DOMAINE DE L'INVENTION
[0001] La présente invention concerne le domaine du marquage de sécurité. Plus particulièrement,
elle se rapporte à un film de sécurité transférable sur un document, un procédé de
fabrication d'un tel film de sécurité et un procédé de sécurisation d'un document
au moyen d'un tel film de sécurité.
ETAT DE L'ART
[0002] On connaît de nombreuses technologies pour la sécurisation de documents, et notamment
pour la sécurisation de documents tels que des documents de voyage, par exemple des
passeports ou autres documents d'identification temporaires ou définitifs, des documents
officiels de type permis de conduire, carte d'identification du véhicule, certificats,
ou bien des documents de valeur de type billets de banque. Ces technologies visent
à la protection contre les tentatives de falsification et contrefaçon grâce à l'utilisation
de composants optiques de sécurité dont les effets optiques en fonction de paramètres
d'observation (orientation par rapport à l'axe d'observation, position et dimensions
de la source lumineuse, etc.) prennent des configurations caractéristiques et vérifiables.
Le but général de ces composants optiques est de fournir des effets optiques aisément
identifiables et différenciants, par exemple des effets optiques visibles à l'œil
nu, à partir de configurations physiques difficilement reproductibles ou imitables.
[0003] Parmi les composants optiques de sécurité, on connait par exemple les composants
de type OVD pour « Optical Variable Device » et particulièrement les composants de
type DOVID pour "Diffractive Optical Variable Image Device", adaptés pour générer
des effets diffractifs, en réflexion ou en transmission, communément appelés « hologrammes
». Outre les composants optiques de sécurité configurés pour générer des effets diffractifs,
on connait des composants optiques de sécurité formant des filtres en longueurs d'onde,
par exemple des filtres interférentiels pour réaliser par exemple des effets de changement
de couleurs connus sous le terme anglais "color shift", des filtres passe-bande utilisant
des résonances de modes guidés de type DID® (commercialisés par la société SURYS®)
ou des résonances plasmoniques, etc.
[0004] Pour la sécurisation de documents au moyen de composants optiques de sécurité, il
est connu d'inclure ces composants dans des films multicouches de type « étiquettes
», comprenant un film support sur lequel est agencé un ensemble de couches dont un
ensemble de couches actives permettant de conférer au composant optique un effet optique
reconnaissable et une couche adhésive. L'épaisseur moyenne des films multicouches
de type étiquette est comprise entre 20 µm et 100 µm. De tels films multicouches sont
destinés à être collés sur un support d'un document à sécuriser, par exemple par collage
à chaud, au moyen de la couche adhésive.
[0005] Les brevets et demande de brevet
US5104471 et
US20160200133 décrivent ainsi des films multicouches de type étiquette.
[0006] Pour la sécurisation de documents au moyen de composants optiques de sécurité, il
est également connu d'inclure ces composants dans des films dits « films transfert
multicouches » conçus pour être transférés localement sur le document à sécuriser,
notamment par pressage à chaud. Après le transfert, le film support qui a servi à
la fabrication du composant est éliminé. Le composant après transfert est donc beaucoup
plus fin (typiquement d'épaisseur inférieure à une dizaine de micromètres) qu'un film
multicouches de type étiquette. Il couvre généralement une partie limitée de la surface
à protéger, en général supérieure à 10 mm
2 et typiquement de quelques cm
2 ; il peut être monobloc ou être constitué de plusieurs fragments contigus ou disjoints.
[0007] La FIG. 1 illustre ainsi un film transfert multicouche 10 configuré pour être transféré
sur un document. Il comprend généralement un film support 11, une couche de détachement
12, un ensemble de couches 13 dites « optiquement actives » ou « couches de sécurité
» permettant de conférer au film transfert multicouches un effet optique reconnaissable,
et une couche adhésive 14. Lorsque le film transfert est transféré sur une surface
d'un substrat 100 d'un document à sécuriser au moyen de la couche adhésive 14, par
exemple par pressage à chaud, la couche de détachement 12 permet un décollement total
de la partie à éliminer, à savoir le film support 11 et la couche de détachement 12.
Dans certains cas, après transfert et détachement du film support et de la couche
de détachement, un film de protection est appliqué sur l'ensemble du substrat du document
revêtu localement de l'ensemble de couches optiquement actives, afin de conférer à
l'ensemble de la surface une protection physico chimique contre les agressions naturelles
ou artificielles.
[0008] De tels films transfert multicouches sont par exemple décrits dans la demande de
brevet publiée
EP 1770670 ou la demande de brevet publiée
FR 2 968 239. Plus précisément, le document
EP 1770670 décrit un film transfert multicouches transférable à chaud, se présentant sous forme
d'une bande continue, et utilisé pour transférer sur un document de valeur un ou plusieurs
composants optiques dont les formes sont déterminées par la ou les forme(s) du fer
de marquage utilisé pour le pressage à chaud.
[0009] Des documents sécurisés avec des films transfert multicouches connus de l'état de
l'art sont par essence extrêmement difficiles à répliquer de façon efficace, notamment
parce que les technologies pour la réalisation des couches optiquement actives sont
complexes à mettre en œuvre. Cependant, un faussaire pourrait tenter d'extraire les
composants optiques de sécurité transférés sur un document afin de les réutiliser
dans des documents de contrefaçon, quitte à utiliser des conditions d'extraction extrêmes
(e.g. très haute température, très basse pression). En pratique, une tentative d'arrachement
malintentionné d'un composant optique résultant du transfert d'un film transfert multicouches
tel qu'illustré sur la FIG.1 entraîne une destruction des couches optiquement actives
selon un motif de destruction imprévisible, et de ce fait peu satisfaisante pour se
prémunir de la contrefaçon.
