[0001] La présente invention concerne un procédé pour dépolir par endroits une surface en
silicium. Elle concerne plus particulièrement un procédé pour dépolir par endroits
une surface en silicium d'un wafer dans lequel on va ensuite micro-usiner un composant
horloger ou, alternativement, pour dépolir par endroits une surface en silicium du
composant horloger lui-même ou de l'ébauche de celui-ci.
[0002] Dans le présent document, le verbe « dépolir » a le sens d'attaquer une surface de
façon à lui ôter son « poli ». Une surface est ainsi qualifiée de « dépolie » lorsqu'elle
présente une rugosité suffisante pour diffuser ou absorber la lumière incidente. Finalement,
dans le contexte du présent document, une surface est dite rugueuse lorsqu'elle présente
un relief irrégulier comprenant des creux et des pics, ces creux, ou cratères, présentant
une profondeur allant d'une centaine de nanomètres à un micromètre.
ART ANTERIEUR
[0003] Reflet à la fois de la mode et de la technique, le monde de l'horlogerie accorde
une place toute particulière à l'esthétique. C'est probablement la raison pour laquelle
l'emploi de composants décorés y est monnaie courante. On pense en particulier (mais
pas exclusivement) aux cadrans de montre, qui sont souvent ornés de gravures. Ces
décorations traditionnelles existent dans de nombreuses variétés, ciselage, guillochage,
perlage, soleillage, ou encore côtes de Genève, etc.
[0004] Aujourd'hui, de plus en plus de composants horlogers sont réalisés en silicium. Or
ce matériau possède un grand inconvénient : il est fragile. Si on le soumet à des
contraintes qui dépassent une certaine intensité, il se casse sans déformation plastique
préalable. En effet, le silicium n'est absolument pas ductile, et on comprendra donc
qu'il ne peut pas être gravé en utilisant les techniques traditionnelles des horlogers.
[0005] Le silicium cristallin est opaque et réfléchit la lumière. Son aspect est celui d'un
métal gris foncé. Cette teinte peut donner une apparence un peu austère aux pièces
réalisées en silicium. Dans le but de remédier à cet inconvénient et de donner une
apparence un peu plus gaie à ces composants, on a proposé de revêtir leur surface
d'une mince couche de dioxyde transparent. En effet, cette couche de dioxyde de silicium
est le théâtre de phénomènes d'interférences lumineuses accompagnés de l'apparition
de couleurs irisées. Ces dernières ont notamment la particularité d'être dépendantes
de l'angle d'observation. Les composants qui présentent de telles surfaces aux reflets
arc-en-ciel sont très appréciés. Il n'en reste pas moins qu'un besoin demeure pour
l'homme du métier de disposer d'un procédé lui permettant de travailler l'aspect des
surfaces des composants horloger en silicium, d'une manière qui permette de conférer
à chaque modèle de pièces d'horlogerie une personnalité proprement unique.
BREF EXPOSE DE L'INVENTION
[0006] Un but de la présente invention est de remédier aux problèmes de l'art antérieur
qui viennent d'être expliqués. La présente invention atteint ce but ainsi que d'autres
en fournissant un procédé pour dépolir par endroits une surface en silicium, qui est
conforme à la revendication 1 annexée.
[0007] Conformément à l'étape (a) du procédé de l'invention, on délimite d'abord les endroits
de la surface en silicium qui seront dépolis en réalisant un masque de gravure comportant
des ouvertures.
[0008] Conformément à l'étape (b) du procédé de l'invention, on dépose une couche sacrificielle
de résine sur le masque de gravure et à l'intérieur de ses ouvertures. Conformément
à l'invention, la réalisation de la couche sacrificielle ne fait intervenir, ni exposition,
ni recuit de la résine de la couche sacrificielle. Un avantage de cette particularité
est qu'elle contribue à raccourcir et à simplifier la mise en oeuvre de l'étape (b)
du procédé.
