Domaine technique
[0001] L'invention est relative aux mouvements horlogers comprenant un échappement muni
d'une ancre coopérant, d'une part, avec une roue d'échappement et, d'autre part, avec
un résonateur mécanique, l'ancre ayant un axe de rotation différent de celui du résonateur
mécanique.
[0002] En particulier, l'invention concerne un mouvement horloger muni d'un échappement
comprenant un système de couplage magnétique entre une roue d'échappement et une ancre.
Comme dans le cas d'une ancre suisse, l'ancre présente un mouvement alternatif qui
est synchrone du mouvement périodique du résonateur mécanique, mais différent. Par
échappement magnétique, on comprend un échappement muni d'aimants agencés en partie
sur l'ancre et en partie sur la roue d'échappement de manière à engendrer un couplage
magnétique entre l'ancre et la roue d'échappement.
Arrière-plan technologique
[0003] L'échappement à ancre suisse est connu depuis très longtemps. En fonctionnement normal,
les dents de la roue d'échappement coopèrent avec deux palettes de l'ancre de manière
déterminée permettant une rotation pas-à-pas de la roue d'échappement qui est synchrone
avec l'oscillation du résonateur mécanique, à savoir en général un balancier-spiral.
Lorsque le couple de force fourni à la roue d'échappement diminue par le fait que
le ressort de barillet se détend, les impulsions d'entretien générées par l'échappement
et transmises au résonateur diminuent progressivement en intensité de sorte que, lorsque
la roue d'échappement finit par s'arrêter alors que ledit couple de force devient
inférieur à une valeur limite, l'énergie emmagasinée dans le résonateur est relativement
faible. Ainsi, le risque qu'une palette ou une dent de la roue d'échappement soit
détériorée lors d'un choc terminal éventuel entre une palette et une dent, selon la
position angulaire d'arrêt de la roue d'échappement, est relativement faible bien
que pas exclu. La situation est plus problématique dans le cas d'un mouvement horloger
muni d'un système d'entraînement à force constante pour la roue d'échappement, car
le résonateur conserve sensiblement une même énergie mécanique tout au long du fonctionnement
de l'échappement jusqu'à l'arrêt de la roue d'échappement et de son entraînement.
Le risque d'un événement accidentel en fin de marche du mouvement horloger est donc
augmenté.
Résumé de l'invention
[0004] L'inventeur a constaté que le problème indiqué précédemment devient un inconvénient
majeur dans le cas d'un mouvement horloger comprenant un échappement hybride, magnétique
et mécanique. En effet, on a observé que le risque d'un choc terminal entre l'ancre
et la roue d'échappement augmente fortement dans le cas d'un échappement hybride,
à savoir d'un échappement muni d'un système magnétique de couplage entre l'ancre et
la roue d'échappement, avec des rampes d'énergie potentielle magnétique permettant
d'accumuler de l'énergie magnétique potentielle dans l'échappement à chaque pas de
la rotation pas-à-pas de la roue d'échappement avant de générer une impulsion magnétique
en fin de pas alors que cette roue d'échappement est à l'arrêt, et dont la roue d'échappement
comprend des dents prévues pour coopérer avec des palettes mécaniques de l'ancre dans
au moins une phase du fonctionnement de l'échappement (par exemples au démarrage et/ou
lors du fonctionnement normal du mouvement horloger pour absorber à chaque pas de
l'énergie cinétique de la roue d'échappement et éventuellement définir des positions
angulaires d'arrêt pour la roue d'échappement, comme ceci sera exposé dans la description
détaillée de l'invention). En effet, ce type d'échappement cumule les risques d'un
arrêt de la roue d'échappement dans une position angulaire à risque alors que le résonateur
possède encore une énergie mécanique nominale. Premièrement, les impulsions d'entretien
sont des impulsions magnétiques présentant une valeur constante tant que le couple
de force fourni à la roue d'échappement est supérieur ou égal à une certaine limite
inférieure. Ensuite, dès que ledit couple de force est en-dessous de cette limite
inférieure, la roue d'échappement ne peut plus gravir correctement la prochaine rampe
d'énergie potentielle magnétique, de sorte que la roue d'échappement ne s'arrêtera
pas dans une prochaine position angulaire d'arrêt normale, mais sensiblement au bas
d'une rampe d'énergie potentielle magnétique ou le long de celle-ci. Dès lors, comme
le résonateur mécanique oscille normalement lors d'un tel événement puisqu'il a reçu
précédemment des impulsions magnétiques d'intensité sensiblement constante (intensité
nominale), si une palette mécanique se présente en face d'une dent lors du prochain
basculement de l'ancre, un choc important peut avoir lieu et endommager la roue d'échappement
ou l'ancre, voire le résonateur mécanique. Ce problème technique accru, mis en lumière
par l'inventeur, nécessite donc une solution technique appropriée.
