[0001] L'invention concerne un procédé de réalisation d'un tube pour système de friction.
Elle concerne aussi un procédé de réalisation d'une friction entre un arbre et un
tel tube.
[0002] L'entraînement des aiguilles ou des disques permettant l'affichage de l'heure sur
une montre se fait généralement par l'intermédiaire d'une chaussée, que l'on vient
pincer puis chasser sur un tigeron d'un pignon de centre. Le pincement crée deux bosses
dans le tube ou le fût de la chaussée qui viennent en contact avec le tigeron et assurent
ainsi, par frottement des bosses sur le tigeron, la transmission de la rotation du
pignon de centre à la chaussée en mode de fonctionnement normal d'affichage de l'heure.
[0003] L'ajustement du diamètre du tigeron et de la distance entre-bosses assure la transmission
d'un couple permettant la rotation de l'aiguille des minutes. Plus ce couple est élevé,
mieux les aiguilles vont se comporter au moment de chocs. En mode de réglage de l'heure,
la rotation de la tige entraîne la rotation de la chaussée par le biais d'un mécanisme
de correction, qui glisse sur le pignon de centre pour positionner l'aiguille au bon
endroit relativement au cadran.
[0004] Une telle structure chaussée - pignon de centre constitue, par exemple, un lanternage.
[0005] Un couple de frottement ou de friction trop élevé a pour conséquence une sensation
de réglage difficile et induit également une usure du lanternage.
[0006] Il est donc nécessaire que le couple transmis par la chaussée soit assez important
pour éviter les glissements intempestifs des aiguilles, mais pas trop conséquent de
sorte à obtenir une sensation qualitative lors du réglage de l'heure.
[0007] Pour des raisons liées aux matériaux et aux dimensions des pièces, il est difficile
d'obtenir des couples de friction élevés pour un diamètre intérieur de chaussée de
l'ordre de 0.3 à 1 mm avec des chaussées fabriquées de manière traditionnelle. Ce
couple est suffisant pour des aiguilles conventionnelles, mais l'utilisation d'aiguilles
en métaux précieux ou d'aiguilles de grande taille nécessite un couple de serrage
plus important pour garantir leur maintien, notamment aux chocs.
[0008] Lorsque l'on tente de faire des bosses plus importantes pour augmenter le couple,
la matière se fissure et les résultats sont irréguliers. Il n'est donc pas possible
de garantir la tenue, notamment la tenue aux chocs, d'aiguilles de grande inertie
sans fissurer la chaussée au moment de l'opération de lanternage.
[0009] Traditionnellement, l'opération de lanternage est réalisée par un pincement de rétreint
d'un tube de la chaussée en regard d'une portée ou d'un dégagement du tigeron. Ce
pincement est une tâche manuelle, et son résultat dépend de la dextérité et de la
sensibilité de l'horloger, et est de ce fait aléatoire. Ceci est gênant car, comme
vu précédemment, le lanternage a pour but d'assurer un certain niveau de friction
entre le tigeron et la chaussée lors du fonctionnement normal de la montre dans le
but de faire afficher l'heure, tandis que les opérations manuelles de mise à l'heure
par l'utilisateur appliquent un couple supérieur à celui de la friction. Le couple
de friction ne doit donc pas être trop élevé.
[0010] L'ajustement correct du couple de friction est donc délicat. Par ailleurs, la chaussée
est un composant fragile, et la reprise d'un lanternage après démontage se traduit
souvent par une détérioration nécessitant le remplacement de la chaussée.
[0011] Un contrôle précis de la force de serrage appliquée est donc important, et le lanternage
manuel classique ne permet pas d'atteindre cette précision, ni la reproductibilité
requise.
