Domaine Technique
[0001] L'invention se rattache au domaine des sports de glisse, et en particulier aux sports
de glisse sur neige.
[0002] L'invention concerne plus particulièrement une chaussure de ski alpin comportant
un dispositif d'articulation d'un collier sur la coque de la chaussure présentant
un bon compromis entre rigidité et gestion des contraintes apparaissant au sein de
la structure de la chaussure lors de la pratique du ski.
Techniques antérieures
[0003] De manière classique, une chaussure de ski alpin comporte une semelle destinée à
coopérer avec les éléments d'une fixation pour être solidarisée à la face supérieure
d'un ski. La semelle est surmontée d'une coque, destinée à couvrir et protéger le
pied, et d'un collier, destiné au serrage de la partie basse de la jambe. Le collier
et/ou la coque comportent généralement des moyens de réglage du serrage de la chaussure,
afin d'en adapter le maintien à la préférence et au type de pratique de l'utilisateur.
Enfin, l'intérieur de la chaussure est rendu plus confortable par la présence d'un
chausson.
[0004] Le collier est généralement articulé sur la coque par le biais d'un dispositif d'articulation.
Pour ce faire, le collier comporte deux bras latéraux s'étendant vers le bas, destinés
à venir en regard des malléoles. Les bras et la coque sont percés d'ouvertures traversées
par un axe de rotation de l'articulation, typiquement formé par une vis et un écrou.
En pratique, le débattement angulaire du collier par rapport à la coque est faible
de l'ordre de quelques degrés. Ce débattement angulaire peut être utile pour marcher
avec les chaussures aux pieds, mais également lors de la pratique du ski, notamment
lors des phases de flexion/extension de la jambe du skieur, donnant l'impulsion nécessaire
au bon guidage des skis lors de la pratique du ski. Des exemples de telles chaussures
sont décrits dans les documents
FR2663820 et
US4601118, dans lesquelles la position de l'articulation du collier par rapport à la coque
est réglable.
[0005] La coque et le collier sont généralement formés dans un même matériau plastique,
en particulier un matériau thermoplastique. Le matériau utilisé est rigide, voire
très rigide, éventuellement renforcé de fibres, telles que les fibres de verre ou
de carbone, afin de garantir un bon maintien du pied et de la jambe et des meilleures
performances lors de la pratique du ski. Cependant, de fortes contraintes peuvent
s'appliquer sur l'articulation lors de sa rotation, notamment sur des lors des phases
de flexion/extension de la jambe. L'articulation est en effet très sollicitée, ce
qui peut entrainer des déformations, voire la rupture des matériaux rigides constitutifs
de la coque et du collier. Sur les modèles de chaussures existants, des ruptures sont
d'ailleurs souvent observées au niveau des bras du collier. En effet, le besoin de
rigidité des chaussures impose aux constructeurs de choisir des matériaux qui présentent
une faible déformation élastique et qui sont donc propices à la rupture lorsque trop
de contraintes leur sont appliquées.
[0006] Le problème technique que se propose de résoudre l'invention est donc de mettre au
point des chaussures de ski alpin présentant un meilleur compromis entre rigidité
et gestion des contraintes apparaissant au sein de la structure de la chaussure.
Exposé de l'invention
[0007] Pour résoudre ces problèmes, le Demandeur propose une chaussure de ski alpin comportant
:
- une coque destinée à envelopper au moins une partie du pied d'un utilisateur, et
- un collier destiné au serrage de la partie basse de la jambe de l'utilisateur, le
collier incluant deux bras latéraux de chaque côté de la chaussure, chaque bras portant
un dispositif d'articulation comportant un axe de rotation principal permettant l'articulation
du collier sur la coque.
[0008] Une telle chaussure est caractérisée en ce qu'elle comporte en outre un dispositif
limitateur de débattement comprenant :
- deux surfaces d'appui solidaires respectivement du collier et de la coque, et
- un élément élastique interposé entre lesdites surfaces d'appui.
[0009] Autrement dit, le Demandeur a mis au point une chaussure de ski alpin dont l'articulation
comporte un axe principal, permettant de réaliser effectivement la rotation du collier
par rapport à la coque, et un élément élastique déporté sur une autre partie du bras
du collier. Cet élément élastique se déforme lors de la rotation du collier et exerce
une force de rappel dans la direction opposée à la rotation du collier, ce qui tend
à ramener le collier vers sa position de repos. Ce mouvement de relance permet de
donner plus de souplesse à l'articulation et d'accompagner le rebond du pied et de
la jambe par exemple pendant la pratique du ski.
