Domaine technique
[0001] La présente invention concerne une pièce d'horlogerie comprenant un mouvement mécanique,
muni d'un oscillateur mécanique qui est formé par un balancier et un spiral, et un
dispositif électronique de régulation pour réguler la fréquence de l'oscillateur mécanique
qui contrôle la marche du mouvement mécanique.
[0002] En particulier, le dispositif électronique de régulation comprend un oscillateur
auxiliaire du type électronique généralement plus précis que l'oscillateur mécanique,
en particulier un oscillateur à quartz, et un dispositif de mesure agencé pour pouvoir
mesurer, le cas échéant, une dérive temporelle de l'oscillateur mécanique relativement
à l'oscillateur auxiliaire.
Arrière-plan technologique
[0003] Plusieurs documents concernent la régulation électronique d'un oscillateur mécanique
dans une pièce d'horlogerie. En particulier, la demande de brevet
US 2013/0051191 concerne une pièce d'horlogerie comprenant un balancier-spiral et un circuit électronique
de régulation de la fréquence d'oscillation de ce balancier-spiral. Le spiral est
constitué d'un matériau piézoélectrique ou comporte deux couches latérales en matériau
piézoélectrique sur un noyau en silicium, deux électrodes latérales externes étant
agencées sur les surfaces latérales du spiral. Ces deux électrodes sont reliées au
circuit électronique de régulation qui comprend une pluralité de capacités commutables
agencées en parallèle et reliées aux deux électrodes du spiral.
[0004] A l'aide des Figures 1 à 4, on décrira une pièce d'horlogerie du type décrit dans
la demande de brevet américaine mentionnée ci-avant. Pour ne pas charger le dessin,
on a représenté à la Figure 1 seulement le résonateur mécanique 2 du mouvement mécanique
de la pièce d'horlogerie, ce résonateur comprenant un balancier 4 oscillant autour
d'un axe géométrique 6 et un spiral 8 dont la courbe terminale 10 passe classiquement
au travers d'un piton 12 solidaire d'un pont de balancier (non représenté) du mouvement
mécanique. La Figure 2 montre schématiquement une portion du spiral 8. Ce spiral est
formé par un corps central 14 en silicium, deux couches latérales 16, 18 en matériau
piézoélectrique, notamment en nitrure d'aluminium (AlN), et deux électrodes métalliques
externes 20, 22. Les deux électrodes sont reliées par des fils conducteurs 26, 28
(représentation schématique) à un circuit électronique de régulation 24.
[0005] La Figure 3 (qui reproduit la figure 1 du document antérieur considéré avec quelques
informations supplémentaires provenant des figures 2 et 7) montre l'agencement général
du dispositif de régulation 32 qui est incorporé dans la pièce d'horlogerie en question
et en particulier le circuit électronique de régulation 24. Ce circuit 24 comprend
une première capacité 34 reliée aux deux électrodes du spiral piézoélectrique et une
pluralité de capacités commutables 36a à 36d qui sont agencées en parallèle de la
première capacité, de manière à former une capacité variable Cv pour pouvoir varier
la valeur de la capacité reliée aux électrodes du spiral et ainsi varier, selon l'enseignement
du document, la rigidité du spiral. Le circuit 24 comprend en outre un comparateur
38 dont les deux entrées sont reliées respectivement aux deux électrodes du spiral
8, ce comparateur étant prévu pour fournir un signal logique permettant de déterminer
grâce aux changements successifs de l'état logique de ce signal logique les passages
par zéro de la tension induite entre les deux électrodes du spiral. Le signal logique
est fourni à un circuit logique 40 qui reçoit également un signal de référence d'un
circuit d'horloge 42 associé à un résonateur à quartz 44. Sur la base d'une comparaison
entre le signal de référence et le signal logique fourni par le comparateur 38, le
circuit logique 40 commande les interrupteurs des capacités commutables 36a à 36d.
[0006] De plus, il est prévu à la suite du circuit de capacités commutables un circuit redresseur
double alternance 46, formé classiquement d'un pont à quatre diodes, qui fournit une
tension continue V
DC et charge une capacité de stockage 48. Cette énergie électrique fournie par le spiral
piézoélectrique permet une alimentation du dispositif 32. On a donc un système électrique
autonome car il est autoalimenté en ce sens que l'énergie électrique provient de l'énergie
mécanique fournie au résonateur mécanique 2 dont le spiral piézoélectrique 8, lorsque
le résonateur mécanique oscille, forme un transducteur électromécanique (un générateur
de courant électrique).
