Domaine technique
[0001] La présente invention se rapporte au domaine de l'horlogerie. Elle concerne, plus
particulièrement, un mécanisme d'échappement à force constante.
Etat de la technique
[0002] Le mécanisme d'échappement faisant l'objet de la présente invention se base sur celui
initialement dévoilé par le document
CH353679 et développé plus loin dans le document
CH704275. Pour le surplus, un échappement de ce genre a également été utilisé dans une pièce
produite par Fabrication de Montres Normandes en 2009 (voir
https://forumamontres.forumactif.com/t68941-fabrication-de-montres-normandes).
[0003] Dans ce type d'échappement, la roue d'échappement est coaxiale à une roue de réarmage,
qui apparait à première vue comme étant une roue d'échappement supplémentaire. La
roue de réarmage est solidaire en rotation d'une roue ou d'un pignon qui reçoit le
couple venant du barillet, tandis que la roue d'échappement est montée folle autour
du même axe géométrique. Ces deux roues sont reliées entre elles par l'intermédiaire
d'un élément de rappel élastique, de telle sorte que la roue d'échappement est entraînée
en rotation par ce dernier.
[0004] La roue d'échappement coopère avec une ancre de façon conventionnelle, et coopère
également avec une bascule de blocage qui comporte deux niveaux de palettes, dont
les palettes d'un premier niveau coopèrent avec les dents de la roue d'échappement
tandis que les palettes d'un second niveau coopèrent avec celles de la roue de réarmage
afin de les bloquer et les libérer par alternances lorsqu'elle évolue de l'une de
ses positions stables à l'autre.
[0005] Après chaque libération de l'ancre et lors du pivotement de la roue d'échappement,
l'une des dents de cette dernière entre en contact avec l'une des palettes du premier
niveau afin de déclencher un pivotement de la bascule de blocage de l'une de ses positions
stables à l'autre. Ce faisant, la roue de réarmage pivote sous l'effet du ressort
moteur stocké dans le barillet et remonte l'élément élastique, avant d'être rebloquée
par la bascule de blocage.
[0006] Ce faisant, lors du fonctionnement de l'échappement, la roue de réarmage avance par
pas en synchronisme avec la roue d'échappement, ce qui assure que la force fournie
par l'élément élastique reste substantiellement constante et que l'échappement n'est
pas soumis à des variations de couple lorsque le ressort moteur se désarme. Puisque
les avances de la roue de réarmage ont lieu entre celles de la roue d'échappement
avec un décalage angulaire et temporel, ces dernières s'effectuent lorsque l'ancre
n'est pas en train de coopérer avec le balancier, ce qui minimise ou élimine la perturbation
de ce dernier.
[0007] Un premier désavantage de ce système est que le moment du dégagement de la bascule
de blocage par rapport à celui de la roue d'échappement est prédéterminé par la géométrie
de la bascule de blocage (y compris ses palettes) ainsi que par le positionnement
de son axe de pivotement. Par conséquent il est impossible de régler le moment de
libération de la roue de réarmage (et donc son déphasage par rapport à la roue d'échappement)
autre qu'en modifiant la géométrie de la bascule de blocage. Deuxièmement, les déplacements
angulaires de la bascule de blocage nuisent au fonctionnement de l'échappement. En
effet, lorsque la bascule arrive en butée, il se produit des chocs qui provoquent
des rebonds de cette dernière.
[0008] Le but de l'invention est par conséquent de proposer un mécanisme d'échappement à
force constante dans lequel les défauts susmentionnés sont au moins partiellement
surmontés.
Divulguation de l'invention
[0009] De façon plus précise, l'invention concerne un mécanisme d'échappement à force constante
pour pièce d'horlogerie, comme défini dans une première revendication indépendante.
