DOMAINE DE L'INVENTION
[0001] Le domaine de l'invention est celui des télescopes, notamment celui des télescopes
d'observations embarqués dans des satellites. Plus précisément, le domaine de l'invention
concerne les systèmes catoptriques à grandes focales présentant deux voies, une voie
visible et une voie infrarouge
ETAT DE LA TECHNIQUE
[0002] Un type de télescope spatial à haute résolution fonctionnant dans le visible connu
est le télescope de type Korsch illustré figure 1. Le télescope de type Korsch, également
dénommé TMA (acronyme de l'expression anglo-saxonne « Three Mirors Anastigmat ») est
un télescope anastigmat à trois miroirs asphériques (soit de type Concave-Convexe-Concave)
qui comprend au moins un premier miroir M10 concave, un second miroir M20 convexe
et un troisième miroir M30 concave. Les premier, deuxième et troisième miroirs M10,
M20 et M30 sont asphériques, de formes fixes, chaque miroir étant caractérisé par
au moins deux paramètres, un rayon de courbure R et une conique c.
[0003] Ce système optique présente une pupille d'entrée PE, un axe optique O défini par
le rayon passant par le centre de la pupille d'entrée PE et perpendiculaire à cette
pupille, la pupille d'entrée étant généralement disposée au niveau du premier miroir
et une pupille de sortie PS. Ces notions sont bien connues de l'homme de l'art.
[0004] Les trois miroirs M10, M20 et M30 sont agencés de sorte que le premier miroir et
le second miroir forment d'un objet à l'infini une image intermédiaire située entre
le second miroir et le troisième miroir, le troisième miroir formant de cette image
intermédiaire une image finale dans le plan focal du télescope dans lequel est placé
un détecteur D. Par application des équations de Korsch bien connues de l'homme de
l'art on calcule aisément les positions et paramètres respectifs des trois miroirs.
La solution théorique est de très bonne qualité, ce qui fait tout l'intérêt de ce
type de télescope. Typiquement les télescopes de type Korsch présentent un champ de
vue compris entre 0 et 3° et des focales de plusieurs mètres, typiquement de 3m à
40 m.
[0005] La solution théorique est calculée sur l'axe, c'est-à-dire que le rayon central/moyen
du champ de vue est confondu avec l'axe optique et ne tient pas compte de l'encombrement
physique des miroirs. Pour que la lumière puisse passer dans la combinaison, classiquement
on s'arrange pour que le télescope fonctionne légèrement hors d'axe (ou « off axis
» selon la terminologie de l'homme de l'art), c'est-à-dire que le rayon moyen du champ
de vue du télescope ne coïncide plus avec l'axe optique (typiquement le hors d'axe
est d'environ 0.5°). Cet off axis est compensé dans le design final du télescope.
[0006] L'espace entre M10 et M20 est dénommé cavité avant et l'espace derrière M1o est dénommé
cavité arrière du télescope. Pour des problèmes d'encombrement un miroir de renvoi
MR est très souvent utilisé pour replier la cavité arrière tel qu'illustré figure
1
[0007] La qualité d'un système optique s'évalue par comparaison entre l'onde lumineuse idéale
limitée par la diffraction et l'onde lumineuse réelle à la sortie du système optique
tenant compte des défauts du système optique traversé. L'analyse de la différence
entre onde théorique et onde réelle permet d'identifier les types de défauts ou aberrations
du système optique.
[0008] Il est connu que les principales aberrations géométriques sont : l'aberration sphérique,
l'astigmatisme, la coma, la courbure de champ (defocus dans le champ) et la distorsion.
[0009] Des polynômes, et plus particulièrement les polynômes de Zernike, sont classiquement
utilisés pour qualifier plus facilement les différents types d'aberrations d'un front
d'onde (soit une surface) à la sortie d'un système optique.
