Domaine technique
[0001] L'invention a trait au domaine de l'horlogerie. Elle concerne, plus précisément,
un mécanisme de répétition pour une pièce d'horlogerie à sonnerie, l'expression «
pièce d'horlogerie » désignant de préférence une montre (à bracelet ou à gousset),
mais pouvant également désigner une pendule ou encore une horloge.
Arrière-plan technologique
[0002] Le mécanisme à répétition (couramment simplement dénommé répétition) a pour fonction,
sur commande de l'utilisateur (ou porteur) exerçant à tout instant une pression sur
un poussoir (ou une targette), de sonner l'heure indiquée à cet instant par les aiguilles
de la pièce d'horlogerie.
[0003] La répétition est une complication horlogère d'un raffinement extrême, dont la maîtrise
honore l'horloger qui en est à l'origine. Jadis destinée à permettre la connaissance
de l'heure dans l'obscurité, la répétition équipe aujourd'hui les montres de grande,
voire très grande valeur.
[0004] Une répétition comprend classiquement :
- un limaçon des heures;
- une pièce des heures pourvue d'un secteur denté et portant un palpeur des heures,
la pièce des heures étant montée en rotation entre une position de repos fixe, dans
laquelle le palpeur des heures est écarté angulairement du limaçon des heures, et
une position de lecture dans laquelle le palpeur des heures vient au contact du limaçon
des heures.
[0005] En l'absence d'action du porteur, la pièce des heures est dans sa position de repos.
[0006] Le déplacement du poussoir (ou de la targette) provoque une rotation forcée (généralement
par le biais d'un ressort de rappel appelé ressort des heures) de la pièce des heures,
initialement bloquée en position de repos, vers sa position de lecture.
[0007] Le relâchement du poussoir (ou de la targette) est accompagné du retour de la pièce
des heures (généralement rappelée par un ressort de barillet, qui génère un couple
de rappel supérieur au couple résistant opposé par le ressort des heures) vers sa
position de repos.
[0008] Chemin faisant, la pièce des heures engrène (directement ou indirectement) un marteau
frappant un timbre un nombre de fois égal au nombre d'heures lues sur le limaçon et
proportionnel à la course angulaire parcourue par la pièce des heures entre ses deux
positions (lecture, repos).
[0009] La fréquence de frappe du marteau est proportionnelle à la vitesse de rotation de
la pièce des heures. Par conséquent, si la pièce des heures est laissée libre, elle
subit, lors de son retour à sa position de repos, une accélération qui augmente la
fréquence de frappe du marteau. Ce phénomène, appelé emballement, rend inaudible la
sonnerie lorsqu'augmente le nombre d'heures à faire tinter.
[0010] On comprend donc que, pour faire tinter les heures à fréquence fixe, il convient
de freiner la pièce des heures pour en réguler la vitesse angulaire et ainsi éviter
son emballement.
[0011] Ce problème, connu de longue date, a été d'abord résolu au moyen d'un régulateur
à échappement, décrit notamment par
C.-A. Reymondin et al dans Théorie d'Horlogerie, Fédération des Ecoles Techniques,
2015, p.222 et par
F. Lecoultre dans Les Montres Compliquées, éd. Simonin, cinquième édition, 2013, p.74
et Fig.22, Planche 19.
[0012] Mais, comme l'indique Lecoultre, le régulateur à échappement a pour inconvénient
d'être bruyant, ce que Charles-Ami Barbezat-Baillot résolut en 1889 en le remplaçant
par un régulateur à force centrifuge comprenant une paire de leviers mobiles rappelés
par des ressorts. Ce régulateur - qui est somme toute un volant d'inertie - est décrit
sommairement par Lecoultre (op.cit., p.74 et Fig.23 Planche 19), et en détail par
Barbezat-Baillot lui-même dans son brevet CH 334.
[0013] La manufacture Breguet devait ensuite perfectionner ce régulateur en lui associant
un frein magnétique, ce qui permettait de le miniaturiser (brevet européen
EP 2487547).
[0014] Cependant le régulateur, qu'il soit à échappement, à force centrifuge ou magnétique,
ne peut correctement remplir sa fonction qu'à condition de tourner à très grande vitesse
(de l'ordre de 1000 à 2000 tr/min). Cette vitesse est atteinte au moyen d'un rouage
de transmission, qui engrène d'une part la pièce des heures et d'autre part le régulateur.
Il en résulte un problème technique car, parvenue à sa position de repos, la pièce
des heures s'arrête net. Elle stoppe alors le régulateur, via le rouage de transmission.
On peut aisément comprendre que le régulateur subit alors une forte décélération.
Répétées, les décélérations induisent dans les composants du régulateur une fatigue
mécanique préjudiciable à leur tenue à long terme. On peut par ailleurs noter que
l'arrêt brusque du régulateur produit, inversement, un contre-coup qui se transmet
à la pièce des heures via le rouage de transmission qui l'amplifie. Ce contre-coup
(également appelé coup de bélier) se traduit, sur la pièce des heures, par des chocs
sur son secteur denté. Répétés, ces chocs induisent dans le secteur denté une fatigue
mécanique préjudiciable à son fonctionnement à long terme.
[0015] Un premier objectif de l'invention est, dans une répétition, de minimiser la fatigue
mécanique de ses composants mobiles.
[0016] Un deuxième objectif est, plus précisément, d'éviter les décélérations brusques du
régulateur et les coups de bélier générés dans la pièce des heures par son arrêt brusque
en fin de course.
Résumé de l'invention
[0017] Il est proposé, en premier lieu, un mécanisme de répétition pour une pièce d'horlogerie
à sonnerie, qui comprend :
- un limaçon des heures;
- une pièce des heures pourvue d'un secteur denté et portant un palpeur des heures,
la pièce des heures étant montée en rotation entre une position de repos fixe, dans
laquelle le palpeur des heures est écarté angulairement du limaçon des heures, et
une position de lecture dans laquelle le palpeur des heures vient au contact du limaçon
des heures;
- un dispositif de régulation de la vitesse angulaire de la pièce des heures, qui comprend
un rotor et un système de freinage du rotor;
- un rouage de transmission intercalé entre la pièce des heures et le rotor, et qui
comprend un mobile primaire débrayable pouvant adopter deux configurations :
- une configuration embrayée dans laquelle le mobile primaire accouple la pièce des
heures et le rotor tant que la pièce des heures se déplace de sa position de lecture
à sa position de repos; et
- une configuration débrayée dans laquelle le mobile primaire désaccouple le rotor et
la pièce des heures dès lors que celle-ci s'arrête en position de repos.
[0018] Ainsi, lorsque la pièce des heures se déplace de sa position de lecture à sa position
de repos, elle entraîne, via le rouage de transmission dont le mobile primaire est
en configuration embrayée, le rotor qui en régule la vitesse angulaire et permet le
tintement de l'heure courante à fréquence fixe. En revanche, dès lors que la pièce
des heures s'arrête en position de repos, le mobile primaire, en configuration débrayée,
permet au rotor de poursuivre sa rotation en roue libre, ce qui élimine les chocs
dus à l'arrêt de la pièce des heures.