[0012] Dans le document
CH129931, la chaussée est ajustée à frottement gras sur l'arbre du pignon des minutes, qui
comporte généralement une rainure (« cran de lanternage ») permettant de loger deux
renflements générés dans la paroi de la chaussée. Une qualité suffisante d'un tel
assemblage ne peut être assurée que par un appairage de la chaussée et du pignon de
centre de manière à ce que le lanternage soit parfaitement ajusté, sous peine de voir
la chaussée vaciller et les aiguilles se déplacer intempestivement. Le document
CH129931 présente une solution devenue traditionnelle, consistant à utiliser un pignon avec
un cône d'appui garantissant le centrage de la chaussée sur le pignon de centre avant
lanternage.
[0013] Le lanternage de la chaussée est donc une méthode traditionnelle qui nécessite du
doigté de la part de l'horloger qui doit parfois reprendre la chaussée pour l'adapter
au pignon, ou une parfaite maîtrise des géométries ou des couples obtenus dans le
cas de productions plus industrielles.
[0014] Les tolérances fonctionnelles sont petites, de même que les dimensions nominales
des composants. Toute modification d'une cote entraîne potentiellement un dysfonctionnement
du système, et, dans les productions industrielles, il est nécessaire de procéder
à l'appairage de lots de chaussées et de pignons qui soient compatibles dimensionnellement
avant de procéder à l'assemblage. Ceci induit des contraintes logistiques non négligeables.
[0015] La chaussée est traditionnellement usinée dans un acier de décolletage (20AP ou Finemac
[marque déposée]) puis durcie par traitement thermique selon les prescriptions du
fournisseur pour atteindre une dureté de 550±50 HV. Cette dureté correspond à un compromis
pour permettre à la fois la déformation de la chaussée sans fissuration durant l'étape
de lanternage, et le maintien du couple dans le temps. La matière est mise dans un
état métallurgique permettant au lanternage d'être corrigé par l'horloger jusqu'à
obtention du couple correct.
[0016] Ce traitement thermique de durcissement a pour conséquence, outre d'augmenter la
dureté de la chaussée pour la rendre plus résistante à l'usure, d'augmenter le retour
élastique et de réduire l'allongement à la rupture. Il ne modifie par contre les dimensions
de la chaussée que de manière négligeable, même à l'échelle horlogère.
[0017] Au vu des tolérances de fabrication industrielles des chaussées et des pignons de
centre, des lots de chaussées doivent être appairés avec des lots de pignons de centre,
de manière à assurer la correspondance dimensionnelle.
[0018] L'étape de lanternage génère un rétrécissement du diamètre interne de la chaussée
selon un axe situé dans le plan perpendiculaire à l'axe de la chaussée, pour amener
la distance entre-bosses à une valeur théorique choisie.
[0019] Les pièces sont ensuite assemblées sur le mouvement : la chaussée est chassée sur
le pignon de centre et les deux bosses réalisées lors de l'étape précédente sont légèrement
écartées élastiquement lors de l'insertion sur le pignon, puis viennent se loger dans
une gorge ou sur un cône réalisés sur le pignon, et assurent le positionnement relatif
des deux pièces selon l'axe de la chaussée, ainsi que le maintien relatif des deux
pièces en rotation jusqu'à un couple de friction défini par la géométrie et la rigidité
des pièces.
[0020] Ce couple est contrôlé ou mesuré et, s'il n'est pas suffisant, la chaussée est retirée
et changée, ou pincée à nouveau.
[0021] Les caractéristiques de la matière des deux composants sont respectivement une dureté
de 550±50 HV pour la chaussée et 650±50 HV pour le pignon, tous deux en acier 20AP.
[0022] Le document
EP2881803 décrit une alternative récente au lanternage obtenue à l'aide d'une bague en alliage
à mémoire de forme destinée à serrer la chaussée autour du tigeron. La bague est élargie
à basse température (état martensitique), placée en regard de la zone de la chaussée
puis chauffée pour atteindre la structure austénitique permettant son resserrement
et le maintien contrôlé de la chaussée sur le tigeron.