Ce mécanisme comprend :
- une roue d'échappement présentant une pluralité de dents et agencée pour entretenir
un oscillateur balancier-spiral de façon connue, typiquement par l'intermédiaire d'une
ancre suisse ou autre ;
- une roue de réarmage présentant une pluralité de dents et agencée pour être entraînée
en rotation par une source motrice telle qu'un ressort moteur logé dans un barillet
ou tout autre source motrice connue, ladite roue de réarmage étant reliée à ladite
roue d'échappement par l'intermédiaire d'un élément de rappel, qui peut être formé
par un ressort en spiral, un autre type de ressort, un système à guidage flexible
intégré à l'une ou l'autre de ces roues, ou tout autre élément convenable ;
- une bascule de blocage montée en pivotement autour d'un axe physique ou virtuel et
agencée pour évoluer entre une première et une seconde positions angulaires stables
en fonction de la rotation de ladite roue d'échappement, et pour bloquer et pour libérer
ladite roue de réarmage à raison d'un pas de sa rotation (c'est-à-dire typiquement
à raison d'un demi pas de sa denture) lors de son évolution de l'une de ses positions
stables à l'autre.
[0010] Selon un premier aspect de l'invention, ledit mécanisme d'échappement comporte en
outre une roue de commande montée solidaire en rotation de ladite roue d'échappement
et de façon réglable angulairement par rapport à cette dernière, ladite roue de commande
présentant une pluralité de dents et étant agencée pour coopérer avec ladite bascule
de blocage afin de la faire évoluer entre l'une de ses positions stables à l'autre.
Typiquement, le profil de l'ensemble desdites dents est identique, et chaque roue
comporte le même nombre de dents, mais cela ne doit pas être forcément le cas.
[0011] Puisque la position angulaire de la roue de commande peut être réglée par rapport
à la roue d'échappement, le moment exact du dégagement de la bascule de blocage peut
être modifié par l'horloger pour optimiser le fonctionnement du mécanisme d'échappement
pour chaque échappement individuel, améliorant ainsi le rendement et/ou la marche.
[0012] Avantageusement, ladite roue de commande est agencée entre ladite roue d'échappement
et ladite roue de réarmage, ce qui représente la solution la plus simple à mettre
en oeuvre, mais d'autres configurations des trois roues sont également possibles.
[0013] Avantageusement, ladite roue de réarmage est solidaire en rotation d'un pignon agencé
pour être entraînée en rotation par ladite source motrice, ledit pignon étant prolongé
par un axe autour duquel est monté libre en rotation un ensemble comportant ladite
roue de commande et ladite roue d'échappement.
[0014] Avantageusement, ladite roue d'échappement est rendue solidaire en rotation de ladite
roue de commande par l'intermédiaire d'au moins une vis de réglage ou par frottement
gras par le biais d'un élément de friction.
[0015] Avantageusement, ladite bascule de blocage présente une pluralité de palettes agencées
pour coopérer avec d'une part la roue de réarmage, et d'autre part la roue de commande,
chaque palette présentant une section trapézoïdale. Cela permet l'utilisation des
mêmes palettes standards pour chaque palette.
[0016] Avantageusement, les dentures de la roue d'échappement, de la roue de réarmage et
de la roue de commande sont substantiellement identiques, ou alternativement comportent
simplement le même nombre de dents mais de profils différents.
[0017] Dans une autre variante, ladite roue de réarmage comporte le même nombre de dents
que ladite roue de commande, mais un nombre de dents inférieur à ladite roue d'échappement.
Dans un tel cas, les dentures de la roue de réarmage et la roue de commande sont régulièrement
reparties autour de chaque roue et présentent le même pas de denture théorique que
la roue d'échappement, mais certaines dents ont été omises. Ce faisant, le déclenchement
de la bascule de blocage s'effectue après un nombre prédéterminé de pas de la roue
d'échappement au lieu de chaque pas de cette dernière.