[0010] En effet, les surfaces d'appui et l'élément élastique sont disposés de telle sorte
qu'un pivotement vers l'avant du collier provoque la compression de l'élément élastique
au contact des surfaces d'appui.
[0011] L'élément élastique peut par exemple être un ressort ou encore un élément viscoélastique
tel qu'une pièce réalisée en un matériau élastomère, comme par exemple du caoutchouc.
Outre sa déformation et sa raideur, un élément viscoélastique présente l'avantage
de pouvoir absorber au moins partiellement les contraintes s'appliquant sur l'articulation
et de dissiper cette énergie absorbée, par exemple sous forme de chaleur.
[0012] Ainsi, il est possible de moduler trois paramètres de l'élément viscoélastique en
fonction de la rigidité des matériaux composant la coque et le collier. Ces trois
paramètres sont la déformation du matériau, sa raideur et son coefficient d'amortissement.
Plus l'élément est déformable, plus le débattement angulaire de la chaussure sera
important, plus l'élément est élastique et plus la force de rappel vers sa position
de repos du collier sera dynamique. Enfin, plus l'élément présente un coefficient
d'amortissement important et plus les contraintes subies par la structure pourront
être absorbées.
[0013] L'élément élastique est alors interposé entre les surfaces d'appui. Ces dernières
peuvent être disposées de diverses manières, comme par exemple perpendiculairement
l'une par rapport à l'autre.
[0014] Cependant, dans un mode de réalisation privilégié, les surfaces d'appui sont planes
et parallèles entre-elles pour que lors de la rotation du collier, elles évoluent
de manière parallèle, exerçant des forces sensiblement égales mais de sens opposé
sur l'élément élastique. La compression de l'élément élastique est alors plus uniforme
et ce dernier ne risque pas d'être arraché ou d'échapper de la zone située entre les
surfaces d'appui.
[0015] En pratique, l'élément élastique est positionné dans un logement ménagé dans la face
externe de la coque, ledit logement présentant des dimensions supérieures aux dimensions
de l'élément élastique pour permettre à celui-ci d'être mobile dans le logement afin
de suivre les mouvements du collier.
[0016] Plusieurs modes de réalisations peuvent être envisagés.
[0017] Dans certains de ces modes de réalisation, le dispositif limitateur de débattement
se présente sous la forme d'un axe secondaire localisé au niveau de la partie inférieure
des bras du collier. Il comporte :
- un écrou dont une première portion est positionnée contre la face interne de la coque
et dont une seconde portion traverse une première ouverture ménagée dans la coque,
et
- une vis dont la tête est positionnée du côté de la face externe des bras et dont le
corps traverse une seconde ouverture, ménagée dans les bras, la vis coopérant avec
l'écrou pour former un axe fixe par rapport à la coque. Cet axe est donc indépendant
de la rotation du collier.
[0018] En particulier, la première portion de l'écrou est positionnée dans un logement ménagé
dans la coque afin de ne pas gêner ou blesser l'utilisateur. En outre, la portion
de l'écrou traversant la première ouverture est nervurée. Ces nervures assurent le
blocage de l'écrou dans la coque. L'écrou peut ainsi être monté en force dans la coque.
Il est alors solidaire de la coque et ne peut effectuer de rotation dans l'ouverture
de la coque.
[0019] Dans un premier mode de réalisation, les surfaces d'appui comprennent d'une part
un ergot faisant saillie de la face interne des bras et d'autre part la vis et/ou
l'écrou, le pivotement vers l'avant du collier provoquant la compression de l'élément
élastique entre l'ergot et la vis et/ou l'écrou.
[0020] En pratique, la seconde ouverture, ménagée dans le collier, est de forme oblongue
et présente une hauteur, mesurée perpendiculairement à la semelle de la chaussure,
qui est supérieure au diamètre du corps de la vis. Ceci permet un débattement vertical
du collier par rapport à la coque. Ce débattement permet un réglage de l'inclinaison
latérale du collier, également appelé «
canting » dans la littérature anglosaxonne. Le réglage du canting permet d'optimiser la prise
de carre en compensant par une inclinaison certaines morphologies, comme par exemple
des jambes arquées.
[0021] Dans un deuxième mode de réalisation, les surfaces d'appui comprennent d'une part
un ergot faisant saillie de la face interne des bras et d'autre part une paroi du
logement recevant l'élément élastique, le pivotement vers l'avant du collier provoquant
la compression de l'élément élastique entre l'ergot et la paroi du logement.
[0022] Dans un troisième mode de réalisation, l'élément élastique est solidaire de la face
interne des bras, les moyens de butée comprennent une paroi du logement recevant l'élément
élastique, le pivotement vers l'avant du collier provoquant la compression de l'élément
élastique contre la paroi du logement.
