Domaine technique
[0001] La présente invention concerne un composant de micromécanique destiné aux mécanismes
d'horlogerie, notamment un composant amené à être lubrifié.
Etat de la technique
[0002] Il est connu que dans les mécanismes d'horlogerie, nombreuses sont les pièces en
mouvement et en contact avec frottement les unes avec les autres. Ces frottements
doivent être réduits le plus possible car ils peuvent affecter la précision et/ou
l'autonomie du mécanisme. Pour réduire ces frottements il est donc connu d'utiliser
un lubrifiant liquide ou visqueux. Ce lubrifiant est utilisé parcimonieusement sur
des zones bien définies et en quantités adaptées.
[0003] Cependant, ce lubrifiant peut s'échapper de la zone où il a été déposé. En particulier,
dans l'état chimique naturel des surfaces résultant de l'exposition aux conditions
ambiantes, le mouvement des pièces tend à déplacer le lubrifiant de la zone de contact
vers une zone non soumise à frottement. De plus, sur un composant mécanique de petite
taille tel qu'un composant de pièce d'horlogerie, il est difficile de former un film
lubrifiant seulement au niveau d'une région spécifique.
[0004] Afin que la partie prévue pour glisser retienne le lubrifiant pour que soit réduite
l'usure due à la friction causée par le glissement durant une rotation ou analogue,
il est usuel de traiter chimiquement la surface. L'état chimique de la surface est
obtenu par différents types de nettoyages, suivis éventuellement du revêtement de
la pièce par un film d'épaisseur nanométrique, comprenant un agent actif fluoré. Différents
agents actifs fluorés sont connus dans le secteur horloger sous la dénomination d'épilame.
Le revêtement des composants avec ce type de produit, hors zone de contact, permet
de retenir le lubrifiant dans la zone de contact grâce à la réduction de l'énergie
de surface de la pièce traitée.
[0005] Cependant, la capacité du composant mécanique à retenir durablement le lubrifiant
après un traitement de surface et/ou l'adjonction d'un film de nature chimique contrôlé
peut être améliorée, avec l'objectif de réduire l'usure subie par le composant mécanique
du fait d'une insuffisance d'huile lubrifiante.
[0006] Le document
CH713426 décrit un premier composant mécanique ayant une première zone en surface, un deuxième
composant ayant une deuxième zone en surface sur laquelle la première zone en surface
peut glisser. Un film de retenue d'huile est formé sur au moins une zone de réception
choisie parmi les première et deuxième zones en surface, ce film de retenue d'huile
étant plus oléophile que la zone de réception. Le film de retenue d'huile est un composé
chimique comprenant l'un des éléments Si, Ti, et Zr et un radical hydrocarbure.
Résumé de l'invention
[0007] La présente divulgation concerne un composant de micromécanique destiné aux mécanismes
d'horlogerie, au moins une partie du composant étant constituée dans un matériau minéral
cristallin à base de carbone ou d'alumine comprenant au moins une surface de contact
destinée à venir en contact en glissement et/ou en pivotement; la surface de contact
comprenant localement au moins une zone microstructurée présentant une texture tridimensionnelle;
la texture tridimensionnelle étant formée de microcavités, rendant la zone microstructurée
plus oléophobe que la surface de contact non microstructurée, et/ou formée de micro-piliers
rendant la zone microstructurée plus oléophile que la surface de contact non microstructurée;
la zone microstructurée est configurée pour confiner localement une substance lubrifiante
sur une portion lubrifiée de la surface de contact.
[0008] Le composant décrit ici améliore le confinement de la substance lubrifiante dans
une portion de la surface de contact. Selon la configuration de la zone microstructurée,
différents arrangements de zones oléophiles et oléophobes peuvent être pourvus à proximité
ou sur la surface de contact. La zone microstructurée permet donc de maîtriser la
localisation spatiale de la substance lubrifiante dans une portion de la surface de
contact selon les différentes applications de lubrification. Le composant décrit ici
peut également améliorer l'approvisionnement de la substance lubrifiante dans la portion
de la surface de contact.