[0018] Selon un autre aspect, l'invention concerne également un mécanisme d'échappement
à force constante pour pièce d'horlogerie, comme défini dans une seconde revendication
indépendante. Ce mécanisme d'échappement comprend :
- une roue d'échappement présentant une pluralité de dents et agencée pour entretenir
un oscillateur balancier-spiral de façon connue, typiquement par l'intermédiaire d'une
ancre suisse ou autre ;
- une roue de réarmage présentant une pluralité de dents et agencée pour être entraînée
en rotation par une source motrice telle qu'un ressort moteur logé dans un barillet,
ladite roue de réarmage étant reliée à ladite roue d'échappement par l'intermédiaire
d'un élément de rappel, qui peut être formé par un ressort en spiral, un autre type
de ressort, un système à guidage flexible intégré à l'une ou l'autre de ces roues,
ou tout autre élément convenable ;
- une bascule de blocage montée en pivotement autour d'un axe physique ou virtuel et
agencée pour évoluer entre une première et une seconde positions angulaires stables
en fonction de la rotation de ladite roue d'échappement, et pour bloquer et pour libérer
ladite roue de réarmage à raison d'un pas de sa rotation (c'est-à-dire typiquement
à raison d'un demi pas de sa denture) lors de son évolution de l'une de ses positions
stables à l'autre.
[0019] Selon cet aspect de l'invention, ladite bascule de blocage coopère avec un volant
d'inertie.
[0020] Ce volant d'inertie augmente l'inertie effective de la bascule de blocage et permet
de lisser ses mouvements, ce qui améliore le fonctionnement de l'échappement par rapport
à ceux de l'art antérieur cités ci-dessus.
[0021] Avantageusement, ledit volant d'inertie est un plateau monté en rotation, typiquement
sur un élément de bâti. Ceci peut notamment permettre l'utilisation de composants
standards déjà disponibles, notamment des plateaux de balancier. Typiquement, ledit
plateau comporte une cheville qui coopère avec une fourchette que comporte ladite
bascule de blocage.
[0022] Avantageusement, ladite bascule de blocage prend la forme d'une ancre. À nouveau,
ceci permet l'utilisation de composants standards qui sont déjà disponibles.
[0023] Bien entendu, les deux aspects de l'invention peuvent être combinés dans un même
mécanisme d'échappement.
Brève description des dessins
[0024] D'autres détails de l'invention apparaîtront plus clairement à la lecture de la description
qui suit, faite en référence aux dessins annexés dans lesquels :
- Figure 1 est une vue isométrique d'un premier mode de réalisation d'un mécanisme d'échappement
selon l'invention ;
- Figure 2 est une vue isométrique coupée de l'empilement de roues du mode de réalisation
de la figure 1 ;
- Figure 3 est une vue isométrique partielle d'un deuxième mode de réalisation d'un
mécanisme d'échappement selon l'invention.
Modes de réalisation de l'invention
[0025] La figure 1 illustre un premier mode de réalisation d'un mécanisme d'échappement
1 selon l'invention, tandis que la figure 2 illustre l'agencement particulier des
roues que le mécanisme 1 comporte.
[0026] Ce mécanisme 1 comporte une roue d'échappement 3 montée en pivotement autour d'un
axe A1 et agencée pour entretenir en oscillation un oscillateur balancier 5 - spiral
7 agencé de telle sorte que ledit spiral 7 exerce un couple de rappel sur ledit balancier
5 de telle sorte à faire osciller ce dernier autour d'un point neutre, de manière
connue.
[0027] Dans le mode de réalisation illustré, la roue d'échappement 3 coopère avec une ancre
9 de type suisse montée en pivotement autour d'un axe A2. Cette roue d'échappement
3 est agencée pour être bloquée et libérée par l'ancre 9, ainsi que pour fournir des
impulsions au balancier 5 de façon connue. Toutefois, un système à détente, un échappement
Omega-Daniels ou tout autre type d'échappement connu de l'homme du métier peut être
utilisé. Ce faisant, l'ensemble mécanisme d'échappement 1 - balancier 5 - spiral 7
forme un système réglant.
