Domaine technique de l'invention
[0001] L'invention concerne un composant horloger réalisé dans un laiton sans plomb et son
procédé de fabrication.
Arrière-plan technologique
[0002] Dans le domaine horloger, de nombreux composants sont réalisés dans du laiton traditionnel
contenant du plomb tel que l'alliage CuZn38Pb2. Cet élément dont la teneur dans le
laiton est de 2 à 3% permet une meilleure usinabilité. Cependant, le plomb présente
une certaine toxicité, même à basse concentration. L'élimination du plomb dans les
matériaux devient donc aujourd'hui une nécessité.
[0003] L'alliage CuZn42 est un laiton avec une très faible teneur en plomb (inférieure à
0.2% en poids) néanmoins apte à l'usinage grâce à sa structure biphasée α+β. Sa composition
sans plomb en fait un matériau de choix pour une application horlogère. Cependant,
l'élaboration de ce matériau pour un composant horloger n'est à ce jour pas adaptée
pour obtenir l'extrême précision en termes de dimensionnement et planéité requise
pour un tel composant.
[0004] En effet, le matériau à l'état semi-fini après une étape de mise en forme par déformation
(laminage, extrusion, etc.) présente des contraintes internes qui affectent le dimensionnement
de la pièce lors de son usinage. Il est connu de réaliser un revenu de détente avant
l'étape d'usinage de manière à relaxer ces contraintes internes et dès lors à éviter
les déformations non désirées lors de l'usinage. A ce jour, les gammes de températures
du revenu de détente sont optimisées pour les laitons au Pb avec typiquement une température
de revenu comprise entre 250°C et 300°C. Le traitement thermique dans cette gamme
de températures permet de relaxer les contraintes tout en maintenant une dureté semblable
après le revenu du matériau. Il s'avère que ces paramètres ne sont pas adaptés pour
les laitons sans Pb, une baisse trop importante de la dureté étant observée à ces
gammes de températures.
[0005] Il convient dès lors de développer un procédé de fabrication pour les laitons sans
Pb adapté aux exigences des composants horlogers.
[0006] De l'art antérieur, on connaît le document
CN 112 251 628 divulguant un laiton sans plomb où le plomb est remplacé par du silicium avec une
teneur en poids comprise entre 0.5 et 1.5%. Le procédé de fabrication comporte après
la coulée, une étape de mise en solution à une température de 600°C +/-50°C et un
traitement thermique de vieillissement à une température de 230°C +/-20°C. L'ajout
de silicium permet, après les traitements thermiques de mise en solution et de vieillissement,
la précipitation d'intermétalliques riches en silicium jouant le rôle de brise-copeaux
durs. L'alliage ainsi fabriqué présente de bonnes propriétés d'usinabilité ainsi qu'une
charge à la rupture augmentée suite au traitement thermique de vieillissement. Il
est utilisé pour des vannes, des accessoires relaxer les contraintes internes.
[0007] Le document
EP 3 385 795 A1 divulgue un traitement de durcissement du laiton sans plomb.
Résumé de l'invention
[0008] L'invention a pour but de pallier aux inconvénients précités en proposant un nouveau
procédé de fabrication d'un composant horloger réalisé dans du laiton sans plomb avec
une étape de relaxation des contraintes internes optimisée pour l'alliage CuZn42 ayant
été au préalable mis en forme par déformation. Outre son absence de plomb, cet alliage
présente les avantages suivants. Il a une teneur en zinc plus élevée avec pour corollaire
un taux de phase β plus élevé, typiquement de 30%, ce qui permet d'améliorer l'usinabilité.
Ensuite, l'alliage CuZn42 a un potentiel d'écrouissage plus élevé que le laiton au
plomb, ce qui permet lors de l'étape de mise en forme par déformation d'atteindre
une dureté supérieure à 200HV. Ces avantages en font un bon candidat pour remplacer
le laiton au plomb dans les composants horlogers.
[0009] Selon l'invention, le procédé de fabrication, et en particulier l'étape de revenu
de détente, a été optimisé pour réduire la perte de dureté après revenu à une différence
inférieure ou égale à 30 HV2, voire à 20 HV2, voire même à 10 HV2. La dureté cible
après revenu est comprise entre 120 et 190 HV2, de préférence entre 150 et 190 HV2,
plus préférentiellement entre 170 et 190 HV2, et encore plus préférentiellement entre
180 et 190 HV2. En fonction de la dureté du matériau avant revenu qui est variable
selon le taux d'écrouissage, une perte de dureté plus ou moins grande après revenu
est autorisée.
[0010] Plus précisément, l'invention se rapporte au procédé de fabrication d'un composant
horloger en laiton CuZn42 ayant une dureté comprise entre 120 et 190 HV2, ledit procédé
comprenant les étapes suivantes :
- Mise à disposition d'une pièce semi-finie ayant été mise en forme par déformation,
ladite pièce semi-finie étant réalisée dans un matériau en laiton CuZn42 et ayant
une dureté comprise entre 130 et 220 HV2, de préférence entre 160 et 220 HV2, plus
préférentiellement entre 170 et 220 HV2, et encore plus préférentiellement entre 180
et 220 HV2,
- Traitement thermique de détente de ladite pièce semi-finie à une température comprise
entre 170 et 230°C avec un temps de maintien à ladite température compris entre 20
minutes et 10 heures, de préférence entre 30 minutes et 5 heures, plus préférentiellement
entre 1 heure et 4 heures,
- Usinage et finition de ladite pièce semi-finie pour réaliser le composant horloger.
[0011] L'invention porte également sur le composant horloger issu du procédé de fabrication,
comme décrit dans la revendication 10. Il présente pour caractéristique d'avoir une
