[0001] La présente invention se rapporte à un procédé de surfaçage d'une roche, de préférence
une roche sédimentaire carbonatée calcaire fossilifère à crinoïdes.
[0002] De manière générale, une roche sédimentaire carbonatée calcaire fossilifère à crinoïdes,
qu'elle soit traitée ou non, façonnée sous forme d'article ou non, peut être aussi
désignée sous l'appellation « pierre bleue ».
[0003] Les pierres bleues sont largement utilisées en tant que matériau noble, comme par
exemple pour former des appuis de fenêtre, des dalles de terrasse ou encore des parements
de façade. La pierre bleue est défini comme un calcaire fossilifère à crinoïdes selon
la nomenclature du PTV 844 - précision de niveau 5, enregistré à l'IBN (Institut belge
de normalisation) le 23 septembre 2005 - (NBN EN 12670). Ce calcaire compact de teinte
gris-bleu et d'âge stratigraphique tournaisien supérieur répond également aux descriptions
rédigées dans les NIT 220 "La pierre bleue de Belgique dite Petit Granit d'âge géologique
tournaisien" et NIT 228 "Pierres naturelles" du CSTC (Centre Scientifique et Technique
de la Construction, Belgique). Ces pierres répondent aussi à l'appellation de roches
sédimentaires carbonatées calcaires fossilifères à crinoïdes.
[0004] Le document
WO 993 22 62 se rapporte à un procédé de traitement de surface abrasif de dalle en pierre. Cet
enseignement propose d'appliquer un traitement par jets d'eau pour fournir un produit
final avec un aspect extérieur amélioré par rapport à un produit obtenu par application
d'une flamme.
[0005] Selon ce document, l'utilisation d'un traitement par flammage est contraignante et
ne permet pas de fournir un produit de qualité avec un aspect amélioré, notamment
à cause du choc thermique résultant d'un tel traitement.
[0006] De plus, il est apparu que les traitements actuels permettant de donner aux pierres
bleues une teinte foncée, de préférence gris anthracite rendent la surface des pierres
bleues particulièrement lisse. En effet, les traitements de surfaçage actuellement
appliqués pour conférer aux pierres bleues une teinte foncée reposent essentiellement
sur le polissage, ce qui rend inévitablement les pierres traitées particulièrement
lisses. Or, ces surfaces lisses peuvent être dangereuses lorsque les pierres sont
utilisées en tant que dalles ou pavés posés en extérieur, pour réaliser par exemple,
un seuil de porte, un chemin ou une terrasse. En effet, du fait de leur surface lisse,
ces pierres peuvent être particulièrement glissantes, ce phénomène étant encore accentué
lors de précipitations au cours desquelles, les pierres sont susceptibles d'être recouvertes
d'une pellicule d'eau, les surfaces étant encore plus glissantes et donc d'autant
plus dangereuses pour les personnes y posant le pied.
[0007] Un autre inconvénient des procédés de traitement actuels réside au niveau de la durée
de vie du produit obtenu, en ce qui concerne le maintien d'une teinte foncée au cours
du temps. Lorsque des dalles en pierre sont posées en extérieur, celles-ci ont tendance
à perdre leur teinte foncée au cours du temps et s'éclaircissent de plus en plus,
ce qui les rend beaucoup moins esthétiques et nécessite leur remplacement. Ce phénomène
d'éclaircissement est observé même quand un prétraitement par polissage pour rendre
les pierres bleues plus foncées a été appliqué. Ceci est en partie dû à la pollution,
aux intempéries et aux contraintes que peuvent subir la surface des pierres bleues
lorsqu'elles sont posées à l'extérieur.
[0008] Il existe un réel besoin de fournir un procédé de traitement de surface de roche
plus efficace, encore plus rentable et qui permet d'augmenter la durée de vie du produit
final. De plus, il existe aussi un besoin de fournir un procédé adapté à la formation
d'une surface antidérapante, tout en assurant que la teinte foncée de la roche soit
conservée au cours du temps, en particulier lorsque la roche est exposée en milieu
extérieur.