[0028] La roue d'échappement 3 est coaxiale à une roue de réarmage 11, qui comporte une
pluralité de dents et est solidaire en rotation d'un pignon 13 qui sert d'entrée de
force depuis la source motrice (non illustrée, typiquement un barillet logeant un
ressort moteur de façon connue). Ce pignon 13 fait office de pignon d'échappement,
et est relié cinématiquement à ladite source motrice par un rouage ad hoc (typiquement
appelé « rouage de finissage »).
[0029] La roue d'échappement 3 est solidaire en rotation d'une roue de commande 15, qui
peut être décalée angulairement par rapport à la roue d'échappement 3. Dans le mode
de réalisation illustrée, des vis de réglage 17 servent à rendre les deux roues 3,
15 solidaires en rotation, mais en les dévissant, l'horloger peut déplacer l'une de
ces roues 3, 15 angulairement par rapport à l'autre pour des raisons qui apparaîtront
plus clairement par la suite. Alternativement, les deux roues 3, 15 peuvent être montées
à frottement gras l'une par rapport à l'autre, pour autant que ces dernières restent
solidaires en rotation lors du fonctionnement normal de l'échappement 1. Tout type
de liaison à friction connu entre les roues 3 et 15 peut être envisagé, dans la mesure
où le couple de friction est dimensionné en conséquence.
[0030] L'ensemble comportant la roue d'échappement 3 et la roue de commande 15 est monté
libre en rotation par rapport à l'ensemble comportant la roue de réarmage 11 et le
pignon 13. À cet effet, le pignon 13 est prolongé par un axe 13a qui s'étend au travers
des roues 3, 15, et soutient cet ensemble entre des premiers paliers 18. L'ensemble
comprenant les roues 3, 15 est monté libre en pivotement autour de cet axe 13a par
le biais de deuxièmes paliers 19 qui entourent ce dernier.
[0031] La roue de réarmage 11 est liée à la roue d'échappement 3 par l'intermédiaire d'un
élément de rappel 21, ici un ressort en spirale, qui est précontraint afin de fournir
suffisamment de couple pour faire pivoter la roue d'échappement 3 et entretenir l'oscillateur
5, 7. À cet effet, l'extrémité intérieure de l'élément de rappel 21 est solidaire
en rotation de l'axe 13a (qui est, pour rappel, solidaire en rotation de la roue de
réarmage 11), tandis que son extrémité extérieure est fixée à un piton 3a solidaire
de la roue d'échappement 3. Par conséquent, l'ensemble comportant les deux roues 3,
15 est relié cinématiquement à l'ensemble comportant la roue de réarmage 11 et le
pignon 13 par l'intermédiaire de cet élément de rappel 21, qui assure que le couple
dont est soumis à la roue d'échappement 3 reste substantiellement constant pour autant
que l'élément de rappel 21 peut être rechargé par la source motrice.
[0032] Dans la construction illustrée, la roue de commande 15 est interposée entre la roue
d'échappement 3 et la roue de réarmage 11, et bien que la construction illustrée soit
la plus simple à mettre en oeuvre, l'empilement des roues 3, 11, 15 le long de l'axe
A1 peut être défini différemment. En effet, l'une ou l'autre des roues 3, 11 peut
se trouver au milieu, et la roue de commande 15 se trouver d'un côté ou de l'autre.
À cet effet, pour autant que l'ensemble des roues 3, 15 soit relié à l'ensemble de
la roue de réarmage 11 et au pignon 13 par l'intermédiaire de l'élément de rappel
21, la liaison entre ces deux ensembles peut être agencée de façon ad hoc, selon les
besoins du constructeur. Par exemple, l'une des extrémités de l'élément de rappel
21 peut être fixée à l'une ou l'autre des roues 3, 15, tandis que son autre extrémité
peut être fixée à la roue 3 directement ou à l'axe 13a, selon la configuration choisie.
Pour le surplus, l'élément de rappel 21 peut alternativement être intégré à l'une
ou l'autre (ou même plusieurs) des roues 3, 11, 15 (en particulier la roue de réarmage
11 et/ou la roue de commande 15), en étant constitué par des éléments flexibles (tels
que des lames flexibles) agencés de façon ad hoc.