[0019] Selon un mode particulier de réalisation, le mobile primaire comprend :
- une roue d'entrée primaire, montée en rotation autour d'un axe primaire et reliée
à la pièce des heures;
- une roue de sortie primaire mobile en rotation par rapport à la roue primaire d'entrée
et reliée au rotor; et
- un train épicycloïdal primaire, unidirectionnel, interposé entre la roue d'entrée
primaire et la roue de sortie primaire.
[0020] Le train épicycloïdal primaire comprend par ex. une roue planétaire primaire solidaire
en rotation de la roue de sortie primaire, et un ou plusieurs pignons satellites primaires
montés sur la roue d'entrée primaire et engrenant la roue planétaire primaire.
[0021] La roue planétaire primaire est avantageusement à denture symétrique, tandis que
le (ou chaque) pignon satellite primaire est à denture asymétrique. Les pignons satellites
primaires sont par ex. au nombre de trois.
[0022] Le rouage de transmission peut en outre comprend un mobile secondaire intercalé entre
le mobile primaire et la pièce des heures, ce mobile secondaire comprenant un pignon
d'entrée secondaire monté en rotation autour d'un axe secondaire et qui engrène le
secteur denté de la pièce des heures, et une roue de sortie secondaire reliée au mobile
primaire.
[0023] Le mobile secondaire est de préférence débrayable. Dans ce cas, la roue de sortie
secondaire est par ex. mobile en rotation par rapport au pignon d'entrée secondaire,
et le mobile secondaire comprend un train épicycloïdal secondaire, unidirectionnel,
interposé entre le pignon d'entrée secondaire et la roue de sortie secondaire.
[0024] Le train épicycloïdal secondaire comprend par ex. une roue planétaire secondaire
solidaire en rotation du pignon d'entrée secondaire, et un ou plusieurs pignons satellites
secondaires montés en rotation sur la roue de sortie secondaire et engrenant la roue
planétaire secondaire.
[0025] La roue planétaire secondaire est avantageusement à denture symétrique, tandis que
le (ou chaque) pignon satellite secondaire est à denture asymétrique. Les pignons
satellites secondaires sont par ex. au nombre de trois.
[0026] Selon un mode de réalisation, le rouage de transmission comprend en outre un mobile
moyen intercalé entre le mobile primaire et le mobile secondaire. Le mobile moyen
comprend par ex. un pignon moyen monté en rotation autour d'un axe moyen, et une roue
moyenne solidaire en rotation du pignon moyen et engrenant le mobile primaire.
[0027] Le mobile primaire comprend avantageusement un pignon primaire, solidaire de la roue
d'entrée primaire et engrené par la roue moyenne.
[0028] Il est proposé, en deuxième lieu, une pièce d'horlogerie, telle qu'une montre, équipée
d'un mécanisme de répétition tel que présenté ci-dessus.
Brève description des figures
[0029] D'autres objets et avantages de l'invention apparaîtront à la lumière de la description
d'un mode de réalisation, faite ci-après en référence aux dessins annexés dans lesquels
:
- la FIG.1 est une vue en perspective montrant partiellement une montre équipée d'un
mécanisme de répétition;
- la FIG.2 est une vue en perspective du mécanisme de répétition seul, à plus grande
échelle;
- la FIG.3 est une vue en perspective du mécanisme de répétition, partiellement dénudé
pour plus de clarté sur son fonctionnement;
- la FIG.4 est une vue en perspective du mécanisme de la FIG.3, selon un autre angle
de vue;
- la FIG.5 est une vue en perspective éclatée montrant la pièce des heures, le dispositif
de régulation et le rouage de transmission, avec, dans le médaillon de détail en bas
à gauche, un gros plan sur le mobile primaire débrayable;
- la FIG.6 est une vue en perspective éclatée montrant les composants de la FIG.5 selon
un autre angle de vue;
- la FIG.7 est une vue en plan de dessous montrant la pièce des heures, le rouage de
transmission et le rotor en position de repos de la pièce des heures, avant son actionnement;
- la FIG.8 est une vue en plan de dessus des composants de la FIG.7;
- la FIG.9 et la FIG.10 sont des vues similaires respectivement à la FIG.7 et à la FIG.8,
illustrant l'actionnement de la pièce des heures, qui se déplace vers sa position
de lecture;
- la FIG.11 et la FIG.12 sont est des vues similaires respectivement à la FIG.9 et à
la FIG.10, illustrant le mouvement inverse de la pièce des heures, et son retour en
direction de sa position de repos;
- la FIG.13 et la FIG.14 sont des vues similaires respectivement à la FIG.11 et à la
FIG.12, illustrant l'arrêt brusque de la pièce des heures revenue à sa position de
repos.
Description détaillée de l'invention
[0030] Sur la FIG.1 est partiellement représentée une pièce d'horlogerie, en l'espèce une
montre 1. La montre 1 comprend une carrure 2 qui définit un volume 3 interne. Dans
l'exemple illustré, la montre est conçue pour le port au poignet, et sa carrure comprend
à cet effet des cornes 4 en saillie, sur lesquelles est destiné à venir se fixer un
bracelet (non représenté).
[0031] La montre 1 comprend un mouvement d'horlogerie conçu pour indiquer au moins les heures
et les minutes. Le mouvement comprend une platine destinée à venir se loger dans le
volume 3 interne défini par la carrure 2, en y étant fixé.
[0032] Le mouvement comprend par ailleurs divers composants fonctionnel regroupés par sous-ensembles.
Lorsqu'un sous-ensemble a une autre fonction que d'afficher les heures, les minutes
et, le cas échéant, les secondes, il est appelé « complication ».
[0033] Ainsi, la pièce d'horlogerie (c'est-à-dire la montre 1) illustrée est à sonnerie,
et comprend, aux fins de sonner l'heure courante, un mécanisme de répétition, également
appelé « complication à répétition » ou, plus simplement (et comme employé ci-après),
« répétition » 5.
[0034] La répétition 5 comprend, en premier lieu, au moins un limaçon 6 des heures. Ce limaçon
6 est monté en rotation sur un axe A1. Il présente une forme générale spiralée et
comprend sur sa périphérie une succession de douze secteurs angulaires de distances
décroissantes à l'axe A1. Le limaçon 6 des heures est solidaire en rotation d'une
étoile 7 des heures qui comprend douze dents pointues.
[0035] Dans l'exemple illustré, la répétition 5 comprend également un limaçon 8 des quarts,
monté en rotation autour d'un axe A2. Le limaçon 8 des quarts comprend quatre secteurs
angulaires de distances décroissantes à l'axe A2, séparés par des faces de jonction
lisses.
[0036] La répétition 5 comprend en outre un limaçon 9 des minutes, solidaire en rotation
du limaçon 8 des quarts et qui comprend quatre branches crantées sur leur pourtour,
séparés par des faces de jonction lisses qui s'étendent dans le prolongement des faces
de jonction du limaçon 8 des quarts.