[0009] Pour résoudre ces problèmes, il est prévu selon la présente invention un procédé
de surfaçage d'une roche, de préférence une roche sédimentaire carbonatée calcaire
fossilifère à crinoïdes, présentant au moins une surface à traiter dans un dispositif
de traitement de surface comprenant une unité de flammage suivie d'une unité de traitement
par jet d'eau, ledit procédé comprenant successivement les étapes suivantes:
- amenée de ladite roche sur une bande transporteuse, présentant une vitesse de déplacement
prédéterminée selon un plan A, en direction de ladite unité de flammage qui comporte
au moins une tête de flammage munie d'au moins deux buses de flammage, de préférence
au moins 3 buses de flammage, alimentées en combustible et en comburant et faisant
face à ladite au moins une surface à traiter, ladite tête de flammage étant agencée
pour être orientée dans le sens de déplacement de ladite bande transporteuse par inclinaison
selon un angle prédéfini,
- flammage de ladite au moins une surface au moyen de ladite tête de flammage conférant
une teinte foncée et mat à ladite au moins une surface,
- amenée de ladite roche présentant ladite au moins une surface traitée par flamme en
direction de ladite unité de traitement par jet d'eau qui comporte une tête à jet
d'eau munie de plusieurs ouvertures,
- application d'au moins un jet d'eau à haute pression au moyen de ladite tête à jet
d'eau en direction de ladite au moins une surface préalablement traitée par flamme
pour former sur ladite au moins une surface de ladite roche une structure rugueuse,
et
- obtention d'une roche de teinte d'ensemble gris anthracite, constellée de plusieurs
fragments fossiles, de cristaux, de préférence de type calcite, dont les plans de
clivage scintillent à la lumière et présentant un relief de surface antidérapante.
[0010] Le procédé selon l'invention est plus rentable par rapport aux procédés de traitement
connus étant donné qu'il peut être appliqué sur des roches qui sont normalement mises
au rebut. Cela est totalement surprenant au vu de l'état de l'art. En effet, il est
connu que, certaines roches, comme par exemple, les pierres bleues, présentent en
leur sein des défauts comme par exemple des veines charbonneuses, généralement de
couleur noire. En plus d'être inesthétiques, ces défauts représentent des points de
faiblesse qui peuvent réduire la résistance de la pierre bleue aux contraintes extérieures.
Typiquement, ces types de roche ne sont généralement pas valorisées sont donc déclassées
car elles ne présentent pas un niveau de qualité suffisant pour les sélectionneurs
de roche, plus particulièrement de tranche.
[0011] Pour ces raisons, ces roches présentant des veines sont donc placées au rebut par
les exploitants de roches car leur utilisation ne peut être valorisée, ce qui engendre
un sérieux manque à gagner pour les exploitants de ces roches.
[0012] Or, le procédé selon l'invention permet justement de valoriser ce produit, normalement
mis au rebut, par l'application d'une première étape de flammage suivie d'une étape
de traitement par jet d'eau.
[0013] En effet, le procédé selon l'invention a pour effet de décaper la surface en enlevant
les parties de roche pouvant présenter des points de faiblesse, sans pour autant affecter
la roche en profondeur. Il en résulte notamment que la résistance de la roche traitée
en est renforcée. Ce procédé permet dès lors de diminuer la quantité de roches placées
au rebut, après extraction dans des carrières. Les exploitants de roches et particulièrement
de pierres bleues peuvent ainsi commercialiser une plus grande quantité de roches,
ce qui augmente la valeur de ce produit, et rentabilise le procédé d'extraction de
roche à partir de carrières.
[0014] En outre, le procédé suivant l'invention permet de fournir une roche dont au moins
une des surfaces, la surface traitée, présente une teinte foncée, de préférence gris
anthracite. Cette teinte est particulièrement recherchée par le consommateur.