[0033] Afin de maintenir la précontrainte de l'élément de rappel 21 dans le cas où la source
motrice ne fournit plus assez de couple au pignon 13 pour remonter complètement l'élément
de rappel 21, un plot 23 porté par l'ensemble roue d'échappement 3 - roue de commande
15 est prévu, ce plot 23 prenant place dans une fente 11a que comporte la roue de
réarmage afin de limiter le déphasage angulaire entre les roues 3 et 11 ainsi que
de conserver le pré-armage initial de l'élément de rappel 21. Bien entendu, d'autres
agencements permettent de limiter l'écart angulaire entre les deux ensembles 11, 13
respectivement 3, 15 sont également possibles afin d'obtenir le même résultat, par
exemple celui utilisé dans le document
CH704275.
[0034] Une bascule de blocage 25 est agencée pour bloquer et libérer la roue de réarmage
11 sous la commande de la roue de commande 15, qui pivote en fonction de la roue d'échappement
3. À cet effet, la bascule de blocage 25 est montée en pivotement autour d'un axe
de rotation A3 (qui peut être un axe physique traditionnel ou un axe virtuel dans
le cas où la bascule de blocage 25 est soutenue par un guidage flexible), qui est
distinct de l'axe A2, de telle sorte qu'elle est agencée pour pivoter entre une première
et une deuxième positions stables (positions extrêmes), et comporte deux paires de
palettes 25a, 25b, situées sur deux niveaux différents afin de coopérer respectivement
avec la roue de réarmage 11 et la roue de commande 15. Les palettes 25a, 25b peuvent
prendre n'importe quelles formes ad hocs, et peuvent être venus de matière avec la
bascule de blocage 25 ou être constituées par des éléments rapportés sur cette dernière.
Dans le mode de réalisation non-limitatif illustré, elles prennent chacune une forme
trapézoïdale conventionnelle (c'est-à-dire une section perpendiculaire à l'axe A3
qui est trapézoïdal), similaire à celle d'un échappement à ancre suisse. En d'autres
mots, elles comprennent chacune des flancs droits liés par une face d'extrémité formant
un plan d'impulsion oblique. Les palettes 25a du premier niveau présentent une longueur
suffisante pour qu'un flanc droit de chaque palette puisse bloquer les dents de la
roue de réarmage 11 lorsque la bascule de blocage 25 se trouve dans une position angulaire
extrême correspondante, un flanc de l'une des palettes 25a se trouvant ainsi dans
la trajectoire de cette dernière. Cependant, les palettes 25b sont plus courtes que
les palettes 25a (c'est-à-dire qu'elles s'étendent moins loin depuis la bascule de
blocage 25 que ces dernières), de telle sorte que seules leurs extrémités obliques
peuvent pénétrer dans la trajectoire des dents de la roue de commande 15 lorsque la
bascule d'arrêt 25 se trouve dans une position angulaire extrême respective. Comme
c'est le cas pour les palettes d'une ancre, le flanc de chaque palette 25a, 25b, qui
se trouve en amont (considéré par rapport au sens de rotation des roues 3, 11, 15),
est plus court que celui qui se trouve en aval, de telle sorte que la face d'extrémité
est configurée pour faire pivoter la bascule de blocage 25 lorsque les dents des roues
11, 15 coopèrent avec les flancs d'extrémités des palettes 25a, 25b.
[0035] Le fonctionnement de l'échappement est par conséquent comme suit :
[0036] Au repos, la roue d'échappement 3 est bloquée par un flanc de l'une des palettes
9a de l'ancre 9, et la roue de réarmage 11 est également bloquée par un flanc de l'une
des palettes 25a du premier niveau.
