Domaine de l'invention
[0001] La présente invention concerne les digues à talus, ou à enrochement, pouvant être
construites en mer pour arrêter la houle marine.
[0002] L'invention concerne en particulier la sous-couche, ou couche de filtre, qui est
réalisée lors de la construction d'une telle digue.
Art antérieur
[0003] Pour protéger de la houle marine les installations portuaires ou les constructions
et aménagements du littoral, on peut construire en mer des ouvrages artificiels tels
que des digues. Parmi ces ouvrages, on connaît du document
GB 2152564 un élément de revêtement flexible constitué d'une pluralité de plots assemblés entre
et formant un tapis destiné à protéger les sols de l'érosion maritime. Le document
DE102009048608A1 divulgue l'utilisation d'un élément comme sous couche de digue à talus.
[0004] On connait également les digues à talus, ou digue à enrochement, qui sont généralement
construites à l'aide d'enrochements naturels ou artificiels.
[0005] Les matériaux composant une digue à talus sont généralement arrangés sous la forme
ayant une section en trapèze, dont la base prend appui sur le sol, sous l'eau, et
dont le sommet plat, appelé berme, émerge de l'eau. Une telle digue à talus est composée
:
- d'un noyau, de forme trapézoïdale, disposé sur le terrain naturel ou sur un soubassement
;
- d'une sous-couche, composée de cailloux de dimension intermédiaire, recouvrant au
moins l'une des faces du noyau ; et
- d'une carapace, composée de blocs de grande dimension, dénommés bocs de carapace,
recouvrant la sous-couche.
[0006] Le noyau, peut être constitué par tout matériau ou mélange de matériaux disponible
sur site et permettant de réaliser un volume important à moindre coût, par exemple
des matériaux tout venant de carrière gradués de 0 à 1 tonne ou plus, ou encore du
sable ou de l'argile
[0007] La sous-couche est une sous-couche de cailloux posés entre le noyau et les blocs
de carapace. Cette sous-couche doit assurer deux fonctions essentielles.
[0008] La première fonction consiste à assurer une imperméabilité suffisante pour jouer
un rôle de filtre granulométrique qui permet de prévenir la fuite des matériaux fins
composant le noyau. Ce rôle est essentiel pour éviter que les éléments les plus fins
du noyau ne traversent la carapace, ce qui provoquerait un tassement général de la
digue. Il importe donc que les dimensions des espaces entre les blocs formant la sous-couche
soient maîtrisées.
[0009] La seconde fonction de cette sous-couche consiste à permettre un bon maintien des
blocs de carapace, en offrant une rugosité adaptée. Cette rugosité est calibrée en
fonction de la taille des blocs de carapace devant recouvrir la sous-couche.
[0010] La carapace, qui vise à assurer la stabilité de l'ensemble de la digue à talus pour
résister à la houle, est composée de blocs de roche naturelle ou, le plus souvent,
de béton, pesant de plusieurs tonnes à plusieurs dizaines de tonnes.
Inconvénients de l'art antérieur
[0011] La construction d'une digue à talus présente plusieurs difficultés majeures.
[0012] Une première difficulté est liée à la disponibilité d'enrochement naturel calibré.
En effet, les enrochements peuvent ne pas être disponibles dans la région où la digue
à talus doit être réalisée. Dans d'autres cas, les enrochements disponibles sont mal
calibrés ou ne sont pas calibrés du tout. Cette difficulté à disposer d'enrochements
naturels correctement calibrés, notamment pour réaliser la sous-couche, peut générer
des surcoûts importants.
[0013] Une autre difficulté est liée à la stabilité de la sous-couche face à la houle, pendant
la construction de la digue, entre le moment où la sous-couche est construite et le
moment où les blocs de carapace sont posés. La petite taille et le manque d'imbrication
des blocs ou enrochements formant la sous-couche les rend en effet instables. Une
forte houle arrivant avant la pose de la carapace peut ainsi détruire en partie ou
en totalité le talus, ce qui génère des surcoûts importants et des retards dans l'exécution
des travaux.