[0015] A ce propos, il a été constaté que le procédé suivant l'invention permet d'augmenter
la durée du produit final obtenu étant donné que la conservation de la teinte foncée
est garantie au cours du temps. Il a pu être mis en évidence que la teinte foncée
de roche, par exemple de pierres bleues traitées par le procédé selon l'invention,
se maintient significativement plus longtemps au cours du temps, même en conditions
extérieures, par rapport à des roches similaires, pour lesquelles un autre procédé
de surfaçage (un polissage par exemple) a été appliqué dans le même but.
[0016] Enfin, le fait d'appliquer une étape de flammage et ensuite de traitement à jet d'eau
permet de conférer une certaine rugosité à la surface traitée de la roche, ce qui
lui donne des propriétés antidérapantes.
[0017] Il a également été observé que le traitement de surfaçage suivant l'invention permet
d'obtenir des pierres bleues dont la surface est constellée de plusieurs fragments
fossiles, de cristaux, de préférence de type calcite, dont les plans de clivage scintillent
à la lumière. Cet effet de scintillement à la lumière est particulièrement inattendu.
[0018] De préférence, ladite étape de flammage s'accompagne d'une addition d'une quantité
d'eau, de préférence froide, sur ladite au moins une surface de ladite roche pour
provoquer un choc de température.
[0019] Il a été observé que l'application d'eau, de préférence froide sur la surface de
la roche traitée, provoque un phénomène d'écaillement de la surface. Cet écaillement
provient du choc thermique créé par l'application d'eau après le passage de la flamme
durant l'étape de flammage. Cet écaillement permet à la fois de procurer une certaine
rugosité à la surface de la pierre et de diminuer encore un peu plus la présence de
défauts tels que les veines charbonneuses à la surface de la roche traitée. Ce phénomène
est particulièrement étonnant étant donné qu'il est connu de l'état de l'art que les
chocs thermiques doivent être à tous prix évités de manière à préserver la résistance
de la roche.
[0020] De préférence, ladite tête de flammage est en outre agencée pour être déplacée transversalement
par rapport au sens de déplacement de ladite bande transporteuse selon une vitesse
de translation comprise entre 45 et 120 cm/min, de préférence entre 50 et 100 cm/min,
plus préférentiellement entre 65 et 90 cm/min, plus préférentiellement encore égale
à 75 cm/min.
[0021] Le déplacement transversal de la tête de flammage permet de traiter l'ensemble de
ladite au moins une surface de manière sensiblement homogène.
[0022] De préférence, lesdites ouvertures de ladite tête à jet d'eau sont montées rotatives
et présentent chacune une vitesse de rotation comprise entre 300 tours/minute et 700
tours/minute, de préférence entre 400 tours/minute et 600 tours/minute, plus préférentiellement
entre 450 et 550 tours/min.
[0023] Cela permet de choisir la vitesse de rotation la plus adéquate pour fournir un rendu
de surface tel que souhaité.
[0024] Avantageusement, ladite vitesse de ladite bande transporteuse est comprise entre
50 cm/min et 150 cm/min, de préférence entre 100 cm/min et 110 cm/min.
[0025] Cela permet de gérer le temps d'exposition ou de traitement de ladite roche dans
chaque unité, en l'occurrence de flammage et de traitement par jet d'eau.
[0026] De manière préférentielle, ladite roche se présente sous la forme d'une tranche obtenue
par découpe de ladite roche, ladite tranche présentant une épaisseur comprise entre
1 et 30 cm, de préférence allant de 1,5 cm à 20 cm, plus préférentiellement comprise
entre 3 et 10 cm.
[0027] Il est préférable d'opter pour une tranche avec une épaisseur comprise dans l'une
des plages susvisées pour pouvoir fournir un produit final qui puisse être utilisé
dans divers domaines d'application.
[0028] De préférence, ladite tête de flammage est inclinée dans le sens de déplacement de
ladite bande transporteuse selon un angle compris entre 0 et 75°, de préférence entre
10 et 45°, plus préférentiellement entre 15 et 35°, défini par rapport à un axe perpendiculaire
audit plan A.
