DOMAINE DE L'INVENTION
[0001] L'invention concerne, en premier lieu, un procédé pour la réalisation sur site ou
en usine d'escaliers en béton, plus particulièrement mais cependant non limitativement
du type à fût central.
[0002] L'invention concerne également les escaliers en béton obtenus par le procédé précité.
ETAT ANTERIEUR DE LA TECHNIQUE
[0003] Traditionnellement, la réalisation d'escaliers en béton, notamment de type monobloc,
sont réalisés sur site. Cependant, de plus en plus, ces escaliers sont réalisés en
usine, puis transportés et mis en place sur site.
[0004] Ainsi, dans le cadre de la réalisation de tels escaliers en béton directement sur
site, ils sont réalisés de la manière suivante, par exemple dans le cas où l'escalier
comporte un fût central.
[0005] On procède tout d'abord à la mise en place d'un moule, définissant une colonne centrale
destinée à constituer le fût. Ce dernier est réalisé en coulant du béton par l'extrémité
supérieure du moule définissant un tel fût central. Puis l'on procède au coulage du
béton sur les zones du moule destinées à définir les marches et contremarches. Le
béton ainsi déposé est vibré, puis l'opérateur égalise les marches ainsi réalisées
notamment à l'aide d'une pelle ou d'une truelle, puis lisse le béton non encore pris
en masse avec une lisseuse.
[0006] En effet, classiquement, il se crée concomitamment avec le coulage du béton, des
bulles d'air, qui remontent en surface lors de la prise en masse du béton. Ces bulles
d'air peuvent se figer dans la masse du béton, mais peuvent également éclater à la
surface supérieure de chacune des marches, faisant apparaître des cratères, qu'il
convient d'éliminer. Ce phénomène de bullage, bien connu dans le domaine considéré,
engendre la nécessité de procéder à une deuxième opération de lissage lorsque le béton
a débuté sa prise.
[0007] Qui plus est, il n'est pas rare nonobstant cette double opération de lissage, qu'un
dépôt d'un autre revêtement ou enduit soit mis en oeuvre sur le parement des pièces
en béton, dans un souci d'esthétique notamment, afin de complètement escamoter ce
phénomène de bullage.
[0008] D'ores et déjà, on comprendra aisément que la réalisation des escaliers en béton
monoblocs, tel que décrit précédemment, que ces escaliers soient réalisés sur site
ou en usine entraîne un travail important de finition, tout particulièrement chronophage.
[0009] Par ailleurs, bien que certaines techniques, comme la vibration du béton, aient été
développées afin de réduire ce problème, le produit sort néanmoins bullé et nécessite
alors un important travail de finition pour masquer ces bulles.
[0010] De plus, la finition se doit d'être suffisamment solide pour permettre les passages
répétés des usagers sans présenter aucune usure ou éclatement lié à la présence de
bulles d'air. Ceci explique la nécessité de la présence d'au moins deux couches d'enduit,
accroissant d'autant la perte de temps.
[0011] En outre, la réalisation de tels escaliers s'accompagne d'une grande pénibilité pour
le ou les opérateurs, dans la mesure où ces derniers doivent procéder, outre au coulage
du béton, à son égalisation au niveau de chacune des marches notamment à l'aide d'une
pelle, étant souligné que cette opération est à réaliser alors même que le béton n'est
pas pris en masse, et que l'opérateur est plus ou moins en position d'équilibriste
sur les contreforts éventuels du moule. Outre cet aspect de pénibilité, vient se rajouter
une problématique de sécurité, justement en raison du positionnement de l'opérateur
un peu comme il peut, pour assurer cette opération d'égalisation des marches puis
de lissage du béton, l'opérateur devant travailler dans l'escalier en cours de réalisation,
courbé à même le moule à plusieurs mètres de hauteur, les risques de chute étant bien
présents.
