1. DOMAINE DE L'INVENTION
[0001] L'invention concerne la mesure de l'activité d'un véhicule, tel qu'un engin agricole
ou une machine industrielle. L'invention concerne plus particulièrement le fait que
la mesure s'effectue à l'aide d'un module électronique enregistrant les variations
d'état d'un détecteur monté sur un élément de ce matériel.
2. ARRIÈRE-PLAN TECHNOLOGIQUE
[0002] Le domaine de l'invention est celui de la mesure de l'activité d'un véhicule, typiquement
un engin agricole (outil de labour, de semi, tonne à lisier, remorque, ...). Dans
ce domaine, il est usuel d'acheter en commun un engin et de partager son utilisation
entre plusieurs propriétaires. Une manière de mutualiser l'achat de l'engin (ou de
payer sa location) consiste à mesurer son activité par chaque utilisateur et à facturer
en fonction de cette activité. Il est ainsi possible de facturer en fonction de l'usage
du véhicule, par exemple en utilisation en CUMA ou ETA. Pour cela et dans un passé
déjà lointain, les utilisateurs utilisent un registre papier et note sur ce registre
des informations telles que : heure de départ et de fin de l'activité, nombre de kilomètres
parcourus ou d'hectares réalisés pendant ce laps de temps. Cette méthode nécessite
une saisie manuelle sur carnet puis une ressaisie sur support numérique pour pouvoir
générer les documents de contrôle de gestion ou de facturation. Ces saisies successives
sont sources d'erreur (volontaire ou non) et de perte de temps. De plus, cette méthode
se base sur un système déclaratif que l'on peut contourner par de fausses déclarations.
[0003] Plus récemment, sont apparus des capteurs appelés « hubodomètres ». Ces appareils
se montent sur le moyeu de l'essieu d'un véhicule roulant pour comptabiliser le nombre
de tours. En multipliant le diamètre des roues montés sur cet essieu et le nombre
de tours de ce dernier, ces appareils calcule la distance parcourue par ce véhicule.
Le nombre de tours d'essieu est déterminé en détectant les variations d'un champ magnétique
généré par un aimant monté sur l'essieu, un cycle de croissance et de décroissance
dudit champ correspondant à une rotation. Ces appareils disposent d'une batterie et
d'une interface utilisateur qui permet d'introduire le diamètre des roues et qui affiche
sur un écran la distance parcourue. Les utilisateurs peuvent relever les nombres apparaissant
sur l'écran et les noter sur un cahier. Ce capteur n'élimine pas les risques d'erreurs
du fait du relevé visuel d'un écran qui peut être sali par l'environnement du véhicule
et du fait de saisies manuelles.
[0004] D'autres capteurs existent dont le mode de fonctionnement se base sur la distance
calculée à l'aide d'un module de géolocalisation, de type GPS par exemple (de l'anglais
: Global Positioning System). Ces capteurs disposent d'une unité centrale qui enregistre
les déplacements en fonction des changements de localisation indiquée par le module
GPS, et d'une interface de communication radio capable de transmettre à longue distance
les informations de déplacement. Ces capteurs sont fragiles et possède au final une
autonomie faible, ce qui les rend peu pratiques dans la durée.
[0005] Il existe donc un réel besoin d'un capteur mesurant l'activité d'un engin de type
agricole, ou une machine industrielle qui autorise la transmission des données par
radio et qui possède une autonomie acceptable, tout en ayant une grande robustesse
compte tenu de l'environnement d'utilisation.
3. OBJECTIFS DE L'INVENTION
[0006] La présente invention a donc pour but, en évitant ces inconvénients, de fournir un
compteur d'activité qui détecte les changements d'état d'un détecteur monté sur un
élément du véhicule, les changements d'état étant représentatifs de l'activité d'un
véhicule, qui enregistre les mesures de ce détecteur et qui peut les transmettre de
façon fiable à un serveur distant.
4. PRESENTATION DE L'INVENTION
[0007] A cet effet, l'invention concerne un compteur d'activité comprenant un module électronique
destiné à être fixé sur un engin mécanique en mouvement, ledit module électronique
comportant une unité centrale et une mémoire enregistrant au moins une donnée représentative
de l'activité de l'engin, caractérisé en ce que ledit module électronique est solidarisé
sur l'engin, et en ce que le compteur comporte un détecteur fournissant une donnée
variable représentative de l'activité dudit engin, l'unité centrale enregistrant dans
la mémoire la donnée variable en association avec une information horaire fournie
par une horloge intégrée dans le module.