[0010] Les surfaces de Zernike sont les plus couramment utilisées. Une surface de Zernike
est définie en coordonnées polaires dans un espace (ρ, θ, z), et si z(ρ, θ) représente
la coordonnée z d'un point de cette surface, on a la relation

[0011] Zj étant un polynôme de Zernike d'ordre j et Cj étant la constante associée à ce
polynôme, j étant un indice variant respectivement entre 0 et un nombre entier, k
étant la constante de conicité et c la courbure de la surface.
[0012] Une surface quelconque décomposée suivant des polynômes est dénommée surface ϕ-polynomiale.
Cette surface est donc caractérisée par des valeurs des coefficients de ces polynômes.
[0013] L'intérêt de la décomposition de front d'onde en polynômes de Zernicke orthogonaux
est que chaque polynôme de la base considérée correspond à une catégorie d'aberration
différente. Il est alors possible de connaître la nature des aberrations présentes
dans un front d'onde.
[0014] Le tableau 1 ci-dessous illustre les différents polynômes « Fringe Zernike » en fonction
de leur ordre (ici 1 à 16), ainsi que le type l'aberration correspondant.
[Tableaux 1]
| Ordre |
Polynôme |
Aberration(s) |
| 1 |
1 |
Piston |
| 2 |
ρ Cos[θ] |
Inclinaison en x |
| 3 |
ρ Sin[θ] |
Inclinaison en y |
| 4 |
-1 + 2 ρ2 |
Focalisation |
| 5 |
ρ2 Cos[2 θ] |
Astigmatisme à 0° |
| 6 |
ρ2 Sin[2 θ] |
Astigmatisme à 45° |
| 7 |
ρ (-2 + 3 ρ2) Cos[θ] |
Coma en x |
| 8 |
ρ (-2 + 3 ρ2) Sin[θ] |
Coma en y |
| 9 |
1- 6 ρ2 + 6 ρ4 |
Sphéricité et focalisation |
| 10 |
ρ3 Cos[3 θ] |
Tri feuille |
| 11 |
ρ3 Sin[3 θ] |
Tri feuille |
| 12 |
ρ2 (-3 + 4 ρ2) Cos[2 θ] |
Astigmatisme ordre 2 |
| 13 |
ρ2 (-3 + 4 ρ2) Sin[2 θ] |
Astigmatisme ordre 2 |
| 14 |
ρ (3 - 12 ρ2 + 10 ρ4) Cos[θ] |
Coma en x ordre 2 |
| 15 |
ρ (3 - 12 ρ2 + 10 ρ4) Sin[θ] |
Coma en y ordre 2 |
| 16 |
-1 + 12 ρ2 - 30 ρ4 + 20 ρ6 |
Sphéricité ordre 2 |
[0015] En adoptant la définition des polynômes de Fringe Zernike, les différents types d'aberration
correspondent à :
- le focus correspond au terme Z4,
- l'astigmatisme correspond aux termes Z5 et Z6,
- la coma aux termes Z7 et Z8 et
- l'aberration sphérique de premier ordre à Z9,
- l'aberration sphérique de deuxième ordre à Z16
[0016] Une surface asphérique est une surface non sphérique mais qui présente une symétrie
de révolution.
[0017] Une surface optique quelconque, sans symétrie, est dénommée « free form », ou ϕ-polynomiale
lorsqu'elle est décomposée selon une famille de polynômes. Par exemple une surface
calculée pour compenser l'astigmatisme et/ou la coma est « free form », ces aberrations
ne présentant pas de symétrie de révolution.
[0018] Pour ces télescopes haute résolution fonctionnant dans le visible, il est aujourd'hui
demandé d'ajouter une voie infra-rouge (IR). Cette voie IR doit comporter plusieurs
bandes spectrales (SWIR, MWIR, LWIR).
