DOMAINE TECHNIQUE
[0001] Le domaine de l'invention est celui des procédés de fabrication des dispositifs optoélectroniques
comportant une matrice de diodes d'émission ou de détection d'un rayonnement électroluminescent,
associée à une structure de conversion de couleur à plots photoluminescents. L'invention
trouve une application en particulier dans les écrans d'affichage et les projecteurs
d'images.
ÉTAT DE LA TECHNIQUE ANTÉRIEURE
[0002] Il existe des dispositifs optoélectroniques comportant une matrice de diodes électroluminescentes
identiques recouverte au moins en partie par des plots photoluminescents assurant
une conversion de couleur. De tels dispositifs optoélectroniques peuvent former des
écrans d'affichage ou des systèmes de projection d'images comportant une matrice de
pixels lumineux de différentes couleurs.
[0003] Dans un tel dispositif optoélectronique, chaque pixel lumineux comportant une ou
plusieurs diodes électroluminescentes associées à un plot photoluminescent. Dans le
but d'obtenir des pixels lumineux adaptés à émettre des rayonnements lumineux de différentes
couleurs, par exemple bleues, vertes ou rouges, les diodes électroluminescentes peuvent
être adaptées à émettre toute une même lumière, par exemple bleue, et les pixels verts
et rouges comportent des plots photoluminescents adaptés à absorber au moins en partie
la lumière bleue incidente émise par les diodes électroluminescentes, et à émettre
en réponse une lumière verte ou une lumière rouge.
[0004] Les diodes électroluminescentes sont donc de préférence identiques entre elles, et
émettent un rayonnement lumineux sensiblement de même longueur d'onde. Elles peuvent
être formées à base d'un matériau semiconducteur comprenant des éléments de la colonne
III et de la colonne V du tableau périodique, tel qu'un composé III-V, notamment le
nitrure de gallium (GaN), le nitrure d'indium et de gallium (InGaN) ou le nitrure
d'aluminium et de gallium (AIGaN). Elles sont agencées de manière à former une matrice
de diodes électroluminescentes présentant une face avant au travers de laquelle est
transmis le rayonnement lumineux généré. Il peut également s'agir de diodes électroluminescentes
organiques.
[0005] Les plots photoluminescents peuvent être formés d'une matrice liante comportant des
particules d'un matériau photoluminescent tel que le grenat d'yttrium et d'aluminium
(YAG, pour
Yttrium Aluminium Garnet, en anglais) activé par l'ion cérium YAG:Ce. Les particules photoluminescentes peuvent
également être des boîtes quantiques (
quantum dots, en anglais), c'est-à-dire sous la forme de nanocristaux semiconducteurs dont le confinement
quantique est sensiblement tridimensionnel. Il peut également s'agir, notamment, de
cristaux d'InP, de pérovskite ou de CdSe.
[0006] Le procédé de fabrication peut comporter le dépôt puis la structuration d'une couche
photoluminescente pour former des premiers plots photoluminescents, par exemple adaptés
à convertir le bleu en vert. Ces étapes sont effectuées à nouveau pour former des
deuxièmes plots photoluminescents, par exemple adaptés à convertir le bleu en rouge.
Cependant, ce procédé présente l'inconvénient d'être peu adapté aux matrices de diodes
à faible pas de pixels, par exemple de l'ordre de 5 µm, dans la mesure où des problèmes
d'alignement ou de recouvrement des plots photoluminescents les uns par les autres
peuvent être présents.
[0007] Le document
WO2014/136023 décrit un autre procédé de fabrication, qui utilise une couche électret recouvrant
la matrice de diodes. Le procédé comprend tout d'abord une étape d'inscription de
motifs de charges électriques sur la face supérieure d'une couche diélectrique pour
obtenir la couche électret. Pour cela, une pointe AFM polarisée est utilisée pour
injecter localement les charges électriques. Puis, on effectue une étape de dépôt
localisé de nanocristaux colloïdaux sur les motifs de charges électriques. Pour cela,
la couche électret est mise au contact d'une solution colloïdale contenant les nanocristaux,
lesquels viennent se déposer naturellement sur les motifs de charges électriques sous
l'effet d'une force diélectrophorétique. Cependant, ce procédé présente notamment
l'inconvénient de devoir d'injecter les charges électriques de manière séquentielle,
en déplaçant la point AFM sur la surface de la face supérieure pour y former les motifs
de charges électriques.
[0008] Le document
WO2021/023656 décrit un procédé similaire, où les motifs de charges électriques sont définis par
une technique d'estampage, c'est-à-dire par la mise au contact, avec une couche diélectrique
destinée à former la couche électret, d'un tampon polarisé électriquement. La face
inférieure du tampon est structurée pour former des dents polarisées, lesquelles viennent
au contact de la couche diélectrique. On obtient ainsi la couche électret dont la
face supérieure présente les motifs de charges électriques. Ensuite, on met la couche
électret au contact d'une solution colloïdale, les nanocristaux présents se déposant
alors sur les motifs de charges électriques par diélectrophorèse. Cependant, ce procédé
présente notamment l'inconvénient de devoir positionner précisément le tampon vis-à-vis
de la matrice de diodes. Or, l'incertitude de positionnement du tampon vis-à-vis de
la matrice de diodes peut devenir problématique, en particulier pour les matrices
de diodes à petit pas pixel, par exemple de l'ordre de 5 µm. En effet, cette incertitude
de positionnement peut conduire à un mauvais positionnement des plots photoluminescents
vis-à-vis des diodes, et donc à une dégradation des performances du dispositif optoélectronique.
EXPOSÉ DE L'INVENTION
[0009] L'invention a pour objectif de remédier au moins en partie aux inconvénients de l'art
antérieur, et plus particulièrement de proposer un procédé de fabrication d'un dispositif
optoélectronique, où la formation des motifs de charges électriques, que l'on appellera
ici motifs de potentiel de surface, est effectuée dans une couche électret par voie
optique, soit par une polarisation localisée de la couche électret, soit par une dépolarisation
localisée de la couche électret. Cette étape permet de réaliser simultanément tous
les motifs de potentiel de surface dans la couche électret, sans nécessiter d'utiliser
une pointe AFM ou un tampon comme décrit précédemment, et donc de réaliser des plots
photoluminescents qui présentent un bon positionnement vis-à-vis de la matrice de
diodes.
[0010] Pour cela, l'objet de l'invention est un procédé de fabrication d'un dispositif optoélectronique
comportant : une matrice de diodes, adaptées à émettre ou recevoir un rayonnement
lumineux ; et une structure de conversion de couleur, recouvrant au moins en partie
la matrice de diodes, et contenant des plots photoluminescents disposés chacun en
regard d'au moins une diode.
[0011] Le procédé de fabrication comporte les étapes suivantes :
∘ A/ fournir la matrice de diodes ;
∘ B/ réaliser une couche électret, recouvrant la matrice de diodes, et dont une face
supérieure, opposée à la matrice de diodes, présente des motifs de potentiel de surface
prédéfinis où le potentiel de surface est non nul ;
∘ C/ réaliser les plots photoluminescents, par mise en contact de la couche électret
avec une solution colloïdale contenant des particules photoluminescentes, lesquelles
se déposent alors sur la face supérieure de la couche électret en regard des motifs
de potentiel de surface prédéfinis, formant ainsi les plots photoluminescents.
[0012] Selon l'invention, l'étape B de réalisation de la couche électret comporte les étapes
suivantes :
- B1/ réaliser une couche électret dont la face supérieure présente, sur toute sa surface,
un potentiel de surface initial non nul ou nul ; puis
- B2a/ dans le cas où le potentiel de surface initial est non nul : éclairer des zones
de la couche électret par un rayonnement lumineux dit de dépolarisation apte à être
absorbé au moins en partie par la couche électret, lesdites zones éclairées étant
distinctes de zones non éclairées destinées à former les motifs de potentiel de surface,
l'absorption du rayonnement lumineux de dépolarisation dans les zones éclairées provoquant
une annulation du potentiel de surface local, les zones non éclairées définissant
alors les motifs de potentiel de surface ;
- B2b/ ou, dans le cas où le potentiel de surface initial est nul : éclairer des zones
de la couche électret par un rayonnement lumineux dit de polarisation apte à être
absorbé au moins en partie par la couche électret, l'absorption du rayonnement lumineux
de polarisation dans les zones éclairées provoquant une formation d'un potentiel de
surface local non nul, les zones éclairées définissant alors les motifs de potentiel
de surface.
