Domaine technique
[0001] La présente divulgation concerne une détermination de plans de chargement de cœurs
de réacteurs nucléaires.
Technique antérieure
[0002] Elle concerne plus particulièrement le développement de méthodes et d'outils informatiques
de calculs applicables aux réacteurs nucléaires. L'application concernée ici est relative
à l'une des premières étapes d'une chaîne de calculs des cœurs pour la conception
des plans de chargement.
[0003] Avant chaque rechargement effectif en assemblages nucléaires d'une cuve de réacteur
de centrale nucléaire, l'exploitant doit réaliser un ensemble d'études destinées à
évaluer la sureté et le fonctionnement du futur cœur de réacteur, ce qui conditionne
le redémarrage effectif d'une tranche nucléaire.
[0004] Pour réaliser ces études, l'exploitant dispose en général d'une « chaîne de calculs
des cœurs », intégrant une application de rechargement d'assemblages pour une nouvelle
campagne de production nucléaire. Ces applications situées en début de chaîne permettent
de concevoir le plan de chargement des cœurs en exploitation qui devront respecter
l'ensemble des critères de sûreté, ainsi qu'un ensemble de contraintes, dites « contraintes
d'exploitation », qui interdisent par exemple certaines positions à certains assemblages.
[0005] Aujourd'hui, les ingénieurs résolvent ce problème combinatoire complexe « à la main
» avec des applications dédiées.
[0006] Le besoin est donc de disposer d'un outil capable de concevoir automatiquement ces
plans de rechargement, prenant en compte de façon paramétrable les bons critères de
sûreté, les contraintes d'exploitation et la qualité des assemblages disponibles en
réserve. Cette catégorie d'assemblages, stockée en piscine, est appelée « réserve
de gestion ». Les réserves de gestion sont des assemblages en général usés mais encore
aptes à effectuer une campagne supplémentaire.
[0007] D'un point de vue de l'exploitant, il existe un besoin pour un outil capable de gérer
les contraintes de positionnement des assemblages dans le cœur.
[0008] Un outil de l'art antérieur capable de concevoir automatiquement des plans de rechargement
peut être trouvé, par exemple, dans le document de brevet
FR 2 853 987 A1.
Résumé
[0009] La présente divulgation vient améliorer la situation.
[0010] Il est proposé un procédé assisté par des moyens informatiques pour déterminer un
plan optimal de chargement d'un cœur de réacteur nucléaire. Dans ce procédé en particulier,
des positions respectives d'assemblages de combustibles nucléaires sont testées par
lesdits moyens informatiques selon au moins un critère avant d'attribuer des positions
optimales aux assemblages et procéder au chargement du réacteur. Le cœur du réacteur
comporte (sans les assemblages combustibles) une multiplicité d'alvéoles présentant
des symétries de positions relativement à une pluralité d'axes de symétrie, des assemblages
courants étant destinés à être introduits chacun dans une alvéole.
[0011] Les assemblages courants pour préparer un futur chargement sont répartis selon au
moins trois catégories définies par le nombre de campagnes de production qu'ils ont
effectuées au sein du réacteur nucléaire:
- une première catégorie d'assemblages n'ayant pas servi dans une campagne de production
précédente et ayant un taux de combustion inférieur à un premier seuil (assemblages
neufs ou assimilés),
- une deuxième catégorie d'assemblages ayant servi dans une campagne de production précédente
et ayant un taux de combustion compris entre le premier seuil et un deuxième seuil,
supérieur au premier seuil, et
- une troisième catégorie d'assemblages ayant servi dans au moins deux campagnes de
production précédentes et ayant un taux de combustion supérieur au deuxième seuil.
[0012] Le procédé comprend en particulier les étapes :
- identifier des groupes de positions d'alvéoles qui sont symétriques par rapport auxdits
axes de symétrie, et compter un nombre de positions symétriques dans chaque groupe,
- constituer des familles d'assemblages courants, les assemblages courants d'une même
famille ayant au moins des taux de combustion voisins, lesdites familles comportant
chacune un nombre d'assemblages courants correspondant à un nombre de positions d'un
desdits groupes, respectivement (le terme « respectivement » signifiant ici qu'il
existe une bijection entre les familles d'assemblages courants et les groupes de positions,
chaque famille d'assemblages et chaque groupe de positions mis en relation par la
bijection comportant respectivement le même nombre d'éléments),
- choisir, dans une base de données de plans-types de chargement, valides, un plan-type
de chargement dont les taux de combustion d'assemblages, par famille, sont les plus
proches des taux de combustion des assemblages courants, par famille, et, dans le
cadre d'une simulation numérique, attribuer aux assemblages courants des positions
initiales respectives correspondant aux positions des assemblages dans le plan-type
choisi,
- tester par simulation numérique le plan de chargement constitué des assemblages courants
auxdites positions initiales, relativement à au moins un critère prédéterminé,
- permuter des positions d'assemblages courants tout en conservant les familles d'assemblages
précédemment constituées et tester par simulation numérique le plan de chargement
formé des assemblages courants auxdites positions permutées, relativement audit critère
prédéterminé, et
- répéter l'étape de permutations et de test jusqu'à obtenir au moins un plan candidat
pour le chargement du réacteur, le plan candidat étant celui qui remplit le mieux
ledit critère prédéterminé.
[0013] Il est rappelé ici que le taux de combustion (ou « burn-up » ci-après) est une grandeur
fondamentale dans la caractérisation d'un assemblage combustible et dans la modélisation
des calculs de cœurs. Il caractérise l'énergie qui a été produite par un assemblage
combustible au cours de son irradiation. Il s'exprime en MWj/t, rapport de l'énergie
totale produite rapportée à la masse en tonne de métal lourd initial investi. En connaissant
le taux de combustion, on peut calculer rapidement l'énergie en multipliant la puissance
spécifique massique par le nombre de jours calendaires de fonctionnement précédent,
par exemple. En règle grossière et générale, plus le taux de combustion d'un ensemble
d'assemblages est élevé et plus la puissance générée est basse, par rapport à un ensemble
d'assemblages neufs.
[0014] On entend ici par « taux de combustion voisins », pour la constitution d'une famille
d'assemblages, des taux de combustion d'assemblages dont les valeurs ne s'écartent
pas (en valeur absolue) entre elles (ou d'une moyenne par famille) de plus de quelques
pourcents par exemple. Le critère de « taux de combustion voisins » peut ne pas être
le seul pour regrouper les assemblages par famille. Les assemblages d'une même famille
peuvent être conçus aussi selon une même technologie et/ou comporter un même type
de combustible, et/ou autres.
[0015] De même, on entend ci-dessus par « plan-type de chargement dont les taux de combustion
d'assemblages, par famille, sont les plus proches des taux de combustion ... », le
choix dans une base de données d'un plan-type dont les valeurs de burn-up sont les
plus « proches » de celles des assemblages courants, par exemple en choisissant le
plan type qui minimise un calcul de distance entre la somme des carrés de différences
des valeurs moyennes de burn-up par famille du plan-type et des assemblages courants.
[0016] On entend aussi par les premier et deuxième « seuils » précités, des seuils qui délimitent
simplement des gammes de taux de combustion (par exemple entre 0 et 200 MWj/t, puis
entre 200 et 17000 MWj/t, puis entre 17000 et 33000 MWj/t ou plus, etc.), ces gammes
étant définies le plus souvent par le nombre de campagnes de production déjà subies
auparavant par ces assemblages courants.
[0017] On entend par « tester par simulation numérique » des calculs neutroniques (souvent
en 3D) du cœur fonctionnant avec les assemblages courants dans les positions testées,
en absence ou en présence de grappes de contrôle, absorbantes de neutrons, pour étouffer
la réaction nucléaire de fission, et dont on extrait, par configuration notamment
des grappes de contrôle, au moins des valeurs de marge d'antiréactivité et de puissances
de crayons ou « facteurs de point chaud Fxy et Fxy, g », respectivement en absence
et en présence de grappes de contrôle (ces paramètres étant expliqués plus loin en
référence aux figures 50 et 51). D'ailleurs, le « critère » précité, à remplir, peut
être basé sur une combinaison de ces paramètres, et l'on cherche en particulier à
ne pas dépasser globalement des valeurs limites de ces paramètres pour la sélection
d'un cœur candidat.
[0018] On entend par « permuter des positions d'assemblages courants » aussi bien des permutations
entre assemblages d'une même famille (permutations « intrafamiliales ») que des échanges
de positions entre tous les assemblages respectifs de deux familles différentes (permutations
« interfamiliales »), ces familles différentes ayant un même nombre de membres. En
particulier, les membres d'une famille restent dans la même famille après permutation
(et ne sont pas éparpillés).
[0019] Une telle réalisation au sens de la présente divulgation, avec une génération de
plans automatisée puis testée par les moyens informatiques précités, par permutations
ou par croisements avec d'autres plans comme on le verra dans un exemple de réalisation
présenté plus loin, mènent à des plans de qualité insoupçonnée pour un homme du métier,
et ce parfois de façon contrintuitive.
[0020] Une telle génération informatisée permet de mener à des plans de qualité, convergeant
rapidement (quelques dizaines de minutes au plus) pour remplir le critère précité
(noté « EPC » et défini plus loin).
[0021] Typiquement, les permutations peuvent être réalisées de manière aléatoire (ou pseudo-aléatoire
car contrôlées néanmoins par les moyens informatiques précités), tout en respectant
néanmoins des règles prédéterminées (comme la façon dont les positions d'assemblages
peuvent être permutées notamment).
[0022] Dans une réalisation (pour la plupart des cœurs, à eau pressurisée typiquement),
la pluralité précitée d'axes de symétrie comporte quatre axes de symétrie du cœur,
passant par le centre du cœur et comprenant deux axes, l'un vertical, l'autre horizontal,
et deux autres axes de pente respectivement de 45 degrés et de 135 degrés par rapport
à une ligne horizontale (tous ces axes étant sécants au centre du plan de cœur). On
considère alors des groupes de N positions d'alvéoles situées sur lesdits axes de
symétrie, et des groupes de M positions d'alvéoles n'étant pas situées sur lesdits
axes de symétrie (avec typiquement M>N pour les cœurs de réacteurs à eau sous pression).
Par exemple pour un cœur de 157 assemblages, on a M=8 et N=4.
[0023] Dans une réalisation, le procédé précité peut comporter, dans le cadre de la simulation
numérique précitée :
- placer un assemblage choisi parmi lesdits assemblages courants en position centrale,
et
- placer les assemblages desdites familles autour de l'assemblage central dans des groupes
de positions symétriques par rapport à la pluralité d'axes de symétrie, les assemblages
positionnés dans un même groupe de positions étant membres d'une même famille d'assemblages
(et ayant donc des taux de combustion voisins).
[0024] L'assemblage central peut être typiquement choisi en fonction de son taux de combustion.
En général, il peut s'agir de celui qui a le taux de combustion le plus élevé et qui
est apte à pouvoir faire une campagne supplémentaire en cœur sans dépasser un burn-up
prescrit. L'assemblage central n'est pas dans une famille et n'est donc pas affecté
par une permutation quelconque. Par ailleurs, il peut être préféré de placer les assemblages
neufs ou assimilés en périphérie de cœur afin d'aplatir (ou homogénéiser) la distribution
radiale de puissance du fait que leur forte réactivité, c'est-à-dire leur forte capacité
à générer des fissions nucléaires. Ceci permet de compenser en outre les fuites neutroniques
en bord de cuve. Comme illustré sur la figure 50, de manière générale, on cherche
à éviter des pics locaux de puissance P (courbes en traits pointillés) et d'aplatir
autant que possible la distribution de puissance (en trait plein).
[0025] On comprendra ainsi que ces prédispositions de cœur peuvent être données initialement
par le plan-type précité, par exemple.
[0026] Parmi les règles de permutations prédéfinies, les permutations au sein d'une même
famille modifient chaque position d'assemblage de la famille.
[0027] Ainsi, lors de permutations intrafamiliales, tous les assemblages sont déplacés par
permutations dans la famille.
[0028] Une telle réalisation est illustrée à titre d'exemple sur la figure 19.
[0029] Parmi les règles de permutations prédéfinies, afin de tester des permutations entre
familles (interfamiliales), le procédé peut comprendre :
- permuter les positions d'assemblages courants entre deux familles distinctes ayant
un même nombre de membres, et tester par simulation numérique le plan de chargement
constitué des assemblages courants auxdites positions permutées, relativement audit
critère prédéterminé.
[0030] Une telle réalisation est illustrée à titre d'exemple sur la figure 20.
[0031] Dans une réalisation pour la création de « plans de croisement » comme évoqué précédemment,
l'étape de permutations et de test peut être :
- effectuée un nombre prédéterminé d'itérations, jusqu'à identifier un premier plan
candidat, puis
- répétée un nombre prédéterminé d'itérations, jusqu'à identifier un deuxième plan candidat,
le procédé comportant en outre au moins une étape de test d'un plan de croisement
entre les premier et deuxième plans.
[0032] On peut répéter bien entendu cette étape, avec deux, puis trois, quatre, etc. couples
de plans candidats successivement, ce qui permet de converger progressivement vers
un plan idéal, comme illustré sur la figure 21 décrite plus loin, ce plan idéal respectant
le critère prédéterminé précité.
[0033] Dans une réalisation, la constitution d'un plan de croisement peut s'effectuer comme
suit :
- les positions d'un sous-ensemble des familles d'assemblages du premier plan candidat
sont conservées, et les familles d'assemblages restantes sont :
* affectées à des positions qui coïncident avec les positions de ces mêmes familles
dans le deuxième plan, si ces positions sont encore disponibles dans le plan de croisement,
ou
* (sinon) affectées à d'autres groupes de positions disponibles, le nombre de membres
desdits autres groupes étant égal au nombre de membres des familles restant à placer.
[0034] Une telle réalisation est illustrée sur la figure 19.
[0035] Dans ce cas, on affecte toujours des familles de quatre assemblages à des ensembles
chacun constitué de quatre positions (emplacements appelés ci-dessus « alvéoles »)
et/ou on affecte des familles de huit assemblages à des ensembles chacun constitué
de huit positions.
[0036] Pour respecter encore lesdites règles de permutations prédéfinies, les assemblages
comportent généralement une face en regard d'un point d'observation, prédéterminé,
et après permutations, les assemblages permutés conservent cette même face en regard
du point d'observation (par exemple la face nord d'un assemblage est, après permutation,
encore en regard du nord).
[0037] Pour ce qui concerne la vérification de l'atteinte du critère prédéterminé précité,
on peut effectuer une simulation numérique par calculs neutroniques de chaque plan
de cœur testé, dans des conditions avec et sans insertion de grappes absorbantes de
neutrons, étouffant la réaction en chaîne, pour estimer des grandeurs propres au plan
de cœur testé, ces grandeurs comprenant en particulier des facteurs de point chaud
sans grappe
Fxy(
plan) et avec grappes
Fxy,g(
plan), ainsi qu'une marge d'antiréactivité
Marge(
plan)
.
[0038] Ces grandeurs estimées peuvent être comparées à des valeurs limites dans le calcul
d'une expression d'évaluation de plan de chargement, notée EPC, et on peut alors sélectionner,
parmi des plans possibles, un plan candidat qui a l'expression d'évaluation EPC la
plus petite, remplissant ainsi le critère prédéterminé, précité.
[0039] Dans un exemple de réalisation, l'expression d'évaluation EPC d'un plan est donnée
par :