[0037] Le limaçon 8 des quarts porte au voisinage de sa périphérie un doigt qui, à chaque
tour, vient engrener une dent de l'étoile 7 des heures pour faire tourner celle-ci
d'un douzième de tour représentant une avancée d'une heure.
[0038] La répétition 5 comprend, en deuxième lieu, une pièce 10 des heures, montée en rotation
autour d'un axe A3 et portant un palpeur 11 des heures.
[0039] La pièce 10 des heures est montée en rotation autour de son axe A3 entre une position
de repos, dans laquelle le palpeur 11 des heures est écarté angulairement du limaçon
6 des heures, et une position de lecture dans laquelle le palpeur 11 des heures vient
au contact du limaçon 6 des heures.
[0040] Comme illustré sur la FIG.3, la pièce des heures 10 comprend un secteur 12 denté
couplé à un dispositif 13 de régulation (ou régulateur) via un rouage 14 de transmission.
Dans l'exemple illustré, le régulateur 13 comprend un rotor 15 monté en rotation dans
un stator 16. Le régulateur 13 sera décrit plus en détail ci-après.
[0041] La pièce 10 des heures comprend un bras 17 extérieur pourvu d'un râteau 18 des heures
constitué de douze dents en saillie. Lors du retour de la pièce des heures de sa position
de lecture à sa position de repos, le râteau 18 des heures actionne un marteau des
heures (non représenté) qui vient frapper un timbre des heures diapasonné à une fréquence
acoustique prédéterminée, éventuellement amplifiée par une pièce structurelle de la
montre 1 (par ex. la carrure 2). Le marteau des heures frappe le timbre des heures
un nombre de fois (compris entre un et douze) égal au nombre de dents du râteau 18
qui l'ont actionné lors du retour de la pièce 10 des heures de sa position de lecture
à sa position de repos.
[0042] La répétition 5 comprend, en quatrième lieu, un ressort 19 des heures, qui rappelle
la pièce 10 des heures vers sa position de repos. Dans l'exemple illustré, le ressort
19 des heures est un ressort spiral. Il est avantageusement fixé sur la pièce des
heures par une extrémité 20 interne, et sur un axe solidaire de la platine par une
extrémité 21 externe.
[0043] La répétition 5 comprend, dans l'exemple illustré sur la FIG.2, une pièce 22 des
quarts portant un palpeur 23 des quarts et montée en rotation autour de l'axe A3 entre
une position de repos, dans laquelle le palpeur des quarts est écarté angulairement
du limaçon 8 des quarts, et une position de lecture dans laquelle le palpeur des quarts
vient au contact du limaçon 8 des quarts.
[0044] La répétition comprend en outre, dans l'exemple illustré sur la FIG.2, une pièce
24 des minutes portant un palpeur 25 des minutes et montée en rotation autour de l'axe
A3 entre une position de repos, dans laquelle le palpeur 25 des minutes est écarté
angulairement du limaçon 9 des minutes, et une position de lecture dans laquelle le
palpeur des minutes vient au contact du limaçon des minutes.
[0045] La répétition 5 comprend également un ressort 26 des quarts qui rappelle la pièce
22 des quarts vers sa position de repos, et un ressort 27 des minutes qui rappelle
la pièce 24 des minutes vers sa position de repos.
[0046] La pièce 24 des minutes est pourvue, sur un bras 28 extérieur, d'un râteau 29 des
minutes constitué de quatorze dents en saillie. Lors du retour de la pièce 24 des
minutes de sa position de lecture à sa position de repos, le râteau des minutes actionne
un marteau des minutes (non représenté) qui vient frapper un timbre des minutes diapasonné
à une fréquence prédéterminée différente (par ex. inférieure) à la fréquence acoustique
du timbre des heures. Le marteau des minutes frappe le timbre des minutes un nombre
de fois (compris entre zéro et quatorze) égal au nombre de dents du râteau des minutes
qui l'ont actionné lors du retour de la pièce des minutes de sa position de lecture
à sa position de repos.
[0047] La pièce 22 des quarts est pourvue, sur un bras 30 extérieur, d'un râteau 31 des
quarts constitué de trois séries de dents en saillie. Lors du retour de la pièce des
quarts de sa position de lecture à sa position de repos, le râteau des quarts actionne
presque simultanément le marteau des heures et le marteau des minutes pour générer
une séquence rapprochée de deux notes. Le marteau des heures et le marteau des minutes
frappent leurs timbres respectifs un nombre de fois (compris entre zéro et trois)
égal au nombre de séries de dents du râteau des quarts qui les ont actionnés lors
du retour de la pièce 22 des quarts de sa position de lecture à sa position de repos.
[0048] Comme on le voit sur la FIG.2, la pièce 10 des heures, la pièce 22 des quarts et
la pièce 24 des minutes, montées en rotation sur le même axe A3, sont décalées angulairement
l'une par rapport à l'autre, de manière telle que, lors de leur rotation solidaire
autour de l'axe A3, les lectures interviennent successivement dans l'ordre suivant
: minutes ; quarts ; heures. La sonnerie est cependant effectuée dans l'ordre inverse
: heures ; quarts ; minutes.
[0049] La répétition 5 comprend, en cinquième lieu, un barillet 32 de sonnerie. Ce barillet
de sonnerie est monté en rotation autour d'un axe A4 de barillet. Le barillet de sonnerie
est un sous-ensemble qui comprend plusieurs composants, parmi lesquels :
- un arbre 33 de barillet;
- un tambour 34 de barillet;
- un ressort 35 de barillet dont une extrémité 36 interne est solidaire de l'arbre 33
de barillet et une extrémité 37 externe est solidaire du tambour 34 de barillet; et
- une poulie 38.
[0050] L'arbre 33 de barillet, le tambour 34 de barillet et la poulie 38 sont tous trois
montés en rotation autour de l'axe A4 de barillet. Selon un mode préféré de réalisation,
la poulie définit un chemin 39 de came périphérique.
[0051] La répétition 5 comprend, en sixième lieu, une chaîne 40 apte à s'enrouler partiellement
sur la poulie 38. Plus précisément, la chaîne 40 est apte à s'enrouler partiellement
sur le chemin 29 de came. Cette chaîne est accrochée, par une extrémité 41 proximale,
sur la poulie 38 et, par une extrémité 42 distale, sur la pièce 10 des heures.
[0052] La chaîne 40 comprend une pluralité de maillons 43 articulés les uns par rapport
aux autres. Le maillon situé à l'extrémité 41 proximale de la chaîne 40 est fixé sur
une goupille 44 solidaire de la poulie 38. Le maillon situé à l'extrémité 42 distale
de la chaîne 40 est quant à lui fixé sur une goupille (non visible) solidaire du bras
17 extérieur de la pièce 10 des heures.