[0023] Dans un quatrième mode de réalisation, l'élément élastique est solidaire de la face
interne des bras. Les moyens de butée comprennent la vis, le pivotement vers l'avant
du collier provoquant la compression de l'élément élastique contre le corps de la
vis.
Description des figures
[0024] La manière de réaliser l'invention, ainsi que les avantages qui en découlent, ressortiront
bien de la description des modes de réalisation qui suivent, à l'appui des figures
annexées dans lesquelles :
[Fig.1] La figure 1 est une vue de côté montrant la face externe d'une chaussure de
ski alpin selon un premier mode de réalisation de l'invention,
[Fig.2] La figure 2 est une vue de côté montrant la face interne de la chaussure de
ski alpin de la figure 1,
[Fig.3] La figure 3 est une vue de face du dispositif d'articulation de la chaussure
de ski alpin de la figure 1,
[Fig.4] La figure 4 est une vue en perspective éclatée du côté externe du dispositif
d'articulation de la chaussure de ski alpin de la figure 1, et
[Fig.5] La figure 5 est une vue en perspective éclatée du côté interne du dispositif
d'articulation de la chaussure de ski alpin de la figure 1,
[Fig.6] La figure 6 est une vue en coupe du dispositif d'articulation au repos de
la chaussure de ski alpin de la figure 1,
[Fig.7] La figure 7 est une vue en coupe du dispositif d'articulation lors de la rotation
de l'axe de rotation principal de la chaussure de ski alpin de la figure 1,
[Fig.8] La figure 8 est une vue en coupe du dispositif d'articulation au repos selon
un deuxième mode de réalisation de l'invention,
[Fig.9] La figure 9 est une vue en coupe du dispositif d'articulation de la figure
8, lors de la rotation de l'axe de rotation principal de la chaussure de ski alpin,
[Fig. 10] La figure 10 est une vue en coupe du dispositif d'articulation au repos
selon un troisième mode de réalisation de l'invention,
[Fig.11] La figure 11 est une vue en coupe du dispositif d'articulation de la figure
10, lors de la rotation de l'axe de rotation principal de la chaussure de ski alpin,
[Fig. 12] La figure 12 est une vue en coupe du dispositif d'articulation au repos
selon un quatrième mode de réalisation de l'invention,
[Fig.13] La figure 13 est une vue en coupe du dispositif d'articulation de la figure
12, lors de la rotation de l'axe de rotation principal de la chaussure de ski alpin,
[Fig.14] La figure 14 est une vue en perspective du côté externe d'une chaussure de
ski alpin munie d'un dispositif d'articulation selon un cinquième mode de réalisation.
[Fig. 15] La figure 15 est une vue en coupe du dispositif d'articulation de la chaussure
de ski alpin de la figure 14, et
[Fig.16] La figure 16 est une vue en coupe du dispositif d'articulation de la figure
14, lors de la rotation de l'axe de rotation principal de la chaussure de ski alpin.
[0025] Dans les vues en coupe des figures 6 à 13, 15 et 16, la chaussure est orientée de
façon à ce que sa partie avant se trouve à gauche, et sa partie arrière à droite sur
les schémas.
Description détaillée des modes de réalisation
[0026] Tel qu'illustré sur les figures 1 et 2, une chaussure
1000 pour la pratique du ski alpin comporte une semelle
400, surmontée d'une coque
300 et d'un collier
200.
[0027] La coque
300 épouse la forme du pied, tandis que le collier
200 entoure le bas de la jambe. Le collier
200 comporte deux rabats latéraux
205, 206 sur lesquels sont fixés des moyens de réglage
207, 208 du serrage de la chaussure
1000, typiquement des boucles de serrage non représentées sur les figures. D'autres moyens
de réglage peuvent également être présents sur le dessus de la coque
300, mais ceux-ci ne sont pas représentés sur les figures. Les moyens de réglage
207, 208 du serrage de la chaussure
1000 se présentent par exemple sous la forme d'un système de boucles présentes sur l'un
des rabats latéraux
205, 206 venant crocheter des crans de réglage localisés sur le rabat opposé
205, 206.
[0028] Le collier
200 se prolonge au niveau de deux bras
201 latéraux destinés à venir en regard des malléoles de l'utilisateur. Pour ce faire,
les bras
201 ont typiquement une hauteur comprise entre 3 et 7 cm et une largeur comprise entre
3 et 5 cm. Tel qu'illustré sur les figures 1 et 2, les bras
201 peuvent présenter une forme trapézoïdale allongée. Le collier
200 peut alors recouvrir une portion de la coque
300, notamment au niveau des bras
201.
