DOMAINE DE L'INVENTION
[0001] L'invention a trait au domaine de l'horlogerie. Elle concerne, plus précisément,
un mécanisme de répétition pour une pièce d'horlogerie à sonnerie, l'expression «
pièce d'horlogerie » désignant de préférence une montre (à bracelet ou à gousset),
mais pouvant également désigner une pendule ou encore une horloge.
ART ANTERIEUR
[0002] Le mécanisme à répétition (couramment simplement dénommé répétition) a pour fonction,
sur commande de l'utilisateur (ou porteur) exerçant à tout instant une pression sur
un poussoir, de sonner l'heure indiquée à cet instant par les aiguilles de la pièce
d'horlogerie.
[0003] La répétition est une complication horlogère d'un raffinement extrême, dont la maîtrise
honore l'horloger qui en est à l'origine. Jadis destinée à permettre la connaissance
de l'heure dans l'obscurité, la répétition équipe aujourd'hui les montres de grande,
voire très grande valeur.
[0004] Il existe plusieurs types de répétition. Dans
Les Montres Compliquées (Ed. Simonin, cinquième édition, 2013), F. Lecoultre en compte
cinq, mais en distingue essentiellement deux (les moins rares) :
- la répétition à minutes, qui, outre les heures, fait tinter toutes les minutes,
- la répétition à quarts, qui, outre les heures, fait tinter le(s) quart(s) écoulé(s)
puis les éventuelles minutes résiduelles.
[0005] Quel qu'en soit le type, un mécanisme à répétition comprend classiquement :
- au moins un limaçon des heures,
- au moins une pièce des heures portant un palpeur des heures et montée en rotation
autour d'un axe des heures entre :
- une position de repos dans laquelle le palpeur des heures est écarté angulairement
du limaçon des heures, et
- une position de lecture dans laquelle le palpeur des heures vient au contact du limaçon
des heures,
- un ressort des heures qui rappelle la pièce des heures vers sa position de lecture,
- et un barillet de sonnerie, couplé à la pièce des heures pour la solliciter vers sa
position de repos.
[0006] En l'absence d'action du porteur, la pièce des heures est dans sa position de repos.
[0007] Le déplacement du poussoir provoque une rotation forcée du barillet de sonnerie,
la pièce des heures étant elle-même déplacée vers sa position de lecture à l'encontre
du ressort.
[0008] Le relâchement du poussoir est accompagné du retour de la pièce des heures vers sa
position de repos. Chemin faisant, la pièce des heures engrène (directement ou indirectement)
un marteau frappant un timbre un nombre de fois égal au nombre d'heures lues sur le
limaçon et proportionnel à la course angulaire parcourue par la pièce des heures entre
ses deux positions (lecture, repos).
[0009] Dans la répétition dite antique, le couplage du barillet à la pièce des heures s'effectuait
au moyen d'une bascule et d'une chaîne, comme expliqué par F. Lecoultre (op.cit.,
pp.68-69 et figure 19, planche 17).
[0010] Ce couplage a, dans les répétitions modernes, été remplacé par une crémaillère et
un rouage, comme l'explique également F. Lecoultre (op.cit., pp.73-74). Deux ressorts
antagonistes sont prévus : un ressort de barillet qui sollicite la pièce des heures
vers sa position de repos, et un ressort des heures qui la sollicite vers sa position
de lecture. L'actionnement du barillet par le porteur, tout en armant le ressort de
barillet, libère le ressort des heures qui rappelle la pièce des heures vers sa position
de lecture. Le relâchement du barillet libère au contraire le ressort de barillet,
qui rappelle la pièce des heures vers sa position de repos (à l'encontre du ressort
des heures), cependant que se déroule la sonnerie de l'heure.
[0011] Il a récemment été proposé un tout nouveau mécanisme de répétition, qui équipe la
montre Breguet modèle 7087 « Tradition », et dans lequel le rouage est remplacé par
une transmission à chaîne.
[0012] Cette transmission est à ne pas confondre avec la chaîne de la répétition antique
évoquée ci-dessus, car elle fonctionne à l'inverse.
[0013] Plus précisément, dans cette répétition, le barillet comprend :
- un arbre de barillet,
- un tambour de barillet,
- un ressort de barillet dont une extrémité interne est solidaire de l'arbre de barillet
et une extrémité externe est solidaire du tambour de barillet,
- une poulie couplée en rotation à l'arbre de barillet et sur laquelle s'enroule la
chaîne.
