Domaine technique
[0001] La présente invention se rapporte au domaine de la joaillerie et de la bijouterie,
y compris à celui de l'horlogerie. Elle concerne, plus particulièrement, une pierre
taillée présentant une forme particulière.
Etat de la technique
[0002] Les montres « Daytona Rainbow » de la maison Rolex ainsi que la « Nautilus 5719/10G
» de Patek Philippe présentent chacune une série de pierres taillées, de forme trapézoïdale,
serties autour de leur glace. Afin d'approximer la forme du pourtour des glaces, de
nombreuses pierres taillées, de petites dimensions et presque carrées, sont utilisées,
ce qui confère un bon effet de scintillation à l'ensemble des pierres mais est limitant
d'un point de vue esthétique. Pour le surplus, la forme de la glace de la pièce «
Nautilus » ne suit pas une courbe parfaitement régulière, ce qui semble découler d'un
compromis afin de mieux épouser la forme de l'ensemble des pierres qui sont individuellement
trapézoïdales. Bien entendu, des pierres sous forme de baguette conventionnelle ne
conviennent nullement pour suivre une forme courbée d'une manière acceptable.
[0003] Le document
EP3090644 dévoile des pierres taillées qui sont à rondiste bombé pour suivre la forme d'un
hémisphère, ce qui n'est pas optimal pour un sertissage sur une surface planaire.
[0004] Le document
EP2412266 dévoile des pierres taillées à surface supérieure bombée, qui sont exemptes de rondiste.
[0005] Le document
CN109349752 dévoile des pierres taillées qui ne conviennent pas particulièrement à être serties
pour suivre une forme plus ou moins courbée dans un plan parallèle à celui du rondiste
des pierres.
[0006] Le but de l'invention est par conséquent de proposer une pierre taillée dans laquelle
les défauts susmentionnés sont au moins partiellement surmontés.
Divulguation de l'invention
[0007] De façon plus précise, l'invention concerne une pierre taillée pour pièce de bijouterie,
de joaillerie ou d'horlogerie, comme définie par la revendication 1. Cette pierre
taillée comprend :
- une culasse destinée à se situer au moins partiellement dans un support que comprend
ladite pièce de bijouterie, de joaillerie ou d'horlogerie ;
- une couronne destinée à être visible, qui peut donc à cet effet être susceptible de
se situer au moins partiellement en dehors dudit support ;
- un rondiste (considéré comme synonyme de « feuilletis » dans le sens de l'invention)
définissant un plan et étant situé entre ladite couronne et ladite culasse et faisant
donc interface entre la culasse et la couronne. Puisque le rondiste définit un plan,
il est par définition planaire et pas bombé.
[0008] Ladite pierre taillée est de forme allongée et comprend une section, considérée dans
le plan dudit rondiste, qui est définie par une paire de bords latéraux ainsi que
par une paire de bords d'extrémités liant lesdits bords latéraux l'un à l'autre, ces
derniers étant définis comme étant les bords les plus longs.
[0009] Selon l'invention, au moins l'un des bords latéraux est de forme convexe ou concave,
considéré dans ledit plan dudit rondiste, cette forme pouvant suivre une courbe lisse
ou pouvant être facettée, se composant de tronçons droits (ou même des courbes) se
rejoignant à une ou plusieurs arêtes.
[0010] Par ces moyens, les pierres taillées sont susceptibles d'être serties sur une pièce
de bijouterie, de joaillerie ou d'horlogerie suivant une forme plus ou moins courbée
à leur extérieur et/ou à leur intérieur, en minimisant le nombre de pierres à sertir,
tout en gardant une bonne scintillation et un bon aspect visuel.
[0011] Avantageusement, la couronne comporte une surface principale, c'est-à-dire la surface
qui occupe la majorité de la surface de la couronne, qui est planaire et est parallèle
au plan dudit rondiste.
[0012] Dans un mode de réalisation, l'un des bords latéraux est convexe et l'autre est concave,
ces deux bords étant de préférence de forme courbée dans le plan dudit rondiste et
présentant chacun un rayon correspondant prédéterminé. En d'autres mots, la pierre
taillée est en forme de baguette courbée dans son plan.