[0029] Cela permet de traiter ladite au moins une surface avec un angle de flamme qui puisse
permettre de donner une structure de surface bien précise. Le but étant de fournir
un produit final antidérapant.
[0030] Avantageusement, chaque buse de ladite tête de flammage présente une extrémité distale
située à une distance de ladite au moins une surface de ladite roche, ladite distance
étant comprise entre 25 et 35 mm, de préférence entre 29 et 31 mm.
[0031] De préférence, ladite tête de flammage est munie de 3 buses disposées de façon à
former les arêtes d'un triangle.
[0032] De manière avantageuse, chaque buse de ladite tête de flammage présente un diamètre
d'ouverture compris entre 3,5 et 4,5 mm, de préférence entre 3,8 et 4 mm.
[0033] De préférence, chaque buse de ladite tête de flammage présente une longueur comprise
entre 70 et 90 mm, de préférence entre 75 et 85 mm, plus préférentiellement entre
79 et 81 mm.
[0034] De manière avantageuse, l'étape de flammage est réalisée à une température comprise
entre 0 °C et 4000 °C, de préférence comprise entre 1000°C et 3000°C, de manière encore
plus préférentielle entre 1000 et 1500 °C.
[0035] De préférence, le procédé selon l'invention comprend une étape d'alimentation desdites
buses avec un mélange propylène/oxygène, de préférence dans un rapport 1,1 : 5 (exprimé
en volume).
[0036] D'autres formes de réalisation du procédé suivant l'invention sont indiquées dans
les revendications annexées.
[0037] La présente invention concerne également une pierre sédimentaire carbonatée calcaire
fossilifère à crinoïdes obtenue par le procédé selon la présente invention, caractérisée
en ce qu'elle présente un coefficient de friction d'au moins 0,71 et un angle de glissance
d'au moins 35 ° évalué selon la norme DIN 51130, ce qui correspond à une classe de
résistance à la glissance R13.
[0038] D'autres formes de réalisation de la pierre obtenue directement par le procédé suivant
l'invention sont indiquées dans les revendications annexées.
[0039] La présente invention se rapporte aussi à une pierre sédimentaire carbonatée calcaire
fossilifère à crinoïdes pouvant être obtenue selon l'une quelconque des revendications
précédentes de teinte d'ensemble gris anthracite, constellée de plusieurs fragments
fossiles, de cristaux de calcite dont les plans de clivage scintillent à la lumière
et présentant un relief de surface antidérapant, obtenue par l'application d'un flammage
suivie d'un jet d'eau à haute pression.
[0040] De préférence, la pierre susvisée présente en outre une variation de mesure colorimétrique
mesurée selon la norme DIN 6174, inférieure ou égale à 1, après avoir été exposée
en milieu extérieur pendant une période de deux mois.
[0041] La variation de mesure colorimétrique est déterminée en soustrayant la valeur colorimétrique
indiquée après 2 mois d'exposition en milieu extérieur à celle prise, au temps zéro,
en l'occurrence avant exposition en milieu extérieur. La soustraction de ces deux
valeurs étant inférieure ou égale à 1.
[0042] Avantageusement, ladite pierre présente un relief de surface compris entre 0 et 1
mm, de préférence entre 0,1 et 0,8 mm.
[0043] D'autres formes de réalisation de la pierre pouvant être obtenue suivant l'invention
sont indiquées dans les revendications annexées.
[0044] Une roche sédimentaire carbonatée calcaire fossilifère à crinoïdes a été extraite
sous forme de bloc au sein d'une carrière puis placée dans une unité de coupe où la
roche est récupérée sous la forme de tranche présentant une épaisseur comprise entre
1,5 et 20 cm.
[0045] Ainsi, plusieurs tranches sont récupérées et nécessitent d'être visuellement évaluée
par des experts afin de les classer selon leur degré de qualité.