[0014] Une troisième difficulté est posée par la planimétrie et les défauts d'aspérités
des pentes du talus et de la berme horizontale. Pour obtenir une bonne stabilité des
blocs de carapace, la sous-couche forme un support qui doit respecter des tolérances
strictes établies par rapport à la taille des blocs de carapace. À titre d'exemple,
pour la pose de blocs de carapace de hauteur H, la sous-couche doit être composée
de blocs présentant des hauteurs de l'ordre de H/6, H/10 et H/12. La pose des enrochements
formant la sous-couche, respectant ces exigences de répartition de blocs de différentes
hauteurs, est difficile à réaliser sous l'eau, même avec l'assistance d'outils acoustiques.
Il est, en conséquence, généralement nécessaire de procéder, avec l'aide de scaphandriers,
à des rectifications de position des blocs de sous-couche avant ou pendant la pose
des blocs de carapace, ce qui engendre des coûts importants.
Objectifs de l'invention
[0015] La présente invention a pour objectif de pallier ces inconvénients de l'art antérieur.
[0016] En particulier, la présente invention a pour objectif de faciliter les opérations
de construction d'une digue à talus, en permettant de réaliser une sous-couche présentant
un calibrage adapté, une bonne stabilité pour résister à la houle et une bonne répartition
des blocs de différentes tailles pour assurer la pose facile et efficace des blocs
de carapace.
Exposé de l'invention
[0017] Ces objectifs, ainsi que d'autres qui apparaîtront plus clairement par la suite,
sont atteints à l'aide de l'utilisation d'un élément comme sous-couche pour une digue
à talus, l'élément comprenant une pluralité de plots de béton, dans lequel, selon
l'invention, lesdits plots sont assemblés entre eux par des moyens de liaison souples
de manière à constituer un tapis.
[0018] L'élément de sous-couche selon l'invention permet ainsi de constituer une sous-couche
facile à poser sur une digue à talus, et dont les composants sont directement placés
dans la position souhaitée, sans risque d'être déplacés par la houle puisqu'il ne
peut pas y avoir d'extraction isolée d'un plot de béton.
[0019] Les plots de béton sont de hauteurs différentes. L'élément de sous couche de l'invention
peut également comporter les caractéristiques optionnelles suivantes:
- lesdits moyens de liaison souples comprennent au moins un câble traversant lesdits
plots en formant un maillage à deux dimensions de plots.
- dans ce cas, les dits moyens de liaison souples peuvent comprendre une pluralité de
câbles traversant les plots et se croisant en dehors desdits plots.
- moins une partie des plots sont en appui de contact surfacique les uns avec les autres,
ce qui permet de contrôler l'effet de filtre.
- alternativement aux câbles ou en plus des câbles, lesdits moyens de liaison souples
comprennent un géotextile bouclé solidarisé auxdits plots, les boucles dudit géotextile
étant prises dans le béton de chacun desdits plots.
- les dimensions de la maille du géotextile définissent l'effet de filtre souhaité.
- l'élément de sous-couche présente moins une portion de câbles intégrée partiellement
dans un plot en laissant émerger dudit plot une boucle apte à assurer le levage et
le transport dudit élément,
- le tapis présente une forme carrée ou rectangulaire
- lesdits plots sont formés de béton non armé.
[0020] L'invention concerne encore un procédé de fabrication d'une digue à talus, comprenant
:
- une étape de fabrication d'un noyau;
- une étape de recouvrement d'au moins une partie de la surface dudit noyau par une
sous-couche ;
- une étape de recouvrement d'au moins une partie de ladite sous-couche par des blocs
formant une carapace ;
dans lequel ladite étape de recouvrement d'au moins une partie de la surface du noyau
par une sous-couche comprend le positionnement sur ledit noyau d'au moins un élément
de sous-couche tel que décrit ci-dessus.
[0021] De préférence, l'étape de recouvrement d'au moins une partie de la surface du noyau
par une sous-couche comprend le positionnement sur ledit noyau d'au moins deux éléments
de sous-couche tels que décrits ci-dessus, et l'assemblage entre eux desdits éléments
de sous-couche.
Liste des figures
[0022] L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description suivante de modes
de réalisation préférentiels, donnée à titre de simple exemple figuratif et non limitatif,
et accompagnée des figures parmi lesquelles :
- la figure 1 est une vue de coupe schématique d'une digue à talus selon un mode de
réalisation de l'invention ;
- la figure 2 est une vue schématique de dessus d'un tapis de sous-couche selon l'un
des modes de réalisation de l'invention ;
- la figure 3 est une vue schématique de dessus d'un tapis de sous-couche selon un autre
mode de réalisation de l'invention ;
- la figure 4 est une vue schématique partielle, en perspective, du tapis de sous-couche
de la figure 2 ;
- la figure 5 est une vue schématique partielle, en perspective, du tapis de sous-couche
de la figure 3.