[0007] Comme indiqué dans le document
US 2015/0051191 à son paragraphe 0052, le circuit électronique de régulation 24 ne peut que réduire
la fréquence d'oscillation du résonateur mécanique 2 en augmentant la valeur de la
capacité variable Cv. Cette constatation est confirmée par le graphe de la Figure
4 qui montre la courbe 50 donnant l'écart de marche en fonction de la valeur de la
capacité variable Cv. On observe en effet que l'écart de marche obtenu est toujours
inférieur à zéro et augmente en valeur absolue lorsque la valeur de la capacité variable
augmente. Ainsi, le système de régulation demande que la fréquence naturelle de l'oscillateur
mécanique (fréquence en l'absence de régulation) soit supérieure à la fréquence nominale
(fréquence de consigne) de cet oscillateur mécanique. En d'autres termes, il est prévu
de régler l'oscillateur mécanique de manière à ce que sa fréquence naturelle corresponde
à une fréquence supérieure à la fréquence de consigne, le circuit de régulation ayant
pour fonction de faire diminuer plus ou moins cette fréquence naturelle pour que la
marche corresponde à la fréquence de consigne. Ainsi, un grand désavantage d'un tel
système réside dans le fait que la marche du mouvement mécanique n'est pas optimale
en l'absence de régulation électronique. Pour un mouvement horloger mécanique de haute
précision, on doit en effet dégrader ses propres caractéristiques mécaniques par un
réglage non optimal. On peut conclure qu'un tel système de régulation électronique
n'a de sens que pour des mouvements mécaniques de qualité moyenne, voire de mauvaise
qualité, la précision de ces mouvements mécaniques dépendant du système de régulation
électronique.
Résumé de l'invention
[0008] La présente invention a pour but de proposer une pièce d'horlogerie, munie d'un résonateur
mécanique comprenant un spiral formé au moins partiellement d'un matériau piézoélectrique
et d'un système de régulation électronique associé au spiral piézoélectrique, qui
ne présente pas les inconvénients de la pièce d'horlogerie de l'art antérieur précédemment
décrite, en particulier qui puisse être associé à un mouvement mécanique dont la marche
est réglée initialement de manière optimale, c'est-à-dire au mieux de ses possibilités.
Ainsi, l'invention a pour objectif de fournir un système de régulation électronique
qui soit discret et autonome grâce à l'utilisation d'un spiral piézoélectrique et
qui soit réellement complémentaire au mouvement mécanique en permettant d'augmenter
sa précision sans dégrader par ailleurs un réglage initial optimal de ce mouvement
mécanique.
[0009] L'invention a pour objet une pièce d'horlogerie comprenant un mouvement horloger
mécanique, muni d'un oscillateur mécanique formé par un balancier et un spiral et
agencé pour cadencer la marche du mouvement horloger, et un dispositif de régulation
pour réguler la fréquence de l'oscillateur mécanique, ce dispositif de régulation
comprenant une base de temps auxiliaire, formée par un oscillateur auxiliaire et fournissant
un signal de fréquence de référence, et un dispositif de mesure d'une dérive temporelle
dans la marche du mouvement horloger relativement à une fréquence de consigne pour
l'oscillateur mécanique qui est déterminée par la base de temps auxiliaire. Le spiral
est formé au moins partiellement par un matériau piézoélectrique et par au moins deux
électrodes agencées de manière à pouvoir présenter entre elles une tension induite
générée par le matériau piézoélectrique lorsque ce dernier est mis sous contrainte
mécanique lors d'une oscillation de l'oscillateur mécanique, les deux électrodes étant
reliées électriquement au dispositif de régulation qui est agencé pour pouvoir varier
l'impédance du système de régulation, formé par le matériau piézoélectrique, lesdites
au moins deux électrodes et le dispositif de régulation, en fonction d'un signal de
mesure de la dérive temporelle fourni par le dispositif de mesure. Plus particulièrement,
selon l'invention, le dispositif de régulation est agencé de manière à pouvoir varier
momentanément la résistance électrique engendrée par ce dispositif de régulation entre
les deux électrodes du spiral et pour pouvoir engendrer des impulsions de régulation
temporellement séparées et consistant chacune en une diminution momentanée de cette
résistance électrique relativement à une résistance électrique nominale qui est engendrée
par le dispositif de régulation entre lesdites deux électrodes en dehors des impulsions
de régulation. Selon une caractéristique physique remarquable mise en lumière par
les inventeurs, chacune des impulsions de régulation susmentionnées engendre un écart
de marche pour le mouvement mécanique qui est variable en fonction de l'instant de
son début dans une demi-période de l'oscillateur mécanique, la fonction caractéristique
de cet écart de marche relativement à l'instant où débute au moins une impulsion de
régulation respectivement dans au moins une demi-période de l'oscillateur mécanique
étant négative sur une première zone temporelle de cette au moins une demi-période
et positive sur une deuxième zone temporelle de cette au moins une demi-période. Le
dispositif de régulation est agencé pour pouvoir déterminer si une dérive temporelle
mesurée par le dispositif de mesure correspond à au moins une certaine avance ou à
au moins un certain retard et pour engendrer au moins une impulsion de régulation
avec un début d'impulsion prévu sélectivement, selon que la dérive temporelle mesurée
correspond à ladite au moins une certaine avance ou audit au moins un certain retard,
dans ladite première zone temporelle ou dans ladite deuxième zone temporelle de respectivement
au moins une demi-période de l'oscillateur mécanique.