[0013] Dans une variante particulière, chacun desdits rayons peut être défini par rapport
à un seul point d'origine commun. Dans un tel cas, les bords latéraux sont coaxiaux
et définissent ainsi une pierre en segment d'anneau.
[0014] Dans un mode de réalisation, les prolongations desdits bords d'extrémité sont parallèles
ou intersectent audit point d'origine commun ou à un point différent dudit point d'origine
commun, par exemple à un point qui se situe en regard du bord latéral convexe.
[0015] Dans un mode de réalisation comprenant un bord latéral concave et un bord latéral
convexe, la longueur du bord latéral concave est supérieure à celle du bord latéral
convexe.
[0016] De préférence, le rapport longueur - largeur de ladite pierre, considéré dans le
plan dudit rondiste, est supérieur à deux, de préférence supérieur à trois.
[0017] L'invention porte également sur une pièce de bijouterie, de joaillerie ou d'horlogerie
comprenant au moins une pierre taillée, de préférence une pluralité de pierres taillées,
comme définie(s) ci-dessus.
[0018] En particulier, elle porte sur une lunette pour pièce d'horlogerie comprenant au
moins une pierre taillée, de préférence une pluralité de pierres taillées, comme définie(s)
ci-dessus
Brève description des dessins
[0019] D'autres détails de l'invention apparaîtront plus clairement à la lecture de la description
qui suit, faite en référence aux dessins annexés dans lesquels :
- Figures 1a est une vue latérale en direction d'un bord latéral d'une pierre taillée
selon un mode de réalisation de l'invention ;
- Figure 1b est une vue en plan de la pierre taillée de la figure 1a ;
- Figure 1c est une vue isométrique de la pierre taillée de la figure 1 ;
- Figure 2a est une vue latérale en direction d'un bord latéral d'un autre mode de réalisation
d'une pierre taillée selon l'invention ;
- Figure 2b est une vue en plan de la pierre taillée de la figure 2a ;
- Figure 2c est une vue latérale en direction d'un bord d'extrémité de la pierre taillée
de la figure 2a ; et
- La figure 3 illustre une pièce d'horlogerie dont la lunette est sertie de pierres
taillées selon l'invention.
Modes de réalisation de l'invention
[0020] Les figures 1a à 1c illustrent un mode de réalisation d'une pierre taillée 1 selon
l'invention. Cette pierre taillée 1 comporte une culasse 3 destinée à se situer au
moins partiellement dans un support prévu dans une pièce de bijouterie, de joaillerie
ou d'horlogerie (10, voir la figure 3), une couronne 5 destinée à être visible à l'utilisateur,
par exemple en étant au moins partiellement en dehors dudit support, ainsi qu'un rondiste
7, formant une interface entre la culasse 3 et la couronne, destinée à être sertie
par le support si ce dernier est de forme conventionnelle. D'autres solutions pour
la fixation de la pierre 1 dans le support (tel que le collage, soudage etc.) sont
connus à l'homme du métier et ne doivent donc pas être décrites en détail.
[0021] Globalement, la pierre 1 est en forme de baguette modifiée par rapport à une forme
de baguette classique (c'est-à-dire rectiligne) dans un plan P qui contient le rondiste
7 et qui est parallèle à la surface principale 5a, c'est-à-dire la surface supérieure,
de la couronne 5, qui occupe la majorité de la surface libre de cette dernière. Cette
section est définie par une paire de bords latéraux 9a, 9b ainsi que deux bords d'extrémité
11a, 11b qui lient les deux bords latéraux 9a, 9b (qui sont les bords les plus longs).
Le rapport longueur L - largeur W de la pierre taillée 1 est de préférence supérieur
à deux, encore de préférence supérieur à trois, considéré dans le plan P. Le rondiste
7 est planaire, et est délimité par deux plans P1, P2 parallèles au plan P et situés
de part et d'autre de ce dernier (dont les arêtes extérieures ont été indiquées par
des signes de référence). Par conséquent, il n'est pas bombé selon une ou plusieurs
directions perpendiculaires au plan P. Pour le surplus, la surface principale 5a de
la couronne 5 est de préférence également planaire, en étant parallèle au plan P et
n'est donc pas bombée non plus selon une ou plusieurs directions perpendiculaires
au plan P.