[0013] Certains aspects préférés mais non limitatifs de ce procédé sont les suivants.
[0014] Le procédé peut comporter, au préalable de l'étape B2a ou B2b, une étape de disposition
d'un masque opaque, en un matériau opaque au rayonnement lumineux de dépolarisation
ou de polarisation, s'étendant uniquement sur les zones de la couche électret destinées
à former les motifs de potentiel de surface ; puis, lors de l'étape B2a ou B2b, le
rayonnement lumineux de dépolarisation ou de polarisation peut être émis en direction
du masque opaque et de la couche électret, et est absorbé par la couche électret dans
les zones non recouvertes par le masque opaque.
[0015] Les diodes peuvent être des diodes électroluminescentes. La couche électret peut
être réalisée en un matériau adapté à absorber partiellement le rayonnement lumineux
émis par les diodes électroluminescentes, ce qui provoque une annulation du potentiel
de surface local. Lors de l'étape B2a, des diodes peuvent être activées sélectivement
de manière à éclairer la couche électret dans les zones destinées à ne pas former
les motifs de potentiel de surface, ce qui provoque une annulation du potentiel de
surface local, les zones non éclairées définissant alors les motifs de potentiel de
surface. Ou, lors de l'étape B2b, des diodes peuvent être activées sélectivement de
manière à éclairer la couche électret uniquement dans les zones destinées à former
les motifs de potentiel de surface.
[0016] En lien avec l'étape B2a, la couche électret peut être réalisée en un matériau diélectrique
organique auto-polarisé, de sorte que l'étape B1 peut alors consister à déposer la
couche électret recouvrant la matrice de diodes, la couche électret présentant alors,
sur toute sa surface, un potentiel de surface initial non nul.
[0017] En lien avec l'étape B2b, la couche électret peut être réalisée en un matériau diélectrique
photochromique, de sorte que l'étape B1 peut alors consister à déposer une couche
électret, en le matériau diélectrique photochromique, recouvrant la matrice de diodes,
la couche électret présentant alors, sur toute sa surface, un potentiel de surface
nul.
[0018] En lien avec l'étape B2a, la couche électret peut être réalisée en un matériau diélectrique,
de sorte que l'étape B1 peut comporter les étapes suivantes : déposer une couche électret,
en le matériau diélectrique, recouvrant la matrice de diodes, la couche électret présentant
alors, sur toute sa surface, un potentiel de surface initial nul ; puis soumettre
la couche électret à un champ électrique dit de polarisation prédéfini, provoquant
une formation d'un potentiel de surface non nul sur toute la surface de la couche
électret.
[0019] La matrice de diodes peut comporter une couche électrode supérieure recouvrant les
diodes et adaptée à polariser électriquement les diodes. Lors de l'étape de soumission
de la couche électret au champ électrique de polarisation, la couche électret peut
alors être disposée alors entre la couche électrode supérieure et une électrode rapportée,
entre lesquelles est appliquée une différence de potentiel prédéfinie.
[0020] La couche électret réalisée lors de l'étape B peut être une première couche électret.
Les plots photoluminescents réalisés lors de l'étape C peuvent alors être des premiers
plots photoluminescents adaptés à convertir un rayonnement lumineux incident d'une
première longueur d'onde en un rayonnement lumineux d'une deuxième longueur d'onde
différente de la première longueur d'onde.
[0021] Le procédé peut alors comporter les étapes suivantes, à la suite de l'étape C :
∘ D/ réaliser une deuxième couche électret, recouvrant la matrice de diodes et la
première couche électret, et dont une face supérieure, opposée à la matrice de diodes,
présente des deuxièmes motifs de potentiel de surface prédéfinis où le potentiel de
surface est non nul, lesdits deuxièmes motifs de potentiel de surface étant situés
en regard de diodes distinctes de celles en regard desquelles sont situés les premiers
motifs de potentiel de surface ;
∘ E/ réaliser les deuxièmes plots photoluminescents, par mise en contact de la deuxième
couche électret avec une solution colloïdale contenant des deuxièmes particules photoluminescentes,
différentes des premières particules photoluminescentes de l'étape C, qui se déposent
alors sur la face supérieure de la deuxième couche électret en regard des deuxièmes
motifs de potentiel de surface prédéfinis, formant ainsi les deuxièmes plots photoluminescents.
[0022] Les diodes de la matrice peuvent être des diodes électroluminescentes adaptées à
émettre un rayonnement lumineux à une même longueur d'onde. Elles peuvent alors former,
avec les premiers et deuxièmes plots photoluminescents, une matrice de pixels lumineux
rouges, verts, bleus.
[0023] La matrice de diodes peut présenter une dimension, dans un plan parallèle à la matrice
de diodes (10), supérieure ou égale à 100mm.
[0024] La matrice de diodes peut présenter un pas de périodicité inférieure ou égale à 10µm,
voire à 5µm, voire à 2µm.
BRÈVE DESCRIPTION DES DESSINS
[0025] D'autres aspects, buts, avantages et caractéristiques de l'invention apparaîtront
mieux à la lecture de la description détaillée suivante de formes de réalisation préférées
de celle-ci, donnée à titre d'exemple non limitatif, et faite en référence aux dessins
annexés sur lesquels :
les figures 1A à 1H illustrent différentes étapes d'un procédé de fabrication d'un
dispositif optoélectronique, où au moins l'une des couches électrets est réalisée
en un matériau diélectrique auto-polarisé ;
les figures 2A à 2C illustrent différentes étapes d'une variante du procédé de fabrication
d'un dispositif optoélectronique, où la dépolarisation localisée est effectuée au
moyen de diodes, de la matrice de diodes, activées sélectivement ;
les figures 3A à 3C illustrent différentes étapes d'une variante du procédé de fabrication
d'un dispositif optoélectronique, où la couche électret est réalisée en un matériau
diélectrique photochromique qui est polarisé électriquement par voie optique localement
;
les figures 4A à 4F illustrent différentes étapes d'une variante du procédé de fabrication
d'un dispositif optoélectronique, où au moins l'une des couches électrets est réalisée
en un matériau diélectrique qui est polarisé électriquement par voie électrostatique.
EXPOSÉ DÉTAILLÉ DE MODES DE RÉALISATION PARTICULIERS
[0026] Sur les figures et dans la suite de la description, les mêmes références représentent
les éléments identiques ou similaires. De plus, les différents éléments ne sont pas
représentés à l'échelle de manière à privilégier la clarté des figures. Par ailleurs,
les différents modes de réalisation et variantes ne sont pas exclusifs les uns des
autres et peuvent être combinés entre eux. Sauf indication contraire, les termes «
sensiblement », « environ », « de l'ordre de » signifient à 10% près, et de préférence
à 5% près. Par ailleurs, les termes « compris entre ... et ... » et équivalents signifient
que les bornes sont incluses, sauf mention contraire.
[0027] L'invention porte sur un procédé de fabrication d'un dispositif optoélectronique
comportant une matrice de diodes recouverte par une structure de conversion de couleur
à plots photoluminescents. La réalisation des plots photoluminescents est obtenue
par le dépôt de particules photoluminescentes sur des motifs de potentiel de surface
d'une face supérieure d'une couche électret. Comme détaillé par la suite, les motifs
de potentiel de surface sont définis en dépolarisant localement, ou en polarisant
localement, la couche électret par voie optique. Par ailleurs, les diodes peuvent
être des diodes émissives (par exemple diodes électroluminescentes) ou être des photodiodes.