où :
- Margelim est une valeur limite de marge d'antiréactivité,
- Fxylim,g est une valeur limite de point chaud en présence de grappes,
- Fxylim est une valeur limite de point chaud en absence de grappes,
- C est un coefficient réel positif, et
- Σg représente la somme de termes sur un ensemble de grappes, dont l'expression d'un
terme, pour une grappe g donnée est :

.
[0040] Par exemple, dans l'expression d'évaluation EPC, les deux termes :

et

peuvent être d'un même ordre de grandeur, et le coefficient C peut alors être choisi
initialement de sorte que le terme C × max(
Margelim - Marge(
plan) ; 0) est aussi du même ordre de grandeur que l'un des deux termes précités.
[0041] Typiquement, le coefficient C peut être compris entre 0,5 et 1 (et valoir par exemple
0,75).
[0042] Alternativement, le coefficient C peut être compris entre 1 et 10 par exemple.
[0043] Par la mise en œuvre du procédé ci-avant, un plan de cœur ainsi obtenu par le procédé
peut se distinguer typiquement d'une configuration « classique » de l'art antérieur,
dans laquelle on retrouve en général les assemblages de la première catégorie dans
une première zone de périphérie du cœur, les assemblages de la deuxième catégorie
dans une deuxième zone intermédiaire du cœur et les assemblages de la troisième catégorie
dans une troisième zone centrale. Dans un cœur obtenu par la mise en œuvre du procédé
ci-avant, ces assemblages peuvent être plus « mélangés » que dans une configuration
classique, par exemple.
[0044] La présente divulgation vise aussi un programme informatique comportant des instructions
pour la mise en œuvre du procédé ci-avant, lorsque ces instructions sont exécutées
par un processeur. Selon un autre aspect, il est proposé un support d'enregistrement
non transitoire, lisible par un ordinateur, sur lequel est enregistré un tel programme.
[0045] La présente divulgation vise aussi un dispositif informatique comportant au moins
un processeur pour la mise en œuvre du procédé ci-avant.
[0046] La figure 52 illustre un exemple de réalisation d'un tel dispositif DIS, comportant
typiquement une mémoire MEM apte à stocker au moins les instructions d'un programme
informatique du type précité et un processeur PROC coopérant avec la mémoire MEM pour
exécuter ces instructions. Le dispositif DIS peut comporter en outre une interface
d'entrée IN avec laquelle coopère le processeur PROC pour recevoir par exemple des
données relatives aux assemblages (nombre total, taux de combustion, données de plans-types,
etc.), et une interface de sortie OUT avec laquelle coopère le processeur PROC pour
délivrer par exemple les données d'un plan candidat.
Brève description des dessins
[0047] D'autres caractéristiques, détails et avantages apparaîtront à la lecture de la description
détaillée ci-après, et à l'analyse des dessins annexés, sur lesquels :
Fig. 1
[Fig. 1] montre un assemblage combustible d'un cœur de réacteur dans un exemple de
réalisation.
Fig. 2
[Fig. 2] montre un plan en coupe d'un cœur à 157 assemblages dans un exemple de réalisation.
Fig. 3
[Fig. 3] montre deux modules de calcul intervenant dans un procédé selon un mode de
réalisation de la présente divulgation : un module MOD1 pour la constitution de plans
selon des règles prédéfinies (notamment des règles de permutation et de croisement
de cœur) et un module MOD2 pour l'évaluation selon le critère EPC précité du plan
ainsi constitué par le module MOD1.
Fig. 4 à Fig. 8
[Fig. 4], [Fig. 5], [Fig. 6], [Fig. 7], [Fig. 8] montrent les permutations intrafamiliales
possibles pour une famille de quatre membres.
Fig. 9 à Fig. 15
[Fig. 9] , [Fig. 10] , [Fig. 11] , [Fig. 12] , [Fig. 13] , [Fig. 14] , [Fig. 15] montrent
les permutations intrafamiliales possibles pour une famille de huit membres.
Fig. 16
[Fig. 16] montre un exemple de réalisation possible d'une permutation entre deux familles
(permutations inter-familles) de quatre membres chacune (permutation de deux familles
4 placées dans des positions de symétrie 4).
Fig. 17
[Fig. 17] montre un exemple de réalisation possible d'une permutation entre deux familles
(permutations inter-familles) de huit membres chacune (permutation de deux familles
8 placées dans des positions symétriques 8).
Fig. 18
[Fig. 18] montre un exemple de croisement de deux plans parents, selon un mode de
réalisation, pour générer un plan fils.
Fig. 19
[Fig. 19] montre un exemple concret de permutation intrafamiliale selon un mode de
réalisation.
Fig. 20
[Fig. 20] montre un exemple concret de permutation interfamiliale selon un mode de
réalisation.
Fig. 21
[Fig. 21] montre les performances atteintes en termes de convergence vers un plan
de cœur optimum, respectant le critère EPC précité, selon un exemple concret de réalisation
(réacteur 1 de la centrale de Dampierre (France) pour la campagne 36).
Fig. 22
[Fig. 22] est un logigramme schématique du procédé présenté ci-avant, selon un exemple
de réalisation.
Fig. 23 à Fig. 33
[Fig. 23], [Fig. 24], [Fig. 25], [Fig. 26], [Fig. 27], [Fig. 28], [Fig. 29], [Fig.
30], [Fig. 31], [Fig. 32], [Fig. 33] illustrent des positions possibles pour des familles
de quatre assemblages dans un cœur à 157 assemblages.
Fig. 34 à Fig. 47
[Fig. 34], [Fig. 35], [Fig. 36], [Fig. 37], [Fig. 38], [Fig. 39], [Fig. 40], [Fig.
41], [Fig. 42], [Fig. 43], [Fig. 44], [Fig. 45], [Fig. 46], [Fig. 47] illustrent des
positions possibles pour des familles de huit assemblages dans un cœur à 157 assemblages.
Fig. 48
[Fig. 48] montre un plan de cœur à 193 assemblages réalisé par la mise en œuvre du
procédé.
Fig. 49
[Fig. 49] montre un plan de cœur à 205 assemblages réalisé par la mise en œuvre du
procédé.
Fig. 50
[Fig. 50] illustre schématiquement une nappe radiale de puissance générée par un cœur,
en l'absence de grappe de contrôle, la nappe étant homogène (courbe en trait plein),
ou inhomogène (courbe en traits pointillés) favorisant la présence de point chaud
PC (facteur Fxy précité).
Fig. 51
[Fig. 51] illustre schématiquement une nappe radiale de puissance générée par un cœur,
ici en présence de grappes de contrôle g, la nappe étant homogène (courbe en trait
plein), ou inhomogène (courbe en traits pointillés) favorisant la présence de point
chaud PC en présence de grappes (facteur Fxy, g précité).
Fig. 52
[Fig. 52] illustre schématiquement un dispositif pour la mise en œuvre du procédé
ci-avant, dans un exemple de réalisation.
Description des modes de réalisation
[0048] La présente divulgation propose un nouvel outil qui améliore la situation actuelle
grâce à une approche selon une méthode qui réduit les vitesses de réalisation de plans
de rechargement tout en concevant des cœurs optimisés du point de vue de la sûreté
et du fonctionnement.
[0049] Comme présenté précédemment, la présente divulgation propose un procédé utilisant
des permutations d'assemblages dans les familles, ou d'échanges de familles d'assemblages
dans des groupes de positions possédant le même nombre d'éléments.
[0050] Ci-après, une description est donnée de trois étapes particulières mettant en œuvre
des permutations d'assemblages dans les positions d'un cœur de réacteur nucléaire,
afin d'aboutir à une configuration dont les caractéristiques neutroniques sont situées
dans une zone de sûreté prédéfinie.
[0051] Toutefois avant de décrire en détails le procédé ci-avant, il est important de définir
quelques notions de cœur combustible.
[0052] En référence à la figure 1, dans chaque assemblage d'un cœur de réacteur, des tubes
CC (appelés « crayons combustibles ») sont assemblés à l'aide notamment de grilles
de maintien GR. Un assemblage est l'unité élémentaire de combustible présente dans
un cœur de réacteur nucléaire, lequel est constitué d'une pluralité d'assemblages,
dit « assemblages combustibles » par abus de langage. Des passages sont aménagés en
outre dans une partie au moins des assemblages pour introduire une ou plusieurs grappes
G en vue d'étouffer la réaction nucléaire de fission, au besoin. Dans chaque crayon
combustible, une pluralité de pastilles combustibles sont enfilées dans une gaine.
Les pastilles combustibles sont par exemple en dioxyde d'uranium UO
2. L'assemblage de la figure 1 est représenté relativement à l'axe z des hauteurs.
Le cœur lui-même, constitué d'une pluralité d'assemblages comme celui illustré sur
la figure 1, est représenté à titre d'exemple sur la figure 2, vu « en coupe » dans
le plan x,y.
[0053] Il apparait sur la figure 2 en particulier quatre axes de symétrie sécants au centre
du plan de cœur, l'un parallèle à l'axe x, l'autre parallèle à l'axe y, et deux axes
inclinés respectivement de 45° et 135° par rapport à l'axe x. Il peut être observé
la symétrie des assemblages par rapport à chacun de ces axes, notamment en termes
de valeurs respectives de taux de combustion ou « burn-up » ci-après.
[0054] On peut apprécier sur la figure 2 la symétrie de positions des assemblages ayant
des burn-ups voisins. Par exemple, les assemblages en H2 et en H14 (symétriques par
rapport à l'axe horizontal) ont des burn-ups respectifs de 14548 et 14561 (valeurs
apparaissant à la deuxième ligne de chaque case de la figure 1). On peut apprécier
aussi que les assemblages en J3 et G3 (symétriques par rapport à l'axe vertical) ont
des taux respectifs de 32415 et 32536. On peut remarquer aussi que leurs symétriques
respectifs C9 et C7 par rapport à l'axe à 45° ont des taux de combustion voisins,
qui sont de 32262 et 32453. On peut remarquer qu'il en est de même pour leurs autres
symétriques N7, N9 et J13, G13. Tous ces assemblages, J3, G3, C7, C9, N7, N9, J13
et G13 ont alors des taux de combustion compris entre environ 32000 et 32500, et sont
donc très proches, relativement aux taux de combustion des autres assemblages. Ces
assemblages J3, G3, C7, C9, N7, N9, J13 et G13 constituent une famille occupant ici
un groupe de positions symétriques par rapport à l'ensemble des axes. Leur nombre
est de huit, par groupe de positions symétriques, dans l'exemple illustré sur la figure
2 d'un cœur formé de 157 assemblages. Ce nombre de groupes de positions symétriques
peut être plus grand dans un cœur comportant un plus grand nombre d'assemblages.
[0055] Pour reprendre l'exemple des assemblages en H2 et en H14 ayant des burn-ups respectifs
de 14548 et 14561, leurs symétriques dans la même famille sont P8 et B8 et leurs taux
sont 14599 et 14482. On peut apprécier à nouveau que ces taux de combustion sont très
voisins pour des assemblages occupant ainsi un groupe de quatre positions symétriques
par rapport à l'ensemble des axes. Ce groupe comprend en effet quatre membres de positions
seulement), et non huit membres comme précédemment, car ces positions sont elles-mêmes
situées sur des axes de symétrie.
[0056] On peut relever aussi sur la figure 2 qu'outre les assemblages en R7,R8,R9, J1,H1,G1,
A7,A8,A9, J15,H15,G15 qui ont des taux de combustion élevés pour protéger la cuve
logeant le cœur, la périphérie du cœur comprend préférentiellement des assemblages
neufs en P5 à P11, L14-E14, B11-B5, E2-L2 dont les taux de combustion sont faibles,
susceptibles de rendre ces assemblages très réactifs dans un flux de neutrons. Cependant,
ces assemblages, mis dans ces positions périphériques qui correspondent à des zones
à faible flux de neutrons en raison de leurs fuites vers l'extérieur du cœur, seront
moins producteurs de neutrons, donc produiront une puissance plus faible que la moyenne
des assemblages. Là encore, une telle disposition permet « d'aplanir » (ou homogénéiser)
la distribution radiale de puissance comme illustré sur la figure 50.
[0057] Il est rappelé que, de manière générale, on cherche à éviter des pics locaux de puissance
et à aplanir autant que possible la distribution de puissance. Typiquement, on cherche
à éviter également des points chauds (facteur F
x,y expliqué plus loin).
[0058] Il est exposé ci-après une explication du principe de « marge d'antiréactivité ».
[0059] Pour contrôler la réaction nucléaire dans le cœur du réacteur, l'exploitant dispose
de deux moyens principaux.