[0046] Les tranches qui présentent le plus faible degré de qualité et devant normalement
être mises au rebut sont conservées pour être traitées et ainsi valorisées à l'aide
du procédé suivant la présente invention. De telles tranches présentent des veines
foncées voire de teinte noire.
[0047] Dans le procédé selon l'invention, ces tranches présentant des veines peuvent être
placées dans le dispositif de traitement selon l'invention qui comprend deux unités.
La première unité de flammage comprend une tête de flammage munie de trois buses disposées
l'une par rapport à l'autre de sorte à constituer les sommets d'un triangle. La deuxième
unité est une zone de traitement par jet d'eau. La combinaison de ces deux traitements
constitue le coeur de la présente invention.
[0048] En pratique, la tranche est amenée sur une bande transporteuse qui présente une vitesse
de déplacement comprise entre 50 cm/minute et 150 cm/minute selon un plan A, en direction
de ladite unité de flammage. La tête de flammage est alimentée en combustible et en
comburant pour que les buses puissent générer une flamme qui fait face à la surface
de la tranche. De plus, la tête de flammage a préalablement été manipulée pour être
inclinée dans le sens de déplacement de ladite bande transporteuse selon un compris
entre 15 et 45 °, par rapport à un axe perpendiculaire au plan A.
[0049] De plus, la tête de flammage se déplace par translation, transversalement au plan
A (dans le sens de la largeur de la tranche) pour balayer la tranche dans toute sa
largeur. De cette façon, le traitement par flamme est réalisé de manière homogène,
c'est-à-dire sur toute la surface à traiter, à une température comprise entre 1000
et 4000 °C.
[0050] Lors de cette étape de flammage, celle-ci peut s'accompagner d'une addition d'eau
qui est injectée en surface de la tranche traitée par flamme afin de former un écaillement
de la surface.
[0051] Après le passage dans l'unité de flammage, la tranche est amenée vers l'unité de
traitement par jet d'eau qui comporte une tête à jet d'eau munie de plusieurs ouvertures.
Cette étape est réalisée avec une pression de jet d'eau comprise entre 500 et 2000
bars, de préférence d'environ 1000 bars pour conférer le caractère rugueux à la surface
de la tranche.
[0052] Cela permet d'obtenir une roche de teinte de teinte d'ensemble gris anthracite, constellée
de plusieurs fragments fossiles, de cristaux, de préférence de type calcite, dont
les plans de clivage scintillent à la lumière et présentant un relief de surface antidérapante.
[0053] De préférence, lesdites ouvertures de ladite tête à jet d'eau sont chacune formées
d'une buselure à jet d'eau et sont montées sur un plateau. De préférence, ledit plateau
comprend 20 buselures.
[0054] De préférence, ledit plateau présente une vitesse de rotation comprise entre 300
tours/minute et 700 tours/minute, de préférence entre 400 tours/minute et 600 tours/minute,
plus préférentiellement entre 450 et 550 tours/minute.
[0055] Avantageusement, chaque buse de ladite tête de flammage présente une extrémité distale
située à une distance de ladite au moins une surface de ladite roche, ladite distance
étant comprise entre 25 et 35 mm, de préférence entre 29 et 31 mm.
[0056] De manière particulière, ladite tête de flammage est munie de 3 buses disposées de
façon à former les arêtes d'un triangle.
[0057] Avantageusement encore, chaque buse de ladite tête de flammage présente un diamètre
d'ouverture compris entre 3,5 et 4,5 mm, de préférence entre 3,8 et 4 mm.
[0058] De plus, chaque buse de ladite tête de flammage peut présenter une longueur comprise
entre 70 et 90 mm, de préférence entre 75 et 85 mm, plus préférentiellement entre
79 et 81 mm.
[0059] D'autres caractéristiques, détails et avantages de l'invention ressortiront de la
description donnée ci-après, à titre non limitatif et en faisant référence aux dessins
annexés.