[0019] Pour ces télescopes haute résolution fonctionnant dans le visible, il est aujourd'hui
demandé d'ajouter une voie infra-rouge (IR). Un certain nombre de contraintes pèsent
sur cette voir IR additionnelle. Cette voie IR doit comporter plusieurs bandes spectrales
(SWIR, MWIR, LWIR), ce qui implique l'achromatisation de la voir IR sur une très large
bande spectrale. Par ailleurs le détecteur infrarouge Dir doit être refroidit (typiquement
à 77K), en étant disposé dans un cryostat ou baffle. Dans l'infra-rouge, tout corps
chaud rayonne, ce qui est source de lumière parasite et le détecteur Dir doit donc
être entouré de corps froids. La pupille de sortie PSir de la voir IR du télescope
doit être réelle et froide, donc intégrée au cryostat 20 comme illustré figure 2.
Ceci implique que la distance PSir-PFir, avec PFir plan focal de la voir IR dans lequel
est positionné le détecteur Dir, doit être minimisée afin de réduire la complexité
et le coût du système de refroidissement du télescope. On cherche à obtenir une distance
PSir-PFir inférieure à 100 mm, préférentiellement inférieure à 40 mm. En outre la
voir IR doit être la plus compacte possible pour éviter d'augmenter le volume et le
poids de l'instrument. Le nombre d'optique à rajouter doit être le plus faible possible
pour réduire les coûts et les difficultés d'intégration.
[0020] Une première solution de l'état de l'art consiste à ré-imager la pupille de sortie
du télescope avec des optiques dioptriques. La voie IR est séparée de la voie visible,
(dénommée VIS) par un composant dichroïque (séparation spectrale) ou par un angle
moyen (off-axis) différent de la voie VIS (séparation spatiale); le plan focal PFir
est réimagé par un miroir supplémentaire et un groupe de lentilles. Dans ce cas la
pupille de sorite PSir peut être placée proche de plan focal PFir. Cette solution
présente un encombrement important, un nombre important d'optiques supplémentaires
et une achromatisation limitée du fait de l'utilisation d'un groupe de lentilles.
[0021] Une deuxième solution consiste à ré-imager la pupille de sortie du télescope avec
des optiques catadioptriques. La voie IR est séparée de la voie VIS par un composant
dichroïque ou par un angle moyen (off-axis) différent de la voie VIS; le plan focal
PFir est réimagé par deux miroirs paraboliques collimatés, ce qui résout la contrainte
de l'achromatisme sur toute la bande IR. Cette solution présente cependant un encombrement
important, la pupille de sortie ne peut être placée proche du plan focal, et nécessite
l'ajout de deux miroirs.
[0022] Une troisième solution consiste à réaliser une voir IR comprenant un miroir 30 spécifique
à la voir IR, en combinaison avec M1ο et M2o commun à la voie visible et un groupe
de lentilles GL (typiquement 5 à 7 lentilles). La voie IR de cette solution est illustrée
figure 3. La voie visible est du type de celle illustrée figure 1, mais les rayons
et composants correspondant à la voie visible ne sont pas représentés sur la figure
3 pour plus de clarté. Ce système a pour avantage que la pupille de sortie IR PSir
peut être positionnée proche du détecteur Dir (solution compact). Cependant l'utilisation
d'un groupe de lentilles GL limite la bande spectrale, ce groupe GL est difficile
à calculer et à réaliser, et également très difficile à tester/régler. En effet cet
ensemble de lentilles compense également des aberrations présentes dans la combinaison
IR du télescope et ne peut donc pas être testé de manière isolée. Typiquement ce bloc
est fabriqué par un sous-traitant et testé chez ce sous-traitant à l'aide d'un simulateur
de télescope. Ce mode opératoire est très lourd à mettre en œuvre et augmente sensiblement
le coût de la voie IR.
[0023] Un but de la présente invention est de remédier aux inconvénients précités en proposant
un télescope anastigmate bi-spectral (visible et IR) large bande et compact avec une
voie IR facile à fabriquer et à régler, et présentant une pupille de sortie proche
du détecteur.