[0028] D'une manière générale, une couche électret est une couche diélectrique contenant
des charges électriques fixes ou une polarisation dipolaire quasi-permanente. Aussi,
la couche électret présente, sur sa face supérieure, un potentiel de surface non nul.
Cela se traduit par le fait que la couche électret génère un champ électrique externe
en l'absence d'un champ appliqué. Par extension, on appellera également 'couche électret'
une couche diélectrique présentant initialement, sur toute sa surface, un potentiel
de surface nul, et qui est destinée à former une couche électret présentant des motifs
de potentiel de surface.
[0029] Dans le cadre de l'invention, on met à profit le fait qu'une couche électret peut
être dépolarisée par l'absorption d'un rayonnement lumineux dit de dépolarisation,
comme l'expliquent l'article de
Sugi et al. intitulé Characterization of light-erasable giant surface potential built
up in evaporated Alq3 thin films, Thin Solid Films 464-465 (2004), 412-415, et l'article de
Tanaka et al. intitulé Self-Assembled Electret for Vibration-Based Power Generator,
Sci Rep 10, 6648 (2020). Une telle dépolarisation se traduit alors par une annulation du potentiel de surface
de la couche électret. En effet, l'absorption du rayonnement lumineux de dépolarisation
se traduit par la création de paires électrons-trous qui, selon une approche, viennent
compenser la polarisation de charges, ce qui se traduit par une annulation du potentiel
de surface. Par ailleurs, une couche électret peut également être polarisée par l'absorption
d'un rayonnement lumineux dit de polarisation.
[0030] Ainsi, comme détaillé par la suite, selon un mode de réalisation, on réalise tout
d'abord une couche électret qui présente initialement, sur toute sa surface, un potentiel
de surface non nul. Puis on dépolarise des zones prédéfinies de la couche électret,
en les éclairant par un rayonnement lumineux de dépolarisation apte à être absorbé
au moins en partie par la couche électret. Les zones éclairées présentent alors un
potentiel de surface nul, alors que les zones non éclairées gardent leur potentiel
de surface non nul, et forment ainsi les motifs de potentiel de surface où viendront
ensuite, lors de l'étape suivante, se déposer de manière localisée les particules
photoluminescentes par diélectrophorèse. Aussi, les plots photoluminescents sont naturellement
situés en regard (c'est-à-dire « à la perpendiculaire ») des motifs de potentiel de
surface, et non pas hors de ces motifs prédéfinis. Ce procédé permet alors de définir
de manière précise les motifs de potentiel de surface sur la face supérieure de la
couche électret, quand bien même la matrice de diodes présente une dimension importante
(notamment lorsqu'elle est réalisée en technologie de wafer 100 mm ou 200 mm) et/ou
que le pas pixel de la matrice de diodes est petit (par exemple de l'ordre de 5 µm
ou moins, par exemple 2µm).
[0031] Par ailleurs, selon un autre mode de réalisation, on réalise tout d'abord une couche
électret qui présente initialement, sur toute sa surface, un potentiel de surface
nul. Puis on polarise des zones prédéfinies de la couche électret, en les éclairant
par un rayonnement lumineux de polarisation apte à être absorbé au moins en partie
par la couche électret. Les zones éclairées présentent alors un potentiel de surface
non nul (alors que les zones non éclairées gardent leur potentiel de surface nul),
et forment ainsi les motifs de potentiel de surface où viendront ensuite, lors de
l'étape suivante, se déposer de manière localisée les particules photoluminescentes
par diélectrophorèse. Ce procédé permet, comme précédemment, de définir de manière
précise les motifs de potentiel de surface sur la face supérieure de la couche électret.
[0032] Par ailleurs, les plots photoluminescents sont adaptés à convertir au moins en partie
un rayonnement lumineux incident d'une première longueur d'onde λ
1 en un rayonnement lumineux de luminescence de plus grande longueur d'onde λ
2. A titre illustratif, elles peuvent être adaptées à absorber de la lumière bleue,
c'est-à-dire dont la longueur d'onde est comprise entre 440nm et 490nm environ, et
à émettre dans le vert, c'est-à-dire à une longueur d'onde comprise entre 495nm et
560nm environ, voire dans le rouge, c'est-à-dire à une longueur d'onde comprise entre
600nm et 650nm, voire encore dans l'infrarouge. Par longueur d'onde, on entend ici
la longueur d'onde pour laquelle le spectre d'émission présente un pic d'intensité.
A titre purement illustratif, les diodes électroluminescentes peuvent présenter un
spectre d'émission dont le pic d'intensité est compris entre 380nm et 490nm. Dans
le cas d'une matrice de diodes électroluminescentes, le rayonnement lumineux incident
est le rayonnement émis par les diodes, alors que dans le cas de photodiodes, il s'agit
du rayonnement lumineux provenant d'un environnement extérieur et dirigé vers les
photodiodes. Notons que dans le cas de photodiodes, les plots photoluminescents permettent
de filtrer une partie de la gamme spectrale du rayonnement lumineux incident, dans
le but par exemple de procéder à une analyse spectrale.
[0033] Les plots photoluminescents sont formés de particules en au moins un matériau photoluminescent,
et de préférence des nanoparticules dont une dimension maximale est comprise entre
0.2nm et 1000nm, par exemple comprise entre 0.2nm et 100nm, et par exemple entre 1nm
et 30nm. La taille et/ou la composition des particules photoluminescentes sont choisies
en fonction de la longueur d'onde de luminescence désirée. La forme des particules
peut être quelconque, par exemple sphérique, anguleuse, aplatie, allongée...
[0034] Les particules photoluminescentes peuvent être des boîtes quantiques (
quantum dots, en anglais), c'est-à-dire des nanocristaux semiconducteurs dont le confinement quantique
est sensiblement tridimensionnel, voire des agrégats de boîtes quantiques. La taille
moyenne des boîtes quantiques peut alors être comprise entre 0,2nm et 50nm, par exemple
entre 1nm et 30nm. Il peut également s'agir de nanoplaquettes (
nanoplatelets, en anglais), c'est-à-dire des nanoparticules ayant une forme essentiellement bidimensionnelle.
Aussi, la plus petite dimension (épaisseur) est inférieure aux deux autres dimensions
de longueur et de largeur, de préférence d'un rapport au moins 1.5.
[0035] Les particules photoluminescentes peuvent notamment être formées d'au moins un composé
semiconducteur, qui peut être choisi, par exemple, parmi le séléniure de cadmium (CdSe),
le phosphore d'indium (InP), le phosphore de gallium et d'indium (InGaP), le sulfure
de cadmium (CdS), le sulfure de zinc (ZnS), l'oxyde de cadmium (CdO) ou de zinc (ZnO),
le séléniure de zinc et de cadmium (CdZnSe), le séléniure de zinc (ZnSe) dopé par
exemple au cuivre ou au manganèse, le graphène ou parmi d'autres matériaux semiconducteurs
pouvant convenir. Les nanoparticules peuvent également présenter une structure de
type coeur/coquille, tel que CdSe/ZnS, CdSe/CdS, CdSe/CdS/ZnS, PbSe/PbS, CdTe/CdSe,
CdSe/ZnTe, InP/ZnS ou autre.
[0036] Les figures 1A à 1H illustrent différentes étapes d'un procédé de fabrication d'un
dispositif optoélectronique 1 selon un mode de réalisation. Dans cet exemple, au moins
l'une des couches électrets E1, E2, et ici les deux couches électrets, sont réalisées
en un matériau diélectrique auto-polarisé. Dans cet exemple, les motifs de potentiel
de surface sont réalisés par dépolarisation localisée, par voie optique, d'une couche
électret présentant initialement, sur toute sa surface, un potentiel de surface non
nul.