[0009] Conformément à l'étape (c) du procédé de l'invention, on attaque ensuite la couche
de résine sacrificielle par gravure ionique réactive profonde (habituellement désignée
par son acronyme anglais « DRIE »), de manière à transférer des inhomogénéités de
la couche sacrificielle sur les endroits à dépolir de la surface en silicium. La gravure
ionique réactive profonde est la technique de gravure la plus utilisée pour le micro-usinage
de composants à base de silicium. Cette technique est déjà décrite notamment dans
le document de brevet
WO 94/14187 au nom de Robert Bosch GmbH. Ce document est incorporé par référence dans la présente
description. La gravure ionique réactive profonde permet de graver des profils à flancs
quasiment verticaux dans un substrat à base de silicium en appliquant une procédure
qui fait alterner les étapes de dépôt d'une couche de passivation inerte et de gravure
par plasma. Les étapes de dépôt de la couche de passivation et celles de gravure font
toutes appelle à des composés fluorés, de sorte qu'elles se déroulent dans un même
contexte chimique. Chaque étape dure quelques secondes, la couche de passivation est
formée sur toute la surface du substrat, de sorte que ce dernier est protégé contre
toute gravure subséquente. Toutefois, durant l'étape de gravure qui suit, le bombardent
par des ions qui sont accélérés verticalement désintègre la partie de la couche de
passivation qui se trouve au fond des profils (mais pas celle qui recouvre les flancs
de ceux-ci). Le fond des profils est ainsi très vite exposé à la gravure réactive.
On comprendra de ce qui précède que la gravure ionique réactive profonde, qui intervient
à l'étape (c) du procédé de l'invention, se distingue des autres procédés de gravure
courants par son caractère hautement anisotrope, quasiment unidirectionnel. Un avantage
du recours à la technique de gravure ionique réactive profonde est donc qu'elle permet
de transférer au substrat les inhomogénéités de la couche sacrificielle avec une résolution
élevée et sans atténuation. Il est important de noter qu'on ne retrouve pas cet avantage
avec les autres techniques courantes qui ont un degré d'anisotropie moindre. En effet,
avec ces techniques moins anisotropes, la divergence considérable qui existe entre
les directions de gravure permet uniquement le transfert d'une rugosité fortement
atténuée sur la surface en silicium.
[0010] Comme on va le voir plus en détail ci-après, les différents modes de mise en oeuvre
de l'invention permettent de dépolir par endroit, de façons identiques ou différentes,
la surface d'un wafer en silicium dans lequel on va ensuite micro-usiner un composant
horloger ou, alternativement, de dépolir par endroit une surface, ou plusieurs surfaces,
du dit composant horloger lui-même ou de l'ébauche de celui-ci. On notera que le wafer,
le composant horloger, ou son ébauche, peut avoir été préalablement recouvert ou non
d'une couche de SiO
2. L'invention permet d'associer sur une même plaque, ébauche ou composant, deux effets
différents, tel que mat et brillant ou poli et dépoli, ce qui offre de nouvelles possibilités
dans l'habillage.
[0011] De manière avantageuse, les surfaces dépolies par endroits correspondent à des surfaces
visibles de l'extérieur de la pièce d'horlogerie. Les surfaces dépolies sont en outre
de préférence situées dans des zones non fonctionnelles des composants horlogers,
afin de ne pas interférer avec les mécanismes horlogers et maintenir des propriétés
mécaniques optimales.
BRÈVE DESCRIPTION DES FIGURES
[0012] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention apparaîtront à la
lecture de la description qui va suivre, donnée uniquement à titre d'exemple non limitatif,
et faite en référence aux dessins annexés dans lesquels :
- les figures 1 à 5 sont des vues schématiques en coupe verticale qui constituent cinq
instantanés successifs au cours de la mise en oeuvre d'un procédé pour dépolir par
endroit une surface en silicium, qui est conforme à un premier mode de mise oeuvre
particulier de de l'invention ;
- les figures 6 à 11 sont des vues schématiques en coupe verticale qui constituent six
instantanés successifs au cours de la mise en oeuvre d'un procédé pour dépolir par
endroit une surface en silicium, qui est conforme à un deuxième mode de mise oeuvre
particulier de de l'invention ;
- la figure 12 est une vue photographique montrant la face supérieure d'un wafer en
silicium dont la surface a été dépolie par endroits en appliquant l'un ou l'autre
des deux modes de mise en oeuvre particuliers de l'invention qui font respectivement
l'objet des figures 1 à 5 et 6 à 11 ;
- les figures 13 et 14 sont deux vues schématiques en coupe verticale qui constituent
deux instantanés au cours de la réalisation de composants horloger par micro-usinage
d'un wafer en silicium dont la surface a préalablement été dépolie par endroits à
l'aide de l'un ou l'autre des deux modes de mise en oeuvre particuliers de l'invention
qui font respectivement l'objet des figures 1 à 5 et 6 à 11 ;
- les figures 15 et 16 sont deux vues au microscope d'un spiral à base de silicium dont
la surface a été dépolie par endroits en appliquant un troisième mode de mise en oeuvre
particulier de l'invention, ce dernier faisant l'objet des figures 20 à 23 ;
- les figures 17 à 19 sont des vues schématiques en coupe verticale qui constituent
trois instantanés successifs montrant la réalisation de l'ébauche d'un composant horloger
en silicium par micro-usinage d'un wafer SOI ;
- les figures 20 à 23 sont des vues schématiques en coupe verticale qui constituent
quatre instantanés successifs au cours de la mise en oeuvre d'un procédé pour dépolir
par endroit une surface en silicium, qui est conforme à un troisième mode de mise
oeuvre particulier de de l'invention.
