Domaine technique :
[0001] La présente invention concerne le domaine des connecteurs électriques haute tension
et plus particulièrement le domaine des connecteurs électriques haute tension pour
le domaine spatial.
Technique antérieure :
[0002] Dans le domaine du spatial, des connecteurs électriques haute tension sont connus
de l'homme de l'art. Par « connecteurs électriques haute tension », on entend ici
et dans la suite de la demande des connecteurs pouvant fonctionner à une tension supérieure
à 5 kV. Il est connu de réaliser un connecteur haute tension via une connectique filaire
directe comportant une brasure des fils dans les modules haute tension et un surmoulage
de ce module afin de réaliser l'isolation électrique.
[0003] Cette technique d'interconnexion au moyen d'un isolant solide permet de rendre la
liaison électrique robuste à toute la gamme de pressions de service allant de la pression
atmosphérique jusqu'au vide profond lors de la mission en orbite.
[0004] Malgré cette excellente fonctionnalité cette technique présente plusieurs inconvénients
:
- Cette opération doit être effectuée par le fabricant de l'EPC ou du TWT et nécessite
une validation par test.
- Elle n'est pas réversible facilement et nécessite un mode de fonctionnement dit de
réparation et oblige de refaire des tests.
- Comme l'EPC et le(les) TWT sont des objets différents qui seront placés dans des zones
thermiques différentes la manutention devient assez complexe et nécessite des moyens
très spécifiques.
[0005] Les nouveaux marchés demandent d'augmenter la compacité du satellite et cette technique
d'interconnexion n'est donc pas ou très difficilement envisageable si on souhaite
augmenter le nombre de TWT branchés sur un seul EPC.
[0006] En effet la partie électronique pouvant être mutualisée afin d'alimenter plus de
deux TWT, la solution actuelle est intrinsèquement limitée et pose de nombreux problèmes
au niveau logistique et au niveau des moyens de production. L'alimentation de plus
de deux TWT est particulièrement critique pour la réalisation de satellites comprenant
une antenne active qui comportent avantageusement un très grand nombre de TWT créant
ainsi une complexité importante de la connectique haute tension.
[0007] Dans le domaine de l'aéronautique, des connecteurs électriques haute tension sont
connus de l'homme de l'art. Ces connecteurs sont conçus pour fonctionner sur une certaine
gamme d'altitudes (du niveau de la mer à souvent 33000 pieds ou 10000m) c'est-à-dire
pour une gamme de pression prédéterminée. Typiquement, les connecteurs de l'aéronautique
sont rendus hermétiques, par exemple au moyen de joints autour du contact électrique,
afin de conserver l'air emprisonné entre les contacts électriques à la pression atmosphérique.
[0008] Cependant, ce type de connecteur n'est pas nécessairement conçu pour fonctionner
pendant une très grande durée de vie (15 ans ou plus) comme cela est nécessaire dans
le domaine du spatial. En effet, en aéronautique, ils seront soumis à un plan de maintenance
entrainant son entretien ou son remplacement. L'utilisation d'un joint d'étanchéité
pose beaucoup de questions sur le comportement du connecteur lors de son dégazage
inévitable pendant une très longue durée d'utilisation. En effet, l'herméticité n'est
pas parfaite et comporte nécessairement une micro fuite qui fera évoluer la pression
interne du connecteur.
[0009] L'invention vise à pallier certains problèmes de l'art antérieur. A cet effet, un
objet de l'invention est un connecteur électrique haute tension pour le domaine spatial
comprenant une portion mâle et une portion femelle destinées à réaliser un contact
électrique. Le connecteur de l'invention est ventilé et présente l'avantage de permettre
de facilement désolidariser la portion mâle et la portion femelle. Par « ventilé »,
on entend ici et dans la suite de la description que le connecteur est apte à être
pompé de manière à atteindre un vide poussé (pression inférieure à 10
-6 mbar) ou moins, particulièrement dans sa région de contact électrique.