[0008] De cette manière, les changements d'état d'un détecteur monté sur un élément de l'engin
sont mesurés et enregistrés dans une mémoire, ces changements d'état sont comptabilisés
et la donnée résultante est représentative de l'activité de l'engin.
[0009] Selon un premier mode de réalisation, le compteur d'activité comporte un socle fixé
sur ledit engin, le module électronique possède trois aimants se couplant magnétiquement
avec trois éléments mécaniques fixés dans le socle. De cette manière, le compteur
peut se fixer sur n'importe quel support et il est aisé de retirer le module, et de
le placer à un autre endroit de l'engin.
[0010] Selon un autre mode de réalisation, le compteur comporte au moins deux aimants constituant
deux plots de contact électrique pour la communication électrique avec un élément
de contact électrique du socle, les signaux électriques du détecteur transitant par
ces deux plots. De cette manière, la communication électrique est facilitée.
[0011] Selon un autre mode de réalisation, les emplacements des trois aimants se situent
aux sommets d'un triangle non équilatéral. De cette manière, un détrompage des plots
de contacts est établi, évitant ainsi les erreurs de positionnement.
[0012] Selon un autre mode de réalisation, le module dispose d'un capteur magnétique qui
est prioritairement attiré par un des trois aimants lorsque le module n'est pas positionné
sur le socle, le positionnement du module sur le socle concentre les lignes de champ
dudit aimant et fait changer d'état l'interrupteur magnétique, l'arrachement du module
de son socle déclenchant un changement d'état dudit interrupteur magnétique. De cette
manière, le module peut détecter un arrachement en utilisant les aimants qui servent
aussi à le fixer sur l'engin. Selon un autre mode de réalisation, le module possède
une forme de pyramide tronquée. De cette manière, le module se décroche moins facilement
lorsqu'un objet le touche.
[0013] Selon un autre mode de réalisation, la mémoire enregistre périodiquement l'activité
de l'engin en comptabilisant le nombre de tours et le nombre de cycles d'ouverture
et de fermeture de l'interrupteur pendant une durée déterminée, De cette manière,
l'activité de l'engin est comptabilisée avec précision au fil du temps. Selon un autre
mode de réalisation, le module dispose en outre d'un accéléromètre, la détection d'un
mouvement par ledit accéléromètre déclenchant l'enregistrement d'une donnée dans la
mémoire et la détection d'une absence de mouvement pendant au moins une durée déterminée
déclenche le changement d'état du module dans un mode de faible consommation. De cette
manière, le module n'a pas besoin d'un capteur externe pour mesurer l'activité de
l'engin. Selon un autre mode de réalisation, le module dispose de plusieurs modes
pour mesurer l'activité de l'engin dont celui de mesurer le nombre de tours du module
sur lui-même pendant une période de temps déterminée, et un autre mode consistant
à mesurer le temps au cours duquel des vibrations sont détectées à l'aide d'un accéléromètre.
De cette manière, le module s'adapte à l'engin sur lequel il est monté pour mesurer
son activité, et peut s'employer dans de nombreuses situations.
[0014] Selon un autre aspect, l'invention concerne un système de gestion de l'activité d'un
engin comprenant un compteur d'activité décrit selon l'une quelconque des paragraphes
précédents, ce système comportant en outre un serveur distant communiquant par radio
avec ledit module, ledit serveur recevant une information représentative de la charge
actuelle de la batterie et estimant le temps restant pour une décharge complète, ledit
serveur émettant une alarme vers un utilisateur peu de temps avant la décharge complète.
5.DESCRIPTION DES FIGURES
[0015] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à la lecture de
la description suivante, donnée à titre d'exemple indicatif et non limitatif, et des
dessins annexés, dans lesquels :
- [Fig. 1] : la figure 1 décrit les principaux équipements d'un compteur d'activités
conçu pour la mise en oeuvre de l'invention, selon un exemple préféré de réalisation,
- [Fig. 2] : la figure 2 représente un synoptique des différents éléments du réseau
pour rapatrier des données d'activités vers un serveur distant,
- [Fig. 3] : la figure 3 décrit la façon dont le module électronique se fixe et communique
sur son socle selon un exemple préféré de réalisation,
- [Fig. 4] : la figure 4 présente un exemple d'image montrant une vue de profil du compteur
d'activité destiné à être monté sur un engin mécanique en mouvement,
- [Fig. 5] : la figure 5 décrit un exemple d'ordinogramme illustrant les étapes pour
configurer le système, pour enregistrer les données et pour fournir une indication
sur l'activité d'un engin mécanique en mouvement.