[0010] Un objet de l'invention est de fournir un film de sécurité transférable sur un substrat
d'un document, dont les couches optiquement actives, i.e. formant le composant optique
de sécurité, présentent une capacité à se désolidariser du substrat suivant un motif
prédéterminé de destruction contrôlée en réponse à une tentative d'arrachement ultérieure
du composant dans une intention de fraude, en particulier lorsque celui-ci est recouvert
d'un film complémentaire de protection.
RESUME DE L'INVENTION
[0011] Selon un premier aspect, la présente description concerne un film de sécurité transférable
sur un substrat d'un document à sécuriser, le film de sécurité comprenant :
- un film support configuré pour être éliminé après transfert du film de sécurité sur
le substrat;
- un ensemble de couches de sécurité conférant un effet optique reconnaissable au film
de sécurité ;
- une couche de destruction contrôlée, discontinue selon un motif de destruction donné,
agencée entre le film support et une première face de l'ensemble de couches de sécurité,
ladite couche de destruction contrôlée étant configurée pour rester fixée à l'ensemble
de couches de sécurité lors du transfert du film de sécurité sur le substrat.
[0012] Un tel film de sécurité permet, après transfert du film de sécurité sur le substrat
du document et lors d'une tentative d'arrachement ultérieure et mal intentionnée de
l'ensemble de couches de sécurité, une destruction sélective et contrôlée dudit ensemble
de couches selon le motif de destruction qui reproduit le motif discontinu de la couche
de destruction contrôlée. Il n'est donc plus possible pour un contrefacteur d'extraire
l'intégralité ou une partie substantielle d'un composant optique de sécurité formé
par ledit ensemble de couches de sécurité.
[0013] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, le film de sécurité comprend en outre
une couche adhésive pour la fixation du film de sécurité sur le substrat. La couche
adhésive est en contact avec une deuxième face de l'ensemble de couches de sécurité,
opposée à ladite première face. Par exemple, la couche adhésive comprend un matériau
sélectionné dans le groupe comprenant : une résine à base de copolymère acrylique,
et/ou d'un copolymère styrène-acrylate et/ou d'un copolymère éthylène acétate de vinyle
(EVA), pouvant contenir de la silice.
[0014] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, l'épaisseur de la couche adhésive
est comprise entre 1,0 µm et 6,0 µm.
[0015] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, la couche adhésive est continue, afin
d'assurer une accroche homogène du film de sécurité sur le substrat.
[0016] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, le film de sécurité comprend en outre
une couche de détachement, uniforme, en contact avec le film support, de nature différente
de celle de la couche de destruction contrôlée. La couche de détachement permet de
faciliter le détachement du film support lors du transfert sur le substrat. Par exemple,
la couche de détachement comprend un matériau sélectionné dans le groupe comprenant
: une cire naturelle (e.g. candelilla, montan, carnauba ou équivalente), une cire
synthétique, une résine polyuréthane, une résine acrylique, une résine cellulosique,
ou une combinaison de ces matériaux. Lors d'un transfert à chaud par exemple, ces
matériaux peuvent entrer en fusion et permettre un détachement total par fluage.
[0017] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, l'épaisseur de la couche de détachement
est inférieure à 0,5 µm.
[0018] Dans d'autres exemples de réalisation de la présente description, un détachement
du film support lors du transfert du substrat peut être facilité au moyen, par exemple,
d'un prétraitement de la surface du film support.
[0019] La couche de détachement et/ou le prétraitement du film support permettent une élimination
totale du film support après transfert du film de sécurité sur le substrat, sans que
cette élimination totale ne provoque de dégradation de l'ensemble de couches de sécurité.
[0020] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, le film support comprend un matériau
sélectionné dans le groupe comprenant : un polytéréphtalate d'éthylène (PET), un polypropylène
(PP), un polystyrène (PS).
[0021] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, la couche de destruction contrôlée
comprend un matériau sélectionné dans le groupe comprenant : un polyacrylate, un polychlorure
de vinyle, un polyacétate de vinyle, un polyuréthane, un polycarbonate, un polyester,
un copolymère éthylène acétate de vinyle, une résine hydrocarbonée, une polyoléfine
chlorée, un alcool polyvinylique, un fluoropolymère, une résine mélamine, une résine
cétone/formaldéhyde, une résine époxy, une résine phénolique, une résine urée, une
résine synthétique, un polystyrène, un composé cellulose polymérique, un polyamide,
un polymère à cristaux liquides (LCPs), ou une combinaison des matériaux précités.
[0022] Notamment, des films de sécurité selon la présente description comprenant des couches
de destruction contrôlée comprenant un fluoropolymère, par exemple un polyfluorure
de vinylidène (PVDF), par exemple un PVDF cristallisant en forme alpha, ont montré
une destruction sélective satisfaisante d'un composant optique de sécurité résultant
du transfert du film de sécurité sur un document à sécuriser. Notamment, des tests
de mesure de la force de pelage nécessaire pour l'arrachement du composant optique
de sécurité ont montré un profil de la force de pelage caractéristique d'un motif
de destruction contrôlée.