Résumé de l'invention :
[0010] A cet effet, un objet de l'invention est connecteur électrique haute tension pour
le domaine spatial comprenant une portion mâle et une portion femelle destinées à
réaliser un contact électrique entre les portions, ladite portion mâle comprenant
:
- une coque externe mâle métallique ;
- un bloc diélectrique mâle encapsulé par la coque mâle et présentant une région structurée
mâle comprenant un renfoncement dit mâle ;
- une partie mâle du contact électrique encastrée au moins partiellement dans le bloc
diélectrique mâle, ladite partie mâle s'étendant selon une direction x, une extrémité
dite mâle de ladite partie mâle étant disposée dans le renfoncement mâle,
la portion femelle comprenant :
- une coque externe femelle métallique
- un bloc diélectrique femelle encapsulé par la coque femelle et présentant une région
structurée femelle comprenant un renfoncement femelle
- une partie femelle du contact électrique encastrée au moins partiellement dans le
bloc diélectrique femelle, ladite partie femelle s'étendant selon la direction x,
une extrémité dite femelle de ladite partie femelle étant disposée dans le renfoncement
femelle, ladite extrémité femelle étant adaptée pour que ladite extrémité mâle puisse
s'emboiter dans ladite extrémité femelle pour créer le contact électrique,
un ensemble formé ladite partie mâle, ladite partie femelle, ledit renfoncement mâle
et ledit renfoncement femelle étant dénommé connecteur élémentaire,
la coque externe mâle ou femelle présentant au moins une ouverture, la région structurée
mâle présentant une forme complémentaire à une forme de la région structurée femelle,
de sorte que la région structurée mâle soit apte à s'insérer dans la région structurée
femelle ou inversement pour permettre le contact électrique et de manière à créer
un conduit de fuite entre la région structurée femelle et la région structurée mâle
permettant une circulation de l'air compris entre la région structurée femelle et
la région structurée mâle jusqu'à ladite au moins une ouverture.
[0011] Selon un mode de réalisation du dispositif de l'invention, le conduit de fuite constitue
l'unique moyen de circulation de l'air compris entre la région structurée femelle
et la région structurée mâle jusqu'à l'extérieur dudit connecteur.
[0012] Selon un mode de réalisation du dispositif de l'invention, une portion du conduit
de fuite dans lequel est disposé le contact électrique, s'étend dans la direction
x, de sorte que ladite portion soit sensiblement perpendiculaire à des lignes de champ
associé audit contact électrique. De manière préférentielle, une épaisseur du conduit
de fuite est suffisament petite pour qu'il n'existe pas de claquage électrique dans
l'air à une pression de 1 Pa au sein du conduit de fuite
[0013] Selon un mode de réalisation du dispositif de l'invention, la région structurée mâle
est adaptée pour qu'une ligne de fuite dite mâle entre le contact électrique et la
coque externe male, passant par une surface du conduit de fuite comprise dans le bloc
diélectrique mâle, présente une longueur supérieure à une distance de claquage diélectrique
prédéterminée et associée à ladite tension prédéterminée, à pression atmosphérique,
et dans lequel la région structurée femelle est adaptée pour qu'une ligne de fuite
dite femelle entre le contact électrique et la coque externe femelle passant par une
surface du conduit de fuite comprise dans le bloc diélectrique femelle présente une
longueur supérieure à ladite distance de claquage diélectrique prédéterminée. De manière
préférentielle, la ligne de fuite mâle présente une longueur supérieure à 1.2 cm et
la ligne de fuite femelle présente une longueur supérieure à 1.2 cm, pour une tension
prédéterminée de 7 kV.
[0014] Selon un mode de réalisation du dispositif de l'invention, le nombre d'ouvertures
et la dimension des ouvertures sont adaptés en fonction d'un volume du conduit de
fuite, de sorte qu'il soit possible d'obtenir un vide poussé dans le conduit de fuite
en un temps prédéterminée.
[0015] Selon un mode de réalisation du dispositif de l'invention, le renfoncement mâle et
femelle sont en forme de cylindre creux.
[0016] Selon un mode de réalisation du dispositif de l'invention, le dispositif comprend
une pluralité de connecteurs élémentaires. De manière préférentielle, lesdits connecteurs
élémentaires sont disposés de manière à former une ligne ou une matrice. De manière
encore préférentielle, le dispositif comprend un premier connecteur élémentaire et
un deuxième connecteur élementaire alignés selon une direction y perpendicuaire à
x, partageant un même conduit de fuite, et dans lequel une ligne de fuite dite intercontact
mâle, entre le contact électrique du premier connecteur élémentaire et le contact
électrique du connecteur deuxième élémentaire, passant par une surface du conduit
de fuite comprise dans le bloc diélectrique mâle présente une longueur supérieure
à une distance de claquage diélectrique prédéterminée, et associée à la tension prédéterminée,
à pression atmosphérique, et dans lequel une ligne de fuite dite intercontact femelle
entre le contact électrique du premier connecteur élémentaire et le contact électrique
du deuxième connecteur élémentaire passant par une surface du conduit de fuite comprise
dans le bloc diélectrique femelle présente une longueur supérieure à ladite distance
de claquage prédéterminée.