[0037] Lorsque l'ancre 9 laisse échapper une dent de la roue d'échappement 3 sous l'effet
de la rotation du balancier, cette dernière est libre de pivoter sous l'effet de l'élément
de rappel 21 jusqu'à ce que le flanc de l'autre palette 9a de l'ancre l'arrête, de
façon connue. La roue de commande 15 étant solidaire en rotation de la roue d'échappement
3, elle pivote aussi.
[0038] Lors de ce pivotement, une dent de la roue de commande 15 entre en contact avec la
face d'extrémité de la palette 25b qui est adjacente à la palette 25a qui est engagée
avec une dent de la roue de réarmage 11. La coopération entre la dent de la roue de
commande 15 et la face d'extrémité oblique de la palette 25b en question fait soulever
la bascule de blocage 25, ce qui entraine le dégagement de la palette 25a de la dent
de la roue de réarmage 11 et le pivotement de cette dernière sous l'effet du ressort
moteur.
[0039] Une coopération entre la dent de la roue de réarmage 11, qui vient d'être libérée,
et la face d'extrémité oblique de la palette 25a contribue à accélérer le pivotement
de la bascule de blocage 25, et le flanc de l'autre palette 25a du premier niveau
bloque la rotation de la roue de réarmage 11.
[0040] En réglant la position angulaire de la roue de commande 15 par rapport à la roue
d'échappement 3, l'horloger peut déterminer le moment dans le cycle auquel la bascule
de blocage 25 est pivotée afin d'optimiser les performances du mécanisme d'échappement
1, en optimisant le laps de temps entre la libération de la roue d'échappement 3 et
celle de la roue de réarmage 11. Puisque la roue de commande 15 est solidaire en rotation
de la roue d'échappement 3, les libérations de la roue de réarmage 11 se font toujours
en fonction des rotations de la roue d'échappement 3, même si ce sont les dents de
la roue de commande 15 qui commandent le pivotement de la bascule de blocage 25.
[0041] Afin de lisser le fonctionnement de la bascule de blocage 25, cette dernière prend
la forme d'une ancre, dont la baguette 25c porte une fourchette 25d qui coopère avec
une cheville (non visible) d'un plateau 27 d'un type qui est bien connu dans le contexte
d'un balancier, pivoté entre des paliers standards 28. Ce dernier agit comme volant
d'inertie et permet d'augmenter l'inertie effective de la bascule de blocage 25 et
de lisser ses mouvements, ce qui améliore le fonctionnement de l'échappement 1 par
rapport à ceux des documents
CH353679 et
CH704275. Ce volant d'inertie permet de contrebalancer les effets dynamiques des chocs lors
des rebonds de la bascule de blocage, notamment lorsqu'elle arrive en butée contre
les goupilles de limitation 29 ou lors des contacts fourchette-ellipse.
[0042] Cependant, il est également possible d'utiliser un simple levier pour la bascule
de blocage 25, comme c'est le cas dans les documents
CH353679 et
CH704275, ou toute autre forme de levier adaptée en conséquence.
[0043] La figure 3, sur laquelle seuls les signes de références principaux ont été utilisés
et certains éléments (y compris l'élément de rappel 21) ont été omis, illustre un
autre mode de réalisation d'un mécanisme d'échappement 1 selon l'invention. Ce dernier
diffère de celui de la figure 1 en ce qui concerne le positionnement de l'axe A2 par
rapport à l'axe A1. Dans le mode de réalisation de la figure 1, l'angle entre les
droites reliant les axes A2-A1 et A3-A1, est obtus, dans celui de la figure 3 il est
aigu, de telle sorte que les deux axes A2, A3 se trouvent du même côté du mécanisme,
considéré dans le plan de ce dernier.
[0044] Dans une variante non illustrée, il est également possible que les axes A2 et A3
soient confondus, de telle sorte que l'ancre 9 et la bascule de blocage 25 soient
coaxiales et superposées.