[0010] Grâce aux caractéristiques de la pièce d'horlogerie selon l'invention, il est donc
possible de corriger aussi bien une avance qu'un retard dans la marche d'un mouvement
mécanique en agissant par des impulsions de régulation, ayant chacune une durée limitée,
qui varient la résistance entre les deux électrodes du spiral dans des zones temporelles
différentes de demi-périodes correspondantes selon qu'une avance ou un retard a été
détecté dans la marche du mouvement mécanique.
[0011] Dans un mode de réalisation préféré, le dispositif de régulation comprend un interrupteur
agencé entre les deux électrodes du spiral, cet interrupteur étant commandé par un
circuit de commande qui est agencé pour fermer momentanément cet interrupteur de manière
à le rendre conducteur durant les impulsions de régulation, lesquelles définissent
alors des impulsions de court-circuit.
Brève description des figures
[0012] L'invention sera décrite ci-après de manière plus détaillée à l'aide des dessins
annexés, donnés à titre d'exemples nullement limitatifs, dans lesquels :
- La Figure 1, déjà décrite, montre une pièce d'horlogerie de l'art antérieur comprenant
un résonateur mécanique horloger, ayant un spiral piézoélectrique, et un circuit électronique
de régulation qui est relié aux deux électrodes du spiral piézoélectrique ;
- La Figure 2 est un agrandissement d'une portion du spiral piézoélectrique de la Figure
1 ;
- La Figure 3 montre partiellement le schéma électrique du dispositif de régulation
de la pièce d'horlogerie de la Figure 1 ;
- La Figure 4 donne l'écart de marche pour la pièce d'horlogerie des figures précédentes
en fonction d'une capacité variable appliquée entre les deux électrodes du spiral
piézoélectrique ;
- La Figure 5 montre le schéma électrique d'un dispositif de régulation incorporé dans
un mode de réalisation d'une pièce d'horlogerie selon l'invention qui comprend un
résonateur mécanique avec un spiral piézoélectrique ;
- La Figure 6 montre l'écart de marche par jour, pour la pièce d'horlogerie selon l'invention,
qui est engendré par le dispositif de régulation de la Figure 5 en fonction du début
d'impulsions de court-circuit, au cours de périodes d'oscillation respectives, sur
une demi-période entre deux passages par la position neutre du résonateur mécanique
dans chacune de ces périodes d'oscillation ;
- La Figure 7 montre un mode de génération des impulsions de court-circuit dans le dispositif
de régulation de la Figure 5 en fonction d'une dérive temporelle mesurée dans la marche
de la pièce d'horlogerie ;
- La Figure 8 est un organigramme d'un procédé de régulation implémenté dans le dispositif
de régulation de la Figure 5 ;
- Les Figures 9 et 10 montrent le graphe de la tension induite entre les électrodes
du spiral piézoélectrique lors d'une impulsion de court-circuit produite respectivement
avant et après un passage du résonateur mécanique par une position extrême (entre
deux passages successifs du résonateur mécanique par sa position neutre) ; et
- La Figure 11 est une coupe transversale d'un mode de réalisation préféré d'un spiral
piézoélectrique formant le résonateur mécanique d'une pièce d'horlogerie selon l'invention.
Description détaillée de l'invention
[0013] La pièce d'horlogerie selon l'invention comprend, comme la pièce d'horlogerie de
l'art antérieur décrite précédemment, un mouvement horloger mécanique muni d'un oscillateur
mécanique formé par un balancier et un spiral piézoélectrique et agencé pour cadencer
la marche du mouvement horloger. Ensuite, la pièce d'horlogerie comprend un dispositif
de régulation 62 dont le schéma électrique est représenté à la Figure 5. Ce dispositif
de régulation, qui est prévu pour réguler la fréquence de l'oscillateur mécanique,
comprend un circuit électronique de régulation 52 et une base de temps auxiliaire
qui est formée par un oscillateur auxiliaire et qui fournit un signal de fréquence
de référence au circuit électronique de régulation. Cette base de temps comprend par
exemple un résonateur à quartz 44 et un circuit d'horloge 42 qui fournit le signal
de fréquence de référence à un diviseur présentant au moins deux étages DIV1 et DIV2.