[0060] Un premier moyen consiste à ajuster la concentration en bore dans l'eau du circuit
primaire, le bore ayant la propriété d'absorber les neutrons produits par la réaction
nucléaire de fission. On entend alors par dilution du bore l'opération consistant
à injecter de l'eau dans le circuit primaire pour réduire la concentration de bore,
et ainsi favoriser l'accroissement du flux de neutrons. Inversement, on entend par
borication l'apport de bore dans l'eau du circuit primaire pour favoriser la concentration
en bore et donc de réduire le flux neutronique.
[0061] Un deuxième moyen consiste à introduire les grappes de commande (référence G de la
figure 1) dans le cœur ou les en retirer. Ces grappes de commande, rassemblées en
groupes, contiennent des matériaux absorbant les neutrons. Leur position à une hauteur
donnée dans le cœur permet d'introduire plus ou moins d'antiréactivité dans le cœur
du réacteur, ayant défini que la réactivité exprimée en pcm (pour cent mille, 10-5)
est la grandeur qui mesure un accroissement relatif du flux neutronique induit par
un moyen de commande (mouvement des grappes de contrôle, variation de la concentration
en bore, etc.).
[0062] En fonctionnement normal, la position de certaines grappes est régulée par un calculateur
en fonction d'une consigne de puissance du réacteur. Il convient toutefois de maintenir
certaines grappes à une hauteur suffisante, fixée par les spécifications techniques
d'exploitation, pour que leur chute dans le cœur puisse étouffer efficacement la réaction
de fission nucléaire en cas d'arrêt automatique du réacteur. Cette hauteur permet
de maximiser l'antiréactivé qui sera introduite en cas de besoin. Cette disposition
permet de garantir une « marge d'antiréactivité » suffisante pour permettre l'arrêt
automatique du réacteur.
[0063] En référence à nouveau à la figure 2, un « plan de chargement » correspond à la définition
d'une recharge (un inventaire d'assemblages combustibles) couplée à une matrice (définissant
la disposition de ces assemblages dans la cuve).
[0064] Le nombre d'assemblages par type de cœur de réacteur nucléaire est prédéterminé.
[0065] Par exemple dans le cas d'assemblages à section carrée, les propriétés arithmétiques
suivantes sont vérifiées :
- En comptant toujours un assemblage central, le nombre total A d'assemblages est toujours
impair pour tout réacteur, et
- Pour des raisons de symétries dites « un quart » ou « un huitième » comme évoqué précédemment,
et pour pouvoir assurer un fractionnement minimum du cœur par trois lors du renouvellement
du combustible, A-1 est un entier divisible par 3 et 4.
[0066] Vers la fin d'une campagne N d'exploitation d'une tranche nucléaire, l'exploitant
doit anticiper la prochaine campagne N+1 d'exploitation, et disposer d'un plan de
chargement pour la campagne N+1. L'enjeu industriel est de minimiser, à la fin de
la campagne N, la période d'arrêt provisoire d'exploitation dite « arrêt de tranche
» pour maintenance éventuelle des équipements et/ou déchargement/rechargement de combustibles
nucléaires. Chaque jour d'arrêt correspond à un réel manque à gagner pour l'exploitant.
Dès le démarrage de la phase de l'arrêt de tranche, tous les assemblages combustibles
de la campagne N sont déchargés de la cuve vers une piscine de stockage, dit « bâtiment
combustible » à proximité du bâtiment réacteur. Les assemblages de la campagne N+1
à venir sont eux transférés d'une piscine de bâtiment combustible vers la piscine
de bâtiment réacteur. Les assemblages usés, n'étant pas valorisés, c'est-à-dire pas
rechargés dans la campagne à venir, restent dans la piscine du bâtiment combustible
pour plusieurs années avant évacuation pour retraitement. Les assemblages encore valorisables
pour les prochains plans de chargement de la tranche viennent enrichir la réserve
gestion et sont aussi stockés dans la piscine du bâtiment combustible . Pour fixer
les idées et ordres de grandeurs, ils sont de ceux qui ont un taux de combustion approximativement
compris dans les intervalles de [8000 ; 14500] MWJ/t, [20000 ; 25000] , et [32000
; 35000], etc., dans l'exemple de la figure 2, alors que les assemblages « neufs »
ont un taux de combustion voisin de 100 MWj/t par exemple.
[0067] Il est à noter que le nombre de plages de taux de combustion ci-avant visé dépend
du fractionnement par lequel on renouvelle le combustible nucléaire. Dans l'exemple
ci-dessus il s'agit d'un fractionnement par tiers, d'où trois plages de taux de combustion,
sans compter les assemblages neufs ou assimilés. Pour un cœur à fractionnement « quart
de cœur », on aurait observé quatre plages de taux de combustion. Ce n'est pas une
règle mais une observation qui découle de la gestion du cœur.
[0068] Les assemblages définitivement usés sont stockés temporairement avant d'être évacués
pour retraitement.
[0069] A ce moment alors peut démarrer le chargement des assemblages combustibles. Ils sont
positionnés physiquement dans la position précisée par le plan de chargement.
[0070] Pour la conception en tant que telle du plan de chargement, la technologie des réacteurs
à eau pressurisée impose de recharger les cœurs en assemblages combustibles neufs
selon une périodicité connue. Ce sont le type de combustible (Uranium, Plutonium ...),
l'enrichissement en matière fissiles des pastilles (U, Pu) des crayons des assemblages
des combustibles, et le fractionnement de la part renouvelée, qui dictent la longueur
naturelle de campagne maximale atteignable.
[0071] Par exemple, pour un réacteur de type REP (pour « réacteur à eau pressurisée ») de
900 MWe le nombre d'assemblages A égale 157 et a les options suivantes, ayant considéré
que l'on fractionne A-1 assemblages :
- Un fractionnement par 1/3 signifiant que la recharge sera de 52 assemblages,
- Un fractionnement par 1/4 signifiant que la recharge sera de 40 assemblages,
conduisant en réalité à la partition suivante 3x40 +36 = 156
[0072] Ainsi à matière investie et à enrichissement identiques, une campagne dite quart
de cœur sera plus courte qu'une campagne dite tiers de cœur, car la première apporte
moins de réactivité que la seconde.
[0073] Une stratégie liée à la disponibilité des tranches favorise des campagnes longues
de 14 à 18 mois, voire plus, conduisant à combiner un fractionnement du type 1/3 de
cœur et un enrichissement d'Uranium élevé, à plus de 4% par exemple dans la limite
des critères d'acceptabilité préalablement validées par les autorités de sûreté nucléaire,
comprenant la tenue des assemblages combustibles, les marges d'antiréactivé, et divers
critères d'enveloppes (notamment de nappe radiale de puissance générée).
[0074] Aujourd'hui la recherche de plan de chargement est effectuée manuellement par des
ingénieurs d'exploitation.
[0075] Par « manuellement », on entend dans une première étape le positionnement initial
des A assemblages, bien que cette étape puisse être automatisée en procédant par exemple
à un mimétisme basé sur la connaissance de plans de chargement des campagnes antérieures
consistant à réduire les écarts des taux de combustion pour un assemblage occupant
une place de « bataille navale » donnée. Un tel plan de chargement répertorié en «
bataille navale » est du type illustré en figure 2.
[0076] Dans une seconde étape, après évaluation du plan de chargement ainsi établi l'ingénieur
modifie l'emplacement de certaines familles d'assemblages pour corriger des effets
faisant sortir les critères d'acceptabilité des zones de sûreté et de fonctionnent
admissibles. Le nouveau plan est évalué par calcul neutronique à son tour et ainsi
de suite jusqu'à satisfaction du respect des critères ci-dessus évoqués. Le plan obtenu
est alors le plan définitif sur la base duquel les opérations de déchargement/chargement
pourront effectivement se faire.
[0077] Cette démarche suit un ensemble de compromis visant à satisfaire les critères de
sûreté et des critères économiques en prenant en compte des aléas d'exploitation possible.
[0078] En règle générale, on cherche à placer les assemblages neufs plutôt en périphérie
du réacteur (position fixe selon les gestions) pour minimiser les pics radiaux de
puissance (notés Fxy) des crayons des assemblages combustibles en aplatissant la nappe
radiale de puissance, comme illustré par la courbe en trait plein sur la figure 50.
La puissance totale d'un crayon, normalisée à 1 étant définie, le facteur dit de «
point chaud » Fxy est la puissance maximale d'un tel crayon qui ne doit pas dépasser
une valeur limite (par exemple Fxy = 1,44, ce qui signifie 44% de puissance de plus
que la puissance moyenne de 1, due à la normalisation). Par exemple, le seuil Ps de
la figure 50 peut être de 1,44 et la courbe inhomogène en traits pointillés est susceptible
de dépasser cette limite au point PC.
[0079] Ensuite, on recherche les symétries possibles dans le placement des assemblages en
limitant les facteurs de points chauds (en fixant une limite Fxy
max admissible).
[0080] Il est recherché aussi les mêmes compromis avec l'atteinte de performances du cœur
en présence de grappes de contrôle, comme illustré sur la figure 51. En particulier,
en présence des grappes de contrôle g, leur introduction doit être suffisamment efficace
pour étouffer la réaction de fission nucléaire dans le cœur, au-delà ou à niveau d'une
marge d'antiréactivité (référence « Marge » de la figure 51). Par ailleurs, on cherche
en outre à limiter encore les points chauds en présence des grappes g, notés « Fxy,
g » sur la figure 51 (apparaissant sur la courbe en traits pointillés).
[0081] L'optimisation du plan de chargement exige de l'expérience pour proposer des solutions
rapidement sur des plans complexes. En effet, trouver un plan optimisé correspond
à un problème combinatoire de recherche d'une centaine de plans parmi un nombre colossal
de matrices possibles. Ce nombre s'obtient par permutations circulaires entre familles
et membres au sein de chaque famille. Typiquement, sur la base par exemple d'un cœur
à 193 assemblages prédéterminés, comprenant 12 familles de 4 assemblages, 18 familles
de 8 assemblages, il est en théorie possible de les placer dans environ 3 1030 matrices,
l'assemblage central étant figé (avec 3 1030 ~ 12! x 4! x 18! x 8!).
[0082] La résolution de ce problème n'est pas unique. En effet, plusieurs plans peuvent
répondre favorablement aux exigences de sûreté de la tranche nucléaire.
[0083] Néanmoins, une telle démarche est fastidieuse et la présente divulgation propose
un recours particulier à des moyens informatiques, comme exposé ci-après.
[0084] Plus particulièrement, elle propose d'effectuer une recherche de plans à l'aide d'un
simulateur numérique enchaînant deux modules destinés à évaluer rapidement les critères
du plan de chargement candidat et de le modifier. Le premier module de construction
d'un plan de chargement est couplé avec un second module évaluant les critères de
sûreté et de fonctionnement du plan trouvé. Il s'agit d'un procédé qui peut donc être
prévu en deux étapes mises en œuvre par deux modules MOD1, MOD2, tel que schématisé
sur la figure 3. Le premier module MOD1 propose un plan de cœur « correct » (issu
initialement d'une base de plans-types mais avec des permutations éventuelles respectant
des règles prédéterminées de permutation) et le deuxième module MOD2 propose une évaluation
notamment par calculs numériques en neutronique de la qualité du cœur ainsi constitué,
par rapport à un critère dit « EPC » ci-après (pour « évaluation de plan de cœur »).
[0085] Le processus peut être itéré une pluralité de fois, le plan cœur candidat qui peut
être retenu étant celui qui remplit le mieux le critère EPC précité (i.e. celui qui
le minimise comme présenté dans l'exemple ci-après).
[0086] A partir des caractéristiques calculées pour un plan de cœur donné par le moyen de
calcul neutronique du module MOD2, on détermine en effet une valeur dont l'unité est
le pcm (pour cent mille), grâce à la fonction suivante, donnant l'Evaluation du Plan
de Cœur « EPC »:

[0087] EPC étant supérieur ou, au mieux, égal 0, par construction.
[0088] On cherche en effet à minimiser cette fonction pour atteindre la valeur de 0. Comme
les termes constituant la formule sont positifs, cela signifie qu'ils sont chacun
nul, dans ce cas, et donc que chacun des critères s'y rapportant serait respecté.
[0089] Par exemple pour un réacteur du type REP 900 Mwe :
- la valeur limite de marge d'antiréactivité Margelim est fixée à 1800 pcm,
- la valeur limite de point chaud Fxylim est fixée à 1,44,
- les valeurs limites de points chauds en présence de grappes de contrôle Fxylim,g correspondent aux pics radiaux limite de puissance lorsque des grappes g sont insérées
dans le cœur (par groupe de grappes ou combinaisons de groupes de grappes) : les valeurs
sont comprises entre 1,44 et 1,8 en référence aux spécifications actuelles fixées
par les autorités de sureté en France; ces valeurs pouvant évoluer d'un pays à l'autre,
selon notamment le type de cœur de réacteur nucléaire.
[0090] Les valeurs de
Marge(
plan),
Fxy(
plan) et
Fxy,g(
plan) sont calculées pour un plan de cœur donné par un code de calcul neutronique qui
est plus précisément un code de physique des réacteurs nucléaires dont on expose maintenant
les grands principes.
[0091] Le terme « code de physique des réacteurs nucléaires » s'applique à un logiciel capable
de calculer la répartition tridimensionnelle de la puissance (en Watt) dans un cœur
de réacteur nucléaire à partir de données structurelles (géométrie, composition chimique,
composition en noyaux lourds, etc.). Pour ce faire, le logiciel doit pouvoir par exemple
en géométrie 3D:
- Calculer la répartition des températures du caloporteur dans le cœur du réacteur.
Le caloporteur étant le fluide qui évacue la chaleur produite par les fissions nucléaires.
Ce calcul est effectué par un module du code appelé « module thermohydraulique » ;
- Calculer la répartition des températures du combustible nucléaire. Ce calcul est effectué
par un module du code appelé « module thermique » ou « module thermomécanique » si
des aspects mécaniques sont en plus traités (exemple l'interaction pastille-gaine)
;
- Calculer la répartition du flux neutronique d'où dérive la puissance, par un module
appelé « module neutronique ».
[0092] C'est l'interaction couplée de ces trois modules ci-dessus qui permet de calculer
la puissance 3D dans le cœur du réacteur.
[0093] La neutronique modifie les températures du caloporteur, la température du caloporteur
modifie les températures du combustible. Les températures du modérateur et du combustible
modifient la neutronique. En effet une fission (physique nucléaire) est provoquée
par une interaction d'un noyau lourd avec des neutrons (gérés par le module neutronique),
ladite fission produisant de la chaleur qui se propage dans la matière (gérée par
le module thermique), celle-ci transmettant ses calories à l'eau, le caloporteur,
qui les transportent en élevant sa température (géré par le module thermohydraulique)
et modifie par conséquent la température du combustible.
[0094] On observe alors des phénomènes de contre-réactions. L'eau caloporteur étant aussi
le modérateur par lequel les neutrons sont ralentis pour favoriser les fissions, sa
variation de température modifiera sa densité donc le ralentissement neutronique ce
qui impacte donc la future génération de fissions. En même temps, une modification
de température du combustible accroit les réactions d'absorptions de neutrons, notamment
dans l'Uranium 238, ce qui modifie la neutronique.
[0095] Ici la neutronique est la branche centrale de la physique des réacteurs nucléaires
du fait qu'elle gouverne la génération des phénomènes précités. Elle permet la caractérisation
de la population neutronique répartie spatialement et temporellement selon un spectre
énergétique qui dépendra de l'interaction avec la matière. Ces interactions sont l'absorption
(fissile, fertile et stérile), la diffusion, la réflexion, les fuites de neutrons.
Il faut y ajouter une composante cinétique liée à la production effective de neutrons
par fission répartie en neutrons prompts et neutrons retardés. Ces derniers, minoritaires
et naissant plusieurs secondes après les neutrons prompts, sont essentiels pour permettent
le pilotage d'un réacteur nucléaire. D'autres phénomènes tel que l'empoisonnement
par le Xénon, produit de la fission, vont aussi modifier la neutronique.
[0096] Ainsi, les phénomènes physiques précités qui se produisent au sein d'un réacteur
nucléaire sont d'une grande complexité, ce qui nécessite de faire appel à des codes
de calculs de la physique des cœurs du type dit « COCCINELLE » dont est dotée la Demanderesse.
[0097] On comprend la nécessité de plusieurs itérations pour évaluer l'ensemble à l'équilibre.
Une fois la convergence obtenue, le code de physique des réacteurs peut produire des
résultats nécessaires pour l'exploitation et la sûreté du réacteur :
- localisation du point chaud (Fxy) ,
- répartition « intelligente » de la puissance,
- réponses calculées des instrumentations diverses du cœur,
- pilotage et stabilité du réacteur en fonction du temps,
- irradiation des combustibles nucléaires (évaluation des burn-up),
etc.
[0098] L'utilisation la plus classique d'un code de physique des réacteurs réside dans le
calcul du plan de chargement, à savoir l'arrangement optimal des combustibles nucléaires
qui permettent de satisfaire les nombreux critères de sûreté (efficience des barres
de contrôle ou « grappes » ci-avant), point chaud (Fxy), aplatissement de la nappe
de puissance, marge d'antiréactivité, etc.).
[0099] Le code de calcul COCCINELLE , code officiel de la chaîne de calcul en exploitation
du Parc Français de réacteurs électrogènes à ce jour, rentre dans la classe des «
codes de physique des réacteurs ». Il comporte :
- Un module thermohydraulique 1D axial dans le canal contenant le caloporteur eau;
- Un module thermique 1D radial dans le barreau combustible cylindrique ;
- Un module de neutronique 3D en théorie de la diffusion neutronique.
[0102] Dans la suite, le procédé selon la présente divulgation est expliqué pour les cœurs
de type REP 900 MWe comprenant 157 assemblages combustibles, et ce de façon non limitative
car le même procédé peut s'appliquer dans le principe à tous les autres cœurs comme
les REP 1300 MWe comprenant 193 assemblages, REP 1450 Mwe comprenant 205 assemblages,
et le réacteur « EPR » qui est un réacteur à eau pressurisé de 1650 Mwe comprenant
241 assemblages.
[0103] On cherche à positionner 157 assemblages dans les 157 positions (ou « alvéoles »)
d'un cœur de réacteur nucléaire de telle sorte que les critères neutroniques déterminés
par la chaîne de calcul soient inférieurs à un seuil limite (facteurs de point chaud
sans grappe de contrôle Fxy ou avec grappes g : Fxy,g) ou supérieur à un seuil limite
(marge d'antiréactivité Marge). Ces différents critères sont combinés dans une fonction
d'évaluation définie plus haut qui donne une valeur numérique à chaque plan de cœur
(notée EPC pour « Evaluation du Plan de Cœur »).
[0104] En règle générale, il est bien connu qu'il est préférable de placer les assemblages
par taux de combustion sensiblement décroissant en partant du centre du cœur. C'est
un principe général que tâche de suivre l'Homme de métier lors des opérations effectuées
« manuellement » comme expliqué plus haut. Le procédé selon la présente divulgation,
basé notamment sur des permutations aléatoires, ne suit pas cette approche, bien qu'il
apparaît que les plans trouvés par le procédé selon la présente divulgation respectent
sensiblement ce principe. Néanmoins, le présent procédé se distingue de l'approche
manuelle non automatisée.
[0105] Comme indiqué précédemment, le procédé comprend trois étapes :
- Etape 1 : partition des assemblages par taux de combustion respectifs pour constituer
des familles (ou « catégories » dans la définition du procédé donnée plus haut) ;
- Etape 2 : sélection dans une base de données d'un plan-type ayant des taux de combustion
d'assemblages les plus proches de ceux partitionnés à l'étape 1, et évaluer l'EPC
(par simulation numérique) d'un cœur constitué des assemblages partitionnés à l'étape
1 et positionnés dans des positions d'assemblages du plan-type ayant les taux de combustion
les plus proches ;
- Etape 3 : considérer des groupes de positions symétriques par rapport à des axes de
symétrie du cœur et simuler numériquement l'effet de permutations d'assemblages selon
des règles prédéfinies (permutations dans un même groupe et/ou entre groupes, la face
d'assemblage restant toujours en regard d'un point d'observation donné), puis évaluer
l'EPC (par simulation numérique) d'un cœur dont les assemblages ont ainsi permuté,
cette étape 3 pouvant être itérée plusieurs fois pour tester si l'EPC est diminué
par rapport à des configurations précédentes. Si tel est le cas, on peut déterminer
ainsi une configuration de cœur candidate pour la prochaine campagne (celle qui a
l'EPC la plus faible).
[0106] On détaille maintenant chacune de ces étapes.
[0107] A l'étape 1, on s'appuie sur un exemple de gestion de cœur, dit « tiers de cœur »
d'un réacteur du type REP 900 MWe comprenant 157 assemblages.
[0108] En fin de cycle de campagne N, les 157 assemblages sont composés par exemple de :
- 52 assemblages irradiés autour de 10 000 MWj/t (soit 1 cycle) : on garde ces assemblages
et ils sont rechargés en campagne N+1 pour un deuxième cycle,
- 52 assemblages irradiés autour de 25 000 MWj/t (soit 2 cycles) : on garde ces assemblages
et ils sont rechargés en campagne N+1 pour un troisième cycle,
- 52 assemblages irradiés autour de 33 000 MWj/t (soit 3 cycles) : on ne garde pas ces
assemblages et ils sont stockés en piscine pour retraitement ultérieur,
- 1 assemblage irradié autour de 40 000 MWj/t (au moins 4 cycles ), l'assemblage central,
qu'on ne garde pas non plus : il est stocké en piscine pour retraitement ultérieur.
[0109] Pour la campagne suivante N+1 en début de cycle, on élit 157 assemblages :
- 52 assemblages neufs, ayant un burn-up de 0 MWj/t (ou résiduel, proche de 0 et inférieur
à 200 typiquement),
- 52 assemblages irradiés autour de 10 000 MWj/t (issus de campagnes antérieures, voir
ci-dessus),
- 52 assemblages irradiés autour de 25 000 MWj/t (issus de campagnes antérieures, voir
ci-dessus), et
- 1 assemblage irradié autour de 33 000 MWj/t (issu de la piscine de campagnes antérieures).
[0110] Sur ces bases, on classe les 157 assemblages élus ci-dessus pour la campagne N+1
par familles définies comme suit :
- des familles de 4 assemblages, ayant des taux de combustion voisins dans une même
famille,
