forme d'un logiciel exécutable
par le processeur. La mémoire de l'unité de traitement d'informations est alors apte
à stocker un premier logiciel de détection configuré pour détecter au moins un comportement
anormal du véhicule ferroviaire parmi un franchissement interdit d'un feu de signalisation
10, 11 et un dépassement d'une limite de vitesse, un deuxième logiciel de détection
configuré pour détecter au moins une défaillance interne au dispositif de sécurité
24, un logiciel de commande configuré pour envoyer un signal de commande au système
de freinage 22 et un logiciel d'acquisition configuré pour acquérir une autorisation
de franchissement d'un feu de signalisation 10, 11 correspondant. Le processeur de
l'unité de traitement d'informations est alors apte à exécuter le premier logiciel
de détection, le deuxième logiciel de détection, le logiciel de commande et le logiciel
d'acquisition.
[0044] En variante non représentée, le premier module de détection 40, le deuxième module
de détection 42, le module de commande 44 et le module d'acquisition 46 sont réalisés
chacun sous forme d'un composant logique programmable, tel qu'un FPGA (de l'anglais
Field Programmable Gate Array), ou encore sous forme d'un circuit intégré dédié, tel qu'un ASIC (de l'anglais
Applications Specific Integrated Circuit)
.
[0045] L'interface homme-machine 26 est connectée au dispositif de sécurité 24, et comporte,
par exemple, un écran, non représenté, pour afficher des informations lisibles par
le conducteur 12 du véhicule ferroviaire 2, ainsi qu'un haut-parleur, non représenté,
pour émettre différentes sonneries d'avertissement.
[0046] Le codeur 34 est configuré pour recevoir, depuis le système relais 32, un signal
électrique secondaire correspondant au signal électrique de commande de l'état du
feu de signalisation 10, 11 correspondant. Le codeur 34 est alors configuré pour traiter
ce signal électrique secondaire et générer une trame de bits correspondant à l'état
actuel du feu de signalisation 10, 11 correspondant auquel le codeur 34 est associé.
La trame, ou série de bits, est transmise à la balise amont 16 qui est apte à émettre
un signal radioélectrique correspondant à la trame générée par le codeur 34.
[0047] Le premier module de détection 40 est configuré pour détecter un franchissement interdit
d'un feu de signalisation 10, 11 ou un dépassement d'une limite de vitesse.
[0048] Le premier module de détection 40 comporte par exemple le premier comparateur 50
apte à comparer, d'une part, un signal reçu de la part du dispositif de réception
14 relatif à l'état du feu de signalisation 10, 11 correspondant, ainsi qu'au franchissement
ou non de ce feu de signalisation 10, 11 par le véhicule ferroviaire 2, et d'autre
part, l'autorisation ou non de franchissement du feu de signalisation 10, 11, acquise
par le module d'acquisition 46, afin de détecter un éventuel franchissement interdit,
i.e. non autorisé, du feu de signalisation 10, 11 correspondant.
[0049] Le premier module de détection 40 comporte par exemple le deuxième comparateur 52
apte à comparer, d'une part, un signal reçu de la part du dispositif de réception
14 relatif à la limite de vitesse en vigueur dans la zone géographique où se trouve
le véhicule ferroviaire 2, et d'autre part, la vitesse du véhicule ferroviaire 2 reçue
de la part du dispositif de mesure 20, afin de détecter un éventuel dépassement de
la limite de vitesse.
[0050] Le premier module de détection 40 comporte en outre la porte logique OU 54 connectée
en sortie des premier et deuxième comparateurs 50, 52, la porte logique OU 54 délivrant
alors en sortie un signal indiquant au moins un comportement anormal du véhicule ferroviaire
2 parmi un franchissement interdit d'un feu de signalisation 10, 11 correspondant
et un dépassement d'une limite de vitesse. La sortie de la porte logique OU 54 forme
dans ce cas la sortie du premier module de détection 40.