[0014] La chaîne est accrochée, par une extrémité proximale, sur la poulie et, par une extrémité
distale, sur la pièce des heures. En l'absence d'action du porteur sur le poussoir,
le ressort de barillet tend la chaîne qui maintient la pièce des heures dans sa position
de repos. L'action du porteur sur un poussoir provoque la rotation forcée de l'arbre
de barillet, ce qui libère la chaîne et donc la pièce des heures, laquelle est rappelée
vers sa position de lecture par le ressort des heures.
[0015] Lorsque le porteur relâche le poussoir, le ressort de barillet, dont le couple moteur
exercé sur l'arbre de barillet est supérieur au couple résistant exercé par le ressort
des heures sur la pièce des heures, rappelle celle-ci vers sa position de repos. Chemin
faisant, l'heure est sonnée.
[0016] La lecture (et le tintement) des quarts et/ou des minutes suit le même principe,
avec un limaçon des quarts (respectivement des minutes) et une pièce des quarts (respectivement
des minutes) portant un palpeur des quarts (respectivement des minutes) apte à venir,
dans une position de lecture, au contact du limaçon des quarts (respectivement des
minutes).
[0017] Ce mécanisme présente un avantage en termes d'encombrement et de montage. En effet,
la chaîne, qui fait le lien mécanique entre le barillet d'une part et la pièce des
heures d'autre part, permet de les positionner à distance l'un de l'autre. Il est
ainsi possible, quel que soit le positionnement de la pièce des heures dans la carrure,
de placer le barillet au plus près du poussoir, ce qui évite d'avoir recours à de
complexes renvois à leviers, au bénéfice de la fiabilité de la montre.
[0018] Cependant, on note dans ce mécanisme de légères variations dans la fréquence des
tintements lors de la sonnerie. Il est connu d'équiper le mécanisme d'un régulateur,
qui permet de compenser une partie de ces variations. Cependant, une mesure précise
montre qu'en dépit du régulateur la fréquence des tintements n'est pas parfaitement
constante.
[0019] Un premier objectif est par conséquent, dans un mécanisme de répétition à chaîne,
de minimiser encore les variations de fréquence dans les tintements de la sonnerie.
[0020] Un deuxième objectif est, plus précisément, de minimiser les variations dans les
efforts auxquels est soumise la chaîne.
RESUME DE L'INVENTION
[0021] A cet effet, il est proposé, en premier lieu, un mécanisme de répétition pour une
pièce d'horlogerie à sonnerie, qui comprend :
- un limaçon des heures,
- une pièce des heures portant un palpeur des heures et montée en rotation autour d'un
axe des heures entre :
- une position de repos dans laquelle le palpeur des heures est écarté angulairement
du limaçon des heures,
- une position de lecture dans laquelle le palpeur des heures vient au contact du limaçon
des heures,
- un ressort des heures, qui rappelle la pièce des heures vers sa position de lecture,
- une poulie montée en rotation autour d'un axe et qui définit un chemin de came périphérique
qui s'étend en spirale autour de cet axe,
- une chaîne apte à s'enrouler partiellement sur la poulie, la chaîne étant accrochée,
par une extrémité proximale, sur la poulie et, par une extrémité distale, sur la pièce
des heures,
- un ressort de rappel couplé à la poulie, et par lequel celle-ci sollicite, via la
chaîne, la pièce des heures vers sa position de repos.
[0022] Grâce au chemin de came, il est possible de compenser les variations du couple moteur
généré par le ressort de barillet sur l'arbre de barillet, ce qui permet de minimiser
les variations de l'effort de traction généré sur la chaîne par la poulie. Il en résulte,
lors de la sonnerie, des tintements à fréquence extrêmement régulière.
[0023] Diverses caractéristiques supplémentaires peuvent être prévues, seules ou en combinaison.
[0024] Ainsi, par exemple, la poulie et la chaîne définissent conjointement, sur le chemin
de came, un point de contact dont la distance à l'axe de barillet diminue avec l'enroulement
de la chaîne. Dans ce cas, le chemin de came permet de compenser la diminution du
couple moteur généré par le ressort de barillet.
[0025] La variation de la distance du point de contact à l'axe de barillet varie dans une
proportion comprise, de préférence, entre 5% et 20%.