Le spiral piézoélectrique 8 est formé au moins partiellement par un matériau piézoélectrique
et par au moins deux électrodes 20,22 (voir Figures 2, 5 et 11) qui sont agencées
de manière à pouvoir présenter entre elles une tension induite U(t) par ledit matériau
piézoélectrique lorsque ce dernier est mis sous contrainte mécanique lors d'une oscillation
de l'oscillateur mécanique (voir Figure 7). Les deux électrodes sont reliées électriquement
au circuit électronique de régulation 52.
[0014] Le circuit électronique de régulation comprend un dispositif de mesure d'une dérive
temporelle éventuelle dans la marche du mouvement horloger relativement à une fréquence
de consigne pour l'oscillateur mécanique qui est déterminée par la base de temps auxiliaire
42,44. Dans le mode de réalisation représenté à la Figure 5, le dispositif de mesure
est formé par un comparateur à hystérèse 54 dont les deux entrées sont reliées aux
deux électrodes 20,22 du spiral piézoélectrique 8. On remarquera que dans l'exemple
donné, l'électrode 20 est reliée électriquement à une entrée du comparateur 54 via
la masse du dispositif de régulation. Le comparateur à hystérèse fournit un signal
digital 'Comp' (voir Figures 5 et 7) dont l'état logique change juste après chaque
passage de l'oscillateur mécanique par sa position neutre (position angulaire θ(t)
égal à zéro), plus particulièrement après chaque passage par zéro du résonateur mécanique
formant cet oscillateur mécanique. La tension induite U(t) générée par le spiral piézoélectrique
est nulle lors du passage du résonateur mécanique par sa position neutre (position
angulaire 'zéro'), alors qu'elle est maximale, pour une charge donnée appliquée entre
les deux électrodes, lorsque le résonateur mécanique est dans une ou l'autre de ses
deux positions extrêmes (définissant l'amplitude de l'oscillateur mécanique respectivement
des deux côtés de la position neutre).
[0015] Le signal 'Comp' est fourni, d'une part, à une première entrée 'Up' d'un compteur
bidirectionnel CB formant le dispositif de mesure et, d'autre part, à un circuit logique
de commande 56. Le compteur bidirectionnel est ainsi incrémenté d'une unité à chaque
période d'oscillation de l'oscillateur mécanique. Il reçoit donc en continu une mesure
de la fréquence d'oscillation instantanée de l'oscillateur mécanique. Le compteur
bidirectionnel reçoit à sa deuxième entrée 'Down' un signal d'horloge S
hor fourni par le diviseur de fréquence DIV1 et DIV2, ce signal d'horloge définissant
une fréquence de consigne pour l'oscillateur mécanique qui est déterminée par l'oscillateur
auxiliaire de la base de temps auxiliaire. Ainsi, le compteur bidirectionnel fournit
au circuit logique de commande 56 un signal correspondant à une erreur cumulée au
cours du temps entre la fréquence d'oscillation de l'oscillateur mécanique et la fréquence
de consigne, cette erreur cumulée définissant la dérive temporelle de l'oscillateur
mécanique relativement à l'oscillateur auxiliaire.
[0016] De manière générale, le dispositif de régulation selon l'invention est agencé de
manière à pouvoir varier momentanément la résistance électrique engendrée par ce dispositif
de régulation entre les deux électrodes du spiral piézoélectrique en fonction d'un
signal de mesure de la dérive temporelle de la marche de la pièce d'horlogerie qui
est fourni par un dispositif de mesure de cette dérive temporelle. Plus particulièrement,
le dispositif de régulation est agencé pour pouvoir engendrer des impulsions de régulation
temporellement séparées et consistant chacune en une diminution momentanée de la résistance
électrique susmentionnée relativement à une résistance électrique nominale qui est
engendrée par le dispositif de régulation entre les deux électrodes en dehors des
impulsions de régulation. Ainsi, on a un système de régulation de la marche de la
pièce d'horlogerie, et donc de la fréquence moyenne de l'oscillateur mécanique, qui
est formé par le matériau piézoélectrique du spiral 8, les deux électrodes 20,22 de
ce spiral et le dispositif de régulation selon l'invention.
[0017] Dans un mode de réalisation préféré, le dispositif de régulation 62 comprend un interrupteur
60 agencé entre les deux électrodes du spiral, cet interrupteur étant commandé par
le circuit logique de commande 56 qui est agencé pour fermer momentanément cet interrupteur
de manière à le rendre conducteur durant lesdites impulsions de régulation, lesquelles
définissent alors des impulsions de court-circuit.