[0005] De manière générale, la présente invention concerne un mouvement horloger comprenant
un résonateur mécanique, en particulier un balancier-spiral, et un échappement, associé
à ce résonateur mécanique, qui est formé par une roue d'échappement comprenant une
pluralité de parties saillantes, notamment des dents, et par une ancre munie d'une
fourchette, destinée à coopérer avec une cheville du résonateur mécanique, et de deux
palettes mécaniques qui sont destinées à coopérer avec la pluralité de dents au moins
dans une certaine phase de fonctionnement du mouvement horloger. Ce mouvement horloger
est agencé de manière que, lors d'un basculement de l'ancre depuis une première de
ses deux positions de repos en direction de la seconde position de repos alors que
la roue d'échappement est positionnée dans une quelconque position angulaire θ d'une
pluralité de plages de positions angulaires correspondant respectivement à la pluralité
de parties saillantes, une des deux palettes mécaniques de l'ancre bute contre une
de ces parties saillantes avant que cette ancre ne puisse atteindre la position angulaire
de dégagement de la cheville, solidaire du résonateur mécanique, du côté de la seconde
position de repos. Selon l'invention, l'ancre est agencée de manière à pouvoir, lors
dudit basculement de l'ancre, fléchir, dans un plan général de l'ancre parallèle à
sa fourchette, en subissant une déformation élastique sous l'action d'une force exercée
par la cheville du résonateur mécanique, engagée dans la fourchette, sur une des deux
cornes de cette fourchette alors que ladite palette mécanique bute contre ladite partie
saillante et que le résonateur mécanique est freiné par l'ancre. De plus, cette ancre
présente une capacité élastique, entre chacune des deux palettes mécaniques et la
fourchette, lui permettant d'absorber sous forme d'énergie élastique, lors de ladite
déformation élastique, une énergie mécanique maximale que peut avoir le résonateur
mécanique lors du fonctionnement normal du mouvement horloger.
[0006] Dans un mode de réalisation principal, l'échappement comprend un système magnétique
couplant magnétiquement la roue d'échappement et l'ancre, ce système magnétique étant
agencé de manière à générer, lors du fonctionnement normal du mouvement horloger,
des impulsions magnétiques ayant une énergie sensiblement constante pour entretenir
une oscillation du résonateur mécanique via une interaction entre la cheville de ce
résonateur mécanique et la fourchette de l'ancre.
[0007] Dans une variante particulière, lesdites impulsions magnétiques sont générées au
niveau des deux palettes mécaniques qui supportent respectivement deux aimants formant
deux palettes magnétiques. L'ancre est agencée de manière à pouvoir, lors d'un fonctionnement
normal du mouvement horloger, transmettre substantiellement un couple de force magnétique
engendré par chacune des impulsions magnétiques à sa fourchette pour entretenir une
oscillation du résonateur mécanique.
Brève description des figures
[0008] L'invention sera décrite ci-après de manière plus détaillée à l'aide des dessins
annexés, donnés à titre d'exemples nullement limitatifs, dans lesquels les Figures
1A à 1F montrent partiellement un mouvement horloger, selon un mode de réalisation
principal de l'invention, représenté dans des positions successives suite à un arrêt
de la roue d'échappement dans une position angulaire particulière.
Description détaillée de l'invention
[0009] A l'aide des figures annexées on décrira ci-après un mode de réalisation principal
d'un mouvement horloger selon l'invention, lequel est du type mécanique et comprend
un résonateur mécanique 2, dont seulement l'axe 4, le petit plateau 6 présentant une
encoche et la cheville 10 ont été représentés. Le mouvement horloger comprend un échappement
12 qui est associé au résonateur mécanique dont le petit plateau et la cheville sont
des éléments formant cet échappement. L'échappement 12 comprend en outre une roue
d'échappement 16 et une ancre 14 qui est un organe séparé du résonateur mécanique
et dont l'unique axe de rotation est différent de celui de ce résonateur mécanique.
[0010] L'ancre 14 est formée, d'une part, d'une baguette 20 terminée par une fourchette
18, comprenant deux cornes 19a et 19b, et par un dard 8 et, d'autre part, de deux
bras 24 et 26 dont les extrémités libres forment respectivement deux palettes mécaniques
28 et 29. Les deux palettes mécaniques supportent respectivement deux aimants 30 et
32 qui forment deux palettes magnétiques de l'ancre 14. Le résonateur mécanique 2
est couplé à l'ancre de manière que, lorsque le résonateur mécanique oscille normalement,
cette ancre subit un mouvement alternatif, synchronisé sur l'oscillation du résonateur
mécanique, entre deux positions de repos, définies par deux goupilles de limitation
21 et 22, dans lesquelles l'ancre demeure alternativement durant des intervalles de
temps successifs.
[0011] La roue d'échappement 16 comprend une structure aimantée périodique 36 qui est agencée
sur un disque 34, de préférence en matériau amagnétique (ne conduisant pas les champs
magnétiques de manière à ne pas rendre la roue d'échappement sensible à des champs
magnétiques extérieurs qui pourraient exercer un couple de force important sur cette
roue d'échappement si ce disque était en matériau ferromagnétique). La structure 36
présente des portions aimantées 38, globalement en arc de cercle, qui définissent
des rampes croissantes d'énergie potentielle magnétique pour les deux palettes magnétiques
30 et 32, lesquelles présentent chacune une aimantation axiale avec une polarité opposée
à celle de l'aimantation axiale de la structure aimantée périodique de sorte à engendrer
de la répulsion magnétique entre les palettes magnétiques et la structure aimantée.
Chaque portion aimantée présente une largeur monotone croissante. En particulier,
la largeur des portions aimantées 38 augmente, sur l'entier de leur longueur utile,
de manière linéaire en fonction de l'angle au centre. Selon une variante avantageuse,
la structure aimantée périodique 36 est agencée de sorte que son pourtour extérieur
est circulaire, les portions aimantées en arc de cercle de cette structure aimantée
ayant une même configuration et étant agencées circulairement autour de l'axe de rotation
de la roue d'échappement.