[0037] Par ailleurs, le dispositif optoélectronique 1 comporte une matrice de pixels lumineux
de type RVB (rouge, vert, bleu). Chaque pixel RGB est formé ici de plusieurs sous-pixels
lumineux de type R, G ou B, comportant chacun au moins une diode électroluminescente
(une diode par sous-pixel). Dans la description, on appelle « pixel » un sous-pixel
associé à une couleur donnée. En variante, le dispositif optoélectronique 1 pourrait
comporter une matrice de photodiodes.
[0038] On définit ici et pour la suite de la description un repère direct tridimensionnel
orthogonal XYZ, où les axes X et Y forment un plan principal dans lequel s'étend un
substrat support 11, et où l'axe Z est orienté suivant l'épaisseur de la matrice de
diodes 10 en direction de la face avant. Les termes 'inférieur' et 'supérieur' sont
définis par rapport à un positionnement croissant suivant la direction +Z.
[0039] En référence à la fig.1A, on fournit une matrice de diodes électroluminescentes 10.
Dans cet exemple, les diodes sont réparties en trois types notés D1, D2, D3, selon
qu'elles sont destinées à former des pixels P1, P2, P3 de couleurs différentes. Les
diodes reposent ici sur un substrat support 11, et sont polarisées électriquement
ici par une couche d'électrode inférieure 12 et par une couche d'électrode supérieure
13. D'autres configurations sont possibles, notamment dans le cas où le substrat support
11 est électriquement conducteur.
[0040] Les diodes D1, D2, D3 sont réalisées ici de manière classique, par exemple par épitaxie
de couches semiconductrices. Chaque diode D1, D2, D3 est formée d'un empilement d'une
portion semiconductrice inférieure dopée d'un premier type de conductivité, par exemple
de type p, d'une zone active où est émis le rayonnement lumineux de la diode électroluminescente,
et d'une portion semiconductrice supérieure dopée d'un deuxième type de conductivité,
par exemple de type n. Les diodes D1, D2, D3 peuvent être réalisées à partir d'un
même composé semiconducteur, par exemple à base d'un composé III-V tel que du GaN,
InGaN, AIGaN entre autres.
[0041] De préférence, les diodes D1, D2, D3 sont structurellement identiques, de sorte que
le rayonnement lumineux émis est sensiblement identique d'une diode à l'autre en termes
de longueur d'onde. Dans cet exemple, les diodes D1, D2, D3 sont adaptées à émettre
un rayonnement lumineux dans le bleu, c'est-à-dire dont le spectre d'émission présente
un pic d'intensité à une longueur d'onde comprise entre 440nm et 490nm environ.
[0042] Une face avant de la matrice de diodes 10 est une face sensiblement plane, moyennant
la présence éventuelle de micro-structurations de surface permettant d'améliorer l'extraction
de lumière. Elle est formée ici de la face supérieure de la couche d'électrode supérieure
13 adaptée à polariser électriquement les diodes. Elle peut également être formée
par une couche mince de passivation (non représentée) qui recouvre les diodes et la
couche d'électrode supérieure.
[0043] En référence aux fig.1B et 1C, on réalise ensuite une première couche électret E1,
qui recouvre au moins en partie la matrice de diodes 10, et dont la face supérieure
F1 présente des premiers motifs de potentiel de surface M1 où le potentiel de surface
est non nul. Ces motifs M1 sont entourés, au moins en partie, par des zones de la
face supérieure F1 où le potentiel de surface est nul. Comme indiqué précédemment,
une couche électret présente un potentiel de surface non nul au niveau de sa face
supérieure du fait de la présence de charges électriques ou d'une polarisation dipolaire
(orientation verticale des dipôles). Ici, le potentiel de surface de la face supérieure
F1 est non nul seulement dans des motifs prédéfinis M1, appelés motifs de potentiel
de surface, alors qu'il est sensiblement nul hors de ces motifs M1. Il peut être d'une
valeur de 10V environ. Les motifs de potentiel électrique M1 sont donc les surfaces
de la face supérieure où le potentiel électrique est non nul. Ils s'étendent en regard
d'au moins une diode, et sont destinés à former les surfaces où viendront se déposer
des particules photoluminescentes lors de la réalisation des plots photoluminescents.
[0044] En référence à la fig.1B, on dépose une couche électret E1 qui recouvre au moins
en partie la matrice de diodes 10. Dans cet exemple, la couche électret E1 est réalisée
en un matériau diélectrique auto-polarisé, c'est-à-dire qu'il n'a pas été nécessaire
de polariser la couche diélectrique par une étape dédiée. Elle forme donc une couche
électret dont la face supérieure F1 présente, sur toute sa surface, un potentiel de
surface initial non nul. Par sur toute sa surface, on entend au moins sur toute la
surface de la face supérieure de la couche électret qui est en regard de la matrice
de diodes. Dans cet exemple, la couche électret E1 recouvre l'ensemble des diodes
D1, D2 et D3 mais pourrait ne recouvrir qu'une partie des diodes, par exemple uniquement
celles destinées à former les pixels rouges et les pixels verts. Sa face supérieure
présente plusieurs zones F1.1, F1.2 et F1.3, situées respectivement en regard des
diodes D1, D2 et D3.
[0045] Par ailleurs, le matériau de la couche électret E1 est choisi pour être au moins
en partie absorbant à la longueur d'onde d'un rayonnement lumineux de dépolarisation
(par exemple dans l'ultra-violet), et au moins en partie transparent à la longueur
d'onde du rayonnement lumineux émis par les diodes (par exemple dans le bleu). Par
« au moins en partie absorbant », on entend que le taux d'absorption est d'au moins
20% (voire moins, par exemple au moins 10%), voire d'au moins 50%, à la longueur d'onde
du rayonnement lumineux de dépolarisation. Et par « au moins en partie transparent
», on entend que le taux de transmission est d'au moins 50% à la longueur d'onde du
rayonnement lumineux émis par les diodes. La couche électret peut présenter une épaisseur
de quelques dizaines à centaines de nanomètres, et de préférence au plus égale à 2µm.
[0046] A titre d'exemple, le matériau diélectrique auto-polarisé peut être un matériau organique
choisi parmi le BCPO (bis-4-(N-carbazolyl)phenyl)phenylphosphine oxide), le DPEPO
(bis[2-(diphenylphosphino)phenyl]ether oxide), le mCBP-CN (3,3'-di(carbazol-9-yl)-5-cyano-1,1'-biphenyl)
et le PO9 (3,6-bis(diphenylphosphoryl)-9-phenylcarbazole).
[0047] Il peut également être un matériau organique choisi parmi : le TPBi (2,2',2"-(1,3,5-Benzinetriyl)-tris(1-phenyl-1-H-benzimidazole)),
le o-ethyl-TPB, le m-ethyl-TPBi, le p-ethyl-TPBi, le Alq3 (tris(8-hydroxyquinolinato)aluminum),
le Al(7-Prq)3 (tris(7-propyl-8-hydroxyquinolinolato) aluminum(III)), le AI(q-CI)3
(tris(5-chloro-8-hydroxyquinolinato)aluminum), le OXD-7 (2,2'-(1,3-phenylene)-bis[5-(4-tert-butylphenyl)-1,3,4-oxadiazole]),
le BCP (2,9-dimethyl-4,7-diphenyl-1,10-phenanthroline), le Gaq3 (tris(8-hydroxyquinoline)
gallium), le Balq (bis(2-methyl-8-quinolinate)4-phenylphenolate), le lr(ppy)3 (tris(2-phenylpyridine)iridium(III)),
le lr(ppy)2acac (bis(2-phenylpyridine)iridium(III) acetylacetonate), le lr(ppy)2tmd
(bis(2-phenylpyridine)iridium(lll)(2,2,6,6-tetramethylheptane-3,5-diketonate)), le
Bpy-OXD (1,3-Bis[2-(2,2'-bipyridine-6-yl)-1,3,4-oxadiazo-5-yl]benzene), le 2CzPN (4,5-di
(9H-carbazol-9-yl) phthalonitrile), le 1,2,3,5-tetrakis(carbazol-9-yl)-4,6-dicyanobenzene,
le 4CzPN (3,4,5,6-tetrakis (carbazol-9-yl)-1,2-dicyanobenzene), le DCJTB (4-(dicyanomethylene)-2-t-butyl-6-(1,1,7,7-tetramethyljulolidyl-9-enyl)-4H-pyran),
le DACT-II (9-[4-(4,6-diphenyl-1,3,5-triazin-2-yl)phenyl]-N,N,N',N'-tetraphenyl-9H-carbazole-3,6-diamine),
le mCP (1,3-Bis(N-carbazolyl)benzene), le α-NPD (N,N'-bis(1-naphthyl)-N,N'-diphenyl-1,1'-biphenyl-4,4'-diamine),
le Znq2 (bis(8-hydroxyquinoline)zinc), et le B3PyMPM (bis-4,6-(3,5- di-3-pyridylphenyl)-2-methylpyrimidine).