[0012] Enfin, en raison de la mise en oeuvre d'un béton relativement ferme, il convient
traditionnellement de procéder à une opération de vibration du moule ou interne avec
des aiguilles vibrantes, rajoutant aux inconvénients précités une nuisance sonore,
affectant de manière supplémentaire les conditions de travail de l'opérateur.
[0013] Des solutions ont été proposées pour remédier à ces inconvénients. Ainsi, le document
CN 206170284 décrit un procédé de fabrication d'un escalier à partir d'un moule. Le moule est ainsi
disponible en plusieurs parties, dont un fond donnant leurs formes aux différentes
marches et contremarches, des parois latérales, un capot supérieur refermant le moule
et constituant la future face inférieure de l'escalier. Ces différentes parties sont
ensuite assemblées afin de constituer un moule dans lequel du béton est coulé.
[0014] Cependant, l'escalier est fabriqué non pas en position, donc directement en mode
opérationnel par exemple sur le site considéré, mais à l'envers. De ce fait, les bulles
d'air qui remontent à la surface du béton, se retrouvent alors sur la face inférieure
de l'escalier. Elles ne sont donc plus sur la surface des marches et le passage des
usagers ne constitue alors plus un problème pour la tenue de la couche d'enduit assurant
la finition. L'étape de finition s'avère donc être beaucoup moins cruciale.
[0015] En revanche, bien que la partie affectée par le phénomène de bullage n'affecte plus
la surface visible des marches, l'étape de finition demeure nécessaire, les prescripteurs
de ce type d'escalier réclamant un produit fini exempt de tout défaut, y compris au
niveau de la face inférieure de l'escalier, c'est-à-dire de la face opposée à celle
recevant les marches.
[0016] Mais d'autre part et surtout, d'une part le procédé décrit ne permet pas la réalisation
de l'escalier en place en son lieu définitif, et d'autre part, il ne permet la fabrication
que d'une seule hauteur de marche par moule, et implique donc de disposer d'autant
de moules que de types d'escalier à réaliser.
[0017] La présente invention propose un procédé permettant l'obtention d'un escalier à noyau
ou balancé à fût, ou non, fini en sortie du moule, et ne nécessitant que des retouches
très mineures, réduisant la pénibilité et la dangerosité liées au travail sur le moule
tout en autorisant la fabrication de plusieurs hauteurs de marche par moule.
DESCRIPTION SOMMAIRE DE L'INVENTION
[0018] A cet effet, l'invention vise un procédé pour la réalisation sur d'escaliers monoblocs
en béton, notamment mais non exclusivement de type à fût central, mettant en oeuvre
un moule fermé, composé d'un moule inférieur et d'un moule supérieur ou capot, définissant
entre eux un volume destiné à être rempli par du béton.
[0019] Ce procédé consiste :
▪ à fixer et installer le moule inférieur en position opérationnelle ;
▪ à positionner le moule supérieur ou capot en regard dudit moule inférieur et à le
fixer sur ledit moule inférieur ;
▪ à injecter dans le volume défini par les deux moules respectivement inférieur et
supérieur, et à partir de la base inférieure dudit volume, du béton notamment de type
auto-plaçant, jusqu'à combler l'intégralité dudit volume ;
▪ après prise en masse du béton, à ôter le moule supérieur et le moule inférieur,
et donc à démouler l'escalier ainsi réalisé.
[0020] En d'autres termes, contrairement aux procédés classiques et traditionnels de réalisation
d'escaliers en béton, l'invention consiste tout d'abord à mettre en oeuvre un moule
fermé, dont la forme correspond à la forme de l'escalier à réaliser, et d'autre part,
à injecter le béton de consistance nettement plus liquide que les bétons traditionnels
mis en oeuvre pour les escaliers, à partir de l'extrémité inférieure du moule selon
un mouvement ascendant, notamment au moyen d'une pompe adaptée, et plus particulièrement
d'une pompe péristaltique. Le béton auto-plaçant n'a donc pas besoin d'être vibré,
opération usuellement très physique et pénible, et présente un nombre fortement réduit
de bulles d'air, permettant d'obtenir un produit fini plus lisse en surface.