[0023] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, la couche de destruction contrôlée
comprend au moins un agent de réticulation afin d'induire une réaction de pontage
avec une couche en contact avec ladite couche de destruction contrôlée, et présentant
initialement peu d'affinité avec elle. Selon un ou plusieurs exemples de réalisation,
la couche de destruction contrôlée comprend entre 0,5 % et 2 % poids dudit agent de
réticulation. Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, ledit agent de réticulation
est sélectionné dans le groupe comprenant : un carbodiimide, une résine mélamine,
un aziridine, un isocyanate ou une combinaison des matériaux précités. Une réaction
de pontage peut par exemple être déclenchée par un processus de lamination à chaud.
[0024] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, l'épaisseur de la couche de destruction
contrôlée est comprise entre 100 nm et 2 µm, par exemple entre 200 nm et 1 µm. La
couche de destruction contrôlée étant discontinue, l'épaisseur en question correspond
à une épaisseur locale, c'est-à-dire à une épaisseur de la couche de destruction contrôlée
correspondante au cas où la couche serait continue, c'est-à-dire sans parties vides.
En d'autres termes, l'épaisseur en question ne correspond pas à une épaisseur moyenne
prenant en compte les parties vides et les parties pleines de la couche de destruction
contrôlée. Ainsi, la couche de destruction contrôlée est suffisamment fine pour ne
pas être détectée à l'inspection visuelle.
[0025] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, la couche de destruction contrôlée
est transparente dans la bande spectrale de la lumière visible. Par « couche transparente
», on entend dans la présente description une couche présentant une transmission au
moins supérieure ou égale à 80%, par exemple supérieure ou égale à 90% dans la bande
spectrale d'observation. Lorsque la couche de destruction contrôlée est transparente
dans la bande spectrale de la lumière visible (400 nm à 800 nm), elle est donc invisible
à l'œil nu et peut ainsi échapper à l'attention d'un contrefacteur potentiel.
[0026] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation selon la présente description, la couche
de destruction contrôlée comporte des marqueurs détectables uniquement dans une bande
spectrale donnée. Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, ladite bande spectrale
est comprise dans les UVA, les UVB, les UVC, l'infrarouge, ou une combinaison de ces
bandes spectrales. Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, les marqueurs sont
détectables sous l'action d'une stimulation lumineuse, thermique (e.g pigments thermochromiques),
électromagnétique ou piézo-électrique. De tels marqueurs permettent un premier contrôle
non-destructif de l'authenticité du document sécurisé. Par exemple, les marqueurs
peuvent comprendre une encre de type IRB900, définie dans l'ISO1831 et détectable
seulement dans le proche infrarouge (850 nm à 950 nm).
[0027] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, l'ensemble des couches de sécurité
comprend une couche structurée. Ladite couche structurée peut être réalisée par exemple
par estampage à chaud d'une couche thermo-formable ou par moulage à froid dans une
couche de moulage, suivi d'une opération de réticulation, selon une technologie connue
sous son nom anglais de "casting".
[0028] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, l'ensemble des couches de sécurité
comprend une couche réflective, continue ou discontinue. Par exemple, la couche réflective
est formée d'un revêtement métallique, par exemple réalisé par dépôt sous vide d'un
ou plusieurs films métalliques, comprenant par exemple l'aluminium, le chrome, le
cuivre ou un alliage de ces métaux. La couche réflective peut également être formée
d'une couche en matériau diélectrique transparent dans le visible et d'un indice de
réfraction optique distinct de celui des couches environnantes, c'est-à-dire présentant
un différentiel d'indice de réfraction supérieur à 0,2, avantageusement supérieur
à 0,5. Le matériau diélectrique transparent peut par exemple comprendre du sulfure
de zinc (ZnS) ou du dioxyde de titane (TiO
2) ou un autre matériau. La couche réflective peut comprendre une alternance de couches
en matériau métallique et de couches en matériau diélectrique, tels que ceux précités.
Elle peut également être réalisée par application d'un vernis contenant des éléments
métalliques. Des matériaux adaptés pour former une couche ou multicouche réflective
dans un ensemble de couches de sécurité du film de sécurité selon la présente description
sont décrits par exemple dans les tables 1 à 6 du brevet publié
US4856857, un filtre interférentiel comme décrit par exemple dans la demande de brevet publiée
CA2543790C.
[0029] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, la couche réflective est continue.
Dans d'autres exemples, elle est discontinue. Le caractère continu ou discontinu de
la couche réflective se prévoit selon les besoins de contraste ou de transparence
de l'ensemble de couches de sécurité.
[0030] L'ensemble des couches de sécurité peut en outre comprendre une couche d'encapsulation
optionnelle.
[0031] Un ensemble de couches de sécurité dans un film de sécurité selon la présente description
peut être destinée à former, de façon non limitative, une composant optique de sécurité
de type DOVID, un composant réflectif à l'ordre zéro tel que décrit par exemple dans
les demandes de brevet publiées
EP2567270,
EP3129238, ou
EP2264491, un composant à effet plasmonique tel que décrit par exemple dans la demande de brevet
publiée
WO2013060817.
[0032] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation selon la présente description, l'épaisseur
de l'ensemble de couches de sécurité est comprise entre 0,5 µm et 1,5 µm.