DESCRIPTION DE L'INVENTION
[0024] La présente invention a pour objet un télescope anastigmate bi-spectral de type Korsch
présentant un axe optique et comprenant :
- une voie visible comprenant trois miroirs, un premier miroir concave, un second miroir
convexe et un troisième miroir concave et un détecteur visible sensible dans une bande
visible, les miroirs étant agencés de sorte que le premier miroir et le second miroir
forment d'un objet à l'infini une image intermédiaire située entre le second miroir
et le troisième miroir, le troisième miroir formant de cette image intermédiaire une
image finale dans le plan focal visible du télescope dans lequel est placé le détecteur
visible,
- une voie infrarouge comprenant le premier et le deuxième miroir en commun avec la
voie visible, un troisième miroir IR, un quatrième miroir IR, et un détecteur IR sensible
dans une bande infrarouge, le troisième et le quatrième miroir IR étant configurés
pour former de ladite image intermédiaire une image finale dans un plan focal IR du
télescope dans lequel est placé le détecteur IR, les formes et positions du troisième
et du quatrième miroir IR étant déterminées à partir des équations de Korch généralisées
à 4 miroirs avec la contrainte du premier et du deuxième miroir communs avec la voie
visible.
[0025] Selon une première variante les troisième et quatrième miroirs IR présentent chacun
un angle d'inclinaison non nul par apport à l'axe optique, les troisième et quatrième
miroirs étant en outre configurés pour compenser des aberrations introduites par lesdits
angles d'inclinaison. Préférentiellement les aberrations introduites par ladite inclinaison
comprennent au moins l'astigmatisme et la coma. Préférentiellement l'ange d'inclinaison
de chacun des troisième et quatrième miroirs est compris entre 3° et 45°.
[0026] Selon un mode de réalisation le télescope selon l'invention comprend une autre voie
visible présentant le premier et le deuxième miroir en commun avec la voie visible
initiale, un troisième miroir additionnel présentant des caractéristiques identiques
à celles du troisième miroir de la voie visible initiale et un détecteur visible additionnel,
les deux voies visibles présentant un off-axis de champ symétrique par rapport à l'axe
optique.
[0027] Selon une autre variante la voie infrarouge est en outre configurée pour présenter
un off-axis de champ. Préférentiellement l'off-axis de champ est compris entre 0.2°
et 2°.
[0028] Selon un mode de réalisation le troisième miroir est convexe et le quatrième miroir
est concave.
[0029] Préférentiellement la voie infrarouge présente une focal IR et une pupille de sortie
et les troisième et quatrième miroirs sont en outre déterminés de sorte que la distance
entre ladite pupille de sortie de la voie infrarouge et le détecteur IR est inférieure
à ladite focale IR divisée par 10.
[0030] La description suivante présente plusieurs exemples de réalisation du dispositif
de l'invention : ces exemples sont non limitatifs de la portée de l'invention. Ces
exemples de réalisation présentent à la fois les caractéristiques essentielles de
l'invention ainsi que des caractéristiques additionnelles liées aux modes de réalisation
considérés.
[0031] L'invention sera mieux comprise et d'autres caractéristiques, buts et avantages de
celle-ci apparaîtront au cours de la description détaillée qui va suivre et en regard
des dessins annexés donnés à titre d'exemples non limitatifs et sur lesquels :
[Fig.1] La figure 1 déjà citée décrit le schéma d'un télescope TMA.
[Fig.2] La figure 2 déjà citée illustre un détecteur IR à l'intérieur d'un cryostat.
[Fig.3] La figure 3 déjà citée décrit la voie IR d'un télescope bi-spectral selon
l'état de l'art.
[Fig.4] La figure 4 illustre une première variante de la voie IR du télescope selon
l'invention.
[Fig.5] La figure 5 illustre un télescope bi spectral selon l'invention.
[Fig.6] La figure 6 illustre une deuxième variante de la voie IR du télescope selon
l'invention.