6.DESCRIPTION DETAILLEE D'UN MODE DE REALISATION
6.1 Principe général
[0016] L'invention concerne un compteur d'activité comprenant un module électronique destiné
à être fixé sur un engin mécanique en mouvement, ledit module électronique comportant
une unité centrale et une mémoire enregistrant au moins une donnée représentative
de l'activité de l'engin. Le module électronique est solidarisé sur l'engin et le
compteur comporte un détecteur fournissant une donnée variable représentative de l'activité
dudit engin. L'unité centrale enregistre dans la mémoire la donnée variable en association
avec une information horaire fournie par une horloge intégrée dans le module. Le compteur
est ainsi capable de mesurer les changements d'état d'un détecteur, d'en déduire l'activité
d'un engin sur lequel il est monté, et de transmettre les données d'activité à un
serveur distant chargé de traiter ces données et de les afficher.
6.2. Mode préféré de réalisation
[0017] La
Fig. 1 décrit les principaux équipements d'un compteur d'activités conçu pour la mise en
oeuvre de l'invention, selon un exemple préféré de réalisation, ledit compteur a fait
l'objet d'un prototype fonctionnel. Le compteur d'activité 1 se compose en deux parties
: un module électronique 2 et un socle 3 sur laquelle vient se fixer ledit module.
Le socle 3 est solidement fixé sur un engin mécanique en mouvement (véhicule, outil
agricole, machine industrielle, ···) dont on mesure l'activité. Le socle ne possède
pas de composants électroniques, il sert avant tout de support au module 2 et, selon
un premier mode d'utilisation, d'élément de connexion électrique avec un détecteur
externe 4. Selon un premier mode de réalisation, ce détecteur est un interrupteur
dont le nombre de cycles d'ouverture et de fermeture est représentatif de l'activité
du véhicule. L'interrupteur s'ouvre et se ferme sous l'apparition et la disparition
d'un champ magnétique généré par un aimant fixé sur un essieu du véhicule. Chaque
cycle d'ouverture et de fermeture correspond à une rotation complète de cet essieu.
En multipliant le nombre de cycles par le diamètre des roues fixées à cet essieu,
on peut calculer la distance parcourue par ce véhicule, ce fonctionnement est notamment
celui utilisé lorsque le module est fixé sans le socle et dans ce cas, le module utilise
un détecteur interne pour comptabiliser le nombre de tours.
[0018] Le module électronique est un boitier contenant des composants électroniques dont
un microcontrôleur 5 associé à une mémoire de programme et une mémoire non volatile
6 de type EEPROM, d'une capacité de 512 Ko par exemple, destinée à enregistrer des
données d'activité. Ces données proviennent typiquement du comptage de cycles d'ouverture
et de fermeture de l'interrupteur externe 4, ainsi que d'éventuels mesures des détecteurs
intégrés dans le module 2. Le programme exécutable est avantageusement inscrit dans
le silicium de la mémoire et non téléchargeable, de façon à éviter le piratage et
améliorer la fiabilité du capteur. En plus de la lecture de l'état du détecteur externe
4, le microcontrôleur 5 lit les données mesurées par plusieurs détecteurs internes
7 incorporés à l'intérieur du module 2. Un premier capteur est un accéléromètre destiné
à détecter les rotations d'un axe ou de mesurer les déplacements du module dans l'espace,
selon au moins deux directions. Un tel capteur permet notamment de déterminer si le
module est immobile ou en déplacement. Un second capteur est destiné à mesurer la
présence d'un champ magnétique à proximité immédiate du module, ce capteur est typiquement
un relais REED.
[0019] Le module dispose également d'un port de communication radio 8 capable de communiquer
à courte distance avec un appareil proche, en utilisant par exemple le réseau « Bluetooth
». Selon un perfectionnement, ce port de communication est également capable de communiquer
par radio avec un réseau longue distance, de type opéré, tel que : LORA, ZIGFOX, ou
NB-IOT. Le signal radio émis sur ce réseau est très court et le message transmis ne
comporte que peu d'octets (typiquement 32 octets) de données. Selon un autre perfectionnement,
le module possède un circuit de géolocalisation 9 (par exemple, un circuit G.P.S.,
acronyme de « Global Positioning System »), permettant de fournir des paramètres de
latitude et de longitude de l'emplacement du capteur 2. Le module dispose également
d'une horloge embarquée 10 et de moyens logiciels pour la mettre à l'heure. De cette
manière, les données fournies par le détecteur externe 4, par les détecteurs internes
7 et par le circuit de géolocalisation 9 peuvent être horodatées.