[0033] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation selon la présente description, l'épaisseur
du film de sécurité une fois le film support éliminé est inférieure à 10 µm.
[0034] Selon un deuxième aspect, la présente description concerne un procédé de fabrication
d'un film de sécurité selon le premier aspect.
[0035] Plus précisément, la présente description concerne un procédé de fabrication d'un
film de sécurité transférable sur un substrat d'un document à sécuriser, comprenant
:
- la provision d'un film support, ledit film support étant configuré pour être éliminé
après transfert dudit film de sécurité sur ledit substrat ;
- optionnellement, le dépôt sur le film support d'une couche de détachement;
- l'impression sur la couche de détachement ou directement sur le film support en cas
d'absence de couche de détachement, d'une couche de destruction contrôlée, discontinue
selon un motif de destruction donné;
- le dépôt, après impression de ladite couche de destruction sur ladite couche de détachement
ou sur ledit film support, d'un ensemble de couches de sécurité conférant un effet
optique reconnaissable au film de sécurité, ladite couche de destruction contrôlée
étant configurée pour rester fixée à l'ensemble de couches de sécurité lors du transfert
du film de sécurité sur le substrat.
[0036] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, préalablement ou postérieurement aux
dépôts desdites couches, un traitement de surface d'une ou plusieurs couches est effectué.
Ledit traitement de surface peut par exemple inclure un traitement corona ou bien
un traitement plasma. Le traitement plasma peut être réalisé à pression ambiante («
plasma atmosphérique »), ou bien sous vide poussé, à une pression de l'ordre du Pascal.
Le traitement de surface des couches peut permettre une meilleure adhésion entre couches
selon la nature des matériaux mis en jeux. Ainsi, dans certains cas, un traitement
de surface peut permettre de modérer des incompatibilités apparentes reliées à la
nature des matériaux.
[0037] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, la couche de destruction contrôlée
est imprimée sur la couche de détachement ou sur le film support, sur une surface
limitée, comprise entre 30 % et 70 %, par exemple entre 40 % et 60 %, de la surface
totale de la couche de détachement ou du film support. En effet, une surface d'impression
trop petite de la couche de destruction contrôlée aura pour conséquence de défavoriser
la destruction contrôlée par arrachement du film de protection, car la couche de destruction
contrôlée sera entraînée de façon exacerbée par le film de protection. De même, une
surface d'impression trop grande de la couche de destruction pourra également défavoriser
la destruction contrôlée, car la couche de destruction contrôlée sera retenue de façon
exacerbée sur le substrat.
[0038] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation selon la présente description, l'impression
de la couche de destruction contrôlée discontinue comprend l'impression de motifs
réguliers ou irréguliers. Les motifs peuvent comprendre des alvéoles ou autres surfaces
finies et/ou des lignes droites et/ou des lignes courbes et/ou des lignes brisées
et/ou des caractères alphanumériques. Les méthodes d'impression peuvent inclure l'offset
(impression indirecte), l'héliogravure, la sérigraphie, ou encore la flexographie,
pour une impression rapide, par exemple une impression industrielle en séries. L'impression
de type jet d'encre peut également être utilisée pour permettre une impression variable,
« à la carte », des motifs de la couche de destruction contrôlée.
[0039] Selon un troisième aspect, la présente description concerne un procédé de protection
d'un document sécurisé comprenant :
- la fabrication d'un film de sécurité selon un procédé tel que décrit dans le deuxième
aspect de la présente description ;
- le transfert dudit film de sécurité sur au moins une partie d'une première face d'un
substrat dudit document sécurisé ;
- l'élimination du film support.
[0040] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, le transfert dudit film de sécurité
sur le ledit substrat est obtenu par pressage à chaud.
[0041] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, le procédé de protection d'un document
sécurisé selon le troisième aspect comprend en outre le dépôt d'un film de protection
sur ladite au moins une partie d'une première face dudit substrat.
[0042] Ainsi sécurisé, le document est non seulement à l'abri des agressions naturelles
telles que les attaques mécaniques (abrasion, friction) et physicochimiques (humidité,
contact avec un liquide) mais également sécurisé en cas d'arrachement malintentionné.
En effet, dans un document ainsi sécurisé, la déposante a montré qu'une tentative
d'arrachement résulterait en un arrachement partiel, prévisible et contrôlé de l'ensemble
de couches de sécurité, résultant de la présence de la couche de destruction contrôlée
discontinue.
[0043] Un composant optique de sécurité ainsi transféré peut couvrir une surface limitée
du substrat. En outre, il peut être monobloc ou être constitué de plusieurs fragments,
contigus ou disjoints. Ainsi, selon un ou plusieurs exemples de réalisation selon
la présente description, le film de protection est non seulement en contact avec au
moins un composant optique de sécurité mais est également en contact avec le substrat,
et vient ainsi circonscrire un ou plusieurs blocs de composant optique de sécurité.
[0044] Le film de protection doit pouvoir adhérer au substrat pour circonscrire la ou les
parties de l'au moins une face du substrat revêtues de l'au moins un premier composant
optique de sécurité, tout en permettant une destruction contrôlée de l'au moins un
composant optique de sécurité lors d'une tentative d'arrachement malintentionnée.