[0023] Le document
CH41140 présente une chaussée à canon fendu longitudinalement permettant de faciliter l'insertion
de la chaussée sur le pignon de centre. Un rebord circulaire créé sur la partie inférieure
de la chaussée vient s'insérer dans une gorge située entre des portées du pignon de
centre.
[0024] On connaît du site internet
(https://www.unimecsa.ch/Assemblaqe-et-usinage/Machine-de-lanternage) de la société UNIMEC SA, une machine de lanternage présentant deux couteaux agissant
sur une chaussée pour la déformer.
[0025] On connaît du document
CH104836A une chaussée qui n'est pas. La friction est assurée, dans ce document, par une languette
qui fait office de ressort appliquant une force sur l'arbre.
[0026] Plusieurs problèmes se posent avec les solutions connues de l'état de l'art. D'abord,
les couples typiques mesurés sur des chaussées obtenues de manière traditionnelle
sont limités et un couple élevé ne pourrait être obtenu que par des changements dimensionnels,
qui ne sont pas toujours possibles en raison des dimensions respectives des composants
et des propriétés mécaniques de la matière.
[0027] Ensuite, la maîtrise du couple de lanternage n'est pas industrialisable avec les
procédés connus sans recourir à des appairages, car le couple dépend très précisément
des diamètres interne de la chaussée et externe du pignon de centre. Les tolérances
d'usinage et la dispersion supplémentaire induite par le traitement thermique puis
le pincement sont telles qu'il est nécessaire d'appairer des lots pour garantir un
couple de friction dans les tolérances requises. Même avec un tel appairage, l'écart-type
des couples mesurés sur des ensembles d'au moins 500 tubes assemblés sur 500 arbres
est de l'ordre de 0.3 à 0.35 mNm.
[0028] Le but de l'invention est de fournir un dispositif de friction par lanternage permettant
de remédier aux inconvénients mentionnés précédemment et d'améliorer les dispositifs
connus de l'art antérieur. En particulier, l'invention propose un dispositif de friction
simple, fiable et reproductible et un procédé de réalisation d'un tel dispositif.
[0029] Un procédé selon l'invention est défini par la revendication 1.
[0030] Différents modes d'exécution du procédé sont définis par les revendications 2 à 7.
[0031] La figure annexée représente à titre d'exemple un mode de réalisation d'une pièce
d'horlogerie.
[0032] La figure 1 est schéma d'un mode de réalisation d'une pièce d'horlogerie.
[0033] Un mode de réalisation d'une pièce d'horlogerie 200 selon l'invention est décrit
ci-après en référence à la figure 1. La pièce d'horlogerie est par exemple une montre
ou une montre bracelet. La pièce d'horlogerie peut comprendre un mouvement horloger
100, en particulier un mouvement horloger mécanique, notamment automatique, ou électronique.
La pièce d'horlogerie peut encore comprendre un ensemble horloger, notamment une boîte
de montre destinée à contenir le mouvement.
[0034] Le mouvement comprend un assemblage 3 ou un système de friction 3 comprenant un arbre
2 et un tube 1. L'arbre est logé dans le tube 1. Par exemple, le tube 1 est une chaussée
ou un fût de chaussée et l'arbre 2 est un pignon de centre, notamment un pignon de
centre arbré.
[0035] L'arbre 2 et le tube 1 présentent chacun des diamètres D qui sont égaux au jeu fonctionnel
prêt qui permettent au tube 1 de glisser librement relativement à l'arbre 2 le long
d'un axe A et qui permettent au tube de tourner librement relativement à l'arbre 2
autour de l'axe A. Les diamètres D sont par exemple compris entre 0.3 mm et 2 mm,
voire compris entre 0.6 mm et 1 mm. De préférence, les diamètres D sont inférieurs
ou égaux à 2 mm, voire inférieurs ou égaux à 1 mm.
[0036] L'assemblage comprend un lanternage, c'est-à-dire que l'arbre 2 et/ou le tube comprennent
en outre des conformations particulières 11, 21 afin de réaliser une friction entre
le tube et l'arbre 2.