[0026] La variation de la distance à l'axe de la poulie en fonction de l'enroulement de
la chaîne est avantageusement linéaire.
[0027] Selon un mode particulier de réalisation, le mécanisme de répétition comprend :
- un barillet de sonnerie incluant :
- un arbre de barillet qui définit un axe de barillet confondu avec l'axe de la poulie,
- un tambour de barillet,
- un ressort de barillet dont une extrémité interne est solidaire de l'arbre de barillet
et une extrémité externe est solidaire du tambour de barillet,
- la poulie couplée en rotation au ressort de barillet.
[0028] Il est proposé, en deuxième lieu, une pièce d'horlogerie, telle qu'une montre, équipée
d'un mécanisme de répétition tel que présenté ci-dessus.
BREVE DESCRIPTION DES FIGURES
[0029] D'autres objets et avantages de l'invention apparaîtront à la lumière de la description
d'un mode de réalisation, faite ci-après en référence aux dessins annexés dans lesquels
:
- la figure 1 est une vue en perspective montrant partiellement une montre équipée d'un
mécanisme de répétition,
- la figure 2 est une vue en perspective du mécanisme de répétition seul, à plus grande
échelle,
- la figure 3 est une vue en perspective du mécanisme de répétition, partiellement dénudé
pour plus de clarté sur son architecture et son fonctionnement,
- la figure 4 est une vue en perspective du mécanisme de la figure 3, selon un autre
angle de vue,
- la figure 5 est une vue en coupe partielle montrant le mécanisme de répétition, selon
le plan de coupe V-V de la figure 3,
- la figure 6 est un tracé illustrant la forme du chemin de came,
- la figure 7 est une vue de détail en coupe, dans le même plan que la figure 5, montrant
la poulie dans une position de déroulement complet de la chaîne, laquelle est schématisée
sous forme d'un trait gras,
- la figure 8 est un diagramme montrant les variations de la distance, au centre de
rotation de la poulie, du point de contact avec la chaîne,
- les figures 9, 10 et 11 sont des vues similaires à la figure 8, illustrant l'enroulement
progressif de la chaîne sur la poulie.
DESCRIPTION DETAILLEE DE L'INVENTION
[0030] Sur la figure 1 est partiellement représentée une pièce d'horlogerie, en l'espèce
une montre 1. La montre 1 comprend une carrure 2 qui définit un volume 3 interne.
Dans l'exemple illustré, la montre 1 est conçue pour le port au poignet, et sa carrure
2 comprend à cet effet des cornes 4 en saillie, sur lesquelles est destiné à venir
se fixer un bracelet (non représenté).
[0031] La montre 1 comprend un mouvement d'horlogerie conçu pour indiquer au moins les heures
et les minutes. Le mouvement comprend une platine destinée à venir se loger dans le
volume 3 interne défini par la carrure 2, en y étant fixé.
[0032] Le mouvement comprend par ailleurs divers composants fonctionnels regroupés par sous-ensembles.
Lorsqu'un sous-ensemble a une autre fonction que d'afficher les heures, les minutes
et, le cas échéant, les secondes, il est appelé « complication ».
[0033] Ainsi, la pièce d'horlogerie (c'est-à-dire la montre 1) illustrée est à sonnerie,
et comprend, aux fins de sonner l'heure courante, un mécanisme de répétition, également
appelé « complication à répétition » ou, plus simplement (et comme employé ci-après),
« répétition » 5.
[0034] La répétition 5 comprend, en premier lieu, au moins un limaçon 6 des heures. Ce limaçon
6 est monté en rotation sur un axe A1. Il présente une forme générale spiralée et
comprend sur sa périphérie une succession de douze secteurs angulaires de distances
décroissantes à l'axe A1.
[0035] Le limaçon 6 des heures est solidaire en rotation d'une étoile 7 des heures qui comprend
douze dents pointues.
[0036] Dans l'exemple illustré sur la figure 2, la répétition 5 comprend également un limaçon
8 des quarts, monté en rotation autour d'un axe A2. Le limaçon 8 des quarts comprend
quatre secteurs angulaires de distances décroissantes à l'axe A2, séparés par des
faces de jonction lisses.
[0037] La répétition 5 comprend en outre un limaçon 9 des minutes, solidaire en rotation
du limaçon 8 des quarts et qui comprend quatre branches crantées sur leur pourtour,
séparés par des faces de jonction lisses qui s'étendent dans le prolongement des faces
de jonction du limaçon 8 des quarts.