[0053] Selon un mode de réalisation illustré sur les FIG.2 et FIG.3, la répétition 5 comprend
un palier 45 de renvoi sur lequel circule la chaîne 40, entre le barillet 32 de sonnerie
et la pièce 10 des heures. Ce palier 45 de renvoi se présente avantageusement sous
forme d'un roulement (par ex. à billes).
[0054] Comme illustré sur les FIG.2 et FIG.3, le tambour 34 de barillet porte, sur sa périphérie,
une couronne 46 dentée à denture asymétrique, et la répétition 5 comprend un cliquet
47 de blocage en prise avec cette couronne 46 dentée, pour bloquer la rotation du
tambour de barillet dans le sens de déroulement de la chaîne 40.
[0055] Ainsi que représenté sur la FIG.4, la répétition 5 comprend, en septième lieu :
- une crémaillère 48 montée en rotation autour d'un axe A5 de crémaillère fixe, et pourvue
d'un secteur 49 denté ; et
- un rouage 50 de sonnerie en relation d'engrenage d'une part avec la crémaillère 48
et d'autre part avec l'arbre 33 de barillet.
[0056] La crémaillère 48 présente une forme de crochet. Cette crémaillère est pourvue d'un
alésage 51 par lequel elle est montée sur son axe A5. De part et d'autre de cet alésage,
la crémaillère comprend un levier 52 portant à son extrémité un bouton 53 (qui, dans
l'exemple illustré, est rapporté et chassé dans un trou formé dans l'extrémité du
levier), et un bras 54 coudé dans lequel est formé le secteur 49 denté. La crémaillère
est montée en rotation autour de son axe A5 entre une position de repos (FIG.4) et
une position d'armement complet.
[0057] Selon un mode de réalisation illustré sur la FIG.4, le rouage 50 de sonnerie comprend
un pignon 55 d'entrée engrenant la crémaillère 48, et un pignon 56 de sortie solidaire
en rotation de l'arbre 33 de barillet.
[0058] Dans l'exemple illustré, le rouage 50 de sonnerie comprend en outre un pignon 57
multiplicateur (partiellement arraché sur la FIG.4) solidaire en rotation du pignon
55 d'entrée et engrenant le pignon 56 de sortie.
[0059] Comme on le voit également sur la FIG.4, la crémaillère 48 est avantageusement pourvue,
à l'extrémité libre du secteur 49 denté, d'une butée 58 d'arrêt, qui se présente ici
sous forme d'une pièce rapportée chassée, et qui, en position d'armement complet de
la crémaillère, vient se caler contre le pignon 55 d'entrée qui forme ainsi une butée
de fin de course pour celle-ci.
[0060] Comme illustré sur la FIG.1, la montre 1 est équipée d'un poussoir 59. Ce poussoir
59 est monté en translation par rapport à la carrure 2 entre une position désarmée,
dans laquelle le poussoir n'exerce pas de couple moteur sur la crémaillère 48, et
une position d'armement dans laquelle le poussoir exerce sur la crémaillère une poussée
(indiquée par la flèche blanche en bas à gauche sur la FIG.4) générant un couple moteur
qui entraîne en rotation l'arbre 33 de barillet via le rouage 50 de sonnerie.
[0061] L'actionnement de la répétition 5 s'effectue par pression du doigt sur le poussoir
59. Le poussoir repousse le bouton 53, qui via le levier 52 fait pivoter la crémaillère
48 autour de son axe A5. La crémaillère entraîne en rotation, par l'engrènement de
son secteur 49 denté, le pignon 55 d'entrée, rotation que le pignon 57 multiplicateur,
solidaire de ce dernier, transmet au pignon 56 de sortie, lequel entraîne dans sa
rotation l'arbre 33 de barillet (dans le sens de la flèche X2 sur la FIG.3) et la
poulie 38 qui lui est solidaire. La rotation forcée de la crémaillère 48 et des pièces
qu'elle entraîne se fait à l'encontre du couple de rappel imposé par le ressort 35
de barillet, dont l'extrémité 36 interne tourne avec l'arbre 33 de barillet tandis
que l'extrémité 37 externe demeure fixe avec le tambour 34 de barillet bloqué par
le cliquet 47 en prise avec la couronne 46 dentée. On comprend par conséquent que
la rotation de la crémaillère 48 a pour effet d'armer le ressort de barillet.
[0062] La chaîne 40, tractée (dans le sens de la flèche Y2 sur la FIG.3) du côté de son
extrémité 42 distale par la pièce 10 des heures, elle-même rappelée en rotation (dans
le sens de la flèche Z2 sur la FIG.3) vers sa position de lecture par le ressort 19
des heures, se déroule de la poulie 38.
[0063] Parvenue à la position de lecture, dans laquelle le palpeur 11 des heures vient au
contact du limaçon 6 des heures, la pièce 10 des heures est stoppée, cependant que,
le cas échéant, la pièce 22 des quarts et la pièce 24 des minutes peuvent continuer
leur rotation, respectivement rappelées vers leurs positions de lecture par le ressort
26 des quarts et le ressort 27 des minutes, jusqu'à ce que le palpeur 23 des quarts
et le palpeur 25 des minutes parviennent au contact, respectivement, du limaçon 8
des quarts et du limaçon 9 des minutes.
[0064] Le relâchement du poussoir 59 libère le ressort 35 de barillet, dont l'extrémité
37 externe demeure fixe avec le tambour 34 de barillet et dont l'extrémité 36 interne
entraîne en rotation l'arbre 33 de barillet (dans le sens indiqué par la flèche X1
sur la FIG.1) et avec lui la poulie 38 (dans le même sens de rotation). Comme le couple
de rappel imposé à la poulie par le ressort de barillet est supérieur (voire très
supérieur) au couple résistant opposé à la pièce 10 des heures par le ressort 19 des
heures, la poulie 38 tracte (dans le sens indiqué sur la FIG.3 par la flèche Y1) la
chaîne 40 qui s'y enroule en entraînant avec elle la pièce des heures en rotation
autour de son axe A3, dans le sens indiqué sur la FIG.3 par la flèche Z1, jusqu'à
ce que la pièce des heures atteigne sa position de repos, à laquelle elle parvient
en venant buter contre le palier 45 de renvoi, ce qui bloque la répétition 5.
[0065] Pendant la course accompagnant le relâchement du poussoir 59, la pièce 10 des heures,
la pièce 22 des quarts et la pièce 24 des minutes ont, ensemble (et de la manière
expliquée plus haut) sonné l'heure affichée.
[0066] C'est pour que la sonnerie soit réalisée à une fréquence fixe prédéterminée que la
répétition 5 est pourvue du dispositif 13 de régulation de la vitesse angulaire de
la pièce 10 des heures, ci-après plus simplement dénommé « régulateur ».
[0067] Le régulateur 13 comprend, comme nous l'avons vu, un rotor 15, ici sous forme d'un
disque ajouré, monté en rotation autour d'un axe A6, et un système 60 de freinage
du rotor 15.