[0048] En référence à la fig.1C, on dépolarise localement la couche électret E1 par voie
optique de manière à définir les premiers motifs de potentiel de surface M1. Pour
cela, on dépose ici une couche opaque sur la couche électret E1, que l'on structure
ensuite par photolithographie et gravure pour obtenir un masque opaque 2 qui ne s'étend
ici qu'en regard des diodes D1, c'est-à-dire sur les seules zones F1.1. Il ne s'étend
donc pas en regard des diodes D2 et D3. Le masque opaque 2 peut être réalisé en une
résine photosensible opaque au rayonnement lumineux de dépolarisation, ici à l'ultra-violet.
En variante, le masque opaque 2 peut être le masque de photolithographie au niveau
du stepper.
[0049] Ensuite, on soumet la couche électret E1 au rayonnement lumineux de dépolarisation,
de longueur d'onde λ.dp, qui est alors absorbé par la couche électret E1 uniquement
dans les zones F1.2 et F1.3 (non recouvertes par le masque opaque 2), et non pas dans
les zones F1.1. Aussi, l'absorption du rayonnement lumineux de dépolarisation provoque
une dépolarisation localisée dans les zones F1.2 et F1.3 de la face supérieure F1
de la couche électret E1. Les zones F1.1 de la face supérieure F1 de la couche électret
E1 forment donc les motifs de potentiel de surface M1. A titre d'exemple, le rayonnement
lumineux de dépolarisation peut être dans l'ultra-violet, c'est-à-dire à une longueur
d'onde principale comprise entre 100 et 380nm. A la suite de cette étape, la résine
2 est ici retirée.
[0050] En référence à la fig.1D, on réalise ensuite les premiers plots photoluminescents
P1, par dépôt localisé de premières particules photoluminescentes p1 sur la couche
électret E1 en regard des premiers motifs de potentiel de surface M1. Pour cela, on
opère d'une manière similaire à ce qui est décrit dans les documents
WO2014/136023 et
WO2021/023656. Ainsi, on met une solution colloïdale contenant les premières particules photoluminescentes
p1 au contact de la face supérieure F1 de la couche électret E1. On peut ainsi plonger
tout l'empilement dans la solution colloïdale, ou déposer une goutte d'une telle solution
sur la couche électret E1. Du fait du potentiel de surface non nul situé dans les
motifs de potentiel de surface M1, un champ électrique non uniforme est généré qui
provoque un dépôt localisé des particules photoluminescentes p1 par diélectrophorèse.
Aussi, les particules photoluminescentes p1 se déposent essentiellement en regard
des premiers motifs M1, et sensiblement pas hors des motifs M1 (i.e. pas en regard
des zones F1.2 et F1.3). Le temps de contact de la solution colloïdale sur la couche
électret E1 dépend notamment de la quantité de particules photoluminescentes p1 à
déposer, de la concentration en particules, de leur taille, du potentiel de surface,
etc... A titre d'exemple, l'épaisseur des plots photoluminescents P1 peut être de
l'ordre de quelques centaines de nanomètres, par exemple égale à 400nm environ. On
retire ensuite la solution colloïdale et on peut sécher la couche électret E1. Notons
que le potentiel de surface des motifs M1 est devenu sensiblement nul. En effet, les
particules photoluminescentes p1 se greffent à la surface de la couche électret E1
au niveau des motifs M1, jusqu'à atténuation sensiblement complète du potentiel des
motifs M1.
[0051] En référence aux fig.1E et 1F, on réalise ensuite une deuxième couche électret E2,
qui recouvre au moins en partie la matrice de diodes 10, et dont la face supérieure
F2 présente également des deuxièmes motifs de potentiel de surface M2 où le potentiel
de surface est non nul. Les deuxièmes motifs de potentiel de surface M2 ne sont pas
ici situés en regard des premiers plots photoluminescents P1, de sorte que les deuxièmes
plots photoluminescents P2 soient en regard de diodes différentes des diodes D1, pour
ainsi former des pixels lumineux d'une autre couleur.
[0052] Pour cela, en référence à la fig.1E, on dépose la deuxième couche électret E2, ici
réalisée également en un matériau diélectrique auto-polarisé, de manière à recouvrir
la première couche électret E1 ainsi que les premiers plots photoluminescents P1.
Sa face supérieure F2 présente donc, sur toute sa surface, un potentiel de surface
non nul. Cette deuxième couche électret E2 peut être réalisée en un matériau identique
à celui de la première couche électret E1. Il est également choisi pour être au moins
en partie absorbant à la longueur d'onde d'un rayonnement lumineux de dépolarisation
(ici dans l'ultra-violet), et au moins en partie transparent à la longueur d'onde
du rayonnement lumineux émis par les diodes (ici dans le bleu). La couche électret
E2 peut présenter une épaisseur de l'ordre de quelques dizaines à centaines de nanomètres,
et de préférence au plus égale à 2µm.
[0053] En référence à la fig.1F, on dépolarise localement la deuxième couche électret E2
par voie optique de manière à définir les deuxièmes motifs de potentiel de surface
M2 définis dans sa face supérieure F2. Pour cela, on dépose une couche opaque sur
la deuxième couche électret E2, que l'on structure ensuite par photolithographie et
gravure pour obtenir un masque optique 2 qui ne s'étend ici qu'en regard des diodes
D3. Il ne s'étend donc pas en regard des diodes D1 et D2. En variante, comme indiqué
précédemment, le masque 2 peut être le masque de photolithographie au niveau du stepper.
[0054] Ensuite, on soumet la deuxième couche électret E2 au rayonnement lumineux de dépolarisation,
qui est alors absorbé par la deuxième couche électret E2 uniquement dans les zones
F2.1 et F2.2 (non recouvertes par le masque opaque 2), et non pas dans les zones F2.3.
Aussi, l'absorption du rayonnement lumineux de dépolarisation provoque une dépolarisation
localisée dans les zones F2.1 et F2.2 de la face supérieure F2 de la couche électret
E2. Les zones F2.3de la face supérieure F2 de la couche électret E2 forment donc les
deuxièmes motifs de potentiel de surface M2.
[0055] De préférence, si le potentiel des motifs M1 n'est pas totalement nul, une partie
du rayonnement lumineux de dépolarisation est transmis par la deuxième couche électret
E2, puis par les plots photoluminescents P1 pour être ensuite absorbé par la première
couche électret E1, ce qui dépolarise localement les premiers motifs de potentiel
de surface M1. On limite encore le risque que des deuxièmes particules photoluminescentes
p2 ne viennent ensuite se déposer en regard des premiers plots photoluminescents P1.
[0056] En référence à la fig.1G, on réalise ensuite les deuxièmes plots photoluminescents
P2, par dépôt localisé de deuxièmes particules photoluminescentes p2 sur la couche
électret E2 en regard des deuxièmes motifs de potentiel de surface M2. Pour cela,
on opère comme pour les premiers plots photoluminescents P1, en mettant une solution
colloïdale contenant les deuxièmes particules photoluminescentes p2 au contact de
la face supérieure F2 de la deuxième couche électret E2. Du fait du potentiel de surface
non nul situé dans les deuxièmes motifs M2, un champ électrique non uniforme est généré
qui provoque un dépôt localisé des particules photoluminescentes p2 par diélectrophorèse.