DESCRIPTION DETAILLEE DE MODES DE MISE EN ŒUVRE
[0013] On va maintenant décrire un premier mode exemplaire de mise en oeuvre du procédé
de l'invention en faisant référence aux figures 1 à 5 annexées qui sont cinq vues
schématiques en coupe verticale qui illustrent des instants successifs de la mise
en oeuvre. La Figure 1 illustre un objet (référencé 2) qui comporte au moins une surface
en silicium 4 que l'on désire dépolir par endroits à l'aide du procédé de l'invention.
Conformément à l'exemple illustré, le terme « objet » désigne un wafer de silicium.
On comprendra toutefois que conformément à d'autres variantes (non illustrées), ce
terme pourrait alternativement désigner un composant horloger à base de silicium ou
l'ébauche d'un tel composant.
[0014] La figure 2 illustre l'objet 2 suite à la réalisation par photolithographie d'un
masque de gravure ajouré 6 sur la surface en silicium 4. Ce masque 6 peut être réalisé
de toute manière connue de l'homme du métier. Notamment en déposant d'abord une couche
de résine photosensible sur la surface 4, et en structurant ensuite cette couche par
photolithographie avant de lui faire subir un recuit. Dans le présent exemple, la
couche de résine photosensible est une couche de AZ® 9260 dont l'épaisseur est d'environ
7 microns. On comprendra toutefois que la résine peut naturellement être d'un autre
type. De plus, son épaisseur n'est bien évidemment pas nécessairement de 7 microns.
L'épaisseur de la couche de résine est typiquement, mais pas nécessairement, comprise
entre 5 et 15 microns.
[0015] La figure 3 illustre l'objet 2 suite au dépôt d'une couche sacrificielle 8 de résine
sur le masque de gravure 6 et sur les parties de la surface 4 qui sont exposées à
travers les ouvertures du masque 6. La couche sacrificielle de résine présente généralement
une épaisseur inférieure ou égale à 5 microns, typiquement inférieure ou égale à 3
microns. Dans le présent exemple, la couche sacrificielle 8 est réalisée avec de la
résine photosensible positive du type AZ® 1518. Cette résine particulière est adaptée
pour réaliser des couches minces. À titre d'exemple, la résine peut être appliquée
à la tournette à 5000 tours/minute. Cette vitesse conduit au dépôt d'une couche mince
dont l'épaisseur est d'environ 1,8 micron. Conformément à l'invention, une fois que
la résine qui forme la couche sacrificielle 8 a été déposée, on passe à l'étape subséquente
de gravure sans avoir insolé ou recuit la couche de résine 8 au préalable.
[0016] La figure 4 illustre l'objet 2 après l'étape de gravure susmentionnée. Cette étape
de gravure consiste à attaquer la couche de résine sacrificielle 8 par gravure ionique
réactive profonde (DRIE). Le tableau I ci-dessous indique les principaux paramètres
utilisés dans le présent exemple pour mettre en oeuvre la gravure DRIE.