Brève description des figures :
[0017] D'autres caractéristiques, détails et avantages de l'invention ressortiront à la
lecture de la description faite en référence aux dessins annexés donnés à titre d'exemple
et qui représentent, respectivement :
[Fig.1A], [Fig.1B] et [Fig.1C], une vue schématique en coupe selon un plan (x, y) de, respectivement, la portion mâle, la portion femelle et le connecteur selon l'invention,
[Fig.1D], une représentation graphique de la courbe de Paschen dans l'air,
[Fig.2], un agrandissement du connecteur élémentaire du connecteur selon l'invention,
[Fig.3], un vue schématique du connecteur selon un mode de réalisation comprenant
un premier connecteur élémentaire et un deuxième connecteur élementaire alignés selon
une direction y, et partageant un même conduit de fuite,
[Fig.4], une vue schématique du connecteur selon un mode de réalisation.
[0018] Dans les figures, sauf contre-indication, les éléments ne sont pas à l'échelle.
Description détaillée :
[0019] L'invention porte sur connecteur électrique 1 haute tension pour le domaine spatial
comprenant une portion mâle M et une portion femelle F destinées à réaliser un contact
électrique CE. Les figures 1A, 1B et 1C illustrent schématiquement une vue en coupe
selon un plan (
x,
y) de, respectivement, la portion mâle M, la portion femelle F et le connecteur 1 selon
l'invention, avec la portion mâle M et la portion femelle F enfichées. Comme cela
sera plus clairement expliqué plus loin, le connecteur de l'invention est ventilé
et permet de facilement désolidariser la portion mâle et la portion femelle. En outre,
il est apte à être utilisé à pression atmosphérique et sous vide poussé, pendant une
très longue durée de vie (supérieure à 15 ans). Cependant, il n'est pas fonctionnel
durant la dépressurisation, c'est-à-dire pendant la mise sous vide poussé, à partir
d'une pression atmosphérique et avant d'atteindre le vide poussé.
[0020] Dans le connecteur de l'invention, la portion mâle M comprend une coque externe mâle
métallique CM et la portion femelle F comprend une coque externe femelle métallique
CF. Ces coques CM et CF sont des coques de protection connues de l'homme de l'art.
[0021] La portion mâle M comprend de plus un bloc diélectrique mâle DM encapsulé par la
coque mâle CM. Le bloc DM est par exemple en Polyétheréthercétone (aussi appelé PEEK)
ou encore en tout matériaux diélectriques connus de l'homme de l'art. Le bloc DM présente
en outre une région structurée dite mâle RSM comprenant un renfoncement dit mâle RM.
[0022] En outre, la portion mâle M comprend une partie mâle PM du contact électrique CE,
encastrée au moins partiellement dans le bloc diélectrique DM. La partie mâle comprend
une extrémité dite mâle EM qui est disposée dans le renfoncement mâle RM. Cette partie
mâle PM est connue de l'homme de l'art et est adaptée pour être reliée à une alimentation
haute tension (non représentée dans les figures 1A-1C). Dans l'invention, par convention,
la partie mâle s'étend selon la direction x.
[0023] La portion F comprend elle aussi un bloc diélectrique femelle DF encapsulé par la
coque femelle CF et présentant une région structurée femelle RSF comprenant un renfoncement
femelle RF. Ce bloc DF est lui aussi un isolant électrique qui va permettre, via sa
coopération avec le bloc DM, d'assurer un bon fonctionnement électrique du connecteur
1 à la pression atmosphérique et sous vide poussé.
[0024] De plus, la portion F comprend une partie femelle PF du contact électrique CE, encastrée
au moins partiellement dans le bloc diélectrique femelle DF et s'étendant selon la
direction x. Afin de réaliser le contact électrique, une extrémité dite femelle EF
de la partie femelle est disposée dans le renfoncement femelle RF et l'extrémité femelle
EF est adaptée pour que l'extrémité mâle EM puisse s'emboiter dans l'extrémité femelle
EF pour créer le contact électrique CE. Le contact électrique CE est défini comme
la zone de contact entre l'extrémité mâle EM et l'extrémité femelle EF. Le principe
de création de contact électrique à partir d'une extrémité mâle EM et d'une extrémité
femelle EF, apte à être emboitées l'une dans l'autre, est bien connu de l'homme de
l'art.
[0025] On dénomme connecteur élémentaire CNE., un ensemble formé par la partie mâle PM,
la partie femelle PF, le renfoncement mâle RM et le renfoncement femelle RF.