dureté comprise entre 120 et 190 HV2, de préférence entre 150 et 190 HV2, plus préférentiellement
entre 170 et 190 HV2, encore plus préférentiellement entre 180 et 190 HV2 et d'être
détendu. Les composants horlogers, en particulier ceux du mouvement, réalisés dans
cet alliage détendu sont caractérisés par une déformation minimale, typiquement quelques
dixièmes de microns maximum, après usinage par soustraction de matière. Cette condition
assure la planéité et les ébats entre les différents niveaux mécaniques du mouvement.
De même, l'écart de position des usinages caractéristiques (alésages, creusures, ...)
de chaque niveau d'assemblage est minimal, ce qui permet d'assurer l'ajustement des
composants reliant mécaniquement les niveaux entre eux et, en particulier, de garantir
la co-axialité des axes qui sont retenus par les ponts.
[0012] Pour caractériser cet état de détente du matériau sur le produit final, une méthodologie
a été mise au point pour différencier un composant horloger ayant été soumis au revenu
de détente optimisé selon l'invention et un composant horloger n'ayant pas été détendu
avec le procédé selon l'invention. Elle consiste à mesurer le module de cisaillement
dynamique M
100 sur le produit final et à le mesurer à nouveau après un traitement thermique à 200°C
pendant 1 heure, le delta M
100 (ΔM
100) avant et après traitement thermique étant une mesure de l'état de relaxation des
contraintes au sein du matériau. Une faible variation du module de cisaillement dynamique
indique que le traitement thermique n'affecte plus significativement les mécanismes
en jeu lors de la relaxation des contraintes. Typiquement, un delta M
100 inférieur à 0.4 GPa permet de s'assurer que le composant horloger mis sur le marché
a bien été soumis à un revenu de détente selon le procédé de l'invention.
Brève description des figures
[0013] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention apparaîtront dans
la description suivante de modes de réalisation préférés, présentés à titre d'exemple
non limitatif en référence aux dessins annexés.
La figure 1 représente un composant horloger selon l'invention réalisé dans le laiton
CuZn42.
Les figures 2A et 2B représentent comparativement l'évolution de la dureté en fonction
de la température de revenu pour respectivement un laiton au Pb CuZn38Pb2 et le laiton
sans Pb CuZn42 utilisé dans le cadre de l'invention.
La figure 3 montre l'évolution du module de cisaillement à 100°C M100 en fonction de la durée de maintien à 180°C (T1) et à 200°C (T2) pour le CuZn42 avec
une dureté à l'état écroui de 175 HV2.
La figure 4 montre l'évolution du module de cisaillement à 100°C M100 en fonction de la durée de maintien à 180°C pour des laitons CuZn42 ayant des duretés
différentes à l'état écroui ainsi qu'un résultat à 220°C pendant 1 heure pour un laiton
CuZn42 ayant une dureté à l'état écroui de 210 HV2.
La figure 5 représente la géométrie de la jauge de déformation utilisée pour déterminer
l'état de détente du laiton CuZn42. L'axe A-A est parallèle à la direction de laminage.
Description détaillée de l'invention
[0014] La présente invention se rapporte au procédé de fabrication d'un composant horloger
réalisé dans un laiton sans Pb et plus spécifiquement dans l'alliage CuZn42. L'alliage
CuZn42 selon la norme ASTM C28500 a la composition suivante en poids : Cu entre 57
et 59% (bornes incluses), Pb ≤ 0.2%, Sn ≤ 0.3%, Fe ≤ 0.3%, Ni ≤ 0.2%, Al ≤ 0.05%,
autres éléments ≤ 0.2%, Zn balance à 100%. Il comporte ainsi une teneur en Si inférieure
ou égale à 0.2%. Il est précisé ici que des adaptations au niveau de la composition,
et en particulier pour les éléments Sn, Fe, Ni et In, sont possibles et s'écartent
très sensiblement de la norme ASTM C28500. Par exemple, les teneurs en poids en Fe,
Sn, Ni et In pourraient monter jusqu'à respectivement 0.5, 0.5, 0.5 et 0.3%. On considère
que de telles adaptations couvrent l'alliage CuZn42.
[0015] Le procédé de fabrication selon l'invention est adapté pour tous les composants horlogers
et en particulier les composants du mouvement. Il est cependant plus spécifiquement
adapté pour des composants présentant des exigences de précision importantes en termes
de dimensions tels que la platine, les ponts (fig.1), l'ébauche, le barillet, le couvercle
du barillet, le tambour du barillet, etc. Dans le cas du barillet, le tambour et le
couvercle ont une paroi fine pour un diamètre externe important avec typiquement un
rapport diamètre extérieur/épaisseur de la paroi de 45, la réalisation des parois
fines sans déformation résiduelle étant particulièrement critique lors de l'usinage.
Plus généralement, le rapport diamètre extérieur/épaisseur de la paroi est compris
entre 20 et 70.
[0016] Selon l'invention, le composant horloger en laiton CuZn42 a une dureté HV2 comprise
entre 120 et 190, de préférence entre 150 et 190, plus préférentiellement entre 170
et 190, encore plus préférentiellement entre 180 et 190, la dureté Vickers étant mesurée
par exemple sur une machine semi-automatique Shimadzu HMV-G20 avec une charge de 2kg.
La détection de la taille des empreintes est faite manuellement avec les valeurs moyennes
précitées déterminées sur la base d'au moins 3 mesures. Le procédé de fabrication
est dès lors optimisé pour obtenir sur le produit final cette dureté cible tout en
relaxant les contraintes lors du revenu de détente pour éviter les déformations non
voulues lors de l'usinage.
[0017] Le procédé de fabrication du composant horloger selon l'invention comprend ainsi