Description détaillée de modes de réalisation de l'invention
Structure de la digue
[0023] La figure 1 représente une digue à talus selon un mode de réalisation de l'invention,
en vue de coupe schématique selon un plan perpendiculaire à la direction longitudinale
de la digue. Cette digue 1 présente une section en forme générale de trapèze, dont
le sommet forme un plan sensiblement horizontal appelé berme 12, qui est entouré par
deux plans inclinés 13 et 14 descendant jusqu'à la base de la digue.
[0024] La base de cette digue 1 repose sur un support 10 qui peut être le terrain naturel
du fond de la mer ou un soubassement préparé sur ce terrain naturel. Un noyau 11,
de section trapézoïdale, est placé sur ce support 10. Il peut avantageusement être
constitué par tout matériau ou mélange de matériaux disponible sur site et permettant
de réaliser un volume important à moindre coût, par exemple des matériaux tout venant
de carrière gradués de 0 à 1 tonne ou plus, ou encore du sable ou de l'argile. Les
éléments les plus fins du ou des matériaux constituant le noyau 11 s'intercalent entre
les interstices des blocs plus gros, ce qui permet d'arrêter efficacement la houle.
[0025] Le noyau 11 est recouvert, sur au moins l'une de ses faces, par une sous-couche 2.
Dans le mode de réalisation représenté, la sous-couche 2 couvre la majeure partie
de la berme 12 et un premier plan incliné 13 de la digue 1, ainsi qu'une partie du
support 10 située au pied du plan incliné 13 de la digue 1.
[0026] La sous-couche 2 est recouverte, au niveau de la berme 12 et du plan incliné 13,
par des blocs de grande taille formant la carapace 3. La portion de la sous-couche
2 qui recouvre le support 10, au pied du plan incliné 13, est également recouverte
de blocs de grande taille de façon à former une butée de pied 4.
[0027] Dans le mode de réalisation représenté, le second plan incliné 14 de la digue 1 est
uniquement constitué par le noyau 11, qui n'est recouvert ni par la sous-couche 2,
ni par la carapace 3. Ce mode de réalisation de l'invention s'applique à une digue
1 dont le plan incliné 13 est soumis à l'érosion de la houle, alors que le plan incliné
14 n'y est pas soumis. Il est bien évidemment possible, dans d'autres modes de réalisation,
que la sous-couche 2 recouvre l'intégralité des faces de la digue 1. De même, il est
possible d'apporter à la digue des adaptations connues de l'homme du métier, comme
l'ajout, la suppression ou la modification de butées de pied, l'ajout d'un couronnement
sur la berme, etc.
Constitution de la sous couche
[0028] La sous-couche 2 est avantageusement réalisée en déposant sur le noyau 11 un ou plusieurs
éléments de sous-couche selon l'invention, appelés « tapis de sous-couche » dans la
présente description, qui sont préfabriqués avant leur installation sur le noyau 11.
Le terme « tapis », dans la présente description, désigne un ensemble de composants
répartis selon deux dimensions afin de couvrir une surface, et assemblé les uns aux
autres de telle façon que l'ensemble reste déformable.
[0029] Un tel tapis de sous-couche 21 selon un premier mode de réalisation, est représenté
schématiquement en vue de dessus par la figure 2. Ce tapis de sous-couche 21 est constitué
par une pluralité de plots de béton 210 formant des blocs de sous-couche, représentés
ici par des formes cubiques et/ou parallélépipédiques (seuls certains des plots 210
sont référencés sur la figure 2), placés à côté et en contact les uns des autres de
façon à former un tapis apte à couvrir une surface. Le tapis de sous-couche 21 représenté
par la figure 2 est de forme générale rectangulaire et compte 24 plots. L'homme du
métier peut cependant facilement réaliser des tapis de sous-couches de dimensions
différentes, comptant un nombre différent de plots disposés de façon à former un tapis
de forme rectangulaire ou carrée, voire de toute autre forme adaptée aux besoins d'un
chantier de construction d'une digue à talus.