[0026] De manière essentielle, dans le connecteur de l'invention, la coque externe mâle
CM ou femelle CF présente au moins une ouverture O traversant la coque et débouchant
sur l'extérieur du connecteur. Ces ouvertures, aussi appelées « trous d'évents »,
permettent de mettre sous vide poussé le connecteur 1 afin de réaliser son isolation
électrique. A titre d'exemple illustratif, dans les figures 1A-1C, la coque CM comprend
deux ouvertures O. Alternativement, selon un autre mode de réalisation, la coque CM
comprend un nombre d'ouvertures différent de deux.
[0027] Enfin, dans le connecteur 1, la région structurée mâle RSM présente une forme complémentaire
à une forme de la région structurée femelle RSF, de sorte que la région structurée
mâle soit apte à s'insérer dans la région structurée femelle ou inversement. En outre,
les deux régions structurées sont configurées pour, lorsque insérées l'une dans l'autre,
permettre le contact électrique CE et la création un conduit de fuite AC entre la
région structurée femelle et la région structurée mâle. Ce conduit permet la circulation
de l'air compris entre la région structurée femelle et la région structurée mâle jusqu'à
l'ouverture. Dans le connecteur, le conduit de fuite AC constitue l'unique moyen de
circulation de l'air compris entre la région structurée femelle et la région structurée
mâle jusqu'à l'extérieur du connecteur.
[0028] Il est entendu que l'emboîtement de l'extrémité mâle EM et de l'extrémité femelle
EF, et la création du conduit de fuite AC est permis à la fois par l'insertion des
régions RSM et RSF mais aussi par la coopération des coques mâle CM et femelle CF.
C'est-à-dire que la coque mâle CM et femelle CF présentent chacune une structure 3D
autorisant la création du conduit AC, et évitant par exemple qu'une portion en saillie
de la région RSF soit en contact avec la région RSM, ce qui boucherait le conduit
AC.
[0029] Le conduit de fuite AC de l'invention présente plusieurs avantages :
- il permet d'atteindre le vide poussé dans le connecteur et plus précisément dans le
conduit de fuite AC où est disposé le contact électrique. Cela garantie une isolation
électrique du connecteur sous vide poussé. En effet, dans ce régime de pression, le
libre parcours moyen des électrons potentiellement arrachés au contact électrique
CE est trop grand : il n'y a plus assez d'atomes de gaz sur leur chemin pour déclencher,
par collisions avec ceux-ci, l'effet d'avalanche qui transforme le gaz en plasma et
qui induit le claquage électrique dans l'air.
- en régime de pression atmosphérique, il permet d'éviter un claquage diélectrique entre
le contact électrique CE et la coque externe mâle CM passant à la surface du bloc
diélectrique DM d'une part, et entre le contact électrique CE et la coque externe
femelle CF passant à la surface du bloc diélectrique DF. Cela protège le connecteur
à pression atmosphérique d'autre part. On appelle ici « claquage diélectrique », ou
« cheminement », le processus qui produit une piste partiellement conductrice sur
la surface d'un matériau isolant suite à des décharges électriques sur ou à proximité
d'une surface d'isolation. De plus, le conduit AC permet d'éviter un claquage électrique
dans l'air entre le contact électrique CE et la coque externe mâle CM et entre le
contact électrique CE et la coque externe femelle CF. Ces caractéristiques seront
détaillées plus loin.
- préférentiellement, il permet un fonctionnement électrique correct (c'est-à-dire sans
création de claquage électrique dans l'air) du connecteur même lors une remontée en
pression accidentelle jusqu'à 1 Pa. Cette condition dépend spécifiquement de la structure
de la portion du conduit de fuite dans lequel est disposé le contact électrique (voir
plus loin).
[0030] Le connecteur de l'invention présente donc une structure ingénieuse qui permet de
facilement désolidariser la portion mâle et la portion femelle et qui est apte à être
utilisé à la pression atmosphérique et sous vide poussé pendant d'une très longue
durée de vie (supérieure à 15 ans). Il est donc particulièrement adapté pour la réalisation
de satellites comprenant une antenne active comportant un très grand nombre de TWT.