[0045] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, le film de protection comprend un
matériau polymère. Dans certains exemples de réalisation de la présente description,
le film de protection peut comprendre une couche de polyéthylène PE et une couche
de polyester PET, dans lequel ladite couche de PE est la couche du film de protection
en contact, notamment, avec la couche de destruction contrôlée. Selon un ou plusieurs
exemples de réalisation selon la présente description, la couche de polyéthylène PE
peut être coextrudée sur la couche de polyester PET.
[0046] Dans des exemples de réalisation de la présente description où le film de protection
est composé d'une couche de PE coextrudée sur une couche de PET, lors du dépôt du
film de protection, c'est la couche de PE qui assure le thermocollage sur le substrat
grâce à la nature thermofusible du PE liée à sa température de ramollissement plus
faible que le PET.
[0047] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, l'épaisseur du film de protection
est comprise entre 75 µm et 300 µm, par exemple comprise entre 100 µm et 300 µm. Par
exemple, l'épaisseur du film de protection est comprise entre 150 µm et 250 µm.
[0048] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, la couche de destruction contrôlée
comprend un fluoropolymère, par exemple un polyfluorure de vinylidène (PVDF), par
exemple un PVDF cristallisant en forme alpha ; de telles couches de destruction contrôlée
ont montré une destruction sélective satisfaisante d'un composant optique de sécurité
résultant du transfert du film de sécurité sur un document à sécuriser, en particulier
après dépôt d'un film de protection, et notamment un film de protection comprenant
une couche de polyéthylène PE et une couche de polyester PET dans lequel ladite couche
de PE est la couche du film de protection en contact, notamment, avec la couche de
destruction contrôlée.
[0049] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, le substrat est un support physique
comprenant un matériau pouvant être sélectionné dans le groupe comprenant : un papier,
un plastique, un papier synthétique tel que du TESLIN® ou encore du TYVEK®.
[0050] Selon un ou plusieurs exemples de réalisation, le substrat est opaque, i.e. de transmittance
inférieure ou égale à 20%, par exemple inférieure ou égale à 10%. Dans certains exemples
de réalisation, le substrat peut comprendre un matériau opaque présent en quantité
suffisante dans le substrat pour rendre ledit substrat opaque.
BREVE DESCRIPTION DES FIGURES
[0051] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à la lecture de
la description qui suit, illustrée par les figures suivantes :
- FIG. 1, déjà décrite, un exemple de film transfert selon l'art antérieur ;
- FIG. 2, un exemple de film de sécurité selon la présente description ;
- FIG. 3, un document sécurisé au moyen d'un exemple de procédé selon la présente description
;
- FIG. 4, un schéma illustrant un exemple d'effet recherché par un arrachement malintentionné
du document de sécurité selon la présente description ;
- FIG. 5A et 5B, des motifs d'impression régulier et irrégulier, alvéolaires hexagonaux
de la couche de destruction contrôlée sur le film support, selon un exemple de réalisation
de la présente description ;
- FIG. 6A et 6B, deux graphes représentant des mesures de force de pelage effectuées
conformément à la norme ISO/IEC 10373-1 :1998(E), et illustrant l'effet de destruction
contrôlée d'un composant optique sécurité dans un document sécurisé selon un exemple
de réalisation de la présente description.
DESCRIPTION DETAILLEE
[0052] Un premier exemple d'un film de sécurité 20 selon la présente description est représenté
sur la FIG. 2. Le film de sécurité 20 tel qu'illustré sur la FIG. 2 comprend un film
support 21 destiné à être éliminé après transfert, et un ensemble de couches de sécurité
23 conférant un effet optique reconnaissable au film de sécurité 20. Le film de sécurité
20 de la FIG.2 comprend dans cet exemple une couche adhésive 24 (optionnelle) pour
la fixation du film de sécurité 20 sur un substrat 100 d'un document sécurisé. La
couche adhésive 24 est en contact avec une face de l'ensemble de couches de sécurité.
[0053] Le film de sécurité 20 comprend en outre une couche de destruction contrôlée 26,
discontinue, agencée entre le film support 21 et une face de l'ensemble de couches
de sécurité 23 opposée à la face en contact avec la couche adhésive 24. La couche
de destruction contrôlée 26 est destinée à rester fixée à l'ensemble de couches de
sécurité 23 lors du transfert du film de sécurité sur le substrat 100.
[0054] Dans l'exemple de la FIG. 2, l'ensemble de couches de sécurité 23 comprend une couche
232 au moins partiellement structurée, une couche réflective 231 et une couche d'encapsulation
optionnelle 233. La couche 232 comprend par exemple du polyméthacrylate de méthyle
(PMMA). La couche 231 peut être discontinue. La structuration de la couche 232 permet
de former selon des moyens connus de l'état de l'art, un effet optique reconnaissable
par un observateur, en réflexion ou en transmission. L'ensemble de couches de sécurité
forme par exemple et de façon non limitative, un composant optique de type DOVID,
un composant réflectif à l'ordre zéro utilisant des résonances de modes guidés de
type DID®, un composant à effet plasmonique.
[0055] L'ensemble de couches de sécurité peut également être apte à générer un filtre interférentiel,
auquel cas une structuration de la couche 232 n'est pas toujours nécessaire. L'ensemble
de couches de sécurité peut ainsi comprendre un empilement de couches diélectriques
transparentes et/ou de couches semi-conductrices transparentes et/ou de couches métalliques
semi-transparentes.