[0020] Le module possède trois éléments de connexion 11 avec le socle, deux sont électriquement
reliés au détecteur externe 4 et un troisième permet de fournir de l'énergie. L'entrée
du détecteur externe 4 se connecte à une interface 12 qui assure également l'adaptation
des niveaux électriques. Selon un mode préféré de réalisation, le compteur 1 mesure
l'activité du véhicule en comptabilisant le nombre de cycles d'ouverture et de fermeture
d'un interrupteur connecté à cette interface. Selon une variante de réalisation, le
détecteur externe est actif et fournit une donnée analogique représentative d'une
grandeur physique à mesurer, le détecteur peut être un pressiostat donnant une information
sur la mise en marche d'un compresseur actionné par le moteur du véhicule. Selon une
autre variante, le détecteur externe 4 est un capteur de température, typiquement
un thermomètre, chargé de fournir une mesure de la température extérieure au module,
celle du moteur du véhicule par exemple.
[0021] Les éléments de connexion destinées à l'alimentation électrique sont reliés à un
circuit 13 de charge d'une batterie rechargeable 14 intégrée au module. La batterie
fournit l'énergie pour les différents composants électriques via un convertisseur
DC/DC 15 chargé de réguler la tension à une valeur nominale, par exemple 2,5 volts.
La batterie équipant le prototype réalisé peut fournir de l'énergie électrique pendant
une durée minimale, 8 mois par exemple. Selon une variante de réalisation, l'énergie
de charge de la batterie n'est pas fournie à travers les éléments de connexion 11,
mais par induction, le socle 3 possédant alors une première bobine générant un champ
magnétique variable qui est capté par une seconde bobine située dans le module 2.
La batterie 14 est alors rechargée avec la tension apparaissant aux bornes de la seconde
bobine.
[0022] En utilisation, le module dispose d'au moins deux modes de fonctionnement, le premier
consiste à mesurer les déplacements et à enregistrer les données qui vont permettre
de déterminer l'activité du véhicule, le second est un mode faible consommation dans
lequel un minimum de composants est alimenté dont le détecteur 7. Si le compteur 1
entre en mouvement, l'accéléromètre 7 le détecte déclenche un signal électrique qui
fait quitter le mode faible consommation. L'enregistrement des données en vue de déterminer
l'activité du véhicule peut alors commencer.
[0023] La
Fig. 2 représente un schéma général d'un système pour mesurer l'activité d'un véhicule 20
selon un premier mode de réalisation particulier. Ce système constitue un réseau capable
de rapatrier des données d'activités vers un serveur distant. Le compteur 1 est par
exemple monté sous l'aile d'une roue d'un engin agricole 20, typiquement un tracteur
ou l'arbre de force d'un tel engin, ou encore un axe d'une machine industrielle. Le
socle de ce compteur est relié par un fil à un interrupteur monté à proximité immédiate
de l'essieu de la roue, sur lequel est fixé un aimant. Le compteur communique par
radio à courte distance avec un terminal portable 21, typiquement un téléphone portable,
ou une tablette, cette liaison radio est représenté par un trait hachuré sur la
Fig. 2. Le terminal 21 dispose également d'une communication longue distance avec un réseau
de téléphonie mobile (GSM, 3G/4G). De cette manière, le terminal sert de relais de
communication entre le compteur 1 et un serveur distant 22 chargé de récupérer les
données et de les traiter afin d'évaluer l'activité du véhicule 20 au fil du temps.
[0024] Le serveur 22 comporte typiquement une unité centrale UC 23 reliée à une mémoire
de programme exécutable 24, et un disque dur HD 25 contenant une base de données pour
le stockage de données de façon non-volatile. La mémoire de programme comporte une
application pour analyser les informations reçues et fournir des données d'activités
des véhicules sur lesquelles les capteurs 1 sont montés. Le serveur 22 comporte également
une interface I/O 26 pour la communication avec un réseau filaire 27, via un réseau
informatique, Internet par exemple. Il n'est pas exclu que les moyens de liaison diffèrent
selon le type d'appareil en communication, ainsi le serveur 28 peut communiquer avec
les téléphones à travers un réseau sans fil (téléphonie mobile 3G/4G) ou par un câble
via un réseau numérique quelconque (Internet par exemple).
[0025] La
Fig. 3 décrit la façon dont le module électronique se fixe et communique sur son socle selon
un premier mode d'utilisation. Des aimants 30 sont noyés dans la périphérie de la
coque du module et sont recouverts d'un traitement de surface pour éviter la corrosion.