[0029] Le collier
200 est articulé en rotation sur la coque
300 de la chaussure
1000 grâce à un dispositif d'articulation
100. Le collier
200 peut ainsi basculer d'avant en arrière d'un angle de quelques degrés lors des mouvements
de flexion du skieur, notamment pendant la pratique du ski.
[0030] Pour ce faire, tel qu'illustré sur les figures 3 à 5, le dispositif d'articulation
100 comporte un axe de rotation principal
101. Ce dernier est localisé au niveau de la partie supérieure des bras
201 du collier. Une première ouverture de diamètre compris entre 1 et 4 cm est ménagée
dans les bras
201 du collier
200 et une seconde ouverture de diamètre plus réduit, typiquement compris entre 0.2 et
1 cm est ménagée dans la coque
300. Un écrou peut être positionné au niveau de la partie interne de la coque
300, en regard de la seconde ouverture. Une vis est insérée à travers la première et la
seconde ouverture de sorte à coopérer avec l'écrou. L'axe de rotation principal
101 peut également comporter des moyens permettant de maintenir une distance minimale
entre la vis et l'écrou de façon à laisser libre la rotation du collier
200 par rapport à la coque
300. Ces moyens permettent d'éviter que la vis ne frotte sur le collier, et que ce dernier
ne frotte excessivement sur la coque. Ainsi, les efforts générés par le collier ne
s'appliquent pas directement sur la vis ou le contrefort, mais au travers de ces moyens
additionnels. Ces moyens peuvent par exemple être une entretoise et/ou une rondelle.
[0031] Avantageusement, une pièce de finition peut être positionnée à l'extérieur de la
portion terminale du bras du collier, en regard de la seconde ouverture. La pièce
de finition reçoit alors l'appui de la tête de la vis et permet de limiter l'usure
de la portion terminale du bras du collier. La pièce de finition a également un but
d'esthétisme et de protection du dispositif d'articulation des chocs et des rayures.
[0032] Le dispositif d'articulation
100 comporte en outre un dispositif limitateur de débattement
151, par exemple localisé sur la portion inférieure des bras
201. Il existe plusieurs modes de réalisation du dispositif limitateur de débattement
151. Dans tous les cas, ce dernier comporte deux surfaces d'appui
152, 153, 202, 212, 303, 313 solidaires respectivement du collier et de la coque, et un élément élastique
154, 164, 174, 184 interposé entre lesdites surfaces d'appui
152, 153, 202, 212, 303, 313. L'élément élastique peut par exemple être une pièce de caoutchouc ou encore un ressort.
[0033] Selon un premier mode de réalisation illustré aux figures 3 à 7, le dispositif limitateur
de débattement
151 se présente sous la forme d'un axe de liaison secondaire reliant la coque
300 et le collier
200.
[0034] Pour ce faire, une première ouverture
302 de diamètre typiquement compris entre 0.5 et 3 cm est ménagée dans la coque
300 et une seconde ouverture
203 de diamètre compris entre 0.2 et 2 cm est ménagée dans les bras
201 du collier
200. La seconde ouverture
203 peut présenter une empreinte destinée à accueillir la tête d'une vis.
[0035] Un écrou
152 comprenant une première portion de forme ronde ou parallélépipédique, de largeur
comprise entre 1 et 5 cm est positionné au niveau de la face interne de la coque
300. Cette première portion de l'écrou est de plus grandes dimensions que l'ouverture
ménagée dans la coque pour ne pas traverser cette dernière. La première portion de
l'écrou
152 peut également présenter une empreinte coopérant avec un outil permettant de régler
le dispositif limitateur de débattement
151. Dans une autre variante, l'écrou
152 peut être inséré dans un logement
158 de la face interne de la coque, tel qu'illustré sur la figure 5, empêchant sa rotation
et permettant également de limiter l'épaisseur totale du dispositif limitateur de
débattement
151 en ne laissant pas dépasser l'écrou
152 de la face interne de la coque
300. Ceci permet également de ne pas gêner ou blesser l'utilisateur, en évitant la présence
de parties proéminentes à l'intérieur de la chaussure
[0036] L'écrou
152 présente également une seconde portion traversant la première ouverture
302 ménagée dans la coque
300. Cette seconde portion est de préférence de section circulaire ou encore rectangulaire
de diamètre ou longueur compris entre 1 et 3 cm.