[0032] Par souci de clarté les mêmes éléments porteront les mêmes repères dans les différentes
figures.
DESCRIPTION DETAILLEE DE L'INVENTION
[0033] L'objet de l'invention est un télescope 10 anastigmate de type Korsch bi-spectral,
qui présente une voie visible et une voie infrarouge. La voie visible est classique
ou proche de la combinaison classique. Elle comprend trois miroirs asphériques, un
premier miroir M1 concave, un second miroir M2 convexe et un troisième miroir M3 concave
et un détecteur visible D sensible dans la bande visible, les miroirs étant agencés
de sorte que le premier miroir M1 et le second miroir M2 forment d'un objet à l'infini
une image intermédiaire située entre le second miroir et le troisième miroir, le troisième
miroir M3 formant de cette image intermédiaire une image finale dans le plan focal
visible PFdu télescope dans lequel est placé le détecteur visible D.
[0034] Préférentiellement les miroirs M1, M2 et M3 sont asphériques. Mais comme expliqué
plus loin, d'autres combinaisons sont possibles avec au moins un miroir parmi ces
trois miroirs de type « free form ».
[0035] La voie infrarouge du télescope selon l'invention comprend M1 et M2 en commun avec
la voie visible, un troisième miroir IR M3ir, un quatrième miroir IR M4ir, et un détecteur
IR Dir sensible dans une bande infrarouge, le troisième et le quatrième miroir IR
étant configurés pour former de ladite image intermédiaire une image finale dans un
plan focal IR PFir du télescope dans lequel est placé le détecteur IR Dir.
[0036] Le télescope selon l'invention ne contient que des miroirs dans sa combinaison optique
qui peuvent être réglés chacun indépendamment. Le télescope se fabrique par une intégration
classique de télescope à miroir. De plus cette solution entièrement réflective ne
présente pas de problème de chromatisme et peut donc fonctionner dans n'importe quelle
bande (IR ou VIS). La pupille n'est pas réimagée, le télescope selon l'invention est
donc compact.
[0037] Pour obtenir un télescope présentant une bonne qualité d'image sur les deux voies
uniquement à partir de miroirs, les formes et positions du troisième et du quatrième
miroir IR sont déterminées à partir des équations de Korch généralisées à 4 miroirs,
avec la contrainte du M1 et du M2 communs avec la voie visible.
[0038] Le calcul de la combinaison optique de la voie IR du télescope10 selon l'invention
est issu de l'application des équations de Korsch généralisées à n miroirs avec n=4.
Dans son livre « Reflective Optics » D. Korsch présente un formalisme mathématique
permettant dans des systèmes multi-miroirs d'exprimer les principales aberrations
optiques (Aberration sphérique, coma, astigmatisme, courbure de champ) en fonction
de paramètres simples tels que la distance entre les miroirs, la distance des objets
et des images et le ratio des hauteurs des rayons. Ce formalisme simple et efficace
permet de trouver des systèmes multi-miroirs aplanétique et anastigmat en résolvant
quelques équations.
[0039] L'obtention d'une combinaison performante à la fois sur la voie visible et la voie
infrarouge nécessite une optimisation en plusieurs étapes.
[0040] On calcule d'abord dans une première étape une combinaison optique de la voie visible
du télescope10 par l'application des équations de Korsch classiques à trois miroirs
à partir des paramètres prédéterminés souhaités pour l'application visée: focale visible
F, champ de vue, dimension de la pupille entrée et contrainte sur le volume.
[0041] L'optimisation est réalisée de manière classique à l'aide de logiciels de calcul
optique (CodeV, Zemax, Oslo,...). Ces logiciels fonctionnent sur le principe de la
minimisation d'une fonction d'erreur. Typiquement la fonction d'erreur inclut la qualité
image au plan focal selon un critère prédéterminé. Le critère prédéterminé consiste
par exemple à minimiser d'une erreur de forme d'onde ou WFE pour « Wave Front Error
» en anglais, moyennée sur une pluralité de points du champ, bien connu de l'homme
de l'art. Typiquement on cherche à minimiser la valeur quadratique moyenne ou WFE
RMS.