[0030] Ces plots 210 sont assemblés les uns aux autres, avantageusement par des câbles 29
(seuls certains des câbles 29 sont référencés sur la figure 2) traversant les blocs
210 de façon à créer un maillage dans deux dimensions de plots 210. Ces câbles 29
constituent des moyens de liaison souple assemblant les plots entre eux. De façon
avantageuse, les câbles 29 se croisant en dehors de plots 210 peuvent être assemblés
les uns aux autres, ou passer alternativement au-dessus et en-dessous les uns des
autres, à la manière d'un tissage, pour assurer la cohésion des plots voisins qui
ne sont pas solidarisés aux mêmes câbles.
[0031] L'assemblage des plots 210 forme ainsi un tapis continu, dans lequel chaque plot
210 est maintenu par les câbles 29 dans une position voisine des plots 210 adjacents.
Les câbles 29 peuvent, par exemple, être en acier, en inox ou en matériaux synthétiques.
[0032] Le tapis de sous-couche 21 représenté par la figure 2 est constitué de plots ayant
la forme de cubes et/ou de parallélépipèdes rectangles. La figure 3 représente un
tapis de sous-couche 22 selon un autre mode de réalisation possible, dans lequel les
plots de béton 220, qui sont reliés les uns aux autres par des câbles 29 traversant
les plots 220, présentent des formes cylindriques (seuls certains de plots 220 et
des câbles 29 sont référencés sur la figure 3). L'homme du métier peut imaginer de
nombreux autres modes de réalisation, mettant en œuvre des plots de béton de formes
géométriques variées, par exemple cylindriques, coniques, en troncs de cône, carrées,
rectangulaires, triangulaire, ou pouvant présenter la forme quelconque d'un enrochement
naturel. Il est également possible que des plots de formes différentes soient associés
au sein d'un même tapis de sous-couche.
[0033] De façon avantageuse, les différents plots qui sont assemblés au sein d'un même tapis
présentent des hauteurs différentes. Ainsi, la figure 4 représente une série de plots
210 du tapis de sous-couche 21, reliés les uns aux autres par un câble 29. De même,
la figure 5 représente une série de plots 220 du tapis de sous-couche 22, reliés les
uns aux autres par un câble 29. Sur chacune de ces figures, les plots 210 ou 220 présentent
des hauteurs différentes. Plus précisément, les hauteurs des plots sont variables,
entre une valeur minimale et une valeur maximale qui sont déterminées en fonction
de la taille des blocs de carapace qui devront être posés sur la sous-couche 2. Ces
plots formant des blocs de taille variable, assemblés de préférence en alternant des
plots de grande taille et des plots de petite taille, permettent d'obtenir pour la
sous-couche 2 la rugosité souhaitée pour maintenir de façon correcte les blocs de
carapace qui la recouvriront.
[0034] Lorsque les moyens de liaison souples des plots 210,220 sont constitués uniquement
d'un ou de plusieurs câbles 29, l'effet de filtre, c'est-à-dire la capacité au tapis
de sous-couche de lasser passer les flux liquides mais pas les éléments de noyaux,
est obtenu par la valeur des espacements entre les plots 210,220 ainsi que par la
forme ou les forme des plots 210,220 du tapis de sous-couche.
[0035] Pour assurer un effet de filtre optimum, les plots 210,220 sont en contacts les uns
avec les autres, mais il peut être également prévu que certains plots 210,220 sont
en contacts et d'autres ne le sont pas, selon l'effet de filtre souhaité.
[0036] Selon un mode de réalisation avantageux de l'invention, les différents plots formant
un même tapis de sous-couche peuvent être reliés entre eux, en plus des câbles 29
ou de façon alternative aux câbles 29, par un géotextile 28. Ce géotextile 28, qui
est représenté sur les figures 4 et 5, présente une pluralité de boucles sur sa surface.
Les plots 210 ou 220 sont avantageusement, dans ce cas, fabriqués par coulage directement
sur la surface de ce géotextile 28. Les boucles de la surface du géotextile 28 sont
ainsi prises dans le béton des plots 210 ou 220, ce qui a pour effet de solidariser
les plots 210 ou 220 au géotextile 28 et de relier les plots entre eux. Le géotextile
28 constitue alors un moyen de liaison souple assemblant les plots entre eux de manière
à constituer un tapis de sous-couche.