[0021] Selon l'invention, les différents éléments constitutifs du moule supérieur ou capot,
peuvent être constitués de plusieurs secteurs, afin de favoriser, d'une part leur
réalisation, d'autre part leur déplacement, leur stockage, leur mise en place sur
le site et leur démoulage.
[0022] Selon une autre caractéristique de l'invention, on enduit, notamment par pulvérisation,
la face interne du moule supérieur ou capot, c'est-à-dire la surface appelée à définir
la forme des différentes marches et contremarches du futur escalier, d'un mortier,
préalablement à l'injection du béton auto-plaçant. Ce mortier a principalement pour
vocation d'emprisonner l'air résultant de la prise en masse du béton entre ledit béton
et le mortier. Le choix particulier du béton auto-plaçant d'une part, et du mortier
d'autre part, permet d'éviter que les bulles d'air ne percent à la surface supérieure
de l'escalier après démoulage.
[0023] Le mortier, qui se distingue du béton par l'absence de gravillons dans sa constitution,
vient former une couche parfaitement lisse au contact de la paroi interne du capot.
Le béton auto-plaçant est ensuite injecté dans le moule et vient au contact du mortier.
Les dernières bulles d'air susceptibles de subsister, sont alors emprisonnées entre
la partie supérieure du béton et la partie inférieure du mortier. Elles n'apparaissent
donc plus en surface de la marche qui apparaît comme lisse.
[0024] De fait et selon l'invention, le mortier mis en oeuvre comprend :
▪ entre 5 et 50 % en masse de ciment ;
▪ entre 40 et 95 % en masse d'agrégats fins (notamment sables, filler) ;
▪ un mélange d'adjuvants choisis dans le groupe comprenant les super-plastifiants,
les accélérateurs de prise en masse, les retardateurs de prise en masse, les agents
anti-retrait, etc..
[0025] Avantageusement, la paroi interne du capot est recouverte de mortier avant le montage
du capot sur le moule inférieur. Plus avantageusement, ledit mortier est projeté sur
cette surface, permettant ainsi de réduire la durée de préparation du capot du moule.
[0026] Par ailleurs, et selon une autre caractéristique de l'invention, les moules inférieur
et supérieur ou capot sont préalablement enduit, sur leur face interne, c'est-à-dire
sur leur face destinée à recevoir le béton auto-plaçant, d'un composant apte à favoriser
le démoulage, et notamment de l'huile de démoulage.
[0027] Lorsque le capot reçoit sur sa face interne le mortier précédemment évoqué, l'huile
de démoulage est préalablement déposée sur ladite face interne.
[0028] Dans le cas plus particulier de réalisation d'escaliers monoblocs en béton à fut
central, l'injection du béton est réalisée à partir de la base d'une colonne, apte
à définir ledit fût central, ladite colonne communiquant avec le volume défini par
les deux moules respectivement inférieur et supérieur, au moyen de lumières traversantes.
Ce faisant, le béton étant injecté au niveau de la base ou extrémité inférieure de
la colonne, monte dans celle-ci et, au fur et à mesure, remplit le volume défini par
les deux moules, de telle sorte à obtenir un escalier de caractère monobloc intégrant
également le fût central.
[0029] Avantageusement, le béton auto-plaçant utilisé appartient à la classe SF2 (étalement
compris entre 660mm et 750mm), ou à la classe SF3 (étalement compris entre 760mm et
850mm), ces deux classes étant définies par la norme NF EN 206, l'étalement étant
un essai décrit par la norme NF EN 12350-8.
[0030] Selon l'invention, et lorsque cela est requis, des raidisseurs sont intégrés et fixés
au moule inférieur avant mise en place du moule ou capot supérieur.
[0031] L'invention vise également les escaliers monoblocs en béton mettant en oeuvre le
procédé décrit précédemment.