[0056] Plus généralement, l'ensemble de couches de sécurité peut comprendre tout agencement
multicouches adaptée pour former de façon connue un effet otique reconnaissable, par
exemple un effet coloré statique et/ou dynamique, variable selon les conditions d'observation.
[0057] Dans l'exemple de la FIG. 2, le film de sécurité comprend en outre une couche de
détachement 22. Cette couche 22 est optionnelle. La couche de détachement 22 est uniforme,
en contact avec le film support 21, de nature différente de celle de la couche de
destruction contrôlée 26, et configurée pour permettre le détachement du film support
21 lors du transfert sur le substrat 100 pour la protection d'un document sécurisé.
[0058] Le film support 21 peut également présenter un revêtement de nature à faciliter son
détachement, notamment dans le cas où la couche de détachement 22 est absente.
[0059] Le transfert du film de sécurité selon la présente description, tel que celui représenté
par exemple sur la FIG. 2, peut s'effectuer à chaud où à froid. Le transfert à chaud
peut être effectué par pressage du film de sécurité sur le substrat 100 du document
à sécuriser. Le transfert à froid, par exemple dans le cas d'un transfert de type
«
cold stamping », peut s'effectuer par réticulation UV de la couche adhésive 24 du film de sécurité
sur le substrat 100. Dans certains exemples de réalisation selon la présente description,
la couche adhésive n'est pas contenue dans le film de sécurité. Dans ce cas, une couche
adhésive peut être apposée sur le substrat 100 préalablement au transfert du film
de sécurité.
[0060] Le substrat 100 est par exemple un support physique comprenant un matériau pouvant
être sélectionné dans le groupe comprenant : un papier, un plastique, un papier synthétique
tel que du TESLIN®, ou encore du TYVEK®.
[0061] Après transfert du film de sécurité 20 sur le substrat 100, le film support 21 peut
être retiré.
[0062] La FIG. 3 illustre un exemple de document sécurisé au moyen d'un procédé selon la
présente description, résultant par exemple du transfert d'un film de sécurité selon
l'exemple de la FIG. 2, sur un substrat 100 d'un document.
[0063] Le document sécurisé 30 tel que représenté sur la FIG. 3 comprend le substrat 100
et au moins un premier composant optique de sécurité résultant du transfert d'un film
de sécurité selon la présente description, sur au moins une partie d'une première
face du substrat 100. Le composant optique de sécurité comprend ainsi l'ensemble de
couches de sécurité 23 et la couche de destruction contrôlée 26, le film support ayant
été détaché avec la couche de détachement, le cas échant. Le document sécurisé 30
comprend en outre un film de protection 31 déposé sur l'ensemble de la dite au moins
une première face dudit substrat 100 revêtu dudit au moins un premier composant optique
de sécurité.
[0064] En pratique, il est possible de transférer au moins un premier composant optique
de sécurité sur au moins une zone d'une première face du substrat 100. Le composant
ainsi transféré peut couvrir une partie limitée de la surface à protéger, typiquement
quelques cm
2, et il peut être monobloc ou être constitué de plusieurs fragments, la surface de
chaque fragment étant par exemple supérieure à 5 mm
2, par exemple supérieure à 2 mm
2, lesdits fragments étant contigus ou disjoints. Le film de protection 31 se trouve
alors non seulement en contact avec au moins un composant optique de sécurité mais
peut également être en contact avec au moins une partie du substrat 100 et venir ainsi
circonscrire un ou plusieurs composants optiques de sécurité.
[0065] Lorsque le film de protection 31 recouvre le composant optique de sécurité, il se
trouve en contact avec la couche de destruction contrôlée 26, mais également avec
une face de l'ensemble de couches de sécurité 23, du fait du caractère discontinu
de la couche de destruction contrôlée 26.
[0066] Le film de protection 31 peut par exemple comprendre une couche de polyéthylène PE
coextrudée sur une couche de polyester PET, la couche de PE étant destinée à être
en contact avec la couche de destruction contrôlée 26 et l'ensemble de couches de
sécurité 23.
[0067] L'épaisseur du film de protection 31 peut être comprise entre 75 µm et 300 µm.
[0068] La FIG.4 illustre un effet possible d'un arrachement malintentionné du film de protection
31 du document sécurisé 30. La tentative d'arrachement du film de protection 31 du
document sécurisé 30 provoque une destruction sélective, prévisible et contrôlée de
l'ensemble de couches de sécurité 23 dans le sens où le motif de destruction de l'ensemble
de couches de sécurité 23 reproduit le motif discontinu de la couche de destruction
contrôlée sur toute la surface d'arrachement.
[0069] La destruction sélective et contrôlée de l'ensemble de couches de sécurité 23 peut
également être renforcée par un gradient vertical d'adhésion au sein du document sécurisé
30. Ce gradient vertical d'adhésion ou différentiel d'adhésion peut résulter directement
de la nature des matériaux mis en jeu dans les couches. Sans vouloir être liés par
une quelconque théorie, les inventeurs estiment que des affinités entre matériaux
compris dans différentes couches, au niveau de la jonction entre couches, c'est-à-dire
à la surface des couches, générèrent autant de faiblesses différenciées au sein du
document sécurisé 30. Par exemple, la différence d'adhésion entre l'ensemble de couches
de sécurité 23 et le film de protection 31 d'une part et entre la couche de destruction
contrôlée 26 et l'ensemble de couches de sécurité 23 d'autre part peut être guidée
par la nature des matériaux formant ces couches. L'introduction d'agents de réticulation
au sein d'une ou plusieurs couches peut également influer sur ces faiblesses différenciées
en induisant la formation de pontages entre couches. Le différentiel d'adhésion peut
également résulter du choix des épaisseurs de chaque couche, générant des contraintes
mécaniques lors de l'arrachement qui, en combinaison avec la nature des matériaux
compris dans les couches, vont également influencer le motif de destruction de l'ensemble
de couches de sécurité 23.