[0038] Le limaçon 8 des quarts porte au voisinage de sa périphérie un doigt qui, à chaque
tour, vient engrener une dent de l'étoile 7 des heures pour faire tourner celle-ci
d'un douzième de tour représentant une avancée d'une heure.
[0039] La répétition 5 comprend, en deuxième lieu, une pièce 10 des heures, montée en rotation
autour d'un axe A3 et portant un palpeur 11 des heures.
[0040] La pièce 10 des heures est montée en rotation autour de son axe A3 entre :
- une position de repos (en trait plein sur la figure 5) dans laquelle le palpeur 11
des heures est écarté angulairement du limaçon 6 des heures, et
- une position de lecture (en pointillés sur la figure 5) dans laquelle le palpeur 11
des heures vient au contact du limaçon 6 des heures.
[0041] Comme illustré sur les figure 2 et figure 3, la pièce 10 des heures comprend un secteur
12 denté couplé à un dispositif 13 de régulation (ou régulateur) via un rouage 14
de transmission. Dans l'exemple illustré, le régulateur 13 comprend un rotor 15 monté
en rotation dans un stator 16.
[0042] Le régulateur 13 est de préférence magnétique ; il comprend, dans ce cas, un rotor
15 monté en rotation dans un stator 16. Le rotor 15 présente une vitesse de rotation
limite, déterminée par un équilibre entre la force centrifuge appliquée à des masselottes
mobiles ferromagnétiques montées sur le rotor 15, et une force contre-électromotrice
générée dans les masselottes par des courants de Foucault induits par un champ magnétique
alterné produit par des couples d'aimants dont est pourvu le stator 16.
[0043] La pièce 10 des heures comprend un bras 17 extérieur pourvu d'un râteau 18 des heures,
constitué de douze dents en saillie. Lors du retour de la pièce 10 des heures de sa
position de lecture à sa position de repos, le râteau 18 des heures actionne un marteau
des heures (non représenté) qui vient frapper un timbre des heures diapasonné à une
fréquence acoustique prédéterminée, éventuellement amplifiée par une pièce structurelle
de la montre 1 (par ex. la carrure 2). Le marteau des heures frappe le timbre des
heures un nombre de fois (compris entre un et douze) égal au nombre de dents du râteau
18 qui l'ont actionné lors du retour de la pièce 10 des heures de sa position de lecture
à sa position de repos.
[0044] La répétition 5 comprend, en quatrième lieu, un ressort 19 des heures, qui rappelle
la pièce 10 des heures vers sa position de lecture. Dans l'exemple illustré, le ressort
19 des heures est un ressort spiral. Il est avantageusement fixé sur la pièce 10 des
heures par une extrémité 20 interne, et sur un axe solidaire de la platine par une
extrémité 21 externe.
[0045] La répétition 5 comprend, dans l'exemple illustré sur la figure 2, une pièce 22 des
quarts portant un palpeur 23 des quarts et montée en rotation autour de l'axe A3 entre
:
- une position de repos dans laquelle le palpeur 23 des quarts est écarté angulairement
du limaçon 8 des quarts, et
- une position de lecture dans laquelle le palpeur 23 des quarts vient au contact du
limaçon 8 des quarts.
[0046] La répétition comprend en outre, dans l'exemple illustré sur la figure 2, une pièce
24 des minutes portant un palpeur 25 des minutes et montée en rotation autour de l'axe
A3 entre :
- une position de repos dans laquelle le palpeur 25 des minutes est écarté angulairement
du limaçon 9 des minutes, et
- une position de lecture dans laquelle le palpeur 25 des minutes vient au contact du
limaçon 9 des minutes.
[0047] La répétition comprend en outre, dans l'exemple illustré sur la figure 2, une pièce
24 des minutes portant un palpeur 25 des minutes et montée en rotation autour de l'axe
A3 entre :
- une position de repos dans laquelle le palpeur 25 des minutes est écarté angulairement
du limaçon 9 des minutes, et
- une position de lecture dans laquelle le palpeur 25 des minutes vient au contact du
limaçon 9 des minutes.
[0048] La répétition 5 comprend également un ressort 26 des quarts qui rappelle la pièce
22 des quarts vers sa position de lecture, et un ressort 27 des minutes qui rappelle
la pièce 24 des minutes vers sa position de lecture.