BREVE DESCRIPTION DES FIGURES
[0032] La manière dont l'invention peut être réalisée, et les avantages qui en découlent,
ressortiront mieux des exemples de réalisation qui suivent, donnés à titre indicatif
et non limitatif à l'appui des figures annexées.
La figure 1 est une vue en éclaté des éléments constitutifs du moule pour obtenir
un escalier exempt de fût central conforme au procédé de l'invention.
La figure 2 est une vue analogue à la figure 1 mais d'un escalier à fût central.
La figure 3 est une représentation schématique en perspective du moule inférieur pour
la réalisation d'un escalier à fût central, dont la figure 4 est une vue de détail
et la figure 5 une vue en section sagittale.
La figure 6 est une représentation schématique en perspective du moule inférieur pour
la réalisation de l'escalier à fût central, faisant apparaître les raidisseurs le
cas échéant mis en oeuvre dans le cadre du procédé de l'invention.
DESCRIPTION DETAILLEE DE L'INVENTION
[0033] La figure 1 représente donc les éléments fondamentaux pour la réalisation d'un escalier
monobloc exempt de tout fût central, et en l'espèce d'un escalier à paillasse.
[0034] Plus précisément, la référence (1) désigne l'escalier résultant de la mise en oeuvre
du procédé conforme à l'invention, la référence (2) désigne le moule inférieur et
les références (3) et (4) désignent deux secteurs du capot ou moule supérieur, destiné
à coopérer avec le moule inférieur (2)..
[0035] Comme déjà indiqué précédemment, le procédé de l'invention vise la réalisation d'un
escalier monobloc en béton en position. A cet effet, le moule inférieur est fixé au
sol pour éviter un soulèvement en phase de démoulage de l'escalier. Ce moule inférieur,
typiquement réalisé en acier, présente dans le cas d'espèce un fond plat et incliné
(5), puisqu'aussi bien, la face inférieure de l'escalier n'a pas de fonction technique
spécifique.
[0036] En revanche, le moule inférieur (2) est destiné à recevoir un capot ou moule supérieur
(3) et (4), également en acier, dont la forme correspond spécifiquement aux différentes
marches et contremarches de l'escalier à réaliser.
[0037] Le capot supérieur (3) et (4) a donc vocation à être positionné sur le moule inférieur
(2), ce dernier étant muni à cet effet de découpes latérales (6) aptes à recevoir
en appui ledit capot supérieur (3) et (4) de forme correspondante, et ce, comme déjà
dit, pour définir les marches et contremarches. Typiquement, la fixation du moule
supérieur ou capot sur le moule inférieur est obtenue au moyen de boulons et de centreurs
répartis le long du fût central d'une part, et au niveau des rives externes, au moyen
de tiges et écrous ou encore de boulons associés à des centreurs.
[0038] On a illustré sur cette figure, et notamment au niveau du moule inférieur (2) des
orifices traversants (7), positionnés au choix sur ou sous la contremarche numéro
1, ou au niveau de la rive intérieure ou extérieure dudit moule. Il convient en effet
de rappeler que selon invention, le béton constitutif de l'escalier (1) à réaliser
est injecté à partir de la base, donc de l'extrémité inférieure du moule.
[0039] Ce béton est du type auto-plaçant de classe SF2 minimum, c'est-à-dire, présentant
un étalement aux cônes d'Abrhams supérieur à 660 mm. L'objectif d'un tel béton relativement
liquide est, d'une part, de permettre son ascension au sein du moule, notamment en
mettant en oeuvre une pompe péristaltique et, d'autre part, de diminuer le macro-bullage,
élément constituant l'un des inconvénients des procédés de l'art antérieur.
[0040] A titre exemplatif, un tel béton présente un rapport gravillon / sable compris entre
0,5 et 1,4, typiquement voisin de 1. Le ciment, élément phare du béton, est dosé entre
280 et 500 kg/m
3 de béton, et typiquement voisin de 340 kg/m
3. Le rapport eau / liant équivalent au sens de la norme EN206 est de 0,3 à 0,6, typiquement
voisin de 0,5.