[0037] Lorsque les moyens de liaison souples des plots 210,220 sont constitués uniquement
du géotextile, l'effet de filtre résulte des dimensions de la maille du géotextile.
[0038] Lorsque les moyens de liaison souples des plots 210,220 comportent un géotextile
et un ou des câbles, l'effet de filtre peut être doublement ajusté par l'espacement
et la forme des plots, ainsi que par la maille du géotextile utilisé.
[0039] Selon une caractéristique avantageuse, représentée par la figure 5, des portions
de câble 221 sont intégrées partiellement dans certains des plots 220 en laissant
émerger de ces plots 220 des boucles 221 permettant un accrochage du tapis 22 de sous-couche,
afin de permettre son levage.
La fabrication du tapis de sous-couche
[0040] La fabrication d'un tapis de sous-couche peut se faire avant sa pose sur la digue.
Les différents plots constituant le tapis sont coulés dans des moules, au moins un
câble étant inséré dans les plots afin de les relier les uns aux autres. Des moules
adaptés pour permettre le passage des câbles peuvent par exemple être utilisés, ainsi
que des cales non représentés, destinées à maintenir les câbles afin qu'ils traversent
les plots à l'endroit souhaité. Lors du coulage, la surface supérieure des plots peut
être réalisée de forme plate ou arrondie. De préférence, les plots sont formés de
béton non armé qui répond aux mêmes critères de fabrication et de qualité que le béton
utilisé pour la fabrication des blocs de carapace en étant notamment conforme aux
exigences de la norme NF EN 206-1 (référence normative pour tous les bétons de structure).
L'utilisation du même béton que celui des blocs de carapace permet d'optimiser la
tenue de la digue dans le temps sans nécessiter la mise au point d'une nouvelle formulation
de béton.
[0041] Les moules peuvent présenter différentes formes afin de donner aux plots la forme
souhaitée. Selon un mode de réalisation particulier, les plots peuvent être coulés
dans des moules souples de façon à donner aux plots des formes proches de celles des
enrochements naturels.
[0042] Selon un mode de réalisation avantageux, les moules dans lesquels sont coulés les
plots sont ouverts vers le bas, et sont posés sur un géotextile bouclé 28, de telle
sorte que les boucles de ce géotextile se prennent dans le béton de chacun des plots.
Ainsi, après la prise du béton, les plots sont assemblés au géotextile 28.
[0043] De façon avantageuse, des portions de câble 221 sont intégrées dans les plots, lors
de leur fabrication, pour permettre un accrochage du tapis de sous-couche, afin de
permettre son levage.
Fabrication de la digue à talus
[0044] Après sa fabrication, le tapis de sous-couche peut être transporté, par exemple en
le soulevant par les portions de câble intégrées dans les plots, jusqu'au chantier
de construction d'une digue à talus 1. Il peut alors être étalé sur au moins une partie
de la surface du noyau 11, sans qu'il soit nécessaire d'ajuster la répartition des
plots. Les câbles 29 garantissent que la juxtaposition des plots les uns par rapport
aux autres soit correcte et maintiennent entre les plots des espaces de nature à laisser
passer les flux liquides mais calibrés de façon à empêcher le passage des éléments
du noyau.
[0045] Dans le cas où le tapis de sous-couche comprend un géotextile, alternativement ou
en plus des câbles 29, la maille du géotextile utilisée peut également laisser passer
les flux de liquide mais pas les éléments du noyau.
[0046] De façon avantageuse, si plusieurs tapis de sous-couche sont mis en place sur un
noyau, ils peuvent être assemblés les uns aux autres par tout moyen connu de l'homme
du métier, par exemple à l'aide de câbles.
[0047] Le tapis de sous-couche peut recouvrir les plans inclinés 13 de la digue 1, mais
également la surface horizontale pour former une berme 12, avec les mêmes effets de
filtre et de sous-couche recevant des blocs plus gros. Il peut également être posé
directement sur le terrain naturel formant le support 10, ou sur une couche de petit
matériau posé ou insérée dans le terrain naturel, par exemple au pied de la digue
pour former une butée de pied 4.