[0049] La pièce 24 des minutes est pourvue, sur un bras 28 extérieur, d'un râteau 29 des
minutes, constitué de quatorze dents en saillie. Lors du retour de la pièce 24 des
minutes de sa position de lecture à sa position de repos, le râteau 29 des minutes
actionne un marteau des minutes (non représenté) qui vient frapper un timbre des minutes
diapasonné à une fréquence acoustique prédéterminée différente (par ex. inférieure)
à la fréquence acoustique du timbre des heures. Le marteau des minutes frappe le timbre
des minutes un nombre de fois (compris entre zéro et quatorze) égal au nombre de dents
du râteau 29 des minutes qui l'ont actionné lors du retour de la pièce 24 des minutes
de sa position de lecture à sa position de repos.
[0050] La pièce 22 des quarts est pourvue, sur un bras 30 extérieur, d'un râteau 31 des
quarts, constitué de trois séries de dents en saillie. Lors du retour de la pièce
22 des quarts de sa position de lecture à sa position de repos, le râteau 31 des quarts
actionne presque simultanément le marteau des heures et le marteau des minutes pour
générer une séquence rapprochée de deux notes. Le marteau des heures et le marteau
des minutes frappent leurs timbres respectifs un nombre de fois (compris entre zéro
et trois) égal au nombre de séries de dents du râteau 31 des quarts qui les ont actionnés
lors du retour de la pièce 22 des quarts de sa position de lecture à sa position de
repos.
[0051] Comme on le voit sur la figure 2, la pièce 10 des heures, la pièce 22 des quarts
et la pièce 24 des minutes, montées en rotation sur le même axe A3, sont décalées
angulairement l'une par rapport à l'autre, de manière telle que, lors de leur rotation
solidaire autour de l'axe A3, les lectures interviennent successivement dans l'ordre
suivant : minutes ; quarts ; heures. La sonnerie est cependant effectuée dans l'ordre
inverse : heures; quarts; minutes.
[0052] La répétition 5 comprend, en cinquième lieu, un barillet 32 de sonnerie.
[0053] Le barillet 32 de sonnerie est monté en rotation autour d'un axe A4 de barillet.
Le barillet 32 de sonnerie est un sous-ensemble qui comprend plusieurs composants,
parmi lesquels :
- un arbre 33 de barillet,
- un tambour 34 de barillet,
- un ressort 35 de barillet dont une extrémité 36 interne est solidaire de l'arbre 33
de barillet et une extrémité 37 externe est solidaire du tambour 34 de barillet, et
- une poulie 38 définit un chemin 39 de came périphérique.
[0054] L'arbre 33 de barillet et le tambour 34 de barillet sont tous deux montés en rotation
autour de l'axe A4 de barillet.
[0055] La poulie 38 est couplée en rotation à l'arbre 33 de barillet. La poulie 38 est montée
autour d'un axe de rotation qui est ici confondu avec l'axe A4 de barillet.
[0056] La répétition 5 comprend, en sixième lieu, une chaîne 40 apte à s'enrouler partiellement
sur la poulie 38, et plus précisément sur le chemin 39 de came. La chaîne 40 est accrochée,
par une extrémité 41 proximale, sur la poulie 38 et, par une extrémité 42 distale,
sur la pièce 10 des heures.
[0057] La chaîne 40 comprend une pluralité de maillons 43 articulés les uns par rapport
aux autres. Le maillon 43 situé à l'extrémité 41 proximale de la chaîne 40 est fixé
sur une goupille 44 solidaire de la poulie 38. Le maillon 43 situé à l'extrémité 42
distale de la chaîne 40 est quant à lui fixé sur une goupille 45 solidaire du bras
17 extérieur de la pièce 10 des heures.
[0058] Selon un mode de réalisation illustré sur les figure 2 à figure 5, la répétition
5 comprend un palier 46 de renvoi sur lequel circule la chaîne 40, entre le barillet
32 de sonnerie et la pièce 10 des heures. Ce palier 46 de renvoi se présente avantageusement
sous forme d'un roulement (par ex. à billes).
[0059] Comme illustré sur les figure 2 à figure 4, le tambour 34 de barillet porte, sur
sa périphérie, une couronne 47 dentée à denture asymétrique, et la répétition 5 comprend
un cliquet 48 de blocage en prise avec cette couronne 47 dentée, pour bloquer la rotation
du tambour 34 de barillet dans le sens de déroulement de la chaîne 40.