[0031] La figure 1D est une représentation générale graphique de la courbe de Paschen dans
l'air, c'est-à-dire la courbe qui précise la tension de claquage dans l'air pour une
tension entre deux électrodes séparées d'une distance d et pour une pression
p. Cette figure va permettre d'expliciter le fonctionnement du connecteur dans le régime
de pression atmosphérique (région R1), dans le régime de dépressuration (région R2)
et sous vide poussé (région R3). Dans le connecteur enfiché de la figure 1C, la distance
d correspond à la plus petite distance dans l'air entre le contact électrique CE et
la coque externe mâle CM ou entre le contact électrique CE et la coque externe femelle
CF.
[0032] Sur la figure 1D, à titre d'exemple non limitatif, est représentée une droite horizontale
qui correspond à une tension de fonctionnement prédéterminée du connecteur égale à
7 kV. La courbe de la figure 1D illustre le fait qu'il existe nécessairement une gamme
de valeur
p×
d d'environ [2.5
Torr. cm; 10
2 Torr. cm] (région R2) pour laquelle on obtient un claquage dans l'air, pour une tension
de fonctionnement de 7 kV.
[0033] À droite et en dessous de la courbe de Paschen, (portion R1 de la figure 1D) l'air
est un isolant disposant d'une tension de claquage supérieure à la tension de fonctionnement
prédéterminée. Il n'y a pas assez d'électrons libres arrachés à la connection électrique
CE et leur libre parcours moyen est trop faible pour qu'ils accélèrent suffisamment
entre deux collisions : leur énergie cinétique est insuffisante pour ioniser le gaz
et ainsi créer un claquage. Ce régime correspond au fonctionnement souhaité du connecteur
1 à pression atmosphérique.
[0034] Pour cela, à pression atmosphérique, il est nécessaire d'éviter un cheminement entre
la coque CM et le contact CE passant à la surface du bloc DM. Ainsi, selon un mode
de réalisation de l'invention, la région structurée mâle est adaptée pour qu'une ligne
de fuite dite mâle LM entre le contact électrique et la coque externe male, passant
par une surface du conduit de fuite comprise dans le bloc diélectrique mâle, présente
une longueur supérieure à une distance de claquage diélectrique prédéterminée et associée
à la tension prédéterminée de fonctionnement du connecteur, à pression atmosphérique.
Cette distance de claquage diélectrique prédéterminée correspond à la distance maximale
entre deux électrodes, passant par la surface d'un isolant pour laquelle le cheminement
à lieu entre les deux électrodes, pour une tension donnée et une pression donnée.
Cette distance de claquage diélectrique est déterminée par des règles standard (voir
par exemple paragraphe 5.1.10 de l'ECSS-E-HB-20-05A).
[0035] De même, afin d'éviter un cheminement entre la coque CF et le contact CE, passant
à la surface du bloc DF, la région structurée femelle est adaptée pour qu'une ligne
de fuite dite femelle LF entre le contact électrique CE et la coque externe femelle
CF passant par une surface du conduit de fuite AC comprise dans le bloc diélectrique
femelle DF présente une longueur supérieure à la distance de claquage diélectrique
prédéterminée.
[0036] De manière préférentielle, la ligne de fuite mâle et la ligne de fuite femelle présentent
une longueur supérieure à 1.2 cm, pour une tension prédéterminée de 7 kV afin d'éviter
l'apparition du phénomène de cheminement.
[0037] On note que la condition concernant la longueur des lignes LM et LF permet nécessairement
d'éviter l'apparition de claquage dans l'air à cette pression entre le contact électrique
CE et la coque externe mâle CM d'une part et la coque externe femelle CF d'autre part.
En effet, le claquage dans l'air a lieu pour une tension supérieure au cheminement
(ou une distance inférieure entre deux électrodes), donc si on évite le cheminement,
on évite le claquage dans l'air.
[0038] Lorsque la pression de l'air diminue, on intercepte la courbe de Paschen (portion
R2 de la figure 1D) et la décharge électrique apparait si le connecteur est sous tension.
Ce régime correspond à la depressuration (ie : mise sous vide) du connecteur, dans
lequel le connecteur de l'invention ne fonctionne pas et n'est pas mis sous tension.
[0039] Si la pression continue de descendre, on est alors en dessous et à gauche de la courbe
de Paschen (portion R3 de la figure 1D). Le libre parcours moyen des électrons devient
cette fois trop grand : il n'y a plus assez d'atomes de gaz sur leur chemin pour déclencher,
par collisions avec ceux-ci, l'effet d'avalanche qui transforme le gaz en plasma et
génère le claquage. Ce régime correspond au fonctionnement sous vide poussé du connecteur.
Dans ce régime, le vide poussé fait donc office d'isolant.