Les aimants se positionnent en vis-à-vis de plots de contacts 31 fixés sur le socle
3, ces plots sont en acier inoxydable recouvrant une pièce en acier ou tout matériau
coopérant magnétiquement avec les aimants 30, et sont également recouverts d'un film
en acier inoxydable pour la protection. Selon un perfectionnement mis en oeuvre dans
le prototype, chaque plot de contact comporte une pièce en acier percé d'un trou et
recouverte d'une couche de résine pour éviter la corrosion, une vis en acier inoxydable
se visse dans le trou et assure la liaison électrique avec le module tout en résistant
à la corrosion. Le fil électrique 32 de l'interrupteur externe 4 se connecte au socle
et les deux conducteurs sont électriquement reliés à deux plots de contacts 31.a et
31.b, qui se positionnent respectivement sur les aimants 30.a et 30.b. Un trou de
fixation 33 est pratiqué au milieu du socle pour sa fixation sur le véhicule au moyen
d'une vis en acier inoxydable. Dans ce mode d'utilisation, le compteur 1 mesure l'activité
du véhicule en comptabilisant le nombre de cycles d'ouverture et de fermeture de l'interrupteur
4 ou de toute autre grandeur physique dont la variabilité est représentative de l'activité
du véhicule. Les aimants 30 sont placés aux sommets d'un triangle non équilatéral.
De cette manière, l'attraction magnétique des trois aimants sur les trois plots de
contacts ne peut s'effectuer que dans une seule position, et les signaux électriques
du détecteur externe 4 sont correctement transmis par les aimants 30.a et 30.b.
[0026] Dans un autre mode d'utilisation, le module n'est pas en contact avec un socle mais
utilise ses aimants pour se fixer sur une surface métallique du véhicule. Dans ce
mode, le module utilise un détecteur interne 7, typiquement un accéléromètre, pour
détecter les mouvements du véhicule et ainsi mesurer son activité du véhicule, à la
place du détecteur externe 4. Un accéléromètre intègre l'information de pesanteur
dans son référentiel en mesurant les accélérations sur les trois axes XYZ. Lors d'une
étape initiale de configuration du capteur, l'unité centrale 5 est configurée pour
traiter soit les signaux provenant du détecteur externe 4 via les deux plots de contacts
31.a et 31.b, soit les signaux fournis par un détecteur interne 7. Le module peut
également être placé sur un élément en rotation du véhicule, typiquement une roue
ou un axe d'une machine industrielle. L'accéléromètre intégré au module mesure alors
la force centripète qui est proportionnelle à la vitesse de rotation et à la distance
de l'élément mobile par rapport à l'axe de rotation. L'algorithme chargé de traiter
les données de l'accéléromètre prend en compte cette force centripète qui se traduit
par une composante continue dans la mesure des accélérations. Ce traitement permet
de positionner le compteur 1 décentré par rapport à l'axe de rotation et offre une
grande liberté dans le positionnement du compteur sur la partie roulante. De cette
manière, le compteur peut comptabiliser les révolutions effectuées autour d'un axe
horizontal en s'affranchissant d'une liaison mécanique entre une partie fixe de l'outil
et une partie en rotation. Selon une variante de réalisation, le détecteur interne
permet de mesurer la force centripète généré par le mouvement rotatif d'un axe de
l'engin. L'activité de cet engin est alors mesurée par le temps au cours duquel la
force centripète dépasse un certain seuil, c'est-à-dire le temps au cours duquel la
vitesse de rotation de l'axe dépasse une certaine valeur.
[0027] Dans un troisième mode d'utilisation, le module se fixe sur un socle qui n'est pas
doté d'une liaison vers un détecteur externe 4. Ce mode est choisi lorsque le support
du véhicule destiné à déterminer son activité ne permet pas l'attraction magnétique
et que le détecteur interne 7 est choisi pour mesurer l'activité. Selon l'exemple
illustré par la
Fig. 3, la communication avec l'interrupteur 4 utilise les plots 31.a et 31.b, et la charge
de la batterie du module utilise les plots 31.b et 31.c. Le compteur possède un autre
modèle de socle 3 permettant la recharge de la batterie. Ce second socle est relié
à un générateur de courant alimenté par la tension du secteur ou une alimentation
électrique fourni par l'engin, et génère une tension de 5 volts sous un courant de
0,5 ampères. Les fils d'alimentation provenant du générateur sont reliés aux plots
31.b et 31.c , et transporte l'énergie de recharge via les aimants 30.b et 30.c au
circuit de recharge 13 intégré dans le module 2.