[0060] Ainsi que représenté sur la figure 4, la répétition 5 comprend, en septième lieu
:
- une crémaillère 49 montée en rotation autour d'un axe A5 de crémaillère fixe, et pourvue
d'un secteur 50 denté,
- un rouage 51 de sonnerie en relation d'engrenage d'une part avec la crémaillère 49
et d'autre part avec l'arbre 33 de barillet.
[0061] La crémaillère 49 présente une forme de crochet. La crémaillère 49 est pourvue d'un
alésage 52 par lequel elle est montée sur son axe A5. De part et d'autre de cet alésage
52, la crémaillère 48 comprend un levier 53 portant à son extrémité un bouton 54 (qui,
dans l'exemple illustré, est rapporté et chassé dans un trou formé dans l'extrémité
du levier 53), et un bras 55 coudé dans lequel est formé le secteur 50 denté.
[0062] La crémaillère 49 est montée en rotation autour de son axe A5 entre une position
de repos (figure 4) et une position d'armement complet.
[0063] Selon un mode de réalisation illustré sur la figure 4, le rouage 51 de sonnerie comprend
un pignon 56 d'entrée engrenant la crémaillère 49, et un pignon 57 de sortie solidaire
en rotation de l'arbre 33 de barillet.
[0064] Dans l'exemple illustré, le rouage 51 de sonnerie comprend en outre un pignon 58
multiplicateur (partiellement arraché sur la figure 4) solidaire en rotation du pignon
56 d'entrée et engrenant le pignon 57 de sortie.
[0065] Comme on le voit également sur la figure 4, la crémaillère 49 est avantageusement
pourvue, à l'extrémité libre du secteur 50 denté, d'une butée 59 d'arrêt, qui se présente
ici sous forme d'une pièce rapportée chassée, et qui, en position d'armement complet
de la crémaillère 49, vient se caler contre le pignon 56 d'entrée qui forme ainsi
une butée de fin de course pour celle-ci.
[0066] Comme illustré sur la figure 1, la montre 1 est équipée d'un poussoir 60. Ce poussoir
60 est monté en translation par rapport à la carrure 2 entre :
- une position désarmée dans laquelle le poussoir 60 n'exerce pas de couple moteur sur
la crémaillère 49, et
- une position d'armement dans laquelle le poussoir 60 exerce sur la crémaillère 49,
via le bouton 54, une poussée (indiquée par la flèche blanche en bas à gauche sur
la figure 4 et en bas à droite sur la figure 5) générant un couple moteur qui entraîne
en rotation l'arbre 33 de barillet via le rouage 51 de sonnerie.
[0067] L'actionnement de la répétition 5 s'effectue par pression du doigt sur le poussoir
60. Le poussoir 60 repousse le bouton 54 qui, via le levier 53, fait pivoter la crémaillère
49 autour de son axe A5. La crémaillère 49 entraîne en rotation, par l'engrènement
de son secteur 50 denté, le pignon 56 d'entrée, rotation que le pignon 58 multiplicateur,
solidaire de ce dernier, transmet au pignon 57 de sortie, lequel entraîne dans sa
rotation l'arbre 33 de barillet (dans le sens de la flèche F1 sur la figure 5) avec
la poulie 38 qui lui est solidaire. La rotation forcée de la crémaillère 49 et des
pièces qu'elle entraîne se fait à l'encontre du couple de rappel imposé par le ressort
35 de barillet, dont l'extrémité 36 interne tourne avec l'arbre 33 de barillet tandis
que l'extrémité 37 externe demeure fixe avec le tambour 34 de barillet bloqué par
le cliquet 48 en prise avec la couronne 47 dentée. On comprend par conséquent que
la rotation de la crémaillère 49 a pour effet d'armer le ressort 35 de barillet.
[0068] La chaîne 40, tractée (dans le sens de la flèche F2 sur la figure 5) du côté de son
extrémité 42 distale par la pièce 10 des heures, elle-même rappelée en rotation (dans
le sens de la flèche F3 sur la figure 5) vers sa position de lecture par le ressort
19 des heures, se déroule de la poulie 38.