[0018] Dans le cadre de l'invention, les inventeurs ont mis en lumière que les impulsions
de régulation mentionnées précédemment engendrent chacune un écart de marche pour
le mouvement mécanique qui est variable en fonction de l'instant du début de l'impulsion
de régulation considérée dans une demi-période de l'oscillateur mécanique. Cette observation
est représentée à la Figure 6 où est donnée la fonction caractéristique 66 de l'écart
de marche de la pièce d'horlogerie sur un jour relativement à l'instant où débute
des impulsions de court-circuit respectivement dans toutes les périodes d'oscillation
de l'oscillateur mécanique au cours d'un jour, plus particulièrement dans des demi-périodes
respectives de ces périodes d'oscillation qui sont définies, dans chaque période d'oscillation,
par les deux passages successifs par la position neutre de cet oscillateur mécanique.
Ainsi, l'abscisse du graphe de la Figure 6 correspond à l'intervalle de temps Δt entre
le début des impulsions de court-circuit dans les périodes d'oscillation respectives
et le début de la demi-période considérée dans ces périodes d'oscillation. De manière
remarquable, les inventeurs ont mis en lumière le fait que l'écart de marche est négatif
sur une première zone temporelle ZT1 = ZT1.1 & ZT1.2 de la demi-période considérée
pour le début des impulsions de court-circuit et qu'il est positif sur une deuxième
zone temporelle ZT2 de cette demi-période. On notera encore que la fonction caractéristique
66 représentée à la Figure 6 concerne une variante de réalisation dans laquelle la
fréquence d'oscillation est sensiblement égale à 5 Hz (période d'oscillation = 200
ms). L'écart de marche en secondes par jour [s/j] est donné en fonction de l'instant
où débutent les impulsions de court-circuit sur une demi-période de 100 ms, entre
deux passages successifs du résonateur mécanique par sa position neutre, au cours
de chacune des périodes d'oscillation successives. Les impulsions de court-circuit
durent chacune 10 ms dans l'exemple représenté, mais ceci n'est pas limitatif.
[0019] Le circuit électronique de régulation est agencé pour pouvoir déterminer si une dérive
temporelle mesurée par le dispositif de mesure correspond à au moins une certaine
avance (CB > N1) ou à au moins un certain retard (CB < -N2), l'état du compteur bidirectionnel
CB étant fourni au circuit logique de commande 56 par le signal S
DT qui donne l'état du compteur bidirectionnel. Le dispositif de régulation est agencé
pour engendrer au moins une impulsion de régulation avec un début prévu sélectivement,
selon que la dérive temporelle mesurée correspond à ladite au moins une certaine avance
ou audit au moins un certain retard, dans la première zone temporelle ZT1 ou dans
ladite deuxième zone temporelle ZT2 de respectivement au moins une demi-période de
l'oscillateur mécanique. En effet, une impulsion de court-circuit de durée limitée
débutant dans la première zone temporelle engendre un certain retard pour l'oscillateur
mécanique (déphasage négatif) qui peut corriger au moins en partie une avance détectée
dans la marche de la pièce d'horlogerie, alors qu'une impulsion de court-circuit de
durée limitée débutant dans la deuxième zone temporelle engendre une certaine avance
pour l'oscillateur mécanique (déphasage positif) qui peut corriger au moins en partie
un retard détecté dans la marche de la pièce d'horlogerie.
[0020] Les Figures 9 et 10 montrent le graphe de la tension induite U(t) entre les électrodes
du spiral piézoélectrique lors d'une impulsion de court-circuit débutant respectivement
à l'instant ti dans la première zone temporelle ZT1 d'une quelconque période d'oscillation
et à l'instant t
2 dans la deuxième zone temporelle ZT2 d'une quelconque période d'oscillation, soit
respectivement avant et après un passage de l'oscillateur mécanique par une position
extrême entre deux passages successifs de cet oscillateur mécanique par sa position
neutre définissant la demi-période considérée (voir Figure 7).
[0021] Dans une variante générale, les impulsions de régulation ont chacune une durée inférieure
au quart de la période de consigne qui est égale à l'inverse de ladite fréquence de
consigne pour l'oscillateur mécanique.