[0068] Selon un mode de réalisation illustré sur les FIG.5 et FIG.6, le système 60 de freinage
est combiné. Plus précisément, le système 60 de freinage est du type magnéto-inertiel,
c'est-à-dire qu'il comprend un sous-système 61 inertiel et un sous-système 62 magnétique.
[0069] Dans ce mode de réalisation, le sous-système 61 inertiel comprend une paire de masselottes
63 montées articulées sur le rotor 15 entre une configuration contractée (adoptée
lorsque la vitesse angulaire du rotor 15 est nulle, FIG.7 à FIG.10), dans laquelle
les masselottes sont voisines l'une de l'autre et opposent à la rotation du rotor
15 une inertie relativement faible, et une configuration déployée (adoptée lorsque
la vitesse angulaire du rotor 15 est non nulle) dans laquelle, sous l'effet de la
force centrifuge, les masselottes 63 sont écartées l'une de l'autre et opposent à
la rotation du rotor 15 une inertie plus élevée et contribuent ainsi à le freiner
(FIG.11 à FIG.14). Un (ou plusieurs) ressort(s) 64 accroché(s) aux masselottes les
rappelle(nt) vers leur position contractée.
[0070] Le sous-système 62 magnétique comprend le stator 16, qui génère un champ magnétique
stationnaire alterné dans lequel sont plongés le rotor 15 et les masselottes 63.
[0071] Plus précisément, le stator 16 est pourvu d'une cage 65 portant, sur sa périphérie,
une première série d'aimants 66 permanents à polarités alternées, et, fixé sur la
cage 65, un flasque 67 portant, sur sa périphérie, une deuxième série d'aimants 68
permanents à polarités alternées disposés en regard des aimants de la première série,
de sorte à former des lignes de champ magnétique qui s'étendent en boucle de chaque
paire d'aimants 66, 68 en regard à chaque paire voisine.
[0072] Les masselottes 63 sont réalisées dans un matériau ferromagnétique. Lorsque les masselottes
sont entraînées en rotation dans le champ magnétique stationnaire alterné, celui-ci
génère dans les masselottes des courants de Foucault qui induisent une force contre-électromotrice
de Laplace qui freine leur rotation (et donc celle du rotor 15).
[0073] Le rotor 15 est entraîné en rotation par la pièce 10 des heures pendant une partie
de sa course depuis sa position de lecture vers sa position de repos.
[0074] Pour assurer cet entraînement, la répétition 5 est en outre pourvue d'un rouage 14
de transmission, intercalé entre la pièce 10 des heures et le rotor 15. Le rouage
14 assure une transmission avec démultiplication dont le rapport sera évoqué ci-après.
[0075] Le rouage de transmission comprend un mobile 69 primaire débrayable pouvant adopter
deux configurations :
- a) une configuration embrayée dans laquelle le mobile 69 primaire accouple la pièce
10 des heures et le rotor 15 tant que la pièce 10 des heures se déplace de sa position
de lecture à sa position de repos;
- b) une configuration débrayée dans laquelle le mobile 69 primaire désaccouple le rotor
15 et la pièce 10 des heures dès lors que celle-ci s'arrête en position de repos.
[0076] Selon un mode de réalisation illustré sur les figures, et plus particulièrement sur
la FIG.5, le mobile 69 primaire comprend :
- une roue 70 d'entrée primaire, montée en rotation autour d'un axe A7 primaire et reliée
à la pièce 10 des heures;
- une roue 71 de sortie primaire mobile en rotation par rapport à la roue 70 d'entrée
primaire et reliée au rotor 15; et
- un train 72 épicycloïdal primaire, unidirectionnel, interposé entre la roue 70 d'entrée
primaire et la roue 71 de sortie primaire.
[0077] Dans l'exemple illustré, le train 72 épicycloïdal primaire comprend une roue 73 planétaire
primaire, solidaire en rotation de la roue 71 de sortie primaire, et un (ou plusieurs
: trois dans l'exemple illustré) pignon(s) 74 satellite(s) primaire(s) monté(s) sur
la roue 70 d'entrée primaire et engrenant la roue 73 planétaire primaire.
[0078] Selon un mode préféré de réalisation, la roue 73 planétaire primaire est à denture
75 symétrique, et le (ou chaque) pignon 74 satellite primaire est à denture 76 asymétrique.
[0079] Plus précisément, et comme illustré dans les cercles de détail en haut sur les FIG.8,
FIG.10, FIG.12 et FIG.14, chaque dent de la denture 76 du pignon 74 satellite primaire
présente un flanc 77 antérieur incurvé, et un flanc 78 postérieur droit.
[0080] Sur les FIG.8, FIG.10, FIG.12 et FIG.14, la roue 71 de sortie primaire est partiellement
arrachée en son centre pour laisser voir le train 72 épicycloïdal primaire.
[0081] Lorsque la roue 70 d'entrée primaire est animée d'une rotation relative par rapport
à la roue 71 de sortie primaire (solidaire en rotation de la roue 73 planétaire primaire)
telle que la denture 76 de chaque pignon 74 satellite primaire attaque la denture
75 de la roue planétaire primaire du côté des flancs 78 postérieurs (médaillon de
détail en haut sur la FIG.12), la denture 76 (et donc le pignon satellite primaire)
se met en arc-boutement sur la denture de la roue planétaire primaire, ce qui solidarise
en rotation la roue 70 d'entrée primaire et la roue 73 planétaire primaire (et donc
la roue 71 de sortie primaire) : c'est la configuration embrayée du mobile 69 primaire.
[0082] A contrario, lorsque la roue 71 de sortie primaire (solidaire en rotation de la roue
73 planétaire primaire) est animée d'une rotation relative par rapport à la roue 70
d'entrée primaire telle que la denture 75 de la roue planétaire primaire attaque la
denture 76 de chaque pignon 74 satellite primaire du côté du flanc 77 antérieur (médaillon
de détail en haut sur la FIG.14), la denture 75 glisse sur les flancs 77 antérieurs
de la denture 76 et la roue planétaire primaire entraîne le pignon satellite primaire
en rotation autour de son axe propre, sans entraîner la roue d'entrée primaire : c'est
la configuration débrayée du mobile 69 primaire.
[0083] Selon un mode de réalisation illustré sur les dessins, et plus particulièrement sur
les FIG.5, FIG.8, FIG.10, FIG.12 et FIG.14, le rouage 14 de transmission comprend
un mobile 79 secondaire intercalé entre le mobile 69 primaire et la pièce 10 des heures.
[0084] Le mobile 79 secondaire comprend un pignon 80 d'entrée secondaire, monté en rotation
autour d'un axe A8 secondaire et qui engrène le secteur 12 denté de la pièce 10 des
heures, ainsi qu'une roue 81 de sortie secondaire reliée au mobile 69 primaire. Selon
un mode préféré de réalisation, le mobile 79 secondaire est débrayable.
[0085] A cet effet, dans l'exemple illustré, la roue 81 de sortie secondaire est mobile
en rotation par rapport au pignon 80 d'entrée secondaire, et le mobile 79 secondaire
comprend un train 82 épicycloïdal secondaire, unidirectionnel, interposé entre le
pignon d'entrée secondaire et la roue de sortie secondaire.