Aussi, les particules photoluminescentes p2 se déposent essentiellement en regard
des deuxièmes motifs M2, et sensiblement pas hors des motifs M2 (i.e. non pas en regard
des zones F2.1 et F2.2), et on obtient les deuxièmes plots photoluminescents P2. Notons
que le potentiel de surface des motifs M2 devient sensiblement nul, à mesure que se
greffent les particules photoluminescentes p2. On retire ensuite la solution colloïdale
et on peut sécher la couche électret.
[0057] En référence à la fig.1H, on obtient ainsi un dispositif optoélectronique 1, qui
comprend une matrice de diodes 10 et une structure de conversion de couleur formée
de plots photoluminescents P1 et P2. Dans cet exemple, les diodes D2 forment des pixels
bleus, les diodes D1 associées aux plots photoluminescents P1 forment par exemple
des pixels rouges, et les diodes D3 associés aux plots photoluminescents P2 forment
des pixels verts. Pour former les plots photoluminescents, le procédé a mis en oeuvre
une étape de dépolarisation localisée, par voie optique, de couches électrets E1 et
E2 présentant un potentiel de surface initialement non nul sur toute la surface de
la face supérieure. On évite donc d'avoir recours à une étape d'injection localisée
de charges électriques dans une couche électret initialement sans charges électriques,
comme dans les exemples de l'art antérieur mentionné précédemment. Aussi, le procédé
est rapide et la réalisation des plots photoluminescents est spatialement précise,
même dans le cadre d'une matrice de diodes réalisées à partir de substrat de grande
dimension (par exemple 100 ou 200 mm) et/ou dont le pas pixel est très petit (par
exemple 5 µm ou moins).
[0058] Les figures 2A à 2C illustrent différentes étapes d'un procédé de fabrication d'un
dispositif optoélectronique selon une variante de réalisation. Dans cet exemple, les
motifs de potentiel de surface sont réalisés par dépolarisation localisée, par voie
optique, d'une couche électret présentant initialement, sur toute sa surface, un potentiel
de surface non nul.
[0059] Ce procédé se distingue de celui des figures 1A-1H essentiellement en ce que le rayonnement
lumineux de dépolarisation correspond au rayonnement lumineux émis par les diodes.
Dans ce cas, la matrice de diodes est adaptée à activer sélectivement les diodes D1,
D2 et D3, et comporte pour cela des électrodes inférieures 12 et supérieures 13 agencées
pour permettre cette activation sélective.
[0060] De plus, le matériau de la couche électret E1 est adapté à absorber en partie seulement
le rayonnement lumineux émis par les diodes D1, D2, D3, et à transmettre la partie
non absorbée. Ainsi, la partie absorbée permet de dépolariser localement la couche
électret, dans les zones de la face supérieure en regard des diodes activées. Les
zones de la face supérieure situées en regard des diodes non activées gardent alors
leur potentiel de surface non nul, et définissent alors les motifs de potentiel de
surface.
[0061] En référence à la fig.2A, on fournit une matrice de diodes 10 recouverte par une
couche électret E1. La face supérieure F1 de celle-ci présente, sur toute sa surface,
un potentiel de surface non nul. La couche électret E1 est alors réalisée en un matériau
diélectrique adapté à absorber en partie seulement le rayonnement lumineux émis par
les diodes, ici dans le bleu (ou proche bleu).
[0062] En référence à la fig.2B, on active les diodes de manière sélective, c'est-à-dire
que seule une partie d'entre elles est activée. Ici, on active les diodes D2 et D3
seulement, et non pas les diodes D1. Le rayonnement lumineux émis est alors en partie
absorbé localement par la couche électret E1 dans les zones F1.2 et F1.3 de la face
supérieure F1 situées en regard des diodes D2 et D3, ce qui se traduit par une dépolarisation
locale de la couche électret E1 en regard de ces diodes. En revanche, dans la mesure
où les diodes D1 ne sont pas activées, la couche électret E1 reste localement polarisée
dans les zones F1.1, lesquelles définissent alors les premiers motifs de potentiel
de surface M1.
[0063] En référence à la fig.2C, on réalise ensuite les premiers plots photoluminescents
P1, de la même manière que précédemment (cf. fig.1D), par mise en contact de la couche
électret E1 avec une solution colloïdale contenant les particules photoluminescentes
p1. Celles-ci se déposent alors naturellement sur la couche électret E1 dans les motifs
de potentiel de surface M1, de sorte que les plots photoluminescents P1 sont positionnés
en regard des diodes D1 et non pas en regard des diodes D2 et D3.
[0064] Le procédé de fabrication peut être poursuivi de la même manière que précédemment
(non représenté). Ainsi, on dépose une deuxième couche électret E2, qui recouvre ici
la matrice de diodes 10 ainsi que les premiers plots P1 et la couche électret E1.
La face supérieure de la couche électret E2 présente un potentiel de surface non nul
sur toute sa surface. On dépolarise ensuite localement cette deuxième couche électret
E2 par voie optique, de manière identique à la fig.2B. Ainsi, on active les diodes
D1 et D2 seulement, de manière à dépolariser les zones F2.1 et F2.2 de la face supérieure
F2 de la couche électret E2. En revanche, on n'active pas les diodes D3, de sorte
que les zones F2.3 présentent un potentiel de surface non nul, et forment ainsi les
deuxièmes motifs de potentiel de surface M2. Notons que, en variante, la dépolarisation
localisée par voie optique de la deuxième couche électret E2 peut être effectuée comme
dans le procédé des figures 1A-1H, c'est-à-dire en utilisant un rayonnement lumineux
de dépolarisation dédié, distinct de celui émis par les diodes.
[0065] Ainsi, dans cette variante de réalisation, le procédé de fabrication met à profit
l'activation sélective des diodes de la matrice 10 pour dépolariser localement la
ou les couches électrets E1, E2, et ainsi définir les motifs de potentiel de surface.
Cela permet notamment de simplifier le procédé de réalisation, et notamment les étapes
de dépolarisation.
[0066] Les figures 3A à 3C illustrent différentes étapes d'un procédé de fabrication d'un
dispositif optoélectronique selon une autre variante de réalisation.
[0067] Ce procédé se distingue de celui des figures 1A-1H essentiellement en ce que la couche
électret E1 est réalisée à partir d'un matériau diélectrique photochromique qui est
polarisé localement par voie optique pour former les motifs de potentiel de surface,
et non pas par dépolarisation d'une couche électret présentant un potentiel de surface
initialement non nul. Autrement dit, les motifs de potentiel de surface sont réalisés
par polarisation localisée, par voie optique, d'une couche électret présentant initialement
un potentiel de surface nul sur toute sa surface.
[0068] Le matériau photochromique de la couche électret E1 est alors adapté à absorber au
moins en partie un rayonnement lumineux de polarisation prédéfini, par exemple entre
100nm et 380nm, conduisant à une polarisation électrique de la couche. Enfin, il est
également au moins en partie transparent au rayonnement lumineux émis par les diodes,
par exemple dans le bleu. Le matériau photochromique peut être un composé d'un matériau
matrice tel que Poly(méthyl-méthacrylate) (PMMA) ou polystyrène (PS), contenant de
1 à 20% massique d'un matériau photochromique qui peut être choisi parmi de Spiropyrans
(SP) ou 1',3'-dihydrol, 3',3'trimethyl-6-nitrospiro[2H-1-benzopyran-2,2 112 0-(2H)-indole]
ou N,N'-ditridecylperylene-3,4,9,10-tetracarboxylic diimide (PTCDI-C13H27) ou 1,2-bis-[2-methyl-5-(p-cyanophenyl)-3-thienyl]perfluorocyclopentene
(DTE-CN). Ce dernier matériau est notamment présenté dans l'article de
Castagna et al. intitulé Photochromic Electret: A New Tool for Light Energy Harvesting,
The Journal of Physical Chemistry Letters, 3(1), 51-57, 2012.