Tableau I
| |
Step |
Pression |
Puissance |
LF Platen |
Pulsing |
He BP |
Gaz |
Temp |
toop |
| |
|
PPS/PSS |
|
|
|
Primaire |
Secondaire |
|
Time |
| s |
mT |
W |
W |
Hz/% |
mT |
sccm |
sccm |
°C |
nb / min |
| GR |
DEP |
1 |
30 |
2800/300 |
70 |
150/20 |
0 |
C4F8-O2/200-50 |
|
30 |
300 |
| E1 |
1 |
40 |
2800/600 |
0 |
150/20 |
0 |
SF6/300 |
|
22.50 |
| E2 |
2.5 |
40 |
2800/600 |
0 |
150/20 |
0 |
SF6-C4F8/300 |
|
[0017] Conformément à ce qu'indique le tableau I, la version du procédé DRIE utilisée dans
le présent exemple est basée sur un cycle constitué par une étape (désignée par le
sigle DEP) de formation d'une couche de passivation, suivie de deux étapes distinctes
(respectivement désignées par E1 et E2) de gravure plasma. Pour former la couche de
passivation, on injecte un mélange gazeux formé de 4/5 de C
4F
8 et de 1/5 de O
2. Pour la première étape de gravure E1, on utilise un premier plasma produit à partir
de SF
6. La fonction de ce premier plasma est de désintégrer la partie de la couche de passivation
qui se trouve au fond des profils. Quant à la deuxième étape de gravure E2, elle utilise
un plasma formé à partir d'un mélange de SF
6 et de C
4F
8. La fonction de ce deuxième plasma est de creuser les profils par gravure réactive
du fond de ces derniers.
[0018] L'étape de gravure dont le résultat est illustré dans la figure 4 a pour but de créer
des inhomogénéités dans la couche sacrificielle 8 et de transférer ces dernières sur
les endroits de la surface en silicium 4 que l'on désire rendre rugueux. Dans le but
de maximiser la rugosité de la surface 4 aux endroits à dépolir, on utilise de préférence
les paramètres qui figurent dans le tableau I pour la mise en oeuvre la gravure DRIE.
Ces paramètres sont différents de ceux qu'on utilise d'habitude pour des applications
plus traditionnelles de la gravure ionique réactive profonde. On comprendra toutefois
que l'homme du métier peut choisir librement les valeurs des paramètres de gravure,
parmi les valeurs qui lui semblent adéquates, sans sortir du cadre de l'invention.
Les principales différences entre les valeurs des paramètres qui figurent dans le
tableau I et les valeurs qu'on utiliserait normalement pour une gravure DRIE traditionnelle
sont énumérées ci-dessous :
- la température du procédé (c.-à-d. la température de l'objet 2) est de 30°C. Autrement
dit, elle est supérieure à la température ambiante, alors que la température est normalement
comprise entre -10°C et 20°C. Dans ces conditions, la couche sacrificielle 8 cuit
de manière inhomogène, jusqu'à ce qu'elle soit consommée totalement ;
- on effectue la gravure sans faire passer de flux d'Hélium au dos de l'objet 2. Autrement
dit, on supprime la circulation de gaz sous la plaque support de l'appareil. En effet,
ce gaz est susceptible de contribuer au refroidissement de l'objet 2. Dans les applications
courantes en revanche, on a l'habitude d'injecter un flux d'hélium à cet endroit sous
une pression comprise entre 5mT et 15mT ;
- la valeur indiquée dans la colonne intitulée « LF Platen » correspond à la puissance
qui est utilisée pour accélérer les ions dans la direction perpendiculaire à la surface
4. La puissance d'accélération contribue à l'inhomogénéité. Dans le présent exemple,
on donne une valeur inhabituellement élevée à cette puissance pendant la phase de
passivation (DEP), de l'ordre de 30 à 50 Watts, typiquement 40 Watts. Alors que, dans
les applications courantes la puissance est normalement comprise entre 0 et 20 Watts
durant la phase DEP et comprise entre 30 et 150 Watts durant les phases E1 et E2.
Les trois différences ci-dessus favorisent une gravure très inhomogène de la résine
et permettent ainsi de rendre la surface en silicium particulièrement rugueuse. L'homme
du métier comprendra qu'il peut obtenir un degré de rugosité adapté à ses besoins
particuliers en faisant varier les paramètres ci-dessus.