[0086] Toujours dans l'exemple illustré, le train 82 épicycloïdal secondaire comprend une
roue 83 planétaire secondaire, solidaire en rotation du pignon 80 d'entrée secondaire,
et un (ou plusieurs : trois dans l'exemple illustré) pignon(s) 84 satellite(s) secondaires
montés en rotation sur la roue 81 de sortie secondaire et engrenant la roue planétaire
secondaire.
[0087] Selon un mode préféré de réalisation, la roue 83 planétaire secondaire est à denture
85 symétrique, et le (ou chaque) pignon 84 satellite secondaire est à denture 86 asymétrique.
Plus précisément, et comme illustré dans les cercles de détail en bas et à gauche
sur les FIG.8, FIG.10, FIG.12 et FIG.14, chaque dent de la denture 86 du pignon satellite
secondaire présente un flanc 87 antérieur incurvé, et un flanc 88 postérieur droit.
[0088] Lorsque le pignon 80 d'entrée secondaire est (avec la roue 83 planétaire secondaire
qui lui est solidaire) animé d'une rotation relative par rapport à la roue 81 de sortie
secondaire telle que la denture 85 de la roue planétaire secondaire attaque la denture
86 de chaque pignon 84 satellite secondaire du côté des flancs 88 postérieurs (médaillon
de détail en bas sur la FIG.12), la denture 86 (et donc le pignon 84 satellite secondaire)
se met en arc-boutement sur la denture 85 de la roue planétaire secondaire, ce qui
solidarise en rotation celle-ci et la roue de sortie secondaire : le mobile 79 secondaire
adopte alors une configuration embrayée.
[0089] A contrario, lorsque la roue 81 de sortie secondaire est animée d'une rotation relative
par rapport au pignon 80 d'entrée secondaire, telle que la denture 86 de chaque pignon
satellite secondaire attaque la denture 85 de la roue planétaire secondaire du côté
des flancs 87 antérieurs (médaillon de détail à gauche sur la FIG.14), la denture
de chaque pignon 84 satellite secondaire glisse sur les flancs antérieurs de la denture
de la roue planétaire secondaire, le pignon satellite secondaire tournant alors en
roue libre par rapport à la roue 83 planétaire secondaire. La roue 81 de sortie secondaire
tourne alors sans entraîner la roue 83 planétaire secondaire (ni le pignon 80 d'entrée
secondaire qui est solidaire de cette dernière) : le mobile 79 secondaire adopte alors
une configuration débrayée.
[0090] Par ailleurs, selon un mode préféré de réalisation visible sur les dessins à partir
de la FIG.4, le rouage 14 de transmission comprend également un mobile 89 moyen, intercalé
entre le mobile 69 primaire et le mobile 79 secondaire.
[0091] Dans l'exemple illustré, le mobile 89 moyen comprend un pignon 90 moyen monté en
rotation autour d'un axe A9 moyen, et une roue 91 moyenne solidaire en rotation du
pignon 90 moyen et engrenant la roue 70 d'entrée primaire du mobile 69 primaire.
[0092] Toujours dans l'exemple illustré, la roue 91 moyenne n'engrène pas directement la
roue 70 d'entrée primaire. En effet, le mobile 69 primaire comprend un pignon 92 primaire
solidaire en rotation de la roue d'entrée primaire. C'est ce pignon 92 primaire qu'engrène
la roue 91 moyenne, éventuellement (comme illustré) avec interposition d'un pignon
93 inverseur monté en rotation autour d'un axe A10 d'inversion.
[0093] De même, dans l'exemple illustré, la liaison entre la roue 71 de sortie primaire
et le rotor 15 se fait par l'intermédiaire d'un pignon 94 de rotor, solidaire en rotation
du rotor et engrenant la roue de sortie primaire.
[0094] Ainsi, pour récapituler, la chaîne cinématique qui relie la pièce 10 des heures au
rotor 15 comprend successivement :
- le pignon 80 d'entrée secondaire, qui engrène le secteur 12 denté de la pièce 10 des
heures;
- la roue 81 de sortie secondaire, reliée au pignon d'entrée secondaire par le train
82 épicycloïdal secondaire et qui, soit lui est solidaire en rotation (en configuration
embrayée du mobile 79 secondaire), soit en est désaccouplée (en configuration débrayée
du mobile secondaire);
- le pignon 90 moyen, qui engrène la roue 81 de sortie secondaire;
- la roue 91 moyenne, solidaire en rotation du pignon 90 moyen;
- le pignon 93 inverseur, qui engrène la roue 91 moyenne;
- le pignon 92 primaire, qui engrène le pignon 93 inverseur;
- la roue 70 d'entrée primaire, solidaire en rotation du pignon 92 primaire;
- la roue 71 de sortie primaire, reliée à la roue 70 d'entrée primaire par le train
72 épicycloïdal primaire et qui, soit lui est solidaire en rotation (en configuration
embrayée du mobile 69 primaire), soit en est désaccouplée (en configuration débrayée
du mobile primaire); et
- le pignon 94 de rotor, qui engrène la roue de sortie primaire et est solidaire en
rotation du rotor 15.
[0095] Nous avons déjà expliqué l'actionnement de la répétition 5. Auparavant, la pièce
10 des heures est immobile, calée contre le palier 45 de renvoi. De même, le rotor
15 est immobile, et il en va de même des composants du rouage 14 de transmission (FIG.7
; FIG.8).
[0096] Le mouvement de rotation de la pièce 10 des heures lors de l'actionnement de la répétition
5 est illustré sur la FIG.9 (où la pièce des heures est localement arrachée au droit
du pignon 93 inverseur, pour plus de clarté) et sur la FIG.10 par la flèche F1 qui
en indique le sens.
[0097] La rotation de la pièce 10 des heures entraîne, par l'intermédiaire de la couronne
12 dentée qui engrène le pignon 80 d'entrée secondaire, la rotation de celui-ci, avec
la roue 83 planétaire secondaire qui lui est solidaire (flèche F2, FIG.9 et FIG.10).
[0098] Dans ces conditions, et compte tenu du sens de montage des pignons 84 satellites
secondaires, la denture 85 de la roue 83 planétaire secondaire attaque la denture
86 des pignons satellites secondaires du côté de son flanc 87 antérieur sur laquelle
la denture 85 glisse, entraînant ainsi en rotation les pignons satellites secondaires
en roue libre (flèche F3, médaillon de détail en bas de la FIG.10) sans entraîner
la roue 81 de sortie secondaire. Le mobile 79 secondaire est alors dans sa configuration
débrayée, de sorte que la rotation de la pièce 10 des heures n'est pas transmise au
rotor 15 qui, comme la roue 81 de sortie secondaire, le mobile 89 moyen et le mobile
69 primaire, demeure immobile.