[0051] Le deuxième module de détection 42 est configuré pour détecter au moins une défaillance
interne au dispositif de sécurité 24. Une telle défaillance interne résulte par exemple
d'un défaut constaté lors d'un autotest interne au dispositif de sécurité 24, lors
d'un test d'intégrité logicielle, ou encore lors d'un test de surveillance du matériel
pour la supervision de l'activité logicielle et/ou de l'alimentation du dispositif
de sécurité 24.
[0052] Selon l'invention, le module de commande 44 est configuré pour envoyer un signal
de commande d'un freinage d'urgence suivant un premier niveau de freinage, en cas
de détection d'un comportement anormal par le premier module de détection 40, et pour
envoyer un signal de commande d'un freinage d'urgence suivant un deuxième niveau de
freinage, en cas de détection d'une défaillance interne par le deuxième module de
détection 42, le premier niveau de freinage étant strictement supérieur au deuxième
niveau de freinage.
[0053] Le module de commande 44 est de préférence configuré pour envoyer un signal de commande
du freinage d'urgence suivant le premier niveau de freinage seulement en cas de détection,
par le premier module de détection 40, d'un comportement anormal du véhicule ferroviaire
2.
[0054] Le module de commande 44 est par exemple configuré pour commander le dispositif de
freinage magnétique, via l'envoi du signal de commande du freinage d'urgence suivant
le premier niveau de freinage.
[0055] Le premier niveau de freinage comporte le niveau d'urgence 3 ou le niveau d'urgence
4 selon la norme EN13452-1. Le premier niveau de freinage est de préférence le niveau
d'urgence 3 ou le niveau d'urgence 4 selon la norme EN13452-1.
[0056] Le niveau d'urgence 3 correspond, selon la norme EN13452-1, à une décélération comprise
entre 2,8 m.s
-2 et 5 m.s
-2 avec un jerk maximum de 8 m/s
3. Le niveau d'urgence 4 correspond, selon la norme EN13452-1, à une décélération comprise
entre 2,8 m.s
-2 et 4 m.s
-2 avec un jerk maximum de 8 m/s
3.
[0057] Le deuxième niveau de freinage comporte le niveau d'urgence 1 ou le niveau d'urgence
2 selon la norme EN13452-1. Le deuxième niveau de freinage est de préférence le niveau
d'urgence 1 ou le niveau d'urgence 2 selon la norme EN13452-1.
[0058] Le niveau d'urgence 1 correspond, selon la norme EN13452-1, à une décélération comprise
entre 1,2 m.s
-2 et 2,5 m.s
-2 avec un jerk maximum de 4 m/s
3. Le niveau d'urgence 2 correspond, selon la norme EN13452-1, à une décélération comprise
entre 1,2 m.s
-2 et 2,5 m.s
-2 avec un jerk maximum de 4 m/s
3
[0059] Le module de commande 44 comporte, par exemple, la première boucle de commande 60
équipée de deux premiers interrupteurs 62, tels que des interrupteurs normalement
fermés, pour la commande du freinage d'urgence suivant le premier niveau de freinage.
[0060] Le module de commande 44 comporte, par exemple, la deuxième boucle de commande 64
distincte de la première boucle de commande 60, la deuxième boucle de commande 64
étant équipée de deux deuxièmes interrupteurs 66, tels que des interrupteurs normalement
ouverts, pour la commande du freinage d'urgence suivant le deuxième niveau de freinage,
de valeur strictement inférieure à celle du premier niveau de freinage.
[0061] Le module de commande 44 a, par exemple, une logique d'activation inversée d'une
boucle de commande à l'autre, la première boucle 60 comportant des interrupteurs 62
normalement fermés et la deuxième boucle 64 comportant des interrupteurs 66 normalement
ouverts.
[0062] La première boucle de commande 60 est, dans l'exemple de la figure 2, dédiée à la
commande du système de freinage 22 avec mise en oeuvre du dispositif de freinage magnétique,
et la deuxième boucle de commande 64 est dédiée à la commande du système de freinage
22 sans mise en oeuvre du dispositif de freinage magnétique.