[0070] A partir du moment où le motif d'arrachement sélectif de l'ensemble de couches de
sécurité 23 reproduit le motif discontinu de la couche de destruction contrôlée lors
d'un arrachement, l'effet technique est obtenu. Cela n'exclut pas les cas, non représentés
sur la FIG.4, où le motif de destruction de la couche adhésive 24 ne reproduit pas
le motif discontinu de la couche adhésive. Dans l'exemple de la FIG.4, la couche adhésive
24 est détruite en reproduisant le même motif de destruction que celui de l'ensemble
de couches de sécurité 23 et du motif discontinu de la couche de destruction contrôlée.
Cependant, on pourrait imaginer un cas différent de celui de la FIG.4 où après arrachement,
la rupture présente au niveau de la couche adhésive 24 est située en son sein (cas
d'une rupture cohésive). De même, une rupture à l'interface entre la couche adhésive
24 et l'ensemble de couches de sécurité 23, ou une rupture entre deux couches de natures
différentes comprises dans l'ensemble de couches de sécurité 23 (correspondant à une
rupture cohésive au sein de l'ensemble de couches de sécurité), sont également envisageables
selon un ou plusieurs exemples de réalisation selon la présente description.
[0071] La FIG. 5A illustre un motif régulier d'impression d'une couche de destruction contrôlée
26 d'un exemple de film de sécurité selon la présente description.
[0072] Dans cet exemple de motif d'impression, l'impression de la couche de destruction
contrôlée 26 discontinue (voir les zones noires correspondant aux alvéoles) est réalisée
directement sur le film support 21 (voir les zones blanches correspondant aux parois
entre les alvéoles).
[0073] Cependant, le cas de figure inverse, à savoir le négatif de ce motif d'impression,
où les zones blanches correspondraient aux zones où la couche 26 est imprimée, non
représenté dans la FIG. 5A, est toutefois concerné par l'invention.
[0074] La FIG. 5B montre un motif irrégulier d'impression d'une couche de destruction contrôlée
26 d'un autre exemple de film de sécurité selon la présente description. Dans cet
exemple, le motif hexagonal illustré sur la FIG. 5A est rendu plus complexe au moyen
d'une ligne courbe qui se superpose au motif régulier.
[0075] Dans ces deux cas, les motifs peuvent être obtenus par exemple et selon certaines
techniques d'impression par un cylindre d'impression comprenant un motif de gravure
qui est le négatif du motif d'impression recherché pour la couche de destruction contrôlée.
[0076] Une démonstration de l'effet technique de destruction contrôlée d'un composant optique
de sécurité selon la présente description est illustrée sur les FIG. 6A et 6B, représentant
des mesures de force de pelage effectuées conformément à la technique décrite dans
la norme ISO/IEC 10373-1 :1998(E). Selon cette technique normalisée, un pelage entre
couches d'une carte s'effectue selon un déplacement dans une direction linéaire de
pelage, la direction de la force de pelage appliquée étant maintenue à 90° du plan
de la carte tout au long du déplacement.
[0077] La FIG. 6A illustre la mesure de la force de pelage appliquée, c'est-à-dire la force
nécessaire à l'arrachement du film de protection d'un substrat revêtu par endroits
d'un composant optique de sécurité. La force de pelage, exprimée en unités arbitraires
et représentée en ordonnée sur la FIG. 6A, correspond à la force requise pour le pelage
du film de protection, en fonction d'un déplacement selon une direction linéaire de
pelage, exprimé en mm, représenté en abscisse sur le graphe.
[0078] Dans le cas de la FIG. 6A, le composant optique de sécurité ne comprend pas de couche
de destruction contrôlée selon la présente description. Le substrat de la FIG. 6A
est en Teslin® et le film de protection en PET/PE coextrudés, la couche de PE du film
de protection étant celle en contact avec le composant optique de sécurité et avec
le Teslin® aux endroits où ce dernier n'est pas recouvert de composant optique de
sécurité. La partie basse de la courbe de force de pelage obtenue, i.e. entre environ
40 mm et 60 mm, correspond aux efforts d'arrachement au niveau du composant de sécurité,
et illustre le cas d'un arrachement sans effet de destruction contrôlée, la partie
basse de la courbe étant lisse. Dans ce cas, le composant optique de sécurité est
resté attaché au Teslin®. A noter que dans le cas d'une rupture à une interface entre
deux couches du composant optique de sécurité, ou bien une rupture cohésive de la
couche adhésive, on aurait obtenu une courbe similaire de la force de pelage, i.e.
un plateau lisse avec une valeur de force de pelage différente.