[0069] En référence à la fig.3A, on fournit une matrice de diodes 10 recouverte par une
couche électret E1. La face supérieure F1 de celle-ci présente, sur toute sa surface,
un potentiel de surface sensiblement nul. La couche électret E1 est alors réalisée
en un matériau photochromique.
[0070] En référence à la fig.3B, on forme ensuite les motifs de potentiel de surface M1,
par une polarisation localisée de la couche électret E1 par voie optique. On soumet
ici à travers un masque opaque 2 (un masque déposé sur la couche électret, le masque
de photolithographie...) en regard des diodes D2 et D3, ici sur la zone F1.2 et F1.3
de la face supérieure F1 à un rayonnement lumineux de polarisation, de longueur d'onde
λ.p prédéfinie, qui n'est absorbé par la couche électret E1 que dans la zone F1.1,
et non pas dans les zones F1.2 et F1.3. Ainsi, le potentiel de surface n'est pas défini
dans les zones F1.2 et F1.3 et reste nul, alors qu'il est non nul dans la zone F1.1,
ce qui définit les motifs de potentiel de surface M1.
[0071] A noter que la polarisation localisée de la couche électret E1 peut évidemment être
effectuée par l'activation sélective des diodes de la matrice 10.
[0072] En référence à la fig.3C, on réalise ensuite les premiers plots photoluminescents
P1, de la même manière que précédemment (cf. fig.2C), par mise en contact de la couche
électret E1 avec une solution colloïdale contenant les particules photoluminescentes
p1. Celles-ci se déposent alors naturellement sur la couche électret E1 dans les motifs
de potentiel de surface M1, de sorte que les plots photoluminescents P1 sont positionnés
en regard des diodes D1 et non pas en regard des diodes D2 et D3.
[0073] Le procédé de fabrication peut être poursuivi de la même manière que précédemment
(non représenté), à ceci près qu'il n'est pas nécessaire d'utiliser une deuxième couche
électret E2. Ainsi, on réalise une deuxième insolation de la couche électret E1 qui
présente des motifs de potentiel de surface M2 (situés en regard par exemple des diodes
D3), et enfin on réalise les plots photoluminescents P2 situés en regard des motifs
de potentiel de surface M2. Une fois que tous les plots photoluminescents sont déposés
par diélectrophorèse, une insolation en lumière visible de l'ensemble de la couche
électret E1 est avantageusement effectuée afin d'améliorer, si besoin, la transparence
de cette couche dans la gamme visible du spectre.
[0074] Les figures 4A à 4F illustrent différentes étapes d'un procédé de fabrication d'un
dispositif optoélectronique selon une autre variante de réalisation.
[0075] Ce procédé se distingue du procédé décrit sur les figures 1A et suivantes essentiellement
en ce qu'au moins l'une des couches électrets, et ici les deux couches électrets E1,
E2, est réalisée en un matériau diélectrique qui est polarisé électriquement par voie
électrostatique. Pour cela, on met à profit la couche électrode supérieure 13. Autrement
dit, les motifs de potentiel de surface sont réalisés par dépolarisation localisée,
par voie optique, d'une couche électret présentant initialement, sur toute sa surface,
un potentiel de surface non nul.
[0076] En référence à la fig.4A, on fournit une matrice de diodes 10 recouverte par une
couche électret E1. La face supérieure F1 de celle-ci présente, sur toute sa surface,
un potentiel de surface initial sensiblement nul. La couche électret E1 est alors
réalisée en un matériau diélectrique inorganique tel que, par exemple, un oxyde de
silicium (Si
xO
y), un nitrure de silicium (Si
xN
y), un oxyde d'aluminium (Al
xO
y), un oxyde de titane (Ti
xO
y), un oxyde de tantale (Ta
xO
y), un oxyde d'halfnium (Hf
xO
y), voire même un matériau diélectrique organique (PMMA...).
[0077] En référence à la fig.4B, on définit un potentiel de surface non nul sur toute la
surface de la face supérieure de la couche électret E1. Pour cela, on tire profit
de la couche électrode supérieure 13 qui s'étend sous toute la surface de la couche
électret E1. On approche également une électrode supplémentaire 14 disposée au-dessus
de toute la couche électret E1, et on applique une différence de potentiel entre ces
deux électrodes 13, 14. Un potentiel de surface non nul est alors créé sur toute la
surface de la face supérieure de la couche électret E1. D'autres techniques de chargement
de la couche électret sont envisageables (plasma, implémentation ionique, décharge
corona...).
[0078] En référence à la fig.4C, on définit ensuite les motifs de potentiel de surface M1,
par dépolarisation localisée de la couche électret E1 par voie optique, selon l'une
de manières décrites précédemment. Puis on réalise ensuite les premiers plots photoluminescents
P1, de la même manière que précédemment (cf. fig.1D), par mise en contact de la couche
électret E1 avec une solution colloïdale contenant les particules photoluminescentes
p1. Celles-ci se déposent alors naturellement sur la couche électret E1 dans les motifs
de potentiel de surface M1, de sorte que les plots photoluminescents P1 sont positionnés
en regard des diodes D1 et non pas en regard des diodes D2 et D3. Le potentiel de
surface des motifs M1 devient alors sensiblement nul.
[0079] On réalise ensuite une deuxième couche électret E2 présentant des motifs de potentiel
de surface M2. Ici, la couche électret E2 est réalisée comme la couche électret E1
par polarisation par voie électrostatique d'une couche présentant un potentiel électrique
initial nul. En variante, la deuxième couche électret peut être réalisée comme dans
les exemples décrits précédemment en référence aux fig.1A-1H, aux fig.2A-2C et aux
fig.3A-3C.
[0080] En référence à la fig.4D, on réalise tout d'abord une couche électrode 15 qui recouvre
toute la matrice de diodes 10, et ici plus précisément les plots photoluminescents
P1 et la couche électret E1. Puis on dépose une couche électret E2. Elle s'étend entièrement
sur la couche électrode 15 et assure ici également l'encapsulation des particules
photoluminescentes du plot P1. La face supérieure de la couche électret E2 présente,
sur toute sa surface, un potentiel de surface initial sensiblement nul. La couche
électret E2 peut être réalisée en un matériau diélectrique identique à celui de la
couche électret E1.
[0081] En référence à la fig.4E, on définit un potentiel de surface non nul sur toute la
surface de la face supérieure de la couche électret E2. Pour cela, on applique une
différence de potentiel entre la couche électrode 15 et une électrode supplémentaire
14 disposée au-dessus de toute la couche électret E2. Un potentiel de surface non
nul est alors créé sur toute la surface de la face supérieure de la couche électret
E2. Notons que la couche électrode 15 pourrait ne pas être utilisée : on appliquerait
alors une différence de potentiel entre l'électrode 14 et l'électrode 13.
[0082] En référence à la fig.4F, on définit ensuite les motifs de potentiel de surface M2,
par dépolarisation localisée de la couche électret E2 par voie optique. Puis on réalise
ensuite les plots photoluminescents P2, de la même manière que précédemment (cf. fig.1G),
par mise en contact de la couche électret E2 avec une solution colloïdale contenant
les particules photoluminescentes p2. Celles-ci se déposent alors naturellement sur
la couche électret E2 dans les motifs de potentiel de surface M2, de sorte que les
plots photoluminescents P2 sont positionnés en regard des diodes D2 et non pas en
regard des diodes D1 et D2. Le potentiel de surface des motifs M2 devient alors sensiblement
nul.
[0083] Des modes de réalisation particuliers viennent d'être décrits. Différentes variantes
et modifications apparaîtront à l'homme du métier.