[0048] La sous-couche 2 ainsi formée présente des composants qui sont tous assemblés les
uns aux autres, ce qui lui permet de résister à la houle mieux que les sous-couches
de l'art antérieur, en attendant la pose de la carapace 3. De plus, les dimensions
de chaque plot et sa position par rapport aux plots voisins peuvent être décidées
en fonction du besoin, lors de la fabrication du tapis. Il est ainsi très facile de
réaliser une sous-couche 2 dans laquelle la répartition et les dimensions des blocs
assurent les caractéristiques de rugosité idéales pour supporter efficacement la carapace
4.
1. Utilisation comme sous-couche de digue à talus (1) d'un élément comprenant une pluralité
de plots de béton (210, 220), lesdits plots (210, 220) étant assemblés entre eux par
des moyens de liaison souples de manière à constituer un tapis (21, 22), et étant
de hauteurs différentes.
2. Utilisation selon la revendication précédente, caractérisé en ce que lesdits moyens de liaison souples de l'élément comprennent au moins un câble (29)
traversant lesdits plots (210, 220) en formant un maillage à deux dimensions de plots
(210,220).
3. Utilisation selon la revendication 2, caractérisé en ce que lesdits moyens de liaison souples comprennent une pluralités de câbles (29) traversant
les plots (210,220) et se croisant en dehors desdits plots (210,220).
4. Utilisation selon l'une quelconque des revendications 2 et 3, caractérisé en ce qu'au moins une partie des plots (210,220) de l'élément sont en appui de contact surfacique
les uns avec les autres.
5. Utilisation selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que lesdits moyens de liaison souples comprennent un géotextile bouclé (28) solidarisé
auxdits plots (210, 220), les boucles dudit géotextile (28) étant prises dans le béton
de chacun desdits plots (210, 220).
6. Utilisation selon la revendication 5, caractérisé en ce que les dimensions de la maille du géotextile définissent l'effet de filtre souhaité.
7. Utilisation selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'élément comprend au moins une portion de câbles (221) intégrée partiellement dans
un plot (210,220) en laissant émerger dudit plot (210,220) une boucle apte à assurer
le levage et le transport dudit élément.
8. Utilisation selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que ledit tapis (21, 22) présente une forme carrée ou rectangulaire.
9. Utilisation selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que lesdits plots (210, 220) sont formés de béton non armé.
10. Procédé de fabrication d'une digue à talus (1), comprenant :
- une étape de fabrication d'un noyau (11);
- une étape de recouvrement d'au moins une partie de la surface dudit noyau (11) par
au moins un élément formant une sous-couche (2), laquelle étape de recouvrement comprend
le positionnement sur ledit noyau (11) de l'élément de sous-couche (2) ;
- une étape de recouvrement d'au moins une partie de ladite sous-couche (2) par des
blocs formant une carapace (3) ;
l'élément formant ladite sous-couche (2) comprenant une pluralité de plots de béton
(210, 220), lesdits plots (210, 220) étant assemblés entre eux par des moyens de liaison
souples de manière à constituer un tapis (21, 22) et étant de hauteurs différentes.
11. Procédé de fabrication d'une digue à talus (1) selon la revendication 10, caractérisé en ce que ladite étape de recouvrement d'au moins une partie de la surface dudit noyau (11)
par une sous-couche (2) comprend le positionnement sur ledit noyau (11) d'au moins
deux éléments de sous-couche, et l'assemblage entre eux desdits éléments de sous-couche.
12. Procédé de fabrication d'une digue à talus (1) selon la revendication 10 ou 11, caractérisé en ce qu'il comprend, préalablement à l'étape de recouvrement, au moins une étape de fabrication
de l'élément de sous-couche (2) comprenant une étape de coulage d'une pluralité de
plots (210, 220) de béton, au cours de laquelle étape de coulage les moyens de liaison
souples sont solidarisés audits plots (210, 220).
13. Procédé de fabrication d'une digue à talus (1) selon la revendication 12, caractérisé en ce que ladite étape de coulage est réalisée de telle sorte qu'au moins un câble, formant
partie ou totalité desdits moyens de liaison souple, traverse lesdits plots (210,
220) pour les relier les uns aux autres.
14. Procédé de fabrication d'une digue à talus (1) selon la revendication 12 ou 13, caractérisé en ce que ladite étape de coulage est réalisée sur un géotextile bouclé (28) de telle sorte
que les boucles dudit géotextile (28) se prennent dans le béton desdits plots (210,
220) pour les relier les uns aux autres.