[0037] La seconde portion de l'écrou
152 est de forme tubulaire creuse et peut présenter un filetage sur tout ou partie de
sa paroi interne. De préférence, l'écrou
152 présente une longueur totale comprise entre 0.2 et 0.5 cm et une ouverture dimensionnée
pour recevoir une vis
153. Avantageusement, l'écrou
152 est réalisée dans un matériau plastique ou en métal, typiquement en acier. De préférence,
le pourtour de la seconde portion de l'écrou
152 est nervuré. Il peut ainsi être monté en force dans la première ouverture
302 ménagée dans la coque
300. Les nervures permettent ainsi d'éviter que l'écrou
152 ne se désengage ou tourne dans la première ouverture
302. La seconde portion de l'écrou
152 peut dépasser ou non de la première ouverture
302. Selon une variante non représentée, la coque peut être directement taraudée, pour
recevoir la vis
153. L'écrou
152 est ainsi remplacé par le taraudage de la coque.
[0038] Une vis
153 présentant une tête de diamètre typiquement compris entre 0.5 et 3 cm et une longueur
comprise entre 1 et 3 cm est insérée à travers la seconde ouverture
203 ménagée dans les bras
201 du collier. La tête de la vis
153 présente une empreinte coopérant avec un outil permettant de régler le dispositif
limitateur de débattement
151, comme par exemple une clé ou un tournevis. Avantageusement, la vis
153 est réalisée dans un matériau plastique ou en métal, typiquement en acier.
[0039] Le corps de la vis peut présenter un filetage sur tout ou partie de sa longueur.
La vis
153 peut également comporter un frein filet, c'est-à-dire qu'une portion du filetage
est recouverte d'une colle permettant de limiter le jeu, les fuites et la corrosion.
[0040] La vis
153 est ainsi vissée dans la seconde portion de l'écrou
152. L'axe formé par la vis
153 et l'écrou
152 est solidaire de la coque
300 et le collier
200 est mobile par rapport à l'ensemble formé par l'axe et la coque
300. Ainsi, l'ouverture
203 ménagée dans le collier
200 présente de préférence un diamètre supérieur à celui du corps de la vis
153 afin de permettre au collier
200 d'effectuer sa rotation avant ou arrière librement, voire d'avoir également la possibilité
de s'incliner vers la droite ou la gauche par rapport à la coque
300, notamment lorsque le dispositif d'articulation principal
100 comprend une bague de réglage du canting, permettant de modifier l'inclinaison latérale
de la chaussure.
[0041] Un élément élastique est interposé entre le collier
200 et la coque
300. Cet élément élastique peut être un élément viscoélastique
154 réalisé dans un matériau élastomère tel qu'un caoutchouc. L'élément viscoélastique
154 présente une forme sensiblement parallélépipédique avec une largeur comprise entre
2 et 5 cm, une longueur comprise entre 1 et 3 cm et une épaisseur comprise entre 0.1
et 0.7 cm. Avantageusement, les coins de l'élément viscoélastique
154 peuvent être arrondis. Bien entendu, d'autres formes pourraient être envisagées pour
l'élément viscoélastique
154, comme par exemple une forme circulaire. L'élément viscoélastique
154 présente également une ouverture centrale
156 permettant de recevoir le corps de la vis
153 et/ou la seconde portion de l'écrou
152. Dans certains modes de réalisation, l'élément viscoélastique
154 comprend une protubérance
155, de préférence réalisée dans le même matériau que le reste de la pièce. La protubérance
155 présente une hauteur comprise entre 0.5 et 1 cm et coopère avec une lumière
204 ménagée dans les bras
201. La protubérance
155 est ainsi visible depuis l'extérieur de la chaussure
1000. Sa fonction est assimilable à celle d'un repère visuel permettant de vérifier le
bon positionnement de l'élément viscoélastique
154 entre le collier
200 et la coque
300.
[0042] Lorsque le dispositif limitateur de débattement
151 est au repos, tel qu'illustré sur la figure 6, l'élément viscoélastique
154 est positionné au centre d'un logement
301 de la coque, dont la largeur et la longueur sont supérieures aux dimensions de l'élément
viscoélastique
154, afin que ce dernier puisse se mouvoir dans le logement
301 à la fois selon la largeur et la longueur du logement
301. La vis
153 traverse l'ouverture de l'élément viscoélastique
154 et est logée dans l'écrou
152. En variante, c'est l'écrou
152 qui peut être monté en force dans l'ouverture de l'élément viscoélastique
154. Les nervures de l'écrou
152 permettent alors de maintenir l'élément viscoélastique
154 sur la seconde portion de l'écrou
152 pour l'empêcher de s'extraire ou de tourner dans le logement
301.