- des familles de 8 assemblages, ayant des taux de combustion voisins dans une même
famille, et
- une famille de 1 assemblage, en général l'assemblage le plus irradié comme donné en
exemple ci-dessus.
[0111] On entend par « taux de combustion voisins » des burn-ups tels que leurs différences
mutuelles est, en valeur absolue, inférieure à un seuil prédéfini (1000 MWj/t par
exemple).
[0112] Dans la suite et par abus de langage, on désignera par « famille 4 », « famille 8
», et « famille 1 », ces familles comprenant 4 assemblages, 8 assemblages, ou 1 assemblage,
respectivement.
[0113] Les familles d'assemblages ainsi constituées par une telle partition ont, pour une
famille donnée, des valeurs de Burn-Up (BU) proches, c'est-à-dire dont les écarts
sont par exemple autour de 1000 MWj/t (ou inférieurs à quelques pourcents typiquement),
et ont par ailleurs des caractéristiques technologiques identiques (type de combustible,
ou autres). Ces familles sont appelées dans la suite « familles du futur plan de cœur
».
[0114] On appelle « chargement » l'ensemble des 157 assemblages combustibles qui une fois
positionnés en cuve de réacteur, formeront ce que l'on appelle le « cœur » du réacteur
nucléaire.
[0115] On décrit ci-après l'étape 2, d'identification d'un plan dans une base de données
contenant de nombreux plans-types de chargement issus de différents réacteurs nucléaires
(et pas uniquement celui en cours de rechargement).
[0116] La base contient un ensemble de plans dont certains ont les mêmes caractéristiques
que celui à constituer pour le présent cœur, pour la campagne N+1 qui comprend, selon
l'exemple introduit à l'étape 1, des plans formés de 157 assemblages partitionnés
en trois lots de 52 assemblages et d'un assemblage central.
[0117] Parmi ces plans, la comparaison aux plans de la base de données identifie celui nommé
ci-après le « plan type », dont les taux de combustion d'assemblages sont les plus
proches des taux de combustions des assemblages prédéfinis à l'étape 1 précédente
et élus pour la campagne N+1 dont on doit déterminer les positions respectives dans
le cœur.
[0118] On détermine à cet effet une « distance de burn-up » entre les assemblages du plan
type et ceux du futur plan de cœur. Il est procédé à une détermination des distances
entre les familles de même espèce, c'est-à-dire entre les familles 4, d'une part,
et entre les familles 8, d'autre part.
[0119] Un mode de réalisation peut consister à comparer la moyenne des burn-ups d'une première
famille 4 comprise dans le chargement constitué à l'étape 1 avec le burn-up moyen
de toutes les familles 4 du plan-type, et à choisir la correspondance avec la famille
du plan-type dont la moyenne est la plus proche.
[0120] Ensuite, il peut être procédé à une comparaison de la moyenne des burn-ups d'une
seconde famille 4 comprise dans le chargement constitué à l'étape 1 avec le burn-up
moyen de toutes les familles 4 du plan, privées de celle qui a déjà été mise en correspondance.
Le processus se poursuit jusqu'à ce que toutes les familles 4 du futur plan de cœur
ont été mises en correspondance avec une et une seule famille 4 du plan-type.
[0121] Les mêmes sous-étapes sont effectuées dans le même ordre que pour les familles 4
mais cette fois avec les familles 8 du futur plan et les familles 8 du plan-type.
[0122] A l'issue des deux sous-étapes précédentes, toutes les familles du futur plan sont
en correspondance chacune avec une et une seule famille du plan-type. Il est ensuite
procédé au calcul de la somme des carrés des écarts entre burn-ups moyens de ces familles
mises en correspondance. La valeur finale est un indicateur de la « distance » entre
ces deux ensembles de familles. La définition de cet indicateur n'est pas limitative,
et il peut être par exemple défini comme la somme des valeurs absolues, donc positives,
des écarts entre burn-ups moyens des familles mises en correspondance. Le processus
se répète sur tous les plans-types. A l'issue de ces itérations, il est associé à
chaque plan-type une distance aux familles du futur plan de cœur.
[0123] Il est sélectionné ensuite le plan type présentant l'indicateur de distance minimale.
Il s'agit alors du plan type de référence pour construire le plan de la future campagne.
[0124] Une fois ce plan-type sélectionné, on dispose chaque famille du futur plan dans la
même position de symétrie que celle qui est occupée par la famille du plan type de
référence avec laquelle elle a été mise en correspondance lors des processus précédents.
[0125] Le plan de cœur ainsi constitué est ainsi un plan de cœur initial (qui doit subir
ensuite les permutations de l'étape 3 décrite en détails ci-après). On peut noter
que l'assemblage central positionné en H8 dans le plan de la figure 2, a une position
imposée et ne subit pas les permutations précitées.
[0126] On décrit ci-après l'étape 3.
[0127] Dans le cœur à 157 assemblages considéré dans cet exemple, il existe onze positions
de symétrie 4 (numérotées de 1 à 11) et 14 positions symétrie 8 (numérotées de 12
à 25), plus une position centrale.
[0128] En référence à la figure 2, ces positions de symétrie 4 sont les positions placées
sur les diagonales R1-A15 et R15-A1 et les médianes H1-H15 et R8-A8. Est exclu l'assemblage
central.
[0129] Toutes les autres positions sont de symétrie 8 : aucun des assemblages des familles
8 concernées n'est positionné sur une diagonale ou une médiane tel que définies ci-avant.
[0130] Les figures 23 à 33 illustrent les 11 positions de symétrie 4 et les figures 34 à
47 illustrent les 14 positions de symétrie 8.
[0131] Les assemblages combustibles sont donc partitionnés en 11 familles 4, 14 familles
8, et une famille 1 ne contenant qu'un seul assemblage :
- soit donc : 4 x 11 + 8 x 14 + 1 = 157 assemblages
[0132] Ainsi le plan formé de ces positions conduit à total de 157 assemblages.
[0133] Il existe bien entendu un plus grand nombre de positions dans un cœur comprenant
plus de 157 assemblages, mais toujours des familles 4, familles 8, et famille 1, respectant
ces symétries de positions.
[0134] On décrit ci-après l'enchaînement des étapes de calculs.
[0135] Le code de calcul neutronique est lancé et les paramètres Marge(plan), Fxy(plan)
et Fxy,g(plan) sont extraits des résultats pour évaluer le critère EPC défini plus
haut.
[0136] Si ce critère EPC a atteint une valeur cible comprise entre 0 et/ou proche de 0 au
cours d'un nombre maximum de permutations atteint, alors le plan ayant cette valeur
cible devient le plan élu pour la campagne future.
[0137] Au cours de ces permutations, il est procédé à des réaffectations de positions en
respectant pour chaque famille 4 et famille 8, la symétrie 4 et la symétrie 8. Des
permutations de positions d'assemblages sont ainsi réalisées, et à la suite de chacune
ou de plusieurs permutations, un nouveau calcul neutronique est effectué pour déterminer
le nouveau critère EPC. Ce processus se poursuit et le cœur ayant un EPC nul ou proche
de zéro peut être sélectionné comme candidat.
[0138] Les permutations au sein des familles 4 et familles 8 sont décrites ci-après.
[0139] On appelle « configuration d'une famille » un ordre de placement des assemblages
de la famille dans les positions de la position de symétrie à laquelle elle est affectée.
Chaque position d'assemblage d'une famille de symétrie donnée possède un rang conformément
à la figure 4 et à la figure 5.
[0140] A noter que les figures 4 et 5 ne sont pas une image du cœur tel que représenté en
figure 2, mais une représentation symbolique de positions en symétrie 4 ou symétrie
8 tel que définies plus haut.
[0141] Les quatre assemblages d'une famille 4 étant placés dans les 4 positions d'une position
de symétrie 4, il est possible de les permuter selon l'une des trois possibilités
décrites ci-dessous.
[0142] Lors de la permutation 4.a, l'assemblage situé dans la position 4 est placé dans
la position 1. L'assemblage situé dans la position 1 est placé dans la position 2.
L'assemblage situé dans la position 2 est placé dans la position 3. L'assemblage situé
dans la position 3 est placé dans la position 4.
[0143] Lors de la permutation 4.b, les assemblages changent de position dans la position
symétrique, relativement aux axes de symétrie sur lesquels ils se situent, comme illustré
sur la figure 7.
[0144] Lors de la permutation 4.c, les assemblages changent de position en tournant dans
un sens inverse de la permutation 4.a, conformément à la figure 8.
[0145] On peut donc compter quatre configurations possibles pour les quatre assemblages
d'une famille 4 dans les alvéoles d'une position symétrique 4 (la configuration initiale
plus les trois obtenues par les trois permutations).
[0146] Pour les familles 8 et les positions de symétrie 8, il existe sept permutations possibles,
soit huit configurations possibles (la configuration initiale plus les sept configurations
obtenues par les sept permutations. Ces sept permutations sont décrites ci-dessous.
[0147] Lors de la permutation 8.a (illustrée sur la figure 9), l'assemblage situé dans la
position 1 est placé dans la position 2. L'assemblage situé dans la position 2 est
placé dans la position 1. L'assemblage situé dans la position 3 est placé dans la
position 4. L'assemblage situé dans la position 4 est placé dans la position 3. L'assemblage
situé dans la position 5 est placé dans la position 6. L'assemblage situé dans la
position 6 est placé dans la position 5. L'assemblage situé dans la position 7 est
placé dans la position 8. L'assemblage situé dans la position 8 est placé dans la
position 7.
[0148] Lors de la permutation 8.b, les assemblages changent de position dans la position
symétrique, conformément à la figure 10.
[0149] Lors de la permutation 8.c, les assemblages changent de position dans la position
symétrique, conformément à la figure 11.
[0150] Lors de la permutation 8.d, les assemblages changent de position dans la position
symétrique, conformément à la figure 12.
[0151] Lors de la permutation 8.e, les assemblages changent de position dans la position
symétrique, conformément à la figure 13.
[0152] Lors de la permutation 8.f les assemblages changent de position dans la position
symétrique, conformément à la figure 14.
[0153] Lors de la permutation 8.g, les assemblages changent de position dans la position
symétrique, conformément à la figure 15.
[0154] Dans ce qui précède les permutations étaient effectuées au sein d'une même famille,
s'agissant alors de permutations dites « intrafamiliales ».
[0155] Toutefois, il peut être prévu aussi une ou plusieurs permutations entre deux familles,
l'une prenant la place de l'autre. On change donc de configuration d'une famille en