[0060] Dans le cadre de la présente invention la détermination d'une valeur colorimétrique
peut être réalisée à l'aide d'un spectrophotomètre, par exemple de marque MiniScan®
EZ fourni par HunterLab.
[0061] Le principe de mesure consiste à déterminer la couleur sur une échelle allant de
0 à 100, où 0 correspond à la couleur noire et 100 à la couleur blanche.
[0062] Dans le cadre de la présente invention le relief de surface compris entre 0 et 1
mm, de préférence entre 0,1 et 0,8 mm est déterminé à l'aide d'un palpeur de profil
présentant des graduations, comme par exemple le Profilmeister fourni par Staba.
[0063] A l'aide de cet outil, il est possible de déterminer le relief de surface de la roche
de manière précise.
La figure 1 est une vue en perspective de l'unité de flammage du dispositif de traitement
de surface selon l'invention en présence d'une tranche de roche dont la surface doit
être traitée.
La figure 2 est une vue en coupe transversale de la tête de flammage selon l'invention.
La figure 1 représente une unité de flammage 3 selon l'invention comprenant une tête
de flammage 5 et une bande transporteuse 4 convoyant une roche 1 coupée en tranche
d'une certaine épaisseur 7 dans la direction x.
[0064] La tête de flammage 5 est inclinée selon un angle prédéfini y défini par rapport
à un axe perpendiculaire B audit plan A et comprend trois buses 6 de flammage dirigées
vers la surface 2 de la roche 1, devant être traitée.
[0065] La figure 2 est une coupe transversale à travers les 3 buses de flammage 6 de la
tête de flammage 5 disposées de manière à former les sommets d'un triangle.
Exemple 1
[0066] Une roche sédimentaire carbonatée calcaire fossilifère à crinoïdes a été extraite
sous forme de bloc au sein d'une carrière puis est sciée de manière à former une tranche
de 1,5 cm d'épaisseur. La tranche est ensuite amenée dans le dispositif de traitement
de surface.
[0067] La tranche est placée sur une bande transporteuse se déplaçant à une vitesse de 105
cm/min et est d'abord introduite dans une unité de flammage qui est pourvue d'une
tête de flammage présentant trois buses disposées en triangle, ayant chacune un diamètre
d'ouverture de 3,98 mm et une longueur de 80 mm. Les buses de flammage sont alimentées
par un mélange d'oxygène et de propylène (5 :1,1; v/v) et génèrent une flamme ayant
une hauteur de 30 mm en direction de la surface de la tranche afin de la traiter.
La tête de flammage est inclinée relativement à un plan perpendiculaire à ladite surface
de ladite tranche selon un angle de 71°. De plus, la tête de flammage est disposée
à une distance de 30 mm par rapport à la surface de la tranche traitée.
[0068] Pendant l'étape de flammage, la tête de flammage effectue un mouvement de translation
à une vitesse de 75 cm/min dans une direction perpendiculaire à la direction dans
laquelle la tranche est transportée grâce à la bande transporteuse. Lors du passage
de la flamme, de l'eau de distribution à environ 10 °C est appliquée sur la surface
de la roche par à un jet d'eau.
[0069] La tranche est ensuite convoyée par la bande transporteuse vers l'unité de traitement
par jet d'eau. Une tête à jet d'eau comportant une série de buses génère au moins
un jet d'eau à une pression de 1000 bars en direction de la surface de la tranche.
Pendant l'étape de traitement par jet d'eau, la tête à jet d'eau effectue également
un mouvement de translation à une vitesse de 40 cm/min dans une direction perpendiculaire
à la direction dans laquelle la tranche est transportée par la bande transporteuse.
De plus, la tête à jet d'eau comprend un plateau rotatif comprenant 20 buselures formant
autant d'ouvertures à partir desquelles des jets d'eau sont dirigés vers la surface
de la tranche. De plus, en cours de traitement, le plateau rotatif effectue un mouvement
de rotation à une vitesse de 500 T/min et se trouve à une distance de 30 mm de la
surface de la tranche traitée.