[0069] Parvenue à la position de lecture, dans laquelle le palpeur 11 des heures vient au
contact du limaçon 6 des heures, la pièce 10 des heures est stoppée, cependant que,
le cas échéant, la pièce 22 des quarts et la pièce 24 des minutes peuvent continuer
leur rotation, respectivement rappelées vers leurs positions de lecture par le ressort
26 des quarts et le ressort 27 des minutes, jusqu'à ce que le palpeur 23 des quarts
et le palpeur 25 des minutes parviennent au contact, respectivement, du limaçon 8
des quarts et du limaçon 9 des minutes.
[0070] Le relâchement du poussoir 60 libère le ressort 35 de barillet, dont l'extrémité
37 externe demeure fixe avec le tambour 34 de barillet et dont l'extrémité 36 interne
entraîne en rotation l'arbre 33 de barillet (dans le sens opposé à la flèche F1) et
avec lui la poulie 38 (dans le même sens de rotation). Comme le couple de rappel imposé
à la poulie par le ressort 35 de barillet est supérieur (voire très supérieur) au
couple résistant opposé à la pièce 10 des heures par le ressort 19 des heures, la
poulie 38 tracte (dans le sens opposé à la flèche F2) la chaîne 40 qui s'y enroule
en entraînant avec elle la pièce 10 des heures en rotation autour de son axe A3 (dans
le sens opposé à la flèche F3), jusqu'à ce que la pièce 10 des heures atteigne sa
position de repos, à laquelle elle parvient en venant buter contre le palier 46 de
renvoi, ce qui bloque la répétition 5.
[0071] Pendant la course accompagnant le relâchement du poussoir 60, la pièce 10 des heures,
la pièce 22 des quarts et la pièce 24 des minutes ont, ensemble (et de la manière
expliquée plus haut) sonné l'heure affichée.
[0072] C'est pour que la sonnerie soit réalisée à une fréquence aussi régulière que possible
que la répétition 5 est pourvue du régulateur 13.
[0073] Cependant le régulateur 13 n'est pas suffisant, car il s'avère que le couple moteur,
noté C, induit sur l'arbre 33 de barillet par le ressort 35 de barillet, n'est pas
constant selon la position angulaire, notée A, de la poulie 38, mesurée par référence
à la position d'armement (pour laquelle, par convention, A=0). Dans ce qui suit, on
appelle « Angle de poulie » cette position A angulaire.
[0074] Comme on le voit sur la figure 2 à la figure 5, la chaîne 40 présente une section
40.1 droite, qui s'étend entre la poulie 38 et le palier 46 de renvoi, et une section
40.2 curviligne, enroulée sur la poulie 38 (et plus exactement sur le chemin 39 de
came) dans le prolongement de la section 40.1 droite.
[0075] La poulie 38 et la chaîne 40 définissent conjointement, sur le chemin 39 de came,
un point M de contact. Ce point M de contact est situé à la limite de l'enroulement
de la chaîne 38.
[0076] Le point M de contact est le point du chemin 39 de came où la chaîne 40 débute son
enroulement sur la poulie 38 ou, ce qui revient au même, le point où la chaîne 40
quitte la poulie 38. En d'autres termes, le point M de contact est situé à la jonction
entre la section 40.1 droite et la section 40.2 curviligne. Selon la position angulaire
de la poulie 38, le lieu du point M sur le chemin 39 de came se déplace.
[0077] Le couple C moteur est transmis par l'arbre 33 de barillet à la poulie 38, qui lui
est couplée en rotation autour de l'axe A4 de barillet. La poulie 38 exerce à son
tour, en raison du couple C moteur généré par le ressort 35 de barillet, un effort
de traction, noté T. Cet effort T de traction est appliqué au point M de contact,
dans l'axe de la section 40.1 droite. On note L et on appelle « levier » la distance
du point M de contact à l'axe A4 de barillet.
[0078] Compte tenu de ces des notations, l'effort T de traction se déduit du couple C par
la formule classique suivante :

[0079] Comme le couple C moteur n'est pas constant suivant l'angle A de poulie, il en résulte
que, si le levier L était constant, l'effort T de traction ne serait pas constant
non plus suivant l'angle A de poulie.
[0080] Tel est la fonction du chemin 39 de came : faire varier le levier L pour compenser
la variation du couple C et ainsi minimiser les variations de l'effort T de traction.
[0081] Plus précisément, il a été constaté que le couple C moteur diminue au fur et à mesure
qu'augmente l'angle A de poulie, en partant de la position désarmée (illustrée sur
la figure 7).