[0037] L'arbre 2 comprend une gorge ou un dégagement conique 21.
[0038] Le tube comprend au moins une bosse 11 ou au moins un bossage, de préférence deux,
trois ou quatre bosses réalisées dans un même plan P perpendiculaire à l'axe A ou
au moins sensiblement dans un même plan P perpendiculaire à l'axe A. De préférence,
la ou les bosses sont réalisées dans une portion 12 de moindre épaisseur de la chaussée.
[0039] Avantageusement, la gorge ou le dégagement conique d'une part, et la ou les bosses
d'autre part sont agencés pour coopérer par contact les uns avec les autres lorsque
l'arbre 2 est positionné dans le tube 1, notamment lorsque le tube est chassé dans
l'arbre 2 jusqu'à ce qu'un épaulement 22 réalisé sur l'arbre 2 vienne en contact contre
une surface de butée 13 du tube.
[0040] Dans la configuration représentée sur la figure 1, la ou les bosses sont en contact
avec une portion ou un cercle de la gorge ou du dégagement ayant un diamètre d1.
[0041] Avant mise en place de l'arbre 2 dans le tube 1, la distance d2 (non représentée)
entre bosses ou le diamètre d2 du cercle inscrit dans la section transversale droite
du tube au niveau des sommets des bosses ou au voisinage des sommets des bosses est
inférieur au diamètre d1.
[0042] Par exemple, 1.01 <d1/d2<1.1, voire 1.02<d1/d2<1.09, voire 1.03<d1/d2<1.08.
[0043] Une fois le tube 1 inséré sur l'arbre 2, le tube 1 est déformé élastiquement au niveau
des bosses, de sorte que la distance entre bosses ou le diamètre du cercle inscrit
dans la section transversale droite du tube au niveau des sommets des bosses ou au
voisinage des sommets des bosses vaut d1. Il s'ensuit que le tube 1 exerce sur l'arbre
2 des forces radiales ou sensiblement radiales. Combinées au frottement arbre-tube,
ces forces définissent un couple de friction arbre-tube. Le couple dépend principalement
de la raideur des bosses et/ou de la déformation élastique des bosses et/ou du coefficient
de frottement à l'interface arbre-tube.
[0044] De préférence, le couple de friction entre l'arbre 2 et le tube 1 est supérieur ou
égal à 1.8 mNm, voire supérieur ou égal à 2.0 mNm.
[0045] Comme vu précédemment, le tube 1 peut être un tube d'une chaussée. Préférentiellement,
une aiguille peut être fixée sur un tel tube. Alternativement, une aiguille peut être
en liaison cinématique avec un tel tube. Ainsi, l'assemblage peut être utilisé pour
la correction d'une ou plusieurs aiguilles d'indication d'informations horlogères.
Alternativement, l'assemblage peut être utilisé pour corriger tout type d'organe d'indication
d'une information horlogère ou dérivée de l'heure, notamment pour corriger un disque.
Alternativement encore, l'assemblage peut être un embrayage ou un limiteur de couple.
Dans le cas d'un embrayage vertical, l'arbre 2 peut être mobile axialement relativement
au tube 1 entre une position telle que celle représentée sur la figure 1 (position
embrayée) et une position dans laquelle les bosses sont en regard d'une rainure plus
profonde de l'arbre 2 dans laquelle elles ne frottent pas (position débrayée dans
laquelle le tube 1 tourne librement autour de l'arbre).
[0046] De préférence, le tube 1 est réalisé en alliage 20AP ou en alliage Finemac (marque
déposée). Alternativement, le tube 1 peut être réalisé en acier inox. Alternativement
encore, le tube 1 peut être réalisé en un alliage de cuivre au béryllium comme le
CuBe2.
[0047] Par exemple, l'arbre 2 est réalisé en alliage 20AP ou en alliage Finemac.