[0063] L'utilisation de deux boucles de commande 60, 64 distinctes permet une différenciation
dans l'interface de commande des premier et deuxième niveaux de freinage distincts.
[0064] En outre et de préférence, la première boucle de commande 60 et la deuxième boucle
de commande 64 ne sont pas activables simultanément, afin de ne pas commander simultanément
le système de freinage 22 à la fois avec le premier niveau de freinage et avec le
deuxième niveau de freinage.
[0065] Le fonctionnement du véhicule ferroviaire 2, et en particulier du dispositif de sécurité
24, va désormais être expliqué à l'aide de la figure 3 représentant un organigramme
du procédé de mise en sécurité du véhicule ferroviaire selon l'invention.
[0066] Lors d'une étape initiale 100, le premier module de détection 40 surveille les informations
reçues du dispositif de réception 14, d'une part, et du dispositif de mesure 20, d'autre
part, afin de détecter un éventuel comportement anormal du véhicule ferroviaire 2,
ce comportement anormal étant un franchissement interdit d'un feu de signalisation
10, 11 ou un dépassement d'une limite de vitesse, c'est-à-dire un excès de vitesse.
[0067] Le premier module de détection 40 compare notamment la vitesse du véhicule ferroviaire
2, en particulier sa vitesse instantanée, fournie par le dispositif de mesure 20 avec
la limite de vitesse correspondante fournie par le dispositif de réception 14, et
signale, au module de commande 44, un éventuel dépassement de cette limite de vitesse.
[0068] Le premier module de détection 40 compare également les différentes informations
reçues du dispositif de réception 14 avec celles fournies par le module d'acquisition
46, afin de vérifier, en cas de franchissement d'un feu de signalisation 10, 11 correspondant,
qu'un tel franchissement était bien autorisé.
[0069] Le deuxième module de détection 42 surveille, également lors de l'étape 100, des
résultats de tests internes au dispositif de sécurité 24, notamment les résultats
d'autotests internes, de test(s) d'intégrité logicielle et/ou de test(s) de surveillance
du matériel, afin de détecter une éventuelle défaillance interne au dispositif de
sécurité 24. Le cas échéant, le deuxième module de détection 42 signale, au module
de commande 44, une éventuelle défaillance interne au dispositif de sécurité.
[0070] En cas de détection d'au moins un événement parmi un comportement anormal du véhicule
ferroviaire 2 de la part du premier module de détection 40 et une défaillance interne
au dispositif de sécurité de la part du deuxième module de détection 42, le procédé
de mise en sécurité passe à l'étape suivante 110 afin de commander le système de freinage
22 du véhicule ferroviaire en fonction de l'événement détecté.
[0071] En cas de détection d'un comportement anormal par le premier module de détection
40, le module de commande 44 envoie alors au système de freinage 22 un signal de commande
d'un freinage d'urgence suivant le premier niveau de freinage, le premier niveau de
freinage étant par exemple le niveau d'urgence 3 ou 4 selon la norme EN13452-1.
[0072] En cas de détection seulement d'une défaillance interne au dispositif de sécurité
par le deuxième module de détection 42, le module de commande 44 envoie alors, au
système de freinage 22, un signal de commande d'un freinage d'urgence suivant le deuxième
niveau de freinage, le deuxième niveau de freinage étant strictement inférieur au
premier niveau de freinage, le deuxième niveau de freinage étant par exemple le niveau
d'urgence 1 ou 2 selon la norme EN13452-1.
[0073] En variante, le dispositif de sécurité 24 comprend en outre un troisième module de
détection, non représenté, configuré pour détecter une anomalie ne nécessitant pas
un freinage avec une efficacité maximale, telle qu'un état d'attention du conducteur
correspondant à une baisse de l'attention du conducteur en dessous d'un seuil prédéterminé.