1. Procédé de fabrication d'un dispositif optoélectronique (1) comportant :
• une matrice de diodes (10), adaptées à émettre ou recevoir un rayonnement lumineux
; et
• une structure de conversion de couleur, recouvrant au moins en partie la matrice
de diodes (10), et contenant des plots photoluminescents (P1) disposés chacun en regard
d'au moins une diode ;
∘ le procédé comportant les étapes suivantes :
∘ A/ fournir la matrice de diodes (10) ;
∘ B/ réaliser une couche électret (E1), recouvrant la matrice de diodes (10), et dont
une face supérieure (F1), opposée à la matrice de diodes (10), présente des motifs
de potentiel de surface (M1) prédéfinis où le potentiel de surface est non nul ;
∘ C/ réaliser les plots photoluminescents (P1), par mise en contact de la couche électret
(E1) avec une solution colloïdale contenant des particules photoluminescentes (p1),
lesquelles se déposent alors sur la face supérieure (F1) de la couche électret (E1)
en regard des motifs de potentiel de surface (M1) prédéfinis, formant ainsi les plots
photoluminescents (P1) ;
∘ caractérisé en ce que l'étape B de réalisation de la couche électret (E1) comporte les étapes suivantes
:
• B1/ réaliser une couche électret (E1) dont la face supérieure (F1) présente, sur
toute sa surface, un potentiel de surface initial non nul ou nul ; puis
• B2a/ dans le cas où le potentiel de surface initial est non nul : éclairer des zones
de la couche électret (E1) par un rayonnement lumineux dit de dépolarisation apte
à être absorbé au moins en partie par la couche électret (E1), lesdites zones éclairées
étant distinctes de zones non éclairées destinées à former les motifs de potentiel
de surface (M1), l'absorption du rayonnement lumineux de dépolarisation dans les zones
éclairées provoquant une annulation du potentiel de surface local, les zones non éclairées
définissant alors les motifs de potentiel de surface (M1) ;
• B2b/ ou, dans le cas où le potentiel de surface initial est nul : éclairer des zones
de la couche électret (E1) par un rayonnement lumineux dit de polarisation apte à
être absorbé au moins en partie par la couche électret (E1), l'absorption du rayonnement
lumineux de polarisation dans les zones éclairées provoquant une formation d'un potentiel
de surface local non nul, les zones éclairées définissant alors les motifs de potentiel
de surface (M1).
2. Procédé de fabrication selon la revendication 1, comportant, au préalable de l'étape
B2a ou B2b, une étape de disposition d'un masque opaque (2), en un matériau opaque
au rayonnement lumineux de dépolarisation ou de polarisation, s'étendant uniquement
sur les zones de la couche électret (E1) destinées à former les motifs de potentiel
de surface (M1) ; puis, lors de l'étape B2a ou B2b, le rayonnement lumineux de dépolarisation
ou de polarisation est émis en direction du masque opaque (2) et de la couche électret
(E1), et est absorbé par la couche électret (E1) dans les zones non recouvertes par
le masque opaque (2).
3. Procédé de fabrication selon la revendication 1, dans lequel :
∘ les diodes sont des diodes électroluminescentes ;
∘ la couche électret (E1) est réalisée en un matériau adapté à absorber partiellement
le rayonnement lumineux émis par les diodes électroluminescentes, ce qui provoque
une annulation du potentiel de surface local ;
∘ lors de l'étape B2a, des diodes sont activées sélectivement de manière à éclairer
la couche électret dans les zones destinées à ne pas former les motifs de potentiel
de surface (M1), ce qui provoque une annulation du potentiel de surface local, les
zones non éclairées définissant alors les motifs de potentiel de surface (M1) ;
∘ ou, lors de l'étape B2b, des diodes sont activées sélectivement de manière à éclairer
la couche électret uniquement dans les zones destinées à former les motifs de potentiel
de surface (M1).
4. Procédé de fabrication selon l'une quelconque des revendications 1 à 3 en lien avec
l'étape B2a, dans lequel la couche électret (E1) est réalisée en un matériau diélectrique
organique auto-polarisé, de sorte que l'étape B1 consiste à déposer la couche électret
(E1) recouvrant la matrice de diodes (10), la couche électret (E1) présentant alors,
sur toute sa surface, un potentiel de surface initial non nul.
5. Procédé de fabrication selon l'une quelconque des revendications 1 à 3 en lien avec
l'étape B2b, dans lequel la couche électret (E1) est réalisée en un matériau diélectrique
photochromique, de sorte que l'étape B1 consiste à déposer une couche électret (E1),
en le matériau diélectrique photochromique, recouvrant la matrice de diodes (10),
la couche électret (E1) présentant alors, sur toute sa surface, un potentiel de surface
nul.
6. Procédé de fabrication selon l'une quelconque des revendications 1 à 3 en lien avec
l'étape B2a, dans lequel la couche électret (E1) est réalisée en un matériau diélectrique,
de sorte que l'étape B1 comporte les étapes suivantes :
∘ déposer une couche électret (E1), en le matériau diélectrique, recouvrant la matrice
de diodes (10), la couche électret (E1) présentant alors, sur toute sa surface, un
potentiel de surface initial nul ; puis
∘ soumettre la couche électret (E1) à un champ électrique dit de polarisation prédéfini,
provoquant une formation d'un potentiel de surface non nul sur toute la surface de
la couche électret (E1).
7. Procédé de fabrication selon la revendication précédente, dans lequel :
∘ la matrice de diodes (10) comporte une couche électrode supérieure (13) recouvrant
les diodes et adaptée à polariser électriquement les diodes,
∘ lors de l'étape de soumission de la couche électret (E1) au champ électrique de
polarisation, la couche électret (E1) est disposée alors entre la couche électrode
supérieure (13) et une électrode (14) rapportée, entre lesquelles est appliquée une
différence de potentiel prédéfinie.
8. Procédé de fabrication selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, dans lequel
:
∘ la couche électret (E1) réalisée lors de l'étape B est une première couche électret
; et les plots photoluminescents (P1) réalisés lors de l'étape C sont des premiers
plots photoluminescents adaptés à convertir un rayonnement lumineux incident d'une
première longueur d'onde en un rayonnement lumineux d'une deuxième longueur d'onde
différente de la première longueur d'onde ;
∘ le procédé comportant les étapes suivantes, à la suite de l'étape C :
∘ D/ réaliser une deuxième couche électret (E2), recouvrant la matrice de diodes (10)
et la première couche électret (E1), et dont une face supérieure (F1), opposée à la
matrice de diodes (10), présente des deuxièmes motifs de potentiel de surface (M2)
prédéfinis où le potentiel de surface est non nul, lesdits deuxièmes motifs de potentiel
de surface (M2) étant situés en regard de diodes distinctes de celles en regard desquelles
sont situés les premiers motifs de potentiel de surface (M1) ;
∘ E/ réaliser les deuxièmes plots photoluminescents (P2), par mise en contact de la
deuxième couche électret (E2) avec une solution colloïdale contenant des deuxièmes
particules photoluminescentes (p2), différentes des premières particules photoluminescentes
(p1) de l'étape C, qui se déposent alors sur la face supérieure (F2) de la deuxième
couche électret (E2) en regard des deuxièmes motifs de potentiel de surface (M2) prédéfinis,
formant ainsi les deuxièmes plots photoluminescents (P2).
9. Procédé de fabrication selon la revendication précédente, dans lequel les diodes de
la matrice (10) sont des diodes électroluminescentes adaptées à émettre un rayonnement
lumineux à une même longueur d'onde ; et forment avec les premiers et deuxièmes plots
photoluminescents (P1, P2) une matrice de pixels lumineux rouges, verts, bleus.
10. Procédé de fabrication selon l'une quelconque des revendications 1 à 9, dans lequel
la matrice de diodes (10) présente une dimension, dans un plan parallèle à la matrice
de diodes (10), supérieure ou égale à 100mm.
11. Procédé de fabrication selon l'une quelconque des revendications 1 à 10, dans lequel
la matrice de diodes (10) présente un pas de périodicité inférieure ou égale à 10µm,
voire à 5µm, voire à 2µm.