[0070] En fin de traitement, la tranche obtenue après traitement présente une teinte d'ensemble
gris anthracite profond et est constellée de nombreux fragments fossiles, de cristaux
de calcite qui ont des plans de clivage scintillant à la lumière. La surface de la
tranche présente un coefficient de friction d'au moins 0,71 et un angle de glissance
d'au moins 35 ° évalué selon la norme DIN 51130, ce qui correspond à une classe de
résistance à la glissance R13. L'indice de colorimétrie mesuré, de préférence selon
la norme DIN 6174, est de 39,985 à l'aide d'un spectrophotomètre de marque MiniScan®
EZ fourni pas HunterLab. L'échelle de couleur choisie présente une valeur de zéro
pour la couleur noire et une valeur égale à 100 pour la couleur blanche.
Exemple comparatif
[0071] Les conditions de l'exemple 1 ont été reproduites, excepté qu'une étape de ponçage
a été réalisée à la place du flammage et du jet d'eau.
[0072] Les durées de vie (par mesure de colorimétrie) d'une roche sédimentaire carbonatée
calcaire fossilifère à crinoïdes traitée suivant l'exemple 1 et d'une roche sédimentaire
carbonatée calcaire fossilifère à crinoïdes traitée suivant l'exemple comparatif ont
été comparées.
[0073] Pour cela, deux dalles ont été placées proches l'une de l'autre en extérieur, de
manière à ce qu'elles subissent toutes les deux les mêmes conditions extérieures en
termes d'exposition aux UV, à la pluie, au vent et à la pollution.
[0074] Avant exposition extérieure, la surface traitée de la dalle selon l'exemple 1 présente
une valeur colorimétrique de 39,985 et une valeur de 40,240 après 2 mois d'exposition.
[0075] La surface traitée de la tranche selon l'exemple comparatif présente, avant exposition,
une valeur colorimétrique de 24,751 et, après exposition durant un mois, une valeur
de 30,506.
1. Procédé de surfaçage d'une roche (1), de préférence une roche (1) sédimentaire carbonatée
calcaire fossilifère à crinoïdes, présentant au moins une surface (2) à traiter dans
un dispositif de traitement de surface comprenant une unité de flammage (3) suivie
d'une unité de traitement par jet d'eau, ledit procédé comprenant successivement les
étapes suivantes :
- amenée de ladite roche (1) sur une bande transporteuse (4), présentant une vitesse
de déplacement (x) prédéterminée selon un plan A, en direction de ladite unité de
flammage (3) qui comporte au moins une tête de flammage (5) munie d'au moins deux
buses de flammage (6), de préférence au moins 3 buses de flammage (6), alimentées
en combustible et en comburant et faisant face à ladite au moins une surface (2) à
traiter, ladite tête de flammage (5) étant agencée pour être orientée dans le sens
de déplacement de ladite bande transporteuse (4) par inclinaison selon un angle prédéfini,
- flammage de ladite au moins une surface (2) au moyen de ladite tête de flammage
(5) conférant une teinte foncée et mat à ladite au moins une surface (2),
- amenée de ladite roche (1) présentant ladite au moins une surface (2) traitée par
flamme en direction de ladite unité de traitement par jet d'eau qui comporte une tête
à jet d'eau munie de plusieurs ouvertures,
- application d'au moins un jet d'eau à haute pression au moyen de ladite tête à jet
d'eau en direction de ladite au moins une surface (2) préalablement traitée par flamme
pour former sur ladite au moins une surface (2) de ladite roche (1) une structure
rugueuse, et
- obtention d'une roche de teinte d'ensemble gris anthracite, constellée de plusieurs
fragments fossiles, de cristaux, de préférence de type calcite, dont les plans de
clivage scintillent à la lumière et présentant un relief de surface antidérapante.