[0012] De manière générale, chaque rampe croissante d'énergie potentielle magnétique est
prévue de sorte que chacune des deux palettes magnétiques puisse la gravir lorsque
l'ancre est dans une position de repos donnée, parmi ses deux positions de repos,
et qu'un couple de force fourni à la roue d'échappement est sensiblement égal à un
couple de force nominale (cas d'un mouvement mécanique muni d'un système à force constante
pour l'entraînement de la roue d'échappement) ou compris dans une plage de valeurs
prévues pour assurer le fonctionnement normal du mouvement horloger (cas d'un mouvement
mécanique classique présentant un couple de force variable appliqué à la roue d'échappement
en fonction du niveau d'armage du barillet ou des barillets si plusieurs sont prévus
en série). Les rampes croissantes d'énergie potentielle magnétique sont gravies, lorsque
l'ancre subit un mouvement alternatif entre ses deux positions de repos et lorsque
le couple de force fourni à la roue d'échappement est égal audit couple de force nominale
ou compris dans la plage de valeurs prévues pour ce couple de force en fonctionnement
normal, successivement par chacune des première et deuxième palettes magnétiques alors
que l'ancre est respectivement dans ses première et deuxième positions de repos, et
alternativement par ces première et deuxième palettes magnétiques lors du mouvement
alternatif de l'ancre. Les deux palettes magnétiques et les rampes croissantes d'énergie
potentielle magnétique sont agencées de manière que l'ancre puisse subir une impulsion
de force magnétique dans le sens de son mouvement, après qu'une quelconque des deux
palettes magnétiques a gravi une quelconque desdites rampes croissantes d'énergie
potentielle magnétique, lorsque l'ancre bascule de la position de repos correspondant
à cette quelconque rampe d'énergie potentielle magnétique vers son autre position
de repos.
[0013] La structure aimantée périodique définit en outre pour chacune des deux palettes
magnétiques des barrières magnétiques 46 qui sont situées respectivement à la suite
des rampes croissantes d'énergie potentielle magnétique définies par les portions
aimantées 38, ces barrières magnétiques étant formées notamment par des plages aimantées
46 de la structure 36 dont la dimension radiale est sensiblement égale ou supérieure
à la dimension longitudinale de chacun des deux aimants 30 et 32 formant les palettes
magnétiques de l'ancre. Dans une autre variante, les barrières magnétiques ne sont
pas prévues, les portions aimantées 38 s'étendant alors partiellement sous des parties
saillantes 42 décrites ci-après.
[0014] La roue d'échappement comprend en outre des parties saillantes qui sont associées
respectivement aux rampes croissantes d'énergie potentielle magnétique. Ces parties
saillantes sont formées par des dents 42 s'étendant radialement depuis un plateau
40 qui est solidaire de la roue d'échappement et situé au-dessus du disque 34 portant
la structure aimantée 36. Ces dents sont situées respectivement à la suite des portions
aimantées 38, du côté de leur extrémité la plus large, et sont partiellement superposées
aux plages aimantées 46 correspondantes. Les dents et les palettes mécaniques sont
formées par un matériau amagnétique. De préférence, le plateau 40 est aussi formé
par un matériau amagnétique et il est venu de matière avec les dents.
[0015] Dans la variante avantageuse représentée, les dents 42 s'étendent dans un plan général
dans lequel s'étendent également les deux palettes mécaniques 28, 29 de l'ancre. Les
deux aimants 30, 32 sont supportés respectivement par les deux palettes mécaniques
et sont aussi situés dans ledit plan général. Les figures ne montrent qu'une structure
aimantée inférieure, située en-dessous du plan général. Toutefois, dans une variante
avantageuse, la roue d'échappement comprend en outre une structure aimantée supérieure,
de même configuration que la structure aimantée inférieure et supportée par un disque
supérieur, formé de préférence d'un matériau amagnétique. Les structures aimantées
inférieure et supérieure forment ensemble la structure aimantée périodique. Elles
ont une même polarité magnétique, opposée à celle des deux aimants de l'ancre, et
sont agencées de part et d'autre du plan géométrique dans lequel sont situés ces deux
aimants formant les deux palettes magnétiques, de préférence à même distance.
[0016] Avant de décrire plus en détails l'objet de la présente invention, on décrira des
caractéristiques particulières de l'échappement du mode de réalisation principal qui
permettent, d'une part, d'améliorer son comportement en fonctionnement normal (c'est-à-dire
lors d'un fonctionnement stable, intervenant après une phase de démarrage, avec un
couple de force M
RE fourni à la roue d'échappement qui est sensiblement égal à un couple de force nominale
ou compris dans une plage de valeurs prévue pour assurer le fonctionnement normal
du mouvement horloger, notamment une rotation pas-à-pas correcte de la roue d'échappement)
et, d'autre part, d'obtenir un auto-démarrage de l'ensemble formé de l'échappement
et du résonateur mécanique.