[0045] On notera que, dans les modes de réalisation illustrés, les trois roues 3, 11, 15
peuvent être substantiellement identiques, ou au moins présenter des formes de dentures
substantiellement identiques. Pour le surplus, l'ancre 9 et la bascule de blocage
25 peuvent également être identiques, à l'exception d'une pièce rapportée ou épaissie
pour porter l'une des paires de palettes 25a, 25b. Encore davantage, les palettes
9a, 25a, 25b peuvent être de forme classique et identique, à l'exception de la longueur
des palettes 25b. Le nombre de différentes pièces à fabriquer peut ainsi être minimisé.
La forme de la denture de la roue de commande 15 et/ou la roue de réarmage 11 peut
être choisie à volonté, et ne doit pas forcément être conventionnelle. De plus, la
roue de réarmage 11 et/ou la roue de commande 15 peut être constituée par n'importe
quel type d'élément adéquat à produire le fonctionnement décrit, comme par exemple
une roue à denture de chant, une roue dans laquelle les dents sont constitués par
des goupilles, des doigts ou similaires, « dents » étant donc à comprendre dans le
sens large pour englober l'ensemble des variations moins communes connues à l'homme
du métier. Les roues 11, 15, ou les roues 3, 15, peuvent également être venus de matière
l'une de l'autre, la liaison entre les deux étant par le biais d'éléments flexibles,
tels que des lames flexibles. Dans le cas où les roues 11, 15 sont venues de matière,
les éléments flexibles les reliant peuvent également servir d'élément de rappel 21.
[0046] Pour le surplus, en réduisant le nombre de dents de la roue de réarmage 11 et en
en retirant une sur deux de la roue de commande 15, ou deux sur trois, trois sur quatre,
quatre sur cinq etc. par rapport aux dents de la roue d'échappement 3, le nombre d'alternances
du balancier entre chaque réarmage de l'élément de rappel 21 peut être augmenté, de
la façon similaire à un remontoir d'égalité.
[0047] En ce qui concerne les matériaux, toute la gamme de matériaux de l'horlogerie contemporaine
peut être envisagée (métaux, non-métaux tels que le silicium, composés de silicium,
diamant synthétique, saphir, verres structurables, céramiques, verre-céramiques, verres
métalliques, polymères, composites, matériaux susceptibles de fabrication additive
etc.), et il est à noter que les palettes 9a, 25a, 25b peuvent non seulement être
des pièces distinctes rapportées sur l'ancre 9, respectivement la bascule 25, mais
peuvent être venues de matière avec ces dernières.
[0048] Le mécanisme d'échappement 1 selon l'invention est également compatible avec un balancier
incliné et est susceptible d'être intégré dans un mécanisme de tourbillon, que ce
soit de type mono-, bi- ou triaxial, mais également dans un mécanisme de carrousel.
[0049] La présente description a été donnée à titre d'illustration non limitative de l'invention.
L'homme du métier pourra apporter des compléments à sa portée, sans toutefois sortir
du cadre de l'invention défini par les revendications.
1. Mécanisme d'échappement (1) à force constante pour pièce d'horlogerie, comprenant
:
- une roue d'échappement (3) présentant une pluralité de dents et agencée pour entretenir
un oscillateur balancier-spiral (5, 7) ;
- une roue de réarmage (11) présentant une pluralité de dents et agencée pour être
entraînée en rotation par une source motrice, ladite roue de réarmage (11) étant reliée
à ladite roue d'échappement (3) par l'intermédiaire d'un élément de rappel (21) ;
- une bascule de blocage (25) montée en pivotement et agencée pour évoluer entre une
première et une seconde positions angulaires stables en fonction de la rotation de
ladite roue d'échappement (3), et pour bloquer et libérer ladite roue de réarmage
(11) à raison d'un pas de sa rotation lors de l'évolution de ladite bascule de blocage
(25) de l'une de ses positions stables à l'autre ;
caractérisé en ce que ledit mécanisme d'échappement (1) comporte en outre une roue de commande (15) montée
solidaire en rotation de ladite roue d'échappement (3) et de façon réglable angulairement
par rapport à cette dernière, ladite roue de commande (15) présentant une pluralité
de dents et étant agencée pour coopérer avec ladite bascule de blocage (25) afin de
la faire évoluer entre l'une de ses positions stables à l'autre.