[0040] Dans l'invention, la région mâle RSM et la région femelle RSF peuvent présenter n'importe
quelle forme sans sortir du cadre de l'invention tant que la région mâle RSM soit
apte s'insérer dans la région femelle RSF ou inversement, de manière à créer le conduit
de fuite AC. Ainsi, selon le mode de réalisation illustré dans la figure 1C, la région
mâle RSM est structurée de manière à présenter des créneaux dans le plan (x,y) qui
sont en renfoncement par rapport au reste du bloc diélectrique DM et la région femelle
RSF est structurée de manière à présenter des créneaux dans le plan (x,y) qui font
saillies par rapport au reste du bloc diélectrique DF. Alternativement, selon un autre
mode de réalisation, la région femelle RSF est structurée de manière à présenter des
créneaux dans le plan (
x,
y) qui sont en renfoncement par rapport au reste du bloc diélectrique DF et la région
mâle RSM est structurée de manière à présenter des créneaux dans le plan (
x,
y) qui font saillies par rapport au reste du bloc diélectrique DM. Selon un autre mode
de réalisation, la région femelle RSF et la région mâle RSM présente une structure
dans le plan (
x,
y) qui présente à la fois des renfoncements et des portions en saillies par rapport
au reste du bloc diélectrique DF et DM respectivement.
[0041] En outre, selon un mode de réalisation de l'invention, différent de celui illustré
en figure 1C, les régions RSM et RSF sont telles que leur coupe selon le plan (
x,
y) présente des structures qui ne sont pas en forme de créneaux rectangulaires ou carrés
mais qui sont par exemple être en forme de triangle ou bien toute autre forme connue
de l'homme de l'art, tant que la région mâle RSM soit apte s'insérer dans la région
femelle RSF ou inversement, de manière à créer le conduit de fuite AC et permettre
le contact électrique CE.
[0042] De même, la forme spécifique des renforcements RF et RM n'est pas pertinente pour
l'invention tant que la région mâle RSM est apte à s'insérer dans la région femelle
RSF. A titre d'exemple non limitatif, les renforcements RF et RM sont en forme de
cylindre creux à base carrée, à base circulaire, ou encore à base polygonale.
[0043] Dans l'invention, il faut que la région structurée mâle RSM ne soit pas en contact
avec la région structurée femelle RSF à défaut de sceller le conduit de fuite AC.
Cela pourrait empêcher d'atteindre le vide poussé dans le connecteur 1 et/ou pourrait
perturber la protection du connecteur contre le claquage électrique.
[0044] De manière préférentielle, le nombre d'ouvertures et la dimension des ouvertures
sont adaptés en fonction du volume du conduit de fuite, de sorte qu'il soit possible
d'obtenir un vide poussé dans le conduit de fuite (ou encore un équilibre des pressions
entre le conduit de fuite et l'extérieur du connecteur) en un temps prédéterminée.
Ce temps prédéterminé est défini par le cahier des charges de l'utilisateur et par
des normes liées au domaine d'utilisation.
[0045] Préférentiellement, la région RSM et la région RSF présente une struturation permettant
de limiter les effets de pointes liés à leur volume. Ainsi, préférentiellement, la
région RSM et la région RSF sont tels que les arrêtes du canal de fuite sont arrondies.
[0046] La figure 2 illustre schématiquement un agrandissement du connecteur élémentaire
CNE du connecteur 1. Dans cette figure 2 est représentée la portion PAC du conduit
de fuite AC où est disposé le contact électrique CE. On note D, la distance selon
une direction y perpendiculaire à x entre le contact électrique CE et une surface
de la portion du conduit de fuite PAC. En outre, sur la figure 2, on a représenté
les lignes de champs LC associées au contact électrique CE. Ces lignes de champs dépendent
bien entendu de la géométrie du contact électrique et représentent la direction du
vecteur traduisant l'action à distance subie par une charge électrique. C'est-à-dire
qu'un électron arraché en un point donné du conctact CE suivra la direction de la
ligne de champ LC associé à ce point.