Brève description des figures
[0009] Des exemples de mise en oeuvre de l'invention sont indiqués dans la description illustrée
par les figures annexées dans lesquelles :
la figure 1 représente schématiquement un composant de micromécanique comportant une
surface de contact ayant une zone microstructurée, selon un mode de réalisation;
la figure 2 illustre la zone microstructurée présentant une texture tridimensionnelle
formée de microcavités, selon un mode de réalisation;
la figure 3 montre une micrographie MEB de la texture comprenant des microcavités;
la figure 4 illustre la zone microstructurée présentant une texture tridimensionnelle
formée de micro-piliers, selon un mode de réalisation;
la figure 5 montre une micrographie MEB de la texture comprenant des micro-piliers;
la figure 6 montre micrographie MEB d'une microstructure d'ondulation, selon un mode
de réalisation;
la figure 7 montre une micrographie MEB d'une texture formée de micro-piliers sur
laquelle est superposée la microstructure d'ondulation;
la figure 8 représente schématiquement le composant comportant une surface de contact
ayant une zone microstructurée, selon un autre mode de réalisation;
la figure 9 représente schématiquement le composant comportant une surface de contact
ayant une première zone microstructurée et une seconde zone microstructurée, selon
un mode de réalisation; et
la figure 10 représente schématiquement le composant comportant une surface de contact
avec une zone microstructurée à proximité de la zone de contact, selon un mode de
réalisation.
Exemple(s) de mode de réalisation
[0010] La fig. 1 représente schématiquement un composant 10 de micromécanique destiné aux
mécanismes d'horlogerie, selon un mode de réalisation. Le composant 10 comprenant
au moins une surface de contact 100, au moins une portion de la surface de contact
100 étant destinée à venir en contact en glissement et/ou en pivotement, par exemple
avec un autre composant d'un mécanisme d'horlogerie.
[0011] Le composant 10 est fabriqué entièrement ou en partie constitué dans un matériau
minéral cristallin à base de carbone ou d'alumine (Al
2O
3). De manière préférée, le matériau minéral cristallin est le rubis, le saphir ou
le diamant, naturel ou synthétique. D'autres matériaux sont également envisageables,
comme des polymères, des métaux ou alliages métalliques, des céramiques, de la silice,
du verre, du silicium, etc...
[0012] Le composant 10, fabriqué entièrement ou en partie constitué dans un matériau minéral
cristallin, comporte une surface de contact 100 comprenant localement au moins une
zone microstructurée 110. La zone microstructurée 110 peut être rendue plus oléophobe
que la surface de contact 100 non microstructurée. Alternativement, la zone microstructurée
110 peut être rendue plus oléophile que la surface de contact 100 non microstructurée.
[0013] Selon une forme d'exécution illustrée à la fig. 2, la zone microstructurée 110 présente
une texture tridimensionnelle formée de microcavités 20. Les microcavités 20 ont typiquement
une forme essentiellement tronconique allant en rétrécissant vers le fond de la cavité
20. La dimension latérale L de la microcavité 20 au niveau de la surface est comprise
entre 5 µm et 150 µm et de préférence entre 10 µm et 60 µm. Le rapport de la hauteur
H sur la dimension latérale L de la microcavité 20 est compris entre 0.01 et 1. Les
microcavités 20 sont non-communicantes, c'est-à-dire que les cavités 20 ne communiques
pas fluidiquement entre elles.
[0014] La fig. 3 montre une micrographie (pour deux grossissements) d'une texture tridimensionnelle
comprenant des microcavités 20 formées dans une pastille monocristalline de rubis
horloger traditionnel (rubis Verneuil Al
2O
3Cr, clivé, tronçonné et poli). Les microcavités ont une dimension latérale L d'environ
25 µm.
[0015] Selon une autre forme d'exécution illustrée à la fig. 4, la zone microstructurée
110 présente une texture tridimensionnelle formée de micro-piliers 30. Les micro-piliers
30 ont typiquement une forme essentiellement tronconique allant en rétrécissant vers
le sommet du micro-pilier 30. La dimension latérale L du micro-pilier 30 au niveau
de sa base est comprise entre 5 µm et 150 µm et de préférence entre 10 µm et 60 µm.
Le rapport de la hauteur H sur la dimension latérale L du micro-pilier 30 est compris
entre 0.01 et 1.
[0016] La dimension latérale L des microcavités 20 et des micro-piliers 30 comprise entre
10 µm et 60 µm est plus favorable pour les applications horlogères, étant donné les
dimensions des composants horlogers venant en contact.
[0017] La fig. 5 montre une micrographie MEB (pour deux grossissements) d'une texture tridimensionnelle
comprenant des micro-piliers 20 formées dans la même pastille monocristalline de rubis
qu'à la fig. 3. Les micro-piliers 30 ont une dimension latérale L d'environ 25 µm.