[0019] Conformément à l'invention, l'étape de gravure DRIE se poursuit assez longtemps pour
transférer des inhomogénéités de la couche sacrificielle 8 sur les endroits à dépolir
(ou autrement dit rugueux) de la surface en silicium 4. On comprendra donc que la
gravure se poursuit au minimum jusqu'à ce que des orifices débouchants aient été créés
à travers la couche sacrificielle 8. On peut par exemple repérer ce premier moment
charnière par détection de la présence d'atomes de silicium, ou de composés comportant
du silicium, dans le réacteur dans lequel la gravure DRIE est mise en oeuvre. À l'autre
extrême, la gravure ne devrait pas être poursuivie après que la couche sacrificielle
8 a été totalement consommée. On comprendra que ce second moment charnière est concomitant
avec la disparition des espèces chimiques caractéristiques de la couche sacrificielle,
qui étaient présentes jusque-là dans le réacteur. Après étalonnage du procédé, l'homme
du métier pourra déterminer, par exemple par chronométrage, le moment où il souhaite
arrêter la gravure. Le moment que l'homme du métier choisira pour l'arrêt de la gravure
sera situé dans l'intervalle entre les premier et second moments charnières susmentionnés.
[0020] Enfin, la figure 5 illustre l'objet 2 suite à une dernière étape consistant à éliminer
le masque de gravure 6, les résidus de résine de la couche sacrificielle 8, ainsi
que d'autres résidus laissés par les étapes de passivation. Dans le présent exemple,
le retrait de la résine et des résidus C
4F
8, est réalisé à l'aide d'un plasma O
2.
[0021] On va maintenant décrire un deuxième mode exemplaire de mise en oeuvre du procédé
de l'invention en faisant référence aux figures 6 à 11 annexées qui sont des vues
schématiques en coupe verticale montrant six instants successifs de cette mise en
oeuvre particulière. Conformément à ce deuxième mode de mise oeuvre, la surface en
silicium que l'on désire dépolir par application du procédé est la surface d'un wafer
(référencé 12). On comprendra toutefois que conformément à d'autres variantes (non
illustrées) de ce deuxième mode de mise en oeuvre, la surface en question pourrait
être celle d'un composant horloger à base de silicium ou celle de l'ébauche d'un tel
composant.
[0022] En se référant plus particulièrement aux figures 6 à 10, on peut voir que, conformément
à une pratique répandue, le corps en silicium du wafer 12 est revêtu sur tous les
côtés par une couche de dioxyde de silicium (SiO
2) 15 dont l'épaisseur est d'environ 0.8 micron. De manière connue en soi, la couche
15 peut par exemple avoir été formée sur le wafer 12 par oxydation thermique du silicium
à une température comprise entre 900°C et 1200°C.
[0023] La figure 6 illustre le wafer 12 après une première étape consistant en la réalisation
par photolithographie d'un masque de gravure ajouré 16 sur la face supérieure du wafer
12. Dans le présent exemple, le masque de gravure est un masque en résine, et il peut
être réalisé de façon classique, par exemple avec de la résine photosensible du type
AZ® 1518. La résine peut être appliquée à la tournette à 4000 tours/minute de manière
à déposer une couche dont l'épaisseur est d'environ 2,6 microns. On structure ensuite
la couche de résine déposée par photolithographie avant de lui faire subir un recuit.
[0024] L'étape dont le résultat est illustré dans la figure 7 consiste à graver la couche
de SiO
2 à travers les ouvertures du masque de résine 16, de manière à la structurer et à
en faire un masque de gravure. Conformément au présent exemple, on utilise la gravure
ionique réactive (RIE) pour éliminer entièrement le dioxyde là où il est exposé, de
manière à faire apparaître le silicium à tous les endroits où il doit être dépoli.
[0025] La figure 8 illustre le wafer 12 après le retrait du masque de résine 16. Ce retrait
peut être effectué de multiples manières connues de l'homme du métier, et on comprendra
en outre qu'il pourrait tout aussi bien survenir plus tard dans le procédé. La couche
d'oxyde 15 qui avait été structurée lors de l'étape précédente se trouve maintenant
en position de servir de masque de gravure capable de résister au processus DRIE qui
va être mis en oeuvre lors d'une étape ultérieure. La figure 8 montre encore une nouvelle
couche sacrificielle (référencée 18) qui recouvre le masque de gravure 15 en SiO
2, ainsi que le silicium exposé à travers les ouvertures du masque 15. Comme déjà expliqué
en relation avec la figure 3, la couche sacrificielle 18 peut être réalisée avec de
la résine type AZ® 1518. Comme dans le cas de l'exemple précédent, la résine peut
être appliquée à la tournette à 5000 tours/minute, de manière à former une couche
mince dont l'épaisseur est d'environ 1,8 micron.