au moins les étapes suivantes :
- Mise à disposition d'une pièce semi-finie ayant été mise en forme par déformation
par laminage, extrusion, etc.; en d'autres mots, mise à disposition d'une pièce semi-finie
à l'état écroui. Cette pièce semi-finie a une dureté comprise entre 130 et 220 HV2,
de préférence entre 160 et 220 HV2, plus préférentiellement entre 170 et 220 HV2,
et encore plus préférentiellement entre 180 et 220 HV2. A composition chimique équivalente,
la dureté de la pièce semi-finie peut être modulée en fonction du taux d'écrouissage
et donc du taux de déformation appliquée lors de la mise en forme,
- Traitement thermique de ladite pièce semi-finie, aussi dit revenu de détente, dans
une gamme de températures comprise entre 170°C et 230°C (bornes comprises), de préférence
entre 180°C et 220°C, avec un temps de maintien dans ces gammes de températures compris
entre 20 minutes et 10 heures, de préférence entre 30 minutes et 5 heures et plus
préférentiellement entre 1 heure et 4 heures,
- Usinage et finition dudit produit pour obtenir le composant horloger.
[0018] La pièce semi-finie mise à disposition est typiquement une bande laminée ou une barre
extrudée. Elle peut déjà avoir été découpée, éventuellement mise à épaisseur, après
la mise en forme par déformation, par exemple sous forme de barquettes ou de rondelles
et éventuellement pré-usinée par exemple par détourage. En variante, le procédé peut
comporter une étape additionnelle de découpage et optionnellement de mise à épaisseur
et de pré-usinage avant le traitement thermique de détente. Cette étape de découpage
est réalisée sur la matière écrouie, c.à.d. avant le revenu de détente, de manière
à disposer d'une matière dure, ce qui facilite ce découpage.
[0019] Après le revenu de détente, la pièce semi-finie peut être usinée pour obtenir la
forme finale du composant horloger sans déformation résiduelle. L'usinage est réalisé
par fraisage, perçage et/ou taraudage ou tout autre opération d'usinage par enlèvement
de copeaux. L'usinage peut être suivi d'un traitement de finition, tel que du polissage
et/ou du gravage pour la décoration.
[0020] Selon l'invention, le revenu de détente est réalisé dans une gamme de températures
comprise entre 170°C et 230°C. Typiquement, le revenu est réalisé dans une gamme de
températures comprise entre 175°C et 195°C pendant un temps compris entre 1 heure
et 4 heures. Le revenu de détente a pour objet de relaxer les contraintes internes
sans affecter significativement la dureté. Plus précisément, les mécanismes physiques
en jeu lors du revenu de détente ont pour fonction principale la réorganisation locale
des défauts engendrés au cours de la mise en forme. L'apport d'énergie thermique lors
du revenu permet principalement l'activation de la diffusion des défauts qui, grâce
à leur mobilité, peuvent s'annihiler ou se reconfigurer de manière à minimiser l'énergie
locale. Les défauts à l'échelle atomique sont principalement des défauts linéaires
dans les grains (dislocations), lacunes, interstitiels, substitutionnels ou d'autres
défauts ponctuels. Afin de maintenir le niveau de dureté, il faut éviter, au cours
de la détente, d'activer une modification structurelle à grande échelle telle que
la recristallisation, qui modifie profondément l'état métallurgique de la matière
(taille de grains, rapport et composition chimique des phases). Selon l'invention,
la perte de dureté entre avant et après le revenu de détente est inférieure ou égale
à 30 HV2, de préférence inférieure ou égale à 20 HV2, plus préférentiellement inférieure
ou égale à 10 HV2. Le delta de dureté autorisé est déterminé sur base de la dureté
cible sur le produit final et de la dureté initiale modulée en fonction de la composition
de l'alliage et du taux de déformation appliquée lors de la mise en forme. Ainsi,
pour une pièce semi-finie avec un taux d'écrouissage plus élevé menant à une dureté
de 200 HV2, un delta de 20 ou 30 HV2 est autorisé pour atteindre la cible de dureté
autour des 180 HV2. La chute de la dureté augmentant avec la température, une température
de revenu plus élevée peut être préconisée lorsque la dureté initiale est élevée.
Avantageusement, lorsque la pièce semi-finie a une dureté supérieure ou égale à 130
HV2 et inférieure à 180 HV2, le traitement thermique de détente peut être effectué
à une température comprise entre 175° et 195°C pendant un temps compris entre 30 minutes
et 5 heures, de préférence entre 1 et 4 heures. Avantageusement, lorsque la pièce
semi-finie a une dureté comprise entre 180 et 220 HV2, le traitement thermique de
détente peut être effectué à une température comprise entre 195°C et 220°C pendant
un temps compris entre 30 minutes et 5 heures, de préférence entre 1 et 4 heures.
[0021] De nombreux essais ont été réalisés pour déterminer la gamme de températures et de
temps optimum pour réaliser la détente sans adoucir significativement le matériau.
Comme illustré aux figures 2A et 2B, le laiton avec Pb (CuZn38Pb2 avec HV2 à l'état
écroui de 169) conventionnellement utilisé dans le domaine horloger et le laiton sans
Pb (CuZn42 avec HV2 à l'état écroui de 163) utilisé dans le cadre de la présente invention
ont des comportements très différents lors de revenus de 30 minutes effectués dans
la même gamme de températures. Contrairement aux comportements de durcissement observés
sur le laiton au plomb pour des températures de revenu inférieures à 250°C, la dureté
du laiton CuZn42 diminue continuellement avec la température de revenu. Plus précisément,