[0018] Encore selon une autre forme d'exécution, la zone microstructurée 110 comprend une
microstructure d'ondulation 40. La fig. 6 montre une micrographie MEB de la microstructure
d'ondulation 40 formée dans la même pastille monocristalline de rubis qu'à la fig.
3. La microstructure d'ondulation 40 présente typiquement une double texture constituée
de sillons parallèles de largeur typique entre 7 et 12 µm et de profondeur inférieure
à 1 µm (typiquement 0.2 à 0.9 µm). Le long d'un sillon, la profondeur est modulée
d'une oscillation de période micrométrique (typiquement 1 µm) et d'amplitude inférieure
à 0.2 µm.
[0019] Encore selon une autre forme d'exécution, la zone microstructurée 110 comprend la
texture formée de micro-piliers 30 sur laquelle est superposée la microstructure d'ondulation
40. La fig. 7 montre une micrographie MEB d'une telle texture réalisée dans la même
pastille monocristalline de rubis qu'à la fig. 3.
[0020] La texture de microcavités 20 et de micro-piliers 30 peut être arrangée selon un
motif régulier, par exemple hexagonal ou carré, ou encore selon un motif irrégulier.
La densité des microcavités 20 ou des micro-piliers 30 dans la zone microstructurée
110 peut être comprise entre 0.1 et 0.9, et de préférence entre 0.4 et 0.8.
[0021] Dans ces formes d'exécution, les textures, comprenant la microstructure d'ondulation,
les microcavités 20, les micro-piliers 30 et les micro-piliers 30 avec la microstructure
d'ondulation superposée, ont été réalisées à l'aide d'un laser femtoseconde. D'autres
méthode de fabrication des textures sont cependant envisageable, telles que la microfabrication,
l'usinage mécanique, fil diamant ou autres.
[0022] La mouillabilité et le caractère plus ou moins oléophile ou oléophobe de la surface
de contact 100 vis-à-vis d'un liquide ont été évalués par une mesure de l'angle de
contact sur des prises de vue dynamiques lors de l'avancement (θ
CA) d'une goutte de liquide injectée de manière continue par une micro-canule au-dessus
de la surface de contact 100 en absence de la zone microstructurée 110 et au-dessus
de la surface de contact 100 comprenant la zone microstructurée 110, par exemple telle
que représentée à la fig. 8. En particulier, la mesure de l'angle de contact θ
CA a été réalisée avec l'huile horlogère Synth-A-lube 9010 fabriquée par la division
Moebius de The Swatch Group Research and Development Ltd. Le matériau minéral cristallin
est le rubis.
[0023] Les mesures d'angle de contact ont été effectuées sur la surface de contact 100 à
l'état naturel (sans préparation), ainsi qu'après traitement chimique constitué dans
ce mode de réalisation d'une combinaison d'un nettoyage solvant suivi d'un traitement
par plasma d'oxygène. Cette préparation permet de réduire la contamination au carbone
de la surface à un seuil inférieur à 10%at. A l'état naturel (contamination au carbone
supérieure à 10%at.) pour tous les échantillons testés, les angles de contact sont
inférieurs à 30°.
[0024] Les mesures d'angle de contact ont été effectuées sur la surface de contact 100 ayant
subi la préparation ci-dessus, suivie d'un traitement d'épilamage. Lors du traitement
d'épilamage, la surface de contact 100 est recouverte d'un film très mince de polymère
fluoré. En particulier, le traitement d'épilamage est réalisé avec le produit standard
horloger Fixodrop® de Moebius.
[0025] La table 1 rapporte les angles de contact θ
CA mesurés sur la surface de contact 100 non microstructurée et sur la surface de contact
100 comportant une zone microstructurée 110 présentant une texture formée de microcavités
20, formée de micro-piliers 30 et formée seulement de la microstructure d'ondulation.
Les angles de contact θ
CA ont également été mesurés sur la surface de contact 100 présentant une texture formée
de micro-piliers 30 sur laquelle est superposée la microstructure d'ondulation. Les
mesures ont été réalisées sur des textures ayant les dimensions suivantes: des microcavités
20 ayant une dimension latérale L de 25.6±0.6 µm et une profondeur de 13.8 ±0.2 µm,
des micro-piliers 30 ayant une dimension latérale L de 15±1 µm et une hauteur de 8
à 9 µm, et une microstructure d'ondulation d'une hauteur vallée - sommet de 6±0.5
µm et avec un espace entre les sommets de 0.2 à 0.9 µm. Les microcavités 20 sont arrangées
selon un motif hexagonal et les micro-piliers sont arrangés selon un motif carré.