[0026] L'étape de gravure dont le résultat est illustré dans la figure 9 a pour but de créer
des inhomogénéités dans la couche sacrificielle 18 et de transférer ces dernières
sur les endroits de la surface en silicium que l'on désire rendre rugueux. Cette étape
peut être mise en oeuvre de façon identique à ce qui a déjà été expliqué ci-dessus
en relation avec la figure 4 du premier exemple. Conformément à l'invention, l'étape
de gravure DRIE se poursuit assez longtemps pour transférer des inhomogénéités de
la couche sacrificielle 18 sur les endroits à dépolir de la surface en silicium, de
façon à ce que lesdits endroits soient rendus rugueux selon le degré de dépolissage
souhaité.
[0027] La figure 10 illustre le wafer 12 après que les résidus de résine de la couche sacrificielle
18 et les résidus de C
4F
8 laissés par les étapes de passivation aient été éliminés. Comme dans le premier exemple,
l'élimination des résidus peut être réalisée à l'aide d'un plasma 02. Enfin, l'étape
du procédé dont le résultat est illustré dans la figure 11 consiste en l'élimination
de tout le SiO
2 qui recouvre le wafer 12. De façon connue ne soi, cette étape peut être mise en oeuvre
sous forme d'une gravure humide au BHF.
[0028] La figure 12 est une vue photographique montrant la face supérieure d'un wafer en
silicium dont la surface a été dépolie par endroits en appliquant l'un ou l'autre
des deux modes de mise en oeuvre exemplaire de l'invention qui ont été décrits jusqu'ici.
Les endroits de la surface en silicium qui ont été dépolis par le procédé sont parfaitement
visibles dans la photographie. Un examen de la figure 12 permet de se faire une idée
des innombrables possibilités graphiques qu'offre le procédé de l'invention pour conférer
à des composants de horlogers (p.ex., spiraux, aiguilles, ancres, roues, cadrans,
etc.) une personnalité visuellement unique.
[0029] Les figures 13 et 14 sont deux vues schématiques en coupe verticale qui illustrent
deux instants au cours de la réalisation de composants horloger par micro-usinage
à partir d'un wafer en silicium dont la surface a préalablement été dépolie par endroits
à l'aide du procédé de l'invention. A titre d'exemple, la figue 13 illustre le wafer
12 dont la surface en silicium a précédemment été dépolie par endroits conformément
au deuxième mode de mise en oeuvre qui a été décrit ci-dessus. La figure 13 illustre
le wafer 12 suite à la formation d'un nouveau masque de gravure ajouré 20 sur sa face
supérieure. Ce nouveau masque 20 peut être réalisé de manière classique, par exemple
en déposant d'abord une couche d'environ 7 microns d'épaisseur de résine photosensible
du AZ® 9260. Une fois cette couche de résine photosensible structurée et recuite,
le masque de gravure 20 doit être capable de résister au processus DRIE qui sera mis
en oeuvre lors d'une étape ultérieure. La figure 14 montre le wafer 12 après la mise
en oeuvre de la gravure DRIE pour découper le wafer 12 en plusieurs morceaux. Il vaut
la peine de préciser que le découpage d'un wafer par gravure DRIE est déjà connu en
tant que tel. On utilise d'ailleurs de préférence des réglages traditionnels pour
la mise en oeuvre de cette gravure. On comprendra que certains au moins des morceaux
représentés de façon schématique dans la figure 14, sont en fait des composants horlogers
ou du moins des ébauches de tels composants.