[0047] Selon un mode de réalisation préféré de l'invention, la portion du conduit de fuite
PAC s'étend dans la direction x, comme cela est illustré dans la figure 2, de sorte
que ladite portion soit sensiblement perpendiculaire aux lignes de champ LC associées
au contact CE qui sont selon la direction y dans l'exemple de la figure 2. Cette caractéristique
est particulièrement intéressante pour rendre le connecteur 1 résistant à une remontée
en pression accidentelle à partir du vide poussé. En effet, cet arrangement du conduit
PAC permet d'artificiellement limiter le libre parcours moyen des électrons arrachés
au contact CE, empéchant ainsi qu'ils puissent accélèrer suffisamment entre deux collisions
pour ioniser le gaz et ainsi créer un claquage, car les électrons ainsi arrachés vont
être « stoppés » par les parois diélectriques de la portion PAC du conduit. Le paramètre
clé controlant le libre parcours moyen des électrons arrachés est la distance D entre
deux surfaces opposées du conduit de fuite. Autrement dit, D est l'épaisseur du conduit
de fuite formé par les régions RSM et RSF. Plus D est petit, plus les parois diélectriques
du conduit de fuite sont suceptibles de limiter l'accélération des électrons arrachés.
Ainsi, une remontée en pression qui serait susceptible de faire passer le connecteur
de la région R3 de la figure 1D à la région R2 et provoquer un claquage ne nuit pas
au fonctionnement électrique du connecteur. Il est entendu que ceci n'est vrai que
pour une remontée en pression relativement faible et dépendant de la tension de fonctionnement
prédéterminée. De manière encore préférentielle, il est souhaitable que le connecteur
fonctionne correctement pour une remontée en pression allant jusqu'à 1 Pa. Pour cela,
la distance D est choisie pour être suffisament petite de sorte qu'il n'existe pas
de claquage électrique dans l'air à une pression de 1 Pa au sein du conduit de fuite.
[0048] Selon un mode de réalisation préféré de l'invention noté MP, le connecteur de l'invention
comprend une pluralité de connecteurs élémentaires CNE, par exemple disposés de manière
à former une ligne ou une matrice. Cela permet de maximiser le nombre de signaux transmis
par le connecteur 1.
[0049] La figure 3 illustre schématiquement un exemple du mode de réalisation MP dans lequel
le connecteur 1 comprend un premier connecteur élémentaire CNE1 et un deuxième connecteur
élementaire CNE2 alignés selon la direction y, partageant un même conduit de fuite
AC. Dans l'exemple de la figure 3, il est essentiel que l'introduction de deux connecteurs
élémentaires CNE1 et CNE2 dans le même conduit AC ne provoque pas de cheminement ou
de claquage dans l'air. Pour éviter l'apparition de ces phénomènes, une ligne de fuite
dite intercontact mâle LIM, entre le contact électrique CE1 du premier connecteur
élémentaire CNE1 et le contact électrique CE2 du deuxième connecteur élémentaire CNE2,
passant par une surface du conduit de fuite comprise dans le bloc diélectrique mâle
présente une longueur supérieure à la distance de claquage diélectrique prédéterminée.
De même, une ligne de fuite dite intercontact femelle entre le contact électrique
du premier connecteur élémentaire et le contact électrique du deuxième connecteur
élémentaire passant par une surface du conduit de fuite comprise dans le bloc diélectrique
femelle présente une longueur supérieure à la distance de claquage diélectrique prédéterminée.
Ainsi, le connecteur de la figure 3 permet de transmettre un plus grand nombre de
signaux tout en conservant un fonctionnement électrique optimal.
[0050] La figure 4 illustre schématiquement le connecteur 1 selon un mode de réalisation
de l'invention, avec la portion mâle M et la portion femelle F enfichées. A titre
d'exemple non limitatif, la coque externe mâle CM comprend 2 ouvertures O placées
sur chacune des petites faces latérales de la coque CM. Le connecteur de la figure
4 est simple, peu encombrant et permet de facilement desolidariser la portion mâle
de la portion femelle. A titre d'exemple non limtatif, le connecteur 1 présente typiquement
une dimension de 85x16x55mm.