[0099] Lorsque le poussoir 59 est relâché, le ressort 35 de barillet rappelle la poulie
38, qui tracte la chaîne 40, qui embarque la pièce 10 des heures, laquelle, de sa
position de lecture, se trouve entraînée en rotation autour de son axe A3 en direction
de sa position de repos (flèche F4, FIG.11 et FIG.12).
[0100] La rotation de la pièce 10 des heures entraîne, par l'intermédiaire de la couronne
12 dentée qui engrène le pignon 80 d'entrée secondaire, la rotation de celui-ci, avec
la roue 83 planétaire secondaire qui lui est solidaire (flèche F5, FIG.11 et FIG.12).
[0101] Dans ces conditions, et compte tenu du sens de montage des pignons 84 satellites
secondaires, la denture 85 de la roue 83 planétaire secondaire attaque la denture
86 des pignons 84 satellites secondaires du côté de son flanc 88 postérieur, ce qui
met la denture 86 en arc-boutement, provoque le blocage des pignons satellites secondaires
sur la roue planétaire secondaire et la solidarisation en rotation, avec celle-ci,
de la roue 81 de sortie secondaire (sur laquelle sont montés les pignons 84 satellites
secondaires), comme illustré sur les FIG.11 et FIG.12 par les flèches F6. Le mobile
79 secondaire est alors dans sa configuration embrayée, de sorte qu'il transmet la
rotation de la pièce 10 des heures au mobile 89 moyen (flèche F7, FIG.11 et FIG.12),
lequel la transmet, via le pignon 93 inverseur (flèche F8, FIG.11) au pignon 92 primaire
du mobile 69 primaire, et donc à la roue 70 d'entrée primaire qui lui est solidaire
(flèche F9, FIG.11 et FIG.12).
[0102] Compte tenu du sens de montage des pignons 74 satellites primaires, leur denture
76 attaque la denture 75 de la roue 73 planétaire primaire du côté du flanc 78 postérieur,
ce qui met la denture 76 en arc-boutement et provoque le blocage des pignons satellites
primaires sur la roue planétaire primaire, laquelle est ainsi entraînée en rotation
dans le même sens (flèches F10, FIG.12). Comme la roue planétaire primaire est elle-même
solidaire de la roue 71 de sortie primaire, celle-ci est par conséquent à son tour
entraînée en rotation dans le même sens (flèche F11, FIG.11 et FIG.12).
[0103] La roue 71 de sortie primaire engrène le pignon 94 de rotor, qui est entraîné en
rotation dans le sens inverse (flèche F12, FIG.11). Le rotor 15, solidaire en rotation
du pignon 94 de rotor, est entraîné avec lui (flèche F13, FIG.11 et FIG.12).
[0104] En notant :
Z12 le nombre de dents (rapportés à l'ensemble de sa circonférence) du secteur 12
denté de la pièce 10 des heures (ici, Z12=130),
Z80 le nombre de dents du pignon 80 d'entrée secondaire (ici, Z80=10)
Z81 le nombre de dents de la roue 81 de sortie secondaire (ici, Z81=66),
Z90 le nombre de dents du pignon 90 moyen (ici, Z90=10),
Z91 le nombre de dents de la roue 91 moyenne (ici, Z91=60),
Z92 le nombre de dents du pignon 92 primaire (ici, Z92=12),
Z71 le nombre de dents de la roue 71 de sortie primaire (ici, Z71=55),
Z94 le nombre de dents du pignon 94 de rotor (ici, Z94=10),
alors le rapport R de transmission entre la pièce 10 des heures et le rotor 15 est
:

[0105] Pour les valeurs des nombres de dents fournies ci-dessus, le rapport R de transmission
est par conséquent :

[0106] On voit ainsi que, pour une vitesse angulaire estimée de la pièce 10 des heures d'environ
1 tr/min, le rotor 15 serait entraîné, s'il n'était freiné, à environ 2360 tr/min.
[0107] Cependant le rotor 15 est freiné. En effet, les masselottes 63 pivotent vers leur
position déployée (flèche F14, FIG.11 et FIG.12) sous l'effet de la force centrifuge
générée par la rotation du rotor 15. L'augmentation de l'inertie qui en résulte, et
la force de Laplace générée par les courants de Foucault induits par la rotation des
masselottes 15 dans le champ électromagnétique stationnaire alterné régnant dans le
stator 16, se combinent pour freiner le rotor 15, dont la vitesse angulaire se trouve
plafonnée à une vitesse angulaire dite nominale, ici de 2 300 tr/min.
[0108] Comme le mobile 69 primaire et le mobile 79 secondaire sont tous deux dans leur position
embrayée, le plafonnement de la vitesse angulaire du rotor 15 se communique, via le
rouage 14 de transmission, à la pièce 10 des heures dont la vitesse angulaire se trouve
ainsi régulée au cours de son déplacement de sa position de lecture à sa position
de repos.
[0109] Il en résulte que les tintements de sonnerie de l'heure courante sont produits à
fréquence fixe (ou, à tout le moins, avec une éventuelle variation de fréquences indétectable
pour l'oreille humaine).
[0110] Lorsque la pièce 10 des heures parvient à sa position de repos, elle s'arrête net.
Comme le secteur 12 denté engrène le pignon 80 d'entrée secondaire, la rotation de
celui-ci s'arrête net également. Il en va de même de la roue 83 planétaire secondaire
qui lui est solidaire.
[0111] Cependant, la roue 81 de sortie secondaire peut continuer à tourner (flèche F6, FIG.13
et FIG.14), car les pignons 84 satellites, entraînés avec cette roue, attaquent alors
la roue 83 planétaire secondaire (à l'arrêt) du côté du flanc 87 antérieur de leur
denture 86. Les pignons satellites sont alors entraînés en rotation en roue libre
autour de leur axe propre (flèche F15, FIG.14). Le mobile 79 secondaire est alors
en configuration débrayée, et la roue 81 de sortie secondaire tourne en roue libre.
[0112] La roue 91 moyenne (et avec elle le pignon 90 moyen qui lui est solidaire et est
engrené par la roue 81 de sortie secondaire) poursuit également sa rotation en roue
libre (flèche F7, FIG.13 et FIG.14). La rotation de la roue 91 moyenne est transmise
au pignon 92 primaire (flèche F9, FIG.13) via le pignon 93 inverseur (flèche F8, FIG.13).
[0113] La rotation de la roue 81 de sortie secondaire et de la roue 91 moyenne (engrenant
le pignon 93 inverseur et le pignon 92 primaire) diminue en raison des frottements.
[0114] Cependant, compte tenu de la vitesse qu'il a atteinte et de son inertie, le rotor
15 continue de tourner (flèche F13, FIG.13 et FIG.14), et la diminution de sa vitesse
de rotation est moindre que la diminution de la vitesse de rotation de la roue 91
moyenne.