on observe l'apparition de paliers successifs, entre 180°C et 210°C, puis entre 220°C
et 240°C. D'après ces observations, le choix d'une température de revenu supérieure
ou égale à 250°C, comme préconisé pour les laitons au plomb, cause une perte de dureté
significative. Pour les laitons sans plomb, la gamme de températures préconisée est
entre 170°C et 230°C pour éviter une chute drastique de la dureté.
[0022] Pour évaluer l'état de détente de la matière pour ces gammes de températures, des
mesures ont été réalisées par spectroscopie mécanique. La spectroscopie mécanique
est une méthode d'analyse physique dans laquelle un pendule de torsion, qui incorpore
l'éprouvette réalisée avec le matériau à analyser, est soumis à des oscillations forcées
dans une enceinte à vide dont la température est contrôlée. Pour une excitation donnée,
l'appareil mesure en fonction de la température l'amplitude et la phase de déformation
de l'éprouvette durant des cycles de chauffe/refroidissement. L'amplitude et le déphasage
de la déformation avec l'excitation forcée sont liés aux propriétés viscoélastiques
du matériau, soit à la façon dont les défauts internes se réorganisent pour accommoder
la variation de contraintes auxquelles est soumise l'éprouvette. Le module de cisaillement
dynamique M, grandeur directement liée au déphasage accessible par la mesure de spectroscopie
mécanique, est un indicateur de l'état de détente du matériau (
W. Benoit, "Dislocation-Lattice interactions, " Materials Science Forum, Vols. 366-368,
pp. 158-177, 2001) (J. Lauzier, J. Hillaire, G. Gremaud and W. Benoit, "Lubrication agents of dislocation
motion at very low temperature in cold worked aluminium," J. Phys. : Condens. Mater.,
vol. 2, p. 9247, 1990)
. Cet indicateur permet de suivre la cinétique de l'évolution de la détente en fonction
de la température et de la durée du revenu. Les essais ont été réalisés selon l'un
des deux protocoles suivants qui donnent des résultats similaires : 1) balayage en
température simple : le pendule est chauffé à 5°C/min jusqu'à la température de consigne,
maintenu pendant la durée choisie pour le revenu à cette température, puis refroidi
à une vitesse de 2°C/min jusqu'à 100°C. Les valeurs de M sont relevées tout au cours
du balayage, jusqu'à la température de 100°C où la valeur de M
100 est relevée. La valeur de cette dernière température est choisie arbitrairement comme
« presque ambiante ». La durée de maintien du revenu varie de 30 minutes à 8 heures.
2) balayage multiple en température : rampe de chauffage rapide de 5°C/min jusqu'à
la température de consigne initiale, maintien ou chauffe très lente (0.3°C/min) pendant
30 minutes, suivi d'un refroidissement de 2°C/min jusqu'à 100 °C, chauffage à 5°C/min
jusqu'à une seconde température de consigne, en général 10°C ou 20°C plus élevée que
la valeur initiale, refroidissement, mesure de M
100, etc. Les étapes de refroidissement/chauffe sont répétées jusqu'à atteindre la valeur
de la température de consigne supérieure choisie. La valeur du module de cisaillement
est mesurée à 100°C, température choisie arbitrairement comme « presque ambiante »
et est indiquée ci-dessous M
100.
[0023] Il s'agit de maximiser la différence ΔM
100 entre l'état initial avant revenu et celui après revenu pour optimiser la relaxation
des contraintes au sein du matériau. L'évolution du module de cisaillement dynamique
M
100 en fonction de la durée du revenu est étudiée pour le CuZn42 ayant une dureté après
mise en forme de 175 HV2. Le comportement à 200°C (T2) et à 180°C (T1) est illustré
à la figure 3. Après 30 minutes de maintien à 180°C et à 200°C, on observe déjà une
variation importante du module de cisaillement M
100 avec un ΔM
100 supérieur à 1 GPa. La valeur maximale de M
100 est atteinte après un maintien de plus de 180 minutes à 180°C alors qu'une valeur
équivalente de M
100 est obtenue après seulement 30 minutes à 200°C. Le gain enregistré sur la valeur
de M
100 devient négligeable au-delà de 180 minutes. Le ΔM
100 maximum est de 1.2 GPa à 180°C et de 1.5 GPa à 200°C, avec donc une détente plus
efficace avec l'augmentation de la température. En ce qui concerne la dureté, après
180 minutes à 180°C, elle est de 170 HV2, soit seulement une perte de 5 HV2. En augmentant
le temps de revenu à 5 heures à 180°C, on n'observe pas de chute additionnelle de
la dureté. Après 30 minutes à 200°C, elle est de 166 HV2, soit seulement une perte
de 9 HV2. Après 180 minutes à 200°C, elle est de 164 HV2, soit seulement une perte
de 11 HV2. Ces essais montrent qu'une augmentation de la température permet de maximiser
ΔM
100 avec une diminution de la dureté légèrement plus marquée. Des essais ont également
été réalisés sur un laiton CuZn42 ayant une dureté initiale de 200 HV2. Après un revenu
de détente à 180°C pendant 180 minutes, la diminution de la dureté est limitée à 13
HV2.
[0024] A la figure 4, la dynamique de l'augmentation de M
100 au cours de revenus à 180°C ainsi qu'à 220°C a été suivie pour des laitons CuZn42
ayant des duretés initiales entre 162 HV2 et 210 HV2. L'augmentation principale de
M
100 a lieu au cours de la première heure de détente. A 180°C, elle est relativement similaire
pour toutes les nuances. La dynamique de la détente à 220°C de la nuance la plus dure
(HV2=210) confirme que la température de détente est le facteur déterminant pour la
maximisation de M
100. Le traitement de détente de 180°C/3h permet d'atteindre un état de détente similaire
pour toutes les nuances de laiton CuZn42 étudiées. En fonction de la perte admissible