[0028] Selon un perfectionnement, le module 2 dispose d'un capteur magnétique 35 comportant
une partie mobile ouvrant et fermant une connexion électrique. Ce capteur est par
exemple un interrupteur magnétique interne 35 de type REED, dont la partie mobile
est prioritairement attiré par un des trois aimants 30.a lorsque le module n'est pas
positionné sur le socle. Le positionnement du module sur le socle ou la surface métallique
de l'engin (dans le mode d'utilisation où le module n'est pas fixé sur un socle) concentre
les lignes de champ de l'aimant 30.a vers le plot de contact 31.a, déplace la partie
mobile de l'interrupteur et fait changer son état. Lorsque le module est arraché de
son socle, les lignes de champ s'élargissent et font changer l'état de l'interrupteur
magnétique interne 35. Ce changement d'état est détecté par l'unité centrale du module
électronique, horodaté par l'horloge et enregistré dans la mémoire 6 du module, une
alarme est éventuellement déclenchée.
[0029] La
Fig. 4 présente un exemple d'image montrant une vue de profil du compteur d'activité 1 destiné
à être monté sur un engin agricole. Le socle 3 du compteur est fixé à la surface du
véhicule 20 au moyen de vis 36 passant à travers les trous de fixation 33 se situant
au centre du socle. Le fil électrique 32 de l'interrupteur externe 4 se connecte au
socle 3 et les deux conducteurs de ce fil sont électriquement reliés à deux plots
de contacts 31. Le module 2 est vu en transparence pour mettre en évidence les fils
électriques reliant les aimants 30 et la carte électronique 34 supportant les circuits.
Dans ce mode d'utilisation, la carte électronique mesure les cycles d'ouverture et
de fermeture de l'interrupteur 4, pour déterminer l'activité du véhicule. La carte
34 est reliée à l'interrupteur magnétique 35 pour détecter un éventuel arrachement
du module de son socle. La vue de profil met en évidence la forme d'une pyramide tronquée
conférée au module 2. Cette forme permet de mieux résister à la pression et évite
les angles trop saillants qui accumuleraient de la saleté et risqueraient de favoriser
les décrochements en cas de chocs. Cette forme évite notamment qu'un élément extérieur
puisse avoir une prise suffisante sur le module pour l'arracher à son support de fixation,
par exemple : un caillou en mouvement, une branche, une canne de maïs.
[0030] Le compteur 1 ne possède pas de composants en mouvement les uns par rapport aux autres,
il n'y a donc pas de pièces mécaniques d'usures. Il est parfaitement étanche et respecte
les contraintes environnementales.
[0031] Après avoir détaillé les principaux éléments du système de mise à disposition de
véhicules partagés, nous allons maintenant expliciter comment ceux-ci coopèrent. Les
différentes étapes permettant la configuration du système, l'enregistrement des données
et la fourniture d'informations représentatives de l'activité du véhicule sont décrites
à titre d'exemple par l'ordinogramme de la
Fig. 5.
[0032] La configuration du système s'effectue au cours de l'étape 5.1 en initialisant des
données au niveau du compteur d'activité 1, du terminal portable 21 et du serveur
22. Au cours de cette étape 5.1, le compteur 1 est en liaison bidirectionnelle à courte
portée avec un terminal portable 21, lui-même en communication longue portée avec
le serveur distant 22. Le mode de fonctionnement est configuré en spécifiant le type
de dispositif utilisé pour détecter l'activité du véhicule, le prototype réalisé dispose
des modes suivants :
- compteur d'activité 1 utilisant un contact sec (interrupteur externe 4),
- compteur d'activité 1 utilisant un détecteur externe actif (pressiostat, sonde de
température, ...), le véhicule étant en activité lorsque la valeur du détecteur dépasse
une valeur de seuil déterminé,
- compteur d'activité 1 utilisant le détecteur interne 7.
[0033] Un indicateur du mode de fonctionnement sélectionné est inscrit dans la mémoire 6
du compteur et au niveau du serveur 22. L'horloge est mise à l'heure, la mémoire 5
est complètement vidée et un programme de test peut être lancé en interaction avec
le terminal portable. A l'issue de cette étape, le compteur est prêt à être utilisé
(étape 5.2) et se positionne dans un mode faible consommation en attendant un évènement
extérieur.
[0034] A l'étape 5.3, un événement extérieur est détecté à l'aide d'au moins un des dispositifs
suivants : le détecteur externe 4, un détecteur interne 7, le port de communication
radio (lors de l'établissement d'une communication), le module GPS (changement de
localisation). Le compteur 1 quitte le mode faible consommation, l'horloge embarquée
10 fournit la date et l'heure de l'évènement extérieur afin de les enregistrer dans
la mémoire 6 (étape 5.4).