[0048] Des modes d'exécution d'un procédé de réalisation du tube 1 pour système de friction
comprenant le tube 1 et l'arbre 2 sont décrits ci-après.
[0049] Selon un premier mode d'exécution, le procédé de réalisation du tube 1 comprend :
- une première étape de déformation plastique du tube 1 contrôlée en déformée, puis
- une deuxième étape de durcissement par traitement thermique.
[0050] Selon un deuxième mode d'exécution, l'étape de déformation étant réalisée sur une
portion du tube à l'état recuit et/ou dont la limite élastique est inférieure à 1000
MPa et/ou dont la dureté est inférieure à 400 HV ou inférieure à 350 HV.
[0051] Après étude, il s'avère que le contrôle du pincement du tube 1 en dimension (et non
en force comme connu de l'art antérieur) permet de donner une consigne plus claire
à l'équipement et de resserrer en partie l'écart type des dimensions finales du tube
1, notamment de la distance entre bosses d2 (non illustré).
[0052] Ainsi, selon le deuxième mode d'exécution, le procédé de réalisation du tube 1 comprend
:
- une première étape de déformation plastique du tube 1 contrôlée en déformée, l'étape
de déformation étant réalisée sur une portion du tube à l'état recuit et/ou dont la
limite élastique est inférieure à 1000 MPa et/ou dont la dureté est inférieure à 400
HV ou inférieure à 350 HV, puis
- une deuxième étape de durcissement par traitement thermique.
[0053] De manière surprenante, le traitement thermique appliqué n'a quasi pas d'influence
sur les dimensions de la pièce, alors qu'il induit une modification de la réponse
de la pièce aux sollicitations mécaniques. La réponse au couple est ainsi plus homogène
sur des pièces pincées à l'état recuit ou à l'état de livraison que sur des pièces
préalablement durcies puis pincées.
[0054] De plus, la réalisation du pincement contrôlé en dimension améliore la régularité
dimensionnelle des entre-bosses. Au final, la dispersion induite par le pincement
de la matière non durcie est moins grande que sur la matière durcie. En conséquence,
le pincement présente un comportement plus homogène et répétable que sur la matière
durcie thermiquement, et la dispersion des dimensions finales du tube 1, notamment
de la dimension entre-bosses d2, liée au procédé, est nettement plus faible.
[0055] Ainsi, on travaille une matière plus ductile et moins sujette aux variations que
de la matière durcie thermiquement. L'étape de déformation plastique est par exemple
réalisée sur la matière telle que livrée, légèrement écrouie ou à l'état recuit. Elle
permet d'obtenir des déformations plastiques de plus grande amplitude, ce qui permet
ensuite d'obtenir des couples de friction plus importants, par exemple au-delà de
1.6 mNm. Associée au contrôle du pincement en dimension et non plus en force, cette
solution permet en outre de réduire la dispersion au sein des lots de chaussées et
d'éviter l'appairage des tubes 1 et des arbres 2.
[0056] Dans les différents modes d'exécution, l'étape de déformation plastique du tube 1
comprend la réalisation d'au moins une bosse dans le tube. Cette déformation est de
préférence réalisée par pincement.
[0057] Dans les différents modes d'exécution et en fonction du type d'alliage, l'étape de
durcissement du tube peut comprendre un traitement de trempe suivi d'un recuit de
détente et si nécessaire d'un traitement de revenu, ou un traitement de recuit de
durcissement structural.
[0058] En procédant selon les modes d'exécution décrits précédemment, on peut obtenir un
couple de friction plus élevé de l'assemblage tube-arbre. Pour ce faire, on modifie
la gamme de fabrication des tubes, et on réalise les bosses sur les tubes avant le
traitement thermique de durcissement. Plus le couple de friction est élevé, plus les
risques de glissement de l'aiguille des minutes relativement au pignon de centre sont
évités, en cas de choc notamment. Si l'aiguille est lourde (en métaux précieux) ou
de grande taille, le risque de glissement en cas de choc est élevé, pour un couple
de friction donné.