15. Procédé de fabrication d'une digue à talus (1) selon l'une quelconque des revendications
12 à 14, caractérisé en ce que ladite étape de coulage est réalisée dans des moules souples.
1. Verwendung, als Unterlage eines Steinschüttungswellenbrechers (1), eines Elements,
das mehrere Betonklötze (210, 220) umfasst, wobei die Klötze (210, 220) durch flexible
Verbindungsmittel miteinander verbunden sind, so dass sie eine Decke (21, 22) bilden,
und unterschiedliche Höhen aufweisen.
2. Verwendung nach dem vorhergehenden Anspruch, dadurch gekennzeichnet, dass die flexiblen Verbindungsmittel des Elements wenigstens ein Seil (29) umfassen, das
die Klötze (210, 220) durchquert und dabei ein zweidimensionales Gitternetz von Klötzen
(210, 220) bildet.
3. Verwendung nach Anspruch 2, dadurch gekennzeichnet, dass die flexiblen Verbindungsmittel mehrere Seile (29) umfassen, welche die Klötze (210,
220) durchqueren und sich außerhalb der Klötze (210, 220) kreuzen.
4. Verwendung nach einem der Ansprüche 2 und 3, dadurch gekennzeichnet, dass wenigstens einige der Klötze (210, 220) des Elements mit Oberflächenkontakt aneinander
anliegen.
5. Verwendung nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass die flexiblen Verbindungsmittel eine frotteeartige Geotextilie (28) umfassen, die
mit den Klötzen (210, 220) fest verbunden ist, wobei die Schlingen der Geotextilie
(28) in den Beton jedes der Klötze (210, 220) einbetoniert sind.
6. Verwendung nach Anspruch 5, dadurch gekennzeichnet, dass die Maschenabmessungen der Geotextilie die gewünschte Filterwirkung definieren.
7. Verwendung nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass das Element wenigstens einen Abschnitt von Seilen (221) umfasst, der teilweise in
einen Klotz (210, 220) integriert ist, wobei aus dem Klotz (210, 220) eine Schlinge
herausragen gelassen wird, die geeignet ist, das Heben und den Transport des Elements
sicherzustellen.
8. Verwendung nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass die Decke (21, 22) eine quadratische oder rechteckige Form aufweist.
9. Verwendung nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass die Klötze (210, 220) aus unbewehrtem Beton ausgebildet sind.
10. Verfahren zur Herstellung eines Steinschüttungswellenbrechers (1), welches umfasst:
- einen Schritt der Herstellung eines Kerns (11);
- einen Schritt der Bedeckung wenigstens eines Teils der Oberfläche des Kerns (11)
mit wenigstens einem Element, das eine Unterlage (2) bildet, wobei dieser Schritt
der Bedeckung die Positionierung des Unterlagenelements (2) auf dem Kern (11) umfasst;
- einen Schritt der Bedeckung wenigstens eines Teils der Unterlage (2) mit Blöcken,
die einen Schutzpanzer (3) bilden;
wobei das die Unterlage (2) bildende Element mehrere Betonklötze (210, 220) umfasst,
wobei die Klötze (210, 220) durch flexible Verbindungsmittel miteinander verbunden
sind, so dass sie eine Decke (21, 22) bilden, und unterschiedliche Höhen aufweisen.
11. Verfahren zur Herstellung eines Steinschüttungswellenbrechers (1) nach Anspruch 10,
dadurch gekennzeichnet, dass der Schritt der Bedeckung wenigstens eines Teils der Oberfläche des Kerns (11) mit
einer Unterlage (2) die Positionierung von wenigstens zwei Unterlagenelementen auf
dem Kern (11) und das Verbinden dieser Unterlagenelemente miteinander umfasst.
12. Verfahren zur Herstellung eines Steinschüttungswellenbrechers (1) nach Anspruch 10
oder 11, dadurch gekennzeichnet, dass es vor dem Schritt der Bedeckung wenigstens einen Schritt der Herstellung des Unterlagenelements
(2) umfasst, der einen Schritt des Gießens mehrerer Betonklötze (210, 220) umfasst,
wobei in diesem Schritt des Gießens die flexiblen Verbindungsmittel fest mit den Klötzen
(210, 220) verbunden werden.