2. Mécanisme d'échappement (1) selon la revendication précédente, dans lequel ladite
roue de commande (15) est agencée entre ladite roue d'échappement (3) et ladite roue
de réarmage (11).
3. Mécanisme d'échappement (1) selon l'une des revendications précédentes, dans lequel
ladite roue de réarmage (11) est solidaire en rotation d'un pignon (13) agencé pour
être entraîné en rotation par ladite source motrice, ledit pignon étant prolongé par
un axe (13a) autour duquel est monté libre en rotation un ensemble comportant ladite
roue de commande (15) et ladite roue d'échappement (3).
4. Mécanisme d'échappement (1) selon l'une des revendications précédentes, dans lequel
ladite roue d'échappement (3) est rendue solidaire en rotation de ladite roue de commande
par l'intermédiaire d'au moins une vis de réglage (17) ou par frottement gras.
5. Mécanisme d'échappement (1) selon l'une des revendications précédentes, dans lequel
ladite bascule de blocage (25) présente une pluralité de palettes (25a, 25b) agencées
pour coopérer avec lesdites roues de réarmage (11) et de dégagement (15), chaque palette
(25a, 25b) présentant une section trapézoïdale.
6. Mécanisme d'échappement (1) selon l'une des revendications précédentes, dans lequel
les dentures de la roue d'échappement (3), de la roue de réarmage (11) et de la roue
de commande (15) sont substantiellement identiques.
7. Mécanisme d'échappement (1) selon l'une des revendications 1 à 5, dans lequel ladite
roue de réarmage (11) comporte le même nombre de dents que ladite roue de commande
(15), mais un nombre de dents inférieur à ladite roue d'échappement (3).
8. Mécanisme d'échappement (1) à force constante pour pièce d'horlogerie, comprenant
:
- une roue d'échappement (3) présentant une pluralité de dents et agencée pour entretenir
un oscillateur balancier-spiral (5, 7) ;
- une roue de réarmage (11) présentant une pluralité de dents et agencée pour être
entraînée en rotation par une source motrice, ladite roue de réarmage (11) étant relié
à ladite roue d'échappement (3) par l'intermédiaire d'un élément de rappel (21) ;
- une bascule de blocage (25) montée en pivotement et agencée pour évoluer entre une
première et une seconde positions angulaires stables en fonction de la rotation de
ladite roue d'échappement (3),et pour bloquer et pour libérer ladite roue de réarmage
(11) à raison d'un pas de sa rotation lors de l'évolution de ladite bascule de blocage
(25) de l'une de ses positions stables à l'autre ;
caractérisé en ce que ladite bascule de blocage (25) coopère avec un volant d'inertie (27).
9. Mécanisme d'échappement (1) selon la revendication précédente, dans lequel ledit volant
d'inertie (27) est un plateau (27) monté en rotation.
10. Mécanisme d'échappement (1) selon la revendication précédente, dans lequel ledit plateau
(27) comporte une cheville qui coopère avec une fourchette (25d) que comporte ladite
bascule de blocage (25).
11. Mécanisme d'échappement (1) selon la revendication précédente, dans lequel ladite
bascule de blocage (25) prend la forme d'une ancre.
12. Mécanisme d'échappement (1) selon l'une des revendications 1 à 7 et selon l'une des
revendications 8 à 11.
13. Système réglant comprenant un mécanisme d'échappement (1) selon l'une des revendications
précédentes ainsi qu'un balancier (5) agencé pour coopérer avec ladite ancre et un
ressort spiral (7) agencé pour exercer un couple de rappel sur ledit balancier (5).
14. Mouvement horloger comprenant un système réglant selon la revendication précédente.
15. Pièce d'horlogerie comprenant un mouvement horloger selon la revendication précédente.