[0042] Une combinaison solution se caractérise par les distances M1/M2, M2/M3 et M3/PF et
les rayons de courbure R1, R2, R3 et coniques C1, C2, C3 de respectivement M1, M2
et M3.
[0043] Ces équations Korsch à 3 miroirs donnent un ensemble de solutions et une de ces solutions
est choisie arbitrairement comme un point de départ pour la voie visible (solution
visible initiale) en tenant compte également des contraintes mécaniques.
[0044] La combinaison finale, intégrant la voie visible M1/M2/M3 et la voie IR M1/M2/M3ir/M4ir
est obtenue par une optimisation conjointe des deux voies.
[0045] L'optimisation est conjointe, c'est-à-dire qu'elle ne s'effectue pas uniquement sur
les miroirs M3ir et M4ir (à base des équations généralisée à n=4), en prenant M1 et
M2 de la solution visible initiale. Un relâchement des contraintes sur au moins un
paramètre du M1 et du M2 de la solution visible initiale (choisi parmi la position,
le rayon de courbure , la conique) est nécessaire pour converger vers une solution
de haute qualité Visible et IR. En d'autres termes les miroirs M1/M2 finaux ne sont
pas exactement identiques (mais proches) à ceux déterminés par le calcul classique
dans le visible et choisis arbitrairement comme de point de départ (solution visible
initiale) parmi l'ensemble de solutions possibles. L'optimisation conjointe permet
d'identifier, parmi l'ensemble de solutions déterminées à la première étape, la combinaison
visible la meilleure pour la voie IR.
[0046] Pour le calcul de la voie IR, les paramètres prédéterminés sont la focale IR Fir,
le champ de vue IR et le cas échéant la distance pupille de sorite IR/ détecteur IR
(voir plus loin).
[0047] Ainsi la voie visible M1/M2/M3 vérifie les équations de Korsch à 3 miroirs, la voie
infrarouge M1/M2/M3ir/M4ir vérifie les équations de Korsch généralisées à 4 miroirs,
les caractéristiques des miroirs M1/M2 communs aux deux voies sont déterminés par
optimisation conjointe des deux voies, typiquement à partir d'une solution visible
initiale.
[0048] Comme expliqué plus haut les solutions aux équations de Korsch sont calculées sur
l'axe (valable pour 3 et 4 miroirs). Comme expliqué plus haut une telle solution n'est
pas compatible avec le passage de la lumière et avec les contraintes mécaniques d'encombrement
des miroirs.
[0049] Pour remédier à cela pour la voie IR dans une première variante préférée les troisième
et quatrième miroirs M3ir et M4ir présentent chacun un angle d'inclinaison respectif
t3, t4 non nul par apport à l'axe optique O. Un exemple de schéma de première variante
est illustrée figure 4 (seule la voir IR du télescope est représentée pour plus de
clarté). Le basculement de M3ir et M4ir permet de « laisser passer » les rayons lumineux,
mais entraîne des aberrations qui dégradent la qualité d'image. M3ir et M4ir sont
donc en outre configurés pour compenser ces aberrations introduites par les angles
d'inclinaison t3 et t4.
[0050] Les miroirs M3ir et M4ir calculés par les équations de Korsch sont initialement asphériques.
Mais les aberrations introduites par l'inclinaison de M3ir et M4ir comprennent au
moins l'astigmatisme (Z5, Z6) et la coma (Z7, Z8). Pour compenser ce type d'aberration
il est alors nécessaire que M3ir et M4IR présentent chacun une surface « free form
». Les valeurs des angles d'inclinaison t3 et t4 sont donc choisis d'une part pour
permettre à la lumière de passer et d'autre part de sorte que les aberrations apportées
par chacun des tilts soient compensables par l'ajout d'une composante « free form
» sur les surfaces asphériques de M3ir et M4ir. Pour certaines configurations il peut
s'avérer nécessaire de basculer légèrement le plan focal. Typiquement chacun des angles
t3 et t4 est compris entre 3° et 45°.