2. Procédé selon la revendication 1, dans lequel ladite étape de flammage est poursuivie
en appliquant une quantité d'eau, de préférence froide, sur ladite au moins surface
(2) de ladite roche (1) pour provoquer un choc de température.
3. Procédé selon la revendication 1 ou 2, dans lequel ladite tête de flammage (5) est
en outre agencée pour être déplacée transversalement par rapport au sens de déplacement
de ladite bande transporteuse (4) selon une vitesse de translation comprise entre
45 et 120 cm/min, de préférence entre 50 et 100 cm/min, plus préférentiellement entre
65 et 90 cm/min, plus préférentiellement encore égale à 75 cm/min.
4. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel lesdites
ouvertures de ladite tête à jet d'eau sont montées rotatives et présentent chacune
une vitesse de rotation comprise entre 300 tours/minute et 700 tours/minute, de préférence
entre 400 tours/minute et 600 tours/minute, plus préférentiellement entre 450 et 550
tours/min.
5. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel ladite
vitesse (x) de ladite bande transporteuse (4) est comprise entre 50 cm/min et 150
cm/min, de préférence entre 100 cm/min et 110 cm/min.
6. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel ladite
roche (1) se présente sous la forme d'une tranche obtenue par découpe de ladite roche
(1), ladite tranche présentant une épaisseur comprise entre 1 et 30 cm, de préférence
allant de 1,5 cm à 20 cm, plus préférentiellement comprise entre 3 et 10 cm.
7. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel ladite
tête de flammage (5) est inclinée dans le sens de déplacement de ladite bande transporteuse
(4) selon un angle (y) compris entre 0 et 75°, de préférence entre 10 et 45°, plus
préférentiellement entre 15 et 35°, défini par rapport à un axe (B) perpendiculaire
audit plan A.
8. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel chaque
buse (6) de ladite tête de flammage (5) présente une extrémité distale située à une
distance de ladite au moins une surface (2) de ladite roche (1), ladite distance étant
comprise entre 25 et 35 mm, de préférence entre 29 et 31 mm.
9. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel ladite
tête de flammage (5) est munie de 3 buses (6) disposées de façon à former les arêtes
d'un triangle.
10. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel chaque
buse (6) de ladite tête de flammage (5) présente un diamètre d'ouverture compris entre
3,5 et 4,5 mm, de préférence entre 3,8 et 4 mm.
11. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel chaque
buse (6) de ladite tête de flammage (5) présente une longueur comprise entre 70 et
90 mm, de préférence entre 75 et 85 mm, plus préférentiellement entre 79 et 81 mm.
12. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel l'étape
de flammage est réalisée à une température comprise entre 0 °C et 4000 °C, de préférence
comprise entre 1000°C et 3000°C, de manière encore plus préférentielle entre 1000°C
et 1500°C.
13. Pierre sédimentaire carbonatée calcaire fossilifère à crinoïdes obtenue par le procédé
selon l'une quelconque des revendications 1 à 12, caractérisée en ce qu'elle présente caractérisée en ce qu'elle présente un coefficient de friction d'au moins 0,71 et un angle de glissance
d'au moins 35 ° évalué selon la norme DIN 51130, ce qui correspond à une classe de
résistance à la glissance R13.
14. Pierre sédimentaire carbonatée calcaire fossilifère à crinoïdes pouvant être obtenue
selon l'une quelconque des revendications précédentes de teinte d'ensemble gris anthracite,
constellée de plusieurs fragments fossiles, de cristaux de calcite dont les plans
de clivage scintillent à la lumière et présentant un relief de surface antidérapant,
obtenue par l'application d'un flammage suivie d'un jet d'eau à haute pression, et
présentant en outre une variation de mesure colorimétrique, de préférence mesurée
selon la norme DIN6174, inférieure ou égale à 1, après avoir été exposée en milieu
extérieur pendant une période de deux mois.
15. Pierre bleue selon la revendication 14, présentant relief de surface compris entre
0 et 1 mm, de préférence entre 0,1 et 0,8 mm.