[0022] Selon l'invention, au moins l'un, de préférence chacun, des bords latéraux 9a, 9b
est convexe ou concave, l'au moins un bord latéral 9a, 9b qui est convexe ou concave
pouvant suivre une courbe lisse sans discontinuités ou alternativement pouvant être
facetté, formé de tronçons droits ou courbes reliés par une ou plusieurs arêtes plus
ou moins pointues. Typiquement, l'un des bords latéraux 9a, 9b est concave et l'autre
est convexe, mais il est également possible que l'un des bords latéraux 9a, 9b est
concave ou convexe et l'autre bord latéral 9a, 9b puisse être droit. Dans le mode
de réalisation illustré, les bords latéraux 9a, 9b suivent des arcs de cercle coaxiaux
présentant respectivement un rayon R1 et un rayon R2 et définissent par conséquent
un bord latéral concave 9a ainsi qu'un bord latéral convexe 9b. Ces rayons ont un
point d'origine O unique et commun, de telle sorte que la pierre taillée 1 suit une
forme en section d'anneau circulaire. Cependant, il est également possible que les
rayons R1 et R2 puissent présenter des origines différentes, qui a pour effet que
les tangents aux bords latéraux 9a, 9b ne sont pas mutuellement parallèles si on les
considère orthogonalement à un rayon donné. Dans un tel cas, les rayons R1 et R2 sont
typiquement alignés et coupent un point médian sur l'un des bords latéraux 9a, 9b,
ce point médian étant de préférence à moitié distance le long dudit bord 9a, 9b. Pour
le surplus, les rayons R1, R2 peuvent varier afin de créer des formes de pierre taillée
1 qui suivent des sections d'un anneau ovale, une autre forme courbée plus compliquée,
ou même une forme facettée comportant des tronçons droits ou courbés qui se rejoignent
à une ou plusieurs arêtes plus ou moins pointues, comme mentionné ci-dessus.
[0023] Les bords d'extrémité 11a, 11b peuvent être mutuellement symétriques ou non, et peuvent
être mutuellement parallèles ou non. Dans la variante illustrée, le bord latéral concave
9a (intérieur) est plus long que le bord latéral convexe 9b (extérieur), et les prolongements
des deux bords d'extrémité 11a, 11b intersectent à un point situé sur le côté extérieur
de la pierre 1, c'est-à-dire que le point d'intersection se trouve en regard du bord
latéral convexe 9b. Cependant, ceci n'est pas obligatoire, et le point d'intersection
peut se trouver n'importe où, par exemple coïncidant avec le point d'origine O.
[0024] Au niveau de la forme de la section transversale de la pierre 1 des figures 1a à
1c, cette forme est du type dit « diamant baguette », dont la culasse 3 présente une
section trapézoïdale, la couronne 5 présente une section à double trapézoïde empilée,
tandis que le rondiste 7 présente une forme rectangulaire. Cependant, d'autres formes
connues dans le domaine sont également possibles.
[0025] À cet effet, les figures 2a à 2c illustrent un autre mode de réalisation d'une pierre
taillée 1 selon l'invention, dont la section transversale est plutôt de forme dite
« émeraude », comprenant une couronne 5 en trapézoïde biseauté et une culasse comprenant
deux sections trapézoïdales ainsi qu'une partie inférieure pointue à section triangulaire.
L'ensemble des autres aspects de la pierre taillée 1 restent pareils à ceux décrits
dans le contexte des figures 1a à 1c et ne doivent donc pas être répétés ici.
[0026] Bien entendu, d'autres formes de section transversale sont également possibles, comme
par exemple correspondant à celle du type dit « diamant radiant » ou autres.
[0027] Les pierres taillées 1 décrites ci-dessus conviennent particulièrement pour une intégration
dans une pièce de bijouterie, de joaillerie ou d'horlogerie de forme circulaire, ovale
ou similaire, et permettent de décorer une longueur et/ou une largeur de sa surface
visible avec un nombre réduit de pierres taillées. Par exemple, dans le cas d'une
pièce d'horlogerie 10 comme illustrée sur la figure 3 sous forme non-limitative de
montre-bracelet, sa lunette 13 peut être sertie sur toute sa surface supérieure, par
exemple, de douze (comme illustré), six, quatre, trois ou même deux pierres taillées
1, tout en gardant l'effet de scintillation amélioré que des pierres taillées confèrent
par rapport à, par exemple, des plaques en saphir, en verre ou similaire. La lunette
13 peut être solidaire de, ou montée rotative sur, la carrure 15 de la boite de montre,
et peut porter ou non une glace 17 comme généralement connu.