passant d'une des quatre configurations d'une famille 4 à une autre configuration
de la même famille 4, ou en passant d'une des huit configurations d'une famille 8
à une autre configuration de la même famille 8.
[0156] On définit une permutation de familles 4 par l'échange de deux familles 4 différentes
situées dans deux positions symétriques 4 différentes du plan de cœur. Les assemblages
placés dans la position 1 des deux positions symétriques 4 échangent leur position.
Les assemblages placés dans la position 2 des deux positions symétriques 4 échangent
leur position. Les assemblages placés dans la position 3 des deux positions symétriques
4 échangent leur position. Les assemblages placés dans la position 4 des deux positions
symétriques 4 échangent leur position. Ceci est illustré dans la figure 16.
[0157] Pour ce qui concerne maintenant les familles 8, on définit une permutation de familles
8 par l'échange de deux familles 8 différentes situées dans deux positions symétriques
8 différentes du plan de cœur. Les assemblages placés dans la position 1 des deux
positions symétriques 8 échangent leur position. Les assemblages placés dans la position
2 des deux positions symétriques 8 échangent leur position. Les assemblages placés
dans la position 3 des deux positions symétriques 8 échangent leur position. Les assemblages
placés dans la position 4 des deux positions symétriques 8 échangent leur position.
Les assemblages placés dans la position 5 des deux positions symétriques 8 échangent
leur position. Les assemblages placés dans la position 6 des deux positions symétriques
8 échangent leur position. Les assemblages placés dans la position 7 des deux positions
symétriques 8 échangent leur position. Les assemblages placés dans la position 8 des
deux positions symétriques 8 échangent leur position. Ceci est illustré sur la figure
17.
[0158] On définit maintenant en référence à la figure 18 un croisement de deux plans de
cœur par la construction d'un plan de cœur « fils », à partir de deux plans de cœur
« parents », comme suit :
- Le plan parent ayant le plus petit EPC est le parent 1,
- le plan parent ayant le plus grand EPC des deux parents est le parent 2.
[0159] Si les deux plans parents ont le même EPC, un tirage aléatoire équiprobable permet
de choisir le plan parent 1.
[0160] On sélectionne P
4 positions de symétrie 4 et P
8 positions de symétrie 8, par tirage aléatoire équiprobable, parmi les 11 positions
de symétrie 4 et les 14 positions de symétrie 8, où P
4 est compris entre 1 et 11 et P
8 est compris entre 1 et 14.
[0161] Dans la pratique, P
4 et P
8 sont voisins du tiers du nombre des positions de symétries 4 et 8 respectivement.
[0162] On positionne dans le plan de cœur fils, dans les 9 (P
4 + P
8) positions de symétrie ainsi sélectionnées, les familles d'assemblages qui sont localisées
dans les positions de symétrie correspondantes du plan de cœur parent 1, chaque famille
restant dans la même configuration que dans le parent 1.
[0163] On parcourt dans le cœur parent 2, les positions de symétrie 4 et les positions de
symétrie 8 qui n'ont pas été sélectionnées à l'étape précédente. Si ces positions
de symétrie 4 et 8 contiennent des familles d'assemblages 4 et 8 qui n'ont pas encore
été positionnées dans le plan de cœur fils, alors on les positionne dans les positions
de symétrie correspondantes du plan de cœur fils, chaque famille d'assemblages restant
alors dans la même configuration que dans le cœur parent 2.
[0164] S'il reste des positions de symétrie 4 non occupées dans le plan de cœur fils, il
reste aussi un nombre équivalent de familles 4 non encore positionnées dans ce plan
fils. Dans ce cas, on tire aléatoirement (ou pseudo-aléatoirement selon des règles
éventuelles) une position de symétrie 4 parmi les positions de symétrie 4 restantes,
et d'une famille 4 parmi les familles 4 restantes, et on place des assemblages de
cette famille 4 dans cette position symétrie 4, puis on tire aléatoire la configuration
parmi les 4 configurations possibles. Ce processus est répété jusqu'à ce que toutes
les familles 4 restantes aient été placées dans une position de symétrie 4. S'il ne
faut pas de tirage aléatoire par exemple, alors on peut choisir à chaque étape de
ce processus la position de symétrie 4 la plus proche du centre du cœur, et de la
famille 4 ayant le plus faible burn-up moyen parmi les familles 4 restantes, la famille
restant dans la même configuration que dans le cœur parent 2, et on répète ce processus
jusqu'à ce que toutes les familles 4 restantes aient été placées dans une position
4.
[0165] S'il reste des positions de symétrie 8 non occupées dans le plan de cœur fils, il
reste aussi un nombre équivalent de familles 8 non encore positionnées dans ce plan
fils. Dans ce cas, on peut réaliser un tirage aléatoire d'une position de symétrie
8 parmi les positions symétriques 8 restantes, et d'une famille 8 parmi les familles
8 restantes, et placer les assemblages de cette famille 8 dans cette position symétrique
8, puis réaliser un tirage aléatoire de la configuration parmi les 8 configurations
possibles et répéter ce processus jusqu'à ce que toutes les familles 8 restantes aient
été placées dans une position de symétrie 8. S'il ne faut pas de tirage aléatoire,
alors on peut choisir à chaque étape de ce processus la position symétrique 8 la plus
proche du centre du cœur, et la famille 8 ayant le plus faible burn-up moyen parmi
les familles 8 restantes, la famille restant dans la même configuration que dans le
cœur parent 2, et répéter ce processus jusqu'à ce que toutes les familles 8 restantes
aient été placées dans une position symétrique 8.
[0166] En résumé, on dénombre ainsi trois types de placement/permutation d'assemblages :
- Placement par croisement de deux plans de cœur comme illustré sur la figure 18,
- Permutation au sein d'une même famille (rotation par exemple) comme illustré sur la
figure 19,
- Permutation entre deux familles d'un même nombre de membres comme illustré sur la
figure 20.
[0167] En référence à la figure 22, pour tester les différents plans ainsi obtenus, on définit
les nombres entiers (positifs) K, K1, K2 où K= K1+K2. On peut créer K plans de cœur
à partir du plan de cœur initial obtenu à l'étape 2, selon les opérations suivantes
effectuées dans un ordre quelconque, en référence au bloc S2 de la figure 22 (qui
suit une étape de début S1 pendant laquelle on peut constater les burn-ups des assemblages
à placer par exemple).
[0168] On crée K1 plans de cœur par permutation inter familiale (i.e. au sein d'une même
famille), chacun des plans étant créé par application de PK1,8 (PK1,8 choisi parmi
les entiers 1, 2 ...) permutations de deux familles 8 et/ou PK1,4 (PK1,4 choisi parmi
les entiers 1, 2...) permutations de deux familles 4.
[0169] P
K1,8 et P
K1,4 sont préalablement fixés, par exemple par tirage au sort dans l'ensemble des entiers
de 1 à 10.
[0170] Les P
K1,8 paires de familles 8, et les P
K1,4 paires de familles 4 sont choisies par tirage aléatoire équiprobable parmi les 14
familles 8 et les 11 familles 4.
[0171] La figure 20 illustre un exemple où P
K1,8 = 1.
[0172] On procède ensuite à la création de K2 plans de cœur par permutation inter familiale.
Il s'agit d'une permutation pour passer d'une configuration à une autre pour P
K2,8 (P
K2,8=1, 2...) familles 8 et/ou une permutation pour passer d'une configuration à une autre
pour P
K2,4 (P
K2,4 choisi parmi les entiers 1, 2...) familles 4. Les P
K2,8 familles 8 et les P
K2,4 familles 4 sont choisies par tirage aléatoire parmi les 14 familles 8, et les 11
familles 4. Le type de permutation appliquée à chacune de ces familles est choisi
par tirage aléatoire équiprobable (une parmi 8 configurations possibles pour les familles
8 et une parmi 4 configurations possibles pour les familles 4).
[0173] Ces K plans de cœur constituent l'ensemble de plans de cœur appelé ici de la « génération
0 ».
[0174] Ayant prédéfini les nombres entiers (positifs) C1, C2, C3 où K= C1+ C2+ C3, on procède
ensuite à l'application de N fois la procédure suivante (bloc S6 de la figure 22),
pour constituer l'ensemble des plans de cœur de la génération n à partir de la génération
des plans de cœur de la génération n-1 (n allant de 1 à N).
[0175] Les trois sous-étapes suivantes se réfèrent au bloc S4 de la figure 22.
[0176] On procède à la création de C1 plans de cœur de la manière suivante :
- choix par tirage aléatoire équiprobable d'un plan de cœur de l'ensemble des K plans
de l'étape précédente n-1, et
- application des permutations de PC1,8 (PC1,8 choisi parmi les entiers 1, 2...) paires de familles 8 et/ou de PC1,4 (PC1,4 choisi parmi les entiers 1, 2...) paires de familles 4.
[0177] On procède ensuite à la création de C2 plans de cœur de la manière suivante :
- choix par tirage aléatoire équiprobable d'un plan de cœur de l'ensemble des K plans
de cœur restant de l'étape n-1, et
- application de permutations des PC2,8 (PC2,8 choisi parmi les entiers 1, 2...) paires de familles 8 et de PC2,4 (PC2,4 choisi parmi les entiers 1, 2...) paires de familles 4.
[0178] On procède enfin à la création de C3 plans de cœur par croisement de deux plans de
cœur parmi les K plans de l'étape n-1. Le couple de plans de cœur est choisi aléatoirement
par tirage aléatoire équiprobable parmi les plans de cœur de l'ensemble des K plans
de l'étape n-1.
[0179] En référence à nouveau à la figure 22, on procède, à l'étape d'évaluation de plans
S3, à la détermination de l'évaluation selon le critère EPC présenté précédemment,
pour les K plans de cœur de l'étape précédente n-1 et pour les K plans créés à l'étape
n comme expliqué ci-dessus.
[0180] A l'étape S5, on sélectionne parmi ces 2xK plans des K plans ayant la plus petite
évaluation EPC. Ces K plans sélectionnés constituent les plans de cœur de l'étape
n.
[0181] Ces N applications de la procédure ci-dessus sont répétées i fois (bloc S7) en modifiant
les paramètres P
C1,8, P
C1,4, P
C2,8, P
C2,4 ...
[0182] On obtient un résultat similaire à celui présenté sur la figure 21 illustrant un
exemple d'évolution des critères Fxy , Fxy,g et MAR sur 100 générations.
[0183] Le procédé permet alors d'obtenir des plans optimisés en F
xy (facteur de point chaud), F
xy,g (facteur de point chaud en présence de grappes), et MAR (marge d'antiréactivité),
répondant ainsi au mieux à la prise en compte simultanée de ces trois critères. On
notera ici qu'à partir de la génération 65, on a au moins un plan qui a atteint le
minimum de l'EPC, donc respectant l'ensemble de ces critères. On peut noter typiquement