[0041] Un tel béton est également susceptible de recevoir des additifs au sens de la norme
EN206 du type laitier, métakaolin, cendres volantes, filler calcaire, ce pour compléter
la granulométrie, optimiser les coûts ou les performances mécaniques.
[0042] Avantageusement on intègre des adjuvants au mélange : un super-plastifiant ou réducteur
d'eau avec un dosage voisin de 3 l/m
3. Un superplastifiant ainsi ajouté peut être du type à haute réduction d'eau, tel
qu'un polycarboxylate.
[0043] Selon une caractéristique avantageuse, préalablement à l'injection de béton dans
le moule constitué des éléments (2), (3) et (4), les parois internes dudit moule sont
revêtues d'une huile de démoulage appliquée par exemple au pulvérisateur. Une telle
huile de démoulage peut être constituée d'une solvantée (par exemple commercialisée
sous la référence Grâce cire E-31), d'une huile de synthèse (par exemple commercialisée
sous la référence Chryso Dem Oléo 64), d'une huile végétale ou à base végétale (par
exemple commercialisée sous la référence Grâce Décobio S33).
[0044] Selon encore une autre caractéristique avantageuse de l'invention, on enduit, notamment
par pulvérisation, la face interne des capots (3) et (4), c'est-à-dire y compris au
niveau de ce qui sera la marche et la contremarche de l'escalier, d'un mortier destiné
comme déjà dit à notamment emprisonner les éventuelles bulles résultant du béton entre
ledit mortier et le béton, outre à favoriser l'aspect extérieur des marches.
[0045] Ce mortier comprend :
▪ entre 5 à 50 % en masse de ciment ;
▪ entre 40 et 95 % en masse d'agrégats fins, typiquement inférieurs à 1 millimètre
;
▪ et un mélange d'adjuvants comprenant un super-plastifiant et/ou des accélérateurs
ou retardateurs de prise en masse du béton et/ou des agents anti-retrait.
[0046] A cet égard, il est précisé que l'huile de démoulage ayant préalablement revêtu la
face interne dudit capots (3) et (4) est choisie de telle sorte que le mortier adhère
à l'état frais sur le capot, mais pas à l'état durci. Il peut s'agir d'une huile du
type de celles précédemment décrites. Cette huile est sélectionnée précisément en
suite de la réalisation de différents essais, au cours desquels on observe les décollements
éventuels du mortier par rapport au moule et les phénomènes de micro-bullage ou tâches
pouvant apparaitre sur les parements. La sélection de l'huile dépend donc des matériaux
localement disponibles pour fabriquer le mortier, le béton et du matériel utilisé
pour l'application (pulvérisation, chiffonnage ou non).
[0047] En raison du procédé de réalisation d'un escalier en béton monobloc de l'invention,
coulé en position, il est possible avec le même moule inférieur (2) de pouvoir réaliser
des escaliers avec une hauteur de marche légèrement différente du fond de moule, en
choisissant les capots (3) et (4) appropriés. Ces déclinaisons par rapport à la hauteur
de base du moule s'établit généralement avec un écart de 2 à 4 millimètres, et ce,
afin de limiter la surépaisseur des plateaux ou de la paillasse de l'escalier au niveau
de son pied ou de sa tête. En d'autres termes, avec le même moule inférieur, il devient
possible de réaliser des escaliers avec différentes hauteurs de marche, en adaptant
le capot supérieur.
[0048] On a représenté, en relation avec la figure 2, une vue éclatée analogue à la figure
1, mais cette fois-ci pour la réalisation d'un escalier monobloc pourvu d'un fût central
(8). Dans cette configuration, le moule inférieur (2) comporte, en sa position centrale,
une partie de colonne, destinée à coopérer avec les capots supérieurs, munis chacun
d'une partie de colonne complémentaire avec celle du moule inférieur, ce afin de définir
un cylindre (dans le cas d'espèce de base circulaire) apte à définir le fût ou noyau
central.