de dureté, selon la dureté finale souhaitée, la détente à 220°C pendant 1h permet
d'obtenir un gain additionnel substantiel dans la valeur obtenue pour M
100.
[0025] Pour qualifier l'état de détente d'un matériau, une alternative à la maximisation
de ΔM
100 est la minimisation de la déformation d'une jauge spécifiquement conçue pour représenter
les usinages horlogers de ponts ou tout autre composant horloger usiné dans une pièce
semi-finie en bande laminée ou sous forme de barre. La jauge de déformation a une
géométrie choisie de sorte à se déformer, préférablement par flambage, lors de son
détachement de la matrice dans laquelle elle est usinée. Sa géométrie préférablement
circulaire est caractérisée en ce que le rapport épaisseur/diamètre soit supérieur
à 10, préférablement supérieur à 100 et qu'elle soit facilement détachable de la matrice
dans laquelle elle est usinée. La conception de la jauge de déformation repose sur
le principe du flambage qui veut que lorsque les tensions résiduelles dans la membrane
constituant son fond sont supérieures à une valeur critique, la jauge va se déformer
en flambant lors de son détachement et atteindre une forme d'équilibre caractéristique
de l'état des contraintes résiduelles présentes dans la matière constituant la membrane
de la jauge. Afin de garantir une bonne détente du laiton, il s'agit de minimiser
le flambage de la jauge lors de son détachement. A titre d'exemple, les mesures ont
été réalisées avec une jauge dont la géométrie est représentée à la figure 5. La jauge
est constituée d'un cylindre bas de diamètre intérieur de 32 mm comportant un fond
très fin de 0.3 mm (rapport épaisseur/diamètre égal à environ 100) dans lequel six
creusures de diamètre 4 mm et de profondeur 0.15 mm sont usinées. La jauge est usinée
à partir d'une barquette extraite par étampage ou par fraisage dans la bande laminée
d'épaisseur de un à quelques millimètres. Quelle que soit l'épaisseur initiale de
la bande, l'épaisseur du fond est fixée à 0.3 mm. Après l'usinage du cylindre et des
creusures, la jauge est ensuite détourée partiellement pour rester tenue par trois
attaches à la barquette, de sorte à être facilement détachable dans une étape ultérieure.
Le fond mince est conçu pour se déformer notablement en présence de contraintes résiduelles.
Il peut se déformer partiellement lors du détourage, la déformation maximale étant
exprimée lors du détachement de la jauge. La démarche appliquée dans cette étude consiste
à qualifier la détente de la matière par la mesure quantitative des déformations de
la jauge lors du détachement. Celles-ci sont déduites à partir des valeurs de deux
indicateurs, mesurés en qualifiant la topographie du fond de la pièce une première
fois après usinage de la pièce (jauge attachée à la barquette) et une deuxième fois
après détachement par rupture des trois attaches (jauge détachée). La déformation
maximale, c.à.d. la planéité relative, observée sur le fond est un indicateur de la
détente du matériau. Les mesures sont réalisées par microscopie optique, un posage
dédié aux appareils de mesure permettant d'assurer le positionnement précis et répétable
de la jauge, qu'elle soit attachée ou détachée. On précisera qu'un autre indicateur
pourrait être le déplacement relatif maximal observé sur les centres des creusures
entre l'état "attaché" et l'état "détaché". C'est la raison pour laquelle la jauge
est munie de creusures. Il serait également envisageable de réaliser une jauge dépourvue
de ces creusures et d'utiliser comme seul indicateur la déformation maximale.
[0026] La planéité est évaluée à partir de la mesure optique de la distribution des hauteurs
du fond de la jauge réalisée par microscopie confocale en lumière blanche (instrument
FRT Microprof avec posage dédié assurant la reproductibilité du positionnement de
la jauge). La valeur de la hauteur z est mesurée par pas de 0.2 mm en x et en y. La
topographie de la surface interne du fond est établie en s'affranchissant des effets
de la rugosité résiduelle par moyennage de la valeur de z calculée sur une surface
de 1 mm
2 (moyenne sur environ 25 points). L'éventuelle erreur d'inclinaison globale de la
jauge dans le posage est réduite par soustraction du plan moyen de la pièce. On obtient
ainsi la distribution des valeurs des résidus z
i au plan moyen. La planéité P est définie comme l'écart séparant deux plans parallèles
contenant l'ensemble de la surface, quantifiée par la valeur z
max - z
min. La déformation relative de la jauge est évaluée entre l'état "attaché" et l'état
"détaché", par soustraction point par point des deux topographies z
a(x;y) et z
d(x;y) . La déformation maximale (planéité relative) est obtenue en prenant la valeur
maximale de la différence des hauteurs, soit max|z
d-z
a|.
[0027] Les mesures ont été réalisées sur un laiton CuZn42 ayant une dureté à l'état écroui
de 173 HV2. A l'état écroui, la déformation maximale est de 7.1 µm. Après un revenu
de détente à 180°C pendant 3h, la déformation maximale tombe à 2.2 µm. Sur un laiton
CuZn42 ayant une dureté à l'état écroui de 210 HV2, soumis à un traitement de détente
à 220°C pendant 1 heure, la déformation maximale est de 2.2 µm. Pour un autre essai
réalisé sur une nuance CuZn42 avec une dureté à l'état écroui de 200 HV2 et détendu
à 180°C pendant 3 heures, la déformation maximale est de 2.7 µm alors qu'elle est
de 4.7 µm à l'état écroui. Ainsi, une déformation maximale inférieure ou égale à 3.5
µm et de préférence à 3 µm est également un indicateur de l'état de détente du matériau.