[0017] Premièrement, l'ancre 14 et la roue d'échappement 16 sont agencées de manière que,
en fonctionnement normal, une des dents 42 de la roue d'échappement subit au moins
un choc sur une ou l'autre des deux palettes mécaniques après que la palette magnétique
correspondante a gravi une quelconque des rampes croissantes d'énergie potentielle
magnétique suite à un basculement de l'ancre. Ce choc intervient de manière à dissiper
au moins partiellement une énergie cinétique de la roue d'échappement acquise suite
audit basculement. Les dents de la roue d'échappement sont prévues pour pouvoir absorber
de l'énergie cinétique de cette roue d'échappement, à chaque pas de la roue d'échappement,
après une accumulation d'énergie potentielle magnétique dans l'échappement pour une
prochaine impulsion d'entretien du résonateur mécanique, et pour limiter ainsi une
oscillation terminale lors de chaque pas de sa rotation pas-à-pas.
[0018] Dans une variante préférée, en fonctionnement normal et une fois la roue d'échappement
momentanément à l'arrêt, une dent 42 presse contre une butée mécanique de l'ancre
formée par une ou l'autre des deux palettes mécaniques. L'échappement est donc un
échappement hybride, c'est-à-dire magnétique et mécanique. Ainsi, pour un mouvement
classique, il est prévu, en fonctionnement normal et pour toute la plage de valeurs
PV
M du couple de force M
RE, que la roue d'échappement s'immobilise momentanément, après au moins un premier
choc d'une quelconque de ses dents contre une quelconque des deux palettes mécaniques
et avant un basculement suivant de l'ancre, à une position angulaire d'arrêt dans
laquelle la quelconque dent presse contre la quelconque palette mécanique. Chaque
position angulaire d'arrêt est ainsi définie par une dent en appui contre une palette
mécanique.
[0019] Ensuite, les dents 42 et les palettes mécaniques 28, 29 sont agencées de manière
que, lors d'un nouvel armage du ressort de barillet faisant suite à un arrêt du mouvement
horloger et permettant à la roue d'échappement 16 de se remettre à tourner dans le
sens de rotation prévu, au moins une des deux palettes mécaniques 28, 29 entre en
contact avec une dent 42 de la roue d'échappement, lesquelles sont configurées de
sorte que la roue d'échappement peut fournir à l'ancre 14 un couple de force mécanique
de démarrage et donc une impulsion mécanique de démarrage. Ainsi, un auto-démarrage
efficace et rapide de l'ensemble formé de l'échappement 12 et du résonateur mécanique
2, et donc du mouvement mécanique horloger, est rendu possible. En particulier, la
roue d'échappement soumise audit couple de démarrage n'est pas arrêtée par le contact
entre la dent et la palette mécanique concernées, mais la dent peut transmettre au
moins en majeure partie le couple de démarrage à l'ancre.
[0020] Dans la variante avantageuse représentée aux figures, chacune des dents 42 présente,
dans un système de coordonnées polaires de la roue d'échappement 16 qui est centré
sur son axe de rotation, une première surface inclinée qui est inclinée de manière
que chacune des première et deuxième palettes mécaniques 28, 29 peut, dans une phase
de démarrage, glisser sur cette première surface inclinée alors que la roue d'échappement
traverse une plage de positions angulaires θ correspondante. Par 'surface inclinée'
dans un système de coordonnées polaires, on comprend une surface qui n'est ni radiale,
ni tangentielle. De plus, chacune des deux palettes mécaniques de l'ancre présente,
dans le système de coordonnées polaires associé à la roue d'échappement, une deuxième
surface inclinée lorsque la palette considérée est en contact avec une des dents 42
de la roue d'échappement. La deuxième surface inclinée est configurée de manière que
chacune des dents 42 peut, dans une phase de démarrage, glisser sur cette deuxième
surface inclinée lorsque la roue d'échappement traverse une plage de positions angulaires
θ qui correspond à une zone de contact entre la dent et la palette mécanique considérées.
[0021] Par la suite, on décrira plus en détails l'objet spécifique de la présente invention.
Dans le cadre du mode de réalisation principal décrit, l'ancre 14 comprend :
- un seul axe de pivotement 50 qui est centré sur un unique axe géométrique de rotation
prévu pour l'ancre ;
- une partie de liaison rigide 25 à laquelle est fixé l'axe de pivotement, lequel traverse
cette partie de liaison et présente classiquement à ses deux extrémités deux pivots
guidés en rotation par deux pierres percées ;
- deux bras 24 et 26 liés, à leurs premières extrémités, à la partie de liaison 25 et
présentant respectivement, à leurs secondes extrémités, les deux palettes mécaniques
28, 29 qui sont susceptibles d'entrer en contact, au moins lors d'une certaine phase
de fonctionnement de l'échappement, avec une quelconque partie saillante / dent parmi
la pluralité de parties saillantes / dents 42 de la roue d'échappement et qui sont
agencées pour pouvoir coopérer avec ces parties saillantes, comme exposé précédemment
;
- une fourchette 18 ayant classiquement deux cornes 19a, 19b et agencée pour coopérer
avec le résonateur mécanique 2 via sa cheville 10 qui est solidaire de l'axe central
4 de ce résonateur mécanique ; et
- une baguette 20 liée à sa première extrémité à la partie de liaison 25 et à sa seconde
extrémité à la fourchette 18, cette baguette étant libre entre sa première extrémité
et sa seconde extrémité.
[0022] Dans une variante avantageuse, la partie de liaison, la baguette et les deux bras
sont formés par une pièce monobloc. Dans une variante préférée, la pièce monobloc
est constituée d'un matériau métallique.