La microstructure d'ondulation est arrangée en bandes de périodicité 10 µm.
Table 1
| Texture |
État de surface |
θCA |
| non microstructurée |
plasma |
29 |
| épilamage |
57 |
| microcavités |
plasma |
62 |
| épilamage |
125 |
| micro-piliers |
plasma |
21 |
| micro-piliers avec microstructure d'ondulation |
plasma |
19 |
| microstructure d'ondulation |
plasma |
30 |
[0026] La table 1 montre que la texture formée de microcavités 20 permet d'obtenir un angle
de contact θ
CA lors de l'avancement d'environ 62°, nettement plus élevé que celui mesuré sur la
surface de contact 100 non microstructurée (θ
CA ≈ 29°). L'angle de contact θ
CA mesuré lors de l'avancement pour la texture formée de microcavités 20 est similaire
à celui mesuré (θ
CA ≈ 57°) pour la surface de contact 100 non microstructurée comprenant un film d'épilame
(épilamage). La texture formée de microcavités 20 comprenant le film d'épilame permet
d'obtenir un angle de contact θ
CA d'environ 125°, soit le double de celui mesuré en absence du film d'épilame. Le caractère
oléophobe de la texture formée de microcavités 20 comprenant le film d'épilame est
particulièrement remarquable. En présence du film d'épilame, la goutte d'huile montre
des effets d'accrochage (pinning) et dès que la goutte d'huile sort de la surface
texturée, elle a tendance à rouler et à se fixer sur la surface non microstructurée
adjacente à la zone microstructurée 110.
[0027] La texture formée de micro-piliers 30 résulte dans un angle de contact θ
CA d'environ 21°, donc nettement plus faible que ceux obtenus pour la texture formée
de microcavités 20. La texture formée de micro-piliers 30 comprenant la microstructure
d'ondulation superposée résulte dans un angle de contact θ
CA d'environ 19°, également nettement plus faible que ceux obtenus pour la texture formée
de microcavités 20. La texture formée de micro-piliers 30 avec ou sans microstructure
d'ondulation superposée est plus oléophile que la surface de contact 100 non microstructurée.
[0028] Pour la zone microstructurée 110 ne comprenant que la microstructure d'ondulation,
un angle de contact θ
CA d'environ 30° est mesuré. La microstructure d'ondulation n'a que très peu d'influence
sur l'angle de contact et donc le caractère oléophile / oléophobe de la surface de
contact 100.
[0029] La zone microstructurée 110 permet donc d'influencer la mouillabilité d'une huile
horlogère. En particulier, la texture formée de micro-piliers 30 permet de rendre
la surface plus oléophile que la surface de contact 100 non microstructurée et la
texture formée de microcavités 20 permet de rendre la surface plus oléophobe que la
surface de contact 100 non microstructurée.
[0030] Selon une forme d'exécution, la zone microstructurée 110 comporte un film d'une substance
permettant de modifier l'énergie de surface. Le film peut comprendre un film d'épaisseur
nanométrique, comprenant un agent actif fluoré. Le film peut comprendre un film d'épilame.
L'ajout d'un tel film sur la zone microstructurée 110 comprenant la texture formée
de microcavités 20 permet d'augmenter encore par effet cumulatif le caractère oléophobe
de la zone microstructurée 110.
[0031] Selon une forme d'exécution, la surface de contact 100 comprenant la zone microstructurée
110, peut recevoir un traitement par plasma d'oxygène, possiblement après un nettoyage
solvant. Un tel traitement plasma d'oxygène augmente le caractère oléophobe de la
zone microstructurée 110 comprenant la texture formée de microcavités 20 et augmente
le caractère oléophile de la zone microstructurée 110 comprenant la texture formée
de micro-piliers 30.
[0032] Les observations ci-dessus s'appliquent pour des microcavités 20 ou des micro-piliers
30 ayant une dimension latérale L comprise entre 5 µm et 150 µm, ainsi que pour des
microcavités 20 ou des micro-piliers 30 dont le rapport de la hauteur H sur la dimension
latérale L de la microcavité 20 est compris entre 0.01 et 1.
[0033] Les observations ci-dessus s'appliquent également pour une densité des microcavités
20 ou des micro-piliers 30 dans la zone microstructurée 110, comprenant des microcavités
20 ou des micro-piliers 30, comprise entre 0.1 et 0.9.