[0028] La présente invention se rapporte également au composant horloger réalisé dans cet
alliage et obtenu à l'issue du procédé décrit ci-avant. Comme susmentionné, ce composant
se caractérise par le choix du matériau en laiton CuZn42, par sa dureté avec des valeurs
comprises entre 120 et 190 HV2, de préférence entre 150 et 190 HV2, plus préférentiellement
entre 170 et 190 HV2, encore plus préférentiellement entre 180 et 190 HV2. Il se caractérise
également par son état détendu par opposition à l'état écroui après sa mise en forme
par déformation. Pour caractériser cet état sur le produit final, la procédure suivante
est utilisée. Le module de cisaillement dynamique M
100 est mesuré sur un échantillon prélevé sur le composant horloger. L'échantillon peut
être de géométrie planaire (lame) ou cylindrique (fil), la géométrie de l'échantillon
n'ayant pas d'impact sur la valeur mesurée. Ensuite, l'échantillon prélevé sur ce
même composant est caractérisé dans un banc d'essai de spectroscopie mécanique choisi
en fonction de la géométrie de l'échantillon. La variation du module de cisaillement
dynamique ΔM
100 entre l'état initial avant revenu et celui après revenu est relevée après l'application
du protocole de balayage en température 1) décrit précédemment. La durée du maintien
est d'une heure à une température de 200°C. Il peut être conclu que le composant est
à l'état détendu, et a donc été fabriqué avec le procédé selon l'invention, si le
ΔM
100 est inférieur à 0.4 GPa, voire à 0.2 GPa, ce qui correspond aux variations du M
100 dans la zone "plateau" des figures 3 et 4 après la brusque augmentation de M
100 lors de la première heure.
[0029] De manière moins préférée, un moyen de différencier un composant horloger détendu
selon le procédé de fabrication de l'invention et un composant horloger non détendu
peut également consister à mesurer la déformation maximale tel que décrit précédemment
sur un échantillon usiné dans le composant horloger, avec une valeur qui doit être
inférieure ou égale à la valeur seuil déterminée, pour la géométrie choisie, sur des
échantillons de référence usinés dans de la matière détendue. L'éprouvette est conçue
de manière à se déformer par flambage lors de sa libération après l'usinage.
1. Procédé de fabrication d'un composant horloger (1) en laiton CuZn42 avec une dureté
comprise entre 120 et 190 HV2, ledit procédé comprenant les étapes suivantes :
- Mise à disposition d'une pièce semi-finie ayant été mise en forme par déformation,
ladite pièce semi-finie étant réalisée dans un matériau en laiton CuZn42 et ayant
une dureté comprise entre 130 et 220 HV2, de préférence entre 160 et 220 HV2, plus
préférentiellement entre 170 et 220 HV2, et encore plus préférentiellement entre 180
et 220 HV2,
- Traitement thermique de détente de ladite pièce semi-finie à une température comprise
entre 170 et 230°C avec un temps de maintien à ladite température compris entre 20
minutes et 10 heures, de préférence entre 30 minutes et 5 heures, plus préférentiellement
entre 1 heure et 4 heures,
- Usinage et finition de ladite pièce semi-finie pour réaliser le composant horloger
(1).
2. Procédé de fabrication selon la revendication précédente, caractérisé en ce que le traitement thermique est effectué à une température comprise entre 175°C et 220°C,
de préférence entre 180°C et 220°C, avec un temps de maintien à ladite température
compris entre 30 minutes et 5 heures, de préférence entre 1 heure et 4 heures.
3. Procédé de fabrication selon la revendication précédente, caractérisé en ce que le traitement thermique est effectué à une température comprise entre 175°C et 195°C,
de préférence entre 180°C et 195°C, avec un temps de maintien à ladite température
compris entre 30 minutes et 5 heures, de préférence entre 1 heure et 4 heures.
4. Procédé de fabrication selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que, lorsque le matériau en laiton CuZn42 de la pièce semi-finie a une dureté supérieure
ou égale à 130 HV2 et inférieure à 180 HV2, le traitement thermique de détente est
effectué à une température comprise entre 175°C et 195°C pendant un temps compris
entre 30 minutes et 5 heures, de préférence entre 1 et 4 heures.
5. Procédé de fabrication selon l'une des revendications 1 à 2, caractérisé en ce que, lorsque le matériau en laiton CuZn42 de la pièce semi-finie a une dureté comprise
entre 180 et 220 HV2, le traitement thermique de détente est effectué à une température
comprise entre 195°C et 220°C pendant un temps compris entre 30 minutes et 5 heures,
de préférence entre 1 et 4 heures.
6. Procédé de fabrication selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il comporte une étape de découpe entre l'étape de mise à disposition et l'étape de
traitement thermique.
7. Procédé de fabrication selon la revendication précédente, caractérisé en ce qu'il comporte une étape de pré-usinage et/ou de mise à épaisseur après l'étape de découpe
et avant l'étape de traitement thermique.
8. Procédé de fabrication selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que le traitement thermique de détente entraîne une augmentation du module de cisaillement
M100 du matériau en laiton CuZn42 d'une valeur supérieure ou égale 1 GPa.
9. Procédé de fabrication selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que le traitement thermique de détente entraîne une augmentation du module de cisaillement
M100 du matériau d'une valeur supérieure ou égale à 1.2 GPa.
10. Composant horloger (1) réalisé dans un matériau en laiton CuZn42 avec en poids :
-