[0023] L'incorporation de dents 42 pour permettre l'une et/ou l'autre des deux fonctions
décrites précédemment, à savoir l'amortissement d'oscillations de la roue d'échappement
lors d'une rotation pas-à-pas de cette dernière en fonctionnement normal et/ou un
auto-démarrage de l'ensemble formé du résonateur mécanique et de l'échappement, en
particulier un échappement du type magnétique, a pour conséquence que, lors d'un basculement
de l'ancre 14 depuis une première de ses deux positions de repos en direction de la
seconde position de repos alors que la roue d'échappement 16 est positionnée dans
une quelconque position angulaire θ d'une pluralité de plages de positions angulaires
correspondant respectivement à la pluralité de dents, une des deux palettes mécaniques
bute contre une de ces dents avant que l'ancre ne puisse atteindre la position angulaire
de dégagement de la cheville du côté de la seconde position de repos, comme ceci est
représenté à la Figure 1B. Par 'position angulaire de dégagement' pour la cheville
du résonateur mécanique, notamment un balancier-spiral, on comprend la position angulaire
(de part et d'autre d'une position médiane définissant une position angulaire zéro
pour l'ancre) à partir de laquelle la cheville peut se dégager, pour une raison ou
une autre, de la fourchette, c'est-à-dire sortir de la cavité formée par les deux
cornes 19a et 19b sans buter contre une de ces cornes pour amener l'ancre justement
jusqu'à cette position de dégagement qui intervient avant que l'ancre atteigne une
ou l'autre de ses deux positions de repos. On remarquera que ce dernier fait résulte
d'un angle de sécurité usuel prévu pour assurer que la cheville puisse correctement
sortir de la fourchette sans subir un choc ou frottement terminal qui lui ferait perdre
de l'énergie à chaque alternance et perturberait l'oscillation du résonateur mécanique.
[0024] Comme déjà indiqué, lorsque le ressort de barillet se détend, il arrive un moment
où le mouvement horloger cesse de fonctionner normalement étant donné que le couple
de force que le barillet peut fournir au rouage et à la roue d'échappement devient
insuffisant pour assurer un tel fonctionnement normal. A un certain instant, comme
représenté à la Figure 1A, la roue d'échappement 16 arrête finalement de tourner pas-à-pas
et s'immobilise dans une certaine position angulaire θ, mais le résonateur mécanique
est à cet instant-là toujours oscillant et peut même posséder une énergie mécanique
sensiblement nominale et donc relativement importante, spécialement dans le cas d'un
échappement 12 muni du système magnétique décrit précédemment. Comme mentionné au
paragraphe précédent, en particulier dans le cas d'un échappement 12 muni du système
magnétique, décrit précédemment, pour fournir des impulsions d'entretien magnétiques,
la roue d'échappement 16 peut s'arrêter dans une quelconque position angulaire θ d'une
pluralité de plages de positions angulaires, correspondant respectivement à la pluralité
de dents 42, pour laquelle une des deux palettes mécaniques vient ensuite buter contre
une de ces dents avant que l'ancre ne puisse atteindre la position angulaire de dégagement
de la cheville, comme représenté à la Figure 1B. La Figure 1B montre un cas particulièrement
défavorable où une partie d'extrémité 48 de la palette mécanique 29 subit un choc
sur le sommet de la tête 43 d'une dent 42 contre laquelle cette palette mécanique
vient buter. Dans un tel cas, la force totale exercée par l'ancre sur la dent 42 concernée
est sensiblement radiale, dans un système de coordonnées polaires associé à la roue
d'échappement, de sorte que la roue d'échappement n'est pas entraînée en rotation
et subit un choc important.
[0025] On remarquera que le choc important en question ne concerne pas que l'instant auquel
la palette mécanique et la dent entrent en contact, mais il s'agit d'une impulsion
de force radiale qui a une certaine durée étant donné que ce choc a lieu alors que
la cheville du résonateur oscillant est insérée entre les deux cornes 19a et 19b de
la fourchette 18 et qu'une impulsion magnétique est fournie à l'ancre. Lors du choc
susmentionné, l'impulsion de force radiale a plusieurs composantes, premièrement une
composante provenant de l'inertie de l'ancre 14 en mouvement qui est stoppée; deuxièmement
une composante principale du fait de l'énergie mécanique emmagasinée dans le résonateur
mécanique oscillant 2 qui est arrêté dans son oscillation alors que son énergie cinétique
est quasi maximale, via le couplage entre la fourchette 18 et la cheville 10; et troisièmement
une composante magnétique provenant du fait que le choc intervient alors qu'une impulsion
magnétique est fournie à l'ancre (représentée par une flèche à la Figure 1B). Ainsi,
il est probable que, lorsque la partie d'extrémité 48 de la palette mécanique 29 entre
en contact avec la tête 43 d'une dent en butant contre cette tête, ce soit l'ancre
14 qui entraîne le résonateur mécanique 2 par sa corne 19b en appui contre la cheville
10, et seulement ensuite, après un très court intervalle de temps, cette cheville
arrive en butée contre la corne 19a de la fourchette et subit alors une forte décélération
due à l'arrêt prématuré de l'ancre dans son basculement.