1. Connecteur électrique (1) haute tension pour le domaine spatial comprenant une portion
mâle (M) et une portion femelle (F) destinées à réaliser un contact électrique (CE)
entre les portions, ladite portion mâle comprenant :
- une coque externe mâle métallique (CM);
- un bloc diélectrique mâle (DM) encapsulé par la coque mâle et présentant une région
structurée mâle (RSM) comprenant un renfoncement dit mâle (RM) ;
- une partie mâle (PM) du contact électrique encastrée au moins partiellement dans
le bloc diélectrique mâle, ladite partie mâle s'étendant selon une direction x, une
extrémité dite mâle de ladite partie mâle étant disposée dans le renfoncement mâle,
la portion femelle (F) comprenant :
- une coque externe femelle métallique (CF)
- un bloc diélectrique femelle (DF) encapsulé par la coque femelle et présentant une
région structurée femelle (RSF) comprenant un renfoncement femelle (RF);
- une partie femelle (PF) du contact électrique encastrée au moins partiellement dans
le bloc diélectrique femelle, ladite partie femelle s'étendant selon la direction
x, une extrémité dite femelle (EF) de ladite partie femelle étant disposée dans le
renfoncement femelle, ladite extrémité femelle étant adaptée pour que ladite extrémité
mâle puisse s'emboiter dans ladite extrémité femelle pour créer le contact électrique
(CE),
un ensemble formé ladite partie mâle, ladite partie femelle, ledit renfoncement mâle
et ledit renfoncement femelle étant dénommé connecteur élémentaire (CNE),
la coque externe mâle ou femelle présentant au moins une ouverture (O), la région
structurée mâle présentant une forme complémentaire à une forme de la région structurée
femelle, de sorte que la région structurée mâle soit apte à s'insérer dans la région
structurée femelle ou inversement pour permettre le contact électrique et de manière
à créer un conduit de fuite (AC) entre la région structurée femelle et la région structurée
mâle permettant une circulation de l'air compris entre la région structurée femelle
et la région structurée mâle jusqu'à ladite au moins une ouverture.
2. Dispositif selon la revendication précédente, dans lequel le conduit de fuite constitue
l'unique moyen de circulation de l'air compris entre la région structurée femelle
et la région structurée mâle jusqu'à l'extérieur dudit connecteur.
3. Dispositif selon l'une quelconques des revendications précédentes, dans lequel une
portion du conduit de fuite (PAC) dans lequel est disposé le contact électrique, s'étend
dans la direction x , de sorte que ladite portion soit sensiblement perpendiculaire à des lignes de champ
(LC) associé audit contact électrique.
4. Dispositif selon la revendication précédente, dans lequel une épaisseur du conduit
de fuite est suffisament petite pour qu'il n'existe pas de claquage électrique dans
l'air à une pression de 1 Pa au sein du conduit de fuite
5. Dispositif selon l'une quelconques des revendications précédentes, dans lequel la
région structurée mâle est adaptée pour qu'une ligne de fuite dite mâle (LM) entre
le contact électrique et la coque externe male, passant par une surface du conduit
de fuite comprise dans le bloc diélectrique mâle, présente une longueur supérieure
à une distance de claquage diélectrique prédéterminée et associée à ladite tension
prédéterminée, à pression atmosphérique,
et dans lequel la région structurée femelle est adaptée pour qu'une ligne de fuite
dite femelle (LF) entre le contact électrique et la coque externe femelle passant
par une surface du conduit de fuite comprise dans le bloc diélectrique femelle présente
une longueur supérieure à ladite distance de claquage diélectrique prédéterminée.
6. Dispositif selon la revendication précédente, dans lequel la ligne de fuite mâle présente
une longueur supérieure à 1.2 cm et la ligne de fuite femelle présente une longueur
supérieure à 1.2 cm, pour une tension prédéterminée de 7 kV.
7. Dispositif selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel le nombre
d'ouvertures et la dimension des ouvertures sont adaptés en fonction d'un volume du
conduit de fuite, de sorte qu'il soit possible d'obtenir un vide poussé dans le conduit
de fuite en un temps prédéterminée.
8. Dispositif selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel le renfoncement
mâle et femelle sont en forme de cylindre creux.
9. Dispositif selon l'une quelconque des revendications précédentes, comprenant une pluralité
de connecteurs élémentaires.
10. Dispositif selon la revendication précédente, dans lequel lesdits connecteurs élémentaires
sont disposés de manière à former une ligne ou une matrice.
11. Dispositif selon la revendication précédente, comprenant un premier connecteur élémentaire
(CNE1) et un deuxième connecteur élementaire (CNE2) alignés selon une direction y
perpendicuaire à x, partageant un même conduit de fuite, et dans lequel une ligne
de fuite dite intercontact mâle (LIM), entre le contact électrique (CE1) du premier
connecteur élémentaire (CNE1) et le contact électrique (CE2) du connecteur deuxième
élémentaire (CNE2), passant par une surface du conduit de fuite comprise dans le bloc
diélectrique mâle présente une longueur supérieure à une distance de claquage diélectrique
prédéterminée, et associée à la tension prédéterminée, à pression atmosphérique,
et dans lequel une ligne de fuite dite intercontact femelle entre le contact électrique
du premier connecteur élémentaire et le contact électrique du deuxième connecteur
élémentaire passant par une surface du conduit de fuite comprise dans le bloc diélectrique
femelle présente une longueur supérieure à ladite distance de claquage prédéterminée.