-

-

-

-

-

-

- Eventuels autres éléments ayant chacun une teneur inférieure ou égale à 0.2%,
- Zn : balance à 100%,
le matériau dudit composant horloger (1) ayant une dureté comprise entre 120 et 190
HV2 et étant à l'état détendu, l'état de détente du matériau étant déterminé sur base
de la différence ΔM
100 entre le module de cisaillement dynamique M
100 mesuré sur un échantillon prélevé sur ledit composant horloger (1) et ensuite soumis
à un traitement thermique de maintien d'1 heure à une température de 200°C avec une
vitesse de chauffage jusqu'à 200°C de 5°C/min et une vitesse de refroidissement après
le maintien d'1 heure de 2°C/min et le module de cisaillement dynamique M
100 mesuré sur un échantillon prélevé sur ledit composant horloger (1) sans subir de
traitement thermique ultérieur, le ΔM
100 étant inférieur à 0.4 GPa lorsque le matériau du composant horloger (1) est à l'état
détendu.
11. Composant horloger (1) selon la revendication précédente, caractérisé en ce qu'il a une dureté comprise entre 150 et 190 HV2, de préférence entre 170 et 190 HV2,
plus préférentiellement entre 180 et 190 HV2.
12. Composant horloger (1) selon la revendication 10 ou 11, caractérisé en ce qu'il s'agit d'un composant horloger (1) du mouvement.
13. Composant horloger (1) selon l'une des revendications 10 à 12, caractérisé en ce qu'il s'agit d'une platine, d'un pont, d'une ébauche, d'un barillet, du tambour d'un
barillet ou du couvercle d'un barillet.
1. Verfahren zur Herstellung einer Uhrenkomponente (1) aus Messing CuZn42 mit einer Härte
im Bereich zwischen 120 und 190 HV2, wobei das besagte Verfahren die folgenden Schritte
umfasst:
- Bereitstellen eines halb fertigen Teils, der durch Verformung in Form gebracht wurde,
wobei der besagte halb fertige Teil aus einem Messingmaterial CuZn42 hergestellt ist
und eine Härte aufweist, die im Bereich zwischen 130 und 220 HV2, vorzugsweise zwischen
160 und 220 HV2, bevorzugter zwischen 170 und 220 HV2 und noch bevorzugter zwischen
180 und 220 HV2 liegt,
- Spannungsarmglühen des besagten halb fertigen Teils bei einer Temperatur im Bereich
zwischen 170 und 230 °C, mit einer Haltezeit bei besagter Temperatur im Bereich zwischen
20 Minuten und 10 Stunden, vorzugsweise zwischen 30 Minuten und 5 Stunden, bevorzugter
zwischen 1 Stunde und 4 Stunden,
- Bearbeiten und Endbearbeiten des besagten halb fertigen Teils, um die Uhrenkomponente
(1) herzustellen.
2. Verfahren zur Herstellung nach dem vorhergehenden Anspruch, dadurch gekennzeichnet, dass die thermische Behandlung bei einer Temperatur, die im Bereich zwischen 175 °C und
220 °C, vorzugsweise zwischen 180 °C und 220 °C liegt, durchgeführt wird, mit einer
Haltezeit bei besagter Temperatur im Bereich zwischen 30 Minuten und 5 Stunden, vorzugsweise
zwischen 1 Stunde und 4 Stunden.
3. Verfahren zur Herstellung nach dem vorhergehenden Anspruch, dadurch gekennzeichnet, dass die thermische Behandlung bei einer Temperatur, die im Bereich zwischen 175 °C und
195 °C, vorzugsweise zwischen 180 °C und 195 °C liegt, durchgeführt wird, mit einer
Haltezeit bei besagter Temperatur im Bereich zwischen 30 Minuten und 5 Stunden, vorzugsweise
zwischen 1 Stunde und 4 Stunden.
4. Verfahren zur Herstellung nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass wenn das Material aus Messing CuZn42 des halb fertigen Teils eine Härte von mehr
als oder gleich wie 130 HV2 und weniger als 180 HV2 aufweist, das Spannungsarmglühen
bei einer Temperatur, die im Bereich zwischen 175 °C und 195 °C während einer Dauer
im Bereich zwischen 30 Minuten und 5 Stunden, vorzugsweise zwischen 1 Stunde und 4
Stunden, liegt, durchgeführt wird.
5. Verfahren zur Herstellung nach einem der Ansprüche 1 bis 2, dadurch gekennzeichnet, dass wenn das Material aus Messing CuZn42 des halb fertigen Teils eine Härte aufweist,
die im Bereich zwischen 180 und 220 HV2 liegt, das Spannungsarmglühen bei einer Temperatur,
die im Bereich zwischen 195 °C und 220 °C während einer Dauer im Bereich zwischen
30 Minuten und 5 Stunden, vorzugsweise zwischen 1 Stunde und 4 Stunden, liegt, durchgeführt
wird.
6. Verfahren zur Herstellung nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass es einen Schritt des Schneidens zwischen dem Schritt des Bereitstellens und dem Schritt
des thermischen Behandelns umfasst.
7. Verfahren zur Herstellung nach dem vorhergehenden Anspruch, dadurch gekennzeichnet, dass es einen Schritt des Vorbearbeitens- und/oder Festsetzens der Dicke nach dem Schritt
des Schneidens und vor dem Schritt des thermischen Behandelns umfasst.
8. Verfahren zur Herstellung nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass das Spannungsarmglühen zu einer Erhöhung des Schermoduls M100 des Messingmaterials CuZn42 um einen Wert von mehr als oder gleich wie 1 GPa führt.
9. Verfahren zur Herstellung nach einem der vorhergehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass das Spannungsarmglühen zu einer Erhöhung des Schermoduls M100 des Messingmaterials um einen Wert von mehr als oder gleich wie 1,2 GPa führt.
10. Uhrenkomponente (1), hergestellt aus einem Messingmaterial CuZn42 mit den folgenden
Gewichtsanteilen:
-