[0026] Plus le freinage du résonateur mécanique lors du choc susmentionné est violent /
a une forte intensité, plus la force F
RO exercée orthogonalement sur la corne 19a par le résonateur mécanique, et par construction
de manière sensiblement tangentielle dans un système de coordonnées polaires associé
à l'ancre, et la force F
FR de réaction de l'ancre, qui freine ce résonateur, sont fortes au début du choc (direction
et sens de ces forces sont représentées à la Figure 1C). Ceci pose un problème majeur,
raison pour laquelle l'ancre 14 est agencée et configurée pour pouvoir éviter une
casse ou une détérioration d'elle-même, d'une partie de la roue d'échappement ou même
d'une partie du résonateur mécanique lors d'un événement tel que montré aux Figures
1A à 1C. Pour diminuer l'intensité de la force exercée par la cheville du résonateur
lors dudit choc important et donc éviter une contrainte instantanée trop violente,
il est prévu une durée de choc relativement longue pour réduire l'intensité de la
décélération. Ensuite, l'ancre est agencée pour pouvoir absorber élastiquement l'énergie
que lui transmet le résonateur mécanique stoppé dans son oscillation.
[0027] A cet effet, l'ancre 14 est agencée de manière à pouvoir, lors d'un basculement au
cours duquel intervient un choc décrit ci-avant, fléchir, dans un plan général de
l'ancre parallèle à la fourchette 18 (c'est-à-dire parallèle, incluant confondu, à
un plan général dans lequel les cornes de la fourchette s'étendent), en subissant
une déformation élastique sous l'action d'une force F
RO exercée par la cheville 10, engagée dans la fourchette, sur une de ses deux cornes
19a, 19b alors que la palette mécanique concernée bute contre une dent et que le résonateur
mécanique est freiné par l'ancre. De plus, cette ancre présente une capacité élastique,
entre chacune des deux palettes mécaniques 18, respectivement 29 et la fourchette
18, lui permettant d'absorber élastiquement, lors de ladite déformation élastique,
une énergie mécanique maximale que peut avoir le résonateur mécanique 2 lors du fonctionnement
normal du mouvement horloger. On remarquera que cette capacité élastique présente
une certaine marge de sécurité, car lors du choc il y a une certaine dissipation d'énergie
notamment au niveau des paliers de la roue d'échappement, du résonateur mécanique
et de l'ancre, et aussi dans les diverses structures concernées, notamment le plateau
40. Toute casse ou détérioration de l'échappement et du résonateur mécanique peut
ainsi être évitée. Par capacité élastique', on comprend une capacité d'absorption
d'énergie élastique. Grâce aux caractéristiques de l'ancre selon l'invention, on évite
un choc brutal et on permet une dissipation progressive de l'énergie mécanique du
résonateur mécanique.
[0028] Lors d'un premier choc entre une palette mécanique et une dent de la roue d'échappement
qui intervient dans la situation décrite précédemment, l'ancre subit une déformation
élastique pour pouvoir absorber la majeure partie de l'énergie mécanique du résonateur
mécanique, même si cette énergie mécanique correspond à une énergie nominale en fonctionnement
normal du mouvement horloger. Dans la variante représentée, c'est la baguette 20 qui
est agencée pour pouvoir absorber substantiellement ladite majeure partie de l'énergie
mécanique du résonateur mécanique. Dans la variante représentée, la baguette est prévue
courbe, notamment avec une forme générale en 'col de cygne'. D'autres formes sont
envisageables, aussi une baguette sensiblement rectiligne. La configuration courbe
présente un avantage par le fait qu'elle permet généralement d'augmenter la longueur
de la baguette entre la partie de liaison 25 et la fourchette 18. La forme en 'col
de cygne' permet une relativement grande longueur de la baguette, tout en ayant la
fourchette relativement proche d'une des deux palettes mécaniques. Dans une configuration
avec un positionnement relatif de l'axe central 4 du résonateur tel que représenté
aux figures, l'homme du métier relierait la fourchette au plus court avec le bras
26, dans le prolongement de la palette mécanique 29. Ainsi, on aurait quasi aucune
absorption d'énergie cinétique du résonateur oscillant.
[0029] Dans la variante particulière représentée, une ligne géométrique médiane de l'ancre
14 entre une surface d'extrémité (plan incliné terminal) de chacune des deux palettes
mécaniques 28, 29 et la fourchette 18, présente une longueur totale, sur les deux
tronçons 20a et 24a, respectivement 20a et 26a qui sont définis par la palette mécanique
considérée ensemble avec le bras correspondant 24 ou 26 et par la baguette 20 (voir
lignes en trait interrompu à la Figure 1A), qui est au moins le double d'une longueur
d'une droite 52 entre un point de la ligne géométrique médiane 24a sur la surface
d'extrémité la plus proche de la fourchette et le milieu du fond d'une cavité définie
par les deux cornes de cette fourchette (voir Figure 1B). La capacité de déformation
élastique peut être prévue sur toute la longueur totale définie ci-avant ou seulement
sur des parties de cette longueur totale. Ainsi, dans une première variante, la baguette
et les bras présentent une capacité de déformation élastique, laquelle peut être différente,
alors que dans une deuxième variante, c'est substantiellement la baguette qui a cette
capacité élastique. Dans une troisième variante, ce sont substantiellement les bras
24 et 26 qui présentent une capacité élastique.