Un tel état d'attention est, par exemple, déterminé par un dispositif de veille qui
contrôle l'état du conducteur, c'est-à-dire, par exemple, les mouvements du conducteur.
Dans cette variante, en cas de détection seulement d'une baisse de l'attention du
conducteur en dessous du seuil prédéterminé, par le troisième module de détection,
le module de commande 44 envoie alors, au système de freinage 22, un signal de commande
d'un freinage d'urgence suivant le deuxième niveau de freinage, le deuxième niveau
de freinage étant strictement inférieur au premier niveau de freinage, le deuxième
niveau de freinage étant par exemple le niveau d'urgence 1 ou 2 selon la norme EN13452-1
[0074] Ainsi, le dispositif de sécurité 24 et le procédé de mise en sécurité selon l'invention
permettent de commander le système de freinage 22 pour avoir un freinage avec une
efficacité maximale seulement lorsqu'un danger effectif est détecté, tel qu'un franchissement
interdit d'un feu de signalisation 10, 11 ou encore un dépassement de la limite de
vitesse correspondante. En effet, un tel freinage avec efficacité maximale présente
un risque pour les voyageurs se trouvant dans le véhicule ferroviaire 2, notamment
un risque de chute et/ou de blessure.
[0075] En revanche, lorsque le dispositif de sécurité 24 détecte seulement une défaillance
interne au dispositif de sécurité, résultant par exemple d'un défaut d'autotest, un
tel signalement d'une défaillance étant d'ailleurs parfois une fausse alarme, le dispositif
de sécurité 24 et le procédé de mise en sécurité selon l'invention permettent de commander
le système de freinage 22 pour avoir un freinage avec une efficacité modérée afin
de réduire le risque encouru par les voyageurs se trouvant dans le véhicule ferroviaire
2, notamment le risque de chute.
[0076] Le dispositif de sécurité 24 et le procédé de mise en sécurité selon l'invention
permettent alors de réduire le nombre de freinages d'urgence avec efficacité maximale
qui sont intempestifs, notamment de diminuer le nombre de freinages intempestifs,
ou injustifiés, de niveau d'urgence 3 ou 4 selon la norme EN13452-1.
[0077] On conçoit alors que le dispositif de sécurité 24 et le procédé de mise en sécurité
selon l'invention sont plus adaptés à un fonctionnement en milieu urbain avec de nombreux
obstacles, tels que des piétons, des cyclistes ou encore des voitures, notamment dans
le cas où le véhicule ferroviaire 2 est un tramway, un LRV ou encore un métro sur
pneus.
1. Dispositif de sécurité (24) pour un véhicule ferroviaire (2), tel qu'un tramway, un
LRV ou un métro, tel qu'un métro sur pneus, le dispositif de sécurité (24) étant configuré
pour commander un système (22) de freinage du véhicule ferroviaire (2) et comprenant
:
- un premier module de détection (40) configuré pour détecter au moins un comportement
anormal du véhicule ferroviaire (2) parmi un franchissement interdit d'un feu de signalisation
(10, 11) et un dépassement d'une limite de vitesse ;
- un deuxième module de détection (42) configuré pour détecter au moins une défaillance
interne au dispositif de sécurité (24) ;
- un module de commande (44) configuré pour envoyer un signal de commande au système
de freinage (22) ;
caractérisé en ce que le module de commande (44) est configuré pour :
- en cas de détection d'un comportement anormal par le premier module de détection
(40), envoyer un signal de commande d'un freinage d'urgence suivant un premier niveau
de freinage, et
- en cas de détection d'une défaillance interne par le deuxième module de détection
(42), envoyer un signal de commande d'un freinage d'urgence suivant un deuxième niveau
de freinage,
le premier niveau de freinage étant strictement supérieur au deuxième niveau de freinage.