-

-

-

-

-

-

- Eventuell andere Elementen, die jeweils einen Gehalt von weniger als oder gleich
wie 0,2 % aufweisen,
- Zn: Rest bis 100 %,
wobei das Material der besagten Uhrenkomponente (1) eine Härte aufweist, die im Bereich
zwischen 120 und 190 HV2 liegt und sich im entspannten Zustand befindet, wobei der
entspannte Zustand des Materials auf der Grundlage der Differenz ΔM
100 zwischen dem dynamischen Schermodul M
100, gemessen auf einer Probe, die der besagten Uhrenkomponente (1) entnommen wurde und
danach einer thermischen Behandlung mit Haltezeit von 1 Stunde bei 200 °C mit einer
Aufheizgeschwindigkeit bis zu 200 °C von 5 °C/min und einer Abkühlgeschwindigkeit
nach der Haltezeit von 1 Stunde von 2 °C/min unterzogen und dem dynamischen Schermodul
M
100, gemessen auf einer Probe, die der besagten Uhrenkomponente (1) entnommen wurde,
ohne weitere Wärmebehandlung, bestimmt wird, wobei der ΔM
100 kleiner als 0,4 GPa ist, wenn sich das Material der Uhrenkomponente (1) im entspannten
Zustand befindet.
11. Uhrenkomponente (1) nach dem vorhergehenden Anspruch, dadurch gekennzeichnet, dass sie eine Härte aufweist, die im Bereich zwischen 150 und 190 HV2, vorzugsweise zwischen
170 und 190 HV2, bevorzugter zwischen 180 und 190 HV2 liegt.
12. Uhrenkomponente (1) nach Anspruch 10 oder 11, dadurch gekennzeichnet, dass es sich um eine Uhrenkomponente (1) des Uhrwerks handelt.
13. Uhrenkomponente (1) nach einem der Ansprüche 10 bis 12, dadurch gekennzeichnet, dass es sich um eine Platine, eine Brücke, einen Rohling, ein Federhaus, eine Federhaustrommel
oder einen Federhausdeckel handelt.
1. Method for manufacturing a watch component (1) in brass CuZn42 with a hardness between
120 and 190 HV2, said method comprising the following steps:
- Provision of a semi-finished piece having been shaped by deformation, said semi-finished
piece being realised in brass CuZn42 and having a hardness between 130 and 220 HV2,
preferably between 160 and 220 HV2, more preferably between 170 and 220 HV2, and even
more preferably between 180 and 220 HV2,
- Stress relief heat treatment of said semi-finished piece at a temperature between
170 and 230 °C with a holding time at said temperature between 20 minutes and 10 hours,
preferably between 30 minutes and 5 hours, more preferably between 1 hour and 4 hours,
- Machining and finishing of said semi-finished piece to produce the watch component
(1).
2. Method for manufacturing according to the preceding claim, characterised in that the heat treatment is carried out at a temperature between 175°C and 220°C, preferably
between 180°C and 220°C, with a holding time at said temperature between 30 minutes
and 5 hours, preferably between 1 hour and 4 hours.
3. Method for manufacturing according to the preceding claim, characterised in that the heat treatment is carried out at a temperature between 175°C and 195°C, preferably
between 180°C and 195°C, with a holding time at said temperature between 30 minutes
and 5 hours, preferably between 1 hour and 4 hours.
4. Method for manufacturing according to one of the preceding claims, characterised in that, when the brass CuZn42 material of the semi-finished piece has a hardness greater
than or equal to 130 HV2 and less than 180 HV2, the stress relief heat treatment is
carried out at a temperature between 175°C and 195°C for a duration of between 30
minutes and 5 hours, preferably between 1 and 4 hours.
5. Method for according to one of claims 1 to 2, characterised in that, when the brass CuZn42 material of the semi-finished piece has a hardness between
180 and 220 HV2, the stress relief heat treatment is carried out at a temperature
between 195°C and 220°C for a duration of between 30 minutes and 5 hours, preferably
between 1 and 4 hours.
6. Method for manufacturing according to one of the preceding claims, characterised in that it includes a cutting step between the provision step and the heat treatment step.
7. Method for manufacturing according to the preceding claim, characterised in that it includes a pre-machining and/or thickness adjustment step after the cutting step
and before the heat treatment step.
8. Method for manufacturing according to one of the preceding claims, characterised in that the stress relief heat treatment leads to an increase in the shear modulus M100 of the brass CuZn42 material by a value greater than or equal to 1 GPa.
9. Method for manufacturing according to one of the preceding claims, characterised in that the stress relief heat treatment leads to an increase in the shear modulus M100 of the material by a value greater than or equal to 1.2 GPa.
10. Watch component (1) realised in brass CuZn42 material with, by weight:
-

-

-

-

-

-

-

- Any other elements each having a content less than or equal to 0.2%,
- Zn: balance to 100%,
the material of said watch component (1) having a hardness between 120 and 190 HV2
and being in a relaxed state, the relaxed state of the material being determined based
on the difference ΔM
100 between the dynamic shear modulus M
100 measured on a sample taken from said watch component (1) and then subjected to a
heat treatment held for 1 hour at a temperature of 200°C with a heating rate to 200°C
of 5°C/min and a cooling rate after the 1-hour hold of 2°C/min and the dynamic shear
modulus M
100 measured on a sample taken from said watch component (1) without undergoing further
heat treatment, the ΔM
100 being less than 0.4 GPa when the material of the watch component (1) is in the relaxed
state.
11. Watch component (1) according to the preceding claim, characterised in that it has a hardness between 150 and 190 HV2, preferably between 170 and 190 HV2, more
preferably between 180 and 190 HV2.
12. Watch component (1) according to claim 10 or 11, characterised in that it is a movement watch component (1).
13. Watch component (1) according to one of claims 10 to 12, characterised in that it is a plate, a bridge, a blank, a barrel, a barrel drum, or a barrel cover.