qu'à la génération 67 par exemple, on a une diminution des facteurs de point chaud
(comme attendu pour un « bon » cœur) et ce au détriment d'une très légère baisse de
la marge d'antiréactivité qui reste dans une mesure acceptable. Une telle observation
montre bien qu'il est recherché une convergence vers un compromis entre ces trois
critères à la fois, et non pas sur chacun de ces critères pris successivement comme
y penserait typiquement un homme du métier.
[0184] Une telle réalisation permet de tirer aléatoirement des plans, dont les croisements
avec d'autres plans ou les permutations, mènent à des plans de qualité insoupçonnée
pour un homme du métier, et ce parfois de façon contrintuitive. La génération aléatoire
ainsi automatisée, puis testée, permet de mener à des plans de qualité, convergeant
rapidement (quelques dizaines de minutes au plus) pour remplir le critère EPC.
[0185] Le procédé selon au sens de la présente divulgation permet de mettre à l'épreuve
plusieurs stratégies de rechargement pour un campagne effective ou une suite de campagnes
jusqu'à un équilibre en termes de recherche de compromis entre plusieurs critères,
et ce sans mobiliser des ressources humaines. En particulier, des campagnes devant
comprendre des assemblages tests qui sortent d'une nomenclature standard, formant
une nouveauté technologique, n'est plus une difficulté.
[0186] En moyenne le gain en temps de mobilisation de ressources humaines, par plan de chargement,
est ainsi de l'ordre de 4 jours.
[0187] Bien entendu, la présente divulgation ne se limite pas à la description des exemples
de réalisation présentés ci-avant à titre d'exemple, mais s'étend à d'autres variantes.
[0188] On a décrit ci-avant l'atteinte d'un compromis pour un cœur de 157 assemblages. Toutefois,
les principes ci-dessus peuvent s'appliquer bien entendu à d'autres types de cœur,
se distinguant ici par la taille du cœur et donc par le nombre d'assemblages. Ainsi
le nombre de familles 4 et familles 8 augmente. Les principes énoncés en termes de
permutations autorisées et plus généralement dans le logigramme de la figure 22 sont
conservés.
[0189] On a d'ailleurs illustré sur la figure 48 un cœur de 193 assemblages, présentant
une position centrale et 192 positions qui se répartissent comme suit :
- 12 familles de 4 assemblages,
- et 18 familles de 8 assemblages (avec 48 +144 +1 = 193).
[0190] On peut apprécier, là encore, les taux de burn-ups voisins par famille d'assemblages
(par exemple 31875 MWj/t et 31763 MWj/t en P13 et N14).
[0191] Celui de la figure 49, à 205 assemblages, présente une position centrale et 204 positions
qui se répartissent comme suit :
- 13 familles de 4 assemblages,
- et 19 familles de 8 assemblages (13x4 + 19x8 +1 = 205).
[0192] Ces principes s'appliquent également à des cœurs ayant des formes d'assemblages différentes,
par exemple et non limitativement de section hexagonale, triangulaire, ou rectangulaire,
au lieu d'une forme de section carrée comme présenté ci-avant. Dans ce cas, les axes
de symétrie sont différents et les nombres de familles diffèrent, mais les mêmes principes
que ceux exposés ci-dessus peuvent demeurer.
[0193] Par ailleurs, on a présenté plus haut un critère EPC sous la forme d'une somme de
trois termes pour la prise en compte de trois paramètres. Bien entendu, d'autres paramètres
peuvent être pris en compte, augmentant ainsi possiblement le nombre de termes de
la somme précitée.
[0194] Par ailleurs, on a présenté ci-avant un regroupement d'assemblages par familles essentiellement
en fonction de leurs valeurs respectives de burn-up. Comme indiqué d'ailleurs dans
la description ci-dessus, d'autres paramètres, outre le taux de combustion, peuvent
permettre de constituer les familles (technologie d'assemblage, type de combustible,
etc.).
1. Procédé assisté par des moyens informatiques pour déterminer un plan optimal de chargement
d'un cœur de réacteur nucléaire,
procédé dans lequel des positions respectives d'assemblages de combustibles nucléaires
sont testées par lesdits moyens informatiques selon au moins un critère avant d'attribuer
des positions optimales aux assemblages et procéder au chargement du réacteur,
le cœur du réacteur comportant une multiplicité d'alvéoles présentant des symétries
de positions relativement à une pluralité d'axes de symétrie, des assemblages courants
étant destinés à être introduits chacun dans une alvéole,
les assemblages courants pour préparer un futur chargement étant répartis selon au
moins trois catégories définies par le nombre de campagnes de production du réacteur
nucléaire:
le procédé caractérisé par:
- une première catégorie d'assemblages n'ayant pas servi dans une campagne de production
précédente et ayant un taux de combustion inférieur à un premier seuil,
- une deuxième catégorie d'assemblages ayant servi dans une campagne de production
précédente et ayant un taux de combustion compris entre le premier seuil et un deuxième
seuil, supérieur au premier seuil, et
- une troisième catégorie d'assemblages ayant servi dans au moins deux campagnes de
production précédentes et ayant un taux de combustion supérieur au deuxième seuil,
le procédé comportant les étapes :
- identifier des groupes de positions d'alvéoles qui sont symétriques par rapport
auxdits axes de symétrie, et compter un nombre de positions symétriques dans chaque
groupe,
- constituer des familles d'assemblages courants, les assemblages courants d'une même
famille ayant au moins des taux de combustion voisins, et lesdites familles comportant
chacune un nombre d'assemblages courants correspondant à un nombre de positions d'un
desdits groupes, respectivement,
- choisir, dans une base de données de plans-types de chargement, valides, un plan-type
de chargement dont les taux de combustion d'assemblages, par famille, sont les plus
proches des taux de combustion des assemblages courants, par famille, et, dans le
cadre d'une simulation numérique, attribuer aux assemblages courants des positions
initiales respectives correspondant aux positions des assemblages dans le plan-type
choisi,
- tester par simulation numérique le plan de chargement constitué des assemblages
courants auxdites positions initiales, relativement à au moins un critère prédéterminé,
- permuter des positions d'assemblages courants en conservant les familles d'assemblages
précédemment constituées et tester par simulation numérique le plan de chargement
formé des assemblages courants auxdites positions permutées, relativement audit critère
prédéterminé, et
- répéter l'étape de permutations et de test jusqu'à obtenir au moins un plan candidat
pour le chargement du réacteur, le plan candidat remplissant le mieux ledit critère
prédéterminé.
2. Procédé selon la revendication 1, dans lequel les permutations sont effectuées de
manière aléatoire, tout en respectant des règles prédéterminées.
3. Procédé selon l'une des revendications précédentes, dans lequel ladite pluralité d'axes
de symétrie comporte quatre axes de symétrie du cœur, passant par le centre du cœur
et comprenant deux axes, l'un axe vertical, l'autre horizontal, et deux axes respectivement
de pente de 45 degrés et de 135 degrés par rapport à une ligne horizontale,
et dans lequel on considère des groupes de N positions d'alvéoles situées sur lesdits
axes de symétrie, et des groupes de M positions d'alvéoles n'étant pas situées sur
lesdits axes de symétrie.
4. Procédé selon l'une des revendications précédentes, comportant, dans le cadre de ladite
simulation numérique :
- placer un assemblage choisi parmi lesdits assemblages courants en position centrale,
et
- placer les assemblages desdites familles autour de l'assemblage central dans des
groupes de positions symétriques par rapport à la pluralité d'axes de symétrie, les
assemblages positionnés dans un même groupe de positions étant membres d'une même
famille d'assemblages courants.
5. Procédé selon l'une des revendications précédentes, dans lequel les permutations au
sein d'une même famille modifient chaque position d'assemblage de la famille.
6. Procédé selon l'une des revendications précédentes, comprenant, pour tester des permutations
entre familles :
- permuter les positions d'assemblages courants entre deux familles distinctes ayant
un même nombre de membres, et tester par simulation numérique le plan de chargement
constitué des assemblages courants auxdites positions permutées, relativement audit
critère prédéterminé.
7. Procédé selon l'une des revendications précédentes, dans lequel l'étape de permutations
et de test est :
- effectuée un nombre prédéterminé d'itérations, jusqu'à identifier un premier plan
candidat, puis
- répétée un nombre prédéterminé d'itérations, jusqu'à identifier un deuxième plan
candidat,
le procédé comportant en outre au moins une étape de test d'un plan de croisement
entre les premier et deuxième plans.
8. Procédé selon la revendication 7, comportant la constitution d'un plan de croisement
dans lequel les positions d'un sous-ensemble des familles d'assemblages du premier
plan candidat sont conservées, et les familles d'assemblages restantes sont :
- affectées à des positions qui coïncident avec les positions de ces mêmes familles
dans le deuxième plan, si ces positions sont encore disponibles dans le plan de croisement,
ou
- affectées à d'autres groupes de positions disponibles, le nombre de membres desdits
autres groupes étant égal au nombre de membres des familles restant à placer.
9. Procédé selon l'une des revendications précédentes, dans lequel, les assemblages comportent
une face en regard d'un point d'observation, prédéterminé, et après permutations,
les assemblages permutés conservent ladite face en regard du point d'observation.
10. Procédé selon l'une des revendications précédentes, dans lequel on effectue une simulation
numérique par calculs neutroniques de chaque plan de cœur testé, dans des conditions
avec et sans insertion de grappes d'étouffement de réaction de fission nucléaire,
pour estimer des grandeurs propres au plan de cœur testé, lesdites grandeurs comprenant
des facteurs de point chaud sans grappes Fxy(plan) et avec grappes Fxy,g(plan) , ainsi qu'une marge d'antiréactivité Marge(plan).
11. Procédé selon la revendication 10, dans lequel lesdites grandeurs estimées sont comparées
à des valeurs limites dans le calcul d'une expression d'évaluation de plan de chargement,
notée EPC, et on sélectionne, parmi des plans possibles, un plan candidat qui a l'expression
d'évaluation EPC la plus petite, remplissant ledit critère prédéterminé.
12. Procédé selon la revendication 11, dans lequel l'expression d'évaluation EPC d'un
plan est donnée par :