[0022] Dans une variante de réalisation préférée, la durée des impulsions de régulation
est inférieure ou égale à un dixième d'une période de consigne. Au plus une impulsion
de régulation est engendrée par demi-période de l'oscillateur mécanique et de préférence
au plus une impulsion de régulation par période d'oscillation. Ensuite, le dispositif
de régulation est agencé pour engendrer au moins une impulsion de régulation avec
un début prévu sélectivement, selon que la dérive temporelle mesurée correspond à
au moins une certaine avance ou à au moins un certain retard, dans un premier intervalle
Int1 situé à l'intérieur de la première zone temporelle ZT1, pour lequel l'écart de
marche donné par ladite fonction caractéristique 66 est supérieur, en valeurs absolues,
à au moins la moitié d'un écart de marche maximal de cette fonction caractéristique
sur la première zone temporelle, ou dans un deuxième intervalle Int2 situé à l'intérieur
de la deuxième zone temporelle ZT2 et pour lequel l'écart de marche donné par la fonction
caractéristique est supérieur à au moins la moitié d'un écart de marche maximal de
cette fonction caractéristique sur la deuxième zone temporelle. Ainsi, on assure un
effet relativement important lors des impulsions de régulation, en particulier lors
des impulsions de court-circuit.
[0023] En référence aux Figures 7 et 8, on décrira un procédé de régulation selon l'invention
qui est mis en oeuvre par le dispositif de régulation 62, ce procédé de régulation
étant conforme aux caractéristiques de l'invention décrites précédemment. Comme déjà
indiqué, le comparateur à hystérèse 54 fournit un signal 'Comp' au circuit logique
de commande 56, lequel reçoit également un signal S
DT de mesure de la dérive temporelle de l'oscillateur mécanique, et donc de la pièce
d'horlogerie considérée. Chaque flanc montant et chaque flanc descendant du signal
'Comp' indiquent que le résonateur mécanique vient de passer par sa position neutre,
respectivement au cours de deux alternances successives de l'oscillateur mécanique.
Le circuit de commande fournit sélectivement un signal de commande S
com à un minuteur 58 qui commande un transistor 60 formant l'interrupteur en lui appliquant
un signal Dcc. Plus précisément, le circuit de commande détermine l'instant du début
de chaque impulsion de court-circuit 88a, 88b en déclenchant ou réinitialisant le
minuteur ('Timer') qui rend directement passant / conducteur le transistor 60 (interrupteur
fermé), le minuteur déterminant la durée T
R de chaque impulsion de court-circuit. A la fin de chaque impulsion de court-circuit,
le minuteur ouvre à nouveau l'interrupteur de sorte que le transistor 60 n'est plus
passant, c'est-à-dire non conducteur.
[0024] En exploitant la fonction caractéristique 66 décrite précédemment, le circuit logique
de commande est associé à un compteur temporelle CT qui permet de mesurer au moins
deux intervalles de temps Δt
1 et Δt
2 pour pouvoir déclencher sélectivement le minuteur 58 dans le premier intervalle Int1
et le deuxième intervalle Int2 d'une demi-période, telle que considérée à la Figure
6, selon que le circuit de commande a déterminé une certaine avance ou un certain
retard, à savoir une dérive temporelle positive ou négative, dans la marche de l'oscillateur
mécanique. Plus précisément, lorsque le circuit de commande détecte dans le signal
'Comp' un flanc descendant (ou alternativement un flanc montant), il réinitialise
('reset') le compteur CT. Si le signal S
DT indique une avance, soit CB > N1, N1 étant un nombre naturel positif, alors le circuit
de commande attend un intervalle de temps Δt
1 pour activer le minuteur par un signal S
com(1), ce minuteur engendrant alors un signal D
CC(1) qui rend conducteur le transistor 60 au temps ti (dans la première zone temporelle
ZT1, de préférence dans le premier intervalle Int1) pour une durée T
R, engendrant ainsi une première impulsion de court-circuit 88a qui génère un déphasage
négatif dans l'oscillation de l'oscillateur mécanique (augmentation d'une période
d'oscillation et donc diminution de la fréquence instantanée). Par contre, si le signal
S
DT indique un retard, soit CB < -N2, N2 étant un nombre naturel positif, alors le circuit
de commande attend un intervalle de temps Δt
2 pour activer le minuteur par un signal S
com(2), ce minuteur engendrant alors un signal D
CC(2) qui rend conducteur le transistor 60 au temps t
2 (dans la deuxième zone temporelle ZT2, de préférence dans le deuxième intervalle
Int2) également pour une durée T
R, engendrant ainsi une deuxième impulsion de court-circuit 88b qui génère un déphasage
positif dans l'oscillation de l'oscillateur mécanique (diminution d'une période d'oscillation
/ augmentation de la fréquence instantanée).
[0025] On notera que l'algorithme donné par l'organigramme de la Figure 8 peut présenter
diverses variantes. Ainsi, en particulier, il est possible de prévoir une sous-séquence,
lorsqu'une certaine avance ou un certain retard a été constaté, dans laquelle on effectue
une pluralité d'impulsions de court-circuit dans une pluralité respective de périodes
d'oscillation. Dans un tel cas, on peut prévoir une variante où la pluralité d'impulsions
de court-circuit est effectuée dans des périodes d'oscillation successives ou une
autre variante où ces impulsions de court-circuit sont effectuées périodiquement toutes
les N périodes d'oscillation, N étant un nombre entier supérieur à un (N > 1). Dans
une variante a priori moins avantageuse, il est cependant possible d'effectuer une
pluralité d'impulsions de régulation dans une pluralité de demi-périodes consécutives.