[0043] Dans ce mode de réalisation, les surfaces d'appui comprennent d'une part un ergot
202 et d'autre part la vis
153 et/ou l'écrou
152 traversant l'élément viscoélastique
154. Ces surfaces d'appui sont sensiblement parallèles l'une par rapport à l'autre. Ainsi,
l'élément viscoélastique se trouve comprimé entre les deux surfaces d'appui.
[0044] L'ergot
202 est positionné sur la face interne des bras du collier
200. L'ergot présente une forme prismatique et est avantageusement dans le même matériau
que le collier, typiquement en matière thermoplastique, par exemple du TPU de hauteur
comprise entre 0.5 et 1 cm. Une arête du prisme est disposée perpendiculairement à
la face supérieure de l'élément viscoélastique
154 et parallèlement à l'axe central de la vis
153. En variante, d'autres formes peuvent être envisagées pour l'ergot
202, dès lors que l'ergot peut former une surface d'appui pour l'élément viscoélastique.
[0045] Au repos, même s'il peut venir à son contact, l'ergot
202 n'exerce pas d'effort sur l'élément viscoélastique
154 et ce dernier n'est donc pas comprimé. En revanche, lors de la rotation du collier
200 vers l'avant par rapport à la coque
300, le collier
200 subit une quasi translation de sa partie basse vers l'arrière correspondant à la
flèche
F, permettant de déplacer l'ergot
202 au contact de l'élément viscoélastique
154. Plus la rotation est importante et plus l'ergot
202 est reculé. Il comprime alors l'élément viscoélastique
154 contre le corps de la vis
153 et/ou de l'écrou
152, tel qu'illustré sur la figure 7.
[0046] De préférence l'ergot
202 s'étend sur toute la largeur de l'élément viscoélastique
154 de sorte à comprimer l'élément viscoélastique
154 de manière uniforme.
[0047] Dans un deuxième mode de réalisation illustré aux figures 8 et 9, le dispositif limitateur
de débattement
161 comporte un élément viscoélastique
164 positionné dans un logement
311 ménagé dans la coque
310. Les surfaces d'appui permettant de comprimer l'élément viscoélastique
164 sont d'une part, l'arête de l'ergot
212 disposée perpendiculairement à la face supérieure de l'élément viscoélastique
154 et d'autre part une paroi latérale
303 du logement
311 ménagé dans la face externe de la coque
300. Ces surfaces d'appui sont sensiblement parallèles l'une par rapport à l'autre.
[0048] Au repos, l'ergot
212 n'est pas en contact avec ou du moins n'exerce pas d'effort sur l'élément viscoélastique
164 et ce dernier n'est donc pas comprimé. En revanche, lors de la rotation du collier
210 vers l'avant, l'arête de l'ergot
212 est déplacée au contact de l'élément viscoélastique
164. Plus la rotation du collier
210 est importante et plus l'ergot
212 est translaté vers l'arrière, selon la flèche
F visible sur la figure 9. Il comprime alors l'élément viscoélastique
164 contre la paroi latérale
303 d'un logement
311, tel qu'illustré sur la figure 9.
[0049] En variante, l'élément viscoélastique
164 peut être positionné au contact d'une protubérance faisant saillie de la coque
310, l'ergot
212 comprime alors l'élément viscoélastique
164 contre la protubérance.
[0050] Le troisième mode de réalisation illustre, aux figures 10 et 11, des surfaces d'appui
avec d'une part, la face interne du collier
220, dont l'élément viscoélastique
174 est rendu solidaire via une vis
173 enfoncée dans un trou borgne de l'élément viscoélastique
174, et d'autre part, une paroi latérale
313 du logement
321 ménagé dans la face externe de la coque
320. Les surfaces d'appui sont ici perpendiculaires.
[0051] Ainsi, au repos, l'élément viscoélastique
174 n'est pas comprimé. En revanche, tel qu'illustré sur la figure 11, lors de la rotation
du collier
220 vers l'avant, l'élément viscoélastique
174 est translaté vers l'arrière selon la flèche
F en même temps que le collier
220, jusqu'à entrer en contact avec la paroi latérale
313 du logement
321. Plus la rotation du collier
220 est importante et plus l'élément viscoélastique
174 est comprimé contre la paroi latérale
313.
[0052] Selon un quatrième mode de réalisation illustré aux figures 12 et 13, le dispositif
limitateur de débattement
181 comporte un élément viscoélastique
184 positionné entre le collier
230 et la coque
330. Les surfaces d'appui permettant de comprimer l'élément viscoélastique
184 sont d'une part, la face interne du collier
230, dont l'élément viscoélastique
184 est solidaire. En effet, une partie seulement de la face supérieure de l'élément
viscoélastique
184 est solidarisée au collier
230. D'autre part, les surfaces d'appui comprennent le corps d'une vis
183 et/ou le corps d'un écrou
184. En variante, la seconde surface d'appui peut être formée par une paroi latérale d'un
logement
331 ménagé dans la face externe de la coque
300 ou encore par une protubérance contre laquelle l'élément viscoélastique
184 vient buter. Les surfaces d'appui sont ici perpendiculaires.