[0030] Comme on l'a vu, les figures 13 et 14 décrivent la gravure d'une face d'un wafer
par DRIE après que la surface de ce dernier ait été dépolie par endroit à l'aide du
procédé de l'invention. On va maintenant décrire un mode de mise en oeuvre de l'invention
dans lequel, à l'inverse, on découpe d'abord au moins une ébauche de composant horloger
(en l'occurrence l'ébauche d'un spiral) dans un wafer avant de dépolir par endroits
la surface du composant. Ce troisième mode exemplaire de mise en oeuvre du procédé
de l'invention sera décrit en faisant référence aux figures 20 à 23 annexées, qui
sont des vues schématiques en coupe verticale qui illustrent l'ébauche d'un composant
horloger en silicium à quatre instants successifs de la mise en oeuvre d'un procédé.
[0031] Les figures 17 à 19 sont des vues schématiques en coupe verticale qui constituent
trois instantanés successifs montrant la réalisation de l'ébauche d'un composant horloger
en silicium à partir d'un wafer SOI. La figure 17 illustre le wafer SOI (silicium
sur isolant) référencé 22. De façon conventionnelle, ce wafer est constitué de deux
couches de silicium et d'une couche de dioxyde de silicium prise en sandwich entre
les couches de silicium. La figure 17 illustre le wafer 22 suite à la réalisation
d'un masque de gravure ajouré 26 par photolithographie sur la face supérieure du wafer
22. Le masque 26 peut être réalisé de manière classique. Par exemple, en procédant
de la manière décrite plus haut en relation avec la figure 13.
[0032] La figure 18 illustre le wafer SOI 22 après que la couche de silicium supérieure
ait été gravée sur toute son épaisseur (environ 120 microns) par gravure DRIE conventionnelle.
[0033] La figure 19 illustre le wafer SOI 22 après le retrait du masque de gravure 26. De
façon connue, la dissolution du masque 26 peut être obtenue par exemple en immergeant
le wafer SOI 22 durant quelques heures dans une solution de KOH. La figure 19 montre
encore qu'une couche de dioxyde de silicium 24 recouvre entièrement les surfaces du
wafer SOI 22 et de l'ébauche de composant horloger qui est formée dans sa couche de
silicium supérieure. L'épaisseur de la couche de SiO
2 est d'environ 0.8 micron. On comprendra que la couche de dioxyde 24 a été formée
après le retrait du masque de gravure 26. Comme déjà indiqué en relation avec les
figures 6 à10, la couche de dioxyde peut avoir été formée sur le wafer 22, par exemple,
par oxydation thermique à une température comprise entre 900°C et 1200°C.
[0034] Les figures 20 à 23 sont des vues schématiques en coupe verticale illustrant quatre
instants successifs du troisième mode exemplaire de mise oeuvre particulier de de
l'invention. Comme déjà mentionné, ce troisième mode de réalisation permet de dépolir
par endroits la surface d'un composant horloger ou de l'ébauche d'un tel composant
; le composant ou l'ébauche ayant d'abord été découpé dans un wafer. Conformément
au présent exemple, le procédé est mis en oeuvre pour dépolir au moins par endroits
l'ébauche de composant horloger dont la réalisation par micro-usinage du wafer SOI
(référencé 22) vient d'être décrite en relation avec les figures 17 à 19. La figure
20 illustre le wafer SOI 22, ainsi que l'ébauche de composant horloger qui est formée
dans la couche de supérieure de ce dernier, après qu'on ait enlevé la partie de la
couche 24 de dioxyde de silicium qui recouvrait la face supérieure de l'ébauche. Dans
le présent exemple, on a utilisé la gravure ionique réactive directionnelle (RIE directionnelle)
de façon à enlever le dioxyde de silicium uniquement sur la face supérieure.
[0035] La figure suivante (la figure 21) illustre le wafer SOI 22 après le dépôt d'une couche
de résine photosensible 28 recouvrant complètement l'ébauche. A l'instar de ce qui
a déjà été expliqué en relation avec la figure 6, la résine peut être par exemple
du type AZ® 1518. Elle peut être appliquée à la tournette à la vitesse de 4000 tours/minute
de manière que l'épaisseur de la couche 28 soit d'environ 2,6 microns.