[0034] En faisant référence de nouveau à la fig. 1, la surface de contact 100 comprend une
portion lubrifiée 120, c'est-à-dire une portion de la surface de contact 100 destinée
à recevoir une substance lubrifiante (par exemple une huile horlogère ou autres).
La portion lubrifiée 120 peut correspondre à ladite au moins une portion de la surface
de contact 100 destinée à venir en contact en glissement et/ou en pivotement. La zone
microstructurée 110 s'étend à la périphérie de la portion lubrifiée 120. Dans le cas
où la zone microstructurée 110 est plus oléophobe que la portion lubrifiée 120, la
zone microstructurée 110 confinera la substance lubrifiante dans la portion lubrifiée
120. A cette fin, la zone microstructurée 110 peut comprendre la texture formée de
microcavités 20. La portion lubrifiée 120 de la surface de contact 100 est non microstructurée
et donc plus oléophile que la zone microstructurée 110.
[0035] Selon une forme d'exécution alternative représentée à la fig. 8, la zone microstructurée
110 s'étend dans la portion lubrifiée 120 et le reste de la surface de contact 100
est non microstructurée. Dans ce cas, la zone microstructurée 110 est rendu plus oléophile
que le reste de la surface de contact 100 en comprenant la texture formée de micro-piliers
30, ou possiblement de micro-piliers 30 comprenant la microstructure d'ondulation
superposée.
[0036] Encore selon une autre forme d'exécution représentée à la fig. 9, la surface de contact
100 comprend une première zone microstructurée 111 s'étendant à la périphérie de la
portion lubrifiée 120 et une seconde zone microstructurée 112 s'étendant dans la portion
lubrifiée 120. Dans une telle configuration, la première zone microstructurée 111
est préférablement plus oléophobe que la seconde zone microstructurée 112 de manière
à confiner la substance lubrifiante dans la portion lubrifiée 120.
[0037] Par exemple, la première zone microstructurée 111 peut présenter une texture formée
de microcavités 20 et la seconde zone microstructurée 112 peut présenter une texture
formée de micro-piliers 30. Un avantage de cette configuration est que le caractère
oléophile de la seconde zone microstructurée 112 retient déjà la substance lubrifiante
dans la portion lubrifiée 120, ce confinement étant renforcé par la première zone
microstructurée 111 oléophobe à la périphérie de la portion lubrifiée 120.
[0038] La zone microstructurée 110, pouvant comprendre la première zone microstructurée
111, peut s'étendre sur toute le reste de la surface de contact 100, c'est-à-dire
toute la surface de contact 100 hors de la portion lubrifiée 120.
[0039] D'autres arrangements de la zone microstructurée 110, y compris de la première et
seconde zones microstructurées 111, 112 sont également possibles de sorte que la zone
microstructurée 110 s'étend sur une portion de la surface de contact 100 ou sur la
totalité de la surface de contact 100.
[0040] Les cavités 20 de la texture formée de microcavités 20 peuvent également servir de
réservoirs pour la substance lubrifiante. La substance lubrifiante peut alors se retrouver
piégée dans les microcavités 20. Dans ce cas, les microcavités 20 assurent l'approvisionnement
en lubrifiant de la surface de contact 100.
[0041] D'autres combinaisons spatiales de la zone microstructurée 110 sur la surface de
contact 100 sont également possibles de manière à obtenir des arrangements de zones
plus ou moins oléophobes et/ou oléophiles sur la surface de contact 100. Les différentes
combinaisons spatiales de la zone microstructurée 110 peuvent être combinées avec
un film d'une substance permettant de modifier l'énergie de surface et/ou un traitement
par plasma d'oxygène afin de modifier le caractère oléophobe et/ou oléophile de la
zone microstructurée 110. Il est ainsi possible d'optimiser le confinement de la substance
lubrifiante à proximité et/ou dans la portion lubrifiée 120afin de garantir une localisation
durable du lubrifiant dans cette zone.
[0042] La fig. 10 représente schématiquement le composant selon un autre mode de réalisation,
dans lequel la surface de contact 100 comporte deux zones microstructurées 110 en
bande bornant la portion lubrifiée 120 entre les deux zones microstructurées 110.
Un tel arrangement peut être avantageux dans le cas d'un contact linéaire (dans le
sens des bandes de la zone microstructurée 110).
[0043] La zone microstructurée 110 peut être comprise sur un composant horloger 10, notamment
un composant horloger en glissement et en pivotement, par exemple contre un autre
composant horloger fixe ou en mouvement.