[0059] En procédant selon les modes d'exécution décrits précédemment, on obtient une microstructure
différente au niveau des bosses que lorsque l'on procède selon les gammes de l'état
de l'art, par exemple avec des carbures de taille légèrement plus importante pour
l'alliage Finemac mais sans impact sur le comportement de l'assemblage.
[0060] De préférence, la déformation plastique du tube 1 pour former les bosses est réalisée
non pas en contrôlant la force d'une pince appuyant sur le tube, mais en contrôlant
et/ou mesurant le déplacement de la matière à l'intérieur du tube 1. Alternativement,
on peut mesurer et/ou contrôler la distance se trouvant entre les bosses lors de la
réalisation ou formation de celles-ci.
[0061] Lorsqu'on réalise les bosses sur le tube 1 sur une portion de matière à l'état recuit
ou plus généralement avant durcissement, les forces nécessaires sont plus faibles,
le retour élastique de matière est moindre et la matière est plus ductile, il est
donc possible d'éviter la fissuration et de créer des bosses de dimensions plus importantes,
c'est-à-dire une dimension entre-bosses d2 plus faible.
[0062] Au contraire, selon l'art antérieur, la réalisation du pincement du tube est réalisée
sur la matière durcie (par exemple Rp0.2[20AP] > 1800 MPa et Rp0.2[Finemac] > 1600
MPa après traitement thermique de durcissement). Ceci limite la déformation admissible
à 3% environ, tout en nécessitant une force importante. Une déformation plus importante
dans cet état de matière génère une fissuration du tube.
[0063] Ainsi, selon l'art antérieur, lorsque l'on vient traditionnellement pincer une chaussée
usinée et terminée, durcie thermiquement, la déformation nécessaire à l'obtention
d'un couple suffisamment élevé pour éviter le glissement d'aiguilles de grande masse
ne peut pas être obtenue sans risque de fissurer la paroi de la chaussée. De plus,
au vu de la dispersion naturelle des diamètres des cônes des pignons de centre, il
est nécessaire d'appairer les lots de chaussées lanternées et les lots de pignons
pour garantir le couple, et également de recorriger le pincement lors de l'étape d'assemblage.
Le procédé de réalisation selon l'art antérieur est donc complexe et nécessite de
répéter les mesures du couple au long du procédé pour valider l'appairage des deux
lots en cours d'assemblage. Il limite surtout le couple de serrage si l'on veut éviter
de voir apparaître des fissures sur les chaussées. Des couples de friction élevés
ne sont accessibles avec la méthode de réalisation connue de l'art antérieur que de
manière manuelle, en traitant les assemblages un à un.
[0064] Dans les différents modes d'exécution, l'étape de déformation est par exemple réalisée
par pincement du tube 1.
[0065] Dans les différents modes d'exécution, l'étape de déformation est par exemple réalisée
sur une portion 12 du tube dont l'allongement à la rupture est supérieur ou égal à
2 %, voire supérieur ou égal à 5 %.
[0066] Dans les différents modes d'exécution, l'étape de déformation peut être contrôlée
par mesure optique de la déformée. Alternativement, dans les différents modes d'exécution,
l'étape de déformation peut être contrôlée par un gabarit disposé dans le tube pendant
l'étape de déformation ou par passage de jauges. Dans un tel cas, lors de l'action
de la pince, le tube est déformé jusqu'à ce que les bosses formées dans le tube viennent
en contact avec le gabarit. Le gabarit est choisi avec un diamètre inférieur au diamètre
d2, de sorte qu'après le retrait élastique de la matière à la fin de l'action de déformation,
la distance entre les bosses ou le diamètre du cercle inscrit dans la section transversale
droite du tube au niveau des sommets des bosses ou au voisinage des sommets des bosses
vaut d2.
[0067] Un mode de réalisation d'un tube selon l'invention est obtenu par la mise en oeuvre
du procédé décrit précédemment.