Dans ce dernier cas on déclenchera une impulsion de régulation alternativement lors
de l'apparition d'un flanc descendant et d'un flanc montant dans le signal 'Comp'.
[0026] A l'aide de la Figure 11 (page 4/7 des dessins annexés), on décrira un mode de réalisation
préféré du spiral piézoélectrique 70 de la pièce d'horlogerie selon l'invention. Ce
spiral 70, représenté en coupe transversale, comprend un corps central 72 en silicium,
une couche d'oxyde de silicium 74 déposée en surface du corps central de manière à
compenser thermiquement le spiral, une couche conductrice 76 déposée sur la couche
d'oxyde de silicium, et un matériau piézoélectrique déposé sous forme d'une couche
piézoélectrique 78 sur la couche conductrice 76. Deux électrodes 20a et 22a sont agencées
sur la couche piézoélectrique 78 respectivement des deux côtés latéraux du spiral
(les deux électrodes pouvant recouvrir en partie les côtés inférieur et supérieur
du spiral sans toutefois se rejoindre).
[0027] Dans la variante particulière représentée à la Figure 11, la première partie 80a
et la deuxième partie 80b de la couche piézoélectrique s'étendant respectivement sur
les deux côtés latéraux du corps central 72 présentent, de par leur croissance depuis
la couche conductrice 76, des structures cristallographiques respectives qui sont
symétriques relativement à un plan médian 84 parallèle à ces deux côtés latéraux.
Ainsi, dans les deux parties latérales 80a et 80b, la couche piézoélectrique présente
deux mêmes axes piézoélectriques respectifs 82a, 82b qui sont perpendiculaires à la
couche piézoélectrique et de sens opposés. On a donc une inversion du signe de la
tension induite entre l'électrode interne et chacune des deux électrodes latérales
externes pour une même contrainte mécanique. Or, lorsque le spiral se contracte ou
se dilate depuis sa position de repos, il y a une inversion de la contrainte mécanique
entre les première et deuxième parties 80a et 80b, c'est-à-dire que l'une de ces parties
subit une compression alors que l'autre de ces parties subit une traction, et inversement.
Au final il résulte de ces considérations que les tensions induites dans les première
et deuxième parties présentent, selon un axe perpendiculaire aux deux côtés latéraux,
une même polarité de sorte que la couche conductrice 76 peut former une seule et même
électrode interne qui s'étend des deux côtés latéraux du corps central 72, cette électrode
interne n'ayant pas de liaison électrique propre avec le dispositif de régulation.
Dans une variante particulière, la couche piézoélectrique est constituée d'un cristal
de nitrure d'aluminium formé par une croissance de ce cristal depuis la couche conductrice
76 (électrode interne) et perpendiculairement à celle-ci.
1. Pièce d'horlogerie comprenant un mouvement horloger mécanique, muni d'un oscillateur
mécanique formé par un balancier (4) et un spiral (8; 70) et agencé pour cadencer
la marche du mouvement horloger, et un dispositif de régulation (62) pour réguler
la fréquence de l'oscillateur mécanique, ce dispositif de régulation comprenant une
base de temps auxiliaire (42,44), formée par un oscillateur auxiliaire et fournissant
un signal de fréquence de référence, et un dispositif de mesure (54, CB) d'une dérive
temporelle dans la marche du mouvement horloger relativement à une fréquence de consigne
(Shor) pour l'oscillateur mécanique qui est déterminée par la base de temps auxiliaire,
le spiral étant formé au moins partiellement par un matériau piézoélectrique et par
au moins deux électrodes (20,22; 20a,22a) agencées de manière à pouvoir présenter
entre elles une tension induite par ledit matériau piézoélectrique lorsque ce dernier
est mis sous contrainte mécanique lors d'une oscillation de l'oscillateur mécanique,
les deux électrodes étant reliées électriquement au dispositif de régulation qui est
agencé pour pouvoir varier l'impédance du système de régulation, formé par ledit matériau
piézoélectrique, lesdites au moins deux électrodes et le dispositif de régulation,
en fonction d'un signal de mesure de ladite dérive temporelle fourni par le dispositif
de mesure ; caractérisée en ce que le dispositif de régulation (62) est agencé de manière à pouvoir varier momentanément
la résistance électrique engendrée par ce dispositif de régulation entre lesdites
deux électrodes, le dispositif de régulation étant agencé pour pouvoir engendrer des
impulsions de régulation (88a, 88b) temporellement séparées et consistant chacune
en une diminution momentanée de ladite résistance électrique relativement à une résistance
électrique nominale qui est engendrée par le dispositif de régulation entre lesdites