[0051] La figure 5 illustre un télescope 10 selon l'invention avec les deux voies. Dans
l'exemple de la figure 5 la séparation des deux voies est spatiale, c'est-à-dire que
les deux voies présentent des champs de vue différents. La voie visible fonctionne
légèrement hors d'axe (c'est-à-dire que le champ moyen est différent de l'axe optique)
alors que la voir IR fonctionne ici sur l'axe (le champ moyen est confondu avec l'axe
optique) avec des miroirs M3ir et M4ir inclinés. C'est cette différence dans l'axe/hors
d'axe qui permet la séparation spatiale des deux voies après le deuxième miroir.
[0052] Selon un mode de réalisation de cette première variante le télescope selon l'invention
comprend une autre voie visible présentant M1 et M2 en commun avec la voie visible
initiale et la voie IR, un troisième miroir additionnel différent du M3 de la voie
visible initiale mais présentant des caractéristiques identiques à celui-ci et un
détecteur visible additionnel. Préférentiellement les deux voies visibles présentent
un off-axis de champ symétrique par rapport à l'axe optique, c'est-à-dire que l'off
axis de champ d'une voie visible est symétrique à l'off axis de l'autre voie par rapport
à O, typiquement environ 0.5° pour l'une et -0.5° pour l'autre. Les deux voies visibles
fonctionnent en stéréo. Ce fonctionnement stéréo permet d'obtenir deux images d'une
même scène sous 2 angles différents, ce qui permet de reconstruire une vue de la scène
en 3 dimensions. Un télescope de type Korsch présentant deux voies visibles avec un
off-axis de champ symétrique par rapport à l'axe optique est connu de l'homme de l'art.
[0053] De manière classique au moins un miroir de renvoi MRv sur la voie visible et un miroir
de renvoi MRir sur la voir IR permettent de replier la cavité arrière pour réduire
l'encombrement.
[0054] Selon une deuxième variante illustrée figure 6, pour remédier au fait que la solution
sur l'axe n'est pas compatible avec le passage de la lumière et avec les contraintes
mécaniques d'encombrement des miroirs, la voie infrarouge est configurée de sorte
qu'elle présente également un off-axis de champ OffAir. Typiquement cet off-axis de
champ est compris entre 0.2° et 2°. Il s'agit ici du même type de solution que ce
qui est réalisé classiquement pour la voie visible. L'off axis de champ de la voie
visible et l'off axis de champ de la voie IR doivent alors être différents pour pouvoir
opérer une séparation spatiale des deux voies.
[0055] On compense cet off axis OffAir dans la combinaison optique de la voie IR en modifiant
M3ir et M4ir. Les aberrations introduites par ce fonctionnement légèrement hors d'axe
sont compensables avec des optiques asphériques. Ainsi dans ce cas on modifie très
légèrement les paramètres des miroirs asphériques M3ir et M4ir (rayon de courbure
et/ou conicité) sans introduire de composante « free form ».
[0056] Selon une troisième variante les voies VIS et IR fonctionnent sur l'axe, avec au
moins minimum M3 (voie visible) incliné et présentant une surface « free form ».
[0057] Selon encore une autre variante les miroirs M1 et M2 sont inclinés et présentent
une surface « free form », de manière à réaliser un télescope présentant un plus grand
champ et à supprimer l'obturation centrale, comme décrit dans le document
EP3096169.
[0058] Selon un mode de réalisation préféré le troisième miroir M3ir est convexe et le quatrième
miroir M4ir est concave.