[0030] L'ancre doit donc présenter une capacité de déformation élastique et une capacité
assez importante pour absorber de l'énergie élastique, ces capacités associées étant
fonction de plusieurs paramètres que l'homme du métier saura sélectionner et déterminer
pour obtenir les valeurs souhaitées. Comme on l'a mentionné, la forme peut jouer un
rôle, ainsi que la longueur du chemin matériel entre les palettes mécaniques et la
fourchette. D'autres paramètres jouent aussi un rôle, notamment le matériau sélectionné
et les diverses sections transversales. On remarquera que la section transversale
minimale de l'ancre joue aussi un rôle, laquelle ne doit pas être prévue trop petite
en favorisant la flexibilité d'une portion de l'ancre au détriment de l'absorption
d'énergie élastique. Dans le mode de réalisation principal décrit, des impulsions
magnétiques pour l'entretien de l'oscillation du résonateur mécaniques sont générées
au niveau des deux palettes mécaniques 28, 29 qui supportent respectivement deux aimants
30, 32 formant deux palettes magnétiques. Ainsi, l'ancre 14 est agencée de manière
à pouvoir, lors d'un fonctionnement normal du mouvement horloger et donc de l'échappement,
transmettre substantiellement un couple de force magnétique, engendré par chacune
des impulsions magnétiques, à sa fourchette pour entretenir une oscillation du résonateur
mécanique. On notera que cette condition peut aisément être implémentée du fait que
la quantité d'énergie dans une impulsion magnétique est très inférieure à l'énergie
mécanique que possède le résonateur mécanique 2 en fonctionnement normal.
[0031] Finalement, on décrira à l'aide des Figures 1B à 1F une succession d'événements intervenant
à divers instants spécifiques pour un cas hypothétique où la roue d'échappement 16
s'arrête dans la position défavorable représentée à la Figures 1A et demeure dans
cette position jusqu'à l'arrêt du résonateur mécanique 2. A la Figure 1B, comme indiqué
précédemment, la cheville 10, après avoir pénétré dans la fourchette 18, bute contre
la corne 19a alors que l'ancre est stoppée dans son mouvement de la position de repos
où la fourchette est en appui contre la goupille 22 vers la position de repos où cette
fourchette est prévue en appui contre la goupille 21. Lors du début du choc entre
la palette mécanique et la dent, l'angle au centre de rotation de l'ancre entre la
corne 19b et la goupille 22 a une certaine valeur α1. Le résonateur ayant à cet instant
une énergie mécanique nominale et donc importante, essentiellement sous forme d'énergie
cinétique, il presse ensuite contre la corne 19a en exerçant une force F
RO dégressive alors que l'ancre, ici surtout la baguette 20, fléchit en absorbant la
majeure partie de l'énergie cinétique du résonateur sous forme d'énergie élastique.
L'angle définit ci-avant s'agrandit donc, comme représenté à la Figure 1C où sa valeur
a2 est supérieure à la valeur a1, par exemple environ une valeur double, la Figure
1C montrant une configuration alors que le résonateur mécanique a perdu la majeure
partie de sa vitesse (et donc de son énergie cinétique). Ensuite, impérativement avant
que la cheville 10 n'atteigne l'angle de dégagement qui lui permettrait de sortir
de la fourchette, le résonateur mécanique passe par une position angulaire d'arrêt
et une inversion prématurée du sens de son mouvement, comme montré à la Figure 1D
où le résonateur tourne dans le sens anti-horaire alors qu'il tournait auparavant
dans le sens horaire. Sous l'action de l'ancre via la corne 19a, le résonateur récupère
la majeure partie de l'énergie élastique emmagasinée dans l'ancre et il subit ainsi
une accélération qui lui laisse une certaine amplitude d'oscillation, bien que moindre
que celle qu'il présentait avant le choc.
[0032] En se dégageant de la fourchette 18, propulsé par la baguette 20 de l'ancre 14, la
cheville 10 peut alors sortir de la fourchette, comme montré à la Figure 1E. Ensuite,
lors d'une alternance suivante, une nouvelle séquence, similaire à celle présentée
en référence aux Figures 1A à 1E, intervient à nouveau. Toutefois, le résonateur mécanique
2 ayant perdu de l'énergie lors du premier choc, il engendrera alors une moindre flexion
de l'ancre 14. L'oscillation du résonateur mécanique est ainsi amortie rapidement
et il finit par s'arrêter, comme représenté à la Figure 1F, sans avoir endommagé le
mouvement mécanique, en particulier l'échappement hybride.