deux électrodes en dehors desdites impulsions de régulation, chacune desdites impulsions
de régulation engendrant un écart de marche pour le mouvement mécanique qui est variable
en fonction de l'instant de son début dans une demi-période de l'oscillateur mécanique,
la fonction caractéristique (66) dudit écart de marche relativement audit instant
où débute au moins une desdites impulsions de régulation respectivement dans au moins
une demi-période de l'oscillateur mécanique étant négative sur une première zone temporelle
(ZT1.1 & ZT1.2) de ladite au moins une demi-période et positive sur une deuxième zone
temporelle (ZT2) de ladite au moins une demi-période ; et en ce que le dispositif de régulation est agencé pour pouvoir déterminer si une dérive temporelle
mesurée par le dispositif de mesure correspond à au moins une certaine avance ou à
au moins un certain retard, le dispositif de régulation étant agencé pour engendrer
au moins une desdites impulsions de régulation (88a, 88b) avec un début prévu sélectivement,
selon que la dérive temporelle mesurée correspond à ladite au moins une certaine avance
ou audit au moins un certain retard, dans ladite première zone temporelle ou dans
ladite deuxième zone temporelle de respectivement au moins une demi-période de l'oscillateur
mécanique.
2. Pièce d'horlogerie selon la revendication 1, caractérisée en ce que lesdites impulsions de régulation (88a, 88b) ont chacune une durée (TR) inférieure au quart de la période de consigne qui est égale à l'inverse de ladite
fréquence de consigne.
3. Pièce d'horlogerie selon la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce que la durée (TR) desdites impulsions de régulation (88a, 88b) est inférieure ou égale à un dixième
d'une période de consigne ; et en ce que le dispositif de régulation est agencé pour engendrer au moins une desdites impulsions
de régulation avec un début prévu sélectivement, selon que la dérive temporelle mesurée
correspond à ladite au moins une certaine avance ou audit au moins un certain retard,
dans un premier intervalle (Int1) situé à l'intérieur de ladite première zone temporelle
(ZT1.1) et pour lequel ledit écart de marche donné par ladite fonction caractéristique
est supérieur, en valeurs absolues, à au moins la moitié d'un écart de marche maximal
de cette fonction caractéristique sur la première zone temporelle ou dans un deuxième
intervalle (Int2) situé à l'intérieur de ladite deuxième zone temporelle (ZT2) et
pour lequel ledit écart de marche donné par ladite fonction caractéristique est supérieur
à au moins la moitié d'un écart de marche maximal de cette fonction caractéristique
sur la deuxième zone temporelle.
4. Pièce d'horlogerie selon une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée en ce que ledit dispositif de régulation (62) comprend un interrupteur (60) agencé entre les
deux électrodes (20,22) du spiral, cet interrupteur étant commandé par un circuit
de commande (56) qui est agencé pour fermer momentanément cet interrupteur durant
lesdites impulsions de régulation de manière à le rendre passant / conducteur, ces
impulsions de régulation définissant alors des impulsions de court-circuit.
5. Pièce d'horlogerie selon une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisée en ce que ledit spiral (70) comprend un corps central (72) en silicium, une couche d'oxyde
de silicium (74) déposée en surface dudit corps central de manière à compenser thermiquement
le spiral, une couche conductrice (76) déposée sur la couche d'oxyde de silicium,
et ledit matériau piézoélectrique déposé sous forme d'une couche piézoélectrique (78)
sur ladite couche conductrice, lesdites deux électrodes (20a, 20b) étant agencées
sur la couche piézoélectrique respectivement des deux côtés latéraux du spiral.
6. Pièce d'horlogerie selon la revendication 5, caractérisée en ce que des première et deuxième parties (80a,80b) de la couche piézoélectrique, qui s'étendent
respectivement sur les deux côtés latéraux dudit corps central (72), présentent des
structures cristallographiques respectives qui sont symétriques relativement à un
plan médian (84) parallèle à ces deux côtés latéraux ; et en ce que ladite couche conductrice (76) forme une seule et même électrode interne qui s'étend
sur les deux côtés latéraux du corps central, cette électrode interne n'ayant pas
de liaison électrique propre avec le dispositif de régulation.
7. Pièce d'horlogerie selon la revendication 6, caractérisée en ce que ladite couche piézoélectrique (78) est constituée d'un cristal de nitrure d'aluminium
formé par une croissance de ce cristal perpendiculairement à ladite couche conductrice
(76) et depuis cette couche conductrice.