[0059] Selon un mode de réalisation, dans les contraintes imposées lors du calcul des combinaisons
optique, la position et les paramètres des miroirs M3ir, M4ir sont en outre déterminés
de sorte que la distance entre ladite pupille de sortie PSir de la voie IR et le détecteur
IR Dir soit faible tel qu'illustré figure 5. On recherche la plus petite distance
possible compte tenu de l'application visée et de l'encombrement du télescope associé.
Typiquement cette distance est choisie inférieure à la valeur de la focale IR Fir
divisée par 10, préférentiellement par 100.
[0060] Selon une autre variante, on effectue une séparation spectrale des voies avec un
composant dichroïque. Dans ce cas les champs moyens respectifs des voies VIS et IR
doivent être quasi identiques.
1. Télescope (10) anastigmate bi-spectral de type Korsch présentant un axe optique (O)
et comprenant :
- une voie visible comprenant trois miroirs, un premier miroir (M1) concave, un second
miroir (M2) convexe et un troisième miroir (M3) concave et un détecteur visible (D)
sensible dans une bande visible, les miroirs étant agencés de sorte que le premier
miroir (M1) et le second miroir (M2) forment d'un objet à l'infini une image intermédiaire
située entre le second miroir et le troisième miroir, le troisième miroir (M3) formant
de cette image intermédiaire une image finale dans le plan focal visible (PF) du télescope
dans lequel est placé le détecteur visible (D),
- une voie infrarouge comprenant le premier et le deuxième miroir en commun avec la
voie visible, un troisième miroir IR (M3ir), un quatrième miroir IR (M4ir), et un
détecteur IR (Dir) sensible dans une bande infrarouge, le troisième et le quatrième
miroir IR étant configurés pour former de ladite image intermédiaire une image finale
dans un plan focal IR (PFir) du télescope dans lequel est placé le détecteur IR (Dir),
les formes et positions du troisième et du quatrième miroir IR étant déterminées à
partir des équations de Korch généralisées à 4 miroirs avec la contrainte du premier
et du deuxième miroir (M1, M2) communs avec la voie visible.
2. Télescope selon la revendication 1 dans lequel les troisième et quatrième miroirs
IR présentent chacun un angle d'inclinaison (t3, t4) non nul par rapport à l'axe optique
(O), les troisième et quatrième miroirs étant en outre configurés pour compenser des
aberrations introduites par lesdits angles d'inclinaison.
3. Télescope selon la revendication 2 dans lequel les aberrations introduites par ladite
inclinaison comprennent au moins l'astigmatisme et la coma.
4. Télescope selon l'une des revendications 2 ou 3 dans lequel ledit angle d'inclinaison
(t3, t4) de chacun des troisième et quatrième miroirs IR est compris entre 3° et 45°.
5. Télescope selon l'une des revendications 2 à 4 comprenant une autre voie visible présentant
le premier et le deuxième miroir en commun avec la voie visible initiale, un troisième
miroir additionnel présentant des caractéristiques identiques à celles du troisième
miroir de la voie visible initiale et un détecteur visible additionnel, les deux voies
visibles présentant un off-axis de champ symétrique par rapport à l'axe optique.
6. Télescope selon la revendication 1 dans lequel la voie infrarouge est en outre configurée
pour présenter un off-axis de champ (OffAir).
7. Télescope selon la revendication 6 dans lequel ledit off-axis de champ est compris
entre 0.2° et 2°.
8. Télescope selon l'une des revendications précédentes dans lequel le troisième miroir
IR est convexe et le quatrième miroir IR est concave.
9. Télescope selon l'une des revendications précédentes dans lequel la voie infrarouge
présente une focal IR (Fir) et une pupille de sortie (PSir) et dans lequel les troisième
et quatrième miroirs IR (M3ir, M4ir) sont en outre déterminés de sorte que la distance
entre ladite pupille de sortie (PSir) de la voie infrarouge et le détecteur IR (Dir)
est inférieure à ladite focale IR (Fir) divisée par 10.