1. Mouvement horloger comprenant un résonateur mécanique (2) et un échappement (12) qui
est associé à ce résonateur mécanique, l'échappement comprenant une roue d'échappement
(16), qui présente une pluralité de parties saillantes (42), et une ancre (14) qui
est séparée du résonateur mécanique et qui possède un unique axe géométrique de rotation
; le résonateur mécanique étant couplé à l'ancre de manière que, lorsque ce résonateur
mécanique présente une oscillation entretenue, l'ancre subit un mouvement alternatif
entre deux positions de repos dans lesquelles l'ancre demeure alternativement durant
des intervalles de temps successifs ; dans lequel l'ancre comprend :
- un seul axe de pivotement (50) centré sur ledit unique axe géométrique de rotation,
- une partie de liaison rigide (25) à laquelle est fixé l'axe de pivotement,
- deux bras (24, 26) liés, à leurs premières extrémités, à la partie de liaison et
présentant respectivement, à leurs secondes extrémités, deux palettes mécaniques (28,
29) qui sont chacune susceptibles d'entrer en contact avec une quelconque partie saillante
parmi la pluralité de parties saillantes de la roue d'échappement et qui sont agencées
pour coopérer avec ces parties saillantes au moins dans une phase de démarrage ou
lors d'un fonctionnement normal du mouvement horloger,
- une fourchette (18) ayant deux cornes (19a, 19b) et agencée pour coopérer avec le
résonateur mécanique via une cheville (10) solidaire d'un axe (4) de ce résonateur
mécanique, et
- une baguette (20) liée à sa première extrémité à ladite partie de liaison (25) et
à sa seconde extrémité à la fourchette, cette baguette étant libre entre sa première
extrémité et sa seconde extrémité ;
dans lequel, lors d'un basculement de l'ancre depuis une première de ses deux positions
de repos en direction de la seconde position de repos alors que la roue d'échappement
est positionnée dans une quelconque position angulaire θ d'une pluralité de plages
de positions angulaires correspondant respectivement à ladite pluralité de parties
saillantes, une des deux palettes mécaniques bute contre une de ces parties saillantes
avant que l'ancre ne puisse atteindre une position angulaire de dégagement de la cheville
du côté de la seconde position de repos ; dans lequel l'ancre est agencée de manière
à pouvoir, lors dudit basculement de l'ancre, fléchir, dans un plan général de l'ancre
parallèle à la fourchette, en subissant une déformation élastique sous l'action d'une
force exercée par la cheville, engagée dans la fourchette, sur une des deux cornes
de cette fourchette alors que ladite palette mécanique bute contre ladite partie saillante
et que le résonateur mécanique est freiné par l'ancre ; cette ancre présentant une
capacité élastique, entre chacune des deux palettes mécaniques et la fourchette, lui
permettant d'absorber élastiquement, lors de ladite déformation élastique, une énergie
mécanique maximale que peut avoir le résonateur mécanique lors du fonctionnement normal
du mouvement horloger.
2. Mouvement horloger selon la revendication 1, dans lequel l'échappement ou un mécanisme
d'entraînement de la roue d'échappement est agencé de manière que, en fonctionnement
normal du mouvement horloger, la roue d'échappement (16) fournit à l'ancre des impulsions
d'entretien d'une oscillation du résonateur mécanique (2) qui ont une énergie sensiblement
constante tant que le mouvement horloger fonctionne normalement.
3. Mouvement horloger selon la revendication 2, dans lequel l'échappement comprend un
système magnétique (30, 32, 36) couplant magnétiquement la roue d'échappement et l'ancre,
ce système magnétique étant agencé de manière à générer, lors du fonctionnement normal
du mouvement horloger, des impulsions magnétiques qui forment lesdites impulsions
d'entretien à énergie constante.
4. Mouvement horloger selon la revendication 3, dans lequel les parties saillantes (42)
sont agencées de manière à permettre une absorption d'énergie cinétique de la roue
d'échappement (16) par des chocs, entre ces parties saillantes alternativement avec
les deux palettes mécaniques, respectivement en fin de pas successifs d'une rotation
pas-à-pas de la roue d'échappement lors du fonctionnement normal du mouvement horloger.
5. Mouvement horloger selon la revendication 3 ou 4, dans lequel les parties saillantes
(42) sont agencées de manière à permettre un auto-démarrage de l'ensemble formé du
résonateur mécanique (2) et de l'échappement (12) lorsque le ressort de barillet est
réarmé, suite à un arrêt du mouvement horloger, et que la roue d'échappement est à
nouveau entraînée en rotation.
6. Mouvement horloger selon une quelconque des revendications 3 à 5, dans lequel lesdites
impulsions magnétiques sont générées au niveau des deux palettes mécaniques (28, 29)
qui supportent respectivement deux aimants (30, 32) formant deux palettes magnétiques
; et dans lequel l'ancre est agencée de manière à pouvoir, lors du fonctionnement
normal du mouvement horloger, transmettre substantiellement un couple de force magnétique
engendré par chacune des impulsions magnétiques à sa fourchette (18) pour entretenir
une oscillation du résonateur mécanique.
7. Mouvement horloger selon une quelconque des revendications précédentes, dans lequel
ladite baguette (20) est courbe, notamment avec une forme générale en 'col de cygne'.
8. Mouvement horloger selon une quelconque des revendications précédentes, dans lequel
une ligne géométrique médiane de l'ancre, entre une surface d'extrémité de chacune
des deux palettes mécaniques et la fourchette, présente une longueur totale, sur deux
tronçons (24a, 20a ; 26a, 20a) définis respectivement par la palette mécanique considérée
(28, respectivement 29) ensemble avec le bras correspondant (24 ; 26) et par la baguette
(20), qui est au moins le double d'une longueur d'une droite (52) entre un point de
la ligne géométrique médiane sur ladite surface d'extrémité et le milieu du fond d'une
cavité définie par les deux cornes de la fourchette.
9. Mouvement horloger selon une des revendications précédentes, dans lequel la partie
de liaison (25), la baguette (20) et les deux bras (24, 26) sont formés par une pièce
monobloc.
10. Mouvement horloger selon la revendication précédente, dans lequel ladite pièce monobloc
est constituée d'un matériau métallique.