où :
- Margelim est une valeur limite de marge d'antiréactivité,
- Fxylim,g est une valeur limite de point chaud en présence de grappes,
- Fxylim est une valeur limite de point chaud en absence de grappes,
- C est un coefficient réel positif, et
- Σg représente la somme sur l'ensemble de grappes de l'expression donnée pour une grappe
g :

13. Procédé selon la revendication 12, dans lequel, dans l'expression d'évaluation EPC,
les termes :

et

sont d'un même ordre de grandeur, et le coefficient C est choisi de sorte que le
terme C × max(
Margelim - Marge(
plan) ; 0) est aussi du même ordre de grandeur que l'un des deux termes précités.
14. Procédé selon l'une des revendications 12 et 13, dans lequel le coefficient C est
compris entre 0,5 et 1.
15. Procédé selon l'une des revendications 12 et 13, dans lequel le coefficient C est
compris entre 1 et 10.
16. Programme informatique comportant des instructions pour la mise en œuvre du procédé
selon l'une des revendications 1 à 15, lorsque lesdites instructions sont exécutées
par un processeur d'un circuit de traitement.
17. Dispositif informatique comportant un circuit de traitement pour la mise en œuvre
du procédé selon l'une des revendications 1 à 15.
1. Computergestütztes Verfahren zur Bestimmung eines optimalen Musters für die Beladung
eines Kerns eines Kernreaktors, wobei bei diesem Verfahren die jeweiligen Positionen
von Kernbrennelementbaugruppen durch die Computermittel gemäß wenigstens einem Kriterium
getestet werden, bevor den Baugruppen optimale Positionen zugewiesen werden und die
Beladung des Reaktors durchgeführt wird, wobei der Reaktorkern eine Mehrzahl von Zellen
mit Positionssymmetrien in Bezug auf eine Mehrzahl von Symmetrieachsen umfasst, wobei
aktuelle Baugruppen dazu bestimmt sind, jeweils in eine Zelle eingeführt zu werden,
wobei die aktuellen Baugruppen zur Vorbereitung einer zukünftigen Beladung in wenigstens
drei Kategorien eingeteilt werden, die durch die Anzahl der Produktionskampagnen des
Kernreaktors definiert sind,
wobei das Verfahren
gekennzeichnet ist durch:
- eine erste Kategorie von Baugruppen, die in einer vorherigen Produktionskampagne
nicht verwendet wurden und deren Abbrandrate unter einem ersten Schwellenwert liegt,
- eine zweite Kategorie von Baugruppen, die in einer vorherigen Produktionskampagne
verwendet wurden und eine Abbrandrate zwischen dem ersten Schwellenwert und einem
zweiten Schwellenwert haben, der höher als der erste Schwellenwert ist, und
- eine dritte Kategorie von Baugruppen, die in wenigstens zwei vorherigen Produktionskampagnen
verwendet wurden und eine Abbrandrate aufweisen, die über dem zweiten Schwellenwert
liegt, wobei das Verfahren die folgenden Schritte umfasst:
- Identifizieren von Gruppen von Zellenpositionen, die in Bezug auf die Symmetrieachsen
symmetrisch sind, und Zählen einer Anzahl von symmetrischen Positionen in jeder Gruppe,
- Bilden von Gruppierungen der aktuellen Baugruppen, wobei die aktuellen Baugruppen
einer gleichen Gruppierung wenigstens benachbarte Verbrennungsraten aufweisen und
die Gruppierungen jeweils eine Anzahl an aktuellen Baugruppen umfassen, die einer
Anzahl an Positionen in einer der Gruppen entspricht,
- Auswählen eines Standard-Beladungsmusters aus einer Datenbank gültiger Standard-Beladungsmuster,
dessen Abbrandraten von Baugruppen pro Gruppierung den Abbrandraten der aktuellen
Baugruppen pro Gruppierung am nächsten kommen, und, im Rahmen einer numerischen Simulation,
Zuweisen von jeweiligen Anfangspositionen für die aktuellen Baugruppen, die den Positionen
der Baugruppen in dem gewählten StandardBeladungsmuster entsprechen,
- durch numerische Simulation Testen des aus den aktuellen Baugruppen an den genannten Anfangspositionen
bestehenden Beladungsmusters in Bezug auf wenigstens ein vorbestimmtes Kriterium,
- Vertauschen der Positionen der aktuellen Baugruppen unter Beibehaltung der zuvor
gebildeten Baugruppen und Testen des Beladungsmusters, das aus den aktuellen Baugruppen
an den vertauschten Positionen besteht, durch numerische Simulation in Bezug auf das vorbestimmte Kriterium, und
- Wiederholen des Schrittes des Vertauschens und Testens, bis wenigstens ein Kandidatenmuster
für die Beladung des Reaktors erhalten wird, wobei das Kandidatenmuster das vorbestimmte
Kriterium am besten erfüllt.
2. Verfahren nach Anspruch 1, wobei die Vertauschungen zufällig durchgeführt werden,
während vorbestimmte Regeln eingehalten werden.
3. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, wobei die mehreren Symmetrieachsen
vier Kernsymmetrieachsen umfassen, die durch das Zentrum des Kerns verlaufen und zwei
Achsen, eine vertikale und eine horizontale Achse, sowie zwei jeweilige Achsen mit
einer Neigung von 45 Grad bzw. 135 Grad in Bezug auf eine horizontale Linie umfassen,
und wobei Gruppen von N Zellpositionen, die auf den Symmetrieachsen liegen, und Gruppen
von M Zellpositionen, die nicht auf den Symmetrieachsen liegen, betrachtet werden.
4. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, das im Rahmen der genannten numerischen
Simulation umfasst:
- Platzieren einer Baugruppe, die aus den aktuellen Baugruppen gewählt wurde, an einer
zentralen Position und
- Platzieren der Baugruppen der Gruppierungen um die zentrale Baugruppe herum in Gruppen
von Positionen, die symmetrisch zu den mehreren Symmetrieachsen sind, wobei die Baugruppen,
die in einer gleichen Gruppe von Positionen positioniert sind, Elemente einer gleichen
Gruppierung aktueller Baugruppen sind.
5. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, wobei Vertauschungen innerhalb
einer Gruppierung jede Baugruppenposition in der Gruppierung verändern.
6. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, das zum Testen von Vertauschungen
zwischen Gruppierungen Folgendes umfasst:
- Vertauschen der Positionen der aktuellen Baugruppen zwischen zwei verschiedenen
Gruppierungn mit derselben Anzahl von Elementen und Testen des Beladungsmusters, das
aus den aktuellen Baugruppen an den vertauschten Positionen besteht, durch numerische
Simulation in Bezug auf das vorbestimmte Kriterium.
7. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, wobei der Vertauschungs- und Testschritt
umfasst:
- Durchführung einer vorbestimmten Anzahl von Iterationen, bis zur Identifizierung
eines erste Kandidatenmusters, und dann
- Wiederholung einer vorbestimmten Anzahl von Iterationen, bis zur Identifizierung
eines zweite Kandidatenmusters, wobei das Verfahren ferner wenigstens einen Schritt
des Testens eines Kreuzungsmusters zwischen dem ersten und dem zweiten Muster umfasst.
8. Verfahren nach Anspruch 7, umfassend das Erstellen eines Kreuzungsmusters, wobei die
Positionen einer Teilmenge der Baugruppen des ersten Kandidatenmusters beibehalten
werden, und wobei die verbleibenden Baugruppen:
- Positionen zugeordnet werden, die mit den Positionen derselben Gruppierungen in
dem zweiten Muster übereinstimmen, wenn diese Positionen im Kreuzungsmuster noch verfügbar
sind, oder
- anderen Gruppen von noch verfügbaren Positionen zugeordnet werden, wobei die Anzahl
der Elemente dieser anderen Gruppen gleich der Anzahl der Elemente der noch zu platzierenden
Gruppierungen ist.
9. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, wobei die Baugruppen eine Seite
aufweisen, die einem vorbestimmten Beobachtungspunkt gegenüberliegt, und nach Vertauschungen
die vertauschten Baugruppen die Seite beibehalten, die dem Beobachtungspunkt gegenüberliegt.
10. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, wobei eine numerische Simulation
durchgeführt wird, durch Neutronenberechnungen jedes getesteten Kernmusters unter
Bedingungen mit und ohne Einfügung von Clustern, die eine Kernspaltungsreaktion entschärfen,
um Größen zu schätzen, die dem getesteten Kernmuster eigen sind, wobei diese Größen
Hot-Spot-Faktoren ohne Cluster Fxy(muster) und mit Clustern Fxy,g(muster) sowie eine Antireaktivitätsspanne Marge(muster) umfassen.
11. Verfahren nach Anspruch 10, wobei die geschätzten Größen mit Grenzwerten bei der Berechnung
eines Beladungsmuster-Evaluierungsausdrucks verglichen werden, der mit EPC bezeichnet
wird, und aus möglichen Mustern ein Kandidatenmuster gewählt wird, das den kleinsten
EPC-Evaluierungsausdruck aufweist, der das vorbestimmte Kriterium erfüllt.
12. Verfahren nach Anspruch 11, wobei der Evaluierungsausdruck EPC eines Musters gegeben
ist durch:

wobei gilt:
- Margelim ist ein Grenzwert für die Antireaktivitätsspanne,
- Fxylim,g ist ein Hotspot-Grenzwert bei Vorhandensein von Clustern,
- Fxylim ist ein Hotspot-Grenzwert bei Abwesenheit von Clustern,
- C ist ein positiver reeller Koeffizient, und
- Σg ist die Summe über die Menge der Cluster des für ein Cluster g gegebenen Ausdrucks:

13. Verfahren nach Anspruch 12, wobei in dem Evaluierungsausdruck EPC die Terme

und

von gleicher Größenordnung sind, und der Koeffizient C so gewählt wird, dass der
Term
C × max(
Margelim - Marge(
plan);0) ebenfalls in der gleichen Größenordnung liegt wie einer der beiden vorgenannten
Terme.
14. Verfahren nach einem der Ansprüche 12 oder 13, wobei der Term C zwischen 0,5 und 1
liegt.
15. Verfahren nach einem der Ansprüche 12 und 13, wobei der Koeffizient C zwischen 1 und
10 liegt.
16. Computerprogramm mit Anweisungen zur Durchführung des Verfahrens nach einem der Ansprüche
1 bis 15, wenn die Anweisungen von einem Prozessor einer Verarbeitungsschaltung ausgeführt
werden.
17. Computervorrichtung mit einer Verarbeitungsschaltung zur Durchführung des Verfahrens
nach einem der Ansprüche 1 bis 15.
1. A computing means-assisted method to determine an optimal plan for loading a nuclear
reactor core,
in which method respective positions of nuclear fuel assemblies are tested by said
computing means according to at least one criterion before assigning optimal positions
to the assemblies and proceeding to load the reactor,
the core of the reactor including a plurality of cells having symmetries of positions
relative to a plurality of axes of symmetry, common assemblies being intended to be
each introduced into a cell,
the common assemblies for preparing a future loading being divided into at least three
categories defined by the number of production runs of the nuclear reactor: the method
being characterised by:
- a first category of assemblies that have not been used in a previous production
run and having a burn-up below a first threshold,
- a second category of assemblies that have been used in a previous production run
and having a burn-up between the first threshold and a second threshold, greater than
the first threshold, and
- a third category of assemblies which have been used in at least two previous production
runs and which have a burn-up above the second threshold, the method including the
following steps of:
- identifying groups of cell positions that are symmetrical with respect to said axes
of symmetry, and counting a number of symmetrical positions in each group,
- making up families of common assemblies, the common assemblies of a same family
having at least similar burn-ups, and said families each including a number of common
assemblies corresponding to a number of positions of one of said groups, respectively,
- selecting, from a database of valid standard loading plans, a standard loading plan
whose burn-ups of assemblies, per family, are closest to the burn-ups of the common
assemblies, per family, and, as part of a numerical simulation, assigning to the common
assemblies respective initial positions corresponding to the positions of the assemblies
in the standard plan selected,
- testing by numerical simulation the loading plan made up of the common assemblies
at said initial positions, relative to at least one predetermined criterion,
- swapping common assembly positions while retaining the assembly families previously
made up and testing by numerical simulation the loading plan formed of the common
assemblies at said positions swapped, relative to said predetermined criterion, and
- repeating the swapping and testing step until at least one candidate plan is obtained
for loading the reactor, the candidate plan best meeting said predetermined criterion.
2. The method according to claim 1, wherein the swapping operations are performed randomly,
while complying with predetermined rules.
3. The method according to one of the preceding claims, wherein said plurality of axes
of symmetry includes four axes of symmetry of the core, passing through the centre
of the core and comprising two axes, one vertical, the other horizontal, and two axes
having slope of 45 degrees and 135 degrees respectively with respect to a horizontal
line,
and wherein groups of N cell positions located on said axes of symmetry, and groups
of M cell positions not located on said axes of symmetry are considered.
4. The method according to one of the preceding claims, including, as part of said numerical
simulation:
- placing one assembly selected from said common assemblies in a central position,
and
- placing the assemblies of said families around the central assembly in groups of
positions symmetrical with respect to the plurality of axes of symmetry, the assemblies
positioned in a same group of positions being members of a same family of common assemblies.
5. The method according to one of the preceding claims, wherein the swapping operations
within a same family modify each assembly position of the family.
6. The method according to one of the preceding claims, comprising, to test swaps between
families:
- swapping the positions of common assemblies between two distinct families having
a same number of members, and testing by numerical simulation the loading plan made
up of the common assemblies at said positions swapped, relative to said predetermined
criterion.
7. The method according to one of the preceding claims, wherein the swapping and testing
step is:
- performed a predetermined number of iterations, until a first candidate plan is
identified, then
- repeated a predetermined number of iterations, until a second candidate plan is
identified, the method further including at least one step of testing a crossover
plan between the first and second plans.
8. The method according to claim 7, including making up a crossover plan in which the
positions of a subset of the assembly families of the first candidate plan are retained,
and the remaining assembly families are:
- allocated to positions that coincide with the positions of these same families in
the second plan, if these positions are still available in the crossover plan, or
- allocated to other groups of available positions, the number of members of said
other groups being equal to the number of members of the families remaining to be
placed.
9. The method according to one of the preceding claims, wherein the assemblies include
a face facing a predetermined observation point, and after swapping operations, the
assemblies swapped retain said face facing the observation point.
10. The method according to one of the preceding claims, wherein a numerical simulation
by neutron calculations of each core plan tested is performed, under conditions with
and without insertion of nuclear fission reaction quenching clusters, to estimate
quantities specific to the core plan tested, said quantities comprising hot spot factors
without clusters Fxy (plan) and with clusters Fxy, g(plan), as well as a reactivity shutdown margin Marge(plan).
11. The method according to claim 10, wherein said estimated quantities are compared to
limit values in calculating a loading plan evaluation expression, denoted as EPC,
and a candidate plan is selected, from possible plans, that has the smallest EPC evaluation
expression, meeting said predetermined criterion.
12. The method according to claim 11, wherein the EPC evaluation expression of a plan
is given by:

where:
- Margelim is a reactivity shutdown margin limit value,
- Fxylim,g is a hot spot limit value in the presence of clusters,
- Fxylim is a hot spot limit value in the absence of clusters,
- C is a positive real coefficient, and
- Σg represents the sum on the cluster set of the expression given for a cluster g:

13. The method according to claim 12, wherein, in the EPC evaluation expression, the terms:

and

are of the same order of magnitude, and the coefficient C is selected so that the
term C × max(
Margelim - Marge(
plan) ; 0) is also of the same order of magnitude as one of the two aforesaid terms.
14. The method according to one of claims 12 and 13, wherein the coefficient C is between
0.5 and 1.
15. The method according to one of claims 12 and 13, wherein the coefficient C is between
1 and 10.
16. A computer program including instructions for implementing the method according to
one of claims 1 to 15, when said instructions are executed by a processor of a processing
circuit.
17. A computer device including a processing circuit for implementing the method according
to one of claims 1 to 15.