[0053] Ainsi, au repos, l'élément viscoélastique
184 n'est pas comprimé. Tel qu'illustré sur la figure 13, lors de la rotation du collier
230 vers l'avant, l'élément viscoélastique
184 est translaté vers l'arrière selon la flèche
F en même temps que le bas du collier
230, jusqu'à entrer en contact avec le corps de la vis
183. Plus la rotation est importante et plus l'élément viscoélastique
184 est comprimé contre le corps de la vis
183.
[0054] Selon un cinquième mode de réalisation illustré sur les figures 14 à 16, les surfaces
d'appui peuvent être d'une part, la face externe de la coque
340 contre laquelle l'élément viscoélastique
194 est solidarisé au moins en partie au niveau de sa face inférieure et d'autre part,
une paroi latérale du
191 bras du collier
240. Les surfaces d'appui ou plus précisément les surfaces entre lesquelles l'élément
viscoélastique est contraint sont ici perpendiculaires.
[0055] Ainsi, au repos, l'élément viscoélastique
194 n'est pas comprimé. En revanche, tel qu'illustré sur la figure 16, lors de la rotation
du collier
240 vers l'avant, le bras
191 du collier recule selon la flèche F, et entre en contact avec une portion latérale
de l'élément viscoélastique
194. Cette portion latérale de l'élément viscoélastique n'étant pas solidaire de la coque
340, elle peut être comprimée.
[0056] Pour tous ces modes de réalisation, la compression de l'élément élastique
154, 164, 174, 184, 194 permet d'absorber au moins partiellement les contraintes s'appliquant sur le dispositif
d'articulation
100, en particulier sur l'axe principal
101 lors de la rotation du collier
200, 210, 220, 230, 240. En effet, l'élément élastique
154, 164, 174, 184, 194 exerce une force de rappel dans la direction opposée à la rotation du collier
200, 210, 220, 230, 240, ce qui tend à ramener le collier
200, 210, 220, 230, 240 vers sa position de repos. Ce mouvement de relance permet de donner plus de souplesse
à l'articulation et d'accompagner le rebond du pied lors de la pratique du ski.
[0057] En pratique, le choix du matériau de l'élément viscoélastique, et de sa forme et
ses dimensions, ainsi que la géométrie du dispositif permet d'influer sur l'amplitude
du mouvement du collier. Par ailleurs, en sélectionnant un matériau plus ou moins
élastique, on peut influer sur les propriétés de rebond du collier en fin de flexion,
et jouer sur le mouvement de relance pour le mouvement inverse. Le choix du matériau
et de son facteur d'amortissement permet de jouer sur la dissipation d'une partie
de l'énergie cinétique liée au mouvement du collier, par des effets de cisaillement
à l'intérieur de l'élément viscoélastique. On peut ainsi amortir tout ou partie des
vibrations pouvant se propager dans la chaussure lors de la pratique du ski.
[0058] Pour conclure l'invention permet de mettre au point des chaussures de ski alpin présentant
un bon compromis entre rigidité et gestion des contraintes au sein de la structure
lors de la pratique du ski.
1. Chaussure de ski alpin (1000, 2000) comportant :
- une coque (300, 310, 320, 330, 340) destinée à envelopper au moins une partie du
pied d'un utilisateur, et
- un collier (200, 210, 220, 230, 240) destiné au serrage de la partie basse de la
jambe de l'utilisateur, le collier (200, 210, 220, 230, 240) incluant deux bras (201)
latéraux de chaque côté de la chaussure (1000, 2000), chaque bras portant un dispositif
d'articulation (100) comportant un axe de rotation principal (101) permettant l'articulation
du collier (200, 210, 220, 230, 240) sur la coque (300, 310, 320, 330, 340), caractérisée en ce qu'elle comporte en outre un dispositif limitateur de débattement (151, 161, 171, 181,
191) comprenant :
- deux surfaces d'appui (152, 153, 202, 212, 303, 313, 240, 340) solidaires respectivement
du collier (200, 210, 220, 230, 240) et de la coque (300, 310, 320, 330, 340), et
- un élément élastique (154, 164, 174, 184, 194) interposé entre lesdites surfaces
d'appui (152, 153, 202, 212, 303, 313, 240, 340).