13. Verfahren zur Herstellung eines Steinschüttungswellenbrechers (1) nach Anspruch 12,
dadurch gekennzeichnet, dass der Schritt des Gießens derart durchgeführt wird, dass wenigstens ein Seil, das einen
Teil oder die Gesamtheit der flexiblen Verbindungsmittel bildet, die Klötze (210,
220) durchquert, um sie miteinander zu verbinden.
14. Verfahren zur Herstellung eines Steinschüttungswellenbrechers (1) nach Anspruch 12
oder 13, dadurch gekennzeichnet, dass der Schritt des Gießens auf einer frotteeartigen Geotextilie (28) durchgeführt wird,
derart, dass die Schlingen der Geotextilie (28) in den Beton der Klötze (210, 220)
einbetoniert werden, um diese miteinander zu verbinden.
15. Verfahren zur Herstellung eines Steinschüttungswellenbrechers (1) nach einem der Ansprüche
12 bis 14, dadurch gekennzeichnet, dass der Schritt des Gießens in flexiblen Gießformen durchgeführt wird.
1. Use, as underlayer of a rubble mound breakwater (1), of an element comprising a plurality
of concrete blocks (210, 220), said blocks (210, 220) being assembled together by
flexible connection means so as to constitute a mat (21, 22) and being of different
heights.
2. Use according to the preceding claim, characterized in that said flexible connection means for the element comprise at least one cable (29) passing
through said blocks (210, 220) so as to form a two-dimensional grid of blocks (210,
220).
3. Use according to Claim 2, characterized in that said flexible connection means comprise a plurality of cables (29) passing through
the blocks (210, 220) and crossing one another outside of said blocks (210, 220).
4. Use according to either one of Claims 2 and 3, characterized in that at least some of the blocks (210, 220) of the element bear with surface contacts
against one another.
5. Use according to any one of the preceding claims, characterized in that said flexible connection means comprise a looped geotextile (28) secured to said
blocks (210, 220), the loops of said geotextile (28) being set in the concrete in
each of said blocks (210, 220).
6. Use according to Claim 5, characterized in that the dimensions of the mesh of the geotextile define the desired filter effect.
7. Use according to any one of the preceding claims, characterized in that the element comprises at least one portion of cables (221) integrated partially in
a block (210, 220) while allowing a loop to emerge from said block (210, 220) that
can be used for lifting and transporting said element.
8. Use according to any one of the preceding claims, characterized in that said mat (21, 22) has a square or rectangular shape.
9. Use according to any one of the preceding claims, characterized in that said blocks (210, 220) are formed of non-reinforced concrete.
10. Method for manufacturing a rubble mound breakwater (1), comprising:
- a step of manufacturing a core (11);
- a step of covering at least some of the surface of said core (11) with at least
one element forming an underlayer (2), which covering step comprises positioning the
underlayer element (2) on said core (11);
- a step of covering at least some of said underlayer (2) with blocks forming an armour
layer (3);
the element forming said underlayer (2) comprising a plurality of concrete blocks
(210, 220), said blocks (210, 220) being assembled together by flexible connection
means so as to constitute a mat (21, 22) and being of different heights.
11. Method for manufacturing a rubble mound breakwater (1) according to Claim 10, characterized in that said step of covering at least some of the surface of said core (11) with an underlayer
(2) comprises positioning at least two underlayer elements on said core (11) and assembling
said underlayer elements together.
12. Method for manufacturing a rubble mound breakwater (1) according to Claim 10 or 11,
characterized in that it comprises, prior to the covering step, at least one step of manufacturing the
underlayer element (2) comprising a step of casting a plurality of concrete blocks
(210, 220), during which casting step the flexible connection means are secured to
said blocks (210, 220).
13. Method for manufacturing a rubble mound breakwater (1) according to Claim 12, characterized in that said casting step is carried out in such a way that at least one cable, forming some
or all of said flexible connection means, passes through said blocks (210, 220) in
order to connect them to one another.
14. Method for manufacturing a rubble mound breakwater (1) according to Claim 12 or 13,
characterized in that said casting step is carried out on a looped geotextile (28) in such a way that the
loops of said geotextile (28) are set in the concrete of said blocks (210, 220) in
order to connect them to one another.
15. Method for manufacturing a rubble mound breakwater (1) according to any one of Claims
12 to 14, characterized in that said casting step is carried out in flexible moulds.