[0068] Tous les tubes 1 d'un lot livré à l'état recuit peuvent être déformés de manière
répétable.
A contrario des dispersions induites par le traitement thermique sur la réponse à la déformation
plastique, ce traitement thermique appliqué après déformation plastique a une faible
influence sur les dimensions du tube 1, et les tolérances s'en trouvent resserrées.
Il est donc possible d'obtenir selon les procédés décrits un ensemble d'au moins 500
tubes dont l'écart-type des diamètres des cercles centrés sur les axes A et inscrits
dans les sections droites des tubes au niveau des sommets des bosses est inférieur
à 0.2 µm pour une valeur nominale de 0.758 mm. Dans le cas d'un tube avec deux bosses
opposées relativement à l'axe A, c'est l'écart-type des dimensions entre sommets des
bosses qui est inférieur à 0.2 µm pour une valeur nominale de 0.758 mm. Ainsi, on
peut obtenir selon les procédés décrits un ensemble d'au moins 500 tubes assemblés
sur 500 arbres, présentant un écart-type moyen des couples mesurés de 0.20 mNm pour
une valeur nominale de 2.0 mNm.
[0069] Un mode d'exécution d'un procédé de réalisation d'une friction entre l'arbre 2 et
le tube 1 comprend une phase de mise en oeuvre du procédé de réalisation d'un tube
1 décrit précédemment et une étape de mise en place de l'arbre 2 dans le tube 1.
[0070] Selon la solution décrite précédemment, le changement de gamme par rapport à l'art
antérieur a fait apparaître un comportement surprenant de la matière en ce que la
réponse au pincement est plus homogène sur une matière écrouie que sur une matière
durcie et en ce que le traitement thermique de durcissement n'influence pas les dimensions
de la pièce. Le changement de gamme permet ainsi d'augmenter la déformation du tube
et de générer, à dimensions initiales égales, des bosses plus importantes et plus
homogènes qui induiront un couple final plus important. Ceci permet donc d'assurer
un couple suffisamment élevé entre le tube et l'arbre, à même de supporter par la
suite des aiguilles plus lourdes. En outre, le taux de retouche est nettement plus
faible.
1. Verfahren zur Herstellung eines Rohrs (1) für ein Uhr-Reibsystem, welches das Rohr
(1) und eine Welle (2) umfasst, wobei das Rohr dazu vorgesehen ist, um ein Wellenritzel
herum zu reiben, wobei das Verfahren einen ersten Schritt des plastischen Verformens
des Rohrs, der in der Verformung gesteuert wird, dann einen zweiten Schritt des Härtens
des Rohrs durch Wärmebehandlung umfasst.
2. Verfahren nach dem vorhergehenden Anspruch, dadurch gekennzeichnet, dass der Schritt des Verformens auf einem Abschnitt des Rohrs im geglühten Zustand, und/oder
dessen Streckgrenze niedriger als 1000 MPa und/oder dessen Härte niedriger als 400
HV oder niedriger als 350 HV ist, durchgeführt wird.
3. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass das Rohr ein Rohr eines Minutenrohrs oder ein Kupplungselement und/oder ein Drehmomentbegrenzer-Element
ist.
4. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass der Schritt des Verformens durch Zusammendrücken des Rohrs durchgeführt wird.
5. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass der Schritt des Verformens an einem Rohr aus 20AP-Legierung mit einer Härte kleiner
als oder gleich 400 Hv, ja sogar kleiner als oder gleich 350 Hv durchgeführt wird.
6. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass der Schritt des Verformens durch optische Messung der Verformung oder durch eine
Lehre, die während des Schritts des Verformens im Rohr angeordnet ist, oder durch
Hindurchführung von Messgeräten gesteuert wird.
7. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass die Verformung auf einem Abschnitt des Rohrs durchgeführt wird, dessen Reißdehnung
größer als oder gleich 2 %, ja sogar größer als oder gleich 3 % ist.