[0035] A l'étape 5.5, le compteur 1 détecte une activité du véhicule, soit à l'aide de son
accéléromètre 7, soit par une variation de l'état du signal électrique émis par le
détecteur externe 4, le choix du dispositif de détection est spécifié lors de l'étape
5.1. La date et l'heure du début de l'activité sont enregistrées (étape 5.6). Tant
que le compteur détecte que le véhicule est en activité, il enregistre périodiquement
dans la mémoire EEPROM 6 des données venant du détecteur interne ou externe en les
associant à une information horaire fournie par l'horloge embarquée 10 (étape 5.7).
La période au cours de laquelle un enregistrement est effectuée est de 15 minutes
par exemple, cette durée est paramétrable lors de l'étape 5.1 de configuration. Si
aucune activité n'est détectée pendant une durée déterminée, par exemple 5 minutes,
alors le compteur considère que le véhicule est arrêté, il enregistre l'arrêt de l'activité
dans la mémoire 6 en associant l'indicateur de cet événement avec la date et l'heure
fournies par l'horloge embarquée 10 et se repositionne en mode faible consommation
(étape 5.8).
[0036] Si le compteur possède un module GPS activé, les informations de géolocalisation
sont également enregistrées, soit sous la forme d'une suite de coordonnées de longitude
et de latitude, soit sous la forme d'une distance parcourue depuis le dernier enregistrement.
[0037] Un autre évènement extérieur qui déclenche la sortie du mode faible consommation
est le fait que le port de communication radio 8 détecte la présence proche d'un terminal
portable (ou d'un appareil communiquant par une liaison à courte portée (par le réseau
Bluetooth par exemple). A l'étape 5.9, un terminal portable 21 qui possède l'application
de communication pour traiter les données enregistrées détecte la présence d'un module
et établit une communication avec celui-ci. Lors de cette communication le terminal
peut transmettre au module une nouvelle programmation de son fonctionnement. Le module
2 transmet au terminal 21 un message indiquant qu'il possède des données à télécharger,
et éventuellement la quantité des données. Le terminal 21 établit alors une connexion
avec le serveur distant pour servir de relais de communication entre le module 2 et
le serveur 22, les données enregistrées en mémoire 6 sont ainsi transmises au serveur
distant qui va les traiter pour déterminer l'activité du véhicule 20 (étape 5.10).
Le serveur 22 informe le terminal 21 du bon déroulement du téléchargement, de façon
que l'utilisateur du portable en soit informé et puisse éventuellement utiliser son
terminal portable à d'autres fins. A l'étape 5.11, le terminal informe le module du
bon déroulement du transfert des données, ce qui déclenche l'effacement du contenu
de la mémoire EEPROM 8. Lors de chaque communication avec un terminal portable 21,
ce dernier transmet avantageusement au module 2, son heure et sa date pour la mise
à jour de l'horloge embarquée 10.
[0038] Avantageusement, le compteur d'activité 1 transmet également la tension de sa batterie
14 au serveur 22 qui en déduit son niveau de décharge et détermine la durée restante
au cours de laquelle le compteur fonctionne en dehors de son mode faible consommation
(étape 5.12). Cette durée est alors affichée sur l'écran du terminal portable (étape
5.13). Si la durée restante est trop faible, l'utilisateur peut décider de retirer
le compteur 1 du véhicule et de le placer sur un socle de rechargement.
[0039] Selon un perfectionnement, les communications entre le terminal et le serveur sont
chiffrées selon une technique connue en soi.
[0040] Un autre évènement extérieur qui déclenche la sortie du mode faible consommation
est le fait que le compteur est arraché de son socle ou de la surface du véhicule.
A l'étape 5.14, le compteur détecte un arrachement, il enregistre alors le moment
de l'arrachement dans la mémoire EEPROM (étape 5.15). Lorsque le compteur sera en
communication avec le serveur distant, il pourra transmettre cette information qui
sera traitée par les utilisateurs du système.