[0079] La FIG. 6B illustre le cas où le même film de protection en PET/PE est arraché d'un
substrat en Teslin® partiellement revêtu d'un composant optique de sécurité, dans
lequel, cette fois-ci, une couche de destruction contrôlée est présente, selon la
présente description. Dans ce cas, la partie basse de la courbe de force de pelage,
i.e. entre environ 40 mm et 60 mm, et correspondant aux efforts d'arrachement au niveau
du composant de sécurité ne se présente plus sous la forme d'un plateau lisse. L'effet
de destruction contrôlée est reconnaissable sur la courbe sous forme de plusieurs
ondulations résultant de la discontinuité de la couche de destruction contrôlée.
[0080] Bien que décrite à travers un certain nombre d'exemples de réalisation, le film de
sécurité selon l'invention et le procédé de fabrication dudit film comprennent différentes
variantes, modifications et perfectionnements qui apparaîtront de façon évidente à
l'homme de l'art, étant entendu que ces différentes variantes, modifications et perfectionnements
font partie de la portée de l'invention telle que définie par les revendications qui
suivent.
1. Film de sécurité (20) transférable sur un substrat (100) d'un document à sécuriser,
le film de sécurité (20) comprenant :
- un film support (21) configuré pour être éliminé après transfert dudit film de sécurité
sur le substrat;
- un ensemble de couches de sécurité (23) conférant un effet optique reconnaissable
au film de sécurité (20) ;
- une couche de destruction contrôlée (26), discontinue selon un motif de destruction
donné, agencée entre le film support (21) et une première face de l'ensemble de couches
de sécurité (23), ladite couche de destruction contrôlée étant configurée pour rester
fixée à l'ensemble de couches de sécurité (23) lors du transfert du film de sécurité
sur le substrat (100).
2. Film de sécurité (20) selon la revendication 1, comprenant en outre une couche adhésive
(24) pour la fixation du film de sécurité (20) sur ledit substrat (100), ladite couche
adhésive (24) étant en contact avec une deuxième face de l'ensemble de couches de
sécurité (23), opposée à ladite première face.
3. Film de sécurité (20) selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans
lequel l'épaisseur de la couche de destruction contrôlée (26) est comprise entre 100
nm et 2 µm.
4. Film de sécurité (20) selon l'une quelconque des revendications précédentes, comprenant
en outre une couche de détachement (22), uniforme, en contact avec le film support
(21), de nature différente de celle de la couche destruction contrôlée (26), et configurée
pour permettre le détachement du film support (21) lors du transfert du film de sécurité
sur le substrat (100).
5. Film de sécurité (20) selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans
lequel la couche de destruction contrôlée (26) comporte des marqueurs détectables
uniquement dans une bande spectrale donnée.
6. Procédé de fabrication d'un film de sécurité transférable sur un substrat (100) d'un
document à sécuriser comprenant :
- la provision d'un film support (21), ledit film support étant configuré pour être
éliminé après transfert dudit film de sécurité sur ledit substrat ;
- optionnellement, le dépôt sur le film support (21) d'une couche de détachement (22);
- l'impression sur la couche de détachement (22) ou directement sur le film support
en cas d'absence de couche de détachement, d'une couche de destruction contrôlée (26),
discontinue selon un motif de destruction donné;
- le dépôt, après impression de ladite couche de destruction sur ladite couche de
détachement (22) ou sur ledit film support (21), d'un ensemble de couches de sécurité
(23) conférant un effet optique reconnaissable au film de sécurité (20), ladite couche
de destruction contrôlée étant configurée pour rester fixée à l'ensemble de couches
de sécurité (23) lors du transfert du film de sécurité sur le substrat (100).
7. Procédé selon la revendication 6, dans lequel la couche de destruction contrôlée (26)
est imprimée sur la couche de détachement (22) ou le film support (21), sur une surface
comprise entre 30 % et 70 % de la surface totale de la couche de détachement (22)
ou du film support (21).
8. Procédé selon l'une quelconque des revendications 6 ou 7, dans lequel l'impression
de la couche de destruction contrôlée discontinue (26) comprend l'impression de motifs
comprenant des alvéoles ou autres surfaces finies et/ou des lignes droites et/ou des
lignes courbes et/ou des lignes brisées et/ou des caractères alphanumériques.
9. Procédé selon l'une quelconque des revendications 6 à 8, comprenant en outre le dépôt
d'une couche adhésive (24) sur ledit ensemble de couches de sécurité.
10. Procédé de protection d'un document (30) comprenant :
- la fabrication d'un film de sécurité (20) selon l'une quelconque des revendications
6 à 9;
- le transfert dudit film de sécurité (20) sur au moins une partie d'une première
face d'un substrat (100) dudit document (30) en vue de sa sécurisation;
- l'élimination du film support.
11. Procédé selon la revendication 10, dans lequel le transfert du film de sécurité est
fait par pressage à chaud.
12. Procédé selon l'une quelconque des revendications 10 ou 11, comprenant en outre le
dépôt d'un film de protection (31) sur ladite au moins une partie d'une première face
dudit substrat (100).
13. Procédé selon la revendication 12, dans lequel :
- le film de protection (31) comprend une couche de polyéthylène PE et une couche
de polyester PET ;
- ladite couche de PE est en contact avec la couche de destruction contrôlée (26).
14. Procédé selon l'une quelconque des revendications 12 ou 13, dans lequel l'épaisseur
du film de protection (31) est comprise entre 75 µm et 200 µm.
15. Procédé selon l'une quelconque des revendications 12 à 14, dans lequel la couche de
destruction contrôlée comprend un fluoropolymère, par exemple un polyfluorure de vinylidène
(PVDF).