[0044] Par exemple, la zone microstructurée 110 peut être comprise sur une pierre de pivotement
ou de palier, une palette d'échappement, une cheville de plateau, une dent, ou autres
pièces fonctionnelles ou décoratives.
Numéros de référence employés sur les figures
[0045]
- 10
- composant
- 100
- surface de contact
- 110
- zone microstructurée
- 111
- première zone microstructurée
- 112
- seconde zone microstructurée
- 120
- portion lubrifiée
- 20
- microcavités
- 30
- micro-piliers
- 40
- microstructure d'ondulation
- θCA
- angle de contact lors de l'avancement
- L
- dimension latérale
- H
- hauteur
1. Composant (10) de micromécanique destiné aux mécanismes d'horlogerie, au moins une
partie du composant étant constituée dans un matériau minéral cristallin à base de
carbone ou d'alumine comprenant au moins une surface de contact (100) destinée à venir
en contact en glissement et/ou en pivotement;
la surface de contact (100) comprenant localement au moins une zone microstructurée
(101) présentant une texture;
caractérisé en ce que
la texture est formée de microcavités (20), rendant la zone microstructurée (110)
plus oléophobe que la surface de contact (100) non microstructurée, et/ou formée de
micro-piliers (30) rendant la zone microstructurée (110) plus oléophile que la surface
de contact (100) non microstructurée;
et en ce que
la zone microstructurée (110) est configurée pour confiner localement une substance
lubrifiante sur une portion lubrifiée (120) de la surface de contact (100).
2. Composant selon la revendication 1,
dans lequel le matériau comprend le rubis, le saphir ou le diamant.
3. Composant selon la revendication 1 ou 2,
dans lequel la texture est formée de microcavités (20); et
dans lequel la zone microstructurée (110) s'étend à la périphérie de la portion lubrifiée
(120).
4. Composant selon la revendication 1 ou 2,
dans lequel la texture est formée de micro-piliers (30); et
dans lequel la zone microstructurée (110) s'étend dans la portion lubrifiée (120).
5. Composant selon la revendication 1 ou 2,
dans lequel la zone microstructurée (110) comprend une première zone microstructurée
(111) s'étendant à la périphérie de la portion lubrifiée (120) et une seconde zone
microstructurée (112) s'étendant dans la portion lubrifiée (120).
6. Composant selon la revendication 5,
dans lequel la première zone microstructurée (111) comprend la texture formée de microcavités
(20) et la seconde zone microstructurée (112) comprend la texture étant formée de
micro-piliers (30).
7. Composant selon l'une des revendications 1 à 6,
dans lequel une microstructure d'ondulation (40) est superposée à la texture formée
de micro-piliers (30).
8. Composant selon l'une des revendications 1 à 7,
dans lequel la zone microstructurée (110, 111) comprend un film d'une substance permettant
de modifier l'énergie de surface.
9. Composant selon la revendication 8,
dans lequel la zone microstructurée (110) comprend un film d'épilame.
10. Composant selon l'une des revendications 1 à 9,
dans lequel la dimension latérale (L) des microcavités (20) et des micro-piliers (30)
est entre 5 µm et 150 µm.
11. Composant selon l'une des revendications 1 à 9,
dans lequel la dimension latérale (L) des microcavités (20) et des micro-piliers (30)
est entre 10 µm et 60 µm.
12. Composant selon l'une des revendications 1 à 11,
dans lequel le rapport de la hauteur (H) sur la dimension latérale (L) des microcavités
(20) et des micro-piliers (30) est entre 0.01 et 1.
13. Composant selon l'une des revendications 7 à 12,
dans lequel la microstructure d'ondulation est constituée de sillons parallèles de
largeur entre 7 µm et 12 µm et de profondeur inférieure à 1 µm
14. Composant selon la revendication 13,
dans lequel la profondeur est entre 0.2 µm et 0.9 µm.
15. Composant selon l'une des revendications 1 à 14,
dans lequel la densité des microcavités (20) ou des micro-piliers (30) dans la zone
microstructurée (110) est entre 0.1 et 0.9.
16. Composant selon l'une des revendications 1 à 14,
dans lequel la densité des microcavités (20) ou des micro-piliers (30) dans la zone
microstructurée (110) est entre 0.4 et 0.8.
17. Composant selon l'une des revendications 1 à 16,
comprenant au moins l'un de: une pierre de pivotement ou de palier, une palette d'échappement,
ou une cheville de plateau, ou une dent.