[0028] En ce qui concerne la matière des pierres taillées 1, ces dernières peuvent par exemple
être en diamant, corindon, saphir, rubis, spinelle ou similaire, quel que ce soit
naturel ou synthétique.
[0029] Bien que l'invention ait été précédemment décrite en lien avec des modes de réalisations
spécifiques, d'autres variantes supplémentaires sont également envisageables sans
sortir de la portée de l'invention comme définie par les revendications.
1. Pierre taillée (1) pour pièce de bijouterie, de joaillerie ou d'horlogerie (10) comprenant
:
- une culasse (3) destinée à se situer au moins partiellement dans un support que
comprend ladite pièce de bijouterie, de joaillerie ou d'horlogerie (10) ;
- une couronne (5) destinée à être visible ;
- un rondiste (7) définissant un plan (P) et étant situé entre ladite couronne (3)
et ladite culasse (5) ;
ladite pierre taillée (1) étant de forme allongée comprenant une section, dans le
plan (P) dudit rondiste (7), définie par une paire de bords latéraux (9a, 9b) ainsi
qu'une paire de bords d'extrémités (11a, 11b) liant lesdits bords latéraux (9a, 9b)
l'un à l'autre,
caractérisée en ce que au moins l'un desdits bords latéraux (9a, 9b) est de forme concave ou convexe dans
ledit plan (P) dudit rondiste (7).
2. Pierre taillée (1) selon la revendication précédente, dans laquelle ladite couronne
(5) comporte une surface principale (5a) qui est planaire et parallèle audit plan
(P) dudit rondiste (7).
3. Pierre taillée (1) selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce l'un desdits bords latéraux (9a) est concave et l'autre desdits bords latéraux
9b est convexe dans ledit plan (P) dudit rondiste (7).
4. Pierre taillée (1) selon la revendication précédente, dans laquelle chacun desdits
bords latéraux (9a, 9b) est de forme courbée dans ledit plan (P) dudit rondiste (7),
chacune desdites formes présentant un rayon (R1, R2) correspondant prédéfini.
5. Pierre taillée (1) selon la revendication précédente, dans laquelle chacun desdits
rayons (R1, R2) est défini par rapport à un seul point d'origine (O) commun.
6. Pierre taillée (1) selon la revendication précédente, dans laquelle les prolongations
desdits bords d'extrémités (11a, 11b) sont parallèles ou intersectent à un point différent
dudit point d'origine (O) commun.
7. Pierre taillée (1) selon la revendication précédente, dans laquelle les prolongations
desdits bords d'extrémité (11a, 11b) intersectent à un point qui se situe en regard
du bord latéral convexe (9b).
8. Pierre taillée (1) selon la revendication 5, dans laquelle les prolongations desdits
bords d'extrémités (11a, 11b) intersectent audit point d'origine (O) commun.
9. Pierre taillée (1) selon l'une des revendications 3 à 8, la longueur du bord latéral
concave (9a) étant supérieure à celle du bord latéral convexe (9b).
10. Pierre taillée (1) selon l'une des revendications précédentes, dans laquelle le rapport
longueur (L) - largeur (W) de ladite pierre, considéré dans le plan (P) dudit rondiste
(7), est supérieur à deux, de préférence supérieur à trois.
11. Pièce de bijouterie, de joaillerie ou d'horlogerie (10) comprenant au moins une pierre
taillée (1), de préférence une pluralité de pierres taillées (1), selon l'une des
revendications précédentes.
12. Lunette (13) pour pièce d'horlogerie (10) comprenant au moins une pierre taillée (1),
de préférence une pluralité de pierres taillées (1), selon l'une des revendications
1 à 10.
13. Pièce d'horlogerie (10) comprenant une lunette (13) selon la revendication précédente.