[0049] En outre, dans le cadre de la réalisation d'un tel escalier à fût central, l'injection
de béton s'effectue toujours au niveau inférieur, mais par le biais de la colonne
destinée à constituer le fût central. A cet effet, les éléments définissant la colonne
sont percés de lumières traversantes (9), permettant au béton subissant l'ascension
au sein de la colonne, de venir se répartir dans le volume défini entre le capot supérieur
et le moule inférieur, et ainsi réaliser et constituer les marches et contremarches
de l'escalier souhaité. Ces lumières ont été schématisées sur les figures 3 à 5. Elles
sont de dimension, et notamment de hauteur sensiblement inférieure aux contremarches.
[0050] On a illustré, au sein de la figure 6, la mise en oeuvre lorsque cela est requis,
d'éléments raidisseurs (10), en l'espèce tant horizontaux que verticaux.
[0051] Ces raidisseurs ont pour principale fonction de reprendre la poussée du béton résultant
de l'injection, notamment au niveau inférieur. Cette poussée du béton s'exerce perpendiculairement
à toutes les surfaces, et il peut s'avérer nécessaire de bloquer les efforts verticaux
mais également horizontaux, afin d'éviter notamment une mise en rotation des capots
lors de l'injection du béton.
[0052] Ces raidisseurs peuvent être constitués de barres de renforcement tubulaires, notamment
de section transversale carrée, disposées sur le capot supérieur, à la verticale de
chacune des contremarches, les diagonales des sections carrées étant orientées respectivement
selon l'horizontale et selon la verticale. Les raidisseurs peuvent aussi résulter
d'un assemblage de tôles pliés et soudés. Ces raidisseurs peuvent être fixés avec
un bridage tige / écrou, au moyen d'un profilé encoché à cet effet, permettant une
certaine souplesse dans le positionnement initial du capot, et l'inclinaison des profils
à 45° permet une bonne reprise des efforts horizontaux et verticaux. Le serrage tend
alors à positionner le capot en position optimale.
[0053] Il peut également être réalisé avec écrou et centreur, assurant une meilleure répétabilité
que le système tige / écrou, mais en revanche moins tolérant aux écarts de positionnements
initiaux.
[0054] L'invention vise les escaliers en béton monoblocs coulés en position obtenus par
le procédé de l'invention. Si les propriétés mécaniques de ces escaliers ne diffèrent
pas ou peu des escaliers réalisés avec les procédés de réalisation traditionnels,
en revanche ils présentent un état de finition très nettement amélioré, en raison
de l'absence ou quasi-absence de micro-bullage venant éclater à la surface supérieure
des marches, engendrant un gain considérable en termes de durée de réalisation.
[0055] Parallèlement, en raison du mode de réalisation de ces escaliers, c'est-à-dire un
moulage intégral (face inférieure et face supérieure), les conditions de réalisation
de ces escaliers sont beaucoup plus confortables pour les opérateurs et, surtout,
permettent une augmentation significative de la sécurité, puisqu'aussi bien, l'opérateur
n'a plus à assurer l'étalage du béton en position précaire ou le lissage de celui-ci.
Les éventuelles opérations ultimes de finition, lorsqu'elles peuvent s'avérer nécessaires,
se font sur un escalier dont le béton a pris en masse donc durci, facilitant considérablement
ces opérations.
1. Procédé pour la réalisation d'escaliers monoblocs en béton mettant en oeuvre un moule
fermé, composé d'un moule inférieur (2) et d'un moule supérieur ou capot (3, 4), définissant
entre eux un volume destiné à être rempli par du béton, consistant :
▪ à fixer et installer le moule inférieur (2) en position opérationnelle;
▪ à positionner le moule supérieur ou capot (3, 4) en regard dudit moule inférieur
(2) et à le fixer sur ledit moule inférieur ;
▪ à injecter dans le volume défini par les deux moules respectivement inférieur (2)
et supérieur (3, 4), et à partir de la base inférieure dudit volume, du béton notamment
de type auto-plaçant, jusqu'à combler l'intégralité dudit volume ;
▪ après prise en masse du béton, à ôter le moule supérieur et le moule inférieur,
et donc à démouler l'escalier ainsi réalisé.