[0036] La figure 22 illustre le wafer SOI 22 après la réalisation d'un masque ajouré par
structuration de la couche de résine 28. Conformément au présent exemple, la structuration
de la couche 28 est réalisée par photolithographie en mettant en oeuvre la gravure
RIE. On comprendra que les ouvertures du masque sont agencées de manière à exposer
uniquement les surfaces à dépolir. La figure 22 montre encore une couche sacrificielle
30 qui a été déposée ensuite sur la couche de résine 28 et dans les ouvertures de
cette dernière. Conformément à ce qui a déjà été expliqué en relation avec la figure
3, la couche sacrificielle 30 peut par exemple être réalisée en appliquant de la résine
photosensible du type AZ® 1518 à la tournette à 5000 tours/minute.
[0037] La figure 23 illustre le wafer SOI 22, ainsi que l'ébauche de composant horloger
qui est formée dans la couche de supérieure de ce dernier, après le transfert par
gravure DRIE d'inhomogénéités de la couche sacrificielle 30 sur les endroits à dépolir
de l'ébauche. La figure 23 montre encore que les résidus de résine du masque ajouré
28 et de la couche sacrificielle 30, ainsi que les résidus de C4F8 laissés par les
étapes de passivation ont été éliminés. La figure 23 montre enfin que le SiO
2 qui recouvrait les faces latérales de l'ébauche a également été éliminé.
[0038] L'ébauche de composant horloger peut enfin être détachée du restant du wafer SOI
22. A cet effet, on immerge le wafer SOI et l'ébauche dans un bain qui contient un
agent chimique qui attaque le dioxyde de silicium tout en épargnant le silicium. On
utilise de préférence de l'acide fluorhydrique tamponné (BHF).
[0039] On comprendra en outre que diverses modifications et/ou améliorations évidentes pour
un homme du métier peuvent être apportées aux modes de réalisation qui font l'objet
de la présente description sans sortir du cadre de la présente invention définie par
les revendications annexées.
1. Procédé pour dépolir par endroit une surface en silicium (4), le procédé comportant
les étapes suivantes:
a) réaliser un masque de gravure ajouré (6 ; 15 ; 28) sur la surface en silicium,
de manière à ce que les endroits à dépolir de la surface soient exposés;
b) déposer une couche sacrificielle (8 ; 18 ; 30) de résine sur les endroits exposés
de la surface et sur le masque de gravure, la couche sacrificielle étant réalisée
sans exposition de la résine, ni recuit;
c) attaquer la couche de résine sacrificielle par gravure ionique réactive profonde
(DRIE), continuer l'étape c) assez longtemps pour transférer des inhomogénéités de
la couche sacrificielle sur l'étendue à dépolir de la surface en silicium, de façon
à ce que ladite étendue soit rendue rugueuse.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'étape (c) est mise en oeuvre en laissant la température (Temp) de la surface en
silicium s'élever au-dessus de la température ambiante.
3. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'étape (c) est mise en oeuvre en laissant la température (Temp) de la surface en
silicium s'élever au-dessus de 30°C.
4. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1, 2 et 3, caractérisé en ce que l'étape (c) est mise en oeuvre en laissant la température (Temp) de la surface du
silicium s'élever au point que la couche sacrificielle (8 ; 18 ; 30) cuit de manière
inhomogène, jusqu'à ce qu'elle soit consommée totalement.
5. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'étape (c) est mise en oeuvre en fournissant une puissance (LF Platen) supérieure
à 40 Watts pour accélérer les ions dans la direction perpendiculaire à la surface
en silicium durant les étapes de passivations (DEP).
6. Procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes,
caractérisé en ce que l'étape (c) comporte les sous-étapes suivantes :
i. attaquer par gravure ionique réactive la couche sacrificielle (8 ; 18 ; 30) et/ou
la surface en silicium à travers les ajours du masque (6 ; 15 ; 28), de manière à
creuser dans la couche sacrificielle et/ou la surface en silicium ;
ii. déposer un couche de passivation chimiquement inerte sur les surfaces exposées
par la gravure durant l'étape précédente ;
iii. attaquer par gravure ionique réactive la couche de passivation à travers les
ajours du masque, de manière à exposer la couche sacrificielle et/ou la surface en
silicium au fond des creux approfondis durant la sous-étape (i) précédente ;
iv. répéter l'exécution d'une séquence de sous-étapes comprenant les étapes (i), (ii)
et (iii) jusqu'à la fin de l'étape (c).
7. Composant horloger comportant une surface en silicium, ladite surface ayant été dépolie
par endroit à l'aide du procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 6.