[0115] C'est pourquoi la roue 71 de sortie primaire, qui engrène le pignon 94 de rotor (lui-même
solidaire du rotor 15) tourne plus vite (Flèche F11, FIG.13 et FIG.14) que la roue
70 d'entrée primaire, solidaire du pignon 92 primaire qui engrène la roue 91 moyenne
(via le pignon 93 inverseur). En d'autres termes, la roue de sortie primaire est animée
d'un mouvement relatif de rotation par rapport à la roue d'entrée primaire. Il en
résulte que la roue 73 planétaire primaire, solidaire en rotation de la roue de sortie
primaire (flèche F10, FIG.14), attaque les pignons 74 satellites primaires (montés
sur la roue 70 d'entrée primaire) du côté du flanc antérieur 77 de leur denture 76
et les entraîne ainsi en rotation en roue libre (flèche F16, médaillon de détail en
haut sur la FIG.14), ce qui permet la désolidarisation en rotation de la roue 71 de
sortie primaire et de la roue 70 d'entrée primaire, plaçant le mobile 69 primaire
en configuration débrayée.
[0116] Il résulte de ce qui précède que la pièce 10 des heures se trouve découplée du rotor
15, qui peut (avec la roue 71 de sortie primaire) poursuivre sa rotation en roue libre
en dépit de l'immobilité de la pièce des heures.
[0117] De même, la roue 81 de sortie secondaire (et avec elle le mobile 89 moyen et la roue
70 d'entrée primaire) peut poursuivre sa rotation en roue libre en dépit de l'immobilité
de la pièce 10 des heures.
[0118] On évite ainsi les coups de bélier générés dans la pièce des heures par son arrêt
brusque en fin de course, puisque, à l'exception du pignon 80 d'entrée secondaire
(et de la roue 83 planétaire secondaire qui lui est solidaire), toutes les autres
pièces mobiles peuvent continuer de tourner en roue libre jusqu'à leur arrêt par frottement.
[0119] La fatigue mécanique des composants mobiles de la répétition 5 (et notamment de la
pièce 10 des heures, du dispositif 13 de régulation et du rouage 14 de transmission)
s'en trouve considérablement réduite.
1. Mécanisme (5) de répétition pour une pièce (1) d'horlogerie à sonnerie, qui comprend
:
- un limaçon (6) des heures;
- une pièce (10) des heures pourvue d'un secteur (12) denté et portant un palpeur
(11) des heures, la pièce (10) des heures étant montée en rotation entre une position
de repos fixe, dans laquelle le palpeur des heures est écarté angulairement du limaçon
(6) des heures, et une position de lecture dans laquelle le palpeur des heures vient
au contact du limaçon (6) des heures;
- un dispositif (13) de régulation de la vitesse angulaire de la pièce des heures,
qui comprend un rotor (15) et un système (60) de freinage du rotor;
- un rouage (14) de transmission intercalé entre la pièce (10) des heures et le rotor
(15);
ce mécanisme (5) de répétition étant
caractérisé en ce que le rouage (14) de transmission comprend un mobile (69) primaire débrayable pouvant
adopter deux configurations :
a) une configuration embrayée dans laquelle le mobile (69) primaire accouple la pièce
(10) des heures et le rotor (15) tant que la pièce des heures se déplace de sa position
de lecture à sa position de repos;
b) une configuration débrayée dans laquelle le mobile (69) primaire désaccouple le
rotor (15) et la pièce (10) des heures dès lors que celle-ci s'arrête en position
de repos.
2. Mécanisme (5) selon la revendication 1, dans lequel le mobile (69) primaire comprend
:
- une roue (70) d'entrée primaire, montée en rotation autour d'un axe (A7) primaire
et reliée à la pièce (10) des heures;
- une roue (71) de sortie primaire mobile en rotation par rapport à la roue d'entrée
primaire et reliée au rotor (15); et
- un train (72) épicycloïdal primaire, unidirectionnel, interposé entre la roue d'entrée
primaire et la roue de sortie primaire.
3. Mécanisme (5) selon la revendication 2, dans lequel le train (72) épicycloïdal primaire
comprend une roue (73) planétaire primaire solidaire en rotation de la roue (71) de
sortie primaire, et un ou plusieurs pignons (74) satellites primaires montés sur la
roue (70) d'entrée primaire et engrenant la roue planétaire primaire.
4. Mécanisme (5) selon la revendication 3, dans lequel la roue (73) planétaire primaire
est à denture (75) symétrique, et le ou chaque pignon (74) satellite primaire est
à denture (76) asymétrique.
5. Mécanisme (5) selon la revendication 3 ou la revendication 4, dans lequel le train
(72) épicycloïdal primaire comprend trois pignons (74) satellites primaires.
6. Mécanisme (5) selon l'une des revendications précédentes, dans lequel le rouage (14)
de transmission comprend un mobile (79) secondaire intercalé entre le mobile (69)
primaire et la pièce (10) des heures, ce mobile secondaire comprenant un pignon (80)
d'entrée secondaire monté en rotation autour d'un axe (A8) secondaire et qui engrène
le secteur (12) denté de la pièce (10) des heures, et une roue (81) de sortie secondaire
reliée au mobile primaire.
7. Mécanisme (5) selon la revendication 6, dans lequel le mobile (79) secondaire est
débrayable.
8. Mécanisme (5) selon la revendication 7, dans lequel la roue (81) de sortie secondaire
est mobile en rotation par rapport au pignon (80) d'entrée secondaire, et le mobile
(79) secondaire comprend un train (82) épicycloïdal secondaire, unidirectionnel, interposé
entre le pignon d'entrée secondaire et la roue de sortie secondaire.
9. Mécanisme (5) selon la revendication 8, dans lequel le train (82) épicycloïdal secondaire
comprend une roue (83) planétaire secondaire solidaire en rotation du pignon (80)
d'entrée secondaire, et un ou plusieurs pignons (84) satellites secondaires montés
en rotation sur la roue (81) de sortie secondaire et engrenant la roue planétaire
secondaire.
10. Mécanisme (5) selon la revendication 9, dans lequel la roue (83) planétaire secondaire
est à denture (85) symétrique, et le ou chaque pignon (84) satellite secondaire est
à denture (86) asymétrique.
11. Mécanisme (5) selon la revendication 10, dans lequel le train (82) épicycloïdal secondaire
comprend trois pignons (84) satellites secondaires.
12. Mécanisme (5) selon l'une des revendications 6 à 11, dans lequel le rouage (14) de
transmission comprend un mobile (89) moyen intercalé entre le mobile (69) primaire
et le mobile (79) secondaire.
13. Mécanisme (5) selon la revendication 12, dans lequel le mobile (89) moyen comprend
un pignon (90) moyen monté en rotation autour d'un axe (A9) moyen, et une roue (91)
moyenne solidaire en rotation du pignon (90) moyen et engrenant le mobile (69) primaire.
14. Mécanisme (5) selon la revendication 13, dans lequel le mobile (69) primaire comprend
un pignon (92) primaire, solidaire de la roue (70) d'entrée primaire et engrené par
la roue (91) moyenne.
15. Pièce (1) d'horlogerie, telle qu'une montre, équipée d'un mécanisme (5) de répétition
selon l'une des revendications précédentes.