2. Dispositif de sécurité (24) selon la revendication 1, dans lequel le module de commande
(44) est configuré pour envoyer un signal de commande du freinage d'urgence suivant
le premier niveau de freinage seulement en cas de détection d'un comportement anormal
par le premier module de détection (40).
3. Dispositif de sécurité (24) selon la revendication 1 ou 2, dans lequel le premier
niveau de freinage comporte le niveau d'urgence 3 ou le niveau d'urgence 4 selon la
norme EN13452-1,
le niveau d'urgence 3 correspondant, selon la norme EN13452-1, à une décélération
comprise entre 2,8 m.s-2 et 5 m.s-2 avec un jerk maximum de 8 m/s3,
le niveau d'urgence 4 correspondant, selon la norme EN13452-1, à une décélération
comprise entre 2,8 m.s-2 et 4 m.s-2 avec un jerk maximum de 8 m/s3.
4. Dispositif de sécurité (24) selon l'une quelconque des revendications précédentes,
dans lequel le deuxième niveau de freinage comporte le niveau d'urgence 1 ou le niveau
d'urgence 2 selon la norme EN13452-1,
le niveau d'urgence 1 correspondant, selon la norme EN13452-1, à une décélération
comprise entre 1,2 m.s-2 et 2,5 m.s-2 avec un jerk maximum de 4 m/s3,
le niveau d'urgence 2 correspondant, selon la norme EN13452-1, à une décélération
comprise entre 1,2 m.s-2 et 2,5 m.s-2 avec un jerk maximum de 4 m/s3.
5. Dispositif de sécurité (24) selon l'une quelconque des revendications précédentes,
dans lequel le module de commande (44) est configuré pour commander un dispositif
de freinage magnétique via l'envoi du signal de commande du freinage d'urgence suivant
le premier niveau de freinage, le système de freinage (22) comportant le dispositif
de freinage magnétique.
6. Véhicule ferroviaire (2) comprenant un système (22) de freinage du véhicule ferroviaire
(2) et un dispositif de sécurité (24) configuré pour commander le système de freinage
(22),
caractérisé en ce que le dispositif de sécurité (24) est selon l'une quelconque des revendications précédentes.
7. Véhicule ferroviaire (2) selon la revendication 6, dans lequel le véhicule ferroviaire
(2) est un tramway, un LRV ou un métro, tel qu'un métro sur pneus.
8. Procédé de mise en sécurité d'un véhicule ferroviaire (2), tel qu'un tramway, un LRV
ou un métro, tel qu'un métro sur pneus, le procédé étant mis en oeuvre par un dispositif
électronique de sécurité (24) et comprenant :
- la détection (100) d'au moins un évènement parmi un comportement anormal du véhicule
ferroviaire (2) et une défaillance interne au dispositif de sécurité (24), le comportement
anormal du véhicule ferroviaire (2) étant un franchissement interdit d'un feu de signalisation
(10, 11) ou un dépassement d'une limite de vitesse ;
- la commande (110) d'un système (22) de freinage du véhicule ferroviaire (2), comportant
:
+ en cas de détection d'un comportement anormal du véhicule ferroviaire (2), l'envoi
au système de freinage (22) d'un signal de commande d'un freinage d'urgence suivant
un premier niveau de freinage, et
+ en cas de détection d'une défaillance interne du dispositif de sécurité (24), l'envoi
au système de freinage (22) d'un signal de commande d'un freinage d'urgence suivant
un deuxième niveau de freinage,
le premier niveau de freinage étant strictement supérieur au deuxième niveau de freinage.
9. Procédé selon la revendication 8, dans lequel, lors de la commande (110) du système
de freinage (22), le signal de commande du freinage d'urgence suivant le premier niveau
de freinage est envoyé au système de freinage (22) seulement en cas de détection d'un
comportement anormal.
10. Programme d'ordinateur comportant des instructions logicielles qui, lorsqu'elles sont
exécutées par un ordinateur, mettent en oeuvre un procédé selon la revendication 8
ou 9.