[0041] A l'étape 5.16, le serveur distant comptabilise les moments au cours desquels le
compteur a détecté que le véhicule est en activité et présente ces résultats dans
un tableau avec les dates et heures. De cette façon, si le véhicule a été utilisé
un certain jour, son utilisateur peut questionner à distance le serveur et connaître
sa durée d'activité. Si le véhicule est partagé entre plusieurs utilisateurs, ces
derniers s'identifient auprès du serveur en précisant à quel moment ils ont utilisé
le véhicule. En utilisant les données transmises par le capteur, le serveur comptabilise
les temps d'utilisation de chaque utilisateur au cours d'une longue durée, un trimestre
ou un mois par exemple, et présente ces temps en termes de pourcentage. Les frais
d'utilisation du véhicule peuvent être repartis entre chaque utilisateur en fonction
du pourcentage, c'est-à-dire en fonction de l'utilisation du véhicule entre chaque
utilisateur.
[0042] Selon un perfectionnement, le compteur d'activité 1 dispose d'un mode de fonctionnement
destiné à mesurer la durée d'activation d'un signal numérique extérieur transmis par
le détecteur 4. Les transitions de ce signal (passages de « 0 » à « 1 » et de « 1
» à « 0 ») sont horodatées, enregistrées en mémoire et transmises au serveur 22 lors
d'une communication avec le terminal 21. Dans ce mode, l'activité de l'engin est mesurée
par la durée au cours de laquelle le détecteur 4 se trouve dans un certain état.
[0043] Bien que la présente invention ait été décrite en référence aux modes de réalisation
particuliers illustrés, celle-ci n'est nullement limitée par ces modes de réalisation,
mais ne l'est que par les revendications annexées. On notera que des changements ou
des modifications à la description et aux dessins pourront être apportés par l'homme
du métier.
1. Compteur d'activité (1) comprenant un module électronique (2) destiné à être fixé
sur un engin mécanique en mouvement, ledit module électronique comportant une unité
centrale (5) et une mémoire (6) enregistrant au moins une donnée représentative de
l'activité de l'engin, caractérisé en ce que ledit module électronique est solidarisé sur l'engin, et en ce que le compteur comporte un détecteur (7 ; 4) fournissant une donnée variable représentative
de l'activité dudit engin, l'unité centrale (5) enregistrant dans la mémoire la donnée
variable en association avec une information horaire fournie par une horloge (10)
intégrée dans le module.
2. Compteur d'activité selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comporte en outre un socle (2) fixé sur ledit engin, le module électronique (2)
possède trois aimants (30) se couplant magnétiquement avec trois éléments mécaniques
(31) fixés dans le socle.
3. Compteur d'activité selon la revendication 2, caractérisé en ce qu'au moins deux aimants (30) constituent deux plots de contact électrique pour la communication
électrique avec un élément de contact électrique du socle, les signaux électriques
du détecteur (7) transitant par ces deux plots.
4. Compteur d'activité selon la revendication 2 ou 3, caractérisé en ce que les emplacements des trois aimants (30) se situent aux sommets d'un triangle non
équilatéral.
5. Compteur d'activité selon l'une quelconque des revendications 2 à 4, caractérisé en ce que le module dispose d'un capteur magnétique (35) qui est prioritairement attiré par
un des trois aimants lorsque le module (2) n'est pas positionné sur le socle (3),
le positionnement du module sur le socle concentre les lignes de champ dudit aimant
et fait changer d'état le capteur magnétique, l'arrachement du module de son socle
déclenchant un changement d'état dudit capteur magnétique.
6. Compteur d'activité selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le module (2) possède une forme de pyramide tronquée.
7. Compteur d'activité selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que la mémoire (6) enregistre périodiquement l'activité de l'engin en comptabilisant
le nombre de tours et le nombre de cycles d'ouverture et de fermeture d'un interrupteur
(7) pendant une durée déterminée,
8. Compteur d'activité selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le module dispose en outre d'un accéléromètre (7), la détection d'un mouvement par
ledit accéléromètre déclenchant l'enregistrement d'une donnée dans la mémoire et la
détection d'une absence de mouvement pendant au moins une durée déterminée déclenche
le changement d'état du module dans un mode de faible consommation.
9. Compteur d'activité selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que le module dispose de plusieurs modes pour mesurer l'activité de l'engin dont celui
de mesurer le nombre de tours du module sur lui-même pendant une période de temps
déterminée, et un autre mode consistant à mesurer le temps au cours duquel des vibrations
sont détectées à l'aide d'un accéléromètre (7).
10. Système de gestion de l'activité d'un engin comprenant un compteur d'activité selon
l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il comporte en outre un serveur distant (22) communiquant par radio avec ledit module,
ledit serveur recevant une information représentative de la charge actuelle de la
batterie et estimant le temps restant pour une décharge complète, ledit serveur émettant
une alarme vers un utilisateur peu de temps avant la décharge complète.