2. Procédé pour la réalisation d'escaliers monoblocs en béton à fût ou noyau central
mettant en oeuvre un moule fermé, composé d'un moule inférieur (2) et d'un moule supérieur
ou capot (3, 4), définissant entre eux un volume destiné à être rempli par du béton,
consistant :
▪ à fixer et installer le moule inférieur (2) en position opérationnelle;
▪ à positionner le moule supérieur ou capot (3, 4) en regard dudit moule inférieur
(2) et à le fixer sur ledit moule inférieur ;
▪ à injecter dans le volume défini par les deux moules respectivement inférieur (2)
et supérieur (3, 4), et à partir de la base inférieure de la colonne destinée à constituer
le fût ou noyau central, du béton notamment de type auto-plaçant, ladite colonne communiquant
avec le volume défini par les deux moules respectivement inférieur et supérieur, au
moyen de lumières traversantes (9), jusqu'à combler l'intégralité dudit volume ;
▪ après prise en masse du béton, à ôter le moule supérieur et le moule inférieur,
et donc à démouler l'escalier ainsi réalisé.
3. Procédé pour la réalisation d'escaliers monoblocs en béton selon l'une des revendications
1 et 2, dans lequel le moule supérieur ou capot est constitué de plusieurs secteurs.
4. Procédé pour la réalisation d'escaliers monoblocs en béton selon l'une des revendications
1 à 3, dans lequel, préalablement à l'injection du béton auto-plaçant dans le volume
défini par les deux moules, on enduit, notamment par pulvérisation, la face interne
du moule supérieur ou capot, c'est-à-dire la surface appelée à définir la forme des
différentes marches et contremarches du futur escalier, d'un mortier.
5. Procédé pour la réalisation d'escaliers monoblocs en béton selon la revendication
4, dans lequel le mortier comprend :
▪ entre 5 et 50 % en masse de ciment ;
▪ entre 40 et 95 % en masse d'agrégats fins ;
▪ un mélange d'adjuvants choisis dans le groupe comprenant les super-plastifiants,
les accélérateurs de prise en masse, les retardateurs de prise en masse, les agents
anti-retrait.
6. Procédé pour la réalisation d'escaliers monoblocs en béton selon l'une des revendications
4 et 5, dans lequel la paroi interne du capot (3, 4) est recouverte de mortier avant
le montage dudit capot sur le moule inférieur (2).
7. Procédé pour la réalisation d'escaliers monoblocs en béton selon l'une des revendications
4 à 6, dans lequel le mortier est projeté sur la surface interne du capot.
8. Procédé pour la réalisation d'escaliers monoblocs en béton selon l'une des revendications
1 à 7, dans lequel les moules inférieur (2) et supérieur (3, 4) ou capot sont préalablement
enduit, sur leur face interne, c'est-à-dire sur leur face destinée à recevoir le béton
auto-plaçant, d'un composant apte à favoriser le démoulage, et notamment de l'huile
de démoulage.
9. Procédé pour la réalisation d'escaliers monoblocs en béton selon la revendication
8, dans lequel lorsque le capot reçoit sur sa face interne le mortier selon l'une
des revendications 4 à 7, l'huile de démoulage est préalablement déposée sur ladite
face interne.
10. Procédé pour la réalisation d'escaliers monoblocs en béton selon l'une des revendications
1 à 9, dans lequel le béton auto-plaçant mis en oeuvre appartient à la classe SF2
ou à la classe SF3.
11. Procédé pour la réalisation d'escaliers monoblocs en béton selon l'une des revendications
1 à 10, dans lequel des raidisseurs (10) sont intégrés et fixés au moule inférieur
avant mise en place du moule ou capot supérieur.
12. Escalier monobloc en béton obtenu par la mise en oeuvre du procédé selon l'une des
revendications 1 à 11.