2. Chaussure selon la revendication 1, caractérisée en ce que les surfaces d'appui (152, 153, 202, 212, 303, 313, 240, 340) et l'élément élastique
(154, 164, 174, 184, 194) sont disposés de telle sorte qu'un pivotement vers l'avant
du collier (200, 210, 220, 230, 240) provoque la compression de l'élément élastique
(154, 164, 174, 184, 194) au contact des surfaces d'appui (152, 153, 202, 212, 303,
313, 240, 340).
3. Chaussure selon la revendication 1, caractérisée en ce que l'élément élastique (154, 164, 174, 184, 194) est viscoélastique.
4. Chaussure selon la revendication 1, caractérisée en ce que les surfaces d'appui (152, 153, 202, 212, 303, 313, 240, 340) sont planes et parallèles
entre-elles.
5. Chaussure selon la revendication 1, caractérisée en ce que l'élément élastique (154, 164, 174, 184, 194) est positionné dans un logement (301,
311, 321, 331) ménagé dans la face externe de la coque (300, 310, 320, 330, 340),
ledit logement (301, 311, 321, 331) présentant des dimensions supérieures aux dimensions
de l'élément élastique (154, 164, 174, 184, 194).
6. Chaussure selon la revendication 1, caractérisée en ce que l'élément élastique (154, 164, 174, 184, 194) est réalisé en un matériau élastomère.
7. Chaussure selon la revendication 1,
caractérisée en ce que le dispositif limitateur de débattement (151, 161, 171, 181, 191) comporte :
- un écrou (152, 182) dont une première portion est positionnée contre la face interne
de la coque (300, 310, 320, 330, 340) et dont une seconde portion traverse une première
ouverture (302) ménagée dans la coque (300, 310, 320, 330, 340) et
- une vis (153, 173, 183) dont la tête est positionnée du côté de la face externe
des bras (201) et dont le corps traverse une seconde ouverture (203, 213, 223), ménagée
dans les bras (201), la vis coopérant avec l'écrou (152, 182) pour former un axe fixe
par rapport à la coque (300, 310, 320, 330, 340).
8. Chaussure selon la revendication 7, caractérisée en ce que la portion de l'écrou (152, 182) traversant la première ouverture (302) est nervurée.
9. Chaussure selon la revendication 7, caractérisée en ce que les surfaces d'appui comprennent d'une part un ergot (202, 212) faisant saillie de
la face interne des bras (201) et d'autre part la vis (153, 173, 183) et/ou l'écrou
(152, 182), le pivotement vers l'avant du collier (200, 210, 220, 230, 240) provoquant
la compression de l'élément élastique (154, 164, 174, 184, 194) entre l'ergot (202,
212) et la vis (153, 173, 183) et/ou l'écrou (152, 182).
10. Chaussure selon la revendication 5, caractérisée en ce que les surfaces d'appui comprennent d'une part un ergot (202, 212) faisant saillie de
la face interne des bras (201) et d'autre part une paroi (303) du logement (301, 311,
321, 331) recevant l'élément élastique (154, 164, 174, 184, 194), le pivotement vers
l'avant du collier (200, 210, 220, 230, 240) provoquant la compression de l'élément
élastique (154, 164, 174, 184, 194) entre l'ergot (202, 212) et la paroi (303, 313)
du logement (301, 311, 321, 331).
11. Chaussure selon les revendications 5 et 7, caractérisée en ce que l'élément élastique (154, 164, 174, 184, 194) est solidaire de la face interne des
bras (201), et en ce que les moyens de butée comprennent la vis (173), le pivotement vers l'avant du collier
(200, 210, 220, 230, 240) provoquant la compression de l'élément élastique (154, 164,
174, 184, 194) contre le corps de la vis (173).
12. Chaussure selon la revendication 5, caractérisée en ce que l'élément élastique (154, 164, 174, 184, 194) est solidaire de la face interne des
bras (201), les moyens de butée comprennent une paroi du logement (301, 311, 321,
331) recevant l'élément élastique (154, 164, 174, 184, 194), le pivotement vers l'avant
du collier (200, 210, 220, 230, 240) provoquant la compression de l'élément élastique
(154, 164, 174, 184, 194) contre la paroi du logement (301, 311, 321, 331).
13. Chaussure selon la revendication 7, caractérisée en ce que la seconde ouverture (203, 213, 223) est de forme oblongue présentant une hauteur,
mesurée perpendiculairement à la semelle de la chaussure (1000, 2000), qui est supérieure
au diamètre du corps de la vis (153, 173, 183), pour permettre un débattement vertical
du collier (200, 210, 220, 230, 240) par rapport à la coque (300, 310, 320, 330, 340).