[0082] C'est pourquoi le chemin 39 de came s'étend en spirale autour de l'axe A4 de barillet.
Plus précisément, le levier L diminue avec l'enroulement de la chaîne 40 (c'est-à-dire
au fur et à mesure qu'augmente l'angle A de poulie). En d'autres termes, la distance
à l'axe A4 de barillet du point M de contact est une fonction décroissante de l'angle
A de poulie.
[0083] On a tracé sur la figure 8 une courbe représentant les variations du levier L (placée
en ordonnée, dont l'axe est gradué en millimètres dans l'exemple illustré) en fonction
de l'angle A de poulie (placé en abscisse, dont l'axe est gradué en degrés dans l'exemple
illustré). On note Li le levier (dit « initial ») mesuré lorsque l'angle A de poulie
est nul (en position désarmée correspondant au déroulement de la poulie 38, figure
8) et Lf le levier (dit « final ») mesuré lorsque l'angle A est maximum (en position
armée correspondant à l'enroulement total de la poulie 38, figure 11).
[0084] Le levier L varie de préférence dans une proportion comprise entre 5% et 20%. Cette
variation peut sembler faible, mais elle est suffisante pour compenser les variations
du couple C moteur et permettre de rendre à peu près constante la traction T exercée
sur la chaîne 40 par la poulie 38 rappelée par le ressort 35 de barillet.
[0085] Dans un mode particulier de réalisation :

[0086] La variation du levier L est donc, dans cet exemple, d'environ 14% mais cet exemple
ne saurait être limitatif car il dépend des performances du ressort 35.
[0087] Comme cela a déjà été suggéré, un ressort déformé tend à reprendre une configuration
d'équilibre stable en générant un couple de rappel qui n'est pas constant selon sa
déformation. Un examen plus précis montre qu'en général la variation du couple de
rappel généré par un ressort en fonction de sa déformation n'est globalement pas linéaire
mais peut l'être localement.
[0088] On comprend donc que si l'on peut maintenir le ressort 35 dans une gamme de déformation
où la variation du couple généré est linéaire, il est possible de concevoir une poulie
39 dont le levier L varie également de manière linéaire en fonction de l'angle A de
poulie. En d'autres termes, le chemin 39 de came est en spirale d'Archimède.
[0089] Ainsi, dans l'exemple illustré sur la figure 8, on a représenté par une courbe la
variation du levier L en fonction de l'angle A de poulie. On voit que, dans cet exemple,
le levier L varie linéairement en fonction de l'angle A de poulie, ce qui correspond
à un chemin 39 de came en spirale d'Archimède.
[0090] Un exemple de construction du chemin 39 de came est illustré sur les dessins, et
plus particulièrement sur la figure 6. Dans cet exemple, le chemin 39 de came s'étend
sur un secteur S angulaire dont l'amplitude est inférieure à 360° (c'est-à-dire que
le chemin 39 de came est prévu pour remplir sa fonction sur moins d'un tour de poulie
38 autour de l'axe A4 de barillet.
[0091] Dans l'exemple illustré sur les figures 7 à 10, qui correspond à une poulie dont
les variations du levier L sont illustrées sur la figure 6, l'amplitude de la course
angulaire de la poulie 38 est de 270° environ.
[0092] Les bénéfices de cette architecture ont déjà été évoqués ; nous les rappelons :
- minimisation des variations de la fréquence (c'est-à-dire du nombre de tintements
par seconde - ou par minute) des tintements de sonnerie,
- minimisation des variations des efforts dans la chaîne. On peut noter que cela a notamment
pour conséquence de limiter la fatigue mécanique dans la chaîne, et donc d'augmenter
sa durée de vie.
[0093] On notera que l'architecture qui vient d'être décrite peut admettre des variantes
sans sortir du cadre de l'invention.
[0094] Ainsi, il est envisageable de remplacer le barillet 32 par un autre sous-ensemble
ayant la même fonction motrice. Un tel sous-ensemble comprend par exemple un ressort-poutre
fonctionnant en flexion, et auquel est couplée la poulie 38 par l'intermédiaire d'une
ou plusieurs pièces de liaison transformant le mouvement de flexion du ressort-poutre
en mouvement de rotation de la poulie 38. La fonction d'un tel ressort-poutre est
la même que celle du ressort 35 de barillet : solliciter, via la poulie 38 et la chaîne
40, la pièce 10 des heures vers sa position de repos.